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Un départ sur de mauvaises bases. [PV Schneiden]
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MessageSujet: Un départ sur de mauvaises bases. [PV Schneiden]   Dim 29 Mar - 16:06

Je faisais un rêve agréable.

J’étais en plein milieu d’un champ, en train d’apprécier sereinement la beauté de la nature et du monde qui m’entourait. L’air était pur, la température adéquate. Rien ne pouvait perturber la quiétude de ce petit paradis.

Rien, sauf des souvenirs désagréables. A commencer par l’inquiétante impression d’être perdue dans un lieu lointain, trop lointain. Puis, le sentiment d’incompréhension, d’une confiance peut-être excessive, soudainement réduite à néant. Le tout suivi d’une violente douleur du crâne, pour finir par un black-out.
Bref, je n’avais strictement aucune idée de ce qu’il m’arrivait. Surtout que me réveiller dans cet endroit froid, sombre et humide, n’allait pas arranger mon état. J’avais mal à la tête, mon corps était plus ramollis qu’une baguette de pain qu’on aurait laissé dehors en pleine pluie, et pour en rajouter mon ventre ne tarda pas à me rappeler à l’ordre concernant le fait que je n’avais sans doute pas mangé depuis… au moins des semaines !

D’accord, peut-être pas autant, mais à ce stade ma notion du temps n’était plus vraiment opérationnelle. Celle de l’espace non plus d’ailleurs, mais pour me mettre à jour concernant le lieu où je me trouvais, il fallait déjà que mes sens se réveillent, eux aussi.
Il me fallu peut-être une minute pour analyser la pièce dans laquelle j’étais enfermée. Enfermée oui, c’était bel et bien une cellule. Un vulgaire cube de pierre fermé d’une lourde porte métallique, aménagé d’une table en bois avec un tabouret, d’un tatami avec un drap et un oreiller, ainsi que d’un espace avec un trou pour faire ses besoins, le tout éclairé d’une unique torche. Très chic. Et pour en rajouter, mes sens féériques ne décelaient aucune trace de plante ou de quelconque végétation dans mon entourage immédiat. Peut-être qu’il y en avait plus loin, mais l’épaisseur des murs m’empêchait de détecter quoi que ce soit à plus d’une dizaine de mètres.

Et il y avait toujours ce mana. Différent de celui auquel j’avais été habituée… Bien plus lourd, je dirais. Je n’aurais pas su affirmer qu’il y avait un lien, ma perception magique n’étant pas assez développée, mais je me sentais extrêmement oppressée. Comme écrasée par quelque chose d’intangible, de surnaturel, qui s’appuyait de tout son poids contre mes muscles afin de réduire ma mobilité. M’enfin, je n’allais quand même pas me laisser faire !

Rassemblant mes quelques forces restantes, je m’appuyais sur mes coudes pour m’asseoir. Puis, après avoir inspiré un grand coup, donnait une impulsion à mes jambes pour me relever. Elles tremblotaient, et je dus me retenir contre le mur à ma droite, mais j’étais parvenue à me lever. Des flashs se manifestèrent dans mon esprit. Les gardes qui m’avaient vaincue. Ma Svelthir confisquée.  Une sorte de sceau apposé sur moi.
Le vertige me prit, et au final je finis à genoux, les mains de chaque côté de ma tête endolorie. J’avais été capturée par des gens de ce Grand Peuple jamais rencontré auparavant. J’avais toujours cru que mon monde n’était habité que de fées, de plantes, d’insectes et d’animaux. Mais à quelle distance du Royaume m’étais-je retrouvée pour croiser une race si étrange ?
Mes fines oreilles se dressèrent soudainement. Il y avait du bruit, derrière la porte. Des pas. Quelqu’un approchait ! Avec un peu de chance, cette personne ouvrirait, probablement pour m’apporter de la nourriture. L’occasion de m’enfuir se présentait peut-être, et je n’allais pas la laisser s’échapper ! Une arme, vite.

Le tabouret. Un bon coup sur la tête pouvait provoquer un étourdissement qui me donnerait le temps de frapper une seconde fois et d’assommer celui qui rentrerait. Ils vont comprendre leur erreur d’avoir retenu Shaylee Greïtell contre son gré, ça oui !
J’attrapais donc la dite « arme » et me plaçait sur le côté de la porte, tendant mon bras derrière moi pour préparer mon élan. Mon esprit combattif se réveillant, mes cheveux réduisirent leur taille jusqu’à être mi-longs, à la hauteur du bas de ma nuque.

Je patientais, l’adrénaline grimpant. Je n’aurais droit qu’à un seul essai !
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MessageSujet: Re: Un départ sur de mauvaises bases. [PV Schneiden]   Mar 31 Mar - 22:23


• Rencontre •


Le soleil était au Zénith alors que l'élu de Seika vagabondait parmi les couloirs de la prison de la capitale. Il y a quelques instants de cela, un de garde de la ville avait coupé court à la séance d'entraînement qu'il avait eu avec une jeune élue fraichement arrivée, Ruby Rose. De ce qu'il avait pu comprendre, une autre élue avait été happée dans Kosaten et avait attaqué une patrouille a vu. Malheureusement pour elle, son assaut se solda par un échec et elle fut mise aux arrêts. Son roi a alors pris l'initiative de l'envoyer à la rencontre de la jeune fille pour lui expliquer la situation et évaluer si oui ou non, elle était une hypothétique future menace pour la population de l'empire des flammes.

Alors qu'il arrivait devant la porte de la cellule d'isolement où elle avait été placée, il remarqua que quelque chose n'allait pas. Grâce à sa conscience spatiale, il pouvait sentir et visualiser le moindre corps physique présent dans la salle close et ce qu'il pouvait ressentir le rendit perplexe. Sur le côté droit de la porte, placée en embuscade se tenait un humanoïde avec ce qui semblait être une chaise ou en tout cas, ce qui y ressemblait dans la forme. Le maître de l'espace lâcha un petit sourire. Il avait un don pour attirer vers lui les personnages problématiques.

Il prit une légère inspiration et ouvrit doucement la porte pour s'engouffrer dans la pièce sombre et humide. Il n'eut pas besoin de regarder dans la direction de la jeune fée pour savoir que le coup qu'elle préparait était parti dès l'instant où il avait franchi le pas de la porte. Elle était définitivement rapide, très rapide pour une élue encore fraichement admise. Toutefois, ce n'était pas assez pour pouvoir le surprendre réellement. Alors que l'arme de fortune se rapprochait petit à petit de son visage, Schneiden se décida à agir.

En un instant, le tabouret qu'elle détenait dans la paume de ses mains se dissipa dans les airs et réapparut à sa place d'origine. Il venait d'utiliser son pouvoir de manipulation spatiale. Alors qu'il s'apprêtait à prendre la parole, sa voix mourut lentement dans sa gorge quand il prit conscience de l'apparence de la jeune fée.




Une chevelure d'argent tombant en cascade, un visage fin qui dégageait une forte présence et un corps qui semblait aussi frêle et fragile qu'une poupée de porcelaine. Malgré cela, une posture fière et droite doublée a une posture démontrant une certaine expérience dans l'art du combat. Une princesse guerrière. Un paradoxe des plus exotiques. Toutefois, ce n'était pas cela qui le laissait pantois. Elle ressemblait comme deux gouttes à une version plus âgée d'une petite fille qu'il ne connaissait que trop bien. Mirya, sa protégée, sa source de salvation et le centre de son monde.

Il ferma les yeux et s'obligea à repousser son instinct protecteur qui s'était allumé en prenant conscience de la fée. Il ne pouvait pas se permettre d'être tendre tant qu'il n'avait pas procédé à l'évaluation du danger qu'elle représentait. Il ferma les yeux et s'obligea à repousser son instinct protecteur qui s'était allumé en prenant conscience de la fée. Il réussit tout de même à durcir son regard en observant sa compère après quelques instants de concentration. Un exercice plutôt difficile quand elle était un reflet de la personne qui comptait le plus pour lui.

« Est-ce comme cela que vous accueillez quelqu'un dans votre monde, jeune fille ? »

Il soupira puis ôta l'énorme Odachi, la Muramasa, qu'il avait sur son dos et le plaça dans un coin de la pièce. C'était une tentative pour montrer sa bonne foi et de lui dire qu'il voulait simplement discuter avec la jeune fille. Il envoya un faible sourire et leva ses mains en l'air en signe de paix.

« Je sais que la situation est confuse et que vous vous sentez perdue dans toute cette suite d'évènements. Je sais aussi que le fait d'être enlevé à vos êtres chers est loin d'être plaisant, mais si vous me le permettez, je tacherai de faire de mon mieux pour vous expliquer tout ce que je sais »

Il tendit la main en avant lentement, mais sûrement puis plongea son regard de sombre de nuit dans ceux d'un bleu céleste de la fée.

« Je suis Schneiden, élu de Seika l'empire du soleil et protecteur de ses enfants »

C'était la rencontre de deux êtres que tout séparaient. Une fée dotée d'une lame divine bénit des dieux et un homme maniant un katana sombre maudit par les démons.





Désolé pour le retard.
Problème irl avec toute cette histoire de grève a l'unnif :moron:
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MessageSujet: Re: Un départ sur de mauvaises bases. [PV Schneiden]   Sam 4 Avr - 11:37

Eeeet… Maintenant ! se dit mentalement la fée, lorsque la porte s’ouvrit, de la main de celui qu’elle pensait n’être qu’un malheureux garde victime du destin. Si elle avait su…
Sur le papier, l’attaque était parfaite. Rapide, précise, efficace. Peut-être pas autant qu’elle l’aurait voulu, son corps étant affaiblis, et ses facultés bridées, mais ç’aurait été globalement suffisant pour au moins surprendre une personne lambda, d’autant qu’elle avait bien prit garde à viser suffisamment haut pour atteindre la tête d’un membre du Grand Peuple. Cependant, les étoiles en avaient décidé autrement. Lorsque son arme, du point de vue de la guerrière, s’évapora soudainement, elle comprit que celui qui allait à présent rentrer était tout sauf un être normal. Au final, probablement était-ce mieux ainsi. Sa fierté et sa confiance en ses anciennes capacités l’avaient convaincue que son évasion aurait été un succès, mais la nouvelle arrivante dans ce monde en ignorait bien trop de celui-ci pour déduire, à cet instant, que son histoire aurait probablement déjà pris fin au bout d’une lance de l’un des nombreux soldats impériaux si le destin avait placé une autre personne au pas de cette porte…

--------------------

Surprise d’être confrontée à telle magie, je reculais vivement. Ou en tout cas, j’essayais, mais mes jambes fébriles en pensaient autrement et je dus m’appuyer contre la paroi pour ne pas me retrouver au sol. Je pris un instant pour jauger celui qui semblait être un mage, pendant qu’il me fixait étrangement, comme s’il était surpris de me voir. L’espace d’un instant, il m’avait semblé confus, et dans la semi-obscurité ambiante je crûs voir ses yeux se fermer. J’aurais pu en profiter, me jeter sur lui avec toutes les forces qu’il me restait, tenter le tout pour le tout, mais je n’en fis rien. Quelque part, dans mon esprit engourdis, une petite voix me disait d’attendre. D’attendre et d’écouter ce que ce membre du Grand Peuple, aux cheveux ébouriffés sombres et au regard nocturne avait à me dire. A m’apprendre.
Après un court moment, il se remit à m’observer, et m’adressa la parole :

« Est-ce comme cela que vous accueillez quelqu'un dans votre monde, jeune fille ? »

Je me tins sur la défensive. Qu’en savait-il ? Était-ce si surprenant de vouloir s’évader, pour une prisonnière qui n’avait aucune idée de pourquoi on l’avait enfermée ? Bon, certes, j’avais attaqué des gardes en patrouille… Mais ils allaient faire de même !
Ma méfiance ne diminua pas lorsqu’il s’engouffra dans la cellule afin de déposer son arme plus loin. Je restais un instant fascinée par ce sabre, par ailleurs. Mes sens féériques étaient en alerte. Il y avait… quelque chose, avec cette lame. Une inexplicable impression de malaise, qui grandissait à chaque seconde passée à l’observer. Je secouais la tête, afin de me délivrer de cette fascination. Ce n’était pas le moment. Je reportais mon attention sur le nouveau venu. Ses gestes de paix m’intriguèrent, et son discours ne fit que renforcer ce sentiment. Ainsi, il était au courant pour ce qui concernait ma téléportation dans ce lieu inhospitalier, et l’idée qu’il puisse en être coupable s’éveilla dans mon esprit. Après tout, il venait de démontrer être capable de déplacer des objets par sa seule volonté ! Pourquoi pas des êtres vivants ?

Lorsqu’il me tendit la main avant de se présenter, j’eus un mouvement de recul involontaire. Je soutenais son regard, mais les pensées se bousculaient dans ma tête se réveillant. Qui était-il ? Que voulait-il ? Qu’avait-il à voir avec tout ça ? Et qu’est ce qu’était « tout ça » ? Qu’était « Seika » ? Quel empire, depuis quand il y avait un empire ? Puis dans le flux mental, une pensée s’illumina. Il avait évoqué mon monde, à l’instant. Comme si ici, c’en était un autre… Mais c’était dingue ! On ne pouvait pas voyager entre les plans comme ça !

Je fermais les yeux, et me concentrait un instant pour me calmer. Trop réfléchir ne me mènerait nulle part. Il n’y avait qu’un seul moyen d’en savoir plus. Mon caractère de guerrière repris le pas sur celui de la jeune fille, et une flamme déterminée s’alluma en moi, tandis que d’un pas farouche, je serrais franchement la main du dit Schneiden :

« Je suis Shaylee Greïtell, j’appartiens à la garde royale de sa majesté, noble dirigeant du Royaume. J’exige de savoir où je suis, pourquoi m’a-t-on emmené là, et quand m’a libération aura lieu. Je dois retourner auprès de mon Roi ! »


Je m’étais donnée une voix bien plus militaire, froide, qu’à mon habitude. C’était un peu bizarre, mais je souriais intérieurement, fière de je ne sais quoi. Peut-être d’avoir, je l’espère, impressionné ce géant que je fixais droit dans les yeux, sans ciller.
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MessageSujet: Re: Un départ sur de mauvaises bases. [PV Schneiden]   Dim 5 Avr - 6:18


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Schneiden fronça les sourcils en voyant le regard de la jeune fille se poser sur la Muramasa. Il aurait pu bêtement croire qu'elle avait-elle aussi succombé au charme exotique que le katana démoniaque dégageait naturellement sur le cœur des hommes, mais cela ne fut pas le cas. Il ne pouvait pas savoir pourquoi, mais il ne pouvait pas ressentir l'envie et le désir habituel dans les yeux de la jeune élue. Au contraire, tout ce qu'il pouvait voir était appréhension et inconfort. C'était bien la première fois qu'il voyait ce genre de réaction envers le puissant Odachi.

Toutefois, son observation fut coupée court quand il entendit avec étonnement les déclarations de la jeune fille. Outra son ton beaucoup trop mature et stricte pour son âge, ses paroles lui laissaient pantois. Une jeune fille n'ayant toujours pas dépassé l'adolescence était une gradée dans son monde d'origine ? Deux possibilités. Une, les membres de la garde royale étaient choisis dut à leur héritage. Deux, la jeune fille qui lui faisait face décelait d'encore plus de ressource qu'il ne le pensait. Au vu de la très mince démonstration qu'elle lui avait accordée, il pencherait plus pour la deuxième option. Elle était encore affreusement affaiblie et il ne doutait pas que son plein potentiel pouvait être très dévastateur.

« Je vous expliquerais tout ce dont vous aurez besoin. Asseyons-nous pour commencer »

Il désigna la table d'un revers de la main et invita l'élue fraîchement arrivée à prendre ses aises. Il s'assit sur une des chaises et fixa sa compagne de cellule. Il tiqua une nouvelle fois quand il vit une nouvelle fois les ressemblances physiques qu'elle partageait avec sa protégée, mais il fit de son mieux pour maintenir la façade calme qu'il avait réussi à instaurer.

« Ms. Shaylee, vous êtes actuellement en Kosaten, une terre partagée par trois royaumes et également un monde extérieur au vôtre, je ne le crains »

Il laissa un moment d'adaptation à la jeune fille argentée pour pouvoir encaisser la nouvelle qu'il venait de lui apprendre. Elle venait d'atterrir dans un monde inconnu, sans repères, sans alliés, sans famille. Ce n'était pas quelque chose que l'on pouvait facilement accepter.

« La raison de votre venue en Kosaten est... Inconnu. Voyez-vous, ce qui a causé votre venue ici sont les dieux de ce monde. Que ce soit par pur amusement ou en tant que plan se jouant à une échelle au-dessus des mortels, les divinités de ce monde ont décidé d'attirer ici des êtres venant d'autres mondes. C'est ce que vous et moi sommes. Des élus »

Il écarta l'écharpe de son cou pour qu'elle puisse pleinement voir l'emblème du sceau de Seika qui trônait sur le côté droit. Il n'allait pas lui demander d'en faire de même. Après tous, les sceaux pouvaient se trouver sur n'importe quelles parties de leur corps. Vraiment, toutes, les parties de leur corps. S'avancer sur ce genre de terrain pouvait se révéler être dangereux.

« Pour votre libération, je vous parlerais de cela plus tard. Avant, il faut que je vous informe de quelque chose... »

Sa voix se fit un peu plus solennel, presque désolé. Il ne savait honnêtement pas annoncer quelque chose de cette envergure à une jeune fille étant encore dans la fleur de l'âge. Malgré son l'indifférence et la passivité dont elle semblait constamment faire preuve, il craignait de lui annoncer ce qui allait suivre. Pour lui, peu importe à quel point elle pouvait paraître mature, peu importe son grade ou sa force... C'était encore une enfant. Peut-être était-ce sa trop grande ressemblance avec Mirya qui lui poussait à penser ça, mais c'était ce qu'il ressentait sur le moment présent. S'il apprenait à connaitre la fière combattante ailée, il se rendrait compte de son erreur, mais ce n'était malheureusement pas encore le cas.

« Concernant votre retour dans votre monde originel... Je ne suis pas dans la capacité de pouvoir vous fournir une réponse. Les recherches pour pouvoir inverser l'aspiration sont toujours en cours et n'ont pas encore abouti... Je suis désolé »

Sa voix était marquée par une pure sincérité. Il ne pouvait pas vraiment savoir ce que la jeune fille pouvait ressentir à cet instant présent puisque son passé n'était rien d'autre qu'attente et néant. Mais il pouvait imaginer la douleur qu'il ressentirait s'il était aspiré hors de Kosaten, hors de sa nouvelle maison. Restait maintenant à voir comment la jeune Shaylee allait réagir à ces nouvelles.



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MessageSujet: Re: Un départ sur de mauvaises bases. [PV Schneiden]   Lun 6 Avr - 2:44

C’est non sans méfiance que j’acceptais l’invitation à m’asseoir de l’homme aux yeux sombres, qu’il se soit montré pacifique ou non. Il était un allié d’un empire qui m’avait faite prisonnière, et il était porteur d’une arme  trop oppressante pour être saine. Bien qu’il y avait quelque chose de rassurant dans sa manière de parler, de se comporter, je ne pouvais pas baisser ma garde pour autant. La possibilité que cet empire soit un ennemi jusqu’ici inconnu du Royaume et que derrière ces manières se voulant amicales se cache un interrogatoire subtil à propos des fées et de leurs faiblesses, était envisageable. L’idée comme quoi je m’étais retrouvée dans un autre monde, malgré ce qu’il avait semblé évoquer, me paraissait impossible à cet instant.
Et donc, bien que je me fusse installée sur le tabouret qui m’avait servis d’arme, je maintenais une certaine distance entre le Grand Homme et moi. Quelque chose entre un mètre cinquante et deux mètres, de quoi me laisser le temps de réagir s’il se décidait d’un coup à oublier les manières douces. Le fait d’avoir déposé son arme ne le rendait pas inoffensif pour autant, la façon dont il avait littéralement annulé mon assaut précédent en était une preuve plus que suffisante.

Quand je m’asseyais cependant, je sentis une pression diminuer. Me tenir debout me pesait plus que je ne l’avais cru. Ça ne jouait pas en ma faveur si les choses devaient se corser. Je gardais les yeux rivée sur lui, attentive au moindre de ses mouvements, persuadée que j’étais physiquement en danger. J’étais bien loin de deviner que ce que j’aurais dû préparer, c’était mon esprit…
Attentivement, je l’écoutais.  J’assimilais chacun de ses mots, restant inerte et impassible lors des moments de blanc qu’il me laissait. Tout son discours, le moindre terme, je l’écoutais en silence. Dès la première phrase, j’avais tiqué. Puis c’est comme si mon cerveau avait arrêté de fonctionner, pour accueillir toute l’envergure des nouvelles informations qui lui arrivaient, et me dire « Bon, je coupe deux minutes histoire que tu prennes tout en même temps, et on en rediscute après. ».

Le dernier mot prononcé par l’élu de Seika était resté en suspend dans la pièce. Il y eût un instant de blanc. Puis, comme prévu, je calculais soudainement l’intégralité de ce qu’on venait de m’expliquer. Ça m’avait frappé comme une flèche en plein cœur, et l’intégralité du sang-froid que je maintenais venait de s’enflammer. Pourtant, le premier mot qui sortit de ma bouche était calme, retenu :

« …Foutaises. »

Ce fût l’élément déclencheur. En prononçant ce simple mot, je venais de subir pleinement la réalité, et d’accepter qu’elle soit vraie. J’aurais pu ne pas le croire, mais pourtant certaines expressions ne trompent pas, et celles de l’homme qui venait de me mettre la vérité en face étaient emplies d’une sincérité que personne ne saurait mettre en doute. Et ça m’emmerdait bien.
Le poing qui s’abattit avec force sur la table avait beau être le mien,  je ne le commandais plus vraiment pour autant. Ni mes jambes lorsque je me relavais d’un coup.  Mes mots suivants non plus, et cette fois-ci ils étaient bien expressifs :

« Un monde différent ? Des divinités qui attirent des élus ? Mais c’est quoi ces … ! »

Je ne parvenais pas à finir ma phrase, ma voix s’étant étranglée. Je n’en pouvais plus. Avec un grognement de rage à moitié retenu, je renversais mon tabouret d’un coup de pied, et sans trop savoir pourquoi, je marchais rapidement jusqu’à me tenir, d’une main, contre le mur opposé. J’avais besoin de m’éloigner de celui qui m’avait annoncé ces nouvelles, de ne pas le regarder, de ne pas l’entendre, de faire comme s’il n’était pas là, comme s’il n’existait pas, lui et son empire idiot !
Pourtant, la vérité était là. Je n’étais pas stupide. Je ne voulais juste pas l’assumer. Le monde, dans lequel j’étais née tout en bas de la société, dans lequel j’avais voué jour et nuit, sacrifiant enfance, amitié et amour,  tout mon être dans l’unique but d’avoir ma place… était loin derrière moi ? Tous les efforts que j’avais du faire afin d’être acceptée, afin d’être reconnue par tous, et même par les dieux –mes VRAIS dieux- qui m’avaient récompensée avec Svelthir… avaient été réduits à néant par un caprice de divinités qui ne me concernait pas ?  C’en était trop.
Je me retournais larmes aux yeux vers celui qui venait, de mon point de vue, de détruire ce que j’avais bâti. Je lui en voulais, mais pourtant je n’allais rien tenter. La conscience qu’il me restait savait qu’il n’était que l’informateur, qu’il n’avait rien à voir avec tout ça. Et même plus particulièrement, qu’il avait lui aussi été victime de cette « aspiration ». Je fermais les yeux, tâchant de me calmer. Ni la colère ni la tristesse qui montaient n’allaient résoudre ce problème insoluble. Il me fallu moins d’une minute pour calmer les battements de mon cœur, et retourner m’asseoir face au manieur d’odachi. Lentement, me concentrant afin d’articuler chacun de mes mots, je demandais :


« Et maintenant, quelle est la suite ? »


Avec une détermination non retenue, je fixais celui que j’appellerais bientôt mon allié, peut-être même ami. Intérieurement, je jurais que moi, Shaylee Greïtell, la meilleure combattante du Royaume, l’élue de Svelthir, n’allait pas se laisser détruire si facilement, ça non !
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MessageSujet: Re: Un départ sur de mauvaises bases. [PV Schneiden]   Mar 7 Avr - 23:25


• But •


Schneiden resta droit face aux évènements qui explosèrent en face de lui. Il resta silencieux et solennel. Il ne pouvait pas lui en vouloir, la juger. Il ne pouvait qu'accepter l'afflux de tristesse et de colère qui jaillirent d'un seul coup. Il ne dit rien quand elle frappa violemment la table placé au centre de la table. Il ne dit rien quand il vu le regard de colère et d'exaspération qu'elle lui donna. Il ne dit rien non plus lorsqu'elle laissa échapper sa frustration par un grognement de rage à moitié retenu en renversant sa chaise au sol. Il ne pouvait rien lui dire. Il ne pouvait pas. Il n'en avait aucunement le droit.

Il serra son poing quand il la vit s'appuyer sur un mur de la salle pour tenter de noyer son désespoir naissant. Il aimait son empire, son roi et ses habitants. Pour lui qui n'avait jamais rien connu autre que le néant et le vide, ils représentaient son nouveau monde, sa vie. Cependant, voir une enfant se faire voler son ancienne vie laissa un goût amer dans sa bouche.

La manieuse d'arme se rassit finalement aux bouts de quelques instants sous le regard désolé du protecteur de Seika. Elle venait de tout perdre en quelques instants. Même si elle était digne et ne voulait sans doute pas de sa pitié ou de toutes émotions s'y rapprochant, qu'était-il supposé ressentir face à cette situation ?

Puis, elle lui posa la fatidique question qui était revenue à chaque fois qu'il avait accueilli un nouvel élu dans l'empire de Seika. Qu'étaient-ils supposés faire ? Quel était leur but ? Pour quelles raisons avaient-ils été emmenés dans Kosaten ?

« Vous... Pouvez faire ce que vous voulez »

Il reprit une voix plus normale et regarda la jeune élue dans les yeux.

« Tant que vous ne tentez rien contre l'empire de Seika et son peuple, vous avez la liberté de faire ce que vous voulez. Quelques missions vous seront envoyées par les hauts-rangs de temps en temps, mais libre à vous de les accepter ou non »

Garde de ville, haut-rang dans l'armée, tavernier, marchand, chasseur de monstre, justicier. Toutes les portes étaient ouvertes aux élus. Quelle que soit la voie qui était choisie, il était possible de la suivre à Seika et à Minshu. Seul le cas de Fuyu était un peu différent dut à son despote, Sul Hei.

« Le reste du temps, vous pouvez faire ce que vous souhaitez... D'autres élus utilisent ce temps pour essayer de trouver une solution pour pouvoir retourner dans leurs mondes originaux »

Le maître de l'espace laissa échapper une note d'espoir. Le visage des dis élus qu'il avait rencontrés flashèrent dans son esprit. Certains étaient plus extrémistes que d'autres, mais ça elle n'avait pas besoin de le savoir, pas pour l'instant en tout cas.

« Je connais personnellement un élu qui est en quête d'un chemin de retour. Son nom est Geleerde, une élue de Seika tout comme nous. Ce n'est pas grand-chose, mais essayez d'entrer en contact avec elle. Je suis sûr qu'elle saura vous aider »

Il lâcha un petit sourire en pensant à la louve. Il se demandait si sa quête pour devenir plus forte se déroulait bien. La connaissant, il ne doutait pas de l'avancée de son pèlerinage. Après tout, elle n'était pas le genre de personne à se relâcher et se saouler dans une taverne en compagnie de leur pire ennemi. Il espérait juste que la jeune femme saurait atteindre et aider la jeune fille moralement et mentalement. Lui, il aimait sa nouvelle vie dans Kosaten alors il n'était pas sûr de pouvoir lui apporter l'aide comme le pouvait quelqu'un comme Geleerde. Elle aussi avait tout perdue, lui au contraire avait tout gagné de sa venue.

« Écoutez Ms. Shaylee, je sais que toute cette situation est ridicule et justifie tout à fait toute votre colère et votre haine... Mais n'en voulez pas aux habitants et au Roi de Seika... Ce sont des gens bien. Peu importe le genre d'élu qui pourrait se retrouver dans leurs murs, ils sont prêts à l'accueillir et à le traiter comme un membre de leur propre famille tant qu'il se montre digne de confiance. Peu importe son passé, son attitude. Ils le traiteront selon ses actes présents. C'est le genre de personne que je me suis juré de protéger »

Il regarda la jeune combattante dans les yeux, plaidant la cause des enfants du feu avec détermination. Un petit moment de silence fit place avant que l'élu a la chevelure d'ébène ne continu la conversation.

« Avant que nous continuions, avez-vous des questions ? »


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MessageSujet: Re: Un départ sur de mauvaises bases. [PV Schneiden]   Mer 8 Avr - 20:16

[HRP]Hey, Listen !:
 


M’efforçant de calmer les pics d’émotions qui me reprenaient de temps à autre, j’écoutais ce que le manipulateur d’espace avait à me dire. D’une certaine façon, me concentrer sur ses mots m’aidait à encaisser ce choc, en occupant mon esprit. Je ne m’en étais pas remise, loin de là, mais j’étais bien placée pour dire que, lorsque le destin va contre nous, se lamenter ne sert à rien : Avancer en contre-courant. Lutter. Se battre tous les jours contre le monde. C’était ainsi que j’avais fait, et ainsi que je ferais.
Même si, le fait de devoir tout recommencer me chagrinait et faisait naître un sentiment brûlant de rébellion en moi. Heureusement, je ne repartais pas de zéro : Mes talents à l’épée ne pouvaient pas s’être effacés entièrement. Je me jurais de me remettre à l’entraînement dès que je serais libre, et en état de le faire, priant pour me rétablir le plus rapidement possible. Et de plus, je n’avais pas perdu mon meilleur atout. Je fermais les yeux, me concentrant. L’effet fût immédiat : Je perçus une lueur bleutée dans les ténèbres, et une douce chaleur se propagea dans chaque parcelle de mon corps. Svelthir. La lame des dieux. L’ultime récompense d’une vie sacrifiée à aller à l’encontre des codes préétablis.  Elle était là, quelque part, attendant que je la retrouve, que mes doigts entourent sa garde, et que nous repartions ensembles tailler ce qui nous défiait ou se mettait en travers de notre chemin.
Une froideur mortelle me traversa et mit fin à ma petite transe, qui n’avait pas duré plus d’une seconde. Par instinct, je me retournais vers sa source : L’arme de Schneiden. Plus mes sens de fées se réveillaient, plus elle m’oppressait. Je me remis face à son possesseur, des milliers de questions se bousculant dans ma tête, concernant ce monde, mais aussi concernant le mystérieux épéiste. De nature directe, je n’attendais pas un instant avant de commencer, puisqu’il m’avait invité à le faire :

« Alors nous sommes forcés de venir ici, mais nous sommes libres ? C’est quand même étrange ! »

Ma voix était bien moins officielle qu’avant. Je parlais naturellement, sans chercher à me montrer plus dure que je ne l’étais. Puis, je levais doucement le bras gauche, et posais mes doigts sur l’épaule opposée –cachée par mon manteau-. Il était là. Le sceau de l’empire. Je continuais :

« …Et on ne m’a pas demandé mon avis concernant mon camp non plus. »

J’avais dit ça sur un ton qui était compris entre cynisme et dégoût. Mais c’était vrai après tout : Qui pouvait dire si mes convictions étaient en accord avec la politique de Seika ? Je me retins de demander cependant,  j’avais mon idée à ce sujet. Si les dieux de ce monde, « Kosaten »,  envoyaient des élus dans les différents royaumes, ils avaient tout intérêt à faire en sorte que leurs victimes se sentent un minimum chez eux, afin de maintenir la cohésion. Dans le cas contraire, conflits internes, rebellions et trahisons seraient monnaie courante. Bien que je n’avais aucun doute concernant l’existence de ce genre d’évènements. Il n’y avait pas besoin de venir d’un autre monde pour contester l’autorité mise en place.
Je remis ma main en place –sur mon genou-, et laissait le mana s’écouler le long de mes cheveux, les laissant rapidement pousser jusqu’à ce qu’ils atteignent mon bassin. J’avais abandonné l’idée de tenter de m’enfuir maintenant que je savais que c’aurait été inutile, et j’étais bien plus à l’aise lorsqu’ils étaient au plus long. Les raccourcir n’était qu’une commodité pour combattre, et ma nature me permettait de ne pas avoir à choisir entre les deux, alors autant en profiter. Je rajoutais ensuite :

« Je tenterais de parler à cette Geleedre en tout cas, si je parviens à la trouver. »

S’il y a bien une chose que je retins particulièrement du discours de Schneiden, c’était le regard qu’il me lança en me parlant des habitants de Seika. Je n’avais pas besoin d’être un génie pour comprendre qu’il s’agissait d’un avertissement.  Cet homme aimait clairement ce monde, ou en tout cas sa faction, et ayant été membre d’élite de l’armée du Royaume je ne pouvais que comprendre son acte. Je me demandais cependant ce qui attirait cet homme à Kosaten. Je n’avais pas encore vu à quoi l’extérieur ressemblait, mais n’avait-il pas un monde d’origine, avec des proches qui l’attendaient ? A l’instant présent, j’avais beaucoup de mal à imaginer qu’il puisse y avoir des élus qui ne cherchent pas à revenir chez eux. Peut-être était-ce dû aux efforts que j’avais fait là-bas pour gagner ma place, ou mon caractère combattif qui me poussait à lutter contre plus grand que moi.
Les interrogations se multiplièrent. J’avais pleuré devant cet homme, alors que j’ignorais tout de lui. Il fallait que j’en sache plus :

« Je pense que je verrais bien ce qui m’attend dehors par mes propres yeux. J’ai bien des questions… Mais ! Elles sont un peu plus personnelles. »

J’attendis un petit instant, le temps d’organiser mes idées, puis je repris :

« Comment dire… Vous vous plaisez ici ? Les pouvoirs que vous m’avez montrés ont l’air d’agir sur l’espace ! Vos facultés ne seraient-elles pas d’une grande aide aux recherches pour inverser ce truc, là…l’aspiration ? »

Je ne m’y connaissais pas beaucoup en magie, mais je me demandais tout de même s’il n’était pas possible d’amplifier ce genre de sort afin de changer de monde. Du moins ça me paraissait envisageable. J’avais à peu près résumé ce que je voulais savoir, à un détail près, que je gardais pour la fin :

« Et… C’est quoi, cette arme qui empeste l’obscurité ? » Dis-je en tendant la main vers la dite lame.

C’était peut-être un peu direct, mais le politiquement correct n’était pas mon domaine de prédilection. Replaçant mes mains sur mes genoux, je l’observais en attendant ses réponses, compensant des pics de chagrin et de rage par ma curiosité s'amplifiant.

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MessageSujet: Re: Un départ sur de mauvaises bases. [PV Schneiden]   Mer 8 Avr - 23:30


• Dieux et Démons •


Le silence perdura un peu plus dans la salle avant que la jeune fée ne se résigne enfin à lui parler. Il se redressa et écouta attentivement chacune des paroles qui sortaient de la bouche de la jeune fille. Sa première réaction fut centrée sur la liberté assez large que les élus recevaient alors qu'ils avaient été forcés à venir ici. Il hocha la tête dans la compréhension, il était vrai que la confusion pouvait être facile à faire.

« Je vous l'accorde, cela peut vous paraître confus, mais souvenez ce que je vous aie dit. Ceux qui vous ont fait venir ici sont les dieux de ce monde, pas les hommes. Les royaumes, dans la plupart des cas, essayent d'intégrer les élus à la société tout en leur laissant une certaine marge de choix »

C'était vrai pour deux des royaumes en tout cas. Justement, la jeune élue évoqua légèrement ce point en continuant sa phrase. L'élu de Seika affina son regard, il était temps de parler de Fuyu et de Minshu.

« Personne ne choisit le royaume où il sera envoyé. Les raisons pour lesquelles vous avez été envoyée ici plutôt qu'à Minshu ou Fuyu sont tout aussi flous pour vous que pour moi. Est-ce à cause de votre caractère ou vos pouvoirs ? Je ne saurais le dire. Tout ce que je sais, c'est que la chance ne vous a pas complètement abandonnée. Comme je vous l'ai déjà dit, les royaumes laissent à ses élus une liberté conséquente. C'est vrai pour Seika et Minshu, une république instaurée à l'est d'ici »

Son regard s'assombrit pendant quelques secondes. Il était temps de parler du royaume des glaces et les évènements récents causés par ces derniers ne le mettaient aucunement en joie.

« Si vous étiez tombé dans Fuyu, cela aurait été une toute autre affaire. Fuyu est un royaume au nord, plongé dans les blizzards et le froid. Là-bas, les élus sont sous le joug de Sul Hei, un tyran qui assoit son règne par la violence et la force. Les élus et les habitants lui servent de pions jetables et Kosaten est un échiquier géant... Croyez-moi, ce n'est pas le genre d'homme que vous souhaitez servir »

L'élu regarda ensuite avec fascination des cheveux de la jeune fille s'allonger en un instant sous ses yeux. Magie temporelle ? Illusion ? Contrôle de son métabolisme ? Toutes ses questions furent coupées par une autre interrogation bien plus importante. Est-ce que Mirya ressemblerait à ça si elle décidait de laisser sa chevelure grandir ? Il fut coupé de sa rêverie quand la jeune fille en face de lui, lui adressa la parole. C'était à propos de Geleerde.

« Oui, bien que je ne puisse pas vraiment vous indiquer où elle se trouve, je peux vous orientez. Chose certaine, c'est qu'elle ne se trouve pas à Fuyu ou dans les terres inconnues. La tension entre Seika et Fuyu est bien trop grande pour l'instant et je la sais assez intelligente pour savoir cela. Elle ne peut pas être dans les terres inconnues, car c'est encore bien trop dangereux pour elle, bien qu'elle soit extrêmement entêtée, elle connaît ses limites en tant qu'élue fraichement arrivée. Si je devais vous donner une piste, je vous conseillerais de commencer par Seika, Minshu et les terres neutres »

En tout cas, c'était ce qu'il espérait. Bien qu'il la sache intelligente, il savait aussi que sa fierté la poussait parfois à faire des choses illogiques. Il ne pouvait qu'espérer qu'il ne la verrait pas à se balader dans la forêt de la mort ou encore dans les terres de Fuyu. La voix de la jeune combattante l'extirpa de ses pensées et le ramena à la réalité. Il fut quelque peu étonné, elle voulait lui poser des questions personnelles. Il n'allait pas lui refuser cela, mais il était juste... Étonner.

« Je vous l'ai dit, je tacherais de faire du mieux que je peux pour répondre à vos questions »




La première série de questions le laissa pendant quelques secondes pantois, sans réponse. Non pas la deuxième partie de la question concernant ses pouvoirs, non, cette partie, il pouvait y répondre sans aucun souci. Ce qui le fit longuement réfléchir fut la première partie de sa question. Bien entendu, il savait que sa vie à Kosaten lui plaisait, même plus encore. Mais comment lui expliquer... Sans lui dévoiler son "ancienne vie" ? Réponse : il ne pouvait pas.

« Je... »

Il hésita quelques instants. Il n'avait jamais parlé de cette facette de sa vie à personne mis à part son roi. Même Mirya n'était pas au courant de cette partie de son existence alors qu'elle était le centre de son monde. Il échangea un regard avec la jeune fille et... Il y vit quelqu'un qui avait tout perdu et qui essayait de s'accrocher à tout ce qu'elle pouvait pour ne pas succomber au désespoir et à la colère. Il avait fait son choix.

« Mon monde... ou en tout cas ce dont je suis toujours souvenu, peut se résumer en une chose... le vide »

Il allait lui dire. Il prit un peu plus ses aises et s'installa un peu plus confortablement dans sa chaise.

« Aussi loin que je m'en rappel, ça a toujours été moi et le néant. J'existais dans un endroit sombre où les rouages du temps n'existaient plus. Seul. Pendant des décennies voir des millénaires, je suis resté emprisonner dans cette espace vide. J'étais devenu une coquille vide... Mais un jour une lumière, ma prise et m'a emmener ici. À Kosaten, malgré mon attitude hors normes à mes débuts, chaque habitant de Seika a su se montrer bon envers moi... J'ai construit des amitiés et des liens que je ne soupçonnais même pas... J'ai ressenti des choses que je ne croyais pas possible... Pour la première fois, j'étais en vie »

L'expression de son visage était empreinte de nostalgie. Lorsqu'il plongea son regard dans celui de la jeune fille argentée, un petit sourire vint s'incruster sur ses lèvres.

« Donc oui, Ms. Shaylee, ma vie à Kosaten me plaît beaucoup »

Un petit silence s'instaura pour laisser le surplus d'émotion retrouver son état normal. Après quelques instants, il se décida à répondre à la deuxième partie de sa question. Il lâcha un autre petit sourire. Il était surpris et heureux qu'elle connaisse le concept de contrôle spatial.

« Quant à mes pouvoirs, bien qu'ils soient centrés sur la manipulation spatiale, ils sont loin d'être assez puissants pour l'instant pour pouvoir ouvrir un passage entre deux plans d'existence différents. Même si je regagnais la totalité de mes pouvoirs, je ne suis pas sûr de pouvoir accomplir pareil miracle »

Même pas quelque seconde plus tard, l'élu fut encore pris de court par la jeune fille. C'était un record. Elle avait un don pour le surprendre. Elle venait d'évoquer de l'énergie malsaine qui émanait de la Muramasa à son plus grand étonnement. Pour la plupart des êtres vivants, l'aura que dégageait la Muramasa, plutôt que malsaine, était alléchante, tentatrice et aguicheuse. Et pourtant, la jeune fille en face de lui avait sût apercevoir la vraie nature de la lame maudite comme lui devait le faire tous les jours.

Il se leva et se dirigea vers la gigantesque lame puis l'agrippa. Alors qu'il voulait la montrer plus en détail à la jeune fée, un évènement inattendu se produisit. Une énorme sensation de soif de sang se fit ressentir dans tout son corps. Bien plus que d'habitude. Plusieurs voix firent écho dans sa tête. Les démons emprisonnés dans la lame étaient agités.

« Tue là ! »

« Elle est dangereuse ! »

« Tue là ! »

« Ou elle nous tuera »

« Tue là ! »

« Tue, la Déesse ! »


Il lâcha un grognement puis envoya une vague d'énergie spirituelle dans la lame. Hors de question qu'il succombe à la tentation dans les murs de Seika. Alors qu'il avait réussi à calmer les démons, il sentit quelque chose. Un peu comme si une douce lumière lui caressait la peau. Il écarquilla des yeux quand il se retourna en direction de cette sensation. C'était la jeune Shaylee. Il ne savait pas pourquoi, mais il pouvait sentir une énergie affaiblie, mais bien présente émaner de la jeune fille. Une puissante énergie endormie. Une énergie d'ordre divine, tout le contraire de la Muramasa.

L'instant s'était figé sur ce moment pour l'élu de Seika. Il la fixait avec incompréhension et curiosité. Cela ne semblait pas venir directement d'elle, mais pourtant, il pouvait dire que c'était relié à la jeune fille. Elle était une énigme, un mystère qui commençait à réveiller sa curiosité endormie. Il parla calmement et quelque peu fasciné par la fée aux couleurs argentées.

« Et vous... Pourquoi est-ce que je ressens une présence divine à vos côtés ? »

Deux destins liés que tout séparaient. La fée divine et l'homme démoniaque.




HRP Shaylee et Correcteur:
 
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MessageSujet: Re: Un départ sur de mauvaises bases. [PV Schneiden]   Sam 11 Avr - 10:39

Au fur et à mesure que la discussion progressait, une sorte de pression se faisait de plus en plus forte en moi. Mon esprit se réveillant progressivement afin d’emmagasiner le plus d’informations possibles,  de trouver les bonnes questions et d’interpréter correctement leurs réponses, mes sens  avaient finit par reprendre la majorité de leurs droits. Et avec eux, le sentiment d’enfermement que j’avais perçu à mon réveil était devenu si intense qu’il en était presque palpable. Ajouté à ça l’obscure aura de la lame, et j’avais à présent toutes les raisons de vouloir m’enfuir, partir de cette cellule le plus vite possible, quitte à devoir explorer seule ce monde inconnu.
Pourtant, je n’allais pas le faire. L’idée n’effleura mon esprit qu’un seul instant, car je n’éprouvais pas le besoin de prendre mes ailes à mon cou. Qui sait si j’aurais été capable de supporter les différences entre ce monde et le mien de toute façon ? Non. La personne qui se tenait devant moi, qui avait eu la patience de m’expliquer calmement ma situation, de me voir l’encaisser, et de répondre à mes interrogations, avait su employer la bonne attitude ainsi que les mots appropriés pour que je commence à la voir au moins comme un inconnu intriguant, voire peut-être un allié. Probablement avait-il l’habitude de ce genre de discours, mais cela ne changeait rien à mon besoin de trouver un repère dans cette terre étrangère où l’on m’avait jeté sans préavis.  
J’écoutais donc ses réponses à mes questions. Il commença par confirmer à moitié mes doutes en me parlant des déités et des royaumes : Les dieux ne plaçaient pas les élus par hasard, bien que leur façon de trier semble être un mystère même pour les habitués de ce lieu. En tout cas, j’étais d’accord avec lui : J’étais plutôt chanceuse d’être tombée à Seika. Je n’aurais sans doute pas supporté d’être utilisée comme un pion par le dirigeant de Fuyu, du moins si ce que l’épéiste disait était vrai.
Il m’indiqua ensuite où j’étais censée chercher cette Geleedre. J’approuvais d’un hochement de tête, avant de répondre :

« D’accord. Dès que je serais prête à explorer un peu ce monde, je commencerais par ces directions. »

Il répondit ensuite à ses questions concernant sa propre personne. Et j’en restais bouche-bée. Le néant ? Le vide ? Mon pauvre cerveau habitué à un environnement coloré et plein de vie n’était pas capable de comprendre ce que cela signifiait. Comment était-il possible de rester dans le noir le plus total pendant tant de temps sans devenir complètement fou ? J’aurais déjà fait une crise de nerf à rester plus d’une journée dans cette cellule ! Je commençais à éprouver une sorte d’empathie pour celui qui était né du vide. J’essayais de me mettre à sa place, de m’imaginer ce que cela pouvait être d’exister ainsi… Je n’eus qu’une vilaine migraine en retour. C’était frustrant. Mais en même temps, cela me permit d’en apprendre un peu plus sur la psychologie de ce Grand Homme, et malgré mon envie de révolte, je ne pouvais que comprendre l’émerveillement qu’il avait du ressentir lorsque le vent avait caressé sa peau pour la première fois, lorsqu’il avait découvert ce qu’était la chaleur du soleil, ce qu’était l’odeur des fleurs et des forêts… Je ne pus m’empêcher de commenter, avec désaroi :

« W…wah…. Je… je suis désolée. »

C’était vrai.  J’étais vraiment gênée de l’avoir forcé à évoquer quelque chose qui devait être aussi sensible, d’autant que j’avais bien remarqué la difficulté et l’hésitation qu’il avait éprouvées à en parler. Ma curiosité m’avait poussée un peu loin. Cependant il changea de sujet après un moment de calme, nous permettant de focaliser nos esprits sur autre chose. Il réfuta mon hypothèse concernant ses pouvoirs spatiaux, et une petite pointe de déception me perça :

« Mh… D’accord. Dommage… »

Mes pensées s’évadèrent un instant, lorsque Shneiden se redressa pour se diriger vers son arme. Je reçus en pleine face des souvenirs de ma terre natale, de mon passé, des visages des rares personnes qui m’avaient suivie et encouragée depuis le tout début, quand j’avais pris en main une épée pour la toute première fois alors que je n’étais qu’une enfant. Je réfutais ces images. Le moment n’était pas à la nostalgie, et…

Froid.

Je me levais d’un coup, avant de me tourner vers l’épéiste et sa lame maudite. Il l’avait attrapée, mais quelque chose n’allait pas. C’était comme si tout le Mal ambiant s’était focalisé en un seul point : L’homme, et son arme. Instinctivement, j’avais fait le geste de dégainer, mais un juron m’échappa lorsque je me rendis compte que j’étais toujours désarmée. De plus, je ne me sentais pas capable d’invoquer Svelthir. Je me tins d’autant plus sur mes gardes, prête à attraper à nouveau mon tabouret.
Heureusement, cela ne dura qu’un instant. La sensation malsaine s’évapora aussi vite qu’elle était venue, et bientôt la chaleur réconfortante envoyée par ma lame divine, malgré son absence, la remplaça. Mes muscles se raidirent lorsque Shneiden se mit à me fixer, les yeux écarquillés. L’espace d’un instant j’avais cru qu’il était possédé, mais en observant son regard, cela ressemblait bien plus à… de la surprise.  Avais-je fait quelque chose en particulier ? Je n’en avais pas l’impression. J’attendis en silence, sans baisser ma garde, qu’il finisse enfin par me parler. De la présence divine qui m’accompagnait.
Ce fût à mon tour de le regarder avec étonnement. Avait-il perçu Svelthir ? C’est sans cacher ma surprise que je m’exclamais :

« Vous… Vous pouvez la sentir ?! »

Ce n’était pas comme s’il s’agissait d’un problème, mais je ne m’y serais pas attendu. C’était rassurant ceci dit : Ça signifiait qu’elle était toujours bien présente, et bien en forme ! Mes membres se détendirent tandis que je me rasseyais, face à ce mystérieux membre du Grand Peuple. J’eus un sourire qui se voulait rassurant, tout en commençant à expliquer, d’un ton qui partait pour être enjoué :

« Enfin, répondre à une question par une autre question ? Pas très poli ! »

Ce n’était pas un souci en vérité, alors je me mis sans attendre à commencer l’explication :

« C’est que… Je suis une élue des dieux. Pas uniquement des vôtres, mais des déités protectrices d’Azera, mon monde d’origine. »

Une poussée de désespoir me prit à cet instant. Je fermais brutalement les yeux, comme si ça aurait pu arrêter les larmes qui voulaient remonter. Deux seules perlèrent mes joues cependant, à croire que mon geste n’avait pas été si futile. Je m’empressais de les essuyer sur l’un de mes brassards, avant de m’excuser :

« Navrée… Je dois vraiment passer pour une gamine fragile, face à vous qui avez été capable de révéler un tel passé à une inconnue. »

Je pris un court instant pour respirer, et me calmer. A cause de ces crises émotives, j’aurais voulu ne pas évoquer mon histoire, ou en tout cas pas maintenant, mais… c’aurait été injuste, alors que je l’avais poussé à s’ouvrir à moi, alors qu’effectivement nous venions de nous rencontrer, et que j’avais tenté de l’attaquer –Mais pour des raisons tout à fait recevables, je tiens à préciser !-. Appelant à moi la guerrière que j’avais dû être face aux moqueries de mes congénères, je déballais tout, sans m’arrêter :

« Là d’où je viens… La magie est synonyme de noblesse. Plus la fée est puissante, mieux elle est placée sur l’échelle sociale. Pour ma part, je suis certainement la fille la plus faible magiquement qui soit née dans l’histoire d’Azera ! » Dis-je avec un rire semi-nerveux, avant de reprendre : « Mais je ne me suis jamais laissée abattre pour autant. Toute mon enfance et mon adolescence se sont résumés à compenser ma faiblesse spirituelle par des talents physiques. Pendant des mois et des années, j’ai passé mes journées et même certaines nuits à m’entraîner à l’épée, à utiliser les seuls sorts que je savais à peu près lancer, de manière martiale. Mon rêve était d’entrer dans la garde royale… L’un des rangs les plus respectés. Et j’y suis parvenue, en sauvant le jeune roi le jour de son couronnement, qui aurait été assassiné avant que les mages ne rassemblent leur mana. J’étais la première fée à réussir une telle ascension, accédant à un poste qui avait même été refusé à de puissants sorciers. Alors, pour me récompenser de mes efforts… Les dieux me nommèrent porteuse de Svelthir, une lame signée de chacune de leurs runes sacrées. L’arme est liée à mon âme, c’est sans doute ce que vous avez ressenti… »

J’allais m’arrêter. Je voulais m’arrêter. Ne pas prononcer les prochains mots, qui allaient sans doute me faire passer pour une pleurnicharde, une faiblarde se lamentant sur son sort, mais ils se formèrent d’eux-mêmes sur mes lèvres, comme si je ne me contrôlais plus :

« Maintenant, est-ce que vous comprenez ce que votre monde, vos dieux, m’ont volé ? »

Je le fixais, le regard emplis de nombreuses émotions contradictoires. Amener à celle qui avait tout perdu lorsqu’on l’avait volée à son foyer, celui qui avait tout gagné en s’échappant du vide. Quelles étranges étoiles avaient pu favoriser une telle rencontre ?




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MessageSujet: Re: Un départ sur de mauvaises bases. [PV Schneiden]   Dim 12 Avr - 20:24


• Réponse •


Le maître spatial se tenait devant la jeune fée, pantois et hypnotiser par la sorte de présence qu'il pouvait desceller en elle. Qu'est-ce que c'était ? D'où est-ce que ce pouvoir pouvait provenir ? Était-ce l'élue ou était-ce autre chose ? Pourquoi est-ce que la Muramasa réagissait de cette façon ? Tant de questions se bousculèrent dans la tête du protecteur de Seika. Son esprit était en ébullition alors que des centaines de suppositions et de théories traversèrent sont cerveaux en quête de vérité. Cela faisait tellement longtemps que sa curiosité ne l'avait pas piqué comme cela. Il se fit toutefois ramener à la réalité par la voix de la jeune Shaylee. Un coup d'œil lui suffisait pour comprendre qu'elle était tout aussi surprise que lui de voir qu'il avait pu sentir cette sorte d'énergie divine émaner d'elle.

« Oui... Comme si une douce lumière émanait de votre corps. Par contre, je n'arrive pas à déterminer si cette énergie provient de vous ou bien d'une chose relié à vous... »

Il se retint de révéler la vraie nature de la Muramasa et du fait que ce soit sa réaction violente a la jeune élue qui lui a permis de ressentir pleinement son aura d'ordre divine. Il lâcha ensuite un petit sourire quand la jeune fille tenta de détendre l'atmosphère un peu trop oppressante dans la salle. Il avait oublié que lorsque sa curiosité prenait le dessus, il pouvait avoir la mauvaise manie de fixer avec insistance la source de ses interrogations. Toutefois, la prochaine révélation que la jeune Shaylee lui fit écarquiller légèrement les yeux. Une élue des Dieux de son propre monde ? Tout cela devenait beaucoup trop intéressant. Si la conversation continuait dans cette direction, il allait, à un moment ou un autre, la bombarder de question au risque de raviver des blessures mentales et psychologiques encore fraiches. D'ailleurs, il pouvait déjà la voir se forcer en voyant ses larmes couler sur son visage.

« N'ayez pas honte de vos larmes Ms. Shaylee... Les émotions dont vous faites preuve vous distinguent des morts. N'ayez jamais honte de cela »

La peur, le courage, la joie, la tristesse, les rires et les larmes. Tout cela était des émotions réservées aux vivants, a ceux qui pouvaient encore voir le coucher et le lever de soleil chaque jour. Vouloir se préserver de toute cette palette de couleur pour ne pas paraître faible était au-dessus de sa compréhension. Peut-être était-ce parce qu'il avait vécu tellement longtemps sans ces derniers qu'il pensait de cette façon, qui sait ? Tout ce dont il était sûr était qu'il n'échangerait pour rien au monde les rires et les pleurs qu'il avait durement acquis depuis son arrivée à Kosaten.

La suite des évènements étonna grandement l'élu de Kosaten. Lui qui ne voulait pas presser les boutons encore un peu trop sensibles du passé de la jeune fée, vit cette dernière se dévoiler a lui. Elle lui fit part de son passé douloureux. Le système de caste qui sévissait dans son monde où le rang social dans la société était décidé par la capacité à savoir utiliser la magie ou en tout cas, la magie était synonyme de puissance et c'était ce qui importait. Juger le rang uniquement via un domaine en particulier le laissait perplexe quant au fonctionnement d'un pareil royaume, mais il n'avait pas son mot à dire, ce n'était pas son monde. Elle lui parla ensuite de sa jeunesse et de ses ambitions, de sa faiblesse et sa détermination sans faille. Schneiden lâcha inconsciemment un sourire quand il entendit la jeune fille parler de tout cela. Malgré son très jeune âge, il admirait profondément sa volonté de réussir incassable. Elle était un exemple, un modèle à suivre.

Vint ensuite le moment de la réalisation de son rêve, l'intégration de la garde royale. Le sourire de l'élu s'étira un peu plus, mais une certaine amertume pouvait être ressentie. Pas envers elle, non, envers les dieux de ce monde. Après tous ces efforts, après cette lutte de toute une vie, la voilà ôtée du fruit de ses efforts par ce qui pourrait bien être un pur caprice. Toutefois, malgré le sombre sentiment qu'il ressentait pour la fée, une information fit tiquer le maître spatial. Un jeune roi des fées ? Il faudra qu'il lui fasse part d'une information qui pourrait être capitale pour la jeune fée. Toutefois, il le ferait dès qu'elle terminera son récit.

Pour finir vint ensuite le moment qui l'intéressait. La source de l'énergie divine qu'il ressentait depuis l'incident avec la Muramasa. Plus les révélations s'enchaînaient, plus les yeux de Schneiden s'agrandirent sous l'étonnement. Il posa son visage dans le creux de sa paume et lâcha un rire silencieux. Quelle ironie. Une lame divine. Voilà donc ce qui avait fait réagir la Muramasa, son arme maudite.

« C'était donc ça que la Muramasa avait ressenti... »

L'élu pouvait déjà entendre les questions à propos de sa lame alors continua ses explications.

« Pour répondre à votre question de tout à l'heure Ms. Shaylee, ce sabre se nomme la Muramasa. L'énergie sombre que vous avez mentionnée provient... Des démons scellés dans la lame. Voyez-vous, il y a longtemps de cela Kosaten était en proie à une invasion de démons qui pillaient et ravageaient tout sur leurs passages. La Muramasa était la réponse des humains face à cela. Un sabre infusé avec le pouvoir des démons, capable d'emprisonner l'âme de tout ce qu'elle tranche pour renforcer ses propres pouvoirs. Les utilisateurs ont depuis tranché des vagues entières de démons avec la Muramasa. L'énergie sombre est en réalité le pouvoir de centaine de démons qui ont péri sous le tranchant de cette arme. C'est sans doute ce qui a réagi avec la Svelthir »

Alors qu'il voulait poursuivre la discussion dans ce sens, la jeune Shaylee coupa court à tous ses plans. Son regard s'abaissa en direction du sol, que pouvait-il répondre face à cela ? Les dieux de ce monde avaient effectivement volé son passé et son avenir sans aucune considération envers la jeune fille. Alors que pouvait-il répondre face à ces reproches ? Un long silence prit place entre les deux élus.

« Je suis... désolé »

Offrir ses excuses était tout ce qu'il pouvait faire dans le cas présent. C'était tout ce qu'il pouvait lui donner. Schneiden releva soudainement la tête, était-ce vraiment tout ce qu'il pouvait faire ? Non, il avait en sa possession une information qui pourrait peut-être raviver de l'espoir envers la jeune fée.

« Vous m'aviez parlé d'un jeune roi des fées n'est-ce pas ? »

Il regarda la jeune fille, pensif et calculateur.

« C'est une information à prendre avec précaution, mais... Parmi les rangs des élus de Seika se trouverait un jeune garçon qui se fait nommer King, rumeur ou vérité pure, ce jeune se dit être le Roi des fée »

Il regarda la jeune fille avec anticipation.

« Je sais que ce n'est pas grand-chose et que cela pourrait très bien ne pas être lui, mais il faut toujours maintenir la flamme de l'espoir qui vous habite pour ne pas sombrer dans la dépression la plus sombre. Instaurer vous un but et ne le perdez pas de vue. De notre côté, nous essayerons de trouver un moyen pour vous ramener chez vous... D'accord ? »

C'était sa proposition. Sa réponse. Maintenant, quelle serait celle de la jeune fée ?





Dernière édition par Schneiden le Mer 15 Avr - 18:31, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Un départ sur de mauvaises bases. [PV Schneiden]   Mer 15 Avr - 18:10

Les paroles du manipulateur d’espace concernant les émotions me rassurèrent un peu. J’avais eu tort de penser qu’il verrait mal mes larmes alors que lui-même, ainsi qu’il le disait, avait probablement dû laisser ses émotions jaillir plus d’une fois depuis son arrivée en Kosaten. Il était facile de comprendre que sa découverte des sentiments et de la vie elle-même ne s’était pas déroulée sans pleurs. Bien que, je pense que je n’aurais jamais été capable de me mettre à sa place, moi qui avait eu à l’inverse une existence plus que mouvementée, et ce depuis le jour de ma naissance. Nous avions beau être différents, quasiment l’opposé l’un de l’autre, je commençais à me sentir à l’aise en sa présence. Probablement parce qu’il était le seul que je connaissais ici.
Ou parce qu’il était le premier à me pardonner un moment de faiblesse, chose que moi-même je ne m’autorisais pas.

En tout cas, je n’avais remarqué qu’il souriait qu’après mon récit.  J’étais intriguée de le voir réagir ainsi, encore plus quand il eût un faible rire à la révélation concernant Svelthir. Je ne le prenais pas mal, non, car je voyais bien qu’il n’y avait aucune moquerie dans son attitude, mais… je ne la comprenais pas vraiment. Je ne la relevais pas cependant, gardant mes impressions pour moi.
Il mit ensuite un nom sur cette souillure métallique qui m’inquiétait tant. Muramasa. Connaître son appellation me donnait encore plus froid dans le dos… Brrr. Et l’explication qui s’en suivit ne fût pas office de remède, loin de là. Une arme capable de faucher des âmes, afin de les sceller en son sein et de renforcer ses pouvoirs… C’était peut-être efficace pour vaincre les démons, ça ne la rendait pas moins corrompue, maléfique. Si une telle création s’était retrouvée sur Azera, je me serais personnellement chargée de la détruire, quitte à devoir vaincre un à un, voire tous en même temps les démons qui l’habitent, en plus des envahisseurs ! Mais ici, je n’étais pas dans mon monde. Les règles, la conception du bien et du mal, la moralité… toutes ces choses devaient être bien différentes. Je m’attendais déjà à devoir faire preuve d’une sacrée dose d’adaptation.

Lorsqu’il reçut ma dernière question, il y eut comme un blanc. Je crois que, si j’avais précédemment voulu détendre un peu l’atmosphère, je venais de la geler à nouveau.  Les excuses qui me furent présentées confirmèrent ce sentiment. Je forçais un sourire, de nouveau. Je n’avais pas envie, et n’étais pas d’humeur, à continuer une conversation sur un ton déprimant. Là, tout de suite, j’éprouvais juste le désir de discuter et d’apprendre de nouvelles choses, dans un seul objectif : Celui de me relever et d’avancer.
Je ne savais pas encore que le dieu iconique de Seika était un Phénix. Mais si je l’avais su, j’aurais sans doute pu faire une analogie entre mon état et celui de l’oiseau de feu tombé en cendres, qui s’apprête à renaître.
En attendant, je répondis au porteur de l’épée maudite, sur un ton se voulant chaleureux :

« Vous n’avez pas besoin de vous excuser… Ce qui est fait est fait, et comme vous venez de me le dire, les habitants n’y sont pour rien. »

Je me mordis la lèvre inférieure. La flamme de mon amertume était encore bien trop grande pour que je puisse prendre tant de recul, mais c’était la meilleure chose que j’aie trouvé à dire à cet instant, pour ne pas rendre l’ambiance plus morose qu’elle ne l’était déjà. J’enchaînais donc, sur une question… plutôt importante, qui brûlait d’envie de sortir depuis que le Grand Homme m’avait raconté l’histoire de la Muramasa :

« Et, heu… c’est quoi, un hu...main ?  »

Je le regardais avec des yeux ronds. Il s’agissait probablement du nom de ce Grand Peuple, mais je préférais demander ! Sait-on jamais.
Il m’apprit ensuite une chose qui provoqua un pic de joie et d’espoir. Un jeune roi des fées ? Ici ? A Kosaten ? Mon esprit s’enflamma. Où était-il ? Que faisait-il ? Était-il en danger ? S’il avait été emporté en même temps qu’elle, probablement que sa majesté était également dans ce bâtiment ! J’étais sur le point de me lever, d’accourir le rejoindre, de retourner à ses côtés, mais ma conscience me frappa de plein fouet. Shneiden avait clairement annoncé qu’il était déjà dans les rangs de Seika, mais pas un nouveau venu comme moi. Si le roi avait disparu, j’aurais été l’une des premières au courant.  Mine de rien, cet instant de positivisme avait suffit à dissiper l’espace d’un instant le désespoir de ma situation, et comme l’ « humain » venait de le dire, de me raccrocher au désir de trouver un but. Cependant, lorsqu’il me parla de dépression, mon sourire s’agrandit soudainement, puis… j’éclatais de rire.
D’un rire franc, dans lequel j’évacuais toutes les émotions négatives accumulées depuis mon réveil. J’avais commencé à pleurer quand mon moral était au plus bas, mais maintenant que ma détermination était pleinement revenue, c’était ma façon d’exprimer et de combattre le mal qui voulait s’instaurer en moi.
Après cet instant, je tendis la main et pointais du doigt le visage de celui qui faisait de son mieux pour m’aider, et le fixait avec un air de défi, bien que mon sourire et le ton ironique de ma voix trahissait mon absence de sérieux :

« Dépression ? Prenez garde, en employant de viles expressions comme celles-ci, vous pourriez vexer Shaylee, quatrième descendante de la famille Greïtell, l’élue de Svelthir, la meilleure duelliste d’Azera, et bientôt de Kosaten ! »

Je savais que ce moment d’euphorie ne durerait pas, mon cœur étant encore saignant, mais je voulais en profiter un maximum. Rabaissant ma main, je continuais :

« Je vous l’ai dit non ? Je ne me suis jamais laissé abattre. Ce n’est pas pour commencer maintenant. Mais concernant ce jeune roi, je… Je ne pense pas que ce soit lui. S’il est arrivé avant moi, ça signifie qu’il aurait disparu du château.  Je le voyais régulièrement, alors j’aurais été au courant ! »

Je fermais les yeux un moment, pour me calmer. Le bouleversement de multiples émotions n’était pas facile à supporter, loin de là, mais je faisais de mon mieux pour conserver cette étincelle de vie qui me définissait au quotidien. J’enchaînais donc :

« Enfin… merci. J’ai bien besoin de garder le moral haut, et vous n’êtes pas trop déprimant. Oui, puisque je suis ici de toute façon, autant voir ce que ce monde a à offrir… Et lorsque Svelthir se sera extirpée de son sommeil… car j’ai bien l’impression qu’elle se permet de dormir encore celle-là ! Je vous la montrerais. »


Et juste avant de continuer, je montrais l’arme démoniaque du doigt :

« …Mais peut-être pas à côté de cette abomination. Si ma simple présence l’énerve, je ne préfère pas imaginer ce qu’il se passerait si on mettait les deux côte à côte ! »


Je relâchais mon bras, ayant la réflexion que, dans une autre pièce, dans un autre contexte, et avec des boissons entre les mains, cette conversation ressemblerait à une discussion entre deux amis. Une simple pensée fugace?
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MessageSujet: Re: Un départ sur de mauvaises bases. [PV Schneiden]   Sam 18 Avr - 19:36


• Verdict •


Schneiden se gratta la joue avec, le monde de la jeune fée n'était donc pas peuplé de ses semblables ? Cela pourrait expliquer l'attitude de la jeune fille lorsqu'elle fit face à la patrouille de gardes lors de son arrivé. Bien qu'il puisse désormais comprendre le raisonnement derrière ses actes, cela n'excusait pas pour autant la totalité de ses actions. Il recentra son regard sur la jeune fille et se concentra sur la situation actuelle.

« Oui, des humains. Il n'y en a pas dans votre monde d'origine ? Dans Kosaten vous pouvez dire que c'est "la race dominante" qui peuple ce monde. Comparés aux autres races, nous sommes relativement faibles à la naissance. Cependant de cette faiblesse est née la sagesse qui nous a permis de nous adapter à notre environnement et nous hisser au sommet »

Bien qu'il fût surpris de l'absence des hommes, il n'en tint pas compte plus que cela. Après tout, elle n'était pas la seule à être dans ce cas. Geleerde aussi était originaire d'un monde dénoué d'humain. Après ce bref aparté, la conversation reprit son cours. Quand il évoqua le roi des fées qui se trouvait parmi les rangs de Seika, un sourire vint s'incruster sur le visage de l'élu en voyant la joie et l'espoir frapper sa camarade de plein fouet toutefois cela ne dura pas longtemps avant qu'elle ne réalise quelque chose. Elle n'avait pas besoin de lui dire quoique ce soit, il savait qu'elle avait sans doute compris que ce n'était pas son roi qui était parmi eux. Schneiden commença à ouvrir prendre la parole pour tenter de réconforter la jeune fée, mais l'éclat de rire qui s'échappa d'elle le stoppa de toute action. La jeune Shaylee était décidément une montagne russe d'émotion.

Puis, au fur et à mesure qu'elle prit la parole, le sourire de l'élu s'agrandit à chaque seconde qui passait. Il avait sous-estimé la jeune combattante. Complètement. Elle prenait la nouvelle bien mieux qu'il l'avait espéré et plus encore, elle faisait face à cela avec hargne et détermination. Il pouvait voir une vive flamme dans les yeux de la jeune élue qui lui faisait face, une volonté implacable et une détermination sans faille. L'élu laissa échapper un petit rire. C'était une caractéristique propre aux habitants de Seika. Peut-être que les Dieux n'étaient pas aussi aléatoires qu'il le pesait. Les paroles emplis de défiance sorti le maître de l'espace de sa réflexion. Il lui renvoya ce le même sourire et prit la parole.

« Avant de se faire, vous devrez me vaincre moi, Schneiden le meilleur duelliste parmi les élus de Seika. J'ai hâte de voir ce dont une fée de votre rang est capable~ »

Pendant un court instant, sa curiosité et son coté joueur s'échappa de lui. Il réprima toutefois cette partie de lui en entendant les prochaines paroles de la jeune Shaylee. Comme il l'avait pensé, King n'était pas son roi. Malgré cela, la jeune fille tint bon et essaya de ne pas se laisser abattre par la dure réalité. Il lâcha un micro-sourire. Elle était forte, très forte pour une élue de son âge. Il laissa ensuite échapper un gloussement aux prochaines paroles de la jeune fée.

« Je vais prendre cela comme un compliment. Vous verrez, Kosaten est un monde extrêmement intéressant peuplé d'êtres qui le sont tout autant... Ceci étant dit, j'ai hâte de voir la Svelthir de mes propres yeux. Ce sera ma première rencontre avec un artefact d'ordre divin »

Schneiden lâcha ensuite un rire qui raisonna dans toute la cellule face aux paroles dure de la jeune femme. Après quelques instants, il réussit à se calmer et son regard se focalisa sur la manieuse de la Svelthir. Elle avait évoqué un point intéressant. Que se passerait-il si l'on plaçait les deux armes cote à cote ? Son pic de curiosité atteint vite un nouveau sommet. Il était curieux, beaucoup trop pour que ce soit une bonne chose. Mais pouvait-on lui en vouloir ? Ce qu'il voulait faire était beaucoup important qu'il n'y paraisse. Ce n'était pas seulement placé ensemble deux armes pour voir ce qui se passe, non. Il voulait opposer deux domaines qui étaient au-delà de toute compréhension humaine. Il voulait opposer le Divin et le Démoniaque. Le Bien et le Mal. Après quelques secondes, il reprit son calme. Ce n'était pas le moment d'exhiber ses questionnements et ses envies, il était là pour accueillir la plus récente de leurs élus.

« Bien que je veuille voir la Svelthir de mes propres yeux, je ne peux délaisser la Muramasa là ou mon regard ne pourrait l'atteindre. Je suis ce qui pourrait s'apparenter à son gardien. Je dois m'assurer que cette arme ne corrompe d'autres personnes. Des gens ont tué pour prendre possession de la Muramasa. J'ai décidé de devenir son porteur pour cela n'arrive plus jamais »

Il lâcha un petit sourire.

« Les démons à l'intérieur de la lame sont en colère eux aussi. Cependant, je suis curieux de voir ce qui se passerait si les deux armes se côtoyaient. Avec un peu de chance, la Svelthir pourrait purifier les parasites à l'intérieur de la Muramasa, qui sait ? »

L'Odachi brilla d'une couleur pourpre pour montre son mécontentement. Schneiden quant à lui laissa échapper un sourire espiègle en direction de la lame. Ce n'était pas tous les jours qu'il avait l'occasion de mettre les démons de la Muramasa en colère en se jouant d'eux. C'était dommage d'ailleurs, il appréciait cela.




Suite à cela, un petit silence agréable prit place dans la salle alors que Schneiden jaugeait du regard sa camarade élue. Les évènements s'étant déroulés dans cette cellule repassèrent en boucle dans sa tête. L'agressivité lors de leur première rencontre. L'amertume face aux révélations... Puis... La détermination sans faille dont elle avait fait preuve. Le sourire et les rires luttant contre la dureté de la situation. La loyauté sans limite que tout son être semblait crier quand elle avait entendu quand le roi des fées se trouvait à Seika... Petit à petit, le puzzle que constituait la jeune Shaylee prit forme dans l'esprit de Schneiden. Au bout de quelques instants, l'élu de Seika esquissa un sourire en direction de la jeune fée.

« Ms. Shaylee, mon but ici n'était pas uniquement de vous accueillir. J'ai été envoyé ici pour évaluer le degré de menace que vous représentez pour Seika. Voyez-vous, votre attaque soudaine lors de votre rencontre avec la patrouille de reconnaissance à laisser les têtes pensantes perplexes »

Il lâcha un petit rire pour essayer de désamorcer la situation du ton sérieux qu'il avait commencé à prendre.

« Bien que notre première rencontre fût mouvementée, votre véritable personnalité m'a été révélée au cours de notre discussion... J'en suis venu à la conclusion que... Vous n'êtes en aucun cas une menace pour la vie des innocents et plus encore. Dans le futur, je pense que vous serrez une étonnante et excellente compagnonne d'arme si vous choisissez de vivre une vie menée par l'épée et le bouclier »

Il se leva de sa chaise et plongea son regard de celui de la jeune fille, signe qu'il avait pleinement accepté la jeune fée en tant que camarade de Seika.

« Dans tous les cas, quelle que soit votre décision, ce choix reste le vôtre... Maintenant que tout est dit, que diriez-vous de sortir d'ici ? Bien que temporaire, je vous fais visiter votre nouvelle maison ? »



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MessageSujet: Re: Un départ sur de mauvaises bases. [PV Schneiden]   Lun 27 Avr - 13:04

Hey, listen !:
 

J’écoutais l’explication de Schneiden concernant son peuple, avant d’acquiescer. J’allais enfin pouvoir mettre un nom sur la race que je risquais de croiser souvent dans ce monde, qui soit plus correct que « Grand Peuple ». Je n’avais aucun doute sur le fait d’avoir à rencontrer d’autres créatures étranges durant mon séjour ici, comme me l’avait fait comprendre le maître spatial en évoquant l’existence d’autres races, et il allait vite falloir que je retienne leurs appellations si je voulais m’y retrouver. Je lui répondis ensuite :

« Là d’où je viens, je ne connais qu’un seul peuple intelligent : Les fées. Peut-être qu’il y avait également des…  « Humains » sur une face du monde encore inexplorée, mais en tout cas je n’en avais jamais entendu parler, encore moins vu ! Vous n’avez pas l’air si différent à part votre taille. Vous avez des ailes vous aussi ?»


J’avais prononcé ces mots le regard emplis de curiosité. Rencontrer un autre peuple que le sien était une expérience unique, alors je comptais bien en apprendre un maximum !
Je souris ensuite quand le porteur de la Muramasa répondit à ma provocation sur le même air de défi. Le meilleur duelliste de Seika ? Je ne pouvais pas tomber sur meilleur guide ! Je le fixais dans les yeux, avant de reprendre ce même ton :

« Croyez-moi, quand j’aurais retrouvé mes forces, vous ne serez pas déçu… »

J’écoutais avec attention ses paroles suivantes. Intéressant ? Ce monde l’était peut-être, mais actuellement ce n’était pas ce que j’en pensais. Tout ce que j’en avais vu pour l’instant, c’était une patrouille de garde belliqueuse, quelques vagues souvenirs peu agréables, une cellule sombre, et Schneiden. Ce dernier était le premier élément positif que j’avais croisé pour l’instant. Je décidais de lui faire confiance cependant, et d’attendre de voir par moi-même avant de porter jugement. Ça n’allait pas être facile…
Je fus surprise de voir l’épéiste, si sérieux jusque là, rire aux éclats à son tour. Ce n’était pas un mal non, je venais de faire de même après tout, mais je pris un instant pour me demander ce qu’il y avait de si drôle. Était-ce l’évocation d’une possible rencontre entre ma lame bénie et sa lame maudite ? N’ayant aucune envie de l’interrompre cependant, je pris mon mal en patience jusqu’à ce qu’il m’apporte des explications. Je ne cachais pas mon étonnement lorsqu’il m’apprit que certains étaient prêts à tuer pour récupérer cette horreur. J’avais déjà du mal à imaginer ce que cela devait être de la porter sur soi à longueur de temps. A être en présence d’un artefact aussi impur en permanence, l’on devait devenir fou ! Et pourtant, son gardien, comme il se nommait lui-même, me paraissait saint d’esprit. Une telle force mentale était prodigieuse, et je ne pouvais que me trouver admirative face à telle résistance :

« C’est impressionnant ! Comment faîtes-vous pour endurer cette souillure en permanence ? Et comment les gens peuvent-ils être assez idiots pour être attirés par une telle… chose ? » terminais-je, non sans afficher un petit rictus de dégoût.

Il confirma de suite ma théorie. Alors comme ça, il désirait observer la réaction qui se produirait si on approchait les deux armes ? J’eus un sourire. Il me rappelait certains théoriciens de mon monde, qui passaient leur temps à vouloir faire d’étranges expériences en mélangeant archaïquement des concepts farfelus. Le genre d’alchimie qui mène fatalement à des résultats inattendus/explosifs/catastrophiques/létaux, voire tout à la fois, contre lesquels personne n’est jamais pleinement préparé. Et je devais bien admettre que l’idée me plaisait, et pas qu’un peu. Cependant il valait mieux calmer les ardeurs de suite, car un point me chiffonnait :

« Héhé, oui, la perspective en tentante… Mais j’ignore à quel point Svelthir a été affaiblie. Sa lueur m’est certes revenue, mais sans la tenir en main, difficile de communiquer avec elle ! C’est que j’aimerais éviter que l’inverse se produise, et que ce soient les démons de la Muramasa qui corrompent mon arme. »

Rien qu’à évoquer l’idée, j’eus un frisson. Je savais peut-être la lame divine incorruptible, mais je savais de toute façon beaucoup de choses avant d’arriver ici, et mes connaissances risquaient d’être bouleversées. Qui pouvait dire si les démons de l’arme maudite n’étaient pas aptes à noircir le divin même ? Ou si, loin de sa terre d’origine, la lumière de Svelthir n’était pas atténuée au point de la rendre plus vulnérable face à l'obscurité ?

Une sorte de silence s’en suivit, puis Schneiden m’annonça la véritable raison de sa venue : Juger si j’étais un danger. Et sa conclusion : Non.
Je dus faire un rictus idiot lorsqu’il m’apprit le désarroi que mon acte lors de ma première rencontre avec des « humains » avait provoqué chez les gradés, parce que je pris ça comme un compliment. Ils n’étaient pas au bout de leur surprise ! Puis, il évoqua le futur. Je fermais les yeux, atteinte d’une nouvelle crise de nostalgie. J’avais des idées concernant ce que j’allais faire dans l’avenir proche, et deux objectifs distincts se formaient dans mon esprit : Devenir à nouveau une légende, dans ce monde cette fois-ci, et rentrer chez moi. Mais je n’avais pas songé à comment j’allais m’y prendre, quelle voie j’allais emprunter pour y parvenir. M’engager comme guerrière dans l’Empire du feu ? Devenir mercenaire ? Une aventurière ? Différentes possibilités se tenaient devant moi, toutes accompagnées de leurs avantages et inconvénients. Je secouais la tête afin de les chasser. Je n’avais pas encore vu la couleur du ciel de Kosaten que je cherchais déjà quoi y faire, c’était trop précipité ! Il allait au moins me falloir attendre d’avoir visité ce que Schneiden nommait ma nouvelle maison, pour me décider. S’il ne m’avait pas menti, le choix dépendrait avant tout de moi, et pas de ce pays.
Je me relevais à mon tour, prit un instant pour m’étirer, puis fixais l’épéiste. J’avais bien compris le sens de son expression, mais je ne pus m’empêcher de tirer la langue avant de sortir sur un ton qui se voulait jovial :

« Il faut être trouillard pour se cacher derrière un bouclier ! »

Je ne le pensais bien évidemment pas, mais ne pas être sérieuse était chez moi à la fois une seconde nature, et une façon de ne pas sombrer dans les émotions sombres qui me guettaient à chaque instant. Je fus emplie de joie quand il m’annonça enfin que l’on allait sortir de ce lieu oppressant, et je ne m’en cachais pas :

« Enfin ! Je crois que je n’aurais pas tenu dix minutes de plus à pourrir ici… Rassurez-moi, il y a de la verdure dans ce royaume ? Et on a le droit de voler où on veut ? »

D’autres questions brûlaient sur ma langue, mais je décidais de les retenir et d’être patiente, car après tout la plupart faisaient certainement partie de ce qu’il devait m’expliquer durant la visite, et   le bombarder de questions ne rimerait à rien. Je lui fis donc comprendre que j’étais prête à le suivre sagement…


Ou presque :

« Et où peut-on loger ? C’est plus grand que ces cellules j’espère ? »
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MessageSujet: Re: Un départ sur de mauvaises bases. [PV Schneiden]   Jeu 30 Avr - 22:09


• Chikai •




L'élu de Seika pencha la tête perplexe en entendant les dires de la jeune fée concernant le peuple des fées de son monde et les continents encore inexplorés encore inconnu pour elle. Il y avait donc bien des humains, mais ils étaient incapables de se rejoindre ? Qu'est-ce qui empêchait à ces êtres dotés de la capacité de voler de joindre ces terres inconnues ? Interdiction ? Ennemis ? Environnement ? Schneiden secoua la tête, ce n'était pas le moment de penser à toutes ces choses.

« Malheureusement non, nous humains, ne possédons pas d'ailes ou autres artifices du genre. Nous ne possédons pas d'affinité particulière à la Magie et la Nature. Nous sommes frêles, notre existence est courte et nouée à la terre. Quand j'y repense, je commence à me dire que les dieux qui nous ont façonnés ont étés avares avec les humains »

Il lâcha un petit rire, mesquin. Faible, effrayé par une mort rapide et naturellement attiré par le pouvoir et la luxure. Les dieux n'avaient vraiment pas étés tendres avec les hommes. Heureusement qu'il avait été aussi doué de raison pour refréner leur nature, leurs peurs et leurs envies ou ils auraient vraiment tiré le gros lot sur l'échelle de Darwyn.

« Mais dites-moi, quelles sont les caractéristiques des fées de votre monde Ms. Shaylee ? Possédez-vous autre chose que vos ailes ? Je suis curieux »

La conversation se continua ensuite sur un sujet qui le faisait sourire, la combativité de la jeune manieuse de la Svelthir. Elle avait de la ressource, c'était bien. L'élu espéra tout de même que cela dure sur le long terme et qu'elle ne laisserait pas les futurs échecs troubler cet état d'esprit. Le monde de Kosaten était peuple d'êtres et de créatures extrêmement puissantes, plus que lui-même. Elle allait devoir redoubler d'efforts et de prudence pour pouvoir atteindre un jour le titre de la meilleur duelliste.

« J'ai hâte de voir cela, Ms. Shaylee, extrêmement hâte~ »

Les deux élus abordèrent ensuite le sujet qui intéressait le plus le maître de l'espace. La Muramasa et la Svelthir. Il pouvait bien voir que la jeune fée était curieuse et outrée par l'existence de la lame maudite, il ne pouvait pas lui en vouloir. Pareille chose ne devrais effectives pas exister en ce monde. C'était beaucoup trop dangereux pour toutes les autres espèces qui peuplaient ces terres. Il ne voulait même pas imaginer ce qu'il se passerait si les démons emprisonnés dans le Katana venaient à se libérer. Un frisson se propagea dans toute son échine et il secoua légèrement sa tête. Non, cela n'allait pas arriver. C'était pour empêcher cela qu'il avait décidé d'endosser pleinement le rôle de gardien de la Muramasa. La voix de la jeune élue le ramena à la réalité.

« Eh bien... La simple pensée des conséquences de ce qui se passerait si les démons à l'intérieur de la Muramasa réussissaient à s'échapper suffit à me donner la force de résister à la tentation de m'adonner à la puissance que m'offrirait la lame. J'ai des personnes qui me sont chères à Kosaten... Je préférerais mourir mille fois plutôt que de savoir qu'ils ont été blessés par ma faute »

Il laissa ensuite planer un léger silence avant de s'attaquer à la deuxième question de la fée.

« Les gens ne sont pas stupides Ms. Shaylee, juste ignorant. Contrairement à vous qui avez une affinité avec le divin et moi qui suis en contact constant avec la Muramasa, elle n'émet pas d'aura particulièrement mauvaise aux yeux des autres. J'ai été surpris que vous découvriez aussi vite la vraie nature de la lame pour être franc. Plutôt que malsaine, elle exerce un sentiment d'enivrement, de désir et d'euphorie pour les autres êtres vivants, c'est ce qui les attire. Les démons sont doués pour vendre aux autres un cadeau qui ne l'est pas »

Les démons avaient compris que l'homme ne devait pas avoir peur pour qu'ils puissent asseoir leurs pouvoirs sur lui, au contraire, il devait être amadoué et corrompu petit à petit. De cette façon, ils n'avaient même plus besoin de faire quoi que ce soit, il se jetterait volontiers dans la gueule du loup avec un sourire incrusté sur le visage. Schneiden soupira ensuite à la suite de la conversation avec la jeune Shaylee. C'était à prévoir. Tout ce qui entrait à Kosaten de cette façon se voyait réduit à un fantôme de ce qu'ils étaient dans leurs mondes d'origine, il n'y avait aucune raison que les armes ayant une nature magique voire vivante, ne subissent pas le même malus.

« Oui, cela se révélerait être un problème si cela arrivait à la Svelthir. Toutefois si votre arme est reliée à vous comme je le pense, ne vous en faite pas, elle retrouvera sa gloire d'antan en même temps que vous »

Le silence prit place dans la salle et il lui avoua enfin la raison de sa venue. La vraie raison. À sa grande satisfaction, elle ne prit pas mal la situation, mieux même, elle semblait être d'humeur taquine envers ce qu'il avait été dit. Un sourire doux vint bercer ses lèvres en entendant la réponse de la jeune fée en ce qui concernait le bouclier. Malgré son rang et son caractère de prime abord, elle était encore une enfant. Pris par son instinct, il n'eut même pas le temps de réfléchir qu'il se voyait déjà se pencher par-dessus la table, main en avant en direction de la jeune Shaylee et... lui envoyer une pichenette sur le front.

« L'épée ne peut que trancher, alors que le bouclier lui, protège. N'oubliez jamais ça »

Schneiden écarquilla ensuite légèrement les yeux, se rendant compte de ce qu'il venait juste de faire. Il se toucha légèrement le front en entamant un petit rire de gêne.

« Excusez-moi... C'est une de mes habitudes »

Pour que tout cela ne prenne pas plus d'ampleur, il se dirigea vers la porte et lui fit part de sa décision de la libérer. La joie non contenue de la fée fut accueillie par un petit rictus de satisfaction de la part de Schneiden. Il la fit signe de la suivre et les deux entamèrent la marche dans les couloirs sombre des cachots du palais. Sur le chemin, la jeune élue lui posa quelques questions et lui y répondit.

« Ne vous inquiétez pas Ms. Shaylee, nous ne sommes pas Minshu mais nous possédant une végétation des plus respectable. En ce qui concerne le vol, tant que vous prévenez à l'avance pour que les archers ne vous prennent pas pour une bête voulant s'attaquer à la capitale, tout devrait bien allez~ »

Les deux compagnons quittèrent enfin la zone des cachots pour se retrouver dans la salle principale du palais, une immense bâtisse décorée de part en part par des œuvres exotiques et de tapisseries d'un rouge royale. Quelque serviteurs et gardes se promenaient librement dans la salle, envoyant des sourires curieux en direction du duo. Schneiden renvoya les sourires en acquiesçant de la tête en signe de salut. L'ambiance était chaleureuse et accueillante.

« Oh ! C'est la petite chipie qui nous a attaqués ! »

Un jeune garde encore dans son uniforme pointa du doigt grossièrement la jeune fille de façon comique. C'était une jeune recrue présente lors de la rencontre entre la fée et la patrouille de gardes qui l'avait appréhendé. Schneiden soupira avec amusement et lui envoya a lui aussi... une pichenette sur le front.

« Au lieu de rêvasser, retourne à ton poste, Hon »

« Whew~ Schneiden qui montre les crocs en face d'une jeune demoiselle. C'est suspect ! »

« Espèce de petit- »




Il ne put pas continuer que le jeune fainéant s'en alla en courant tout en portant un air taquin. En voyant cela, un petit sourire naquit sur le visage de l'élu. Bien que surprenant la première fois, il aimait cette familiarité qu'entretenait le peuple de Seika entre eux. Au moment ou un élu ou un étranger se montrait digne de confiance, ils le traitaient comme un membre de leur famille. Il ne l'avouerait jamais en face d'eux, mais il appréciait cela. Avec un petit mouvement de main, il fit signe à la jeune élue de le suivre.

Les deux élus arrivèrent à l'entrée du palais. Une douce brise vint caresser leur peau et la douce chaleur du soleil embrassa leur corps dans une étreinte des plus plaisant. Schneiden prit une grande bouffée d'air frais, appréciant à chaque seconde qui passait toutes les sensations qu'il ressentait sur le moment. Il ouvrit légèrement les yeux et se retourna vers la jeune fée, faisant signe avec un mouvement du bras pour lui montrer toute l'étendue de la capitale de Seika, un sourire aux lèvres.

« Je vous souhaite la bienvenue à Chikai Ms. Shayle, bien que temporaire, ce sera votre nouvelle maison »

Des bâtiments à perte de vue baignaient dans les rayons de l'astre de midi. Des couleurs exotiques et des formes qui l'étaient tout autant pour une personne d'un monde différent, c'était un style propre à Kosaten après tout. Dans les rues, des personnes de tous les horizons pouvaient être aperçues. Marchand, mercenaire, artiste, érudit, paysan, tous étaient mélangé dans un même endroit. Les enfants couraient et jouaient entre eux, quelques animaux de compagnie pouvaient être vu en compagnie de leurs maîtres, les veilles personnes se détendaient être eux un peu plus au calme. La citée était pleine de vie et de chaleur.

« Avez-vous une préférence sur ce que vous voulez aller voir en premier ? »

Comme pour lui dans le passé, tout cela allait également maintenant être son quotidien.





HRP:
 


Dernière édition par Schneiden le Lun 4 Mai - 19:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un départ sur de mauvaises bases. [PV Schneiden]   Ven 1 Mai - 21:50

La remarque de Schneiden concernant le manque de chance des humains me fit sourire. Je n’avais pas vraiment envisagé l’existence d’un autre peuple intelligent jusque là, alors de là à en comparer les caractéristiques… J’étais curieuse cependant. Combien y’avait-il de races différentes dans ce monde ? Et à quel point différaient-elles les une des autres ? Je m’imaginais difficilement cependant comment l’on pouvait vivre sans être sensible à l’aura de la nature. Certaines fées que j’avais rencontrées étaient devenus aveugles à cet aspect du monde suite à des accidents –généralement d’origine magique-, et semblaient si ternes, si tristes… Pour elles, tout était sans couleur. Sans saveur.
Après un petit instant de réflexion, je répondais à la question de l’humain :

« C’est difficile à dire, c’est bien possible que certaines choses qui me paraissent normales soient une caractéristique exotique pour vous, hum… »

Je fermais les yeux. Les humains n’avaient pas d’ailes, et possédaient sans doute les cinq sens physiques… Mais peut-être d’autres aussi, qui sait ? En y songeant bien, il y avait bel et bien un attribut qui était facilement reconnaissable :

« Une chose dont je suis sûre, c’est que vous avez l’air bien plus grand que nous. Je ne sais pas quelle taille est censé avoir une fille de mon âge, mais sachez que parmi les miens je suis considérée comme une géante ! Je dépasse au moins d’une tête la plupart de mes congénères adultes. Et ce, depuis mes 12 ans, période à laquelle notre croissance s’achève. »

Je souriais en évoquant ce fait. S’il y a bien une chose dont j’étais fière, c’était de pouvoir regarder de haut tous ceux qui se voyaient supérieurs à moi ! Bon, jusqu’à ce qu’ils emploient un sort de croissance rapide, chose dont je suis incapable. Mais ça, c’est de la triche.

« Après, sommes très sensibles à l’aura des choses, et à une énergie qui s’appelle le Mana. Même si c’est très variable, moi-même n’étant pas capable de tirer grand-chose de cette perception, ça peut être pratique. Nous sommes plus à l’aise dans les espaces chargés en vie ou en spiritualité, et à l’inverse nous sentons facilement étouffées dans les endroits vides de toute nature ou de présence divine. »

Je ne pus pas m’empêcher de regarder autour de moi en parlant d’endroits vides. Oui, ce genre de lieux en faisait partie, et mon être ne réclamait qu’une seule chose : Une simple fleur.

« Notre domaine de prédilection, est donc la magie. Même si comme je vous l’ai dit, ce n’est pas du tout mon cas ! Je suis limitée aux tours de passe-passe simples.»

Pour illustrer mes propos, je fis varier la longueur de mes cheveux, diminuant d’un tiers leur taille puis en les renvoyant à leur état d’origine. Il s’agissait probablement du sortilège le plus basique qu’une fée pouvait effectuer, et c’était déjà presque mon maximum. J’étais tout de même capable d’animer mes ailes, fort heureusement !

Puis, il me parla des dangers de la Muramasa, et de sa conviction de les éviter. Je fus touchée par sa détermination de ne laisser les démons s’échapper afin de protéger ses proches, plutôt que de se laisser tenter par le pouvoir -que je devinais colossal – qu’un tel artéfact pouvait offrir. S’il était de la nature des humains de se laisser corrompre par ce genre d’artifices, alors celui qui se tenait devant moi devait être une perle rare, une âme emplie de noblesse ayant accepté de porter pour les autres un bien sombre fardeau. C’était remarquable.
Je réfléchis quelques instants à ses prochains dires. Était-ce ma perception naturelle féérique qui m’avait permis de déceler immédiatement le vrai visage de l’épée maudite, ma droiture m’ayant suivie toute ma vie, ou la lame runique ? Peut-être un peu des trois ? Quand j’y repense, la plupart des membres de mon peuple étaient plutôt du genre à tout faire pour gagner ne serait-ce qu’un peu plus de puissance, afin de gratter ne serait-ce qu’un peu plus de valeur aux yeux de la société. Oui, sur ce point, les fées d’Azera n’étaient pas différentes des humains, probablement pouvaient-elles être pire parfois…  Combien d’accidents  étaient causés par des théoriciens fous ayant tenté une expérience insensée ? Beaucoup trop :

« Navrée, je me suis un peu emportée… Je n’avais pas songé une seconde qu’elle pouvait exercer une telle emprise sur l’esprit. J’ai passé ma vie à ne pas me laisser aller à la facilité, puis je suis devenue la porteuse de Svelthir. Ça doit m’aider à y voir plus clair. »

Les prochaines paroles du maître spatial me rassurèrent. Je ne me voyais pas parcourir ce nouveau monde sans le pouvoir de la lame runique… Bien que, je l’avais déjà fait une fois. C’était assez logique au fond, que sa puissance revienne en même temps que la mienne : L’efficacité d’une arme dépend en premier lieu de celle de son porteur.
Je ne pus être que surprise lorsque l’humain tendit sa main afin de placer une pichenette sur mon front. Je le regardais avec des yeux ronds, si étonnée que je n’entendis qu’à moitié le conseil qui suivit, et pas plus clairement les excuses qu’il prononça. Ayant voué mon existence à  l’épée, je n’avais pas du tout l’habitude de ce genre de contact familier, même avec mes proches. Je me frottais le front, bredouillant un « Ce n’est rien... » avant que l’épéiste ne se lève et se dirige vers la sortie. J’en fis autant.

Malgré mes enfantillages, il eût la patience de répondre à mes questions. J’étais impatiente de voir la verdure, oui, mais encore plus à l’idée d’enfin mettre une image sur ce fameux Empire du Soleil, dont je n’avais vu que les couleurs pour l’instant. Au moment où l’on atteignit une grande salle richement décorée, je fus émerveillée.
Enfin, sur le coup j’étais surtout éblouie. Tant de lumière, soudainement, eût pour effet de provoquer des picotements dans mes yeux. Mais lorsque ceux-ci furent habitués à la luminosité, je pus apprécier pleinement le décor qui se dessinait autour de moi. Tout était flamboyant, de rouge et d’orange, si intense que je pouvais presque sentir de la réelle chaleur caresser ma peau. Plusieurs fois, je me détachais de mon guide afin d’aller observer un tableau par ci, une armure par là, de sentir l’odeur d’une plante décorant la salle… Je courais un peu partout, prise d’une joie infantile due à ma liberté enfin retrouvée. Je n’avais qu’une seule envie à présent : Voir l’extérieur de cet endroit.
Quand je revins pour la énième voir vers l’humain, un garde me pointa du doigt et nous interpela, d’une façon plus taquine que vraiment agressive. Entrant dans son jeu, je montrais un sourire amusé :

« Et je prendrais ma revanche ! »

Je regardais ensuite Shneiden réprimander gentiment le garde. Un petit rire amusé m’échappa à la réaction de ce dernier, encore plus à celle de l’épéiste. Je ne venais de passer que quelques minutes dans cette place, et pourtant j’avais l’impression d’y avoir toujours vécu. Dans chacun des regards, dans chacun des sourires, dans chacune des pierres, se trouvait une chaleur et une bienveillance que je n’avais que rarement sentie sur Azera.
Non, je l’avais bel et bien déjà sentie, mais uniquement après avoir été reconnue comme quelqu’un par mes congénères. Après avoir donné mon maximum pendant tant d’années, et prouvé que je méritais ma place, j’eus droit aux regards amicaux et respectueux. Ici, personne ne me connaissait. Pire : Je sortais des cachots, ce qui impliquait que j’avais causé du trouble. Et pourtant, la seule présence de l’un des leurs m’accompagnant sans montrer signe de méfiance, suffisait aux habitants de Seika pour m’accepter ainsi ? J’en étais troublée. Mais pas d’une façon désagréable…

Arriva ensuite le moment crucial, le point culminant de cette visite. La bouffée d’air qui s’engouffra au travers de la large entrée était chargée d’énergie positive et de promesses chaleureuses. Naturellement sensible à ces éléments, je n’en fus que plus époustouflée lorsque la titanesque ville s’étendit devant mes yeux. Tout regorgeait de lumière, que ce soit dans les bâtiments, complètement différents de tout ce que j’avais pu voir jusque là, ou dans les habitants, qui semblaient vivre leur vie dans la bonne humeur, habités par la joie, sans avoir le poids d’une injuste disparité sociale sur les épaules. Il y avait beaucoup de ces fameux « humains », ainsi que quelques animaux. Tout bougeait, s’animait, travaillait, jouait. Il n’y avait ni animosité, ni pression autre que la chaleur ambiante.
J’étais comme dans un rêve, et je mis bien une dizaine de secondes à me rendre compte que mon guide m’avait posé une question. Sans détourner le regard de la beauté de la Capitale du Soleil, je lui répondis vaguement :

« Tout… »

Un instant plus tard, je tournais la tête vers lui, et lançais un sourire quasiment machiavélique :

« Je veux dire, j’espère que vous avez du temps, parce que je ne compte pas aller dormir avant d’avoir exploré les moindres recoins de cette ville ! »


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MessageSujet: Re: Un départ sur de mauvaises bases. [PV Schneiden]   Lun 4 Mai - 20:47


• Chikai •



Schneiden regarda la jeune fée d'un regard bienveillant, il avait fait d'énorme progrès depuis le début de leur rencontre. Il avait appris un tas d'information sur elle ce qui était une bonne chose, bien plus que de simples informations, cela voulait avant tout dire qu'elle commençait à s'ouvrir à lui. La jeune Shaylee, bien qu'étant naturellement un être de magie liée à la nature, était-ce qui semblait être une exception à la règle comme elle l'avait déjà dit précédemment dans son histoire. Il apprit tout de fois une nouvelle chose, bien que n'étant pas manieuse de magie, elle subissait quand même les malus qui étaient propres à leur nature. Si les fées se trouvaient dans un lieu vide de nature, ils se retrouveraient extrêmement affaiblis, l'appréhension qu'il vit dans ses yeux quand elle lui demanda si Seika possédait de la verdure prenait désormais tout son sens. Il faudrait dans le futur qu'elle fasse a attention à ne pas se retrouver dans les terres inconnues, la nature dans cette zone y était corrompue, voire morte. Qui sait quelles en seraient les conséquences pour la manieuse de la Svelthir.

Même son comportement s'améliorait à son égard et à la situation en général. Elle avait montré une certaine compassion envers son statut de gardien de la lame maudite et avait même répondu avec humour à l'un des gardes qui avait été la cause de sa capture. Elle n'avait même pas tenu compte de sa petite habitude quand il lui effleura le front comme il en avait pris l'habitude avec les autres. Non, maintenant elle était en plein émerveillement, c'était comme s'il faisait face à une personne complètement différente et il ne s'en plaindrait certainement pas. Il préférait mille fois cela que les pleurs qu'il avait vus plus tôt.

« J'espère que c'est assez grand pour vous, Ms. Shaylee »

Il répondit avec une touche de taquinerie pour répondra à la question qu'elle avait posée dans le couloir du palais. Il lâcha ensuite un petit sourire quand il la vit répondre à sa question, éberlué par la capitale de son nouveau foyer. Il ne pouvait pas vraiment lui reprocher quoi que ce soit, elle avait la même réaction que lui a son arrivée, bien que la sienne fût un peu plus... Agitée.




L'élu de Seika lui fit ensuite un geste de main pour lui faire signe de le suivre. La visite avait commencé. Le duo d'élu se retrouva assez vite dans les rues jonchées de la capitale, attirant la sympathie des gens envers Schneiden et la curiosité pour la plus récente de leurs élus.

« Comme vous l'avez sans doute compris, Seika est une capitale chaleureuse de par son climat et ses habitants. Ce que vous ne savez sans doute pas encore, c'est que contrairement à ce que l'on pourrait penser aux premiers abords, Seika est avant tout la capitale de la connaissance et des découvertes »

Il s'arrêta en face d'une grande bâtisse, plus grande que la plupart des autres qui décoraient Chiakai. L'endroit était vivant à l'extérieur, de grands groupes de personnes entraient et sortaient en permanence de l'édifice, signe du point d'intérêt de cet endroit.

« Ceci est la bibliothèque de Seika, les archives de la capitale et la mémoire de Kosaten. Tout ce dont vous désirez prendre connaissance, c'est ici que vous devrez chercher. Il n'y a pas de meilleurs endroits. De plus, c'est un excellent endroit si vous voulez rencontrez des érudits en tous genre. Ils pourraient se révéler être d'excellents mentors si vous réussissez à les décoincer de leurs bouquins »

L'élu se dirigea ensuite dans une autre direction. Le groupe arriva assez vite dans une place bondée de monde et d'échoppe de fortune. Des odeurs exotiques attaquèrent le nez de Schneiden alors qu'il huma l'air environnant avec un petit sourire sur le visage. Elle avait sans doute déjà compris ce qu'était cet endroit, mais il ne serait pas un guide s'il ne l'expliquait pas tout de même. Il éleva la voix dans tout le brouhaha général sur la place.

« Ici, c'est la place du marché central de la capitale ! C'est là que vous devrez aller vous réapprovisionner en nourriture ! Même si vos réserves sont pleines, je vous conseille quand même de venir ici régulièrement ! Il y a toute sorte d'objet en circulation, certaine sont extrêmement rare ! Vous pourriez être surprise sur ce que vous pouvez dénicher ici ! »

Le groupe s'en alla ensuite vers un quartier plus calme. Ils s'arrêtèrent devant ce qui semblait être une maison de taille moyenne lambda si ce n'était pas pour la fumée noire qui s'échappait des toits. Schneiden lâcha un petit sourire, il allait lui donner un des secrets de la capitale.

« Ceci, contrairement à ce que l'on pourrait penser est une des meilleures forges de Chikai. Il y en a d'autre dans la capitale de plus grande envergure, mais celle-ci est spéciale. Contrairement aux autres, elle se spécialise dans l'équipement possédant des attributs magique »

Il leva sa main et montra son gantelet en métal.

« C'est ici que j'ai eu cela. Bien que tout à fait normal à première vue, ce gantelet est constitué d'un métal spécial, conducteur de magie. C'est-à-dire que je peux concentrer mon énergie dans le gantelet pour y ajouter plus de force ou de résistance. Parfais pour un combattant mage de mon genre. Je suis sûr que vous y trouverez votre compte si vous tentez votre chance »

Ils continuèrent ensuite la visite dans les différents recoins de la ville. Le quartier des plaisirs et des amusements, toujours animé, et ce, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Le quartier des artistes, vivant de par son ambiance bercé par les chants et les danses provenant de tout Kosaten, un mélange exotique entre tradition et nouveauté. Le quartier culinaire bien évidemment, où résidaient les auberges et les restaurants principaux de la ville, il savait que certain élu en avait fait du lieu leur domicile attitré en attente pour qu'une bâtisse leur soit attribuer plus tard. L'exploration continua des heures et des heures encore, l'élu prenait le soin de montrer à la jeune fille chaque recoin de la villa et cela ne lui dérangeait pas du tout. Il aimait cela en vérité. Était-ce parce qu'elle lui faisait penser à Mirya ? À cause de sa passée et de son désir de l'aider ? Il ne savait pas.

L'élu fronça ensuite les sourcils en voyant la lumière de l'astre luminescent prendre une teinte orangée. C'était déjà la fin de la journée. Il balada son regard en direction de la manieuse de la Svelthir et lâcha un petit sourire. Il y avait un dernier endroit à lui montrer.

« Venez, ce n'est pas encore fini »

Le duo se dirigea ensuite vers une partie reculée de la ville. Un quartier calme dont le silence était apaisant en cette fin de journée. Ils se retrouvèrent sur une petite colline surplombant le reste de la ville. Des pierres tombales emplissaient l'endroit, un cimetière. Schneiden s'avança légèrement et posa un genou à terre avant de payer silencieusement ses respects. Après quelques secondes, il se releva et se dirigea au point le plus haut de la colline, marqué par l'absence de tombe.

« Cet endroit est le cimetière de la capitale. Étrangement, c'est l'endroit que je fréquente le plus de tout Chikai »

Il regarda sans honte la jeune fée et laissa balader son regard sur certaine des tombes. Les tombes des victimes de guerre.

« Cela me rappelle mes échecs et les conséquences que cela entraîne. Je viens ici pour me ressourcer et ne plus jamais perdre mes objectifs de vue et me rappeler du pourquoi je me bats. Je me bats pour ne pas entendre ce silence quotidiennement, je me bats pour qu'aucun de mes proches ne se retrouvent ici »

Il ferma les yeux et apprécia la petite brise qui effleura son visage.

« Et aussi... Malgré toute la morbidité des lieux... Pour profiter de la plus belle vue que Chikai puisse offrir à ses enfants »

Le temps s'arrêta pour lui quand il contempla la ville bercée par la lumière du soleil couchant. Contrairement à tout à l'heure, la lueur orangée donnait à la ville un air calme et reposé, les gens commençaient peu à peu à retourner dans leur foyer. Les rires s'échappaient, non plus des rues, mais des maisons. C'était le rire et la joie des familles et des amis se réunissant autour d'une table. C'était le bruit de quelque chose qu'il avait récemment acquis, mais dont il ne lâcherait jamais prise et ce peu importe le coût.

« Alors... Qu'est-ce que vous en pensez ? »



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MessageSujet: Re: Un départ sur de mauvaises bases. [PV Schneiden]   Lun 18 Mai - 16:16

Et c’est ainsi que la visite de mon nouveau foyer commença. Mes jambes avaient beau être encore frêles, mon esprit encore fragile, et mon cœur encore brûlant d’un désir farouche de rébellion envers l’univers lui-même, c’était bien vers le présent que ma conscience était tournée. Chaque parcelle de cette ville, chaque aspect de ses habitants, je voulais tout découvrir, tout apprendre. Mon comportement n’avait pas changé depuis la sortie de la cellule : Chaque fois que quelque chose, ou que quelqu’un m’intriguait -c'est à dire à peu près tout ce que mon regard croisait-, je me détachais de mon guide pour aller m’en approcher avec des yeux ronds –ce qui ne manquait pas de provoquer des réactions amusées pour certains, gênées pour d’autres, bien que je n’y prêtais nullement attention-. Tout était tellement différent ici ! Ma terre natale avait beau être haute en couleur, celles-ci devenaient monotones une fois que l’on y avait vécu des années. Cette ville, Chikai, cet empire, Seïka, et ce monde, Kosaten… Il n’y avait que de la fraicheur, de la nouveauté prête à être cueillie. Quand je revenais –parfois- proche de Schneiden, j’écoutais à moitié ses explications. Ou du moins j’en retenais les mots-clés. Connaissance et découverte ? Je tiquais :

« Rassurez-moi, ça ne veut pas dire que je vais être obligée de passer des heures enfermée à m’étouffer dans des bouquins? »


Justement, alors que je venais de poser cette question, nous arrivâmes devant un TROP grand bâtiment, qui me donnait de plus en plus le vertige à mesure que je laissais mes yeux en parcourir la façade de bas en haut. Mon guide m’expliqua  alors qu’il s’agissait de la bibliothèque de l’Empire. C’est-à-dire un endroit où l’on ne me verrait pas souvent.  Ce n’était pas que je n’aimais pas m’instruire, mais plutôt que j’étais bien plus une praticienne. J’apprenais en vivant et en expérimentant. Ha, et je déteste lire au plus haut point, aussi. Si j’avais vraiment besoin d’une connaissance particulière, je préférais demander à ceux qui aimaient passer leur vie le nez dans du papier : Les érudits. En espérant que ceux-ci ne soient pas tous des vieux hommes barbus qui passent des heures à raconter des histoires, en se répétant sans cesse à cause de leur mémoire qui part en vrille !

« ..Mouais. Pas le genre d’endroit que j’aime côtoyer. »

Je me laissais mener vers notre prochaine destination. Un large sourire se dessina sur mes lèvres. Des odeurs de tous types, qui faisaient trépigner ma langue d’impatience et de curiosité. Un brouhaha infernal. Le bruit des pièces échangées contre des marchandises diverses. Des crieurs qui défendaient la qualité et le maigre prix des biens qui ornaient leur stand. Il n’y avait pas à se tromper : Une place marchande, peu importe dans quel monde on se trouvait, avait toujours cette même ambiance vivante et animée. Des gens se croisaient, s’échangeaient quelques mots et quelques rires, se racontaient leur journée, s’invitaient à prendre un verre à la taverne d’à côté, se montraient –pensaient-ils- discrètement leur dernière trouvaille à la boutique louche du coin… Ce que j’aimais dans ce genre d’endroit, c’était le côté chaleureux et convivial qui s’en dégageait, l’âme d’une ville qui prospère ! Et non pas les boutiques en elle-même…
…Bon, d’accord, je zieutais carrément chaque échoppe parce que je suis une dépensière hors-concours, d’autant plus qu’il y avait plein de choses que je ne connaissais pas et que j’avais envie d’acheter juste pour les essayer/goûter, mais j’insiste bien sur le fait que ce n’est pas LE plus important, c’est clair ?!
Mais de toute façon, mes poches étant aussi vides qu’un ballon dégonflé, je ne pouvais pas me permettre de genre de désirs. A mon grand désespoir…

Nous arrivâmes ensuite devant ce que je reconnus immédiatement comme étant une forge. Bien qu’elles fussent rares sur Azera, les gardes et les soldats avaient besoin d’armes et d’armures, et il fallait bien fabriquer les outils métalliques utilisés par les divers corps de métier de toute façon. En tant que guerrière, avant d’obtenir Svelthir, il me fallait toujours porter la meilleure lame disponible, et la garder aussi affûtée qu’il était possible de l’être. Ayant de plus un père forgeron, j’avais été amenée à travailler le métal moi-aussi. Et ce, sans magie, ce qui était un talent plutôt rare chez moi.
Par contre, je fus surprise d’apprendre que l’on pouvait fabriquer des objets magiques ici. En fait, je n’avais quasiment aucune connaissance en ce qui concernait les enchantements en général, pensant qu’il s’agissait d’un art ésotérique que seules certaines fées conservaient jalousement. Visiblement, c’était un savoir que l’on trouvait aussi ailleurs dans… l’Univers ? Le Multivers ? Je stoppais ma réflexion métaphysique ici, m’évitant d’attraper une probable migraine.

« Hum… Si Svelthir est à plat aussi, il va falloir que je compense avec ce genre de choses. Quand j’aurais de l’argent, j’irais jeter un œil ! »

La visite continua donc, alors que les heures défilaient sans que je m’en rende compte. A chaque nouveau lieu visité, je m’émerveillais, je me questionnais, je songeais à ce que je pourrais y faire une fois que ma nouvelle vie aurait commencé. Je notais également dans un coin de ma tête quelques noms d’auberges intéressantes. Et de manière générale, je retins les lieux qui m’attiraient le plus. Sans même m’en rendre compte, je me projetais déjà dans l’avenir. Dans la façon dont j’allais vivre cette nouvelle existence, voyant vers quel genre de lieu je devrais me tourner en premier temps. Le plus urgent allait être de me loger et de trouver un gagne-pain. Peut-être qu’une vie d’aventurière ou de mercenaire serait ce qui me correspondrait le mieux. Après tout, c’est là où j’aurais le plus de liberté, et dans ce genre de monde l’on devait trouver des citoyens ayant besoin d’une lame à engager à chaque coin de rue, non ? Je me tournais vers l’humain qui m’accompagnait. Le plus simple était probablement de demander :

« Si je cherche un travail, vers où est-ce que je dois me tourner ? C’est qu’il va bien falloir que je dorme quelque part ! Même si la belle étoile ne me gêne pas, je n’ai pas envie d’être dérangée par des créatures bizarres du coin… »

Et alors que je pris conscience que le crépuscule approchait à grand pas, mon corps me rappela que j’avais beaucoup perdu de la fière guerrière que j’avais pu être par le passé. L’importance de trouver un lieu où dormir revenait à l’ordre du jour, cependant je n’en dis rien. Malgré ce que le maître spatial avait pu me conseiller concernant mes émotions, je ne pouvais me résoudre à me montrer faible. La combattante dans ma tête ne le permettait pas. J’étais durant la visite devenue bien moins énergique cependant, me contentant de regarder les choses que Schneiden me montrait, ayant arrêté de courir partout, ce qui devait être reposant pour nous deux.

C’est au cimetière que la visite prit fin. Celui-ci était à l’écart de la cité, sur une colline qui la surplombait. Je n’avais pas reconnu immédiatement qu’il s’agissait d’un lieu funeste jusqu’à ce que je perçoive l’aura funeste qui en dégageait. Dans ce monde là, bien que la tradition semblait différente, l’on honorait aussi la mémoire des morts, à croire qu’il s’agissait d’un trait universel à tous les êtres capables de ressentir des choses pour leurs congénères. Si bien qu’instinctivement, j’imitais le geste de l’humain, rendant hommage à ceux qui étaient tombés ici. Ayant perdu des compagnons lors de combats, et bien que peu portée sur les prières et différents rites, je comprenais  le sens de ce petit rituel qui devait représenter beaucoup pour le gardien de la Muramasa. Pour lui qui avait connu le vide et la solitude la plus profonde, le principe de protéger autrui devait avoir un sens plus concret que quiconque. Et la perte d’un être cher l’affecter à un point que mon imagination féérique ne pouvait que frôler.
Ainsi j’écoutais en silence la raison du combat du mage-guerrier, attendant patiemment qu’il termine pour approuver :

« Et au vu de votre passé et de la mission que vous vous êtes donné, ce doit être encore plus vrai pour vous que pour n’importe qui. »

Mes mots furent prononcés sur un ton qui n’était ni triste, ni désolé. C’était une voix fière, officielle, celle d’une combattante qui parlait à un frère d’arme. Après tout, nous avions tous les deux en commun d’être des soldats ayant des raisons de dégainer nos armes qui nous tenaient à cœur. Bien que la sienne me semblait bien plus noble. L’espace d’un instant, comparer nos déterminations respectives me donna l’impression d’être égoïste. Et d’une certaine façon, un peu coupable. J’avais obtenu le cadeau d’une lame divine en me battant pour moi-même. Il avait obtenu le fardeau d’une lame maudite en se battant pour les autres. C’était un peu injuste, dans un sens. C’est ainsi, qu’avec franchise, je lui annonçais ma pensée :

« Vous êtes un être d’une grande noblesse, Schneiden. Bien plus que moi. »

Il me montra ensuite ce qu’il nommait la plus belle vue de Chikai. Et en effet… c’était époustouflant. La vue de la ville à la lueur du crépuscule était un spectacle que je risquais de venir contempler à nouveau dans les mois qui suivraient cet instant. La douce brise qui se faufilait dans mes cheveux n’eût pour effet que d’amplifier ce sentiment. Je ne savais pas encore où j’étais, ni quel était le vrai visage de ce monde… Mais à ce moment là, ma décision était prise. Peut-être impulsivement, mais n’avais-je pas tracé toute ma vie sur des décisions prises avec mon cœur ? Je me tournais vers l’épéiste, puis…mit un genou à terre, avant d’annoncer fièrement, sous le soleil couchant de Seika :

« J’en pense que moi, Shaylee Greïtell, porteuse de Svelthir et nouvelle élue de l’Empire du Feu, serait honorée de rejoindre vos rangs et de me battre à vos côtés, Schneiden. »

Je me relevais ensuite, un franc sourire aux lèvres. L’aspect chevaleresque de ce que je venais d’annoncer fût grossièrement brisé par un gargouillis s’échappant de mon ventre. J’eus un gloussement bien moins militaire, avant de dire d’un ton amusé :

« Mais j’en pense aussi qu’un guide digne de ce nom devrait faire goûter un plat typique de la région à sa cliente ! »
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MessageSujet: Re: Un départ sur de mauvaises bases. [PV Schneiden]   Jeu 28 Mai - 21:17


• Serment •






Les dernières lueurs orangées tombaient sur le lieu funeste où lui et la jeune fée avaient élu refuge pour le moment. L’ambiance était calme et sereine, les deux élus se complaisaient dans un silence doux en appréciant chaque once du spectacle qui leur était accordé. La journée avait été remplie et mouvementée pour nos deux protagonistes, mais ils finissaient le tout par une situation étrangement relaxante qui contrastait avec le reste de la visite. Schneiden sourit légèrement. Il ne détestait pas ça. Le protecteur se retourna ensuite vers la jeune manieuse de la Svelthir et réfléchit sur les quelques mots qu’elle lui avait accordés. Il était vrai qu’il tenait à cœur son désir de protéger, mais en aucun cas il n’aurait l’arrogance de dire que ce désir était plus prononcé que celui des autres. Alors qu’il s’apprêtait à répondre à la jeune fée, les sons moururent au fond de sa gorge quand il vit ce qu’il se passa devant lui.

Une brise légère souffla sur le cimetière et souleva avec douceur la chevelure argentée de la fée, lui donnant presque un cachet onirique a ce moment-là. Mais ce ne fut pas cela qui surprit Schneiden, non, ce qui le surprit fut les mots qui sortirent de la bouche de sa cadette et le faite qu’elle posa un genou terre en toute humilité. Encore figé dans la stupéfaction, il ne fallut que quelque seconde avant que l’élu ne lâche un doux sourire en direction de la jeune fille. Sans que personne ne puisse le prévoir, le protecteur de Seika… posa un genou a terre et se mis au même niveau que la jeune fée. Il ferma les yeux pour apprécier pleinement la brise comme l’avait fait Shaylee quelques instants plus tôt.

« Ne vous dépréciez pas Ms. Shaylee, pas en face de moi. Je sais que ce désir de protection qui m’anime est aussi présent en vous. Je l’ai vu lorsque j’ai évoqué la présence de votre roi en Kosaten et je serais prêt à parier que vous ressentez la même chose a l’égard de votre peuple. Si je suis un être de grande noblesse, vous l’êtes tout autant… n’oubliez jamais cela »


Il ouvrit légèrement les yeux et souri en plongeant son regard dans celui de la plus récente des élus de Seika.

« Moi, Schneiden, porteur de la Muramasa et élu de Seika, serais honoré de vous guider et de combattre à vos côtés, Shaylee Greïtell »

Ses mots étaient sincères. Maintenant, ils étaient camarades, que ce soit dans le meilleur ou l’adversité. Un silence complaisant éclata entre les deux élus qui étaient plongés dans le moment. Tout cela fut coupé par les gargouillis qui s’échappèrent de l’estomac de la jeune fée. Sur le coup, Schneiden laissa échapper un rire franc. C’était vrai qu’ils n’avaient encore rien mangé depuis le début de la visite.

« Hahaha, je pensais aussi à la même chose. Je me demande qui est le piètre hôte qui nous a laissé mourir de faim jusqu'à maintenant ! »

Il lui fit un sourire taquin avant d’imiter la fée et de se relever. Il pose son menton dans le creux de sa main, pensif. Après quelques secondes, une lumière brilla dans son esprit. Il hocha la tête et se mit en route vers la sortie du cimetière.

« Suivez-moi, j’ai l’endroit parfait pour cela »

Sur le chemin, l’élu de Seika sorti quelques yens de sa bourse et les tendit en direction de la fée.

« Ce n’est pas grand-chose, mais cela devrait vous permettre de tenir quelque temps. Comme je vous l’ai dit tout à l’heure, si vous cherchez du travail, tournez-vous vers les postes de gardes éparpillés dans la ville ou vers le palais. Il y aura toujours quelque chose à faire. S’il y a un problème, n’hésitez pas à venir me voir, je serais aux archives ou au palais si je ne suis pas au cimetière. J’en profiterais pour vous mettre au courant des infos intéressantes, vous verrez que la lecture n’est pas aussi rébarbative que ce que vous pensez »

Au bout de quelques minutes, ils arrivèrent finalement à destination. C’était une auberge traditionnelle tout à fait dans les normes, semblable à tant d’autres. Toutefois, cet endroit avait une place spéciale dans le cœur du protecteur. Une place symbolique plus précisément. Il laissa échapper un léger sourire nostalgique avant de se retourner vers la jeune Shaylee.

« C’est ici que j’ai noué des liens. Avec mon roi et ses hommes… mais aussi avec deux autres élus. Deux autres de mes cadettes à qui j’ai présenté ce nouveau monde, tout comme vous, Ms. Shaylee. Espérons que cela soit propice une troisième fois. La nourriture y est bonne mais faite gare à vous, en ce qui concerne les boissons. Personne n’est à l’abri d’une des plaisanteries du chef »

Avec un énième sourire accompagné d’une autre rire mesquin, le protecteur de Seika se décida enfin à entrer en mouvement et se dirigea vers la porte d’entrer et s’engouffra petit à petit dans la lumière des lieux. Au pas de la porte, l’élu s’arrêta et lança un regard amusé en direction de la jeune fée.

« Alors, vous venez ? »





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MessageSujet: Re: Un départ sur de mauvaises bases. [PV Schneiden]   Mer 3 Juin - 16:14

Lorsque j’avais échangé mes premiers mots avec cet humain, Schneiden, j’avais tout de suite compris que ce peuple était différent du mien. Dans l’apparence certes, dans le caractère aussi bien sûr, mais également dans les traditions et les moeurs. En visitant la ville, j’avais beau en être émerveillée par sa grandeur et sa beauté, tout me paraissait irréel, lointain. Même la couleur du ciel ne me semblait pas être la même. Si j’avais eu le moindre doute restant jusque là, il avait disparu cet après-midi : J’étais bel et bien dans un autre monde.
Mais pourtant, il y a des choses qui existent presque partout dans le multivers. Ici aussi, il y avait de la magie, des combattants désireux de faire leurs preuves, des quartiers florissants dans les villes, des règles et des lois. Le fait que cet humain et moi nous comprenions dans nos principes de soldats en était une preuve. Cependant, parfois, il y a des choses qui transcendent tout ça. Cela n’avait rien à voir avec nos différences raciales, rien à voir avec nos origines, rien à voir avec nos histoires respectives, ni la probable différence de nos codes…
Jamais. Je n’avais jamais vu quelqu’un poser un genou au sol alors que je prêtais serment. Jamais je n’aurais simplement pu imaginer que ce soit possible. L’égalité ? Cela n’existe pas là d’où je viens. Pourtant je ne réagis pas, et j’écoutais respectueusement les mots qu’il prononçait à son tour, comme il en avait fait pour les miens. J’étais passée en l’espace de quelques heures du statut de prisonnière potentiellement dangereuse à celui de combattante pour l’Empire du Phénix, et cette pensée me fit sourire. Une flamme s’anima dans mon cœur encore affaiblis… Un nouveau serment à quoi me raccrocher, un nouveau but à suivre. Oui, c’était définitivement ce qu’il me fallait. Je complétais ce moment solennel par ces simples mots :

« Alors qu’il en soit ainsi ! »

Nous nous mimes ensuite en route vers un endroit parfait pour terminer une telle journée : Une auberge. Il me tendit quelques piécettes que je devinais être la monnaie de cet empire, suivit de quelques indications sur les lieux où l’on pouvait en gagner d’autres. Plus que simplement pour m’enrichir, faire quelques tâches et quêtes me serait profitable pour retrouver ma forme, et récupérer des habitudes convenables. Nouveau monde ou pas, je devais tout faire pour ne pas sombrer dans la passivité. Autant physiquement que moralement, ça me serait fatal ! Je le remerciais donc, avant d’ajouter en souriant :

« Je préfère largement ressentir les choses en les vivant qu’en les lisant ! Pour me mettre à la page, j’ai l’habitude d’écouter les rumeurs qui circulent dans les tavernes et places marchandes. On apprend beaucoup de choses, et ce n’est jamais ennuyeux ! »

L’auberge que proposait Schneiden paraissait simple, mais efficace. J’avais pris l’habitude de restaurer et reposer dans toutes sortes de lieux, pas toujours confortables, alors une classique enseigne comme celle-ci m’était déjà largement luxueuse. Certes, cela avait changé après ma promotion au titre de garde royale, mais je n’avais pas perdu l’habitude de devoir faire une halte dans n’importe quel genre d’endroit. Une vraie aventurière le reste toute sa vie !
J’eus un sourire en écoutant les mots du manieur de la Muramasa. Alors ce lieu n’avait pas été choisi par hasard, hein ? Je n’étais pas particulièrement surprise, mais je ne m’y étais pas attendu pour autant. Une auberge était certes un lieu de détente et de beuverie, mais aussi -et surtout !- un lieu de rencontre, ainsi même la plus simple taverne pouvait devenir une place avec beaucoup de sens selon les moments que l’on y a vécus. En excluant bien sûr les sombres affaires de soirées un peu trop arrosées. Mais ça c’est une autre histoire. Et puis chacun son truc non ?

Je tiquais sur un point cependant :

« …Attendez, comment ça un roi est venu ici ? »

Je le regardais avec de gros yeux ronds. Un être de sang royal, un dirigeant d’un royaume, le pilier d’une nation, avait pris un verre dans une auberge de quartier ? J’eus un bug. Quoi que ce mot puisse vouloir dire. Après plusieurs clignements de sourcils d’incompréhension, je m’empressais de me rattraper :

« Non, je veux dire, avec tout le respect que j’ai pour ce lieu qui doit être cher à vos yeux… N’est-ce pas indisposé pour servir un invité de cette qualité ? »

Après cela, je m’engouffrais à mon tour dans ce lieu, avant de le questionner sur un dernier point qui m’intriguait :

« Je serais bien curieuse de voir de quel genre de plaisanteries le gérant est capable, ceci dit ! »

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MessageSujet: Re: Un départ sur de mauvaises bases. [PV Schneiden]   Mer 10 Juin - 6:18


• Fin •



Il se contenta de lâcher un sourire dans la direction de la jeune fée tout en lui faisant signe de le suivre avant de rentrer dans la fameuse auberge ayant déjà accueilli en ses lieux Karui Hanja, empereur de Seika. L’ambiance était étrangement chaleureuse et les sourires des habitants étaient ce qui ressortait de suite malgré l’extérieur plutôt banal de l’endroit. Les gens riaient et parlaient entre eux sans retenu, qu’il se connaisse ou pas, qu’il appartenait a la même catégorie social ou pas.  C’était ce qu’il aimait dans cette auberge. La bonne humeur et la complicité qu’il y avait entre les clients malgré leur possible origine. Il se dirigea vers le tavernier tout en continuant la conversation qu’il entretenait avec la jeune garde royale.

« Eh bien… Notre roi est extrêmement proche de son peuple en plus d’être extrêmement têtu. Il ri avec eux, bois avec eux, déjeune avec eux et pleure avec eux. Vous pourriez essayer de le raisonner, si c’est ici que ses hommes vont, vous pouvez être sûr qu’il ira également »

En plus d’être le père farceur envers ses enfants. Mais ça, elle n’avait pas besoin de le savoir. Elle le découvrira bien assez tôt et surtout, a ses dépends. Apres tout, son roi était aussi connu pour les plaisanteries qu’il faisait à tous les élus qui le rencontraient pour la première fois. C’était le genre d’homme qu’était Karui, le genre d’homme qu’était son roi.

« Si je devais vous le décrire, je pense qu’il serait très exact de le décrire en tant que père protecteur de Seika. Non pas le père qui sert de figure d’autorité, non, il serait plus enclin a être la douce figure paternel prenant par la main chacun de ses enfants »

Le duo arriva finalement au niveau du comptoir. Quand le maître des lieux vit le protecteur de Seika, il sauta de joie. Schneiden en fit autant en retrouvant un de ses camarades de beuverie. Les deux hommes se connaissaient bien comme avait put le constater Geleerde lorsque ce fut son tour d’être accueilli dans cette auberge. Il avait rencontré le gérant lors d’une soirée où sont roi l’avait pratiquement trainé dans tout les bars de la capitale avec ses hommes. Depuis, il était devenu lui aussi un client régulier.

« Chef ! »

« Je t’ai déjà dit de ne pas m’appeler comme ça Schneiden ! Tu es toujours aussi têtu à ce que je vois, haha ! Alors quel bon vent t’amène ? »

« Je montrais juste les environs a notre plus récente de nos recrue et je me suis dit qu’il serait dommage que je ne la montrais pas le meilleur des auberges de tout Seika »

« Hahaha ! Bien le bonjour a vous, jeune demoiselle ! Ne vous en faite pas pour Schneiden, il est bizarre mais c’est un homme bien au fond »

« Bizarre ? »

«  Hahaha ! Quoi qu’il en soit, je te sers le plat de bienvenu alors !?

L’élu sourit légèrement et de façon mesquine. Le repas de bienvenu était une référence au plat qu’il servait à chaque fois qu’il accueillait un nouvel élu dans leur rang. Inutile de dire que la nourriture y était servie en abondance et assez rapidement. Pour pouvoir terminer ce genre de chose, il allait s’y mettre a plusieurs. Il ria intérieurement en imaginant la tête que ferait la manieuse de la Svelthir quand elle verra le genre de monstre auquel elle sera confronté ce soir.

« Excellente idée, par contre évitez de nous servir votre breuvage spécial, ce sera pour une autre fois »

Le gérant lâcha un autre de ses rires avant de crier en cuisine leur commande. Il ouvrit la marche en direction de leur table mais la voix soudaine du chef le retint au dernier instant.

« Au fait ! La petite est passée tout à l’heure ! Elle te cherchait ! »

Le maître de l’espace haussa un sourcil. Mirya était à sa recherche ? Il soupira intérieurement. Cela signifiait qu’il allait bientôt mettre fin a cette journée avec la jeune fée. Quand elle sonnait, Schneiden rappliquait, c’était un autre fait connu à Seika. Mais que pouvait-il y faire ? Il ferait quasiment tout pour sa jeune protégée. Il espérait d’ailleurs qu’elle n’allait pas finir par grandir en étant trop gâtée. Il avait vu ce que cela pouvait donner et il ne voulait absolument pas cela. Connaissant la jeune fille, il y a avait peu de chance que cela arrive en tout cas.

Il s’assirent alors à table et peu de temps après, la nourriture arriva. Le reste de la soirée se passa ensuite relativement dans le calme, animé par la fougue de la salle et a quelques occasions, par les connaissances de Schneiden qui passaient lui dire bonjours avant de s’éclipser de façon taquin en voyant qu’il était accompagné d’une jeune femme. Ce qui leur valus au passage, des répliques mesquines de la part du maître de l’espace. Il avait les oreilles fines et savait parfaitement utiliser les rumeurs qu’il entendait par ci et par la à son avantage. Le temps passait et pourtant l’étreinte chaleureuse de la salle ne faiblissait pas. Au bout d’une trentaine de minutes, Schneiden décida qu’il était temps pour lui de partir.

« J’espère que cette journée vous auras plu, Ms. Shaylee »

Il lâcha un petit sourire en observant sa nouvelle camarade élue.

« Vous pourrez restez ici ce soir si cela vous dit, tout est déjà régler avec le gérant, comme vous avez déjà pu le constater, c’est un ami »

L’élu se leva doucement de sa chaise et s’étira légèrement. Il avait suffisamment fait attendre la jeune fille. Il espérait juste qu’il ne se ferait pas trop réprimander pour rentrer à cette heure ci. Se faire réprimander par une petite fille de dix ans… Mais où allait le monde ?

« Bien que j’aurais aimé rester plus longtemps, je suis comme qui dirait… attendu de pied ferme… »

Il ria nerveusement avant de pousser un long soupir. Après quelques instants, il tendit les mains en direction de la jeune fée. C’était la poigné de main qui symbolisait l’acceptation de la jeune Shaylee en tant que compagnon.

« Je vous souhaite bonne nuit Ms. Shaylee. Puisse l’avenir vous être souriant dans votre aventure à Kosaten »

Il sourit en sentant l’emprise qu’exerça la manieuse de la Svelthir. Forte et déterminée. C’était une bonne poigne. Apres un dernier au revoir, Schneiden quitta les yeux pour se diriger vers sa maison. Ne se doutant aucunement que dans quelques jours, un évènement se produirait et changerait Kosaten dans sa totalité.





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MessageSujet: Re: Un départ sur de mauvaises bases. [PV Schneiden]   Sam 11 Juil - 12:36

J’écoutais avec autant d’attention que d’étonnement la description que Schneiden me faisait de son roi. Enfin…du nôtre. Je ne pus m’empêcher d’attendrir mon regard, et d’avoir un sourire amusé. On m’aurait dit ça avant que je n’arrive en Kosaten, et plus précisément à Chikai, jamais je n’aurais cru possible qu’une telle façon de régner soit envisageable. J’aurais probablement ri au nez de mon interlocuteur, en lâchant un commentaire mesquin concernant la sécurité d’un royaume dirigé ainsi.
Pourtant… après avoir passé la journée dans un tel royaume, avoir vu les sourires sur les visages des passants, avoir entendu les rires et les voix enjouées des habitants, avoir senti l’ambiance chaleureuse qui ne semblait subir les effets du temps...  Je le croyais. Je le croyais sur parole. La tête d’un pays doit être à l’image de ce dernier, et seule une couronne aussi amicale et chaleureuse pouvait correspondre à ce que j’avais vu, dans ce nouveau monde.

Mon guide semblait même connaître l’aubergiste. Je n’en fus pas vraiment surprise, si cet endroit était spécial pour lui il était évident qu’il avait dû y venir plus d’une fois. Un gloussement incontrôlé m’échappa quand je me mis à imaginer un Schneiden portant une choppe à la main, les joues rougies par l’alcool, en train de chanter des chansons paillardes avec des amis de beuverie. Du peu –et pourtant déjà beaucoup- que j’avais vu du porteur de la lame maudite je doutais que ce soit un genre, mais… Ce serait bien drôle en tout cas !
Mon oreille se redressa à l’évocation de « la petite ». Tiens ? Le guerrier avait-il une fille, ou peut-être une sœur ? Je secouais la tête : Un être du néant ne pouvait pas avoir de véritable famille, du moins… biologiquement. C’était sans doute une des raisons qui le poussaient à prendre soin de ceux qui l’entouraient : Sa famille, c’était les habitants de Chikai. Je n’aurais pas été surprise d’apprendre qu’il avait pris quelqu’un sous son aile, cela correspondait tout à fait à l’image que je me faisais de lui.
Je m’apprêtais à lui demander plus de détails, mais je m’abstins : Peut-être cela aurait-il été impoli. Bon, l’étiquette n’a pas jamais  été mon point fort d’accord, mais je me retins par respect pour lui, en tant que frère d’armes. Il avait bien le droit à sa vie privée… mais un petit sourire se forma sur mes lèvres. Je trouverais bien une occasion de le  l’amener subtilement à m’en parler, plus tard !

C’est que pour ce soir, j’allais être occupée à autre chose. La montagne de victuailles que l’on apportait dans la salle avait bien trop une allure de défi pour que je l’ignore, et pour rien au monde je n’aurais laissé quelqu’un en dévorer plus que moi ! Je fis donc craquer mes doigts, en approchant de la tablée que l’aubergiste nous indiqua.
Ainsi, ma première journée en Kosaten prit fin dans les festivités et la bonne humeur. Je fus légèrement déçue du départ prématuré de celui qui avait été ma première rencontre amicale en ce monde, mais cela ne m’étonna guère étant donné ce que lui avait dit le Chef. Le regard qu’il eût en évoquant celle qui l’attendait me fit sourire, mesquinement. Je ne savais pas qui était cette « petite » mais j’étais déjà impatiente de la rencontrer –Car oui, je me débrouillerais bien pour la voir un jour-. En attendant, je serrais les mains de Schneiden de toute la détermination dont je savais faire preuve. Une poigne qui signifiait beaucoup, accompagnée d’une promesse de réunion.

Mon accompagnateur ayant quitté la salle, je me retrouvais à présent entourée de nombreuses têtes inconnues. Bien que, étrangement, le mot « inconnu » ne s’appliquait pas vraiment ici. Je fus enchantée de comprendre à quel point les habitants ici étaient amicaux avec tous leurs frères et sœurs, et que leur aspect chaleureux ne provenait pas que du fait que Schneiden était avec moi. Bien au contraire, voyant que mon guide avait disparu, les personnes présentes continuèrent de plus belle à parler et rire avec moi, en évitant cependant de poser des questions concernant mon passé. Ils devaient avoir l’habitude de voir de nouveaux arrivants, n’étant pas encore complètement remis du transfert. Ho, je n’étais pas rétablie non plus : La chaleur de ceux qui m’entouraient me permettait de ne pas y penser, mais je ne doutais aucunement que lorsque je me retrouverais seule, des vagues de chagrins me reprendraient.
Je ne me laisserais jamais abattre par elles cependant : J’étais bien décidée à repartir de pied ferme pour une vie de duelliste et d’aventurière, de reprendre la route et de tracer ma voie au fil de mon épée.  Lorsque la soirée prit fin, et que j’eus rejoins la chambre que le maître spatial m’avait gentiment payée, je me fis à nouveau une promesse.

« Moi, Shaylee Greïtell, élue de l’Empire de Seika, je jure de me battre pour son peuple et de protéger chacun de ses habitants, au péril de ma vie ! »




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Un départ sur de mauvaises bases. [PV Schneiden]
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