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Quand le vent nous portera...
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MessageSujet: Quand le vent nous portera...   Ven 28 Aoû - 13:43

Le soleil se levait à peine, estompant une à une les étoiles comme l'on soufflerait des bougies. Colosse de feu sur la ligne d'horizon, il réchauffa la terre transie d'une nuit fraîche. De ses rayons encore pâles, il drapait progressivement le ciel de sa robe céruléenne, irisant par la même occasion les nuages de pourpre et de mauve. Puis, sur les flans de la voûte céleste, il vint nimber le sous-bois d'une auréole poudrée d'or et d'esquilles de poussière. Il étendit les ombres de la futaie qui strièrent les champs semés de rosée comme autant de barreaux d'une cage opaque, irréelle. Aux chouettes somnolentes qui regagnaient le couvert du bois, merles, gaies, faisans et rossignols s'éveillèrent en une envolées de silhouettes frénétiques. Les plumes balayées par la brise matinale, le ventre creusé d'une longue veille, ils foncèrent sur les labours dans une cacophonie stridulée.

Le paysage prenait doucement vie, mais pas uniquement dans cet écrin sauvage car à quelques centaines de mètres, jadis au silence mesuré de la nuit, un petit village se réveillait avec le même entrain. Les pots de chambre se déversèrent dans les ruelles, les chiens se mirent à aboyer aux pigeons engourdis, les volets claquèrent sur les façades et la petite gens ne tarda pas à s'interpeller. Bientôt les rues se remplirent de commerçant et de badauds, les étales se déployèrent comme des éventails colorés, parfumés. Paresseux, le soleil se glissa enfin dans les rues, balaya les murs de chaux et vint lustrer les tuiles d'ardoises.

Cependant, à quelques kilomètres de cette agitation, au bout d'un chemin de terre crayeuse bordé par une herbe rase, entretenue, la ferme du maire s'offrait le luxe d'un éveil plus tardif. La famille de ce prospère paysan n'avait pas à souffrir d'une effervescence dès l'aurore puisqu'elle déléguait les tâches ménagères ainsi que le travail des champs aux quelques employés fidèles qu'elle possédait. Ce fut pourtant aux premiers chants du coq que la porte d'entrée s'ouvrit en silence et qu'une frêle silhouette se glissa sur le seuil. Avec beaucoup d'égard, le jeune garçon enfila ses souliers puis se tourna vers la haute demeure.

Le bois était laqué, s'enrichissant d'une couleur vibrante, ici et là des motifs gravés représentaient la divinité locale, alors que des cascades de fleurs s'écoulaient des fenêtres. Dans la brise, l'on pouvait entendre le carillon de la terrasse arrière tinter. Le regard d'un vert d'algue du jeune homme se voila de mélancolie alors qu'il joignait les mains sur les cuisses et qu'il inclinait le buste à un angle exacte de trente degrés. Tête baissée dans tout le respect qu'il portait aux humains qui l'avaient hébergés jusqu'à présent, il souffla d'une voix à peine audible :

- Veuillez accepter, une fois de plus, mes remerciements les plus sincères.

Lorsqu'il se redressa, des mèches sombres vinrent lécher ses pommettes, encadrant son visage fin d'une coupe au carré impeccable qu'aucune brise ne semblait pouvoir défaire. Ses yeux bordés de long cils ne cillèrent pas une seule fois alors que la contemplation de ce qui fut son refuge en ce nouveau monde se dressait à lui avec toute la superbe de sa bourgeoise architecture. La famille Takara s'était montrée généreuse à son égard, malheureusement il ne pouvait s'éterniser en leur compagnie. Trop de questions restaient sans réponses, de fait s'il désirait un jour retourner dans son propre monde, il lui fallait trouver un autre "élu" qui saurait le guider ou du moins le renseigner.

Malheureusement ce village ne possédait que lui, aussi il était contraint de prendre la route. Au cours de ces derniers jours, il avait visité les environs, découvrant qu'après le sous-bois qui l'avait vu apparaître, s'étendaient des plaines infinies, mer verdoyante disait-on. Et qu'au delà de cette dernière, la capital de Minshu dressait fièrement ses innombrables drapeaux. Là bas, il espérait trouver un moyen de rentrer chez lui. Le temps jouait contre sa quête insensée, chaque jour perdu lui faisant craindre de ne jamais pouvoir tenir sa promesse envers Chihiro.

Enfin, alors qu'un chien aboyait dans l'arrière cour, trahissant la sortie des domestiques, le jeune garçon tourna les talons et s'éloigna sans plus un regard en arrière. Le coeur serré, il préféra porter son attention sur la silhouette moutonnée de la futaie, prenant les chemins pédestres pour l'atteindre le plus rapidement possible. Si la marche à pieds ne lui était pas inconnue, le jeune garçon aurait largement préféré se laisser porter au gré de la brise matinale, onduler entre les nuages cotonneux, sentir le vent fouetter son museau, glisser dans sa crinière... malheureusement, le destin trouvait plus amusant de le contraindre à une forme bipède des plus vulnérable.

Le choc de la nouvelle passé, l'enfant s'était résigné avec cette même impassibilité coutumière et il s'était plié aux exigences de sa nouvelle situation. L'expérience n'était pas de tout repos, surtout au niveau de l'hygiène et à la constante nécessité de subvenir à ses besoins physiques. Heureusement, la patience était l'une de ses vertus et il n'éprouvait aucun doute quand au retour de sa magie et de ses capacités. Monsieur Takara lui avait soufflé, un soir, qu'une rumeur prétendait que le sceau en lui même faiblissait avec le temps. Si c'était réellement le cas, alors le jeune garçon saurait ronger son frein.

Bientôt, l'ombre des arbres vint moucheter sa frêle silhouette et l'herbe haute caressa ses mollets. De sa démarche empreinte de noblesse, il écarta d'un revers du bras l'encombrante parure ronceuse d'un buisson et se glissa jusqu'au coeur du sous-bois. Le vent, plus lourd à cause des troncs majestueux, s’imprégnait du musque de la terre, des feuilles mortes ainsi que du parfum plus subtil d'un gibier farouche qui vivait en cette demeure verdoyante. Et alors qu'il quittait le couvert des arbres, de l'autre côté de la forêt, le murmure d'un ruisseau de pluie chatouilla son oreille.

Il tourna la tête dans cette direction, un pincement à l'âme trahissant le retour d'une mélancolie profondément ancrée. Hésitant à s'approcher de la source bondissante, une violente bourrasque vint le frapper de plein dos, balayant ses cheveux et plaquant le kimono contre sa frêle silhouette. Les pans de sa tenue claquèrent, ses mèches s'envolèrent autour de son visage. Pétales et pollen s'enroulèrent autour de lui comme un ruban de couleur, l'espace d'un soupir, à peine un bref instant de communion, emplissant ses oreilles du bruissement lascif des arbres. Bras relevé pour se protéger les yeux, au couvert de sa manche, il vit les derniers grains s'envoler hors de sa portée et alors qu'il les suivait du regard, il remarqua enfin la silhouette d'une autre personne.

Ils n'étaient qu'à quelques mètres l'un de l'autre et pourtant il semblait qu'un fleuve d'herbes hautes les séparait. Immobile, Kohaku l'observa tout en baissant progressivement son bras. A moitié plongé dans l'ombre majestueuse de la futaie, des fleurs sauvages caressant ses hanches, mains le long du corps et le regard voilé d'une frange, son expression restait de marbre. Il s'agissait là de sa première rencontre en dehors du village et bien que les paysans l'aient averti des dangers, des tensions entre les différents pays, il n'était pas dans la nature du jeune dragon de fuir. La curiosité, entremêlée d'une sorte de candeur lorsque confronté à l'espèce humaine, le firent rester là. Stoïque, il attendit.
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MessageSujet: Re: Quand le vent nous portera...   Sam 29 Aoû - 15:13







Quand le vent nous portera...

Feat. Kohaku







Combien de temps était-elle arrivée en ce monde? Des jours, des semaines, des mois? Tout ce que savait la démone, c'est qu'au final on s'était jouée d'elle, l'empêchant à chaque moment de retrouver le royaume dont elle avait la charge à présent. Elle avait découvert la capitale de Seika, enviant une guerrière plus puissante qu'elle, en ce jour. Puis elle avait été aspirer par une force quasi-divine sous le maître des énigmes, elle jalousait son intelligence. Pour finir, par l'ironie du destin, vers le royaume ennemi au sien, Fuyu, et tomber sur un jeune homme qu'elle avait essayer de draguer, avant d'apprendre qu'il était fou amoureux d'un autre homme. Elle désirait connaitre ce genre d'amour.

Et puis, finalement, elle avait repris son chemin vers le royaume du serpent, espérant que rien d'autre n'arrive sur son chemin. Chaque jour étant plus différents les uns que les autres. Enfin en même temps, quand on possède les 7 pêchés capitaux à un niveau inégalable, et qu'en plus un prédominait sur les autres. Et ben ce n'était pas de tout repos.

D'ailleurs, aujourd'hui, elle se mettait à bouder pour un oui ou un non. Le soleil brillait trop et plus qu'elle, le ruisseau qui courrait à ses côtés, était plus clair et pure qu'elle ne le serait jamais, et pourtant elle le désirait tant. Désirer? Le mot était faible en ce moment, elle voulait être le ruisseau. Elle voulait être comme lui. Mais aussi comme le soleil, comme le ciel bleu, comme le regard des rares amoureux qu'elle avait pu croiser. Elle se comparer à toutes choses et à toutes personnes, elle se prenait même à haïr tout ce qui l'entourait. Parfois, même détruisant de son poing un simple rocher par l'envie fugace d'être aussi solide que lui...

Le pêché de la jalousie et de l'envie. Peut être l'un des pêchés les plus dangereux, pas forcément pour elle, mais pour tout ce qui l'entourait. La Jalousie poussait à haïr et étant étroitement lié à l'envie pour ne faire qu'un. Ce même pêché qui dans des mains de pouvoirs, avaient causé- et probablement dans chaque univers- les guerres et les morts. C'est bien connu, la Jalousie, nous pousse toujours à envier son prochain, et donc à obtenir ce que l'autre possède. Ou en encore mieux. Certains étaient même prêt à tuer, pour acquérir ce qu'il désirait. La femme de son voisin. Un enfant frappait ou volait, pour prendre le jouet qu'il ne pouvait avoir. Et les gouvernements envahissaient des pays pour leurs richesses ou leurs territoires.

Mais lorsqu'il était dans le corps de l'Etoile du soir, elle en devenait incontrôlable, voir lunatique. Bon elle était déjà en un sens, mais encore plus dans ces moments. Elle en devenait instable. Et soit rien ne se passait, et elle boudait dans son coin. Soit elle était prête à envahir un petit village hors de son royaume, par désir, envie et jalousie. Il suffisait qu'il existe une chose pour déclencher ce pêché et elle agissait. Des souvenirs fugaces lui traversèrent l'esprit. Mais l'image de sa sœur intervint aussitôt, bloquant partiellement le danger qu'était la Jalousie.

Sae-Hee, sa sœur, la seule ayant le pouvoir de la contenir, de la gérer avec n'importe lequel des pêchés. Mais elle n'était plus là. Enfin ce n'était pas totalement faux! Même absente physiquement, la stratège et le cerveau de leur duo avait prévus d'avance, le fait qu'elles soit séparées un jour. Surement ne s'attendait-elle pas à une telle situation. Mais elle avait prit des dispositions. Et dans son corps, dans son âme, des parcelles d'énergie de l'étoile du matin subsistaient, pour contrer la malédiction. Mais combien de temps cela durerait. Plus elle regagnait en puissance loin de Sae-Hee pour la surveiller, plus la protection disparaissait. Qu'adviendrait-il à la fin?

-Bah, cesse de penser à ça, on verra bien le moment venu! P'tain, ces royaumes sont plus vaste que Yama, j'envie réellement la taille de leur territoire! Bon j'arrive sur le territoire de Minshu, mais sa capitale est encore loin. Comme je désirerais un cheval à cet instant, je serais prêt à tuer pour!

Elle n'avait pas vu âme qui vive depuis un moment, mais déterminée continuait son chemin.Pour enfin rencontrer une personne après les décisions arbitraires du vent, et de la tempête de fleur qu'il déclencha. Elle se mit à observer avec jalousie cet homme. Il semblait en bonne santé, bien portant malgré sa maigreur, et son kimono était tout propre. Elle était sur les routes depuis tout ce temps, et m^me si elle restait la femme la plus belle de tous les univers confondus, elle n'était pas dans sa plus grande forme esthétique.

Mais bon vous commencez à apprendre à connaitre la démone. Alors qu'il observait de façon stoïque, la guerrière silencieuse, se précipita sur lui, avec une rare vitesse. Elle était bien loin, encore de sa vitesse d'antan, mais la retrouvait peu à peu. Dans un temps encore indéfini, elle deviendrait à nouveau l’Éclair Démoniaque comme la surnommait son monde. Un surnom comme de nombreux autres lorsqu'on parlé de sa rapidité légendaire.

Au moins, il ne fallut que peu de temps et d'effort à son corps athlétique et exquis pour se retrouver devant le brun à la coupe de cheveux infâme et vieillotte. Mais au moins, lui avait les cheveux propre et soyeux. Oui voilà que maintenant, elle jalousait même les cheveux des gens. Mais elle pouvait pas s'en empêcher. Fatigué et las de son voyage, elle ne passa pas par quatre chemin. Bon pas besoin des pêchés pour cela, elle restait une femme à fort caractère. Prenant l'inconnu par le col, elle le souleva légèrement du sol. Une scène plus qu'étrange au vu de la carrure de la Belle. Contraste saisissant entre son corps fin et athlétique, mais cette force démesurée. Elle s'exprima, le regard soupçonneux.

- Qui es-tu? Où sommes nous? Par où est la capitale de Minshu? J'en ai plus que marre, de tourner en rond depuis mon arrivé en ce monde!

Elle planta ses yeux d'un bleu azuréen profond, dans ceux noir de l'étranger. Alors que le pêché tambourinait dans ses tempes et son cœur. Bon elle se battrait surement pas en ce jour, elle avait retenu la leçon avec l'Hybride, mais tout dépendait aussi des paroles de "l'esprit"....

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MessageSujet: Re: Quand le vent nous portera...   Lun 31 Aoû - 15:50

L'immobilité des deux êtres ne tarda pas à se rompre. Si le jeune garçon ne bougea pas d'un cil, observant toujours stoïquement l'inconnue que le vent lui avait étrangement apporté, l'autre se précipita sur lui avec une vitesse qui rendit son approche presque floue. Cette charge soudaine rappela une autre scène à l'esprit du garçon qui ne pu retenir un léger frémissement de couler le long de son échine. A la beauté qui lui attrapait violemment le col de son kimono pour le soulever comme s'il ne pesait rien, se superposa le visage fripé et hideux de Yubaba. Aurait-il sentit des cheveux lui nouer les membres et des ongles griffer sa gorge qu'il en aurait rit aux éclats tant certaines choses ne changeaient point, et ce quelque soient les mondes parcourus.

Mais heureusement, cette femelle était d'une beauté plaisante, bien proportionnée avec une certaine noblesse dans la posture bien que la poussière et la fatigue d'un long voyage ternissait tout cet éclats crépusculaire comme un brouillard poisseux. S'il avait été dans le même état qu'elle, surement aurait-il été de bien mauvaise humeur. Les pieds dans le vide et le corps frêle légèrement cambré alors que tout son poids reposait sur les coutures dorsales de son kimono, il n'affichait aucune peur ni aucune détresse. Impassible malgré sa situation fâcheuse, il observait l'inconnu sans cligner des yeux. La brise chatouillait ses joues, lui portant les parfums de cette femme. Au salé de sa sueur, à l'âpreté de la boue sur ses chausses, la poussière des routes ou encore celle plus fleuries et délicate de ses phéromones. Au bout d'un instant, après l'avoir écouté, le jeune garçon prit la parole d'une voix calme, posée et pourtant emprunte de fermeté et d'une maturité que ses traits juvéniles n'auraient pas laissé croire.

- Je me nomme Haku et tout comme toi, je suis un être perdu en ce monde étranger.

Il posa une main légère et fraîche sur celles qui lui maintenaient toujours le col. Ce ne fut pas un geste agressif pour la contraindre à le lâcher, ni même une supplique pour quémander sa liberté. Rien de tout cela. Le mouvement, tout aussi ample que naturel, visait simplement à toucher cette femme d'une façon courtoise, comme si le jeune garçon cherchait à accompagner sa présentation d'un effleurement aussi léger que la brise que les entourait. Loin de la barbarie du premier geste qu'elle avait eut à son égard, petit pied de nez au manque de politesse dont elle faisait preuve, Kohaku retira sa main avec la même douceur pour la laisser retomber le long de son corps. Un silence s'installa le temps de quelques battements de cœur puis le jeune garçon tourna la tête en direction du nord-est. La mer verdoyante ne cessait d'onduler sous les bourrasques tièdes, à perte de vue.

- Je n'ai, malheureusement, croisé que peu de gens sur ma route.

Mentir n'était pas tant dans sa nature qu'il en ressentait pourtant le besoin de le faire. Face à cette femme emprunte de colère, d'envie et d'une profonde rancœur, il ne désirait pas mettre les villageois à sa merci. Son visage aussi lisse et impassible qu'au premier instant de leur rencontre, ne laissait rien deviner de la raison réelle de ses mots. Mentait-il vraiment en disant qu'il avait côtoyé peu de personnes quand on savait que le village dissimulé par le bois n'était qu'un petit hameau ? Décidant de ne pas s'attarder sur de quelconques scrupules à isoler cette aventurière de toute civilisation, il continua d'un ton égal :

- J'ai cependant obtenu quelques renseignements. La capitale devrait se trouver dans cette direction, au delà de l'immense plaine.

Il reporta son attention sur elle, ses yeux d'un vert profond, effilés en amande, s'ombraient de longs cils et paraissaient encore plus mystérieux et insaisissables qu'avant. N'ayant toujours pas l'air de s'offusquer de sa posture, il pencha très légèrement la tête sur le côté, essayant de l'observer sous un nouvel angle. Si cette femme semblait aussi, voir davantage, perdu que lui pourrait-elle vraiment lui être d'un quelconque support dans sa quête de réponses ? Il en doutait, mais encore une fois, il ne pouvait laisser une telle furie ravager le paisible village à quelques kilomètres de là. Peu convaincu de représenter, dans son cas, le moindre intérêt pour elle une fois qu'il n'aurait plus d'informations à lui communiquer, Kohaku essaya d'adoucir son expression, comme il l'avait fais avec Chihiro par le passé. Moduler son expression faciale, sous forme humaine, n'était pas chose aisée, il y avait bien trop de subtilité. Il réussi pourtant à esquisser l'ombre d'un sourire.

- Permettez que nous fassions route ensemble. Je dois aussi me rendre à Kansei, mais je crains de ne pas être en mesure de me protéger contre qui ou quoi que ce soit. Votre compagnie, cependant, en plus de m'être agréable aux sens, saura sans aucun doute m'assurer protection.

Un peu de flatterie pour apaiser les braises de cette furie. Généralement, cette approche fonctionnait bien avec les femmes humaines. Encore faudrait-il que celle là en soit une. Dans l'attente de sa réaction, il leva les yeux vers le ciel limpide, à peine strié de nuages effilochés au blanc alourdis de quelques promesses d'une bruine tiède. Heureusement, ils avaient encore toute la journée devant eux.
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MessageSujet: Re: Quand le vent nous portera...   Lun 31 Aoû - 23:55







Quand le vent nous portera...

Feat. Kohaku







Bon, on peut dire que la démone s'attendait à tous les comportements, et surtout plus violent les uns que les autres-elle en avait l'habitude- mais surement pas à celui que lui opposa le jeune homme. Celui-ci parvenant à la couper net dans sa rancœur. Presque comme sa propre jumelle parvenait à le faire parfois, sans qu'elle s'en rende compte.

Tout dans son comportement et sa façon d'être arrivait à la déstabiliser un instant. Du moins elle, mais pas la Jalousie. Non, le pêché devenait encore plus brûlant dans son corps. Elle enviait son comportement si stoïque, là où elle était un vrai volcan qui explosait à chaque instant. Elle parvenait même à envier la couleur de ses yeux vert si profond et intense. Bon elle l'égalait, et plus encore, en beauté physique et surtout de son regard, mais quand la Jalousie régnait... Et ben, rien ne pouvait changer, tout semblait mieux qu'elle. Vous l'avez compris, mais dans l'élu qui lui faisait face s'était autant la beauté de son regard et son comportement, qu'elle détestait et admirait en même temps.

D'ailleurs dés les premières paroles du jeune homme, elle le déposa, quelque peu perplexe et perdue. Devait-elle s'énerver encore plus, ou se détendre. Devait-elle hurler ou s'excuser. Elle détourna par moment le regard gêné, alors qu'elle enviait encore une fois, leurs différences de caractère. Tout en bafouillant des paroles inaudible, alors qu'elle reposa l'homme au fur à mesure de ses paroles. Même si son visage vint à s'égarer...

~Non, mais quoi? C'est qui ce mec? Et puis c'est quoi ce touché, il est presque plus doux que le mieux, et tellement sincère. Je le déteste, il a l'air mieux que moi en tout point. Mais pourtant, j'ai rien à lui vouloir. Ouai mais justement, c'est parce que j'ai rien à lui reprocher que je le déteste là où on pourrait tout me reprocher.

Bon par contre, il joue sur les mots, et a déjà rencontré du monde. Peu, mais quand même. Toujours plus de la population de Minshu que moi. J'ai juste vu des gens de Seika et Fuyu, je crois, si j'ai bien retenu. Enfin lui à coup sûr qu'il se serait rappelé de tout!~


Elle continua, ainsi, longuement le fil contradictoire de ses pensées, comparant la moindre chose au premier homme de Minshu qu'elle croisait. Mais son intérêt pour les personnes qu'il avait découvert se volatilisa rapidement, lorsqu'il lui apprit qu'il avait lui même apprit pas mal de choses, dont la direction pour la capitale. Ses yeux s'illuminèrent un instant, alors que son aura de fascination auréola son corps. Autant dire qu'aucun homme ne pouvait résister à ce pouvoir qu'elle ne contrôlait pas. Subjugué par celui-ci? Mais est-ce qu'un élu y parviendrait. Certes Sevastian y était parvenu, mais il y avait certaine raison à cela...Mais ceci était une autre histoire.

Mais à peine, le regard brillant et magnifique, la rendant époustouflante à son tour, qu'un regard plein de rancœur s'éclaira dans son regard. Encore une chose qu'il savait mieux qu'elle, alors qu'elle était arrivée sans aucun doute, avant lui.Elle releva la tête à la manière d'un enfant qui boude. Son comportement changea tout aussi vite, lorsqu'il lui proposa de l'accompagner, aussitôt s'empourpra de rouge. Elle était une fière guerrière, et autant dire qu'hormis sous certains pêchés, ceux-ci avait plutôt une grande influence sur l'étoile du soir. Mais la Jalousie revint au galop, alors que virant sa tête sur le côté, elle s'exprima au travers de sa bouche, en tournant les talons, dans la direction indiquée.

-Bien, même si tu le dis d'une façon trop gentille, et surement à un tel point que je ne pourrais pas le faire. Fichu pêché! J'accepte ton offre. Mais Fissa, voici des jours, voir des semaines que je parcours ce monde. En route!

Marchant d'un bon  pas, avec un léger regard d'intérêt sur l'homme au Kimono, elle s'exclama de sa voix devenu mélodieuse.

-Ah au faites, je m'appelle Sayo-Hee, et je te conseille de ne plus jamais me mentir!

Elle marmonna une nouvelle fois dans sa bouche, les mots, incompréhensible, éructés par Madame l'envie et Mademoiselle Jalousie. Tout en lui faisant bien comprendre, qu'elle parlait de sa tentative à lui cacher ses connaissances quelque temps plus tôt. Elle était certes une guerrière, avec moins d'intelligence que sa Jumelle, mais elle n'était certainement pas bête, d'autant plus quand les pêchés la poussaient a toujours faire mieux.

S'assurant qu'elle était suivit pour l'heure, son attention fut plus que piqué au vif par son nouvel " ami", qui ne comprenait surement rien de son comportement.Curieuse, envieuse, et jalouse! Mais sous toute cette carapace se trouvait une personne ayant un très bon fond!







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MessageSujet: Re: Quand le vent nous portera...   Mar 1 Sep - 19:46

Petit à petit, la violence de cette humaine refluait comme le ressac d'une marée déclinante et la beauté naturelle de son visage reparaissait enfin. Les rides agacées entre ses sourcils froncés disparaissaient tout comme le pli amer de sa bouche, laissant revenir la délicate finesse de ses traits. Les longs doigts frêle, refermés sur le col de son kimono avec une force insoupçonnée, laissèrent progressivement le tissu blanc de son kimono couler centimètre par centimètre. Toujours immobile, le garçon ne luttait pas contre sa chute inéluctable, n'essayant même pas de précipiter sa libération. L'inconnue ne semblait plus d'humeur aussi belliqueuse, il serait stupide de raviver une intention aussi néfaste à cause d'un impatience. Bientôt ses pieds retrouvèrent le confort d'un sol ferme et Kohaku pu remettre ses vêtements en place sans jamais effectuer le moindre mouvement brusque. Il considérait encore son vis à vis comme une bête farouche, épuisée et surement désespérée.

Il était en train de lisser le devant de sa tenue, l'expression aussi neutre qu'un masque de kabuki, lorsque la femelle prit la parole d'une voix moins vulgaire de fiel, bien plus en harmonie avec sa silhouette plantureuse et souple. Mais rien de ce qu'elle marmonna ne fut d'une quelconque aide pour le jeune garçon qui décida de l'ignorer dans un soucis de politesse. Son comportement était une fois de plus inapproprié, trahissant un déséquilibre mental inquiétant qu'il ne fallait surtout pas exciter en le soulignant d'une quelconque façon. Aussi, il continua de fixer le ciel azure, gorgeant ses sens de la vue simpliste mais toujours renouvelée d'émerveillement face à l'astre ascendant. Il rongeait le jeu des ombres au sol, il évaporait les dernières gouttes de rosée pour lustrer les feuillages ou encore iriser les nuages. L'odeur de terre mouillée s'estompa pour laisser place à celle plus sèche d'un vent du sud. Oui, ce serait une très belle journée.

Une ondulation dans les trames magiques vint faire frissonner le dragon en déguisement d'humain et il tourna son regard d'un vert assombri de surprise sur la guerrière. Ses sens saturèrent aussitôt par le charme naturel que dégageait cette dernière, lui collant un frisson dans l'échine qui manqua de lui donner l'envie de se gratter la peau. Il pouvait sentir ses écailles frémirent sous l'épiderme chaud, sans pouvoir émerger. Sans doute aurait-il grondé d'aise s'il avait pu, mais même là ses cordes vocales restaient désespérément celles d'un mortel. Le charme n'agissait cependant pas sur ses hormones, il n'éprouvait pas de désir charnel pour cette femme, mais juste la fascination d'un esprit prompte à l'amour des belles choses. Il était un dragon, après tout. Chérir ce qui est rare et beau, malgré sa forte ascendance orientale, restait un trait commun à sa race. Il s'ébroua cependant bien vite, remerciant pour la première fois la contrition du Sceau pour l'empêcher de succomber totalement.

- Merci infiniment pour votre coopération. Prenez soin de moi à partir de maintenant, s'il vous plait.

La formule de politesse fut accompagnée d'un salut traditionnel. Mains jointes sur ses cuisses, Kohaku baissa le torse à un angle exacte de trente degrés. La tête penchée en avant, les yeux clos et sa nuque frêle dégagée de tout cheveux, il resta ainsi presque trois secondes avant de se redresser pour l'accompagner dans sa marche nerveuse. Les bras le long du corps, poings fermés, épaules rejetées en arrière avec une noblesse innée, le jeune garçon parvenait à suivre son allure malgré sa maigre stature. A l'avertissement, il se contenta d'un bref hochement de tête sans souffler le moindre mot. Il regardait droit devant lui, chacun de ses pas faisant tressauter ses mèches courtes autour de sa mâchoire délicate. Cependant, alors qu'ils arrivaient enfin à la bordure d'un des petits chemins entretenus de cette immense plaine, Kohaku s'arrêta.

- Vous disiez que vous parcouriez ce monde depuis des semaines. Qu'avez-vous pu apprendre sur le sceau qui nous contraint à une telle faiblesse ?

Il y avait tellement d'autres questions qui lui brûlaient les lèvres et pourtant, c'était celle-là qui était sortie la première. Plus que son désir de retourner dans son propre monde, le jeune garçon savait combien sa survie dépendait de cette maudite marque d'asservissement. Comment pouvait-il ne serait-ce qu'espérer retrouver Chihiro, sans ses pouvoirs divins ? Observant toujours cet étrange chemin qui tranchait l'herbe comme une cicatrice, il observa la direction qu'ils devaient rejoindre puis continua la marche en ignorant la route. Il préférait couper à travers l'herbe haute même si la marche était plus éreintante ainsi.

- Et les "divinités de ce monde qui nous les infligent ? Sont-elles vraiment responsables de notre venue ?

Il fronça délicatement les sourcils, fissurant son expression impassible par la sourde colère et l'incompréhension qui bourdonnaient dans son coeur.
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MessageSujet: Re: Quand le vent nous portera...   Mer 2 Sep - 15:21







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Une froide impassibilité face à l'impulsivité digne d'un volcan. Telle était la définition de cette rencontre entre la femme aux pêchés et l'esprit de la rivière. Heureusement, le comportement du garçon avait désamorcé le conflit à venir, et pour le plus grand soulagement intérieur de l'étoile du soir qui ne désirait pas cela, au plus profond d'elle. D'ailleurs, cela causa encore une torsion néfaste dans son corps, alors que le pêché ne comprenait pas encore comment il faisait pour ainsi agir, sans que elle ne pouvait le faire. Il avait un parfait contrôle sur lui, qu'il pouvait lui en apprendre bien plus sur cela, malgré son jeune âge apparent.

Mais le voulait-elle réellement? Même si les pêchés étaient sa malédiction, elle restait une femme forte avec un gros caractère, et même si elle ne l'avouerait jamais un grand cœur. Tout ce qui était contrôle de ses émotions et ses sentiments ne serait jamais elle. Elle était un aigle sauvage, impossible à enfermer, un véritable volcan en constante ébullition. Mais s'était aussi pour ça qu'on l'aimait, et qu'on s'attachait à elle à force de la connaitre. Elle était entière tout simplement. Et possédait les atouts pour gouverner son pays avec sa sœur. Les véritable facette d'une pièce, le soleil et la lune... L'étoile du soir et du matin!

Mais revenons à l'étranger, dont le nom lui était toujours étranger. Il lui demandait de le protéger. Un terme qui était à l'opposé de ses idées. Certes, elle acceptait les secondes chances à tout le monde, mais pour elle, ayant vécut dans un territoire rude et difficile, tout le monde devait savoir se défendre. Lui aussi. Surtout que sans s'expliquer pourquoi, elle doutait fortement de sa faiblesse. Maintenant qu'elle était plus attentive et concentrée, elle ressentait à lui, une étrange puissance. Bien éloigné des humains qu'elle avait croisé dans les différents royaumes. Mais peut être était-ce ce que dégageait tous les civils de Minshu. Elle apprendrait ceci, à une prochaine rencontre. Le cas échéant, elle se demanderait qui il était? Un élu comme elle, mais où était son sceau? Une créature étrange peuplant ce nouveau monde?

En tout cas, ce jeune homme ne l'a laissé pas aussi indifférente. Ni elle, et encore moins les pêchés. Et pour cause. Là ou La Paresse se serait simplement jetée dans ses bras ou sur ses épaules par flemme et fatigue. La Luxure, elle aurait prit la révérence comme une invitation aux plaisirs charnels, là ou la colère lui aurait dit de se relever, qu'elle n'était pas une femme faible qui acceptait la politesse. L'Orgueil lui aurait prit cela comme une évidence, elle était parfaite, s'était tout ce qu'il y avait de plus normal. Mais Jalousie, s'énervait encore à ses petites manigances, lui affichant un tel respect et une politesse évidente qu'elle n'avait pas. Il se jouait d'elle.

Enfin c'est en ne cessant de maugréer dans sa barbe, qu'ils continuèrent leur chemin, dans un silence léger dans la nature. Sayo-Hee enviant la beauté de ce qui l'entourait, la comparant à sa propre beauté. Alors même que l'aura de fascination s'intensifiait de plus en plus autour d'elle. Mais oubliant presque la présence du dragon, elle sursauta un instant, lorsqu'il lui posa des questions.

Son corps s'arrêta net, faisant preuve d'une dextérité extrême, manquant peut être de se faire rentrer dedans par le Brun aux yeux vert. Réfléchissant un instant, elle essaya de trouver les meilleur mot pour décrire ce qu'elle allait lui répondre. Puis, sans le regarder, mais gagnant un sérieux étonnant, avec le comportement qu'elle avait eu jusqu'à présent, elle s'exprima.

-A vrai dire, je ne sais pas si ça fait des semaines ou des mois que je suis arrivé ici. Si vous me dites ceci, c'est que vous êtes un élu, aussi.

Elle avait la réponse de ses doutes, au moins rassuré qu'il était comme elle. Mais de quel royaume à présent? Elle avait appris qu'il fallait se méfier des dragons. Mais elle poursuivit sur la même foulée.

- Je suis plutôt nouvelle, comme vous! Et j'espère récolter encore plus d'informations, ou vérifier ce qu'on m'a déjà appris là bas.

Elle montra la destination du château et capitale du royaume. Comme s'il était devant eux, alors que plusieurs lieux les séparaient encore.

-Je peux te dire juste ce que je sais, sans savoir si ceci est véridique ou non. Des puissances divines ou non, représentant chaque royaume, nous ont invoqué ici, brimant nos pouvoirs et notre puissance. Nous devons tout recommencer du début. Nos entraînements, découvrir à nouveau les difficultés et les dangers que ce monde représente. Nous devons donc mener à la victoire notre royaume pour la fierté des dieux. Ce que je ne supporte pas néanmoins, je le ferais pour retourner dans mon monde... j'ai laissé derrière moi, des proches et surtout mon pays.

Elle soupira un bon coup, lasse de son voyage érintant et sans repos depuis son arrivé ici. Le destin se jouant d'elle, et l'éloignant à chaque fois de sa destination, lorsqu'elle s'en approchait enfin. La poisse. Oh comme elle désirait avoir la capacité du Destin, à autant influencer des vies. Oui, vous avez remarqué elle jalousait même la notion de destin, personnifiant le mot.

-A première vue, il semblerait tout ce que j'ai rencontré croit en cette idée. Sinon qui aurait eu le pouvoir "d'invoquer" autant d'élu en ce monde. Une telle puissance surpasserait même des dieux, eux même, connaissant le pouvoir de chacun d'entre nous. Néanmoins, il faut croire que le sceau disparaît peu à peu, lorsque nous retrouvons notre puissance d'antan... Mais ensuite nous intéressons un groupuscule dangereux, que je n'ai jamais rencontré. Qui désire qu'on les rejoigne pour leur cause, mais toute cette histoire reste encore flou!

Elle continua son chemin, suivit probablement de jeune dragon. Et sans s'en rendre compte, elle était parvenu à refouler la Jalousie, celle-ci se vengeant aussitôt, en portant son attention sur un énorme rocher, aussi gros qu'un ours à leur côté. Il était majestueux, grand, fort, solide. Beaucoup plus qu'elle en tout cas. Et puis, si quelqu'un les suivait, elle supportait pas l'idée de savoir qu'on pouvait se jouer d'elle. Ce qui signifiait qu'un être était encore meilleur qu'elle dans un autre domaine. Sans prévenir, elle arma son poing, pour le précipiter sur l'énorme rocaille, et en un seul coup le brisa en milliers de morceau, dans un bruit tonitruant, qui fit trembler le sol. Tout en hurlant  plus pour elle même:

-Merde de rocher. Putain de pêché de la jalousie. Fait chier, monde de merde, je dois retourner dans le mien!

Ayant vidé un sur-plein, le vase ayant débordé de ses émotion négative et de comparaison, la guerrière reprit son chemin, comme si de rien n'était. Son geste aussi insignifiant et banal qu'une fourmis qui passe. Laissant derrière elle un véritable chaos de pierre et de fumée. Prête à écouter de nouvelles questions de cet homme, mais avant:

- Tu es un élu, si j'ai compris mais de quel royaume. Et qu'as tu appris de ton côté, car je suis sûre que tu as rencontré des gens, avant qu'on se rencontre!

Malheureusement pour Kohaku, elle avait bonne mémoire, et se rappelait de son mensonge. Il valait mieux qu'il lui dise la vérité, même si elle s'était un peu vider l'esprit sur le rocher, du moins ce qu'il en restait!







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MessageSujet: Re: Quand le vent nous portera...   Jeu 3 Sep - 23:59

Si l'arrêt de son escorte fut soudain, le jeune garçon l'évita d'un pas souple sur le côté sans paraître s'émouvoir du comportement plus qu'étrange de l'humaine. Elle n'avait eut de cesse de marmonner et de luter contre des démons intérieurs, rendant son comportement plus que suspect. Au moins n'était-elle plus hostile à son égard et c'était bien la seule chose qui lui importait. Après tout, entre la sorcière Yubaba et les clients des sources chaudes, le jeune dragon avait déjà eut l'occasion de voir toute une farandole d'êtres plus étranges et inquiétants les un des autres. Avec un soupir, Kohaku s'immobilisa à son tour quelques instant pour l'observer, mais surtout pour écouter ses réponses. Le vent soufflait dans son dos, balayant ses cheveux par dessus sa fine mâchoire et venait même par quelques mèches capricieuses, barrer ses joues pâles. Ses pupilles se dilatèrent d'un sursaut d'excitation alors que l'esprit de rivière obtenait enfin les précieuses informations qu'il désirait depuis son arrivée en ce monde inconnu. Sa respiration se fit sensiblement plus rapide et inconsciemment il se pencha vers l'avant, en direction de la femme.

Et il ne fut pas déçu. Les propos de l'humaine confirmaient les rares données qu'il possédait déjà, du moins concernant les mystérieuses divinités qui régissaient ce monde ainsi que le sceau d'asservissement. Il cru sentir ce dernier lui chatouiller le creux du bras, mais il se garda bien d'y toucher afin de ne pas en révéler son emplacement. Il savait que les tensions entre les élus des trois royaumes pouvaient être meurtrières et pour l'heure il ne faisait pas le poids pour une lute armée. Tant que cette femme penserait qu'ils étaient du même bord, il avait une chance d'éviter toute confrontation. Lui-même ne savait pas encore si elle était de Minshu et bien que son affiliation importait peu à son regard séculaire, la question ne se posait pas encore. Ce qui l'arrangeait bien d'ailleurs, puisqu'il s'agissait d'une question de moins à résoudre. Laissant de côté pareilles considérations, Kohaku se concentra davantage sur les intentions des divinités et du pouvoir exceptionnelle qu'elles possédaient. Être capable de convoquer des créatures douées de consciences pouvait être anodin, même d'un univers ou plan différent. Il suffisait de quelques incantations et de symboles pour qu'un simple mortel obtienne une audience avec une entité immatérielle.

- Je comprends ta lassitude...

Le regard perdu dans l'herbe haute, il n'était en ce monde que depuis quelques jours et déjà il se languissait de sa terre natale. Il ne pouvait qu'imaginer l'impatience qu'éprouvait cette femme qui foulait Kosaken depuis bien plus longtemps que lui. Mais pour en revenir aux divinités, c'était bien la première fois qu'il en découvraient si promptes à déséquilibrer tout les autres univers simplement pour régler leurs querelles internes. Un tel égoïsme était surprenant pour des entités d'une telle puissance et, par logique, censée être d'une sagacité identique. Se pourrait-il que ce monde ait la malchance de subir trois dieux néfastes ? Non, les probabilités étaient trop infimes. Il était plus probable qu'une des trois divinités soit la seule mauvaise et qu'elle ait initié ces invocations d'élus dans le seul but de prendre l'ascendance sur ses deux autres consœurs divines. Les deux autres entités auraient alors suivit le même mode opératoire avec l'adage : "combattre le feu par le feu"... Le regard trouble de ses profondes réflexions, Kohaku se mit à parler d'une voix distante, légèrement rauque :

- Un groupuscule tiers ? Serait-il dirigé par une autre entité ou s'agit-il simplement d'élus renégats ? Il reste toutefois étrange que des êtres n'ayant plus les contraintes du Sceau ne soient pas déjà rentrés en leur monde... S'ils le peuvent seulement. En ce cas, le pourrons-nous nous-même ? Si le dieu qui nous convoque perd, qu'adviendra-t-il de nous ? Serons-nous tués sur l'autel d'une guerre qui ne nous concerne pas ? Notre mort nous donne-t-elle la clé pour retourner en notre monde ?

Silencieux, il secoua doucement la tête de droite et de gauche, ne semblant pas croire en ses propres interrogations. C'est à peine s'il sursauta face à la violence soudaine et inexpliquée de la jeune femme. Il fronça davantage les sourcils, claqua la langue en signe d'agacement face au manque évident de sang froid de la guerrière puis s'écarta plus en avant dans la plaine pour éviter la retomber de gravas. Le nuage de poussière vint blanchir les hautes herbes, recouvrant d'une fine pellicule la sombre chevelure du garçon qui se contenta d'épousseter ses épaules avant de refermer le poing sur une fleur sauvage dont les pétales s'effritèrent. Un lourd soupir gonfla brièvement son torse et il continua de parler dans le vide, questionnant l'immensité du paysage sans vraiment attendre une quelconque réponse.

- Pourquoi ? Pourquoi nous appeler si nous n'obtenons aucunes instructions claires de leur part ? Pourquoi les dieux restent-ils muets ? Comment peuvent-ils nous laisser au milieu de nul part ? C'est irresponsable... Hum ?

Le jeune dragon se tourna vers la femme et l'observa comme s'il la voyait pour la première fois. Légèrement surpris, il sembla enfin se rappeler d'elle et se fendit d'un pâle sourire distrait avant qu'il ne la rejoigne d'un pas paisible. Levant une main pour repousser quelques cheveux de sa joue, il laissa une traînée de poussière sur cette dernière sans le réaliser. Face à la guerrière, il écarta légèrement les bras pour se présenter tout entier dans une posture pacifique.

- Est-ce d'une quelconque utilité ? Je veux dire... Pourquoi la décision arbitraire d'une mystérieuse divinité devrait-elle influencer nos pensées, destins et actes ? Nous sommes tous deux des êtres de raisons ainsi que de bonne intelligence. De telles choses ne devraient pas nous contraindre. Cela est une discrimination grossière, autant que la misogynie ou le racisme basé sur la couleur d'une peau.

Son sourire se fit plus doux, ainsi que son regard d'un vert d'algue à nouveau limpide, ses interrogations laissées de côté pour l'instant. Croisant les mains dans son dos, il calqua son pas sur le sien afin de rester à sa hauteur. Les épaules rejetées en arrière, le dos droit et la démarche toujours empreinte de noblesse, il poursuivit sur la seconde question abordée par la guerrière :

- Je n'ai malheureusement rien de plus que vous n'ayez déjà porté à votre connaissance. Je n'ai croisé qu'une poignée de personne, à peine plus qu'une humble famille de fermier qui m'offrit leur aide lors de mes premiers jours en ce monde. Ils m'ont expliqué ce sceau ainsi que tous les espoirs qu'ils portaient en nous, les Élus. Ce qui me laisse penser que cette marque d'asservissement n'est qu'une laisse pour nous retenir par la force à ce royaume... du moins dans un premier temps. Les divinités doivent parier sur l'affection que l'on finira peut-être par porter sur les terres que nous défendons actuellement par la contrainte. Ce qui explique pourquoi nous ne retournons pas dans nos mondes respectifs dès que le Sceau perd ses pouvoirs.

Un profond soupir secoua une fois de plus ses épaules.

- Ce ne sont que des hypothèses et je me rendais à la Capitale pour obtenir de véritables réponses aux innombrables questions qui me taraudent. Je doute d'obtenir un entrevu avec le Chef d'État, mais peut-être y a-t-il un logement militaire où les Élus sont logés dans l'attente de la guerre... là bas, j'aurais plus de chance qu'en battant la campagne. Sans vous vexer, bien entendu.
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MessageSujet: Re: Quand le vent nous portera...   Sam 5 Sep - 16:26







Quand le vent nous portera...

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Une marche, sans prévenir son interlocuteur, un peu lunatique de par ses pêchés, elle força donc la poursuite de leur balade. Toutefois, elle écoutait attentivement ce qui lui disait. Et Fichtre, comme il était énervant, et si parfait. Voilà qu'il était compréhensif avec elle. Avait-elle déjà fait preuve d'autant de respect et de politesse envers quelqu'un. Peut être, mais pas autant que lui en cette journée. Pouvait-elle posséder son corps, ou sa façon d'être? Pouvait-elle prendre sa place? La Jalousie essayait de réfléchir à de quelconques incantations pour y parvenir, sans succès.

Elle lâcha donc, rapidement l'affaire, surtout qu'elle n'était pas reconnue pour sa patience. Surtout qu'il élevait des points dont elle n'avait encore jamais pensé. Encore un détail qui pouvait la rendre jalouse. Mais elle réussit à se contrôler, cette fois-ci. Intriguée par ce qu'il venait de dire!

Elle n'avait pas rencontré la dîtes secte, mais de ce qu'elle en avait entendu parler, il fallait l'éviter à tout prix. Mais eux aussi posséder des informations et des réponses qu'aucun élu actuel ne possédait. Peut être devrait-elle leur poser des questions, si elle les croisait un jour. Pourquoi Aeternam, de son nom, restait toujours dans cet univers s'il n'avait plus la pression des dieux et des monarques? La mission qui leur était confiée de surpasser les autres royaumes suffisaient-elles à les libérer? Et dire, qu'elle n'était pas du genre à réfléchir beaucoup. Elle préférait agir, frapper, se battre et défoncer ce qui passait sous ses poings. Mais elle ne pouvait nier l'intelligence de cet être...

~PFFFF, fait chier, un autre être plus intelligent que moi. Comme si Sae-Hee ne suffisait pas à me rabaisser...~

Mais en plus de cela, il embrouillait de toutes ses questions et ses raisonnements. Sérieusement! Que pouvait-elle savoir de tout ceci, elle était aussi nouvelle que lui et ne s'était pas posée tout ceci. Il ne faisait donc qu'ajouter en plus de son incompréhension à ce monde. Mais une phrase germa dans son esprit, qu'elle dit tout haut s'en sans rendre compte, juste un souffle:

-Peut être craignent-ils notre puissance? Peut être cherche-il un moyen de nous contrôler, et le sceau n'est que le début d'expérience supérieure?Ils ont peur de nous, mais désirent nous posséder

Bon en plus voilà, que monsieur inventait des mots. Dans son monde, il n'était pas question de racisme. Donc le mot lui était inconnu par contre misogyne, elle en avait presque était victime, pour le plus grand malheur de ses détracteurs. Mais aussitôt la lumière se fut, et elle s'arrêta à nouveau net, pour le regarder comme un animal étrange. Il voulait parler au dirigeant de Minshu, mettant en évidence le fait qu'il était un de ses représentants. Enfin par là, un élu, lui aussi de Minshu. Mais ou était son sceau? Pouvait-elle en être sûre? Elle ne fut pas vexer par ses paroles, mais au contraire, une vague de jalousie l'envahit pour un tas de raison. Le désir de la ville plus que sa présence. Le fait qu'il soit autant attentionné envers elle, et d'autres raisons qu'elle ne comprenait pas, elle même. Un tourbillon d'émotion brûlant.

Se faisant aussitôt violence pour réussir à répondre, elle parvint même à sourire, faisant rayonner son visage d'une beauté irréelle. Son aura de fascination pulsant autour d'elle encore une fois. Rendant toutes choses qui l'entouraient fade et pâle. Elle finit par prendre la parole, oscillant entre la sincérité et la Jalousie.

-Vous vous êtes donc fait une alliée en ce jour. Je vous accompagnerais dans cette quête de réponses et plus encore s'il le faut! Si ma présence vous importunes pas!

Elle parti d'un rire mélodieux, elle était ainsi divinement belle. Un chef d'oeuvre et une magnificence extraordinaire. Mais la Jalousie la rappela à l'ordre coupant court ce moment d'égarement. Imbécile qu'elle était, il lui avait dit que sa présence n'était pas une chance. Et il avait raison, il devait être plus utile encore qu'elle ne l'était. Elle se mit donc à repartir, sur la route sinueuse, entendant des bruits étranges, tout proche dans les hautes herbes, s'en sans préoccuper! Enfin, elle tourna la tête dans les différentes direction sceptique. Prête à se défouler s'il le fallait! Mais est-ce que son compagnon de route avait remarqué cela. Elle voulait le tester quitte à prendre un risque. Essayait de voir s'il était meilleur dans le domaine où elle était le plus perfectionné. Le cas échéant, ceci la tuerait, enfin plutôt le pêché en elle...

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MessageSujet: Re: Quand le vent nous portera...   Dim 6 Sep - 17:08

Il fallait l'avouer, entendre la jeune femme jouer le jeu des hypothèses n'était pas pour lui déplaire. Il avait craint, pendant un instant, d'être le seul à se poser autant de questions et si se creuser la tête ne lui était pas étranger, il lui était impossible de résoudre seul les mystères en ce monde inconnu. Aussi, quitte à devoir faire route commune avec un être doué de raison, autant que ce soit rentabilisé avec le partage d'une conversation qui saurait les faire avancer tous deux dans la résolution des mystères qui se présentaient. Un léger hochement accompagna donc les suppositions de la mortelle et il se fendit d'un pâle sourire sans joie qui ne gagna pas ses yeux et les laissa toujours aussi froids, distants. Une bourrasque plus forte coucha les hautes herbes dans un grand bruissement, couvrant presque la voix songeuse du garçon qui reprenait la parole :

- J'avais une pensée similaire... Je crois, pour ma part, qu'il y a parmi les trois Divinités un être corrompu, à l'essence tâchée d'obscurité. Peut-être était-il avide ou tout simplement jaloux de l'équilibre précaire qui constituait la Nature même de ce monde. Enfin, qu'elles que soient ses raisons, ce fut lui le précurseur de l'arrivée des Élus. Ne pouvant, seul, vaincre ses deux adversaires, il aura utilisé des arcanes interdites pour se constituer une armée hors du commun. Ainsi, pour contrer sa tactique de guerre, les deux autres entités célestes furent contraintes d'utiliser la même méthode, entamant de ce fait un cycle vicieux qui ne connait pas de fin. Nous ne sommes, au final, que des pions sur l'échiquier de leurs querelles...

La dernière phrase fut soufflée avec rancœur, à peine audible pour l'oreille lambda, mais qui fut probablement très bien saisie par la guerrière dont l'ouïe aiguisée ne tarda pas à capter autre chose dans les hautes herbes. C'était encore trop confus et distant pour représenter une quelconque menace, mais ils n'étaient plus les seuls à fouler le chemin de cette immense plaine. Kohaku, pour sa part, continuait de marcher d'un pas paisible sans avoir l'air d'entendre quoi que ce soit. Les bras le long du corps, mains légèrement repliées dans une posture détendue, son regard se perdait à l'horizon, parcourant distraitement l'immense océan de verdure sans jamais s'attarder plus de quelques secondes. Ses pensées se portaient aussi loin que soufflait la brise et tournoyaient avec autant de caprice à l'intérieur de son crâne. Il ne parvenait pas à dessiner de schéma concret car trop d'informations échappaient à sa connaissance, créant au fond de lui un relent de frustration grandissant.

- Votre présence ne peut importuner l'enfant que je suis. Je suis le premier à vous avoir proposé de m'accompagner jusqu'à la capitale. Ainsi, si vous m'offrez votre compagnie pour un plus long voyage, seul un fou vous le refuserait.

Encore une fois, son regard quitta sa froide indifférence pour revêtir le lustre d'une chaleur sincère quoique encore timide. Le charisme, plus que la beauté, qui se dégageait de cette femme avait le don de lui échauffer le creux de son cœur maudit. Malheureusement et malgré le changement d'univers, les griffes de la sorcière Yubaba étaient encore profondément encrés. Dos à la route pour faire face à l'humaine, par courtoisie, il ne vit pas les herbes hautes qui s'écartèrent brusquement pour laisser surgir les silhouettes massives de deux rats. Les monstres, bien qu'habituellement réputés pour n'agir qu'en troupe plus large, ne semblaient pas éprouver d'inquiétude à agresser deux voyageurs isolés... si seulement c'était bien la raison de leur soudaine apparition ! En effet, les rats filèrent entre les mollets de Kohaku puis de Sayo-Hee sans même leur accorder le moindre regard. Visiblement terrifiés, ils poussèrent de petits cris aigus avant de disparaître de l'autre côté du chemin. Les hautes herbes s'agitèrent encore quelques secondes avant qu'un calme mitigé ne gagne les alentours.

- Et bien...

Quelque peu déstabilisé, le jeune garçon allait pour reprendre sa marche lorsqu'une troisième ombre vint bondir au dessus d'eux, un instant dissimulée par l'éclat vif du soleil, elle retomba au sol à quelques mètres de leur position pour visiblement bloquer l'accès à la route. Une aura hostile émanait de la créature dont la queue fourchue balayait furieusement l'air. Presque aussi massif qu'un chien, le poil hérissé tout le long du dos arrondi pour rendre sa carrure plus impressionnante encore, le nekomata se mit à feuler avec toute sa hargne. Visiblement contrarié d'avoir perdu ses deux proies juteuses, il semblait prêt à abattre son courroux sur les responsables. Oreilles couchées en arrières, il fouetta l'air d'une patte aux griffes sorties mais ne semblait pas encore décidé à attaquer. Surpris puis foncièrement inquiet, Kohaku recula avec des gestes lents et sans jamais détourner son regard de celui de la bête. Plus que jamais, il regrettait de ne plus avoir sa puissance d'antan et cette cruelle constatation vint cuir sa fierté divine.

- Je crains que vous n'ayez à faire vos preuves plus tôt que je ne l'aurais escompté, Dame Sayo-Hee...

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MessageSujet: Re: Quand le vent nous portera...   Lun 7 Sep - 10:46







Quand le vent nous portera...

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~Sae-Hee, mais où es-tu bordel? Que fais-tu? Pourquoi quand j'ai besoin de toi tu es pas là. Ce gamin arrive à me perdre dans toutes ses paroles et son raisonnement. En plus, j'ai pas le bon pêché pour parvenir à réfléchir correctement... Alors ou es-tu, bordel! Toi tu aurais pu mieux parler avec lui, voir même trouver une solution ou des réponses où personne n'arrivait à les voir!~

La Jalousie étant toujours étroitement lié à la colère, autant dire, qu'elle était plus que tendue. Néanmoins, les paroles du garçon n'était pas tombé dans l'oreille d'une sourde. Se demandant qui était la première des divinité. Fuyu, l'ennemi de tous? Ou Le serpent, tapis dans l'ombre, manipulateur et prêt à frapper. Aurait-elle été invoqué par le pire des dieux de ce monde? Si s'était le cas, elle refuserait de le service, du moins dés qu'elle le pourrait, et lui montrerait de son poing ce qu'elle en pensait.

Enfin de toute façon, elle n'aurait surement pas la réponse de si tôt. Mais tout comme son compagnon de route, elle maudit leurs supérieurs, en apprenant avec une certaine assurance, qu'il n'était que des pions sur un grand jeu d'échec. Comment pouvait-il avoir autant de pouvoir? Pourquoi elle avait pas? Elle était une démone pourtant, du moins en partie. Oui bon ok une démone à l'expérience ratée, mais quand même...

Et puis voilà, qu'il était plus gentil avec elle et attentionné, lui déclarant que sa présence était bienvenue. Elle pourrait presque en pleurer de voir tant d'aptitudes et de qualité en ce jeune homme. Des traits qu'elle n'aurait jamais. Peut être que si elle le tuait, elle avancerait dans les places. Il y avait surement une hiérarchie des bonnes personnes, et en le tuant elle gagnerait des places dans cette hiérarchie. Enfin, non, elle ne pouvait pas, il était de son royaume et une personne forte intéressante. Oui, mais le pêché hurlait de trouver une solution à cela. Son esprit se mit donc à hurler pour faire taire toutes ses questions et les sentiments néfastes de l'Envie.

Elle put un instant, reprendre son contrôle, lorsque des hautes herbes, du bruit se fit entendre plus proche. Et que deux rats géant apparurent sous leur yeux, craintif et fuyant. Mais pas eux, surement un prédateur, plus impressionnant. Autant dire ne pas rester ici.

~Dire qu'à ce moment précis, même les rats sont plus rapide que moi...~

Mais à peine, l'esprit de la rivière entama un pas qu'une nouvelle ombre apparut devant eux. Un chat à plusieurs queue. Peu importe ce que s'était, l'étoile du Nord n'était pas d'humeur, et avant même que son compagnon finisse sa phrase, elle avait bondit sur le chat, sans aucune peur. Il fallait bien qu'elle calme ses nerfs, et puis qu'avait-il de mieux qu'elle encore celui là. Elle pouvait pas taper sur Kohaku, mais rien ne l'empêchait de le faire sur ce félin atypique.

Une rafale passa donc à côté du Brun, pour se précipiter vers le Neko-bidule. Lui même, surpris de la réaction des importuns. Mais aussitôt créant deux orbes magique du bout de ses deux queues, qui partirent en direction de la guerrière. Sans problème, elle réussit à éviter les deux orbes, peu importe où elles allaient, peut être sur l'esprit de la rivière? Mais l'éclair de Yama ne prenait pas ce genre de considération, il devait encore être bon à l'esquive ce bougre, en plus.

Aussitôt à la rencontre du démon, elle frappa et enchaîna la créature de ses poings et de ses pieds. Agile combattante, dont la fureur gagnait à chaque coup. Mais au moins, elle était toujours aussi belle en action, sinon plus, alors qu'elle rayonnait à l'appel du combat. Une déesse de la guerre! Le combat dura ainsi, plusieurs minutes, le sourire de l'étoile du soir bestiale mais franc. Elle aimait le combat ce n'était pas un secret, et sa seule porte de sortie, où les pêchés la laissaient un peu tranquille. Bon sauf Paresse...

De la poussière commençait à s'accrocher au corps de la jeune femme, et sur son visage, et de son côté le chat semblait fatiguait et épuisé. Autant dire que le combat n'allait pas s'éterniser plus que ça, et qu'il était plutôt faible. Peut être, même que Kohaku aurait pu s'en défaire seul. Peut être? Non sûr, même. Le pêché de la jalousie lui afficha l'image du garçon triomphant, bien plus rapidement qu'elle. Elle ragea à nouveau poussant un hurlement, alors que le sol se craquela autour d'elle. Puis avec l'impulsion se propulsa vers le Neko-machin. Celui-ci fut effrayé et se réfugia derrière l'esprit de la rivière, se servant de lui comme une protection... Beaucoup moins impressionnant comme félin... Mais comment allait réagir le garçon?









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MessageSujet: Re: Quand le vent nous portera...   Mar 8 Sep - 10:45

Il était bon de voir la jeune femme employer cette fougue, ou plutôt sa constante et mystérieuse frustration, au service de sa protection. Du moins, c'était ce que le jeune esprit croyait dans les premières instances du combat, du moins jusqu'à ce que les boules d'énergies du Nelomata foncent sur lui à toute allure. Après avoir raté leur première cible, qui n'avait rien fait pour dévier le danger hors de sa zone de retraite, qu'il comprit combien il s'était fourvoyé sur le compte de l'humaine. Cette dernière n'en avait que faire de sa personne, elle menait ce combat uniquement pour se défouler ou encore ressentir le frisson de la prochaine mise à mort. En somme, il s'agissait d'une guerrière aussi impétueuse et rustre que son éducation. Mais trêve de pondération cependant, les boules d'énergies compactes approchaient de façon critique et si le premier réflexe de Kohaku fut de souffler entre l'index et le pouce de sa main afin de lever une barrière défensive, l'absence total d'écho dans les trames magiques lui fit revoir sa tactique drastiquement.

Contraint à une esquive plus grossière mais tout aussi efficace, il plongea dans les hautes herbes pour que le tapis de végétation amortisse sa chute. Cependant, le souffle des deux explosions vint le faire tomber plus loin qu'il ne l'aurait cru, finissant en plus cul par dessus tête. Aux ronces sa dignité légendaire d'esprit divin, le garçon se releva douloureusement avec quelques brins d'herbe dans les cheveux. Un froncement de sourcils chiffonnait son visage, alors qu'une traînée de terre maculait sa joue droite, il observa le combat qui se poursuivait à quelques mètres de là. La vitesse des deux combattants était stupéfiante, de même que la rage et les tripes qu'ils insufflaient dans chacun de leur coup. Et si ce genre d'exercice lui répugnait, le jeune garçon fut forcé d'admettre que sous la couche crottée de Sayo-Hee, se dissimulait une déesse de la guerre. Quoique réduite et contrainte par le Sceau qu'elle portait, le potentiel martial de la belliciste semblait aussi lustré et aiguisé qu'une lame. Loin de l'apparat et des convenances, il s'agissait d'un talent aussi brutal et sanglant que les champs de batailles. Cette femme avait la chance de posséder la beauté d'une geisha, bien qu'elle se révèle dans une danse aussi sanglante.

- Ah !?

La soudaine approche du Nekomata vint rompre la fascination du jeune dragon qui cligna des yeux et sortit des hautes herbes pour éviter d'entrer en collision avec la supposée fuite de la créature. A ses yeux, il s'agissait encore de la solution la plus sensée, mais contre toute attente, le félin blessé vint trouver refuge entre ses pieds puis derrière lui comme s'il cherchait un bouclier pour le protéger de la guerrière impétueuse. Comment l'en blâmer !? L'exaltation hystérique dans le regard de Sayo-Hee avait de quoi donner quelques frissons glacé à l'échine de n'importe quel être doué d'un minimum de bon sens. Et cette même aptitude aurait voulu qu'il s'écarte pour laisser le monstre périr sous les coups de la combative, cependant Kohaku n'était pas un être doté de la même perception du monde que les êtres humains. Sa notion du "bien" et du "mal" ne s'établissait pas sur les même bases. Il était avant tout un esprit de la Nature, son instinct s'articulait autour de détails plus élémentaires. Aussi leva-t-il les bras pour inciter la femme à stopper sa charge, à mettre fin à ce combat qui n'avait plus de sens.

- C'est fini, Sayo-Hee.

L'expression du jeune garçon était à nouveau entièrement neutre, lisse comme un masque de Kabuki exception faite de l'éclaboussure boueuse sur sa pommette. Avec un regard glacial et les traits détendus, il maintenait les bras tendus et les mains ouvertes. Frêle barrière entre la guerrière et le félin blessé, le vent gonflait les pans de son kimono ou encore jouait dans ses mèches sombres embrouillés d'herbes et de pétales.

- Le combat est terminé. Il a perdu... il n'y a aucun besoin de le tuer.

Kohaku tourna la tête pour observer le félin avec une certaine pitié dans le regard. Avait-il cherché refuge derrière lui par simple sournoiserie ou avait-il senti l'essence divine de son être ? L'un comme l'autre, son instinct de survie l'avait choisi comme ultime recours et il ne comptait pas trahir cette requête désespérée. Mais au delà de cette pâle flatterie pour son essence draconique, l'esprit de rivière possédait bien d'autres raisons pour épargner la vie du Nekomata. Reportant son attention sur l'humaine, il éprouva le besoin d'expliquer les raisons de ce choix unilatéral :

- Cette créature ne nous a pas attaqué par cruauté, mais plus par besoin. Elle était en train de chasser son repas et par un malheureux concours, nous avons permis la fuite de ses proies. Je dirais même que nous sommes actuellement sur son territoire et qu'en nous voyant, ce yōkai aura confondu notre présence pour une menace et nous aura attaqué.

Sans lâcher la belligérante du regard, il abaissa lentement les mains. Aucun mouvement brusque n'était fait de sorte que les deux adversaire n'éprouvent pas le besoin de reprendre leur combat insensé. Kohaku soupira alors qu'il se tournait à moitié pour faire face autant à la femelle qu'au félin. Il savait ce dernier doué d'une intelligence supérieure aux chats classiques, après tout il s'agissait d'un esprit peut-être sauvage, mais doté de capacités hors du commun. Vu sa faible puissance actuelle, son décès devait être encore récent, expliquant ses instincts sauvages et son manque d'élocution. L'enfant s'adressa cependant à lui avec respect, convaincu que le Nekomata comprendrait l'essentiel. Les émotions ainsi que le ton calme de sa voix, devraient suffirent.

- Nous ne sommes que de simples voyageurs. Ton territoire ne nous intéresse pas. Pardonne nous de l'avoir foulé sans ta permission. Permet nous de continuer sans plus de colère.

Étant lui-même un esprit, bien que d'essence différente, le jeune dragon avait bon espoir de régler ce différent d'une manière plus pacifique à présent que le yōkai était plus "calme". En même temps, qui ne le serait pas après une telle rouste !?

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MessageSujet: Re: Quand le vent nous portera...   Mer 9 Sep - 2:33







Quand le vent nous portera...

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Plus qu'une charge en évitant d'emporter le gamin sur sa route et s'en était fini de ce chat sans courage. Une simple charge! Mais pourtant elle fut arrêtée nette dans son élan, alors que le garçon leva sa main, proclamant que le combat était fini.
Aussitôt, elle pencha la tête sur le côté tel un animal, le plus magnifique qui existe bien sur, comme si elle ne comprenait pas son geste.Ce n'était pas fini, puisque l'esprit était toujours vivant et réfugié derrière le dragon, s'était-il fait berner par la peur de la créature?

Au moins, il avouait lui même sa victoire, s'était toujours ça. Mais arrêter de la sorte la guerrière de la montagne s'était suicidaire. Il l'empêchait d'occire cet ennemi qui avait osé s'attaquer à eux. Elle croisa donc aussitôt les bras sur sa poitrine, forte intéressante, prenant un air renfrogné. Il aurait pu se défaire de cette créature, et en plus voilà qu'il faisait preuve de clémence. A croire qu'il était parfait et ne faisait aucune erreur, celui là. Ses joues se gonflèrent comme un enfant qui boude, alors qu'un souvenir du passé fit surface dans son esprit...


.................................


Il m'a encore charrié ce mage de pacotille. Il est le seul à se le permettre, alors que tous ont peur de moi. S'est peut être aussi que je l’apprécie bien. Bon j'irais pas dire que je l'aime, hein! Attention pour les faibles ça, et j'en suis pas une.
Mais il est vrai qu'il est attirant et que nos partie de jambes en l'air sont bien spéciales. Et puis je déteste quand il va flirter avec une autre. En général, ça se fini pas super bien pour la fille en question, pour la plus grande hilarité de mon magicien-guerrier.

Ça l'amuse en plus le bougre. Heureusement que c'est lui sinon...Qu'il m'énerve, mais qu'il m'énerve. Oh non, voilà qu'il s'approche avec son sourire charmeur, provocant et moqueur. Ce genre de sourire qui fait craquer n'importe qui, les yeux pétillant de malice. Mais cette fois-ci, je lui pardonnerais pas, non! Hors de question!Je me tourne le dos, bras croisés sur ma poitrine, le visage rond, comme celui d'un enfant.

-Tu es trop mignonne quand tu fais ta petite fille jalouse et capricieuse. On te croquerait!

QUOI? Mais il se prend pour qui, lui? J'essaye de me tourner, mais bien sûr, il a déjà enroulé ses bras autour de moi, son souffle sur ma nuque. Mais l'image de la jeune fille qu'il s'est amusé à attirer dans ses bras me revient en tête. Oui je suis jalouse. Son souffle a très bien pu être senti par la peau délicate de cette pimbêche. Mais il sait y faire, le garnement, alors qu'il passe sa main prés de ma poitrine, sans réellement la toucher, mais montrant bien qu'elle est non-loin, pour me chauffer encore.

Et le pire, même sans voir ses yeux, je peux les voir pétillé et amusés. Est-ce que je prend souvent cet air, me connait-il si bien que ça? Mais je ne dois pas... je ne dois pas...Pas... Craquer!




................................


Ce n'est surement pas Kohaku qui désamorcerait ce genre de conflit. Elle n'avait rien à craindre de ce côté. Au moins une bataille qu'elle gagnerait contre lui et surtout le pêché de la jalousie. Ce derniers, ne pouvait trouver source de réflexion, là.Du moins, dans la plus grande des logique. Mais vous savez la logique, elle se carre comme d'un oignon de notre avis.

Et puis, Kohaku se sentait obligé d'expliquer son geste et son raisonnement, il ne pouvait pas se taire à la fin. Et surtout la laissait ainsi bouder? Non, il devait mettre en avant des éléments irréprochable. Pire encore, il lui mettait en pleine face, ce pour quoi elle se battait depuis toujours. L'esprit général même de sa cité: L'idée que tous avaient le droit à une seconde chance. Le Nekomata aussi, en tant qu'être vivant. Elle le regarda, avec colère, alors qu'il avait visé un point juste et fort sans s'en rendre compte. Et Hop un coup de Jalousie, qui intervenait. Avait-il des pouvoirs de devin? Surement, il était bien plus surprenant qu'elle.

Et en plus voilà qu'un lien qu'elle ne pouvait pas décrire semblait se forger entre les deux esprits, plus vite que leur propre relation à eux deux.Jalouse? Non, pas du tout. Juste dévorée! Elle regarda les deux êtres avec intensité, relâchant les bras le long de son corps dans un soupir d'abandon, alors qu'elle s'exprima plus pour elle:

-Que diraient les miens, mon royaume et ma jumelle, si je n'accordais pas la seconde chance de Yama, même à cette créature.

Elle refit face au duo atypique, et s’empochant d'eux avec plus d'énergie qu'elle avait voulu, elle souleva le félin à bout de bras, sous le regard paniqué de celui-ci, alors qu'ils plongèrent dans le regard l'un de l'autre. Que pouvait faire la démone aux pêchés. Certes, elle avait toujours eu des affinités avec les animaux, le loup blanc de son amie Mikazuki en était la preuve, mais pouvait-on considéré le Nekomata comme un animal?

Durant son analyse prolongé, devant les gesticulations de l'animal, elle se moquait éperdument du comportement de son compagnon de route. Il pouvait râler, pleurer, hurler, ou même rester immobile, rien ne l'atteignait. Elle restait silencieuse, tenant le félin de ses bras. Puis sans prévenir le fourra dans les bras de l'élu de Minshu, en ajoutant avec plus d'appoint:

-Je crois que tu t'es fais un ami. Mais c'est de ta responsabilité! Maintenant, tu fais ce que tu veux de lui, mais à mon avis, il va te suivre, même s'il sera encore sauvage un temps! Bien reprenons le temps que nous avons perdus!Et...

Elle se tourna légèrement gêné vers lui, après l'avoir fait valdinguer dans les hautes herbes. Mais aucun mot fut prononcé, son visage s'exprimait pour elle. Même si jamais elle ne l'avouerait, elle s'excuser de lui avoir causé du tord. Et hop un coup de sonnette dans l'esprit. Elle devait envier sa capacité à la faire agir ainsi, pas s'en excuser. Elle fit aussitôt volte-face, prenant la direction du palais... De Kansei! Il ne devait plus être très loin, alors qu'en montant le petit chemin devant eux, elle contempla une magnifique et gigantesque cité. Encore loin, mais bien visible au milieu de cette plaine où l'on pouvait voir à perte de vue....









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MessageSujet: Re: Quand le vent nous portera...   Mer 9 Sep - 21:39

La soudaine expression boudeuse de la belligérante lui rappela combien les humains étaient des êtres éphémères. Malgré son corps d'adulte, cette mortelle ne devait pas être bien veille et possédait probablement encore l'âme d'une enfant, loin sous l'amertume et le bouillonnement perpétuel de son cœur maudît. L'esprit de rivière se prenait parfois à oublier qu'il était probablement le seul élu d'essence divine à fouler le sol de Kosaten. Une part de lui espérait bien le contraire et sa rencontre avec le nekomata ravivait ce maigre espoir, car malgré tout ses efforts pour quitter le monde des yokais afin de retrouver Chihiro, l'espérance de vie des humains était bien une chose qui le rendait particulièrement mélancolique. Après tout, ils n'étaient que des bougies vacillantes, meurtrissant son cœur à chacune de leur disparition tandis que lui survivait au flux du temps.

Être isolé sur un monde inconnu était déjà un coup dur pour le jeune esprit de rivière, mais qu'il soit le seul être immortel serait un jeu bien cruel du Destin. Si tel était le cas après ses prochaines années d'errances, alors peut-être irait-il se dissoudre dans un quelconque fleuve pour reprendre son sommeil séculaire, laissant fondre sa conscience au plan le plus primaire d'une existence calquée sur les saisons et les averses immuables. Mais fort heureusement, l'espoir de rencontrer de ses paires n'était pas encore fauché, laissant au jeune dragon le temps de s'en inquiéter plus tard. Quoi qu'il en soit, ses profondes réflexions furent d'abord interrompues par les étranges paroles de Sayo-Hee puis par sa soudaine approche, créant une vague tension dans les épaules du dragon. S'il craignit de voir la mise à mort s'effectuer malgré son souhait, la guerrière se contenta d'attraper le pauvre yokai par la peau du cou et elle le souleva à hauteur de visage afin de pouvoir plonger son regard dans le sien.

Au silence qui suivit, Kohaku se redressa et resta parfaitement immobile. Quoi qu'il se passe à présent était bien au delà de ses compétences. Sans ses pouvoirs, ou ne serait-ce sa véritable apparence de dragon, il ne possédait actuellement pas les moyens de confronter la belligérante pour sauvegarder la vie du félin. Sa mort serait un gaspillage, un acte de cruauté gratuit qui ne ferait qu'éprouver l'affection que l'esprit de rivière portait aux humains. Mais contre toute attente, elle lui fourra le nekomata entre les bras et commença à lui déblatérer quelques propos incohérents. Comment pouvait-il être responsable de sa survie ? Il ne s'agissait que d'un bon sens commun. L'animal avait combattu et perdu, ça s'arrêtait là. De leur côté et parce qu'ils étaient doués de raison, ils leur revenait effectivement la responsabilité de ne pas l'achever mais en quoi la suite de son existence le concernait ? Clignant des yeux sans être capable de dissimuler la surprise qui le saisissait, il baissa le nez vers le nekomata et le reposa doucement au sol pour ménager ses blessures.

- Merci d'avoir réglé ce conflit avec autant de maîtrise. Je suis soulagé de ne pas m'être trompé sur vous, Sayo-Hee-sama. Vous êtes une guerrière de talent, mais aussi de cœur.

Un dernier regard au yokai, avec cette froide indifférence, lui signifia qu'il ne comptait pas s'en encombrer. Ce pauvre ère devait reprendre le cour de sa vie et lui, de la sienne. Avec un soupir, le jeune garçon se détourna de la créature pour suivre l'humaine, pressant le pas afin de la rejoindre et se tenir à ses côtés. De ses mains, il commença à défaire les brins d'herbes prisonniers de ses cheveux, essayant de peigner ces derniers à l'aide de ses doigts. Il était en plein combat contre un paquet de nœuds dont le centre était une bourre de chardon, lorsqu'ils atteignirent le sommet d'une petite colline. Sur la ligne d’horizon se profila la lointaine silhouette de Kansei. Un pâle sourire étira les lèvres du jeune garçon qui cependant plissa des yeux avec circonspection. Délaissant sa tignasse sombre, il leva la tête en direction de la guerrière pour lui adresser la parole avec beaucoup de douceur.

- Nous avons encore plusieurs jours de marche. Désirez-vous continuer en ma compagnie ? Je ne vous cache pas que ce serait ma préférence.

Qu'aurait-il pu faire contre le nekomata si ce n'était fuir jusqu'à bout de souffle. Non, décidément, il avait besoin de la protection de la mortelle s'il voulait rejoindre la capitale en un seul morceau. Se détournant de sa compagne de route, il observa l'immense plaine puis désigna d'un geste de la main quelques aspérités rocheuses qui jaillissaient du flot d'herbes comme autant d'épines blanches.

- Nous avons marché depuis l'aube et nous voilà en milieu de journée. Pourquoi ne pas rejoindre cette partie ? Il faudra bien plusieurs heures pour l'atteindre et cela me semble être un bon lieux pour établir notre camps. Qu'en pensez-vous ?

Alors qu'il finissait de parler, de cette voix à nouveau neutre mais courtoise, il sentit son estomac gargouiller et se tordre de famine. Une sensation qu'il n'avait pas éprouvé depuis tellement longtemps qu'elle le prit de court. Les joues rosies d'un embarras certain, le noble esprit de rivière toussa un peu dans son poing et reprit la marche d'un pas précipité pour essayer de faire oublier l’indécence son corps. Comme si s'éloigner suffirait ! Tout de même, éprouver des besoins aussi primaires étaient une insulte pour sa condition, malheureusement il ne pouvait pas faire la sourde oreille à son appétit où il risquait d'aggraver sa condition physique déjà peu reluisante.

- Pensez-vous être capable de chasser un gibier quelconque ? Sinon, de la cueillette pourrait suffire, malheureusement mes connaissances en la matière sont plus que limitées.

Kohaku n'osait toujours pas la regarder en face. Il se bornait donc à observer la route face à lui, bien qu'il faudrait tôt ou tard dévier pour s'enfoncer à nouveau dans les hautes herbes s'ils souhaitaient rejoindre les rochers qui, pour la nuit tout du moins, leur offrirait un abris temporaire.
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MessageSujet: Re: Quand le vent nous portera...   Jeu 10 Sep - 14:54







Quand le vent nous portera...

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Kansei! La cité qu'elle cherchait désespérément d'atteindre depuis tout ce temps. Ballotter de droite à gauche au bon vouloir des dieux qui devaient probablement s'en amuser. Mais elle tenait le bon bout, et en toute logique, elle parviendrait à destination. Enfin, quoique, en Kosaten tout pouvait arriver, et le Clown des énigmes de la dernière fois pouvait apparaître encore pour l'amener ailleurs. Elle porta son regard, soulagé, sur la cité, qui se trouvait devant elle. Mais le pêché la gifla dans son esprit, se faisant à son bon souvenir!

~Ouai, je sais leur cité semble plus grande que la notre et surement plus riche. Bon plus riche dans ce qu'ils peuvent montrer. Personne n'est plus riche que Yama et son réseau mafieux. Mais oui, il montre leur richesse à mon nez. Je leur ferais payer!~

Elle n'écoutait que distraitement les remerciements du dragon, laissant un simple signe de la main, signifiant un "ouai, ouai pas de problèmes", en guise de réponse. Son attention était toute tournée vers le désir de ses attentes. Mais la seconde intervention du garçon la fit revenir à la réalité, en regardant intensément le garçon dans les yeux. Les siens étaient passé à un bleu roi, profond et pure, ou l'on pouvait si noyait avec délectation. Puis sa voix répondit, quelque peu exaspéré. Elle n'aimait pas se répéter, après tout, et il était stupide, de lui demander à nouveau:

-Il me semble vous avoir dire, qu'en ce jour, vous vous étiez fait une allié en ma personne. Nous arriverons ensemble dans cette capitale! Vous serez le cerveau et la réflexion de notre duo, je serais les bras et les muscles! Comme a toujours été ma place, quand j'étais avec ma jumelle!

La Jalousie l'a poussait sans cesse à se rabaisser, ce qu'elle faisait évidement. Car dire qu'elle était stupide n'était pas la vérité. Elle possédait sa propre intelligence, et lorsqu'il s'agissait de combat ou de guerre excellait dans l'esprit tactique. Mais enfin, le souvenir de sa sœur refit surface, laissant une ombre passagère voilée son visage. Que devenait-elle? Que faisait-elle? La connaissant, elle tenterait par tous les moyens de la retrouver, même si par là, elle devait raser les quatre puissance de leur monde. Sae-Hee était l'incarnation de la sagesse et du calme, mais quand on l'a poussé dans ses derniers retranchements... Un frisson parcourut le dos de l'étoile du soir. Oui, même la démone craignait la guerrière-médecin, quand elle entrait dans ses rares colères.

Mais le jeune homme prenait la direction de leur duo, proposant de s'arrêter ici. L'éclair de Yama poussa un long soupire en réponse. IL avait certes raison, mais elle n'avait qu'une envie: arriver le plus vite possible à ce palais. Depuis bien trop longtemps, elle voulait y arriver... Et la crainte, qu'on se joue encore d'elle était grande.
Pourtant, elle le suivit, alors que son estomac faisait des siennes. Dire qu'il était même meilleur qu'elle, quand elle était possédée par la gourmandise, au bruit démonstratif de son ventre et de sa faim. Elle poussa un cri de désespoir, se moquant bien de savoir, comment il pourrait l’interpréter. Même si elle ne put empêcher, inconsciemment, de faire apparaître un sourire amusé sur son visage magnifique.

Après quelques heures de marche, et la nuit qui commençait à tomber, ils trouvèrent un endroit pour camper à la belle étoile. LE ventre du jeune homme grognant toujours, pour cette fois-ci, les rire qu'elle essayait de contenir. Mais laissant à la honte de son auteur, elle partit chassait, lui lançant à la volée une petite pique humoristique.

-Tu vois si on avait gardé le chat bizarre, on aurait eu de quoi manger!

Bien évidement, elle n'était pas sérieuse en disant cela, et son visage trahissait sa blague. Et oui,pour vous lecteur, la nuit approchant, le pêché disparaissait peu à peu de l'âme et l'esprit de notre guerrière. Devenant, la femme qu'elle était en temps normal. Enfin s'il y avait de la normalité avec elle, et en ce monde!

Après une bonne demi-heure d'absence, et espérant que rien n'était arrivé à son compagnon, elle revint avec deux gros rats géant, peut être, ceux qu'ils avaient croisé quelque temps plus tôt, et une montagne de baies. Elle avait été entraînée à tellement de choses que s'était guerre étonnant qu'elle sache chasser. Et puis sa vitesse surpassait surement, beaucoup de créature vivant en ce monde! Puisque dans son univers d'origine, et principalement dans son pays, on élevait les enfants à la dure, tant le pays était difficile.

Créant aussitôt un feu de camps, elle mit au feu les rongeurs parsemés de quelques baies pour rajouter du goût. Fallait pas non plus faire son difficile, mais on pouvait toujours améliorer leur dîner. Servant son propre rat géant à l'esprit, elle entama le sien avec appétit. Peut être que l'odeur attirerait de nouveaux ennemis, autant que la nuit qui tombait, mais encore une fois, elle s'en foutait comme une guigne. D'ailleurs, elle coupa même le silence qui régnait, plus curieuse et avenante qu'elle fut durant la journée:

-Comment est ton monde à toi?

Une simple question, mais tellement vaste qu'il était surement difficile d'y répondre dans sa globalité. Néanmoins, la guerrière était fortement d'en apprendre le plus possible sur les autres mondes. Elle connaissait l'ultime vérité du sien, et cela l'intrigua pour les autres...
Attendant la réponse, elle eut une arrière pensée: Quel serait le pêché du lendemain, et comment réagirait Kohaku?









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MessageSujet: Re: Quand le vent nous portera...   Dim 13 Sep - 14:04

Bien que la réponse lui fut donnée avec un agacement plus qu'évident, le jeune esprit de rivière ne pu s'empêcher d'éprouver une profonde satisfaction. Cette mortelle venait de lui prêter à nouveau allégeance, ce qui avait le don de flatter son ego divin mis bien à mal depuis son arrivée contrainte en ce monde. Un pâle sourire étira ses lèvres alors que son regard perdait quelque peu de sa froide indifférence pour revêtir le lustre d'une considération nouvelle à l'égard de la belligérante. L'entendre se rabaisser de la sorte l'amusa, car il savait très bien que sa stupidité n'était pas celle née d'une quelconque infirmité, mais bien de la dissociation entre la logique pure et l'instinct viscérale. Et que les Kami lui en soient témoins, Sayo-Hee avait la réflexion prédatrice et les réflexes aussi aiguisés qu'une lame. Seuls son tempérament l'empêchait de révéler pleinement l'étendue de son intelligence, car la patience était une vertu que cette maudite ne semblait pas avoir la chance de posséder. Heureusement, il était là pour compenser le caractère bouillonnant de la femme et leur voyage ne pouvait que se passer sous les meilleurs auspices.

Au gargouillis de son estomac, donc, le jeune garçon tenta d'ignorer cette manifestation plus qu'embarrassante, mais sa compagne ne sembla pas du même avis et s’épancha d'un cri exaspéré qui fit légèrement rougir les pommettes du plus jeune. Dans son monde, et plus précisément au Japon, il était inconvenant de faire remarquer à voix haute les sons ou réactions d'un corps, que ce soit le sien ou celui d'une tiers personne. Malheureusement, expliquer à Sayo-Hee cette règle de politesse serait encore plus humiliant que de faire, à son tour, la sourde oreille et feindre que rien ne s'était passé. La tête haute et le regard porté au loin, fixant les silhouettes rocheuses de leur prochaine destination, l'esprit de rivière accéléra quelque peu la marche dans l'espoir que la fatigue étouffe sa faim grandissante. Décidément, il n'aimait pas sa nouvelle condition physique et éprouvait la hâte d'obtenir au plus vite sa puissance d'antan. Ne pas manger, ne pas dormir... simplement se ressourcer par la nature environnante. Que la nourriture ne devienne plus qu'un plaisir accessoirisé, le sommeil un simple moyen de passer le temps...

Un soupir mélancolique échappa aux lèvres pâles du garçon qui leva le visage vers le ciel limpide avec un regard assombri. Comme il aimerait pouvoir onduler en cet océan céleste, comme un ruban charrié par les courant immatériels de l'air, ne connaissant pour seule limite que sa volonté. Sentir le soleil sur ses écailles, le picotement de la magie dans ses moustaches... Son cœur se serra vivement, éveillant la douleur d'un sentiment que l'esprit expérimentait de plus en plus : la tristesse. Gorge nouée et visage crispé l'espace de quelques secondes, il vint baisser la tête pour dissimuler son regard à l'ombre de sa frange. Les épaules basses, il poursuivit la longue marche forcée dans le plus parfait des silences. Parfois, il posait une main las sur son ventre creusé, lorgnant les sauterelles qui bondissaient devant lui car dérangées dans les herbes hautes qui cinglaient ses cuisses. Mais sa fierté l'empêchait de succomber à la facilité d'un repas aussi... répugnant. Il n'était pas un vulgaire lézard ! Déglutissant, le garçon détournait alors la tête avec un pincement des lèvres et poursuivait sa route avec une raideur de plus en plus palpable dans les épaules.

Lorsque enfin ils arrivèrent aux abords des pointes rocheuses qui jaillissaient de la plaine comme les crocs d'une quelconques bêtes enfouie, il poussa un long soupir de soulagement et vint s'adosser à l'une des énormes pierres calcaires couverte de lichen. Ils étaient au sommet d'une petite bute et en ce lieux, l'herbe plus rase offrait une délimitation naturelle confortable pour monter leur camps temporaire. Était-elle causée par la pauvreté du sol due à la forte concentration rocheuse de l'emplacement ou pas autre chose, que le jeune garçon n'en avait que faire. Seule la promesse d'un repas l'empêchait de s'écrouler comme un vieux chiffon et de sombrer dans un sommeil qui, à défaut de le reposer vraiment, chasserait pour quelques heures la sensation de faim qui tenaillait douloureusement son estomac. Heureusement, Sayo-Hee semblait volontaire pour une petite partie de chasse et elle ne tarda pas d'ailleurs à s'esquiver dans le crépuscule... non sans laisser flotter dans l'air une petite boutade qui, contre toute attente, parvint à arracher un léger gloussement de la part du dragon de rivière.

Immobile pendant quelques minutes, le temps pour lui de reprendre son souffle, Kohaku observa l'astre solaire décliner sur la voûte. Il embrasait les cieux et les rares nuages de couleurs chatoyantes, cascadant ses flots d'or, de pourpre et de cramoisi sur l'horizon d'Ouest tandis qu'à l'Est, les étoiles scintillaient timidement, nuée de courtisanes pour la lune gibbeuse qui s'élevait avec sa pâle splendeur éthérée. Entre les deux, un ruban de bleu parme s'amenuisait sous la dominance grandissant de la reine d'argent. Il fallu un nouveau gargouillement de son estomac pour que le jeune garçon ne s'arrache à la contemplation de ce spectacle grandiose, et pourtant si routinier, pour s'éloigner du "campement". Il n'y avait rien de plus que leurs propres traces de pas, ainsi il n'y avait pas vraiment de raisons à qualifier ce talus de camps, mais l'esprit ne trouvait pas d'autres termes pour définir leur lieux de repos. Ce qui le préoccupait davantage pour l'instant, c'était la nécessité de faire cuir la nourriture que rapporterait la guerrière. Hors, sans forêt ou même sous-bois, il allait être difficile de chauffer quoi que ce soit ! A moins de faire un brûlis, mais étrangement Kohaku ne tenait pas à mettre en pratique une mesure aussi dangereuse.

S'éloignant donc davantage encore, il battit la plaine environnante pour trouver quelques buissons et pailles sèches qui suffiraient pour improviser un petit feu. La tâche n'était pas aisée, d'autant plus que l'esprit n'était absolument pas habitué à ce genre de corvées manuelles. Lorsqu'il retrouva le chemin du campement, Sayo-Hee était déjà revenue. Sans un mot, il s'approcha pour observer les deux rats qu'elle tenait fièrement et une vague grimace de dégoût mitigé vint fendiller son masque habituel de froide indifférence. Ce n'était clairement pas ce qu'il avait l'habitude de déguster, mais loi faisant force... il s'en contenterait pour l'heure. Et probablement pour les prochains jours à battre cette maudite plaine. Avec un soupir à peine audible, il déversa sur le sol la brassée de brindilles et petite branches qu'il avait si difficilement réussi à collecter. D'une manche de son kimono, le garçon sortit une poignée de paille qu'il avait noué en un petit fagot hirsute bien plus facile à transporter. A peine eut-il montré le résultat de son expédition, que la combattante s'affairait à allumer un feu. A nouveau passif, Kohaku s'installa en tailleur et attendit sagement qu'on lui serve à manger et, malgré le dégoût éprouvé à la première vue des rats, il se surprit à saliver au fumet de viande grillée.

- Merci infiniment.

Il entama son repas avec un appétit courtois. Bien qu'il lui démangeait d'attaquer la carcasse avec les dents, comme un animal sauvage, l'esprit divin fit preuve d'une volonté de fer en jugulant sa voracité pour une dégustation propre. Détachant des morceaux à l'aide de ses doigts, il veillait à ne pas tâcher son kimono de quelques giclée de jus ou de graisse. Perdu dans la satisfaction d'estomac se remplissant enfin, il cligna des yeux alors qu'il fixait Sayo-Hee comme si elle venait de lui demander d'attraper un lapin sur la lune ! La surprise passée, le jeune garçon sembla pondérer sa réponse et mâchait lentement chacune de ses bouchées. Au bout de quelques minutes d'une intense réflexion, il se lécha le pouce avant de prendre la parole d'une voix douce :

- Le monde dont je viens s'est fait appeler la Terre. C'est une belle planète avec énormément d'océans, de rivières et de lacs. Il existe des continents arides, comme il y a des jungles étouffantes ou des plaines gelées. Nous avons des volcans, des typhons, des montagnes dentelées et des canyons tortueux. La faune et la flore sont aussi très variées, bien que régulièrement réduite par le saccage des hommes...

Le ton de sa voix se fit plus amer et l'espace d'un instant, son regard lointain se fit plus sombre et colérique. Comme la surface d'une eau troublée par l'onde d'un remous, ses yeux finirent par retrouver leur aspect lisse et intemporel. Il continua d'un ton plus léger :

- Dans ce même monde, il existe plusieurs dimensions... il y a le tangible, où règnent les hommes par leur grand nombres -plusieurs milliards- et leur technologie aussi invraisemblable que destructrice. Puis il y a le monde des esprits, ces derniers possèdent beaucoup de noms selon la culture humaine qui les a découverts jadis... du temps où les hommes n'étaient pas aussi dangereux. Il existe encore d'autres dimensions, celle des morts notamment, mais aussi celle des Cieux. Une fois encore, elles possèdent autant de noms qu'il y a de cultures humaines, mais toutes se résument à la même fonction. Les croyances mortelles sont archaïques et ils se battent souvent entre eux au noms de ces préceptes abstraits. Il est plus facile de se cacher derrière les paroles d'une divinité inconsistante que d'assumer la noire avarice de ses pulsions... mais je m'égare !

Un pâle sourire étira ses lèvres.

- Je ne souhaite pas vous parler plus en détail des humains... Mon séjour en leur monde ne s'est pas achevé dans les meilleures conditions et j'en garde un très mauvais souvenir. Si vous le permettez, parlez moi du votre !
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MessageSujet: Re: Quand le vent nous portera...   Mar 15 Sep - 0:15







Quand le vent nous portera...

Feat. Kohaku







Une simple conservation qui prenait des allures étrange. Elle avait légèrement sourit lorsque l'esprit-dragon cligna des yeux de surprise. Qui avait-il à poser une telle question? Surement que son monde était bien plus merveilleux que le sien. Vu le personnage, il ne pouvait venir que d'un monde tout aussi fantastique. Est-ce qu'elle pourrait être jalouse de tous les êtres de ce monde? A l'état actuel des choses, sans aucune hésitation, d'ailleurs, elle le commençait déjà, avant même de connaitre quoique se soit!

Et puis, il commença sa description, la perdant un peu plus. Après tout à quoi s'attendait-elle, vu le nombre d'élu venant de monde différent, ils devaient être tous aussi différent, étrange les uns que les autres. Mais elle écoutait attentivement, buvant littéralement ses paroles, même si la jalousie tirait son visage dans d'étrange rictus parfois. Son esprit carburait à plein régime, alors que les idées et les questions défilaient dans sa tête.

~Un monde qui porte un nom? Nous on nomme juste les pays, les villages et à la limite les continents, mais le monde, ou as-il parler de planète? Si je comprend ses dires c'est l'ensemble des terres qu'il appelle ainsi, fascinant.~

Bien sûr que s'était fascinant, tout en lui respirait cette fascination. Elle avait bien son aura qui était au-delà de toute compréhension, mais que valait-elle face à ce garçon. Comme elle pouvait l'envier. Mais elle remarqua, sans grand mal, le changement qui s'opérait en lui lorsqu’il fit mention d'homme. N'était-il pas lui même un homme. Que s'était exaspérant d'avoir tant de questions sans en trouver les réponses. Elles lui brûlaient toutes les lèvres et pourtant parvint à se retenir. N'était-ce pas la Jalousie qui agissait afin de ne pas montrer l'intérêt qu'elle pouvait porter à son récit? Probablement!

Et voilà qu'il parlait maintenant de dimensions. Quoique cela lui parlait aussi par rapport à son monde, mais elle n'avait jamais vraiment écouté ses histoires, ne trouvant pas cela utile ou intéressant. Elle avait l'air maligne maintenant. En plus il la perdait au fur à mesure de son discours, comprenant de moins en moins ce qu'il disait...

~Ah si "Avarice" ça me parle! Ainsi dans son monde ils sont tous touchés par ce pêché. Je me sentirais surement moins seul là bas. Mais pourquoi semble t-il si dangereux par ce pêché. Je trouve que les autres pêchés sont bien plus dangereux encore. Il a pas trop à ce plaindre!  He... non, mais pourquoi tu t'arrêtes? Je veux en savoir plus, tellement plus.. je ... je ~

Mais la Jalousie intervint aussitôt, le pêché devait lui montrer que son monde pouvait être tout aussi intéressant sinon plus. Il désirait s'opposer à lui et gagner sur ce terrain. Mais Sayo-Hee parvint à placer une de ses nombreuses questions:

- Vous parlez d'humain, vous n'en êtes pas un?

Et sans attendre la réponse, le pêché la poussa à épiloguer sur son propre monde, comme si ceci pouvait l'intéresser...

-A vrai dire, je suis pas la mieux placée pour vous en parler. Ma sœur aurait été parfaite pour cela, c'est une érudite. Une scientifique, un médecin, surement la meilleur de notre monde. Donc je vais simplement dire ce que je sais. Mais c'est difficile...

Mon monde? On lui a pas vraiment donné de noms, juste au pays ou village important. Il existe quatre grandes puissances. Shôsan, le  pays de la forêt et la plus ouverte d'esprit, florissant et surement le plus riche. Il y a Yuki de la Neige, qui ressemble un peu à ce royaume de Fuyu. Yuki reste un pays plus fermé surement par la rudesse de son climat. Ils sont très mystérieux. Sinon le plus dangereux de mon point de vue Yami, un pays continuellement plongé dans des tempêtes de sable, de véritables guerriers sur-entraîné aux objectifs plutôt sombre et inconnu. Et enfin mon pays, celui que je dirige avec ma jumelle. Yama, un pays ancré entièrement dans des montagnes. Le pays de la seconde chance et... Et habile dans la recherche d'informations. Et tout autour existe d'autres pays, plutôt neutre ou ayant prêté allégeance à l'une des grandes puissances.


Elle avait réfléchit, un instant d'hésitation, en se demandant si elle pouvait dire ne serait-ce qu'un petit secret de son pays. Considéré dans son monde, comme celui de la seconde chance, mais aussi avec un important réseau de mafieux ou l'argent blanc coulé à flot et dont elles contrôlaient avec Sae-Hee le moindre passage. Même si elle n'était plus dans son monde, le sentiment de le protégé était toujours aussi fort, sinon plus, alors qu'elle n'y était plus. Elle reprit, alors arrachant sans grâce, un énorme bout de viande qu'elle engloutie sans plus de cérémonies. Ses yeux rivés sur les flammes:

-En apparence, notre monde semble paisible, les puissances ayant passé un pacte de non-agression. Comme si la paix existait toujours. Mais ce n'est qu'une image, qu'un véritable mensonge. C'est une véritable guerre froide, tous se préparant à ce qu'elle éclate tout ou tard. Et pour se prémunir chaque pays s'arme de plus en plus. A notre connaissance, deux des grandes puissances possèdent un démon sacré. Une sorte de divinité parcourant notre "planète"..

Dit-elle sans être sûre de la prononciation du mot!

-Leur puissance est-elle qu'en posséder un, que ça soit par la force ou tout autre moyen attire la méfiance, la crainte des autres. Mais forcément de nombreux ennemis et des tensions. Ces " demi-dieux" sont difficilement contrôlable. Sinon je suppose, mais je n'ai pas bien suivit cette histoire là, qu'il existe d'autres fondations à notre monde, comme un autre monde dans le notre. Puisque mon père à invoquer le démon qui m'a possédé et maudit. Je pense donc qu'il est pas sorti d'un chapeau. Et me voici avec les 7 pêchés capitaux qui se battent pour obtenir la possession de mon corps le temps d'une journée.

Elle se mit à rire légèrement, lui dévoilant ce qu'il ne se doutait peut être pas. Mais pour elle, ceci n'était pas un secret, tout son monde le connaissait et déjà certains élus d'ici étaient au courant. Alors un de plus ou un de moins...

-A vrai dire, je ne sais trop quoi dire sur mon monde. Il reste très sauvage, alors que la nature y règne en maître dans la plupart des endroits Mais j'en suis sûre que le votre est bien plus attrayant et magnifique que le nôtre...

Finit-elle par lâcher d'une moue boudeuse et jalouse. Décidément, le pêché n'était jamais loin, même pour une simple description. Et encore, il avait été plutôt tendre, avec elle. Il aurait pu l'obliger à cracher sur chacun des pays et de ses chefs. Mais ne sachant trop quoi dire de plus, car tellement de choses pouvaient être dit, en même temps. Elle s'arrêta, fixant de son regard azuréen et perçant l'oreille attentive. Quelque peu curieuse de savoir ce qu'il allait dire ou faire.








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MessageSujet: Re: Quand le vent nous portera...   Dim 27 Sep - 18:52

Il n'y avait eut aucun mal à parler de son monde, si ce n'était la réminiscence de quelques mauvais souvenirs, mais ça... la guerrière n'aurait pu le deviner seule. Sa curiosité était rafraîchissante et se prêtait tout à fait à l'ambiance tamisée de cette nuit chauffée d'un feu de bois chiche, mais revigorant par sa simplicité. Instinctivement, le jeune garçon s'en rapprocha jusqu'à sentir ses pieds s'engourdir et ses vêtements s’imprégner de chaleur. Avec les genoux remontés contre son torse, il abandonnait enfin sa posture formelle et ses allures coincées pour une apparence plus détendue. La fatigue ou peut-être cette étrange apprivoisement mutuel avec Sayo-Hee lui permettaient de s'octroyer un laissé-aller moins coupable. Le fait que son estomac soit à présent tendu d'une viande juteuse et cuite à cœur, que la fatigue de sa longue journée de marche s'écoule de lui comme un ruisseau de lassitude, le poussaient à somnoler légèrement alors que la voix mélodieuse et charmante de la belligérante s'élevaient au dessus du craquement sec des brindilles dans le foyer.

La question, portée sur sa véritable nature, glissa sur lui comme l'eau sur les écailles d'une carpe koï. Préférant ne pas y répondre pour l'instant, Kohaku ferma les yeux tout en arborant un pâle sourire indéchiffrable qui oscillait entre la nostalgie et la quiétude. Le monde dépeint par la femelle devait être magnifique vu l'importance qui s'attachait aux éléments naturels des régions. Il était loin le temps où les terriens se définissaient par les intempéries, où la vie se pliait par les lois de la Nature et où les récoltes suivaient les saisons. La technologie avait bafoué ce respect, offrant à tous un confort illusoire qui n'avait de cesse de fondre les ressources du la terre comme autant de bougies chancelantes. Aux guerres de tension qui marquaient les peuples du monde de Sayo-hee, la soudaine mention de créatures surnaturelles au service de quelques nations dominantes fit relever la tête du jeune garçon qui l'observa avec un fond d'inquiétude. Il n'était jamais bon de jouer avec des puissances qui vous dépassaient... Lui-même, largement supérieur au commun des mortels, s'étaient brûlés les moustaches à trop approcher d'une source de pouvoir qu'il n'avait pu maîtriser.

La suite ne fit que confirmer ses craintes et il laissa échapper un soupir blasé à la constatation qui s'imposait : quelques soient les mondes, tous ne pouvaient s'empêcher de jouer les apprenties-divinités. Incapables de se contenter de leurs propres limites, ils finissaient consumés sur l'autel d'une arrogance mal placée. Cessant de faire tourner entre ses doigts l'os à moitié rongé d'une cuisse de rat géant, Kohaku se redressa pour s'asseoir en tailleur et vint finir son repas jusqu'à ne plus être capable d'avaler une seule bouchée. Pour le reste, il installa rapidement quelques étendoirs au dessus du feu, à partir de brindilles et d'herbes séchées, pour essayer de fumer des lambeaux de viandes qu'il commença à découper avec l'aide de la guerrière. Après tout, il leur faudrait des rations de voyage et s'il doutait de réussir l'exercice de fumaison, cuire la viande serait toujours un moyen de préservation non négligeable pour le lendemain matin. Au silence de cet exercice, il finit par reprendre la parole d'une voix songeuse, perdu dans les souvenirs de ce monde perdu sous la folie des hommes.

- Mon monde est dévasté par la technologie. Les hommes construisent des routes de goudron chaud et fumant. Ils rasent des forêts et assèchent des rivières pour construire des villes labyrinthiques de béton et de verre. Ils éventrent le sol pour obtenir toujours plus de ressources, polluent les océans et les fleuves de déchets toxiques. Ils massacrent des animaux, éteignant des races entières pour le simple plaisir de porter leur peau ou d'avoir leurs cadavres exposés chez eux.

Ses mains tremblaient alors qu'un vent se levait autour de sa frêle silhouette et que ses cheveux gonflaient et ondulaient autour de son visage pâle d'une colère contenue. Ses yeux avaient les pupilles étrécies, laissant voir des disques de jades scintillant de colère.

- Ils roulent dans des boites de métal, des serpents mécaniques et des oiseaux de ferraille. Ils ont même des bateau de fer et de fumée aux tripes pleines de poison noir ! Ils n'ont de cesse de se battre entre eux et de ravager des régions entières avec des bombes d'air toxique qui marque les landes sur des centaines d'années.

Il s'interrompit brusquement et expira avant de se rasseoir. L'air retomba comme il s'était levé et le jeune garçon avait retrouvé son expression neutre, bien que son regard luisait toujours de cette flamme de rancœur et de haine.

- Mon monde est devenu horrible, Sayo-Hee. Les hommes ont tout saccagés sans penser au lendemain ni à ce que leurs enfants hériteront. Plus de sept milliards d'âmes qui rongent la Terre comme autant de sauterelles affamées.

Sa voix s’imprégna de tristesse, de lassitude et de résignation alors qu'il baissait les yeux, venant remuer les braises d'une brindille, cherchant à dégager plus de fumée et moins de flammes pour les lambeaux de viande.

- Tu me dis être maudites des sept pêchés ? Ils existent aussi dans mon monde, seulement tous les hommes naissent avec chacun d'eux dans leur corps... tous peuvent y succomber et certains prennent même plaisir à en cultiver plus que d'autres ! Les pieux et les braves n'existent plus ou alors ils se comptent sur les doigts de la main. Jusqu'alors je n'en ai rencontré qu'une...

Alors qu'il disait cela, le visage de Chihiro lui revint en tête et il cacha un sourire doux au dos d'une main pudique. Mais son regard, fondant d'un vert aquatique et sourd de tendresse, vint trahir l'affection immense qu'il portait à cette mortelle. Il secoua la tête et vint fixer Sayo-Hee. Il n'était plus temps de se plonger dans ce genre de mélancolie car elle ne ferait rien de plus qu'alourdir un cœur déjà plombé.

- J'envie ton monde... malgré les guerres et l'attrait des créatures surnaturelles que vous désirez posséder, vous semblez encore posséder un respect envers la nature que je désespère de retrouver un jour parmi les hommes de mon propre monde.

Il marqua une pause avant de reprendre, décidant d'orienter la conversation sur la belligérante.

- Votre pêché actuellement, est-il la Jalousie ?
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MessageSujet: Re: Quand le vent nous portera...   Lun 5 Oct - 1:17







Quand le vent nous portera...

Feat. Kohaku







Bien au moins, il l'avait écouté jusqu'au bout de son discours sans l'interrompre. Mais bon sang, qu'est ce qu'elle disait. Bien sûr qu'il le ferait: Monsieur était si parfait et poli à l'inverse d'elle. Bon il avait soufflé et garder un silence pesant par la suite, mais qu'est-ce qu'elle pouvait réellement penser de ce comportement. Et puis voilà, qu'il avait l'intelligence de préparer des vivres pour la suite du voyage. Pourquoi n'y avait-elle pas pensé? Dans son esprit, elle se frappe le front de sa main, dans un geste parfait et reconnu de certaines personnes.Enfin, L'étoile du soir soupira aussi, mais pas pour les même raisons. Elle avait simplement hâte de dormir, pour que le pêché la laisse tranquille. Mais bien sûr s'était trop demandé, puisque le Gentil et jeune Kohaku reparti dans ses différents discours intelligent, que jamais elle ne pourrait avoir. EN plus il l'obligeait à se comparer à lui à chaque fois...

Bon cette fois-ci, la légende de Yama comprenait les même qui sortaient de sa bouche, bon pas forcément le sens même, mais au moins le contexte ne lui était pas inconnu. Ainsi son monde n'était pas aussi parfait, et éveillait la colère en cet être si calme et possédant d’habitude une maîtrise parfaite de ses sentiments.Et même si à un autre moment, elle pouvait avoir de la sympathie pour lui, la Jalousie lui fit rappeler à l'esprit que ce monde était meilleur que le sien, même si s'était en mal pour le jeune garçon. Mais il semblait plus avancé que leur monde. Plus nombreux... Plus, toujours plus que le sien. Elle roula discrètement des yeux, sans se faire apercevoir par son interlocuteur, le visage caché dans la pénombre de la nuit.

Mais rapidement, elle fut à nouveau perdu sur tout ce qu'il racontait. Son cerveau surchauffant à chacune de ses informations. Néanmoins, lui avait reprit son stoïcisme, la laissant dans un flou artistique imprévus. Alors qu'elle répétait les mots qu'il avait dit, essayant de décortiquer les mots.

~Boites de métal? Des serpents mécaniques et des oiseaux de ferrailles?Des bombes d'air toxique qui marque les landes sur des centaines d'années? Mais il veut dire quoi encore. Comment leurs animaux peuvent être fait d'un autre matériel? C'est sans queue ni tête, son histoire. Enfin encore une fois, son monde est mieux que le mien, même si ça semble pas tout blanc. Et puis, il contrôle encore mieux que moi ses émotions, peut être devrais-je prendre exemple sur lui , même si ça insupporte de le dire...~

Et elle n'était pas au bout de ses surprises, quand elle entendit le nombre d'habitant de son monde. Était-il même possible qu'autant de monde vive sur un tel monde. Déjà que sur le sien ça semblait incroyable, mais là. IL fallait rajouter encore leur nombre incroyable. Et pire encore, si leurs mondes devaient se croiser, et si comme l'annonçait l'esprit de source divine, leur peuple détruisait tout, aucun de leurs pays ne pourraient résister à une telle force. Néanmoins, sa jumelle et elle combattrait coûte que coûte, même si elle devait y perdre la vie. Une flamme silencieuse naquit dans ses magnifiques yeux, alors qu'elle semblait s'éloigner de la plaine verdoyante de Kosaten, pâle reflet de la puissance qui bouillonnait en elle et pourtant pouvait être impressionnante.

Toutefois cet instant guerrier fut vite rompu par les dernières paroles du Brun. Elle le regarda avec des interrogations dans les yeux et une pointe de malice, et quelque peu de rancœur.Avant de partir dans un rire mélodieux mais possédant une légère souffrance et mélancolie. Comme si pour la première fois, elle montrait un signe de fatigue, ce qui était peu dire venant d'une femme qui jamais ne semblait épuisée.

-Dans mon monde aussi, tous sont touchés par un ou plusieurs pêchés. Néanmoins, je n'ai aucun doute que même tes hommes n’arriveront jamais à ma malédiction. Tu peux les comparer à des enfants, des nouveaux-nés face à "moi". Considérés mon sort comme étant l'origine même des pêchés. En faites, je suis les pêchés même, leur personnification, leur existence, leur source. Je suis le démon aux pêchés... Rien ne peut égaler la source originel de tous ses maux...Et sache que personne n'est assez pure pour ne pas subir l'influence de l'un d'entre eux. Même le plus valeureux, le plus pieux ou pure des êtres connait ou connaîtra une fois dans sa vie cette influence, même en part infime...N'envie pas mon monde, comme je peux le faire avec le tiens, même si cela est plus fort que moi. Le jalouse personne comme je peux le faire actuellement, en ce jour. Car bien jouer professeur, il est Vrai que Jalousie s'est accaparé de mon corps depuis ce matin, et je ne sais lequel prendra mon corps demain...

Elle cessa peu à peu son rire incontrôlé et presque nerveux par moment, pour poser son regard sulfureux sur le petit être. Là où dansait la flamme de la guerrière naquit peu à peu un phénomène plus étrange. Comme si tous les pêchés se métamorphosait en une forme... Une silhouette. Comme si le démon qui, d'après sa famille et elle avait disparut, refaisait surface peu à peu. Peut être même reprenait-il des forces depuis tout ce temps dans le corps de l'éclair de Yama. Peut être encore que les barrières et les frontières maintenant le démon du passé avaient sauté pour permettre de le libérer peu à peu.
Momentanément, la créature sublime semblait plus âgé, plus mature, mais aussi plus sauvage et dangereux, alors que son aura de fascination devenait de plus en plus attirant et écrasant à la fois. Autant dire que seul sa faiblesse actuel l'empêchait d'exploser dans une "déflagration" d'énergie. Aucun homme ou créature ne pourrait résister à la fascination qu'elle aurait exercer dés lors.

Finalement, elle n'était qu'une femme qui luttait tous les jours contre ses pêchés, surement l'affaiblissant un peu plus pour laisser place à son bourreau.Pour la première fois, on pouvait voir et comprendre, le danger et le poids que la jeune femme portait depuis toutes ses années. Les conséquences des erreurs du passé et de son père... De son monde!

Et pourtant, tout ceci, disparut e un instant, la nuit bien avancée avait ôter enfin le pêché de l'envie de son corps, la vidant aussitôt de toute son énergie. Quelque peu hébété et sans souvenir de ce qu'il venait de se passer, elle sourit à moitié, le visage tiré par une étrange fatigue, c'est dans un souffle qu'elle articula.

-Je crois qu'il se fait tard et que nous avons besoin de nous reposer tous les deux. Une longue marche nous attend encore demain.

A ses mots, la guerrière de la Jalousie, se calait peu à peu dans une position un peu plus confortable, ses yeux se fermant peu à peu, alors qu'elle écoutait encore ce qu'avait à lui dire son interlocuteur. Luttant contre sa perte d'énergie...Qui viendrait demain? Quel pêché serait là à son réveil? L'enfant fuirait-il avant son réveil?








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MessageSujet: Re: Quand le vent nous portera...   Ven 16 Oct - 11:50

Les paroles de Sayo-Hee étaient justes. Tout être vivant et doué de conscience éprouvait ne serait-ce qu'une fois dans sa vie, l'expérience déplaisante d'un des Pêchés Capitaux. Ce n'était pas pour rien qu'ils se retrouvaient dans plusieurs cultures et... du coup, dans plusieurs monde ! Il s'agissait de l'essence même d'un esprit indépendant. Heureusement qu'il existait aussi les Sept Vertus pour contrebalancer tout cela, sans quoi le tableau serait bien sinistre à peindre pour l'humanité. Bien qu'il n'oserait jamais le dire à voix haute, Kohaku savait que les êtres divins disposaient des mêmes luttes intérieures, bien qu'aborder pareil sujet soit déconseillé. Après tout, personne n'aimait s'entendre dire ses défauts, alors autant éviter de contrarier ceux qui pouvaient secouer tout un continent d'un frémissement de l'échine. Son regard s'égara dans les flammes alors qu'il réfléchissait à milles et une choses, sentant ses paupières s'alourdir et sa tête dodeliner.

Lorsqu'il sortit enfin de ses pensées pour regarder autour de lui avec plus d'intérêt, il découvrit que la jeune femme s'était endormie. Le feu déclinant baignait sa silhouette d'une lumière chaude, faisant jouer sur les courbes féminines des jeux sensuels qui aurait pu éveiller les désirs de n'importe quel homme. Heureusement, Kohaku n'était pas sensible à ce genre de charme, autant parce qu'il n'avait qu'une douzaine d'année dans ce corps, mais aussi dans celui des yokaï. Né d'un ruisseau qui s'était mué en une frêle rivière impétueuse, il n'avait pas eut le temps de croître que les hommes avaient remblayés son habitats et involontairement chassés. Dieu itinérant, sa croissance s'était considérablement ralentie. De ce fait, à la vue de ce corps temporairement purgé de tous les Pêchés Capitaux, il n'éprouvait qu'une certaine forme de pitié et d'amitié pour cette mortelle qui se battait chaque jour durant avec un démons différent et qui parvenait malgré tout ça à préserver une certaine droiture d'esprit et d'actions tout à fait remarquable.

Les épaules secouées d'un soupir, le jeune garçon se leva en silence et attrapa les carcasses des rats géants. Il leur restait encore une part copieuse pour le lendemain matin, sans parler des restes étendus sur le fumoir improvisé. Les dépouilles pouvaient être jetés en pâture aux bêtes sauvages qui rôdaient dans la plaine et avec un peu de chance, peut-être que le pauvre nekomata d'un peu plus tôt aura le plaisir de dévorer ces restes. Il le méritait, après tout, n'avaient-ils pas involontairement fait échouer sa chasse avant de le battre comme plâtre. Sortant de la lumière et chaleur du feu, Kohaku descendit la petite bute jusqu'à être plongé dans la seule lueur des astres. Il regarda autour de lui, frissonnant puis jeta les restes de nourriture avant de remonter d'un pas rapide la pente douce. Une fois au réconfort des flammes, il s'allongea sur le dos et observa la voûte nocturne avec nostalgie. Avant de s'en apercevoir, la fatigue le rattrapa et il sombra dans un sommeil profond.

Il ne se réveilla qu'aux premières lueurs de l'aube. Le vent soufflait une brise fraîche, presque froide pour le corps immobile depuis trop longtemps. La rosée perlait dans les cheveux et l'herbes alentours, gorgeant les vêtements d'une humidité déplaisante. Avec un frisson, Kohaku se redressa en position assise et frotta ses épaules avant de joindre ses mains pour souffler dessus, essayant de dégourdir ses doigts. Le feu s'était éteint et il manquait quelques lamelles de viandes sur le fumoir, laissant deviner qu'ils avaient eut un visiteur nocturne particulièrement discret et froussard. Avec un sourire en coin, le jeune garçon se leva et s'étira avant de sautiller sur place pour faire circuler plus vite sang et chaleur dans son corps frigorifié. Une fois l'exercice accompli, son regard couleur d'algue vint se poser sur la silhouette de Sayo-Hee avec une curiosité prudente. La conversation de la veille lui revint et il se mit à craindre que le nouveau Pêché qui habiterait le corps de la belligérante à son réveil ne soit pas à son avantage...

Mais comme fuir ne le sauverait pas et qu'il ne désirait de toute façon pas abandonner la jeune femme, il approcha et vint s'accroupir à ses côtés. Délicatement, il posa une main sur son épaule pour la secouer à peine et replia aussitôt son bras contre lui, légèrement tendu. Au moindre signe hostile, il était prêt à détaller comme un lapin. Ce n'était certes pas glorieux comme comportement, mais il aurait peut-être le mérite de lui sauver la vie. C'est qu'il avait d'autres plans pour la journée ! Mourir ne faisait pas partie du petit-déjeuner. En parlant de ça d'ailleurs... Kohaku se releva et approcha du feu pour fouiller les cendres à la recherche de quelques braises. Avec de l'herbe sèche et ce qu'il leur restait de brindilles, il réussit à donner un second souffle au feu de camps et fit réchauffer les restes de la veille. Malheureusement, en ce qui concernait la viande fumée, elle n'avait pas du tout tourné comme ils l'avaient espérés. Son odeur et son goût était plus fort, mais elle ne s'était absolument pas dé-séchée comme prévu. Quelque peu désappointé, le jeune garçon empila les lanières en se disant qu'ils essayeraient de les manger avant qu'elles ne tournent.

Dans son dos, il entendit bouger et jeta un coup d’œil à la femelle avec circonspection. Le soleil émergeait tout juste, encore pâle lumière dans un ciel brumeux et encore pailleté d'étoiles. Attendant, immobile, il lui offrit toutefois un sourire fugace accompagné d'une salutation polie avant de revenir surveiller la cuisson des restes. Il les avait jeté à même les braises pour que l'opération soit plus rapide, quitte à couvrir de cendre la viande tiède. Il avait soif, mais sans ses pouvoirs et sans savoir s'il y avait une moindre source d'eau à proximité, Kohaku se résigna à supporter le manque avec son stoïcisme habituel.
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MessageSujet: Re: Quand le vent nous portera...   Mar 20 Oct - 23:41







Quand le vent nous portera...

Feat. Kohaku







Elle sombra, finalement, sans se rendre compte. Une nuit sans rêve, du moins ce n'était pas totalement vrai, puisqu'elle était hantée par des voix, étrange, lointaine, mais qu'elle ne savait dire pourquoi détestait du plus profond de son être. Une lumière, un petit feu follet, avait naquit au plus profond de son âme. Invisible, sournois. Qu'était-ce?

Malheureusement, au réveil, tout ceci aurait disparut de sa mémoire, les voix lointaines et indistincte autant que cette faible lumière inquiétante dans son âme. Une force ancestrale qui gagnerait peu à peu en puissance. Non, tout ceci disparaîtrait de sa mémoire pour cette fois.

Peu à peu, elle émergea de ce sommeil sans rêve, une mystérieuse fatigue s'emparant d'elle. Comme si sa nuit n'avait été nullement reposante et constructive. Tout son corps était lourd, de son petit oreille, à la paupière de ses yeux.D'ailleurs, elle ne parvint même pas à l'ouvrir, prenant conscience de ce qu'il l'entourait et se rappelant de la veille. Mais son corps, ne lui répondait pas, du moins avec un certain retard et une démotivation extrême. Un instant, la pression sur son épaule disparut, remplacé rapidement par un regard inquisiteur.

~On peut pas me laisser tranquille, à la fin!~

Ouvrant avec difficulté ses yeux encore embrumés par le soleil, elle posa son magnifique regard clair, trésor de vie pour qui apercevait au petit matin une telle beauté, sans dire un mot. Ce n'était pas totalement juste encore, car dans un râle presque inhumain, elle se retourna, montrant son désaccord avec ce réveil. S'enfonçant encore plus dans la terre, se recroquevillant comme une enfant innocente, sorti du lit.Campant ses positions!

~Bonjour le pêché de la Fatigue!~

Fallait-il affichait sur un immense panneau, lequel des pêchés avait élu domicile dans son corps en ce jour? Quoique pour quelqu'un ne la connaissant pas, il pouvait supposer qu'elle n'était simplement pas du matin. Ce qui était tout aussi juste.Quelques minutes passèrent, et puis le naturel revenait au galop. Comprendre par là, que la faim du petit déjeuner obligeait même le pêché à assouvir ce besoin primaire. Après tout, aucun des pêchés risquaient de la tuer consciemment. Enfin sauf Orgueil et colère, mais... C'est compliqué!

Avec un effort surhumain, elle se releva pour s'approcher du feu de camps plutôt mort, et quémanda de la nourriture. Oui, le terme était très bien employé alors que la Fatigue agissait sur tout son corps, jusqu’à ses lèvres et sa bouche. Autant dire qu'à ce simple réveil, il était impossible pour la démone de s'adresser de manière intelligible, autre que par des grognements. Bon, elle faisait en plus confiance à son fidèle compagnon pour faire les conclusions de son état, sans trop lui en vouloir. Même si l'idée de la malédiction restait complexe pour n'importe qui, même elle, parfois. Il avait eu un bon aperçut la veille.

Les minutes défilèrent comme ceci, dans un certain silence. Le corps un peu plus réveillé, malgré le pêché, elle se força à se lever, grimaçant sous l'effort. S'était comme si un animal de plusieurs tonnes lui était passé dessus. En y réfléchissant bien, une malédiction et le pêché en lui, équivalait facilement cela! Une fois levée, s'étirant tout en baillant à se déboîter la mâchoire, elle s'exprima finalement, d'un ton las:

-Bonjour et.... Désolé.... J'ai pas ... besoin... de te faire un tableau.On a de la route à ... faire....


Elle s'écroula, violemment, au sol, alors qu'elle avait mentionné le fait de faire de la route, le pêché protestant à cette idée. Son corps s’était donc, dés lors, dérobé sous elle. La laissant patoise et surprise, au sol. Même si elle continuer sa phrase, dans un long soupir. Elle préférait finir son discours, sans quoi s'arrêter signifiait ne jamais finir ses paroles... Elle poursuivait donc, les yeux à moitié-fermé...

-La journée... va être longue je sens.... Désolé! Tu peux me ... Laisser si tu veux... Je peux comprendre... Que tu sois... Pressé... D'atteindre la capitale!

Le monde s'était effondré sur ses épaules. Tant de force avait été utilisé pour ainsi s'exprimer. Mais courageuse et étant une vraie battante, elle se releva. Un peu chancelante, puis finit par faire un pas en avant sur la route. Que le chemin serait dure pour la pauvre étoile du soir...Mais si proche du but, elle ne pouvait pas abandonner! Impossible, elle devait....Un pas, encore un...

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MessageSujet: Re: Quand le vent nous portera...   Mer 4 Nov - 11:27

D'abord surpris par le manque de grâce évident au réveil de la guerrière, qui ne laissa d'ailleurs que peu de doute concernant le péché qui avait élu domicile dans son corps pour la journée, Kohaku éprouva ensuite un intense soulagement. Ses inquiétudes fondirent comme neige au soleil, lui qui craignait de se confronter à bien pire, cependant une certaine appréhension persista dans son cœur. Avec la Paresse comme compagne de route, arriveraient-ils à Kansei dans la journée !? Rien que le spectacle d'un tel découragement, et ce uniquement pour se lever et venir déjeuner, le jeune garçon doutait sérieusement de leur capacité à voyager. Sayo-Hee semblait à bout de force, comme si cette longue nuit n'avait en rien reposé son corps.

Les sourcils légèrement froncés et les lèvres serrées, le dragon de rivière observait la mortelle avec beaucoup d'inquiétude. Il lui tendit sa part de nourriture sans un mot, continuant de lui laisser pour seule compagnie le faible crépitement du feu. Aurait-elle même la motivation de parler ? Il en doutait encore lorsqu'elle marmonna quelques mots espacés par de longues pauses démotivées. Un vague et fugace sourire amusé étira, bien malgré lui, ses lèvres et il secoua la tête pour marquer son désaccord.

- Allons, vous avez pris soin de moi hier et je ferais de même aujourd'hui.

Il se leva et jeta de la terre dans le feu pour s'assurer de l'éteindre, dispersa les braises froides puis jeta les restes de viande plus bas sur la pente de leur petite bute herbeuse. Le soleil continuait son ascension, réchauffant le sol et faisant s'élever une légère brume de rosée estompée par le choc thermique. Les plaines immenses ressembleraient alors à un océan vaporeux l'espace de quelques heures. Une fois leur maigre campement défait, il s'approcha de Sayo-Hee pour lui tendre une main secourable. Combien il regrettait de ne plus posséder sa magie ! Il aurait pu faire appel au vent et à l'eau présent dans son corps pour la forcer à se lever et à lutter contre son péché. Malheureusement, il ne lui restait que sa présence, ses encouragements ainsi que l'épaule secourable qu'il lui proposa pour l'aider à marcher.

- Allons. La route ne sera pas aussi longue et nous nous arrêterons autant que nécessaire. Courage. Voyez ? Il désigna une silhouette massive au loin. Voici Kansei. Ne perdons pas espoir aujourd'hui. Pensez à votre soeur. Il suffit d'un pas après l'autre. Encore. Encore, Sayo-Hee.


*** Ellipse ***


Enfin, les murailles de Kansei avaient cessées de se présenter à l’infini d'une l’horizon de plaines verdoyantes et se dressaient à présent face aux deux voyageurs épuisés. Immenses, tel un écrin qui jalousait sa précieuse capitale, elles s'ornaient d'immenses étendards verts qui claquaient au vent d'une brise tiède. L'immense route commercial soulevait un nuage permanent de poussière sous les sabots et les roues des voyageurs, artère vitale du colosse paisible et somnolent qu'était le royaume de Minshu. Le bruit de la cité leur parvenait déjà, malgré l'épaisseur des murs, trahissant l'intense activité de cette ville prônant une liberté et une égalité rare en ce monde dirigé par l'obscurantisme d'une ère médiévale. Il y avait tant de promesse ici, tant d'espoirs qu'il était difficile d'imaginer qu'une guerre couvait et qu'une population aussi insouciante puisse être en danger.

Le regard levé sur les drapeaux qui ondulaient, donnant vie aux serpents brodés dans leurs trames, Kohaku avait glissé les mains dans les grandes manches de son kimono poussiéreux et il attendait que sa compagne de route arrive enfin à sa hauteur. Les longues heures de marches avaient éprouvés son corps d'enfant, peu habitué à de tel exercices et sa gorge dé-séchée réclamait toute son attention. Une vague migraine sourdait d'ailleurs à l'arrière de son crâne, signe plus qu'évident qu'une déshydratation couvait dans son organisme fourbu. Quelle ironie pour un dragon lié à l'élément de l'eau ! Un vague soupir secoua ses épaules frêles alors qu'il se tournait vers la guerrière pour l'observer avec une pointe d'inquiétude. Depuis ce matin, le péché de la paresse rendait leur voyage particulièrement éprouvant. Par exemple, il leur avait fallu presque le double du temps estimé pour parvenir à destination.

- Vous allez bien ?

Question stupide, mais qu'il se sentait l'obligation de poser. Peut-être froisserait-il l’ego de la demoiselle, mais elle avait vraiment mauvaise mine. Lutter ainsi contre sa malédiction pour parvenir jusqu'à Kansei devait l'avoir durement éprouvée et le jeune garçon hésitait à l'abandonner à présent qu'ils se trouvaient aux portes de la cité. A n'en pas douter que Sayo-Hee irait se rouler en boule quelque part et qu'elle dormirait jusqu'au lendemain, espérant piocher un péché moins contraignant... ou pas. Un fort sentiment de pitié lui secouait le cœur actuellement, mais comme à son habitude, Kohaku parvenait à le cacher admirablement derrière son masque impassible. Même son regard aquatique restait lisse comme la surface d'une flaque.

- Peut-être devriez vous profiter de votre état pour trouver un lieux calme où vous reposer. Laissez moi vous accompagner jusqu'à une auberge... ou un banc. Personnellement, j'ai peu d'espoir d'obtenir audience auprès du Président aujourd'hui même.

Sans argent, est-ce que l'hospitalité des citoyens serait motivé par le sceaux qui marquait leur chair ? Pouvaient-ils compter sur la collaboration des mortels, sachant qu'ils étaient ici sous l'influence directe de leur divinité ? Autant de questions sans réponses qui mettaient les nerfs du dragon à rude épreuve. Pourtant, il ne laissa rien voir de sa fatigue ainsi que de ses angoisses. Avec une profonde inspiration, il apaisa le léger tremblement de ses mains, heureusement dissimulées dans ses manches. Patient, il attendit que Sayo-Hee ne se secoue un peu et ne lui offre sa réponse.

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MessageSujet: Re: Quand le vent nous portera...   Dim 8 Nov - 0:43







Quand le vent nous portera...

Feat. Kohaku







La marche serait longue, fatiguant et éreintante. Mais en ce jour, elle pouvait compter une une personne. Un petit être possédant le cœur le plus grand et pure qu'elle avait surement vu. Jamais, il allait l'abandonner, à présent, elle était sûr. Elle commençait réellement à apprécier ce petit être. Elle lui avait sourit simplement, acceptant l'aide qu'il lui proposait pour se lever et avancer. Le remerciant intérieurement de l'encourager à maintes reprises. Deviendraient-ils des alliés et plus encore des amis, à l'avenir? En ce monde inconnu, chacun d'eux avait plus besoin que jamais de personne à qui faire confiance... Lui en avait fait ses preuves, quand à elle... Tout était moins sûr. Lui donnerait-il une seconde chance, comme Yama en donnait toujours aux parias. Car elle était, elle même une paria....

Mais peu importe, puisque seul un objectif était en vue, la silhouette massive et pourtant si lointaine à ses yeux, de Kansei.Et comme elle le craignait le parcours fut long et épuisant. Autant pour elle par son pêché que pour le jeune homme qui devait avancer à l'allure d'un escargot. La soutenant parfois de son faible corps d'enfant. Heureusement, qu'elle ne pesait pas lourd, elle non plus. Mais combien, de fois elle s'était retrouvée, affalée au sol à manger la poussière. Aidée rapidement par la main secourable du dragon. Leur petit duo devait faire peur à voir, surtout elle dont la beauté légendaire était ternit par la terre, la crasse et la poussière de leur périple...

Mais finalement, ils parvinrent, enfin, au premier mur de la capitale. Au premiers passant et autres calèches de marchands, qui, à défaut de voir leur sceau, n'attardèrent qu'un simple regard sur eux. Pour certain jurant de voir ce petit couple atypique sur leur chemin, avançant si lentement. L'étoile du soir avait fini un bras sur l'épaule de Kohaku, le visage cernée et méconnaissable par la Paresse. Elle semblait lointaine, tel dans un brouillard. Et par malchance, elle ne put pas profiter de la grandeur de la cité. Voilà des semaines, et peut être plus qu'elle était arrivée en Kosaten. Tant de temps à mener sa bataille pour atteindre cette ville et avoir ses réponses. Mais en aucun cas dans un état de savourer sa victoire. L'enfant s'inquiéta de son état, et finit par lui poser la question.

Il est vrai qu'ils avaient si peu discuté durant le trajet. Maudit pêché. Pourtant, l'éclair de Yama tourna son délicat visage vers lui. Un sourire sincère, même si légèrement forcé, pour ne pas l'inquiéter, fit rayonner un peu la Belle. Ses paroles lui parvenaient de manière éloigné, comme s'il était à l'entrée d'une grotte, et elle dans les profondeur insondable de celle-ci.

Dormir, ne rien faire! Tout ce qui comptait actuellement pour la guerrière. Les réponses à ses questions passaient au second plan. Et comme Kohaku, elle doutait pouvoir avoir un entretien avec le président. Après tout le soleil avait amorcer sa course, et surtout son couché, derrière les collines. Le ciel se parant d'un orangé magnifique. De sa voix faible, elle s'exprima:

-Rassurez-vous je vais bien! Ce n'est pas la première fois que je dois agir avec ce pêché. J'ai même du combattre des ennemis sous cet malédiction. J'ai failli y perdre la vie. Ce n'est pas... une marche qui va me tuer...

Son visage se voulut plus rassurant, mais à savoir si cela marchait autant qu'elle le désirait était une autre histoire. Surtout que leurs recherches n'étaient pas finies. Tous deux n'avaient rien pour payer une auberge, et ils n'étaient que de simple inconnu dans cette immense cité. Quelle solution trouveraient-ils?

C'est à ce moment, comme pour répondre à leurs interrogation qu'un mouvement se fit sentir sur le côté. Momentanément sur la défensive, Sayo-He força ses muscles à se contracter pour se défendre, repoussant l'esprit pour le protéger.Face à elle deux gardes, plutôt sérieux, mais au visage avenant. Qui aussitôt calmèrent la démone.

-Ne vous inquiétez pas, élus. Nous avons bien compris qui vous étiez. Veuillez nous suivre au château. Vous aurez vos propre quartiers pour vous reposer, nous discuterons plus demain...

Sayo-Hee lança un regard à Kohaku attendant son verdict, sur la situation, avant de finalement accepter lentement l'invitation. Elle n'avait pas la force de résister ou de refuser, de toute façon...D'ailleurs, elle n'aperçut même pas au vu de sa fatigue et portée par les gardes, que l'esprit draconique mis à plus tard l'invitation, pour visiter le quartier... Ils avaient réussi, finalement, le château était à présent devant eux...









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