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Il faut que jeunesse s'amuse.
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MessageSujet: Il faut que jeunesse s'amuse.   Mer 9 Sep - 11:09


Fumiko avait demandé au garçon qui l'avait accueillie lors de son arrivée ici de la conduire à la capitale. Si il y avait bien un endroit où elle pourrait profiter de sa nouvelle liberté, ce serait sûrement là. Elle se retrouva ainsi seule, au milieu de la foule, les yeux écarquillés. Il y avait tant de choses à découvrir.


Bien. Et maintenant, on commence par quoi ?



Elle avait envie de courir, de chanter, de dévaliser les boutiques, de trouver des manèges, mais un détail lui revint soudain en tête : elle n'avait pas un sou en poche.
Elle s'isola dans un recoin et sortit son stylo. Mais, elle avait beau tracer les lettres "argent", rien ne venait.  Son pouvoir s'était vraiment amoindri, elle le réalisa pleinement à ce moment-là.  Que lui seraient utiles les six mots de haine qu'elle pouvait désormais concrétiser, elle n'était pas là pour faire la guerre !

Elle avisa des gens qui passaient dans la rue, elle les accosta sans gêne, à la recherche de quelques yens. Elle avait l'air ainsi d'une mendiante, son amour-propre en prit un sacré coup mais son envie d'argent était plus fort. Personne ne sembla la remarquer, chacun vaquait à ses occupations. Elle se mit alors à chanter pour attirer leur sympathie.


Des petits yens pour Fumiko, à votre bon cœur, messieurs, mesdames. Je n'ai pas faim, je n'ai pas soif, je veux juste m'amuser dans votre belle ville, à votre bon coeur.

Mais, loin de les rassurer, sa chanson ne fit que les faire fuir davantage. Elle décida alors de visiter la ville, qui sait, il y aurait peut-être une attraction gratuite pour elle ?

Elle essaya de se faire inviter à la terrasse d'un troquet mais là encore, les visages des personnes semblaient fermés.

- Hep, la fille, tu veux boire un coup ?

Un homme venait de l'accoster, il ne lui parut pas bien net.

- Viens me voir, on peut s'arranger, un beau morceau comme toi !

Son rire gras résonnait encore dans ses oreilles quand elle s'arrêta de courir.


Ma pauvre Fumiko, tu va finir dans un bordel si tu ne fais pas attention.


Tout en reprenant son souffle, elle était en train de réaliser que la vie sans argent n'était vraiment pas évidente, elle ne renonçait pas à ses projets dans cette capitale pour autant, oh non jamais, mais ce serait plus difficile que prévu.

Elle shoota rageusement dans une pierre qui avait eu le malheur de se trouver au milieu de son chemin et la suivit machinalement des yeux. Le caillou retomba sur des pieds. Le propriétaire regarda Fumiko avec surprise. C'était un jeune garçon, d'une douzaine d'années, vêtu d'un kimono blanc. Il était si maigre, si pâle, il devait être atteint d'une maladie terrible, il n'avait pas l'air bien gai non plus.


Oups ! Pardon. Tu m'offres à boire pour me faire pardonner ?  




Dernière édition par Fumiko le Lun 5 Oct - 9:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Il faut que jeunesse s'amuse.   Jeu 10 Sep - 23:19

Ah, Kansei... Magnifique et paisible capitale aux rues pavées et propres, aux commerces paisibles et aux places irisées d'une multitudes de fleurs. Il faisait bon vivre dans cette république où la liberté et l'égalité se prônaient à chaque coin de rue, sous les hauts étendards qui claquaient à la caresse d'une brise paresseuse. Arborant les couleurs de Minshu, en ce vert pâle qui allait en s'assombrissant pour chaque toise rapprochée du Palais, la mélodie de la toile tendue au vent semblait être l'hymne toute entière de la ville. Les toits aux tuiles sombres chauffaient sous un soleil clément alors que les ombres étendues des majestueuses statues reptiliennes jonchaient les plus grands boulevards.

Malgré cette splendeur architecturale, Kansei avait su préserver une mentalité de bourgade, laissant des commerces familiaux et des citoyens conviviaux, paisibles et guère empressés. L'effervescence des villes terriennes n'existaient pas ici, offrant aux étrangers de ce monde une véritable bouffée de soulagement. Et Kohaku n'échappait pas à la règle, immobile à l'angle d'un carrefour, il levait le nez avers un ciel limpide et suivait du regard l'envolée bruissante d'oiseaux.

Dans son dos, l'immense avenue qui donnait directement sur les portes Sud-Est de la capitale, voyaient caravanes, carrioles et farandoles de voyageurs ou commerçants qui remontaient jusqu'au cœur de la ville pour préparer le marché qui avait lieux tous les samedi. Pour sa part, le jeune garçon venait de quitter Sayo-Hee à l'entrée de Kansei. Pour la première fois depuis leur rencontre, leurs routes divergeaient. Alors que la farouche guerrière souhaitait rejoindre immédiatement le Palais, l'esprit divin désirait enquêter auprès de la population crédule avant de se confronter aux dirigeants et leurs langues de bois. Mais il ne doutait pas que le Destin saurait, un jour ou l'autre, les réunir à nouveau. Pour le meilleur et pour le pire.

- Hm ?

Un choc sur ses pieds le fit légèrement tressaillir, ne s'attendant pas à recevoir une quelconque agression, même involontaire, dans un cadre aussi paisible et organisé que Kansei. Il baissa d'abord les yeux pour identifier l'objet et découvrit une petite pierre qui termina sa course à quelque pas de lui, butant sur la fondation d'un commerce de tisserand. Puis, avec un vague froncement de sourcil sans que cela ne vienne réellement troubler son expression impassible, il tourna la tête dans la direction opposée et croisa un regard céruléen malicieux.

La jeune fille, dans la fleurs de son adolescence, avait des cheveux aussi céruléens que ses yeux et possédait une frimousse angélique. Ses vêtements, cependant, détonnaient avec le décors, laissant penser au dragon de rivière qu'il s'agissait probablement d'une élue tout juste arrivée en ce monde. Possédait-elle des informations qui lui échappaient encore ? Si elle était parvenue jusqu'à la capitale, c'est que ce devait être effectivement le cas. Ses yeux à la froide indifférence s'échauffèrent d'un intérêt poli, calculateur, quittant le vert couleur jade pour prendre une teinte d'algue profonde, irréelle.

Ses paroles, ou plutôt l'invitation éhontée qu'elles formèrent à son encontre, coupèrent court à l'observation scrupuleuse de Kohaku qui haussa des épaules pour signifier que l'impolitesse de la mortelle n'avait pas d'importance dans l'immédiat. Son visage, à la peau de porcelaine, semblait être celui d'un masque de théâtre chinois et ne se troubla que d'un vague froncement de sourcil. Il possédait une beauté intemporelle, encadrée par ses cheveux sombres, tranchant davantage encore la pâleur de son épiderme. Il s'approcha d'elle et inclina très brièvement la tête dans un salut à la politesse qui frisait l'insolence. Cependant, se faire interpeller aussi grossièrement n'était pas pour l'encourager à faire des courbettes.

- Si vous souhaitez vous désaltérer, veuillez me suivre.

Il n'avait pas d'argent pour lui-même, ayant jusqu'à présent survécu grâce à la générosité de la famille Takara puis aux compétences de chasse de Sayo-Hee. Mais la demande cette adolescente soulevait une très bonne question : comment subviendrait-il à ses besoins à partir de maintenant ? Kohaku pariait sur un ministère responsable de l'accueil et de la gestion des Élus, leur fournissant un gîtes et une paie en échange de leur loyauté. Un peu comme une milice privée ? Après tout, n'avaient-ils pas été convoqués dans ce monde pour gagner une guerre ? Si tel n'était pas le cas, si le dirigeant de Minshu n'avait pas procédé à l'établissement d'une telle organisation, alors ce monde était plus absurde que l'aurait jamais pensé l'esprit divin.

Pour l'heure, il guidait la jeune fille vers une petite auberge qui faisait l'angle d'une rue secondaire et qui paraissait conviviale, mais surtout très bien fréquentée. La pièce principale, au rez-de-chaussée, était ouverte sur deux grandes ouvertures faites grâce à des panneaux coulissant qui laissaient un accès libre aux nombreuses tables et blancs qui parsemaient les lieux. Le bar couvrait le mur du fond, surplombée par l'immense mezzanine privative dont l'escalier était fermé d'un cordon en jute rêche. Il y avait peu de clients, permettant aux deux jeunes de rejoindre le comptoir où Kohaku ordonna deux choppes... d'eau plate. L'aubergiste regarda le garçon exténué par ses longues journées de marches puis l'adolescente et se résigna à leur offrir de l'eau.

- A votre santé.

Souffla le dragon fauché comme les blés avant qu'il ne boive une première longue gorgée salvatrice qui vint soulager l'irritation persistante de sa gorge. Une fois assuré de ne plus avoir l'impression de mâcher du sable, il tourna son regard aquatique sur l'inconnu.

- Vous n'êtes pas de ce monde. Depuis combien de temps foulez-vous le sol de Kosaten ?

Quitte à se faire réclamer quelque chose, autant profiter de l'occasion pour obtenir quelques informations.
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MessageSujet: Re: Il faut que jeunesse s'amuse.   Sam 12 Sep - 14:16


Fumiko n'en revenait pas. Le jeune garçon l'avait entraînée dans une auberge pour lui offrir…de l'eau !


Ben dis donc, il ne met pas facilement la main à la poche, celui-là !



Elle réalisa soudain que le garçon était bien jeune pour posséder de l'argent, il devait passer son temps à traîner dans la rue, comme elle, en quête d'occasions pour se divertir gratuitement.

L'auberge était accueillante, l'eau bien fraîche, autant en profiter. Elle détailla alors son compagnon. A première vue, il s'agissait bien d'un garçon, même si ses cheveux longs et son fin visage lui donnait un aspect plutôt féminin. Mais, se disait Fumiko, si c'était une fille, elle porterait une jupe colorée comme la mienne et non pas un vulgaire kimono. Le physique androgyne du garçon n'était pas sa seule bizarrerie. Son visage pâle était sans expression, à croire qu'il portait un masque et il semblait regarder à travers la jeune fille, comme si il voyait ce qu'il se passait derrière son dos. Mais, cela ne suffisait pas pour mettre Fumiko mal à l'aise, elle aimait les personnes étranges, n'en était-elle pas une, elle-même ?

Elle porta le verre à sa bouche et but goulument. Le parcours du liquide à travers son corps lui fit ressentir que cela ne serait pas suffisant pour la rassasier. Il lui fallait du solide, son dernier repas remontait à plusieurs heures déjà et l'envie de nourriture commençait à retentir.
Elle réfléchissait à comment aborder le sujet alimentaire avec le jeune inconnu quand il la questionna sur son origine.


On peut se tutoyer, tu sais. Tu sembles avoir à peine une douzaine d'années et moi guère 4 ou 5 ans de plus que toi.

Alors, je te raconte. D'abord, je m'appelle Fumiko.  Je suis ici depuis ce matin et, à vrai dire, je ne sais vraiment pas comment je suis arrivée, mais cela me plait bien. Tu vois, je viens d'un village paumé et je m'ennuyais terriblement. Entre des parents coincés, peu d'amis vraiment intéressants et un avenir un peu étriqué, tu comprendras sûrement que j'en avais marre. Je ne pouvais pas faire ce que je voulais. Moi, je voulais partir, voyager, découvrir des nouveaux lieux, des nouveaux gens, vivre quoi !


Fumiko s'interrompit pour avaler une nouvelle gorgée d'eau. Elle se sentait à l'aise avec ce garçon. Il pourrait peut-être l'aider à comprendre ce qu'il lui était arrivé le matin et comment elle avait atterri ici.

Pour les quelques clients de l'auberge, ces deux là formait vraiment un couple hors du commun. Aussi dissemblables que le yin et le yang. Elle volubile, excitée, le verbe haut et ne se préoccupant pas de ce que son entourage pourrait bien penser d'elle. Lui, sage, terne, semblait vouloir passer inaperçu, il écoutait sans mot dire le discours de la jeune fille. Comment aurait-il pu en être autrement ? Il n'aurait pas eu l'occasion de placer quelconque mot dans le flot de paroles déversées.


Je m'amusais à …écrire…, enfin, bref, peu importe, et voilà qu'une lumière blanche me soulève et paf ! Je me suis retrouvée assise par terre, dans un endroit inconnu, personne autour de moi et, surtout, pas mes parents. Alors, un gamin est arrivé et m'a accompagnée jusqu'à cette ville. Enfin libre ! Je vais m'éclater, faire la fête, m'amuser, voyager, explorer. Tu ne peux pas t'imaginer toi, tu es encore avec tes parents, je suppose, et ils te laissent te balader seul en ville, à ce que je vois, tu as de la chance. Et je vois que tu fais du karaté, tu as un bien joli kimono. Tu vois, je devine tout. Et je suis LIBRE LIBRE !

Dis, tu n'as pas un peu faim, toi ?


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MessageSujet: Re: Il faut que jeunesse s'amuse.   Lun 14 Sep - 20:43

L'espace d'un instant, son regard se fit plus sombre, arborant la teinte métallique d'une colère fugace qui s'estompa aussi vite qu'elle était venue. A la façon d'une feuille charriée par le courant, ce sentiment néfaste avait bouillonné en lui dès les premières paroles insouciantes de la jeune mortelle avant de se dissoudre. Le changement fut peut-être trop subtil pour elle, toute occupée qu'elle était à raconter sa vie, mais le dragon céleste n'avait vraiment pas apprécié d'être comparé à un enfant. Si son physique pouvait porter à confusion, son regard autant que son aura auraient au moins du lui mettre la puce à l'oreille. Et cette petite écervelée venait d'être choisie comme nouvelle Élue par le céleste Manshe ? Tsss... Ce lézard rampant avait vraisemblablement quelques lacunes quand aux critères de sélection. Un soupir inaudible échappa à ses lèvres pincées alors que les babillages de Fumiko se poursuivaient et attiraient de plus en plus le regard des quelques clients de l'auberge. Et Kohaku, qui n'aimait pas être le centre d'une telle attention, commença à se sentir nerveux.

Ses mains comme ses épaules se raidirent progressivement, mais son visage resta aussi lisse et indifférent qu'à son éternelle habitude. Il serait malpoli de trahir le peu d'intérêt qu'il portait à cette adolescente, autant que d'afficher son inconfort grandissant. Il se surprit à regretter la présence de Sayo-Hee, mais chassa bien vite cet égarement. La belligérante n'était pas non plus une référence bien qu'elle ait eut le mérite de comprendre plus vite sa situation... contrairement à cette jeune fille se faisait bien des idées sur ce monde et les raisons qui l'y avaient propulsée. Il pourrait lui dire la vérité tout de suite, briser ses illusions d'enfants et la traîner dans l'hideuse vérité. Aux promenades et loisirs qu'elle s'imaginait, cette pauvre Fumiko finirait par agoniser sur le champs de bataille des trois camps, sacrifiée sur l'autel d'une querelle divine dont elle n'en connaîtrait ni les raisons, ni les aboutissants.

Son regard coula sur la frêle silhouette, détaillant les vêtements outranciers qui laissaient voir bien trop de peau et de courbes. La jeunesse humaine, tous mondes confondus, avait perdu bien de ses valeurs sur la pudeur... Ce qui était dommage pour bien des raisons, mais qui se résumaient actuellement aux conditions de vie sur Kosaten ! Ce monde possédait une civilisation et des mœurs proches du moyen-age européen ou de l'ère Edo pour le Japon. Enfin, à sa connaissance. Peut-être devrait-il lui conseiller de changer ses vêtements ? S'adapter à son nouvel environnement, ou du moins ne plus paraître aussi... exubérante. Kohaku en était à pondérer la question lorsque le flot incessant des babillages s'interrompit pour reprendre sur une question toute simple. Avait-il faim ? il cligna lentement des yeux, sembla pondérer la question puis secoua doucement la tête de droite et de gauche.

- Fumiko-chan... Votre monde, comment s'appelait-il ?

Une soudaine réalisation venait de le frapper : tout le monde parlait la même langue, pourtant ils venaient de mondes différents. Était-ce encore une des nombreuses magies liées au sceau qui marquait leur corps ? Encore de nouvelles questions qui n'auraient pas de réponses tant qu'il n'aurait pas eut un entretient avec le dirigeant de Minshu. Malheureusement, s'il prêtait attention aux rumeurs, ce dernier semblait hors d'atteinte pour l'instant et il lui faudrait prendre son mal en patience. Pour l'heure, il devait passer quelques temps avec cette jeune mortelle, ne pouvant renier ce qui fut ses anciens devoirs divins et obligations envers les mortels. Les guider, les protéger... et seuls les Kamis savaient combien celle là en avait besoin.

- Et que comptez vous faire, concrètement ? S'amuser est une chose, mais si vous ne possédez pas d'argent ou de lieux pour vivre... vous n'irez malheureusement pas très loin. L'eau est encore gratuite, mais je doute que ce soit le cas de la nourriture. Votre condition d'élu ne vous offrira que très peu d'avantages, je le crains... alors, quels sont vos projets au long terme ?

Il leva la choppe à ses lèvres, buvant une gorgée d'eau avant de soupirer doucement et de fermer les yeux. La fatigue commençait à se faire sentir après sa longue marche pour parvenir jusqu'ici. Il avait les pieds endoloris et les articulations coincées.
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MessageSujet: Re: Il faut que jeunesse s'amuse.   Ven 18 Sep - 13:05



L'inconnu profita d'un des rares silences laissés par Fumiko pour parler. Ce garçon commençait à mettre la jeune fille mal à l'aise. Son visage si pâle semblait figé, on aurait dit un masque blanc, comme portent les japonais qui font du théâtre. A cette pensée, Fumiko sourit. Elle avait eu l'occasion de voir une de ces pièces et elle en avait beaucoup rit. On lui avait même dit que c'était des hommes qui jouaient le rôle des femmes, ridicule ! 
Aucun sourire n'éclairait le visage de son compagnon, il desserrait à peine ses lèvres. Seul son regard semblait vivant parce que ses yeux bougeaient, mais vides d'expressions. Elle qui n'avait jamais eu, jusqu'à présent, de problème de communication, avait le sentiment de parler à un mur.

Il l'écoutait, pourtant, puisqu'il venait de la questionner. D'ailleurs, il devait avoir un problème de surdité, il venait d'écorcher son nom. Elle haussa alors un peu le ton, pour qu'il la comprenne mieux.


Moi, c'est Fumiko, pas Fumikochanne. D'où je viens, est-ce vraiment là l'essentiel, je n'y retournerai point. C'était un petit village, Kizuro, tu connais ? Il doit être loin d'ici, je suppose. Il n'y avait même pas de grande ville pour sortir, je te l'ai déjà dit, je m'y ennuyais.

L'inconnu venait de soulever un problème existentiel, la survie dans ce nouvel endroit. Fumiko n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle allait faire pour gagner de l'argent, ni où loger. Peut-être que ce garçon pourrait l'héberger quelques temps, si ses parents étaient d'accord, bien sûr.

Son attention revint sur le garçon. Etrange comme son attitude dénotait avec son âge. Lui, qui aurait du être plein de vie, d'entrain, de fougue, semblait porter tous les fardeaux du monde, il était trop sage, trop mature et puis il parlait comme un ….vieux.


Il vient peut-être de subir un malheur, genre la mort de quelqu'un, et il est très triste. Mais, il ne serait pas allé à son cours de karaté, alors. Ou bien il est très fatigué par sa séance de karaté justement. Il faudrait que je lui en parle, ça me tenterait bien d'essayer ce sport. Le kimono m'irait à ravir, une nouvelle mode à lancer, pourquoi pas ? 

Fumiko était nerveuse. Elle n’arrivait vraiment pas à cerner cet inconnu. Les suppositions se succédaient dans sa tête.


Il a fait une grosse bêtise chez lui et ses parents l’ont jeté dehors, il est perdu et il n’ose pas me le dire. Non, quand même pas. Réfléchis donc Fumiko ! Ah, ben justement, peut-être qu’il ne parle pas parce qu'il réfléchit beaucoup, mais à quoi ?

Vraiment très très étrange, ce garçon. Et s'il était en train de préparer un mauvais plan pour lui soutirer de l'argent ? Elle ne le connaissait pas, après tout. C'était peut-être un délinquant. Oui, en y réfléchissant, même sa tenue lui parut maintenant très étrange. Il lui avait demandé où elle trouverait de l'argent, où elle logerait, n'était-ce point pour pouvoir la détrousser plus facilement ensuite ? 
Et puis, il lui avait dit qu'elle avait une condition d'élu. Elu de quoi ? Il croyait peut-être qu'elle était quelqu'un de haut placé, c'est vrai qu'avec ses jolis vêtements colorés, elle faisait vraiment très classe. Il devait la prendre pour une princesse ou quelque chose comme ça, il fallait le détromper.


L'argent, je n'en ai pas, inutile de compter là-dessus. Le logement, je viens juste d'arriver, je ne connais personne, mais si tu veux m'inviter quelques jours chez toi, je suis preneuse. Avec moi, tu ne t'ennuieras pas.


Oups ! La gaffe. Si je vais chez lui, je risque d'entrer dans un guêpier, c'est peut-être une famille de voyous. Bah, je trouverais toujours le moyen de m'enfuir de chez eux si je vois qu'ils sont louches


Fumiko, depuis quelques minutes, se grattait vigoureusement l'épaule gauche. Elle réalisa que depuis son arrivée, elle ressentait à cet endroit des tiraillements, des picotements, qui se transformaient maintenant en brûlure. Elle posa sa main sur son épaule. Elle était toute chaude et semblait palpiter. Elle releva sa manche et vit une grosse tâche verte. En y regardant de plus près, il s'agissait d'un serpent tatoué.


Ca alors, tu as vu ça !?  Quelqu'un a du me tatouer pendant que j'étais évanouie à cause de la lumière blanche. On aurait pu me demander quand même ! J'aurais préféré un papillon ou une jolie coccinelle. Ce n'est pas bien beau ce machin, et puis en plus c'est en train de s'infecter, ça me fait rudement mal.

Qui avait bien pu lui graver ce reptile ? Mais, où était-elle tombée ? Pourquoi ? Comment ? 
Passée l'euphorie de sa soudaine liberté, Fumiko commençait à se poser mille questions sur cette situation peu banale. Certes, la possession d'un pouvoir magique ne l'avait pas surprise plus que ça, elle était jeune quand elle l'avait découvert, sa naïveté d'alors l'avait bien aidée. Mais là, il faut avouer que la jeune fille vivait des phénomènes bien curieux. Une arrivée peu commune sur un territoire complètement étranger, un garçon bizarre qui a une attitude de vieux alors qu'il est jeune et un serpent encré sur l'épaule par on ne sait qui.



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MessageSujet: Re: Il faut que jeunesse s'amuse.   Ven 2 Oct - 14:02

Il attendait ses réponses avec ce calme indéfectible qui le caractérisait, l'expression neutre sans toutefois avoir l'air grossier ou indifférent à la personne qui lui faisait face. Simplement, il n'y avait pas lieux de sourire ou d'afficher une quelconque crise de joie. Sa situation était critique, bien qu'il misait tout sur son l'entretient qu'il espérait obtenir auprès du dirigeant de Minshu, Kohaku avait une conscience aigue de la précarité de sa survie. S'il ne parvenait pas à obtenir un situation stable en cette capitale, avec ou sans l'aide du Président, il serait alors forcé d'errer comme un moins que rien sur des routes poussiéreuses et dangereuses. Fort de ses décennies d'existence, il acceptait avec une résignation paisible cet état de fait, ce risque à venir, sans jamais s'aveugler de faux espoirs. A ne rien espérer, l'on ne craignait pas la déception.  Cette jeune fille par contre semblait complètement perdue, voir désorienté, sous son enthousiasme débordant et plus elle jouait l'exubérante et plus le dragon de rivière pouvait deviner sa détresse et sa peur. Du moins, le supposait-il à voir son silence et à sentir sa nervosité grandissante. Venait-il de soulever un problème épineux ? Très certainement.

Patient, il ne la pressa pas davantage de questions et lui laissa le temps de pondérer l'avenir peu reluisant qui s'annonçait à elle. A eux tous, en vérité. Les trois divinités de ce monde étaient réellement insouciantes et très peu concernées par les Élus qu'elles kidnappaient aveuglément et sans pensées pour le chamboulement de leurs existences. Ou alors était-ce la faute aux dirigeants proclamés de ces terres ? Ne pas créer d'accueil aux étrangers, les laissant dans un jus poisseux d'incompréhension et d'abandon. Vulnérables aux tromperies, attaques ennemies ou encore aux dangers naturels de ce monde. Il n'était guère étonnant que la situation globale de Kosaten. Le jeune garçon avait le regard dans le vague, quoique toujours tourné dans la direction de Fumiko. Il restait silencieux alors qu'un léger pli venait marquer son front entre ses sourcils délicatement froncés. La voix mélodieuse de la jeune fille le tira de ses sombres critiques et constatations. Clignant des yeux, il sembla enfin la voir et esquissa son premier sourire. Ce fut à peine une esquisse, tout juste le frémissement de ses lèvres alors qu'il répondait avec douceur :

- Je n'ai pas de maison, de ce fait, je ne peux malheureusement pas vous héberger.

Il était presque rafraîchissant de parler avec cette mortelle, après réflexion. Son innocence apportait un regard nouveau sur ce monde mystérieux et conflictuel. Peut-être l'avait-il jugé trop durement ? Si elle venait d'un monde paisible, isolée des conflits et de toute vie sociale comme elle le lui répétait sans cesse, alors elle n'avait aucune expérience tout court. Cette aventure n'était pour elle qu'une nouvelle découverte, un conte fabuleux qu'elle vivait au premier rang... une amertume soudaine marqua le pli de sa bouche et il baissa les yeux sur la choppe qu'il tenait entre ses mains pâles. Quelle cruauté que de faire venir une enfant si candide pour servir les sombres dessins d'une divinité belliqueuse. Face à la violence d'une guerre, cette âme pure serait éternellement souillée par de nombreux traumatismes. L'eau dans son récipient commença à s'agiter et clapoter, réagissant au tumulte intérieur qui serrait le cœur de la divinité mineure. Il ne parvenait pas à comprendre et cela l’agaçait au plus haut point. Heureusement, Fumiko le tira une nouvelle fois de ses pensées avec un éclat de surprise. Vaguement inquiété, le jeune garçon leva les yeux et remarqua le sceau fraîchement imposé sur la chaire velouté de l'adolescente et fronça un peu le nez.

- N’ayez crainte. Cela ne s'infectera pas... ce tatouage n'est pas "physique". Il s'agit d'un Sceau magique que la divinité de ces terres, Manshe, vous a imposé pour vous contraindre à son service. Il s'agit du même dieu qui vous aura arraché à votre monde pour vous faire venir en Kosaten.

Il se tu quelques instants pour laisser à la jeune fille le temps d'assimiler ces tristes nouvelles. Dans un élan de compassion, il posa une main sur la sienne et pencha légèrement la tête de côté pour accrocher son regard. Ses orbes d'un vert sombre, comme des algues captives sous la surface d'un lac paisible, étaient emprunt de sollicitude.

- Vous êtes considérée comme une Élue. Ici, vous êtes l'étrangère dont les pouvoirs doivent permettre à Minshu de vaincre dans la guerre qui l'oppose à deux autres royaumes. Malheureusement, je n'en sais guère plus, car moi-même je ne suis en ce monde que depuis peu...

Il retira sa main, ne désirant pas paraître rustre en prolongeant un contact physique plus que ne l'autorise la politesse. Un vague soupir secoua ses épaules et il termina sa choppe d'eau en quelques longues gorgées. Attentif à la mortelle, il l'observait du coin de l'oeil mais n'insista pas sur son réconfort. Il n'était pas non plus hostile, simplement passif et prêterait son épaule si jamais elle en éprouverait le besoin.
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MessageSujet: Re: Il faut que jeunesse s'amuse.   Sam 3 Oct - 11:18


Il sembla à Fumiko que l'inconnu souriait légèrement mais ce fut si fugace qu' elle se demanda si ce n'était pas son imagination qui lui jouait des tours. Et pour la première fois depuis leur rencontre, elle sentit en lui de la compassion, il lui toucha même la main. Un geste tout en retenue, certes, mais qui signifia beaucoup pour la jeune fille. Elle ne se sentit plus seule. Il la renseigna, mais à cet instant, elle aurait préférée qu'il se taise.

Trop d'informations en peu de temps, trop de révélations. Fumiko n'arrivait pas à comprendre ce qu'il lui racontait. Soit ce garçon n'avait pas toute sa tête et il débitait des élucubrations sur un complot dont il s seraient victimes, soit il disait vrai, et alors…La jeune fille n'osait même pas envisager cette dernière possibilité.
Pourtant, l'attitude calme et posée du garçon, ses gestes réfléchis et puis surtout son regard qui reflétait sagesse et intelligence démontraient qu'il était tout à fait sain d'esprit.

Les yeux de Fumiko s'emplirent de larmes devant cette situation qui lui échappait totalement. Elle se sentit soudain perdue et désemparée. Pourquoi elle ? Pourquoi ça ?

Alors, entre deux sanglots, elle réalisa.


J'ai trop souhaité ma liberté, j'ai haï mes parents adoptifs et je les ai rejetés, voilà mon châtiment. Le Dieu m'a punie en m'envoyant ici pour l'aider à combattre les méchants. Mais c'est injuste, ce n'était pas trop grave, je n'ai tué personne et là, c'est quand même une trop grosse punition, je trouve.

Fumiko se demanda alors si tous les habitants de ce monde étaient des punis, comme elle, et surtout si celui qui lui faisait face en était un. Qu'avait-il pu bien faire de mal ? Avec son visage impassible, il aurait très bien pu être un tueur froid et sans scrupule.


Non, moi je suis là pour des mauvaises pensées donc si lui avait tué, il serait parti …en enfer.!


Il avait du dire des méchancetés, c'était le plus probable.

Pour l'instant, ce qui préoccupait Fumiko était de savoir ce qui l'attendait ici. Elle ne savait pas combattre, ni ne le voulait, d'ailleurs. Elle se retrouvait là seule, sans amis, sans argent, sans logis, sans même un billet de retour…Et ce n'était pas lui qui allait l'aider, il avait l'air aussi démunie qu'elle.



Mais, si je comprends bien, vous êtes dans la même situation que moi ?



Ne lui parlons surtout pas de ses mauvais actes passés et de sa punition, il pourrait se vexer



A votre avis, quels moyens avons-nous pour survivre ici ? Le Dieu nous a t'il réservé des chambres ? Nous donne t'il du travail à faire pour gagner de l'argent ? C'est un peu comme une caserne militaire ou un camp de redressement, non ?

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MessageSujet: Re: Il faut que jeunesse s'amuse.   Lun 12 Oct - 19:06

Quand bien même rien dans son expression ne sembla s'émouvoir des larmes de la jeune fille, son coeur se serra douloureusement face à la détresse plus que justifiée d'un être aussi fragile. Combien devait-elle être désorientée, voir apeurée face à une réalité bien cruelle et subjective ! Si cette mortelle avait réellement passé toute sa vie enfermée dans une cage dorée sous la férule de ses parents, ce soudain abandon en un monde inconnu devait être source d'un grand effroi. Dans un sursaut de pitié pour la créature en sanglots à ses côtés, il crispa les doigts contre sa choppe de terre cuite puis se leva brusquement. Le tabouret manqua de se renverser, mais d'un geste aussi net qu'assuré, Kohaku attrapa le dossier du siège pour le maintenir sur ses quatre pieds. Le port altier, menton relevé et les yeux tournés vers la rue passante, un vent printanier s'engouffra soudain dans les lieux pour balayer le sol de quelques grains de poussière et de brins de paille. Ses cheveux ondulèrent autour de son visage résolu, soufflé par cette brise surnaturelle alors que le jade de son regard s'assombrissant d'une résolution renouvelée.

- Séchez vos larmes, Fumiko. Si vous continuez à les verser, votre cœur finira par s'y noyer.

Il esquissa un pâle sourire et vint s'accroupir devant elle. Son regard limpide, animé d'une lueur insoupçonnée jusqu'à présent, pâlissait pour prendre des teintes aquatiques insondables. Du dos de la main, avec une infinie douceur, le jeune garçon vint lui essuyer une larme sur l'arrondi velouté de sa joue avant de lui tendre un mouchoir soigneusement plié en quatre. Banc, ses bords étaient brodés d'un bleu aussi pâle qu'un ciel d'été. Il était propre, préservé tout ce temps au creux de sa vaste manche de kimono. Une fois que la jeune fille l'eut pris -ou alors l'eut-il déposé sur le tabouret le plus proche dans le cas contraire- Kohaku reposa les mains sur ses genoux pour continuer de l'observer avec compassion. Quel homme digne de ce nom, qu'il soit humain ou d'essence surnaturelle, pouvait résister aux larmes d'une si jeune fille ?

- Vous n'êtes coupable de rien. Les raisons de votre venue ici sont encore obscures, tout comme les miennes, mais je peux vous assurer qu'elles ne sont en rien responsables de vos fautes passées, quelles qu'elles soient.

Son sourire continua de flotter sur ses lèvres, adoucissant considérablement ses traits fins. Cette fillette lui rappelait une autre enfant. Sa Chihiro, plongée dans un monde hostile et inconnu avait longuement pleuré la disparition de ses parents, de ses repères. Il lui avait prêté son épaule et avait veillé à lui offrir une place dans l'Aburaya de la sorcière... et à présent, il désirait retrouver son rôle de protecteur pour toutes les âmes égarées en Kosaten.

- Je compte obtenir toutes les réponses que nous nous posons tous lors de notre arrivées et bien plus encore. Aussi... lorsque je les aurais, Fumiko, je volerai à votre rencontre pour vous les transmettre.

Kohaku se releva avec souplesse et lissa le devant de son kimono, venant resserrer la ceinture à sa taille avec des gestes nés de l'habitude. Son regard glissa encore sur l'extérieur, et le jeune garçon fut plus que jamais convaincu qu'un entretient avec le dirigeant de Minshu s'imposait.

- En attendant ce moment, je ne peux que vous conseiller de chercher l'hospitalité autour de vous. Les gens d'ici semblent nous porter un certain respect... et contre quelques menus services, ils n'hésiteront probablement pas à vous offrir le gîte et le couvert.

Revenant à la jeune mortelle, il s'inclina profondément devant elle, dépassant même les trente degrés qu'imposait un salut formel et courtois habituel.

- Je vais à présent prendre congé. Mais n'oubliez pas : les larmes n'apaisent qu'un temps. Préservez votre sourire et votre enthousiasme. Je suis persuadé que ce monde saura se montrer clément avec un cœur aussi pur que le votre.
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MessageSujet: Re: Il faut que jeunesse s'amuse.   Mar 13 Oct - 13:55


Le garçon se leva d'un bond, Fumiko prit peur : aurait-elle dit quelque chose qu'il ne fallait pas ?
En le regardant, ce ne fut pas de la colère qu'elle décela sur son visage, plutôt de la compassion. Pour la première fois depuis leur rencontre, il esquissa un sourire. Il alla même jusqu'à faire un petit geste de tendresse.

Il la détrompa sur ses conclusions. Non, elle n'était pas en train d'expier des fautes passées, lui non plus ne savait finalement pas pourquoi ils se trouvaient là. Finalement, mise à part le fait qu'ils n'avaient pas la même manière d'exprimer leurs doutes, ils étaient assez semblables, tous les deux, aussi perdus l'un que l'autre. Lui se cachait derrière un masque de froideur, maintenant la distance, et elle, c'était son exubérance qui l'aidait à camouflait son mal-être.

Il la rassura, très philosophe, du haut de sa douzaine d'années. Un âge visible, certes, mais elle sentit qu'elle venait de converser avec un vieux sage.
Elle décida de suivre ses conseils, de continuer de vivre, d'aller de l'avant en essayant de ne pas trop se laisser envahir par des pensées négatives.

Des réponses, c'est ce qu'ils voulaient maintenant. Lui, irait les chercher auprès des autorités, tandis qu'elle, préférait essayer de les trouver en voyageant à travers tout Kosaten. Plus elle irait visiter des endroits différents, pensait-elle, plus elle rencontrerait de personnes, comme elle ou pas, qui répondraient à ses questionnements, au fur et à mesure.

Je suis heureuse de vous avoir rencontré, je vois les choses assez différemment maintenant, grâce à vous, je vous en remercie. J'espère bien que l'on se reverra et, pourquoi pas, nous pourrons alors échanger des renseignements concernant notre situation ici.


Elle s'inclina bien bas, comme lui, en signe de respect. Quand il tourna les talons, elle s'aperçut qu'elle ne savait toujours pas son nom.

Maintenant, elle se sentait prête à partir, pour parcourir de nouveaux chemins. N'était-ce pas là son désir le plus cher ? Etre libre d'aller où bon lui semblait, explorer, découvrir, sans avoir de comptes à rendre à personne ?

Mais, en cet instant de douce euphorie, n'oubliait-elle pas un certain serpent gravé sur son épaule, qui signifiait qu'elle appartenait désormais à Manshe ?


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MessageSujet: Re: Il faut que jeunesse s'amuse.   

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Il faut que jeunesse s'amuse.
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