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"Bonsoir ... j'ai entendu dire que vous recrutiez."
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MessageSujet: "Bonsoir ... j'ai entendu dire que vous recrutiez."   Dim 27 Sep - 0:12

heum … Excusez-moi, mademoiselle, mais … qu’est-ce que vous faites sur mon toit ?
Je réfléchis. Et je fais une pause, je … sors de plusieurs heures de voyage.
Il y a des endroits plus appropriés pour ça, comme une auberge, ou … enfin ...les jeunes, de nos jours. Faites attention à ne pas vous casser une patte en tombant.
La semi-vampire eut un petit sourire lorsqu’elle entendit le qualificatif qu’on utilisait pour elle, sans que ce dernier ne soit visible grâce à son masque. « jeune » … enfin, se dit-elle en répliquant : Je ne vais pas rester très longtemps, ne vous en faites pas. Et je serais prudente.

Le vieil homme soupira un peu, et hocha doucement la tête en refermant le vasistas à travers il passait la tête depuis quelques instants sans rien ajouter. Elle laissa ses yeux et son regard posés sur le verre pendant quelques instants, avant de revenir à ce qu’elle fixait avant qu’on ne vienne la déranger : la mer. Certes, on pouvait effectivement se demander ce qu’elle pouvait bien faire sur le toit d’une maison pour sa « réflexion » … S’il avait insisté, le propriétaire de la bâtisse aurait peut-être obtenu une réponse du style « rien, il aimait bien les hauteurs, et m’a petit à petit contaminé » … Et s’il avait également osé poser une question à propos de l’identité de ce « il », elle aurait sûrement soupiré en répondant « un homme que j’ai aimé, autrefois ». Elle s’était intérieurement préparé à fournir ces réponses : elle était presque déçue de ne pas avoir à le faire … même si en parallèle, elle était contente de ne pas ouvrir une potentielle discussion sur son passé. Se frottant doucement le menton, elle suivait le parcours des vagues, qui naissaient, s’élançaient à l’assaut du sable de la plage et de la digue du port … et s’échouaient les unes après les autres, pour y mourir et disparaître. Un cycle funeste légèrement déprimant, lorsqu’on se penchait trop dessus … mais qui faisait rire la demi-elfe. Les hommes du monde d’où elle provenait étaient un peu comme ces vagues, après tout … éphémères. Elle en avait vu passer tant et tant de générations, ils n’avaient pas grande importance. Cependant … le sujet de ses réflexions n’était pas là : loin s’en fallait, en fait.

Elle n’était plus sur Era Necrolia. Elle n’était plus une chasseuse de monstre, plus une fille de duc, ni une envoyée de la reine … Ici, elle n’était à vrai dire rien ni personne. Elle ne portait sur elle que quelques affaires, une monnaie qui ne correspondait probablement pas à celle de la population locale, et par-dessus le marché … elle se sentait presque handicapée par l’absence de ses pouvoirs. Elle n’aurait pas cru cela possible un jour, à vrai dire … Elle avait déjà envisagé l’option de perdre un bras, peut-être une jambe … Défigurée par une explosion ou un coup de griffes, voir paralysée par un coup trop brutal porté au mauvais endroit … elle avait déjà vu un certain nombre de collègues dans ces situations guères plaisantes, et un ou deux d’entre eux avaient déjà, pour ce genre de désagréments « possibles », tentés de la dissuader de poursuivre ce métier. Mais privée de sa force, de sa vitesse, et de certaines de ses capacités … non, ça, elle n’avait même pas envisagé cette possibilité un jour. Et elle ne percutait que maintenant à quel point elle était handicapée par ce nouveau statut. Que maintenant qu’il était appliqué … Elle allait visiblement devoir repartir de 0, si ce que lui avait indiqué ce gamin était vrai. Un retour de plusieurs siècles en arrière … enfin, encore que. Certes, elle n’avait plus les aptitudes physiques, mais elle possédait toujours ses griffes, son acide … c’était déjà quelque chose. Sans parler d’un autre atout, autrement plus important … Sa tête. Son expérience … Ses expériences, à vrai dire. Autant les mettre à profit … le reste, le statut, les titres, voir même le métier … elle pouvait s’en passer. Ou en changer : il y avait probablement des opportunités à saisir, sur ce nouveau monde …

Si Morlun avait été transporté de même qu’elle, il devait être dans le même état … un « simple humain ». Le châtiment devait être encore pire pour lui : il n’était pas né homme … Restait à voir de quelle manière il recouvrerait ses pouvoirs. En imaginant que, en absorbant l’âme d’autres individus, il puisse recouvrer plus rapidement son ancien statut … Le traquer tout de suite n’était pas une bonne idée. En imaginant qu’elle ne parvienne à le débusquer dans la semaine, ou dans le mois … Rien n’indiquait que sa puissance n’aurait pas grandement augmenté d’ici là, alors que celle de la chasseuse de monstre serait vraisemblablement au même niveau, si elle ne faisait que se déplacer le plus vite possible vers lui. Par ailleurs, si elle savait qu’il était là, il n’en était probablement pas de même pour lui. Autant ne pas gâcher l’avantage de l’effet de surprise … elle devait donc dans un premier temps retrouver assez de force pour venir à bout de sa Némésis, et ensuite le traquer et l’abattre. Le tout en espérant qu’il ne se fasse pas de puissants alliés dans l’intervalle … sur Era nécrolia, les anges étaient des parias : des créatures maléfiques, qu’on devait exterminés. Totipotents, ils étaient cependant assez redoutables pour pouvoir vivre leur éternité tranquillement, s’ils ne perturbaient pas trop les mortels. Mais ici … rien n’empêchait ce fourbe de faire ami-ami avec un ou deux autres « élus » de sa nation, et de faire en sorte qu’ils ne le protègent. C’était un risque à prendre … et pas un petit. Mais après tout … S’il prenait cet avantage, elle pouvait bien tenter de faire de même. Qui plus est … Elle pouvait également, au passage, s’entraîner un peu. Quoi qu’il advienne donc dans les temps à venir, elle resterait ici au moins plusieurs mois, probablement … Peut-être des années. Rien de bien dérangeant : elle avait fait pire … et savait que la patience pouvait être récompensé.

En attendant, à l’heure actuelle, elle restait tout de même avec un énorme « rien » en guise de statut, sans sous, sans pouvoirs, dans un monde inconnu. Rapidement, elle jeta un coup d’œil au sac juste à côté d’elle, et l’ouvrit doucement. Rien de son contenu ne lui appartenait : elle l’avait volé quelques heures plus tôt … ah, un autre avantage d’être sur un toit. Les poursuivants vous y retrouvent rarement. Enfin … ce n’était pas pour rien que les chasseurs de monstres n’étaient pas particulièrement appréciés, après tout. En tout, elle disposait donc … D’une ceinture de couteaux de jets. Elle ne savait pas vraiment à qui elle l’avait « subtilisé » en la tranchant d’un coup de griffe, mais vu la manière ostentatoire qu’il avait de la porter, c’était probablement un bandit … ou un idiot. Quelques herbes qu’elle avait récolté, qui ressemblaient étrangement à celles de sa terre d’origine : elle pourrait probablement en tirer quelque chose. Egalement, un hachoir de boucher, qu’elle avait subtilisé sur un étal dans un marché. Toujours utile si elle se mettait à chasser pour se nourrir, ce qui n’était pas impossible. Quelques vêtements, qui séchaient dans le pré derrière une maison à côté de laquelle elle était passée. Ils n’étaient pas son genre, mais passeraient bien plus inaperçus que la tenue qu’elle portait en ce moment. Une bourse, plus ou moins remplie … Elle ne savait pas très bien si il y avait « beaucoup » d’argent ou pas dedans, sans connaître le cours de la monnaie locale (et sans avoir compté le nombre de pièces, aussi), mais au moins, elle pourrait probablement se permettre de se rendre dans une taverne ou auberge … en évitant de se la faire subtiliser, comme elle l’avait fait elle-même un peu plus tôt. C’était d’ailleurs le dernier de ses larcins en date : elle allait peut-être se calmer un peu sur le sujet … enfin. Elle avait fui son pays d’arrivée pour cette raison précise : elle n’aimait pas l’idée d’être incapable de faire le moindre mal à un garde ou deux si ils lui tombaient dessus. Heureusement, elle ne s’était « matérialisée » qu’à quelques kilomètres de la frontière : en se glissant à l’arrière d’une caravane de convoi marchand, elle avait pu quitter le pays sans trop de soucis pour se diriger vers un territoire neutre … Probablement l’endroit où sa condition d’élue lui causerait le moins de soucis, vis-à-vis d’une potentielle alliance ou inimité avec la population.

Et maintenant, elle se trouvait en bord de mer … une idée idiote lui vint à l’esprit. Elle avait besoin de se renforcer physiquement, n’avait pas envie d’être en permanence surveillée par les autorités d’un pays, et n’était absolument personne, ici … Pourquoi ne pas faire un petit voyage sur l’eau ? Elle savait – pour avoir déjà participé à des expéditions maritimes – que la vie sur un navire était rude, mais également que personne ne viendrait la chercher à bord d’un galion ou autres. Elle avait une expérience à vendre, des compétences … dans le pire des cas, un petit bateau suffirait bien. Se relevant en enfilant le sac, elle s’approcha du rebord du toit, et se prépara à sauter … avant de se souvenir. Se massant les yeux, elle inspira doucement, et se retourna en se baissant de nouveau. En une petite poignée de secondes, relativement fastidieuses, elle était parvenue à redescendre la façade … à l’avenir, si elle voulait s’amuser à faire ce genre de chose, il faudrait mieux choisir des maisons contre lesquelles étaient posées des échelles, tant qu’à faire. Se frottant les poignets pendant quelques instants en observant une nouvelle fois la bâtisse, elle finit par se détourner, et se mettre en marche.

Tous les ports, peu importe le monde où ils se trouvaient visiblement, fonctionnaient de la même façon, pour peu qu’on ait connaissance du mode d’emploi en ce qui concernait une ville portuaire à une époque médiévale. A savoir : si vous parveniez à reconnaître la personne à qui vous adresser, vous pouviez obtenir des informations intéressantes pour un prix … modique. En l’occurrence ? « Où se (re)trouvent les gens qui cherchent un travail en tant que marin, ou veulent d’un équipage, ici ». Dans le petit port où s’était arrêté la semi-vampire, la taverne s’appelait « le rond de cuir », et il s’agissait d’un établissement de moyenne classe : de quoi satisfaire les gorges assoiffées de marins bloqués à terre, disposant de quelques filles pour ceux qui repartiraient en mer dans trop peu de temps, et de quelques alcools raffinés pour les capitaines qui pouvaient venir « s’en jeter une » également … Encore que, la plupart devaient avoir leurs stocks personnels, mais ils n’étaient pas forcés d’en emporter avec eux s’ils cherchaient des bras. La demoiselle n’attira pratiquement pas l’attention lorsqu’elle franchit la porte de l’établissement, ce qui lui convenait parfaitement : elle se contenta de se poser doucement au comptoir, et de commander … tiens. Elle n’avait jamais vu le nom « saké » pour un alcool … autant se laisser tenter par un verre, se dit-elle en étalant sur le comptoir les quelques yens demandés. Elle fut un peu déçue de la taille du verre qu’on lui posa sous le nez, mais après tout … elle n’était pas là pour tenter de nouvelles expériences culinaires. Pivotant un peu sur son tabouret, elle plissa les yeux, et observa un peu la salle … et maintenant. Par où commencer ?


"La plus grande Nemesis que j'ai jamais dû affronter ... C'est moi-même." :
 


"Ceci dit, petite boule est devenue grande ... Mais il s'appelle toujours Oor'ka.":
 
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MessageSujet: Re: "Bonsoir ... j'ai entendu dire que vous recrutiez."   Lun 28 Sep - 0:02






Partie de l’équipage, partie du navire.





Ce monde allait être une véritable plaie à conquérir, Dahlia pouvait le sentir à mille lieux d’ici. Cela faisait désormais quelques jours qu’elle roulait sa bosse sur Kosaten, voir même une bonne semaine complète et elle commençait à peine à prendre ses marques. Les élus, les nations, les monstres, la secte, tant de paramètre à prendre en compte qui n’avait pas lieu d’être dans son monde d’origine. Là-bas, c’était tellement plus simple et elle n’arrêtait pas de se rabâcher l’esprit avec ça. Dans son monde, elle était la seule, l’unique personne à avoir des pouvoirs surnaturelle. Elle était la chef, la reine des pirates, celle devant qui on tremble, celle devant qui on implore la pitié car on sait très bien que personne ne peut enliser son règne de terreur … De doux souvenir qui la faisait doucement bouillonner à l’intérieur.

Au plus la capitaine cherchait des solutions, au plus elle trouvait d’obstacles. D’abord le sceau qui ne lui permettait pas de faire grand-chose en Fuyu, puis les élus qui étaient pour la plupart plus puissant qu’elle pour l’instant et qui étaient donc source de problème et puis, finalement, sa propre faiblesse. Nidhogg … Le pauvre n’était plus capable de naviguer seul. Sans ce fondement de son style de vie, la belle rousse ne s’imaginait pas aller bien loin. Elle qui ne savait déjà pas la destination à suivre, il n’y avait pas de raison d’en chercher si elle ne pouvait même pas commencer son voyage. Grâce à l’aide d’Heiwa, notamment, la pirate avait réussit à remettre son navire à flot  mais bloqué à quai, elle n’était pas beaucoup plus avancée que lorsque celui-ci était coincé sur un lac fermé. Il ne lui restait plus qu’une solution envisageable … Enrôler un équipage.

C’est avec douleur que Dahlia obligea les quatre pauvres âmes en sa possession à diriger tant bien que mal son navire pour l’instant inanimé. La truande pouvait remercier Fleya pour cette maigre offrande … Sans la féline, elle n’aurait pas aussi facilement tué ses gardes pour en capturer leur âmes mais cela ne changeait pas que Nidhogg était un imposant galion, l’un des plus grand sans doute. Là où un navire normal n’aurait besoin que d’une poignée d’homme pour fonctionner au minimum de ses capacités, le Nidhogg en réclamait une bonne dizaine, voir plus. L’état d’apparition de son début d’équipage aidait à grossir ce nombre, un peu, mais en plus d’être insuffisant, Dahlia se retrouvait sur son siege de capitaine, concentrée, presque en sueur à devoir manipuler la combativité des âmes qui lui résistaient. Elle avait retrouvé l’équivalent d’un grain de poussière de ses pouvoirs d’avant, ce qui veut dire que même quatre malheureux cafards était difficiles à contrôler et à soumettre à sa volonté. Avec cette contrainte, le Nidhogg ne s’aventura pas bien loin sur la cote, ne prenant pas le risque de s’éloigner avant d’atterrir à un port, loin de terres gelées de Fuyu. Le voyage fut long et éprouvant, assez pour se dire qu’il allait falloir faire des concessions : pas de tuerie ni de pillage pour l’instant. Pas d’or, pas de moyen facile de faire les choses … Il lui fallait de la main d’œuvre, organique cette fois, quitte à devoir payer de sa poche. Il lui fallait un moyen d’accomplir son rêve, ne serait-ce qu’un début de moyen … Pour façonner ce nouveau monde à son image. Ainsi, c’est après une longue session de toilettage que la séduisante capitaine posa le pied à quai, le temps de se rincer le visage, de se faire belle, maquillée et parfumée … Il était d’ailleurs curieux de voir que malgré toute ses mésaventure, dont celle concernant leur arrivé à Kosaten, Nidhogg garda avec lui, dans la cabine du capitaine, tout le nécessaire pour accueillir les standards de son passé.

D’abord, c’est par des sourcils arqué qu’on accueillit la grande capitaine. Il ne lui fallut qu’une semaine à loger à la capitale de Fuyu pour comprendre que ce monde n’était pas bien clément envers les femmes mais ça, c’était une habitude. Le sien aussi était comme ça. Elle était la seule femme capitaine et ironiquement, alors que les femmes sont traitées comme des objets et des moins que rien, c’était une femme qui dominait les mers. Ici, voir une femme habillée de manière distinguée et relativement couteuse, d’une belle veste de cuir blanc aux contour doré, de toute sorte d’étoffe de soie colorée et d’un couvre-chef tout aussi transpirant la richesse que l’était sa veste … Cela avait de quoi impressionner les marins des environs. Cependant, une personne plus importante que les autres, habillé d’une robe blanche, propre et distingué, tenant un calepin et un crayon de charbon en main s’approcha, d’elle instinctivement bien qu’il soit tout aussi impressionné que le reste des spectateurs.

"Et bien, les élus revêtent souvent une apparence étrange mais j’ignorais que leurs bateaux suivaient la même voie."

A cette entrée en matière, la truande lui offrit un petit sourire satisfait, lui tirant son chapeau pour se courber bien bas en signe de salutation. Dans sa situation, où elle n’avait pas encore de réputation ni de pouvoir pour faire trembler les cœurs, Dahlia adoptait un comportement bien plus respectueux et réfléchit. Cet homme était sans aucun doute le responsable des quais qui devait travailler pour un riche prince marchand qui tenait ce port. Elle était en territoire neutre après tout, Fuyu n’avait rien à faire là dedans. Il était donc dans son intérêt de ne pas trop faire de vague et de faire parler son éducation que tout pirate n’avait pas forcement.

"Merci bien, mon brave. Je prends cela comme un compliment." Effectivement, il était facile de reconnaitre un élu en Kosaten mais tout comme elle, Nidhogg était aussi, en quelque sorte, un élu. Bien qu’elle ait recouverte la marque du dragon avec un bout de voile déchiré, il appartenait tout de même à un autre monde, possédant une architecture, une conception tout à fait différent de ce que l’on peut voir ici. "Vu votre carnet, j’en déduis que vous êtes le maitre des quais. Nous avons le même système, dans mon monde … Combien vous dois-je ?"

L’homme regarda ses documents avant de faire une petite moue. "Tout dépend de combien d’hommes notre ville doit accueillir pour la nuit."

Elle afficha alors un grand sourire. "Ah, cela tombe bien alors, je n’ai pas d’équipage. Tenez, gardez la monnaie." Dit-elle en lui claquant une cinquantaine de Yen sur son livre.

L’homme parut déconcerté un instant, prenant maladroitement les pièces. "P-Pas d’équipage ? Mais … Comment avez-vous pu …"

Cependant, il n’eut pas le temps de finir sa phrase que Dahlia l’avait dépassé et ignoré. Elle avait fait ce qu’elle avait à faire pour être « réglo » en ses lieux et c’était tout ce qui importait. Elle se dirigea donc, au soleil couchant, vers la première taverne des environs, lançant en l’air une bourse pleine de Yen qu’elle avait subtilisé au maitre des quais en le dépassant. Ce n’était pas pour rien qu’elle était si encline à donner son argent … Elle venait de faire un sympathique petit bénéfice. Jamais elle ne perdrait le nord. Ni elle, ni Nidhogg ne l’autoriserait. Ce fut donc sans chichi que la pirate ouvrit les portes du « Rond de Cuir », n’attirant d’abord pas bien l’attention avant qu’elle ne s’éclaircisse la voix, posant les mains sur ses hanches de manière sensuelle, regardant les matelots d’un air malicieux, sensuelle, avant d’hausser la voix dans ce brouhaha.

"Messieurs, messieurs, un peu de calme vous pris-je ! Je connais bien assez le monde impitoyable de l’océan pour comprendre que si  vous êtes ici à boire, c’est que vous êtes à la recherche de grande opportunité pour gagner votre vie. Et cette opportunité, je vous l’offre avec plaisir. Je suis capitaine et je recherche un équipage ~"

A cette dernière annonce, Dahlia n’eut pas le temps de continuer que plusieurs hommes commencèrent à parler entre eux, à rire. L’un d’eux, avec un peu plus de couille que les autre, n’hésita d’ailleurs pas à lui faire savoir son avis. "Une femme ? Capitaine ? Cesse donc ses idioties chérie et vient plutôt me resservir un verre !"

Un autre, moins joviale, reprit les paroles du dernier d’un air plus ronchon. "Une femme n’est pas capable de tenir un équipage d’homme. Arrête de nous importuner !"

Un dernier ouvrit sa gueule à l’haleine alcoolisé. "Quand on cherch’ra du divertissement au lieu d’boulot, on viendra t’sonner, poupée !"

Mais ses provocations n’atteignaient pas la capitaine, que trop habituée à ce genre de comportement. Dans son monde, elle se serait bien vite empressé de sortir ses armes pour voir si ils osaient répéter mais vu la situation, elle préféra user de moyens plus conventionnel pour régler la situation. Elle se mit à rire au nez de toutes ses personnes négatives.

"Grande gueule, petits esprits … Messieurs, dois-je vraiment vous l’expliquer ? Me serais-je trompée à ce point en pensant trouver ici des personnes honorable pour servir sur mon navire ?" Elle s’avança alors dans l’établissement, faisant claquer ses talons sur le plancher. "Je ne suis pas n’importe quelle femme. Je suis une élue. Et en tant que telle, je peux faire bien plus de chose que vous. Je peux vous apporter … Beaucoup … Beaucoup plus que n’importe quelle femme en ce monde." Elle soupira langoureusement, se déhanchant vers le premier inconnu récalcitrant pour venir effleurer son visage de sa main, remarquant sans surprise que l’homme baissa sa garde à voir une si belle femme le traiter ainsi. Elle ricana un peu avant de le lâcher et poursuivre.

"Pensez-y, respectable marin que vous êtes. Logé, payé, des escales dans chaque port, l’argent à profusion, la mer … N’est-ce pas ce que vous voulez tous ? N’est-ce pas un idéal qui semble aujourd’hui oublié à cause des guerres incessantes de Fuyu, Seika et Minshu ? Une réalité mise de coté depuis l’avènement des élus ? Vous n’êtes plus grand-chose aux yeux de l’humanité messieurs. Laissez-moi vous aider à revoir votre statut en ce monde. Moi, Capitaine, élue, vous offre l’occasion d’agir et de vous démarquer où seuls les autres élus ont leur mot à dire. Allez-vous vraiment cracher sur une occasion pareille ? Servir une élue de ma trempe, cela ne peut être que bénéfique, que je sois un homme ou une femme … Et puis, admettez-le …" Elle se retourna, un air taquin au visage alors qu’elle continuait de marcher en arrière, donnant un coup d’œil à l’assemblée. "Il est plus agréable de me regarder toute la journée que n’importe quel vieux loup de mer ~"

Sa petite comédie pouvait charmer ou énerver beaucoup de monde mais dans tout les cas, personne ne ressortait indifférent du coté théâtral de la situation. Parler et le beau-parler, jouer des mots et de son corps, c’était facile pour Dahlia, surtout devant ses esprits faible qu’elle nommait honorable dans le simple but de flatter leur égo de macaque. Mais sans perdre son rôle de douce capitaine enjôleuse, la belle rousse s’assit à une table au fond, isolé,  un coin de banquette fermé, croisant les jambes pour poser ses mains sur le même genou, regardant d’un air aguicheur l’assemblée.

"Souvenez-vous, messieurs : La fortune sourit aux audacieux… J’attends."

Beaucoup se regardèrent, intrigué. Biensur, il y avait toujours des sceptiques qui faisaient tout pour ne pas avaler le beau parlé de la belle mais la situation se débloqua lorsque le premier marin décida d’être cette personne « audacieuse » et vint un instant à la table du capitaine, avec qui il échangea quelques mots à voix basse, sans doute les détails des conditions de travail. Alors qu’ils étaient occupé de se concerté entre capitaine et future membre d’équipage, un autre homme se leva, puis d’autres, et bientôt le quart de la taverne vient à la table de la belle.

"D’accord d’accord, messieurs, un à la fois je vous prie. Vous aurez tous votre tour. Je cherche beaucoup de matelots pour mon équipage, pas de panique !"

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MessageSujet: Re: "Bonsoir ... j'ai entendu dire que vous recrutiez."   Jeu 1 Oct - 10:31

- Ma... Mais... Tu me suis depuis combien de temps? GARG!

Appuyant un peu plus son pied sur la plaie béante de sa cible, Akemi se pencha doucement pour placer son visage au dessus de sa victime. Ses cheveux noirs tombèrent en cascade, caressant le visage ensanglanté du pauvret qu'elle avait poursuivi. Elle avait pris, quelques jours plus tôt un petit contrat. Ce n'était rien de particulier, principalement une histoire d'adultère d'un type un peu idiot, qui avait trompé sa femme. Malheureusement, celle-ci faisait partie d'une famille riche, et le chagrin la poussa à mettre une récompense sur la tête de son vilain mari. La prime n'était pas folichonne mais si l'on comparait la peine au salaire, ça en valait tout de même la peine. Surtout que ce pauvre homme savait à peine tenir un sabre.

- Chut, ce sera bientôt fini...
- Mais... Je... Épargnez-moi, s'il vous-plaît!!
- Désolée... Mais il ne plaît pas..

Elle ponctua sa phrase en enfonçant son sabre dans la gorge de sa victime, observant cette dernière rendre son dernier souffle dans un soupir sanglant. Une fois certaine qu'il était mort, elle retira son arme et la nettoya, la rengainant par la suite. Elle fouilla ensuite le cadavre, s'emparant d'un médaillon qu'elle rangea dans sa bourse. Ce médaillon, c'était la preuve de la mort de sa cible. Il s'agissait d'un collier que l'homme avait "emprunté" en s'enfuyant. Quoiqu'il en était, sa cible avait eu le mérite de la faire courir. S'il ne savait manier un sabre, l'homme savait au moins bien se cacher. Au point qu'il avait fallut plusieurs jours, et surtout parcourir une très grande distance avant de pouvoir retrouver la trace de ce type. Laissant la dépouille telle quelle sur le sol de la forêt, la tueuse reprit sa route silencieusement, sortant une carte afin de voir où elle se trouvait sur ce monde qui lui était encore étranger.

Elle avait eu beaucoup de mal à se faire à l'idée qu'elle n'était plus sur Era Nécrolia. Elle peinait à se dire que toutes les règles qu'elles avaient connues n'étaient plus réellement viables. Sa faiblesse aussi, la tracassait. Visiblement, il y avait bien des choses qu'elle ne pouvait plus faire. Même si elle pouvait toujours se transformer, le fait était que ses changements de forme ne lui apportaient plus autant de puissance qu'auparavant. Cela lui était suffisant pour ces travaux et sa survie, mais elle craignait un affrontement contre un ennemi plus fort, même si elle était habituée à devoir affronter des adversaires coriaces, et savait comment tricher pour s'en tirer, ces méthodes étaient moins sympathiques que lorsqu'elle était à sa vraie force. Cependant, il y a une idée qui n'avait pas été trop dure à avaler. Il n'y avait plus besoin de se préoccuper des dépouilles. Ces dernières ne reviendraient pas sous forme de spectre comme elles auraient put le faire sur son monde natal.

Après quelques heures de marche, Akemi finit par sortir de la forêt et trouva une des routes qui lui permettrait de se rendre dans la ville la plus proche. Visiblement, et d'après les quelques panneaux qu'elle aperçut, la ville la plus proche était un port. Analysant sa carte, elle se rendit compte qu'elle avait quitté "son pays" et se trouvait maintenant en territoire "neutre". Elle n'avait que peu d'idées sur les manœuvres politiques de ce monde, sur les divers conflits qui le frappaient. Cependant, elle savait que la marque qui était apparue sur son corps l'empêchait d'agir contre les intérêts du pays qui l'avait adoptée. En territoire neutre, la donne était différente, peut-être qu'elle serait un peu plus libre de ses mouvements.

Arrivant au petit matin dans le fameux port le plus proche, la demoiselle observa les marins qui s'affairaient. Vivre de manière automatique, allant pécher le matin, avant d'aller boire et frapper sa femme le soir. Un cliché qu'elle avait déjà vu dans son monde. Toutes les choses n'étaient pas si différentes après tout... Marchant silencieusement, elle tira un peu plus la cape qu'elle avait "emprunté" à sa dernière proie afin de cacher un peu plus son bras amputé. Si les femmes n'étaient pas très bien traitées chez ce genre d'hommes, les femmes avec un "handicap" l'étaient encore moins. Quoique, des fois, elles étaient prises en pitié et pouvait avoir quelques avantages. Même si en réalité, le seul handicap qui frappait réellement Akemi, était cette sensation de faiblesse qu'elle ressentait depuis son arrivée ici.

Marchant parmi les marins, elle observa quelques temps les nombreux navires qui s'étaient amarrés aux quais. Silencieusement, elle continua sa route au travers du port, analysant les habitants et l'environnement. Elle avait la chance d'être assez petite et de passer vite inaperçue si elle le désirait. Se dirigeant vers l'auberge la plus proche, elle entra doucement à l'intérieur, n'attirant que quelques regards, plus curieux que soupçonneux. Elle n'était personne ici, et pour le moment, cela lui convenait très bien. Elle se dirigea au comptoir où elle demanda une chambre, versant les quelques pièces demandées. Une fois dans son lieu de repos, elle soupira doucement en laissant tomber sa cape et son sac de voyage sur son lit et commença à enlever ses vêtements, se plongeant un peu plus tard dans un bain qu'elle avait préparé. Elle lâcha un soupir de plaisir en laissant l'eau chaude la recouvrir. Elle sommeilla ainsi quelques temps, avant de finalement sortir et s'occuper de son équipement.

Ce ne fut que bien plus tard qu'elle descendit pour aller boire un coup et en apprendre plus sur les derniers ragots, ces endroits étant de vraies mines d'informations. Vêtue d'une robe traditionnelle de sa ville natale, elle se dirigea silencieusement vers l'un des fonds de la salle, commandant à boire alors qu'elle réajustait Yoake à sa ceinture. Elle fut étonnée de remarquer à quel point les robes de sa ville pouvaient parfois ressembler à celles de ce monde. Cela l'arrangeait au plus au point à vrai dire, il était plus facile de se mêler aux autres quand on leur ressemblait. Elle s'assit donc tranquillement, observant les divers mouvements de la salle, et écoutant les discussions des marins. Elle recala poliment les quelques courageux qui vinrent la voir pour lui proposer un verre à boire en la draguant ouvertement, et se focalisa sur les entrées. Elle se surprit à sourire en observant une femme entrer, sa démarche lui rappelant celle des chasseurs de monstres d'Era Nécrolia, puis, consciente de la présence de cette femme, continua d'observer la taverne. L'arrivée de ce qui semblait être une capitaine de bateaux attira l'attention d'Akemi. Vu le traitement que réservait les hommes d'ici aux femmes, il n'y avait que deux options. Soit la demoiselle qui était entrée et commençait son speech était une femme aux tripes vraiment développées. Soit il s'agissait d'une élue, comme elle, qui tentait de regagner en puissance, et visiblement, en richesse et pouvoir. Richesse et pouvoir, deux statuts qui ne déplaisaient pas non plus à Akemi, bien qu'elle accordait plus d'importance au premier qu'au deuxième. Elle ricana aux remarques de la capitaine, avant d'observer la facilité avec laquelle elle était parvenue à retourner le cerveau de tous ces types. Un équipage? Hum... Cela n'était pas une idée aussi stupide qu'elle n'y semblait. Akemi avait déjà eu l'occasion de parcourir les mers sur son monde, même si elle ne l'avait fait qu'une fois ou deux, elle était montée sur les bateaux les plus prestigieux de la flotte humaine et indépendante, et savait que ce mode de vie pouvait vous mettre à l'épreuve et vous renforcer. Pile ce qu'il lui fallait. Après tout, elle pouvait attendre avant d'aller toucher sa récompense, il lui restait encore assez d'argent. Elle aperçut également la femme qui avait attiré son attention plus tôt, et aux vues de sa démarche, cette dernière l’intéressait également. Surtout si elle allait voir la capitaine.

Se levant doucement, la tueuse se dirigea en silence vers l'attroupement qu'avait crée la capitaine. Toussotant doucement, elle attira l'attention des hommes devant elle qui grognèrent quelques instants avant de se pousser, surpris par la poigne qu'avait le petit bout de femme, dont les yeux commençaient doucement à changer de couleur. Ayant un véritable couloir de marins qui lui laissait la place pour se rendre vers sa cible, ses yeux reprirent une teinte normale alors qu'elle avançait doucement et dans une grâce à peine exagérée vers Fortune. Elle défit sa cape doucement en la tendant à un des marins qui la prit dans un air gêné et surpris, avant de continuer sa route et de finalement se retrouver au niveau du capitaine, et de la mystérieuse femme aperçut plus tôt. Faisant fi de cette dernière, Akemi fit signe à un marin en souriant, lui montrant une chaise. Ce dernier déglutit légèrement, visiblement sous le charme de la demoiselle aux cheveux de jais, et lui apporta la fameuse chaise. S'asseyant doucement dessus et croisant les jambes, Akemi plongea son regard dans celui de Fortune, souriante.

- Charmant discours. Vraiment, votre éloquence est certaine. Mais ce qui m’intéresse, c'est de voir si votre technique est semblable. Vous recrutez, c'est ça?
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MessageSujet: Re: "Bonsoir ... j'ai entendu dire que vous recrutiez."   Jeu 1 Oct - 23:09

Au moins, elle pouvait affirmer quelque chose à propos de cet endroit … c’est qu’il lui était presque familier. Pas l’endroit en lui-même, elle ne connaissait personne, pas plus que la taverne en elle-même : l’architecture même du bâtiment lui laissait une impression étrange … exotique. Mais l’ambiance, elle, était bien la même que dans l’immense majorité des tavernes qu’elle avait vu sur son monde. Quelque part, ce mélange bruyant de discussions, de rires, de bruits de verres ou de choppes et autres était … Rassurant. Portant une nouvelle fois son verre à ses lèvres, elle le vida d’une traite, paya, et demanda à passer directement à la bouteille. Cette dernière aussi était minuscule … Mais d’un autre côté, ce n’était peut-être pas si mal : le goût d’alcool n’était pas très prononcé, mais elle sentait clairement la brûlure qu’il laissait derrière lui … elle allait devoir faire attention.

Elle eut, l’espace d’un instant, la sensation d’être observé. Affectant de n’avoir rien noté, elle balaya doucement la salle, espérant que ses yeux se poseraient d’eux-mêmes sur celui ou celle qui l’avait dévisagé un peu trop longtemps … Dans l’état actuelle des choses, elle désirait tout, sauf être reconnue. Cependant, elle ne voyait que des marins braillards, des tables plus ou moins encombrées, des cartes, et parfois quelques mets destinés à faire illusion de repas. Encore que, ici peut-être … mais elle n’eut pas le temps d’aller jusqu’au bout de sa réflexion : quelqu’un fit une entrée … Remarquée dans la grande salle. Et du point de vue de la demi-vampire, c’était plus ou moins … La personne qu’il lui fallait. Primo, parce qu’elle était capitaine. Secondo, parce qu’elle embauchait – même si ça n’avait pas été le cas à la base, la chasseuse serait probablement venu la trouver lorsqu’elle se serait installée. Et tertio … Parce qu’elle clamait haut et fort être une élue, elle aussi. Ça, c’était inattendu … soit elle bluffait, soit elle était potentiellement bien plus intéressante que presque n’importe quel « vieux barbu », comme elle s’amusait elle-même à le dire … Le choix de la vampire ne prit que quelques instants à se faire. Elle se fichait bien de l’argent, de même que du pouvoir, si ce dernier était politique … en revanche, l’alcool aidant peut-être, elle se sentit soudainement une envie assez marquée de ne pas être au même grade que les autres outres à vin qu’elle voyait se lever en même temps qu’elle … D’une, elle devait intervenir rapidement, et de deux, imposer son jeu.

Pour la première partie, cela se joua sans grand mal : elle avait pris l’initiative relativement tôt, et le temps qu’elle arrive « dans la file », elle n’était qu’à la seconde ou troisième place … Elle ne risquait pas de voir une place de choix lui passer sous le nez. Ou en tout cas, rien de trop important. Elle eut un petit sourire en constatant que le groupe derrière-elle gonflait en nombre de manière assez rapide, elle avait bien fait de se presser … Observant l’entretien entre le marin devant elle et la jeune capitaine, elle constata que ce dernier fut embauché assez rapidement, et le regarda partir, avant de prendre sa place en silence. Pendant quelques secondes, elle se permit de ne rien dire, réfléchissant. Elle avait face à elle une autre élue, qui promettait richesse, fortune … pouvoir. Ce n’était peut-être pas une bonne chose de simplement dire « j’ai vu la mer, et une soudaine envie d’embarquer m’a prise. » Pas plus qu’il n’était pertinent de se faire passer pour un(e) marin : elle n’en avait nullement l’apparence, même si une fois sur l’eau, elle pourrait peut-être donner le change. En revanche, elle pouvait bien jouer de son statut … cette rouquine jouait ouvertement de son statut. Autant donc lui rendre la politesse, du moins à ce niveau-là. Elle se servit un verre de saké avant de commencer à parler. Elle aurait volontiers fait un sourire poli, comme elle en avait sorti des milliers par le passé … Mais le voile de tissus devant sa bouche aurait rendu ce geste inutile.

Bonsoir … Je suis presque étonnée que vous n’ayez parlé de que « messieurs » dans votre équipage. Après tout, une femme capable de survivre au sein d’un équipage, ça n’a rien d’un fantasme … ou presque. En revanche, et elle baissa le ton pour ajouter cette partie de la phrase, J’ai été particulièrement intéressée par le moment où vous parliez d’élus … car ce statut nous fait un autre point commun.

Un évènement relativement inattendu se produit alors, que la vampire se tourna légèrement pour observer. Et en dépit de toute l’expérience qu’elle avait accumulé, même elle n’aurait pas su prédire qu’une jeune femme avec un aussi joli minois aurait l’audace de pouvoir s’avancer, de manière aussi assurée et charmante, vers leur table. Elle eut même le culot de se faire littéralement apporter sa chaise, et prit tout naturellement la parole. Dans d’autres circonstances, l’hybride aurait éclaté de rire, mais elle n’était pas vraiment certaine de vouloir qu’on lui pique d’aussi belle manière la vedette … et qu’on s’incruste dans son temps de parole. Avant qu’elle ne trouve quelle réaction adopter cependant, un autre évènement survint, qui la touchait d’encore plus près … à vrai dire, c’était même une main sur son épaule, qui appuya légèrement. Elle reconnut le ton de la voix, et n’eut pas besoin de se retourner pour sentir l’odeur d’alcool.

Hey, on peut savoir d’où les demoiselles ont la priorité comme ça ? ‘Faut pas pousser, hein ? Toi, si t’as fini, libères ta chaise, s’mon tour.

Elle ne retira pas le fin voile de tissus qui masquait sa bouche : si on regardait mal, on pouvait même penser qu’elle était simplement perplexe. Mais derrière cette protection, et le mouvement de sa tête qui aurait pu laisser penser qu’elle ressentait un sentiment d’abattement, la mi-elfe souriait. Se relevant doucement en faisant reculer et racler sa chaise sur le parquet de bois, elle pivota pour faire face au marin, et leva les yeux vers les siens. Elle n’était pas très loin de faire sa taille, ce qui n’était peut-être pas courant pour lui. Ne comprenant pas vraiment pourquoi elle restait en place, il déplaça sa main de l’épaule de la chasseuse au dossier de la chaise, voulant visiblement la prendre pour s’assoir. La poigne de la demoiselle se posa sur son poignet, le coupant dans son geste, et recentrant son attention sur celle qu’il avait voulu chasser. Lentement, et dans le silence qui se faisait progressivement dans la taverne, elle remonta le long de ce bras. Effleurant sa peau brûlée par le sel, nue, tout le long de ses muscles noueux et de son épiderme tatoué. Jusqu’à l’épaule. Jusqu’au cou. Jusqu’au menton. Où, dans un bruit de craquement d’os sinistre, ses doigts muèrent subitement en longues lames argentées, renvoyant des reflets menaçants, et émettant un bruit caractéristique en caressant sa barbe d’une petite semaine, peut-être. La vampire pencha la tête sur le côté, n’ayant pas un instant lâché ses yeux du regard. Dans une telle position, quiconque voulait venir en aide au marin – à commencer par lui-même – n’avait aucun doute sur le fait que si elle le voulait, elle pouvait lui arracher la gorge avec de telles armes … même si peu de gens comprenaient d’où elles sortaient.

En fait … Non, je n’ai pas fini. Les demoiselles ont la priorité parce que vous êtes tous, messieurs, passablement galants, mais surtout assez avisés pour ne pas être tentés de marcher sur les pieds des mauvaises personnes. Maintenant, si vous voulez un excellent conseil pour patienter, vous pouvez attendre gentiment à une distance légèrement plus élevée, plutôt que de tous vous attrouper de manière aussi chaotique, voir même retourner à vos boissons respectives en attendant votre tour. Et certains d'entres vous ... Alors qu’elle parlait, elle lui raclait, depuis quelques poignées de secondes déjà, la peau : le rasage obtenu était aussi net qu’étrange. Cependant, elle fit glisser son index pour le décoller subitement, le faisant tourner un peu en l’air avant de pointer la sortie qu’elle pointa : peuvent également se rendre compte de leurs erreurs, et tenter de repasser demain, dans la matinée. Je suis certaine que mademoiselle vôtre futur capitaine ne crachera pas forcément sur de nouvelles paires de bras.

Les yeux jaunes de la vampire étincelaient. Elle pencha légèrement la tête sur le côté, laissant retomber sa main le long de son corps alors qu’elle observait le reste de la salle, passant lentement son regard sur tous les curieux, qui avaient pour la plupart reculé d’un pas ou deux. Elle n’était pas certaine qu’elle rendrait les recrutements plus productifs de telle manière, mais elle ne supportait pas l’idée de pouvoir être interrompue de telle manière par n’importe quel ivrogne ayant déjà noyé une bonne partie de sa misère dans le vin pendant la soirée … Et elle avait envie de mordre. Elle ne réalisa ce second fait que tardivement, et se contenta de souffler doucement, se détendant légèrement. Reprenant sa chaise pour se rasseoir sans accorder plus d’importance à l’incident, elle se mit doucement à fouiller sa veste, à la recherche d’une petite flasque qu’elle sortit au bout d’un moment de recherche. Vidant complètement – une nouvelle fois – son verre de saké à défaut d’un autre conteneur, elle vida une petite partie de sa gourde à l’intérieur, observant le liquide rouge sang avant de reboucher. Tirant son masque vers le bas pour dévoiler une paire de lèvres fines et un autre piercing doré, elle prit le verre, et le vida cul-sec avant de se couvrir de nouveau la bouche en avalant. Ayant presque tout de suite les idées un peu plus claire, elle s’éclaircit la gorge, regardant à nouveau la capitaine sans porter attention à la jeune manchot qui les avait rejoint … pour l’instant.

Je m’appelle Valentine. Je ne suis pas d’ici non plus, même si je pense que vous vous en doutiez … Et j’ai passé peut-être 40 ans au total sur les océans, là d’où je viens. Vous parlez d’ambition, de pouvoir … Je pense pouvoir vous filer un coup de pouce assez conséquent pour y parvenir, en même temps que nous tous. Tout ce que je demande, c’est une place de second … même si ce n’est pas forcément le salaire du poste qui m’intéresse. Si vous acceptez quelqu’un d’un peu … spécial à vos côté, bien entendu.

Tournant lentement la tête vers la chasseuse de primes qui s’était installée avec elles, l’elfe ne marqua qu’une courte pause, reprenant presque tout de suite.

Quant à vous, je ne m’avancerais pas jusqu’au prénom … Mais j’ai cru voir une armoirie particulière sur votre tenue. Je suis prête à parier que vous venez d’Era Necrolia, comme moi … Et même que vous appartenez au clan Tokugawa.

Tournant un peu la tête pour regarder derrière elle, la blonde observa, non sans une pointe de satisfaction, que son discours plus tôt avait eu un peu l’effet escompté : une bonne partie des marins s’était reculés, et même si peut-être la moitié d’entre eux patientait encore debout, elles pouvaient discuter … Tranquillement. En quelques sortes.

Oh, et pendant que j’y pense, « capitaine » … Vous dites nous offrir gloire, puissance … « pouvoir ». Ce n’est certainement pas en convoyant du riz et des épices qu’on obtient ce genre de choses, en mer ... Je ne dis pas que je suis d’une honnêteté à toute épreuve, simplement, je tiens en premier lieu à savoir dans quoi je m’engage … et auprès de qui, d’ailleurs. Comment doit-on vous appeler ?


"La plus grande Nemesis que j'ai jamais dû affronter ... C'est moi-même." :
 


"Ceci dit, petite boule est devenue grande ... Mais il s'appelle toujours Oor'ka.":
 
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MessageSujet: Re: "Bonsoir ... j'ai entendu dire que vous recrutiez."   Dim 4 Oct - 0:09






Partie de l’équipage, partie du navire.





"Et bien, je ne m’attendais pas vraiment à voir un jeune homme aussi fringuant se présenter. A qui prêtes-tu allégeance ?"

"Au plus offrant."

"… Je possède un navire ?"

"Cela fait de vous la plus offrande."

"Tu me plais toi. Bienvenu dans mon équipage !"

C’est ainsi, plus ou moins, que se déroulait toute les discutions de la séduisante Fortune envers ses inconnu se présentant pour s’enrôler dans son équipage. Un compliment, un petit jeu accommodé d’un ton mielleux et joueur et finalement, un mot de bienvenu hâtif sans demander grand-chose d’autre. La réalité était que Dahlia n’avait pas grand-chose à faire de qui elle employait, tant qu’elle avait des hommes. Même si un incompétent faisait mal son job, Nidhogg pourrait rectifier le tir de lui-même car au fond, c’était plus pour l’appui musculaire que la pirate avait besoin d’un équipage. A cette faible puissance, elle pouvait diriger son bâtiment par la seule puissance de sa volonté mais ce n’était pas judicieux d’en devenir malade alors qu’elle pouvait engager du monde pour faire le plus gros du boulot et elle, passer derrière. Quand aux désagréments que cela allait lui rajouter ? Dans le genre : la paie des marins ? La capitaine ne l’entendrait pas de cette oreille, ou alors pas pour longtemps. L’instant où elle retrouvera ses pouvoirs et que l’équipage se fera difficile, elle aura bien assez de leurs âmes pour faire fonctionner Nidhogg avant qu’il ne reprenne son indépendance.

Finalement, trop focalisée à trouver quelque chose à dire à chaque demeuré passant par sa table, elle ne remarqua pas tout de suite qu’une femme était dans la file d’attente. Celle-ci prit son tour comme tout le monde, s’asseyant avec son verre, faisant déjà hausser un sourcil à la truande. Une femme, certes, mais il n’était pas difficile de reconnaitre une simple femme d’une élue. Appelez ça de l’intuition, féminine ou non, ou alors seulement un sens de l’observation aiguisé … Mais l’un comme l’autre, elle ressortait du lot. Plus encore lorsqu’elle prit la parole, confirmant ses pensées. Pour répondre, Dahlia se contenta de ricaner, calme et assurée.

"Et bien, mademoiselle l’élue … Sachez que si, ça a l’air d’être du fantasme pur. Je ne sais pas si vous avez remarqué dans quel monde nous somme atterrit  mais il était préférable que je mette sur le podium les valeurs machiste, si vous voyez ce que je veux dire."

Elle faisait référence qu’il s’agissait d’un monde d’homme et qu’en temps que tel, elle s’attendait bien évidement à ce que bien plus d’homme se présente que de femme. Cependant l’arrivé d’une élue semblant vouloir la rejoindre était une surprise, certes, mais avant tout une très bonne nouvelle pour cette femme d’ambition. Elle avait moyennement réussit à embaucher Fleya à temps partiel mais avoir une élue directe sous sa coupe, ça, c’était un fantasme devenu réalité. Ce qu’elle disait, elle le pensait réellement … Les élus semblent diriger le destin du monde. Si Dahlia réussissait à en embobiner assez, peut-être pourra-t-elle le tourner à son avantage.

Une autre personne finit par rejoindre sa table là où jusqu’ici elle avait toujours reçu ses employé un à un. Cette personne, du point de vue de la capitaine, contrastait du tout au tout avec la blonde au teint pâle qu’elle avait sous les yeux. Là où celle-ci sortait du lot du commun des mortels  mais se fondait dans la masse, une autre femme se pointa, une femme que l’on pourrait confondre avec la population locale mais … Qui semblait avoir tout autant qu’elle les hommes dans sa poche… La séductrice se permettrait presque de la jalouser en réalité, vu comment elle semblait mener ses primate à la baguette rien qu’avec la force de sa présence. Mais en même temps, elle semblait avoir perdu un bras, ce qui voulait dire que l’on pouvait imaginer qu’elle était passé par beaucoup de choses, dans sa vie. La capitaine posa les coudes sur la table, entrelaçant ses doigts devant sa bouche sans pour autant cacher son sourire se faisant de plus en plus large. Cette table allait être témoin de discutions bien plus intéressantes que prévue.

"Tout dépend de quelles genre de techniques vous voulez que je vous montre, ma chère. Mais pour l’heure, effectivement, je recrute. Cela veut dire que si vous vous êtes présentée à moi, c’est que vous êtes intéressée. Donc, cela serait plutôt à moi je jauger votre technique. Vous avez déjà eut le culot de dépasser tout le monde, cela prouve une certaine force de caractère …" Dit-elle d’un air intéressé non dissimulé.

Mais avant de pouvoir lancer d’autre fleures à qui que se soit, un des hommes qui avait essayé de recalé Fortune durant son petit discours dérangea la blonde, faisant preuve de la même politesse qui le caractérisait. Le sourire de la femme fatale diminua un peu et de plus en plus en voyant l’élue jouer elle aussi de sa force pour se faire obéir. Certes, impressionnant, très utile, preuve de force et tout ce que vous voulez … Mais Dahlia avait besoin de ses hommes. Elle faisait déjà de son mieux pour ne pas les prendre en esclavage et les mettre le plus en confiance possible alors l’intervention de cette femme était … déplaisant à voir, disons. Il ne fallait pas que cela fasse fuir la main d’œuvre mais au lieu de s’interposer, elle laissa faire. Curieuse. Au fond, elle était comique. Son parler et sa façon de tourner des phrases polie en menace lui rappelait beaucoup son propre style, à vrai dire. Mais outre ce petit détail, le truande leva finalement la voix en prenant un air détaché.

"Messieurs, vous avez entendu la dame ? Demain, à l’aube, tous les volontaires n’ont qu’à se présenter devant mon navire. Vous n’aurez aucun mal à le reconnaitre. Savourez votre soirée, messieurs." Et bien que les dernières paroles de la capitaine semblaient être, de base, chaleureuse, elle les sortit d’un ton plus froid, presque méprisable, comme un ordre dissimulé

Pendant qu’elle parlait, elle pu observer la vampire calmer son jeu de la douce menace pour boire une mixture qu’elle ne pu que comparé à du sang, d’où le fait qu’elle l’appelait, dans son subconscient, une vampire. Décidément, elle devait avoir un truc avec ce genre de personne. En une semaine qu’elle était ici, elle avait rencontré deux vampire, si celle devant elle en était une. Cela ne la dérangeait pas, c’était même amusant à vrai dire. Ce genre de créature pouvaient s’avérer puissante. Enfin, c’est ce que disaient les récits de son monde. A voir ce qu’il en était dans leur monde respectif. Dahlia resta silencieuse tout le long de son discours, se contentant de la jauger du regard. Une seconde ? Sa seconde à elle ? Quelle étrange demande. Pour mériter cette place, la pirate estimait qu’il fallait une personne de confiance à ce post, qui partage ses idéaux et ce genre de chose. Son second, c’est … sacré ? C’est la personne juste en dessous du capitaine. C’est la personne mieux placée pour satisfaire les désires de celui-ci … Ou monter une mutinerie. C’était un poste à responsabilité, prendre la faute à la place de quiconque sur son navire… Etait-ce justement ça qu’elle cherchait ? Le pouvoir ? Etre importante ? Dans sa réflexion, elle finit par subitement prendre un air joyeux et joueur en voyant les deux femmes parler ensemble. Cela l’agaçait qu’on l’ignorait subitement ainsi pour taper la discutions avec celle qui n’était pas la capitaine autour de cette table … Mais en même temps, elle ne pouvait nier la situation, coquasse, que de rencontrer quelqu’un d’autre de son monde dans un endroit comme Kosaten.

"Oh ? Vous vous connaissez toute les deux ? Quelle adorable surprise … Je peux déjà voir une belle histoire d’amitié en pleine mer se produire, charmant. Cependant, nous ne somme pas là pour ça." Elle affina son sourire. "Pour l’instant ~ …"

Elle n’avait pas honte de le faire comprendre, ou du moins de le sous-entendre pour faire comprendre une allusion tout autre. C’était son coté fanfaronne qui, étonnamment, ne mettait pas en périls le sérieux qui entourait cette phrase, cette sensation que malgré son cinéma, elle n’était pas là pour rire, effectivement. Elle laissa la dite Valentine continuer avant de pouvoir donner ses réponses et ses propositions, gardant dans son discours ce mix de beau parlé, de plaisanterie et de menace imminente de par la nature peu charitable de ce qu’elle avait derrière la tête.

"Pourtant, je suis sur que les convoyeurs de Riz ont une belle vie, ma chère.  Mais vous avez raison. Vous êtes des élues et en tant que tel, il sera mal avisé de ma part de ne pas vous dire la vérité …" Elle glissa ensuite, plus bas.  "Il serait mal avisé de ma part de vous prendre pour des idiotes, comme je le fais avec ces « charmantes » personnes qui nous entoure."

Effectivement, les élus sont autant de magnifique pièce à jouer sur son échiquier qu’ils ne sont de réelle menace pour ses projets comme pour elle, tout simplement. Manipuler les élus, elle n’hésitait pas à le faire, quand ceux-ci étaient facile à berner. Cependant, elle ne s’attendait pas à ce que des élues viennent d’elle-même se faire embaucher, si tôt dans sa carrière en Kosaten. Si elles étaient destinée à se côtoyer, il serait mal vu qu’elles apprennent la vérité dans le feu de l’action, au cas où elles seraient de gentilles sainte nitouche … Pas qu’elles en ont l’air en tout cas, ça c’est sur. Mais dans tout les cas, elle serait dans une situation délicate si l’une d’elles devait se rebeller sur son propre bâtiment. Dahlia était encore très faible comparé à avant. Elle n’osait pas imaginer un élu, au sein même de son navire, causer le chaos d’une manière qui ne lui serait pas profitable. Mais elle ne laissait paraitre rien de ses inquiétudes, continuant.

"Nous somme des élues, mesdames. Nous somme … des esclaves de ses dieux volant dans les cieux." Dit-elle en faisait un petit signe de la main, comme pour leur faire comprendre qu’elle trouvait cette histoire farfelue. "Et je ne sais pas vous mais le faite d’être réduite à un simple pion me dérange fortement. Alors, je ne sais pas ce qu’ils ont prévu pour moi … Mais je ne compte pas spécialement suivre leurs plans. Ils m’ont ramené ici pour que je puisse faire ce que je sais faire de mieux ? Alors je le ferais. Capitaine Dahlia Fortune, mesdames. Chasseuse de prime, corsaire … Mais surtout, maintenant et pour toujours … Pirate. Voir même … Reine des pirates, de là où je viens."

Un sourire malicieux se dessina sur son visage, follement amoureuse de son titre, fière et rêveuse de cette tendre époque.

"En tant que tel, je ne compte pas me plier à une quelconque nation, si ce n’est la mienne. C’est pour cela qu’il me faut des hommes, de l’argent, de l’influence pour commencer à me démarquer et … semer un peu de chaos dans toutes ses histoires de guerre entre les dieux. Un Chaos lucratif cependant, mesdames. Or, bijou, tout ce qui a de la valeur … Du sang." Dit-elle en jetant un petit regard à celle qu’elle croyait vampire. "Et bien évidement, la puissance. Cela fait peu de temps que je suis ici mais j’ai déjà deviné comment retrouver nos puissances d’antan. C’est bête à dire mais il suffit d’attendre, de s’entrainer, de survivre … Et de prospérer ensemble. Je serais ravie de vous fournir les sacs de sable sous forme de cible à abattre. Si tenté qu’un peu de sang sur les mains ne vous gêne pas."

Elle annonçait ça d’un naturel dérangeant. Peut-être avait-elle comprit, vu leur tenue, leur comportement ou même leur allure, qu’elle n’avait pas affaire à de fière représentante de la justice mais plutôt à des collègues truande de tout horizon.

"Biensur, vous serez logées, nourrie, bla bla bla. Et comme vous n’êtes pas n’importe qui … Vous serez Seconde ? Et vous, pourquoi  pas maitresse d’équipage ? Vous me semblez être du genre à imposer votre volonté facilement. Qu’en dites-vous ? Des questions ?"



Dernière édition par Dahlia Fortune le Mar 6 Oct - 16:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "Bonsoir ... j'ai entendu dire que vous recrutiez."   Dim 4 Oct - 14:16

Akemi rendit un large sourire à Dahlia lorsqu'elle lui répondit. Elle avait entendu ce qu'elle désirait entendre, et si cette femme était bel et bien une élue, alors elle saurait diriger son navire comme il le fallait et serait apte à les mener sur les flots... Et à laisser Akemi regagner un peu de sa puissance. Cependant, la jeune femme haussa un sourcil aux mots de la blonde. De toutes les choses improbables qu'elle avait vécu ces derniers temps, jamais elle n'aurait crût rencontrer une personne venant d'Era Nécrolia. L'espace d'un instant, la demoiselle crut à une farce, puis se ravisa et reprit un air sérieux, se tournant l'espace un moment vers celle qui s'était adressée à elle.

- Oui, en effet. Elle décroisa les jambes, avant de les recroiser, passant cette fois sa jambe gauche au dessus de sa droite. Et vous êtes une chasseuse de monstres, n'est-ce pas? Je reconnais votre démarche... Et votre... Spécialité. Je suis Akemi Tokugawa. Enchantée.

Elle avait ponctué sa phrase avec un sourire poli en inclinant légèrement la tête, comme il était coutume chez elle. Tout ce paraître et les jeux de séduction qu'elle mettait en place tranchait légèrement avec son comportement habituel, même si la demoiselle se plaisait à agir ainsi. Les hommes présents étaient simples à manipuler, car profondément machiste, et profondément stupide. Seulement, s'il était question de naviguer plus tard avec eux, autant qu'ils aient Akemi à la bonne et la considère comme leur égal, ou la voit comme un objet sacré qu'il fallait à tout prix protéger. Dans certains cas, jouer sur ses formes avait son avantage et la deuxième solution n'était pas toujours désagréable, surtout si un conflit interne éclatait sur le navire. C'était à Akemi de savoir allier séduction et force. Chose qu'elle avait sut faire moult fois par le passé en tant que capitaine de la garde, ici, les choses étaient identiques.  

Le discours de Dahlia intéressa ensuite fortement la tueuse, qui reprit son sourire précédent. Lorsqu'elle énonça le fait qu'elle leur fournirait de l'or, de la puissance, et surtout du sang, l'envie de rejoindre l'équipage de cette femme devint plus fort. Si ses pouvoirs avaient été affaiblis, la soif de sang et de meurtre d'Akemi n'avait que peu diminué et elle serait ravie de mettre ses talents au service de Fortune si elle en tirait parti. Après tout, c'était vraiment une solution gagnante pour tous. Fortune gagnerait de la renommée et de l'influence, et si Akemi faisait partie de l'équipage, alors elle en gagnerait également. Elle ne recherchait pas forcément ça en premier lieu, mais l'idée lui plaisait de plus en plus. Maîtresse d'équipage? Oui, l'idée était acceptable, elle ne serait pas au même rang que les autres primates et elle aurait une position de sécurité si les choses tournaient mal sur le navire, ou entre la capitaine et sa nouvelle seconde, Valentine.

Akemi fit alors signe à un membre de la taverne, puis lui demanda du saké. Versant le contenu liquide dans une petite coupelle. Elle porta le nectar à ses lèvres avant de le boire d'une traite, et de reporter son attention sur sa nouvelle capitaine, se léchant les lèvres.

- Oui, j'aurais quelques questions en effet. Nos marques nous empêchent de faire le moindre mal aux gardes de nos royaumes respectifs. Comment pourront nous combattre en mer si un navire de ces derniers nous attaque? J'ai crut comprendre que nous étions libre de nos mouvements, uniquement si ceux-ci n'allaient pas à l'encontre des intérêts du pays qui nous a "recueilli". Avez-vous des informations quand à l'affaiblissement de cette dernière? Elle diminue si l'on s'éloigne? Si l'on redevient plus puissante, comme vous le signalez? L'idée d'être votre maîtresse d'équipage me plaît réellement. Seulement, si l'on doit uniquement aborder des petits navires de pèche, je ne suis pas certaine que votre influence augmente de manière exponentielle.

Elle marqua une pause tout en se resservant de l'alcool, avant d'en ravaler une gorgée doucement.

- Toutefois. Nous pouvons toujours oeuvrer sous lettre. Le temps que nos marques ne soient plus une gêne. Nous ne savons même pas à quel.. Divinité, nous sommes rattachés chacune. Il vaudrait mieux être au courant, si nous voulons être certaine de ce que nous pouvons attaquer. Je "viens" de Minshu. Par conséquent, je ne peux attaquer ce qui vient de cet endroit. En revanche, j'avais aussi pensé à quelque chose pendant votre discours. Savez ce qu'il en est, lorsqu'un groupe s'en prend aux intérêts de "notre" pays devant nous? Sommes nous forcés de combattre ce groupe? Je n'ai eu que peu de renseignements concernant notre état d'élue depuis mon arrivée ici, et l'idée de me retrouver entravée lorsque les choses deviendront intéressantes ne m'enchante pas réellement. Enfin... J'imagine que vous avez déjà prévue tout ça, n'est-ce pas, capitaine?

Elle avait terminé sa phrase avec un petit sourire et sur un ton légèrement mielleux. Non pas pour flatter l’ego de Fortune, mais bel et bien pour montrer son amusement et son léger sarcasme. Elle trouvait ça assez coquasse qu'un fait du destin l'a pousse à devenir pirate, avec deux autres élues, dont une venant de son propre monde. Buvant une dernière gorgée de saké, elle souffla doucement avant de fermer les yeux. C'est alors qu'entèrent trois individus. Les personnes en question étaient trois hommes dont la voix résonnait au travers de la pièce, malgré le brouhaha constant. Akemi eut un peu de mal à comprendre les mots qu'ils vomissaient dans la pièce, mais visiblement, le lieu était un endroit fétiche pour ceux souhaitant devenir pirates. Celui qui semblait être le chef, possédant une barbe rousse mal taillée, prit la parole en hurlant afin de mieux attirer l'attention.

- Messieurs les braves! Comme l'a dit mon second, je recherche de nouveaux canonniers et flibustiers! Que tous les loups de mers souhaitant s'enrichir viennent me voir!

Ricanant doucement, Akemi fixa Dahlia.

- Et bien, vous avez de la concurrence ma chère.

Un type dans la taverne anima alors les choses, en déclarant simplement au barbu qu'il arrivait un peu tard, et que la plupart ici allaient rejoindre l'équipage de la belle dame. Cela ne plut pas réellement au capitaine qui s'avança vers la table des trois demoiselles. D'ici, Akemi pouvait sentir le rhum qui émanait de son souffle irrégulier. Avant même que Valentine ou Dahlia ne fasse quelque chose, la tueuse leva doucement la main vers sa capitaine.

- Bien, je crois que vous avez parlé de jauger mes techniques? Restez ici. Je vais vous montrer qu'il ne faut pas vous fier à mon joli minois.

Se levant doucement, elle observa les deux malabars autour du capitaine la jauger avant de s'approcher en ricanant. L'un d'eux, plus ambitieux que les autres fit un pas en avant et tenta d'attraper la demoiselle. Après un petit bonds en arrière, Akemi inclina légèrement la tête en levant les yeux vers l'homme qui lui faisait face, prenant ainsi un air de femme sans défense.

- Mais... Pourquoi voulez-vous vous en prendre à moi, monsieur? Je ne suis qu'une dame aimant la compagnie...

Le type sembla hésiter, avant que son capitaine amusé n'ordonne qu'on lui apporte Akemi pour se "divertir". Avec un grand sourire, le petit bout de femme tourna la tête vers Dahlia, tandis que ses yeux viraient au rouges et que ses pupilles se fendaient comme celles d'un chat. Ses cheveux changèrent du noir au blanc sous les yeux surpris des personnes observant la scène. Un des marins cria en observant le bras droit de la tueuse réapparaître. Laissant un sourire se dessiner sur son visage, elle révéla ses crocs.

Bondissant alors à une vitesse folle sur le barbu, elle ne laissa pas le temps aux deux autres types d'agir qu'elle se trouvait déjà dans le dos de leur chef, agrippant à son dos en le serrant avec ses jambes et passant l'une de ses griffes sur son cou épais.

- ... Je n'ai jamais dit cependant, que la votre me plaisait. Il y a déjà un capitaine ici. Et la dame est sans aucun doute bien plus apte que vous à recruter ses charmants messieurs alors...

Elle laissa son doigt courir sur sa gorge, l'entaillant légèrement afin de faire perler du sang sous les cris du barbu. Elle lécha ensuite doucement le sang qui s'écoulait, intimant aux autres de ne pas bouger s'ils ne voulaient pas voir l'homme perdre la tête. Elle cessa ensuite de lécher la plaie avant de reprendre, sa langue parcourant ses lèvres écarlates.

- Faîtes-moi le plaisir de partir d'accord? C'est un lieu à peu près respectable ici, je serais peinée de devoir y faire couler plus de sang. Surtout que celui-ci est trop imbibé d'alcool...

Elle relâcha ensuite son emprise en bondissant comme un félin sur une table adjacente, amusée par le regard à la fois contemplatif et inquiet d'un des marins ayant rejoint l'équipage. Se penchant doucement vers lui, elle passa ses doigts dans ses cheveux pour le recoiffer en souriant doucement et en ricanant, avant de se redresser. Le barbu tenait son cou en grognant, la blessure n'étant que légère. Il pesta puis ordonna à ses hommes de le suivre. Avant de passer la porte, Akemi les interpella.

- Oh et, messieurs. Si vous souhaitez rejoindre un véritable équipage. Demain matin, présentez vous devant le navire de notre dame. Même vous, "capitaine", je suis sûr que l'on pourrait trouver quelque chose à vous faire faire.

Les marins de la taverne rirent alors tous en même temps, créant un brouhaha immense tandis que les trois hommes partaient en claquant la porte. Ne quittant pas la table, la tueuse s'étira doucement tandis que ses yeux passaient du rouge au jaune.

- Je vous offre la prochaine tournée, messieurs. L'âge d'or que vous a promis notre capitaine commence ce soir!

Un hurlement de satisfaction des marins remplit alors la taverne, pendant qu'Akemi regagnait tranquillement la table de Dahlia et Valentine après avoir payé le tavernier, amusée et toujours transformée, cette fois sous l'influence de Yoake. Se penchant sur la table pour se resservir à boire, elle grogna comme un chat mécontent en buvant le liquide, visiblement moins agréable que sous son apparence normale.

- Navrée, je peine un peu à me contrôler lorsque je laisse Tasogare me prêter sa force... Quoiqu'il en soit, il est assez tard. Personnellement, j'ai dormi toute l'après midi, donc je ne compte pas dormir tout de suite. Capitaine, comptez-vous nous montrer et faire visiter votre navire? Oh et aussi, allons dans ma chambre si vous souhaitez parler encore un peu, je préférerais changer de vêtements, mettre des choses plus... Adaptées à nos futures aventures.
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MessageSujet: Re: "Bonsoir ... j'ai entendu dire que vous recrutiez."   Lun 5 Oct - 22:13

Malgré les paroles à peu près cordiales qu’employait la rousse, Valentine n’avait pas besoin de longues oreilles pointues pour percevoir le ton … froid que prenait sa phrase. Baissant légèrement les yeux vers la table, elle croisa les bras sur son torse, soupirant à l’intérieur de son demi-masque. Elle avait l’impression d’avoir fait une légère bourde … maudite soif. A tête parfaitement reposée, elle n’aurait pas agi de manière aussi ouverte … un peu plus subtilement. Carrément plus subtilement, en fait : elle n’aurait pas dû laisser voir ses griffes, pas plus que s’adresser à toute la taverne … mais ça, elle ne s’en rendait compte que maintenant que les effets de la dépendance étaient passés … enfin. « passés » … elle n’avait pris qu’une contre mesure temporaire, et relativement courte dans le temps, d’ailleurs. Depuis combien de temps n’avait-elle pas bu, avant d’être transportée ? Elle avait un certain mal à évaluer cette durée, désormais … probablement trop longtemps. Qu’est-ce qui lui avait pris de se laisser à ce point omnibuler par cette fichue rédaction … d’un livre qu’elle avait d’ailleurs laissé bien en évidence, dans le bureau de son père, sans même prendre la peine de le cacher … enfin. Elle n’aurait pas à faire face aux conséquences de cet acte avant un bon bout de temps, quoi qu’il advienne : elle pouvait reléguer le problème en arrière-plan pour s’occuper de sujets plus importants … et bien plus proches.

Malgré ses préoccupations internes, la vampire n’avait pas perdu une miette de ce que lui avaient dit sa future capitaine, et la demoiselle qui s’était installée à leur table. Elle avait visé juste : elle était face à quelqu’un du même monde qu’elle … cette coïncidence était amusante : d’autant plus lorsqu’on considérait l’élément temporel : elles venaient probablement de la même époque toutes les deux, et se rencontraient si rapidement … Peut-être une manipulation de ces « dieux » dont tout le monde avait les noms à la bouche. Hasard ou pas, c’était en tout cas heureux : elle pourrait échanger avec quelqu’un de son monde d’origine … Mauvais point : il n’était pas dit qu’elles allaient s’entendre parfaitement. Par incompatibilité de caractères, parce que la jeune femme avait un vécu qui ne la prédisposait pas à côtoyer des elfes de brumes (encore que si elle se souvenait correctement, Valentine la suspectait de venir d’une des seules villes neutres du continent, ce qui n’en ferait ni une alliée, ni une ennemie), ou parce que sa nature ne plaisait pas à la chasseuse de monstre … Cette dernière pouvait être ouverte d’esprit, certes. Elle-même faisait partie de ces créatures qu’elle cherchait à exterminer … ou à moitié, en tout cas. Mais certaines limites sur Era nécrolia n’étaient pas à franchir … Peu importe l’endroit où se retrouvait le contrevenant à cette règle par la suite. Voir Akemi se relever pour accueillir les nouveaux venus dans la taverne tira un sourire à la blonde, qui ajouta son mot sans détourner ses yeux de la scène.

Je suppose que par « spécialité », elle voulait tout simplement parler de la condition étrange des chasseuses et chasseurs de monstres … Certains ont des crocs pointus en guise de dents, d’autres des écailles qui poussent sur certaines parties du corps … D’autres des griffes qui peuvent leur remplacer les doigts. Je n’effectuais pas un métier anodin, dans mon monde, moi non plus … Et elle … non …

L’hybride tu la fin de sa phrase en voyant les agissements de la jeune femme, qui s’était légèrement transformée. Les capacités surnaturelles en elles-mêmes ne l’étonnaient pas vraiment : elles étaient communes, là d’où elle venait, et elle avait bien assez vécu pour en voir de toutes sortes, chez tous types de gens. Non, ce qui fit disparaître son petit air amusé fut la scène en elle-même … Un prédateur, qui s’amuse à faire sentir à sa proie qu’elle est sans défenses. Il fallait juste espérer qu’elle n’aille pas plus loin … Mais quelque part, la demi-vampire n’avait-elle pas précisément fait la même chose quelques instants plus tôt à peine ? Réaliser cela, et le fait de voir la petite demoiselle libérer celui qu’elle menaçait l’encouragea à continuer d’adopter son attitude passive, restant simplement tournée sur sa chaise sans afficher d’expression particulière. Voyant la jeune femme se rasseoir, elle se resservit un verre, qu’elle but à petites gorgées après avoir baissé son masque … Peut-être que l’alcool lui montait un peu à la tête, également … mais pour l’instant, elle n’avait pas encore bu de quoi s’éparpiller les idées jusqu’à les rendre incompréhensibles. Fermant les yeux quelques instants en écoutant la suite, elle les rouvrit finalement, posant une main à plat sur la table. Des pas s’approchaient d’eux. Encore. Le tavernier, visiblement, qui se frottait les mains sous sa serviette. Ce dernier, légèrement timide, s’éclaircit un peu la voix pour attirer leur attention à toutes les trois : inutile, il l’avait probablement déjà, dans à minima un cas sur trois.

Mesdames … Loin de moi l’idée de vous importuner, ou de perturber votre recrutement, mais …
Mais vous avez peur qu’à force de menacer des gens, nous ne vous fassions perdre trop de clients ?
C’est toujours un plaisir d’avoir des élus, bien sûr ! simplement, vous connaissez les hommes, en particulier les marins … Il y à ceux qui, craintifs, vont partir tout de suite … certains l’ont même déjà fait .. Et les autres qui …
Pourraient vouloir terminer la soirée avec un « défi à leur mesure » et mettre la pagaille, effectivement. Nous allions justement bouger, de toute manière, ne vous inquiétez pas … Vers un endroit plus calme. Désolée pour le dérangement, sincèrement.

Malgré son air peu engageant au premier abord, la demi-elfe avait su adopter un ton et un langage corporel à mêmes de rassurer inconsciemment le tavernier : ce dernier semblait polir le dessus chauve de son crâne avec sa serviette, osant un petit sourire un peu timide. Tournant la tête, la chasseuse repéra, derrière le comptoir, une bonne femme elle aussi assez mature, qui semblait les regarder d’un sale œil. Visiblement, avoir 2 aguicheuses et une psychopathe dans la salle principale de l’établissement qu’elle tenait avec son mari ne lui plaisait pas … ou une histoire du genre. C’était probablement pour cette raison qu’elle avait envoyé son mari, de base. Ce n’était peut-être qu’une théorie, mais elle amusa assez la traqueuse pour que cette dernière, ne saisissant le goulot de sa bouteille, ne se relève de sa chaise, lançant le mouvement : en quelques instants, la table s’était vidée, et ses trois occupantes avaient suivi Akemi vers la chambre qu’elle occupait, temporairement. Une fois rendue sur place, Valentine pénétra la dernière dans la pièce, fermant la porte derrière elle, et observant un peu l’endroit. Ça n’avait rien de misérable … mais pas grand-chose de luxueux pour autant : on sentait toutefois que l’auberge était à l’abri du besoin, elle devait être plutôt connue, ici, des voyageurs qui y faisaient escale. Ne cessant pas vraiment ses observations, elle reprit cependant la parole en faisant doucement craquer les articulations de ses doigts et de ses poignets.

Et autant je suis partisane de l’idée de travailler sous le couvert d’un roi ou d’une reine quelconque lorsque les circonstances le permettent, autant, ici … J’envisage plus l’idée de travailler sous lettre comme une contrainte. Pour cette simple raison. Sommes-nous toutes de la même nation ? Oui. Parfait, que faisons-nous si le dirigeant de ce pays pense que les pirates, même élus, méritent les geôles ? Nous courrons vite jusqu’à la mer pour sauter sur le bateau de notre capitaine, en priant pour ne pas être rattrapées ? Maintenant, non. Très bien, là aussi … Sous qui nous rangeons-nous ? Nous pouvons attaquer tout le monde, ce qui est bien plus avantageux, mais nous ne pouvons pas réellement considérer un camps comme « notre allié » en sachant qu’un autre membre de l’équipage élu est dans une autre faction. En conséquence, officier sous lettre ne me paraît pas un bon choix … mais ce n’est qu’un avis. Surtout que je ne prends pas en compte l’équipage qui, lui, ne répond en réalité à aucune entrave de ce style. Enfin, pour ce qui est de « réagir si nous voyons un groupe en attaquer un autre » … Je ne pense pas. Sinon, chaque escarmouche entre les trois pays qui survient nous forcerait à nous ruer sur le champ de bataille afin de tenter de faire valoir notre cause. Ce serait aussi improductifs pour ceux qui nous ont posé le seau, qui qu’ils soient, que pour nous, qui nous jetterions à la mort sans nul doute. L’inactivité me semble donc la seule solution viable … Même si je ne suis pas au fait du fonctionnement exact de ce monde, je raisonnerais de cette manière, si je voulais me montrer logique. Après, ma logique est peut-être sujette à … Varier, lorsqu’on la compare à celle d’un autre.

Depuis quelques instants déjà, la chasseuse observait ses mains. A plat, en l’air, elle les observait, et les faisait pivoter pour en parcourir autant le dos que la paume des yeux. Les mouvements de sa peau. L’état de ses ongles, de sa chaire. Les cicatrices, rares mais présentes, qui couturaient son épiderme trop pâle. Les os, dont on devinait facilement les formes, et les veines qui courraient tout autour. Brusquement, ce mélange organique presque trop simple se modifia, avec un bruit de craquement d’os : les doigts s’allongèrent, s’affinèrent. La peau pâle prit une teinte à mi-chemin entre le gris métallique, et le rouge sombre des tâches de sang … Ses griffes se déployèrent en 5 secondes peut-être, au total. Elle savait effectuer cette transformation bien plus rapidement, mais n’en avait pas eu l’envie.

En parlant de sujets … Vous avez touché juste en me devinant chasseuse de monstre, Akemi. Vous n’êtes probablement pas sans ignorer que certains des moins, lorsqu’ils exercent trop leur métier, finissent par … Devenir à leur tour plus bêtes qu’hommes, ou elfes dans mon cas. Je ne sais pas si cette règle s’applique toujours ici, où certains … principes sont différents. Mais si vous voyez que je commence à me comporter d’une manière étrange, et que je vous agresse, n’hésitez pas à répliquer. Elle tourna la tête vers la rousse, rivant ses yeux dans les siens. Ce conseil vaut également pour vous, Capitaine. Je n’ai jamais retourné ma veste envers quelqu’un qui ne l’a pas déjà fait envers moi au préalable : si vous pensez que je vous menace directement, agissez en conséquence. Elle se tourna de nouveau vers la petite demoiselle, alors que ses poings se refermaient doucement, crissant doucement. Sachez d’ailleurs que si « Tasogare » vous fait un peu trop vous emporter, je n’hésiterais pas à faire de même … déformation professionnelle.

Déployant brusquement ses doigts, mais les retournant à leur état normal avec un bruit à mi-chemin entre le crissement et la cassure net, elle les replia doucement, les articulations craquant une fois de plus alors qu’elle grimaçait un peu, et souffla doucement par le nez pour évacuer la douleur que ce genre de geste pouvait lui causer pendant quelques instants. Voilà pourquoi une transformation lente était préférable … elle n’avait pas ressenti ce genre de désagrément depuis un sacré bout de temps, cependant … encore une conséquence de la baisse de sa puissance ? Décidément … si même les choses les plus simples devenaient littéralement douloureuses.

Pour le reste, capitaine, je n’ai pas vraiment de question, même si j’aimerais également voir votre navire. Juste peut-être une requête. Que ce soit dans les milieux aisés, de grande noblesses, dans la pire des mafias, ou même en pleine mer, là où aucune aide extérieure ne peut intervenir … Je sais que la confiance des uns envers les autres n’est pas quelque chose de dispensable. Je vous ai demandé la place de seconde : je n’avais pour ainsi dire aucune envie de laisser le deuxième membre le plus important de l’équipage être un quidam quelconque, quelqu’un de sournois ou hostile, ou tout simplement une personne qui ne me reviendrait pas. Mais pour autant, je peux vous assurer que tant que je serais dans votre dos … vous n’aurez pas un coup d’œil à jeter par-dessus votre épaule pour vous assurer que tout va bien. Quant à mes techniques, si vous voulez en juger … Je pense qu’il serait plus opportun d’attendre un autre moment pour faire une véritable démonstration, le tavernier semble déjà nous avoir assez pris en grippe comme cela.


"La plus grande Nemesis que j'ai jamais dû affronter ... C'est moi-même." :
 


"Ceci dit, petite boule est devenue grande ... Mais il s'appelle toujours Oor'ka.":
 
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MessageSujet: Re: "Bonsoir ... j'ai entendu dire que vous recrutiez."   Mar 6 Oct - 20:46






Partie de l’équipage, partie du navire.





Pour l’aspect pratique ou par politesse, Dahlia avait demandé si il y avait des questions, dans l’espoir de mettre en confiance ses deux recrues prometteuse. Elle ne voyait en ses deux là que des élues à qui emprunter leur pouvoir, en premier lieu, mais il était rafraichissant de voir des femmes qui ne semblaient pas hésiter à se salir les mains, bien qu’il y ait des limites à tout… Ce fut donc Akemi qui se lança et qui demanda, en générale, des précisions sur leurs conditions d’élu. Dahlia semblait un brin plus ancienne que ses deux là et au vu de cette différence, il était peut-être normale qu’elle en savait un peu plus qu’elle. Ou alors était-ce uniquement la chance d’être tombée sur un bon professeur ? Aussi méprisable était Heiwa, à ses yeux,  il l’avait bien aidé à démarrer sa vie en Kosaten, elle ne pouvait le nier. Elle émit aussi l’idée d’agir sous lettre, ce qui lui remémora une bonne quantité de souvenir, du temps où elle était corsaire à la solde du gouvernement de Bilgewater.

C’était une situation enviable, à l’époque, mais qu’elle ne souhaitait pas retrouver pour la simple et bonne raison qu’elle avait connue beaucoup mieux depuis. Pas juste la vie de pirate mais la vie de LA pirate à craindre et à respecter. Elle se devrait de leur expliquer exactement les choses, à ses deux là, pour qu’elles se fassent une bonne idée de ce qui les attend mais Fortune allait d’abord éclairer leur lanterne sur les élus. Elle sourit donc à Akemi, un sourire satisfait comme si elle reconnaissait apporter des bonnes nouvelles pour elle.

"Ah, heureusement que vous êtes tombées sur moi, vous deux. Il y a des fondamentaux que vous n’avez pas encore acquis en ce monde. Tu te trompe sur quelques points, ma chère. La marque sur nos corps n’est pas là pour nous empêcher d’agir contre notre nation … Mais elle est là pour nous empêcher d’agir contre les plans des dieux, nuances. Cela veut dire que, toi, élue de Minshu, peut faire sa fête à autant de garde que tu le souhaite tant que cela ne met pas à mal les intérêts de ton dieu lui-même, ou qu’au contraire, ça lui serve. J’avoue que c’est un peu un jeu de hasard puisque personne ne connait les intentions des dieux … Mais cela donne une chance de plus de pouvoir se soulever contre nos nations. Si pas, on ressentira juste une brulure sur notre peau qui nous empêchera même de penser à de mauvaises choses. C’est gênant mais ce n’est pas la mer à boire."

Il s’agissait peut-être d’un petit mensonge sur la fin, il était vrai. Tant que les élus sont faible, il est plus probable que la brulure en question soit un châtiment divin que personne n’est prêt d’oublier mais après tout, Dahlia n’avait pas encore expérimenté ça, pas encore.

"Quand à l’option d’un événement dramatique, disons juste que, pour que la marque agisse, il faudrait vraiment que le groupe en question, comme tu le décris, soit une menace réelle et destructrice envers Minshu pour qu’elle nous oblige à ramener notre personne vers la source du danger. Autant dire que cela ne se passe pas tout les jours, surtout en ce moment. J’ai apprit que les autochtones étaient trop occupé avec une certaine secte pour se battre entre eux. Et cette marque n’est uniquement influencée que par notre faiblesse. Elle sera forte tant qu’on est faible. Effectivement Akemi, je sais ou je vais et comment m’y rendre. C’est pour ça que je peux me permettre d’être votre guide, ici ~"

Elle sentait bien la petite pique de sa nouvelle membre d’équipage mais cela ne la dérangeait pas. Au contraire, elle aimait bien ce langage. A ses yeux, cela pouvait devenir une forme de complicité que de se rendre mutuellement ses petites intonations mielleuse et moqueuse. Mais alors que Dahlia allait enchainer pour expliquer ce qu’elle compter faire d’elles, le topo générale de leur future situations, une petit groupe d’homme entra dans la taverne et se firent remarquer comme la truande l’avait fait elle-même en arrivant. Un autre capitaine ? Cherchant lui aussi des matelots ? Avec beaucoup plus de grossièreté et beaucoup moins de charisme qu’elle, cependant. Cela ne changeait pas le fait qu’elle était agacée par ce spectacle, la belle asiatique mettant en avant le pourquoi, d’ailleurs. Elle ne pouvait pas se permettre de perdre des hommes face à une figure masculine sans doute plus réconfortante aux yeux des marins de ce monde qui n’avaient jamais, sans doute, rencontré de femme en pleine mer. Mais au fond, elle se calma bien vite. La pirate souriait intérieurement à l’idée de suivre cet homme pour le tuer discrètement. Ainsi, les marins inconscients seraient obligé de se tourner vers elle … Mais malheureusement, la suite fut différente.

Alors que les nouveaux venu s’approchaient, Akemi demanda à ce qu’on lui fasse confiance pour la suite, allant aussi en direction de ses hommes… Pour offrir un spectacle désolant aux yeux de Dahlia. Désolant pour les répercutions que ça allait avoir sur son recrutement mais le reste, elle devait avouer que c’était bon de la voir ainsi se défendre. Ce fut même une grande surprise de la voir changer de teinte de cheveux et ainsi de suite pour presque voir une bête féroce devant elle. Elle ne quittait pas des yeux le spectacle qu’offrait cette femme pour le moins changeante alors que Valentine tentait d’apporter des précisions sur ce qui se passait devant elles. En réponse, d’un air neutre, la capitaine se contenta d’un distrait.

"Je vois ça… Vous n’êtes pas du même monde pour rien vous deux. Jamais vu des gens se transformer comme ça. Ou se transformer tout court, en réalité."

Et elle ne rajouta rien, bien que ça lui démange de pointer leur tendance à s’emporter toute les deux. Toute les deux étaient à deux doigts de faire un mort en publique, et si ce n’était pas le cas, cela donnait fortement cette impression d’un avis extérieur. Dans certain cas, c’était avantageux. Dans d’autre, pas. Mais Akemi avait réussit à reprendre les choses en mains, de sorte à avoir le petit peuple de cette taverne dans sa poche. Elle n’aura qu’à se dire que l’incident était clos, les bras croisés, adossée à sa chaise, une jambe au dessus de l’autre, le regard sévère. Dahlia répondit à  Akemi alors que Valentine discutait avec le tavernier.

"Tu as pu te mettre les hommes dans la poche donc je suppose que c’est pardonné, ma chère. J’espère juste qu’à l’avenir, on se concertera un peu avant de sauter sur le premier gêneur arrivé."

Puis Valentine se leva. Pour le coup, Dahlia n’avait pas fait terriblement attention au petit échange avec le barman mais elle devinait qu’elles se rendaient dans la chambre de la future maitresse d’équipage. Cela allait être plus calme et surtout plus discret pour parler de ses projets. Elle tentait de parler à voix basse jusqu’ici, pour qu’on n’entende pas forcement qu’on parlait de piraterie et de sang. Cela serait bien plus confortable là, bien qu’elle soit encore plus méfiante d’habitude mais après tout … Elle n’était pas reine des pirates, ici. Elle était une petite élue insignifiante. Il n’y avait aucune raison qu’elle soit sous surveillance. Ainsi, elles passèrent chacune à leur tour par la porte de la chambre, Dahlia soupirant pour décompresser et retrouver son air plus joueur et détendu. Comme elle l’avait dit, au fond, leur comportement n’avait pas changé grand-chose, il n’y avait pas de quoi avoir une quelconque frustration, elle l’espérait. La belle rousse s’installa dans un fauteuil, préférant cela qu’à rester debout et quitte à rester ici quelques minutes, autant se mettre à l’aise. Valentine releva alors le point que sa comparse du même monde avait soulevé, expliquant méticuleusement les pour et contre. Fortune tiqua un peu à tout cela. Comme dit précédemment, elle ne comptait pas agir sous lettre de toute façon. Elle afficha un petit rictus suivit d’une petite râle.

"Valentine, je peux d’or et déjà te dire que tu réfléchis trop. Faite confiance en votre capitaine, mesdames. C’est mon rôle de penser à ce genre de chose. Je ne suis pas forcement fermée, je peux vous écouter mais laissez moi vous dire de quoi il en retourne d’abord…"

Avant d’enchainer, le séductrice ouvrit un peu plus les yeux alors qu’un frisson lui parcourait l’échine en posant le regard, au hasard, sur les doigts de la … Chasseuse de monstre ? Dont les os semblaient craquer pour former des griffes. Utile mais tellement peu naturel dans son monde, assez pour la couper un instant dans ses pensées, ce qui donna l’occasion à Valentine de continuer. Elle expliquait, vaguement, pourquoi elles semblaient de temps à autre aussi impulsive et cette découverte  emplissait de joie la pirate. C’était ironique, biensur. Elle venait d’apprendre qu’elle avait deux bombes à retardement sur les bras, ou du moins si on croyait ce qu’elle disait. Et ses deux là étaient destinées à devenir ses pièces maitresse dans son équipage ? Le jeu s’annonçait d’être intéressant. Elle continua à l’observer d’un œil amusé, malgré tout, alors que la vampire semblait vouloir proposer un discours rassurant et plein de promesse à propos d’une fidélité sans faille. C’était du baratin du point de vue de la capitaine, ou alors elle avait des raisons qui étaient inconnu de la rousse pour qu’elle se donne ainsi corps et âme à une capitaine qu’elle ne connait que depuis même pas une heure. Elle ne manqua pas de le faire remarquer, d’ailleurs.

"Par les neuf enfers, Valentine … Je n’ai que rarement entendu l’expression d’une telle dévotion pour qui que se soit. Tout ce que tu dis dégouline de bon sens mais je soupçonnerais presque que tu me dises tout ça pour que je digère mieux le fait que je risque à tout moment de me faire poignarder dans le dos par vos pulsions macabres." Elle poussa un petit rire joueur. "La confiance est importante, c’est vrai, mais qu’importe tes paroles, elle ne se gagne pas comme ça. Moi aussi je pourrais dire être capable d’aller au bout du monde pour quelqu’un sans réellement pouvoir ou vouloir le faire. La confiance se gagne avec le temps et les actes alors, surtout, ne te vexe pas si je me retourne de temps à autre pendant quelques temps. C’est un réflexe humain après tout. Mais votre patience et votre mérite sera récompensé, je vous le garantit."

Et sur ses mots, elle claqua ses gants de cuir entre eux, se remémorant qu’elle avait été coupé par le tour de magie des doigts de la vampire. Elle regarda ensuite tour à tour les deux femmes, fermement décidée à leur expliquer la situation et voir leur réaction fasse à cela.

"Ah oui, donc je disais … Que vous réfléchissiez trop. Cela fait des jours que je planifie mon emploi du temps et « coopérer » avec une quelconque nation ne figure dans aucune page. Je vous ais promis richesse, gloire et du sang alors voici mon projet. Dans un monde où l’on n’a pas notre place … Il faut savoir s’en faire une, de place."

Elle se leva finalement et fit quelques pas dans la chambre, regardant dans le vide, l’air malicieux et rêveur alors qu’elle posait chacun de ses doigts sur ceux de son autre main, un comportement prouvant qu’elle y avait longuement réfléchit et qu’elle était passionnée à l’idée de mettre en œuvre ce projet. Cependant, elle gardait un ton calme et plus ou moins discret. Ce qu’elle allait leur dire était susceptible de retourner l’estomac de ce monde tout entier.

"Je prévois de créer ma propre nation pour nous affranchir de l’emprise des dieux et ainsi … Nous garantir une vie à notre image, une vie qui nous conviendrait à nous toute. Nous allons agir dans l’anonymat le plus totale, piller, tuer sans annoncer quoique se soit d’autre que notre grande dévotion pour nos nation et ainsi, laisser les foudres de nos victimes s’abattre sur de mauvaises cibles … Et pendant nos petites passe de comédie et d’escarmouche, nous nous enrichirons, en or, certes, mais nous tenteront aussi de rameuter les oppressé à notre cause, ceux qui, comme nous, ne somme pas satisfait par leur situation. Ou en d’autre terme, tout autre tueur et truand qui voudront bien nous servir en échange d’un petit quelque chose. Une fois que l’on aura rétablit un peu plus de notre puissance, grâce à nos combats, nous irons nous poser sur les archipels entourant Kosaten. Nous construiront notre empire et … La suite ? Un peu de marchandage, du mercenariat pour récolter d’autant plus d’argent de la part des guerres que nous renforcerons entre les nations. Tout ça dans le but d’attaquer au pire moment et asservir Kosaten …"

Elle finit par faire un demi-tour brusque pour les regarder toute les deux, motivée, admirant l’effet que cela pouvait faire aux deux élues. Certe, elle n’avait fait qu’un résumé de son plan car Dahlia n’était pas inconsciente : ce projet allait s’éterniser, ou du moins ça a des chances. Chaque action, elle l’avait visualisé dans son esprit et elle expliquerait les détails au moment voulu. Pour l’instant, pour une première rencontre, elles en savaient déjà assez pour savoir dans quoi elles s’embarquaient. Cependant, ce projet pouvait inquiéter plus d’un lorsque l’on sait que Dahlia parlait de défier des dieux protecteur de chaque nation. C’était bien beau de vouloir construire son propre empire et soulever une armée mais même en faisant cela, il serait difficile de tenir face à une entité que tout le monde estime appréciable d’appeler Dieu. Dahlia aussi avait son dieu, cependant …

"Et là, vous vous dites surement que même si nous arrivions à faire tout ça, le résultat final serait hors d’atteinte car nous, petite nation indépendante, n’aurions aucune chance face aux imposantes puissances de ce monde … Sauf que j’ai en ma possession un petit quelque chose que personne en Kosaten, ni élu ni empereur, ne possède… Tu voulais voir mon navire, Valentine ? Alors dés qu’Akemi sera prête, levons le pas, que je vous fasse découvrir la raison de notre future réussite ! Nous pourrons sceller notre accord là-bas, si tout ce que je vous ais dit vos semble … inspirant ? ~"

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MessageSujet: Re: "Bonsoir ... j'ai entendu dire que vous recrutiez."   Mer 7 Oct - 0:39

Lorsque Valentine se leva, Akemi mena ses deux nouvelles amies dans sa chambre, entrant la première. Elle attendit quelques secondes commencer à bouger véritablement, écoutant pour être certaine que personne ne tenterait de les épier, bien que cela aurait été très probable aux vues de leur notoriété proche de l'anonymat.

Observant le manège et analysant les paroles de Val', la tueuse leva un sourcil tout en marchant vers la fenêtre tandis que Fortune s'asseyait dans l'un des fauteuils. Sa remarque était amusante, surtout quand on la voyait agir.

- Oh je vais donc ajouter quelque chose de suite. Je ne risque pas de perdre le contrôle. Tout du moins, je ne risque pas de vous attaquer vous. Mes "esprits" me prêtent leur force, mais c'est ma personnalité qui contrôle le tout. Celle que vous avez vu tout à l'heure était sûrement plus proche de mon moi profond que lorsque je suis "moi même". Cependant je serais sûrement bien plus modérée sans ses esprits pour me débrider alors profitez un peu, vous ne courrez aucun risque tant que vous ne vous en prenez pas à moi.. Et puis... Soyons honnêtes... Cette couleur de cheveux me va bien non?

Elle n'attendait pas vraiment de réponses à sa question et l'avait posée sur un ton amusée et mielleux. Si elle devait passer les prochains mois, voir années avec ces deux là, autant qu'elles s'habituent vite aux changements d'humeur et à la personnalité de la demoiselle. Quoiqu'il en soit, ce fut Fortune qui prit la parole par la suite. Entendre la capitaine parler ainsi chatouilla la curiosité de la tueuse qui porta toute son attention au discours de la belle rousse. Pendant l'entièreté de sa prise de parole, les sens d'Akemi étaient en alerte. Pas question de ne pas comprendre le moindre sous-entendu, la moindre explication de tactiques, même si elle se doutait que ça resterait assez vague pour le moment et ce de manière logique. Après tout, Fortune ne les connaissaient que depuis très peu de temps et les avait rencontrées dans des conditions... Assez folles.
Lorsque Fortune eut cessé de parler, Akemi s'étira doucement tout en se léchant les lèvres. Elle ricana ensuite doucement.

- Inspirant? Hahahaha, vous nous promettez bien des choses ma chère, et des choses excitantes qui plus est. Ce projet m'inspire bien plus qu'une simple croisière en mer. Au pire des cas, si tout part à vau-l'eau, je n'aurais qu'à m’éclipser en volant vos belles fripes! Pour ce qui est des dieux cependant...

Elle ricana ensuite de plus belle, regardant Valentine avant de reporter son attention vers Dahlia.

- Sur Era Necrolia, nous faisions cela tous les jours! Et blague à part, j'en ai deux avec moi constamment... Pas besoin d'avoir un autre dieu pour me surveiller... Sur ce...

Elle s'étira de plus belle et ouvrit une armoire, observant les affaires qu'elle y avait déposé plus tôt. Croisant les bras en observant le conteneur, elle poussa un petit " Ah! " de satisfaction en attrapant son armure légère, sa chemise, ses cuissardes et ses sous-vêtements, avant d'aller les déposer sur son lit. Sans même prêter attention aux deux autres femmes présentent dans la pièce, le petit bout de femme passa sa main dans son dos et tira sur le nœud de sa robe, commençant à la défaire, puis enchaîna avec ses bas une fois cette dernière enlevée. Se retrouvant entièrement nue dans la pièce, la demoiselle se retourna et observa ses deux comparses avant de sourire et d'empoigner l'une de ses cuissardes. Après tout, elles allaient passer beaucoup de temps ensemble, et elle se doutait qu'il y avait peu d'endroits où prendre un bain sur un navire, et encore moins de manière éloigné des hommes. Les chances qu'elle n'aperçoive un jour les formes des deux femmes étaient très élevées alors.. Autant commencer par elle. Et puis ce n'est pas comme si elle n'était pas fier de son corps de toutes façons. Dans son dos cependant, Tasogare se déplaçait tranquillement sur sa peau, tournant autour de la marque runique située au niveau du creux de ses reins. Le dragon tatoué changea cependant de trajectoire et observa quelques instants Dahlia et Valentine avant de recommencer sa "balade". Terminant finalement de s'habiller, la tueuse plia sa robe et la plaça avec le reste de ses affaires dans un sac de voyage, plaçant son sabre au niveau de sa ceinture. Se retournant vers les autres femmes elle leur lança un grand sourire, révélant ses crocs alors qu'elle coiffait ses cheveux blancs en tresse, laissant quelques mèches tomber sur son visage.

- Ce que vous avez-vu vous a plut?

Elle ricana doucement. Avant de faire une révérence légèrement exagérée pour montrer son amusement.

- Je suis prête, allons-y capitaine!

Elles descendirent donc ensemble afin de quitter la taverne. Juste au moment où elles passèrent près du comptoir, Akemi s'approcha du tavernier qui l'observait avec un air dubitatif. Se penchant légèrement, elle lui murmura afin que sa femme n'entende pas.

- Si vous voulez, vous pouvez postuler on ne sait jamais... On aura peut-être besoin d'un coq...

Elle le laissa ensuite avec un léger sourire puis fit signe aux marins qui continuaient de faire la fête, l'alcool aidant. Suivant tranquillement Valentine et Dahlia en croisant les bras dans son dos silencieusement. Observant les étoiles, la demoiselle soupira alors que chaque détail de l'environnement lui apparaissait clairement. Après quelques minutes, ils arrivèrent enfin au navire. Sifflant en observant ce dernier, Akemi étira le sourire qui était apparu sur son visage. Elle avait hâte qu'on lui fasse la visite. Et surtout, elle avait hâte de pouvoir partir en mer.
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MessageSujet: Re: "Bonsoir ... j'ai entendu dire que vous recrutiez."   Mer 7 Oct - 22:52

« Tu réfléchis trop » … Où avait-elle déjà entendu cette phrase ? Auprès de son père ? non. Un homme primant l’éducation correcte, et le pouvoir de réflexion de ses enfants ne peut pas dire ce genre de chose à sa progéniture … en particulier lorsqu’il n’a lui-même rien connu d’autre. Où, alors ? Son maître d’armes ? Non plus : il l’avait au contraire à plusieurs reprises complimenté sur la vitesse à laquelle elle analysait et élaborait une stratégie face à un adversaire retors. Qui avait bien pu … ah, oui. Son grand amour. Cet éternel décalé, qui s’amusait du vol d’un papillon, et ne pouvait s’empêcher de lui balancer de petites remarques lorsqu’elle s’attardait trop sur tel ou tel détail … parfois, sans importance. Parfois, ils en avaient. Mais il ne lui avait que peu fait ce reproche, et pas après qu’elle ait passé au peigne fin le sol sur plusieurs dizaines de mètres carrés lors d’une traque, ou quelque chose du genre … Plutôt … Juste avant l’acte, en fait. Fermant les yeux, elle soupira doucement, cherchant à évacuer de son esprit ce genre de souvenirs. Non pas qu’ils lui déplaisaient, mais ce n’était ni le moment, ni le lieu pour penser à cela, sans parler du fait que vivre dans ses souvenirs n’était pas agréable … du tout. Elle l’avait fait pendant peut-être 30 ans : c’était déjà bien trop, même à l’échelle d’une vie comme la sienne. Rouvrant ses paupières, elle se concentra plutôt sur l’instant présent … et sur la présentation qui était faite de son futur.

Si elle s’était efforcée de rester impassible durant le discours de la capitaine en dépit de la teneur de son contenu, elle ne put s’empêcher de s’amuser de la réaction d’Akemi. Visiblement, madame « fortune » n’avait pas appris à voir les choses en petit … Si à une époque, elle avait eu le titre – auto-proclamé ou pas – de reine des pirates dans le monde d’où elle venait en dépit de l’âge qu’elle semblait avoir, elle pouvait probablement se le permettre, effectivement … On se demandait juste si elle envisageait réellement à quel point les règles du jeu étaient changées, ici. D’un autre côté, elle ne partait pas sans rien … encore moins avec ses deux nouvelles acolytes. Et en prime … elle était visiblement assez intelligente pour ne pas se jeter tête baissé dans la bataille, sans avoir méticuleusement préparé sa stratégie d’attaque au préalable. Quant à la jeune femme de l’est … elle semblait plus trouver de l’amusement dans tout cela qu’autre chose. L’idée d’être, potentiellement, peut-être le top 3 des dirigeants mondiaux – pour peu qu’elle ne suive fortune jusqu’au bout de son plan, et ne conserve sa position tout du long – ne lui faisait pas peur, et c’était tant mieux … quant à l’hybride elle-même, elle s’abstiendrait de réellement commenter. Elle ne trouvait peut-être pas la stratégie totalement irréalisable, mais n’était pas dupe : il fallait une énorme dose de mégalomanie pour s’imaginer prendre le contrôle d’un monde après y être tout juste débarqué et en avoir compris les règles … Il faudrait s’assurer qu’elle ne s’enflamme pas trop vite, sans quoi elle se ferait consumer.

Franchement ? J’ai tué des araignées de la taille d’un petit chien, d’un gros chien, d’un cheval. J’ai renvoyé dans la mort plus de cadavres animés que cette ville ne doit compter d’habitants, j’ai traqué des spectres, parfois des liches, j’ai personnellement réduit au silence des manticores, et j’ai déjà arraché le cœur d’un ange. Alors … « dieu » ? Il va probablement me falloir un peu de temps, mais gravir un échelon de plus ou de moins sur l’échelle des prédateurs et des proies … Pour le reste, passer de « chasseuse de monstre » à « pirate » ne fait pas une si grande différence, pour moi. C’est même probablement une existence moins périlleuse.

Décroisant lentement les bras, elle s’éloigna enfin un peu du battant, haussant un sourcil en voyant la jeune femme commencer à se déshabiller devant eux. La première fois où elle avait vu une autre personne de son sexe se déshabiller complètement devant elle remontait probablement à plusieurs générations avant celle de la chasseuse de primes ou de la capitaine pirate, mais pour autant, elle n’était pas vraiment habituée à l’idée qu’on se mette dans le plus simple appareil devant elle, sans plus de cérémonie. Mais après tout, si agir ainsi ne la gênait pas … il n’y avait pas de raison de l’être pour elle, probablement. Détournant cependant respectueusement le regard, l’hybride tendit une oreille, cherchant à savoir si elle pouvait entendre des bruits de pas ou autres dans le couloir. Mais malgré son audition, elle n’entendait rien d’autre que le bruit de fond des discussions de la taverne, qui étaient probablement des plus classiques. Il était probable que les marins parlent des deux capitaines qu’ils avaient vu dans la soirée, mais elle n’avait pas de preuve allant dans ce sens … et au fond, ce n’était pas d’un intérêt fantastique. Prenant conscience du fait que la petite demoiselle avait fini de se changer, la demi-vampire sourit une fois de plus sous son masque, et ouvrit la porte, sortant la première de la chambre. Passant assez rapidement au sein de la grande salle, elle nota les sourires sur les visages des marins … il était heureux que fortune ait proposé ce poste de « maîtresse d’équipage » à la jeune femme plutôt qu’à elle. Elle aurait sans nul doute bien plus sa place en tant que seconde … Là où elle n’avait à être « amie » avec personne en particulier. A part sa supérieur, en quelques sortes.

L’air frais de la nuit lui claqua légèrement le visage, et elle s’arrêta quelques instants à l’entrée de la taverne, attendant ses deux camarades élues. Elle se sentait plus à l’aise ici … Plus d’espace, d’oxygène … d’air pur. Sans parler du bruit, qui lui agressait bien moins les tympans que dans la grande salle : quelques minutes, et il ne serait plus qu’un mauvais souvenir. De manière logique, val’ ne pouvait pas engager la marche pour les guider jusqu’au navire de la rousse : elle la laissa donc passer devant, reprenant la parole à volume modéré pour éviter que ses mots ne résonnent dans les rues. La nuit n’était pas un endroit sûr … surtout lorsqu’on venait à entendre les sujets qui étaient abordés ici.

Pour le reste, capitaine … Je préfère amplement « trop réfléchir » qu’être un pion sans cervelle qui exécute tous les ordres sans se poser de question, ne montrer d’initiative lorsque la situation le demande. Après tout, si j’avais voulu laisser ma cervelle en paix, j’aurais demandée à être cuisinière, et j’aurais juste passé mes journées à menacer ceux qui approchaient trop mes fourneaux de mon hachoir … Et puis, le jour où on attaquera le navire par surprise alors que vous êtes à terre, mieux vaut avoir quelqu’un qui ai déjà paré à toute éventualité … virtuellement parlant. Et pour ma confiance, je vous dis simplement le fruit de mon expérience. En 700 ans, j’ai eu amplement le temps de comprendre comment fonctionnent certaines choses … Retournez-vous tant que vous le voudrez. Je vous demande juste de vous concentrer d’abord sur ce qui est devant. Encore une fois … si j’avais été simple cuisinière, je ne m’embêterais pas à faire de longs discours. Et puis, après tout, vous nous faites d’ores et déjà confiance, vous aussi … Moi ou Akemi pourrions n’être que des élus à la solde du gouvernement, à la recherche « d’électrons libres » dans votre genre, qui n’attendent que la première occasion pour poignarder le reste du monde dans le dos. Auquel cas vous seriez déjà fichée comme criminelle ou terroriste, et vous auriez les pieds enchaînés sur une galère dans moins de quelques jours … à ressasser vos rêves de gloire.

Le ton était plus moqueur que méchant : l’hybride d’elfe sentait cependant qu’elle devrait peut-être éviter de se permettre bien trop souvent ce genre de remarques … épuiser son énergie en commentaires de ce styles et en piques plus désagréables les unes que les autres ne serait bon pour rien ni personne. D’un autre côté, si dès les premières minutes, elle s’écrasait à la moindre remarque, elle pressentait la suite du voyage comme … Passablement douloureuse à supporter. S’arrêtant sur les quais un peu avant ses deux comparses, elle resta sur place, tournant la tête sans rien dire. Un homme normal aurait peut-être, en faisant attention, perçu 3 silhouettes, non loin de là. Elle discernait en revanche parfaitement le capitaine qu’elle avait vu plus tôt … De même qu’elle entendait ce qu’il racontait. Visiblement, le temps qu’Akemi avait mit à se changer, ils l’avaient mis à profit pour se saouler encore plus qu’ils ne l’étaient déjà en arrivant dans la taverne. Titubant légèrement, s’appuyant sur son second, le dirigeant brandissait sa bouteille vers le ciel comme s’il s’agissait d’une torche érigée à la gloire d’une notion idiote comme la liberté, ou quelque chose du genre … tous trois se rendaient visiblement sur une sorte de brick, ou quelque chose du genre, qui se trouvait un peu plus loin. A ce rythme-là, ils n’allaient pas l’atteindre avant 2 ou 3 bonnes minutes : le temps de s’arrêter, râler, reprendre une rasade, vociférer quelque chose d’encore plus incompréhensible que la précédente parole, se rattraper d’une chute qu’aurait failli causer le manque d’équilibre, et ensuite faire peut-être un ou deux pas. Souriant de toutes ses dents sous le voile de tissus, l’hybride se tourna vers la capitaine une nouvelle fois.

En revanche, je conteste rarement un ordre donné pour des raisons techniques telles la « morale », ou des choses du genre ... je vous avais parlé d’une démonstration de mes capacités, tout à l’heure, n’est-ce pas ? Et bien … Ordonnez, et je démontrerais. En plus, soyons honnêtes : même si après avoir cuvé son rhum il s’était décidé à venir se faire engager, il n’aurait probablement servi à rien d’autre que lisser le pont avec la semelle de ses bottes.


"La plus grande Nemesis que j'ai jamais dû affronter ... C'est moi-même." :
 


"Ceci dit, petite boule est devenue grande ... Mais il s'appelle toujours Oor'ka.":
 
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MessageSujet: Re: "Bonsoir ... j'ai entendu dire que vous recrutiez."   Lun 12 Oct - 21:49






Partie de l’équipage, partie du navire.





Rassurée ? Oui et non. Comme Dahlia venait de le dire, la confiance se gagne avec des actes et non des paroles. Il lui faudrait un peu de temps en compagnie de ses deux personnes pour comprendre et évaluer leurs dires, jauger ce qui se passe lorsqu’elles se transforme ou on ne sait quel autre maléfice non famillier à la capitaine … Cependant, elle pouvait déjà dire qu’elle appréciait le petit coté détendu d’Akemi, lui rendant bien la chose en ricanant doucement et en lui faisant les yeux doux.

"Bien sur ma chère. Cette coupe te va à ra-vir ! Tu n’es pas encore aussi belle que moi mais … Cela viendra peut-être un jour ? ~"

Après cette petite boutade de la fanfaronne Fortune, elle s’empressa donc de dévoiler les grandes lignes de son plan pour admirer les réactions et voir si elles étaient emballées, si elles étaient du même calibre qu’elle … et les réactions l’enjouèrent grandement ! Quelle surprise de rencontrer des gens avec une telle mentalité quand elle en avait justement désespérément besoin ! L’une proclamait en avoir dompté certain, de dieu, et l’autre ne voyait pas d’inconvénient à les traquer. Avec du temps, de la droiture et un peu de persévérance, Dahlia n’hésitait pas à se dire qu’elle semblait avoir bien entamée son voyage jusqu’à ses projets de grandeur. Rien que ses mots, ses phrases l’assurant que les deux élues allaient la suivre jusque là au pire des cas, au mieux être à ses cotés quand elle aura accès au trône … Cela l’emplissait … de détermination. Une euphorie qui la rendait un peu aveugle à tout ce qu’elle s’était dit auparavant, comme le fait de se méfier de deux nouvelles recrue. Elle était aux anges et le montrait par son grand sourire satisfait, malicieux.

"Parfait mesdames. Votre enthousiasme sera récompensé en temps et en heures, je vous le garantis. Mais pour l’heure, nous avons du pain sur la planche."

Dahlia s’apprêtait à sortir avant de remarquer qu’Akemi devait se préparer pour quitter la chambre. La pirate se disait innocemment qu’elle allait préparer son sac, faire ses valises, ce genre de choses toute simple … Mais elle eut comme un moment d’absence en réalisant qu’elle se déshabillait totalement devant elles. C’était … inattendu ? Mais contrairement à Valentine, la capitaine ne se faisait pas prier. Elles étaient adultes et elles avaient toute vue ici son lot de miche à l’air et ainsi de suite. Akemi avait prit la peine de se déshabiller devant elles, cela voulait dire qu’elle devait être confortable avec son corps alors pourquoi devrait elle détourner le regard ? … Bon, la vérité aussi, c’est que Dahlia avait ses propres vices, en plus de ceux qui semblaient évident à la surface. Disons juste qu’elle se trouvait chanceuse d’avoir telle créature quotidiennement sur son navire, voila tout.

"Pourquoi nous aurait-il déplut ? Hmm ? ~ Allons-y."

Ainsi, la petite troupe descendit, direction la sortie, pour se retrouver au clair de lune, la nuit tombée depuis un long moment déjà … Elles marchaient vers l’imposant navire qui sortait un peu du lot, le fameux Nidhogg, géante bâtisse, plus grande que les autres accostées cette nuit, orné de gravure inconnue à ce monde, d’une architecture qui ne rappelle en rien les frégate occidentale qui peuplait habituellement ce port… Valentine profita de la balade pour continuer d’appuyer le fait qu’elle serait une bonne seconde, de par sa réflexion et ses sept cents ans d’existence … Impressionnant, certe, mais cela laissait la capitaine de marbre. Elle devait s’ouvrir au champ des possibles dans ce monde. Elle avait déjà rencontré une femme tigre après-tout, alors une femme agée d’un tel nombre, ce n’était pas si invraisemblable mais soit, Dahlia savait où elle allait, elle n’avait pas besoin de se reposer sur une quelconque expérience pour avancer. Elle était investie d’une puissance qui l’obligeait à aller de l’avant … Nidhogg. Nidhogg qui avait l’expérience pour eux deux, qui avait l’ambition, le savoir et le raisonnement … Cette part d’elle-même, cette part qui a fusionné avec elle pour devenir qui elle est aujourd’hui … Le capitaine Fortune.

"Ne t’en fait pas, Valentine. Je tiens la barre ici. Je sais où on va et je n’aurais de cesse d’aller de l’avant alors laisse moi regarder en arrière autant de fois que je le désire. Et si je vous fait déjà … « confiance » comme tu le dis, c’est parce que justement, je suis pour l’instant une ombre dans cette grande peinture qu’est Kosaten. Je ne suis pas encore une criminelle, une terroriste et personne ne cherche encore à me poignarder dans le dos. Cela serait vraiment un coup du destin bien écœurant si il m’avait mit sur la route de deux élues qui serait en recherche, tout à fait au hasard, de personnes susceptible de faire des siennes dans ce monde.  Autant dire que c’est invraisemblable. Mais votre excitation à l’idée de m’aider me plait alors … Pour te faire plaisir, je dirais alors que oui, je vous fais confiance, les filles ~"

Elles continuèrent de marcher sur les quais et Valentine semblait avoir remarqué quelque chose que la truande ne prenait pas la peine de remarquer, elle. Le capitaine qui avait essayé de lui faire concurrence, en train de s’imbiber d’alcool avec ses potes sans retenue. Une loque, un homme qui n’en valait pas la peine, un être … Non, même pas, juste « quelque chose » de répugnant et qui n’irait jamais loin dans la vie. Il ne méritait même pas d’être remarqué, aux yeux de la capitaine mais les dires de Valentine sonnaient bien à ses oreilles … Une occasion de plus de faire les poches à une cuve à bière et d’une pierre deux coups supprimer tout envie aux autre hommes de la taverne de se diriger vers lui. Cependant, elle devait leur présenter un invité surprise et cela serait dommage qu’Akemi le rencontre avant elle. De plus, au plus elle y pensait … Au plus elle se disait que c’était une bonne idée d’attendre le lendemain pour lui demander de faire ses preuves de cette manière. Dahlia avait besoin d’homme mais sur le long terme, elle aurait besoin d’un peu plus que ça alors … Encore une fois, une pierre deux coups. Elle ne s’arreta pas, donc, faisant un petit signe à sa nouvelle seconde pour qu’elle suive le rythme.

"C’est une bonne idée, ma chère, mais … Pas tout de suite. Tout d’abord …"

Et elle finit par se planter là, en fin de quai, devant son navire, attaché à la berge mais les amarres rétracté  pour que personne ne monte sur son navire. Pour les plus observateurs, cela serait presque curieux en sachant que la reine des pirates était venue seule ici. C’était même curieux que dans ses conditions, elle était venue jusqu’ici avec ce navire totalement impossible à diriger seul. Mais cela faisait partit du petit secret qui entoure la Fortune. Se tenant fière, elle finit par lâcher un long et langoureux.

"Ô Niiidhooooogg ~ … "

Et en réponse, phénomène pour le moins curieux pour les non initiés, les planches du navire se mirent à craquer d’elles-mêmes, sans vent, sans pression sur le bois, sans équipage, sans caprice de la marrée. Le ponton se déploya de lui-même, une longue planche servant de lien entre la berge et cette énorme galère qu’elle empreignit à la seconde même où le bois rebondit avec force contre les quais. Sans un mot de plus, elle monta sur son navire et laissa les deux autres suivre. Elle marcha de manière nonchalante jusqu’au pont supérieur, se dandinant lentement de droite à gauche. Elle s’apprêtait à parler de son navire et … Pour des raisons étrange et irrationnelle, cela la rendait toujours un peu rêveuse, comme si elle parlait d’un grand amour qui régissait sa vie, ce qui n’était pas forcement faux. Nidhogg comptait beaucoup à ses yeux, que cela soit le navire ou … la chose qui se cache à l’intérieur. Véritable amour ou œuvre du démon qui sommeille en elle, le fait est que dans les deux cas, il fallait être aveugle pour ne pas voir la main de Dahlia caresser tendrement le bois de la rambarde ou ses pas légers et virevoltant alors qu’elle se dirigeait vers un grand siège qui trônait loin derrière, à un endroit où elle pourrait surplomber tout son équipage et les mers alentours.

"Valentine, Akemi … Je vous présente mon très cher Nidhogg. Notre navire et votre nouvelle maison. Vous vous souvenez lorsque j’ai dit avoir quelque chose de plus que personne n’a ? Et bien … Disons simplement que nous marchons sur beaucoup plus que de simple planche assemblée bout à bout. Nidhogg … est le symbole même de la domination de l’homme sur les océans ~ Suivez moi dans ma cabine."

Elle dépassa alors le trône, ancré dans la structure même du navire, et se dirigea vers une porte imposante qui menait sur la chambre du capitaine. Ces portes s’ouvrirent toute seule pour les trois femmes et ainsi, les deux nouvelles pure découvrir le luxe de sa demeure. Une grande chambre décorée de mille et une babioles, de valeur ou non, rappelant la mer et les coutumes de son monde. Au milieu, une grande table ronde où divers instruments de navigation reposaient, compas, mappemonde qu’il faudrait peut-être mettre à jour pour qu’elle soit à l’image de Kosaten. De grande vitre donnaient dehors alors que divers lanternes et chandeliers éclairèrent la pièce, subitement allumés à leur arrivée. Un grand bureau gravé aux mêmes motifs, plus ou moins, qu’abordait son tricorne de capitaine, de même pour tous les meubles qui longeaient les murs de la pièce et, pour finir, on pouvait deviner la silhouette d’un grand lit incrusté dans le mur, derrière un rideau brodé de haute qualité. Cela respirait le luxe, un peu à l’image d’une certaine grande rousse qui semblait avare de bijou, or, de manière plus recherchée que celles d’un vulgaire pirate et de charme. La capitaine se tourna vers la grande table après l’avoir contourné, se laissant lentement tomber en arrière alors que Nidhogg construisait sous leurs yeux un fauteuil raffiné en modelant le bois du parquet comme si ce n’était que de l’argile souple. Elle invita ses collègue à faire de même en leur proposant des sièges eux aussi construit directement devant leurs yeux.

"Vous voyez ? Ce navire n’est pas comme les autres. Je ne sais pas s’il est « magique » mais … Il ne s’agit pas que d’une simple carcasse de bois. Nous somme lié et nous partageons les mêmes désires. Nidhogg … C’est un nom tiré de diverse mythologie. En tout cas ça l’est, dans mon monde. Nous parlons peu mais nous nous comprenons, lui et moi. Nous avons traversé … Tellement d’épreuve. Et autre que de savoir faire des chaises, il peut voyager sur terre comme sur mer. Il peut détruire, il peu construire, il peut faire des choses que je ne soupçonne même pas. Mais une des choses qu’il sait faire le mieux …" Elle gloussa un peu. "Je vous le montrerai … Dés demain, en réalité. Mais d’ici là, je vous invite à faire connaissance, lui et vous, à vous habituer à son contacte."

Elle annonça cela de manière amusée et énigmatique. Au même moment, elles pouvaient toute sentir le plancher trembler un peu sous leurs pieds. L’esprit frappeur qu’était le Nidhogg préparait pour elles leur chambre respective, directement devant l’escalier qui menait au pont, lorsqu’on descendait dans la calle.

"A partir de maintenant, vous avez quartier libre, mesdames. Explorez, venez me tenir compagnie en discutant, faite comme bon vous semble … Oh mais avant … Avez-vous des préférences pour vos chambres ? Vous n’avez qu’à parlez et mon ami tentera de répondre à vos attente du mieux qu’il peut."

La capitaine était confiante. Sur son bateau, elle avait des yeux et des oreilles partout. Elle n’avait rien à cacher non plus. Dans la cale se trouvait uniquement les canons, tout ce qui est normal de retrouver dans un navire, des barils de poudre, des boulets, de la corde et peut-être quelques surprise comme des jarres d’huile servant à alimenter diverses arme à base de feu que possédait ce navire pour le moins plein de surprise. Pas d’équipage, pas de squelette dans le placard, pas même une pièce scellée qui pourrait cacher le cœur du navire dans un hypothétique fantasme comme quoi le navire serait vivant, au premier degré. Quand à Dahlia ? Elle ne prévoyait plus de bouger. La nuit commençait à creusait son chemin dans la journée et il fallait se réveiller tôt le lendemain, pour accueillir l’équipage. Une fois que les choses seront calme, elle enfilera sa tenue de nuit et viendra embrasser l’étreinte du Nidhogg …

Ah, Nidhogg ...

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MessageSujet: Re: "Bonsoir ... j'ai entendu dire que vous recrutiez."   Mar 13 Oct - 23:07

Akemi siffla longuement en observant la coque et l'armature du navire. Le terme de "galion" n'était même pas totalement approprié pour cet engin, qui à n'en pas douter, devait être un puissant navire de guerre. Dahlia appela alors son navire, une chose étonnante. Ce qui fut encore plus étonnant, ce fut quand le navire sembla lui répondre, déployant les moyens d'accès et permettant à la capitaine, et maintenant à Valentine et elle de venir à son bord. Avançant en dernière sur la planche, la demoiselle sautillait comme un petit chat pour rejoindre au plus vite le pont. Une fois à bord, elle observa la rousse se dandiner puis commencer à... Caresser le bois du navire? Arquant en sourcil en se tournant vers Valentine sans faire attention si cette dernière ne l'avait aperçue, le petit bout de femme reporta son attention sur sa nouvelle patronne. Un navire unique? Quelque chose de plus que des planches de bois? Akemi voulait bien le croire, vu l'assurance dont faisait preuve la rousse. Et puis pour quelqu'un ayant fusionné avec l'âme d'un dragon-dieu, il y avait plus folklorique. Cependant, alors qu'elles étaient invités à suivre Fortune dans sa cabine, la tueuse observa entièreté de l’accastillage présent sur le pont. Tout cela n'avait absolument pas put être manipulé par une seule tête. Il fallait un véritable équipage, et un grand, pour pouvoir naviguer avec cette bête.

Cette question trouva presque instantanément sa réponse lorsqu'une fois dans la cabine, le navire fabriqua un siège pour la rouquine. La pièce était luxueuse sans paraître vulgaire. Mais ce navire... Akemi sentit Tasogare bouger dans son dos et une force émaner de Yoake. Oui, il y avait plus que du bois et des voiles. Plus que de la poudre et des canons. Il y avait une âme qui dirigeait tout ça. S'asseyant un peu méfiante sur le siège que le bateau lui avait gentiment "offert", la demoiselle croisa les jambes en écoutant les dires de son hôte. Sa curiosité fut piquée à vif après la dernière phrase. Il était évident que malgré ce bateau étrange, les choses allaient être fortement intéressantes dans les jours prochains, et si le bateau pouvait se défendre en cas d'abordage, c'était encore mieux. Se relevant doucement une fois que la capitaine eut achevé de parler. Akemi fit un petit signe de la main comme pour montrer son amusement.

- Si le navire agit de lui même, j'espère qu'il n'aura pas l'audace de m'attacher pieds et mains à mon lit... Cela serait déplaisant..., elle chuchota, quoique...

Elle ricana en se dirigeant vers la sortie.

- Pour ma chambre, je ne suis pas très difficile. Que mon lit soit moelleux mais à même le sol, que je dispose d'une grande baignoire pour y prendre des bons bains. En somme, que le bateau se base sur les chambres traditionnelles de ce monde, elles me rappellent mon village natal. Je vais explorer un peu ce magnifique bateau, si on ne se revoit pas d'ici l'aube, bonne nuit Valentine, bonne nuit Dahlia. Quoique, je devrais dire capitaine...

Elle cligna des yeux et quitta la pièce, avançant avec sa démarche féline vers la sortie. Une fois à l'air frais, la demoiselle ricana et s'élança vers le mat principal, y grimpant avec une rapidité déconcertante, son agilité surhumaine facilitant la tâche. Passant le cacatois, elle s'arrêta une fois au sommet complet du plus grand mat, fixant les étoiles alors qu'elle se tenait accroupie comme un chat contre le bois. Fermant quelques instants les yeux, elle les rouvrit pour voir deux dragons tourner autour d'elle. Naturellement, tout cela se passait dans sa tête et il ne s'agissait que de Yoake et Tasogare qui voulaient lui parler. Elle avait prit l'habitude de faire cela sur Era Necrolia et elle aimait pouvoir communiquer avec ceux qui avaient accepté de lui donner leur puissance, voir même fusionner avec elle pour l'un d'entre eux. Se concentrant pour leur parler, elle resta silencieuse d'un point de vue externe, alors qu'elle s'adressait à ses deux âmes sœurs.

- Ce bateau... Il est comme nous! Une arme possédée, prête à l'emploi pour son seul et unique maître!
- Exactement, nous devrons garder cela à l'esprit si les choses se passent mal avec la femelle.
- Allons, il est plus qu'évident que Dahlia a besoin de nous comme nous avons besoin d'elle pour le moment. Nous sommes faibles et elle ne semble pas non plus au sommet de sa force, même moi je peux le sentir.
- Ce n'est pas une raison de baisser ta garde jeune femme.
- Yoake.. Tu es toujours trop prudent, fais confiance à mon instinct féminin.
- Elle a raison! Cependant Akemi, tu me sembles très enjoué, le sourire que tu affiches en ce moment m'étonnes. Cela fait bien longtemps que tu ne montres plus autant d'émotion... Même quand tu joues avec une proie.
- C'est parce que je suis heureuse. Malgré ce coup du sort et cette "téléportation", j'ai le choix de recommencer une nouvelle vie, de construire quelque chose d'ambitieux. J'aurais eu l'occasion de vivre plusieurs mode de vie, et ce grâce à vous deux, et au destin.
- Tu es donc certaine de vouloir t'embarquer là dedans?
- Absolument. Au pire, ce ne sera que le temps de regagner notre force, voyons où le vent porte nos voiles.
- Soit. Tu devrais regagner ta forme normale sous peu cependant, je ne suis pas sûr que les futurs membres de l'équipage souhaitent voir une femme aux oreilles de chat, les yeux dorés et parfois écarlates possédant griffes et crocs les diriger.
- Mouais, tu sais très bien que je suis plus moi ainsi qu'en temps "normal". Mais je vais redescendre de toutes façons, j'ai encore des choses à voir avant demain.

Fermant les yeux, elle bondit du mat pour attraper en vol l'un des cordages pour se balancer rapidement et atterrir finalement sur les planches en ne faisant presque aucun bruit, tel un chat sautant d'une table. Souriante alors qu'elle commençait sa visite, elle posa son regard sur les cordes maintenant le bateau au quai, repensant à sa blague dans la cabine. Oui, si l'esprit du bateau l'attachait à son lit, ça pourrait se montrer pas si mal...

Elle passa donc ainsi une bonne heure à visiter le navire, s'attardant sur différents détails qui attiraient son attention, comme des ornements ou la taille des canons. Finalement, elle se redirigea vers le pont et entra dans sa chambre presque instinctivement. Son nom était inscrit sur la porte de toutes façons. L'intérieur était magnifique, pile comme elle l'avait imaginé. L'espace d'un instant, une vague de nostalgie s'empara de la tueuse qui passa vite à autre chose, se léchant les lèvres après avoir bu un peu d'eau qui attendait miraculeusement sur une table basse proche de son lit. Elle ne s'était même pas posé la question de savoir si c'était empoisonné, comme elle aurait été en terrain "hostile" si Dahlia voulait se débarrasser d'eux de toutes façons. Quittant ensuite sa chambre, elle se dirigea vers la cabine de sa capitaine espérant que cette dernière ne dorme pas afin de lui poser une question qui trottait dans sa tête depuis qu'ils avaient quitté la taverne. S'approchant de la porte, cette dernière s'ouvrit avant même qu'Akemi ne frappe, et elle entra donc en arquant un sourcil, n'étant pas encore habitué à ce qu'un navire bouge de lui même. Une fois à l'intérieur, elle aperçut sa capitaine qui attendait, en petite tenue. Souriant doucement en observant les formes de cette dernière, elle s'avança très légèrement en sautillant comme un félin amusé. Après tout, c'était elle qui s'était mise nue la première, donc pas de quoi être choquée si la capitaine la recevait ainsi vêtue.

- Désolé de vous déranger, ma chère. A vrai dire, je ne dors que très peu, depuis que j'ai.. Changé il y a quelques temps maintenant. Ne vous étonnez pas si vous me voyez rôder comme un chat sauvage sur le navire, c'est une habitude que l'on prend quand la nuit vous refuse et qu'il ne vous faut que quelques heures par semaines pour être en pleine forme. Enfin bref, je ne suis pas ici pour vous parler de mon statut de félin humanoïde insomniaque. Je pense que mon corps et mes oreilles parlent pour moi. Non, si je suis ici, c'est pour vous poser quelques questions. Avec mon poste, je devrais faire régner l'ordre dans votre équipage, et en être la représentante. J'assurerais un rôle majeur d'autant que je me trouve en position particulière, entre vous, la seconde, et l'équipage. Nous allons nous charger de ce dernier dans quelques heures, et je voulais que vous me donniez vos directives. Comment allons-nous procéder, et surtout, qu'elles sont les mesures que je pourrais prendre si je constate de l'insubordination, ou un matelots refusant par exemple de s'élancer contre un bâtiment ennemi?

Se grattant une oreille, elle se posa légèrement contre le mur, se léchant les lèvres en attendant une réponse.

- Je suis toute ouïe, capitaine.

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MessageSujet: Re: "Bonsoir ... j'ai entendu dire que vous recrutiez."   Mer 14 Oct - 22:02

« Pas tout de suite » … amusant. Valentine affecta de remettre une mèche de cheveux en place derrière une oreille : en réalité, elle faisait un effort assez pénible pour retenir ses griffes de sortir … il était frustrant d’être coupé dans un élan de telle manière. D’un autre côté, si elle cédait à la première pulsion malsaine venue … Croisant les bras, elle suivit les deux femmes sur le ponton, et arqua un sourcil en voyant la planche se déployer pour répondre à l’appelle de sa capitaine. Montant sur le bateau entre les deux femmes, elle haussa le second en voyant la main gantée effleurer le bois d’un geste … tendre ? Elle avait déjà vu des vieux loups de mer s’attacher à un navire après y avoir passé toute une vie, ce qui se comprenait, mais là … même le ton qu’elle employait avec quelque chose de décalé. Du moins, pour un « simple » bateau … or, ce n’était probablement pas le cas ici. Suivant la rousse dans ce qui semblait être sa chambre, l’hybride resta de marbre en voyant une chaise sortir du sol pour chaque individu présent dans la pièce … et ne s’assit pas. Debout à côté de la table sans être le moins du monde perturbée par le très léger roulis, elle laissa ses yeux se perdre sur les détails. Les cartes, la décoration, les miroirs … Fortune n’était pas une femme du peuple : si son apparence ne l’indiquait pas assez, son lieu de vie privée en était une preuve aussi éclatante qu’irréfutable.

La « permission » que leur donnait le capitaine suite à la brève explication qui avait été faite des capacités du navire était peut-être bienvenue pour Akemi, mais Valentine s’abstint de répondre tout de suite. Son expression, qui était redevenue neutre, changea à nouveau lorsque, de la pointe d’une de ses oreilles, elle perçu un mot qu’elle n’aurait pas imaginé sortir de la bouche de la nouvelle maîtresse d’équipage … à la fin d’une phrase particulièrement étrange, à vrai dire. Cependant, elle s’abstint de commenter, et la regarda sortir sans rien ajouter d’autre qu’un signe de la main, supposé répondre à son « bonne nuit ». Puis, croisant de nouveau les bras, elle resta statique à observer la porte pendant quelques instants, avant de sourire, et de se retourner. Logiquement, la belle rousse ne s’était pas envolée … tant mieux.

J’espère tout de même que je peux me permettre de « vous faire la discussion » sans avoir à sortir et rentrer à nouveau … J’irais bien explorer ce .. Nidhogg, un peu plus tard dans la nuit, mais pour l’instant, vous m’intéressez toujours plus que lui. Sans vouloir le vexer, bien entendu …

Se décidant enfin à cesser de se comporter comme une asociale complète, elle finit par doucement prendre le dossier de la chaise qui avait été construite pour elle, et la prit doucement pour la retourner, et s’asseoir dessus. Elle eut le plaisir de voir que le dessus du dossier, où s’étaient sculptées de petites pointes de bois, se poli immédiatement, formant un support bien plus confortable pour ses coudes. Baladant ses yeux jaunes sur le sol de la pièce, qui semblait pourtant on-ne-peut plus normal, elle finit par soupirer en observant sa nouvelle supérieure.

Pour le reste … J’ai passé assez de nuit parfaitement éveillée sans en subir les conséquences le lendemain pour me dire que je peux parfaitement me priver de sommeil le temps qu’il faudra … Je demanderais une chambre lorsque j’en sentirais le besoin. Par contre, quelque chose que je n’ai pas envie de reléguer à plus tard … On parlait de confiance, tout à l’heure. Je ne vais pas revenir sur le sujet, mais … Si vous voulez vous fier à moi, il faudrait peut-être que vous me connaissiez, non ? Donc … Est-ce que vous avez des questions, sur moi ? Demandez ce que vous voulez, ça ne me dérange pas … Pour être franche, je vous laisse poser les questions la première, mais j’en ai aussi quelques-unes qui me trottent dans la tête, et que je me sentirais … Malavisée de garder pour moi trop longtemps, si vous voyez ce que je veux dire. Enfin, en tout cas … Allez-y, tirez la première salve.
" - Quelle est la chose la plus horrible que tu ait jamais faite ? Ou que tu accepterais de faire, pour moi, bien évidement ... As-tu des limites ou serais-tu prête à accepter ... N'importe quel ordre ?"
… Si un jour on vous dit que vous passez par 4 chemins, prenez donc la peine de coller une mandale à cet abrutit. Et sinon … J’ai plusieurs réponses. Au moins deux, en fait.
De mon point de vue … vous avez probablement saisi, tout à l’heure, que les chasseurs de monstres étaient … « spéciaux ». Nous traquons des bêtes inhumaines, dangereuses … Souvient bien plus puissantes que nous. Et, petit à petit … Notre âme change. Pour nous rendre plus fort. Pour nous rendre moins … « fragile ». Et surtout, plus monstrueux. Nous nous adaptons à ce que nous chassons … Et lorsqu’un chasseur de monstre va trop loin, il perd la raison, et devient un monstre lui-même. C’est de cette menace dont je parlais plus tôt, même si je doute qu’elle se réalise un jour, ici … En revanche … J’avais un petit frère. Un petit frère qui adorait sa grande sœur, et qui voulait absolument lui ressembler, quand il serait en âge … Un petit frère à qui j’ai appris à se battre, à chasser. A pister les proies, à détecter les indices, percevoir à travers l’anodin, et repérer l’essentiel … à se battre, également. Pas comme un soldat, mais comme une bête … Pour pouvoir faire armes égales avec ses futures proies. Ce petit frère a grandi, est devenu … « un homme », si l’on peut dire, puisqu’il était elfe lui aussi. Il est devenu chasseur de monstre. Doué. Très doué … Jusqu’au stade dont j’ai parlé tout à l’heure. J’ai dû personnellement le pister pendant plusieurs semaines, avant de trouver la tanière où il avait conduit la plupart de ses victimes pour les dévorer, souvent encore vivantes … J’ai dû bannir du monde des vivants toutes les âmes de ceux qui étaient morts dans la souffrance, la peur, la tristesse … Tous les spectres qu’il avait créé. Il est revenu d’une de ses nouvelles « chasses » lorsque j’ai réussi à vaincre le dernier fantôme … J’étais épuisée, certes, mais résolue. Nous nous sommes battus. Et je l’ai tué aussi.
La demi-vampire marqua une petite pause, les yeux dans le vague. Elle ne se souvenait même plus d’à quand remontait la dernière fois où elle avait évoqué ce souvenir avec quelqu’un … Mais elle n’aimait pas en parler. Du tout. Pourtant, ça ne la dissuadait pas de le faire. Elle eut un petit rictus, voilé par le tissu, lorsqu’elle réalisa que la moitié d’une minute peut-être s’était écoulé. Pour le reste … Lors d’une traque, je me suis rendue compte que ma cible n’était pas une créature, mais une personne … Qui achevait sa victime avec des appareils de métal, capables de laisser des blessures similaires à d’énormes et terribles morsures. Une personne haut placée, qui avait beaucoup d’assistants … Je me suis peut-être un peu emportée, je crois. Ça m’a pris quelques semaine, mais j’ai méthodiquement pisté, enlevé, et torturé chacun des hommes sous ses ordres … Jusqu’à remonter la chaîne alimentaire complète. Au début, je me contentais de fractures, ou de coupures plus ou moins superficielles … Puis, les réponses sont devenues plus compliquées à faire cracher. Alors je suis devenue plus mauvaise … Je crois que celui que j’ai mis le plus longtemps à tuer a survécu pendant … 12 heures, peut-être. Le temps que j’aille tuer son maître. Ensuite, lorsque je me suis rendu compte qu’il était toujours vivant, les tripes à l’air … Je me suis contentée d’ouvrir les portes d’un chenil, à quelques centaines de mètres de là … Je ne suis même pas restée pour observer les chiens faire leur travail. Le nombre de spectres dans cette région a explosé, dans le mois qui suivait … Mais je m’en suis chargée aussi. Après tout, il fallait bien faire le ménage après soit, n’est-ce pas ? Enfin … voilà la chose la plus horrible que j’ai fait, je suppose. Autre chose ?
Tu m'as dit avoir passé du temps en mer, quel poste occupais-tu, dans quelles circonstances ?
Oh, et bien … ça remonte. Mais un bon paquet. De manière générale, j’ai commencé comme « mousse » , ou un équivalent … Puis, j’ai bougé vers les rôles atypiques. Coq, par exemple … Je ne cuisinais pas des choses succulentes, mais elles tenaient au ventre. Puis, médecin de bord … J’ai des connaissances en plantes et autres, et je connaissais quelques préparations … à même de suturer une plaie ouverte en versant le liquide dessus. En une trentaine de secondes. Sinon, pas vraiment de rôle « important », à vrai dire … ça ne m’intéressait pas, à l’époque. Et puis, je n’étais pas vraiment sur le navire en tant que marin, mais … Chasseuse de monstres maritimes.

Alors qu’elle disait cela, la demi-humaine posa doucement une main sur la table, et observa le dos de cette dernière. Ses griffes n’étaient pas sorties bien entendu : on ne pouvait donc voir qu’une main classique, peut-être au teint beaucoup trop pâle … encore que. Lentement, il sembla se modifier. Pas vers une couleur plus chaude ou naturelle, non … elle devenait grise. Littéralement. Et petit à petit, de petites écailles faisaient leur apparition, imitant lentement mais sûrement la texture qu’avait l’épiderme des requins.

Je passais souvent plusieurs heures de ma journée à manier le lance-harpon du bateau, voir même … à nager autour. Quand je vous dis que les chasseurs de monstre s’adaptent … fut un temps, je pouvais me faire pousser des branchies, presque. C’était une très bonne partie de ma vie … et en constatant que j’étais arrivé dans un port, ici … Je me suis dit que j’aimerais tenter cette aventure-là à nouveau. Même si entre baleinier un peu particulier et pirate, il y a une grosse différence … Je pense que je ne vais pas avoir trop de mal à franchir le pas. Je crois que j’ai fait le tour de la question … suivante ?
- Chaque cœur a sa propre faim ... Que réclame le tiens ? ...

Valentine se laissa un peu aller sur le dossier de sa chaise à cette question, sans prendre garde aux mèches blondes qui lui masquaient la vue. La question était très intéressante … Tellement qu’elle n’y avait même pas de réponse, à vrai dire. Elle n’avait jamais vraiment cherché à le savoir … elle ne s’était jamais posé la question. Le temps qu’elle réfléchisse, visiblement, la capitaine se décida à l’utiliser de manière plus rentable qu’en restant les fesses posées sur une chaise, soit en se levant, pour se diriger de sa démarche si particulière vers un paravent. Haussant un sourcil, l’elfe de brume put alors observer, en ombres chinoises, la silhouette aux courbes élégantes, qui … jetait son manteau sur une chaise derrière elle ? visiblement, elle aussi avait décidé de passer une tenue plus appropriée … ne bougeant pas d’un cil, Valentine se contenta d’attendre poliment qu’elle ait fini pour répondre à sa question de la manière la plus honnête possible. Du moins, elle essaya, mais en la voyant réapparaître dans une tenue des plus légère, qui exposait presque un peu trop son corps parfaitement développé … elle dut avaler sa salive, et cligner une ou deux fois des yeux pour reprendre un peu mieux le contrôle d’elle-même.

Par contre, si vous m’empêchez de me concentrer comme ça, je vais avoir du mal. Enfin. elle haussa les épaules, un demi-sourire sur ses lèvres masquées. Prude ? Peut-être pas à l’excès, mais elle n’avait pas l’habitude de côtoyer des gens qui se dénudaient si facilement … Pour en revenir à ce que mon cœur désire … Pas grand-chose, non. J’ai déjà testé le grand amour. Je n’aime pas l’arrière-goût qu’il laisse. J’ai grandi dans l’opulence, et la richesse … j’ai fui ce milieu dès que j’ai compris de quoi il était constitué. Idem pour le pouvoir « politique » … diriger ne m’intéresse pas vraiment, même si je me refuse à l’idée de rester simple larbin. Non … Je dirais que ce qui me plaît le plus est le plaisir de la traque. Etre seule avec sa proie, apprendre à la connaître … Préparer ses armes. Pouvoir l’affronter, tout savoir d’elle, de ce qu’elle est, de ses faiblesses … Et finalement, partager le moment de sa mort. Je dirais que c’est un des seuls « passe-temps » dont je ne me lasserais pas … Même si à terme, je suis bien plus douée pour exécuter sommairement quelqu’un ou quelque chose que pour réellement combattre. Par contre ... J’ai un objectif, sur le plus ou moins long terme. Il y a un homme, qui a été téléporté ici en même temps que moi, sur Kosaten … Je dois le trouver, et le tuer. Je vous expliquerais probablement pourquoi, d’ici peu … mais c’est le seul « réel » devoir que j’ai, ici. Maintenant, j’attends d’être de retour au sommet de ma puissance pour le faire … Un affrontement entre deux êtres « normaux » n’est pas souvent intéressant, et si en prime, la garde débarque, et réussit à me casser la figure juste parce qu’ils sont plus nombreux … je préfère récupérer mes pouvoirs, avant.
Mhhh … Chaque élue est une montagne de surprise en soit ... Je veux que tu n'en ai aucun pour moi. Quels sont tes limites ?
Limites … difficile à dire. Je sais que sur Era necrolia, certaines personnes, à force de combattre, de tuer, de s’endurcir … Pouvaient devenir parfaitement surhumaines. J’en faisais partie, d’ailleurs … même si je n’étais pas un cas exceptionnel, mes anciens « pouvoirs » étaient hors norme. Bon, si je devais en dresser une liste … force. Vitesse. Endurance. Je pouvais passer des heures, peut-être des jours à courir, faire des bonds gigantesques, ce genre de choses … J’étais capables de modifier mon physique. Les griffes n’ont en réalité été que le premier stade … et celui que j’ai le plus utilisé, mais j’avais quelques autres capacités sous la pédale. Les écailles, par exemple. Après … Je savais également secréter de l’acide par la peau des mains … ça, c’est un petit tour de sorcière. Je sais manier tous types d’armes, je ne tombe jamais malade même en dévorant de quoi empoisonner un être normal … que dire d’autre. Oh, comme je suis une elfe de brume, j’ai aussi l’ouïe extrêmement fine, et une vision nyctalope. Et en dernier point … Ah, oui. Le pas de brumes.

Elle ne prit même pas la peine de s’expliquer : la fumée qui se mettait doucement à émaner de son corps parlait par elle-même. Se répandant dans l’air sans pour autant s’éloigner tant que ça de l’elfe, les brumes se mirent, en peut-être une dizaine de secondes au maximum, à l’envelopper intégralement … avant de se dissiper, ne laissant rien qu’une chaise à l’endroit où se trouvait la vampire. Cette dernière allait ouvrir la bouche pour parler, mais elle n’en eut cependant pas le temps : un évènement coïncida avec sa disparition. La porte de la cabine s’ouvrit, pour laisser rentrer … La jeune féline qui s’était éclipsée un peu plus tôt. Quoique, pouvait-on réellement appliquer ce terme ? En tout cas, la petite demoiselle de l’est semblait en avoir pris plein les yeux, et le côté fauve de sa démarche n’avait pas disparu, loin de là. Plutôt que de redevenir tout de suite visible, Val’ eut un sourire : la coïncidence pouvait bien se changer en plaisanterie … La laissant parler, elle se retint de soupirer. Elle avait songé à poser exactement les mêmes questions … quoique, une ou deux de plus, peut-être. Mais en attendant, le fait que l’humaine soit apparue de telle manière tombait plutôt bien …

Comment allons-nous procéder, et surtout, qu'elles sont les mesures que je pourrais prendre si je constate de l'insubordination, ou un matelots refusant par exemple de s'élancer contre un bâtiment ennemi? Je suis toute ouïe, capitaine.
La question ne s’adresse pas à moi, mais je suppose qu’on doit bien pouvoir se procurer au moins un fouet dans cette ville. Lorsque le besoin s’en fera trop sentir, on en administre quelques coups aux personnes qui le demandent … et l’affaire est réglée. Enfin, je dis ça, mais ça ne serait applicable que si nous étions sur un navire « classique », n’est-ce pas ?

Amusée, Valentine rompit le sortilège avec un certain naturel, redevenant parfaitement visible sur la chaise qu’elle occupait, toujours dans la même position. Son sourire pouvait presque se voir juste à la déformation qu’avait son masque : au moins avait-elle réussi à cacher le fin-fond de sa pensée … à savoir, qu’elle ne pensait pas forcément aux matelots, lorsqu’elle avait évoqué le fouet. Mais ce genre de plaisanterie ne se faisait pas avec quelqu’un rencontré moins de deux heures plus tôt : elle se contenta donc de tourner à nouveau la tête, souriant à la rousse, cette fois.

En revanche, je me posais les mêmes questions qu’Akemi … Et je me demandais également. Comment avez-vous réussi à faire se déplacer un man o’ war de cette taille dans ce port … seule ? à moins que ce ne soit l’une des surprise de demain, mais … l’exploit reste notable.


"La plus grande Nemesis que j'ai jamais dû affronter ... C'est moi-même." :
 


"Ceci dit, petite boule est devenue grande ... Mais il s'appelle toujours Oor'ka.":
 
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MessageSujet: Re: "Bonsoir ... j'ai entendu dire que vous recrutiez."   Jeu 22 Oct - 3:57






Partie de l’équipage, partie du navire.





"Ma chère Akemi, je serais très mal placée pour juger tes déviances … Alors qui sait ? ~" Son air taquin, toujours présent, illuminait le visage de la belle rousse alors qu’elle se sentait de plus en plus complice avec le sens de l’humour de cette femme chat …

La Capitaine acquiesça doucement à la sortie de sa nouvelle maitresse d’équipage avant de laisser son regard lentement se tourner vers Valentine qui lui avait fait l’affront de ne pas accepter sa chaise. Cependant, Dahlia pouvait presque se dire que c’était dans le personnage et dans un monde de pirate, la politesse n’était pas une chose valorisée ou réprimandée, jusqu’à un certain point, toujours. Elle la vit finalement s’asseoir et ainsi, elle entama la discutions, comme elle l’avait proposé. Elle esquissa un petit sourire à son compliment bien que la suite sonnait presque comme une redondance à ses oreilles. Valentine semblait vraiment tenir à avoir cette notion de confiance entre elles, chose respectable mais la pirate lui avait déjà donné la solution à ce problème : Les actes valent bien plus que des mots. Et cependant, elle persistait en proposant de vouloir mieux se connaitre. Cette situation était pour le moins étrange aux yeux de la belle rousse. Elle qui avait passé tant d’années seule avec Nidhogg, sans se soucier d’autre interaction avec les autres que « la vie ou la mort » … Nul besoin de dire que la mort prônait souvent… Oui, faire connaissance était une besogne, un poids, quelque chose qu’elle ne voulait pas spécialement faire dans son état d’esprit : Fatiguée, las, avec comme seule désire de réaliser ses projets … Cette situation n’était comme … pas importante à l’heure actuelle. Mais il fallait bien faire bonne figure lorsqu’on était au bas de la chaine alimentaire. Ainsi, comme la vampire l’avait si gentiment proposé, la canonnière qu’était Dahlia tira la première salve.

" - Quelle est la chose la plus horrible que tu ait jamais faite ? Ou que tu accepterais de faire, pour moi, bien évidement ... As-tu des limites ou serais-tu prête à accepter ... N'importe quel ordre ?"

Dahlia ne perdait pas le nord. Elle avait des plans et elle se devait de s’y tenir. Elle voulait qu’elles apprennent à se connaitre ? Alors la capitaine ne se gênera pas pour explorer les tréfonds de son être, mais avant toute chose, les parties qui l’intéresse vraiment, les parties qui allaient lui être utile. Cependant … Elle avait oublié à quel point Valentine était une bavarde. Cela la fit presque regretter lorsqu’elle commençait à raconter sa vie alors qu’elle ne demandait qu’une simple réponse « J’ai fait ça ou ça et je veux bien tuer pour vous ». Cela aurait été une réponse correcte, tout ce qu’elle attendait … Mais la sulfureuse demoiselle comprit bien vite pourquoi tant de mélancolie cachée derrière les paroles, s’allongeant encore et encore, de sa seconde. Un frère qu’elle a du tuer de ses propres mains. Y a-t-il une histoire plus tragique que celle-ci ?

Sans doute. Après tout, tout était histoire de point de vue. Dahlia, fille unique, ne pouvait pas comprendre ce genre de sentiment. Le mieux qu’elle pouvait faire, c’était imaginer … Elle, de son coté, avait aussi eut quelques mésaventure de cet ordre là mais … Bizarrement … Elle ne s’en rappelait pas. Elle ne s’en rappelait pas comme si elle ne voulait pas s’en rappeler et quelque chose l’aidait à réussir dans sa quête d’oublie. Sans nul doute un coup de pouce d’un ami très bien placé dans le cœur … et l’âme de la pirate. Au fond, cette parlotte n’était pas inutile. Depuis longtemps adossée, voir, confortablement installée dans son fauteuil, elle écoutait sans montrer d’expression vraiment distincte, emmagasinant les informations, satisfaite d’avoir une seconde avec un coté aussi sombre. Cela allait lui servir. Pour ne pas se couper dans son élan, Dahlia entama la suite, une curiosité plus qu’un réel aspect pratique. Quoique.

"Tu m'as dit avoir passé du temps en mer, quel poste occupais-tu, dans quelles circonstances ?"

Dahlia apprit alors qu’elle fut simple matelot, chef cuistot ou même médecin ? Ce dernier point était impressionnant, majoritairement parce qu’elle ne l’imaginait pas ainsi mais après tout, une chasseuse de monstre, comme elle aimait l’expliquer, devait sans doute pouvoir se parer à toute éventualité, d’où les connaissances en plante et ainsi de suite. La rousse regarda de manière nonchalante la main posée sur son bureau pour l’observer changer de peau. Après le coup des griffes, ce tour-ci était moins impressionnant mais elle comprenait bien ce qu’elle voulait dire. Matelot ou médecin, elle restait une chasseuse avant tout et c’est tout ce qu’elle demandait de sa part : être une chasseuse, une machine à tuer.

Finalement, plus pour suivre la question d’avant qu’autre chose, Dahlia se dit qu’il était bien beau d’avoir une femme capable de tuer son frère à bord mais il fallait trouver moyen de la garder en laisse d’ici le temps qu’elle accomplisse la majeur partie des actions prévus dans ses plans. Valentine semblait être … sincère sur son désire de vouloir instaurer une confiance entre elles-deux. C’était toujours curieux pour la truande mais cela lui permettait de jouer son jeu de manière plus ouvert.

"Chaque cœur a sa propre faim ... Que réclame le tiens ? ..."

Poser ce genre de question était louche. Pour ceux qui avaient un peu de cervelle, il était naturel de penser que Dahlia pourrait utiliser cette faim pour manipuler la personne et c’est ce qu’elle adorait faire pour arriver à ses faims … Mais la chasseuse de monstre lui donnait toute les indication nécessaire pour penser qu’elle lui répondrait sans détour.

Oh qu’elle avait tord. En réalité, cette question l’avait coupé net, on dirait bien. Cependant, en la fixant dans les yeux, ou en essayant du moins au vu du rideau de cheveux blond devant son visage, elle ne détecta pas plus de méfiance que cela. Elle semblait réellement perdue, sans voix, sans réponse à lui donner. C’était normal. Certaine personne ne savent pas ce qu’elles veulent. Tout le monde cherche le bonheur mais le bonheur est différent pour tout le monde. En attendant qu’elle se dénoue la langue, Dahlia poussa un long soupire avant de se redresser de son siège de capitaine pour se diriger, de sa démarche chaloupée, derrière un fin paravent, en silence … Derrière celui-ci, Dahlia se mit à se déshabiller pour se mettre dans une tenue plus adéquate. Le sommeille allait bientôt frapper à sa porte et cette petite pause réflexion lui semblait être le meilleur moment pour enfiler sa fine nuisette, voir presque transparente, au dessus de ses dessous de dentelle qui trahissait un peu beaucoup ses envies de luxe caché. Tout comme Akemi, Dahlia n’était pas forcement pudique mais il relevait de la bienséance, de son éducation bourgeoise de sa petite jeunesse, de ne point embarrasser ses hôte de telle grossièreté comme se mettre à nue … Son éducation de pirate, peu après, balança le tout afin de ne pas avoir de honte à se pavaner en petite tenue. Bien que chasseuse de prime, Dahlia avait souvent revêtu ce costume léger pour séduire ses proies. La remarque de Valentine sortit le visage de la séductrice de sa monotonie, reprenant un sourire taquin.

"Je vais te dévoiler un secret, Valentine. Retire tes vêtements … Et tu verras à peu de chose prés la même chose. Alors pas de quoi être spécialement déconcentrée ~"

Ainsi elle écouta enfin sa réponse … Qui la ravie, après quelques instants de réflexion. Pas de grande ambition ou d’envie dans son cœur, seul le désire d’une routine dangereuse, un désire d’aventure rythmé par la chasse, de monstre ou d’autre chose, ça c’était à elle de voir. Cependant, si Valentine voulait se faire les griffes sur quelque chose, la capitaine du Nidhogg, se fera une joie de pointer les cibles. Tout semblait aller pour le mieux avec cette demi-elfe. L’histoire d’un homme qu’elle devait chasser n’était pas vraiment important pour l’instant … Il ne serait un problème que si elles tombent dessus, ce qui serait un sacré lot de malchance de perdre sa seconde face à un simple désire de revanche ou qu’importe motive la suceuse de sang. Finalement, la seule autre question qui lui vint en tête fut de savoir l’étendue de ses capacités.

"Mhhh … Chaque élue est une montagne de surprise en soit ... Je veux que tu n'en ai aucun pour moi. Quels sont tes limites ?"

Et la réponse fut en somme : des capacités physiques surdéveloppées, des métamorphoses en tout genre ainsi qu’un petit tour de magie qui va très bien à son rôle d’assassin. Ainsi elle disparut dans la brume et au même moment, la maudite sentit la présence d’Akemi s’approcher de la porte. Elle était sur le Nidhogg … Dahlia ne plaisantait pas en disant qu’elle avait des yeux et des oreilles partout ici. La porte s’ouvrit d’elle-même sous l’impulsion de la volonté du navire et la manchote entra dans la pièce. La situation était coquasse. Combien d’autres personnes la verront encore en petite tenue, aujourd’hui ? Pas que ça la gênait, comme elle l’avait déjà précisé … La truande poussa un petit ricanement en l’entendant parler de sommeille.

"Tu n’es pas là pour ça et pourtant tu m’en parle quand même. Valentine m’a tenu le même discours. Personne ne dort donc normalement dans votre monde ?"

Elle écouta les questions d’un air amusé avant que Valentine ne réapparaisse. Cependant, elle se focalisa d’avantage sur les questions d’Akemi. Non pas qu’elle voulait que Valentine ne se sentie ignorée mais elle avait raison … Cela faisait partit de la surprise, en quelques sortes.

"Tu verras demain, ma chère seconde, un peu de patience. Quand à vous, maitresse d’équipage … C’est très simple."

Elle croisa les bras et se mit à faire quelques pas dans son bureau, reprenant un peu de son sérieux pour s’approcher de la petite dame et se fixer prés d’elle, un genou légèrement relevé dans une posture assurée.

"Demain, vous et moi allons passer en revue toute les personnes désireuses de rejoindre mon équipage. Nous allons leur faire comprendre dans quoi ils s’engagent. Pas directement dire que nous allons faire acte de piraterie, non … Juste se renseigner si, oui ou non, ils ont « ça » dans le sang. Les hommes … Pardon… les personnes forte seront engagées, promise à un salaire et renvoyé chez eux en annonçant que le moment de lever l’ancre n’est pas tout à fait arrivée. Ceux qui n’ont pas « ça » dans le sang seront menés sur le navire où nous nous occuperons de leurs cas." Dit-elle d’un air quelque peu sadique. "J’ai besoin de la main d’œuvre mais aussi … d’autre chose. Ensuite, pour répondre à ta question … Je ne suis pour l’instant pas assez forte pour contenir la mutinerie d’un équipage complet. Cela veut dire que quelques coups de fouets seront sans doute nécessaire pour motiver les troupes mais il ne faut pas donner plus de raison que nécessaire à ses braves personnes de se retourner contre moi. Nous allons faire en sorte qu’ils nous adorent … Nous seront ferme, sévère, mais ... humaine. Rassure-toi cependant, Akemi. Dans un futur proche, nous pourrons nous permettre de nous amuser un peu plus avec ses pauvres âmes en peine. D’ici là, nous devons être le plus diplomatique possible et les accoutumer à l’idée que leur splendide capitaine aura besoin d’eux pour des affaires de muscles. Nous devons leur faire comprendre que nous avons autant de poigne que les hommes de ce monde machiste et se faire respecter pour ça." Elle pouffa d’un air satisfait. "Mais je pense que l’on n’aura pas trop de soucis de ce coté de toute façon. Ce village côtier est un nid de scélérat. Ils feront n’importe quoi  si je leur tends quelques pièces sous le nez, même si celles-ci dégoulinent de sang."

L’appelle de l’argent, un langage qu’elle ne parlait que trop bien. Cet endroit, elle était tombée dessus par hasard en réalité. Longeant les cotes dans l’espoir de quitter Fuyu, le premier port faisait l’affaire. La bonne fortune décida que ce village n’avait pas grand-chose de la ville modèle de justice et de bons sentiments.

"Quand aux gêneurs bien trop encombrant … Tu as carte blanche. Et tu continuera à l’avoir tant que tu distribue tes punitions de manière discrète aux yeux de l’équipage. Encore une fois … Le but est d’être aimé, pour le moment. "

Elle se tourna ensuite vers Valentine un court instant, toujours un petit air satisfait, aux allures sadique, au visage.

"En ce qui te concerne, Valentine … Pendant que nous passeront sans doute notre journée à recruter, j’aurais une mission à te confier. Mais cela attendra demain. Aller … Ouste ~"

Elle reprit son air détendu, amusé, taquin … Féminin, pour faire signe aux deux élues de sortir de sa chambre.

"Je sais que je vous ais dit pouvoir discuter mais si vous deux êtes à ce point insomniaque, mon état risque d’en partir. Contrairement à vous, je chéries mes heures de someille. Et rappelez-vous … pas de bêtises ~"

Car Nidhogg veille.

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MessageSujet: Re: "Bonsoir ... j'ai entendu dire que vous recrutiez."   Dim 1 Nov - 15:40

Adossée contre le mur, Akemi observa avec un sourire certain Valentine réapparaître, et s'imagina un instant qu'elle aurait été la réaction de la chasseuse de monstres si elle était allée s'asseoir là où elle se trouvait. Les elfes et leur pas de brumes... Il fallait croire qu'ils aimaient vraiment en faire usage, comme s'ils tenaient à se prouver à eux mêmes l'utilité, et la logique de cet examen qu'on leur imposait à leur majorité. Comme s'ils se justifiaient pour eux même la violence dont ils avaient dut faire usage durant leurs examens.

Quoiqu'il en était, Akemi écouta attentivement le discours de sa capitaine, qui se trouvait sur l'autre chaise, en petite tenue. Scrutant les formes de la rousse en même temps qu'elle buvait ses paroles, la tueuse laissait son sourire trahir ses pensées. Les choses allaient devenir intéressantes, surtout si elle pouvait user de l'équipage si ce dernier tentait de renverser Fortune. Oh, bien sûr, Akemi comptait faire de ces hommes de bons soldats, et non pas de simples marionnettes qu'on remettait dans le droit chemin dès qu'elles faisaient un pas de travers. Savoir qu'elle pouvait cependant exercer les punitions qu'elle estimerait juste si nécessaire la rassura néanmoins, elle n'avait eut que trop l'habitude par le passé de devoir s'occuper d'hommes un peu trop directes ou un peu trop misogynes. Décroisant puis recroisant les bras, le petit bout de femme se lécha les lèvres avant de plonger son regard directement dans celui de sa capitaine.

- Parfait, c'est ce que je désirais entendre. Il faudrait cependant que vous nous disiez rapidement ce que "autre chose" veut dire pour ce que vous avez besoin. De la façon dont vous nous présentez la chose, on ne peut envisager que deux voies possibles: la manipulation d'esprit, ou la nécromancie. Je ne sais pas comment fonctionne les morts dans votre monde ou sur ce dernier, mais j'espère seulement que ce n'est pas comme dans notre monde... Auquel cas votre seconde risque de ne pas trop apprécier, enfin, j'imagine. Déformation professionnel peut-être?

Ricanant en repensant à ce que lui avait dit Valentine un peu plus tôt dans la soirée, Akemi avança d'un pas félin jusqu'à la table se trouvant entre les deux chaises, avant de s'asseoir dessus doucement.

- Pour ce qui est des gêneurs trop encombrants, si j'ai carte blanche n'ayez craintes... L'équipage ne sera même pas au courant que ces derniers ont été châtiés par ma personne... Après tout, je suis une tueuse à gage, enfin, chasseuse de primes si on s'en tient à mon rang "officiel". Faire disparaître les gens sans laisser de traces, c'est mon domaine. La chasse à l'Homme... Surtout.

Elle se lécha de nouveau les lèvres, comme pour montrer son excitation à cette simple pensée.

- Mais je saurais rester raisonnable, et je n'agirais que rarement sans votre accord. Après tout, c'est vous la capitaine, alors autant avoir confirmation que m'occuper d'une cible est de votre avis également, même si vous me parlez de carte blanche, je pense que j'userais quand même de temps à autres de votre approbation. Oh et... Je ferais en sorte que l'équipage vous adore, croyez-moi, je sais comment manipuler le cœur des hommes...

Se relevant soudainement tout en s'étirant, Akemi se dirigea vers le siège de Valentine, tout en se cabrant alors qu'elle tirait sur ce dernier pour ensuite le tourner légèrement vers la sortie.

- Allons Valentine, laissons notre dame se reposer, j'ai hâte de voir ce qu'elle nous réserve pour demain, mais je préférerais qu'elle ne le fasse qu'une fois bien reposée. Capitaine, une nouvelle fois, bonne nuit.

Sortant de la cabine en croisant les bras dans son dos, la tueuse marchait nonchalamment en sifflotant, alors qu'elle se dirigeait vers le pont du Nidhogg. Sentant la présence de l'elfe derrière elle, elle se retourna doucement et tendit un grand sourire à la dame aux cheveux blancs, avant de prendre un air des plus sérieux.

- Le chaos te ronge, n'est-ce pas? Je le sens grâce à Tasogare. Dis moi Valentine, tu n'as jamais eu dans l'idée de servir un jour la Nécropole?

Elle laissa un blanc pour écouter sa réponse, avant de marcher doucement vers l'un des bords du pont pour s'y poser.

- Je vais être honnête. Au cours de mon errance après avoir perdu mon bras, et alors que Yoake et Tasogare me guidaient, j'avoue y avoir pensé. Non pas pour réduire toute trace de vie à l'état d'esclaves ou de morts-vivants, mais par curiosité. Il y a tant de choses sur cette capitale corrompue que nous ne savons pas. Pourquoi tant des vôtres semblent s'y intéresser et se laissent bercer par les forces du chaos? Pourquoi ces dernières se jettent-elles inlassablement sur nos villes, ne laissant que ruines et chagrin derrières elles? J'étais curieuse d'en apprendre plus, mais la rencontre avec un mage errant me permit d'en apprendre plus sans avoir à m'y rendre. Ioha Jokresi. Je suis sûre que tu en as déjà entendu parler. Cet homme était incroyable, il m'a beaucoup aidé lorsque je tentais de canaliser les forces divines qui s'écoulaient dans mes veines, en plus de m'instruire sur la Nécropole et ses secrets. Enfin... Je parle un peu pour rien dire à vrai dire, je voulais simplement en apprendre un peu plus sur toi, et surtout sur ton état. De ce que je ressens, tu te changes en vampire petit à petit, et ta soif de sang semble parfois te troubler, je ne suis pas dupe.

Quittant sa position pour se rapprocher de la dame qui la dominait d'une tête, Akemi étira un large sourire alors qu'elle tendit sa main vers la demoiselle, comme si elle allait lui toucher le visage.

- Je te demanderais seulement de me dire qu'elle est ton état, car venant de ton monde, je suis probablement la seule personne capable de t'aider ici bas, et surtout de te comprendre. Enfin, moi et mes dragons, ils pourront peut-être nous aider à trouver un moyen de t'aider. Enfin... Si c'est ce que tu désires!

Elle ricana doucement, laissant Valentine pour se diriger vers l'entrée de sa chambre.

- Je vais dans ma chambre, j'ai bien envie de voir ce que Nidhogg m'a préparée. Bonne nuit Valentine. Oh et, personnellement, le fait que tu te changes peu à peu en bête ne me dérange pas. Il aurait été fâcheux que je ne sois que le seul fauve sur ce navire hahaha!

Marchant doucement, elle entra finalement dans ce qui allait être sa tanière dans le futur. La chambre était magnifiquement décorée, de la même façon que les plus belles chambres de ce monde, ce qui donnait à Akemi l'impression de déjà vu qu'elle ressentait depuis son arrivée, les décors étant semblables à ceux de son village natal. Un piano se trouvait au fond de sa chambre, ainsi que plusieurs autres instruments, notamment un violon. Le Nidhogg avait écouté la demande d'Akemi à la lettre, s'en était impressionnant. Elle se plaisait à jouer de la musique lorsqu'elle était seule, ou lorsqu'elle l'estimait nécessaire. Elle n'avait que peu de passions à vrai dire, mais la musique en était une. S'asseyant sur le tabouret du piano, la demoiselle se concentra avant de fermer les yeux et de laisser ses doigts glisser sur les touches, entamant un ancien chant qu'elle avait connu plus jeune.

Le reste de la nuit passa ainsi, Akemi jouant de son instrument et chantant, marquant seulement quelques pauses pour aller lire quelques livres que le bateau lui avait laissé, principalement des ouvrages provenant du monde de Fortune, permettant à la tueuse d'en apprendre plus sur le monde de sa capitaine. Lorsque l'aube pointa, Akemi était allongée sur son lit en train de lire, sa forme "normale" retrouvée. Se changeant pour enfiler son armure après un bon bain, elle sortit de sa chambre pour retrouver Fortune et Valentine. Un peu de temps passa, puis les marins commencèrent à s'approcher du bateau. Dans la foule, Akemi aperçut le tavernier. Ricanant doucement, elle se pencha vers ses deux consœurs.

- On dirait que quelqu'un ici, en a assez de sa femme...
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MessageSujet: Re: "Bonsoir ... j'ai entendu dire que vous recrutiez."   Lun 2 Nov - 0:16

Se servant d’une de ses griffes pour gratouiller doucement l’autre bras, Valentine écouta les réponses sans ajouter quoi que ce soit, aux commentaires comme au fait qu’elle n’obtiendrait visiblement pas sa réponse ce soir … Décevant, mais pas forcément très important : autant passer à la suite. En revanche, la demi-elfe haussa légèrement un sourcil en notant qu’elle avait été omise de la partie « recrutement », puis le second lorsqu’elle se fit à l’avance attribuer une « mission spéciale » dont elle ne recevrait le briefing que quelques heures plus tard …Pourquoi tant de mystères ? Enfin, plus que de mystères, pourquoi tant de détails qu’on ne réglait pas sur le vif … certes, tout le monde ne se montrait pas forcément aussi bavard que l’elfe – qui pouvait le devenir en de rares occasions – mais pour autant, procrastiner sur quelques explications rapides n’était pas au goût de tout le monde … enfin. Se relevant en sentant qu’Akemi tentait de lui voler sa chaise ou quelque chose de ce genre, la vampire emboîta le pas à la petite femme, marquant juste une pause sur le pas de la porte et tournant la tête.

Petit secret : Primo, si je me mets nu, je vais surtout voir une magnifique collection de cicatrice, le teint d’une malade, et des formes pas forcément aussi généreuses … Et secondo, si vous leurs en donniez l’occasion, il y a un sacré paquet d’individus, tous sexes confondus, qui n’hésiteraient pas à vous sauter dessus … Après tout, c’est bien l’une des conséquences du fait d’être aussi séduisante, n’est-ce pas ? Passez une bonne nuit en tout cas capitaine, et profitez de ces quelques heures de sommeil.

Ce qu’elle avait dit plus tôt n’était qu’à moitié une blague : ayant passé un demi-siècle dans les bras d’une sorcière et un siècle et demi dans ceux d’un homme, Val’ n’avait strictement plus aucun doute sur l’attirance qu’elle se savait pouvoir ressentir pour les deux gentes … Même si elle se doutait que certains et certaines ne perceraient pas à jour ce trait de sa personnalité juste en l’observant rapidement. Après tout, contrairement à d’autres choses, ça n’était pas marqué sur son visage … Rejoignant en quelques enjambées Akemi, l’hybride s’arrêta à quelques pas d’elle, et l’observa en silence. Sa première question, franche et sans détour, fit légèrement froncer les sourcils à la traqueuse … à ce rythme, dans une semaine ou deux, l’équipage en saurait plus sur beaucoup de ses aspects les plus intimes que tous ceux qu’elle avait côtoyé dans son monde d’origine. Demandait-elle à qui que ce soit de révéler ses secrets les plus sombres aussi rapidement ? D’un autre côté, ce genre de phrase sous-entendait quelque chose de dangereux … qui ne plaisait pas à l’elfe de brume. Elle n’en laissa cependant rien paraître, répondant d’une voix monocorde.

Deux questions assez étranges … Oui, puis non. Déjà, comme chasseuse de monstre, on m’a plusieurs fois répété qu’avec la vie que je menais, je devais plus colporter sur moi l’influence d’un démon, fusse Inordi ou Ravage, qu’autre chose … Et il est arrivé à mon âme des choses que je ne souhaiterais à personne, je peux te l’assurer. Quant à la nécropole, il m’a suffi de voir ses serviteurs, tant les larbins que les plus « dévoués » pour renier en bloc les pouvoirs qu’elle prétendait offrir … Je suis déjà bien assez « monstrueuse » comme ça.

Laissant finalement ses membres supérieurs retomber et pendre le long de son corps, la sang-mêlé laissa une nouvelle fois la parole à la jeune femme de l’est, observant sa silhouette qui se découpait sur le paysage du village, le tout sur le fond nocturne ... quelque chose en elle titillait la vampire. C’était probablement dû à l’altération de sa nature, qui était à l’origine de ses métamorphoses … Ou quelque chose du même genre, en tout cas : toujours était-il qu’elle donnait « soif » à côtoyer. Rien de bien méchant, mais elle devrait tout de même se surveiller, à l’avenir … Ses paroles, en revanche, créèrent une boule au ventre de l’elfe de brume. Et si pendant quelques secondes, elle ne répondit rien, c’est parce que durant ces mêmes secondes, elle se demanda si une des choses les plus simples à faire n’était pas d’égorger la jeune femme dans son sommeil et de la balancer par-dessus bord … Mais assez rapidement, elle réalisa qu’elle n’avait plus grand intérêt à faire une telle chose … Elle n’était plus sur Era necrolia. Et il était probable que les « vampires », tels qu’ils étaient connus ici ou dans les mondes des élus qu’elle avait croisé, et croiserait à l’avenir, ne subissaient pas tous le même sort que ce dont elle s’était préservée durant des centaines d’années … mais tout de même, elle avait placé remarquablement juste, ce qui pouvait être inquiétant. Observant la main qui s’était arrêté à quelques centimètres de sa joue, elle baissa légèrement le visage, soupirant.

Quand j’ai dit qu’il était arrivé des trucs « indésirables » à mon âme … Tu as déjà combattu une foule de spectres ? Un ange ? Voir même certains vampires ? Crois-moi … La marque qu’ils te laissent n’es pas facile à faire cicatriser … Mais j’ai le remède. Il me manque juste un ou deux ingrédients … qu’heureusement, je pourrais trouver ici. Du reste, je n’ai jamais fait la conversation avec un vampire : les quelques que j’ai chassé avaient peu de discussion après que je les ai empalé et ai brûlé leurs corps, et pas beaucoup plus avant.

Le ton était devenu léger, détendu : ce n’était qu’une façade, mais à moins de lire dans les pensées, la petite demoiselle de l’est ne devrait se douter de rien … pour l’instant. L’observant repartir en lâchant un « bonne nuit. » assez peu audible, la chasseuse resta en place, mains dans le dos, à détailler sa silhouette … Devait-elle confesser cela aussi ? Un bref délai de réflexion l’amena à se dire que quoi qu’il en fut, c’était à la capitaine qu’elle devait en parler la première … Ne serait-ce que parce que sur le Nidhogg, il n’était pas assuré que chaque info importante ne lui soit pas directement transmise. Or, apprendre que vôtre second a littéralement besoin de boire du sang « par surprise » n’est jamais quelque chose d’agréable, surtout quand il vous l’a caché plus ou moins longtemps … Et le bref aperçu qu’elle avait eu du personnage lui laissait penser qu’elle ne lui en tiendrait pas rigueur, tant qu’elle ne lui sautait pas dessus … Pour la dévorer vivante cette fois, pas autre chose.

La nuit était peut-être bien entamée, mais l’hybride n’avait pas sommeil. Rejoignant la terre ferme, elle quitta le village désert à cette heure tardive, et s’aventura dans la campagne alentours … Son objectif était simple : récolter des plantes. Elle n’avait aucune envie de faire un bouquet, mais plutôt un herbier, ou quelque chose du genre ? Si elle parvenait à identifier correctement quelles racines et quelles fleures elle pouvait mélanger pour obtenir des préparations similaires à celles de son monde d’origine, elle n’en serait que plus efficace à l’avenir … En outre, il était toujours bon ne serait-ce que de savoir ce qui était comestible, ou pas : elle se renseignerait dans tous les cas auprès d’un herboriste par la suite. En quelques heures de fouilles au sein des champs et forêts, elle avait pris de quoi remplir son sac de cuir : se remettant en chemin vers le nidhogg, elle parvint à ce dernier peut-être une heure ou deux avant l’aube, et monta à bord sans s’annoncer, déposant juste son sac sur un coin du pont principal où l’on n’irait pas regarder sans raison. Puis, se frottant un peu le menton en observant le quai et la berge où arriveraient leurs postulants du lendemain, l’hybride se frotta un peu la mâchoire inférieure, réfléchissant … Certes, c’était inutile d’avoir une table pour tous, mais …

Nidhogg ? Est-ce que je pourrais avoir une table et une paire de tabourets / chaises ?

La question flotta dans les airs pendant quelques instants … mais ne trouva nul écho. Patientant peut-être 10 secondes, l’hybride soupira, avant de se masser la nuque. Tournant les yeux vers son sac, elle observa quelques instants la bandoulière, soit le seul élément qui dépassait, et pensa à quelque chose.

Bon, et … Un cahier vierge, c’est trop demander ?

Cette fois, elle entendit bien un craquement, mais … lointain. Tournant la tête, elle nota que ce dernier semblait provenir du mat principal, et s’en approcha tranquillement … Ses pupilles nyctalopes ne discernaient pas tout, mais elle avait cru saisir un léger mouvement dans le bois. Plissant les yeux en se rapprochant là où elle avait eu cette impression fugace, elle se pencha vers l’avant. Les stries du bois et les nœuds qui le parcouraient semblaient avoir voulu former un étrange motif, qu’elle identifia assez rapidement … Le message était relativement clair.

Ok, ok … Tu n’exauces pas chaque demande, juste celles qui remplissent des conditions énoncées par ta maîtresse, compris … Mais continues comme ça, et on ne va pas être copains.

Soupirant, elle se redressa, et se contenta de se diriger vers l’accès aux ponts inférieurs et à la cale, traînant légèrement des pieds. Le cahier pour son herbier était « facultatif » dans la mesure où elle pourrait s’en procurer un à terre sous peu, mais il aurait pu être pratique … en revanche, pour la table et les chaises, la non-participation du navire était plus énervante qu’autre chose. Cependant, en descendant à la cale, la vampire trouva assez rapidement de quoi palier à ce manque : deux tonneaux à peu près vides de contenu à part un peu de poussière, et un ensemble de planches clouées les unes aux autres, qui devait servir à « barricader » les fenêtres qui n’avaient pas de volets en cas de tempête ou quelque chose … Ou à boucher une porte qui n’avait plus de battant, ou quelque chose du genre : l’elfe ne se posa pas vraiment la question en le ramassant. Portant son butin dans ses bras en maudissant sa nouvelle faiblesse, il lui fallut peut-être 20 ou 30 minutes pour placer les trois objets correctement sur le pont : les deux tonneaux debout, et la large « planche » dessus, formant une table tout à fait convenable … pour s’asseoir derrière, et faire passer les entretiens uns à uns. Le procédé avait plus de classe avec une vraie table et de vraies chaises, mais bon … d’ailleurs, la vampire ne savait pas vraiment où trouver des chaises, à part dans la chambre de la capitaine qu’elle ne tenait pas à réveiller. Cependant, elle serait là au tout début du recrutement au moins : elle expliquerait à ce moment. Récupérant son sac, elle descendit un peu dans le navire, l’explorant pendant plusieurs dizaines de minutes, avant de finalement poser son choix sur une pièce. Y larguant son sac sur le sol, elle soupira, réfléchissant … Elle portait tellement peu d’importance à un lieu où elle ne serait probablement presque jamais, au final.

Alors, on va dire que ma cabine sera ici … Mets-moi de quoi écrire, une table, au moins deux chaises, un lit, une étagère … Deux coffres … Et places des cadenas sur la porte, que je puisse ouvrir d’un simple ordre vocal. Je déteste qu’on puisse fouiller mes affaires.

Retournant sur le pont sans ajout supplémentaire, elle tua les quelques dizaines de minutes suivantes à grimper le long du mat, pour observer le Kotasen depuis un point de vue en hauteur … certes, elle ne pouvait voir qu’un petit village, la campagne environnante où elle avait passé plusieurs heures, et la mer … mais ce spectacle lui suffisait déjà bien assez. Redescendant en voyant un tricorne passer sur le pont, elle se laissa pratiquement tomber non loin d’elle, et se rapprocha de son capitaine qu’elle salua d’une légère courbette, après avoir indiqué sa présence d’un léger toussotement.

A se lever aussi tôt, nul besoin de se demander pourquoi vous chérissez autant vôtre temps de sommeil … Mais tant mieux : la journée promet d’être longue dans tous les cas.

Constatant qu’Akemi les rejoint quelques minutes plus tard à peine, la vampire expliqua brièvement à quoi correspondait sa petite installation – sans insister outre-mesure sur son aspect – avant d’observer, elle aussi, les marins s’amasser sur le quai, certains engageant la discussion avec les autres pour parler de tout et de rien, mais pour la plupart bien entendu des raisons qui les poussaient à venir. Reconnaissant, elle aussi, le tavernier, l’hybride eut un petit sourire, et constata que le navire – ou son capitaine - avait choisi ce moment pour déployer la passerelle d’accès, permettant aux hommes de commencer à monter à bord, lentement.

Que veux-tu, c’est toi qui lui en avait fait la proposition, n’est-ce pas ? J’espère juste qu’il ne sera pas trop dégoûté à l’idée de servir chez des bandits des mers … Voyant que le premier homme avait atteint le niveau du pont, la vampire se tourna vers sa capitaine, profitant de leurs derniers instants toutes les trois avant … plusieurs heures. Tant que j’y pense : quelle était cette « mission » que vous teniez à me confier ? J’ose espérer qu’elle n’est pas uniquement destinée à m’empêcher d’effrayer l’équipage que vous cherchez à engager …


"La plus grande Nemesis que j'ai jamais dû affronter ... C'est moi-même." :
 


"Ceci dit, petite boule est devenue grande ... Mais il s'appelle toujours Oor'ka.":
 
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MessageSujet: Re: "Bonsoir ... j'ai entendu dire que vous recrutiez."   Lun 9 Nov - 23:34






Partie de l’équipage, partie du navire.





Dahlia ne pouvait pas réellement le cacher, elle était impressionnée qu'Akemi ait compris aussi vite ce qu'elle voulait faire de ceux qui ne sont pas taillé pour la piraterie. Si dans son monde, tout ce qui touche de prés ou de loin à la nécromancie n'est qu'oeuvre de fiction, uniquement amené à la réalité par elle et les pouvoirs du démon en ce navire ... Peut-être était-il évident que cela soit monnaie courante dans un monde que l'on appelait "Era Necrolia" ? Etait-ce ainsi qu'elles avaient désignées leur monde ? Sans doute, elle n'en était plus sûre et franchement, cela ne l'intéressait pas. La capitaine se contenta de sourire et de secouer doucement la tête.

"Peut-être que oui, peut-être que non ... Et qu'importe la réponse, je suis convaincue que ma chère seconde respectera sa parole lorsqu'elle me disait être la preuve absolue de confiance et de loyauté. Soit patiente, te dis-je."

Elle ricana, la fatigue et le sérieux de ses projets ne lui enlevant pas encore son coté joueur pour laquelle on la connaissait. Akemi se vanta ensuite de son efficacité, chose que la pirate ne doutait pas mais ... C'était rassurant de savoir que le message était passé et que toute effusion de sang  se déroulera à l’abri des regards indiscret, elle présumait ? La belle rousse, toujours en petite tenue, s'avança déja pour les guider vers la porte, ne pouvant s’empêcher d'elle-même rajouter une couche, toujours enjouée.

"Je vous crois, Akemi. C'est l'une des prérogative principale pour devenir une maitresse pirate au succès grandissant. Nous parlons bien le même langage ~"

Mais avant de pouvoir refermer les portes derrière elles, Valentine lui adressa un regard et quelques compliment indirecte, ceux à quoi la truande répondit par un air taquin, presque charmeur.

"Oh, quelle délicate pensée qu'est celle de me croire séduisante ... Vous êtes intéressée, très chère seconde ?" Un rire plana alors qu'elle refermait les portes, laissant uniquement son visage dépasser quelques secondes encore. "Je ne trouve pas les cicatrices bien repoussante de toute façon, bien du contraire ..."

Et sur cette remarque qui avait pour but de, peut-être, décrocher une rougeur à la vampire ... Elle referma un peu brusquement les portes, levant les yeux au ciel et laissant enfin tomber le masque de la fanfaronne petite dame aimant jouer avec les sentiments. Elle restait ce genre de personne mais sans ses regards posé sur elle, elle pouvait enfin souffler, soupirer en s'adossant à cette entrée, libre désormais de faire ce qu'elle voulait et ne plus prendre ses airs de personne distinguée. L'image était toujours importante pour elle, pour une pirate, pour une ancienne noble, pour une manipulatrice qui voulait faire ressortir le meilleur de soi-même. Mais après une telle journée, à piloter ce navire par la seule force de sa volonté, à se confronter face à une assemblée de marin bourru et à essayer de tâter le terrain pour convaincre ses deux là à la rejoindre ... Journée bien chargée, bien remplit et aux moult succès. Ainsi, elle pouvait venir en toute liberté ouvrir le rideau qui séparait son lit, incrusté dans le mur et vint se blottir dedans, retrouver le réconfort de draps doux et chaud, se blottissant dans l'étreinte du Nidhogg qui la serrait contre lui sous la forme de ses couvertures, de ce lit, de ce tout où elle résidait. Le sommeille ne vint pas tout de suite apaisait son esprit cependant. Nidhogg et Dahlia ne formaient qu'une seule et unique personne après tout, excepté quelques nuances évidente. La conversation qu'entreprenaient Akemi et Valentine sur le pont ne la concernait pas plus que ça mais elle l'écouta comme si les deux élues de son équipage étaient à coté d'elle. Elle gardait ce savoir pour elle avant de laisser les commandes au navire vivant qui, lui, ne connaissait le sommeille que par la description orale qu'en donnait les humains.

Le lendemain, Dahlia se leva et fit sa routine... Un brin de toilette comme c'était possible avec de l'eau douce, parfum, maquillage devant son miroir, gardant une certaine classe et un raffinement féminin malgré son statut de pirate et enfila à nouveau sa tenue de capitaine, épais manteau de cuire blanc et bleu marine, ceinture de tissue, de cuire, un pantalon rayé rappelant les corsaires, les lanières de son corsets remontant à ses épaules formant un cœur doré sous le cou ... Et bien entendu, son fameux tricorne orné de gravure d'or . Elle s'apprêtait à guetter les arrivants pour les accueillir dans leur nouvelle demeure. Valentine sauta de son mat pour atterrir prés d'elle, hors de son champ de vision mais sur Nidhogg, elle était omnisciente. Elle n'eut pas besoin de se retourner pour savoir que sa seconde était là, aussi discrète soit-elle. Nul bonjour nécessaire, elle estimait. Elle en vint directement au point important.

"Il faut bien entretenir cette beauté qu'est la mienne, Valentine ... Elle a d'autre intérêt que de combler mon narcissisme ... Charmante petite installation que tu nous as fait là."

Encore un peu endormit, elle passa l'éponge sur les rires exagérément craquant qu'elle se forçait à faire (ou pas tant que ça en fait) et se contenta de sourire en voyant les tonneaux et planche  aménagée en table. Akemi les rejoignit quelques instants plus tard, regardant avec elles l'amas de candidat se formant sur le quai où était accosté le navire hanté. Dahlia écouta ses deux complice plaisanter à propos du tavernier qu'elles avaient mit dans l'embarra, la veille, ce à quoi la pirate rajouta.

"Il a quitté son thon d'épouse pour rejoindre trois magnifique jeune créature. Il faut bien une contrepartie à ses avantages : la vie n'est pas assez généreuse pour lui donner cette chance gratuitement, tout du contraire."

Elle jeta un regard quand Valentine lui demanda l'objet de sa mission, ce à quoi elle se retourna finalement pour sourire gentiment à sa seconde, la prenant par le bras pour la diriger vers la rambarde qui délimitait le pont du Nidhogg. Elle pointa ensuite vers le navire du capitaine rivale de la veille, annonçant vaguement.

"Rapporte moi le capitaine de manière à ce que tu n'attire pas l'attention plus que ça. J'en ai besoin en un seul morceau cependant alors évite de lui couper la tête. Dans un premier temps, en tout cas."

Elle lâcha le bras de Valentine, ce petit geste qui pouvait lui donner des allures innocente si on ne la connaissait pas si bien et fixa la demi-elfe dans les yeux, haussant les épaules.

"Désolée de te décevoir, ce n'est pas quelque chose de bien spéciale ou d'inattendu mais outre que résoudre nos petites querelles passées avec cet homme ... Sans capitaine à bord, ou même d'équipage pour le seconder ... Non seulement nous aurions un navire à ajouter à notre collection mais peut-être aussi un futur "collaborateur" ... Non, soyons honnête, un futur esclave. Lorsque nous auront constitué nos forces, je pourrais aisément te mettre toi ou Akemi aux commande d'un autre navire pour m'épauler mais un capitaine ayant déjà sillonné les mers de Kosaten ? Cela me parait être une bonne opportunité. Aller, ta capitaine compte sur toi, très chère. Il ne devrait pas être dans le meilleur état en vue de la cuite d'hier soir, de toute façon  ~"

Elle donna une petite tape dans le dos de sa seconde avant de se désintéresser d'elle et revenir vers Akemi qu'elle invita, d'un geste du bras, à se poser à coté d'elle sur la table de fortune. La passerelle du navire se déploya par la force du démon l'habitant  la capitaine se tint un instant sur la rambarde pour adresser aux marins.

"Cher marins, approchez ! Montez à bord chacun à votre tour et présentez vous ! N'ayez crainte, cependant. Comme je vous l'avez annoncer, il y aura de la place pour tout le monde sous le pavillon du Capitaine Fortune !"

Elle fit volte-face un peu brusquement de manière à ce que le pan de sa veste se soulève et vint rejoindre la maitresse d'équipage derrière la table, lui adressant un regard et un petite messe basse.

"Akemi, nous allons questionner tout les idiots qui passent devant nous. Ceux qui ont déjà une carrière militaire derrière eux, une expérience du combat ou même si on arrive à leur faire cracher directement qu'ils ont déjà fait acte de piraterie ... Nous leur dirons que nous lèverons l'ancre demain et qu'ils sont attendu. Les pieds tendres, ou du moins ceux qui ne désirent pas s'embarquer dans les embrouilles que nous sous-entendrons ... Nous leur dirons que non, c'est un navire marchand et nous leur demanderons d'attendre sur le navire en disant être engagé et par petit groupe, tu les emmènera dans la calle ... Ligote les ou tue les, peu importe mais j'aurais besoin de leur corps. Nidhogg te donnera un coup de main, au cas où."

Elle se redressa un instant, comme pour reprendre une allure noble mais se repencha bien vite prés d'elle pour rajouter une chose, plus souriante cette fois et la gratifiant d'un clin d'oeil.

"Oh et ... Tu as du flaire, chaton ... Je ne compte pas faire quelque chose de très catholique avec ses cadavres, hmhmm ~"

Dahlia repris son role mais soupira tout de même en voyant le fameux tavernier se présenter devant elles, le fixant sans rien dire pendant un petit moment aprés qu'il se soit présenté... Elle haussa les épaules de dépit.

"Bon ... Nous aurons besoin d'une brigade de cuisinier, après tout. Laisse celui-là passer, Akemi."

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MessageSujet: Re: "Bonsoir ... j'ai entendu dire que vous recrutiez."   Mar 10 Nov - 21:27

Akemi fixa sa capitaine suite à sa remarqua, lâchant un petit " maeow " face au surnom que lui avait donné Dahlia. Fixant les hommes qui se trouvaient devants les demoiselles, la tueuse se lécha les lèvres en imaginant la suite des événements, avant d'observer le tavernier qui se présentait. Fortune n'avait pas l'air complètement emballée par le monsieur mais décida qu'il ferait l'affaire. Et pour cause, il pourrait très bien jouer le rôle de cuisinier le temps de trouver quelqu'un de plus compétent, ou qu'il ne meurt.

Laissant l'homme continuer sa route, ce dernier allait échapper au "châtiment" de la maîtresse d'équipage pour le moment. Mais Akemi se doutait que sur tous ceux qui étaient venus aujourd'hui, un bon nombre d'entre eux allaient être classés dans la seconde partie, ce qui allait permettre à la demoiselle aux yeux d'amandes de "jouer" avec ces types. Naturellement, elle espérait qu'il y aurait quand même plus de personnes capables qu'innocentes. Après tout, être la maîtresse d'équipage d'un équipage fantôme justement, c'était moyen. Même si elle n'était pas encore complètement certaine qu'il s'agirait de nécromancie pure, Akemi se doutait de ce que ferait la capitaine aux hommes abattus. Et elle s'en moquait éperdument, pour elle, seul comptait le résultat, et s'ils devaient en passer par là pour devenir plus forts et obtenir un peu d'or, tant pis.

Un autre homme s'avança, un type au regard perdu, mais bien charpenté. Ce dernier se présenta aux deux femmes à la manière d'un enfant cherchant à impressionner en école. Seulement, ses seules prouesses ne désignaient que la fois où il parvint à attraper un gros poisson près d'un lac, ou quand il sauva la fille du voisin de la maison de feu ses parents en lui donnant du sucre quand elle en manquait. Il était peut-être assez fort physiquement pour être bon marin, mais son esprit semblait aussi pointu que celui d'un singe attardé. Un sourire se dessina sur les lèvres d'Akemi lorsque, suites aux nombreuses questions de sa capitaine, cette dernière déclara au type qu'il pouvait attendre dans la cale, le temps de la fin des recrutements. Par la suite, plusieurs marins se présentèrent à leur tour, et si certains étaient retenus, d'autres furent dirigés vers la cale à leur tour. Akemi se lassa doucement de ces recrutements, qui elle s'en doutait un peu ne semblait pas ravir Fortune au plus haut point également. Son attention fut de nouveau présente lorsqu'un homme arriva, vêtu d'une tenu blanche sobre, une ceinture d'outils et de coutelas à sa ceinture.

- Votre nom?
- Kern Landfall.
- Et quels sont vos talents, Kern?
- La médecine et la comptabilité, principalement. Le meurtre aussi, lorsque je m'ennuie.

Akemi ricana à la phrase de l'inconnu. Au moins, il était direct. Analysant un peu plus l'individu qui se trouvait devant les deux femmes, la tueuse remarqua un détail amusant: la grande cicatrice qui traversait en diagonale le visage du "médecin". Ce qui aurait put sembler être une blessure de guerre était beaucoup trop nette, beaucoup trop propre pour l'être. Plissant ses yeux d'amandes, Akemi tenta de se souvenir de quels genre d'outils la personne ayant marqué ce type avait put utiliser. Observant les regards sur lui, l'homme ricana.

- Avant que vous ne posiez la question, c'est moi qui me suis blessé avec l'un de mes scalpels spéciaux. De petits coutelas dentés que l'on utilise que dans de rares occasions. Si je me suis blessé, c'est uniquement pour voir ce que la douleur m'infligeait. Pourquoi le visage? Juste pour les regards que des femmes comme vous peuvent me poser. Si vous voulez savoir ce que je faisais autrefois, mesdemoiselles les élues, et bien c'est très simple. J'étais un chasseur de monstre, ou de personnes. En fait, je prenais tous les contrats que je trouvais, et je récoltais sur les montres divers matières que j'usais ensuite dans mes recherches. Les dieux font apparaître sans cesse des personnes comme vu alors, autant que je me renseigne sur les monstres bien de chez nous, avant que certains ne viennent d'autres mondes...

Il fixa Akemi dans les yeux, comme s'il la désignait particulièrement ce qui amusa la demoiselle. Par la suite, Dahlia lui posa un tas de questions auquel l'homme répondit aisément et avec un sarcasme notoire. Physiquement, il n'était pas très très grand ni très imposant, mais ses cheveux noirs mi-longs ébouriffés et ses yeux rouges lui donnait un air de dingue. Après les nombreuses questions, Dahlia l'accepta finalement comme un futur membre d'équipage, pas de cale pour le maniaque au scalpel, cela semblait logique pour la tueuse qui se demanda l'espace d'un instant le poste que lui confierait la capitaine, et si la médecine était pour l'homme un moyen de sauver les gens, ou un moyen pour les faire souffrir un peu plus.

Le temps passa encore un peu, avant que Fortune ne donne le signal à la demoiselle pour ceux laissés dans la cale. S'étirant doucement avant de se relever avec grâce, Akemi s'excusa auprès de sa capitaine et des marins encore sur le point de passer, avant de se diriger vers les cales, prétextant devoir aller boire et changer ses bandages au bras. Descendant doucement les marches de l'escalier, Akemi tira doucement Yoake de son fourreau, faisant quelques mouvements avec la lame dans l'air tandis qu'elle s'approchait de l'entrée de la première cale. S'arrêtant subitement, elle observa le bois qui l'entourait.

- Fais en sorte que leurs cris ne soient entendus par personne, c'est là la seule aide dont j'aurais besoin, tout du moins pour ceux-là.

Un grincement sourd du bois fut sa réponse. N'attendant pas plus de communication de la part d'un esprit frappeur, le petit bout de femme se retrouva assez vite au niveau des différents marins "recalés" et soupira doucement alors qu'ils se tournaient vers elle, demandant quand ils pourraient enfin sortir. Tranchant la gorge d'un geste vif de sa lame au moment où le type terminait sa phrase, la demoiselle ne laissa pas le temps aux autres gars de faire quoique ce soit qu'elle se jetait sur eux rapidement, tranchant soit leur gorge, ou poignardant leur coeur directement. Agissant avec une vitesse folle et avec efficacité, Akemi tentait de laisser le moins de marques possible sur les corps de ses victimes, ne sachant pas vraiment si le pouvoir de Fortune avait besoin de corps en bon état ou non. Dans le doute, il valait mieux essayer de ne pas trop les abîmer. Enfin, si on oubliait le fait qu'elle retirait la vie à ces hommes. Le dernier tombant au sol dans un bruit sourd, Akemi nettoya sa lame sur ses vêtements avant de la rengainer dans un geste parfait. Si Dahlia aurait douté des capacités d'assassinats de sa maîtresse d'équipage, sa démonstration devait l'avoir conquise. Avec son seul bras gauche, Akemi était aussi dangereuse que les meilleurs bretteurs, mais ce qu'elle pouvait faire sous l'influence de Yoake ou de Tasogare, ça... Elle le gardait pour plus tard pour sa capitaine. Se dirigeant vers la sortie, le demoiselle aux yeux d'amandes murmura au bateau.

- Je te laisse ces jouets, je retourne voir Fortune, je reviens sous peu.

Arrivant de nouveau vers sa capitaine, le petit bout de femme se rassit dans une grâce à peine exagérée, laissant un sourire à peine coupable s'échapper sur ses lèvres tandis qu'elle croisait le regard de Dahlia.

Les recrutements pouvaient reprendre.
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MessageSujet: Re: "Bonsoir ... j'ai entendu dire que vous recrutiez."   Mer 11 Nov - 0:19

Un thon ? Certes, Fortune était une femme de la mer, mais le terme employé n’était-il pas un peu violent, tout de même ? Surtout pour une dame qu’elles avaient vu … quelques … bon, à la réflexion, et en se souvenant de la personne dont elle parlaient, la vampire approuva intérieurement : c’était un thon. Un vieux thon ridé. Mais tout de même … ce n’était peut-être pas le premier sujet à aborder pour parler à leur futur cuisinier … Du moins, pas si elles ne voulaient pas se retrouver avec la moitié de l’équipage – incluant probablement elles trois également – malades à cause d’une « petite erreur de préparation dans le menu ». Passant cette réflexion sous silence en se disant qu’elle était somme toute assez futile, la demi-vampire sentit qu’on la tirait par le bras, et suivit sa rousse capitaine en laissant très légèrement une oreille dépasser de sa chevelure pour être certaine de mieux entendre ce qu’elle aurait à dire. Silencieuse, elle n’opposa ni réflexion, ni remarque à ce que lui disait son supérieur : un modèle de soumission, vraiment … d’un autre côté, il n’y avait rien à redire à la logique de la demoiselle, qui connaissait son affaire, et avait visiblement déjà longuement maturé ses arguments … Seul bémol : la chasseuse n’avait jamais été très fan des proies à rapporter vivantes … Mais elle pouvait bien faire au moins une exception.

Tant qu’il ne se met pas à faire quelque chose de vraiment stupide, tout devrait bien se passer pour lui … mais en même temps, s’il était à ce point idiot, il ne serait alors pas vraiment utile, n’est-ce pas ?

Laissant sa question rhétorique en suspend alors qu’elle se détournait, la demi-vampire observa le bateau qu’elle allait devoir aborder, seule, pour en capturer l’officier le plus important … Heureusement qu’on était encore tôt le matin.

Afin que personne ne la voie quitter le navire, la vampire avait activé son pas de brume sur le pont de ce dernier, à un endroit où elle se savait hors de portée visuelle. Elle était descendue en sautant littéralement sur le quai, à un endroit désert, et avait pris quelques distances avec le Nidhogg avant de permettre à tout le monde de la voir à nouveau … à la base, elle avait songé faire tout son trajet voilée par les brumes, mais s’était très rapidement rendu compte que faire ainsi l’aurait épuisé. Décidément, perdre toutes ses forces n’était pas amusant … Si même les sorts qui n’avaient pas de coût en possédaient un désormais, l’existence allait être pénible pour au moins quelques longs mois, ici. Quand à pourquoi elle avait quitté le bateau sans être visible … simple. Qu’auraient pensé les marins s’ils avaient vu la seconde d’hier soir prendre le large vers un autre navire ? à n’en pas douter, pas vraiment du bien … Hors, si sa mission ne concernait pas le recrutement, elle n’avait pas envie de l’empêcher indirectement non plus. Se déplaçant donc dans la ville pendant quelques minutes, elle rejoint enfin le ponton sur lequel était amarré le navire de sa cible … Ce dernier était bien plus petit que le Nidhogg, mais probablement plus rapide également. Observant un peu les alentours, la demi-elfe fit fonctionner son cerveau … comment faire sortir la princesse de sa tour dorée ? L’idée lui vint d’elle-même en voyant plusieurs annexes accrochées plus ou moins solidement aux différentes bites d’amarrage, et pendant quelques minutes, elle descendit sur un des sous-pontons pour en détacher une, qu’elle repoussa légèrement dans la direction voulue … Les eaux du port étaient calmes : ce serait parfait. Se redressant, elle observa le navire … Et disparu à nouveau dans le léger voile de brume qui, malgré son transfert dans un autre univers, ne l’avait jamais réellement quitté.

Contrairement au Nidhogg, ce navire-ci ne « regorgeait » pas vraiment de vie : il était simplement … sur le réveil. Quelques marins nettoyaient le pont, d’autres jouaient aux dés : une activité naissante et encore endormie, qui prouvait que le bâtiment n’allait pas prendre la haute mer avant au moins plusieurs heures, s’il partait aujourd’hui. Faisant bien attention à se déplacer dans le silence le plus complet, l’elfe de brume traversa le pont principal en quelques instants, se rendant directement vers les cabines des officiers … Elle vit le second sur le chemin, qui tambourinait contre la porte de la cabine du capitaine. Avec précautions, elle se plaqua contre un mur, observant la scène.

KRAIG ! Bordel, je savais qu’on n’aurait pas dû te laisser boire à ce point hier soir … Lèves-toi bordel ! Les hommes attendent toujours de savoir si on repart aujourd’hui ou pas !

Sans un mot de plus, l’homme trapu et légèrement velu s’éloigna en pestant dans la barbe naissante qu’il devait avoir rasé quelques jours plus tôt : bientôt, le soleil se reflêta à nouveau sur son crâne chauve, alors qu’il partait brailler des ordres un peu plus loin. La semi-elfe, le regardant partir sans quitter le coin sombre où elle s’était embusquée, prit sa place lorsqu’elle fut certaine que personne d’autre ne viendrait, et vérifia la porte. Verrouillée. Soupirant, elle changea un de ses doigts en griffes, et força délicatement le mécanisme de la serrure … qui émit un bruit légèrement sec, avant de faire un déclic peu normal. Redonnant un aspect normal à son doigt alors qu’elle tournait la poignée, la blonde pénétra la cabine du capitaine sans plus de cérémonie, refermant derrière elle. Faisant quelques pas en observant l’endroit, elle finit par entendre un déclic étrange, et pivota doucement. L’homme barbu – qui visiblement n’avait pas eu le temps de s’habiller depuis qu’il avait quitté son lit - qu’elle avait vu hier soir la tenait en joue avec une arme qu’elle ne connaissait pas vraiment : elle se douta cependant assez naturellement que s’il la pointait vers elle avec une telle insistance, c’était pour la menacer : elle affecta donc de reculer légèrement, avant de se ressaisir.

C’est un endroit bien malfamé pour une jolie demoiselle de ton genre … Mais tu n’as pas l’air de grande vertu non plus, si tu as pu forcer ma porte si vite.
Je … J’avais besoin de vous parler.

L’homme haussa un sourcil, avant de plisser les yeux pour observer la demoiselle. Cette dernière devait bien faire sa taille, et il ne parvenait pas à mettre le doigt sur ce qui le mettait mal à l’aise chez elle …

Tes mains. Quand on est une invitée polie, on les mets bien en vue. Oui, comme ça … Tu avais … Besoin de me parler, dis-tu ?
On peut dire ça comme ça, oui. Vous me reconnaissez ?
Tu étais à la table de cette garce de rousse hier soir, n’est-ce pas ? J’étais ivre, mais j’oublie rarement les gens qui masquent la moitié de leur visage.
« Garce » … Vous ne croyez pas si bien dire.
Comment ça ?
Je pensais m’engager dans son équipage … Mais une nuit à suffit à m’en dissuader. Pour ce que j’en ai vu, c’est une pirate … De la pire espèce.
Une pirate, dis-tu … C’est un hasard drôlement moche, ça, tiens. Mais tu fais bien de me prévenir … J’ai horreur de la concurrence !

Même si elle restait impassible, la chasseuse sentit son cœur manquer un battement. Elle ne pensait pas tomber sur un autre bandit des mers … et son argumentation tombait quelque peu à l’eau, sans mauvais jeu de mot … Encore que. Ne laissant pas le temps au capitaine de reprendre, elle fit un pas vers lui, mais s’arrêta en voyant qu’il remontait le canon de son arme vers elle. Restant les mains en vue, elle soupira, avant de rigoler un peu, doucement.

Mhhh … Vous n’avez pas trop à vous en faire, en ce cas. Lorsque je disais « de la pire espèce » … Je parlais de ses capacités. C’est une incompétente, ça se voit tout de suite … Tout juste bonne à faire tuer son équipage.
Oh, vu la taille de son navire, il faudrait qu’elle y mette la foi …
Et pourtant … Parce qu’elle est élue, elle se croit invincible. Ça pourrait la mener à sa perte.
Pas d’ici … Je m’en doutais. Et toi ? Tu n’es pas de notre monde non plus, j’en suis sûre … Qu’est-ce que tu viens faire sur mon navire, dans ma cabine ? Me prévenir ?
Je pensais plutôt à … « me ranger dans le bon camps ». Soyons honnêtes : sans cette espèce de petite furie qui a failli vous égorger hier soir, vous auriez sans le moindre doute raflé tous les hommes, à la taverne … Elle non plus ne vient pas de ce monde. Mais je la trouve trop instable, trop … Dangereuse. Entre elle et la capitaine, je préfère encore me fier à quelqu’un de peut-être plus « faible », sans vouloir vous offenser … Mais avec lequel je sais que je navigue sûrement. Vous m’avez l’air d’un capitaine bien plus talentueux qu’elle … aussi suis-je venu vous offrir mes services. Ce n’est pas une jolie paire de miches qui pourrait me leurrer si aisément.

Kraig ne répondit rien à ce dernier argument, alors qu’un petit sourire étirait ses lèvres gercées à l’extrême. Frottant sa barbe lisse d’un de ses gros poings, il soupira doucement, penchant la tête sur le côté, réfléchissant … avant de finalement lever le canon de son arme. La vampire osa un petit sourire, caché par son masque, et baissa doucement les bras en lui rendant son regard. Lentement, il s’approcha de la demoiselle, qu’il dévisagea en lui tournant un peu autour … avant de lui coller l’arme sur la tempe sans prévenir, son air redevenant dur.

Et c’est la même chose pour moi … Soit tu es stupide, soit tu me prends pour un être stupide, et les deux cas reviennent au même. Vu le nombre de pièce dont elle dispose par bord et la taille du navire qu’elle dirige, ton capitaine est tout, sauf une débutante. Qui plus est, trois élus sur le même navire, et tu ne te sens pas en sécurité ? Il va falloir que tu craches le morceau sur pourquoi t’es venue jusqu’ici, cocotte … Et vite. Peut-être que si tes réponses me conviennent, j’éviterais de te faire passer l’équipage dessus quotidiennement.
… bon. Vous avez gagné, Kraig … J’avais très soif.

Le sang-froid dont faisait preuve la vampire n’était dû qu’à une chose : sa totale ignorance des armes à feu … Et heureusement pour elle, elle n’était pas la seule à bluffer : le capitaine n’avait pas eu le temps de charger son pistolet en se levant. D’une passe de bras, elle le désarma, avant de lui envoyer en plein visage une mandale à même de le renvoyer sur son lit, où elle le suivit dans l’instant en lui sautant sur le dos : d’une violente série de coups de coude sur l’arrière du crâne, elle l’assomma purement et simplement. Le ligotant rapidement avec ses propres draps, qu’elle déchirait en lanières pour rendre ce travail plus facile, elle se posa finalement sur le lit, légèrement essoufflée, juste à côté de sa lourde victime endormie. Cette dernière ne resta pas inconsciente bien longtemps cependant : à peine la vampire envisageait-t-elle de se relever qu’il ouvrait les yeux, avant de se mettre à brailler. Presque par réflexe, elle lui enfonça une pelote de tissus dans la bouche, et lui mit une griffe devant les yeux en lui sifflant de se taire … avant de tendre l’oreille. Son cri avait attiré quelqu’un. Améliorant légèrement son bâillon pendant quelques instants, elle soupira, et se releva du lit pour … disparaître une nouvelle fois dans une gerbe de brumes volatiles.

Le second rentra dans la cabine quelques instants plus tard, demandant des nouvelles de son supérieur. Refermant la porte derrière lui, il fut relativement surpris de voir ce dernier pieds et poings liés sur son matelas nu. L’instant d’après, une semi-elfe jaillissait de brumes qui n’existaient pas auparavant pour lui sauter dessus. Le combat fut relativement bref : profitant de son effet de surprise, il ne fallut à la demi-humaine que quelques instants pour mettre le second à terre. Voyant qu’il allait se relever, elle se glissa dans son dos, et passa un bras autour de son cou en le serrant le plus fort possible avec l’autre pour l’empêcher de se libérer. Remuant pendant quelques instants alors que son visage gonflait sous la pression du sang qui s’accumulait dans son visage, l’officier se débattit avec des bruits étouffés durant un certain temps … jusqu’à finalement se relâcher, et devenir mou et inerte dans les bras de la vieille traqueuse. Cette dernière le libéra, se reculant de quelques pas en rampant, et s’adossa à un mur pour tenter de souffler. Tournant la tête, elle nota que le capitaine la regardait toujours, les yeux exorbités. Soufflant par le nez, elle relégua une mèche de cheveux derrière son oreille, et considéra ses options. Il fallait lui faire perdre connaissance, durant un certain temps, et être absolument certain qu’il ne se réveille pas … L’option qui lui vint à l’esprit était déplaisante, mais il y survivrait. Et puis, au moins, elle ne se faisait pas mentir elle-même… elle avait bien dit quelques instants plus tôt avoir soif, non ?

Lorsque Val ouvrit la petite fenêtre de la chambre du capitaine pour regarder ce qui se trouvait à l’arrière du navire, un peu de sang tâchait encore le coin de ses lèvres dévoilées. L’essuyant du pouce, elle le lécha distraitement en scrutant les eaux … Son annexe était toujours là : personne ne l’avait récupéré. Parfait … Il devait y avoir … 3 mètres jusqu’à la surface de l’eau ? Peut-être un peu moins : le bateau possédait probablement un fond plat, et n’était pas très grand. N’hésitant que peu, elle se jeta dans le vide, et tomba en plein milieu de la petite embarcation, dont elle saisit la rame pour la faire bouger un peu. Se positionnant précisément sous la dunette, elle s’arrima au gouvernail, avant d’escalader pour retourner dans la cabine de sa cible. Cette dernière, étrangement pâle et parfaitement endormie, emprunta le même chemin que la semi-vampire quelques instants après que cette dernière ne soit rentrée. Alors qu’elle allait partir, la blonde posa ses yeux sur le second inconscient … bah. Après tout, pas besoin de le laisser là pour qu’il ne donne l’alerte. Le saisissant par le cou, elle le balança sans plus de pitié dans l’annexe, qui failli s’enfoncer sous la surface de l’eau sous le choc. Les rejoignant tous les deux d’un bond, la vampire se saisit de la rame qu’elle avait laissé au fond, et se mit sans se presser à se diriger de nouveau vers le Nidhogg … si ce dernier était malin, il lui ouvrirait un petit passage pour récupérer tout le monde directement dans une des cales, ou quelque chose du genre … Mais dans tous les cas, la capitaine saurait bien assez tôt qu’elle avait eu ce qu’elle voulait … et même un petit bonus. Remettant le morceau de tissus qui cachait son visage en place, la vampire eut un petit instant d’absence alors qu’elle observait à peut-être un kilomètre de là le vol d’un groupe de goélands, avant de ramer un peu plus vite. Elle avait oublié à quel point boire la rendait plus … « vivante » : elle avait l’impression de se réveiller non pas après une nuit blanche, mais plutôt un repos des plus réparateurs …

Eurk … Il avait quand même définitivement trop bu hier soir. Je vais avoir l’arrière-goût d’alcool pendant au moins deux bonnes heures … et je me demande si je ne suis pas un peu ivre.


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