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L'agonie d'une bête.
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MessageSujet: L'agonie d'une bête.   Dim 20 Déc - 14:16


J'ai... Faim...
Allongé de tout mon long, les yeux rivés vers la lune dans le ciel. Depuis combien de temps étais-je allongé là ? dans ce mélange de terre et d'eau au beau milieu de cet immense champs de pierre et d'herbe aux teintes parfois rougeâtre. Quelques heures..? Quelques jours ? Mon altercation avec l'humain adepte du sang m'avait laissé une blessure sanglante sur le côté droit de mon corps acquise lors de ma chute dans une faille dû à un tremblement de terre. J'avais marché longtemps depuis, à la recherche d'une proie, espérant que la blessure se ferme d'elle même. Pendant mon trajet, j'avais lentement perdu mon sang, goutte par goutte. Je voyais le temps de Fuyu empirer, la chaleur peu présente au début s'étaient installée faisant fondre la neige et la glace transformant le sol en boue, quant au vent, il s'était intensifié lui aussi ralentissant d'autant plus mon avancée dans les terres. Mais je m'étais acharné : Je ne voulais pas mourir, pas déjà. J'avais continué encore et encore jusqu'à ce que mes forces me quittent totalement et que dans la toundra, je m'effondre.

Je sentais l'odeur de la mort, elle m'avait suivi à chacun de mes pas dans ce paysage défait par des forces inconnues. La lune me rassurait de sa lueur blanche, si bien que j'en oubliais tout le reste. Mon corps était complétement anesthésié, ma vue commençait à se troubler. Lentement mais sûrement mes paupières commencèrent à se clôturer. Je ne luttais plus désormais. La mort, était-ce si grave que ça ? Après tout elle était derrière mon épaule depuis aussi loin que je m'en souvienne. Toute ma vie n'avait consisté qu'à la repousser. Me battant le plus férocement possible au côté des miens face aux autres meutes. Ne reculant jamais devant un combat avec mes frères pour prendre une meilleure place ou pour me nourrir avant eux du cadavre des vaincus. Pourtant aujourd'hui il semblait qu'elle m'ait rattrapé et... vaincu.

J'avais maintenant complétement fermé mes yeux, le noir s'installait tout autour de moi. Ma longue agonie arrivait à sa fin, je le sentais au fond de moi. J'entendis alors des éclats de voix lointains, je les avaient déjà entendus quelque part... Il s'agissait des bruits qui me semblaient venir du monde d'en haut que j'écoutais avec attention lors des longues nuits d'attente au fond de ma cage. Au fur et à mesure que je sombrais, la voix se clarifiait. c'était une femelle humaine.

"- Cours !"

Dans mes ténèbres, un visage était apparu : Bien que déformé par la peur, il restait étrangement doux. Les traits fins, la peau sombre et les yeux d'une blancheur éclatante. Elle ressemblait à un "maitre" mais je savais que ce n'était pas le cas, je la connaissais, je connaissais ce visage, je connaissais ce mot, je l'avais déjà entendu autrefois, ailleurs que dans les cavernes. Mais...où ? La mort semblait étrangement avoir ralenti son processus. Cette question me taraudait, je ne pouvais partir sans avoir trouvé la réponse. Elle était en moi je le savais et la frustration que cela me procurais me permettait de reprendre la lutte du moins pour un temps...
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MessageSujet: Re: L'agonie d'une bête.   Lun 21 Déc - 11:52



J'avance sans but. Je ne sais pas vers où, ma jambe me fait toujours mal. Paysage de désolation. Trop d'eau. Toute cette boue m'insupporte. Je progresse difficilement, il y a longtemps que j'ai cessé de faire attention à ne pas me salir. Pas de toits à l'horizon. Où vais-je trouver enfin la civilisation ?

Je repense à cette femme. Médiocrité, ignorance, elle me dégoûtait. Etait-il possible de survivre sans un minimum de culture et d'intelligence ? Trouverais-je dans ce monde quelqu'un qui saura me comprendre, quelqu'un à ma hauteur ?

Je soupire. je ne suis pas fait pour les randonnées dans les marécages. Pas fait pour les randonnées du tout d'ailleurs. Le confort des cosys de ma garçonnière me manquent. Pourtant, je dois continuer, je veux réussir à me faire un nom. Je m'imagine déjà parmi les plus influents de ce monde.  Vaincre, s'affirmer, exister. Ma nature d'inverti enfin reconnue et respectée.

Oui, Sven. Tu seras le plus grand des plus grands, Sven le respecté, VOUS ENTENDEZ, SVENNNNN

Je patauge toujours, cherchant les chemins les moins trempés.

J'entends du bruit. Je m'arrête. Là, plus loin, une forme allongée dans la boue. Je m'approche. L'homme git, entouré de sang. Je perçois un sentiment de peur, du désespoir aussi.

Vous là-bas ! Vous êtes blessé ?

Pourquoi m'intéresser à lui ? Son visage grossier ne montre aucune lueur d'intelligence. Son corps semble robuste et musculeux. Sa force pourrait me servir. Si j'arrivais à ma l'assujettir, il pourrait m'aider. Quitte à m'en débarrasser quand il me serait devenu inutile. Oui, un crétin pareil serait facile à apprivoiser.

Vous voulez que je vous aide à sortir de là ?

Bravo Sven ! Comment ? Je ne vais pas me salir jusqu'à la taille pour lui, non plus. Je pourrais le laisser là. Non. Cette idée d'esclave à mes ordres me plaît. Et puis, il sait peut-être où aller, lui.

Vous n'avez qu'à ramper jusqu'à moi, je vous aiderez à vous relever.

L'idée d'attraper cette main de rustre le répugnait, mais il fallait en passer par là.



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MessageSujet: Re: L'agonie d'une bête.   Mer 30 Déc - 13:03


Le temps s'était arrêté. Dans les méandres de mon esprit la même scène repassait en boucle et en boucle. Qui était-elle ? Tandis que cette fameuse question me permettait d'occuper mon esprit, la mort elle, continuait lentement mais sûrement son œuvre macabre. Soudainement, d'autres semblants de mots vinrent se mêler à ceux de mon esprit : Une voix, et celle-ci, je ne la connaissais pas. Je n'y prêta pas une grande attention dans un premier temps, pensant qu'il s'agissait d'une nouvelle illusion de mon esprit. Mais celle ci se rapprochait et devint de plus en plus claire.

"-Vous là-bas ! Vous êtes blessé ? "

Elle provenait de l'extérieur... Une voix d'être humain, difficile de savoir si c'était celle d'une femelle ou d'un mâle. Mais ce qui était sûr c'est qu'il s'agissait peut-être de mon salut. Je mis mes interrogations à propos de la femme aux traits fins et à la voix familière de côté puis rassemblait mes dernières forces pour tenter d'entrouvrir mes yeux. La lueur de la lune dans le grand plafond fut ma première vision, je constatais alors que ma vue était toujours aussi troublée, je distinguais extrêmement mal les formes. Je posais alors les yeux plus bas, en direction de ce fameux appel. Une forme grotesque à la longue chevelure et à l'accoutrement étrange me proposa une nouvelle fois son aide. Depuis que j'étais arrivé en ce monde tout les humains que j'avais rencontré m'avait aidé, d'une manière ou d'une autre. Mon précédent adversaire en avait d'ailleurs payé le prix. Mais aujourd'hui comme le jour de ma rencontre avec Shin Tsuki j'étais en position certaine d'infériorité. Peut-être était-il temps de devenir cet animal déguisé en humain.

"Vous n'avez qu'à ramper jusqu'à moi, je vous aiderez à vous relever. "

Pour qui se prenait-il ?! Si j'avais été en pleine possession de mes moyens je l'aurais dévoré sans en laisser une miette, mais le fait-est que ce n'était pas le cas. J'allais devoir jouer finement si je voulais encore vivre. Mais ce qui était sûr c'est que je ne ramperais pas, déjà parce que je n'en avais plus la force mais surtout parce que je l'avais déjà fait toute ma vie face aux maitres. Maintenant qu'ils n'étaient plus là et que je n'étais dépendant de personne en ce bas monde, je tenais fermement à ma liberté nouvellement acquise.

"- Je.. mourir.."


Ma voix manquait de puissance. En espérant qu'il me comprendrait. Je parlais encore moins clairement que d'habitude. Actuellement, je n'avais ni la force physique, ni la force mentale pour trouver le moyen de m'exprimer de façon compréhensible. Mes yeux se fermèrent de nouveau, je retournais dans un état de semi-conscience. L’entièreté de mon destin reposait sur celui qui me faisait face. J'avais utilisé mes dernières ressources pour lui demander de l'aide. Je n'en avais que pour une petit heure, deux avec beaucoup de chance. J'avais survécu jusque là grâce aux combats et aux blessures que j'avais pu subir tout au long de ma vie. Mais aucun être, pas même les membres de meutes comme moi ne pouvaient vivre si on les vidaient de leur sang comme c'était mon cas actuellement. Cependant grâce à cet humain, j'avais effleuré l'espoir de m'en sortir. Mon instinct de survie avait repris le pas, réinsufflant dans tout mon corps un désir profond de vivre.
La chasse n'était pas terminée.
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MessageSujet: Re: L'agonie d'une bête.   Mer 30 Déc - 14:21



Il va mourir devant mes yeux, cet idiot ! Pourtant, l'idée qui a germé dans mon esprit en le voyant suit son chemin. En faire mon larbin dévoué, l'envoyer au devant du danger à ma place. Et tout ça pour quoi ? LE POUVOIRRRR. Mon corps frissonne à cette idée. Ma revanche, ma douce revanche. J'en tiens l'instrument là, à portée de mains. Mais il y a cette boue répugnante entre nous.

Je regarde autour de moi, mon intelligence extrême va me servir. Un gros morceau de bois, voilà ce que je cherche. Je m'éloigne un peu et le trouve. Une grosse branche tombée sous les assauts du fort vent. Je la saisis par son extrémité la plus propre et la tire vers le monstre. Oui, ce n'est que le nom qu'il mérite. Un monstre physiquement, un monstre de bêtise, un monstre primitif. Je lance la branche vers lui, elle est à portée de sa main.

HOOOOOOOOOO TOIIIIIIIIIIII !

Il ouvre les yeux et semble émerger un peu de son agonie. Instinct primaire. Ecoeurant.

Prends ça, je vais te tirer de là !

Il agrippe la branche et je tire. Il est lourd, l'animal ! Le voilà à mes pieds, sale, répugnant, en mauvais état. Personne pour m'aider. Evidemment. Comment soigner ce…, cette…, ça ?

De l'eau, il y en a partout pour le laver. Il faudrait que je le traîne jusqu'au cours d'eau le plus proche, et proche est un bien grand mot. Non. Attendre quelqu'un. Mais la reconnaissance du primitif ira alors vers l'autre et pas vers moi.

Je me penche vers ce qui semble être sa tête. Ses yeux. Regard de bête en train de mourir.
A mon avis, pas grand-chose à faire pour le soigner. A moins d'avoir des litres de sang à lui injecter.
Je fouille mes poches. Il me reste un petit flacon de rhum, celui-là même que je m'apprêtais à vider avant mon grand voyage. Celui qui m'aurait donné la force d'imposer mes volontés sexuelles à ma prochaine proie.
J'entrouve sa gueule et glisse le goulot entre ses dents. L'alcool descend vers son ventre.

Allez, bois, si ça ne te sauve pas, au moins tu partiras dans la joie



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MessageSujet: Re: L'agonie d'une bête.   Jeu 31 Déc - 15:29


L'humain m'avait hissé, difficilement, jusqu'à lui. Les yeux à peines ouverts j'observais mon potentiel sauveur. Bien qu'il ait entrepris quelque chose pour m'aider, il n'avait pas l'air le moins du monde de savoir comment s'y prendre. Les Maîtres malgré tout leurs défauts savaient au moins panser les blessures. J'ignorais d'où provenais les humains de ce monde mais à mesure que je les rencontraient je commençais à me dire que l'instinct de survie n'était pas une notion qu'ils pouvaient appréhender. Celui là plus que les autres d'ailleurs, il avait rapproché sa face de la mienne me permettant distinguer un peu plus clairement son visage : Tout propre, vierge de toute imperfections et autres usures de la vie. J'avais l'impression d'être tombé sur la pire aide que je pouvais avoir en Kosaten. Malheureusement, j'avais bien l'impression que je n'avais pas le choix. J'allais devoir lui faire comprendre, malgré mon état comment me soigner en me basant sur ce que j'avais pu observer.

Je tentais de me remémorer alors de quelle façon les maîtres nous guérissait en cas de blessure comme celle qui me lançait sur mon flanc droit : Dans un premier temps, ils appuyaient fermement pendant plusieurs minutes sur la blessure à l'aide d'un morceau de tissu assez épais pour absorber et stopper les écoulement de sang. Puis ils appliquaient une sorte de liquide à l'odeur forte qui provoquait des picotements lorsqu'elle entrait en contact avec la plaie. J'ignorais d'où provenais ce fluide mais j'osais espérer que dans un monde aussi grand que celui-ci cela se trouverait facilement. Alors que je m'apprêtais à trouver les mots pour tenter de lui expliquer la démarche à suivre. Il m'ouvrit la gueule sans que je puisse réagir et commença à y déverser le contenu d'une fiole entre mes dents.

Ca pique... et ce goût immonde... Je le connais...?! J'en recrachais tout le contenu au visage de l'humain. C'était ça ! Le liquide dont j'avais besoin ! Et cet imbécile d'humain qui cherchait à me le faire boire ! Si je n'étais pas même en voie de guérison, le manque de connaissances de cet être stupide m'avait permis d'avoir un sursaut d'énergie de par la surprise que cela avait provoqué. Je relevais alors brusquement ma patte par laquelle j'avais tenu le morceau de bois et arrachait de mes griffes un large morceau de tissu de sa tenue. Puis le plia afin de le rendre assez épais pour remplir son rôle.

"- Ça "

Dis-je en désignant le morceau plié.

"- Ici"

En montrant ma profonde plaie.

"- Ça... pas boire... ça ici... après "

J'avais tenté de lui décrire, comme j'avais pu les étapes pour me sortir de ce mauvais pas. Mais le contrecoup du sursaut d'énergie se fit ressentir quasi immédiatement après ces quelques secondes : Mon bras retombait mollement au sol et je sombrais à nouveau dans l'inconscience la plus totale.
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MessageSujet: Re: L'agonie d'une bête.   Sam 2 Jan - 16:05




HOOOOOOOOOO ! Mais ça ne va pas, sauvage ! Ma veste !

Le monstre vient de déchirer un morceau du tissu de ma précieuse veste. Je me demande s'il sera capable de m'aider. Sait-il réfléchir ? En même temps, il ne faut pas trop. Mon pantin. Ma marionnette. Mon arme de destruction.

Il articule trois mots tant bien que mal. C'est sûr, jamais il n'a ouvert les pages d'un dictionnaire. Qu'importe. Avec des gestes, je pourrai toujours me faire comprendre d'un singe.
Il me montre que je dois tamponner sa plaie avec le tissu imbibé d'alcool. Mon rhum, tout droit venu des îles, le meilleur. Il n'a pas du faire des études de médecine, pourtant.
Moi, le toucher ! Jamais de la vie.

Le voilà qui replonge vers la mort. J'hésite. Est-ce qu'une occasion aussi belle que celle-ci va se représenter à moi ? Un sauvage offert sur un plateau pour mon travail de sape.

Je prends une grande respiration.
J'ouvre le flacon de rhum et en verse une grande rasade sur la plaie. A mon avis, ça doit picoter un peu. Puis, je prends le tissu plié et le dépose sur la blessure, promptement, sans qu'il y ait un contact avec mes mains. Je prends le grand bâton et le pose sur le tissu, en appuyant un peu, de manière à faire pression pour stopper l'hémorragie. Et j'attends….

Dois-je réciter une prière ? J'en ai plein en tête, réminiscences de mon passage forcé par le monastère. L'affreux est-il croyant ? Je le regarde, il est toujours inconscient. Il est couvert de boue, il ne sent pas vraiment bon. Me balader avec cet énergumène est de la folie. Je vais passer pour quoi, moi ? S'il s'en sort, il faudra vraiment qu'il se décrotte et qu'il s'habille un peu mieux.

J'appuie toujours, je commence à avoir une crampe. Je sifflote, histoire de passer le temps. Quel tableau !

Eh, toi, tu me dis quand je dois arrêter, je fatigue là !



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MessageSujet: Re: L'agonie d'une bête.   Dim 3 Jan - 16:48


Je ne pouvais plus bouger, et pour de bon cette fois-ci. Il ne me restait pas même un semblant de force. En sombrant de nouveau dans l'inconscience j'avais espéré revoir le visage de cette humaine, qui quelque part, dégageait un quelque chose d'étrangement rassurant. Mais ce ne fut pas le cas cette fois ci j'étais réellement seul. En revanche, maintenant que j'avais indiqué la façon de faire des maîtres à cet homme je me sentais quelque peu sécurisé et bien qu'anesthésié, je ressentais un léger picotement preuve qu'il avait compris. La mort allait attendre encore un peu avant de m'envelopper dans son linceul.

Différentes parcelles de mémoires me parvenaient. Mon estomac creux en était peut-être la cause, mais les souvenirs étaient tous en rapport avec la meute. Des réminiscences de mes nombreux combats aux côtés de ceux qui me ressemblaient vraiment  : Du sang, des larmes et la hargne de la faim nous animait en cette période obscure de ma vie. La vie était simple contrairement à ici, dormir, boire, attendre, se battre, manger. Et ainsi de suite jusqu'à ce que nous trouvions la mort au combat, par la maladie ou simplement de faim pour les plus faibles. Là où je vivais, la force mentale et physique était primordiale. Rares étaient ceux qui s'en sortaient  parmi les plus jeunes d'entre nous. Moi même durant les cinq premières années de ma vie j'avais appris à me dissimuler et à compter sur les miens. La meute n'était qu'une seule et même entité qui se battait pour elle, la réussite d'un des nôtres était la réussite de tous.

La preuve en avait été faite lors de ma dernière chasse avant mon arrivée dans ce monde. Nous avions gagné et bien que je fus propulsé au rang d'Alpha en tant que dernier survivant, la victoire avait été amère. Je me remémorais la scène : Le sang s'était mêlé au sable de l'arène, des membres déchiquetés, éparpillés un peu partout au point qu'on ne distinguait parfois plus s'il s'agissait des nôtres ou des leurs. J'étais bientôt le seul debout au beau milieu de cette scène de carnage. Seul pour la première fois de ma vie et quelques instants plus tard lâché au beau milieu de Kosaten.

Durant mon séjour ici il m'était arrivé à de nombreuses reprises d'imaginer la venue de la meute entière dans ce monde. Libérés tous ensemble, sans la poigne de fer des maitres. La chasse aurait été glorieuse, les faibles auraient fuis devant nous et les forts auraient finis en lambeaux. L’inquiétude de savoir si nous allions vivre encore un jour ne nous auraient pas traversés l'esprit. Les miens auraient enfin pu vivre une véritable vie.

Malgré tout mes rêves, ça n'était pas le cas et ça ne le serait probablement jamais. Et je devais me plier au moins d'apparence aux nouvelles règles de ce monde, le seul problème étant que toute ces notions abstraites me dépassaient. Comment pouvais-je ressembler à un humain si je n'en avais côtoyés que très peu ? Il me fallait un guide, à la manière de Shin Tsuki pour me permettre de vivre parmi eux. De mieux connaitre mes proies pour les traquer avec plus de facilité. Celui qui s'occupait actuellement de ma blessure semblait pouvoir remplir ce rôle, après tout il était un des leurs restait à voir s'il patienterait jusqu'à mon rétablissement complet. J'osais espérer que ce soit le cas. Ainsi il m'apprendrait leur coutumes, leur façon d'être et de vivre ici bas. Enfin, une fois que j'aurais parfait mon déguisement d'humain et que son rôle sera terminé, il me servirait de première proie après tout sa chair avait l'air relativement préservée et savoureuse. Une belle récompense...


Dernière édition par Yasuu le Ven 8 Jan - 15:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'agonie d'une bête.   Mar 5 Jan - 15:34




Mais c'est qu'il ne me répond pas, l'animal ! J'ai bien envie d'arrêter d'appuyer sur la blessure, je suis fatigué. Qu'est-ce que je fiche ici, sans blague !  Parce que maintenant, je réalise qu'il va falloir que je le transporte ailleurs, il ne va jamais s'en sortir comme ça, dans la boue. Pas d'hôpital, ici, évidemment !
Je dois prendre une décision rapide.
Je porte mes yeux sur lui, immonde ! Il est fait de muscles puissants, qui me seront très utiles, en cas de longue défaillance de mon système de persuasion. Je l'imagine, serrant quelques cous faisant barrière entre moi et le pouvoir, jetant ses jambes puissantes dans les bas-ventres de sous-fifres insignifiants…Oui, il pourrait bien me servir…

Evidemment, ce ne sera pas un amant rêvé, pas un amant du tout d'ailleurs. Il me faudra trouver ailleurs une chair plus tendre et plus gracieuse. Mais pour l'instant, ce n'est pas le plus important. Satisfaire ma tête avant de satisfaire mes bas-instincts.

- Bon, c'est décidé, je t'adopte. Tu seras mon homme à tout faire, surtout la violence. Tu seras mon char d'assaut, mon déblayeur de pions en trop sur cet échiquier géant. Tu seras mon fou, oui tiens, le fou du roi…  

Du bruit, soudain. Une carriole avance difficilement sur le chemin boueux. La pluie recommence à tomber. C'est le moment de bouger.
Je me mets en travers du chemin de la charrette et fais de grands signes. Le conducteur vient à ma rencontre. Un bouseux de bas étage, il n'y a que ça ici. Je m'en contenterais.

- Dites, mon brave, ne pourriez-vous point nous conduire vers la ville la plus proche ? J'ai ici avec moi un inconnu en train d'agoniser et je tiens à le faire soigner. Je n'aime pas à voir des gens mourir sous mes yeux.  

L'homme semble hébété. Il roule de grands yeux noirs. Il a du comprendre un mot sur deux. Il marmonne un dialecte indigène puis me fait signe d'aller chercher le monstre et de monter avec lui.

Non, mon brave, cela n'est pas possible. J'ai un tour de rein épouvantable. Si vous pouviez le charrier vous-même, cela n'en serait que mieux.

Je suis déjà assez souillé comme ça, on ne va pas en rajouter.

L'homme traîne ma possession dans sa carriole, je m'installe à côté de lui, du bout d'une fesse sur le siège douteux.
Le voyage n'est pas vraiment d'agrément mais ce sera enfin la possibilité au bout du périple, de faire un brin de toilette. Joie suprême !



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MessageSujet: Re: L'agonie d'une bête.   Mer 6 Jan - 16:47


J'avais cessé de m'affaiblir, je le sentais. L'hémorragie qui m'avait rongée jusque là avait désormais cessée. Je manquais encore et toujours cruellement de force. Mais la peur de la mort, elle au moins n'était plus à l'ordre du jour. Quelle étrange sensation que la peur, bien que celle ci ne soit jamais loin je n'y étais toujours pas habitué. Il faut dire que dès nôtre plus jeune âge nous étions conditionnés à la réfréner à passer au dessus sous peine de tortures mentales ou physiques de la part des maîtres. Je me remémorais encore Les lâches ou les traitres de la meute, des hurlements malsains qui s'échappaient de la salle de torture lorsqu'ils refusaient de se battre. Rares étaient ceux qui en sortaient vivant. Quant à ceux qui en réchappaient ils restaient prostrés des heures durant, au fond de leur cages et décédaient tous quelques temps après. Voilà comment ils calmaient les ardeurs de ceux qui souhaitaient une autre vie. De toute manière, même si nous savions qu'il existait un monde au dessus de nos têtes, peu nombreux étaient ceux qui souhaitaient le découvrir ou du moins mettait en œuvre quelque chose pour.

Comme Yasei le disait nous n'étions pas fait pour le monde d'en haut, et même si notre vie n'était que souffrance et douleur, nous ne connaissions que ça. Après tout, nous y trouvions tout de même du réconfort : Dans la victoire au combat, lorsque nous nous restaurions après quelques jours à jeun ou même dans les moments de calmes après l'arène où l'adrénaline redescendait doucement et où nous discutions entre nous. Enfin... Cette époque était révolue et même si les miens ne connaitrais jamais la satisfaction de la liberté, je pouvais désormais en profiter pleinement.

Le futur était encore incertain mais bien plus rassurant que celui qui m'attendait dans les cavernes. Alors que j'étais perdu dans mes songes, je sentais mon corps faire des soubresauts. Étais je en train de convulser ? Non, ce n'était pas de mon fait. On me transportait, ces secousses me poussèrent à entrouvrir légèrement un œil. Durant ce court laps de temps j'eus l'occasion d'observer où je me trouvais. J'étais allongé à l'arrière de ce qui me semblait être l'une de ces constructions de bois de facture humaine, tractées par les animaux aux quatre sabots et aux longues cornes. Assis, à l'avant : L'humain à longue chevelure ainsi qu'un autre. Alors que mes yeux se fermèrent de nouveau, mon estomac émit malgré moi un bruit puissant. Je n'avais pas mangé depuis un jour ou deux déjà et bien qu'autrefois j'y étais habitué, ce n'était plus le cas maintenant que je pouvais me nourrir quand je le souhaitais. La vue de cette chair fraiche me stimulait.

Mais je me résignais, je n'avais guère la force de m'engager dans un combat dans l'état où j'étais. En revanche, mon réveil serait terrible. Et j'osais à peine imaginer ce que je ferais si l'un de ces deux comparses se trouvait à mes côtés lorsque j'émergerais. Mais ce n'était pas le moment de penser à ça, je me torturais tout seul. Non... Pour l'instant il valait mieux que je dorme... Après tout, j'étais à bout... de force...
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MessageSujet: Re: L'agonie d'une bête.   Jeu 7 Jan - 11:06



Un genre d'hôpital. Enfin, vraiment un genre. Une pièce mal éclairée, avec un lit douteux. Une bonne femme douteuse aussi, qui se présente comme soignante. Cela lui suffira. On décharge l'affreux sur le lit, il ne se rend compte de rien. Je ne compte pas en rester là. Je n'ai pas pu faire un pacte d'entraide avec lui mais il me doit sa survie. Je reviendrai plus tard, quand il ira mieux.

Mon transporteur me tend la main, quémandant une récompense pour m'avoir accompagné. Je lui serre en grimaçant un sourire. C'est déjà là un honneur que je lui fais. Il a l'air déçu. Ces gens médiocres ne se rendent même pas compte de la chance qu'ils ont de me côtoyer.

Merci mon cher, vous avez fait là une bonne action.

Je cherche un endroit pour me décrasser. Un broc est posé à cet effet avec un …savon, semble t-il.

 Puis-je avoir un peu d'intimité pour me dépoussiérer ?  

Seul dans la pièce avec le monstre. Je me refais une beauté, puis m'approche de lui.
Je lui chuchote à l'oreille.

Tu me dois ta vie, n'oublies jamais. Sven.

Je tente de percevoir ses ondes, mais je ne ressens que de la douleur. Mon pouvoir est toujours très affaibli, jusqu'à quand ? Qu'importe finalement !  Aven celui-là comme larbin, je me débrouillerai toujours pour avancer. Mon intellect me sauvera, face à tous ces sauvages. Si leurs dominants sont comme eux, l'affaire n'en sera que plus simple pour prendre leurs places.

Je pars. Loin de cette ville sans intérêt. Je dois trouver une explication à ce qu'il m'arrive, où je suis, pourquoi ? Et surtout, savoir où se trouvent le roi et la reine de cet échiquier, et alors…échec et mat !



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