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Là où on ne devrait pas être
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MessageSujet: Là où on ne devrait pas être   Mer 17 Fév - 4:18

- Yeux de braise -

Cela faisait maintenant quelques semaines que Four foulait les terres de Kosaten et la seule chose qui était certaine en cet univers, c'était qu'elle pouvait compter sur une personne pour supporter ses blagues pourries et ses sieste au pire moment. Et cette personne était une élue de Fuyu. Un coup du destin bien malicieux quand on savait qu'elle était elle-même de Seika, deux nations qui étaient sensée se livrer la guerre, une guerre plus rude encore qu'avec Minshu. Les sœurs ennemies, les amies du conflit ...  En bref, ce n'était pas simple tout les jours. Voyager entre Seika et Fuyu était une rude tâche pour la malade qui n'avait déjà pas assez d'énergie pour se lever du lit lorsqu'elle était dans son monde. Ici ? C'était presque l'enfer mais elle faisait avec. Tant qu'elle pouvait se reposer sous un arbre ... Ou plutôt sur un arbre, si elle avait le courage, elle pouvait tout endurer.

Cette personne si chère à son cœur, ce point d'appui, lui avait demandé de lui ramené des bouquin du pays du Phénix. Apparemment, c'était un peuple d'érudit ? La scientifique n'était peut-être pas tombée là par hasard ... Qu'importe, l'important était qu'elles s'étaient donnée rendez-vous à Hyouga pour faire le point sur ce qu'elles allaient faire. Ou alors était-ce Rin ? ... Four eut un doute sur la route et finit par hausser les épaules en se disant qu'elle était désormais plus proche de Hyouga et que de Rin. De toute façon, le dieu Phénix lui avait interdit de ramener quelconque ouvrage à son ennemi juré. La marque ne lui faisait pas mal mais l'empêchait physiquement d'agir. Quelle honte de faire tomber les livres sur le sol à la sortie du temple, sans être capable de les ramasser par la suite ...

Une honte ? Bof, pas vraiment. Four était bien au dessus du ridicule et se moquait bien de tout. Elle n'était pas capable d'accomplir sa mission ? Tant pis, c'est pas grave. Des années à faire face à la mort vous forge ce genre de caractère. Un je-m'en-foutisme  absolu dans le seul but de se focaliser sur les choses qui lui font plaisir et la rende heureuse. Ici ? Elle voulait retrouver la froideur de Fuyu qui n'est certes pas sa terre natale, "élu" parlant, mais celle de son amie. C'est ainsi qu'elle entra à Hyouga ... Sans grand problème, malgré qu'elle fasse partie du clan opposé. Son symbole était gravé dans ses yeux supérieur, la marque de l'oiseau de feu. Il suffisait qu'elle les ferme et ni vu, ni connu ! Les yeux fermé se cofonderaient alors avec la fourrure de son visage et si on demandait à la créature ce qui était advenu de son tatouage de Dragon, elle n'aura qu'à dire qu'il se trouve sous les poils ... ou dans un endroit gênant ... Ou les deux, histoire d'être sur.  Elle alla même jusqu'à interroger un garde, la personne qu'elle devait sans doute éviter le plus en ce moment, pour demander son chemin. Lorsque la source de vie commence à se tarir, la méfiance et la peur s'estompe pour donner place à une assurance parfois un peu bête. Assez ironique pour une femme d'esprit et de science comme elle mais elle était persuadée qu'elle pouvait facilement se fondre dans le décors, malgré son allure.

"Hey ... Excusez-moi, m'sieur. Je cherche l'auberge du Pinçon Gelé ... Ou un truc comme ça ? Vous connaissez ?"

Sa démarche vers l'homme en armure était lente et ses paroles suivant le même rythme que son état physique quotidien : Lamentable, lent, fatigué. Elle gardait bien ses deux yeux supérieur fermer pour ne pas se faire pister. La tigresse se demandait même si ça en valait la peine, l'homme devant elle était visiblement plus préoccupé par l'allure de la chose devant elle plutôt que de chercher un détail louche. Ou plutôt, disons que tout en Four était louche pour un être humain lambda. Les mains dans les poches, elle attendit sa réponse mais finit par pencher un peu la tête sur le coté en s'interrogeant de la réponse tardive du garde qui finit par se réveiller de sa léthargie provoqué par la surprise.

"Mais c'est une plaisanterie ? Qu'est-ce que c'est que ça ? Ta place serait plutôt dans une cage qu'à l'auberge !"

L'homme semblait ... Pour le moins ... dur ? Sévère ? Intransigeant ? Désagréable, ça c'était sur. Peut-être un poil xénophobe. Mais là où tout le monde fronceraient les sourcils et prendraient très mal ses paroles, l'araignée élargit son sourire et ricana, amusée, insensible aux  moqueries et au menace. Il n'était pas le premier à la juger ainsi en Fuyu : Il y avait des gens bien et aussi pas mal de salopard qui ne jugent que par la pureté, les valeurs de la guerre, guerriers, fanatique envers leur dieu Long qui prônait  une discipline militaire ... Si tout le monde devait suivre cette mentalité, vous aussi serez devenu imperméable à tout ce qui sort de Fuyu et de Long lui-même. Mais soit, en réponse, l'hybride releva les deux yeux vers lui, mollement, se frottant la nuque d'une main.

"Meh, ça dépend. Si votre cage est plus confortable qu'un lit, moi j'veux bien y faire un tour, heh heh ... Non mais aller. Le Pinçon Gelé ? Cela ne vous dit vraiment rien ?"

"Un peu de respect, élue ! Ton statut ne t'autorise pas à te moquer de la garde en espérant t'en sortir sans conséquence ! Tu as de la chance, je suis de bonne humeur aujourd'hui, alors ..."

L'homme n'eut pas le temps de finir sa phrase que Four faillit exploser de rire devant lui. De bonne humeur ? Il en avait tout l'air. En plus, il essayait de se donner des airs après l'avoir traité d'animal ? Il devrait être comédien, cet homme. Mais à la place la tigresse su masquer son hilarité en quinte de toux, plus ou moins.

"Hrm ... Désolée ... La neige, tout ça, fait froid ... Je tousse, m'voyez ? ... Vous disiez ?"

L'homme n'était visiblement pas dupe mais il continua quand même, sa patience ayant encore quelques ressources, à voir.

"... Tu as de la chance que je suis de bonne humeur et que c'est la première fois que je te vois mais prend garde pour les prochaines fois, élue. Et pour ton auberge, le "Pinçon Argenté", et non pas gelé, est une auberge connue au village de Rin, et non d'ici."

Four perdit son hilarité et commença à plisser les yeux, emplie de désespoir. Elle poussa même un long gémissement de déception et de regret. Lorsque le nom correcte sortit de la bouche du colosse devant elle, elle réalisa elle même qu'elle devait aller à Rin et pas Hyouga en fin de compte. Tout ce chemin fait pour rien, ses petits muscles fragile et cette fatigue inhumaine. Tout ça pour rien. Mais pire encore, elle se rendait compte qu'elle avait oublié quelque chose. Elle, Four, la scientifique, la prix Nobel, la femme aux quatre cerveaux, capable de finir des roman en une demi-heure de lecture, capable de découvrir par elle-même une source d'énergie ayant permit à sa race de survivre ... Elle avait oublié une information aussi simple. Soit sa maladie avançait, soit c'était l'arrivée en Kosaten qui l'avait fait régressé. Après tout, elle n'arrivait plus à utiliser ses pouvoir psychique ou très peu. Elle secoua la tête pour ne pas y penser mais resta sans voix face à l'homme qui la dévisageait, partagé entre la fascination pour cet être nouveau, le dégout pour cet être nouveau justement et l'agacement de la voir planté devant lui alors que visiblement, elle n'avait plus rien à demandé. Il essaya alors de se débarrasser d'elle en haussant la voix.

"Si tu n'as plus besoin de moi, hors de ma vue, créature ! Et dégage de la voie publique, que ta vue ne perturbe personne en Hyouga !"

Mais Four était bien trop affligée par sa fatigue pour lui accorder une once d'attention. Au lieu de ça, elle soupira en faisant quelques pas dans la rue, mollement, beaucoup trop mollement aux yeux du garde irrité.

"Mais ait pitié d'une pauv' femme qui a vécu la mort, putain ..."

Ce n'était pas dans les habitudes de Four de râler, loin de là, ni d'être agacée ou irrité à son tour. La scientifique était d'habitude la femme la plus facile à vivre mais ici, elle n'avait jamais du parcourir si long chemin. Elle n'avait jamais, JAMAIS de toute sa vie voyagé à pied à travers plusieurs pays, passer par le pied des volcans, par des forets et la toundra avant. Cette expérience l'avait tué un peu plus de l'intérieur, ça l'avait ruiné, elle dont l'énergie n'était pas suffisante pour tenir plus de 8 heures par jour éveillée. Là où tout le monde péterait un câble, ici, Four se contenta d'exprimer dans de long soupire son mécontentement. Et le garde ne le perçu pas d'un bon œil. Son vocabulaire n'était pas à son gout lorsqu'il était dirigé vers lui et il lui prit un de ses bras pour la retourner et sans doute l'arrêter mais avant qu'il ne puisse la sermonner de quoi que se soit, l'homme eut un petit choque en voyant les deux yeux supplémentaire de la chose s'ouvrir. Sous la surprise et l'agacement, l'élue de Seika eut le mauvais réflexe de poser toute son attention, donc ses yeux, sur la main qui l'avait attrapé. L'espace d'un instant, le temps d'échanger un regard, l'homme vit le symbole du phénix dans ses pupilles. La tigresse sourit subitement de tout ses crocs d'un air gêné tout en fermant ses yeux du haut, comme dans un ultime espoir, ridicule, qu'il n'avait pas vu ce qu'il avait vu. Et même si il était aveugle, la vision de ses crocs lui faisait comprendre à tord qu'elle allait attaquer, que peu habitué aux expressions du visage d'une telle créature.

"Mais ... Tu es une élue ... Du Phénix ?! Tes jours son compté, immonde animal ! Soumet toi et je te promet quelques jours de répit dans les cachots avant ta mort !"

Et ainsi ... Quelques minutes après ... On pouvait voir deux gardes, le précédent ayant appelé un collègue par précaution, trainer une tigresse/araignée en blouse de scientifique à travers les rues de la ville, sans doute en route pour leur caserne. La créature était soulevée par les deux paires de bras, les pattes trainant dans la neige sans même marcher, se laissant aller comme un poids mort ... Et visiblement, elle avait accepté son sort et regardait désormais le paysage d'un air distrait. Il y a quelques instant, elle avait essayé d'utiliser ses pouvoirs dans un ultime espoir qu'ils soient revenu. Le résultat ? Elle se mit à saigner du front toute seule et rien ne se produit, elle avait trop forcé sur sa force mentale et avait fait une nouvelle crise. Ainsi, le visage en sang, sans même avoir prit un coups, l'élue se laissait guidée vers la prison et bientôt la potence.

Lutter ne servait à rien. La mort ? Elle ne la craignait plus depuis longtemps. L'espoir ? Bof. Seilah n'était pas là pour la sauver cette fois. Peut-être était-ce ainsi qu'elle finissait ses aventures en Kosaten. Et elle acceptait cette vision : Jamais elle ne s'était prétendue être une grande guerrière, une experte de la survie, une héroïne ... Elle était littéralement qu'une scientifique qui n'a jamais connu les combats ou les terres sauvage. Ses pouvoirs étaient la seule chose qui la faisait se dresser contre l'adversité mais sans ça, la voila ainsi ... Elle devrait avoir honte de ne pas être plus futée, quelque part. Elle devrait avoir honte d'être une telle stratège dans son monde et aujourd'hui, prendre des risques inconsidéré comme ceux-ci mais ... Voila ... Il y avait sans doute des excuses à trouver, comme son voyage, la fatigue, la lassitude, la confiance en soit bien trop grande, quelque chose, n'importe quoi qui pourrait justifier sa stupidité ... Mais trouver ou non une raison ne changeait plus rien à présent. C'était sans importance. Comme sa vie, consumée il y a déjà une dizaine d'année de cela.

Sur la route, les garde bousculèrent une passante assez singulière.  Four écarquilla les yeux et plongea son regard dans le sien intensément, stupéfaite, lui donnant peut-être l'occasion  de voir le sceau de Fenghuang s'illuminer dans ses yeux. Cette petite ... Elle ressemblait aux droïdes qu'elle construisait. Les traits sur son visage lui donnait cette impression en tout cas. Cela lui fit un petit choque ... Cela lui rappela la maison, lui rappela Lipra et Nepra, les deux droïdes doté de sentiment qu'elle avait créer, élevé, chéri comme ses propres filles. Une petite émotion passa dans son regard avant que les gardes ne l'emmène plus loin. La scientifique tenta de regarder par dessus son épaule, ses dreads couvrant encore un peu de son visage décoré de ruisseau de sang, haussant alors la voix mais ... Sans aucune panique, ni détresse ... Comme si elle demandait du sel à table, aussi simplement que ça.

" ... A l'aide ?"
Four

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MessageSujet: Re: Là où on ne devrait pas être   Mer 17 Fév - 15:10

Musique



[INFO] Activité urbaine proche.


Mes yeux de saphir fixèrent l’horizon gelé. Cela faisait plusieurs jours que j’avais quitté le Temple du Ciel, et plusieurs heures que je marchais enfin sur une route aménagée. Ce n’était pas une architecture récente. Le style était médiéval. Conforme à ce que ces moines m’avaient dit.

Et en effet, au dessus de la ligne se dessinaient des contours rappelant des toits des bâtiments, dans la direction où je me dirigeais, je n’avais donc pas besoin d’ajuster ma trajectoire. C’était une bonne nouvelle, car même si Spiegel maintenant mon corps en état de marche, ce « sceau » limitait ma résistance à un point où j’étais presque humaine. Je sentais la fatigue affaiblir mon corps. Le froid le ronger. L a faim le tirailler. L’Intelligence artificielle technomagique usait de toutes ses ressources disponibles –c’est-à-dire bien peu par rapport à avant- pour compenser ses besoins, mais elle était surtout occupée à colmater les multiples dégâts internes que j’avais subits lors de mon apparition. Les prêtes avaient guéris les blessures externes, mais pour ce qui était des organes percés, veines arrachées, et os fissurés, il fallait laisser les nanites de Spiegel faire le travail. C’est-à-dire se positionner dans les failles en attendant que mes capacités de guérison s’en occupent.

Il me fallut près d’une heure pour atteindre les murs de ce que j’analysais comme étant une ville militaire. Mon estimation pouvait être faussée, car mes normes se basaient sur ce qu’était l’époque médiévale de mon monde, c’était néanmoins l’ère qui se rapprochait le plus de celle où « Kosaten » semblait être. J’allais devoir faire  avec cette base de données, en attendant de me mettre à jour.
Comme je le disais, cette ville était fortifiée : Un garde m’interpella donc.

« Ola ! Qu’est ce qu’une enfant vient faire ici, seule ? »

Son expression indiquait une certaine méfiance. Compréhensible. En temps de guerre chaque individu pouvait être un espion envoyé par l’ennemi. Ceux qui se montraient suspects étaient donc surveillés. Je possédais une allure humaine, mais juvénile : étrange sur une terre aussi dangereuse. Mentir était seule option, même si mon mensonge contenait une part de vérité :

« Je viens du temple. Simple mission de ravitaillement. »
« Ha ? Hum… Bon, allez-y. »

 Il s’écarta de mon chemin, me laissant donc entrer à l’intérieur de la ville.

Mes suppositions étaient correctes. En aucun moyen ça ne pouvait être autre chose qu’une zone militaire : Les larges routes pavées facilitant les mouvements de troupe, les constructions en pierre  avec des toits similaires à des tours, permettant d’y placer des archers. Une cité construite de manière à être une forteresse imprenable. Mais l’était-elle vraiment ? Ce serait une question que je me poserai lorsque les troupes de Seika seront à ses portes. Car je n’oubliais pas que je me trouvais en territoire ennemi. Le Phénix était mon maître, le Dragon ma cible. Mais dans mon état actuel participer à une quelconque opération militaire serait du suicide.

Je n’étais, à l’heure actuelle, qu’une arme enrayée. Tout ce que je pouvais faire était d’analyser l’endroit, de stocker  le plus d’informations possible dans ma mémoire. Données sur la disposition des lieux, le comportement des personnes, l’armement des gardes… Et justement, voilà qu’en pensant à ceux-ci, l’un d’eux me bouscula.

« Transport de prisonnière, ne restez pas sur le chemin ! »

Il venait de passer derrière moi, et je me retournais pour voir à quoi ressemblait cette… prisonnière.

[INFO]Découverte d’une race étrangère.

Qu’était-ce ? Un mélange hybride et exotique d’une féline et d’un arachnide, dans une structure globalement humanoïde. Deux paires de bras, des cheveux, quatre yeux…et dans deux de ceux-ci s’illuminaient un sceau de braise qui ne me laissa pas indifférente. Je connaissais ce symbole, pour en être moi-même gravée. Cette personne était une alliée, mais ce qui me poussa définitivement à agir furent deux simples mots :

" ... A l'aide ?"

[INFO] Initialisation du module décisionnel. Vitesse synaptique multipliée par 2.

Je suis une changeforme. Littéralement, un esprit né de la nature, mais n’ayant pas de place fixe dans celle-ci. Mon rôle était celui de prendre n’importe quel rôle, afin d’équilibrer les choses là où elles avaient besoin de l’être. Cet appel, provenant d’une force alliée, était une nette invitation à agir.

C’est pour cette raison que Spiegel avait initié ce mode. Des combattants, dans l’urgence, peuvent faire des erreurs. En accélérant la circulation des informations dans le système nerveux, il avait fictivement ralentit le temps autour de moi : Bien entendu ce n’était qu’une image, car dans un tel état il m’était impossible de bouger, le seul intérêt de cette fonction était de réfléchir plus rapidement. Ça ne rendait pas mes mouvements plus rapides. Mais c’était bien pratique pour compenser la faiblesse de mon corps.

Il faudrait cinq secondes aux gardes pour sortir de ma portée directe, ce qui me laissait, mentalement, dix secondes pour déterminer un plan et un angle d’attaque. Mon pouvoir étant scellé, il n’y avait pas besoin de réfléchir à quelle forme était la plus optimale : J’allais devoir faire avec ce corps humain.
Ils étaient deux, portaient des armes sans les avoir en main, et me tournaient le dos. Sur le plan statistique chacun d’eux était supérieur à moi, mais l’expérience m’avait appris que les paramètres n’étaient que des chiffres, des indications. Des valeurs hautes n’indiquaient pas forcément la victoire. Cela voulait juste dire que je devais éviter l’affrontement direct.

En neutraliser un, dans ces circonstances, était largement envisageable. J’avais l’avantage de la surprise, ils avaient le désavantage d’avoir les mains occupées. Pour le second, l’IA n’avait pas assez de ressources pour simuler la situation aussi loin. Ça allait donc dépendre du hasard,  je détestais ça. Et il fallait aussi espérer qu’une fois libre cette créature serait d’une utilité quelconque, même mineure. Beaucoup trop de données étaient floues…
Pire que ça, la seule solution pour avoir une chance victoire impliquait de transmettre une bonne partie des ressources de Spiegel dans un renforcement de mes aptitudes globales, pour au moins atteindre la force d’un homme adulte. Sinon, j’étais similaire à une enfant… Mais ça impliquait de diminuer l’énergie utilisée à maintenir mon corps en état. Pour donner une image simple, ce que j’allais faire était similaire à faire décoller un avion à pleine vitesse en dévissant de moitié tous les vis et les écrous. C’état possible, mais risqué, et il faudrait réduire au maximum la durée du voyage.

[ALERTES] 1.5 seconde de prise de décision restantes. Surchauffe du processeur synaptique.
[INFOS] Enclenchement des protocoles de combat. Réduction de 50% des ressources allouées aux modules de survie.

« Hé ! Mais qu’est ce que vous faîtes ?! » dit un paysan à qui je venais d'emprunter des affaires.

Je jetais un petit sac de farine, pris sur une caisse juste à côté de moi,  au dessus des deux gardes. De suite après, je lançais un couteau –provenant du même endroit-, qui vint sectionner la fine soie et déverser le nuage de poudre sur les trois personnes, faisant office de fumigène de fortune.

« Que ?! »

Un pas en avant, et j’attrapais une pelle placée contre un muret, avant de charger vers le garde de droite, encore sous le choc et d’envoyer la partie métallique de l’objet heurter brutalement sa nuque, l’assommant sur le coup. Peu importe la force d’un humain, il y avait des points faibles auxquels personne ne pouvait résister. Attrapant, de mémoire, un bras de la mutante captive, je la tirais en arrière pour la faire sortir du nuage, et l’éloigner du second homme.

Celui-ci, cependant, ne fût pas aussi gêné par la « fumigène », que je l’aurais espéré. Il dégaina sa lame, et vint bien trop vite à mon encontre, fauchant d’un geste mon arme de fortune, ainsi qu’un morceau de ma tunique.

« Une autre de Seika… On aurait du se douter qu’il y aurait une complice ! »

Baissant les yeux, j’aperçus le problème : Le bout de vêtement déchiré était celui-ci se situant au milieu de ma maigre poitrine –qu’on n’apercevait que brièvement-, pile là où rayonnait le sceau du Phénix. J’étais découverte. Mais de toute évidence, après une telle action, je m’étais révélée de moi-même…
N’ayant d’autre choix, je me replaçais en garde, un demi-bâton en main. C’était tout ce que je pouvais faire…
 
La partie hasardeuse commençait maintenant.
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MessageSujet: Re: Là où on ne devrait pas être   Jeu 18 Fév - 22:28

-L'art de combattre sans essayer-

Durant quelques secondes, Four regardait la petite robotique, si tenté est qu'elle avait bien vu ce qu'elle avait vu sur son visage, avant de balancer sa tête en arrière en soupirant. L'élue ne semblait pas se décider, c'était finit d'elle.  Si ça se trouve, c'est une élue de Fuyu, d'où le regard neutre et froid qui transparaissait sur son visage. Une élue, oui, car aucun Kosatien ne ressemble à ce que la créature avait vu en un clin d'œil. A nouveau, la scientifique blasée retournait à ses occupations principale, à savoir : regarder le paysage, faire de son mieux pour ne pas penser au pire, relativiser, accepter sa situation, penser à préparer un petit message d'amitié à sa copine la mort ...

Mais subitement, Four fut obligée de fermer les yeux du à une poudre blanche qui lui arrivait sur le museau et qui bientôt l'entourait de toute part. Ce qu'il se passait ? Elle n'en avait pas la moindre idée. Normalement, l'hybride semble presque omnisciente  vu sa façon d'agir quotidienne : Jamais impressionnée, parler comme si elle avait vécu toute les guerre... Et elle pouvait presque prouver ce point avec son savoir, sa réflexion quatre fois supérieur à la moyenne et ce genre de chose mais ici, rien. C'était pas de la neige et c'était difficile de respirer sans avoir une grosse quinte de toux dans ce brouillard. Sans comprendre, et sans chercher à comprendre, elle sentit l'emprise sur une part de ses bras se volatiliser puis elle fut violement tirée en arrière pour sortir du nuage. Seulement, la surprise doublé de son manque d'énergie chronique la fit tomber en arrière, toussant, couchée dans la neige ...

La tigresse prit de longue secondes pour faire le point sur la situation, se frottant le visage, couverte de la tête au pied dans ce qui semble être de la farine, son sang humide désormais pâteux avec la dite poudre ... Délicieuse vision, ou pas ... Et finalement, elle regarda la jeune femme à qui elle avait demandé de l'aide se battre contre un grand costaud, un fier garde de Fuyu ... Le même idiot qui l'avait arrêté. D'abord passive, elle regardait la batail se déroulant devant elle comme si elle regardait un spectacle puis elle se dit, au bout d'un moment, qu'elle devrait faire quelque chose plutôt que de rester cul à terre dans la neige. Du coin de l'œil, elle vit l'un des garde assommé après que le nuage se soit un peu dissipé et elle se mit à ramper vers lui. L'élue ne semblait pas très forte, un peu comme elle ou Seilah qui n'était pas là depuis bien longtemps. Elle se débrouillait mais l'araignée  savait aussi qu'un vrai élu aurait déjà fait des trucs bien plus extraordinaire. A ce qu'il parait, tout les élus ont des pouvoirs, alors ...

Bref, elle finit par s'avancer discrètement vers l'autre garde, en quête d'arme tranchante par exemple, tout ce qui pourrait aider, non pas elle mais la guerrière qui se battait comme maintenant. Four ? Une arme à la main ? Elle était scientifique, et même si elle avait reçu une formation militaire, elle était plus habituée aux armes à feu qu'au couteau de combat. Mais avant qu'elle puisse poser une de ses nombreuse main sur l'armure du chevalier de Fuyu, elle l'entendit grogner et le vit doucement ouvrir les yeux. Mais au lieu de sursauter, l'hybride haussa un sourcil et tout naturellement, sans se presser, elle vint saisir le reste du sac de farine qui trainait là marcha sur les genoux jusqu'à  passer derrière le garde qui se relevait ... Et vint lui enfiler le sac de toile à moitié plein sur la tête avant de le serrer fort, tirant dessus de tout ses bras.

"Non non, c'est déjà assez la merde comme ça ... Rendors-toi."

Il y eut quelques débattements, des quintes de toux, des bruit pas trés ragoutant de quelqu'un qui s'étranglait ... Jusqu'à ce qu'il retourne au pays des songes. Elle lui retira le sac et l'examina un instant, sans trop se presser malgré le combat entre son alliée et le garde, veilla à ce qu'il était encore en vie ... Il respirait, c'était déja ça, il était juste tombé inconscient. Si elle l'avait tué, Four n'aurait pas fait une maladie mais elle n'est pas je-m'en-foutiste au point de prendre une vie avec plaisir non plus. Et finalement, Four se releva avec un sabre en main et deux dagues. Oui, les Fuyujin semblaient bien équipé, dans le genre.

Elle aurait pu aller se battre de sa nouvelle posture pour le moins intimidante , une femme à quatre bras maniant trois armes, mais comme dit plus tôt, elle n'était pas une grande amatrice  d'action ... Alors à la place, elle profita que le garde soit occupé à valser avec la petite cyborg pour marcher nonchalamment vers le combat, faisant en sorte d'être discrète, derrière l'ennemi. La confiance en soit de Four, ou plutôt son absence totale de peur face à la mort, lui donna l'idée de "le finir" avant même de passer par l'étape "se battre"...  Elle savait qu'elle en était capable et savait aussi qu'elle pourrait trés certainement esquiver un coup perdu de l'homme. Du moins, elle en était capable par le passé, lorsqu'elle avait ses pouvoirs psychique ... Oui, après réflexion, c'était peut-être une mauvaise manœuvre du coup mais hey, on ne vit qu'une fois, pas vrai ?

Elle regarda les mouvements de l'homme avec attention, ses yeux lumineux suivirent avec intensité les mouvements du garde et bientôt, grâce à son esprit mathématique et surtout ses quatre cerveaux traitant toute donnée comme un super calculateur, elle fit quelques pas dans son dos, profitant de sa discretion naturel ainsi que la distraction qu'offrait la jeune élue et finit par sauter sur son dos ... Enfin, "sauter" ... Elle posa deux de ses mains sur son épaules pour l'escalader en somme, et passa une de ses dague entre les pièce d'armure de son épaule. Le mouvement était fluide, planifié, relaxe ... Assez rapide pour ne pas être dérangé par un coup de lame, un reflexe de la cible, un peu comme si, en réalité, elle escaladait son dos en prenant la dague dans sa chaire comme accroche. Elle fit de même avec l'autre dague,  faisant couiner d'autant plus l'homme qui baissait petit à petit les bras: chose qui était prévue au programme, c'était le but de l'handicaper ainsi. Elle grimpa donc sur son dos et vient croiser son regard au dessus de son épaule, lui tirant la langue d'un air malicieux.

"Désolée ... J'sais que c'est votre job ... Mais moi et ma pote on aime bien la vie. Tu sais, être capable de respirer, ce genre de chose."

Elle finit sa phrase en agitant les couteau dans sa chaire, que peu de pitié à son égard bien que fondamentalement, elle n'avait rien contre lui, jusqu'à le faire faillir sous la douleur et le faire tomber, face contre terre. La scientifique en blouse se redressa et regarda la jeune femme, lui souriant mollement en lui faisait un petit coucou de la main tout aussi dépourvu d'énergie, la fixant, la tête un peu ailleurs ... Avant de remarquer la situation. Elles étaient en plein milieu de la rue, les gens étaient affolé et tout le vacarme avait sans doute alerté le reste de la garnison. Elle regarda autour d'elle avant de prendre l'arme de l'homme à terre ainsi que déloger les dagues, histoire de pouvoir tendre les armes blanche vers son allier ... Elle tenait les armes par la lame bien sur, le but était de lui donner l'objet, pas de la menacer.

"Hey ... J'ai de la chance qu'une autre Seika passe par là, hein ? Heh heh ..." Dit-elle en référence à la marque sur la peau dénudée de la petite cyborg "On ferait mieux de se planquer, non ? ..."
Four

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MessageSujet: Re: Là où on ne devrait pas être   Mar 23 Fév - 22:15

La prise de mes mains juvéniles se renforça sur mon arme improvisée, si l’on peut appeler ça une arme. Habituellement je n’utilisais jamais de tels outils. Mes capacités naturelles, complétées par Spiegel, l’entité technomagique qui existait en symbiose avec moi, avaient toujours été amplement suffisantes pour venir à bout de n’importe quel adversaire. Et puis, à mon sens c’était aussi une question de logique : Depuis quand une arme a-t-elle besoin d’une arme ? Je suis l’objet destiné à combattre et blesser. Peut-être avais-je l’avantage d’être capable d’agir de moi-même, je n’en restais néanmoins qu’un outil.

Mais voilà, ici mon potentiel létal avait été fortement amoindri, comme une lame que l’on avait émoussée. Pour effectuer correctement ma mission, je devais user d’adaptation. Quoi de plus naturel pour une changeforme ?
Le garde possédait un équipement d’une qualité nettement supérieure, que ce soit en termes de potentiel offensif ou défensif. Il était également en meilleure forme physique. Quant à ses compétences, je n’avais pas assez de données pour les jauger efficacement, néanmoins du bon sens suffisait pour voir que les chances n’étaient clairement pas en ma faveur. Ici, seule mon expérience pourrait changer la donne. Car en ce qui concernait mon alliée de circonstances, elle ne montrait aucune intention d’agir : C’était à prévoir. Elle ne se serait certainement pas fait capturer aussi simplement –après tout les gardes n’avaient aucune blessure- si ses capacités au combat avaient été suffisantes. Et elle n’aurait pas non plus demandé de l’aide si elle se pensait capable de se débrouiller.
Ceci n’était en aucun cas un jugement. En ce monde, comme dans n’importe quel monde, chaque existence avait sa place. Son rôle. Et celui de combattre ne devait pas être le sien, contrairement à moi.

« Rendez-vous, et peut-être que l’on vous accordera un jugement, seikajin ! »

Sa sommation ne reçut comme réponse qu’un regard neutre, et aussi froid que ce pays. Me rendre ? Cette suggestion ne méritait même pas que je dépense de l’énergie à parler. Une arme ne se rend pas. Elle combat jusqu’à ce qu’elle soit rengainée. La civile derrière moi m’avait ordonné de l’aider, implicitement de la libérer. Si, et uniquement si elle m’avait invité à stopper l’affrontement je l’aurais fait, mais ce n’était pas le cas.
En conséquence, je pris l’initiative d’attaquer.

Un coup vif comme l’éclair, porté avec le minimum de mouvements nécessaires sans en ajouter d’inutiles, qui visait le bras fort de mon adversaire. L’affaiblir était une stratégie viable, pour en finir le plus rapidement possible. Je n’avais pas besoin de jouer l’héroïne à chercher un affrontement épique : Il fallait être mortelle et efficace, comme avec son collègue. Mais sans l’avantage de la surprise, et avec un tel équipement… la chose devenait compliquée.
Il bloqua ma frappe sans difficulté apparente, me désarma, et contre-attaqua d’un coup de genou dans le ventre.

« Guh… »

[ALERTES] Dégâts externes subits. Dégâts internes provoqués.

Pour combattre efficacement j’avais transféré dans mes bras et jambes des ressources destinées à maintenir mon métabolisme blessé en état. Le ventre n’était pas utile pour échanger des coups, ainsi il était devenu très fragile… et d’après la douleur, il était endommagé. Il ne m’était pas utile en soit, néanmoins j’avais sans doute une hémorragie interne. La situation devenait complexe, mais j’allais pouvoir la tourner à mon avantage.
Me repliant partiellement pour tenir la partie inférieure de mon torse, mon opposant crût voir là une ouverture dans mes défenses, et arma son bras pour préparer un coup de sabre. Grave erreur : par ce geste il diminua ses défenses au niveau de son corps, me pensant paralysée par la douleur. Cependant, pour moi, la douleur n’était littéralement qu’une information. Comme un ordinateur vous indiquant un bug, ou un capteur détectant un quelconque danger, c’était une donnée à prendre en compte pour mes actions, mais pas quelque chose qui me gênait directement.

D’une impulsion de mes pieds, d’un replacement de mon bras, je propulsais mon coude droit dans son bas-ventre, d’un mouvement se basant sur la vitesse plus que la force. Le choc mêlé à la douleur le força à se pencher un peu en avant, et à entrer sa tête dans la portée de mon prochain mouvement : refermant mon poing gauche, j’amorçais un mouvement large en crochet pour heurter sa tempe, ce qui eût pour effet de le déstabiliser et de le faire reculer un peu.
Il fallait porter un dernier coup avant qu’il ne se rétablisse. Avançant d’un grand pas semi-sauté, j’entamais un uppercut, mais l’attaque fût néanmoins trop lente : Il parvint à l’esquiver, et d’un large coup de lame à m’entailler sévèrement le bras gauche. Un peu de sang gicla, et furtivement je jetais un coup d’œil derrière moi afin de voir si cette étrange créature n’en avait pas reçu. C’est à ce moment seulement que je remarquais qu’elle n’était plus là, mais non loin derrière mon adversaire, plusieurs armes en main.

Une attaque d’opportunité. Tout ce que j’avais à faire était de distraire l’attention du garde. Je changeais donc de stratégie de combat, et me concentrais sur un art martial précis : le Wing chun. Polyvalent et particulièrement destiné aux combattants de petite taille, une de ses postures consistait à rester très proche de l’adversaire afin de gêner ses mouvements. Une gêne était une distraction efficace.
Agir ainsi me permit de bloquer deux attaques, car la portée optimale d’un sabre était trop longue pour la distance très faible que je maintenais entre lui et moi, mais je reçus néanmoins un revers de gantelet en plein visage qui me mit au sol. Trop tard cependant : Avant d’avoir pu porter un coup fatal, il s’effondrait déjà sous l’attaque furtive de la créature.

Elle me salua d’un lent geste de la main, avec un sourire. Je ne lui rendis pas, car notre situation était loin d’être calmée. Les civils tout autour étaient en panique, et nul doute que des renforts ne tarderaient pas à venir. Il fallait se replier.
La seikajin me tendit deux dagues que je pris immédiatement, en la remerciant d’un hochement de tête. Elle fit ensuite une remarque concernant la présence d’une alliée sur un territoire ennemi, et la nécessité de se cacher.  

« Vous êtes en danger ici. Il faut quitter la ville avant qu’ils ne placent des hommes aux portes. »

Je ne connaissais pas les protocoles de sécurité utilisés dans ce monde, et particulièrement de cette ville militaire, mais il était à suspecter que lorsque deux criminelles étaient à l’intérieur, une des premières mesures devait être de bloquer les portes afin de les empêcher de s’échapper.  
Et oui, je ne m’étais pas incluse dans les personnes en danger. Bien entendu, je l’étais également, mais ma priorité était toujours de mettre les autres en sécurité. Ma résilience et mes capacités de survie étaient sans précédent. Du moins… l’avaient été.

Pour ranger les dagues, je fis légèrement altérer ma tenue –qui n’était autre qu’une partie de mon corps- afin d’y intégrer deux petits fourreaux. C’était à peine une miette de ce dont j’avais été capable, néanmoins une altération de ce niveau était déjà ma limite. Il fallait faire avec.

Puis, sans réellement attendre de réponse de la part de l’hybride, j’attrapais un de ses nombreux bras pour commencer à me diriger vers la sortie la plus proche. Ce n’était pas particulièrement pour la forcer, mais elle semblait être une personne plutôt lente, or nous avions besoin de nous déplacer rapidement. Ma vitesse de marche étant sans doute supérieure à la sienne, le but était réellement de l’aider et non de la vexer ou de l’obliger à me suivre. Je crûs bon de le spécifier :

« Ne prenez pas mon geste comme une atteinte à votre liberté personnelle. Mais nous avons besoin de nous déplacer rapidement. »

Nous marchâmes pendant plusieurs minutes sur la route principale. Emprunter les petites ruelles aurait pu être une bonne idée, mais ma méconnaissance de la ville, de ce monde, et des moyens pour traquer les hors-la-loi me poussait à chercher à éloigner la seikajin de ce lieu le plus rapidement possible, en espérant que la milice ne réagisse pas à temps. Néanmoins, alors que la porte était en vue, cette possibilité tomba à l’eau : Une patrouille était déjà en surveillance sur les lieux. Cinq hommes. Sachant que deux pris par surprise avaient  déjà été un défi mémorable…
Et pire que tout, l’un d’eux pointa notre direction du doigt. Trois d’entre eux s’éloignèrent alors de notre seule issue, et se dirigèrent rapidement dans notre direction, tandis que les autres restèrent à côté de la porte.


« Vite, par ici. »

Je poussais alors l’élue de Seika dans la direction d’une ruelle proche, qui s’avérait à présent la seule issue possible, même si j’avais voulu les éviter. Immédiatement, je commençais à observer mon environnement proche, à la recherche d’une cachette…


« Il nous faut un endroit où nous cacher. En voyez-vous un ? »

[HRP] o.o :
 
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MessageSujet: Re: Là où on ne devrait pas être   Sam 27 Fév - 18:20

-Petite victoire-

Un soupire passa entre les lévres de Four en entendant sa partenaire du moment. "Bof … Je viens d’arriver … Mais je suppose que t’as raison."

L’hybride passa donc les armes que sa sauveuse désirait et garda donc un sabre dans une de ses main, le trainant le long de son bras comme si elle n’était pas dans une posture de combat, menacée … Ou bien tout simplement car elle n’avait pas la force de le faire, ni la motivation. Il n’y avait pas encore de garde ne vue même si la population allait vite faire office d’alarme vu à quel point elle était agitée. En attendant la scientifique regarda un peu autour d’elle pour jauger la situation ainsi que sa position géographique. En plein milieu d’une rue principale, elles allaient se faire remarquer, plus encore du moins mais son analyse de la situation fut coupée court en voyant la petite combattante créer des fourreaux sur elle. Le phénomène l’intéressa.

La tigresse était peut-être la plus grande paresseuse je-m’en-foutiste de Kosaten, elle restait une scientifique qui avait de nombreuse fois touché à la robotique et ce genre de technologie. Le monde de Four se situait dans un futur très proche, enfin, bien lointain comparé à Kosaten mais comparé à ce que la plupart connaissait. Les androïdes, les recherche sur le bio gel, implant et cyborg, c’était un secteur en augmentation dans son monde et voir ce que la gamine faisait, c’était prodigieux, digne de susciter son intérêt si elle était encore dans le cadre de ses recherche. Elle ne manqua pas de le pointer d’ailleur, métaphoriquement ainsi que littéralement.

"Heyyyy … C’est pas mal ton petit tour là … C’est quoi cette tenue ? On dirait qu’elle est composée d’une fibre flexible, modelable, intelligente … C’est de la nanotechnolo- … Uh ? Oh ? … Oh, okay …"

La raison pour laquelle elle ne su finir sa demande était parce qu’elle se fit subitement tirer un de ses bras pour avancer dans les rues, presque tirée de force par la guerrière et à ça, Four n’avait rien à redire. Elle se rendait à l’évidence que ce n’était ni le lieu, ni le moment pour se questionner sur ce genre de chose. Elle avait juste laissé son esprit divaguer … Comme souvent. Et comme la malade avait du mal à percevoir le danger comme une menace, en vue de sa condition : Ne pas avoir peur ni de la douleur ni de la mort, disons que dans ce monde, elle avait le don de se retrouver dans des situations délicate sans même s’en apercevoir. Mais la logique lui faisait bien comprendre que oui, pas de raison de rester là et donc, bien que le petit brin de femme la tirait à une allure qui avait le don de l’épuiser, elle la suivit aussi bien que possible sans manquer de lui répondre.

"T’en fait pas ! Je … Je suis ! Je … Ouh … Ouh le point de coté, ouuh ..."  Effectivement, le physique n’était pas son fort chez l’araignée mais elle continuait, se tenant juste les cotes d’une main comme si ça pouvait la soulager.

Après plusieurs minutes à courir ainsi dans les rues, la porte délimitant la frontière de la ville entra dans leurs champs de vision et c’est avec un petit sourire embêté que Four accueillit la vision. Des gardes, plus de garde encore et des gardes qui n’avaient pas l’air content. Les civiles avaient déjà prévenu les autorités pour dire qu’une jeune femme et une créature étrange avaient neutralisé des collègues. Autant dire qu’ils étaient remonté et en les voyant à l’autre bout de la rue, ils les pointèrent et sonnèrent la charge.  Toujours soumise à la poigne de sa sauveuse, les deux Seikajin s’enfoncèrent dans une ruelle où ils débarquèrent sur une petite cours coincée entre plusieurs bâtiments. La petite polymorphe la lacha à cet instant pour lui demander si elle voyait une cachette mais l’hybride, de son coté, n’avait pas arrêté la marche et se dirigeait vers un énorme tas de bois qu’un habitant avait sans doute coupé pour chauffer une maison voisine. Lorsque son amie la chercha du regard, elle n’était plus là mais elle commençait déjà à monter sur la pile, se tenant toujours le flanc.

"Oumf … On … Va pas courir comme ça toute la journée … J’en serais pas capable alors … Umf … La solution la plus simple c’est aller là où ils ne pourront pas nous poursuivre... Ou du moins ... pas idée."

La Furry se mit à rire tellement elle avait mal, une hilarité assez singulière mais qui suivait bien avec sa bonne humeur inébranlable. Elle jeta négligemment  son épée sur le toit d’une écurie qui formait un des murs de la petite cours et se servit de ses mains libres pour se hisser sur le pré haut désormais à portée grâce à la hauteur qu’elle avait prit sur la pile de bois. Elle avait visiblement du mal, sa patte dérapant sur la neige du rebord avant de rouler mollement sur le rebord pour se coucher sur le toit. Elle sourit à sa partenaire avant de venir lui tendre une main pour la hisser à son tour.

Elle la tira sur le toit et l’intima de se coucher comme elle mais elle se douta que,  à voir la pile de bois, leur poursuivant auraient l’idée de jeter un coup d’œil sur le toit qui n’était pas fameusement haut en altitude. C’est pour ça qu’elle rampa vers le rebord de leur poste de surveillance et guetta les trois garde qui débarquèrent, arme à la main, dans la petite place.

"Où sont-elles aller ?! Regardez partout !"

Mais avant que les hommes puissent investir les lieux, Four se concentra et leva la main devant son visage. De son regard, elle visait une poterie placée en stockage dans la ruelle qui bordait un magasin. Elle avait déjà essayé d’utiliser sa psyché plus tôt dans la journée, sans succès mais il fallait qu’elle retrouve ses capacités un jour, il le fallait … Et si ça pouvait être maintenant, ça aurait été l’idéal. Elle se concentra, fort … Elle sentit sa blessure au front se rouvrir et une nouvelle ligne de sang coula entre ses yeux mais finalement, elle réussit à claquer des doigts et le pot fut soumis à une simple impulsion qui le fit tourner sur lui-même avant de se briser à terre.

"Hein ? Par là ! Elles sont passées par là ! Vite !"

Tremblante, de corps comme de voix, Four se mit à ricaner en voyant les idiots suivre un fantôme et lentement, elle se tourna sur le dos, sur le toit, faisant de la neige son matelas, mollement et d’un air lessivé.

"Heh heh heeeeeh … Aaah … C’est revenu … Yay … et tout ça…"

Elle soupira, la tête tournait un peu mais en fixant le gris du ciel qui les surplombait, ça n’avait pas beaucoup d’importance. Elle était un peu rassurée de voir ses pouvoirs revenu, aussi minime soient-ils même si ça lui a couté encore un peu de sang sur le visage et ses dernières forces. Elle ne prévoyait plus de bouger, elle avait de retour la tête ailleurs, fermement convaincue qu’elle était en sécurité désormais. Elle se tena les mains sur son ventre, ferma les yeux un instant … Avant de regarder son compagnon, l’air réveur, soulagée après tant d’effort d’enfin ne rien faire.

"Salut, ma belle … Heh … Moi c’est Four … Ravie … De me faire secourir ~"
Four

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MessageSujet: Re: Là où on ne devrait pas être   Lun 29 Fév - 21:12

Une rapide observation des environs ne fût pas suffisante pour trouver un abri au minimum satisfaisant. Et le temps jouait contre nous.

« Nous devrions bouger avant qu’ils n’arri- »



Je m’interrompis en remarquant que la Seikajin n’était plus à sa précédente position, mais quelques mètres plus loin en train d’escalader une pile de bois juxtaposée à une petite maison. Quitter le sol pour nous abriter dans les airs. En effet, les probabilités que nos poursuivants nous cherchent ici étaient faibles, mais cela ne fonctionnerait qu’en nous allongeant dessus pour ne pas être repérées et prises pour cibles par des combattants à distance. Perdre en mobilité pour gagner du temps, cela pouvait peut-être nous permettre de réfléchir à un plan d’extraction, mais il fallait faire vite avant que l’idée ne leur vienne de vérifier au dessus de leur tête. Une stratégie qui pouvait fonctionner, et, faute de mieux, je la suivais bientôt sur notre abri temporaire.

Allongée non loin de l’hybride, de nombreuses possibilités et scénarios d’évasion commencèrent à défiler dans mon esprit. Néanmoins, la créature semblait se concentrer sur un point extérieur à notre cache. Intriguée, je décidais de suivre son regard.
Une faible, mais présente, impulsion invisible émana alors de celle que je défendais, et bientôt un bruit de pot brisé se fit entendre, attirant les gardes dans une direction complètement opposée à notre emplacement actuel.
Je n’étais pas dupe : ce n’était pas une coïncidence. Et le fait que le front de la « tigresse » se mit à perler de sang ne fit que confirmer mes doutes. Était-elle une mage ? Une psionique ? Ce genre de choses existait dans mon monde, ainsi ça ne me surprenait pas vraiment, néanmoins il était bon de connaître les capacités de ses alliés. Même temporaires, et même si les dites capacités sont mineures.
Au moins, ce problème était réglé.

[INFO] Fin des protocoles de combat. Ressources redirigées vers les modules de survie.

Toute ma force m’abandonna. Sans ce sceau, j’aurais gardé des aptitudes surhumaines malgré mon apparence juvénile, sans l’aide de Spiegel. Mais dans ce monde, me maintenir sous cette apparence physique était déjà difficile, alors je devais me contenter de la force correspondante à ce corps. C'est-à-dire celle d’une jeune fille de treize ans atteinte d’une maladie dégénérative. Je sentais mes muscles se ramollir, et mes os devenir aussi fragiles que du verre. Mais forcer plus longtemps les limites de mon corps aurait rouvert de sévères blessures internes que l’IA technomagique peinait déjà à compenser.

L’hybride se présenta ensuite sous le nom de Four, l’air détendue, quoique elle ne semblait pas avoir démontré de signes de stress de toute la situation. Une propriété de sa nature, ou de son caractère ? C’était une question à se poser, mais nous n’étions pas assez proches pour que je me permette ce genre de fantaisies.
Néanmoins, le protocole que je m’imposais m’autorisait à faire preuve de politesse et de répondre à ses questions :

« Adelaïde. » dis-je simplement. Mais un court instant de réflexion m’indiqua que le sens de mes dires n’était certainement pas clair… donc je tournais la tête vers elle, pour reprendre : « Je m’appelle Adelaïde. »

Je profitais de ces quelques instants de calme pour l’observer. C’était une créature atypique, un mélange de deux êtres naturels, qui aurait pu appartenir à une race similaire à la mienne dans mon univers natal. Elle possédait des pouvoirs psychiques, malgré l’absence de circuits magiques en elle… A moins que mes sens ne soient amoindris aussi, ce qui était une possibilité. Son début de discours précédent démontrait des connaissances techniques et/ou scientifiques similaires à celles que j’avais côtoyées. Concernant les questions qu’elle m’avait d’ailleurs posées, concernant ma tenue, j’estimais que la situation permettait à présent d’y répondre :

« Navrée de vous avoir interrompue plus tôt. Ce que vous appelez ma tenue est une partie intégrante de mon corps. Elle est composée d’un tissu composé d’éléments naturels, et me sert de seconde peau, de vêtement de voyage, et d’armure légère au combat. »

Mais la raison principale pour laquelle je dépensais de l’énergie pour la conserver était… la pudeur. Une notion typique des humains, que j’avais assimilée pour vivre avec eux sans provoquer de gêne. Il m’aurait été bien plus rentable d’utiliser le mana du vêtement pour renforcer mon véritable épiderme, mais pour adhérer aux normes de la société il avait été nécessaire de faire un compromis.

« Mon arrivée ici a sévèrement bridé mes aptitudes. Des blessures amenuisent aussi mon efficacité, ainsi je ne crois pas être capable de tenir un autre affrontement direct pour le moment. Je vous prierai d’être prudente dans vos prochaines actions. »

Ce n’était en rien un reproche, mais un avertissement honnête au vu des données que je possédais actuellement. Néanmoins, si elle avait souhaité retourner au combat –ce dont je doutais si j’avais bien cerné son caractère- je n’aurais pas protesté. En tant qu’arme intelligente, je ne faisais qu’émettre des avis. Les décisions ne me revenaient pas.

« Si je peux me permettre, que faîtes-vous en plein territoire ennemi ?  Pardonnez-moi si je fais une erreur de jugement, mais vous ne semblez être une civile, malgré vos capacités extra-sensorielles.»
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MessageSujet: Re: Là où on ne devrait pas être   Dim 3 Avr - 18:30

-Sympathie-

"Adelaïde ?" Four retourna sa tête à nouveau vers le ciel, respirer un grand coup, apprécier cette respiration, un petit plaisir qui lui rappelle qu'elle était encore en vie après une situation aussi pénible à vivre. L'essoufflement, l'effort, l'épuisement, tant de chose qu'elle détestait. Respirer, il fallait être reconnaissant pour cela. "Sympa comme nom ... Je pense qu'il n'existe pas ... Dans mon monde ... "

La scientifique resta ainsi sur le toit enneigé, à se reposer, fermant ses yeux, apprécier la fraicheur parcourant son museau, sa fourrure et se détendre après une telle course. Elle écoutait d'une oreille les explications de la jeune fille qui l'avait sauvé et répondit d'abord par un simple mouvement de la main, las, qui voulait dire quelque chose comme "Oh, t'en fait pas pour ça" au point de vue de "l'interruption". Le reste aurait suscité son intérêt si elle n'était pas essoufflée, fatiguée et si elle n'avait pas des courbatures un peu partout. Mais malgré la fatigue, elle réussit tout de même à se torturer un peu les méninges pour comprendre qu'était cette gamine à coté d'elle. Four est loin d'être une demeurée, c'est une scientifique qui a changé la face de son monde mais comme expliqué plus tot, penser est une torture pour quelqu'un possédant quatre cerveaux et qui n'a pas été génétiquement conçu pour les supporter, ses quatre esprits pensant. Ajouter à cela qu'user de ses pouvoirs psychique attaquait directement sa matière grise et Four n'avait plus trop le courage d'être "excitée" à l'idée de découvrir une nouvelle forme de technologie.

Mais ce qu'elle avait retiré de ce petit discours était assez unique. Elle n'est donc pas humaine ou pas complètement, comme prévu, est une élue elle aussi amoindrie mais ... Et bien, l'hybride se mit à rire discrètement ... pour petit à petit rire plus franchement.

"Tu sais ... Tu me fais penser à mes filles. Quand je les ais conçues, elles étaient aussi très ... à cheval sur les protocoles et les termes technique, disons."

Elle resta ensuite silencieuse pendant quelques secondes et finit par pencher à nouveau la tête vers elle, ouvrant ses yeux d'un coté de son visage pour la regarder, visiblement amusée de ce qu'elle voyait ou ce qu'elle voyait en cette petite, plutôt. Son air était froid ou plutôt simplement inexpressif. Elle avait cru comprendre qu'elle se disait être blessée et pourtant, elle ne sourcillait pas ou ne montrait pas de signe de fatigue, comme elle. Pourtant, cet aspect proche des droïdes de son monde était coupé par la curiosité, quelques traits de caractère absent chez les machines... Avec deux de ses bras, elle se redressa en prenant appui dans son dos et des deux autres, elle se frottait le visage en poussant un soupire d'effort, relevant sa frange bleutée un instant pour toucher le sang qui coulait de son front, la petite faille dans sa chaire juste à l'intersection du front et du début du cuir chevelu. Le sans commençait à coaguler, ce qui était une bonne chose bien que le fait que ça ait commencé à saigner tout court était un très mauvais signe pour elle. Cependant, elle souriait, mollement mais elle souriait.

"... Cela va te paraitre idiot mais j'aime bien, Fuyu. J'veux dire ... J'ai quelques amis qui viennent de Fuyu et le climat me dérange pas. C'est ... beau la neige, je suppose ? Je devais aussi retrouver une amie ici mais ... Heh, parfois, j'ai la mémoire qui flanche."

Il est vrai que si elle aurait suivit le plan convenablement, Four n'aurait sans doute jamais croiser le chemin de la petite cyborg ou qu'importe ce qu'elle était. Le fait est qu'elle aurait du se retrouver à Rin au lieu d'ici mais au fond, cela n'avait pas beaucoup d'importance. Rien n'avait beaucoup d'importance, sauf quelques rare choses. C'était sa manière de vivre ... Sa manière de profiter de la vie avant d'y passer. Elle se demandait même si une chose ... Enfin, une personne comme elle pourrait comprendre par quoi elle passait si elle lui expliquait mais au lieu de s'attarder là dessus, Four trouva la force d'éclaircir quelques autres points.

" Hey, tu sais ... J'étais une scientifique dans mon monde." Elle se gratta la joue d'un petit air malicieux, se retenant de bailler un peu. "Hmm ... J'suis sure que ça court pas les rues, les élus comme moi, en Kosaten alors ... Si ça te dit ... On se trouve un coin tranquille et peut-être que je pourrais faire un truc pour te rafistoler. Tu as mal ? Enfin..." Elle ricana. "Ressens-tu au moins la sensation de douleur ?"

Four n'aurait d'habitude pas trop lever le petit doigt sauf si c'était un cas d'urgence. Elle est fainéante mais pas sans-cœur, si elle peut sauver des vies, elle le fera. Cependant, si rien n'était grave, elle serait plus du genre à se la fermer et à faire comme si de rien n'était plutôt que de se créer des soucis avec quelqu'un qu'elle ne connaissait même pas. Mais ici, cette fatigue était quelque peu attendrie par un sentiment lointain. A l'époque des samouraï et autre forgeur d'épée et d'arc à flèche, rencontrer une personne qui lui rappelait tellement ses enfants ne courraient pas les rues. Si elle pouvait être utile pour une personne comme cela, alors peut-être qu'elle se sentirait un peu mieux dans sa peau. En attendant, la tigresse araignée se redressa d'avantage pour finir accroupie puis sur les genoux, ayant encore du mal à retrouver son équilibre, encore sonnée de toute cette agitation.

"... Dit ... Adelaïde ? Tu peux ... M'aider, deux secondes ?"
Four


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MessageSujet: Re: Là où on ne devrait pas être   Mar 5 Avr - 14:31

Silencieuse, je restais attentive aux mots que prononçait l’hybride, obtenant de plus en plus d’informations sur ma maîtresse temporaire. Si mon nom n’existait pas dans son monde, cela signifiait que nos cultures respectives devaient avoir de grandes différences. Pourtant, « Four », avait une connotation anglaise.
 
« Il s’agit d’un prénom français. Une civilisation n’existant peut-être pas dans votre monde.  En revanche, le votre appartient à une langue que je connais. »
 
Après mes explications, Four eût une réaction… inattendue. Elle se mit à rire, de plus en plus fort, malgré le fait que nous n’étions pas encore sorties d’affaire. Cela n’alerta pas la garde, heureusement, mais il était vrai que ce genre de caractère insouciant était courant chez les civils.
Non… Dans cette situation, un individu lambda aurait été paralysé de peur. Cette insouciance  semblait venir de la créature. Qui, après avoir fini de rire, fit une étrange comparaison avec ses filles, qui me fit hausser les sourcils malgré moi. Il était vrai que je conservais un langage que j’estimais… direct, mais c’était avant tout du par l’absence d’émotions dans mon parler. Je devais dire les choses telles qu’elles étaient, telles qu’elles devaient être dites, de manière à être claire pour que mes informations et intentions soient précises. Pour les humains, le ton de la voix avait une grande importance pour la compréhension du message véhiculé, mais ce n’était pas mon cas. Mes paroles n’avaient qu’un seul sens possible, afin d’éviter les incompréhensions. Du moins au maximum.
 
Après quelques secondes de silence, durant lesquelles je réfléchissais à un moyen de quitter la ville, Four continua en parlant de choses simples, de Fuyu, de la neige, de l’amie qu’elle était censé retrouver… Une conversation normale. Une soudaine proximité inattendue, ou du moins qu’une arme comme j’étais n’attendait pas. En fait, je ne sus pas immédiatement quoi répondre, n’ayant que rarement eu de telles discussions. Sauf… avec l’humaine qui portait le nom « d’Adelaïde » autrefois, et certains membres de la famille Crinardent, que j’avais servis au combat tant d’années.
Et  à tout bien y réfléchir… elle m’y faisait penser. C’était une scientifique,  qui semblait vouloir voir en moi plus qu’une arme. Mais si Four désirait me parler normalement, il n’était pas dans mon droit de contester.
Puis, elle proposa même de vouloir me « réparer ». Habituellement, mes capacités de régénération me permettaient de m’occuper moi-même de mon entretien, mais ici elles étaient bridées… Néanmoins, je craignais que Four ne puisse faire grand-chose pour mon état. Mon corps avait apparence humaine, mais sa structure interne était optimisée pour apporter les meilleures performances possibles, et bien différent de la disposition habituelle d’un métabolisme humanoïde. Prenant enfin la parole, je me devais de le spécifier :
 
« Je vous remercie de cette proposition. Mais la majorité de mes blessures sont internes, et provoquées par un accident lors de mon invocation. Elles se répareront d’elles-mêmes au fil du temps. »
 
Concernant la douleur… La réponse était peut-être ambigüe, ainsi je m’efforçais d’être claire, sans toutefois sous-estimer les capacités de réflexion de la scientifique :
 
« Je ressens la douleur, mais je n’ai pas mal comme la plupart des êtres biologiques. Il s’agit d’une information m’indiquant quelle partie de mon corps est blessée, mais elle n’est pas handicapante, pour ne pas empiéter sur mes aptitudes. »
 
Quand l’hybride tenta de se relever, je m’étais déjà redressée avant qu’elle ne demande de l’aide. Hochant la tête, je viens placer son…non, ses deux bras droits par-dessus mon épaule, et mon bras gauche autour de sa taille pour l’aider à conserver son équilibre. Ceci fait, j’observais la neige qui tombait, sur le sol, sur les toits, comme si je venais tout juste de me rendre compte du temps qu’il faisait… et instinctivement, je répondis à une de ses précédentes remarques :
 
« Oui, la neige est belle. »
 
Puis, puisque je devais répondre à sa conversation, continuais sur ma lancée :
 
« Si vous me permettez cette question… Vos filles, qu’étaient-elles ? »
 
Car il y avait peut-être eu une incompréhension. Ma manière d’agir, de parler, mon comportement, cela me donnait une allure très robotique. Techniquement parlant, j’étais similaire à une cyborg, à la différence près que mon corps n’était pas humain. Puisqu’elle semblait intellectuellement apte à comprendre cette différence, je l’en tins informée :
 
« Vous devriez savoir une chose sur moi. Ma nature est probablement différente de ce que vous avez pu connaître, même si des modifications de nature Magitech me rapprochent de ce que l’on appelle les cyborgs. »
 
Cette information était quasi-certaine. Ma race était quelque peu étrange à comprendre pour certains individus, et il était peu probable que des étrangetés similaires se trouvent n’importe où. Décrire était délicat, non pas que je doutais de ses capacités à comprendre, mais plutôt de mes capacités à expliquer. Ainsi, plutôt que de commencer par des mots, j’illustrais mon exposé avec un geste : Prenant une goutte de sang qui perlait de mon torse, je la fis lentement couler sur mon doigt, jusqu’à ce qu’elle soit sur le point de tomber.
 
« Le corps que vous voyez… »
 
La perle écarlate se sépara de son support. Immédiatement coupée de contact avec mon Centre, la condensation en mana du liquide se dissipa rapidement, même très rapidement étant donné la faiblesse de mon pouvoir. Et avant même d’avoir taché la neige, elle s’était dissipée en une légère fumée bleue, quasiment invisible à cause de la teinte blanche sur le toit.
 
« … n’est pas complètement physique. Si vous êtes connaisseuse du concept d’esprit ou de fantôme, alors sachez que je suis plus proche de ce type de créature qu’autre chose. Ma forme actuelle n’est qu’une image formée par le mana ambiant, modelée par ma volonté. »
 
D’expérience, je savais que ce n’était pas toujours simple à comprendre pour quelqu’un de mon monde, alors d’un monde étranger… c’était encore moins probable.
 
« Je serais honorée de vous apporter de plus amples informations, ou de continuer à discuter de ce qui vous plaira, dès que vous serez en lieu sûr. Néanmoins, à l’heure actuelle, nous devrions-»
 
[ALERTES]Aggravation des blessures internes. Dégâts critiques subits.
 
Ma phrase fût interrompue par une gerbe de sang qui s’échappa de ma bouche, se dissipant rapidement dans les airs. Mes jambes s’effritèrent, me forçant à poser un genou au sol, légèrement fébrile. Ce n’était pas surprenant, mais j’aurais souhaité que cela arrive plus tard… Une erreur de calcul.
 
 
« Veuillez me pardonner… Un contrecoup pour avoir combattu dans mon état.  Dans quelques seconds je serais de nouveau apte à agir, et je vous emmènerais en sécurité. Ne vous inquiétez pas. »

Le ton de ma voix n’avait pas changé, mais ma phrase se termina sur une quinte de toux, indiquant qu’un de mes poumons s’était percé… Et je baissais la tête, honteuse de me montrer prise d’une telle faiblesse.
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MessageSujet: Re: Là où on ne devrait pas être   Jeu 5 Mai - 17:37

-Solution ?-

La scientifique n’avait pas de réelle explication à ce phénomène, si ce n’est qu’un hasard assez douteux. Four, un nom ? Ce n’était qu’un pseudonyme sans originalité qu’elle avait pris pour cacher son vrai nom aux médias, protégeant ainsi sa famille de la célébrité et, autrefois, de la mafia qui l’avait plus ou moins « engagé ». Elle avait besoin de quelque chose comme ça mais le « quoi » du pseudonyme lui importait peu et elle n’avait pas le courage de trouver quelque chose de rechercher. Four, ça allait très bien, tirant sur une langue secondaire de son monde, quatre choses qui allaient par quatre, basta. Elle ne prit pas la peine de relever la notification de la « française ». L’appeler ainsi la fit doucement rire à l’intérieur, d’ailleurs …

Adélaïde semblait ne pas savoir quoi répondre à sa petite discussion de tout et de rien. Ne pas savoir quoi répondre ou n’avait rien à en dire, remarque. Cela ne l’étonna pas vraiment, si elle jugeait sur ce qu’elle avait appris d’une jeune androïde… Jeune d’apparence, du moins. Oui, elle allait se faire ce genre de réflexion tout du long car même si Adélaïde semble être quelque chose, elle sait et comprend qu’elle est aussi une toute autre chose et ayant reçu une éducation et ayant appris ce qui était nécessaire pour être une scientifique, mécano, médecin même, il est difficile de ne pas faire le lien. Cependant, à sa proposition de jouer de sa mécanique, sa sauveuse sembla décliner l’offre, ce qui prouve qu’elle avait quand même un caractère. N’importe quelle carcasse de ferraille se serait laissée faire, sauf en cas de protocoles bien précis … Mais même en ce cas-là, elle aurait annoncé qu’elle n’aurait pas les autorisations nécessaire, pas qu’il ne fallait pas s’inquiéter et que ça allait s’arranger avec le temps. Four haussa les épaules, du coup.

« Comme tu veux, poulette. Quand on se voit, hésite pas à demander … J’ai comme l’impression que je ne vais pas souvent utiliser de mes talents en ce monde, heh heh … »

Le point suivant qu’elle releva était toujours une espèce de paradoxe dans la tête de la scientifique. Est-ce que la douleur ne reste de la douleur si on ne ressent que la sensation mais qu’elle n’est pas gênante, pas handicapante ? Cela devient juste un signal alors et non pas de la « douleur » comme la définition l’entend. Mais quelque part … Tant mieux, n’est-ce pas ? Four connaissait la douleur mieux que quiconque, du moins elle le pensait. Ses maux de têtes à répétition, le sang, la fatigue qui endolorie ses muscles. Ce n’était peut-être pas la plus vive des douleurs mais elle était assez … constante. Et ça, ça avait le don de rendre les êtres vivant fou… Même si l’hybride semble bien le prendre, au final.
Four se redressa avec l’aide de sa nouvelle amie, posant ses bras sur ses épaules et fit l’effort de se maintenir un peu pour ne pas lui léguer tout son poids. Elle aurait pu le faire, elle le ferait sans doute si c’était n’importe qui d’autre mais pour quelqu’un qui disait être blessé … Et … Hey, qui ressemblait aussi à ses filles … Elle serait du genre à se foutre de la gueule de n’importe qui, sauf ce genre de personnes.

La tigresse sourit d’avantage après sa petite remarque. Entendre ça de sa part lui faisait plaisir. C’était comme si elle revivait l’évolution de ses filles. « Très belle. » elle ajouta mollement. Elle n’eut pas le temps de répondre à sa question qu’elle enchaina en expliquant ce qu’elle était et, croyez-le ou non, Four et plus ou moins tout le monde dans son univers comprenait ce qu’elle illustrer, pour la simple et bonne raison que les Furry sont des êtres magique avant tout… Dans le monde de la scientifique, les Furry se distinguent des animaux normaux car ils sont composés de flux magique, ce qui pourrait se rapporter à la Mana, comme elle le désignait. Certes, le sang de Four ne se désintègre pas lorsqu’il quitte son organisme mais une Furry, à la mort, laisse que très peu de « cendre » derrière elle. Le reste s’envole comme poussière d’étoile au vent. La magie technologie est un concept réel dans son univers aussi, bien que beaucoup moins exploité à cause du nombre décroissant de mage dans la société, privilégiant de plus en plus un environnement de vie basé sur la technologie. Les hybrides comme elles n’avaient pas réellement le potentiel pour devenir des mages, de toute façon …

« Je vois ce que tu veux dire, t’en fait pas … Et ça change pas grand-chose à vrai dire. Enfin, sauf peut-être le fait que j’ai encore moins d’outil pour te réparer si il le faut, du coup, heh heh … »

Elle enchaina en répondant à sa question. Après tout, cela allait de pair, en quelque sorte.

« Mes filles … Et bien … Je suis très malade, si t’avais pas encore remarqué … J’suis … Ouai … Stérile. C’est peut-être mieux pour les gosses, d’ailleurs mais … J’en voulais quand même. Du coup, je les ais construite, j’ai bossé sur le projet pendant presque un an et j’ai finalement réussit à créer des êtres pensant à partir de métaux en tout genre. Ce sont mes petites chéries. Il a fallu le temps avant de mettre en application complète les puces de personnalité et leur faire ressentir des choses mais … Hey, j’avais trouvé à quoi me raccrocher pour avancer un peu plus dans le reste de ma vie … »

Elle marqua une pause et perdit peu à peu son petit air malicieux qui lui était propre. Sa mine s’assombrit, se peina un peu en même temps qu’un soupire lui transperce le cœur. Pas beaucoup de choses la touchait réellement, pas beaucoup de choses la marquait … La mort à laquelle elle faisait face chaque jour lui a permis de se détacher de tout. Un peu comme si rien n’était acquis de toute façon et donc il ne fallait pas s’attacher … A ses filles, elle s’était attachée, c’était le but.

« Je doute que je vais réussir à rentrer dans mon monde avant ma mort imminente. J’ai eu l’habitude de bien leur faire comprendre que je ne ferais pas long feu … Mais même maintenant, c’est beaucoup trop tôt. »

Adélaïde reprit la parole avant de s’effondrer subitement, tombant à genoux avec Four qui ne s’attendait pas vraiment à cela après le moment émotion par lequel elle passait. Elle appuya ses mains libre sur le sol, un peu confuse et … lourde. L’énergie lui faisait défaut mais en même temps, ce n’était pas nouveau. Elle regarda la cyborg en grimaçant un peu et finit par la saisir, profitant qu’elle avait ses deux bras près d’elle. Elle comptait la soulever ou du moins l’aider à son tour en se disant qu’elle était en réalité plus mal en point qu’elle mais … Après une simple pression, elle soupira en souriant. Elle avait abandonné, c’était déjà trop pour elle. Du coup, elle se laissa tomber sur les fesses en froissant sa blouse, souriante après s’être ridiculisée de cette maigre tentative.

« Ce n’était pas le moment d’être mélancolique de toute façon … On est bien, du coup… » Elle se passa une main sur le visage et elle se mit à réfléchir. Oui, pour une fois, elle passait par cette étape. Elle leva sa frange un instant avant qu’elle ne retombe, trouvant rapidement une théorie qu’elle se devait d’exposer à sa partenaire car, n’ayant pas étudié son corps ou quoique ce soit, il était impossible à dire si sa solution allait marcher.

« Tu dis être de nature Magitech, c’est ça ? La magie technologie, ça existe aussi dans mon monde et … Si t’utilise du mana pour maintenir ta forme, est-ce que plus de mana te permettrais de te réparer toi-même ? Pour produire toute action, passive ou non, il faut de l’énergie et il semblerait que Kosaten ait cet effet sur tout le monde : On finit avec la force d’un grillon … Je suis une Furry, les Furry sont composé principalement de magie, à quelques pourcentages prés alors … T’as pas une capacité pour tirer de moi ? Ou une manière de faire, je ne sais pas. »

Elle sourit mollement en se tenant les mains par-dessus ses genoux. Ce qu’elle proposait n’était pas anodin. C’était presque comme si quelqu’un souffrant d’une hémorragie voulait donner son sang … Four était naturellement épuisée, souffrait des méfaits de Kosaten et en plus de ça voulait donner son « sang » ? Elle se doutait que ça allait paraitre un peu gros pour Adélaïde, que cela soit du point de vue « Protégé le civil » ou « Non, je peux pas accepter, tu en as besoin » alors elle argumenta.

« Même en pleine forme, j’peux pas te transporter alors … A moins que tu veux rester ici des années durant au risque de se faire repérer ou quoi ou qu’est-ce … Hey, donne toi un coup d’jus et on pourra peut-être se planquer quelque part et papoter du fait que tu sois pas juste une cervelle de droïde. »

Elle lui fit un double clin d’œil avant de lui tendre une main, dans l’espoir qu’elle puisse en tirer quelque chose. Puis elle fit un haussement d’épaule en réalisant qu’elle savait pas comment ça allait se passer de toute manière.

« J’ai tout mon temps de toute façon, moi… Enfin, on va dire. Soit ça, soit tu me laisse bidouiller tes entrailles, si possible … Ou discuter à la belle étoile ~ »
Four

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MessageSujet: Re: Là où on ne devrait pas être   Mer 11 Mai - 21:41

Cette faiblesse. Je sentais mon corps peiner à rester stable dans le plan physique. Les cellules imaginaires qui le composaient oscillaient entre vie et inexistence, tel le chat de Schrödinger. Utiliser mon pouvoir était nécessaire pour maintenir cette apparence humaine. Et il était réduit à un point où même cet exercice s’avérait difficile.
Mais je ne pouvais pas me plaindre. Mon seul rôle était d’accomplir ma mission, il était de ma responsabilité de m’assurer qu’elle soit un succès.

Comme prévu, Spiegel concentra ses ressources pour compenser les défauts prioritaires, et il ne me restait que peu de forces pour faire d’autres actions. Combattre avait épuisé mes batteries. Mais au moins cette situation me permit d’obtenir quelques informations sur la gravité de la diminution que je subissais. Néanmoins il aurait été préférable que ça ne compromette pas la sécurité de ma maîtresse temporaire. Celle-ci me fit alors une proposition singulière, démontrant la puissance de ces capacités intellectuelles. Elle était un cerveau, un atout des plus importants pour assurer la victoire d’une nation… raison de plus pour la mettre en sécurité, même si je n’avais pas besoin de ça.

Son idée était de me laisser drainer le Mana qui la composait pour reconstituer mon propre corps. La théorie était si audacieuse qu’il me fallu plusieurs secondes pour en analyser les points principaux, mais surtout le ratio gain/risque. Ce n’était pas quelque chose que j’avais déjà tenté… ce qui augmentait grandement les dangers d’une telle action. Car, peut-être en donnais-je l’impression, mais je n’avais aucun contrôle, aucune maîtrise concrète, sur le mana. Mon pouvoir provenait de mon instinct, était propre à ma nature, je ne faisais qu’émettre une volonté à Gaïa qui y répondait en manipulant son sang afin de me donner forme.  L’homme sait utiliser son corps sans avoir besoin de comprendre le fonctionnement des atomes ou d’avoir la moindre connaissance en biologie. Mon don était similaire.

Néanmoins, Spiegel était différent. Il s’alimentait grâce au mana que j’appelais inconsciemment, mais lorsque j’étais utilisée par l’armée allemande il avait démontré être capable d’augmenter l’intensité du flux magique pour certaines utilisations spécifiques. Peut-être lui restait-il de telles possibilités ?

Mais même si c’était vrai, l’opération était incertaine. Autant j’acceptais une part de risque concernant mon propre sort, car m’adapter à toute situation était littéralement ma nature, autant je ne pouvais me permettre un tel risque pour ma propriétaire. Les chances d’attenter à sa vie étaient trop importantes. Néanmoins celle-ci prouva encore une fois sa malignité, et me présenta des arguments concrets. En effet, il était plus dangereux de rester ici… le risque de se faire repérer augmentait  de façon croissante, quand on comparait les deux options, la proposition de Four était celle disposant du meilleur ratio. Il était inconcevable que je récupère assez de forces avant qu’on ne nous repère… ou que les besoins naturels appellent l’hybride. Et les parties indépendantes de mon corps ne restaient pas assez longtemps matérialisées pour servir de nourriture.
Je fixais donc ma maîtresse, prenant finalement la parole :

« Je suis capable d’effectuer une action similaire, mais ce n’est pas sans risques. Je n’ai jamais tenté de le faire sur un objet physique précis. J’ignore si ce sera douloureux. Mais il s’agit de la seule option disponible actuellement. »

Il fallait penser à l’après. Avoir de l’énergie pour se déplacer était une chose, l’utiliser de manière optimale une autre. Les patrouilles étaient toujours à notre recherche, et combattre de nouveau des soldats était impensable.
Néanmoins… rechercher des solutions consommait aussi des forces. Nous faisions face à une impasse. Planifier des stratégies n’était pas simple dans mon état. C’était donc une tâche à remettre pour plus tard, d’autant qu’un facteur important demeurait incertain : Nos états respectifs après cette opération surnaturelle improvisée. L’expérience de mon ancien monde démontrait qu’il n’était pas prudent de jouer avec les forces secrètes du monde, mais encore une fois…
Nous n’avions pas d’autre choix. Et ce n’était pas comme si Four avait proposé ça sans y réfléchir, étant donné le profil qu’elle montrait.

Je pris la main tendue, sans forcer ni me montrer douce, mais juste fermement et sans hésitation. Étant donné que je m’apprêtais à utiliser son corps comme un générateur Magitech, c'est-à-dire de le détourner de sa fonction, je supposais qu’il fallait inspirer confiance. Non pas que je prêtais grandement attention à son état mental à ce niveau, mais autant éviter qu’elle fasse une crise de panique qui risquerait d’alerter nos poursuivants. Néanmoins, avant ma tentative mon protocole m’imposa une dernière remarque :

« Si vous désirez m’étudier ou discuter à la belle étoile,  il serait préférable d’attendre d’être en lieu sûr, étant donné notre situation exigeant une mise en place de priorités dans nos actions. »


Je fis alors une demande exceptionnelle à l’IA, de favoriser l’alimentation en Mana par ma main plutôt que mon environnement. Celui-ci mit tout de même quelques dizaines de secondes à traiter l’interruption, étant donné qu’il lui fallait modifier son fonctionnement sans perturber le code concernant mes fonctions vitales. Et avec sa capacité de calcul ramenée à un niveau probablement proche d’un minitel, ce n’était pas si simple, semble-t-il.

Mais finalement, elle fût confirmée et les conséquences ne se firent pas attendre. Je sentais littéralement l’énergie magique couler au travers de la main inhumaine de Four, s’introduisant dans mon bras et se répartissant automatiquement dans les parties endommagées de mon corps. A l’instar de mon ancien monde, le Mana était plus concentré au niveau des êtres vivants…  mais contrairement à ce dernier, il était possible de l’absorber. Car là d’où je venais, une telle opération aurait été impossible, et c’était une chance pour cette hybride que les lois régissant Kosaten étaient différentes. Pour faire simple, ce que je faisais ici était impossible à moins de savoir manier la Vraie Magie.
Enfin… du moins, le faire de CETTE manière. Car il existait bien une méthode pour transférer du mana entre deux êtres humains, mais… Elle incluait une relation charnelle qui aurait certainement été d’une grande gêne pour l’hybride en plus de manquer sévèrement de discrétion. Bien qu’en d’autres situations j’aurais pu lui parler de cette méthode, ici ce n’était pas envisageable, sur un toit au milieu des troupes ennemies.

Je comptais avec précision vingt secondes de drain. Aller plus loin aurait été très risqué en plus d’avoir un rendement moindre, et plus tôt l’opération aurait été insuffisante. Quitte à prendre cette solution, autant assumer les risques et aller jusqu’au bout.  Mes forces, aussi limitées soient-elles, étaient rétablies, ce qui était donc un succès de mon côté.
Mais qu’en était-il de ma propriétaire ? Immédiatement après avoir coupé le lien entre nous, je vins placer mon bras derrière son dos afin d’éviter qu’elle ne s’effondre complètement, au cas où. D’autant qu’elle semblait déjà souffrir d’une fatigue chronique.

« Je suis rechargée à un niveau suffisant. Allez-vous bien, Four ? »
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MessageSujet: Re: Là où on ne devrait pas être   Dim 5 Juin - 11:31

-Un peu la folie, ici-

Douloureux ou non, Four s’en moquait bien. Après tout, il y eut un moment où elle désobéit au dieu Phoenix, sans réellement s’en rendre compte, et là où tout le monde aurait reçu une punition divine sous forme de douleur intense … Four se retrouva juste incapable physiquement de réaliser son action. C’était bien la preuve que même les dieux savaient que Four souffrait bien assez jour après jour. Voir la mort à chaque instant rend toute autre forme de douleur bien futile et pas digne d’une quelconque punition. La douleur, de chaque mouvement, de chaque action, la fatigue, sa maladie … Et la certitude que cela s’arrête d’un instant à l’autre. La scientifique ne craignait pas la douleur car elle préférait avoir mal que de ne plus rien ressentir du tout …

La petite droïde vint lui prendre la main et elle attendit que la magie se fasse, littéralement. Son regard était neutre, las, comme à son habitude fatigué et désintéressé de toute … Ce qu’elle avait demandé à faire n’était pas anodin, surtout pour une Furry qui, dans son monde étaient des êtres créé par la magie, le mana. En puiser était sans doute une mauvaise idée mais elle avait déjà expliqué le comment du quoi ou qu’est-ce. Elle attendait juste qu’Adélaïde enclenche ce qu’il y avait besoin d’être enclenché, prête à tout tant qu’elle ne doit pas se bouger trop.

« Cela va de soi, ouai. J’suis sans doute folle mais pas au point de prendre un thé dans une fausse à pieux … J’ai hâte que tout ça soit finit, que je puisse dormir un peu … Euh … C’est quand tu veux d’ailleurs, je suis pr- … »

Elle ne finit pas sa phrase alors que l’opération commençait à prendre lieux, la Tigresse araignée passant par plusieurs phases. D’abord, c’était comme si elle avait eu une absence, l’empêchant de finir sa phrase. Ensuite elle commençait à écarquiller un peu les yeux à sentir ce qui composait son énergie vitale partir à travers sa main. Son air devint petit à petit livide, comme si elle en devenait malade. Sa tête commençait de plus en plus à balloter, comme si elle somnolait et était à deux doigts de sombrer dans le sommeille toute les trois secondes…

En somme, la tigresse araignée se sentait de plus en plus vide en elle-même, un peu comme ses petits moments où elle croyait mourir à chaque fois, à chaque comma provoqué par la maladie. Cela lui prit même au cœur, cette sensation de mort… Elle ne la craignait pas, elle n’avait pas peur de la douleur ou de ce qui l’attendait par la suite mais à chaque fois, il y avait ce moment d’hésitation naturel qui faisait frémir le cœur, dans le mauvais sens du terme. Mais finalement, après ce qui lui parut une éternité, elle sentit le calvaire s’arrêter et effectivement, elle n’était pas loin de tomber à la renverse. La scientifique avait la tête penchée en avant, ses yeux caché par sa frange bleutée, s’appuyant un peu sur la main qui lui tenait le dos… On aurait presque pu entendre un ronflement très discret à cause de la position assez singulière pour faire une sieste. Cependant, lorsqu’Adélaïde lui demanda si tout allait bien, la furry sursauta, se réveillant subitement. Elle qui était assise bondit presque pour se mettre debout, ayant l’impression de revenir d’entre les morts et ce sentiment était bon pour elle. La seule différence fut qu’elle tituba, son corps était dépourvu d’énergie et elle se tenait comme une marionnette à qui on aurait détendue tous les fils, désarticulée, en roue libre.

«  ‘Azy, on y va … Chui … chaude … Wouh … D’la balle, j’suis vivante … Yeaaaaaaaahhh … Putain …»

Elle se tourna vers Adélaïde, le regard … Fatigué, certes, comme toujours mais cette fois avec une pointe de rêve et d’irréalisme qui pourrait presque la faire passer pour une droguée. Et son regard n’était pas la seule indication de son état second. Sa démarche, sa tenue, son vocabulaire et comment elle glissait sur certains mots… Vous savez, lorsqu’on est fatigué à outrance, lorsqu’on a passé plusieurs journées sans repos, cet état de délirium commence à doucement s’installer, un état qui fait que oui, on dirait qu’on est naturellement sous substance illicite.

« On s’casse … J’vais dormir pis … Pis tu vas dormir … avec moi. Vuala. Et t’sera comme … Comme ma fille parce que … Pisque … Aaah … Tu leur ressemble quand … z’étais toute petite c’est … p-Putain d’dieux à la con … J’devrais … leur pété la gueule … Ghnnn … »

Elle leva un bras pour venir se frotter les yeux du poing, se calmant un instant pour un moment de silence ou à marmonner, regarder le sol, un peu comme si l’espace de quelques seconde, elle était une petite fille sortant du lit. Il ne manquerait plus que le doudou… Et lentement, elle basculait, le vertige ne faisant même pas réagir son corps trop dénué de force, de reflexe comme maintenant … A deux doigts de tomber du toit.
Four

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