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Rencontre aux pierres hurlantes
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MessageSujet: Re: Rencontre aux pierres hurlantes   Jeu 21 Avr - 0:38

Face à face avec mon dernier adversaire, nous nous observions. Son corps était pris de légers tremblements, de peur ou de colère, tandis que je restais droite, impassible, les bras le long du corps. Par instants, ma vue était prise d’un léger flou, conséquence des blessures que j’avais subies. Mais je n’en montrais rien au bandit. C’était un affrontement psychologique, et je ne pouvais pas le laisser une once d’espoir en lui montrant que j’étais affaiblie, où il pourrait commencer à avoir confiance dans ses chances de victoires.
Un humain confiant était maître de ses moyens. Le fait d’envisager la victoire était pour eux le premier pas vers celle-ci, ainsi savoir miner leur moral était important lorsque j’en affrontais. Lentemement et sans le quitter des yeux, je me baissais pour ramasser le sabre de son collègue. Je n’aimais pas utiliser des armes, c’était contre-nature, mais il me fallu économiser mes forces si j’espérais tenir debout à la fin de ce duel. Le poids de l’arme manquait d’équilibre, preuve de la faible qualité de leur matériel, mais j’allais devoir m’en contenter.
 
 Un souffle de vent se leva, et ainsi je franchis la distance qui nous séparait. Donnant d’abord deux coups « en croix » qu’il parvint à esquiver, le brigand contre-attaqua sans attendre et m’entailla la joue, expédiant dans les airs quelques gouttelettes écarlates qui avaient déjà cessé d’exister avant de toucher le sol. Sa garde brisée, je tenais une tranche afin de couper sa main tendue après son attaque, néanmoins il parvint à nouveau à éviter mon assaut.
Que se passait-il ? Avais-je sous-estimé, malgré mes précautions, mon opposant ? Serait-il plus compétent que ce à quoi je m’étais attendue ?
Non. Sa technique n’avait rien d’exceptionnelle. Ses coups généraient une énergie cinétique normale. Sa vitesse était normale, et ses gestes ne démontraient qu’une faible maîtrise de son corps. Mes yeux suivirent son bras non-armé se lever, ses doigts se refermer sur eux-mêmes, et son poing fuser vers mon visage, m’envoyant au sol quelques mètres plus loin. L’instant d’avant, j’imprimais l’image d’un regard confiant, d’un presque-sourire de satisfaction.
 
Je ralentissais. C’était la seule explication. L’erreur n’avait pas été dans le calcul de ses capacités, mais dans l’évaluation des miennes. Mes blessures m’entravaient, comme elles entravent un humain. La particularité de ma sensation de douleur m’avait trompée sur la gravité de celles-ci, et même Spiegel n’avait pas donné un diagnostic précis. Pourquoi me laissais-je avoir comme ça ? Les effets du sceau étaient pourtant clairs dans mon esprit. J’avais déjà adapté mon style de combat en conséquence…. Ou presque.
 
Je parvins à me relever, même titubante, et mon opposant se rapprochait de moi, probablement persuadé qu’il allait me donner le coup fatal. Oui, il y avait une chose que je n’avais pas prise en compte dans l’estimation de mes forces. Ou plus précisément, que j’avais sous-estimée.
Je n’étais pas seulement réduite aux capacités physiques d’un être humain… mais me retrouvais contrainte à leurs défauts. La douleur affectait mon corps même si je ne la ressentais pas réellement. Les muscles déchirés, les nerfs tranchés, en faisaient partie. Mais ce que je ressentais était tout autre, quelque chose qui n’était pas lié à cette situation : La fatigue. La faim et la soif. N’ayant jamais eu de tels besoins, je ne les avais pas pris sérieusement en compte. Mon corps était sous alimenté, en manque désespérant de sommeil, et je venais juste de m’en rendre compte. Je pensais à me nourrir, mais pas assez souvent. Je ressentais le besoin de dormir, mais reportais toujours mes phases de sommeil.
 
L’explication était simple :Je n’avais jamais vécu ça auparavant . Si j’avais eu la totalité de mes pouvoirs, mon corps aurait en permanence échangé de l’énergie avec mon environnement pour recharger ses forces. Cette capacité avait toujours été innée, depuis mon apparition sur Terre, ainsi jamais je ne m’étais imaginée que cette situation arriverait. Et bien sûr, Spiegel n’avait pas été programmé pour m’alerter de quelque chose que je ne pouvais normalement pas subir.
 
 
 
Il était à moins de deux mètres, s’approchant lentement, comme un animal s’apprête à dévorer tranquillement sa proie blessée. Et j’atteignais ma limite. Cela signifiait une seule chose : Le prochain mouvement serait le dernier pour l’un de nous deux. Mon bras souleva non sans difficulté la lame,  le sien souleva aisément la sienne. J’amorçais lentement mon coup, plaçant mon épée en arrière, tandis qu’il accéléra soudainement ses gestes, prêt à placer son couteau dans mon corps.
 
Et les deux lames tranchèrent l’air au même moment.
 
[INFO]Arrêt des procédures de combat. État général : Grave.
[COMM.Interne] Veuillez entrer en phase de récupération dans les plus brefs délais. Mise en veille de l’hôte ?
 
Je rejetais la proposition de Spiegel, terminant d’attacher le deuxième brigand avec des cordes trouvées dans les marchandises. Il n’était pas nécessaire d’en faire de même pour le dernier : Il ne bougerait plus jamais. Ce qui signifiait que j’avais survécue, mais que ma mission était un échec partiel. Voire un échec total, quand on considérait que c’était ma première avec ce propriétaire…
 
Lentement, je me dirigeais vers l’endroit où nous nous étions séparés, laissant glisser le sabre derrière moi, ce qui formait une trainée rouge du sang d’un homme qui avait perdu la vie à cause de sa trop grande confiance en mon état, et la non-prise en compte du fait que ma lame avait une portée supérieure à la sienne. Erreur classique de débutant, les habitants de Kosaten ne connaissent-ils pas ce proverbe : « Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. » ? Ou peut-être que celui-là ne l’avait pas appris.
Mais ce n’était pas mon problème, de toute façon.
 
Je finis par rejoindre le vampire, et eût la surprise de constater qu’il était en train de se nourrir sur un homme habillé de peaux de bête, que des armes ensanglantées étaient sorties, et que mon propriétaire était blessé. Rapidement, la scène fût claire : il avait été attaqué pendant que je neutralisais les autres cibles. Et aurait pu mourir.
Cela me faisait une seconde raison de présenter mes plates excuses, face aux erreurs que je faisais. Tombant à genoux, accablée par mes blessures et l’état de mon corps, je pris la parole d’une voix plus faible que je l’aurais souhaité :
 


« J’ai commis deux erreurs. J’ai surestimé mes capacités, ce qui a provoqué la mort d’une des cibles que vous m’aviez ordonné de neutraliser, et j’ai négligé votre sécurité en vous laissant seul, ce qui est une grave faute.  Je comprendrais que vous ne me pardonniez pas, mais je vous demanderais s’il vous plaît de me laisser une autre chance de prouver ma fiabilité… Je sais que ce n’est pas une excuse, mais le sceau a eu sur mes performances des effets que je n’avais pas anticipés. Ce ne se reproduira plus. »
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MessageSujet: Re: Rencontre aux pierres hurlantes   Jeu 21 Avr - 18:47

La tension retombant, je me rendais compte de l'état pitoyable dans lequel j'étais : je m'étais battu contre un pauvre sauvageon, seul à seul, et j'en ressortais avec trois belles blessures, et même si je pouvais encaisser la douleur, sans mes pouvoirs de régénération, cela restait tout aussi handicapant que pour n'importe quel être humain. J'espérais hâter le processus en absorbant le sang de mon adversaire, sans toute fois chercher à le tuer. Mais comme l'on pouvait s'y attendre, même si cette nourriture supplémentaire de redonna de l'énergie, mes blessures ne se refermait que trop lentement.

Quelques secondes plus tard, Adélaïde me rejoignit, blessée et épuisée. Elle semblait avoir eu autant de mal que moi pour combattre, chose plutôt ironique pour quelqu'un qui se faisait appeler arme, mais cela venait probablement du sceau. Peut-être avait-elle surestimée ses capacités, un peu comme je l'avais fait avec ma magie. Toujours est-il qu'elle présenta comme a son habitude des excuses, cela était un peu agaçant de l'entendre toujours se plaindre et s'excuser. Je sortais mes crocs de ma pauvre victime pour lui adresser la parole.

"Je t'ai ordonné de les neutraliser, c'est chose faite, non ? Une arme ne se souci pas des dégâts collatéraux. Tu n'as pas dut récupérer énormément de tes pouvoirs depuis que tu es arrivée, a en juger par ton état."

J'empoignais le brigand m'ayant servis de nourriture par le col, le trainant au sol alors que je marchais vers ma camarade.

"Rassemblons les, fouillons leur réserves, et interrogeons les. Nous déciderons quoi faire ensuite."

Je suivais Adélaïde vers l'endroit où sommeillaient les brigands après leurs confrontations. J'aperçus effectivement l'un d'entre eux, la gorge tranchée, baignant dans une marre de sang. Ma jeune camarade ne s'était pas retenue, malgré mes consignes, et au vu de son caractère, cela témoignait bien des difficultés qu'elle avait rencontrées.

"Tu as l'air d'avoir eu beaucoup de mal ici, je devrais peut-être faire plus attention quand aux missions que je te confis à l' avenir. Bon regardons ce qu'ils transportaient."

Je me dirigeais vers la caisse que transportait l'un des brigands. Après ouverture, il devint évident que nous avions affaire a des pillards et des voleurs : la caisse contenait diverses marchandises de valeur, allant d'armes aux vêtements luxueux. J'y trouvais d'ailleurs, un grand manteau noir, décorée de superbe motif et recouvert de fourrure. Je pense que peu d'humain porterait ce genre de vêtement avec cette température, mais j'étais insensible au froid et a la chaleur, et j'avais besoin d'une protection solaire. Je réquisitionnai cette superbe cape et l'enfila sur le champ.

"Il semblerait que certains humains de ce monde aient de bons goûts concernant les vêtements. On devrait emmener ces marchandises, cela nous fera un pactole de départ pour tout objectif que nous nous fixerons. Heureusement que ces bougres ont une charrette."

Nous passèrent les quelques prochaines minutes à fouiller les brigands ainsi que leur cargaison.
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MessageSujet: Re: Rencontre aux pierres hurlantes   Jeu 21 Avr - 22:34

Tanith ne prit pas mal le fait que l’un d’eux était mort, même si ce n’était pas exactement ce qu’il avait ordonné. Je n’étais pas surprise au vu de son caractère compatissant, mais il n’empêchait que je ne réitérerais pas une telle erreur de jugement. Même si j’étais affaiblie, la capacité d’apprentissage était aussi un atout en tant qu’arme. J’hochais simplement la tête, pour confirmer que j’avais bien compris ses dires ainsi que ses nouvelles directives.
 
Le vampire put ainsi constater de ses yeux le résultat de mon travail, affirmant que je semblais avoir eu des difficultés. Quant à sa reconsidération de mes prochaines missions, c’était également compréhensible, et sage. Il était important de connaître les limites d’une arme. Peut-être ferait-il un meilleur manieur que ce que j’avais pensé aux premiers abords, finalement. Même s’il refusait de me considérer telle que j’étais.  
Pendant qu’il fouillait une des caisses, mes yeux se posèrent sur le cadavre que j’avais créé malgré moi. Mon corps manquait de ressource, celui de ce bandit était encore frais et juteux… La pratique du cannibalisme ? Je n’étais pas humaine, donc ça n’était pas ça. Mais il était également vrai que mon corps actuel était celui d’Adelaïde, et dévorer des morceaux humains avait un impact néfaste sur la santé. Si j’avais pu changer de forme, ce problème n’en aurait pas été un… mais ce n’était pas le cas. Néanmoins, il portait une gourde à sa ceinture, que je ne tardais à prendre –mais sans la boire-.  Après vérification en la secouant à mon oreille : Elle était pleine. Cela pouvait servir.
 
Parmi les quelques marchandises qui occupaient encore la charrette détruite, se trouvait une caisse remplie de fruits locaux. Inconnus pour la plupart, néanmoins si les humains en prenaient, c’était bien qu’ils étaient comestibles. J’en pris un dans mon autre main, puis revint vers mon propriétaire :
 
« Tanith Amonwiel de Samal, puis-je me nourrir de ces provisions ? »
 
Des bruits légers de grognements se firent entendre. Non, pas d’animaux, mais plutôt d’humains. Les brigands attachés étaient en train de se réveiller. Ce qui signifiait qu’il était temps de les interroger.
 
« Je vais m’occuper de questionner les prisonniers. Dois-je faire usage de la torture ? »
 
C’était une prise d’initiative, mais le vampire avait stipulé « interrogeons-les » sans préciser qui devait le faire, ni quand. Ce que je faisais était donc cohérent avec mes ordres actuels. Il accepta ma demande, et retourna à son opération de fouille. Et, bien haut et fort pour que les brigands entendent, je répondis :
 
« Bien, j’emploierais donc la torture. »
 
Je m’approchais donc des trois prisonniers, au courant de mes intentions, d’un pas volontairement lent au possible, afin qu’ils intègrent ce qui allait leur arriver. Prendre son temps, ne pas accélérer les choses, ne pas les laisser espérer que ce serait un simple mauvais quart d’heure. C’était une simple base pour faire souffrir quelqu’un. Le placer en condition.  
Mes yeux jaugèrent rapidement les bandits, évaluant lequel était le dominant entre les deux. Dans un groupe quelconque, il existe toujours un individu prenant le rôle de chef, de leader, même s’il n’y avait aucune hiérarchie officielle. Inconsciemment, les autres membres se tournent toujours vers lui, et c’est donc le premier à frapper pour affaiblir les autres.
 
Comme l’affrontement précédé l’avait prouvé, il s’agissait de l’ancien manieur de sabre, dont le regard était plus dur, plus assuré.  S’il se brisait, cela rendrait le second plus fragile. Un pas après l’autre, j’avançais donc doucement dans sa direction, sans cesser de le fixer, sans qu’un mot ne soit prononcé. Puis, juste devant lui, je me baissais pour placer mes yeux à son niveau. Son regard exprimait de la colère, de la frustration, des sentiments tout à fait compréhensibles dans la situation où il se trouvait. Nous restâmes ainsi pendant près d’une minute, à nous « défier », jusqu’à ce qu’il brise le silence :
 
« Arrête ça. Qu’est ce que tu m’veux ? » 

« Des informations. Géographiques. »
 
« Oh, on a besoin d’un guide ? T’as qu’à nous détacher ma mignonne, on te montrera le chemin, héhé... » Répondit-il, en ricanant. Le brigand tentait de se placer comme maître de la situation, malgré son état actuel. Cela signifiait aussi qu’il n’était pas pleinement conscient de ce qu’il se passait, c’était une réaction psychologique défensive. Tenter de dédramatiser le contexte, en ramenant la conversation à un niveau qu’il abordait durant son quotidien.
Tant mieux. Le choc n’en serait que plus dur.  Lentement, je me relevais.
 
« Non. Je veux une carte. Et vous n’êtes pas apte à faire guide. »
 
Il prit une seconde pour réfléchir à ce qu’il allait répondre, mais dès que ses lèvres commencèrent à bouger je repris la parole :
« Un guide a besoin de pieds. »
 
Et immédiatement, je levais ma jambe, l’entourait d’une lourde couche de roche, et l’abattit sur sa cheville. Qui émit un craquement sinistre, couvert par le cri de douleur du bandit. Ensuite, avec cette même lenteur qui accompagnait mes gestes, je revins à ma position initiale. Cette fois-ci, son regard était bien moins confiant, et bien plus humide.
 
« C…connasse, tu me payeras ça, notre patron… va te déchirer ! »

« Où nous trouvons-nous, et dans quelle direction se trouve la ville la plus proche ? »

« Va te faire ! »
 
Un autre craquement, et un autre cri. Pendant ce court échange, j’avais rapproché ma main de la sienne, immobilisée, et dès qu’il eut finit de parler mes doigts avaient entourés son index pour le retourner brutalement. Une douleur inattendue, cassant la continuité lente du rythme auquel je l’avais habitué, avait généralement des effets dévastateurs.
Maintenant, sa voix était beaucoup moins assurée, accompagnée de quelques pleurs :
 
« L…le grand canyon…nous sommes dans les grands canyons, à Seika ! Maintenant foutez-moi la paix ! »
 
« Vous n’avez pas répondu entièrement à ma question. »
 
Le majeur de sa main droite venait à son tour de rendre l’âme.
 
« Il y a… Tokonatsu au Sud-Ouest… et la capitale de Chikai est au Sud-Est, mais bien plus loin… maintenant libérez-moi, putain !... »

« Bien. » Dis-je, en me redressant.
 

Tokonatsu. Sud. Ouest. Chikai. Est. Des noms de villes que je connaissais, des points cardinaux que j’identifiai. C’était très utile.
 
[INFO]Mise à jour des données géographiques. Calibrage de la boussole effectué à 100%.


 
« Où étiez-vous censés amener cette marchandise ? Combien êtes-vous dans votre organisation, et où se trouve votre quartier général ? »
 
« Hé, ça faisait pas partie des quest- » voulut-il dire, mais n’eût pas l’occasion de finir sa phrase. Mon pied venait de s’écraser avec force dans une zone particulièrement sensible pour les hommes.
 
Non, ça ne faisait pas partie de ma mission de servir Tanith. En revanche, cela appartenait à celle de servir Seika. Je ne pouvais laisser une organisation de brigandage menacer la population, et ces deux là seraient une bonne occasion de commencer l’enquête, pour lorsque je n’aurais plus d’autre mission active.
En ayant finit avec le premier, j’avançais doucement vers le second, lui faisait comprendre d’un regard que son sort serait similaire s’il ne parlait pas. Et celui-ci fondu en larme, vidant son sac dans l’instant :
 
« On devait amener le pactole dans la zone volcanique ! On a juste été engagés par des représentants, on  sait pas combien ils sont ! Ni où ils se cachent ! Ils nous avaient promis qu’on empocherait la moitié des yens de ce qu’on ramènerait, et qu’ils s’arrangeraient pour que personne fasse le lien avec nous ! »
 
Froidement, j’enregistrais les nouvelles informations, les traitait, et questionnais à nouveau :
 
« Engagés ? Est-ce la première fois, ou êtes-vous un récidiviste ? »

« C’est la première fois que je fais ça ! Je sais, j’aurais jamais du, mais avec les catastrophes d’y quelques temps j’ai perdu toutes mes récoltes, j’ai des gosses à nourrir et on n’a pas de quoi tenir l’hiver ! Pitié, me tuez pas…»
 
« Décrivez l’emplacement précis de la zone de dépôt. Quand deviez-vous amener le chariot ? »
 
« On a… on a une carte, dans la charrette à côté de votre ami ! Le « patron » nous a mis une croix à l’emplacement de la grotte, on est censés y être dans trois jours ! Et il nous a dit que si on faisait du bon travail, il nous retrouverait dans un mois à l’auberge de Tokonatsu ! Mais j’vous jure, je comptais pas y retourner… »
 
« Et les autres ? »
 
« Les autres ? J’les connais pas ! Mais certains avaient l’air de s’y connaître dans le métier, comme celui que vous avez tué, et eux ! » dit-il, en désignant du menton le collègue que j’avais déjà entamé, et celui ayant servis de repas au vampire. Ce dernier semblait d'ailleurs à la limite de l'inconscience,dans un tel état je doutais de la lucidité de ses propos.
 
« Salopard ! T’es juste un pourris comme n- » tenta-t-il, mais de nouveau je ne lui en laissais pas l’occasion, envoyant mon pied tel un fouet dans sa mâchoire.
 
Sans répondre, je me dirigeais vers le dit chariot, en quête de la carte dont il m’avait parlé.  Sa voix se fit entendre :
 
« Sous le siège, à l’avant ! »
 
Et en effet, se trouvait un papier enroulé dans un protège-parchemin, représentant le continent de Kosaten. Au nord-est de la zone volcanique, une croix était grossièrement dessinée avec une sorte de crayon, avec la mention « trois jours ». Le pseudo-brigand avait dont dit vrai.
C’était suffisant pour moi. Je me dirigeais donc vers mon propriétaire, qui avait probablement entendu donc un rapport complet était inutile, je ne désirais que ses indications :
 
« Je pense avoir terminé. Que pensez-vous de tout ça ? Et que dois-je faire des prisonniers ? »
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MessageSujet: Re: Rencontre aux pierres hurlantes   Jeu 21 Avr - 23:29

Alors que je m'occupais de fouiller la cargaison de nos cher hôtes, la jeune Adélaïde me demanda si elle pouvait se sustenter des provisions de nos amis. C'était pour le moins étonnant, au vus de sa nature j'aurais pensé qu'elle n'avait besoin ni de nourriture, ni d'eau. Peut-être était ce là un autre des problèmes lié a son sceau.

"C'est plutôt surprenant, j'aurais pensé que tu ne mangeais pas, au vu de ta nature. Avoir l'estomac vide n'est-il pas plutôt étrange pour une créature pouvant ne pas avoir d'estomac du tout ? Enfin, si tu en as besoin, sers toi, ils ne sont pas en position de contester de toute façon. Oh, et tu peux m'appeler simplement Tanith, ça sera bien plus simple."

Je continuais de fouiller les biens de nos invités. Il y avait bon nombre de babioles, certaines précieuses, d'autres beaucoup moins, il y avait même quelques armes trainant dans la charrette, des armes de très mauvais facture. Pendant mes recherches, Adélaïde me fit signe que les bandits commençaient à se réveiller et me demanda si elle pouvait s'en occuper, proposant même la torture. C'était là une proposition bien barbare, mais qui ne m'étonnait pas de la part de ma camarade. Mais ils avaient tenté de la tuée, et elle avait vaincue après énormément d'effort. Ils avaient joué et perdus, et seule la gagnante pouvait choisir leur sort. J'acquiesçais et retourna a mes fouilles.

Je pouvais entendre quelques morceaux de l'interrogatoire de nos invités alors que je retournais de fond en comble la charrette à la recherche d'éventuelle cachette. Je pouvais aisément entendre les hurlements de l'un d'entre alors qu'il se faisait passer a tabac par ma chère camarade. Fatigué de mes recherches, je sortis de quoi m'asseoir et m'installa prêt de la charrette, regardant de loin les manières de faire d'Adélaïde. C'était très brutal comme je m'y attendais : la jeune fille "s'amusait" à broyer diverses parties du corps de sa victime a l'aide de coups recouvert de roche. C'était comme voir un chat jouer avec une souris avant de la tuer. Je pris une bouteille de spiritueux dans la charrette et me délecta de ce sordide spectacle de barbarie. De pouvoir admirer un aussi bel exemple de ce que je reniais, ne rendait ma propre vision que plus précieuse. Une horreur si belle, si forte, que cela ne faisait que sublimer le fait d'être civiliser, de ne pas être cela.

L'interrogatoire se passa à merveille et nous finirent par avoir suffisamment d'informations. Ravie des résultats qu'elle avait obtenue, Adélaïde vint me demander la marche à suivre, ainsi que le sort que nous devions réserver a nos invités.

"Et bien, le chat a finis de jouer avec ses souris on dirait. Pourquoi me demander leur sort, après tout, n'es tu pas leur bourreau, celle qui les a combattus dans un combat a mort, et qui l'a remporté. C'est à toi de décider de leur sort, en grande gagnante du jeu qu'ils t'ont imposé. Je pense qu'il pourrait être utile de les ramener a une quelconque autorité, ne serrais ce que pour nous attirer leurs faveurs, mais ce n'est que mon humble avis."


Je me tournais vers nos hôtes pour leur poser cette ultime question.

"Hey vous là, vous préférez vivre en captivité, ou mourir libre. Je pense que ma camarade ici présente sera heureuse d'exhausser votre souhait, quel qu'il soit. Hahaha"

Etonnamment, aucun d'entre n'osa répondre. Voir les têtes dépités de ces rebus de la société était très amusant, étant donné la confiance dont ils avaient fait preuve pendant nos affrontements. Je n'osais même pas imaginer les faux espoirs qu'ils s'étaient construit en voyant que leur adversaire était une petite fille. Je me tournais d'ailleurs vers elle le sourire aux lèvres.

"Quoi qu'il en soit, je vais m'empresser de préparer notre charrette pendant que tu décide du sort de nos cher invités."

Accompagnant mes mots, je m'occuper de la bête attelé à la charrette, lui donnant eau et nourriture, ainsi qu'un peu de réconfort, au vu de ce qu'il devait s'être passé prêt d'elle. Je m'installais au siège conducteur, les rennes en mains, attendant que ma très chère arme ne face son choix.
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MessageSujet: Re: Rencontre aux pierres hurlantes   Ven 22 Avr - 0:58

Tanith, que portant je ne connaissais que depuis quelques heures, en était arrivée à la même conclusion que moi concernant mes besoins. C’était la preuve d’une intelligence brillante, qui ne donnait que d’autant plus de raison de m’assurer qu’il arrive à bon port : Protégé derrière les murailles de la capitaile de Seika.
 
« Le corps que j’habite semble avoir ce type de besoins. Mes pouvoirs ne parviennent plus à compenser ces défauts. »
 
Avant la séance de torture, j’avais donc mangé en vitesse ce fruit sans réellement m’attarder sur son goût, et bu d’une traite la gourde que je laissais tomber sur le chemin. Et quand je revins vers lui pour lui annoncer le succès de la séance, il fit une comparaison qui éveilla une étrange nostalgie.
 
« Le… chat ? »
 
Et avant même que je ne m’en rende compte, je m’étais retrouvée avec des oreilles poilues, un appendice supplémentaire dans le dos, des griffes pointues et une subtile envie de poursuivre des boulettes de laine. Mon apparence était toujours humanoïde, mais voilà que je me retrouvais avec des propriétés félines. Ce qui en soit n’était pas un problème, mon seul soucis étant de ne jamais avoir demandé à Gaïa de me donner cette forme.
 
« Je… hum. Ce n’est rien. »
 
Mais heureusement, il ne fallu que peu de volonté pour reprendre mon apparence entièrement humaine. Était-ce aussi un effet du sceau ? Cette question pouvait avoir de l’importance, mais pour le moment je devais me concentrer sur ma tâche actuelle, et les dires de mon possesseur. Il m’avait laissé carte blanche concernant le sort des prisonniers, ayant tout de même une préférence pour leur capture vivant. Mais ce n’était pas un ordre.
Le vampire sembla s’amuser en provoquant les concernés, qui restèrent silencieux.
 
Ne restait donc qu’à moi de décider de s’ils devaient vivre ou non. Je m’avançais donc vers eux, scrutant chacun de leur visage d’un regard impassible. Quel était le meilleur choix ? Bien entendu, mon expérience m’indiquait de les tuer. C’était la solution la plus simple, celle qui présentait le moins de risques, et qui mettrait un terme définitif à cette histoire. Mais les capturer pouvait, d’après Tanith, nous attirer des faveurs auprès des services de sécurité. C’était en effet un élément à prendre en compte, qui présentait lui aussi son lot d’avantages et d’inconvénients.
En fait, je n’avais aucune certitude quant à la fiabilité des milices et des prisons. Ma mission aurait échoué si je livrais des criminels qui s’évadaient ensuite. Pour ensuite, peut-être retrouver leurs alliés, leur donner notre description, et mettre en danger le vampire ainsi que tous les possesseurs que je servirais dans le futur… Ce risque n’était pas acceptable. Je me rapprochais encore des prisonniers, déployant une larme lame de poing de mon bras droit. Le troisième, le plus « innocent » de tous, me fixait d’un air désespéré. Celui-ci avait peut-être des raisons louables, mais il avait trahis la Loi du pays du feu, avait participé aux meurtres d’un marchand et de deux gardes… il était tout autant coupable que les autres.
Mon maître m’avait demandé d’être juge, et ainsi je rendis mon verdict.
 
Mais est-ce vraiment la plus juste solution ?
 
Cette pensée me stoppa un instant dans mon mouvement. Elles devenaient de plus en fréquentes, il n’y avait pas que mon sceau, ce devait aussi être la fatigue qui rongeait ma rigueur mentale. … En tout cas, cela ne m'empêcha pas d'avancer jusqu'à arriver à hauteur des coupables, et d'observer chacun d'eux une dernière fois. Lorsque ma décision fût confirmée, je levai mon arme.
 
 
Lorsque je fis disparaître la lame, le sang qui la recouvrait s’écrasa au sol, formant une flaque rougeâtre qui se répandait autour de mes pieds, et se mêlait à celles des cadavres qui reposaient autour de moi. Avais-je rendu la justice ?
 
Non.
 
Je ne servais pas un concept inventé par l’être humain. Ma Mission était prioritaire sur de tels idéaux d’argile, ainsi la sécurité de Seika et le bien-être de ses habitants passaient avant tout, que mes actes soient emplis de « cruauté » n’était pas un problème. N’étant pas humaine, les notions de karma ne me concernaient pas, et il n’y avait aucune honte à me salir les mains. C’était le rôle d’une arme après tout.
 
Je reviens donc, lentement, vers mon propriétaire :
 
« Mission accomplie. »
 
…Avant de déposer quelque chose de lourd à l’arrière du véhicule.
 
« M…merci !... »
 
Certaines choses échappaient à ma compréhension. Je ne répondis pas aux remerciements de quelqu’un qui allait les regretter lorsqu’il serait derrière les barreaux, et vint me positionner à l’avant du véhicule, à côté de Tanith.
 

« Nous devrions partir et vous mettre en sécurité le plus rapidement possible. Les routes ne sont pas sûres. »
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MessageSujet: Re: Rencontre aux pierres hurlantes   Ven 22 Avr - 1:40

J'étais quelque peu étonné quand je vis qu'Adélaïde choisi de tuer nos prisonniers, mais j'étais également fier de ce fait. Si elle avait suivis mes suggestions a la lettre, cela l'aurait conforté dans son idée d'être une arme, chose qu'elle n'était évidement pas. Un être vivant pouvait être affublé d'une cause, mais il n'en restait pas moins un être doué de conscience et non une bête arme démunis de toute âme.

Mais ma surprise fut encore plus grande quand je vis la jeune fille ... hésiter. Après avoir achevé deux des bandits, elle arrêta son bras, devant le visage larmoyant du plus jeune, et probablement du plus innocent des trois, si ce mot avait un quelconque sens ici. Il n'en restait pas moins coupable que ses camarades : il avait probablement participer aux même raids et avait lui aussi tenté de tuer Adélaïde, mais elle ne fit rien. Le doute, le regret, l'hésitation, tout ceci faisait partis de l'apanage des mortels, mais pas d'une arme. Ce fait ne faisait que prouver la présence d'une âme dans ce corps magique qui abritait mon amie esprit.

"Ah, le doute, l'empathie, la pitié, peut-être même, du regret. Tout ceci fait partie intégrante de l'âme de toute être conscient. Peut-être y a-t-il plus derrière ce masque que tu ne veux bien l'admettre. Dis-moi, laquelle de ces émotions a retenue ta lame ?"

C'est sans grande surprise que je ne reçus aucune réponse. Probablement était-elle gênée d'avoir exposé ce qu'elle percevait comme une faiblesse, mais qui n'était qu'une preuve de son existence, de sa personnalité, de tout ce qui la différenciait d'un vulgaire bout de métal ou d'un animal. Je m'adressais nonchalamment a notre précieux invité pour lui adresser quelques railleries.

"Tu devrais t'estimer heureux, tu es l'un des premiers à voir une émotion chez la grande Adélaïde, et cela t'as sauvé la vie. Hahaha"

Je n'avais pas besoin de me retourner pour comprendre qu'il était gêné de ma moquerie. Après tout, ses camarades avaient été trucidé devant ses yeux par cette même petite fille. Je continuais a rire alors que je commençais a faire avancer notre monture, suivant les indications d'Adélaïde, en direction de la capitale de Seika : Chikai.
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Rencontre aux pierres hurlantes
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