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Atelier du forgeron
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MessageSujet: Atelier du forgeron   Ven 27 Mai - 22:56

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Cela faisait maintenant un peu plus d'une heure que j'avais envoyé Adélaïde chercher notre récompense pour l'escorte de la caravane des territoires neutres. Cette mission s'était révélé bien plus rentable que prévu, puisque nous avions put récolter deux cadavres d'utilisateur de magie : ceux d'un mage ennemi et de son Nekomata apprivoisé. C'était là de précieuse récompense, car le sang de créature magique était très utile pour les enchantements dans mon monde.

J'avais proposé a Adélaïde de profiter de mes services, en hommage a notre partenariat plus que florissant, et de toute l'aide qu'elle m'avait apporté, mais cette dernière n'utilisant pas d'arme, la question était coquasse. Elle proposa toute fois que je l'enchante directement. C'était une opération que je n'avais pas exécuté depuis prêt de deux siècles, mais je devais bien ça a celle qui m'avait sauvé la vie a mon arrivé dans ce monde.

Lorsqu'elle revint de sa course, je l'invitais à entrer dans ma boutique, plus précisément au sous sol où je vivais. L'endroit avait était quelque peu aménagé depuis mon arrivé. A droite de l'entrée se trouvait une petite pièce ressemblant à une cage dont la porte était ouverte qui contenait bon nombres de rangements dont certains étaient eux aussi ouvert, et contenait quelques ingrédients. Non loin de celle ci se trouvait une table en pierre ou gisait le cadavre du Nekomata, en pleine dissection, avec quelques outils ensanglanté à coté. Loin en face de l'entrée se trouvait, a la place où se trouvait l'ancien lit que j'avais vendus, une tombe gravé que j'avais mis plusieurs jours à fabriquer par magie. La partie gauche de l'habitat était quand a elle vide, si ce n'était pour une table et quelques chaises.

Je fis entrer Adélaïde au centre de la grande pièce avant de m'orienter vers une grande dalle de pierre ancré dans le sol derrière la table de dissection.

"Je peux graver des runes sur les objets et les personnes pour améliorer leurs capacités, mais je n'ai pas pratiqué sur un être vivant depuis quelques siècles. J'aurais besoin d'une surface fixe pour accueillir ces runes. Si tu as une véritable forme dans cet amas de chair, peut-être cela suffira."

Je pris un couteau sur la table de dissection et m'en servis pour trancher les veines de ma mains gauche. Je tendais la mains au dessus de la dalle, la maculant de sang. Après quelques instants passé a faire couler mon sang, je fis cicatriser ma plaie avant de m'abaisser et de toucher cette dalle morbide pour faire circuler mon mana dans le sang qui la recouvrait. Au bout de quelques instants, un cercle commença a se dessiner, fusionné a même la pierre.

Le cercle en question:
 

Je me relevais en m'adressant a Adélaïde.

"Alors, voudrais-tu essayer ?"
Tanith Amonwiel



Dernière édition par Tanith Amonwiel le Mer 1 Juin - 22:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Atelier du forgeron   Sam 28 Mai - 12:50

Une bourse de yens accrochée à ma main droite, je me dirigeais à présent vers le lieu où logeait Tanith, celui-ci ayant proposé d’améliorer mes capacités à l’aide de sa magie d’enchantement. Pour des raisons évidentes de sécurité, je ne pouvais accepter des modifications de la part de n’importe qui,  même un propriétaire temporaire, sans en  connaître les moindres détails.
 
Arrivé à l’endroit défini, je suivis Tanith jusqu’au sous-sol de sa maison, après avoir déposé la monnaie obtenue  grâce à notre dernière mission sur une table. Ils lui revenaient, puisqu’actuellement il s’agissait de mon maître, et que je ne n’avais aucune utilité de cet argent.
 
L’atelier du vampire n’était pas très différent des ateliers de thaumaturgie que j’avais pu rencontrés, contenant rangements, divers outils dont certains avaient une fonction qui ne pouvait être comprise que par les mages, ainsi que des plantes séchées et autres  choses qui devaient être utilisées comme ingrédient. Du moins, d’après mes souvenirs, bien que les thaumaturges que j’avais côtoyés n’étaient pas aussi traditionnels, n’hésitant pas à employer la technologie dans leur art.
Tout cela me dépassait, mais la seule chose étant pertinente à retenir était l’efficacité de ces pratiques. Les mages possédant des sorts de combats et des outils arcaniques de qualité pouvaient faire de formidables adversaires, et des cibles parfois compliquées à assassiner car beaucoup employaient des barrières pour détecter les intrus dans leur domaine. Bien que j’aie plus souvent eu affaire  à des fusils d’assauts et des tirs d’artillerie qu’à des boules de feu, ma  vigilance demeurait doublée face aux utilisateurs de magie, dont les poches étaient souvent remplies de surprises désagréables.
 
Tanith m’amena proche d’une grande dalle de pierre, après que nous ayons dépassé une table où reposait le corps du félin à deux queues, déjà bien entamé par les travaux du mage, et m’expliqua ce qu’il pouvait faire et ce dont il avait besoin, avant de tracer un symbole sur la dalle. Probablement un cercle de rituel, comme j’en avais observés parfois.
 
La question était problématique. Une vraie forme ? A mes yeux le corps que je montrais actuellement était ma vraie forme, mais il était vrai que j’étais née sous un état différent, une non-forme originelle. Par définition, celle-ci n’était pas fixe, elle n’était même pas tangible, mais de toute façon même si cela avait été possible je ne pouvais pas. Montrer volontairement mon visage « réel » était hors de question, car le faire entrerait en conflit avec le dernier ordre de ma première maîtresse, chose qui n’était pas envisageable.
 
« Il m’est impossible de vous montrer ma véritable forme car cela contredirait un ordre important que j’ai reçu autrefois. De toute évidence celle-ci n’est pas adaptée pour recevoir des runes, ni même  être touchée ou vue. »
 
Néanmoins, il existait une solution alternative. Spiegel était physique, et pouvait fabriquer des modules capables de recevoir des gravures magiques. En lui spécifiant correctement la demande, il était également possible de lui demander de rendre ce module fixe, c’est-à-dire le placer à côté de mon Centre et ne jamais le transformer à l’activation de mes pouvoirs.
 
« Il est cependant possible d’implanter vos runes sur l’entité Magitech dont je suis hôte. Celle-ci ,pouvant réagir à mes pouvoirs, devrait être capable d’agir comme un émetteur pour transmettre l’effet de votre sort via l’énergie qui compose ma forme physique. »
 
Même sans grandes connaissances en magie, les possibilités de Spiegel m’était parfaitement connues, implantées dans sa base de données. Les concepteurs de cette IA avaient prévu une telle fonction, afin de pouvoir effectuer des opérations de maintenance sur mes modules principaux, pour ajouter des mises à jour. Car le cœur de Spiegel en lui-même ne pouvait être modifié ou contrôlé directement, pas même par mon esprit pourtant considéré comme Administrateur.   En d’autres termes, on ne pouvait pas toucher le processus principal, mais y brancher des add-on était possible.
 
Néanmoins, même si cette question était résolue, l’autorisation d’appliquer des runes ne serait pas donnée tant que je n’aurais pas la connaissance claire de leur but exact :
 
« Mais je ne vous donnerais mon accord que lorsque je disposerais de suffisamment d’informations. Que comptez-vous faire exactement ? Sur quels éléments vos runes vont-elles influer, et par quel moyen ? »
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MessageSujet: Re: Atelier du forgeron   Sam 28 Mai - 13:44

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La changeforme m'informa qu'elle possédait bien une véritable forme, mais que celle ci n'était pas adaptée à un tel rituel, et qu'elle ne pouvait pas me la montrer, car cela irait a l'encontre d'un ancien ordre. C'était là un étrange détail. N'avait-elle plus de maître hormis moi ? Il était étonnant qu'elle s'obstine à remplir une mission confié par un ancien maître, surtout après la disparition de ce dernier.

"Hmm, cela contredirait un ancien ordre ? Tu n'as pourtant, a ma connaissance, pas eu d'autre maître depuis ton arrivé sur Kosaten. Serait-il possible que tu favorise certains maître a d'autre, et que t'obstine à accomplir leurs commandements longtemps après leurs morts ? Je n'aurais pas pensé que tu fasse preuve d'autant de sentimentalisme."

Adélaïde proposa toute fois une solution alternative : gravé les runes sur une "entité Magitech" qu'elle portait en elle. Elle avait déjà mentionné une "intelligence artificielle" qui l'accompagnait, mais je n'en savais pas plus. C'était l'occasion d'élargir mes horizons.

"Une entité Magitech ? Parles-tu de cette intelligence artificielle que tu avais déjà mentionnée il y a quelques temps ? Je serais curieux de savoir ce qu'il en retourne. Je n'ai jamais entendus parler de cela dans mon monde, et cela m'intrigue."

Mais mon amie semblait méfiante : elle voulait en savoir plus sur mon art avant de m'autoriser à opérer. Ce n'était guère surprenant de sa part, même si j'aurais apprécié qu'elle me fasse confiance.

"Et bien, cela serait trop long de te faire part de toute la théorie derrière cet art, mais concrètement, les runes peuvent améliorer passivement les capacités des objets, ou des personnes, sur lesquels elles sont appliqué, mais elles perdent tout pouvoirs si elles sont brisé, d'où l'importance d'une surface constante pour leur application. Elles peuvent améliorer la force, la durabilité, la vitesse, elles peuvent même améliorer la vitesse de réflexion."

Mais, je cachais également une information a Adélaïde : certaines runes pouvaient influencer l'esprit. Rien du niveau d'un contrôle mental, mais elles pouvaient rendre la cible plus réceptive aux émotions. Adélaïde était quelqu'un d'extrêmement compétente, mais elle manquait de l'individualité nécessaire pour être vraiment "quelqu'un". J'avais prévus de glisser quelques runes pour l'aider à développer une personnalité qui lui serait propre parmi les runes qui amélioreraient ses capacités, afin qu'elle cesse d'être l'esclave de la volonté d'autrui et vive sa vie en étant libre de ses choix.
Tanith Amonwiel


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MessageSujet: Re: Atelier du forgeron   Sam 28 Mai - 15:28

Tanith semblait surpris que je suive encore un ordre qui m’avait été donné par un maître disparu. Il était vrai que, le rôle que je remplissais actuellement, celui d’une arme, ne laissait pas entendre que je pouvais  avoir éprouvé de l’attachement ou que je fasse preuve de favoritisme. Mais cette personne, et la « promesse » qu’elle m’avait demandé de respecter… c’était inexplicable. Je préférais ne pas m’étaler sur le sujet, car il était une brèche dans la structure logique de mon processus de pensées, mais ne pas répondre à la question de mon propriétaire le serait tout autant.
 
« En se limitant à Kosaten, j’ai servis une autre propriétaire avant vous. Mais ce n’est pas d’elle qu’il s’agit. »
 
Je regardais ailleurs quelques instants, les yeux rivés sur mes pensées. Comment expliquer avec logique quelque chose qui ne l’était pas ? En tant qu’arme, cet ordre n’avait plus à être suivi. En tant qu’arme, le suivre risquait de diminuer mon efficacité. En tant qu’arme, la base de mon persona permettant de garder le même esprit peu importe quel corps j’utilisais, était désoptimisée.
 
Mais il m’était impossible de rejeter ça. Ce qui me permettait d’être une arme  était aussi ce qui contredisait mon rôle. Sans ça, mes instincts prendraient le dessus à chaque changement de forme. Sans ça, toute notion d’objectifs et de protocole serait chamboulée chaque fois que j’endossais un nouveau masque. Sans ça, je…ne serais pas.
 
« Cet ordre m’a été donné avant que je n’endosse le rôle d’une arme. Par la première maîtresse que j’ai eue, remplaçant son animal de compagnie, décédé. Il s’agit du premier véritable rôle que j’ai remplis. A sa mort, suite à une attaque d’une nation ennemie, elle m’a ordonné de vivre à sa place. Le seul moyen dont je dispose pour respecter cette demande,  est d’utiliser son apparence comme visage, et me présenter avec son prénom, Adelaïde. De plus, c’est également son souvenir qui me permet de ne pas changer de persona à chaque fois que je me transforme, alors que mon pouvoir devrait me faire changer de rôle à chaque utilisation. »
 
Les instincts d’une bête étaient parfois difficiles à contrôler, mais en me rappelant qu’il me fallait aussi remplir le rôle d’ « Adelaïde » en ce monde,  je pouvais conserver ma pseudo-personnalité, ne pas perdre de vue mon but. Elle était ma plus grande force et ma plus grande faiblesse, en discuter était donc… gênant. Heureusement donc, Tanith voulait en suivre plus sur Spiegel. Cette partie de mon existence était peut-être liée à un échec, mais au moins elle rentrait dans un schéma de pensées cohérent avec celui de l’arme autonome que j’étais :
 

« Spiegel est une entité à la fois magique et technologique sévissant autour de ma forme originelle. Il s’agit d’une usine miniature fabriquant de la matière et la modifiant en puisant dans mon pouvoir naturel, afin d’améliorer grandement mes aptitudes et m’en offrir de nouvelles. Cela amplifie mes forces et comble mes faiblesses. Il possède également une intelligence artificielle avec laquelle je peux communiquer si besoin, et celle-ci me transfère en permanence des informations, accélérant mes réflexes et mon processus de pensées. »
 
Je marquais une pause. Ceci ne constituait que la partie technique de Spiegel, une description simple de son utilité. Néanmoins, le vampire s’était montré curieux, un érudit appréciant de découvrir de nouvelles choses. Il me semblait donc logique que, si je m’arrêtais là, il me demanderait de détailler l’histoire de cette machine fonctionnant comme mon alter-ego. Afin de ne pas lui faire gaspiller sa salive, j’étendis donc mon exposé :
 
« Celui-ci m’a été implanté par des scientifiques travaillant pour une faction ennemie à la famille que je servais à l’époque. Lors d’une attaque contre leur manoir, j’ai confronté de moi-même les troupes adverses pour permettre à mes maîtres de s’enfuir. Cependant, j’ai été vaincue et capturée. Spiegel a alors été fabriqué pour m’améliorer tout en contrôlant mes pensées et mes actes. Ce n’est que lorsque mes propriétaires m’ont récupérée qu’ils l’ont reprogrammé afin d’ôter la fonction de contrôle. »
 
Tanith m’expliqua ensuite ce qu’il pouvait faire avec ses runes. Des améliorations physiques comme mentales, il était important que je sache ce genre d’informations, sinon Spiegel risquait de détecter une anomalie et de la rejeter. J’hochais donc la tête :
 
« Tout ira. Je programmerais Spiegel pour qu’il accepte les modifications à mon corps et mon processus de pensées, sinon il risquerait d’entrer en conflit avec et de les filtrer. Vous aurez également une surface constante sur laquelle travailler, je m’assurerais qu’elle ne suive pas mes transformations. »
 
J’observais donc son cercle rituel, fait à partir du sang de mon maître. Je n’avais jamais subit d’opération thaumaturgique volontaire jusque là, même si j’avais pu en observer quelques unes, ainsi les actions que je devais entreprendre m’étaient inconnues. Il fallait donc que mon propriétaire me les indique :
 

« Vous n’avez qu’à me dire ce que je dois faire lorsque vous le désirerez. »
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MessageSujet: Re: Atelier du forgeron   Dim 29 Mai - 15:24

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Adélaïde évoqua l'existence de sa première maitresse, une femme portant le même nom qui l'avait prise comme animal de compagnie, probablement sans le savoir. A sa mort elle lui avait demandé de vivre à sa place, créant l'Adélaïde que je connaissais. Fait intéressant, elle ajouta que c'était le souvenir de sa première maitresse qui lui permettait de rester elle même quand elle changeait de forme. D'une certaine façon, cette Adélaïde humaine avait créé les bases de ce qu'aurait put être la personnalité de la changeforme en lui donnant un sens du "Moi". Quel dommage que personne ne l'ai aidé à aller plus loin.

"Hmm, je vais dire quelque chose que tu va très probablement nier en bloc, mais l'entendre t'aidera peut-être à réfléchir. Ce sont les individus et non les armes qui s'attachent au passé. Elles n'ont qu'à cœur l'instant présent et la cible qu'elles doivent. Elles se fichent bien de qui la manie, un bras étant un bras. Encore une fois Adélaïde, tu n'es pas une arme, tu es une personne, tu n'as juste pas encore trouvé ta place, mais cela viendra j'en suis sûr."

Je me surprenais à avoir a cœur le sort de cette individus, comme ci outre le fait de la libéré, je voulais la voir libre de mes yeux. Pourquoi ? Pourquoi était-elle importante pour moi ? J'avais appris à ne pas m'attacher aux gens au travers des âges, étant donné qu'ils étaient condamné à mourir, alors pourquoi ? Peut-être était ce parce qu'elle me rappelait mes débuts dans l'immortalité, quand je n'arrivais pas à trouver ma place dans un monde où tous le monde mourrait autour de moi. D'une certaine façon, je sentais au fond de moi que nous étions semblables, et je voulais sincèrement l'aider. Cela devait bien faire plus de trois siècles que je ne m'étais pas sentis aussi ... vivant.

La changeforme me parla plus en détail de cette "entité Magitech", qui était apparemment un mélange savant de magie et de technologie qui servait à optimiser ses pouvoirs. Il avait était créer par des ennemis de ses maîtres de l'époque qui voulaient la retourner contre ces derniers, en incluant un dispositif de contrôle. Mais cette fonction avait était désactivé quand les maîtres en question réussirent a récupérer Adélaïde.

"Je vois, c'est donc une sorte d'implant. Cette fonction de contrôle dont tu parle, a-t-elle été détruite, ou juste neutralisée ?"

Je voulais m'assurer qu'elle pourrait vivre libéré de tout ses chaines, et si ce dispositif était encore actif, il faudrait que je trouve un moyens de le détruire.

Après avoir énoncer les capacités de mes runes, Adélaïde accepta l'opération et me demanda la marche a suivre.

"Met toi au centre du cercle, et montre moi la partie sur laquelle je doit apposer les runes, je vais chercher le matériel."

J'allais chercher dans les rangements plusieurs flacons contenant du sang de Nekomata prélevé sur le cadavre sur la table en pierre. Je déposais ces bocaux sur chacune des runes encadrant le cercle en les ouvrant, finissant ainsi les préparatifs du rituel.

"Le rituel te semblera très certainement invasif. Je m'en excuse mais il faudra faire avec."
Tanith Amonwiel


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MessageSujet: Re: Atelier du forgeron   Dim 29 Mai - 18:51

Le vampire écouta l’histoire de ma première maîtresse, et me répondit en annonçant d’office que j’allais nier ses dires. Restant à mon habitude, impassible et neutre, je savais déjà néanmoins quel sujet allait aborder mon propriétaire. Utilisant mes propres mots comme un argument pour sa thèse appuyant l’idée que je n’étais pas réellement une arme, il prit comme argument le fait que s’attacher au passé était un trait propre à ceux possédant une individualité. Tanith était un maître compétent, que ce soit dans ses aptitudes magiques ou sa capacité à m’utiliser, mais son seul principal défaut était sa manie à ne pas reconnaître ce que j’étais.
Néanmoins il était vrai que ma relation avec Adelaïde était un sujet… complexe, et ce même pour moi. Je ne pouvais pas traiter sa demande comme une instruction donnée à une arme, puisque je n’avais pas endossé ce rôle à l’époque. Mais la demande qu’elle avait faite, je devais la respecter jusqu’à mon dernier souffle, puisque c’est ainsi qu’elle l’avait voulu. Je devais être Adelaïde tout en étant une arme, ce qui était certes une contradiction, mais aussi deux éléments qui se complémentaient.
 
Encore une fois, c’était ce fragment d’humanité qu’elle m’avait offert, et que j’avais rangé dans un coin, qui me permettait d’être une arme des plus dévastatrices :
 
« Ma place actuelle est celle d’une arme. Je ne peux que vous accorder cette nuance : C’est un rôle que j’ai pris et non un trait avec lequel je suis née. Tout comme le fait d’être Adelaïde. Mais ce que vous percevez comme une personnalité n’est que son souvenir, un phare qui encore une fois, me permet de ne pas avoir à me retenir d’utiliser mes pouvoirs afin de défaire mes ennemis le plus efficacement possible. Je montrais un caractère entièrement différent lorsque je n’étais qu’une chatte. N’oubliez pas qu’il ne s’agit que de masques placés sur un visage invisible. N’étant rien d’autre je peux m’investir pleinement  dans cette fausse identité, mais quand l’heure sera venue je changerais de peau. Et cela se répétera jusqu’à ma mort. Je suis un changeforme, ma nature même est le changement perpétuel, il n’existe aucune place fixe pour moi.  Je ne peux que garder celles qui sont inoccupées.»
 
Il était rare que j’aie aussi souvent un débat concernant ma nature avec quelqu’un. Certains de mes propriétaires se posaient la question, bien entendu, mais mes explications leur suffisaient amplement. En fait, Tanith était le seul ayant été aussi loin dans son hypothèse, à s’accrocher autant à cette idée que je disposais d’un caractère propre, de cette individualité qui qualifie les humains, et de manière générale tous les êtres vivants.
Il me posa ensuite une question plutôt singulière, voulant savoir si le dispositif de contrôle de Spiegel existait encore. Probablement que le vampire se demandait s’il y avait un risque que ce soit utilisé pour me retourner contre lui, je me devais donc de le rassurer :
 
« Il a été reprogrammé, mais existe encore. Néanmoins, pour l’activer il faudrait des connaissances techniques que les habitants de Kosaten sont très loin d’avoir, et même un autre élu n’aurait probablement pas la spécialisation ni le matériel nécessaire pour pénétrer la sécurité de l’IA. Même des ingénieurs Magitech compétents ayant eu l’accès direct à Spiegel via son ordinateur de contrôle n’ont pas pu y accéder aisément. Cet ordinateur a ensuite été détruit, et ses restes se trouvent à un nombre indéfini d’années lumières de notre position. Vous n’avez donc rien à craindre de ce système. »
 
Le mage décrivit ensuite ce que je devais faire pour qu’il puisse effectuer son rituel, me prévenant des sensations que je risquais de ressentir. J’hochais donc la tête en signe d’approbation, avant de me diriger à l’endroit donné.
 
« Une plaque métallique se formera au niveau de mes omoplates. Vous pourrez y apposer vos runes. »
 
Néanmoins, avant qu’il ne le fasse, j’avais une question à lui poser. J’ignorais pourquoi cela me venait maintenant, bien que ce soit certainement lié à la discussion que nous venions d’avoir, mais au risque de ne pas avoir d’autre occasion je fis le choix de l’évoquer dès à présent :
 
« Permettez-moi de poser une question, mais ne vous sentez en aucun cas contraint d' répondre si cela vous déplaît. Pourquoi cherchez-vous à refuser ma nature d’arme ? Votre réponse pourrait m’aider à mieux vous cerner, et par conséquent mieux vous servir. »
 
Après cela, je fis disparaître ma tenue au niveau du dos, dégageant tout le tissus de ma nuque jusqu’au début de mon bassin afin de lui laisser la place qu’il désirait, et demandait à Spiegel de matérialiser une plaque carrée de vingt par vingt centimètres, au centre de mon dos.
 

« Cette plaque sera condensée sous la forme d’une sphère, ou si vous préférez ne pas arrondir les runes, un cube. Je peux également en faire varier la taille, le plus petit étant le plus optimal pour moi. Je suis vos instructions. »
 
Fermant ensuite les yeux, je me préparais à appliquer les ajustements qu’il m’indiquerait, tout en attendant le sentiment « invasif » face auquel je devais faire attention.
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MessageSujet: Re: Atelier du forgeron   Lun 30 Mai - 0:16

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Comme à son habitude, mon amie changeforme n'envisageait aucunement que mes propos puissent être vrais. Mais j'avais le sentiment que malgré ce qu'elle disait, il y avait quelque part au fond d'elle une part d'humanité qui ne demandait qu'à être libérée. Il est vrai qu'il aurait été stupide de chercher une tel chose chez un être comme Adélaïde dont le fonctionnement était très différent de celui d'un humain, mais elle m'avait dit elle même que la forme de sa maîtresse avait éveillé une sorte de conscience qui supplanté les instincts des formes qu'elle pouvait adopter.

"Hmm, tu m'as dit toi même que le fait de prendre la forme de ta maitresse avait éveillé chez toi une espèce de conscience qui supplémentait les instincts que t'imposait tes transformations. Elle t'a offert un nom, un visage et un sens du "Moi" avant de mourir, et même si tout ceci ne sont que des masques, des emprunts, tu les as portés pendants tellement de temps qu'ils font partis intégrante de toi. Tu dis ne pouvoir prendre que des places inoccupés, mais rien ne t'oblige a changé tout le temps de place. Ta maîtresse t'as demandée de vivre sa vie a sa place, pourquoi ne te contente tu pas de remplir cette mission ? Elle devait très certainement avoir des rêves, une couleur préféré, une nourriture qui lui était particulièrement agréable, une odeur qui la faisait rêver. Elle aurait aussi très certainement voulut grandir, apprendre, voyager et trouver quelqu'un à aimer.  Ne serait tu pas une meilleure Adélaïde, si tu faisais tient tout ceci, et vivait ta vie comme l'humaine qu'elle aurait dut être ?"

Encore une fois, mon ton était bien différent de l'habituel. Alors que d'ordinaire le résultat de mes débats m'était totalement  indifférent, j'avais ici clairement à cœur le sort de cet esprit.

Mon amie me précisa également que le dispositif permettant de la contrôler n'était pas détruit, mais juste neutraliser. Toute fois, elle m'assura que personne en Kosaten n'avait les moyens d'y accéder. C'était plutôt bon signe : il ne gênerait pas le développement d'Adélaïde, d'une manière ou d'une autre. Mais cette dernière me posa une question étrangement vicieuse, étant donné les circonstances : Pourquoi avais-je à cœur de lui faire quitter le rôle d'arme ?

"Et bien, pour être totalement franc, je ne sais pas vraiment. J'ai pris pour habitude de ne pas me lier à des humains qui mourraient de vieillesse bien avant que je ne meurs moi même. Mais ton cas m'est ... particulier. Tu me rappel mes débuts dans l'immortalité. Je sais ce que c'est de ne pas avoir de place dans le monde, et de chercher a quoi l'on pourrait servir dans un monde où tout évolue sans nous. Je me sens lié a ta personne, et je ne veux pas que tu te rabaisse a être une arme, alors que tu pourrais être bien plus."

Je me grattais l'arrière de la nuque un peu nerveusement avant de reprendre. Je ne m'étais pas senti gêné depuis deux bons siècles.

"Enfin, nous avons un rituel à accomplir, non ?"

Adélaïde m'exposa une plaque d'acier, fraichement produite a même sa peau. Je lui indiquais que la plaque suffisait amplement avant de l'invité à prendre place au centre du cercle. Quand ce fut fait, je m'inclinais et touchais le cercle magique, faisant circuler mon mana dans ce dernier. Les fioles de sang commencèrent à réagir, et le sang qu'elle contenait s'enflamma en s'enflamma en une flamme cramoisie. Ces flammes commencèrent lentement à léviter au dessus des flasques, avant de se précipiter sur la plaque qu'Adélaïde m'avait désigné. Je me concentrais alors sur les pouvoirs que je voulais appliquer : Force, Vitesse, Endurance, Reflexe, tous devaient être augmenté. J'en profitais également pour y glisser une rune qui l'aiderait à se créer une âme propre, un égo, ainsi que l'aider à ressentir les émotions humaines et les comprendre. Ce n'était pas là une prise de contrôle, juste de quoi l'aider à avancer. Lorsque le rituel fut finit, une rune fumante était apparue sur la plaque présente entre les omoplates d'Adélaïde, qui était haletante a cause des sensations du rituel.

La rune en question :
 

Je tombais à genoux devant le cercle magique, vidé de mon énergie. Mes réserves magiques étaient encore faible, et même si ce rituel n'était pas le plus simple, j'aurais dut être capable de l'accomplir haut la main. C'était une sensation étrange d'avoir autant de mal à accomplir quelque chose que l'on faisait extrêmement facilement des siècles durant.
Tanith Amonwiel

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MessageSujet: Re: Atelier du forgeron   Lun 30 Mai - 22:59

Le vampire ne lâchait pas l’affaire. C’en était intriguant. Selon lui, si Adelaïde m’avait demandé de vivre à sa place il fallait que je sois une intégrale copie d’elle, allant même jusqu’à prendre ses goûts et ses objectifs, son caractère et ses idéaux. Mais cette jeune fille, je la connaissais mieux que personne, elle était la maîtresse avec qui j’avais été le plus en symbiose jusqu’alors. Et pour cela, je savais pertinemment que ce n’était pas l’ordre qu’elle m’avait donné. Du moins pas exactement.

Le vampire m’expliqua ensuite pourquoi il tenait tant à changer mon rôle. Mon comportement lui était, d’après ses dires, nostalgique. Similaire à ce qu’il avait ressenti lors des débuts de sa vie d’immortel, où il ne pouvait trouver sa propre place. Je doutais néanmoins que cela soit aussi fort que la seule réelle émotion dont je disposais…
Mais plus important, et plus grave, il se disait lié à moi. Ou du moins ressentait-il les choses de cette manière. Il ne voulait pas que je me « rabaisse ». Il voulait que je sois « bien plus ». Mais était-ce se rabaisser que de m’impliquer entièrement dans le rôle que j’avais choisis ? Et me rabaisser par rapport à quoi ? C’étaient là des notions humaines, qui ne pouvaient s’appliquer à mon être. La nature est peuplée de bien des choses, certaines sont hautes dans la chaîne alimentaire, d’autres tout en bas, et le parallélisme est vrai pour la société humaine. Si on supprime le bas de la chaîne/de l’échelle sociale, le haut s’écroule. Y’avait-il vraiment  une notion de hiérarchie ? De haut et de bas ?

Non. Tout était utile, chaque place était primordiale pour le fonctionnement du monde/de la société. Il n’y avait que les humains et Alaya pour imaginer un placement vertical des choses, alors que Gaïa les avait originairement posées horizontalement.  Il n’y avait que les hiérarchies militaires et divines qui avaient de l’importance dans l’ordre des choses. 

Mais tout ceci devrait attendre la fin du rituel. Celui-ci fût plus impressionnant que certains actes de haute-thaumaturgie dont j’avais été témoin, mais surtout… plus « invasif » que ce que je ne l’avais anticipé.

La douleur n’était qu’une impulsion électrique destinée à alerter le cerveau d’une anomalie. En créant un réseau nerveux d’une certaine manière, il était possible de recevoir cette information sans qu’elle ne soit encombrante. Après tout, mon corps n’était qu’une coquille, une enveloppe imaginaire que je fabriquais et possédais. Des nerfs ? Ils étaient connectés à un point névralgique bien moins sophistiqué qu’un véritable cerveau. Il ne faisait que recevoir les pics nerveux, les transformer en onde mentale, puis les transférer à mon Centre. Et réciproquement.  
Recevoir un coup physique n’était qu’un petit choc, quelque chose qui m’affectait légèrement sans réellement me contrarier, à moins qu’ils ne soient particulièrement puissants et/ou répétés, auquel cas mon Centre avait de faibles risques de ne pas supporter le traumatisme et de se fendre, menant à mon évanouissement, ou de se briser, menant à ma mort.

La raison était simple : Celui-ci était extrêmement sensible. Talon d’Achille caché dans un corps cumulant la résistance de Goliath avec la dextérité de David, je n’avais pas vraiment à craindre qu’il soit atteint. Habituellement.

Mais dès la première seconde où il commença à graver ses runes, je détectais l’anomalie. Quelque chose qui venait de court-circuiter à la fois mon système nerveux et les capteurs de Spiegel, alors que la magie sanguine s’implantait dans mon âme directement. Je me crispais. Ma force d’esprit était telle que je parvins à me contenir mais pour la première fois, je ressentis une douleur si ardente que j’aurais pu crier. 

Néanmoins, cela ne dura pas éternellement, et lorsque le mage eût terminé je ne pus que tomber à genoux et m’efforcer de reprendre mon souffle, tandis que la plaque se plia pour retourner près de mon Centre, prenant la forme d’une sphère compressée au maximum.

[ALERTE]Détection d’une anomalie magique interne.  Scan en cours… scan terminé. Altération physique de rang faible. Altération mentale de rang faible. Déclenchement des processus de réponse.
[INFO]Rapport : Altérations implantées et stabilisées avec succès. Aucune erreur détectée.  Raison : Altérations autorisées par HÔTE, disposant des droits d’administrateur. 


« Runes… implantées avec succès. »

Bien entendu, me plaindre d’avoir ressentit de la douleur n’était pas une option, car une arme ne se plaignait pas. Mon corps était encore faible, ou plus précisément c’était son Centre qui l’était, et par conséquent quelques tremblements dans mes membres pouvaient être perçus, mais je les forçais afin de me remettre debout, tendant la main à mon propriétaire qui semblait épuisé.

« Ceci semble avoir été éprouvant. Vous devriez vous reposer. »

 Après l’avoir relevé et installé quelque part s’il le désirait,  je restais debout à côté de lui, réfléchissant pendant plusieurs secondes à la conversation que nous avions laissée. Quelque chose me disait qu’il était important que je corrige certaines choses, qu’il ne garde de pas de fausses idées, et surtout de mauvais réflexes, me concernant.


« Je souhaiterais revenir sur votre processus de pensées concernant ma première maîtresse. Il serait dommageable qu’une incompréhension se soit faite concernant ses instructions. Celle-ci ne m’a pas ordonné de devenir Elle. Elle m’a demandé de devenir ce que je voulais, mais en prenant son identité. Une injonction à changer de rôle, mais à prendre son visage pour mes rôles suivants. Sachez… qu’elle aurait pu être sauvée, mais à choisis de ne pas saisir cette chance. Adelaïde… »

Je fis une pause. Était-ce de l’émotivité ? Non. Il fallait que je choisisse scrupuleusement mes mots. Il aurait été une insulte envers elle de faire la moindre erreur la concernant, et je ne pouvais le permettre. Après quelques instants de silence, je pris l’initiative de fixer le vampire droit dans les yeux. 


« Adelaïde n’avait pas de rêves. Elle ne se projetait pas dans le futur. Sa sensibilité au soleil l’empêchait de sortir, et en approchant de sa fin, la lumière artificielle devenait un fardeau, alors qu’elle aurait voulu voyager. Une maladie détruisait progressivement ses muscles, alors qu’elle aimait les activités physiques. Une autre amenuisait sa volonté et son aptitude  à croire en l’avenir. Avant d’obtenir son animal de compagnie, dont j’ai accidentellement provoqué la mort avant de la remplacer, ses quelques proches parlaient d’elle comme une fille morne, morose, qui ne sortait jamais de la pièce où elle s’enfermait, et ne communiquait que peu. Chanel, la chatte que j’ai incarnée, semblait être le centre de son monde. 


Adelaïde n’était donc pas capable de faire ce que vous avez évoqué. Elle ne m’a pas ordonné de devenir elle, puisqu’elle ne voyait pas de continuité dans ce qu’elle était. Ce qu’elle désirait, c’était que je trouve un autre rôle à remplir, et que je le fasse avec son identité. C’est la raison pour laquelle j’ai choisis de devenir une arme, en observant les besoins de l’humanité, me cantonnant à une place en utilisant mes pouvoirs pour la remplir, plutôt que les utiliser pour changer de rôle.  Si je deviens un animal, je resterais sous cette forme jusqu’à ce que ma fonction soit remplie. Mais si je deviens l’entité de nom fixe Adelaïde,  je peux me servir des capacités naturelles de ma nature pour porter des masques plus complexes, et les incarner de façon plus optimale, comme utiliser le potentiel destructeur de mes transformations pour devenir la plus mortelle des armes. »

Ceci étant dit, il y avait autre chose sur laquelle il me semblait important de revenir. Particulièrement important pour lui. Probablement qu’il trouverait ce discours désagréable, mais il était nécessaire de le faire, et il n’était pas dans mes protocoles de me soucier de ce que l’on éprouvait en ma présence ou après mes paroles :

« Vous dîtes également vous sentir lié à moi. Il est de mon devoir de vous stopper immédiatement à ce sujet. N’éprouvez aucune affection pour ce que je suis, comme vous n’éprouveriez aucune affection pour un objet. Je sais que vous n’approuvez pas mon rôle, mais je suis une arme et il vous sera impossible de changer ce fait. J’existe pour être utilisée. Blesser et être blessée, détruire et être détruite. L’humanité a, et a toujours eu besoin de choses telles que moi, ce rôle est donc bien plus primordial que vous semblez vouloir le dire. N’attendez pas de traitement de ma part, si votre voie et la mienne sont amenées à s’opposer, je devrais mettre fin à votre vie, comme je l’ai fait lorsque les concepteurs de Spiegel m’ont tournée contre la famille que j’avais servis autrefois, car votre bras ne sera pas toujours celui qui me maniera. 
Ne voyez aucune animosité dans mes mots, mais il semble que votre processus de pensée se soit fourvoyé à mon égard. Il fait partie de mon devoir de clarifier les idées de mes propriétaires lorsque mon apparence ou ma pseudo-personnalité les amène à oublier ma fonction. »

D’un signe de tête, je saluais le vampire. 


« Il semble que vous n’avez plus besoin de moi à l’heure actuelle. Je vais donc retourner à mon poste, et vous remercie au nom de Seika pour votre contribution à améliorer mon efficacité. Ces runes me permettront d’obtenir de meilleurs résultats pour servir votre pays. Si vous avez de nouvelles tâches à me confier, vous pourrez me trouver dans cette ville, à faire des rondes pour sécuriser et assister les habitants. Si je ne suis pas chargée d’une mission ailleurs. » 

Et ces mots prononcés, je me détournais de mon ancien propriétaire, sans réagir à une éventuelle réaction concernant mes précédents discours. Il était préférable que cette conversation ne dure pas, afin qu’il puisse réfléchir à la futilité du fait de s’attacher à une arme. Néanmoins, en approchant de la sortie, je fus prise d’une étrange… paralysie…fulgurante. 
Qu’est ce que c’était ? Spiegel n’indiquait aucune anomalie. Mon corps ne ressentait aucune contrainte particulière, et je restais pleinement consciente de mes actes et pensées.

Je n’aurais peut-être pas dû dire ça….

Une autre pensée fugace. Elles apparaissaient parfois, quand mon persona humain s’autorisait plus de droits qu’il n’en disposait, mais de là à être aussi forte ? A me stopper dans mes mouvements ?  Plus mes pouvoirs revenaient, plus j’étais censée me détacher de celle-ci… pas l’inverse. C’était grave. Et si cela arrivait en plein combat ? Et si j’échouais à une mission à cause d’un autre phénomène de ce genre ? 
Rassemblant ma volonté pour rejeter ce fragment d’émotion perdu, je n’eus en retour qu’un sévère mal de crâne, qui me fit vaciller et perdre temporairement mes sens, au point où j’en perdis l’équilibre, et me rattrapait maladroitement à un élément quelconque du décor, que je ne percevrais de toute façon pas. 

« Je…il y a un problème… »   
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MessageSujet: Re: Atelier du forgeron   Mar 31 Mai - 11:45

- Atelier du forgeron -


Le rituel avait drainé une grande partie de mes forces, et mon corps commençait visiblement à vieillir, passant d'un corps d'un homme d'une quarantaine d'année a celui d'un vieillard d'une soixante-dizaine d'années. Serviable comme à son habitude, Adélaïde m'aida à m'installer sur une chaise a l'autre bout de la pièce, et commença à répondre à mes précédents propos alors que je m'accoudais à la table, reprenant difficilement mon souffle.

Il n'était guère étonnant qu'elle réfute encore une fois ma tentative de la rendre plus humaine, mais cette fois-ci, j'avais l'occasion d'en apprendre plus quand a sa première maîtresse. Il semblait qu'elle ait été une humaine contre qui tout semblait s'acharner : elle qui apparemment aimer les activités physique était victime d'une maladie rongeant ses muscles, et une autre rongeait petit à petit ses forces et lui avait fait abandonner l'avenir alors que sa sensibilité au soleil l'empêcher de voyager comme elle l'aurait voulus. Tout ceci montrait a quel point sa vie était dure, mais ne prouvait en rien qu'elle n'avait pas de rêves ou d'objectifs. Adélaïde rectifia également une méprise que j'avais faite : sa maîtresse ne lui avait pas demandé de vivre sa vie à sa place, mais de vivre la vie qu'elle voulait en son nom. Je restais silencieux alors que mon corps commençait lentement à revenir à son état initial et que j'acquiesçais silencieusement à ses propos. Je posais toute fois une question, de ma voix encore faible.

"Pourquoi ... Pourquoi une arme ? Les humains n'ont pas besoin d'aide pour s'autodétruire. Pourquoi ne pas prendre un autre rôle, qui les aideraient vraiment ?"

Il n'était pas étonnant qu'Adélaïde rejette également l'amitié que je lui proposais, et il était même très naïf de ma part d'avoir ne serais-ce que tenter. La changeforme se sentit obligé de préciser qu'elle n'était a mes cotés que par intérêts, et qu'elle n'hésiterait pas à me tuer si jamais nos intérêts s'opposaient. C'était une réaction plus qu'évidente de sa part, mais j'espérais qu'au fond d'elle, ce n'était pas le cas. Je répondis d'une voix un peu plus forte que précédemment, alors que mes forces commençaient à revenir.

"Ce ne sont que des divagations de vieillard, rien d'important ne t'inquiète pas."

Mon corps finit de reprendre sa forme initiale alors que mes forces revenaient. Mes réserves magiques étaient toujours vides, mais mon corps s'était adapté au choc. Alors que je reprenais pleinement possession de mes moyens, Adélaïde me faisait de froids adieux, avant de se préparer à partir.

"Oui, j'imagine que c'est la chose à faire. A bientôt je l'espère."

Mais son départ fut interrompus quand subitement elle commença à vaciller, Peut-être avait-elle du mal à se remettre de ses sens altéré par le rituel. Peut-être était-ce plus grave. Je lui posais donc la question, sur un ton mélangeant surprise et un peu d'inquiétude.

"Adélaïde ? Quelque chose ne va pas ?"
Tanith Amonwiel


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MessageSujet: Re: Atelier du forgeron   Mer 1 Juin - 22:12

Une ultime question posée par le vampire, courte et simple. Pourquoi ce rôle parmi tant d’autres ? Il était vrai, que cette interrogation était compréhensible. Malheureusement la réponse risquait de l’être beaucoup moins à ses yeux, au moins pour une partie. Avant de le quitter, je pouvais au moins lui accorder cette réponse :

« Je viens d’une ère où la guerre était dans le cœur des hommes. Des litiges du passé revenaient à la surface. Il n’est pas dans mes possibilités de faire une chose aussi insensée que de vouloir changer le monde, ou aider l’humanité entière. Si celle-ci veut s’autodétruire, ce n’est pas à moi d’en décider, juste m’adapter à leurs besoins. Si les guerriers veulent faire couler le sang de leurs ennemis tout en protégeant celui de leurs proches, ils doivent avoir recourt à des armes. Plus celle-ci est fiable et mortelle, mieux c’est. Mes pouvoirs correspondaient parfaitement à cette demande : Je suis versatile, autonome, létale, incapable de trahir mon propriétaire tant qu’il conserve ce titre, et plus important, je peux perdre la vie sans risquer de provoquer un manque dans un cœur, une famille, ou un quelconque humain ou groupe d’humains.
Il s’agissait et s’agit toujours du rôle correspondant le mieux à ce que je suis en mesure de faire, et le contexte de ce monde prouve à nouveau que cette place est toujours aussi importante.  


Mon processus de pensée est différent de celui des hommes. Je n’ai aucune notion du bien ou du mal, étant un esprit. Je ne fais que suivre ce que vous autres nommez « destin », agissant là où je suis sensée être, selon la volonté de la planète m’ayant initialement créée.  Mais ces choses là ne me concernent pas, comme je vous l’ai dit je ne fais que remplir le rôle le plus demandé par le puzzle formant la nature et la réalité, la raison de mes actes n’a pas d’importance réelle, qu’il s’agisse d’ « aider », de « détruire », de servir un dieu ou une entité, du phénomène de causalité qui me mène à faire telle ou telle chose. Tout ce dont j’ai besoin de savoir, c’est ce que je dois faire, et comment je dois le faire. Le reste est hors de ma portée.


C’est la raison pour laquelle je vous ai sauvé à notre première rencontre. Si Fenghuang m’avait placé sur votre route, ce n’était certainement pas pour vous abattre puisque vous auriez connu ce sort sans moi. J’ai été positionnée pour vous porter secours et c’est ce que j’ai fait. J’ai été appelée pour servir Seika, et j’effectue cette Mission sans hésiter. Mon rôle d’arme correspond parfaitement à ce processus de pensées. Il correspond parfaitement à ma nature de changeforme, s’adaptant à volonté pour effectuer les taches qu’on lui demande. 


J’espère que cela répond à votre question. » avais-je dis pour conclure mon discours, et me diriger vers la sortie où je venais de subir ce choc anormal.

Mon corps se rétablissait progressivement de ce dysfonctionnement temporaire, mais sa raison exacte restait inconnue. Une simple pensée ne pouvait pas me paralyser à ce point. Des choses comme l’hésitation ou le regret ne pouvaient m’atteindre. Peut-être étais-je encore en sous-alimentation ou en manque de sommeil. Peut-être que les runes de Tanith avaient un effet secondaire imprévu. 

Peut-être était-ce un peu des deux.

Néanmoins, cela inquiéta le vampire, malgré ce que je venais de lui dire.  La plupart des humains se seraient vexés après avoir reçu de tels propos. Ou m’auraient rejetée. Ne se seraient pas souciés de mon sort, d’autant que je n’étais plus à son service, il n’avait donc aucune raison de s’en occuper. Forçant sur mon bras pour me redresser, je stabilisais mon équilibre, avant de me retourner face au mage. Si ce moment de faiblesse était dû au manque d’alimentation, de repos, ou d’une faille dans mon persona, j’étais entièrement responsable. Cependant l’hypothèse concernant les runes devait être vérifiée :

« Vos runes sont-elles accompagnées d’un effet alternatif dont je ne serais pas au courant ? Il est possible que j’ai subit une contre-réaction, mais ce n’est qu’une théorie.  Etes-vous certain de la compatibilité de votre magie avec ma nature ? Ce rituel a visiblement eu un contrecoup temporaire sur vous. Dois-je m’attendre à quelque chose de similaire ? Comprenez que pour accomplir correctement ma fonction, il me faut être en connaissance de ces données. »

Je revins vers mon ancien propriétaire, peu fière d’avoir à agir ainsi alors que je venais d’annoncer mon départ, néanmoins l’égo n’était pas ma priorité. Trop d’hommes mourraient parce qu’ils se laissaient aveugler par celui-ci, mais en tant que non-humaine j’avais l’avantage de ne pas être affectée par ce genre de notions ou d’émotions. 

« Ne voyez pas cela comme une accusation quelconque. Il est également possible que la responsabilité soit mienne. Je dois simplement m’assurer de comprendre la cause de ce phénomène afin de trouver au plus vite un moyen d’y remédier. M’autorisez-vous à rester sous votre toit durant ce temps ? Il serait inconcevable que je retourne à mon poste avec un risque de perturbation d’origine inconnue, et vous pouvez peut-être m’apporter des réponses, ou des suggestions. »
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MessageSujet: Re: Atelier du forgeron   Mer 1 Juin - 23:58

- Atelier du forgeron -


Adélaïde commença un très beau discours sur le rôle qu'elle avait pris et sa vision sur celui-ci. Son monde était déchiré par les guerres incessantes, elle disait que si l'humanité voulait se détruire, elle n'avait aucun droit de contester cette décision, et qu'elle devait juste s'adapter à leurs besoins. Elle disait également agir pour ce que nous appelions la destinée, se laissant porter jusqu'à l'endroit où elle était demandée avant d'y remplir son œuvre. Elle disait que c'était là la raison pour laquelle elle m'avait sauvé la vie dans le grand canyon. Je n'ai jamais crus a la destinée, même si je reconnais que le futur est prévisible dans une certaine mesure, un simple geste peux changer le futur dans d'énorme proportion. Le futur est en perpétuel mouvement. Le destin ne pouvait pas exister dans ma pensée, mais je me surprenais à penser que si le destin l'avait mis sur ma route pour me sauver la vie, alors il m'avait mis sur sa route pour la libérer.

J'acquiesçais silencieusement au discours de mon amie, n'ayant guère de chose à ajouter. Sa maîtresse n'aurait certainement pas voulus qu'Adélaïde se plie ainsi a la volonté d'autrui, mais c'était peine perdue de vouloir la convaincre maintenant de ce fait, au vus de mon état, et du siens. Les graines de son éveil étaient plantées, il ne restait plus qu'a attendre. Il n'y avait aucune preuve qu'elles fonctionnent, mais il était très certainement plus efficace qu'Adélaïde expérimente l'humanité par elle-même.

Alors qu'elle partait, Adélaïde me demanda si les runes que je lui avais apposé pouvaient être responsables de son problème, sans même me dire de quel problème je pouvais être responsable, chose plutôt étrange pour quelqu'un d'aussi ordonné.

"Hmm, tu m'as l'air bien bouleversé. Tu ne m'as même pas dit de quel problème je pourrais être responsable. Les runes n'ont pas d'autre effet que celui pour lequel elles sont conçut, pour ce qui est de la compatibilité avec ta nature, je ne saurais dire. Je n'ai jamais pratiqué sur des esprits, mais le rituel est prévus pour tout être vivant, je doute donc que cela vienne de là. Le rituel a eu un tel contrecoup sur moi car il a drainé rapidement toutes mes réserves magiques, et qu'il m'a demandé beaucoup de concentration pour tracer les runes. Tu ne subiras pas les mêmes contrecoups que moi, mais le rituel est très éprouvant pour son bénéficiaire, et il est très probable que tu sois encore troublée par cette expérience. Je peux examiner tes runes si tu le souhaite, mais je suis sûr de ne pas m'être trompé dans leurs traçages."

Adélaïde me demanda également la permission de rester sous mon toit le temps de son rétablissement.

"Tu peux rester autant de temps que tu le souhaite."

Tanith Amonwiel


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MessageSujet: Re: Atelier du forgeron   Ven 3 Juin - 10:51

Tanith répondit calmement à mes questions, me faisant par ailleurs remarquer que j’avais l’air boulversée, et que je ne lui avais pas indiqué quel problème j’avais. Il s’agissait d’une vision erronée de mon état actuel puisque je ne faisais que demander des précisions pouvant avoir leur importance. Néanmoins, concernant mon « problème » j’admis que c’était un peu plus complexe. Je ne pouvais décrire précisément ce qui m’arrivait.
Enfin, si, mais c’était quelque chose que je pouvais gérer par moi-même. Un simple dérèglement interne qui se corrigerait avec le temps. Rien qui ne nécessitait une intervention extérieure, donc en parler au vampire ne serait qu’un gaspillage de temps sans pertinence. Néanmoins je me sentais quelque peu piégée par la situation.

Puisqu’il s’attachait tant à vouloir prouver l’existence de mon humanité, si je lui parlais maintenant de mon persona humain et des quelques soucis de contrôle très mineurs qu’il me causait de temps à autres, il interpréterait certainement cela comme un argument allant dans son sens. Mais ce n’était pas ça qui allait m’assurer une stabilité totale et une certitude que ce genre de phénomènes ne se reproduirait plus.
La théorie la plus probable était donc que son rituel m’ait marquée, comme il l’indiquait. Après tout il avait touché à mon Centre, et la seule autre entité ayant eu une interaction avec celui-ci était Spiegel, qui était devenu une véritable partie de moi. A y réfléchir, ce n’était pas surprenant. Il était après tout vrai que sa magie s’était révélée troublante et très « invasive », donc une perturbation temporaire de mon fonctionnement interne était normal. 

Je fis donc non de la tête, doucement :

« J’avais simplement fait une erreur en anticipant les effets de votre rituel. Il s’agit de la première fois qu’une magie de ce rang m’affecte, certaines conséquences m’étaient donc inconnues.  La raison de la perturbation que j’ai subie est sans doute le trouble que vous évoquez, je vous sais assez compétent dans votre domaine pour ne pas avoir fait d’erreur dans votre sort. Je vous remercie d’avoir accepté ma demande, mais puisque la cause ne m’est plus inconnue je suis en mesure de retourner à mon poste sans risque. Je vais donc procéder sans attendre. » Conclus-je, avant de me retourner vers la sortie. Et cette fois-ci, sans interruption.
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