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Wolves and Crows
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MessageSujet: Wolves and Crows   Dim 16 Oct - 23:13

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- Ne t’en fais pas. Je vais simplement partir une année ou deux pour traquer le Mal. Écoute bien ta mère, étudie et fais-toi des amis. Je te garantis que tu ne verras pas le temps passé, fils.

Je me réveille, triste. Je n’avais pas pu tenir cette promesse. J’avais quitté mon fils de treize ans pour retrouver un dictateur de vingt-deux ans. Échouer n’était pas le bon mot. Il n’y en avait aucun. Comment étais-je destiné à sauver le monde du Mal si je n’arrivai pas à sauver mon fils ? Si j’avais dû le… mettre fin à sa vie pour l’arrêter… Suis-je vraiment la personne idéale pour cette entreprise ? Après tout, Xeu ne m’avait choisi que parce qu’il m’avait vu résister intérieurement au fléau. D’autres ont fait mieux que moi. Cela veut dire qu’ils sont plus méritants. Alors pourquoi… Pourquoi ai-je ce fardeau sur les épaules ?

La nuit est éclairée par la pleine lune. Si belle. Elle illumine tout d’un voile blanc et froid. Je trouve cela paradoxal : le soleil enflamme le monde et récolte les cultes les plus grands, tandis que la lune calme les esprits, mais n’est pas très adorée. Loheim lui-même préfère le soleil à sa sœur nocturne. Étrange. Peut-être suis-je la seule personne à être autant apaisé par elle ? Qui sait…

Je n’arrive plus à dormir. Enrouler dans mon manteau, je décide de me lever. Capon, mon fier et peureux destrier, dort autant qu’un cheval le peut. Il a bien marché aujourd’hui. Je suis à peu près sûr d’avoir quitté Seika ; la différence dans la végétation semble étayer cette version. Adieu, désert chaud et sec et bonjour, forêt humide. Aucun des deux ne me convient réellement, mais la chaleur est difficile à supporter pour moi. Spécialement quand je porte mon épais manteau de fourrure, mais bon, je m’y suis habitué.

L’astre de feu ne se lèverait pas avant quatre bonnes heures et je n’allais pas retrouver sommeil. Rester ici ne m’apportera rien de plus que des moments de doute, d’angoisse et autres remords sur mon passé. Si seulement j’avais une occupation. Que ferait un homme lambda dans cette situation ? Perdu dans une forêt, condamner à attendre que son cheval reprenne des forces… Chasser. Ainsi, il aurait un petit déjeuner calorique avant le départ. L’endroit est dense et bien fourni en fruit ; nul doute que des animaux doivent y vivre. La nuit devrait me permettre de mieux les trouver : dans leurs tanières, ils sont moins sur le qui-vive.  

Précautionneusement, j’allume un feu près de Capon pour dissuader d’éventuels prédateurs. Je doute que quelqu’un ne s’aventure ici à cette heure, et encore plus qu’il puisse convaincre le canasson d’avancer. Mais un prédateur en quête de viande facile, c’était une autre histoire. Heureusement qu’ils avaient tous peur du feu. S’ils étaient capables d’adoration, surement qu’il vénérerait la lune.

Je m’éloigne donc de mon camp de fortune et me mets en quête de trace sur le sol. La lumière nocturne me permet de voir entre les ombres des arbres, sans utiliser de torches. Tant mieux, je ne veux pas réveiller la faune alentour sans raison. Très vite, je tombe sur des traces de pas, puis des excréments et enfin, des boules de poil… et du sang. J’identifie deux animaux : un à sabot et un à griffe. Ma main à couper qu’il s’agit d’un daim coursé par un loup… Un loup ? J’observe de plus près les empreintes à griffe. Elles étaient anormalement grandes. L’animal doit être gigantesque !

D’instinct, je dégaine Diva, l’épée divine. Devrais-je retourner auprès de Capon ? Quelque chose d’aussi gros pourrait ne pas avoir peur d’un simple feu – qui allait bientôt s’éteindre –. Ma curiosité me pousse à aller plus loin. Plus de poil, plus de sang. Le prédateur a eu sa proie. Au fur et à mesure que je suis la piste, je me mets en garde. Mes sens sont à l’affut et je me tiens prêt à tout. C’est au détour d’un buisson que je le vois. Immense. Noir ébène. La fourrure tachée du sang de son repas qui agoniser sur le sol. Il n’émet aucun son. Seul le bruit des os broyés par sa mâchoire trahissait sa présence.

L’odeur de la carcasse devait cacher la mienne, sans quoi il m’aurait déjà tenu en respect, ou attaquer. J’admire ses crocs fendre la chair pendant que ses griffes la dégage des abats immangeables. La nature en pleine action. Conscient du danger, je décide de battre en retraite : je ne suis pas de taille face à ce monstre de majestuosité. De plus, je n’ai aucune envie de le tuer.

Je retourne au camp, content de voir Capon vivant et bien dormant. Avait-il seulement remarqué mon absence ? Le pauvre avait encore été embarqué dans une de mes histoires. L’usurier à qui je devais de l’argent m’avait demandé d’aller repérer une vieille ferme abandonnée, prêt de la forêt luxuriante de Minshu. Il voulait voir si des objets de valeur s’y trouvaient encore. De roi à pilleur, c’était drôle. On ne m’a cependant pas dit que j'allais croiser la route de canidés géants par contre. Par prudence, je décide garder Diva dégainée et monte me réfugier dans un arbre. Les provisions sont avec moi ; le loup allait être rassasié par sa proie de toute façon. La nuit n’allait plus être très longue, encore trois heures. Que pouvait-il bien se passer durant ce temps ?

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MessageSujet: Re: Wolves and Crows   Lun 17 Oct - 22:44

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— Ft. Qrow —



Quelques semaines, seulement, venaient de s’écouler depuis que tu avais élu ton domicile provisoire dans cette forêt atypique. Ton être s’intégrait naturellement dans ce milieu et les bêtes le peuplant s’habituaient rapidement à ton existence, qui leur semblait sûrement inhabituelle, voire inopportune au premier abord. En vérité, tu aurais bien aimé rester ici le plus longtemps possible, mais il te faudrait bientôt bouger, explorer un peu plus ce monde si tu comptais réellement y survivre. Ce dont tu reculais l’échéance, jour après jour.

« On ne va pas se risquer à s’éterniser ici. Il nous faudra bientôt s’éclipser par-delà les frontières de ce refuge. »

— Je sais, Amarok.

Tu ne devais pas perturber l’équilibre de cet endroit. Ta simple présence pouvait tout faire basculer, dans un lieu aussi pré-établi que celui-ci, alors il te fallait te faire toute petite, te tenir à l’écart ; observer de loin la vie qui y évoluait, à son rythme. La nuit tombait lentement, enveloppant la forêt d’ordinaire si lumineuse d’une douce pénombre. Et dans l’assombrissement de ton environnement, un mauvais pressentiment t’étreignit. Comme lorsque ce premier élu avait, lui aussi, pénétré sur ces terres. Avec un peu de recherche, sans compter l’utilisation de tes sens affûtés, il ne te serait pas bien compliqué de constater de la véracité de ton intuition.

Mais, au fond, il aurait été largement préférable de ne pas t’en rendre compte. Ta curiosité mêlée à ton anxiété prenant le dessus, tu te mis en quête de discrètement vérifier qu’aucun intrus ne soit entré dans ton sanctuaire provisoire. Ce ne serait pas la première fois, après tout. Après un temps de marche, une odeur singulière parvint jusqu’à toi. Une odeur qui t’insupportait ; celle du feu. Les flammes écarlate se réfléchissaient sur ta rétine. Forçant les souvenirs de cette époque à ressurgir du plus profond de ton être. Tu fermas brutalement les yeux, comme pour chasser toutes ses sombres pensées de ton esprit. Pas la peine de devenir émotive pour si peu. Non, le plus important ici était que ce brasier témoignait de la présence d’une espèce que tu ne souhaitais pas vraiment revoir : un Homme.

Juste à côté se trouvait un cheval. Qui empestait l’humain. Tu aurais bien tenté de communiquer avec lui, puisque cela appartenait à tes talents, mais ce devait bien être la première fois que tu croisais un animal semblant s’accommoder d’un être humain. Peut-être par crainte que celui-ci ne se retourne contre toi — Grandement appuyée par Amarok, comme c'était la première fois que le cas se présentait sous vos yeux —, tu décidas de ne rien faire pour le moment, songeant à attendre le retour de son supposé geôlier... qui arriva bien plus vite que tu ne l’aurais espéré. Trop loin pour pouvoir l’apercevoir clairement, mais assez proche pour deviner ses mouvements. Pour l’instant, il grimpait simplement dans un arbre.

Tu fis quelque vains pas en arrière, tentant d’effacer un maximum ta présence — Ce qui ne pouvait sans doute pas tromper un être un peu plus expérimenté qu’une simple proie, mais bon —, trépignant de nervosité à sa vue. Vraiment, passer de ta forêt à la tranquillité la plus totale, dans laquelle plus un seul Homme n’osait y mettre le pied depuis si longtemps, à un monde grouillant d’humains, se dévoilait beaucoup plus difficile pour tes nerfs. Malgré les nombreuses réprimandes de ton frère qui t’expliquait que cette épreuve resterait nécessaire pour ta survie, tu ne pouvais décidément pas rester tranquille

— Regarde... Comment veux-tu que je le tolère ici, tu sais très bien ce dont ils sont capables, chuchotas-tu à l’attention d’Amarok.

« Von, ce n’est pas notre problème. Nous devons assurer notre sécurité en priorité. Tu oublies que ce n'est pas, non plus, notre Forêt. »

Même s’il avait parfaitement raison — Comme toujours —, rester impassible alors qu’un Homme se trouvait dans un endroit comme celui-ci semblait tout bonnement impossible pour toi, en l’état actuel des choses. Et puis, tu possédais assez de contrôle pour ne pas lui sauter à la gorge, non ? Sûrement. En tout cas, ton frère s’inquiétait beaucoup trop. Et puisque ta personne se situait à environ une cinquantaine de pas seulement de lui, la possibilité de choisir la démarche à suivre n’existait désormais plus.

Sans grande réflexion, tes doigts effleurèrent ton masque avant de le placer devant ton visage, vaine protection d’ordre psychologique face à l’ennemi. Tu avançais, téméraire, jusqu’à te trouver à une distance suffisante pour qu’il puisse, supposément, te voir de son perchoir. Peut-être même qu’il t’avait remarqué depuis bien longtemps. Peut importait réellement en l’instant présent, si ce n’était la présence antipathique face à toi.

— Pour quelle raison viens-tu donc troubler la tranquillité de cette forêt, humain ?

Tu insistais grandement sur le dernier terme, dont la simple évocation te répugnait. Même dans le coin le plus reculé, dans un lieu aussi vide d’intérêt pour eux que celui-ci, ils ne cesseraient donc jamais de te poursuivre.

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MessageSujet: Re: Wolves and Crows   Mar 18 Oct - 10:28

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L’air se fait frais. Je n’ai vu cette forêt que très peu de temps en plein jour. L’humidité ambiante doit rendre la peau collante sous le soleil, mais sous la lune, elle rafraichit intensément. C’était très différent du froid sec du désert de Seika. La morsure n’est pas directe, elle est moins agressive. Plus dangereuses, car on ne la détecte pas forcément. Je regarde Capon en bas. Il dort toujours. Le froid ne le gêne pas. Après l’enfer de sable d’où nous venions, cela devait lui semblait être un paradis. Je me demande ce qu’il aurait à dire s’il pouvait parler. « Donne-moi plus à manger ? » « Pourquoi voyageons-nous sans cesse ? » « Cesse de me sauter dessus et monte calmement ». Je souris à ces douces pensées qui contrastent avec mes habituels songes. Cela m’apaise, si bien que je ferme les yeux, petit à petit.

— Pour quelle raison viens-tu donc troubler la tranquillité de cette forêt, humain ?

Comme si je tombais d’une montagne, mon corps se crispe, manquant de me faire perdre réellement l’équilibre dans mon arbre. Qui est-ce ? Je ne l’avais pas détecté. Il fallait dire que le sceau me limitait dans les extrasens. Je n’ai que mes yeux et mes oreilles, parfois mon nez. Je cherche rapidement la personne m’ayant adressé ces mots. En bas, une femme. Habillée de manière similaire aux nomades de l’ouest de mon monde, elle me lance un regard empli d’animosité. Étrange que je puisse percevoir cela : la pénombre me cache la majorité de son visage.

« Humain ». Que cela voulait-il dire ? Seuls les dieux aimaient rappeler cela aux mortels. Même aux immortels d’ailleurs. Comme si le fait d’être Homme était une honte dont il fallait se cacher. Est-elle une déesse ? Non, Diva ne réagit pas. Cela en dit long sur son égo. À vrai dire, elle réagit légèrement. Une mage ? C’était beaucoup trop faible et beaucoup trop complexe pour le dire. Je décide donc de rester sur mes gardes, surtout qu’elle ne semble pas me porter dans son cœur. Suis-je sur son territoire ? Auquel cas, il ne me reste qu’à m’excuser. J’avais suffisamment violé les pâturages de tribus hostiles – et payer les conséquences de mes escapades-  pour respecter la propriété d’autrui.

- Je ne cherche en rien à gêner les habitants de cet endroit.

Confiant, je saute de l’arbre pour atterrir au sol. Mes genoux amortissent difficilement la chute. Mes ailes me manquent.

- Je suis Qrow, choix de Xeu et récemment, choix du Dieu Phoenix. Si ma présence vous offense, sachez que je n’attends que la fin du sommeil de ce cheval.

Dis-je en montrant Capon, dormant au péril de sa vie. En signe de bienveillance, je rengaine Diva et lui affiche un léger sourire.

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MessageSujet: Re: Wolves and Crows   Mar 18 Oct - 23:21

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— Ft. Qrow —



Amarok ne disait plus mot, sûrement épuisé par ton manque de prudence. Ses longues années d’existence lui permettaient pourtant de posséder une meilleure connaissance de la vie, dans son ensemble, que toi. Ton entêtement te coûterait très cher, un jour, mais tu demeurais beaucoup trop irréfléchie pour le comprendre.

Ton interlocuteur t’offrit une réponse empreinte d’humilité avant de sauter de son perchoir de fortune, ce qui t’arracha spontanément un bond en arrière. Une légère frustration te piqua face à ton attitude de recul alors qu’il n’avait fait que descendre de son arbre, témoignant d’une certaine crainte à son égard. Finalement, même si tu voulais te pousser à croire qu’il n’y avait que de la haine entre toi et eux, l’insensible peur naissant au creux de ton ventre dévoilait bien une ambiguïté concernant tout ceci.

Et, comme pour amplifier cette idée, la voix de ton frère résonna dans ton crâne, t'offrant un unique conseil :

« Ne lui fais pas confiance. »

— Qu’est-ce qui me pousserait à croire un Homme, qui plus est lourdement armé ?

Peut-être jugeais-tu trop rapidement ; sûrement, en fait. Mais ce n’était pas quelque chose que tu comptais prendre en compte, toi, l’enfant-louve, réceptacle de l’Esprit en personne. L’humanité avait suffisamment prouvé la noirceur de sa nature, ses pulsions destructrices et égoïstes, pour te laisser tomber dans le panneau d’un de leurs membres. Et oui, tu n’étais pas aussi dupe ! Fière de penser pouvoir détourner ainsi les stratagèmes d’un individu, tu manquas d’esquisser un sourire, ne te rendant même pas compte de l’ineptie de tes pensées.

Il se présentait en tant que Qrow, ch-... choix de Xeu et du Dieu Phénix ? Que d’incompréhensibles paroles, propres à son espèce. Tu savais que la politesse humaine poussait à décliner son identité dans cette situation, Amarok te l’avait appris. Mais t’adapter à leurs coutumes ne faisait pas vraiment partie de tes priorités actuelles ; ni même futures, d’ailleurs. Au moins, il venait de rengainer sa lame, ce qui signifiait que tu n’étais pas en danger de mort. Pour l’instant.

— Pourquoi te préoccuper à ce point de ce cheval ? N’y a-t’il pas que ta propre existence d’humain qui t’importe réellement ?

Il souriait légèrement. Toi, non. Au final, tes questions n’attendaient pas réellement de réponses, d’ordre plutôt rhétorique. Peu importait ce qu’il pourrait bien dire, rien ne changerait ton jugement, particulièrement hâtif, de sa personne. Ce n’était qu’au plus profond de ton être — Notamment après ta toute première rencontre dans ce bois — que le doute persistait sur ce que tu pensais connaître et connaissais réellement.

Sous l’ordre d’Amarok, qui préférait éviter une confrontation inutile, tu te retins de lui signaler qu’il n’était, de toute manière, sûrement pas le bienvenu ici. Toi non plus, d’ailleurs, mais ça, inutile de le préciser. En fait, ce monde différait totalement de ton univers d’origine, même si s’intégrer dans ce genre d’éléments semblait assez simple, ce ne serait jamais totalement, toujours de courte durée. Parce que tu ne pouvais te séparer de ta véritable nature et refusais pleinement de t’en rendre compte.

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MessageSujet: Re: Wolves and Crows   Ven 21 Oct - 10:19

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Craintif. Cette femme l’est assurément. Pourquoi ? Surement une très mauvaise expérience… Ou peut-être n’a-t-elle pas l’habitude de discuter avec quelqu’un d’extérieur à cette forêt ? Plus le temps passe, plus je me dis qu’elle doit appartenir à une tribu vivant en harmonie avec la nature. Je n’avais rien contre ce principe ; mais nombre de guerres avaient été menées dans mon monde au nom de la protection sylvaine. Des guerres bafouant toutes idées de respect pour la vie et la dignité humaine. Il fallait dire que ceux qui défendaient mère nature la mettaient bien avant la race humaine. De ce fait, ils n’avaient aucun mal à tuer pour cette entité supérieure. Remplacer Dieu par un arbre ; l’humanité restera pareille.

Avant de rengainer mon arme, je répondis à sa question par une autre question, frôlant l’insolence.

- Eh vous, qu’est-ce qui me pousse à faire confiance à une femme qui parle derrière ce masque ?

Je range mon « lourd armement » avant de libérer la tension qui s’était un peu accumulée dans mes épaules. La situation est stressante. Je n’ai pas accès à mes extrasens et je pourrai tout aussi bien être dans la ligne de mire de la tribu de mon interlocutrice. Me battre dans mon état actuel est possible, mais je préfère éviter les effusions de sang inutile.

Au moment où elle parle de Capon, je ne peux m’empêcher de sourire. Depuis mon arrivée à Kosaten et ma rencontre avec Rovert, le canasson a été mon meilleur ami. Au fur et à mesure des mois, nous avions vécu quelques aventures et eu de belles frayeurs. Je crois que je m’y suis fortement attaché, ce qui expliquerait pourquoi j’ai augmenté un peu ma dette envers l’usurier pour pouvoir le racheter.

- Ce cheval est mon ami. Il me porte, aussi bien que je le soutienne. Littéralement. Il y a quelques semaines, j’ai dû le porter sur deux bons kilomètres. Il s’était foulé la cheville après avoir porté un meuble.

En racontant cette histoire, je me souviens de ce qui avait précédé le transport de meuble : l’histoire du fantôme… Spooky Scary !

Malgré tout, la dernière phrase de la femme me pique au cœur. Elle semble si encline à détester l’humanité. Pourquoi ? Pour quelles raisons ? Est-ce que cette raison est probante ? J’ai vu les pires affronts de la race humaine, des viols, des meurtres, des massacres, des génocides, des pandémies, des inégalités et d’autres maux. J’ai vu des rois tuer leurs enfants pour garder leurs trônes et des paysans renoncer à leurs libertés pour une bouteille d’alcool.

Et pourtant.

Et pourtant je n’ai pas perdu foi en l’humanité. Même si j’ai parfois l’impression que la mienne est étouffée par les âges et les souvenirs, j’ai toujours  la même ferveur en l’être humain. Nous commettons des erreurs, nous faisons du mal, mais nous en avons conscience et nous nous le reprochons tôt au tard. Il y a des exceptions, mais tant que la majorité a des remords, alors l’humanité mérite d’être préservée. À ce titre, moi, protecteur du peuple d’Henoch, ne peux rester face à cette femme qui la bafoue.

- Vous… [HURLEMENT]

La vache ! C’était proche ! Très proche ! Trop proche ! Pourquoi ce hurlement ? Plus important, il était trop fort et trop impressionnant pour être celui d’un loup normal. J’ai quasiment senti les feuilles des arbres autour de moi trembler sous l’effet de l’onde sonore. C’est très certainement le cri du loup géant. D’expérience, le prédateur n’hurlait que pour signaler un danger ou pour appeler ses compères pour une chasse… M’avait-il repéré tout à l’heure ? Allaient-ils emmener sa meute ?

- Un loup géant ! Nous devons partir avant qu’il nous trouve !

Sans attendre de réponse, je cours sur Capon pour essayer de le réveiller. L’animal ne réagit pas, il dort à poings fermés. Que faire ? Je ne le laisserai pas se faire manger ! Devrais-je encore le porter ?

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Dernière édition par Qrow le Mer 16 Nov - 9:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Wolves and Crows   Dim 23 Oct - 23:05

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— Ft. Qrow —



Au final, ta vie ne se résumait qu’en une accumulation de situations imposées par la Fatalité ; à commencer du jour même de ta naissance. Tu n’avais pas voulu de cette existence en plein conflit, tu n’avais pas voulu de la mort de ta Meute, tu n’avais pas voulu te retrouver ici, dans ce Monde, tu n’avais pas voulu te retrouver ici, à discuter avec cet humain, en usant de la plus horrible des hypocrisies envers ta propre origine ; peu importait tes souhaits, jamais ils ne pourraient surpasser la volonté d’un Dieu, quel qu’il soit. Et ce simple fait te désolait.

En tout cas, pour en revenir au présent, ton interlocuteur te retourna ton accusation, ce que tu n’appréciais définitivement pas. D’autant plus que, toi, à sa différence, ne te trimballais pas avec une lourde arme tranchante dans les mains ! Quelle importance, les humains étaient comme ça, après tout. Tu soupiras discrètement à sa provocation, ne prenant même pas la peine d’y répondre...

— Mon masque ne risque pas de t’ôter la vie, lui.

Trop tard. Finalement, tes mots tombèrent tout seuls, teintés d’un léger sarcasme. Le « choix de Xeu » comparait l’incomparable. En tout cas, tu ne comptais pas le retirer pour l’instant, son côté réconfortant se dévoilait d’une grande utilité, dissipant ton malaise. L’élu t’expliqua par la suite la nature de sa relation avec l’animal, qui s’avérait moins tortueuse que tu ne l’avais songé. Dans ta grande mansuétude, tu lui accordais le bénéfice du doute ; bien plus intéressée par l’étrangeté de sa situation. En fait, la similarité avec ta propre vie, antérieure à la succession de l’Esprit, te frappa ; à la différence de ton unique condition, ses paroles semblaient tout de même véridiques.

À peine commençait-il une nouvelle tirade qu’il fut interrompu par l’expression de l’animalité même ; un hurlement, si familier à ton ouïe, résonna, fuyant à travers les arbres. Tu ne t’en lasserais jamais, ce simple cri te rappelait énormément l’activité de ta Meute. Mais la panique que tu décelais chez ton interlocuteur te ramena bien vite à la réalité.

— Un loup géant ?

Un léger rire t’échappa mécaniquement, t’amusant insensiblement de la situation : c’était bien la première fois que tu rencontrais un Homme ayant peur des membres de ton espèce. En même temps, il s’agissait aussi de la troisième fois seulement qu’une de tes rencontres ne se déroulait pas dans le sang, mais découlait juste d’une conversation, apparemment normale. Bien.

— Je pense qu’il aura rapidement fait de nous retrouver à l’odeur, s’il en a envie.

Tu n’en doutais absolument pas. Puis, détournant le regard vers l’équidé et l’humain, tu constatas qu’il n’apparaissait pas décidé à sortir de son sommeil.

— Endormi, il est une proie de choix. Tu devrais rapidement trouver une solution, ou vous y passerez tous les deux, voire pire. C'est pour cette raison qu'il ne fallait pas venir ici, déranger l'équilibre parfait de cet endroit. Ce serait dommage que le sang, peu importe son origine, coule pour une raison aussi futile.

De toute manière, tu ne leur serais d’aucune aide et te justifiais de ta passivité pour une raison inconnue. Ta culpabilité te dérangeait un peu, essentiellement pour l’animal. Peut-être même te confortais-tu beaucoup trop dans ton estime de toi-même, ne te rendant même pas compte que le danger te concernait aussi, ici. Et se reposer autant sur ton frère, qui — Même s’il gardait actuellement le silence — te sauverait toujours la mise de tout son possible, pourrait t’apporter de bien tristes conséquences.

Restait à voir ce que ce fameux Qrow comptait faire pour sauver son âme et celle de son « compagnon ».

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MessageSujet: Re: Wolves and Crows   Mer 26 Oct - 21:07

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Capon n’est pas le plus valeureux des chevaux. Comme son nom l’indique si bien, c’est un couard de premier ordre. Si je devais nommer sa capacité spéciale, je l’appellerais « Fuite divine » car cet animal peut détaler à la vitesse du son quand il se sent en danger. Évidemment, j’exagère énormément la chose, ce n’est qu’un simple cheval, mais sa couardise m’a déjà donné de belles courses. Un animal avec du caractère en soi, rechignant à manger le foin trop sec ou trop humide. Son eau devait être claire et froide et sa crinière impeccablement brosser. Si l’une de ces demandes n’était pas satisfaire, alors il refusait tout simplement de bouger. Un vrai gamin.

Mais cela reste un compagnon de route formidable, et c’est pourquoi, faisant fi du danger et des remarques de la sauvageonne, je décide de soulever Capon. D’une manière ou d’une autre, je le fais basculer sur mon dos. Il est lourd, même s’il n’a pas encore atteint sa taille adulte. Loin d’être un poulain, il doit faire dans les quatre cents kilos. Vous trouvez ça irréaliste pour un humain de soulever autant ? Attendez de me voir sans ce foutu sceau. J’ai littéralement déplacé une montagne une fois.

Le principal problème est maintenant de se déplacer. Si la dernière fois que je l’avais porté, je n’eus qu’à marcher un demi-kilomètre avant qu’une âme charitable ne nous prête sa charrette ; cette fois les choses allaient être plus corsées. Avec un loup-géant aux trousses, et un sol jonchés de racine, de caillou, de boue et d’animaux potentiellement venimeux, je doute aller bien loin. Mais au moins, le canasson n’était pas directement exposé. Il dormait toujours d’ailleurs. Mieux valait prendre de la distance tant que c’était possible.

Toujours sans tenir compte de ma nouvelle connaissance, je m’apprête à m’enfoncer dans la forêt. C’est alors que je l’entends. Des pas lourds et lents. Il est là. Il est trop tard. Le combat semble être inévitable. Pourrais-je le faire ? Je n’ai pas d’autres choix. Étant immortel, je ne crains rien ; mais je ne resterai pas sans rien faire tandis qu’un ami se fait dévorer. Plus jamais je ne veux expérimenter cela de nouveau. Je lâche brutalement Capon au sol qui se réveille en sursaut. Je dégaine Diva qui se met alors à flamboyer légèrement. De la magie ? Qui ? La sauvageonne ? Le loup ?

Sortant de la pénombre, la bête qui nous observe depuis tout à l’heure bondit sur moi. Surpris, je n’ai que le temps de l’envoyer au sol avec ma main libre. L’envoyer au sol ? Ce n’était pas donc un loup géant qui venait de m’attaquer, mais… Un louveteau. Et deux autres sont en train d’attaquer la sauvageonne ! Que se passe-t-il à la fin ?

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MessageSujet: Re: Wolves and Crows   Jeu 27 Oct - 0:10

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— Ft. Qrow —



Alors comme ça, il le portait vraiment. Qrow t’étonnait, énormément. Déjà, tu venais d’apprendre qu’un Homme semblait capable de soulever le poids entier d’un cheval. Un point important à noter dans un petit coin de ton crâne, histoire de ne pas tomber sur de mauvaises surprises, à l’avenir. L’humain se préparait à fuir, s’engouffrer dans les profondeurs, mais avec son animal sur les épaules, il demeurait beaucoup trop lent. Ce ne serait pas suffisant.

Avant même que tu n’aies pu ouvrir la bouche, le choix de Xeu dégainait sa lame, semblant bien prêt pour combattre. Au passage, son cheval sauvagement lâché au sol semblait bien réveillé, désormais.

— Je rêve, tu ne vas quand même pas te servir de to-...

Ne te laissant même pas terminer ta phrase, un petit loup se jeta sur l’élu et deux autres galopaient en ta direction. Tu eus à peine le temps de le voir projeter le louveteau au sol — Fort heureusement, avec sa main libre et non son épée —, ce qui te poussa, évidemment, à lâcher une énième plainte :

— Hé ! Range donc ton arme ! Tu ne vois pas que ce ne sont que des bébés ? Un loup géant, tu parles...

Les mots ayant tout juste franchi la barrière de tes lèvres, les deux canidés te sautèrent dessus, dont un qui planta sa mâchoire dans ton bras. Bras que tu plaças devant ta personne en un réflexe salvateur. Normalement, ta peau devrait se régénérer d’une blessure aussi mineure... Mais elle ne se régénéra pas. Le sang s’écoulait légèrement de la plaie, mais rien de bien méchant, au fond, surtout d’un animal de ce gabarit. Tu avais vécu pire, bien pire ; pire que ce qu’un loup ne pourrait jamais te causer comme souffrance. Tentant donc d’activer les capacités offertes par ton frère, tout ce qu’il te semblait possible pour l’instant se résumait en de simples sphères d’énergie. Inutiles, notamment dans la situation actuelle.

Tu réussis, tant bien que mal, à te dégager de l’emprise des deux petits monstres, avant de détailler celui qui venait de te mordre. Te laissant bouche bée.

— Sakleysi...

Te noyant soudainement entre rêve et réalité, perdant légèrement notion de l’espace qui t’entourait, des bribes de lointains souvenirs te revenaient. L’époque où ta Meute se trouvait la plus complète. Il était le petit dernier, le plus jeune et faible de tous. Sa fourrure ébène et ses prunelles ambrées qui te fixaient intensément, n’amplifiait que plus ton impression. Tu le distinguais parfaitement, même dans la pénombre ambiante, ta vue bien habituée à vivre dans l’obscurité. Son pelage se fondait presque dans la nuit, pourtant, ce qui accentuait son regard flavescent.

Tes mains relevèrent, enfin, ton masque de ton visage, comme pour attester de ta vision d’antan qui se mêlait au présent.

« Von, Sakleysi n’est plus. Reprends-toi un peu. »

Ton frère avait raison. Tu ne t’en rendais toujours pas compte, mais le temps passé à garder la Forêt en tant qu’Esprit concernait bien d’innombrables années, sans que ton corps ne subisse le moindre changement ou que ton existence ne s’essouffle. Et ta dernière rencontre avec Sakleysi remontait à bien longtemps avant la succession. Aucune chance qu’il soit encore en vie, surtout ici, pas vrai ? Mais qu’importait, le louveteau face à toi lui ressemblait comme deux gouttes d’eau.

De toute manière, tu ne pouvais tout bonnement pas t’attaquer à eux ainsi, ce serait complètement insensé ; aussi insensé que les Hommes qui s’entretuaient.

— Ils ne doivent pas être bien méchants, au fond... Je peux peut-être essayer de... de...

De quoi, au juste ? De les calmer ? Tu l’aurais largement pu, dans ton monde originel, mais en Kosaten, la donne changeait... Et puis, tu te trouvais avec un humain. Ce qui devait sans doute jouer en ta défaveur. Tu te mordais la lèvre inférieure, nageant en pleine indécision. Peut-être pouvais-tu tenter de les amadouer ?

Hésitante, tu leur jetas juste un regard ; un regard qui signifiait tout, de ta nature profonde et similaire à la leur jusqu’à la plus grande preuve de ton être inoffensif.

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MessageSujet: Re: Wolves and Crows   Jeu 27 Oct - 18:47

Wolves and Crows
Diable ! Ce que j’ai eu peur ! C’était très rare que j’oublie à ce point que je sois immortel ; la preuve que la crainte de la mort ne quitte jamais vraiment l’homme, de ce que je vois. Si ça avait été le loup géant, mon pauvre mouvement de bras n’aurait pas servi à grand-chose. Je regarde le petit être qui venait de m’attaquer, avant de m’apercevoir que mon interlocutrice était assaillie par deux autres boules de poils, tout aussi menaçantes. Je ne vais pas utiliser mon tranchant contre des bébés, comme me le fait très gentiment remarquer la femme… Le dos de la lame suffira à les effrayer. Mais alors que je m’apprête à venir en aide à cette étrange sauvageonne, un mini hurlement retint mon attention. Le loup qui m’avait attaqué – mon adversaire – semblait ne pas vouloir que je m’aventure trop loin de lui. Il est sur la défensive, prêt à me bondir à la gorge. Sa fourrure blanche se hérisse et ses yeux rouges percent les miens. On aurait dit un fantôme. Mmh. Joli nom.

Sauf que moi, je n’ai pas envie de le combattre ! Surtout que la sauvageonne est aux prises avec deux louveteaux, elle.  Tant pis, je prends le risque ! Faisant fi de mon impressionnant adversaire, je pique vers la femme et agite mon épée pour éloigner les deux bêtes assoiffées de sang. Si seulement le feu de tout à l’heure était encore allumé ! Sans trop savoir comment, nous sommes maintenant encerclés par trois garnements loups.

- Ça va aller ? Tu n’es pas trop blessé ?

J’observe la réaction de la femme. Calme, elle offre un regard doux et empli d’amour envers les animaux. Ce n’est pas un de ces regards qui dit « c’est fini je suis morte » mais plutôt une prière envers la bonté de ces chenapans. Attend-elle qu’ils nous épargnent ? Car, j’ai beau penser à me défendre ou à la défendre depuis tout à l’heure, ils sont bien trop petits pour faire de réels dégâts.

Un hennissement fait sursauter tout le monde – en tout cas, les louveteaux et moi –. Agacé de s’être fait réveiller de la sorte, Capon charge ! Capon, le cheval peureux fait actuellement preuve d’un courage remarquable ! Le bruit de ses sabots fait fuir nos vils adversaires qui courent se réfugier en glapissant d’effroi. Tout fier de mon canasson, je ne me rends pas compte que c’était moi sa cible et finit par me faire renverser. Un cheval à la rancune facile, c’est tout ce qui me manquait.

Je me relève, jetant un regard noir au cheval qui va immédiatement quémander des caresses à la sauvageonne. C’était très rare qu’il le fasse. Peut-être existait-il des gens qui attirent les animaux ? Après tout, je suis le seul armé et c’est elle qui a été attaquée par deux louveteaux. Elle ne devait pas avoir la vie facile tous les jours.

Malgré la retraite des apprentis prédateurs, je reste sur mes gardes. Ce que l’on avait entendu un peu plutôt, c’était clairement un hurlement de loup adulte. Très adulte. Une telle fréquence et une telle force dans le cri… Cela ne pouvait être que le loup géant. Et si les louveteaux étaient ses petits… Oh nom de Xeu…

- Écoute, nous pouvons reprendre notre discussion plus tard. Je te propose de quitter cet endroit en utilisant Capon pour prendre de la distance. J’ai peur que les parents de ces terribles brigands ne viennent nous attaquer.

Partir sur Capon, c’était vite dit. L’animal me regarde d’un air renfrogné depuis tout à l’heure.

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MessageSujet: Re: Wolves and Crows   Sam 29 Oct - 3:30

Wolves & Crows

— Ft. Qrow —



Soulagée. Tu avais eu peur qu’il ne commette une grossière erreur, vu son agitation de toute à l’heure ; il t’avait quelque peu paniqué, au fond. Tu avais l’habitude des grands remèdes des Hommes, bien trop extrêmes, généralement pour pas grand-chose. Et ça t’inquiéterait beaucoup plus que n’importe quel loup. Par ailleurs, tu attendais très sincèrement l’arrivée d’une possible meute, mais apparemment ce ne serait pas pour tout de suite. Dommage, ça aurait donné une belle suite dans les événements.

Épuisée. Pas à cause de ta piètre blessure, non, tu en avais reçu plein, des morsures de ce type, par jeu ou par affection. Ton corps se trouvait juste plus fragile que la normale, surtout sans la moindre de tes capacités. Et en plus, comme si ce n’était pas suffisant, psychologiquement ton arrivée en Kosaten pesait extrêmement lourd sur ta personne. Sans compter le fait que tu semblais jouer à l’humaine, t’y intéressant, t’y confrontant, discutant, alors que la possibilité de ressentir autre chose que de l’aversion ou même de s’y mêler pour des raisons de survie frôlait le négatif, non ? Mais ce n’était sûrement pas le plus important, actuellement...

Bien décidée à ne plus agir, tu attendais patiemment que quelque chose se déroule dans la plus grande sérénité — Et inconscience — et n’avais pas réellement prévu que Qrow intervienne, agitant son épée pour tenir les louveteaux à distance. Il t’avait, au passage, demandé si ça allait, ce à quoi tu ne répondis pas, bien trop occupée à suivre les mouvements de sa lame qui te tracassait vraiment.

Mais comme pour te sortir de tes préoccupations, un hennissement retentit, suivi d’un cheval qui charge, de la fuite — Sûrement provisoire — des petits, ainsi que de la chute de l’élu. Rien que ça. Sur le coup, tu ne savais que dire, mais lorsque l’humain se releva et lança un regard noir en direction de son « compagnon », l’équidé de ta bien étrange rencontre se précipita en ta direction. Il réclamait quelques caresses, ce que tu ne te privas pas de lui donner.

— Il est vraiment sympathique, finalement.

Tu souriais, ne sachant plus vraiment si tu devais rire de la situation actuelle ou t’en trouver abattue. D’autant plus que l’unique responsable en était toi, qui avais voulu t’immiscer dans les problèmes de cet humain. Cet humain qui, désormais, proposait très sérieusement de t’aider à partir et de continuer la discussion plus tard. Tu aurais largement pu te débrouiller seule, en restant ici ou en fuyant, mais... tant qu’à faire, au point où vous en étiez.

De toute manière, il te fallait garder un œil sur lui, au cas où. Impossible de savoir ce dont cet élu serait réellement capable. Ce qui, au passage, allait dans le sens de ton frère, qui estimait connaître son « ennemi » — Au sens de l’humanité — comme primordial. Et puis, au fond, il piquait étrangement ta curiosité. En tout cas, Capon semblait peu enclin à sa proposition, mais vu son réveil particulièrement désagréable, rien de plus compréhensible. Il venait quand même de foncer sans la moindre cérémonie, mais (sûrement) pour de bonnes raisons, sur la personne avec qui il voyageait. Ce qui ne te concernait pas réellement, en vérité.

— « Utiliser » est un bien indigne mot pour un animal aussi noble que lui, mais... s’il est d’accord, je n’y vois pas vraiment d’inconvénients.

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MessageSujet: Re: Wolves and Crows   Mar 1 Nov - 12:20

Wolves and Crows
Je me remets des derniers évènements. Si nos vies n’avaient pas été en danger, nous avions quand même eu de belles frayeurs. De belles frayeurs qui pourraient devenir réalité si nous ne faisons rien pour partir de cet endroit. Ce satané Capon a quand même eu le mérite de réussir là où j’aurais échoué : faire fuir les louveteaux. Bien, s’il avait fallu leur faire du mal, je me serais senti coupable.

Comprenez-moi, la chasse n’est pas un mal. Elle permet de se nourrir et régule certaines espèces, quand elle est bien maîtrisée. Mais tuer de pauvres petits animaux, c’est juste ignoble. C’est comme s’en prendre à des enfants humains. Seul le lâche le faisait. Et les dieux savent que je n’en étais pas un.

Un peu plus détendu, je m’approche de Capon en écoutant ses légers hennissements de plaisir et les réprimandes de la sauvageonne. Pas de doute, elle est proche de la nature à un point de la considérer au moins comme égal. Pas que ça soit une mauvaise chose ; mais je devais mesurer sa dévotion avant de risquer de m’attirer ses foudres.

Je range Diva qui semble la mettre mal à l’aise. Ce n’était pas rare que d’aussi jeunes filles aient peur d’une aussi grosse et large épée. Je pose une main sur le canasson, pour le remercier de m’avoir sauvé et pour lui signifier que je ne lui en voulais pas. L’animal eut un mouvement brusque, risquant peut-être de heurter la femme : il ne voulait pas que je le touche ! Le capricieux me maudit de ses yeux bien trop expressifs pour un cheval. Je n’allais pas pouvoir monter sur son dos avant un moment. A contrario, il s’approcha de la sauvageonne et daigna baisser l’échine pour l’inviter. Le garnement.

Soupirant face à tant d’enfantillage, je me résous à devoir le suivre du mieux que je peux… En espérant que le loup ne me pourchasse pas.

***

Une trentaine de minutes passe. Nous sommes bien loin de l’endroit où nous étions et je me sens plus en sécurité. Un peu fatigué par ma marche forcée, je décide de m’assoir, prêt d’une flaque d’eau où Capon se désaltère. Je m’assois, reprends mon souffle et entame la discussion.

- Nous avons débuté cette relation du mauvais pied, il me semble. Encore une fois, je m’appelle Qrow. Et vous ?

J’aime connaitre le nom des gens, cela en disait beaucoup sur eux. Pas le mot en lui-même, mais la manière de se présenter. Formel ? Simple ? Mot-phrase ? C’est un bon moyen de dresser le portrait de quelqu’un.

- Je suis un élu de Seika ; je viens d’un autre monde que celui-ci.

Pour l’instant, je ne trouve pas cela nécessaire de cacher mon appartenance à ma nation. J’étais en Minshu après tout, un pays ami du Phoenix.

- Je traverse cette forêt pour rejoindre un village de l’autre côté. Cela dit, je vais plutôt la contourner pour mon retour : trop dangereuse.

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MessageSujet: Re: Wolves and Crows   Mer 2 Nov - 23:03

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— Ft. Qrow —



Il avait l’air sacrément rancunier, ce cheval. Même s’il semblait refuser tout ordre de l’humain, Capon t’invitait carrément sur son dos, là ! Mais ça flattait pas mal ton ego quand même, alors tu acceptas son offre non sans un léger sourire en coin. Honnêtement, tu te sentais un peu coupable, ayant l’impression de profiter de la situation. Ce fut sans attendre, après une petite demi-heure de trajet, que tu reposas pied à terre, pendant que Qrow se reposait et que son compagnon s’abreuvait.

Enfin, il relança la discussion, et puisqu’il avait rangé sa lame un peu plus tôt, pour ton plus grand plaisir, tu pensais que cela pourrait peut-être se dévoiler intéressant, après tout. Surtout que votre rencontre avait commencé du mauvais pied, oui. Et particulièrement par ta faute, tu te l’avouais. Il semblait insister pour qui tu lui donnes ton prénom, et cette fois-ci, tu t’exécutas.

— Von. Juste Von.

Un mot sûrement dénué de signification pour sa personne. Il continuait sa présentation par le fameux délire d’élus. Pour toi, la faction à laquelle il appartenait t’importait peu. D’ailleurs, il s’agissait là d’une énième notion qui t’échappait encore. Des camps, plus ou moins adverses, dans lesquelles vous étiez importés de votre Monde, sans même choisir votre destination et cela devrait vous définir ? Et vous obéiriez tout en propageant leurs idéaux ? Futilité. Il se présentait en tant qu'élu de Seika, sans la moindre demande de ta part à ce sujet. Élu de Seika. Tu ne savais pas depuis combien de temps Qrow se trouvait ici, mais en tout cas, cela devait faire suffisamment longtemps pour qu’il se désigne lui-même tel qu’on le lui avait imposé.

Tu ne te soumettrais pas à une volonté comme celle-ci ; le seul camp que tu approuvais, c’était le tien. Toutefois, puisqu’il voulait certainement connaître ton affiliation et que ce fait semblait important pour conserver une certaine affinité, peut-être devrais-tu t’y contraindre, au moins cette fois-ci.

— Je suis une élue de Minshu, d’après ce que l’on m’a dit.

Une pause, le temps de dégager quelques mèches de cheveux et désigner le tatouage sur ton front, même si dans l’obscurité, l’humain ne devrait pas en distinguer grand-chose.

— Et ce que ce serpent démontre. Même si je ne comprends pas vraiment ce que ça signifie, « être un(e) élu(e) ». Mis à part le fait d’avoir été arrachée à mon Monde, bien sûr.

« Arrachée », parce que tel en était véritablement le cas. Et inexorablement, la simple transition en Kosaten commençait à te changer, tu le sentais. Parce qu’au lieu de te faire attaquer sans ménagement par les Hommes, ils engageaient simplement la conversation. Et tu prônais de moins en moins la méfiance et l’agressivité, pas réellement nécessaires dans toutes les situations. Parce qu’ils étaient différents ; tu voulais sincèrement y croire, au fond. Pas tous, mais certains. Et ça t’intriguait, tu ne connaissais rien d’eux, rien de ton soi-disant « ennemi » autoproclamé, à l’exception de la profonde et cruelle nature humaine.

Dans la tentative de chasser toutes ses pensées de ton esprit, tu enchaînas :

— Un village, hein ? Je ne connais pas vraiment les environs, mais je pense qu’il doit y avoir bien plus dangereux que cette forêt. Enfin, ce n’est sans doute pas plus mal, tu pourrais tomber sur ce fameux « loup géant » en repassant par là.

Peut-être qu’on pouvait y déceler une légère pointe d’ironie, sauf qu'en vérité, tu aurais beaucoup apprécié rencontrer cet animal en personne. Mais les questions te brûlaient les lèvres, finalement. Étrangement, pas vrai ?

— Mais dis-moi... Depuis combien de temps te trouves-tu ici ? Tu me sembles bien accommodé à cet endroit ; à Kosaten.

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MessageSujet: Re: Wolves and Crows   Ven 11 Nov - 14:42

Wolves and Crows
La demoiselle, ou devrais-je plutôt l’appeler Von, semble maintenant moins agressive. Comme je venais de le dire, notre relation avait mal débuté. Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive : nombre de gens essayent d’abord la manière forte avant de s’adoucir. Je n’étais pas spécialement belliqueux, mais si on me chercher, je répondais sur le même ton. Œil pour œil.

Ainsi donc, Von avoua être une élue de Minshu. Je pris quelques secondes pour regarder le sceau sur son front. Le peu de lumière rendait l’identification difficile, mais j’en vois néanmoins les pourtours. C’est à cela que ça ressemble alors ? Il valait mieux s’en souvenir ; mes futurs alliés allaient l’arborer. Elle questionna par la suite le statut d’élu des Dieux. Je confesse que moi-même, ayant dédié ma longue vie à Xeu, je ne pourrais donner une définition exacte. C’est pour cela que je m’abstiens de lui répondre et écoute plutôt la suite de son discours.

- Plus dangereux que cette forêt ? Il y a assurément les Fuyujins. Je n’en ai jamais vu un, mais ils sont de féroces combattants, élus d’un autre dieu agressif.

J’avais dit cela sans vraiment me soucier du contexte. L’information doit circuler : Fuyu est dangereux.

- Je suis ici depuis… Je ne sais pas à vrai dire. Trois ou quatre mois… Le temps d’ici s’écoule très différemment de mon monde. Toujours soixante secondes, soixante minutes, vingt-quatre heures, sept jours… Mais ils n’ont pas la même durée. A vu de nez, une journée chez moi correspondrait à deux jour et demi ici. Je suis un peu perdu, c’est la première fois que j’ai à convertir du temps.

Pendant que je parlais, Capon était revenu vers Von, bien décider à se rendormir. Sentant le danger et la gêne de devoir une nouvelle fois le porter, je me lève et lui fais signe de venir me voir. Naturellement, il me fait la tête. Je sors alors quelques graines de ma poche. Il fait la moue. Détourne les yeux. Rechigne. S’avance un peu. Sent les friandises dans ma main. Hennit de déplaisir. Souffle. Succombe. Pendant qu’il dévore honteusement la nourriture, je lui caresse le museau.

- Petite teigne, va.

Tel un enfant rabiboché avec son parent, le cheval réagit timidement aux caresses avant d’entièrement se laisser faire. Je pars ensuite vers la sauvageonne, lui tendant la main pour qu’elle se relève. La pause avait été courte, mais notre hâte pourrait être salvatrice. Nous ne sommes pas à l’abri de parents loup cherchant à nous tuer.

- Et vous ?  Depuis combien de temps êtes-vous là ?

Sans attendre, je me remets en chemin, sur le dos du dorénavant docile Capon. J’invite ma compagne de la soirée à faire de même ; le canasson était assez costaud pour nous supporter tous les deux. J’espère.

- Dans mon monde, je suis aussi un élu d’un Dieu. Je combats le Mal qui s’empare du cœur des Hommes depuis… Une éternité. J’ai déjà été confronté à des personnes qui mettaient la vie d’une forêt avant la leur. Si je puis me permettre, êtes-vous une Sylve ?

Ce féroce peuple guerrier qui m’avait donné beaucoup de fil à retordre. Tellement dévoué dans leurs intentions qu’ils avaient ouvert une énorme porte au Mal. Une armée de soldat des forêts, souillé par le fléau. J’ai dû tous les exterminer, y compris les plus jeunes. L’infection était trop avancée, à mon grand regret. Depuis, je fais très attention aux motivations des peuples. Certains prennent les choses… Trop à cœur.

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MessageSujet: Re: Wolves and Crows   Dim 13 Nov - 22:32

Wolves & Crows

— Ft. Qrow —



— Je ne comprends pas.

Ce qu’il te racontait là dépassait ton entendement, concernant ces fameux Fuyujins.

Décidément, tu ne comprenais vraiment pas.

— Si ce sont des élus, comme toi ou moi, pourquoi seraient-ils si féroces ? Bien sûr, je pense l’humanité foncièrement mauvaise. Mais ce que je sais aussi, c’est que ce n’est pas un insignifiant tatouage tel que celui-ci qui changera le fond d’un être. C’est stupide de penser ainsi. Tu n’en as toi-même jamais vu, selon tes dires. Au fond, ce que tu me dis là ne sont que des rumeurs. C’est typique de l’Homme, de juger tout un groupe, d’autant plus fondé contre les volontés, de cette façon.

Malgré ton discours pouvant apparaître quelque peu contradictoire par moment, il te semblait sincèrement manichéen d’oser classer le moindre élu portant la marque du Dragon dans la catégorie « dangereux ». Aucun de vous n’avait souhaité se retrouver ici, premièrement. Puis, en prenant ton exemple, ton appartenance à Minshu ne changeait pas ce que tu étais, pas vrai ? Pourquoi cela serait le cas concernant une autre faction ? En tout cas, il te semblait bien patriote. Peut-être qu’il n’avait pas complètement tort, que certains élus de ce Royaume causaient pas mal de dégâts — Ce qui ne t’étonnerait même pas, un humain restait un humain —, mais de là à tous les désigner ainsi, sans la moindre connaissance ?

Non ; décidément, tu ne comprenais vraiment pas.

Puis, il t'énonça des chiffres, des calculs, n'ayant comme résultat que de t’annoncer qu’il devait se trouver ici uniquement depuis quatre mois, tout au plus. Tu méditais tout son discours, légèrement compliqué sur les bords, en observant Capon. Tu ne pensais pas que le Temps se mesurait ainsi, à l’aide de chiffres et de mathématiques, mais se vivait. Toi, malgré ta légère connaissance des définitions humaines sur ce concept, comptais en nuits ou en lunes, sans t’embêter à devoir y apposer noms et règles. Savoir que le Temps ne cesserait jamais sa course effrénée, peu importait les événements, demeurait amplement suffisant pour comprendre qu’il fallait tout simplement en profiter pleinement.

Ton regard fixait inlassablement l’équidé, détaillant son comportement avec l’Homme. Honnêtement, tu le prenais volontiers comme preuve de sa bonté. Profiter d’une telle relation avec un animal ne pouvait être qu’un signe positif, non ? Cela dit, tu possédais certaines limites : ce court instant passé en sa compagnie ne t’avait pas poussé à apprécier l’élu de Seika, tout d’un coup. Seulement, ton envie de combler ton manque de connaissances prenait véritablement le dessus, et ce fait commençait légèrement à t’inquiéter. D’ailleurs, tu hésitas longuement face à sa main tendue, durant plusieurs secondes de réflexion, avant de finalement te passer de son soutien. Pour l'instant, tu ne désirais aucunement de l’aide d’un humain.

Enfin, suite à sa répétition de ton interrogation, tu lui répondis tout en t’efforçant d’employer une notion qu’il connaissait.

— Quelques semaines, tout au plus.

Pas assez longtemps pour en comprendre les rouages et mécanismes qui régissaient ce monde et leurs Hommes, sans compter les idéaux que tu étais censée porter en soi-disant élue.

Tu grimpas, toi aussi, sur le dos du cheval, le remerciant intérieurement, bien intéressée par les dires de l’auto-proclamé « choix de Xeu ».

— Tu combattais le Mal qui s’emparait du cœur des Hommes ? Est-ce seulement possible ? Purger un être dont les racines même semblent corrompues... Vraiment ?

Dubitative.

Tu restas muette concernant la suite de ses paroles, qui pouvaient correspondre à ta situation passée d’une certaine manière, même si actuellement, il n’en était plus rien. Par ailleurs, ces événements prirent place bien contre ton gré : tu n'étais pas réellement une adepte des bains de sang, après tout.

En tout cas, ses derniers mots te perturbèrent quelque peu.

— Une... Sylve ? Non. Bien sûr que non. Je ne suis rien de tel. Je ne suis... rien de si important, je suppose.

À vrai dire, tu ne comprenais pas réellement ce qu’il entendait par ce terme, imaginant juste qu’il devait s’agir d’un ethnie particulière ou quelque chose du genre. Mais ce que ton esprit avait rigoureusement bien assimilé, c’était que ton existence ne représentait aucun intérêt. Véridiquement. Incapable du moindre acte transcendant. Tu ne devais pas oublier, Von, que sans ton frère, tu ne pouvais rien faire ; pas même défendre ta propre personne contre l’injustice du monde.

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MessageSujet: Re: Wolves and Crows   Mer 16 Nov - 9:13

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Je ne peux m’empêcher de rester bouche bée devant autant de… D’innocence. Naïveté candide ou résultat d’une vraie réflexion ? La sauvageonne avait fait preuve de plus d’humanité dans sa phrase qu’il n’en restait en moi. Elle avait… Marquer un point. Non. Elle a raison. Qui suis-je pour juger des inconnus que je n’ai jamais rencontrés ? Je n’ai fait que voir les dégâts des élus de Fuyu, les identifiants par leurs méfaits sans me poser les questions suivantes : quelles sont leurs motivations ? Sont-ils tous ainsi ? Ne sont-ils pas dans le même cas que moi ? Si je n’ai que très peu d’espoir de rencontrer quelqu’un de mon monde, je ne devais pas me fermer aux rencontres avec les élus ; comme à l’instant, je pouvais en profiter pour en tirer des leçons.

- En effet, j’ai peut-être joué à la commère. Excuse-moi.

Dis-je en affichant un sourire gêné. A-t-elle conscience qu’elle vient de sermonner un homme de plus de cinq mille ans ?

Je réagis d’un haussement de sourcil quand elle m’annonce qu’elle est là depuis quelques semaines. Une très nouvelle élue, donc. Suis-je la première personne qu’elle rencontre ? Cela expliquerait sa réaction en me voyant. Après tout, il ne semble y avoir aucun autre humain dans cette forêt. Moi aussi je me serai méfié si j’avais croisé une personne alors que cela fait un bon moment que j’erre dans un endroit totalement inconnu et désert.

Nous montons donc sur le calme Capon qui s’élance un peu plus lentement. Après mon explication et ma question, j’ai droit à plusieurs réponses. Apparemment, ce n’est pas une Syvle. Ce vaillant peuple guerrier, protecteur des terres forestières d’Anrat, était de toute façon trop imprévisible ; si Von avait été l’une d’eux, elle m’aurait déjà très certainement coupé la gorge… Ou fuit. Une fois, un guerrier dont j’ai épargné la vie m’a même demandé en mariage. Bref.

- Oh je vois. Ne te déprécie pas ainsi, les Sylves sont… Spéciaux.

L’autre réponse, bien qu’une question, est beaucoup plus intéressante. Déjà, parce qu’elle fait face à une confusion présente depuis… toujours. Je souris donc en expliquant :

- Le Mal que je combats n’est pas la bêtise humaine. Il n’a rien avoir avec les sentiments négatifs ou les actions des hommes… Enfin si. Pour lui, c’est une porte d’entrée.

Mmh, toujours aussi difficile de l’expliquer.

- C’est une malédiction. Une maladie qui donne des pouvoirs à ceux qu’il infecte. Des pouvoirs dangereux et mortels. Pour se répandre, le Mal entre par chaque faiblesse du cœur. Colère, tristesse, passion et quelques fois même, bienveillance.

Ma voix prend un ton plus grave, presque sombre. Von ne pouvait pas le voir, car elle était derrière moi, mais mon regard se mit à suivre le sol, sans vraiment le regarder.

- Il n’y a que deux remèdes à ce fléau. Mon épée, dont la lame purifie toute chose. Et… la mort.

Encore une fois, mon timbre de voix change sur le dernier mot. Combien de fois avais-je du prendre la vie d’infecté, en état trop avancé pour être purifié ? Rois, paysans, enfants. Je me souviens de toutes mes victimes, autant que je me souviens de tous mes enfants. C’est un devoir. Oh ? Le vieillard que je suis recommence à radoter. C’est encore plus inquiétant quand on se rend compte qu’on radote à soi-même. Comprenant que j’avais peut-être amené la conversion dans de bas endroits, je décide de changer de sujet.

- Aimes-tu le - [HURLEMENT]

Que ? Encore quand je parle ? Il le fait exprès ? Le loup géant. Son cri fait de nouveau trembler les feuilles des arbres. Malheureusement pour nous, Capon manifesta sa peur. Surpris par le hurlement détonnant, il perd son sang-froid et décolle subitement ses pattes avant du sol. Par réflexe, je m’agrippe à la crinière du canasson d’une main et colle l’autre dans le dos de Von, la plaquant contre le mien. Il ne fallait surtout pas qu’elle tombe maintenant, Capon s’apprêtait à fuir et elle n’aurait pas le temps de le rattraper.

Je n’ai pas attendre longtemps pour que cela arrive ; le cheval peureux fonce droit devant, pour échapper à l’animal qui a poussé ce cri. Le problème, c’est qu’il n’y avait aucun moyen de savoir si nous nous rapprochions de lui ou si nous nous en éloignons : la forêt est tellement dense que l’écho du hurlement empêche toute localisation. Je tente donc de freiner Capon, à coup de talon sur les côtes et de petites tapes sur le cou ; mais rien n’y fait. Instinct de survie ? Venant de celui qui n’avait pas réagi à la dernière attaque ?

Soudain il s’arrête, manquant de me projeter moi et la sauvageonne – si elle est encore avec moi – en avant.  Droit devant nous. Le loup géant.

- Von, il faut…

- QUITTEZ MA FORÊT !


Ce loup vient juste de parler ?

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