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Le Bal des vampires
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MessageSujet: Le Bal des vampires   Mar 8 Nov - 23:35





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Plusieurs jours étaient passés depuis mon retour d'Hibana. Ma compagne avait été empoisonnée lors de notre dernière mission, et même si j'avais pus sauver sa vie au cours d'un rituel sordide où j'avais brisé l'âme des sectaires qui l'avaient empoisonné pour alimenter ma magie et affaiblir la toxine, le métabolisme de la druidesse avait beaucoup de difficultés à se remettre de cette invasion. J'avais depuis dédié tout mon temps libre à élaborer un antidote à cette toxine pour éviter qu'elle ne cause plus de problème a l'avenir.

J'avais besoin de plus de ressources pour avancer mes travaux, de ressources plus rares que celles des réserves de la boutique. J'avais laissé Aki en compagnie d'Orina, la première encore relativement faible, afin qu'elles veillent l'une sur l'autre. La charrette me permettait de voyager relativement rapidement dans le territoire du phénix et de transporter d'importante quantité de matière première. Trois jours de voyage passèrent avant que je n'atteigne la forêt tropicale de Seika, un lieu que je connaissais très bien maintenant, puisqu'il s'agissait de l'un de mes lieu de récolte les plus utilisé, principalement a cause de sa faune abondante et de sa proximité avec Chikai.

Ma lourde cape d'hivers protégeait mon épiderme des quelques rayons solaires qui n'étaient pas bloqué par le feuillage des arbres. L'odeur de verdure et les bruits d'animaux qui envahissaient l'air me faisaient presque oublier mes inquiétudes vis à vis d'Aki. A n'en pas douter, la druidesse aimerait l'endroit. Probablement que c'était ici qu'elle venait se ressourcer quand la ville l'insupportait. Je me dirigeais vers l'un des endroits où les plantes m'intéressant proliféraient le plus. Un énorme arbre moussu était planté sur une petite colline, entouré d'une abondance de fleurs et de plantes aux vertus médicinales. Je m'accroupissais au niveaux des plantes avant de faire courir une fine couche d'énergie sur mon index avant de commencer ma récolte en sectionnant méticuleusement celles dont j'avais besoin pour mes recherches.


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MessageSujet: Re: Le Bal des vampires   Lun 14 Nov - 7:27

Deux ans.
La « nouvelle », si on pouvait l’appeler ainsi, avait légèrement choqué la semi vampire. Elle était ici depuis deux ans désormais. Bien sûr, personne n’avait pris la peine de lui annoncer de façon franche et directe : c’était elle-même qui, en demandant la date, puis en faisant un rapide calcul, avait pu le déterminer. En soit, ça ne l’avait pas « choqué » à proprement parler … mais sans trop qu’elle sache pourquoi, elle avait ressenti un genre de pression s’abattre sur ses épaules. Elle avait recommencé à laisser les jours défiler sans leur prêter la moindre importance. En plus de 750 ans, ce genre de « crises », plus ou moins passagères, l’avaient touché plus d’une fois, certes … Mais elle détestait en émerger. Désormais, elle se retrouvait là, avec son constat, et une certaine mélancolie. Elle eut une pensée pour sa famille, se demandant si le changement de dimension affectait d’une manière ou d’une autre l’écoulement du temps … Certes, c’était un peu ridicule de sa part : dans le même genre, elle avait de par le passé fait bien pire en termes de moments d’oublis … Mais l’idée qu’elle ne puisse avoir aucune nouvelle, n’envoyer aucun message ou quoi que ce soit la perturbait.

Elle ruminait encore des pensées de ce genre alors qu’elle remontait le long d’une route, seule. Les vieilles habitudes ayant la vie dure, elle avait adopté une position des plus « classiques » pour voyager : marcher, les épaules légèrement voutées, les mains fourrées dans les poches, et un sac porté en bandoulière ballotant doucement contre ses reins. Elle ne savait pas très bien où elle se rendait : à vrai dire, même la carte de Kosaten lui échappait encore un peu … quand bien même elle en transportait un exemplaire avec elle, elle ne la consultait que pour savoir dans quel pays se trouvait tel ou tel bourg qu’elle traversait. Du reste, entre les quelques missions de mercenariat qu’elle prenait ça et là, et parfois une chasse lorsque l’envie l’en prenait, elle occupait son temps… Et la perte de ses pouvoirs, à ce sujet, était assez préoccupante. Elle qui s’était habituée à affronter des gibiers de plusieurs fois sa taille et son poids se retrouvait en difficulté face à de bien plus petites créatures … et ce n’était pas dû au monde, mais bien à elle. Elle était moins vive, moins violente … Moins endurante. Moins un peu tout, en réalité. Seul son intellect perdurait, mais là en revanche, elle souffrait de lacunes en termes de lieux, faune … plantes … Alors qu’elle s’arrêta au milieu du sentier, elle se tourna sur le côté. Une colline, surmontée d’un grand arbre feuillu, et sur laquelle étaient disséminées nombre de plantes à l’allure plus ou moins particulières … une idée saugrenue lui vint. Elle avait appris l’alchimie sur son monde au côtés d’une sorcière, qui lui avait enseigné les plantes, leurs effets, et que pouvaient produire des décoctions particulières. Ne pouvait-elle pas faire de même ici ? Bien sûr, avoir un professeur particulier lui dispensant des leçons ne faisait pas partie de ses projets d’avenir immédiat, mais … En revanche, elle pouvait toujours prélever plusieurs spécimens différents, et les présenter par la suite à un spécialiste pour demander des avis. Après tout, ce genre de savoir pouvait s’avérer être un outils des plus pratiques, pour quelqu’un qui menait son style de vie …

Montant la côte en s’éloignant du couvert des branchages, elle rejoint en quelques dizaines de secondes un emplacement qui lui parut approprié, et se concentra alors qu’elle sortait une main de ses poches … Les os craquèrent, se réorganisèrent en un instant. Les chaires s’affinèrent, jusqu’à sembler disparaître. Les doigts s’allongèrent, et s’effilèrent : en une poignée de secondes, ses mains étaient transformées pour laisser apparaître ses redoutables griffes de chasseuse … Qui, ici, ne feraient pas couler la moindre goutte de sang : elle comptait juste s’en servir comme outil de cueillette. Fouillant un instant son sac, elle en sortit un carnet encore neuf, qu’elle avait pu avoir quelques temps plus tôt, et entreprit, à chaque fois qu’elle voyait un végétal digne d’intérêt (c’est-à-dire qu’elle ne connaissait pas, ou pas une simple herbe), de délicatement le déposer entre les pages, qu’elle tournait au fur et à mesure. Bien sûr, il y avait bien mieux comme moyen de conserver des plantes, mais elle ne se sentait ni l’énergie ni la patience d’aller à la ville prochaine, acheter du matériel spécial, et revenir. Quoi que … Elle avait énergie et patience en quantités … Ce n’était peut-être juste pas le cas de sa motivation.

Cependant, alors qu’elle s’affairait ça et là sur la coline, les yeux au sol … Une de ses oreilles tiqua. Elle percevait des bruits de pas, qui se rapprochaient. Presque par réflexe, elle puisa en elle, et se mit à dégager un fin nuage de fumée blanche, qui la recouvrit … Puis se dissipa, laissant l’elfe complètement disparue. Mais si cette dernière avait effectué son pas de brume à la perfection, elle n’en était pas satisfaite. Trop lent. Les fumées restaient trop longtemps après sa disparition. Elle avait même eu le temps de voir, avant de devenir totalement invisible, une silhouette percer l’orée des bois … Si cette dernière ne l’avait pas vu, ça n’avait rien de surprenant. Lâchant un petit soupire, elle l’observa s’approcher lentement, et … Bientôt s’atteler à la même tâche qu’elle. Vu l’apparence pour le moins atypique de l’individu, elle s’était attendu à un guerrier, quelque chose de ce genre … Mais il ne semblait définitivement être venu ici que pour la collecte de quelques représentants de la flore locale. Restant figée pendant peut-être plusieurs dizaines de secondes, l’hybride vampire finit par sentir une légère fatigue s’installer, et laissa son pas de brume se dissiper, la rendant rapidement de nouveau parfaitement visible, immobile qu’elle était au milieu des plantes. Les mains dans les poches, elle finit par s’approcher d’un pas lent mais régulier, réduisant la distance entre les deux individus jusqu’à se tenir à peut-être 3 mètres, environs. Une distance plutôt « confortable », en quelques sortes …

Bonjour … Excusez-moi de vous couper pendant votre cueillette, mais … Est-ce que je pourrais vous poser quelques questions ? Rien de privé ou quoi que ce soit … Disons juste que je m’intéresse aux plantes du coin, et j’aurais aimé en savoir un peu plus.


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MessageSujet: Re: Le Bal des vampires   Sam 19 Nov - 12:11





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La zone environnante n'était pas très facile à pratiquer. Alors que je commençais à récolter mes plantes, je sentais que quelque chose d'anormal était proche, une faible aura magique derrière moi. Je sentais en plus une odeur d'humidité particulièrement concentrer venir de la même direction, ainsi que de faibles bruits étouffés. Je levais silencieusement ma barrière tout en continuant mon activité.

Quelques secondes s'écoulèrent pendant lesquelles je récoltais méthodiquement mes plantes, avant que je ne sente la magie qui se trouvait derrière moi se dissiper et une voix hésitante se faire entendre, me demandant si je pouvais l'informer sur les plantes environnantes. Je répondais à la voix féminine sans me retourner et sans aucun signe de surprise.

"Tu te montre enfin ? J'imagine bien que ce genre de tour marche bien contre des gens ordinaires qui se fient trop a leur vue, mais ton odeur, les bruits que tu fais et l'énergie que tu utilise pour te cacher sont parfaitement perceptible. Tu devrais travailler dessus à l'avenir."


Je me relevais doucement pour faire face à mon interlocutrice. C'était une femme d'une taille plutôt supérieure a la moyenne, a la carrure fine, recouverte d'une armure de cuir. Elle possédait, comme moi, des iris jaunes, une peau grise et des cheveux assortis. Je croisais les bras, avec un air légèrement hautain comme a mon habitude, avant d'entamer ma propre conversation, outrepassant celle que la femme avait tenté d'engager.

"Tu ne m'as pas l'air très humaine, voyageuse. Quelle est ton histoire ?"


Une aura plutôt sombre pouvait être sentie autour d'elle, ce qui contrastait étrangement avec la timidité dans sa voix. Ce n'était pas une aura magique, mais plus une impression omniprésente qui émanait de son physique.  


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MessageSujet: Re: Le Bal des vampires   Lun 21 Nov - 7:43

a vampire avait détourné les yeux, quelques instants. D’ici, la cime des arbres était parfaitement visible … L’espace d’un instant, elle s’imagina escalader l’un d’entre eux, et se poster à son sommet pour observer les environs. Une bagatelle pour elle, et ce même avec la « piètre » condition physique dont elle souffrait actuellement … Question d’habitude. Cependant, elle se sentit presque « obligée » de tourner la tête de nouveau vers l’homme lorsqu’il apporta une réponse à sa … Encore que non, il ne répondait pas le moins du monde à la question qu’elle lui avait posé. Haussant un sourcil, la blonde retint un soupire marqué en l’observant se redresser, puis se tourner vers elle. Qu’il l’ai détecté ne la surprenait pas particulièrement : même sur son monde, le pas de brume n’était pas forcément réputé « infaillible » … face à certains individus d’exception. Cependant, lui sortir de travailler sur des points comme son odeur ou les sons qu’elle émettait … Pouvait-elle être plus silencieuse qu’en se tenant parfaitement immobile ? La seconde question qu’il lui posa, cependant, fit légèrement incliner la tête vers l’avant à la chasseuse … Qui émit même un petit rire. Laissant deux oreilles pointues sortir temporairement de sa chevelure, elle releva ses iris dorés, les rivant dans ceux de son vis-à-vis sans perdre son sourire … Même si ce dernier n’était pas visible à cause de son masque.

Pour être tout à fait honnête, je n’ai jamais été plus d’à moitié humaine… Et ça, même des individus avec des sens tout à fait ordinaires et une maîtrise magique relativement faible, sinon nulle, ont toujours étés capables de le remarquer.

La remarque, plus placée sur un ton joueur que celui d’un véritable reproche, ne correspondait pas réellement à l’habituel air sévère qu’adoptait la chasseuse … Mais cette dernière n’avait pas forcément envie de conserver son sérieux habituel. Ce dernier était teinté d’un certain respect, qu’elle réservait aux inconnus … Mais pour ceux qui la prenaient de haut sans même savoir quoi que ce soit d’elle, elle avait quelques réticences à le montrer. Enfin … Après, certains individus un peu bourrus n’étaient pas dénués d’intérêt, mais simplement … trop pressés d’aller directement à l’objectif. Le fond était bon, pas la forme, en somme .. Ceci étant, elle n’allait pas arriver à grand-chose si elle prenait chaque chose qu’il lui disait avec un sarcasme. Laissant échapper un soupire en gardant ses mains dans ses poches, elle prit une paire de secondes pour réfléchir à quoi répondre, avant de hausser les épaules.

Je dois avouer que je n’ai rien de prévu de la journée … Mais ce n’est pas pour autant que j’ai tant envie que ça de la consacrer à raconter mon passé. Disons simplement que je suis une élue, probablement comme vous, et qui provient d’un monde qui … Laisse ses traces sur ses habitants. Là encore, j’ai l’impression de ne pas être la seule … Même si votre lieu d’origine n’est peut-être pas aussi sombre que l’endroit d’où je viens.

Plus elle l’observait, plus elle ne pouvait s’empêcher plusieurs points assez … « amusants », en quelques sorte. La couleur de sa peau, en premier lieu. Celle de ses longs cheveux également, qui pouvait être due a un grand âge … Mais ne semblait pas particulièrement l’être, vu ses traits. Ses yeux, bien entendu, qui étaient de la même teinte que ceux de la traqueuse … Et enfin, sa tenue. Val’ savait parfaitement que sa tendance à toujours porter un manteau de cuir long et épais n’était pas commune : trouver quelqu’un qui l’imitait sur ce point, alors qu’ils étaient en plein soleil … Le fait était relativement amusant. Relevant légèrement le menton, une question vint lui traverser l’esprit … S’ils étaient tous les deux élus – et ils l’étaient probablement - … De quelle nation était celui-ci ? La vampire savait qu’une guerre avait éclaté sur ce continent, opposant son pays et celui auquel il était allié, avec le troisième … En gros, elle avait deux chances sur trois d’être avec un « ami ». Bien sûr, dans un territoire tel que celui où elle se trouvait, elle avait peu de chance de voir un élu de la « mauvaise » nation… Mais dans le même temps, elle préférait, comme à son habitude, ne pas prendre de risque à ce niveau-là. Autant ne pas aborder le sujet.

Du reste, je n’ai pas inventé le pas de brume, la technique qui me rend invisible … Et ce n’est pas faute de m’en être servi des siècles durant et de l’avoir perfectionné du mieux que je peux, pour ce qui est de la maîtrise que j’en ai. Simplement, de la même manière qu’un mage novice ne parviendra a conjurer que de piètres sortilèges … Privée de la force qui était mienne par le passé, je suis moins efficace lorsque je tente de me dissimuler, désormais. Ceci dit … Je n’avais pas forcément besoin de me dissimuler, n’est-ce pas ? La question se voulait rhétorique, dans la mesure où ils étaient à présent en train de converser tranquillement. Et pourtant, la semi-vampire se fit la remarque que s’il décidait brusquement d’être agressif … Si. Elle allait avoir besoin de se dissimuler. Vite, et efficacement. Passant le sujet sous silence dans son esprit, elle finit par reposer la question qui l’intéressait vraiment. Sinon … Vous ne m’avez pas répondu. Vous pourriez être disposés à m’apprendre une ou deux choses, pour les plantes de la région ?


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MessageSujet: Re: Le Bal des vampires   Sam 26 Nov - 13:46





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L'étrangère semblait prendre avec amusement ma question concernant son humanité. Je voyais ses pommettes se tendre légèrement, témoins probable d'un sourire qu'elle esquissait en penchant la tête en avant, dévoilant une paire d'oreilles pointues. Elle disait qu'elle n'avait jamais été qu'à moitié humaines, et que même le commun des mortels était capable de le remarquer. Cette remarque me fit afficher un sourire narquois après qu'un rire ait échappé de ma gorge.

"Ha, il faut dire que la peau cendré et les iris jaune luisant ne sont pas très ordinaire parmi le commun des mortels."

La chasseuse continua en expliquant qu'elle n'aimait pas trop parler de son passé, et se contentais d'avouer être une élue venant d'un monde qui laisse ses traces sur ses habitants, tout en annonçant penser que c'était également mon cas, bien que mon monde ne soit peut-être pas aussi sombre que le siens.

"Oh, mon monde est tout ce qu'il y a de plus rayonnants. Des humains stupides qui se complaisent dans un cycle de haine et de guerre, une nature dangereuse qui chassent ses propres membres à l'aide de puissants monstres. Un endroit charmant, vraiment. Mais aussi magnifique qu'il soit, ce n'est pas lui qui a fait de moi ce que je suis. Tout ça, ce n'est que ma propre œuvre, ma propre erreur."

Je répondais bien évidemment sur le ton de l'ironie, bien qu'il se fasse beaucoup moins prononcé quand j'abordais la question de ma condition. La jeune femme enchaina sur de plus ample explication concernant sa technique, le "Pas de brume", en expliquant qu'elle n'en était pas la créatrice, et qu'elle avait peaufinée sa maîtrise de la compétence pendant des siècles, mais que comme un mage novice ne peux maitriser le plus puissant des sorts, même avec les connaissances adéquates, dans son état actuel, le "Pas de brume" n'était que l'ombre de ce qu'il aurait dut être.

Les propos du vampire me firent soupirer un peu, ils ramenaient sur le devant de la scène une question particulièrement énervante a mes yeux.

"Je ne comprendrais jamais pourquoi vous, les jeunes élus, vous persistez à vouloir gambader dans la nature dans un état aussi faible. N'y a-t-il personne avec un semblant de logique ? Les sceaux se fragilisent avec le temps, n'importe quelle personne censée irait se cacher dans un endroit sûr en attendant de récupérer quelque pouvoir. Chikai, Kansei, même Yuki, elles peuvent vous abriter pendant ce temps, Alors pourquoi vous obstiner a choisir la voie qui peux vous mener a votre perte ?"


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MessageSujet: Re: Le Bal des vampires   Lun 28 Nov - 23:17

La semi-vampire ne sut pas vraiment ce qui la prenait …Mais, lentement, les paroles de l’homme face à elle étirèrent ses lèvres, de plus en plus largement … Jusqu’à finalement lui déclencher un petit rire, à la fin de sa dernière question. Secouant doucement la tête alors qu’elle avait orienté le visage vers le sol, la blonde le fixa sans réellement se préoccuper de savoir si on venait de lui adresser un reproche semi-direct, ou si c’était juste un constat général … Finissant par soupirer pour se calmer un peu en fermant les yeux, elle les rouvrit, et les posa sur l’autre cueilleur.

Désolé, je … c’est … Devenu presque réflexe, chez moi. Disons qu’après 5 siècles, ça vous fait presque systématiquement rire quand on parle de vous en utilisant le qualificatif « jeune » … Oh, bien sûr. Je sais bien que vous ne parlez pas de mon âge réel, mais de mon ancienneté ici. Mais d’ailleurs … Qu’est-ce que vous appelez un « jeune » élu ? Parce que … Pour rebondir sur ce que vous venez de dire. D’une part, je suis sur Kosaten depuis un peu plus de deux ans, à présent … Et je n’ai reçu qu’au compte-goutte le pouvoir dont je disposais autrefois pleinement. Or, justement … J’ai passé tous ces mois à éviter le plus possible le danger, en attendant d’être à même d’y faire face. Mais je dois avouer que continuer à attendre plus, sinon improductif … se révèle quelque peu pénible. Alors bon.

Et puis, pour parler franchement …
Elle haussa les épaules, écartant même légèrement les mains, avant de croiser les bras en se mettant à marcher, lentement, sans réellement s’éloigner. La vie vaut-elle la peine d’être vêtue si c’est pour se calfeutrer derrière de hauts murs, bien à l’abri sous d’épaisses couettes et de chauds édredons, à se dire que l’apocalypse ne nous atteindra jamais ici ? Personnellement, pour avoir ce que je désirais, j’ai souvent eu à faire face à des périls, des obstacles … Ce n’est pas en me réfugiant quelque part et en laissant le temps faire son œuvre que j’aurais pu devenir une combattante, ou quoi que ce soit … Et c’est encore moins en attendant d’être plus forte que certaines des créatures que j’ai abattu que j’aurais pu les avoir, même si, je vous l’accorde … sur le papier, ce que je dis peut ressembler à de la témérité plus qu’autre chose. De toute manière, pour en revenir à Kosaten … Je trouverais presque cet endroit ennuyeux plutôt que dangereux, par moments. De manière générale, en réalité.

S’arrêtant à quelques pas à peine de l’alchimiste, elle observa une nouvelle fois la cime des arbres et le vent qui jouait dans les hautes branches et feuilles : ce dernier, les touchant légèrement à l’endroit où ils se tenaient, fit claquer le manteau de la sang-mêlé derrière elle, sans qu’elle y prenne vraiment garde. Finissant par pivoter lentement vers l’autre individu, elle l’observa, et sourit, soufflant par le nez une fois de plus.

Mon monde s’appelle Era Necrolia. Je n’ai réalisé à quel point il était difficile qu’en le quittant, et pourtant … Là-bas, si les morts ne sont pas honorés correctement, ils peuvent revenir sous forme de goules, ou d’esprits éthérés cherchant la vengeance contre tout ce qui vit. Il existe également des personnes qui, après avoir perdu leurs âmes, ne deviennent que des animaux, des créatures sauvages qui veulent boire le sang de leurs pairs … Et aussi d’anciennes liches, des morts-vivants qui vénère Inordi, le démon de la ruine, et qui relèvent en son nom des armées de cadavres… De telles créatures, qui portent la ruine et la corruption en elles, sont monnaie courante. Et bien sûr, elles menacent la sécurité des populations. Il faut donc des hommes et des femmes pour les exterminer … Ce qu’on appelle de manière peu originale des chasseurs de monstres.

Haussement d’épaules. Lentement, elle sortit une main de sa poche, parvenant à en faire craquer les articulations rien qu’en jouant d’une manière particulière avec les phalanges et les muscles qui les actionnaient. Observant doucement la peau pale, elle finit par cesser de jouer avec ses doigts, se contentant de les tendre devant elle.

Sauf que tuer une créature corrompue tend à corrompre également l’âme de celui qui l’a libéré … Et plus un chasseur de monstre tue … Plus il veut chasser … Et plus son âme se modifie. Lentement, alors qu’elle disait ces mots, sa main se mit lentement à changer, craquant, sa peau devenant plus grise alors que ses doigts s’allongeaient en s’affinant … Formant finalement ses griffes osseuses. Ce n’est qu’une fois la transformation complète que la blonde releva les yeux vers l’alchimiste. Jusqu’au jour où il se transforme précisément en l’une des créatures qu’il chassait un peu plus tôt. C’est un processus lent, irréversible, et qui attend absolument tous ceux qui s’engagent sur cette voie … à l’exception bien sûr de ceux qui périront sur la route. Redemandez-moi pourquoi je … « persiste à gambader dans la nature », justement ? Tout simplement parce qu’ici, pour moi, c’est une promenade de santé dans un parc, pas un vraiment un continent sur le point d’entrer en guerre. Elle haussa les épaules une fois de plus, rétractant ses griffes avant de ranger sa main. Et pourtant.

Sinon … Juste pour clarifier un autre point. Lorsque je faisais référence à mon manque d’humanité, il n’est même pas entièrement dû à mon … Appelons ça « choix de carrière ». Simplement, ma mère était humaine, et mon père elfe … Et j’ai plus pris du dernier. Par ailleurs, la ville où nous vivions est entièrement sous-terraine : j’ai dû attendre les 20 ans pour voir la lumière du jour … Une de mes petites sœurs, par exemple, a la peau presque mauve, des cheveux blancs et des iris écarlates. Franchement, mes couleurs n’ont rien de si inhabituel … Là d’où je viens, encore une fois.


L’espace d’un instant, elle se questionna. Pourquoi venait-elle d’en livrer autant d’un coup ? Aucune idée. Peut-être avait-elle juste besoin de parler de … la maison. Ou peut-être sa manière de prendre les choses l’avait vexé, et elle avait cherché à lui prouver quelque chose … était-elle encore si puérile ? Bah. Une autre question aurait bien sûr pu être : « Prendra-t-il mal le fait que je ne lui ai pas laissé la parole durant si longtemps » … mais elle n’avait que peu d’importance. Elle le saurait bien assez tôt. Une autre, et dernière interrogation, bien sûr, l’amusa de nouveau lorsqu’elle y songea … Est-ce qu’il allait, si on arrêtait de lui poser la question, finalement consentir à lui parler botanique, ou pas ?


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MessageSujet: Re: Le Bal des vampires   Ven 2 Déc - 21:51





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Le choc de la réponse de mon invitée me fit sortir de ma réflexion sur la fougue de la jeunesse, car la femme qui était devant moi, était certes bien plus âgée que ne le laissait paraitre son physique, mais surtout était sur Kosaten depuis bien plus longtemps que moi, un an de plus d'après ses dires. J'étais perplexe, j'avais toujours pensé que l'ancienneté d'un élu déterminait sa puissance, et pourtant j'avais devant moi une élue plus vieille que je ne l'étais et pourtant bien plus faible que moi.

"Ta situation est pour le moins atypique. Jusqu'à lors, l'ancienneté des élus que j'ai rencontrés a toujours donnée une bonne approximation de leur puissance. Tu es la première que je rencontre à avoir un tel ... retard. Je comprends bien que l'on puisse perdre patience devant le manque de résultat, mais ce n'est pas en précipitant les choses que tu auras des résultats plus concluants. Je ne sais pas pourquoi tes pouvoirs sont aussi lents à revenir, mais je doute que se balader dans Kosaten sans avoir une chance contre les dangers qu'elle représente soit une bien meilleure idée. En tant que point central du multivers, une infinie variété de créature y est invoquée, du plus paisible des hommes, jusqu'au plus puissant des monstres, et certain de ces monstres sont bien plus puissant que je ne le suis moi même. Je ne dis pas qu'il faut se cacher tant que l'on ne peut pas affronter le pire des dangers, seulement de ne te montrer que quand tu peux affronter la majorité des cas sans frôler la mort."

La vampire continuais en me comptant a quoi ressemblait son monde, Era Necrotica comme elle l'appelait. Un monde déchiré entre ses habitants qui cherchaient a vivre, et ses morts qui cherchaient à se venger quand ils ne recevaient pas le respect qu'ils attendaient. Un climat pour le moins hostile, ou n'importe qui pouvait devenir un ennemi une fois mort, et ce sans parler du démon qui menait ces troupes. Les vivant de ce monde devaient certainement être de beaux exemples d'humanité, luttant sans relâche pour leur survie chaque jours de leur vie, sans jamais pouvoir éliminer leur ennemi.

La vampire persistait à dire que Kosaten n'était qu'une promenade de santé pour elle comparée a son monde, et je ne pouvais que m'accorder avec elle sur ce point. Kosaten était dangereuse, mais ses dangers étaient faits de chair et de sang, contrairement à Era Necrotica où le monde lui même veut tuer ses habitants. Mais, oubliait-elle que des élus bien plus puissant qu'elle vivait ici ? Qu'il existait des monstres capable de tuer seulement pour le plaisir ? Ses deux paramètres réunis ne faisaient passer sa confiance que pour de l'arrogance à mes yeux.

"Je suis d'accord, Kosaten n'est pas aussi hostile que le monde d'où tu viens. Tout les dangers en Kosaten sont de chair et de sang, contrairement à ton monde qui essaie de tuer ses propres habitants. Certainement que tout te semble bien moins dangereux, mais dois-je te rappeler que tu es loin d'être la première élue à fouler ces terres ? Il en existe des biens plus puissant que toi et moi, et il en existe qui peuvent massacrer des populations seulement pour leur amusement. Penses-tu pouvoir leur faire face ? Je ne mets pas en cause ton expérience, mais ta condition. Tu es encore trop faible pour avoir ta chance ici."


Elle aborda ensuite le sujet de son humanité, m'expliquant qu'elle était une hybride d'une humaine et d'un "elfe", et qu'elle tenait plus de ce dernier.

"L'humanité, n'est pas lié à la composition de ton sang. J'ai rencontré un esprit en arrivant ici. Il avait l'apparence d'une enfant de dix ans, mais était bien plus ancien qu'il ne le laissait paraitre, comme nous. Cet esprit, qui n'avait jamais eu une goutte de sang humain, qui avait une réflexion bien différente de la notre, possède pourtant une humanité, caché au fond de son esprit. Il n'est même pas conscient qu'elle existe, et encore moins de ce qu'elle peut représenter."


Je marquais une petite pause dans mon récit, lâchant un léger soupir avant de reprendre.

"L'humanité, la capacité de persévérer face à l'impossible, la capacité de se relever, peu importe le nombre de fois où l'on chute, la capacité de rester soi même, peu importe les épreuves, ce n'est pas quelque chose qui réside dans le sang, mais dans l'âme de chacun."


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MessageSujet: Re: Le Bal des vampires   Dim 11 Déc - 23:10

« Multivers » … Ce mot seul, que la traqueuse entendait pour la première fois d’aussi loin qu’elle pouvait se souvenir, concentra pendant l’espace d’un instant la quasi-totalité de son attention. « Multi univers » … De telles choses existaient-elles donc ? Bien sûr : leur discussion en était la preuve même. Et pourtant, l’espace d’un instant, l’esprit de l’elfe refusa l’idée qu’Era Necrolia, son lieu de naissance et celui où elle avait passé tant de siècles, ne soit … « qu’un univers parmi d’autres ». De même, elle avait cherché, ne serait-ce que des traces de ses dieux et démons à elle ici … Mais seuls le serpent, le phénix et le dragon semblaient exister, sur ce plan. Pourquoi l’avait-on arraché à son contexte, pour la placer dans un autre, aussi différent ? Elle ne chercha pas plus avant la réponse à cette réflexion. En deux ans, elle avait eu le temps pour ça … et ses efforts s’étaient toujours révélés vains. Finissant par pousser un soupir en laissant son vis-à-vis poursuivre, elle se redressa légèrement pour être moins voutée, et pencha la tête sur le côté.

Pendant qu’il parlait, elle ne se gêna d’ailleurs pas pour observer son physique, laissant ses yeux dorés sauter d’un point à un autre, s’y intéresser, changer rapidement d’endroit, courir le long de telle fermeture ou s’arrêtant sur cette poche. Ce qu’elle apprenait de cet examen ? Pas grand-chose. Enfin, à part le fait qu’il s’habillait, contrairement à elle, « correctement ».Elle ne put également s’empêcher de noter épaisseur des vêtements qu’il portait, qui rendait sa silhouette très légèrement plus large qu’il ne devait réellement être. Plus elle y réfléchissait, et plus ce point devenait intrigant … Pourquoi diable se couvrir autant, alors que les températures de Seika étaient en moyenne plus que « douces » ? Mettant la question de côté, elle haussa un sourcil à la fin de son petit discours, visiblement surprise … Avant d’éclater de rire. Elle aurait voulu, comme plus tôt, que cela soit bref et assez peu intense … Mais ces mots, pourtant relativement graves et ne manquant pas d’une certaine sagesse, avaient le don de toucher précisément la mauvaise interlocutrice, et si cette dernière se calma très progressivement, elle ne put s’empêcher de laisser échapper encore un ou deux gloussements intempestifs, qu’elle parvint finalement à faire taire. Se raclant un peu la gorge, elle soupira finalement … Relevant une nouvelle fois les yeux du sol vers l’autre vampire, elle se fit violence pour reprendre une attitude sérieuse.

Mes excuses, une fois de plus, mais … Regardez-moi dans les yeux. Regardez la teinte de ma peau. Regardez l’état de mes vêtements, regardez ce que j’ai fait de mes mains il y a un instant, et imaginez ne serait-ce qu’un instant de ce que j’ai bien pu faire avec … écartant les bras alors qu’elle disait cela, elle ne « révéla » rien de plus, même s’il était plus qu’aisé de constater ce dont elle parlait : l’usure du cuir de sa tenue, les nombreuses reprises faites çà et là, entres autres. Et vous me parlez de « rester moi-même » face à ce que j’ai traversé, d’être capable de toujours me relever ? Laissant retomber ses bras avec un léger claquement lorsqu’ils heurtèrent son manteau, elle eut un petit soupire de lassitude. Brusquement, toute la joie dont elle avait pu faire preuve un instant plus tôt avait disparu. J’aurais volontiers aimé répondre « oui, dans ce sens-là, je suis humaine »… Mais j’aurais l’impression de vous mentir à vous, et à moi-même. J’ai passé des années à m’éloigner, de plus en plus, de ce que vous décrivez pour pouvoir survivre … Et lorsque je me suis rendu compte que ce que j’étais devenu était assez « puissant » pour simplement vivre, et que les anciennes menaces ne représentaient plus de danger … J’ai commencé à en traquer d’autres, plus redoutables encore. Pas parce que je le « voulais ». Pas pour défendre la veuve, l’orphelin et tout le reste. Pas pour l’argent. Même pas pour l’amour du défi ou du combat … Je me suis juste mis à chasser des choses plus dangereuses parce que je n’étais plus capable de m’arrêter. Parce que j’avais besoin de me confronter à quelque chose qui était tout aussi capable de prendre mon existence que je ne l’étais de prendre la sienne. Il existe un terme, pour cette nature- ?

Cependant, même si elle pensait ce qu’elle venait de dire, elle s’abstenait de révéler l’intégralité du problème. Comme le fait, par exemple, que ce changement progressif, elle savait qu’il surviendrait bien avant le jour où elle avait emprunté la voie de la chasse aux monstres. Ou celui que, à la suite de sa transformation en semi vampire, elle avait cessé de chasser durant des dizaines d’années. Ou peut-être celui que pour préférer ce qu’elle faisait à la vie de duchesse qui, sinon, lui aurait été promise … Elle était peut-être déjà anormale bien avant ses premières traques. Soufflant doucement par le nez, elle reprit au terme d’une courte pause.

Et pour ce qui est de mon âme… J’en ai vu une bonne partie littéralement dévorée par une de mes proies. Et depuis, le vide que cela laisse en moi me corromps … et tente de me changer en monstre. Pour résumer. Je ne suis pas certaine qu’il y ai grand-chose « d’humain » là-dedans … à part, peut-être, le fait que je tente de lutter contre cette corruption, en quelques sortes. Si « être humain » signifie, pour vous, « continuer autant que faire se peut un combat perdu d’avance », alors je consens en être une … mais je ne serais certainement pas l’exemple le mieux choisi.

Rigolant de nouveau à cette plaisanterie, elle laissa finalement, une fois encore, ses yeux dériver au sol … Et finit par s’accroupir. Posant un poing fermé sur un de ses genoux et gardant l’équilibre, elle avança doucement sa main libre, et se saisit d’une fleur, à la base de la tige. Tirant dessus pour la briser et la porter devant ses yeux, elle observa un peu les différents aspects de la plante, la faisant un peu rouler entre son pouce et son index. L’espace d’un instant, l’idée d’abaisser le masque de tissus qui voilait sa bouche pour la sentir lui effleura l’esprit, mais elle finit par la rejeter. Certes, l’idée de respirer le parfum de la plante était tentante, mais elle n’appréciait pas particulièrement la possibilité de tomber par hasard sur un style de pollen particulièrement urticant, ou quelque chose de ce genre. Sans parler du fait que l’homme face à elle était aux premières loges pour voir si elle faisait la moindre bourde : l’idée de se faire moquer par un inconnu, pour des raisons qu’elle ignorait, ne la tentait pas. Soupirant, elle finit par se relever, reprenant la parole.

Et sinon, pour en revenir à l’autre sujet, comme quoi je ne devrais pas me montrer … J’ai passé des années dans différentes jungles, sur mon continent d’origine. Et il possède une énorme diversité … Et les lieux que j’ai croisé à Kosaten n’en sont pas bien différents. Certes, il y a des prédateurs redoutables, ici et là … Mais ce sont des animaux. Ils marquent leurs territoires pour leurs congénères, laissent des pistes, se creusent des tanières. Je peux dire, à l’aspect d’un buisson, si ce dernier a été visité par un herbivore dernièrement : fruits et baies dévorés, racines piétinée, parfois des traces d’urines ou déjections. Lorsqu’il m’apparaît clairement que je me trouve sur les terres d’un prédateur, je me contente de rebrousser chemin pour aller trouver un autre itinéraire … Je l’avoue : aurais-je été citadine toute mon existence, j’aurais été incapable de tenir un tel discours … Mais dans ce cas, je ne serais probablement pas ici à l’heure actuelle. Tournant la tête en direction de montagnes qu’on pouvait discerner, dans le lointain, elle haussa légèrement les épaules. De toute manière, l’idée de rester dans une des capitales ne me plairait pas. Je n’aime pas les foules … Et à mes yeux, la beauté sauvage de la nature est bien plus précieuse, et plaisante, que n’importe quelle architecture. Je ne me serais jamais senti à ma place, derrière de hauts murs, à me tenir à carreaux et en comptant sur des gardes, et sur plus fort que moi, pour assurer ma protection.

Ca ne veut pas dire que je me place volontairement en danger … Ou beaucoup moins que vous semblez le penser. Quand je suis arrivée, l’une des premières choses que j’ai fait a été de former un petit groupe, avec 3 autres élues … Certes, à 4, fraichement débarquées, nous n’étions pas bien fortes … Mais au moins, nous nous soutenions mutuellement, et nous avions même quelques personnes avec nous, natives de Kosaten, qui nous guidaient un peu. Enfin … En deux années …Les choses changent.
Cessant finalement de regarder dans le vague, elle se tourna de nouveau vers le vampire, lâchant un petit soupire amusé. Dites-le moi, si je parle trop … Vous devez être la première personne à laquelle je parle depuis une bonne semaine, et encore … Des discussions longues, avec des échanges d’argument, comme celle-ci, cela ferait plutôt des mois.


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MessageSujet: Re: Le Bal des vampires   Dim 1 Jan - 18:06





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Le Bal des vampires



La vampiresse m'écouta d'abord silencieusement en me scrutant alors que j'exposais mes arguments, avant d'éclater de rire une fois que j'avais finis. Je restais indifférent à cette réaction, attendant seulement ses réponses, qui ne se firent pas attendre bien longtemps. Elle m'expliqua dans un premier temps qu'elle avait été amené à s'éloigner de ce que je décrivais au fil du temps, qu'en devenant plus puissante, elle avait commencé à chasser des créatures plus imposantes, plus dangereuses encore, et qu'elle ne le faisait que parce que c'était la seule chose qu'elle savait faire. La prudence ne semblait pas faire partie de sa nature en effet, ayant été élevé, entrainé et ayant vécus uniquement dans le but d'éliminer des créatures dangereuses, il fallait croire que l'esprit de la chasse s'était gravé au fond d'elle même.

Elle continua ensuite en abordant le sujet de son âme, qui selon elle se faisait ronger par l'une de ses proies, et que le vide qu'elle avait laissée la changeait lentement en monstre. De ce que j'en avais appris dans mon monde, l'âme n'était que l'énergie qui permettait a notre esprit de vivre dans notre corps, tout comme le sang permettait au corps de vivre. Je n'avais jamais entendus parler d'une telle affliction que celle dont me parlait la vampiresse, mais peut-être pouvais je l'aider. Peut-être qu'un enchantement qui renforcerait simplement son âme l'empêcherais de s'effilocher d'avantage.

"Ton mal m'est complètement étranger. Dans mon monde, nous considérons l'âme comme étant l'énergie permettant à notre esprit de vivre, tout comme le sang permet au corps de vivre. Jamais nous n'avons eu à faire face à des créatures capables de transformer ses victimes de la sorte, mais il existe bien une magie affectant les âmes. Peut-être que je pourrais t'aider avec ça, et peut-être que cela calmera ta soif de chasse."

Elle enchaina ensuite en me parlant de ses expériences concernant les forêts. Si l'on croyait ce qu'elle disait, c'était l'un de ses terrains de chasses préférés au vus de ses diverses connaissances les concernant. La vampiresse continua en disant qu'elle n'aurait pas aimé vivre dans une capitale, à confier sa vie à des gardes ou des personnes plus fortes qu'elle. J'eu un léger soupire avant que je ne réagisse a ses propos.

"Le problème, c'est que ce n'est pas la nature ou les monstres le plus grand danger. Les trois factions, leurs dieux et leurs élus, c'est d'eux dont il faut te méfier. N'oublie pas que nous somme en guerre, et que tant que les dieux existeront, nous ne seront jamais libérer du conflit. Ta vie t'appartient, je ne vais pas t'enfermer en ville si tu ne le souhaite pas, mais n'oublie pas que le danger est omniprésent, et plus encore avec les élus. Tu croiseras très certainement des adversaires dont les capacités dépasseront ta compréhension et tes connaissances."

Je finis ensuite en réagissant à ses propos concernant son petit groupe de quatre élus qu'elle avait formé.

"C'est déjà un début. Et qu'est devenus ton groupe ?"


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MessageSujet: Re: Le Bal des vampires   Lun 2 Jan - 3:01

Mhhh … Ce que vous me dites là ne me surprends pas. La chasseuse haussa les épaules en fermant les yeux pendant un instant. C’était loin d’être la première personne sur Kosaten à ne pas réellement saisir ses histoires « d’âme », et ce ne serait probablement pas la dernière … Encore qu’il semblait faire partie de ceux qui, via une petite explication, seraient à même de saisir. C’est aimable à vous de me proposer de me guérir de ma soif de chasse … Mais pour être honnête, ce n’est plus mon soucis le plus important depuis bien longtemps. Chez moi, l’âme et le corps sont deux choses parfaitement distinctes, mais pourtant plus étroitement liées encore que les cœurs de deux amants brûlant de passion l’un pour l’autre. Et ces deux amants changent avec le temps … De la même manière que le corps vieillit, se blesse, change de teinte de peau ou de couleur de cheveux selon ce à quoi il est exposé, l’âme elle aussi change entre la naissance et la mort d’un être. Ce lien si intense fait malheureusement qu’un être dont l’âme est « pervertie » de quelque manière que ce soit verra également son corps changer.

Sortant une nouvelle fois sa main de sa poche, la vampire observa ses ongles jaunâtres, qui n’avaient pourtant pas cette teinte à cause d’un - inexistant – problème de saleté ou autres … Clairement : ils se rapprochaient juste toute simplement plus de griffes que de simples opercules semi-transparents destinés à couvrir le bout des doigts. Doucement, elle les fit s’allonger et s’effiler … Pas besoin de faire, une fois de plus, la démonstration complète de ce dont elle était capable à ce niveau-là, n’est-ce pas ? Soupirant, elle sentit l’articulation d’une de ses phalanges craquer, et referma doucement le poing.

Chasser les monstres « teinte » l’âme pour rapprocher, lentement mais sûrement, le chasseur de sa proie … Cela le rend de plus en plus efficace … Jusqu’à ce qu’il se perde, et ne devienne lui-même une bête. Bien que « cruel », cette lente descente aux enfers existe depuis … Et bien, au moins aussi loin que la période à laquelle remontent les plus anciennes archives elfiques que j’ai pu lire … Et elles ont des dizaines de millénaires, environ. Il n’y a pas de remède … mais de même que pour la vieillesse, la chaîne alimentaire, ou nombre d’autres choses « cruelles », mais naturelles, on y peut rien. Et pour revenir à notre sujet de départ … Le fait que notre âme change est attesté bien sûr par des modifications du caractère …Mais également, bien souvent, par d’autres, du corps. J’ai la chance de pouvoir … « activer » cette transformation à loisir : d’autres se retrouvent, à vie, avec les dents en pointes, une peau écailleuse, ou autre, selon leurs styles de combat et le degré auquel ils sont atteints. Mais ce dont je vous parle ici … est un cas disons … Basique.

Dans mon cas … Voyez plutôt la chose comme un fruit de la passion, si vous savez ce que c’est. La coque externe est dure, épaisse, rugueuse … Mais l’intérieur est mou, très liquide et nutritif. Tant que l’extérieur est intact, cependant, le fruit peut rester des semaines sans le moindre problème … Mais prenez-en un, et tranchez-en un gros morceau … Et le reste va se mettre à moisir en très peu de temps. J’ai la « chance » d’être un fruit capable de résister particulièrement longtemps … Mais viendra probablement un jour où je ne serais plus à même de le faire.


Haussant une nouvelle fois les épaules, la vampire désabusée chercha pendant un instant à voir quel genre de réactions elle provoquerait en disant ce genre de choses … Avant de trouver sa propre attitude puérile. Qu’était-elle, une gamine encore à la recherche de l’attention du premier venu pour combler un manque ? Lamentable. Vint ensuite une question qu’elle n’attendait pas : « qu’est-il arrivé au groupe ». Soupirant, elle baissa les yeux au sol. Ce n’était pas de la culpabilité qui pesait subitement ainsi sur ses épaules : juste une éternelle et désagréable lassitude. Elle tenta de chasser cette dernière d’un haussement d’épaules : ce dernier ne fut clairement pas fait avec assez de conviction pour arriver à son but. L’idée de soupirer une fois de plus lui traversa l’esprit : elle se demanda si elle n’était pas un peu limitée au niveau de ses réactions … enfin, tant pis. Elle n’était pas d’humeur à mentir, et vu ce qu’elle avait de toute manière déjà révélé sur elle.

Et bien … Nous étions 4 : une capitaine pirate, moi, une jeune femme issue de mon monde, et une autre demoiselle issue d’un autre. Nous avions embarqué à bord du Nidhogg, le navire de notre capitaine … Mais suite à une tempête qui s’est levée en quelques minutes à peine, il fut frappé par la foudre, et sombra. A ce jour, je n’ai jamais entendu à nouveau parler de la capitaine depuis cet incident … Nous l’avons considéré comme morte, et sommes parties. Nous pensions monter un groupe de mercenaires … Mais ma marque a … Disons, quelque peu bouleversé ce joli plan. L’élue d’un autre monde que le mien avait vraisemblablement des ambitions, des rêves … qui incluaient, mais n’étaient pas limitées, à une conquête totale de ce monde, tout comme, je suppose, elle avait pris le contrôle du sien. Elle désirait également nous voir ployer sous sa coupe … Ou périr, si nous tentions de lui résister. Des ambitions qui, bien sûr, auraient demandé des années, peut-être des décennies avant d’être possibles … mais elle était bien assez patiente pour une durée si courte. Un peu poussée par ma marque, et un peu par autre chose … J’ai mis fin à ses jours lorsqu’elle était encore assez « inoffensive » pour que cela me soit possible. J’ai expliqué la situation à l’autre personne venue de mon monde … Elle a dit qu’elle me comprenait : plutôt que de rester à deux, nous avons décidés de nous séparer, et d’explorer ce monde chacune de notre côté … Et me voilà.

Pour ce qui est de la guerre, des élus … Encore une fois : je sais que je suis en territoire inconnu. Je n’en ai pas l’air … Mais je suis prudente … à ma façon. De toute manière, si je n’avais pas été consciente du danger et que je n’y avais pas prêté attention, je n’aurais pas survécu aussi longtemps, il me semble … N’est-ce pas ? Enfin.


Sortant une de ses mains de ses poches, la blonde la leva doucement, la glissant sous son manteau pour en tirer une sorte de flasque … Dont elle se souvint qu’elle était vide à peine cette dernière sortie de la poche où elle se trouvait. Regardant un peu l’objet dans la paume de sa main, la semi-vampire tira une petite moue sous son masque … et finit par la ranger. A quoi bon tenter de s’abreuver à une bouteille vide, n’est-ce pas ? … L’idée fit son chemin dans son esprit, pendant un petit moment … Jusqu’à ce qu’elle ne réalise quelque chose, et ne fasse un petit sourire interne. Lentement, elle leva la main, glissa doucement le doigt sous le rebord du masque de tissus sur son visage … Et tira ce dernier vers le bas, révélant sa bouche. Le voile accrocha légèrement à l’anneau d’or qui se trouvait sur le coin de sa lèvre inférieure : elle n’y prêta pas attention. Au moins, un avantage à ne jamais bronzer … était que les deux moitiés de son visage étaient uniformes, côté couleur.

Vous savez, tout à l’heure, quand vous avez parlé de m’aider … Vis-à-vis de ma « soif ». Le choix de terme était assez amusant, même si je n’ai pas relevé … Parce que, en fait, depuis que j’ai un morceau d’âme manquant … J’ai l’impression que ce qui reste cherche absolument … Disons, de quoi se « compléter ». Et à cause de ça, et bien … Mon corps a développé l’envie … Plutôt, le besoin, de s’abreuver plus ou moins régulièrement avec l’énergie vitale d’autrui ... « Le sang permet au corps de vivre » : c’est ce que vous avez dit, n’est-ce pas ?

L’ironie de ce qu’elle venait de dire tira un sourire à la vampire. Un sourire … Presque honnête. C’était toujours mieux que s’il était parfaitement simulé, bien entendu. Elle aurait bien aimé être juste « franchement amusée », mais elle avait du mal à passer par-dessus quelque chose qui lui rendait la vie infiniment moins appréciable depuis des siècles, même en traitant le sujet via l’ironie.

C’est dommage … Chez moi, je connaissais les ingrédients, et les moyens de préparer une décoction qui me soulageait ce besoin. Pas totalement, certes, mais bien assez pour changer un manque atroce en … Inconfort assez facile à oublier, disons. Mais depuis que je suis ici, j’ai dû me remettre à mordre des animaux, plutôt … Mais honnêtement, ça non plus, ça ne fait pas le boulot, et ça a un goût immonde, selon la créature. Si vous me dites que vous avez une solution à ce problème-là, vous seriez mon sauveur.


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MessageSujet: Re: Le Bal des vampires   Mer 8 Fév - 14:33





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Mon interlocutrice ne semblait pas réellement intéressée par ma proposition de la guérir de sa sauvagerie. Je m'attendais a ce qu'elle soit au moins un peu sceptique, mais il n'y avait juste rien, sinon peut-être une certaine fatigue, comme l'on pouvait l'imaginer chez ceux qui comme elle ne faisaient que chasser toute leur vie jusqu'à être consumé entièrement. Elle compara sa situation a celle d'un ... fruit. Si sa coquille était dure, il ne suffisait que d'une entaille pour que l'intérieur commence à pourrir, bien qu'elle se considère comme un "fruit de qualité", au vus de sa capacité à résister a cette corruption.

Elle continua ensuite en me parlant de son ancien groupe, qui était apparemment aux ordres d'un pirate, que mon hôte avait tué avant que son ambition ne devienne trop dangereuse. D'après les dires de la vampire, leur capitaine était un despote, attendant ni plus ni moins que la perfection de la part de ses recrues, et souhaitait dominer le monde. Je n'avais pas de jugement à porter sur ce qui n'était plus qu'un cadavre, peut-être son ambition aurait-elle put apporter le bien, tout comme elle aurait put apporter le mal, la question ne se posait plus maintenant qu'elle était morte.

La façon dont la vampire parlait d'elle même, elle me donnait l'impression de communiquer avec une poupée, vide d'ambition, d'intention, subissant sa propre existence. Je lâchais un petit soupire avant de me retourner et de retourner a ma cueillette.

"Tu porte le deuil de ta propre mort, mais tu ne fais rien pour l'empêcher, ou la retarder. Vivre en suspens de la sorte, ne fait de toi qu'un énième fantôme hantant le monde. Tu peux te battre, encore et encore, jusqu'à ton ultime destruction si c'est là ton but, mais si tel est le cas, je n'ai pas de temps à perdre avec un courant d'air."


La vampire aborda le sujet de son besoin de s'alimenter de l'énergie vitale d'autrui, parlant même d'un remplacement qu'elle était capable de produire dans son monde. Je lui répondais calmement, continuant mon office sans me retourner.

"Devoir se nourrir d'énergie vitale n'est pas un crime en soit, alors pourquoi chercher à le contourner ? Les humains chassent bien en mangent des animaux, et jamais ils ne se questionnent sur la moralité de ce besoin. Devoir boire du sang ne veux pas dire que tu dois vider le "récipient" de toute sa substance, ou que tu dois te nourrir sur n'importe qui. A toi de trouver les règles à suivre pour combler ce besoin."



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MessageSujet: Re: Le Bal des vampires   Dim 19 Fév - 1:10

La réponse, relativement sèche, de l’individu qu’elle avait face à elle fit baisser les épaules à l’hybride. Non pas de fatigue ou de tristesse : de colère, plutôt. Prenant soin de relever son masque pour que sa bouche soit de nouveau masquée, elle inspira profondément, et chercha à résorber l’énervement qui montait en elle … Elle parvint à un résultat mitigé, qui parvenait en tout cas à lui éviter de considérer l’option « mettre un coup de pied dans cet arrière-train qu’il lui présentait » comme la seule valable. Levant une main, et en profitant pour se masser doucement l’arrière du nez, elle rouvrit les yeux lorsqu’il parla de comment elle devait s’y prendre pour boire du sang … Elle garda le silence, plusieurs longues secondes. Puis, haussant les épaules, se mit à lentement faire le tour du cueilleur. Elle n’aimait pas parler aux gens dans le dos. Ou plutôt, lorsqu’elle se trouvait dans le dos de quelqu’un, ce n’était pratiquement jamais pour lui parler.

Je ne porte de deuil, et ne ressens de tristesse pour ceux qui sont morts. Je sais que Mortem, la déesse du cycle, les a conduit dans sa cité funèbre, un endroit calme, en paix … libéré de tout danger, et de quasi toutes contraintes. Et pourtant, je n’attends pas la mort, pas plus que je ne cherche à la trouver. Comme toute récompense, elle doit être offerte à ceux qui la méritent … Pas arrachée de force avant l’heure. Si l’amante du corbeau n’a pas encore jugé utile de venir m’emmener, c’est que mon heure n’est pas encore venue. Mais si je ne suis pas allée à sa rencontre de moi-même, c’est par ma volonté de survivre … Et cela uniquement.

Elle s’arrêta avant de revenir « face » à lui, et resta plantée debout, l’observant couper des plantes et les placer avec précautions dans son sac. Inspirant une nouvelle fois profondément, elle finit cependant par plier les genoux, et s’accroupir, fesses sur les talons, pour se retrouver au même niveau. Reprenant son masque, qu’elle regretta presque d’avoir replacé, elle tira de nouveau ce dernier jusqu’à dévoiler son visage … Et même plus, enfonçant légèrement ce dernier dans son col. Puisant profondément dans ses ressources magiques, ainsi que dans ses souvenirs, pour se souvenir d’une chose qu’elle n’avait pas fait depuis très longtemps, elle vit s’écouler quelques secondes sans que rien ne se passe … Puis, avec un bruit humide, trois sillons se creusèrent, de chaque côté de sa tête, à la naissance de sa mâchoire. Devenant plus profondes, ces trois « marques » devinrent rapidement bien plus : séparant sa chaire, s’écartant quelque peu, elles finirent par se rigidifier légèrement alors qu’elles se décollaient, s’ouvraient. La traqueuse laissa couler quelques secondes, s’habituant un peu à cette nouvelle particularité physique, avant de regarder de nouveau l’individu à côté d’elle.

Pour respirer sous l’eau, c’est très simple … « il suffit » de disposer d’organes nécessaires à ce procédé, et de s’en servir. Ainsi, les fonds aquatiques deviennent immédiatement bien plus accessibles … De même que les proies potentiels qu’ils nous cachent.

Lentement, elle referma les trois ouvertures, qui se soudèrent en lui causant de légères douleurs. Si elle se mettait à filtrer trop d’oxygène d’un coup, vu le peu d’activité physique qu’elle faisait pour l’instant, elle allait finir par avoir la tête qui tournait … Et la dernière chose dont elle avait envie, c’était bien de donner l’impression qu’elle s’était enivrée sans rien boire. En particulier face à cette personne … Encore que ? Enfin. Tirant doucement sur le tissus élastique pour qu’il ne revienne, une fois encore, masquer sa bouche, la blonde garda ensuite ses coudes sur les genoux, observant les plantes.

Pour être honnête … J’aimerais beaucoup faire comme vous. Juger, sans vraiment connaître le contexte, ce qui s’est passé avant. Proposer des solutions sans comprendre le problème. Ou donner des leçons à quelqu’un de plus âgé et expérimenté, probablement. Si j’ai l’air de « ne rien faire » pour empêcher ma propre destruction … C’est parce que tenter de me battre contre, au quotidien, reviendrait à affronter des moulins. Ce serait là un gâchis bien dispensable d’énergie, que j’évite très justement parce que je garde des forces pour un combat qui m’attend. J’ai une solution à mon problème. Je ne sais pas quand, pas où. Je ne sais pas dans quel état je serais à ce moment-là, quand je la trouverais. Mais je sais qu’elle existe, et je ferais tout pour être en mesure de saisir l’occasion lorsqu’elle se présentera. Perdre mon temps à étudier mon propre corps et chercher à mater une énergie qui coure dans mes veines en attendant ? Je ne préfère pas. Mais ça ne veut pas dire que j’ai abandonné.

En revanche, pour ce qui est de boire du sang, c’est bien beau de se poser une limite. C’est mieux d’être capable de la respecter. Vous êtes capables de respirer sous l'eau, vous ? Parce que moi ... Je ne sais pas si c’est parce que je ne bois pas assez souvent justement, ou pas, mais dans les deux cas, je sais que si je plante mes crocs dans la chaire de quelqu’un, j’ai souvent énormément de mal à m’en décrocher. Je n’ai encore jamais tué personne en faisant cela, mais ce n’est pas faute de ne pas être passé loin, et je n’ai pas envie de commencer. Qui plus est, ce n’est pas parce que je ne suis plus comme le commun des hommes et femme de ce monde que je dois les considérer comme mon gibier, et ne pas avoir de remords vis-à-vis de mon comportement avec eux. N’était-ce pas vous qui me parliez « d’humanité », un peu plus tôt ? Bel exemple que voilà, de laisser une malédiction me dicter ma conduite et mes actes.


Elle aurait probablement pu continuer comme cela un certain temps … mais à vrai dire, sa colère s’évanouit presque aussi vite qu’elle était montée. Par la faute, ou grâce à une simple question. « à quoi bon » ? Et dans l’absolu, cette interrogation était légitime. A quoi bon s’énerver contre le premier inconnu qui ne se montrait pas capable, d’un claquement de doigts, de comprendre ce qu’elle ressentait ? Certes, elle avait beaucoup parlé d’elle, de ce qu’elle avait ressenti, et vécu … mais rien n’indiquait qu’il avait vu quoi que ce soit qui lui permettait de se mettre réellement à sa place. Il lui avait donné l’impression de considérer son monde avec une condescendance, et une frivolité certaine … L’idée qu’il « ait eu de la chance d’être favorisé ainsi » ne devait pas l’effleurer un seul instant. Et pourtant, lorsqu’on comparait à ce qu’elle avait dépeint d’Era Necrolia … Elle, elle savait à quel point elle aurait aimé troquer ses dieux et démons contre d’autres, moins cruels. A quel point elle aurait souhaité que « ses » anges soient comme ceux qu’on lui avait une fois ou deux dépeints : doux, protecteurs, de bon augure … Mais elle n’avait connu que des bâtards divins cruels et suffisants, dont les pouvoirs servaient d’excuse à leur arrogance, laquelle semblait suffire pour leur autoriser d’agir comme bon leur semblait avec les vivants, qu’ils piétinaient comme de vulgaires insectes. Comme pour signifier son abattement soudain, son corps se déporta lentement vers l’arrière, et elle posa ses fesses sur le sol, gardant un genoux relevé et laissant l’autre choir à terre.

Désolée … je me suis peut-être un peu emportée. Je n’ai jamais aimé me faire dicter quelque leçon que ce soit … Et certains défauts s’aggravent avec l’âge. J’aimerais juste … Elle eut un geste dans le vide de la main, fatiguée. Partir sur des sujets moins graves, peut-être … Ou en tout cas, qui sont moins douloureux à évoquer. Ce n’est pas drôle, de parler du fait qu’on est plongé dans des ténèbres particulièrement profonds, avec juste une bougie de plus en plus courte comme seul espoir pour repousser ce qui pourrait vous consumer à tout instant. Elle se gratta l’arrière d’une oreille un instant avec une grimace, avant de reposer son bras sur son genoux. Valentine, au fait … Valentine Weathley. C’est drôle … je viens de réaliser qu’on parle depuis un certain temps … Et on a toujours pas fait les introductions. Au fait, vous ne m’aviez pas répondu … Vous ne voudriez pas m’enseigner quelques choses, à propos de la flore locale ? Au pire, si vous voulez éviter de perdre trop de temps, juste me donner un nom de traité sur le sujet, ou me conseiller un bon endroit où trouver des livres qui en parlent … à entendre chaque libraire, ils possèdent « ce volume extrêmement rare et précieux » … Mais bon. La parole d’un marchant n’engage que celui assez naïf pour lui confier son or sans y regarder à deux fois, par moments.


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MessageSujet: Re: Le Bal des vampires   Sam 21 Oct - 11:55

Même si la vampire avait, progressivement, fini par se calmer après le coup de sang qui lui avait légèrement fait hausser le ton un peu plus tôt, ses paroles avaient visiblement eu un brin plus d’impact que ce qu’elle avait désiré … Mais d’une manière qu’elle n’aurait pas soupçonné. L’autre individu, visiblement irrité par le ton qu’elle avait employé, lui fit plus ou moins comprendre que vu leurs divergences de caractères, et la façon qu’elle avait de gérer ses « problèmes », une fois encore, il préférait encore la laisser se débrouiller seule pour obtenir quelque connaissance que ce fut, et ce sur quelque domaine que ce fut. Non pas qu’il fut, d’ordinaire, quelqu’un de particulièrement opposé à l’idée de rendre service … Mais pour elle, il n’en avait tout simplement nullement le désir.

Aurait-elle dû s’attendre à une telle réponse ? Probablement, quelque part … Pourtant, l’espace d’un instant, elle parvint à en être outrée. Elle eut cependant le bon sens de ne pas laisser sa colère exploser cette fois : la futilité de la chose lui apparaissait dans toute sa splendeur, personnifié dans cet individu qui préférait se concentrer sur la récolte de ses plantes que sur leur discussion. Finissant, une énième fois, par lâcher un soupire, elle admit avoir compris son point de vue, et poussa sur ses genoux et ses bras pour se relever, et prendre congé. Se détournant, et fourrant les mains dans les poches de son manteau, elle se remit en marche, regardant droit devant elle, vers la forêt dans laquelle elle retournerait d’ici quelques secondes à peine. Elle s’autorisa, à la lisière de cette dernière, à se retourner pour observer ce qu’elle ignorait également être un vampire … Enfin. Vu ses propos, elle avait un léger doute … Il avait bien mentionné « être » quelque chose de particulier, mais n’avait pas approfondi. Qu’importe, quelque part. Leurs routes étaient visiblement destinées à se séparer, pour ne jamais se recroiser par la suite … Et étrangement, ce ne fut clairement pas quelque chose que la blonde regretta.


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