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Παράδοξο [solo]
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MessageSujet: Παράδοξο [solo]   Mar 6 Déc - 20:58

Παράδοξο

« Paradoxe », l’Éveil, partie III



Un pas. Des chaînes qui s’entrechoquent.
De lointains cris d’agonie.
Un autre pas. Des chaînes qui s’entrechoquent.
Les cris sont plus proches. 

Chaque pas se succède dans un rythme irrégulier, mais pourtant monotone. 

Un pas. Des chaînes qui s’entrechoquent.
De lointains cris d’agonie.
Un autre pas. Des chaînes qui s’entrechoquent.
Les cris sont plus proches.
 
 Pourquoi est-ce que j’avance ? Vers où ? Mon corps, il ne m’obéit plus… Ma vision, floutée. Mon ouïe, embrumée. Mes sensations… absentes.
Non, pas entièrement. Mon bras droit est engourdi, mais une vive douleur me rappelle que mes nerfs sont toujours actifs. Déployant un effort anormalement grand, je parviens à le regarder. Malgré l’obscurité, mes yeux observent une petite marque à l’emplacement d’une veine,   comme si une seringue avait été plantée ici.
Je suis sous l’effet… d’une drogue ?


Un pas. Des chaînes qui s’entrechoquent.

Rassemblant mes forces, je tente de comprendre mon environnement. Je suis dans un couloir sombre, accompagnée d’autres personnes. De lourdes chaînes accrochées à nos poignets nous relient, comme des prisonniers que l’on emmène…
Mais que l’on emmène où ?


De lointains cris d’agonie.

Une… exécution ? Nous allions être exécutés ? La peur m’envahit. Il faut s’échapper d’ici, fuir ! Ces chaînes, ne résisteront pas à la magie. Les probables gardes, ne tiendront pas face à notre nombre. J’ordonne à mon corps de faire volte-face, de hurler aux autres personnes de partir d’ici, et vite !

Un autre pas. Des chaînes qui s’entrechoquent.

Mais rien ne se passe. Mes jambes ne veulent rien savoir, continuant à marcher, pas à pas, vers une mort certaine. Mes lèvres s’entrouvrent légèrement, me laissant espérer l’espace d’une seconde… avant de me rendre compte que ce n’est que ma respiration.

Les cris sont plus proches.

La panique m’envahit. Prisonnière de mon propre corps, je vois s’approcher minute après minute la lumière au bout du couloir. La cohérence entre la réalité et l’expression serait presque poétique, si les hurlements de désespoir ne me rappelaient pas quel destin funeste et douloureux m’attendait. 

Un pas. Des chaînes qui s’entrechoquent.

L’odeur vient se rajouter à cet air malsain. La nausée me prend, mais mon corps ne réagit toujours pas, alors qu’une odeur de cadavre entre dans mes narines. Je la reconnais parce que je l’ai déjà sentie, avant. Il y a longtemps, plusieurs mois peut-être, mon odorat avait fait la connaissance de cette odeur.

De lointains cris d’agonie.

Je n’arrive pas à me souvenir. Pourquoi suis-je ici ? Qu’ai-je fait pour mériter ça ? Un crime ? Un crime méritant la mort ? J’ai envie de pleurer. J’ai envie de les appeler. Qu’« elle » me prenne dans ses bras chaleureux. Qu’ « il » me sauve de cet endroit et m’emporte loin d’ici. Pourtant, aussi fort que j’essaye, je n’y arrive pas.
Je ne me souviens ni de leur nom, ni de leur visage.


Un autre pas. Des chaînes qui s’entrechoquent.

L’enfant devant moi disparaît dans la lumière. Bientôt, ce sera mon tour. Maintenant que j’y pense,  peu de prisonniers sont plus vieux que moi. Tous, sont si jeunes… certains ont à peine l’âge de marcher. Non, nous ne pouvons pas être des condamnés à mort, pas à notre âge. Nous avons à peine une idée de ce que c’est !

Les cris sont très proches…
 
Je vois les cadavres de mes prédécesseurs, évacués avec désinvoltures par une rampe, comme de vulgaires produits défaillants.  Je vois du sang évacué par des tuyaux saturés du liquide pourpre. Je vois une table d’opération, surplombée d’une étrange machine, torturant et massacrant avec froideur celle qui était juste devant moi. J’entends ses cris. Ils percent mes oreilles.
Puis plus rien. La machine remonte. Le corps ne bouge plus. Le corps n’émet plus aucun son.

« Encore un échec…. Sale journée, hein. »
« Tu l’as dit. Suivant ! N°510280, prenez place.  »

Instinctivement, mon corps obéit, sourd à mes tentatives désespérées de le retenir. Il s’allonge docilement sur la table, sous le mécanisme cauchemardesque.  Des pièges d’aciers se referment sur lui. Bras, jambes, coudes, genou, tête, cou. Rien n’est laissé au hasard. Aucune chance n’est laissée. 

« Vingt Drachma qu’elle ne dure pas cinq secondes ! »
« Tenu, j'aime prendre des risques. »

Un actionneur fût enclenché, et l’horrible machine se met alors à descendre. Une aiguille effectue une incision millimétrée, au niveau de mon cœur.
Et quand l’opération commence réellement, j’hurle. Quelque chose entre en moi, me transperce de part en part, brûle intensément chaque cellule de mon corps. Mes cris agonisants résonnent  dans la salle, dans le couloir où restaient encore des milliers d’enfants qui subiront bientôt ce sort. 
Cependant, ce n’est pas à eux que je pense. Je ne suis plus en état de penser. La douleur manque plusieurs fois de me faire évanouir, mon corps bouge, se secoue, se débat contre les liens. 
Des craquements. Certains de mes os se sont brisés.
Des fêlures. Certains de mes membres se sont tordus. 

La mort. Voilà la seule pensée qui me parvient. La mort. Celle que je désire, celle que j’attends, celle que j’espère voir arriver à chaque seconde, celle que j’espère voir arriver pour me prendre dans ses bras, celle que j’espère voir arriver me sauver et m’emporter loin d’ici. 
Pourtant, elle n’arrive pas. Les minutes se succèdent. Par une force désespérée, mes bras s’arrachent à leur lien, réduisant en miettes mon squelette par la même occasion. Mais la mort ne vient pas. La douleur s’est installée dans tout mon être.
Mais la fin ne vient pas.

Jusqu’à ce que tout s’arrête, soudainement. La machine cicatrise l’incision, puis remonte. Mon corps ne bouge plus, mais des applaudissements se font entendre. 

« Messieurs, c'est une réussite de rang A ! » 

« Et toi, tu me dois vingt drachma. »

Je ne ressens plus rien. La douleur a disparu. La peur a disparu. On m’ordonne de me lever, je m’exécute.
Un claquement de doigts, je m’évanouis. 
Devenue… quelqu’un d’autre.
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Παράδοξο [solo]
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