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Revanche...
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MessageSujet: Revanche...   Jeu 8 Déc - 22:12



Direction Chikai!



Cela faisait plus d'une semaine que Bashô était à Tokonatsu et il souhaitait désormais quitter cette ville pleine d'évènements. Trop pleine d'évènements. C'était plutôt bon pour l'inspiration et c'était d'ailleurs pour cela qu'il y était venu. Seulement sa mésaventure avec le messager de l'enfer hantait les lieux et il ne souhaitait pas y rester. De plus, il fallait qu'il retrouve Mirya et Geleerdre. C'était décidé: il partirait pour Chikai au plus vite. Cette cité présentait l'avantage d'être encore plus attractive que celle qui l'hébergeait actuellement sans toutefois vouloir sa mort, et Zayro n'y était pas. Là-bas, il rendrait peut-être visite aux autorités locales, voire à l'empereur si cela lui était accordé. Il aimait bien se faire son avis sur les grands du monde et de toute évidence, il ne fallait pas attendre des médias pour se faire son opinion.

Il se mit donc à la recherche d'un convoi allant à la capitale. Il ne voulait pas passer par la route principale, pensant que ça le couperait de la beauté des paysages. Il demeure poète avant tout. Ne connaissant pas le chemin, il ne voulait pas y aller seul non plus. Il finit par en trouver un, composé de trois petits bourgeois ainsi que de leurs familles et de leurs quelques serviteurs. Ils acceptèrent de prendre l'élu, sans savoir que c'en était un. Bashô les payait, ils le guidaient, logeaient et nourrissaient jusqu'à leur arrivée, c'était tout. Ils n'avaient pas l'air d'être de mauvais bougre, le voyage promettait d'être calme et reposant.

Mais parfois, les signes sont trompeurs...

Le groupe passera donc par les grands canyons. Les marchands bourgeois vendaient des plantes et il se trouve qu'il existe une plante appelé "Bodura Finela", vulgairement nommé "plante du chérubin", qui ne pousse qu'en cet endroit. Et même en ce lieu, elle se fait rare. Les bourgeois espèraient donc pouvoir en trouver sur leur route, ce qui rendrait le détour extrêmement rentable. En effet, cette plante, qui avait la propriété de faire ignorer le froid à quiconque en mâchait, pouvait se vendre très cher à Fuyu. Malheureusement, comme je l'ai déjà dit, elle ne poussait que dans les canyons du pays chaud qu'est Seika. Triste ironie.

Cette direction allait bien au poète qui, après réflexions, n'avait jamais vu de canyons de sa vie. Et ceux-ci, disait-on, étaient d'une beauté illusoire. Selon Guéda, le dirigeant du convoi, beaucoup d'ermites s'y seraient retirés en fin de vie afin d'y mourir. "Le paradis fait bien pâle figure face à certains lieux du monde" se réjouit-il. Cependant, il n'avait encore littéralement rien vu.

La route jusqu'aux grands canyons se déroula bien. Ils avaient trois diligences et dormaient dans des tentes. Bashô, lui, préférait dormir dans un sac de couchage à la belle étoile. Si une chose n'avait pas changé entre son monde d'origine et celui-ci, c'était bien cette voûte céleste. Il s'endormit sans aucune difficulté devant ce spectacle, en écoutant l'avenir lui susurrer à l'oreille: "Profite, mais attention; le bonheur n'est qu'un assoupissement, plus on s'endort, et plus le réveil est brutal...".


***


Ils mirent deux jours à arriver aux grands canyons. Comme promit, le spectacle qui s'offrait à eux était magnifique. Une vue s'étendant à des dizaines de kilomètres les embrassait. La route descendait dans ce lieu féérique et petit à petit, des colonnes rocheuses se mettaient à les toiser de haut. Les adultes riaient devant la surprise de leurs enfants. Bashô, lui, riait à l'extérieur, cloué à l'intérieur. Cloué par un véritable tableau peint de sensations innocentes. Un paradis qui lui rappelait comment était le monde extérieur. Qui lui rappelait pourquoi il ne pouvait pas vivre d'amour et d'eau fraîche, pourquoi il était un maffieux qui participait lui même à la pourriture du monde.


Le Jardin d’Éden
Est ici.
Ailleurs? Pourriture...


Mais il ne se jugeait pas pour ça. Cela devait être comme ça et personne n'y pouvait rien. Pas même les dieux. Il n'était ni le coupable, ni le "méchant" de l'histoire.


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MessageSujet: Re: Revanche...   Mar 13 Déc - 21:46



Étrange personnage...



La petite troupe finit par s'arrêter après plusieurs heures supplémentaires de voyage. La zone était en fait une succession permanente de canyons et était plutôt aride. Il était difficile d'imaginer que la "plante du chérubin" pouvait se trouver ici. Et si effectivement elle s'y trouvait, elle ne serait pas très dure à repérer, il n'y avait absolument aucune verdure et elle dénoterait. "Je ne suis pas convaincu de la difficulté de trouver la plante" se dit l'élu, douteux. Et il avait raison. Il en déduisit que le principal obstacle à la cueillette de la plante était son inaccessibilité, et non son camouflage naturel inexistant. En effet, cette plante poussait essentiellement, tout en restant rare, sur les colonnes rocheuses. Il était bien entendu impossible d'en escalader la plupart. La pensée de lui en train de négocier ces pitons de roc lui rappela la vision de Zoro Roronoa grimpant la façade d'une maison à Tokonatsu. Ce souvenir de galère arracha un rictus au poète, apparemment de bonne humeur.

Depuis le début du périple, Bashô ne s'était pas beaucoup lié d'amitié avec ses compagnons de voyage. Il avait pas mal discuté et avait passé de bons moments avec Guéda et ses deux autres associés mais sans qu'il y ait un réel rapprochement. Bashô "covoiturait" seulement, comme il disait dans son monde. Il décida alors d'aborder un des serviteurs. Il choisit un homme qui l'intriguait beaucoup depuis le début. Il était vêtu d'un manteau de voyage muni d'une capuche qu'il portait tout le temps. Bashô ne connaissait pas son nom, juste sa fonction: escorteur. Il avait été engagé pour protéger le convoi et était d'ailleurs le seul. Cette protection était étrange. Si les routes étaient sûres, pourquoi prendre un garde? Si elles étaient dangereuses, pourquoi n'en prendre qu'un? Les bourgeois n'avaient pas l'air en manque d'argent et surtout pas au point de négliger leur sécurité et celle de leur famille. Ces questions trottaient dans la tête de l'élu.

Il approcha donc l'homme afin d'assouvir sa soif de compréhension autant que pour réellement se lier. Seulement, ce dernier, lorsque Bashô se dirigea vers lui, s'éloigna aussitôt, et cela paraissait volontaire. Le poète l'apostropha mais il ne répondit pas. "Quel étrange personnage..." si dit-il. Il alla alors voir Guéda, qui s'était toujours montré fort sympathique.

-Plait-il? demanda le bourgeois en voyant arriver Bashô.

-Je voulais te poser quelques questions, mais trois fois rien, je ne t'embêterai pas longtemps, répondit-t-il.

-Tu ne m'embête pas voyons, je regarde le paysage, je ne suis pas occupé, répondit Guéda avec son amabilité habituelle.

-Alors voilà, je me demandais juste pourquoi vous avez employé un homme de main pour vous escorter alors qu'apparemment, le route est sûre.


-Ah, tu veux parler de Ferun? Nous ne voulions pas engager de mercenaires mais cet homme s'est présenté à nous en vendant ses services pour un quignon de pain, nous ne pouvions pas refuser. Tu sais, moi non plus je ne le connais pas beaucoup. Il n'est pas très bavard.

-Et vous ne trouvez pas ça louche? le questionna Bashô. Il vous propose ses services sans réels avantages pour lui et en plus vous ne le connaissez même pas! Au risque de me répéter, c'est louche!


-Mais non, tu te fais des idées, il est comme toi. Lui aussi a envie de rejoindre la capitale mais a besoin de guides. Et comme il n'a pas d'argent, il nous vend ses services à faible coût, c'est tout, répliqua-t-il.

-Mouais, tu as surement raison, j'ai pris la mauvaise habitude de me méfier trop facilement... finit-il.



***


Le petit groupe finit par s'arrêter pour installer le campement alors que la nuit tombait. Apparemment, l'endroit était propice pour trouver de la "Bodura Finela". Ils allaient y rester au moins le lendemain pour voir si aucune ne se trouvait à un endroit accessible. Comme dit plus tôt, cette plante était visible, ils ne mettraient donc pas longtemps à vérifier s'il y en avait à porté ou pas.

"Ça a l'air marrant, c'est comme un genre de chasse non? J'aime la chasse, je les aiderais sûrement demain si je ne trouve rien de mieux à faire..." se dit Bashô, réjouis par l'idée.



Malheureusement,
Le chasseur
Ne sait qu'il est proie...



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MessageSujet: Re: Revanche...   Mer 14 Déc - 15:15



Chasse aux Chérubin!



Le lendemain, tous se séparèrent afin de trouver la fameuse plante. Ce n'était pas dangereux, il n'y avait qu'eux. Il fallait juste penser à prendre sa ration d'eau. Bashô, quand à lui, resta un peu dans le camp vide après que tout le monde soit parti. Il n'avait pas été démonté car l'expédition passerait la nuit prochaine ici aussi. Il se motiva après une demi-heure à aller chercher la plante lui-aussi. Après tout, il n'avait rien d'autre à faire et l'activité pouvait se montrer intéressante. Il pensa à prendre une corde car, selon ses réflexions d'hier, il devrait surement grimper.

Il commença d'abords par s'éloigner conséquemment du camp afin d'être seul dans sa "zone de chasse". Après tout, les tigres règnent sans partage sur leurs territoires...
Une fois suffisamment loin du campement, le chasseur commença réellement à chercher des "traces" de sa proie. Il ne le fit pas plus d'une demi-heure avant d'être agacé. "C'est pas qu'elles sont rares, c'est juste que y en a pas du tout en fait!" commença-t-il à s'énerver.

Mais il n'avait pas dit son dernier mot. Il mit alors au point une autre stratégie: Au lieu de chercher un piton où il apercevrait une plante du chérubin qui serait possible d'escalader, il chercherait juste un piton qui présenterait seulement le second avantage. Une fois en haut, il aurait une meilleure vue et pourrait voir toute les pousses de bodura finela. En effet, il devait sûrement passer à côté de beaucoup car son point de vue au sol n'était pas des meilleurs.

Au bout d'un quart d'heure supplémentaire de recherche, il trouva un piton rocheux qui correspondait à ses critères. Il était assez haut tout en étant de forme plutôt conique ce qui facilitera la montée de l'élu. Il constata, à son grand bonheur, qu'il réussit sa tache avec plus de facilités qu'il ne s'y attendait, sans même utiliser la corde.
"Je ne m'en était pas rendu compte avant mais, petit à petit, je m'améliore. Mes capacités physiques ont beaucoup augmentés par rapport aux premières semaines de mon arrivée à Kosaten, même si je ne suis encore qu'à dix pour cent de mes capacités d'antan. C'est très encourageant!" se réjouit-il.

Debout, surplombant les canyons tout en étant dépassé par beaucoup d'autres pitons, la vue qui s'offrait à lui était encore plus grandiose que celle du premier jour. Même la magie de la découverte restait présente.


Les Grands Canyons sont
La demeure
De l'Inspiration...


Son promontoire lui permit enfin de voir sa cible. "je t'ai trouvé..." murmura le poète. Elle n'était pas très loin, juste sur le piton d'en face. Juste impossible à escalader. Juste à vingt mètres. Heureusement, grâce à sa corde et quelques minutes de réflexions, il put échafauder un plan résolument classique. Il y avait de nombreuses prises à chacun des deux sommets et, grâce à la corde utilisée en premier lieu en guise de lasso, il ne serait pas difficile de la tendre. En revanche, cela signifiait qu'il devrait franchir plus de vingt mètres accroché à la corde qui montait plutôt fortement. En effet, le second pic était un peu plus haut. Évidemment, s'il tombait, c'était la fin de l'aventure pour lui. Mais il était résolut. "Quand faut y aller, faut y aller!" s'encouragea-t-il.

Mettre la corde en place fut d'une facilité enfantine en comparaison de l'épreuve qui attendait Bashô. Il passa ses deux dizaines de mètres, semblant toujours plus se rallonger, dans la sueur. C'était l'épreuve la plus physique qu'il avait subit depuis son arrivée en Kosaten. Jusqu'à lors, il s'était toujours débrouillé pour contourner les difficultés dues à sa faiblesse mais là, il lui semblait qu'il n'avait pas eu le choix. Pourtant, personne ne lui avait demandé de ramener l'une de ces plantes si rare. Personne ne lui avait demandé de risquer sa vie. Étonnement, malgré la difficulté olympienne de l'épreuve, il ne pensa pas une seule fois à rebrousser chemin. Il s'était fixé un objectif, il le tiendrait. De la fatigue se lisait dans sa sueur, de la détermination dans ses yeux...

Arrivé de l'autre côté, il ramassa la plante et se reposa pendant longtemps. Même lui ne saurai pas dire combien de temps exactement. Mais le soleil avait bien progressé. Il se décida alors à rentrer. Il confectionna, avec les vêtements traditionnels pris à Tokonatsu, un substitut à une tyrolienne assez solide pour pouvoir supporter son poids. Cela marcha du tonnerre et autant dire que le retour, aidé par la gravité, fut bien plus facile que l'aller. Il ne tarda pas à revenir au camp.


***


Au campement, quasiment tous étaient revenus mais apparemment cherchaient toujours quelque chose.

-Eh! Regardez ce que j'ai trouvé! les interpella-t-il en brandissant son trophée.

Aucun ne lui répondit, beaucoup étaient dépités où énervé, en train de crier pour appeler quelqu'un, mais tous avaient l'air inquiets. Guéda s'approcha de lui.

-Ma fille, Leïa, n'est pas revenue. Ferun non plus, lui dit-il gravement. Cela fait plus d'une heure que nous la cherchons...


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MessageSujet: Re: Revanche...   Mer 14 Déc - 18:27



La revanche d'un brigand...



Bashô se mit donc à chercher avec les autres. "Si Ferun est lié, ça sera pas faute de l'avoir dit" pensa-t-il énervé par la gravité des évènements. Mais ce dernier n'était pas forcément impliqué. La fille qu'ils cherchaient, Leïa, était âgée d'à peine huit ans, il était tout à fait possible qu'elle veuille leur faire une farce. L'absence du guerrier n'était pas non-plus signe de culpabilité. Lui non plus n'était pas là quand Guéda et les autres étaient en train de chercher. L'une des femmes arriva en courant pour infirmer les secondes pensées du poète.

-Je l'ai trouvé! J'ai trouvé Leïa! cria-t-elle à tous ses compagnons, affolée. Elle est avec Ferun pas très loin d'ici! Il l'a ligoté et demande à voir Bashô! dit-elle en se tournant vers ce dernier. Suivez-moi!

Sans dire un mot, l'élu se mit à la suivre, l'air sévère et se posant une avalanche de questions. C'est ce que firent également tous les autres.


***


La quinzaine de personnes arriva dans un canyon comme les autres. Ferun leur demanda de s'arrêter à trente pas de lui. Il était devant son cheval et tenait Leïa ligotée en agitant un couteau prêt de sa gorge.

-Bon, je vois que le groupe est au complet, commença-t-il. Je tiens d'abords à dire à tout le convoi sauf Bashô que je suis désolé pour ce que je suis en train de faire. Ne vous inquiétez pas, la fille vous sera remise vivante. Je vous le promets! Je vous le promets si vous me livrez Bashô ligoté et sans faire d'histoire! Quand à toi, dit-il en regardant l'élu, j'aimerais te dire que tout ceci n'a rien de personnel mais ce serait te mentir. C'est totalement le cas...

Le poète était dans une impasse. Il pouvait se retirer, tous ces bourgeois sans aucune culture martiale ne pourraient pas l'en empêcher, mais dans ce cas-là, la fille mourrai. Il ne pouvait pas avoir sa mort sur la conscience. Il devait se livrer, même si cela signifiait être à la merci de cet homme dont il ne connaissait rien. Qui était-il? D'où venait-il? Pourquoi lui en vouloir? Il avait énormément d'ennemis dans son monde mais ici, à Kosaten, il ne lui semblait pas... Il se creusa la tête quelques instant pour essayer de deviner l'identité de Ferun mais ne trouva rien. Le nom même de "Ferun" devait être faux, en tout cas, Bashô ne l'avait jamais entendu auparavant.

Il fut sortit de sa réflexion par une multitude de regards pesant sur lui. Il allait se livrer, mais n'avait pas encore trouvé la combine pour pouvoir s'échapper par la suite. Ferun les pressait et commençait à utiliser un ton de moins en moins calme. Tant pis, il devait le faire maintenant, même sans échappatoires. Bashô respectait la témérité après tout, c'était dans son caractère.

-Allez-y, faites votre office! dit-il en tendant les poignets à Guéda.

-Je suis désolé... lui répondit-il, sincère, en s'employant à lier les chevilles et les mains de l'homme.

-Ce n'est rien, récupérez votre fille et surtout ne vous occupez pas de moi. Partez dès que possible. Prenez la Bodura Finela dans mon sac, elle est à vous.

-Merci, murmura-t-il.


Il fut saucissonné proprement par ses compagnons de voyage qui effectuèrent bien mieux leur besogne que leur statut bourgeois ne le laisserait à penser. "L'échange" se passa comme prévu et Leïa fut rendue à ses parents. Ses liens vérifiés, Bashô et son "ravisseur" partirent à cheval sans demander leur reste.

Ils s'éloignèrent de plusieurs dizaines de lieux en direction de Chikaï sans s'adresser la parole. Comme la lumière commençait, comme chaque jour, à décliner, ils s'arrêtèrent pour passer la nuit. Autour d'un feu, l'homme mystérieux finit par dévoiler son visage au poète et lui parler. Sa tête lui était vaguement familière, mais pas connue.

-Tu dois te demander qui je suis et ce que je te veux non? demanda-t-il. Et bien c'est bien simple. Je veux libérer mes frères d'arme et te torturer pour ce que tu nous as fait. Je suis sûr que tu es en train de comprendre... Je fais parti des douze brigands d'Hibana que tu as mis derrière les barreaux en les trahissant comme un chien! Nous te faisions confiance et toi tu nous a privé de notre liberté pour gloire et argent! Mais j'ai réussi à m'échapper! Je nous vengerai! Ton crime ne restera pas impuni et mes frères seront libérés!

A ce stade là de la conversation, tout était très clair dans la tête de Bashô. L'homme ne mentait pas quand à son nom. L'élu du phénix n'était pas tout à fait d'accords avec le point de vue de son interlocuteur mais il était bien coupable de la mise en cellule de lui et ses compagnons. Il craignait juste que l'homme ne le tue dans un accès de rage soudain. Heureusement pour lui, ce dernier se calma aussi rapidement qu'il s'était énervé.

-Demain dès l'aube, nous repartirons en direction de la capitale. Nous devrions y arriver durant la nuit prochaine. Je vais essayer d'obtenir la libération de mes frères en t'échangeant. L'empire a toujours protégé ses élus. Mais n'escompte pas t'en sortir indemne...


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MessageSujet: Re: Revanche...   Ven 16 Déc - 22:47



Le retour de la force d'un poète...



Durant la nuit, Bashô eut beaucoup de mal à dormir. Il cogitait. Il fallait absolument qu'il trouve une solution pour s'échapper avant d'atteindre Chikai. Si Ferun mourrait dans l'opération, c'était encore mieux. Malheureusement Ferun ne le détachait jamais, même pour satisfaire un besoin naturel. Son hygiène, même après un jour seulement, s'était tellement dégradé qu'elle n'avait jamais été si inexistante. Lui qui avait prévu une arrivée triomphante dans la ville de l'empereur...

Un autre facteur venait compliquer les choses: le brigand ne le détachait pas non plus pour qu'il puisse manger. Et la faim, ne pas manger pendant vingt-quatre heures, c'était dur. Ses forces s'amenuisaient au fur et à mesure que le temps passait. Évidemment, cela n'allait pas en s'arrangeant.

Il ne voyait vraiment pas de moyens pour s'en sortir. Il n'y avait aucun espoir qu'il s'en sorte seul. Les dieux devaient l'aider. Ceux de son ancien monde ou du nouveau. "N'y a-t-il aucune justice? Qu'ais-je fais? Si vous m'avez fait venir pour aider votre monde, ne me faites pas tuer parce que j'ai aidé à la prospérité d'un de ses villages! Je protège ce monde, qu'il me protège! Juste aujourd'hui..." se lamenta silencieusement le poète désespéré.


***


Le soleil n'assista pas au matin des grands canyons ce jour-là. Le ciel bleu avait été remplacé par un nuage orageux ne laissant aucune faille, comme la situation tragique dans laquelle se trouvait l'élu. La pluie en revanche ne tomba pas.

Ferun lança son cheval au plus vite qu'il put, craignant la pluie menaçante. Ce fut une erreur. Il voulait arriver au plus vite, surement mu par la volonté d'en finir et de sortir vainqueur d'un combat qu'il avait décidé de poursuivre il y a plusieurs mois déjà. Bénéfique pour l'un, maléfique pour l'autre, cet empressement retourna la situation.

Le cheval, ayant le pas de moins en moins assuré au fur et à mesure que les lieux défilées et étant bien plus chargé que d'ordinaire, finit par trébucher. Mais la négligence du cavalier ne fut pas la seule raison de la chute de la monture. La vue d'un tigre à dents de sabre joua certainement tout autant.

Les secondes passèrent très vite. Bashô était tombé à quelques pas du corps du cheval, à l'opposé du bandit. Il n'était pas en pleine possession de ses moyens à cause du traitement qu'il subissait et ne compris pas tout de suite ce qu'il se passait. Le prédateur carnassier, quand à lui, se jeta sur la pauvre monture quasi immédiatement et lui sectionna le cou d'un coup de dents. Bien conscient de son impuissance, Ferun prit ses jambes à son cou. Le cheval représentait une quantité de nourriture suffisante et le tigre ne le poursuivit pas. Tant qu'on ne restait pas dans son périmètre, on ne risquait rien. Malheureusement, Bashô était toujours pieds et poings liés.

Quinze secondes, un quart de minute, un deux cent quarantième d'heure, un cinq mille sept cent soixantième de journée. Ce fut le temps que mit l'élu à comprendre sa situation pendant que la bête entamait sa première proie. Il décida alors de s'éloigner en rampant. Le monstre qui ne l'avait alors pas encore remarqué, s'avança vers lui. Pour lui, transformer une proie vivante en simple viande inerte n'était pas bien difficile. Il donna avec le calme de celui qui n'est jamais chassé un grand coup de dent ce qui ouvrit le ventre de l'élu mais détruisit ses entraves.

Bashô se leva devant la bête étonnée de l'inefficacité apparente de son coup. La tête de l'élu dominait maintenant celle de son prédateur. Comme on pouvait s'y attendre, ce dernier rugit de toutes ses forces. Les cheveux du poète se soulevèrent, son cri retentit et résonna si bien dans les canyons qu'il fut sûrement entendu par Guéda. Seulement sa cible ne recula pas d'un centimètre. "Qu'importe que le vent souffle, jamais la montagne ne ploie" lui avait dit un jour son maître, Kuru.

A ce moment-là, abandonné des dieux ingrats, il décida de se battre. Il vivait pour lui et non pas pour une idole. Et s'il voulait vivre, il vivrait. Il prit alors une de ses plaquettes et y inscrivit ce haïku:


La Bête rugit,
Rien. Je hurle...
Gaïa se déchaîne!!!


Et la terre en effet se déchaîna, comme en réponse au poète. C'était incroyable. Il avait enfin put réaliser un de ses haïkus. Il ne craignait plus rien désormais. Sa force passée n'est pas si loin après tout...


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MessageSujet: Re: Revanche...   Lun 19 Déc - 10:40



Némésis



La terre gronda et se souleva. La bête fuit alors. Leur duel s'était soldé par l'indiscutable supériorité de l'homme. Pourtant, si le tigre à dents de sabre s'était décidé à attaquer, l'issue du combat n'aurai fait aucun doute. Bashô aurait été mis en charpie.

Il fallait maintenant qu'il parte. Il ne tiendrait plus debout bien longtemps avec ses blessures et sa fébrilité. S'il s'effondrait là, le prédateur reviendrai, attiré par la carcasse du cheval et cette fois, il trouverait le corps de son adversaire inerte...
De plus, Ferun lui aussi reviendra forcément sur ses pas pour vérifier la mort de l'élu. Rester là signifierait le retour à la case départ pour lui.

Malgré son état, il parvint à se déplacer. Malgré son ventre lacéré, il parvint à faire quelques lieux pour rejoindre la route principale, étonnamment proche. S'il réussit à parcourir cette distance, c'est parce qu'il était convaincu de ne pas mourir s'il s'en donnait les moyens. Il avait après tout réussi à se débarrasser de Ferun par hasard et de la bête grâce à ses pouvoirs. Or le hasard et ses pouvoirs réacquis  étaient désormais dans les mains des dieux. S'il arrivait sur la route principale, il serait sauvé.

Quand il l'atteint, il s'effondra immédiatement. Il avait perdu beaucoup de sang et faisait peine à voir. S'il était normal, il serait déjà mort. Heureusement, il avait également récupéré la maîtrise de son renforcement corporel qui le rendait bien plus résistant. Néanmoins, si personne ne venait lui administrer les premiers soins dans les prochaines heures, il mourrait.
Il s'évanouit cependant l'esprit serein. Il avait retrouvé la foi. La capitale n'était pas très loin.

La blessure elle-même n'était pas que néfaste. En effet, elle laisserai de profondes cicatrices qui masqueraient le "Z" que lui avait apposé Zayro Jinn. Cela ne le libérerai pas de son emprise, mais ça aurai au moins le mérite de lui éviter de se faire traquer par tous les ennemis du colosse de Fuyu.
De plus, les cicatrices l'obligeront à se souvenir de ce combat à jamais. A se souvenir que les dieux sont avec lui. A se souvenir qu'il n'est qu'à quelques pas de sa gloire passée.

Cependant, même s'il s'était débarrassé de potentiels ennemis de Zayro, qui doivent être nombreux, il venait d'en gagner un de taille. Ferun ne le lâcherait pas de si tôt. Le monde est trop étroit pour eux deux. Durant son parcours jusqu'ici, Bashô ne s'était pas caché, ni même avait essayé d'être discret. Pour le brigand, le retrouver n'avait pas dû être bien difficile... Le poète devra redoubler de prudence s'il veut s'éviter des ennuis désormais.
Seulement, comme je l'ai déjà dit, le monde est trop étroit pour eux deux. L'élu ne cherchera pas à se cacher. Ils seront tous les deux traqueurs et traqués. Et à la fin, il ne pourra en rester qu'un. Sa Némésis était née...


***


Pendant ce temps, sur un piton rocheux, un homme observait un tigre à dents de sabre manger un cheval. Manger son cheval. Il observait la scène en affûtant son couteau.

-Prépare toi, usurpateur et traître, ce que tu as gagné n'est pas la liberté, juste un sursis... murmura-t-il. Mais ce répit ne sera pas long, rassure toi. Et lorsque j'aurai mis la main sur toi, tu n'auras plus qu'à espérer qu'en enfer il y ait du bonheur...


L'un est prédateur,
L'autre, proie.
Reste à savoir qui...


Malheureusement, même les dieux ignorent qui joue le rôle du tigre à dents de sabre et qui incarne le cheval....

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MessageSujet: Re: Revanche...   

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