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Là où naissent les typhons ...
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MessageSujet: Là où naissent les typhons ...   Sam 11 Mar - 13:10

quête de Mars :
 


Vous savez, si j’commençais pas à un peu vous connaître, j’finirais par croire que vous m’aimez bien, à souvent revenir comme ça.
L’hybride su qu’elle ne pouvait se permettre ni de soupirer, ni de fermer les yeux pour se masser les paupières, ni quoi que ce soit qui indiquait à quel point ce qu’elle venait d’entendre la consternait. Levant un sourcil, elle se contenta donc d’un simple « J’ai vraiment l’air si attirée que ça ?
J’sais pas, que voulez-vous. L’uniforme, ça a son charme auprès des d’moiselles, souvent. J’sais pas pourquoi.
Moi non plus, mais vous vous doutez bien que si je reviens une fois tous les deux mois vous voir, ce n’est pas simplement pour vous faire la discussion … Et à vrai dire, si elle pouvait s’en abstenir, elle le ferait volontiers.
Mais ouais, les quêtes, ouais. Pourquoi z’êtes pas fichu de faire comme les autres élus, ceci dit ?
Les autres ?
Bah, mouaip. La plupart sont pas aussi procré … Procél … Procéduriers ! C’est ça, ils sont pas aussi procéduriers que vous. Y s’contentent de trouver les quêtes via des tracts, des discussions d’marchands, des affiches … et voilà.
Mh. Et vous gardez trace de ce qu’ils font pour la nation ?
Boarf. Quand y r’viennent faire un rapport de quêtes, s’y z’en font un, on archive tout ça. Sinon …mh. De toute manière c’pas chez moé qu’ça s’gère, cette partie-là. AIE, hey, attention toi !

Baissant le regard vers ce qui avait visiblement troublé l’officier, Val’ eut un petit sourire sous son masque. Son familier venait de se frotter contre sa jambe … Et de lui coller une belle châtaigne par accident, visiblement. Fuyant sous le cri de surprise, la boule de fourrure bleue revint à côté de sa maitresse, puis, voyant qu’elle se tapotait les genoux devant lui, sauta dessus pour s’y blottir. L’officier, lui, regarda la scène d’un œil mauvais, et renifla avec un air grognon. C’était plus ou moins un miracle : Valentine était venue trouver une quête, on l’avait réorienté vers le bureau de cette personne, et pourtant, elle n’avait pas encore envie de l’étrangler. Pourtant, il était toujours aussi peu aimable, parlait toujours avec ce ridicule accent de paysan, donnait toujours autant l’impression de ne rien en avoir à faire d’elle, et semblait toujours aussi peu compétent … Peut-être que la force de l’habitude rendait les choses plus tolérables pour la blonde.

Bon, à part ça. Vous v’nez pour la guerre ?
Si vous avez quoi que ce soit qui s’y rapporte …répondit la blonde alors qu’elle brossait doucement la nuque de son jeune compagnon de route.
Bah non. En ce moment on investi pour des routes, renforcer des bâtiments de la capitale et autres, donc la guerre, ce sera quand on aura moins de soldats convertis en ouvriers.
… ça m’étonne.
Qu’les soldats servent de maçons, ou que ce soient eux qui construisent tous ces trucs ? Z’avez déjà fait fonctionner une armée, peut-être ?
Caresser le jeune prédateur sur ses genoux l’aida probablement beaucoup à rester parfaitement calme en répondant. Je suis étonnée que vous m’ayez laissé m’asseoir ici et vous parlez si vous n’avez rien pour moi.
Ah non, m’faites pas dire c’que j’ai pas dit. J’ai rien en rapport avec la guerre. Par contre, au large, ya du mouvement. Enfin.
Mhhh ?
Ya quelques semaines de ça, on a envoyé plusieurs navires en pleine mer, histoire de voir un peu ce qu’il y a autour du continent. Sauf que comme à chaque fois, le bateau est pas revenu. Pas encore, du moins, mais bon, ils seront bientôt à court de vivres et d’eau, logiquement. Si qui qu’ce soit m’avait écouté, ce genre de niaiserie arriverait pas vous savez. J’ai pas vécu longtemps au bord de la mer, mais je sais que quand elle prend les gens, ‘faut pas lui en envoyer d’autres comme ça, bêtements.
Et … Qu’est-ce qu’il y a, en mer ?
Une tempête. Je crois. Autour de tout Kosaten. Toutes les nations ont envoyé des navires : visiblement, ‘sont tous pas encore revenus alors qu’ils auraient dû ya deux semaines.
Mhhhh … La blonde marqua une pause, pensive. Elle se le fit remarquer par la petite créature sur ses genoux, qui leva le museau et frotta doucement son poignet pour lui faire signe de continuer à le gratouiller. S’exécutant avec un petit sourire en coin, elle reprit cependant un air sérieux assez vite. Quel est le plan ? Partir repêcher une épave ?
Nos dirigeants sont persuadés qu’le navire a pas pu couler. Ou qu’il l’a pas encore fait. Dans un cas comme dans l’autre, ‘faut surtout aller chercher les survivants et leurs notes, s’y yen a. Un navire part de la côte dans quelques jours, dans ce but.
Et on doit le manœuvrer ?
Naon. Z’avez pas une tête de marin de toute manière. L’hybride resta impassible à cette remarque : elle en savait pourtant largement assez pour, seule, faire évoluer un petit voilier en pleine mer. Ou faire partie de l’équipage d’un gros. Donc le bâteau aura déjà un équipage, une équipe supposée récupérer les autres gugusses, et même une grosse cloche de plongeur.
Et les élus sont là pour … Défendre le navire.
Waaaaaah …. La semi vampire se mit la main devant la bouche, afin de se protéger du baillement de l’officier, vu que ce dernier ne le faisait pas … Lamentable. C’est ça. Vu qu’on sait pas trop ce qui nous attend, autant partir préparés, hein ?
C’est sûr que ça vaut toujours mieux de sacrifier la vie de quelqu’un qui n’est pas vraiment originaire du pays …

L’officier tira une moue relativement contrite, à laquelle l’elfe de brume ne répondit rien. Les caresses cessèrent de nouveau dans le cou d’Oor’ka, mais ce dernier ne se manifesta pas pour protester, cette fois. Il s’écoula plusieurs secondes de silence, au bout desquelles la blonde finit par lever les yeux au ciel en reprenant la parole.

Si le bateau est parti en pleine mer, je suppose que ce n’est pas à Kansei que j’embarque, n’est-ce pas ?
Finement deviné., répondit le garde avec un ton glacial. Vous partez du port de Koutei.
Comment je reconnaîtrais le navire sur lequel je dois embarquer ?

Le garde baissa les yeux sur sa table, observant cette dernière quelques instants. La paperasse qui s’y trouvait n’était pas très bien rangée ou organisée, et pourtant, il trouva ce qu’il cherchait en un instant à peine : un parchemin, qu’il tendit à la vampire. Cette dernière s’en saisit, et le parcouru rapidement de ses yeux jaunes : c’était une attestation officielle. Il ne manquait que la signature, que l’officier face à elle voulait visiblement appliquer, puisqu’il sortait une plume d’écriture et un pot d’encre de son bureau. Reposant le papier devant elle en le retournant pour qu’il puisse opérer, la chasseuse se fit la réflexion qu’il était étrange de se dire qu’elle avait tout de suite su lire, ici. Bien sûr, chez elle, elle avait appris plus d’une langue et d’un alphabet, et même si elle ne s’en servait pas très souvent, elle savait parfaitement s’en servir. Mais ici … C’est comme si les caractères étaient ceux qu’elle avait toujours connus. Et pourtant, elle doutait. Avait-elle déjà écrit comme cela, à une époque ? Reprenant l’autorisation une fois signée et la roulant, elle accepta le cylindre métallique que lui tendit l’officier. Transporter le document ainsi serait bien plus aisé.

Merci …
Mouais. J’dois vous prévenir … C’pas une balade, là où vous allez. Faites quand même attention.
La blonde aurait presque haussé un sourcil. Presque. Elle se trouvait bien face à la dernière personne qu’elle s’attendait à voir éprouver de la sollicitude pour elle. Merci du conseil. Je suppose que je dois aller voir le maréchal Ferrand pour une monture ?
Comme l’aut’ fois. Le garde lui fit signe qu’elle pouvait y aller, et se saisit d’une longue liste, qu’il se mit à parcourir des yeux.

Constatant que l’entretien était visiblement terminé, la traqueuse hocha doucement la tête, et souleva doucement son familier pour le poser à terre à côté d’elle, avant de se lever de sa chaise. Rangeant le rouleau dans son sac de voyage, elle quitta le bâtiment quelques instants plus tard, mains dans les poches, Oor’ka trottinant juste à côté de ses jambes. Elle se rendit, comme elle venait d’en discuter, à l’écurie qui se trouvait non loin du poste de garde, et y demanda une monture : on lui fournit la même jument à la robe cendrée qu’elle avait déjà chevauchée, quelques semaines plus tôt. Montant dessus après avoir vérifié ses vivres et prit une carte lui indiquant sa destination, elle soupira profondément, renes en main … Puis mit finalement de petits coups de talon à sa monture, la mettant en marche.

*      *
*

De ce qu’elle pouvait en voir à l’issue de ses quelques jours de chevauchée, Koutei n’était pas un port gigantesque. Il était « grand », ou en tout cas assez pour accueillir le départ d’une expédition lancée par sa nation, mais comparé à l’antique cité d’Aquaria, la ville laissait à l’elfe de brume la même impression qu’un hameau peu connu. Cela avait peut-être à avoir avec les architectures, moins hautes et imposantes, et aux bâtiments le plus souvent fait de bois. Et puis, la ville n’était pas le siège de plusieurs siècles de connaissances arcaniques accumulées par des mages venus de tous horizons. C’était … Un port, tout simplement. Se rendant au poste de garde de la cité, l’élue pluricentenaire présenta le document qu’elle transportait à plusieurs soldats, puis officiers. En soit, ce n’était pas indispensable ni même idéal, mais dans la mesure où elle ne pouvait pas vraiment montrer son tatouage pour prouver qu’elle était bien une élue de Minshu, cela pouvait faire l’affaire. Son cheval fut conduit aux écuries du coin : il resterait en stalle et nourri jusqu’à son retour. Quant à elle, on la redirigea vers le port, en lui donnant le nom du navire à bord duquel elle devait monter.

Se baladant peut-être une heure en ville afin de faire quelques achats, elle se dirigea ensuite vers les quais, où elle déambula pendant un certain temps, jusqu’à trouver le navire. Dans son monde, elle aurait appelé ça un Brick, étant donné sa taille, mais elle n’était pas certaine que le terme restait valable ici. S’approchant de ce dernier, elle avisa des marins qui s’affairaient autant à bord qu’à terre … Dont un qui restait à côté du ponton d’embarquement, à tailler un bout de bois avec son couteau. S’approchant, elle se racla doucement la gorge pour attirer son attention, et sortit son attestation de son sac.

Bonjour … Je suis élue de Minshu. Je viens vous accompagner pour l’expédition de secours.
Le marin ne répondit rien au premier abord : ayant plissé les yeux à l’extrême, il parcourait les lignes calligraphiées … C’était une bonne chose qu’il sache lire, maintenant que l’hybride y pensait. Il finit par lâcher un simple Mouaip.
… Je suppose que c’est le bon navire ?
oui oui. Mais on part pas desuite. Dans deux jours.
Deux jours ?
Le mat principale a des problèmes … Le charpentier bosse dessus, il préfère que le bateau soit à quai pour ça. ‘Pouvez quand même monter parler au capitaine. ‘doit être dans sa cabine, à trier des papiers et lire des cartes, comme d’habitude.
Entendu … Et merci.

Passant à côté de lui, elle gravit sans rien dire de plus les quelques planches qui servaient à accéder au pont principale … c’était un bon début, tiens.


"La plus grande Nemesis que j'ai jamais dû affronter ... C'est moi-même." :
 


"Mais bon ... J'ai aussi cette petite boule de poils, pour m'aider. Il s'appelle Oor'ka." :
 
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MessageSujet: Re: Là où naissent les typhons ...   Sam 11 Mar - 18:15



feat.Valentine
La ou naissent les typhons





A chacun sa méthodes pour chercher des missions. En l’occurrence pour Sherkhan qui n'était pas en manque d'argent, du moins, pas en manque au point de ne plus en vivre, s'il se tournait aujourd'hui vers une envie avide, c'était simplement pour son propre plaisir. Mais lui qui n'aimait pas l'eau et n'avait pas la patte marine, l'ont aurait pu se demander ce que le matou faisait ici au final. Cette histoire commence donc, bien avant l'arrivée de Valentine dans la ville de Kouteï, dans un début de matinée plutôt chargé.

Le fauve était d'abord venu ici, suite à une demande peu conventionnelle, d'une créature rencontré dans des bois, une sorte d'elfe avec un chapeau, des oreilles pointues et une barbiche blanche sur le menton descendant à ses pieds. Ce petit être lui avait dit " De m'avoir déféré je te remercie, en récompense un souhait choisi, je t'exaucerais !". Une sorte de petit génie façon Kosaten.

Le léopard avait donc saisi sa chance et souhaité la richesse, la fortune, encore bien ivre du moment et de la possibilité de se noyer dans les yens. Le nain des bois lui exauça mais, encore une fois sous forme de mots clés ; " Dans la prochaine ville tu iras, la bas tu trouveras, le vœu qui fut ton choix". C'est donc dans cette optique que l'Ayns alla dans la prochaine ville, sans même se soucier du nom de celle ci, convaincu que la fortune lui sourirait à peine y avoir passé les portes.

Mais une fois à bon port et c'était le cas de le dire, le félidé ne trouva rien d'autres que des navires à quais, des tonneaux de poissons, une odeur de friture, des crottins de chevaux, des tavernes fumantes ou des chaumières crasseuses. L'or ici, c'était comme croire au retour dans son monde en claquant des doigts... Peu de chance d'en voir la couleur. Pour le coup, le léopard s'en voulut d'avoir été roulé, mais désirant en avoir le coeur net, ce dernier s'approcha d'un marchand à l'étalage rempli de statuette rappelant ce nain rencontré précédemment.

Hey ! Cette créature je l'ai vu dans la forêt, qu'est ce que c'est au juste ?

Hum ooHH WHAAA... cria le marchand.

Il fallait dire que voir un gigantesque léopard aux yeux rouges, se tenant sur deux pattes, marchant et parlant votre langue pouvait surprendre. Mais une fois la surprise passée, le type ne s'offusqua plus et essuya la sueur de son front, se disant bien que ce ne pouvait qu'être un élu. Bien entendu, entre les marins, les gardes ou les simples passants, bien souvent Sherkhan était le centre de l'attention. Cela ne lui plaisait guère d'ailleurs, mais en attendant, celui ci voulait sa réponse et tapa du poing sur le bois de l'étale.

Alors !!?

Pa.. Pardon, j'ai pas l'habitude de... Enfin bref, vous avez sans doute vu un Lutin Manshee. Ce sont des petits êtres que l'ont voit rarement vous savez ! Ils font partis du folklore et assure d'exaucer n'importe quel souhait, seulement généralement bien que ces êtres soient doués de magie et exauce effectivement des souhaits, ceux ci ont tendance à se moquer du naif qui...

Tch' je ne suis pas naif... Mais j'ai simplement cru faire confiance à la mauvaise race.. J'ai bien été roulé. Ajouta t'il dépité.

Non, enfin pas forcément. Disons que votre souhaits va s'exaucer sous une autre forme, si par exemple vous souhaitiez ne plus avoir faim, vous auriez pu tomber malade au point de ne plus pouvoir manger, si certains souhaites la gloire, alors ils peuvent être reconnus pour des méfaits alors que de base ceux là voulaient être connus pour des choses héroiques. Tout est nuancé.

Roh nan hein, pas encore de la malchance ! J'en ai assez. J'ai voulus être riche, que va t'il arriver ?

Oh, c'est... Un souhait courant. Je ne sais pas, peut être qu'une mission va tomber sur vous et promettre une belle récompense ou que vous aurez l'argent d'un vol, nul ne peut vraiment le dire, cela dépend de la fourberie du lutin que vous avez rencontrés.

Je peux annuler le mauvais sort, humain ?

Je crains que non, enfin, d'autres ont étés victimes de cela, peut être que vous pourriez voir avec eux. Je sais que le capitaine du navire Dokueki à vécu cela, son histoire est connue, il avait souhaité ne plus avoir la phobie de l'eau et il a finit capitaine de bateau suite à des ordres du président, et sinon vous voudriez pas achetez une stat....


Mais bon, cette histoire l'avait déjà bien saoulé et souillé par la même occasion ! Qu'est ce qui allait lui tomber dessus ? L'argent d'un vol, voler c'était sa passion, il aimait ça, pas sur que ce fourbe lutin lui laisse ce plaisir... Non, ce serait sans nul doute plus cruel encore. Un type ayant peur de l'eau avait finit marin, c'était un comble. Lui aussi n'aimait pas trop la mer, mais l'Ayns devait en avoir le coeur net et savoir comment se débarrasser de ce mauvais sort le plus rapidement possible.

Ainsi, le fauve se dirigea toujours sous les regards inquisiteurs, vers le fameux bâtiment à quai et fut stoppé par les quelques mousses qui chargeaient des trucs à tout va dans la cale. Bloquant l'accès au ponton, le léopard fut plus ou moins obligé de traiter d'abord avec eux.

Stop toi là, créature de mauvais augure ! Les chats portent malheur sur un bateau.

Je vais te jeter par dessus le bord si tu me laisse pas passer. Je suis un Ayns, pas un chat et un élu et je dois parler à votre capitaine ! Oh et puis... Je n'ai pas de temps à perdre.

Saisissant le gringalet par le col, ce dernier le poussa dans l'eau et continua son chemin. Heureusement, le capitaine sorti à ce moment là et calma ses troupes. Un type raisonnable ? Nous verrions. Le gaillard expliqua un peu la situation et surtout se demanda ce qu'une créature comme lui, désirait.

Du calme les gars, reprenez votre activité, nous partons dans deux jours, pas de minutes à perdre. Le mât ne se réparera pas tout seul, chargez les caisses dans la cale. Et vous, vous êtes donc un élu ? Qu'est ce que vous désirez, du boulot ?

J'ai rencontré un lutin manshee, il m'a jeté un sort, dites moi comment le défaire !

Oh... Oh je vois. C'est peut être trop tard, suivez moi dans la cale, nous allons discuter.

S'en suivit alors une longue discussion, à savoir quel lutin c'était, s'il avait une barbiche, le ton de sa voix, le souhait énoncé etc, etc... Chaque lutins semblaient différents et leurs taux de fourberie également, d'autant que ce dernier dépendait même parfois de la personne visé. Sherkhan n'appréciait pas de passer autant de temps à parler avec un humain, mais son sort était plus important !

Au final, ce dernier n'apprit pas grand chose, les heures passèrent et le gaillard lui proposa de l'accompagner en mer, pour trouver la solution, celui ci racontait qu'un peu de roche marine, finement moulu, pouvait permettre de créer de quoi rompre la malédiction, sans savoir qu'au final cette dernière continuait. Puisque ce bateau le mènerait en mission de sauvetage... Rémunéré, certes, mais tout de même.

Puis c'est à peu près là, qu'on prévint le capitaine de l'arrivée de Valentine. L'Ayns avait malgré tout accepté l'offre, ne voulant pas plus de problèmes pour le moment.

On dirait que quelqu'un d'autres vient nous rejoindre. Sherkhan c'est ça ? Nous partons dans deux jours, je pense que la malédiction ne fera rien tant que tu ne sors pas de la ville. En attendant suis moi, allons saluer la nouvelle recrue.

Mouais...

C'est donc ainsi que la porte en bois grinçante de la cabine, s'ouvrit sur l'elfe de brume, une beauté aux yeux perçants, aux cheveux d'or, qui laissa totalement indifférent l'Ayns évidemment, mais pas le capitaine en tout cas. Quoiqu'il en soit, le félidé croisa les bras et fixa la nouvelle arrivante. Faisait t'elle parti de son prochain calvaire ? Comment le savoir ? Fuir ne servait tellement à rien dans une telle situation... Et retrouver le lutin était impossible, ce truc n'avait même pas d'odeur, caché sous ses sales champignons ! Si tout ça n'était pas du pipeau bien entendu.

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MessageSujet: Re: Là où naissent les typhons ...   Dim 12 Mar - 15:32

Comme elle s’y était attendu, le pont principal était plein d’activité … Ce n’était peut-être pas un énorme trois-mâts capable d’abriter l’équivalent d’une ville en guise d’équipage, mais pourtant, les gens ne restaient pas là à passivement bailler aux corneilles : le chargement des vivres, de munitions, et autres se faisait de toutes part. Sur le mat principale, un homme grognait, travaillant sur ce dernier en assurant, une fois de plus, à qui voulait l’entendre qu’il aurait été bien plus performant dans son atelier. Un marin, qui nettoyait le pont non loin, lui répondit « pour la 4ème fois » selon ses dires, qu’il aurait fallu plusieurs jours de plus pour démonter, déplacer, et remonter le mat, ce qui n’était pas acceptable : le bateau serait réparée ici, point à la ligne. Baissant les yeux, elle remarqua qu’Oor’ka titubait légèrement … Avant de réaliser qu’il avait tout simplement du mal à se faire au léger roulis du bateau. Finissant par se rouler en boule à terre, l’animal émit une légère plainte, visiblement nauséeux. S’accroupissant et lui caressant doucement la tête, la semi vampire émit une plainte … Elle ne savait pas quoi faire pour le faire se sentir mieux. Un marin, qui observait visiblement la scène, s’approcha et posa une main sur l’épaule de la pluricentenaire, qui leva les yeux vers lui.

Je peux faire quelque chose pour vot’ bestiaux ?
Vous savez aider les gens qui ont le mal de mer ?
Ah, c’est que ça … Alors oui, je peux faire quelque chose.

S’accroupissant à côté de l’animal également, le marin glissa les doigts dans sa bourse, et en sortit une poignée de feuilles … Puis, haussant un sourcil en regardant l’animal, il n’en prit finalement qu’une et rangea les autres. La dirigeant vers la bouche d’Oor’ka, il la glissa doucement entre ses lèvres. Le familier fit une moue pendant quelques instants, mais finit par mâcher lentement … Avant de finir par avaler et déglutir. Le marin lui caressa doucement la tête, hochant la sienne avec un air satisfait.

Normalement, je m’en sers pour les tempêtes … Mais à mon avis, quand l’effet cessera sur lui, il se sera habitué au roulis. Vous êtes élue, au passage ?
C’est ça. On m’a chargé de servir … Disons, d’escorte pour ce navire jusqu’à ce qu’il parvienne à destination.
Très bien … Je vais prévenir le capitaine.

Observant toujours sa petite boule de fourrure, qui tentait avec hésitation de se remettre sur ses pattes, la blonde lui caressa doucement la tête, à la naissance de la mâchoire, avant de regarder le marin s’éloigner. Ce dernier se fit charrier par un de ses collègues, qui lui lança qu’il avait toujours la bonne excuse pour éviter la corvée de nettoyage du pont, mais vu le ton, ce genre de boutades n’avait rien de bien méchant. Rapidement, le petit quadrupède parvint à garder son équilibre sans avoir à se déplacer en permanence, et se mit même à trottiner doucement : une fois le roulis pris en compte, il pouvait se mettre à explorer tranquillement cet endroit nouveau … un véritable enfant dans l’âme. L’observant et surveillant qu’il ne faisait pas de bêtises, la chasseuse remarqua que tous ne l’observaient pas forcément d’un air totalement bienveillant … Et après tout, c’était compréhensible. Tous ici étaient là, à travailler et à préparer les choses … Et elle restait, mains dans les poches, à regarder son familier renifler partout. Elle aurait peut-être pu se rendre directement là où se trouvait le capitaine, à la réflexion … ou simplement accompagner le marin.

Elle songeait d’ailleurs à cesser d’attendre et aller voir elle-même lorsqu’elle vit deux individus un peu particuliers sortir du pont inférieur. L’un était aisément reconnaissable à sa tenue : le capitaine en question. Bonne chose que, en marine comme n’importe où ailleurs, les hauts gradés aient un uniforme … reconnaissable. L’autre individu, en revanche, éveilla légèrement sa curiosité … Elle ne pensait pas voir de Zilaro ici. Après un bref instant de réflexions, ce n’en était probablement pas un : des êtres pareils existaient probablement dans d’autres mondes encore que le sien, voilà tout. La logique de cette pensée lui tira un petit sourire amusé sous son masque, alors qu’elle sifflait doucement pour rappeler son compagnon de voyage à elle, et faisait quelques pas vers le duo pour se présenter.

Bonjour ! Vous devez être l’élue dont on m’a parlé, je suppose ? L’homme tendit une main, que l’hybride serra sans hésiter. Au moins, il avait la poigne ferme … C’était plutôt agréable. Enfin, pas tant que cela non plus, juste beaucoup plus que s’il avait eu les doigts mous et sans vie.
C’est bien moi. Valentine Weathley, enchantée. Relâchant la main du capitaine, elle se tourna vers l’homme léopard, lui tendant également. Et vous, je suppose que vous êtes élu aussi, n’est-ce pas ?
Et pas forcément un bien chanceux … Enfin. Vu qu’il m’est arrivé la même chose, je vais paAAOW !
Oh … Désolée. Il fait ça tout le temps. Baissant les yeux, l’hybride soupira lourdement … Son familier venait encore de coller une châtaigne à quelqu’un en se frottant à ses jambes. Il faudrait qu’elle trouve un moyen de régler ce problème, un jour.

Ceci dit, maintenant qu’elle réfléchissait un peu, il n’avait visiblement rien fait au marin, plus tôt, lorsqu’il lui avait donné la plantes contre le mal de mer … mais à ce moment-là, l’animal était allongé. Là, il se tenait sur ses pattes … Et si ces dernières le faisaient, d’une manière ou d’une autre, se charger en énergie ? Réfléchissant un peu cette pensée, elle releva les yeux vers le capitaine, qui observait aussi l'animal entre leurs jambes avec une moue avant de relever le nez.

Jamais vu un bestiaux pareil, tiens … ça mange de quoi ?
Carnivore. J’ai l’impression qu’il apprécie la viande de poisson, également.
Parfait, parce qu’on risque d’en manger pas mal … Vous vous occuperez de lui ?
Il est encore très jeune, mais plutôt obéissant … Je veillerais à ce qu’il ne ronge rien.
Mhh. Et ses … « besoins » ?
Je me chargerais de ça aussi … Vous n’avez pas des caisses avec de la paille, ou quelque chose de ce genre que je pourrais employer ?
Mhhh … Pas à bord, mais je vais vous donner une adresse en ville où vous pourrez en trouver. On vous a prévenu, pour le départ ?
Dans deux jours, mat à réparer.
Bien ! Ma foi, ça fait plaisir de voir que Minshu a quand même quelques élus comme vous qui sont capables de se porter volontaires pour […]

Elle aurait volontiers écouté la petite tirade du capitaine, en temps normal … Mais « malheureusement », la semi-elfe n’avait pas pu s’empêcher d’entendre quelque chose, derrière elle. Tendant un peu l’oreille afin de les faire ressortir de sa chevelure, elle tira une moue. Non loin de la proue du navire, deux marins discutaient du trio qu’elle formait avec l’élu et le capitaine. Et pour ainsi dire, les termes n’étaient pas particulièrement élogieux. Entre « l’espèce de bête » d’un côté, et « le porte-malheur » de l’autre, elle arriva assez rapidement à court de patience, et dû faire un effort pour ne pas directement aller les voir et leur demander leur problème. Elle finit cependant par se retourner franchement, et fouilla un instant le pont du regard : il ne lui fallut qu’une seconde pour trouver les deux individus coupables. Ces derniers rigolèrent d’ailleurs entres eux lorsqu’ils la virent faire, puis, lentement, cessèrent … L’un d’entre eux lâcha un « on dirait qu’elle nous regarde ». La blonde hocha très nettement la tête. Les sourires idiots s’effacèrent de leurs visages comme par magie. Les fixant encore quelques secondes, la traqueuse se tourna encore une nouvelle fois vers le capitaine, lâchant un soupire.

Désolée, c’est juste que … Vous devriez peut-être prévenir ces deux-là, et le reste de vos hommes d’ailleurs, que s’ils veulent dire du mal de nous tant que nous sommes sur ce bateau, ils ont intérêt à s’isoler sur le nid de pie pendant une tempête, s’ils veulent que je ne les entendent pas.
Le capitaine tira une moue contrariée, et observa les deux fautifs avec colère, avant de hocher la tête. Ay, je leur en toucherais deux mots … Ces bons à rien, en plus. CES CAISSES NE VONT PAS SE DEPLACER TOUTES SEULES, VOUS SAVEZ ?

Se décollant aussitôt de la balustrade, les deux marins décroisèrent les bras, se mettant presque tout de suite au travail. Ce n’était pas aussi satisfaisant qu’un bon coup de poing en plein visage, mais … C’était une bonne solution aussi, au final.


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Dernière édition par Valentine W. le Dim 19 Mar - 16:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Là où naissent les typhons ...   Ven 17 Mar - 2:21



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Sortant de la cabine en compagnie du capitaine du navire, une élue à l'apparence singulière se présenta, accompagné d'une boule de poil qui ne semblait pas avoir le pied marin, mais avait visiblement trouvé quelque chose pour faire passer ce mal.

D'ailleurs en y repensant, vu comment le bâtiment tanguait à cause des vents marins soufflant parfois forts, mais ne durant jamais très longtemps, Sherkhan senti que lui aussi n'était pas très à l'aise sur l'eau et même si cela incluait d'être sur du solide "sur de l'eau".

Bref, la nana qui était face à lui, s'habillait d'une drôle de manière, pas comme une noble, mais pas vraiment comme une pauvre non plus. Aventurière ? Bandit ? C'était une élue en tout cas et qui avait bourlingué de ci, de là, en voyant visiblement du pays. Une poigne plus tard entre elle et le capitaine et celle ci se présenta sous le nom de Weathley Valentine, un nom peu commun, qui sonnait exotique aux oreilles du félidé.

Elle tendit sa main également envers le fauve, qui hésita et puis la serra. Elle avait, entre autre avec sa voix particulière et agréable, quelque chose qui la différenciait des humains qui étaient à bord. Pour le moment, le matou ne savait pas quoi. Puis il glissa son regard vers son familier et le salua aussi ;

Oui, je suis bien un élu, Sherkhan. Dit t'il un peu froidement.

C'était évident, ce n'était pas sa meilleure journée et d'ailleurs, le chef du navire ne tarda pas à le rappeler, devant la jeune femme. Peu de chance était un euphémisme à ce niveau là, avec tout ce qu’enchaînait le félin depuis un bail maintenant ! Heureusement, même dans son malheur, quelque chose vint faire sourire le léopard.

En effet, quelques secondes après ces courtes présentations, la vilaine petite bébête de Val', s'en alla fracasser le tibia du capitaine, qui aurait sans doute préféré avoir une jambe de bois pour l'occasion, mais bon. Cela fit sourire le félidé, ré-haussant alors ses babines et son museau pour montrer ses dangereux crocs, mais de joie.

Heureusement, peu se soucièrent de cela et la conversation parti sur la petite créature, ses habitudes alimentaire entre autre et son rôle à jouer au sein de l'équipage. Cela étant dit, l'elfe de brume en étant totalement responsable, Sherkhan vint poser à nouveau ses pupilles rouges sang sur celle de la jeune femme (en apparence).

Bien qu'il voulut ajouter ou dire quelque chose, rien ne sorti de sa gueule et puis, cette dernière alla rendre visiter à de joyeux lurons trop occupés à se moquer ou délirer dans leurs coins. N'hésitant alors pas à défendre le duo qu'elle formait désormais avec lui, et balançant au capitaine que celui ci devrait bien plus veiller à l'ordre au sein de son appareil.

Après que le capitaine mette un peu de main à la pâte pour faire bouger les  feignasses à bord, le léopard s'approcha de l'elfe et son curieux ami velu.

Les ignorer aurait pu faire l'affaire. Vous n'êtes pas humaine n'est ce pas ? Enfin pas totalement. C'est peut être une question d'instinct, mais je sais reconnaître ceux que je n'apprécie pas.

Il restait encore du temps avant que le navire mette les voiles pour de bon et aille secourir l'autre bateau, tout à l'horizon. D'ailleurs, c'était une mission qu'ignorait Sherkhan et c'est bien pour cela que celui ci se demandait présentement pourquoi une élue était ici. Ce qu'il fit ;

Le capitaine m'a demandé de lui rendre un service, mais voir une autre élue dans un même lieu ne me rassure pas. Pourquoi tu es là ? Y'a un truc qui cloche quelque part hein, je le sent aussi, j'ai l'habitude en ce moment... Dit t'il dépité.

Puis, à force des vents marins, le léopard des neiges s'en alla sur le rebord en se tenant le poitrail. Non, décidément l'eau n'était pas fait pour lui. On voyait bien le malaise sur son visage, mais personne n'avait donné d'ingrédients miracles à avaler dans ce genre de situation. Peut être le lui dirait t'elle ?

Au fait, vous deux, vous pouvez attendre à la taverne d'à coté, la "Chouette chantante", le tavernier est un ami. Restez y, profitez de la ville, et revenez ici à l'heure du départ, ok ?

Ouais je... Je reste pas une minute de plus ici. Yerk...



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MessageSujet: Re: Là où naissent les typhons ...   Lun 20 Mar - 0:10

Au moins, le fait qu’Oor’ka ait tendance à involontairement électrocuter les gens semblait en avoir fait sourire un. Certes, ce n’était pas lui qui avait pris la décharge … mais après tout, il avait raison : mieux valait prendre la chose du côté humoristique. La blonde, qui avait noté ses crocs luisant du coin de l’œil, se demanda un instant ce que son faciès aurait pu donner avec une bouche, ou au moins des dents humaines. Le résultat lui donna envie d’éclater de rire, mais elle se retint : donner l’impression de se moquer d’un camarade n’était pas la meilleur méthode pour établir un bon premier contact.

Se tournant une nouvelle fois vers le fauve, quelques instants plus tard, après que le capitaine ait distribué ses remontrances, elle haussa les épaules, mains toujours profondément enfoncées dans les poches de son manteau renforcé. Tournant juste l’espace d’une seconde la tête vers les marins, elle laissa échapper un soupire fatiguée, habituée à ce genre de situations, quelque part.

J’en aurais été capable si ça n’avait été que des clients dans une auberge, des voyageurs passant à côté de moi sur la route, ou autre … Mais nous allons rester plusieurs jours en leur compagnie. Je ne peux pas leur faire penser d’un claquement de doigts du bien de moi, mais j’aimerais autant qu’ils gardent leur venin pour eux, pour les temps à venir. La phrase suivante, en revanche, lui fit hausser un sourcil, et même … sourire, sous son masque. Et largement, encore. … C’est surprenant. Je veux dire … Bien sûr, j’ai l’habitude qu’on me demande si je suis vraiment humaine … Mais pas d’une manière si précisément juste. Levant finalement une main afin, temporairement, d’écarter quelques mèches de cheveux blonds, elle révéla une oreille bien trop pointue pour être normale. Laissant finalement sa chevelure revenir en place, elle remit sa main à sa place. Ma mère était humaine … Mais mon père était un elfe de brume. J’ai hérité de certains de ses traits. Toi, je ne me risquerais pas à nommer ta race, mais dans mon monde d’origine, il y en avait une très proche, en tout cas sur le plan physique. Mais je suppose que si je te dis « Era necrolia », ça ne t’évoquera rien … enfin. En tout cas, c’est une coïncidence amusante. Oh, au fait … Tu peux me tutoyer, si tu préfères. Personnellement, je garde plutôt les formalités pour les situations où j’en ai vraiment l’usage.

N’était-elle pas peut-être un peu trop … Familière, avec ce gros chaton ? La réflexion lui traversa l’esprit, sans qu’elle parvienne vraiment à y apporter une réponse. Comme elle l’avait dit plus tôt, certes, ils allaient passer plusieurs jours ensemble, et commencer leur relation d’un bon pied était une chose importante … Pour autant, ça ne faisait pas plus longtemps qu’elle avait fait sa connaissance, et il ne semblait pas exceptionnellement loquace … Ceci dit, le capitaine avait dit qu’il manquait de chance : peut-être lui était-il arrivé une mésaventure dernièrement qui l’aurait mit de mauvaise humeur, et ne l’enjoignait pas à parler. Ce n’était qu’une supposition : la blonde elle-même avait tendance à adopter ce genre de réactions parfois, et à se murer dans un silence austère lorsqu’elle ruminait de sombres pensées. Elle n’était pas certaine que le léopard des neiges se comportait de la même manière à ce niveau-là, mais elle ne pouvait que supposer. Dans tous les cas, elle ne comptait pas forcément lui demander si quelque chose le tracassait, et ce que c’était : s’il en sentait le besoin, il s’ouvrirait de lui-même. Ceci étant, elle eut l’impression que sa théorie se confirmait de plus en plus lorsque l’homme fauve prit une expression peinée, lui demandant la raison de sa présence. Légèrement surprise, elle répondit de manière simple.

Un autre navire de la nation s’est perdue en mer … Ou, en tout cas, n’est pas revenu alors qu’il aurait dû. Nous savons où il allait … Nous allons juste le récupérer.

Le résumé était bref, et particulièrement synthétique, mais tout y était, au final. Voyant l’homme-bête s’éloigner, elle lui emboita légèrement le pas, se demandant vers où il se dirigeait … Elle trouva la réponse rapidement : le bastingage. Visiblement, lui non plus ne semblait pas avoir particulièrement le pied marin … Pour l’elfe de brume, c’était une autre histoire : quelques siècles plus tôt, elle avait passé un certain temps en mer … La chasse aux créatures marines n’avait pas été une occupation qu’elle aurait voulu garder pour la vie, mais de temps en temps, ça l’avait changé de la routine … Rafraichi, en quelques sortes. Et la vie sur un navire avait quelque chose de grisant. Se laissant extraire de ses souvenirs par le capitaine, elle lui fit un petit signe de tête.

Je pense que de toute manière, en nos qualités d’élus en mission, on pourra bien tenter de lui faire passer la note directement à Minshu … Après tout, on ne nous envoie pas en mission sans la moindre contrepartie, tout de même. Oh, pour l’histoire de caisse …
Oh, oui ! Un commerçant en vend, juste à côté de l’auberge : vous trouverez sans problème.
Je vois, merci.

Voyant que son confrère était déjà en bonne voie pour quitter le navire - ce qui pouvait se comprendre - la vampire lui emboita le pas avec un petit sourire, faisant un bref signe de main au capitaine pour lui signifier qu’ils se reverraient donc plus tard. Posant à nouveau les pieds sur les longues planches de bois qui assuraient le passage entre le navire et le quai, et le descendit sans s’inquiéter des légers grincements qu’elle provoquait. S’arrêtant une fois sur le « sol » déjà plus stable du ponton, elle claqua de la langue en remarquant qu’elle était seule. Se retournant, elle baissa son masque, et siffla avec deux doigts entre les lèvres. Relevant son masque, elle patienta quelques secondes … jusqu’à ce que son familier n’apparaisse : visiblement, il avait eu pour idée de rester sur le navire, maintenant qu’il y était habitué. Descendant lentement lui aussi, il s’arrêta au beau milieu du passage, se penchant sur le côté pour regarder l’eau. La semi-vampire lâcha un soupire et se massa un peu la nuque, attendant qu’il ne se décide à la rejoindre … Se tournant vers l’autre élu, elle eut une petite moue mal à l’aise.

Désolée, il n’est pas encore … Parfaitement dressé. Oor’ka, viens-là … Je l’ai reccueilli il y a quelques mois à peine, alors qu’il venait de naître, je suppose que c’est normal s’il est un p-

Un « plouf » léger, entre le navire et le ponton, la coupa dans sa phrase, alors qu’elle se tournait une nouvelle fois vers son familier électrique … qui n’était plus là. Clignant des yeux à plusieurs reprises, la traqueuse de monstre fit un pas … Puis deux, se mettant à courir pour se retrouver en un instant à l’endroit où était le petit animal. Se mettant presque tout de suite à genoux, elle se pencha, observant l’eau … Les vagues de l’océan masquaient quelque peu la perturbation engendrée par la chute du familier, mais pas encore totalement. Soupirant, elle resta immobile, deux secondes à peine. Un marin lui demanda « s’il faisait souvent ça ». Elle n’en avait aucune idée. Devait-elle attendre qu’il remonte ? Il ne remontait pas. Une voix laissa entendre qu’il n’avait pas l’être de s’être cogné dans sa chute, mais que sous l’eau, on ne pouvait pas savoir. 5 secondes déjà s’étaient écoulées. Se relevant brusquement, elle passa une main sous son manteau, et tint son tanto d’une main alors que de l’autre, elle débouclait et tirait sur sa ceinture pour la retirer à toute vitesse. Plongeant les deux dans son sac sans y faire trop attention, elle se délesta de ce dernier, et le jeta sur le quai, non loin du fauve, avant d’envoyer également sa veste.

ça me rendrait énormément service si tu pouvais me garder ça, laissa-t-elle entendre vers le mâle aux yeux rouges alors qu’elle se tournait vers lui en retirant ses chaussures. Ne prenant pas le temps de se préoccuper de plus, elle fit un pas en avant … Et se laissa chuter dans le vide, entre la coque de bois et la terre ferme.

L’entrée dans l’eau fut … brutale. Elle ne s’était pas attendue à ce qu’elle soit aussi froide. Bonne chose qu’elle n’y ait pas réfléchi le moins du monde. Son corps s’adapterait. Ouvrant les paupières dans l’eau très moyennement propre, il lui fallut plusieurs secondes pour … S’adapter. Levant les mains, elle saisit son masque, et le tira sur son cou pour dégager non seulement sa bouche, mais également son cou : dans ce dernier, trois fentes, similaires à des branchies, se mirent à apparaître en un rien de temps. Ouvrant la bouche et laissant de l’eau passer à l’intérieur, elle expérimenta pour la première fois depuis un certain temps le fait de « respirer » … Sous l’eau. Ne prenant pas vraiment le temps de s’émerveiller de cela, elle cligna à plusieurs reprises des paupières, jusqu’à ce qu’une troisième, plus proche de la membrane translucide qu’autre chose, ne vienne s’ajouter sous les deux autres : presque aussitôt, elle eut beaucoup moins de mal à voir ce qui se trouvait devant elle … Mais sous le navire, on ne voyait pas grand-chose. L’ombre de ce dernier rendait les choses compliquées.  Subitement, elle capta un mouvement, non loin d’elle. S’accrochant à un des piliers de bois du ponton, elle poussa avec ses jambes, se propulsant dans la direction de ce qu’elle avait vu. Nageant rapidement dans les eaux troubles, elle eut un instant l’impression d’avoir perdu ce qu’elle cherchait … Avant de le remarquer. Ce petit flash lumineux, bleu clair, similaire à une décharge électrique. Fronçant les sourcils, elle nagea dans cette direction un peu plus rapidement encore, se demandant si c’était bien ce qu’elle cherchait …

Et si elle l’avait pu, elle aurait soupiré de fatigue. Oui, son familier était là, et oui, il était resté sous l’eau bien longtemps … mais, à l’image de la traqueuse, ou du poisson qu’il avait dans la gueule, il pouvait visiblement respirer dans l’air comme dans l’eau. Agitant doucement sa queue derrière lui pour se propulser, et s’aidant de ses avant-bras – qui, la blonde le remarquait enfin, avaient étrangement la forme d’ailerons de requins – pour les virages, l’animal pivota d’ailleurs sur lui-même pour observer sa maîtresse, visiblement heureux de la voir le rejoindre ainsi. Se massant un peu  l’arête du nez, elle le prit sous le bras sans faire trop de cas de la – petite – décharge qu’il lui colla au passage, et remonta vers la surface. Lorsque sa tête émergea de l’eau, elle souffla un instant, laissant ses poumons s’habituer à pouvoir recevoir de l’air également … Puis nagea lentement vers une échelle, dont elle saisit les barreaux pour se mettre à remonter. Grimpant, son familier sous le bras, ce dernier avec sa proie dans la gueule, elle revint au niveau de la terre ferme en une poignée de secondes, et soupira lourdement alors qu’elle déposait l’animal à terre … Ce dernier ne semblait pas le moins du monde dérangé par l’eau qui courrait dans sa fourrure, au contraire même. Ce n’était pas forcément le cas de la traqueuse, qui venait de se souvenir de pourquoi, à une époque, elle portait une bande de tissus en-dessous de ses chemises … blanches. Croisant les bras sur sa poitrine, elle regarda autour d’elle, cherchant l’élu félin des yeux.

… Fausse alerte. Au moins, je n’aurais pas à débourser une fortune pour le nourrir, en mer … Et je veux bien ma veste, maintenant.


"La plus grande Nemesis que j'ai jamais dû affronter ... C'est moi-même." :
 


"Mais bon ... J'ai aussi cette petite boule de poils, pour m'aider. Il s'appelle Oor'ka." :
 
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MessageSujet: Re: Là où naissent les typhons ...   Lun 20 Mar - 18:34



feat.Valentine
La ou naissent les typhons





Cette petite boule de poil était rigolote, une véritable anguille à quatre pattes. En tout cas, cela n'avait pas mit de mauvaise ambiance sur le navire et c'était déjà ça. Valentine regarda l'Ayns d'un air étrange, comme si elle pensait à quelque chose sur le moment, mais bon, la conversation se déplaça rapidement sur ce qui était advenu quelques minutes auparavant, avec les zouaves qui s'étaient crus droles en se moquant. L'elfe de brume n'ayant pas hésité à les remettre en place, avait fait soulevé à Sherkhan la prudence, ce dernier préférant les ignorer pour éviter les conflits.

La vérité étant simplement, qu'à cause de la poisse détenu par la faute de ce fichu gnome, l'Ayns n'osait pas attirer à lui une quelconque malchance foireuse. C'était donc une retenu élémentaire, mais cela ne l'empêcha pas d'écouter l'argumentation de la demoiselle. Evidemment que cette dernière avait raison, si voyager avec des pitres pareils était dans le programme, autant que ceux ci savent à qui ils avaient à faire et se la ferme pour de bon. Le matou se contenta d'acquiescer d'un simple geste de la tête.

A coté les marins continuaient de bouger, on pouvait largement dire que sur une telle embarcation, les tires au flancs n'étaient pas nombreux. C'est à peu près là, que la Weathley se décida à se dévoiler, après un léger étonnement de sa part suite à la divination de l'Ayns. Ce n'était pas seulement du pifomètre, mais les Humains généralement dégageait quelque chose. Odeur, phéromone, caractère, sensation et instinctivement bien entendu, avec son vécu avec eux, le léopard avait pu ressentir, pressentir même.

Ainsi, il fut tout de même rassuré en voyant ses oreilles pointue, ce qui au passage, lui rappela celles de Natsume. Inconsciemment d'ailleurs et comme ce dernier était aussi de Minshu, Sherkhan en parla.

Elfe de brume ? En tout cas, un jeune homme que je pensais humain, possède aussi ce genre d'oreilles dans notre nation, il est gardien de la plaine, je crois que son nom est Natsume. Peut être que c'est aussi un elfe de brume.  

Autre fait interressant, étant lorsque la maraudeuse lui parla d'autres Ayns, enfin bien entendu, sur son monde ces derniers ne s'appelaient pas du tout pareil. Mais pour le fauve, celui ci était convaincu que son peuple ne pouvait pas être que sur un seul monde en effet, c'était des frères et soeurs perdus ou simplement sur d'autres mondes tout bonnement. Cette idée le fit sourire un peu.

Non en effet, mais ce doit êtres des frères et soeurs. Les miens se nomment Ayns. J'espère qu'ils sont respectés sur ton monde.

Pour le tutoiement, vu que ce dernier était naturellement de rigueur, le voleur n'avait à priori pas de mal à tutoyer quiconque et cela lui arrivait rarement de vouvoyer d'ailleurs. Au moins, il eut plus tard sa réponse sur la mission en cours ici et comme prévu, rien de bon. Aller jusqu'à la ligne d'horizon sur un navire ne lui disait pas grand chose et pourtant, c'était comme si l'Ayns s'y sentait obligé, par une force obscure... Peut être lié à ce lutin de malheur !

En tout cas, il était temps pour le félin de remettre pattes à terre le temps que ça passe un peu, cette nausée qui lui retournait l'estomac et tira une grimace sur son faciès. Valentine ne tarda pas à le rejoindre, mais son animal mit un peu plus de temps. Ainsi, quand elle s'excusa de son dressage, le géant velu s'arrêta un instant pour demander un éclaircissement ;

Je préfère le terme éduquer. C'est peut être un animal pour certains, mais moi je vois la plupart des bêtes différemment. Le regard humain est souvent trop étriqué, mais ce petit être est votre ami, votre compagnon, le dressage c'est un terme d'esclave ou d'animal de foire... Il n'en est pas, n'est ce pas ? Fit t'il.

On pouvait aisément deviner que son rapport à l'esclavage lui venait tout droit d'un passé troublé, cela se sentait dans le timbre de sa voix et même ses yeux rouges ou ses marques. Même un simple mot, à l'apparence innocent, pouvait être synonyme d'une douleur enfouie. Mais elle n'était pas humaine, enfin pas à moitié en tout cas. Il pardonnerait pour cette fois, si tenté qu'elle comprenne son point de vu et ne change par la suite son vocabulaire vis à vis de son ami et compagnon et non animal. Comme l'était Aki avec Mune et Mizu... Par exemple.

Mais ce moment fut un peu coupé par un "Plouf" significatif, alertant alors la maitresse d'Oo'rka, qui alla le récupérer, laissant sa veste au fauve, le temps d'un plongeon dans la rade afin de récupérer son familier qui ne remontait pas à la surface. Pendant le temps ou elle fut sous l'eau, Sherkhan ne pu alors s'empêcher d'humer le vêtement en question et fouiller légèrement les poches. Sans forcément prendre ou voler quelque chose à l'elfe de brume.

Après cela, il se contenta de la garder en attendant sa remontée, dans le calme et la confiance. La chouette chantante était juste à coté et les deux élus avaient peu de chances d'avoir des soucis avant le départ, ni même de devoir payer en étant en mission.

Elle a d'la confiance cette donzelle, je l'aime bien. Plonger comme ça dans la baie d'ancrage, si elle savait ce qu'il y'a sous l'eau, elle aurait pas posé un pied dedans.

Qu'est ce que vous voulez dire ?

Gamin, tu vois des toilettes dans l'coin ? Je te fais pas un dessin, elle a bien fait de pas réfléchir trop longtemps..

En la voyant finalement remonter, inconsciemment, même si elle lui redemandait sa veste, le félidé proposa autre chose avant. Mais la lui tendit quand même ;

Je.. Serais toi, j'irais passer a une salle d'eau avant, allons dans la taverne.

Sans vraiment attendre son avis ou sa réponse, le léopard se dirigea dans le lieu en question. La porte une fois ouverte laissa se dégager un son et une ambiance chantante, chaleureuse, mais également pas mal de fumée et de vapeur d'alcool. Un vrai repaire de corsaires à voir cela d'un œil extérieur. Mais le géant léopard de deux mètres et quelques, accompagné d'une femme qui pouvait faire aisément un concours de T-shirt mouillé, attirèrent les regards présents ici.

Un silence pesant pendant environs quelques secondes, puis le piano reparti avec ses éclats de rires dans tous les sens. Bref, cette interlude malfaisante était sans doute coutumière des environs et l'Ayns ne s'y fia pas vraiment comme d'un mauvais signe. Portant à nouveau un regard envers la jeune femme, il espérait qu'elle sache se défendre si jamais la situation dégénérait pour x raison.

D'ailleurs, hormis le sympathique tavernier qui devina qu'il s'agissait d'élus et proposa immédiatement deux bons verres de rhum, quelques freluquets bien entamé s'approchèrent de l'elfe de brume dans l'intention de la draguer. Un plutôt maigre portant un bonnet rouge et une marinière, des cicatrices pleins la gueule, et un autre plus grand et gras, plus en confiance, il faisait presque la taille de l'Ayns après tout, cela pouvait permettre de faire taire bien des gens.

Tu sauras te débrouiller avec ceux là ? Demanda calmement le léopard.

Et alors ma mignonne, tu es déja toute mouillée à peine arrivée, c'est une première, je peux te réchauffer Répondit le maigre

Mais nan, laisse là Edji, tu vois bien qu'il lui faut un mâle digne de ce nom à celle là, regard moi c'regard de braise hahaha fit l'autre. Tout en rajoutant ; A moins qu'elle ne préfère la compagnie d'animaux, même dans sa couche cette bonne là AHAHAH

Tout en faisant rire quelques un de "SON" propre groupe au passage. Mais si l'entrée avait faire rire plus par bizutage, ici, la blague se savait être plus blessante. Hors, nombreux étaient les natifs à craindre les élus, tandis que certains comme ceux là, s'en fichaient un peu plus... Comment réagirait t'elle ?

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MessageSujet: Re: Là où naissent les typhons ...   Mer 22 Mar - 23:27

Se saisissant de son vêtement, elle ne répondit rien à sa remarque … Elle avait parfaitement senti, lorsqu’elle était passée sous la surface, et surtout qu’elle s’était mise à « respirer » cette eau de mer, que c’était potentiellement une des plus sales dans laquelle elle pouvait piquer une tête. Le système d’égouts de la ville, si elle en avait un, ne devait pas se déverser bien loin … et c’était sans parler des déchets du port en lui-même. Plus d’un ivrogne avait dû, une soirée trop arrosée, balancer quelque chose « pour s’amuser » dans l’eau : nourriture, bouteilles plus ou moins remplies, objets divers … Quand ce n’était pas leur pauvre carcasse, généralement ensuite incapable de se sortir des flots par elle-même. Tournant la tête sur le côté, elle repéra non loin un entrepôt non loin duquel était accosté un gros bateau de pêche … Elle n’eut pas besoin de grand-chose pour savoir de quoi il s’agissait. On pouvait voir, à l’eau qui se trouvait au pied du bâtiment, du sang de poisson se répandre dans la mer, la teintant à cet endroit de rouge … Lâchant un soupire, l’hybride des brumes se demanda si c’était une bonne idée de se racheter une tenue … Après une courte réflexion, mieux valait pour cela attendre que la mission soit terminée : d’ici-là, elle plongerait probablement à nouveau. Autant ne pas ruiner de nouveaux vêtements en faisant cela. En revanche, les siens n’allaient pas sentir bon si elle ne s’en occupait pas dans les heures qui suivaient.

Récupérant ses chausses et son sac, en plus de sa veste qu’elle garda sur son dos sans la mettre, la traqueuse trempée suivit le léopard des neiges lorsqu’il se dirigea vers la taverne. Dans cette histoire, le grand gagnant n’était pas compliqué à deviner : fier comme un pou avec son poisson (qui devait faire la moitié de sa taille, voir plus) en bouche, Oor’ka avait le museau relevé, et trottinait à côté d’elle, affichant la satisfaction du jeune chasseur ayant obtenu sa première proie. Ledit poisson, s’il était toujours vivant, ne remuait même plus, et Val se doutait bien de pourquoi. Une fois, son jeune compagnon l’avait mordu … Et si elle n’avait pas eu sur lui autant d’autorité, elle n’aurait probablement jamais pu se libérer, à part en arrachant toute la chaire d’une ou deux phalanges. Ses crocs pointus, tranchants, recourbés et pour le moment encore neufs découpaient la peau et les tissus avec une aisance déconcertante, et elle espérait fortement ne pas avoir à le museler lorsqu’il deviendrait plus grand et que sa bouche serait capable de happer le visage entier d’une personne d’un coup. La question se poserait dans quelques mois … elle verrait bien à ce moment-là. De préférence, avant qu’un incident pareil ne survienne, c’était préférable.

S’arrêtant à côté de son grand compagnon à l’entrée de la taverne, l’hybride nota sans grande surprise qu’un genre de silence général s’était installé sur la pièce, et qu’un nombre assez remarquable de regards étaient braqués sur eux. Gardant une expression relativement fixe et neutre, la semi vampire se contenta de soupirer légèrement. Bras croisés sur la poitrine, elle ne craignait pas vraiment de dévoiler grand-chose : en tout cas, rien de plus que ce que le tissu collé à sa peau laissait déjà voir … Certes, l’imagination n’avait plus un gros travail à fournir : c’était probablement pour cela que ceux qui n’étaient pas assez fascinés par l’homme-bête avaient presque aussitôt et sans détour commencé à fixer la pluri-centenaire, qui n’en conçu qu’une gêne modérée. Elle n’avait jamais vraiment été la précieuse aux valeurs inébranlables et à la vertu immaculée : les siècles, des compagnons eux-mêmes particulièrement débridés, et tout simplement la vie n’avaient en rien « amélioré » cela. Venant prendre une place sur un tabouret haut en posant ses affaires à côté d’elle, elle accepta le verre de Rhum avec un remerciement un peu grommelé, et soupira … Elle n’était pas contre ce petit remontant, en effet.

Elle allait demander à l’aubergiste s’il avait de quoi faire pour les clients désirant se laver, lorsqu’une voix grave et très légèrement ronronnante l’interpella, sur le flanc. Elle mit un instant à comprendre que c’était l’autre élu qui lui parlait, puis à saisir de quoi il s’agissait : la voix plus nasillarde et désagréable qui suivi lui apporta une … réponse. Pivotant, elle regarda le petit, puis le gros lâcher tour à tour leurs … comment appeler cela. Compliment ? Sous-entendu pervers ? Invitation ? … Phrase d’accroche. Et malgré la teneur de ces dernières, le visage blafard de la vampire, encore un peu humide, ne cilla pas. Au total, ils étaient … 5 : les deux qui avaient pris la parole, et 3 derrière qui se gaussaient et servaient, probablement sans même s’en rendre compte, de faire-valoir. Dans un premier temps, l’elfe ne répondit rien. Elle ne baissa pas le regard vers Oor’ka, qu’elle savait en train de manger son poisson à ses pieds. Mais, l’espace d’un instant, elle eut très envie qu’il soit assez vieux pour leur arracher un bras d’un coup de croc. Bah. Passant la main derrière elle sans décrocher les yeux du groupe, elle se saisit de son verre de rhum, et le porta à sa bouche pour le renverser ,et le vider d’une traite. Le liquide lui brûla le palais aussitôt l’eut-il quitté, mais elle était habituée à la sensation depuis trop longtemps pour s’en formaliser. Gardant le petit verre en main, elle passa finalement les yeux sur ce dernier, le faisant tourner entre ses doigts, à hauteur de nez. Profond soupire. C’était pour ce genre d’instants qu’elle avait tendance à ne pas apprécier les idiots.

Vous savez … à une époque … Vous. Elle pointa d’un doigt le type au bonnet, sans le regarder. J’aurais éclaté le verre et je vous l’aurais enfoncé dans le nez. Et vous, c’est le tabouret que je vous aurait balancé à la figure. Les trois derrière je me serais contenté d’attendre qu’ils décampent. Mais comme ce n’est pas ma terre natale, on va dire que je tente de faire des efforts.

Etait-elle réellement obligée de le préciser ? Blonde, plus d’un mètre 80, dans une tenue qui n’avait absolument rien de traditionnel dans les environs, avec un teint de peau différent, et même un faciès plus arrondit … Mais après tout, avec les idiots, on est jamais trop prudents : peut-être certains n’avaient-ils pas compris qu’elle était élue. Même si elle avait envie de voir leurs réactions pour le moment, la semi-vampire ne décollait pas les yeux de ce dans quoi elle venait de boire, faisant chatoyer la lumière dessus en le pivotant doucement. Un homme –elle n’aurait su dire lequel- tenta de répondre quelque chose, mais il fut presque aussitôt coupé par un crissement. Ce dernier provenait du verre. Ou plutôt, de ce qui tenait le verre. Les doigts de l’hybride étaient devenus pointus … L’ongle et la chaire avaient fusionné en une sorte d’ossature fine, mais tranchante et mortelle. Avec une lenteur parfaitement calculée, la semi-vampire déploya ses griffes osseuses pour continuer à tenir le conteneur … Puis, leva finalement ses yeux jaunes sur les hommes à qui elle faisait face, les laissant passer de l’un à l’autre vivement.

Donc … Je vais me contenter de vous demander de foutre le camps d’ici. Que ce soit pour retourner à table vous enivrer encore plus, ou en débarrassant purement et simplement le plancher de la taverne de vos présences. Je m’en cogne. Mais tirez-vous.

Elle eut droit à un silence de mort en guise de réponse. Qu’il s’agisse du maigrelet, ou du grand type, aucun n’en menait large. Et les trois derrière n’étaient pas vraiment mieux, même s’ils étaient contents qu’on leur ait promit une chance de décamper plutôt qu’un objet dans la tête. Finissant par pivoter le bras et l’épaule, la blonde posa doucement ce avec quoi elle jouait depuis tout à l’heure sur le comptoir, ainsi que son coude à côté, sans cesser de fixer le quintet. L’un d’entres eux tenta, timidement, de sourire. Ironiquement, cela causa à la traqueuse un rictus qui révéla à peu près parfaitement les crocs du côté droit de sa mâchoire. Et la seule vue des 4 canines profilées comme des poignards fit pousser un glapissement au gros et grand type, qui recula de deux pas en poussant les gens derrière lui. C’était logique … Celui qui avait le physique le plus impressionnant était le plus prompt à se dégonfler, lorsqu’il ne pouvait pas se contenter de faire jouer ses poings. Ceci dit, en voyant qu’isl perdaient ce « soutien moral », les autres n’en menèrent pas large non plus, et restèrent immobiles, la fixant. Le rictus s’évanouit en quelques secondes.

J’ai besoin de me répéter ?
Non non ! On s’casse, pas vrai les gars ?

L’approbation générale du groupe avait un petit côté pathétique que la chasseuse de monstres ne releva même pas. Elle était juste contente d’avoir la paix. Voyant les quelques humains se tourner, et s’éloigner, elle lâcha un profond soupire … Et se retourna sur son tabouret. Il s’écoula plusieurs instants de parfait silence … Puis, soudainement et comme s’il s’était rappelé qu’il était payé à faire cela, le pianiste se remit à jouer, presque plus vite qu’auparavant. La traqueuse lâcha un soupire, alors que le tavernier la servait, puis s’éclipsait. Dans la mesure où l’ambiance musicale, et progressivement les discussions, revenaient dans la salle, elle pouvait se permettre de parler.

Pour en revenir à ta question de tout à l’heure …  « l’éducation », c’est le dressage de ceux qui ont oublié qu’ils étaient à peu près tout autant constitués de viande que ce qu’ils traquent, chassent, et mangent. Et à côté de ça, ma mère … et ma grande sœur étaient des esclaves. Ça n’en faisait pas moins des personnes exceptionnelles. Est-ce que c’est mon esclave ? Non. Est-ce que je « l’éduque » ? Non plus. Est-ce un outil, que j’utilise pour satisfaire mes besoins avant de m’en débarrasser ? Toujours pas. Est-ce que j’attends de lui qu’il me soit fidèle, qu’il se plie à mes ordres, qu’il aille où je le désire ? Oui, mais pas plus qu’un parent attend ce genre de choses de sa progéniture. Vais-je sortir le fouet pour le punir s’il défie mon autorité ? Non. Observant le verre de rhum qu’on lui avait resservi, elle finit par s’en saisir, et en boire une petite gorgée, qu’elle savoura bien plus que la précédente. Cela te soulage-t-il ? Désolée si je suis parfois un peu difficile à remettre en question … je suppose que la vieillesse tend à faire ça.
Mademoiselle … La … Salle pour le bain est prête. Au sous-sol.
Ah, merci … Bon, et bien, Sherkan … Désolée de ne pas t’accompagner pour un petit rafraichissement, mais comme tu l’as fait remarquer tout à l’heure … j’ai besoin d’un bain. Et d’un vrai.

Lui laissant tout de même le temps, s’il le désirait, de répondre quelque chose à ce qu’elle avait dit pour Oor’ka, elle attira tout de même l’attention de ce dernier d’un petit claquement de langue, et lui fit un signe de tête pour qu’il la suive, ce qu’il fit avec empressement … Emportant son poisson avec lui et laissant des gouttes de sang couler sur le sol. Remarquant cela, la vampire se frappa le front … Et prévint le tavernier qu’elle le paierait pour le désagrément.

La pièce d’eau, comme la vampire s’y attendait, n’était pas bien grande. Le principe était simple : un local, de préférence sous terre afin que la chaleur qui y règnerait remonte dans tout le bâtiment, où pour une somme plus ou moins grande, un voyageur pouvait faire chauffer une quantité d’eau assez importante pour se laver, après bien sûr l’avoir transvasé dans une baignoire. L’eau ne voyageant pas toute seule, il fallait généralement payer le service un certain prix,  et la traqueuse l’admettait volontiers : elle préférait les moyens plus … Naturels de se laver. Petite, elle aurait eu droit à ce genre de choses simplement en claquant des doigts … Les avantages d’être fille d’un membre de la haute noblesse. Mais une vie plus simple et terriblement plus dangereuse était, de loin, bien plus accommodée à ses désirs … Laissant là ces réflexions sur son passé, la semi-vampire nota que quelqu’un lui avait déjà préparé la salle : un lourd chaudron reposait sur un feu, non loin du baquet de bois qu’elle allait utiliser. Un autre, à côté, reposait contre le mur : il avait peut-être besoin de réparations, ou n’était tout simplement pas utile pour le moment. Regardant l’eau qui commençait d’ors et déjà à frémir, la traqueuse trempa un doigt dedans pour voir si cette dernière était à la bonne température, jugea qu’elle ne s’en faisait pas vraiment si ce n’était pas particulièrement brûlant, et s’en versa dans le baquet … Ainsi que dans un grand seau, dans lequel elle jeta son pantalon, sa chemise et son masque, qu’elle n’avait toujours pas eu l’occasion de remettre. Les frottant pendant quelques instants afin d’en désincruster le plus de saleté possible, elle finit par ressortir ses vêtements, et tranquillement les étendre sur le bord du baquet inusité, qu’elle avait remis sur le fond.

Toujours nue, elle s’approcha de l’eau, et leva un pied pour le mettre dans le bassin … Avant de se prendre une châtaigne colossale qui, dans sa position, la fit tomber par terre. Plissant les yeux quelques instants en regardant le plafond sans bouger, elle finit par se redresser, observer autour d’elle … rien dans la pièce. Se penchant par-dessus le bac de bois, elle en observa l’intérieur … Son familier avait pris ce dernier pour un endroit où faire la sieste. Littéralement, il s’était roulé en boule et dormait dans le fond, paisiblement. Lâchant un lourd soupire, la semi-vampire l’observa avec les yeux plissés à l’extrême … Puis replongea une main dans l’eau. L’effet de surprise en moins, le coup de jus paru bien moins intense … à moins qu’il n’ait simplement été réellement moins puissant. Gardant la main en contact avec le liquide, elle releva une jambe … Et rentra dans le baquet avec un petit rictus. L’animal, bien entendu, se réveilla : il dû se pousser pour éviter que le second pied ne l’écrase. Remuant sous l’eau, il tourna un instant autour de la chasseuse, qui se trouvait parfaitement ridicule à être ainsi debout dans son bain … Mais, visiblement, l’idée de quitter ce dernier n’effleura pas l’esprit du jeune mâle, qui resta à la regarder. Fatiguée par sa journée et ce qu’elle venait de vivre, la blonde finit par tout simplement s’asseoir, laissant la boule de fourrure bleue se débrouiller pour trouver de la place : elle parvint à le faire en quelques instants … En montant sur les genoux de la femme qui l’élevait. Soupirant légèrement, la semi-vampire l’observa en silence … Puis laissa sa tête retomber en arrière, contre le bord le plus haut du bac de bois. Bah. Elle n’était pas vraiment d’humeur à s’enquiquiner avec ça … et c’était bon de simplement profiter des choses.



"La plus grande Nemesis que j'ai jamais dû affronter ... C'est moi-même." :
 


"Mais bon ... J'ai aussi cette petite boule de poils, pour m'aider. Il s'appelle Oor'ka." :
 
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MessageSujet: Re: Là où naissent les typhons ...   Jeu 23 Mar - 17:23



feat.Valentine
La ou naissent les typhons





La demoiselle n'avait pas vraiment d'aide, mais le félidé était très curieux quand à la suite des évenements, se promettant de rester sage, intérieurement. Puis avec cette histoire de poisse qui lui tournait autour, autant rester droit dans ses bottes et éviter l'excès de zèle. Cela étant dit, après que la grande tige et son compère plus dodu n'ait interpellé Valentine, alors que l'elfe tentait vainement de prendre un semblant de bon temps en buvant son nectar, la situation fut tout autre.

Se tournant vers eux, prête à leurs exprimer tous les rudiments de la vie, la demoiselle joua entre le silence et les regards pour mettre son coup de pression. Une véritable bluffeuse. Cela suffirait t'il à calmer les ardeurs de ces énergumènes ? Rien n'était vraiment certain après tout. L'ambiance autour continuait pour le moment de jouer son rôle, mais avec un peu plus de calme à mesure que la tension entre le groupe et les deux élus montait.

Jusqu'à ce que finalement, tous ne se taisent et ausculte avec intérêt ce qui advenait. Le barman lui même, avait une goutte de sueur descendant du front au menton, espérant que tout cela n'aille pas trop loin, sans oser intervenir. Ce dernier se contenta de nettoyer compulsivement le même verre, alors que celui ci était propre depuis déjà plusieurs minutes... Sherkhan pouvait, en spectateur, observer ce nombre de détails aussi amusants les uns que les autres, si tenté que le fauve ait eut une envie de rire à ce moment là.

Le regard du groupe allait parfois dans sa direction, comme s'ils surveillaient que le léopard ne tente pas quelque chose contre eux. Mais non, qu'ils se rassurent, celui ci voulait voir la traqueuse à l'oeuvre après tout ! En attendant, l'Ayns ne pouvait également s'empêcher d'humer l'odeur du poisson que machouillait la bestiole aux pieds de sa maîtresse.

Vous pouvez me donner la même chose ? Un poisson cru, ou quelques pièces de viandes, crues.  Demanda t'il succinctement au tavernier, un peu en retrait.

Puis Val décida de passer un peu à l'action, et sortir les griffes, littéralement d'ailleurs. Ce petit effet, fut suffisant pour mettre à mal l'assistance des gaillards lourdeaux, ceux ci décidant de faire marche arrière toute et d'oublier rapidement leurs fines provocations précédente. Ce n'est qu'après que l'ambiance revint pour de bon, avec la musique, les cris, les rires et l'alcool enivrant des lieux. Tout ce qu'aurait pu fuir le félin par ailleurs. Mais ce dernier reçut l'assiette au bon moment, avec un poisson un peu plus petit que celui pêché par Oo'rka, ce qui lui tira une grimace, bien vite rattrapé par l'idée que le familier de la maraudeuse l'avait eut dans une eau qui n'était pas des plus claire.

Puis c'est après ce moment, qu'elle décida de revenir un peu plus en profondeur sur la précédente réaction du fauve. Pour elle, le mot éducation résultait du dressage, mais ce n'était pas en sois mettre un sens au mot qui gênait Sherkhan, mais le fait de l'employer sur x personne. On ne dressait pas un ami, mais on pouvait l'éduquer, cela sonnait déjà bien moins cru, moins archaïque, moins irrespectueux. Lorsqu'elle tenta de se défendre de tout cela, l'Ayns y vit une pointe de mauvaise foi, mais pas forcément d'insolence non plus. Cette dernière mettait en avant les arguments qui allaient avec son histoire, ajoutant un fait important à la liste ; Qu'elle ait été, avec d'autres, esclave.

Tu as tes arguments, mais ce terme me gêne et devrait te gêner encore plus si tu as vraiment été esclave. Je l'ai aussi été, quasiment toute ma vie. Et lorsque j'ai pu goutter à la liberté, j'ai été emmené ici. Ne crois pas que cela me gêne plus que ça, mon monde n'est pas très aimant des nôtres. Je ne sais pas quel âge tu as, mais n'emploi plus ce terme devant moi, cela me rappel de mauvais souvenirs.

Il était difficile de comprendre pour lui, car ce terme n'était pas acceptable dans son esprit, comme ce dernier était acceptable dans celui de l'elfe de brume, un point sur lequel les deux élus ne seraient pas d'accords, mais ce n'est pas pour cela que la mésentente régnerait, loin de là. Oo'rka semblait heureux et s'en alla, avec sa maîtresse lorsque le bain fut annoncé. D'un salut de la tête, l'Ayns la laissa s'en aller et se préparer, lui ne s'occupa que de finir son repas par la suite.

A plus tard.  

Les jours restants se passaient de commentaires et roulèrent dans une routine anodine, entre vacation au port, aide au marin, pêche (mais au loin) jusqu'au jour J annonçant le départ et l'heure d'accomplir cette fameuse mission. Sherkhan fut assez ponctuel et décida de s’entraîner pour avoir le pied marin. Il passa donc la dernière journée avant le départ, sur le navire. On voulut lui fournir les mêmes herbes que pour le familier de la traqueuse mais, le félidé refusa. Trop de fierté ? Non, c'était simplement que s'il ne pouvait pas faire endurer à son corps un tel voyage, alors ce n'était pas la peine d'aller plus loin. Si jamais la sortie de ce monde passait par l'eau, autant l'apprivoiser !

Ce ne fut pas des plus facile en tout cas, car la houle s'était un peu levée et avec elle, les vagues qui balancèrent le bâteau de gauche à droite comme une vraie balançoire. En tout, c'est environs huit à neuf vomissements, quelques excès de rage et une crise de panique plus tard, qui réussie à faire venir à bout ce mal de mer. Le fauve n'était pas peu fier et se montra démonstratif en montant jusqu'en haut de la vigie pour écarter les pattes et sentir la puissance du vent déferler sur son pelage.

Nan mais, oh Sherkhan, t'es pas censé monter la haut.

L'heure du départ sonna, mais le matou resta en haut tout du long, ne sachant même pas si Valentine était revenue ou avait été ponctuelle. Les deux élus ne s'étaient pas vraiment recroisés avant que le clairon ne sonne pour partir en mer. Le capitaine n'attendit pas et fut à l'heure, puisque le mât était désormais réparé, les provisions amoncelés, l'ancre levée. Le bâteau avait alors quitté le port jusqu'à l'horizon, dans une certaine tranquilité, avec quelques au-revoir sur quai. Le léopard piquait simplement un bon somme mérité tout en haut et faisait donc office de vigie, avant qu'un marin ne monte et ne le réveille.

Hey, c'est pas la cale pour se reposer ici.

Hmmgrmrr ? Oh... On est partis ?!

Oui, depuis une heure déjà, on arrivera d'ici trois heure au zaward'o.

Zaward'o ?!

Yep, la tempête divine qui entoure entièrement l'ile continent de Kosaten. Personne n'a jamais réussi à la traverser, nul ne sait ce qu'il y'a derrière. Beaucoup de natifs, d'élus ont essayés, mais de ceux partis, aucun n'a réussis à revenir en vie ou alors ne l'avaient pas traversés. Il y'a bien eu quelques cas de personnes le prétendant, mais on a bien vite su que c'était des mensonges en les amenant sur place ou non loin.

On va juste secourir un navire non ? Demanda surprit le félin, se levant d'un bond.

Oui, on n'entrera pas dans le zaward'o, j'ai une famille aussi... Allez descendez !

Suite à cette courte conversation, Sherkhan descendit d'un coup, d'un seul, en sautant du mat jusqu'au sol du navire sans élan, brisant une partie du plancher sous son poids, trop habitué à rejoindre de ses pattes un corps solides, ne flanchant pas pour si peu. Celui ci revint alors de sa chute en s'excusant, n'ayant pas fait plus de dommages en bas, mais faisant une mine déconfite et cherchant également du regard l'autre élue.

Mais non d'un irumu, mon bateau ! Je retiendrais ça sur vos frais.

C'est pas vrai... C'est la malédiction de ce gnome... Au fait, ou est Valentine ?.

Mais le capitaine était désormais trop préoccupé à s'occuper d'une réparation d'urgence sur le bâtiment, qui approchait de plus en plus de l'objectif à mesure que le temps passait. La mer n'était pour le moment pas trop agité, mais au loin, il était difficile de ne pas repérer l'énorme tempête, comme si Kosaten était au coeur d'un cyclone, pile poil dans son oeil, mais que tout autour, le tourment et le chaos régnait... C'était une vision impressionnante, qui laissa le fauve sans voix, la gueule légèrement ouverte. Si un navire ou si quelqu'un allait la dedans, mais bien sur que cette dite personne ne s'en sortirait pas, c'était une évidence !

Qu'est ce que c'est que cette tempête monstrueuse ? Nous allons être emportés...

Voici le Zaward'o, mais si nous n'approchons pas trop, ça ira, nous devons juste trouver le navire, allez les gars ! Fermez les écoutilles, voile dehors au nord, on se depêche !

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MessageSujet: Re: Là où naissent les typhons ...   Dim 26 Mar - 19:19

S’il y avait bien une chose que la blonde n’avait pas l’habitude d’avoir, c’était du « temps libre ». Depuis son plus jeune âge, elle avait toujours détesté rester en place, et rester inactive : deux choses qu’elle allait visiblement pouvoir faire à profusion, dans les 48 heures qui s’annonçaient … Enfin. Si elle n’avait pas l’occasion, comme à son habitude, de parcourir les routes et d’aller où bon lui semblait, elle pouvait tout de même s’occuper quelque peu. La première journée fut passée sur le pont principal du bateau, où elle participa notamment au chargement des vivres et à certaines réparations « mineurs » qui tenaient plus de l’entretien qu’autre chose. Accessoirement, elles permirent à Oor’ka de se familiariser peu à peu avec la sensation du roulis, et à se balader sur le navire pour apprendre à le connaître : c’était toujours mieux s’il savait où il n’avait pas le droit d’aller, et qu’il pouvait s’y retrouver de lui-même, lorsque sa propriétaire serait dans les bastingages. Beaucoup de marins tentèrent de le caresser : une bonne parti reçu des décharges de faibles intensités et cessèrent totalement d’essayer, d’autres persistèrent et se rendirent compte que seul le premier contact était dangereux, et un vint se plaindre auprès de la blonde … qui lui demanda à qui il avait bien pu demander l’autorisation pour aller caresser un animal inconnu et potentiellement agressif. En soit, il n’avait rien fait de mal, mais l’homme ne trouva tout de même rien à répondre sur le moment, et reparti en grognant, laissant la blonde à ses nœuds.

Le matin suivant, le capitaine l’informa plus ou moins cordialement qu’elle n’était pas indispensable sur le navire : à part le travail qu’effectuait le charpentier, le navire était quasiment prêt à partir. Prenant donc congé, la traqueuse prévu de prendre avantage du fait qu’elle se trouvait encore à terre, et en ville : elle pouvait toujours faire quelques achats plus ou moins indispensables, avant le départ. A peine quelques dizaines de secondes après avoir quitté le vaisseau cependant, elle se retourna vers ce dernier et l’observa quelques instants : la grande silhouette de l’homme léopard était visible sur le pont principal. Elle avait dû le rater en quittant ce dernier … Mais tant pis. Elle ne ressentait pour le moment aucune sympathie « particulière » pour lui, ou en tout cas pas au point de retourner sur ses pas pour aller lui dire bonjour alors qu’il était à une cinquantaine de mètres. Elle ne ressentait aucune inimitié non plus, bien sûr … Et c’était tant mieux : sans cela, les quelques temps qu’ils allaient passer ensemble se montreraient pénibles, au mieux. Elle n’était peut-être tout simplement pas d’humeur à se sociabiliser, sinon … tant pis.

Elle passa, entres autres, par un forgeron, où elle fit étudier, et aiguiser la lame de son tanto : elle était capable de la dernière opération seule, mais préférait l’avis d’un expert en la matière pour ce qui était des inspections. Heureusement, l’œil avisé du vieux monsieur ne révéla aucun défaut grave et un fil encore en fort bon état, dont elle prenait vraisemblablement soin avec les bonnes méthodes. Remerciant l’homme, puis prenant congé, elle se prit ensuite de la nourriture pour ses « réserves personnelles », acheta de nouveaux vêtements qu’elle replia et cala dans son sac, ainsi qu’un peu plus de cette herbe miraculeuse qui permettait à son familier de tenir debout sur le bateau sans tout régurgiter ici et là. C’était à peu près autant pour elle que pour lui à vrai dire : elle ne craignait pas une petite brise, mais si jamais une tempête venait à surprendre leur embarcation … Après tout, elle n’avait pas pris la mer durablement depuis un certain temps : ça pouvait toujours être utile. Alors qu’elle sortait de l’herboriste, elle se remémora la dernière tempête qu’elle avait eu ne mer … ça ne s’était pas particulièrement bien terminé. Soupirant, elle se rendit enfin à l’adresse que lui avait donnée le capitaine, où elle se prit une petite cagette de bois ouverte sur le dessus, ainsi qu’une certaine quantité de paille. Les marins pouvaient se soulager dans la mer … Mais elle préférait tout de même que son jeune compagnon n’ait pas à faire un plongeon à chaque fois qu’il devait soulager ses besoins.

Elle passa le reste de la journée à flâner dans les rues, se renseigner un peu sur cette mission précédente qui semblait mal tourner, et à glaner ce qu’elle pouvait sur le capitaine, son navire, et s’il y avait eu des histoires particulières dessus. A part sa mésaventure avec un genre de lutin local, rien de bien intéressant … Elle fut tout de même amusée d’apprendre que pour guérir son mal de mer, il avait fini engagé sur un navire. C’était un peu radical … Et au moins, si par malheur elle recroisait une créature du même style, elle garderait à l’esprit d’être des plus prudentes avec son vœu. Passant la soirée à la taverne à lire un livre qu’elle s’était payée en fin de journée, la blonde savoura une soirée calme et reposante … et se laissa aller au sommeil, ne fut-ce que pour quelques heures. Le lendemain, à l’aube, elle retourna sur le navire et y prit possession de sa cabine : de par le fait que c’était une femme, le capitaine refusait de la laisser dormir à la cale, avec tous les autres, choses dont elle lui fut gré. Elle n’était pas à une ou deux émasculations près – et vu ses pouvoirs, c’était ce qui avait le plus de chances de se produire – mais si sa main ripait et tranchait une artère fémorale au passage, elle se retrouverait avec un cadavre exsangue sur les mains, ce qui n’était en rien plaisant. On lui attribua une petite cabine, réservées aux personnalités « importantes, mais pas trop » qui auraient pu faire un trajet sur le navire ou autres, dans un autre contexte. Vu qu’ici, le but était au contraire une mission de sauvetage, le bateau était parti du port avec une certaine quantité de vivres, mais aussi beaucoup de hamacs ou de lits vides : léger, il filerait sur l’océan sans le moindre problème.

Posant ses affaires, les rangeant un peu et changeant de tenue, la traqueuse ne remarqua pas vraiment le départ du port : ce ne fut que lorsqu’elle sortit et ne vit plus aucun mat ou bâtiment aux alentours qu’elle réalisa vraiment. Elle avait laissé sa veste derrière elle pour le moment, et gardé seulement son tanto, qui était bien en vue (pour une fois) dans le creux de ses reins. Du reste, un pantalon descendait jusqu’à ses bottes, maintenu au niveau de la taille par une bande large de tissus, et en haut, elle portait une nouvelle chemise, sous laquelle on pouvait presque voir par transparence une autre bande de tissus sombre, qui entourait et compressait quelque peu sa poitrine. La température clémente et le vent peu présent ne lui avaient pas fait ressentir comme indispensable la présence d’une couche de vêtements supplémentaires, et même si elle se sentait étrangement légère, elle ne regrettait pas son choix. Décidant d’aller demander au capitaine s’il pouvait lui attribuer une tâche ou une autre, elle se mit en marche vers ce dernier … Et vit, de loin, l’homme-fauve tomber du grand mat pour causer un impact certain sur le pont. La scène, un peu surprenante, la fit pourtant pouffer : d’un côté, elle était légèrement fascinée par le fait qu’il ait effectué une chute pareille visiblement sans le moindre problème, de l’autre, elle trouvait amusant que le bois n’ait pas supporté sa réception. Ce n’était pas très gentil de se moquer, mais elle espérait qu’il ne la surprendrait pas à le faire … Et puis, pour la voir pouffer, sous son masque, avec entres eux une ou deux dizaines de mètres de distance, il aurait besoin d’une acuité visuelle tout de même assez redoutable. Reprenant finalement sa marche, elle saisit à peu près toute la discussion entre les deux hommes, et leva le bras pour taper sur l’épaule du grand fauve avec douceur.

Ne t’en fais pas, si tu passes par-dessus bord, j’essaierai de t’empêcher de te noyer … Et bonjour, au fait.
Ah, Valentine ! La cabine vous convient ?
Elle sera parfaite pour le voyage. Vous avez quelque chose à nous faire faire ?
Mh. Si vous vouliez bien monter en haut du mat principale … J’ai peur qu’un de ces zouaves n’ait pas correctement raccroché la grand-voile. Pour l’instant ce n’est pas urgent, mais si le vent se lève un peu trop fort …
ça me semble faisable. Pour l’autre navire, on sait où il est exactement ?
Non. Enfin. On a l’endroit où il aurait dû être, mais la localisation précise … On saura quand on le verra.
Je vois … Bon. Sherkan ? Tu prends le côté babord, et moi tribord, pour cette vérification ?

Comme si elle se doutait que le fauve n’était pas forcément un professionnel du langage des marins, elle pointa en même temps les directions dont elle parlait du pouce. Pour elle, la donne était différente : elle avait connu la mer, bien des années auparavant … Et même si, outre la période de plusieurs mois de son arrivée sur Kosaten, elle n’y était pas vraiment retournée, elle avait encore conservé une bonne partie de ses automatismes. Après tout, 40 ans passés sur les flots, ça ne s’efface pas si rapidement que cela d’une mémoire … Se dirigeant vers les cordages qui permettaient de monter, elle eut un sourire en se mettant à escalader ces derniers. Souvenirs, souvenirs …



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MessageSujet: Re: Là où naissent les typhons ...   Lun 27 Mar - 16:19



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Valentine était là, le Zaward'o était là, mais il manquait l'invité tant attendu, sur lequel reposait l’entièreté de cette foutue mission ; Le bateau disparu. Le félin salua la maraudeuse d'un geste de la tête, mais maintenant, ce dernier était absorbé par la tempête et ne faisait que se cramponner aux rebords boisés et à l'armature du navire, comme par peur de chavirer. Et ce n'était certainement pas la petite blague de l'Elfe, qui parviendrait à le calmer.

Ceci étant dit, l'équipage demeurait encore très serein, peut être que la prudence était de mise et qu'à moins d'être à une certaine distance de cette tempête, rien ne pouvait arriver. A force de l'observer, c'est ce que le félidé finit par en déduire. Okay, ce chose climatique était unique en son genre, méga géante, surtout vu sa circonférence ne pouvant être délimité par le regard et sa force. Mais d'un autre point de vu, cette dernière n’avançait, ni ne reculait.

C'était comme si le Zaward'o était une puissance figé sur place, continuellement en mouvement mais, sur elle même. Tout autour de Kosaten, ce monstre naturel créait une barrière qui empêchait quiconque d'entrer et de sortir. Les sous marin n'avaient pas étés inventés sur ce monde, ni dans celui de Sherkhan d'ailleurs...

Mais pourtant, l'Ayns se demanda s'il aurait été possible d'effectuer la traversé, sous l'eau, tout simplement. Ôtant rapidement ces idées loufoques de son esprit, ce dernier consenti à desserrer les griffes du promontoire, lorsque Valentine se tourna vers lui.

La traqueuse demanda au matou de se mettre à bâbord. Tout en pointant une direction. Celle ci prendrait tribord et tout deux devraient surveiller, grâce à leurs sens affûtés et aiguisés, s'ils voyaient la moindre perturbation à l'horizon ou signe de ce navire au loin.

Mais pourquoi toujours faire compliquer. Babord... Tribord, là ou il suffirait de dire gauche et droite. Un truc d'humains, vraiment.  Demanda t'il succinctement au tavernier, un peu en retrait.

Le langage de la mer gamin. Je t'apprendrais ça un jour.

Fit alors le capitaine, en gardant le sourire aux lèvres. Mais bon, puisque l'elfe de brume avait bien indiqué la gauche, Sherkhan parti sur l'avant du bâteau et regarda à sa gauche. Quand à elle, celle ci monta pour voir plus loin encore, sans doute. Le premier qui trouvait avait donc gagné à ce petit jeu. Mais les prochaine minutes en mer, à longer la dangereuse zone interdite, ne furent pas vraiment très glorieuse. La pêche n'était pas bonne comme on dit ici.

Les marins firent même une pause déjeuner, en se relayant bien évidemment. Le calme semblait être revenu, alors que malgré le proverbe, la tempête au loin, continuait sa rage sans cesse. L'Ayns en fut presque aspiré et la regardait parfois en se perdant dans ses multiples éclairs, frappant ses nuages, divisant les gaz, l'eau et les fumées qui montaient au loin. Cette allure de catastrophe constante, c'étaient les barreaux de prison du continent. Etait-ce pour autant impossible de la traverser ?

Et si ils ont réussis, on ne pourra pas les retrouver.

Le capitaine qui laissait parfois la barre pour verifier si tout se passait bien dans son batiment et ce, de manière très consciencieuse, passa une nouvelle fois à la proue et donc derrière le félin, l'entendant marmonner seul ses pensées et lui répondant instinctivement, tout en rejoignant une nouvelle fois la barre.

S'ils ont réussis, j'en doute, personne ne l'a jamais franchi, le Zaward'o.

Etrange sensation de regarder la mort en face. Mais qui pouvait être assez fou, pour oser braver cet élément destructeur ? L'Ayns n'aurait clairement pas été de la partie en tout cas, s'il avait fallut y aller. Mais voila qu'une ombre aux voiles déchirées, balayée par les vents lourds, tanguait, comme coincé entre la zone calme et l'autre zone perturbée. C'était le navire que l'équipage cherchait.  

Babord heu... La ! A GAUCHE !  

Effectuant la manoeuvre pour s'y diriger, le navire prit donc la position pour engager le futur abordage. C'était une prise de risque, car ce dernier allait vers la tempête, vraiment pas très loin pour le coup. Cela ne fit que paniquer légèrement le félidé, qui fronça les sourcils et dont instinctivement, les poils s'hérissèrent.

Soyez parés, nous approchons !

_______

hrp : je te laisse le plaisir de détailler en premier le bâteau, l'abordage etc. Tu peux jouer mon perso pour avancer si tu veux. (dire qu'il te suit)

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MessageSujet: Re: Là où naissent les typhons ...   Ven 31 Mar - 17:18

La blonde eut beau faire à peu près toutes les vérifications nécessaires, non … Cette grand-voile semblait parfaitement accrochée, et ce sur toute sa longueur, malgré les craintes du capitaine. Elle songea à descendre pour lui dire, mais il était retourné prendre la barre, et un signe positif de la main lui suffit visiblement. Restant sur la vergue où elle se trouvait déjà, la semi-vampire lâcha un petit soupire … Elle n’avait pas très envie de redescendre de si tôt. Regardant sous elle, au niveau du sol, elle nota une petite tâche bleue sombre, qui s’était visiblement roulée en boule, la tête entre les pattes, pour faire sa sieste. Au moins, il n’était pas en plein milieu du passage, et il risquait moyennement de se prendre une gerbe d’eau … En imaginant que l’option aurait pu le déranger. Plus elle y réfléchissait, plus elle se sentait sotte de ne pas avoir noté qu’il était amphibie auparavant. Enfin, amphibie … Il ne ressemblait en rien à une grenouille, et ne semblait pas avoir « besoin » d’eau pour vivre, à part celle qu’il buvait, mais il était clair qu’il pouvait respirer dans l’eau comme dans l’air sous problème, et évoluer rapidement dans les deux milieux. Un chasseur adapté à plus d’un environnement … La traqueuse eut un petit sourire en se disant qu’ils s’étaient bien trouvé, l’un l’autre. Se déplaçant sur la longue poutre de bois pour se rapprocher du mat, elle finit par s’adosser à ce dernier, surveillant l’horizon.

Le gigantesque maelström qu’elle pouvait contempler depuis leur position lui semblait encore plus intense, maintenant qu’elle avait un peu de hauteur par rapport au reste du bateau. S’élevant à plusieurs centaines de mètres dans le ciel, la terrifiante démonstration des forces de la « nature » semblait aussi lente et puissante qu’un titan : la blonde savait parfaitement que cette lenteur était en réalité un effet d’optique provoqué par la distance. Elle ne doutait pas qu’entre les violents éclairs qui déchiraient le ciel et les trombes d’eau qui devaient tomber avec autant de douceur que s’il s’était agit de cailloux, les vents étaient assez puissants pour réduire en charpie bon nombre de navire, et mettre en péril – de façon mortelle – les plus gros bâtiments qui tenteraient de s’y aventurer. Durant les dizaines de minutes qui suivirent, la tempête ne changea pas d’un iota son intensité : la lenteur avec laquelle l’embarcation de la tueuse de monstres s’en rapprochait ne faisait qu’amplifier l’impression de gigantisme qui s’en dégageait. Curieuse, l’hybride se posa la question de s’il était possible de passer par-dessous, ou par-dessus cet obstacle fantastique … Peut-être les vents qui se trouvaient au-dessus empêchaient de survoler cet obstacle, elle n’en savait rien. Et les courants ? S’ils n’étaient pas trop fort …Elle-même pourrait peut-être passer. C’était un très gros « peut-être » : elle savait qu’elle pouvait respirer sous l’eau pour des périodes de temps prolongées, mais elle ne savait pas où se trouvait sa limite, ce qui pouvait poser problème. De plus, le cyclone pouvait s’étendre, en largeur, sur des kilomètres … Et rien n’indiquaient que les eaux en-dessous étaient plus sûres. Les courants pouvaient très bien être monstrueux. Peut-être que des créatures agressives y vivaient, aussi. Si c’était, comme nombre de marins le disaient, un obstacle placé là par les dieux, ils avaient probablement complètement condamné la voie … il était impossible de déterminer cela à distance, mais rien que le fait de spéculer dessus avait quelque chose d’amusant.

Babord heu... La ! A GAUCHE !  

Tournant la tête en la relevant légèrement, la blonde observa dans la direction qu’avait indiqué le fauve … Il faudrait peut-être qu’elle lui explique à quoi rimait l’idée saugrenue d’utiliser des noms particuliers pour des choses si simples que « droite » et « gauche ». Enfin, dans la mesure où il faisait face à l’avant du navire, la question ne se posait pas de toute manière, et autant se concentrer sur ce qui importait vraiment. L’autre vigie donna également en assez peu de temps son verdict : la cible était à plusieurs miles nautiques, et il faudrait un petit bout de temps pour la rejoindre …La traqueuse, quant à elle, peina à trouver cette coquille de noix, perdue quelque part sur sa ligne d’horizon. Elle finit cependant par discerner l’autre navire, qui semblait, même à cette distance, avoir souffert de la fureur des éléments. La blonde se rapprocha du mat principal, et descendit doucement le long de ce dernier, jusqu’à bondir sur le pont environ 3 mètres avant ce dernier, atterrissant sans impacte, et sans grand bruit. Marchant vers le gaillard d’arrière, elle monta 4 à 4 les escaliers de ce dernier, montant à côté du capitaine qui tenait la barre avec fermeté.

Quel était le but de cette expédition, à la base ?
Découvrir ce qui s’cache de l’autre côté de cette foutue tempête.
…Vraiment ?
ça s’invente, des trucs pareils ? Elle marqua une pause avant de répondre … Et finit par ne rien dire du tout, gardant les lèvres closes. On a de la chance qu’y z’aient pas réussi pour se retrouver de l’autre côté … Là, on aurait probablement même pas eu la possibilité de voir où ils se trouvaient.
Je vois …C’est une idée idiote, mais il n’y a aucune chance que ce soit un autre navire ?
Tous les capitaines, ou au moins les membres d’équipage des navires qui partent en mer sont au courant pour le Zaward’o. Cette saleté est là depuis un sacré bout de temps quand même, ah !
Vous m’en direz tant …

Pensive, la blonde remonta le long du mat principal, et participa aux différentes manœuvres : vu la force et la direction constamment changeante du vent, il fallait être capable de déployer, ou au contraire replier les voiles de façon rapide pour ne pas aller trop lentement, ou les endommager. La traqueuse ne discuta pas vraiment avec qui que ce soit, noyant ses réflexions dans l’effort alors qu’elle tirait des bouts, faisait des nœuds, seulement pour les défaire quelques instants plus tard à peine parfois. Ça ne la dérangeait pas vraiment : dans une certaine mesure, reprendre le coup de main pour ce genre de tâches avait quelque chose de relaxant … bien que les tâches en elle-même soient pénibles. Elle aurait pu se demander où était parti Oor’ka, si elle n’avait pas repéré ce dernier faire une sieste dans une très longue corde enroulée sur elle-même : de temps en temps, même depuis l’endroit où elle se trouvait, un petit crépitement était discernable sur sa fourrure sombre.

Les deux navires furent proche l’un de l’autre bien plus vite que la blonde ne l’aurait suspecté : presque dès qu’ils furent assez près, le capitaine ordonna à tous les hommes disponibles de se préparer à « l’abordage le plus pacifique qu’ils verraient de leur vie ». La formulation fit rire la traqueuse, qui se rapprocha d’une des échelles de cordes sur le flanc du navire pour descendre cette dernière en quelques instants. Se présentant, « naturellement », avec les personnes parées à monter sur l’autre bateau, elle siffla son familier, qui émergea la tête de son lit de cordages, avant de la rejoindre en quelques petits bonds. Le laissant venir se frotter à sa jambe tout son saoul, elle fut un peu étonnée d’entendre le capitaine dire de préparer la chaloupe. Pour elle, un abordage ne ressemblai pas réellement à cela … Mais l’un dans l’autre, le navire fantôme n’avait plus personne pour le diriger ou l’arrêter parfaitement : son ancre encore relevée, il allait poser problème pour établir une passerelle entre les deux bateau ou quoi que ce soit du même genre. Montant donc, avec d’autres, dans la large « barque » qui permettrait de rejoindre l’autre embarcation, la vampire déglutit légèrement lorsque la chaloupe « tomba » sur une dizaine de centimètres. Le marin qui manœuvrait sa descente pouvait s’excuser tant qu’il voulait : ça ne retirait en rien le côté terrifiant de la perspective de tomber jusqu’au niveau de l’eau … Heureusement, il parvint à se montrer plus adroit par la suite, et l’embarcation embrassa les flots sans encombres. Prenant une rame, la traqueuse, sans rien dire, participa au mouvement de l’embarcation, la dirigeant vers leur cible. Bien entendu, l’imposant ayns se trouvait juste à côté, mais presque par habitude, la traqueuse ne lui adressa qu’un bref geste, sans paroles.

Dès qu’ils furent assez proches pour que le barreur leur demande de cesser d’avancer, la blonde releva sa rame et la raccrocha, de la même manière que les autres, au bateau. Voyant que « l’échelle » d’accès au bâteau ne laissait la place que pour une personne, elle soupira un peu … Et défit sa ceinture de tissus. Soulevant Oor’ka, qui s’était allongé dans le fond de la barque durant le trajet, elle se servit de la bande pour l’accrocher à sa poitrine, ne laissant que sa petite tête ronde dépasser. Ceci fait, voyant que déjà deux marins étaient engagés sur l’escalade, elle déploya ses doigts … Les faisant craquer en les allongeant, elle les transforma rapidement en griffes tranchantes, qu’elle plia et déplia pour faire passer la légère raideur qui accompagnait la transformation. Elle n’avait pas vraiment eu l’occasion de s’en servir sur l’autre navire : les quelques marins qui les accompagnaient furent pour le moins surpris … L’homme bête, probablement moins. Posant une main sur la coque du grand navire, elle testa un peu le bois de ce dernier …Et planta ses doigts dedans. Avec un sourire, elle se souleva avec cette prise, et planta sa seconde main un peu plus haut. Parfait. En quelques secondes – soit à peu près aussi vite que les autres marins au final – elle avait escaladé la paroi jusqu’au pont principal du navire fantôme, sur lequel elle eut l’immense déplaisir de voir … rien du tout. A part un endroit qui aurait pu être abandonné depuis des siècles tant il était ravagé.

Des morceaux entiers de planches semblaient avoir étés arrachés, seulement pour être jetés quelques mètres plus loin. Là, un tonneau éventré qui avait dû contenir quelque chose, à une époque. Sur le pont, d’immense silhouettes blanches se dressaient, silencieuse, remuant au moindre souffle de vent : la traqueuse réalisa rapidement qu’il s’agissait de la grand-voile, déchirée en son milieu, et dont les lambeaux traînaient à terre. Montant sur le gaillard d’arrière, elle s’approcha de la barre … Mais lorsqu’elle mit un léger coup dans cette dernière, elle tourna sans opposer de résistance. Fronçant les sourcils, la semi-vampire répéta l’expérience, dans les deux sens : à chaque fois, c’était beaucoup trop facile. Regardant un peu sur le côté de l’objet en se penchant, la traqueuse soupira … pas étonnant. La corde qui était supposée relier la barre et le mécanisme du gouvernail n’était même pas là : elle avait probablement dû éclater, puis se dérouler progressivement et tomber. Lâchant un petit soupire de fatigue, la blonde se tourna vers Oor’ka, qui reniflait le sol en avançant. Voyant qu’il se mettait à descendre les escaliers, elle le suivit, jusqu’à devoir lui ouvrir l’accès aux cabines du gaillard d’arrière. S’il détectait quelque chose …

Rentrant dans un couloir qui, au moins, avait très visiblement été épargné de la fureur des éléments comparé au reste du navire, la traqueuse progressa à la suite de son compagnon de voyage, l’observant renifler, s’arrêter … puis reprendre la piste, un instant plus tard. Bien vite cependant, il décolla la tête du sol, se mettant à simplement humer l’air, et continua ainsi jusqu’à une porte, devant laquelle il s’arrêta, se tournant vers sa maîtresse. Un peu étonnée de son comportement, elle s’approcha, posa sa main sur la poignée … Et ouvrit la porte. Un cri, venant de l’intérieur, la fit sursauter. Non pas qu’elle ne s’attendait pas à croiser la moindre personne vivante … mais elle s’était habituée au silence qui régnait, à bord de ce navire visiblement abandonné et qui grinçait. Rentrant dans la pièce, qui avait dû servir de cabine à un érudit ayant fait partie de l’expédition, elle ne tarda pas à trouver le coupable de ce cri terrifiant : replié en boule, ses bras maigrelets devant son visage dans une pâle tentative de défense, et vêtu de loques, il était reculé dans un coin de la pièce, au pied du lit. Il respirait avec autant d’aisance que si on avait été en train de l’étrangler, et pendant quelques secondes, la chasseuse ne sut si elle devait bouger. Lorsqu’il abaissa enfin les bras et révéla son visage, elle apprit immédiatement plusieurs autres faits. Primo : il était âgé, et pas qu’un peu. Son crâne était partiellement chauve, et à certains endroits écorchés jusqu’au sang : l’hybride mit quelques instants à réaliser qu’il s’était probablement arraché des touffes de cheveux, parmi celles qu’il n’avait pas encore perdu. Ses traits étaient émaciés, creusés autant par la fatigue que la fin. Des tâches sombres constellaient la moitié gauche de son visage : elles ressemblaient plus à un mauvais vieillissement de la peau qu’à des plaies, mais c’était presque dur à dire avec la faible et étrange luminosité de l’intérieur du navire. Sa bouche, en revanche, semblait jouir d’une dentition quasi parfaite, ce qui était étrange pour quelqu’un de son âge … Et enfin, un détail plus que les autres la marqua.

Ses paupières flottaient dans le vide. Déchirés, les lambeaux de chair avaient eu le temps de cicatriser, depuis … Mais ils ne protégeaient plus rien. Et même si ce vieillard avait le visage tourné vers elle, il ne la voyait pas. Il ne voyait rien. Ses orbites vides en étaient la preuve. Pourtant, il se déplia un peu de l’endroit où il s’était prostré, et tendit lentement une main rachétique.

N’approchez pas ! Vous … Vous les entendez ?
Les entendre ? écoutez, je m’appelle Valentine, je suis une élue Minshujin, je suis là pour vous aider.
Vous ne les entendez pas … J’ai soif …
Soif ? Venez avec moi, je vous reconduit sur l’autre navire. Il y a de l’eau, là-bas.
Malheureuse ! Le cri, lancé sur un ton légèrement injurieux, surprit tellement la traqueuse qu’elle ne répondit même pas, faisant de gros yeux. Si je pouvais bouger, je l’aurais fait ! Mais vous ne les entendez donc pas ? Les petites créatures … Je sens encore leurs morsures sur ma peau, quand elles ont débarqué … Elles grattent et grattent et rongent …
La traqueuse garda le silence deux minutes, avant de répondre calmement. écoutez … Je ne vois pas les créatures dont vous voulez parler … Mais je vais aller chercher de l’eau, d’accord ? Une gourde. Je serais rapidement de retour. Je vous laisse avec mon familier … Il veillera à ce que rien ni personne ne vous fasse de mal, d’accord ?
Oh … Oooh … c’était donc cela, ce cliquetis … Comment s’appelle-t-il ?
Oor’ka. En même temps qu’elle disait son nom, la chasseuse fit signe à son compagnon de rester à l’endroit où il se tenait. Je reviens très vite …
Elles ont envahi ce navire si vite … Si vite …

Revenant sur ses pas en quelques instants, la traqueuse eut la surprise de voir que les membres de l’équipage avaient envoyé des grappins sur leur propre navire, et se faisaient lentement tracter vers ce dernier. S’approchant de l’un d’eux, elle lui toucha doucement l’épaule pour lui faire remarquer sa présence, les sourcils froncés.

à quoi ça rime, tout ça ?
Et bien, le navire n’est pas amarré et l’ancre est relevée … Donc rien n’empêche de le rapprocher de l’autre, n’est-ce pas ?
Je vois … Vous auriez une gourde ? J’ai trouvé un survivant qui meurt de soif … et qui a l’air d’avoir perdu la tête.
Tss. C’est classique, ça. Tenez. Il décrocha une petite outre en peau de sa ceinture, la confiant à la chasseuse. Ce foutu Zaward’o … Ce sera ni le premier, ni le dernier à s’y briser, vot’ survivant. J’vous accompagne.  

L’élue ne répondit qu’un « merci » de pure forme, se remettant rapidement en route. Clairement, oui, ce type n’avait plus toute sa tête. Mais qu’est-ce qui avait pu lui arriver … Ces « petites créatures » dont il parlait existaient-elles vraiment ? Un nuage d’insectes voraces et carnivores avait peut-être frappé le bateau, dévorant une bonne partie de son équipage et de ses passagers. Cela aurait pu expliquer l’état de son crâne, et de ses yeux… Enfin, de son absence d’yeux. S’il était ensuite resté sur le navire durant des jours, seul, aveugle et terrifié … Il ne restait qu’à espérer qu’il recouvrerait un jour sa tête, afin de raconter ce qu’il avait vu. Laissant ses yeux d’or observer un instant la tempête qui grondait sur leur flanc, la sang-mêlé soupira dans son masque, et poussa la porte qui menait aux cabines une fois encore. A l’intérieur, le vieux n’avait pas bougé, mais en arrivant dans la pièce, la blonde se demanda presque tout de suite où était passé son compagnon de voyage. Elle retint un soupire en voyant ce dernier, dans les bras du vieux, en train … En train de manger un rat ?

Qu’est-ce que …
Là .. Là … C’est bien … Elles ne viendront pas te prendre, toi, au moins …

A l’instant où elle allait demander à quoi cela rimait-il, et d’où un rongeur de ce genre avait pu se retrouver entre les crocs pointus du jeune quadrupède, un autre, du même style, traversa la pièce en courant. Du moins, il tenta de : à la moitié du chemin, il fut saisi a une vitesse stupéfiante par une main décharnée. Soulevant l’animal et le tenant devant lui avec un large sourire, le vieux fou afficha clairement sa satisfaction, alors que son autre main s’enfonçait dans le pelage couleur bleu nuit.

Eeeet un de plus, he he …
Qu’est-ce que ça signifie ? Ne lui donnez pas des rats entiers à gober comme cela, il va s’étouffer … Oor’ka ! Reviens.
Pardon ? Il y a quelqu’un ?
S’accroupissant, la semi-vampire lâcha un autre soupire. Valentine. J’ai votre eau. Oor’ka. Viens ici.
Mon eau … De l’eau ? Le vieux paraissait si surpris qu’il laissa le familier s’échapper de ses bras sans encombre. Pourtant, dès que ce dernier quitta ses genoux, il se pencha vers l’avant, cherchant avec ses bras comme s’il voulait l’empêcher de partir. Non … Petit … Petiit …
Là.Caressant un peu la tête de son compagnon lorsqu’il la rejoint, la traqueuse se redressa, et s’approcha du vieillard, lui déposant l’outre dans la main.écoutez … Les petites bêtes sont parties.
… Les petites … bêtes ?
Oui, les petites créatures dont vous parliez… Venez. Il faut vous soigner, vous nourrir …

Le vieil homme sembla dubitatif, gardant le silence … Puis, hocha lentement la tête dans le vide, comme si au terme d’une profonde réflexion, il acquiesçait finalement. « Parties … », répétait-il alors que ses doigts hésitants dé bouchonnaient la gourde, la levant à sa bouche pour qu’il puisse boire. Cependant, il ne but pas plus d’une gorgée qu’il recracha absolument tout, et jeta l’outre.

MAUDITE !
Esquivant un coup que le vieux avait tenté de lui donner avec ses ongles longs et recourbés, la blonde se recula en se relevant, sifflant entre ses dents d’agacement. C’est pas vrai, QUOI encore ?!
VOUS LES AVEZ AMMENEES ICI ! L’ancien se déplia comme un diable sortant de sa boite, se mettant à se frapper sur le corps et à se gratter violemment. JE LES SENS ! ELLES ME MORDENT, PARTOUT !

Poussant un hurlement aussi puissant que pathétique, le vieux se jeta vers l’avant : la blonde l’esquiva d’un pas de côté, et le regarda foncer droit vers la porte encore ouverte. Le marin, de la même manière que Valentine, ne fit absolument pas obstacle à son chemin : il s’encastra dans le mur face à la sortie de la pièce sans cesser de crier. Ne s’arrêtant qu’un instant à peine, il se mit à courir dans le couloir, à tord et à travers, se cognant, hurlant toujours alors que ses mains lacéraient ses propres chaires, cherchant à en chasser la menace inexistante. La traqueuse resta muette un instant, et se pencha afin de saisir son familier dans ses bras, le tenir contre elle et le rassurer : le cri et le comportement de l’ancien l’avait terrifié. Ressortant à la suite du « rescapé », elle constata qu’il n’avait pas vraiment chômé : sur le pont, il s’était mit à avancer aléatoirement, courant ou marchant, avant parfois de s’arrêter deux minutes, puis de repartir.

QUE QUELQU’UN ELOIGNE CETTE COQUILLE DE NOIX DE LA TEMPÊTE ! VOUS NE VOYEZ DONC PAS ? Les créatures … ELLES VIENNENT DE LA ! ELLE ME DEVORENT ! ELLES VOUS DEVORERONS TOUS ! La traqueuse, pourtant habitué aux scène sanglantes, fronça les sourcils de dégoût : il venait de s’arracher une partie du front à force d’y enfoncer ses ongles et de tirer vers le bas. Le sang ruisselait sur son visage famélique, recouvrant progressivement son corps dévasté par la faim et la folie. J’AI DU M’ARRACHER LES YEUX POUR QU’ELLES CESSENT DE S’EN NOURRIR … ELLE NOUS TUERONS ! ELLES NOUS TUERONS TOUS !

Même à une distance respectable, il était visible qu’il n’en pouvait plus. Son visage, là où la peau était encore intacte, était rouge à l’extrême, de même que son corps : sa poitrine se gonflait et dégonflait à un rythme trop vif … La traqueuse écarquilla les yeux. Soudainement, l’ancien cessa de hurler et de se tordre, se redressant au contraire et cessant tout mouvement.

… Maudite … Tempête …

Puis, de façon aussi subite que lorsque sa raison avait sombré, il s’écroula sur le pont. Un homme se précipita à côté de lui, écouta son cœur … mais ce dernier était silencieux. Ses orbites vides vers le ciel, le vieil homme regardait les gris nuages qui, indifférents à son sort, continuaient paisiblement leur route vers la tempête.

Ces fouilles s’annonçaient grandioses.


"La plus grande Nemesis que j'ai jamais dû affronter ... C'est moi-même." :
 


"Mais bon ... J'ai aussi cette petite boule de poils, pour m'aider. Il s'appelle Oor'ka." :
 
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MessageSujet: Re: Là où naissent les typhons ...   Sam 1 Avr - 16:53



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Le navire était enfin repéré, ce n'était pas un mal et surtout, pas trop tôt. Une sorte d'ambiance étrange s'installa alors, d'abord doucement. C'était comme si se retrouver à l'horizon des événements, entre le calme et la tempête, donnait l'impression d'être cloisonné entre la mort et la vie. Sherkhan était impressionné sans essayer de le paraître, mais personne ne lui aurait jeté la pierre.

Les marins et Valentine, accompagnée de sa bestiole qui la suivait partout, descendirent dans une chaloupes qui n'atteint l'eau, qu'avec le stress et l'angoisse. Tout fut ensuite très solennelle, demeurant alors dans cette étrange climat qui s'était créé.

Comme l'autre bâtiment n'avait pas jeté l'ancre, c'était le premier et seul moyen de l'atteindre, ce que les braves réussirent plutôt bien, sans être une prouesse non plus. Il fallut ensuite monter simplement l'échelle, mais s'aurait été bien trop long. Là ou Valentine préparait ses griffes, le léopard peut rassurée sur la bicoque, préféra sauter d'un bond de géant jusqu'au plancher supérieur.

Personne ne pipait mot, c'était le calme plat et la haut, un nid de fantôme et de voiles déchirées par les vents monstrueux. Tout était abandonné et l'état délabré du navire, laissait penser que ce dernier provenait d'une époque lointaine. Comme une vieille trouvaille au cœur d'un cimetière désaffecté. Comme Oo'rka, le félidé commença par humer l'air, mais laissa la bête et sa maîtresse infiltrer le gaillard pour y trouver le fou qui ne ressortirait que quelques minutes après.

Pendant ce temps là, l'Ayns lui, s'en était allé vers l'avant du bateau, cherchant quelques autres indices. Rien de bien concluant, même si tout le monde y mettait du cœur à l'ouvrage. Notamment lorsque ces derniers envoyèrent des grappins sur l'autre navire, pour le tracter visiblement. Valentine en sortant et en remarquant cela, ne semblait pas avoir apprécié ce geste. Pour le félidé c'était juste pas anormal... Ce dernier n'esperait qu'une chose, que cela ne les ralentissent pas.

On doit trouver quelque chose de particulier ?  

Vu qu'on emmène le navire on pourra fouiller ça au port, mais si tu trouves des documents mets les de coté.

Je vois... Juste de la paperasse sur ce cyclone donc ?  

C'est après avoir eu la confirmation, que le matou fut satisfait. Oui, l'or n'interressait pas Minshu et c'était surtout ce qui décrivait le phénomène devant eux, ainsi que ce qui était advenu de l'équipage, qui intriguait les forces de Manshe. Une aubaine à saisir pour le félin, qui s'empressa de fouiller de la cale à la proue, en cherchant des yens, des coffres et tout ce qui pouvait l'enrichir. Avec du bol, le sort de ce sale gnome ne pouvait qu'être vrai !

Avec la force des choses, le léopard finit par tomber sur des sac de provisions périmés, géééénial, mais surtout un double fond dans un coffre. Tiens donc, voila qui pouvait paraitre étrange. En enlevant ce dernier, c'est sur un livre qu'il tomba. L'Ayns ne pouvait en décrypter les symboles, tout était codé comme si c'était une langue inconnue. Mais bon, cela pouvait s'avérer important, alors dans le doute, celui ci le prit.

Puis vint enfin quelques bourses de yens complètement rouillés. La joie de la trouvaille, laissa donc place à la déception. La malchance continuait. Car tous les yens trouvés après, étaient dans le même état. Des pièces tellement rouillées qu'il était impossible d'en faire quoi que ce soit.

Le matou s'énerva un peu tout seul en envoyant valdinguer des meubles de bois, s'éclatant contre des poteaux dans la cale. C'est à ce moment que les cris du fou, venant du dessus, attirèrent alors son attention. Se décidant à remonter en deuxieme vitesse, c'est une scène mystérieuse qui s'offrit alors à lui, mais aussi aux regards de l'équipage salvateur, comme à celui de l'Elfe de brume.

Satanée... Tempête...

Et pas, le type s'écroula, le regard dans le vide, en fixant les nuages, mort. Son visage complètement ... Et bien c'était indescriptible, mais le survivant qui empestait, était dans un bien mauvais état. Sherkhan sorti donc de là et le regarda avec une sorte d'amertume. Ce type avait enduré une souffrance qui allait au delà de ce que tous ici pouvaient imaginer. Vécu seul, jusqu'à l'arrivée d'un espoir, pour mourir désespéré. Triste fin.

L'ayns était rarement triste pour le sort d'un Humain, mais ce n'était pas pareil cette fois, c'était un peu différent. Il émanait de ce corps une souffrance puissante et intense, une peur et un stress qui était rare et qui démontrait une véritable angoisse de perdre sa vie à tout instant. Elle était encore forte et présente cette odeur, cette sueur morbide suintant de ses pores.

Je.. J'ai trouvé ça. Fit t'il en s'approchant de l'Elfette.

C'est le capitaine qui s'approcha alors curieux à son tour, ignorant un peu le sort du camarade tombé. Un médecin de bord tentait vainement de comprendre ce qu'il avait, mais son regard en disait long. Lui même n'avait aucune idée de quel mal pouvait l'avoir rongé. Le regard du félidé ne quitta pas le macchabée des yeux.

Hey, faites moi voir ça... Oh parfait, c'est le journal de bord. Bravo Sherkhan. C'est l'une des choses dont nous avions le plus besoin. Regardez tout de même si vous ne trouvez rien d'autre, mais ne nus encombrons pas trop.

C'était peut etre un coup de chance de l'avoir trouvé aussi vite, mais tout de même. Ce parfum de mort continuait de tirailler les entrailles de l'Ayns. Une chose terrible avait eut lieu ici, vraiment terrible. Tout en déglutissant, ce dernier se tourna vers la traqueuse, alors que le capitaine trop heureux, rejoignait son propre navire ;

Ils sont tous morts, on devraient pas rester là, je ne me sens pas très bien, mon instinct est entrain de s'affoler, j'ai... Comme si j'avais peur du vide et je n'aime pas ça.  

Tout en disant cela, le léopard vit alors comme une sorte d'ombre clair flottante et aux dents acérées survoler l'épaule de Valentine, mais disparaissant aussitôt. Cette vision lui fit faire un mouvement de recul instantanée, suivit d'un froncement de sourcils et d'un air étonnée, craintif.

Que.... Tu.. Tu l'as vu ?

Après avoir vu cette chose, pendant à peine une demi-seconde, c'en était déjà trop pour lui. Tant pis pour les yens moisi, tant pis pour le reste. Sherkhan se dirigea sur l'autre navire et donna un coup de pied dans les grappins, comme si le félidé était prit de panique.

AH ! Faut se tirer d'ici ! VITE !

Mais qu'est ce que tu fiches abrutis de léopard ! Tenez le, retenez le bon sang !

Dégagez de là !!

C'était presque sans attendre la maraudeuse que le fauve décrochait un à un les grappins, alors que la navire s'était désormais suffisamment rapprocher pour sauter jusqu'à lui. Les marins tentant de lui barrer la route, furent projeté par sa force et sa queue. Les fouilles étaient avortées, le journal de bord en main et aucun survivant, la mission était terminée autant s'en aller à présent. Et le félin le fit comprendre, d'une voix paniqué, le regard noyé dans la crainte...

Vous ne les voyez pas... Vous ne les voyez pas ! Fit t'il avant de frapper dans l'air et grimper à toute vitesse jusqu'à la vigie, comme un enragé.

Tsss ... Tout les grappins sont à l'eau... Les gars, regagnez la chaloupes, remontez là et tirons nous d'ici. Et vous... Fit le capitaine vers Val' Tâchez de calmer votre ami. Injectez lui ça pour le voyage. Dit t'il, en donnant une sorte de piqure.


_______

hrp : Pour ma part, tu peux dire qu'on rentre et que tu m'injectes le truc qui me fera faire un bon dodo. Sherkhan à la vigie est un peu en mode "je surveille tout inquiet" mais tu peux me prendre par surprise.

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MessageSujet: Re: Là où naissent les typhons ...   Jeu 6 Avr - 18:26

Il fallu quelques secondes à la traqueuse pour prendre pleine mesure de ce qui venait de se produire sous ses yeux. Il était mort. Là, sur le pont principal de ce navire à la dérive, alors que plusieurs hommes s’affairaient autour de son cadavre. Lui qui, un instant plus tôt, lui avait parlé, l’avait presque touché … La blonde se sentit forcée d’expulser un profond soupire pour chasser de son esprit tout ce qui l’encombrait. Elle avait du mal à réaliser, elle ? Une tueuse ? Cela sonnait comme une mauvaise plaisanterie. L’envie de dire quelque chose du style « Kosaten m’a rendu faible » la traversa, mais elle ne pouvait pas réellement se permettre de blâmer ce monde d’une telle chose. Certes, les dieux avaient scellé ses pouvoirs … Mais c’était elle-même qui avait laissé son esprit perdre des forces. Elle avait toujours considéré les débuts et fins d’une vie comme des évènements naturels, avec lesquels il faut apprendre à faire, faute de ne jamais pouvoir les contrôler. L’idée qu’une mort, et en prime celle d’un parfait inconnu, puisse l’affecter à ce point ne se pouvait … Elle ne devait se pouvoir. En clair, elle avait sérieusement besoin de se secouer les puces et de remettre deux ou trois choses au clair dans son esprit.

Ce constat plus ou moins lugubre fait, un autre fait restait vrai : la mort du naufragé était une belle épine dans son pied. Il aurait probablement pu livrer des informations, quelque chose … Donner un sens, si mince fut-il, à l’opération pour ce navire qui semblait désormais fantôme. Outre le fait que, comme l’auraient dit certains, « c’était bien bête », cet évènement rendait, au moins pour cet individu, le sauvetage caduc … soit une perte de temps et d’argent pour la nation et l’équipage. Sans parler du fait que sa mort en elle-même ne laissa personne indifférent : même le capitaine sembla rester interdit un instant, avant de lâcher un profond soupire. Mais la blonde n’eut pas le temps de dire grand-chose que l’autre élu, parlant d’une voix un peu moins ferme que d’habitude, s’approcha d’elle pour lui tendre un journal. La semi-vampire haussa un sourcil, observant ce dernier … ça, au moins, c’était une bonne nouvelle. Le capitaine confirma ce fait l’instant d’après, prenant l’objet aux mains du fauve pour ensuite s’en retourner vers les siens. Voyant que l’homme bête, en revanche, lui faisait part de ses doutes, la traqueuse eut un profond soupire.

C’est probablement la proximité avec la tempête, l’état général du navire, et ce qui vient de se produire qui te met mal à l’aise, mais ne t’en fais … … Quoi, qu’est-ce que j’aurais dû voir ?

Le guerrier aux yeux de rubis ne répondit rien, mais visiblement, la chose avait été de nature à le faire paniquer sévèrement … La chasseuse de monstres lâcha un soupire. Elle n’avait aucune envie de croire que ce foutu rafiot lui avait collé une malédiction qui rendait ceux qui l’approchaient fous … la superstition n’avait jamais fait partie de sa vie, et ce n’était clairement pas le moment pour commencer. Se retournant, la traqueuse eut un doute … qu’avait-il vu ? les voiles, peut-être ? C’était l’hypothèse la plus probable, mais elle n’eut pas le temps de creuser : l’Ayns avait déjà commencé à décrocher les grappins qui reliaient les deux navires, et balayait littéralement ceux qui tentaient de l’en empêcher. Cela ne plut visiblement à personne sur les deux bâtiments, mais il fallait faire avec : dans ces conditions, la mission semblait abordée … enfin. Si la manière de faire ne plut à personne, l’elfe perçu clairement quelques « Pas mécontent de quitter cet endroit maudit », et autres assimilés. Et on pouvait les comprendre : l’endroit ne semblait clairement pas sain pour la santé mentale … Recevant un nouvel ordre du capitaine, la tueuse de monstres se tourna vers lui, et tendit la main lorsqu’il lui tendit un genre de grosse seringue de verre. Le fait qu’il se balade, sur lui, avec ce genre d’objet avait de quoi étonner, mais la traqueuse n’en était plus à cela près, après cette journée : et lorsqu’on voyait dans quel état le naufragé était lorsqu’ils l’avaient trouvé …

J'espère que ce n'est pas sa malédiction qui l'a fait agir comme ça ...
Malédiction ? De quoi parlez-vous ...? De son histoire de mauvais sort ?
Mhh, littéralement. Un gnome lui a lancé une malédiction ... il était là pour "trouver fortune". Bah. J'espère qu'il se contentera de la paie pour la mission ...
Je vois ... On a combien de temps ?
Pour ? Déguerpir ?
J’aurais plutôt dit « avant » de déguerpir.
Le temps de regrouper tout le monde, de mettre les chaloupes à l’eau … Je dirais … Pff. 3 minutes ?
Parfait … Je vous rejoins tout de suite.

Le capitaine commença une phrase dont les deux premiers mots étaient « vous pourriez », mais elle ne saisit pas grand-chose de plus : elle s’était déjà mise en marche, et au pas de course, pour se diriger vers le gaillard d’arrière. Il ne lui fallu qu’un instant pour trouver son objectif : la cabine de l’autre capitaine. Lorsqu’elle tourna la poignée, cette dernière était fermée … Oor’ka sursauta lorsque sa maîtresse, d’un puissant coup de pied dans la serrure, fit sauter lune partie de l’encadrement de bois. Elle n’avait pas le temps de jouer à crocheter. Rentrant dans la pièce, la blonde vit presque aussitôt ce qu’elle voulait : une grande carte de Kosaten, déroulée sur la table et avec quelques indications dessus. Les indications en question étaient, pour la plupart, cryptées, mais elle ne fit pas dans la dentelle : elle roula simplement le large morceau de cuir, et embarqua le tout. Cependant, avant de partir, un détail attira son œil … Une petite boite, sur une commode. Instinct ? C’était stupide, mais elle se senti obligée de se détourner de sa route pour s’approcher de cet objet, qu’elle souleva, soupesa doucement … et ouvrit. En tout et pour tout, il ne contenait lui-même qu’une seule autre chose, que la vampire sortit en le tenant entre deux doigts.

Et bien … Ca, c’est une jolie bague … Et si je ne m’abuse Oor’ka, elle doit valoir son pesant, vu la pierre dont elle est ornée … mh. Ce n’est pas comme si son ancien propriétaire allait la regretter, de toute manière, à ce stade.

Gardant l’objet sur elle, et les cartes roulées en main, elle se dirigea vers la sortie, et revint en un instant vers le pont, quasi déserté. Elle dû se pencher par-dessus les bastingages pour avoir confirmation de ce qu’elle pensait : la chaloupe était presque pleine, désormais. Soupirant, elle passa par-dessus le rebord, et s’accrocha à la paroi avec ses griffes, avant d’inviter son familier à sauter dans ses bras. Si ce dernier fut un peu réticent, quelques douces paroles eurent cependant tôt fait de le convaincre, et la chasseuse put descendre sans rien laisser derrière elle. Se laissant presque tomber sur un banc de la barque pour finit les derniers mètres, elle soupira, laissant son jeune ami descendre entre ses jambes et aller se trouver un coin sur le plancher de la chaloupe. Le trajet retour, bien plus court, fut presque encore plus monotone que celui de l’allé : peu avaient quoi que ce soit à dire après le comportement du fou, puis celui du fauve … Ce qu’on en retenait, c’était surtout le côté démoralisant d’avoir fait tout cela pour presque rien. La blonde tendit au capitaine la carte qu’elle avait déniché : ce dernier la déroula légèrement pour voir de quoi il s’agissait … Puis hocha la tête, marquant sobrement sa satisfaction. « Pas mal » aurait probablement été un commentaire de circonstance, si les circonstances n’avaient pas justement étés … ce qu’elles étaient.

Une fois de nouveau à bord, ce ne fut pas le capitaine, mais le second de ce dernier qui demanda à la vampire de venir lui parler « en privé ». La traqueuse eut un instant l’impression qu’il avait des intentions peu louables, mais son air sérieux, voire légèrement rigide, et les expressions du marins qui l’avaient vu l’interpeller dissipèrent ce malentendu. Rentrant dans la cabine du capitaine, qui retournait à la barre pendant que les marins faisaient les manœuvres pour un demi-tour suivi du départ suivant, le second se saisit d’une chaise de bois, qu’il plaça devant une table, avant de lui-même s’installer à côté. Prenant place, la chasseuse croisa bras et jambes, tirant une légère moue sous son masque. Le vieux loup de mer se massa un peu le rebord de la mâchoire un instant, lissant sa courte barbe grise, avant de relever les yeux.

Qu’est-ce que c’était, ça ?
Sur le pont ?
Sur le pont.
Un des survivants.
Il n’a pas survécu bien longtemps.
De quoi est-il mort ?
J’espérais que vous seriez capable de me le dire.
Vous pensez que je l’ai tué ?
Vu de l’extérieur … c’était dur à dire.

Il y eut un court silence, pendant lequel aucun des deux ne dit quoi que ce soit. Finalement, le marin croisa les bras en se laissant aller en arrière dans son siège, faisant légèrement grincer le dossier de ce dernier sous sa carrure.

Que s’est-il passé, à l’intérieur ?
J’ai fouillé un peu le navire, pour trouver …N’importe. Des infos. Des survivants. Des cartes. Je suis tombé sur lui. Il se plaignait de … La … morsure de petites créatures, je crois. Il s’était déjà arraché les yeux depuis un certain temps. Il a dit que tout le monde a bord s’était fait tuer … Et qu’il avait soif. Je suis ressorti, j’ai demandé de l’eau à un de vos marins. Je suis revenu, et je lui ai donné. Il l’a recraché comme si c’était du vitriol, et s’est mis à délirer, visiblement. La suite … Vous la connaissez.
Je vous ai vu emprunter cette gourde à Ishika, oui. Ce n’est pas le genre à droguer son eau.
Je n’ai pas ce genre de produits sur moi …Enfin, à part la seringue que m’a donné votre supérieur pour Sherkhan. Mais je n’ai aucun intérêt à réduire un pauvre vieil aveugle au silence.
Correct … bon. Vous pouvez me montrer votre marque ?
La blonde plissa les paupières à l’extrême.  L’idée de se dévoiler, seule, dans une chambre à un parfait inconnu n’était pas forcément la chose la plus plaisante qu’elle avait envisagé de faire. Finissant par soupirer, elle hocha la tête. Détournez les yeux.

Se relevant en voyant que l’homme s’exécutait, elle pivota pour lui présenter son dos, et défit rapidement les boutons de sa chemise. Atteignant, une fois ceci fait, la bande qui lui enserrait la poitrine, elle défit le nœud de cette dernière qui se trouvait à l’avant, puis la desserra jusqu’à pouvoir dénuder son dos, sous sa chemise. Soulevant cette dernière, elle exposa le tatouage du serpent, et se racla la gorge pour que le marin sache qu’il pouvait regarder de nouveau. Il observa la marque, s’approcha un peu … Et finit rapidement par laisser entendre son approbation. Tant mieux, car la blonde désirait tout, sauf rester une minute de plus les seins à l’air, ou peu s’en fallait. Se rhabillant en un instant, elle eut le plaisir de constater que l’officier, loin de la reluquer plus que nécessaire, s’était de nouveau tourné et penché sur une carte maritime, traçant avec son doigt l’itinéraire du retour. La pluri-centenaire toussa doucement, lui faisant un peu tourner la tête dans sa direction.

Ah. On en a fini, je pense. Je voulais simplement m’assurer que votre tatouage était un vrai … Mes doutes craintes étaient infondées.
Mais légitimes.
La remarque tira un petit sourire au second, qui secoua la tête. Mais légitimes. Désolé pour ce … « petit interrogatoire ».
Ce n’est rien. Bonne après-midi.

Poussant déjà la porte de la pièce pour en sortir, la blonde retrouva avec une certaine satisfaction l’air du large, et les embruns marins qui lui fouettèrent doucement le visage … Un instant, elle chercha sa petite boule de foudre du regard. Elle finit par repérer la queue de cette dernière, qui ressortait paresseusement d’un tas de corde enroulée. Souriant à cette vue, elle se rapprocha ensuite du mat principale du navire, et entrepris son ascension, prenant tout le temps qu’il lui fallait … Il ne s’agissait pas de glisser et de se briser le cou ou les os. Marquant peut-être une ou deux pauses dans son escalade, elle réalisa seulement à quel point le soleil était encore haut dans le ciel … Mais après tout, ce n’était que logique : ils étaient partis le matin même … Elle finit par parvenir au nid-de-pie avec une certaine raideur dans les épaules, et se tracta avec une légère difficulté pour monter sur la petite plateforme.

Et bien … Quand tu as une peur similaire à celle du vide, la première chose que tu fais, c’est grimper le plus haut possible ? Drôle de logique … Elle se doutait qu’une pique de ce genre n’était pas la meilleur chose à balancer en premier lieu pour se détendre, mais elle n’avait pas vraiment eu d’autre idée pour amorcer la discussion, et de toute manière, elle ne comptait pas insister non plus. Montrant, sans grande hésitation, la seringue qu’elle avait tiré de sa ceinture, elle referma le poing dessus en soupirant. « On » m’a demandé de t’envoyer faire faire un gros dodo, histoire d’être sûr qu’il n’y aurait pas de problème … sauf que dans le principe même, agir comme ça m’aurait posé problème, personnellement. S’asseyant, l’elfe de brume lâcha un soupire, collant son regard à l’horizon … Là où la tempête des dieux ne soufflait pas, la mer semblait d’huile. Lorsqu’il s’agit d’un compagnon … Je préfère parler, plutôt que de recourir à ce genre de méthodes. Pas toi ?

Sans le dire, l’elfe de brume rassembla un peu son courage … Sa nature n’était pas trop aux bavardages. Et pourtant, il restait encore 4 ou 5 bonnes heures pour le trajet du retour. Mais, à sa "bonne" surprise en quelques sortes - même si ça n'avait rien d'étonnant - le fauve désira se reposer un peu de ses émotions ... ce qui était des plus compréhensible.

Je ne pense pas bouger ... J'aime bien la vue. Et puis ... quelqu'un doit jouer la vigie.

Souriant sous son masque, elle le laissa se réfugier dans le sommeil ... Elle-même n'était pas bien fatiguée, physiquement parlant, et pourtant, ce moment de calme était plus que bienvenu. Lorsque le félin fut endormi, elle l'observa un instant ... Puis, sans rien dire, sortit la bague qu'elle avait subtilisé plus tôt, pour la glisser telle une voleuse dans sa bourse. Il ne la trouverait probablement que plus tard ... Mais si ça pouvait l'aider. Se redressant, la traqueuse posa ses coudes sur la rambarde de bois, et observa l'horizon ... C'était idiot à dire, mais elle n'avait pas menti. Cette vue était vraiment magnifique.

HRP:
 


"La plus grande Nemesis que j'ai jamais dû affronter ... C'est moi-même." :
 


"Mais bon ... J'ai aussi cette petite boule de poils, pour m'aider. Il s'appelle Oor'ka." :
 


Dernière édition par Valentine W. le Jeu 6 Avr - 22:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Là où naissent les typhons ...   Jeu 6 Avr - 19:04



feat.Valentine
La ou naissent les typhons





Le voyage de retour s'amorçait et avec lui, l'éloignement de l'hostilité, l'éloignement de cette folie. Ces créatures, ces choses fantomatiques, ces rôdeurs... Sherkhan ne les avais pas rêvé ! Peu importe ce qu'on pourrait dire et son élan, sa panique, le fait que les marins l'ait crains et regardés sous des airs patibulaires pendant quelques courts instants. L'instinct de l'Ayns demeurait droit et ce dernier récupéra avec l'air frais, un peu plus de lucidité, d'objectivité et se rassura seul.

En haut de la vigie, il vit bien sur le navire vide s'éloigner de plus en plus, comme la tempête. Mais surveilla aussi le pont, et ne loupa pas la scène, lorsque Valentine fut invité à rejoindre la cabine, avec le second du capitaine. Peut être était-ce de sa faute ? Peut être qu'il pensait qu'elle était la leader du petit duo et devrait rendre des comptes pour lui ? Ce pouvait être tout autre chose. Le félidé détourna le regard pour observer l'horizon, faisant un tour complet de lui même.

L'océan était vaste, si vaste et ce, malgré cette prison naturelle. Des pièges incensés et hors de toute logique existaient ici, comme ces monstres dévoreurs que son oeil de léopard avait su percevoir. Plus jamais, enfin il l'espérait du moins, plus jamais le matou n'irait en mer. L'eau n'était déjà pas son élément, mais avoir vécu cette aventure, déboussolant complètement son esprit, lui avait certainement suffit pour de nombreuses années. Quoiqu'il en soit, le fauve s'assit, se reposant un petit peu, laissant le temps passer.

L'elfe de brume ne tarda pas à pointer son petit nez, montant à la vigie et lui demandant si c'était là, sa meilleure idée. Ce n'était pourtant pas du vide qu'il eut peur, que racontait t'elle encore ! Quelle curieuse personnalité. Lui même se souvenait de son attitude au moment ou l'homme était tombé. Ce devait être terrible et terrifiant, encore plus si celle ci n'eut rien vu de ce qui lui était arrivé... Sherkhan lui, se l'imaginait bien en tout cas.

L'image de ces corps dansants dans l'air, complètement transparent, fluide, aux dents monstrueuses, hantait encore son esprit. Ce n'était pas vraiment cet air méchant qui lui faisait peur, mais ce que ces êtres avaient dégagés, comme le stress que l'ont peut parfois ressentir, décuplé par les sens du léopard, et bien ce que dégageaient ces choses était... Incompréhensible.

Il soupira un peu et écouta la question, vit même la piqûre et n'en fut guère étonné, mais appréciait (sans en douter) le fait que la demoiselle ne l'ait pas piqué en traitre, mais préfère parler avec lui.

La ou un humain n'aurait pas hésité, tu ne l'a pas fait. Merci... Ca va mieux, je ne pourrais juste pas te décrire mon ressenti, mais il fallait partir, sinon... Cela aurait mal fini. J'espère que ma malédiction à disparue... Ce gnome je le retiens. Je crois que je vais dormir, jusqu'à l'arrivée. Libre à toi de rester !  

Le blablatage fut de courte durée, mais à contrario au voyage qui lui, fut plutôt long, mais passa vite en étant dans les bras de Morphée. Le duo pouvait donc se séparer, tous les deux en ayant remplis leurs missions... Une mission assez commune finalement. Quelques échanges avec les marins, des poignées de mains, des yens et enfin, l'Ayns pu sentir en lui un changement et vit même le gnome le saluer de loin. Une sensation de liberté, mais aussi de colère frustrée s'invita en lui, avant de le laisser en paix... Il pouvait enfin mettre tout ça de coté, loin derrière.

Le félidé salua l'elfe de brume une fois à quai, pour sur, ces deux là étaient destinés à se recroiser un jour ou l'autre.

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Là où naissent les typhons ...
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