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Lost and corrupted
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Valentine W. ~ Vagabond ~

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MessageSujet: Lost and corrupted    Lun 13 Mar - 13:55

Valentine ne se sentait pas bien.
Elle ne pouvait pas dire si c’était ce qu’elle avait dans l’estomac. Cédant à ses appétits dans une taverne, elle s’était commandé un ragoût de mouton qu’elle avait trouvé plutôt correct, voir plutôt bon. Elle l’avait même accompagné de deux verres de Sake qui avaient amplement suffi à satisfaire son palais. Elle n’arrivait plus à se souvenir de ce qu’elle avait mangé avant.
Ce n’était pas la fatigue, ou en tout cas il n’y avait pas de raison à cela. Elle marchait, de façon extrêmement régulière, durant des heures, jours, semaines. Depuis des siècles. Par tous temps, toutes météos, choses auxquelles elle ne prêtait même plus attention. Et elle n’avait certainement pas eu le pire climat du monde, pour arriver ici … Mais … Où était « ici » ? Et d’où venait-elle ?
S’occuper d’Oor’ka était un plaisir. Certes, l’animal, sans faire exprès, lui envoyait très souvent de petits coups de jus, mais juste de quoi la faire sursauter et trouver la sensation désagréable … rien d’alarmant, selon elle. Son familier était une crème. Et même là, à l’instant, alors qu’elle était allongée sur le ventre sur le lit, elle le sentait se frotter à son bras en émettant de petits bruits de plaintes.

Avec une hésitation palpable, elle finit par parvenir à lever la main, et doucement la déposer sur la petite boule de fourrure bleue sombre, qu’elle se mit à caresser tendrement, avant de la prendre dans ses bras, et la tirer contre son abdomen. Même à travers sa chemise, elle sentait aisément à quel point, comparé à elle, son animal de compagnie était chaud. Ce dernier ne protesta pas le moins du monde : il chercha au contraire à glisser le plus possible sous son menton, se coller à elle du mieux qu’il pouvait. Respirant avec une lenteur presque inquiétante, l’ancienne chasseuse leva une main vers son visage, et tira le masque de tissus qui en camouflait la moitié inférieure vers le bas. Soufflant dans le drap, elle ferma les yeux … Avant d’immédiatement les rouvrir. Lorsqu’elle ne voyait rien, elle avait l’impression que le monde tanguait. Qu’est-ce qui pouvait bien lui arriver … Elle expira une dernière fois, alors que son cerveau laissait filtrer une ultime information … depuis quand dégageait-elle autant de fumée ? Et autre chose … Pourquoi cette dernière, contrairement aux volutes légères de brumes auxquelles elle était habituée, semblait plus noire et toxique que la fumée d’un incendie ?

La blonde ne savait pas quand elle était tombée à terre. La douleur dans son flanc s’était depuis très longtemps estompée jusqu’à disparaître, et elle restait simplement là, à contempler ce qu’elle avait devant elle … Ce n’était que de la terre, et de l’herbe. Tout était gris, mais elle n’y faisait même pas attention. Finissant par souffler, elle poussa doucement sur ses mains, et se releva, en tapant quelque peu sa tenue pour en chasser la boue. Le chemin sur lequel elle se tenait … L’avait-elle déjà parcouru un jour ? Elle n’en avait aucune idée. Tournant un peu la tête, elle remarqua qu’il était coupé par une rivière. Le phénomène l’intrigua d’autant plus que cette dernière était plus sombre que les cavernes qui entouraient Talassia, la cité des brumes où elle avait vu le jour. Et sachant que cette dernière se trouvait elle-même à plusieurs kilomètres de la surface et des rayons du soleil … En outre, elle ne faisait aucun bruit, et en scrutant sa surface, Valentine ne vit absolument aucune ondulation. Si l’eau coulait, il n’y avait aucun moyen de s’en rendre compte.

Cependant, cette rivière, si étrange qu’elle soit, ne retint son attention qu’un court instant. S’en approchant avec une hésitation palpable, la traqueuse de monstres s’arrêta à la rive, regardant une silhouette qui se tenait de l’autre côté. Cette dernière était légèrement plus petite qu’elle : plus frêle, aussi … Pourtant, ses épaules minces étaient, clairement, musclées et bien entretenues physiquement : de fines cicatrices couraient ça et là sur la peau de ses bras nus. Dans le bas de son dos, il avait accroché ce tanto que la traqueuse portait à la ceinture depuis quelques mois, environs à la même place : elle y porta la main … mais ne trouva rien. Ses cheveux, de ce vert clair étrange qu’il affectionnait tant, remuaient doucement sous la force d’un vent inexistant, et il dandinait légèrement d’un pied sur l’autre, comme s’il cherchait à se chasser des fourmis dans les jambes.

Elle cria son nom, mais il ne bougea pas d’un pouce. A vrai dire, il ne bougea même pas, comme s’il n’avait pas entendu. Frustrée, la semi vampire recommença, plus fort encore. Toujours rien : il se cura une oreille d’un doigt, regardant toujours aussi résolument dans la même direction qu’elle … sans la voir, du coup. Déglutissant avec la mâchoire quelque peu crispée, la tueuse de monstre retint une larme. Là, devant elle, à quelques mètres, se tenait littéralement l’amour de sa vie. Celui pour qui elle aurait perdu la vie, si l’occasion lui avait été offerte. Celui qui s’était sacrifié pour elle … D’une certaine manière. Elle ne pensait pas qu’il l’ignorait …Elle ne le voulait pas. S’approchant encore un peu, jusqu’à avoir les pieds dans l’eau, elle cria, une nouvelle fois, de toutes ses forces. Et elle prit conscience que même elle ne s’entendait en réalité pas crier. Passant sa main sur sa gorge, elle la frotta … ses cordes vocales lui faisaient mal de son dernier cri. Et pourtant. Mais elle ne pouvait pas se laisser arrêter par cela. N’accordant aucune importance au fait qu’elle était toujours entièrement vêtue, ou au léger courant qu’elle sentait, désormais, sur ses jambes, elle se mit à avancer dans l’eau, continuant d’appeler son nom sans émettre un son. A chaque pas, elle se rapprochait sensiblement de lui. La rivière n’était pas si profonde que cela : elle pouvait aisément le faire, même sans nager … Mais, alors qu’elle était à peu près au milieu, il se produisit quelque chose d’anormal.

Elle sentit le sol s’affaisser sous ses pieds. Et ce n’était pas « juste » une pierre qui roulait, ou quelque chose de ce genre. La première image qui lui vint à l’esprit était un souvenir. Elle. Lui. Allongés tous les deux dans une chambre. Elle avait posé sa tête sur son torse nu, et s’était laissé réchauffer une joue par le soleil, l’autre par le corps de son amant. Elle écoutait son cœur qui battait, lentement, mais avec puissance. Elle sentait sa respiration, qui lui faisait doucement monter, et descendre le crâne … Mais ici, il n’y avait pas de douceur. Ici, pas de chaleur. Juste quelque chose qui expirait … Quelque chose de beaucoup trop gros, et qui remplaçait le lit de la rivière. Elle avait de l’eau jusqu’à mi-cuisse : elle s’abaissa presque jusqu’à la poitrine. Tentant de continuer à marcher, elle réalisa seulement à quel point cette « eau » était épaisse et lourde, comme du goudron. Levant le bras et tendant la main, elle hurla une dernière fois son nom. Nathaniel. L’avait-il entendu ? Cette fois, il pivota vers elle, et l’observa. Il avait pris cet air, qu’elle connaissait pour l’avoir vu si souvent, même s’il ne lui était pas adressé. Ce n’était pas simplement un air étonné. Il n’y avait pas, comme dans tant de ses expressions, cette innocente curiosité de l’enfant découvrant une chose nouvelle. Il y avait aussi derrière … Toute cette froideur. Ce vide si extrême d’empathie qu’il était capable d’éprouver pour quelqu’un. Comme s’il ne regardait qu’une chose … un objet. Elle ne baissa pas totalement la main … Mais cessa d’avancer, un instant. Puis, sous l’eau, elle sentit quelque chose s’enrouler autour de sa cheville. Regardant un instant le liquide, elle vit des remous s’agiter dans le noir parfait qui le constituait pourtant. Cherchant de nouveau à avancer, elle poussa un nouveau cri … Mais quelque chose sortit de l’eau, et lui entoura le torse. Si ça avait dû être quelque chose, vu le bout … C’était probablement un doigt. Un doigt trop long. Trop maigre, décharné. A l’ongle trop recourbé. Un doigt qui, suivi par un second, se referma sur elle … Et la tira sous l’eau, la plongeant dans les ténèbres.

Elle ne voyait plus rien. Elle avait froid. Elle remuait des bras et des jambes, sans effet. Les yeux pourtant grands ouverts, elle ne percevait plus aucune lumière. La rivière avait désormais la profondeur d’un océan … Et le côté inquiétant des abysses. Elle n’arrivait pas à dire si elle montait, descendait … L’étreinte des choses autour d’elle ne cessait d’augmenter. Ses poumons commençaient à la brûler. Elle était incapable de retirer ces choses qui l’entravaient, la brisaient petit à petit. Lorsque la pression fut trop forte, elle fut obligée d’ouvrir la bouche, et laisser s’échapper tout l’air que cette dernière contenait. Cessant de s’agiter, elle sentit « l’eau », si elle pouvait l’appeler comme ça, lui remplir les poumons, causant une douleur atroce … Un voile rouge vint remplacer l’obscurité parfaite. Et pourtant, elle parvint enfin à percevoir quelque chose dans ces ténèbres … Le visage d’une créature qu’elle n’avait jamais rencontrée. Mais toujours appris à craindre. Démon du chaos, de la ruine, de la corruption et du crépuscule. Celui dont les servants, seuls, avaient défiguré à jamais le continent où elle vivait, et l’esprit de tous ceux qui y résidaient. Celui qui, comme une moisissure pernicieuse, faisait pourrir le cœur des hommes et des bêtes pour les transformer en esclaves agressifs mais dénué d’intelligence, à sa solde.

Inordi.


Lorsqu’elle reprit conscience, le drap sous elle était trempé … mais ce n’était pas de la sueur. Elle le su plus grâce à son nez que grâce à ses yeux, qu’elle n’avait pas rouvert. Posant la main sur le matelas, elle eut l’horrible sensation de ne plus toucher quelque chose de tissus et de rembourrage … Mais plutôt de peau et de chaire. Quelque chose d’imbibé de sang. Ouvrant les paupières et s’en décollant, elle eut un haut le cœur en le constatant de ses propres yeux. On aurait dit un muscle … Mise à nu … Scarifié … mais encore vivant. Se relevant avec précipitation, elle recula quelque peu … Pour constater que la chambre n’était plus du tout ce qu’elle était auparavant, elle non plus. Des veines courraient sur les murs. De la chaire pâle, qui donnait l’impression d’être faisandée, avait remplacé la plupart des surfaces de bois. Regardant autour d’elle, la vampire chercha son familier du regard. Elle ne vit que quelques touffes de poils bleus sur le matelas … et beaucoup de sang, contre son ventre et sa chemise.

Oor’ka, pourtant, allait bien. Etant resté blotti contre sa maîtresse durant la bonne heure où elle était restée inconsciente, il avait parfaitement senti que la fumée que cette dernière dégageait leur faisait du mal, à tous les deux. Il se sentait … Comme vidé, progressivement, par cette dernière. Comme si quelque chose dont il n’avait pas conscience, mais qui pourtant lui était vital, et qui lui donnait toute joie de vivre, toute énergie au quotidien … était attaqué. Preuve s’il en était que, quelque part, même si lui et l’hybride n’étaient pas issus du même univers, ils possédaient une chose identique en eux … L’âme. Tout à coup, la blonde rouvrit les paupières. Le mouvement n’était pas particulièrement brusque ou quoi que ce soit du genre, mais le petit animal le remarqua instantanément. Relevant la tête, il se remit sur ses 4 pattes, se rapprochant de son visage … Quelque chose avait changé. L’entièreté de ses globes oculaires était noire. Avec une lenteur étrange, la traqueuse se releva dans les draps, s’appuyant sur ces derniers … Puis descendit du lit. L’observant, le quadrupède resta en place, se tournant seulement vers elle. Quelques secondes, une minute peut-être, s’écoula, durant laquelle l’animal électrifié émit un petit gémissement de plainte. Puis, brusquement, la blonde pivota. Sautant et mettant un pied sur le lit, elle s’en suivit d’appui pour bondir … Et défoncer la fenêtre. Son jeune compagnon de voyage observa le phénomène avec panique, et bondit du lit au rebord pour observer la rue, en contrebas … Elle remontait la rue en courant. Mais lui ne pourrait pas sortir de la même manière. Il n’était pas encore assez grand pour cela.

Elle ne nota cette silhouette, dans un coin de la pièce, qu’au bout d’un petit moment. Il avait les bras croisés, le menton presque posé sur son torse, et restait plus statique encore qu’une sculpture de marbre gris. Inordi, là encore. Elle ne savait même pas ce que le démon de la ruine faisait en Kosaten. Ceci étant … était-ce encore Kosaten ? Déglutissant, elle ne prononça pas un mot. Lentement, l’entité déplia ses bras noueux et musclés, et les ouvrit en commençant à s’approcher. La semi vampire ne bougea dans un premier temps pas, incertaine de la conduite à adopter. Il ne semblait pas agressif … Elle ne nota, dans la périphérie de son regard, aucun mouvement au niveau de ses « jambes », s’il en avait, mais en même temps, elle ne pouvait pas réellement vérifier : elle était incapable de décrocher les yeux de ce visage vide, inexpressif, et proprement terrifiant. Elle ne comprit ce qu’il cherchait à faire que lorsqu’il ne fut plus qu’à un souffle d’elle. L’étreindre. Comme un père qui prend sa fille dans ses bras pour la réconforter. Comme un camarade, qui accueille celui qui revient d’une longue absence. Comme un amant, qui désire sentir le corps de son aimé contre lui. Comme un serpent, qui veut s’enrouler à sa proie pour la broyer entre ses anneaux et l’étouffer progressivement.

Esquivant au dernier moment, la semi-vampire glissa sous son bras, et bondit sur le lit, derrière lui désormais. Elle aurait pu simplement passer par la porte, mais cela aurait signifié lui tourner le dos alors qu’il la regardait toujours d’une part, et potentiellement condamner les clients de l’auberge de l’autre. Ceci étant, elle n’avait aucune idée de s’il ne pouvait pas la voir dans son dos … Ou de s’il n’allait pas répandre sa corruption sur cet endroit. C’était en réalité très possible qu’il l’ait déjà fait : elle n’avait jamais constaté de modification pareille de l’environnement … Mais ce qu’elle avait déjà eu l’occasion de voir ne rendait en rien cette théorie invalide. Poussant avec force sur ses jambes, elle leva ses bras pour se protéger le visage, et traversa la fenêtre, la défonçant. Chutant d’un étage, elle parvint avec difficulté à encaisser le choc avec le sol … Avant de se rendre compte avec horreur que ce dernier avait subi le même sort que sa chambre. Les rues entières n’étaient plus pavées de pierre et de terre, mais de viande et de boyaux. Les caniveaux regorgeaient de sang noirâtre, et les rares personnes qu’elles voyaient … n’étaient plus que des cadavres en putréfaction. Restant immobile pendant quelques instants, haletante, la blonde chercha une personne – un seule- qui n’était pas désormais une goule. Sans succès. L’une de ces créatures, émettant un gémissement torturé, s’approcha d’elle en tendant ses mains griffues, un sourire atroce courant littéralement d’une oreille à l’autre sur le visage. Presque par réflexe, la blonde dégaina son tanto, et d’une passe rapide, détourna son bras pour lui enfoncer dans l’épaule. Retirant la lame aussi vivement qu’elle ne l’avait enfoncé, elle se baissa et mit un coup de pied en plein milieu du genou : ce dernier émit un craquement sec. Elle avait beau savoir qu’un mort ne peut revenir à la vie même s’il marche encore, elle ne se sentait pas de mettre fin aux jours de cette créature … Une autre débarqua dans son dos, courant littéralement vers elle. Se baissant rapidement, la blonde se déplia en faisant balancer ses bras, bondissant à presque deux mètres du sol en pivotant vers l’arrière. Atterrissant pile dans le dos de la créature, qui s’était arrêté, elle lui provoqua une profonde entaille de l’épaule jusqu’au rein, avant de rebondir pour lui mettre un coup de genoux dans l’arrière du crâne. Voyant la goule chuter lourdement à terre, elle rengaina … Elle devait trouver quelqu’un. Se mettant à courir dans la rue, elle se baissa pour esquiver un squelette qui tentait de l’attraper au passage, et lui administra un puissant coup de coude dans le flanc sans même s’arrêter, sentant parfaitement qu’elle avait au moins brisé une côte.


Han Ryu était ce que ses collègues appelaient gentiment « un vieux de la vieille ». Le genre de garde qui a déjà vu bien des problèmes, et a su en régler la majorité sans causer trop d’histoire, lorsque ce n’était pas nécessaire. Il saluait les vieilles dames – qui le lui rendaient bien, prenait régulièrement un pot avec les camarades de la caserne, et interrompait environ une fois toutes les deux semaines une « dispute tournant mal » entre deux alcooliques dans une taverne ou l’autre de la ville. Et aujourd’hui, c’était relativement calme pour l’instant … Faisant simplement sa ronde, naginata à la main, avec un collègue, il discutait de l’état de santé du boucher local, lorsqu’un premier cri attira leur attention. D’autres suivirent, très peu de temps après. Suivant bien entendu leur instinct, les deux gardes se mirent à courir vers les personnes qui semblaient en détresse, se saisissant de leurs armes d’une façon qui leur permettrait de s’en servir rapidement. Ils n’arrivèrent jamais jusqu’aux niveaux des victimes de Valentine. Cette dernière, qui ricanait sadiquement en courant, déboula dans la même rue qu’eux en glissant sur le sol : elle avait une manche couvert de sang et un sourire totalement dément aux lèvres.

Fonçant sans ambiguïté vers les deux soldats, elle prit le premier pour cible. Ce dernier tenta de lui mettre un coup de katana … Sans effet. Han Ryu vit son collègue se faire parer par le tanto, avant que la blonde ne bondisse vers lui, ne se replie en l’air en pivotant vers l’arrière, et ne se déplie brusquement pour lui mettre les deux pieds dans le visage. Atterrissant sur les mains, elle remit les pieds à terre juste à temps pour esquiver l’attaque de la naginata, qui la frôla de peu. Le vieux garde retira son arme, et tenta de la planter dans la cuisse de son adversaire : cette dernière semblait beaucoup trop mobile pour lui. Mais contrairement à ce à quoi il s’attendait, elle fit dévier la lame sur le côté avec la manche de son manteau, et s’en saisit à pleine main. Tirant dessus brusquement, elle lui arracha, avant de la saisir à deux mains pour lui mettre un coup avec, du pommeau. Percutant son front, elle le sonna lourdement, et il tituba en arrière, le front en sang, le monde vacillant dans des couleurs étranges … L’instant d’après, son arme lui fauchait les jambes. Chutant sur le dos, il « reprit connaissance » juste à temps pour voir la tueuse lever son arme au-dessus de lui. Ses yeux entièrement noirs fumaient légèrement, de même que le reste de son être. Il eut l’impression qu’elle allait l’empaler sur le sol … Mais au lieu de cela, elle se contenta de lui abattre le manche sur la tête de toutes ses forces, brisant la hampe de bois. Il perdit connaissance juste avant d’entendre le craquement de son arme favorite.


"La plus grande Nemesis que j'ai jamais dû affronter ... C'est moi-même." :
 


"Ceci dit, petite boule est devenue grande ... Mais il s'appelle toujours Oor'ka.":
 
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MessageSujet: Re: Lost and corrupted    Mar 14 Mar - 16:19



L'Avatar démoniaque



Cela faisait maintenant presque sept mois que Bashô n'avait montré aucun signe de vie en Kosaten tout entier. Partout où il passait, il se faisait appeler "Ferun" et portait un masque dissimulant son visage. C'étaient les seules mesures de précaution qu'il avait prise pour que personne ne lui cherche des noises quand à la prime sur sa tête; mais il les pensait suffisantes. Il espérait également se faire oublier des autorités seikajins qui le recherchaient dans chacune des trois grandes villes de l'empire. Il ne comptait pas toucher à la capitale mais à Hibana se trouvait son foyer et il avait de nombreux projets pour Tokonatsu. C'est donc pour cela qu'il était parti, pour que sa faible prime disparaisse rapidement de la pile des priorités jusqu'à ce que les forces de l'ordre l'oublient totalement. Après ces sept mois d'attente, il jugea qu'il était temps de rentrer.

Il se trouvait à Shiryoku quand il eut cette réflexion. Il lui faudrait donc couper à travers la zone peuplée par une myriade de petits villages avant de pouvoir atteindre la frontière du pays du phénix. C'était certainement la partie la plus agréable, tous les chemins étaient praticables et il y avait de nombreux points où s'arrêter se reposer. Pourtant non, ce ne serait pas la partie la plus monotone...

Il se trouvait justement dans l'un des bleds parsemant son trajet jusqu'à il ne savait encore précisément où, lorsqu'il avançait dans des ruelles éclairées par les étoiles de la nuit, occupé par certaines pensées. Il méditait sur toutes ses rencontres, tous ces élus, bons ou mauvais qu'il avait rencontrés. Tous ceux qui le pensaient bon ou mauvais également. Le monde était loin d'être dichotomique, même si l'alliance de Seika et Minshu contre Fuyu tendait à le leur faire penser. Il se rendait bien compte que Seika avait sa part de tord dans la guerre, ne serait-ce que pour l'avoir déclarée. Il pensait également que son cas personnel aussi était une erreur de la part de l'empire.

Ses pensées finirent par dériver jusqu'à Kuru, ce maître qui lui avait tant donné. Ce natif qui lui avait offert un foyer et de l'amitié dans la plupart de ses voyages. Il devait dormir actuellement, sans se soucier du fait qu'il avait perdu un bras à cause de son élève. Sans l'inculper de quoi que ce soit. Il s'occupait même de Mirya, sans que l'élu ne lui ait rien demandé. Mirya... Cette enfant duquel se dégageait une paix infinie, celle a qui il avait volé la vie de la mère. Elle ne lui en avait jamais voulu. Normal en un sens, elle ne devait avoir que quatre mois, elle n'était pas en âge de comprendre. Pourtant une intelligence hors du commun se reflétait dans son regard. Mais plus que ça, elle lui offrait de l'amour.

C'est justement à cause de cet amour qu'il voulait tout faire pour lui donner une belle vie. Mais tant que sa Némésis était encore en vie, il ne pouvait pas se permettre de s'éloigner d'elle, sa vie serait trop exposée. Il devrait donc la garder avec lui le temps qu'il réussisse à tuer Ferun. Ensuite, il lui trouverait une famille de substitution. Il s'assurerait qu'elle soit la meilleure possible. Cependant, peut-être se trouvait-elle déjà dans la meilleure famille possible pour son bonheur?

Comme vous pouvez le constater, Bashô avait beaucoup de choses à penser. C'est pourquoi il s'offrait de temps à autre des moments comme celui-ci où il laissait divaguer ses pensées, lorsqu'il n'avait pas à s'occuper à quelque chose de particulier. Dans ces moments, il n'était ni élu, ni poète; ni maffieux, ni hors-la-loi, mais juste lui. Un homme normal avec ses petites joies et ses petits problèmes. Ces moments se faisaient de plus en plus rares puisque Zayro avait décidé de lui demander implicitement de se dépêcher. Et étant donné la catastrophe que ça avait été, il ne fallait mieux pas le contrarier. Il profitait donc énormément de pouvoir ne rien faire. Il savait pourtant qu'une vie entièrement monotone lui serait bien plus insupportable qu'une vie où il n'aurait pas le temps de souffler. Il s'estimait donc heureux.

Malheureusement pour lui, son moment de répit fut assez court. Il aurait pu s'en douter, c'était tout le temps le cas. Cette fois, l'annonce du danger potentiel avait pris la forme d'appels à l'aide provenant de loin devant lui. Enfin, pas suffisamment loin pour qu'il ne l'entende pas. Il aurait aimé simplement changer de rue, mais il ne se voila pas la face comme beaucoup d'autres fois, il allait jouer son rôle de pion du destin une fois de plus. Dès l'entente du premier cri, il se rua en avant. "J'arrive!"

Après avoir couru à peine une demi-minute, il se retrouva né à né avec le problème. Le problème désignait évidemment la jeune femme certainement d'origine non-humaine en train d'abattre un manche de naginata en pleine tête d'un soldat qui sombra bien évidement dans l'inconscience. Le coup avait été donné avec une violence hors du commun. Son attaque n'était pas dignes d'un humain et la fumée qui se dégageait de son corps ainsi que ses yeux aussi noir que l'obsidienne étaient là pour en témoigner. Sans parler de la folie qui semblait se dégager de tout son être. Derrière elle, d'autres blessés jonchaient le sol.

Bashô ne savait pas s'il était en mesure de s'occuper de ce qu'il avait en face de lui tout seul, mais il savait aussi que le choix ne lui serait certainement pas donné. Et s'il y avait affrontement, personne ne l'aiderait, les seules personnes présentes à part lui étaient désormais toute dans l'incapacité de se battre. De se battre ou même de faire des crêpes d'ailleurs, leur état était lamentable... En tout cas, s'il était dans la capacité d'éviter l'affrontement, il le ferait.

-Eh! La folle enragée! l'interpella-t-il assez naïvement. Calme-toi tout de suite et couche-toi! Je t'assure que tu n'aimerais pas que je me fâche alors montre-moi ton intelligence et fait ce que je te dis! Je me montrerai compréhensif si tu coopères!

Il finit sa phrase en sachant pertinemment qu'elle n'aurait aucun effet. Il venait de croiser son regard et les enfers qu'il abritait, il n'y avait pour elle qu'une seule option possible...

Dites, Moires, cette nouvelle apparition,
Tenant autant de la femme que du démon,
Pourquoi un tel effroi cause-t-elle chez moi?
Pourquoi son regard me fait-t-il perdre la foi?!


©MangaMultiverse



Dernière édition par Ferun (Bashô) le Ven 21 Juil - 11:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Lost and corrupted    Jeu 23 Mar - 23:36

à chaque pas qu’elle faisait, la blonde sentait en elle s’intensifier la sensation qu’elle évoluait dans un cauchemar. Loin, loin au-dessus de sa tête, des corbeaux tournaient en rond, comme prêts à se repaître de la seule once de chaire non contaminée qui se trouvait sous eux … à des kilomètres à la ronde. Elle évitait la majorité des diverses créatures corrompues, et continuait à courir … Elle ne comprenait pas. Jamais n’avait-elle entendu parler d’un pouvoir si grand qu’il modifie à ce point, et surtout si vite, une zone aussi grande … Du reste, l’état de putréfaction de certains cadavres la laissait songer que, justement, cet endroit n’avait pas été transformé en un jour. Usant de son tanto lorsque cela s’avérait nécessaire, elle parcourait les rues … Jusqu’à en trouver une où deux molosses particulièrement massifs et agressifs lui aboyèrent dessus, déjà en train de courir dans sa direction. Faisant peu de cas de ce « danger » qu’ils représentaient, elle leur fonça dessus en retour, et se servit de la meilleur des défenses dont elle disposait : l’attaque. Le combat fut bref, intense : même si elle aurait pu, de par le passé, se défaire de plusieurs dizaines d’individus de ce genre, elle était ici déjà à bout de souffle … Rapport peut-être à sa course efféminée, aussi. Mais alors qu’elle tentait de reprendre sa composition, la respiration rauque et sifflante, debout en plein milieu de la rue … Elle le vit.

Le démon de la ruine était, par la nature même de son faciès absent, inexpressif. Et pourtant, elle avait l’impression qu’elle pouvait le voir se moquer d’elle. Sa silhouette respirait la confiance, ses bras croisés sur son torse laissaient sous-entendre qu’il n’était nullement intimidé ou qu’il ne se sentait pas menacé, et sa posture générale … Il était ici en terrain conquis. La traqueuse eut un pincement au cœur en se disant qu’elle était forcée d’admettre que, pour cette dernière variable, il avait totalement raison. Elle remarqua seulement à quel point, s’il avait été humain ou proche de l’être, sa silhouette semblait épaisse … et pourtant, particulièrement sèche. Mais l’apparence physique d’un dieu importe peu : ses pouvoirs restent les mêmes, et il était probable qu’il soit infiniment plus fort que ce qu’il laissait penser, ou qu’il n’aurait été logique, possible. Soupirant lourdement, la blonde resta face à lui,  guettant le moindre geste de sa part, qu’il soit agressif ou pas … Mais au lieu de cela, il se contenta de décroiser ses bras noueux, et d’en tendre un vers elle.

Valentine … Calmes-toi, ouvres-toi à moi. Tu n’as jamais été une lâche, et tu as besoin de ma puissance … Fille d’Inordi. Tu n’as pas conscience des légendes avec lesquelles ce titre va de paire.
Jamais.

La blonde inspira profondément, puis vida d’un coup l’entièreté de sa cage thoracique, creusant même un peu le ventre dans le processus. Elle avait besoin de courage … de détermination, en réalité. Même si tout Kosaten avait été corrompu, elle refusait d’être emportée dans la tourmente. Pas sans combattre jusqu’à son dernier souffle. La déesse de la mort jugerait bien si elle était digne ou non de rejoindre sa cité. Un instant, une pensée la traversa. Allait-elle rejoindre Nathaniel ? L’attendait-il toujours ? Elle chassa la mélancolie qui venait de la saisir de son esprit. Elle était face à un dieu … Et elle sortait ses griffes. Tsss. Elle avait prit un certain nombre de mauvaises décisions dans sa vie, mais celle-là était tout de même particulièrement stupide. Mourir en héros … et puis quoi encore ?

… Odolstua, Nathaniel …

Se faisant légèrement craquer les poignets, elle soupira … Et se jeta vers l’avant.


L’hybride de corruption s’était presque aussitôt tournée vers celui qui l’avait interpellé, et avait souri largement sous son masque de tissus. La nature même de la magie qui contrôlait en cet instant ses gestes était dure à définir … Elle n’était pas « intelligente ». Elle ne cherchait, ou en tout cas pas pour l’instant, à accomplir un grand plan, quelque chose de ce genre. Elle se contentait de transformer la traqueuse de monstres en animal déchaîné, et à le libérer sur cette ville … Mais rapidement, à combattre sans péril, on triomphe sans saveur, et l’excitation qui bouillait en elle avait un peu diminué. Frapper des cibles mobiles … certes. Frapper des cibles qui se défendent ? Mieux ! En frapper une capable de résister, de répliquer ? Là, l’animal trouvait un os qu’il pourrait mâcher. A moins que ce ne soit l’os qui le mâche, aussi étrange que cette manière de le dire puisse sonner. Et pourtant, cette perspective ne l’effrayait en rien.

Lâchant le manche de l’arme désormais inutilisable qu’elle tenait dans l’une de ses mains, la semi-vampire l’entendit claquer et rebondir sur le sol avec un bruit satisfaisant, et ricana légèrement. Elle, ou plutôt ce qui était au contrôle de son corps, avait parfaitement compris les mots qui lui avaient étés adressés. Et pourtant, ce mal ancien et perfide n’en avait cure. Parce que, malgré les apparences, cette malédiction n’avait pas plus de personnalité que de corps … En d’autres mots, elle se contentait de faire ressortir à l’hybride une personnalité que cette dernière ne se connaissait pas. Une version malsaine, violente, et perverse d’elle-même … Une version qui, à l’opposé de celle d’origine, n’avait cure de sa propre sécurité. Et le maléfice, quant à lui, ne connaissait même pas ce concept. Si quoi que ce soit, la mort d’un corps porteur de corruption renforçait cette dernière, en lui offrant potentiellement un nouveau vaisseau capable de se relever pour se venger des vivants, peut-être une âme tourmentée qui serait elle-même à l’origine d’autres créatures de la ruine … En un mot comme en cent, à l’heure actuelle, la blonde ne craignait pas la mort. Et pourtant.

Très bien.

Malgré le fait qu’elle ait saisi la naginata plus tôt, elle avait tout de même gardé son tanto en main : écartant un pan de sa veste, elle rangea ce dernier au-dessus de ses reins, et écarta largement les mains autour d’elle. Ces dernières, ouvertes et parfaitement visible, étaient salies, tachées de sang et de terre, « crasseuses » auraient dit certains. Mais dénuées d’armes. Bien sûr, sans sa veste, son geste aurait eu encore plus d’impact dans la mesure où aucune entourloupe n’aurait été possible … Mais ce n’était pas bien grave. Penchant la tête sur le côté avec un sourire particulièrement grinçant et tordu, elle s’inclina un peu en avant, parodiant une révérence … avant de mettre deux doigts à sa bouche, et de siffler. Même à plusieurs mètres de là, il était plus qu’aisé de voir les 8 longues canines qui ornaient sa bouche. Se penchant vers l’avant, elle posa doucement les mains sur le sol, et se laissa aller vers ce dernier … Mais sans s’allonger, plutôt en gardant le corps droit, et en reposant uniquement le corps sur ses pieds et ses mains. Il s’écoula peut-être une ou deux petites secondes, durant lesquelles la semi-vampire garda cette position, la tête relevée pour observer l’individu masqué. Puis, brusquement, elle mit une impulsion dans les jambes et la partie inférieure de son corps se souleva, alors qu’une fumée de couleur verte sembla courir de son abdomen vers ses mains. En un instant, ses doigts craquèrent, s’allongèrent et s’affinèrent, alors qu’ils se changeaient en griffes osseuses … Lesquelles se plantèrent légèrement dans le sol, alors qu’elle repliait les jambes pour se ramasser sur elle-même tel un félin. Posant les pieds entre ses mains, elle poussa avec force sur ces derniers, et se propulsa vers l’avant, directement sur son adversaire.

Son « bond de chat » ne parcouru probablement qu’une grosse moitié de la distance qui les séparait : cela restait remarquable, comparé à un humain ordinaire. Pivotant lors du saut pour se redresser, elle ne fit cependant qu’un « pas », posant un pied à terre pour se réceptionner, et se propulsant grâce à l’autre pour achever sa course dans les airs, et sauter toutes griffes déployées sur son opposant. L’impact avait dû être brutal pour ce dernier : une furie proche de la centaine de kilos avec son équipement qui vous tombe dessus en cherchant à vous balafrer la tête ne doit pas faire de bien. Du reste, malgré le fait qu’elle ne soit pas exactement dans la posture la plus confortable du monde, elle ne chercha pas tout de suite à s’en dégager : de la même manière que précédemment, elle chercha encore une fois à lacérer son adversaire, et en particulier à passer outre cette espèce de saleté dont il se servait pour masquer son faciès. C’est plus ou moins à ce moment-là que son sifflement eut – enfin – un quelconque effet … Ou plutôt, une conséquence. Déboulant à pleine vitesse en galopant de tout ce dont ses petites pattes le rendaient capable, il prit le virage à 90° de l’entrée de l’avenue sans la moindre difficulté, et fonça presque directement vers celle qui l’avait appelé. En soit, il ne connaissait pas les concepts de « bien » ou de « mal », pas plus que ceux d’agression, ou de « mauvais combat ». Il savait simplement qu’il voyait celle qui lui tenait compagnie, le protégeait et l’éduquait était aux prises avec un individu. Cet individu devait donc, à n’importe quel prix, être repoussé. Fonçant vers le duo, il poussa un hurlement strident, alors que l’électricité qui parcourait son corps en permanence semblait rayonner, augmenter en intensité, prête à frapper.

L’hybride de brume, quant à elle, déplia enfin les jambes de façon à pouvoir marquer une distance – si minime fut-elle – entre elle et celui qu’elle cherchait à occire : elle ne marqua à vrai dire pas cette distance bien longtemps, se contentant de rebondir sur le sol derrière elle, de prendre appuie sur le rebord de fenêtre où son second bond l’avait envoyé, et de se propulser une nouvelle fois avec bien plus de force pour foncer droit sur le jeune homme. N’ayant cependant, en définitive, pas énormément de tours différents à montrer, elle fit une troisième fois la même chose, à savoir une simple attaque de tranche à l’aide de ses griffes, bien qu’elle visât cette fois le corps du combattant, et non sa tête. Passant plus ou moins à côté de lui, elle glissa un peu sur le sol en se recevant, pivotant sur elle-même pour continuer à lui faire face … En soit, son style de combat ne reposait pas sur une démonstration pure et dure de force. Plus sur une danse, entre elle et son adversaire, dans laquelle chaque pas était en réalité une nouvelle agression. Et de juste, comme s’il voulait se joindre à la musique, le petit familier de la traqueuse se jeta lui-aussi sur l’homme, cherchant à mordre la première chose à sa portée … à savoir, la jambe de ce dernier. Clairement, il ne représentait pas un grand danger pour un bon combattant, pour l’instant … Tout au plus, une gêne. Et puis, les petites décharges électriques, la blonde aurait pu en attester, ça n’a rien d’agréable.



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MessageSujet: Re: Lost and corrupted    Mar 28 Mar - 17:18



Le combat de deux chasseurs



Comme Bashô s'y attendait, sa tirade n'eut aucun effet. La femme démoniaque se contenta de se retourner vers lui, esquissant un sourire qu'il ne pouvait que deviner grâce aux traits de son visage qui restaient apparents. Comme le hunter ne pouvait plus reculer, ils allaient devoir se battre. Quoique, peut-être son adversaire préférerait-elle la fuite? Si tel était le cas, elle avait ses chances, elle semblait leste et rapide ce qui n'était pas spécialement son cas.

Heureusement, elle ne choisit pas cette alternative là. Elle commença par faire craquer ses poignets en guise de prélude au combat qui allait suivre avant de psalmodier quelques mots que le hunter ne comprit pas. A vrai dire, il y prêta à peine attention, il était trop focalisé sur ce qu'allait faire la diablesse pour ça. Le regard du seikajin ne lâchait pas les épaules de la combattante pour pouvoir anticiper ses mouvements. Il ne savait rien de sa force et préférait être prudent. Peut-être n'allait-il pas pouvoir la vaincre? Il espérait au moins pouvoir la retenir le temps que les autorités compétentes puissent intervenir. "Tiens toi prêt, succube, je ne te ferai pas de cadeau non-plus!" pensa-t-il en fronçant tellement les sourcils qu'il aurait pu faire peur.

C'est donc avec cette belle détermination que l'affrontement commencerait. Enfin, aurait commencé si Bashô n'avait pas perdu un peu de sa contenance en recroisant le regard de la bête. Lorsqu'elle lâcha la naginata cassée de son adversaire, elle répondit à la provocation de son adversaire de deux mots francs ne laissant aucun doute sur la suite des événements. Cela voulait dire qu'elle avait parfaitement compris ce qu'il avait dit, il n'y avait aucun doute possible. Ils ne pourraient plus revenir en arrière. Pourtant ce côté lucide était constamment contredit par son regard dans lequel ne semblait régner que folie. Enfin bon, pour lui ce n'était plus le problème actuel, il lui fallait d'abord l'affronter, quoi qu'elle soit.

Certainement afin de démontrer sa puissance, la créature se débarrassa de son tanto tout en prouvant qu'elle n'avait pas d'autres armes. Étant donné qu'il n'en avait pas non plus, ça le rassura. Cela pouvait également être le signe qu'il était sous-estimé ce qui était en soit une bonne chose. Sauf si elle avait raison auquel cas Bashô se ferait proprement et simplement manger. Il put d'ailleurs apercevoir la dentition de la semi-vampire qui lui prouva qu'elle en était totalement capable. Il ne put s'empêcher de frissonner.

Ensuite elle s'accroupit après avoir sifflé pour une raison inconnue, pour ensuite garder sa position plusieurs secondes. Le maffieux ne tenta rien durant ce cours laps de temps. Il ne comptait pas foncer tête baissée sans avoir eu l'occasion de jauger la force de son adversaire au préalable. Quel animal serait capable de foncer vers un autre sans savoir s'il est sa proie ou son prédateur? Bashô appliquait là le même raisonnement, attendant et guettant la moindre réaction de l'avatar de violence devant lui. Les cinq secondes le séparant de la première attaque lui semblèrent excessivement longues, comme si le temps se dilatait. Était-il stressé?

Puis, d'un coup d'un seul, la bête sauta vers lui! Son saut ne lui permit pas d'atteindre sa cible d'un coup mais elle prit une telle impulsion qu'il lui suffit d'un seul autre contact seulement avec le sol pour le faire. Dans son saut elle opéra plusieurs changements que le poète ne remarqua qu'une fois qu'elle fut à sa hauteur. Une fumée verdâtre recouvrait la partie inférieure de son corps et d'énormes griffes lui avaient poussées. Bashô n'avait jamais eu l'occasion d'en voir de telles, même lors de ses rares voyages en terrains inconnus. Pourtant il en avait vu des choses... Pris de surprise, il n'eut pas le temps de réagir.

Son adversaire, semblant rompu en l'art de tuer, avait mis ses griffes devant lui afin d'occasionner un maximum de dégâts. Cela renversa en effet le hunter qui ne pouvait lutter contre les lois de la physique. Il se ramassa alors comme une merde sans pour autant trop en souffrir. Il avait eu le réflexe de s'entourer de Nen du renforcement ce qui le protégea efficacement.

-Ouch! Elle n'y va pas de mains mortes celle-là!
se plaignit-il.

Puis il regarda alors son torse duquel il avait ressentit de la douleur pour se rendre compte que même si ses vêtements avaient été déchiquetés, lui n'était pas gravement blessé. Était-ce grâce à sa résistance hors-norme? Cela lui semblait bizarre mais il n'eut pas le temps d'y réfléchir que déjà son agresseuse tentait de lacérer son visage masqué. Sa précision lui permit d'atteindre sa cible mais elle ne put pas transpercer le masque. Cela l'abima tout de même grandement, il perdit énormément de sa beauté déjà contestable. Il ne pourrait malheureusement plus aller à Venise avec...

Puis, comme pour satisfaire le hunter, le possesseur de Valentine choisit de le dégager ce qui lui permit de se relever au plus vite. Malheureusement, à peine l'avait-il fait que déjà la démone était de nouveau sur lui, le projetant une fois de plus. Cette fois ce ne fut pas le sol mais le mur qui l'arrêta. Bashô put alors rester debout. Au même moment, une bestiole des plus étranges débarqua de nulle part pour aider la chasseuse. Ce ne fut que plus désespérant pour le hunter. La créature était mignonne mais si elle ne comprenait rien à la situation, il serait bien obligé de l'écarter. Sa morsure ne faisait pas bien mal mais avoir quelque chose constamment accroché à sa jambe l'handicapait grandement et il ne pouvait pas se trimballer un boulet au pied durant tout un combat, il allait devoir s'en débarrasser.

Resté debout grâce au mur, il eut alors enfin une occasion de répliquer. Il décida donc d'asséner quatre coups en rafale, sans réelle précision, afin d'éloigner son adversaire. Il voulait à nouveau instaurer une distance de sécurité qui lui permettrait de prendre le dessus sur le combat. Ils étaient donc là uniquement pour l'éloigner. Cependant, si elle se les prenait, elle aurait l'occasion de goûter à la pleine puissance du Nen du renforcement du hunter. Il en profita également pour simultanément donner trois rapides coups de pieds au petit familier qui l'entravait.

-Va jouer ailleurs, tu me gêne! lui cria-t-il.

En frappant, son esprit était ailleurs, plus concentré sur ses blessures. Celles-ci semblaient bénignes, comme si elles n'avaient aucun effet. Peut-être que toute sa force résidait en un poison que son corps venait d'assimiler par le biais de ses griffes? Si tel était le cas, il devait alors en finir au plus vite!

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MessageSujet: Re: Lost and corrupted    Jeu 13 Juil - 19:13

Même à travers les brumes qui enveloppaient son esprit, la traqueuse était parfaitement consciente d’une chose. Elle pouvait bondir, virevolter, esquiver sur le côté pour frapper de nouveaux … Mais elle sentait très clairement que ses griffes ne pénétraient pas les chaires. Elle avait plusieurs fois eu l’occasion de constater le phénomène, lorsqu’elle s’était attaquées à des créatures insectoïdes dont les chitines pouvaient se révéler incroyablement résistantes. Elle connaissait cette sensation des doigts qui « butent » contre ce qu’ils sont supposés traverser … Et elle n’aimait pas ça. Mais ça ne la surprenait pas, après tout … Elle tentait de combattre un démon de premier ordre. L’idée même que cela puisse être facile était, au mieux … fantasque ? Mais même si elle ne parvenait à rien pour le moment, elle ne comptait pas abandonner là … Loin de là.

De retour dans la réalité, l’hybride corrompu ne prêtait même pas vraiment attention à l’impact qu’avaient eu ses attaques. Elle avait senti de la peur chez cet homme … Et c’était ce qui lui donnait envie de continuer, jusqu’à ce qu’il ne s’écroule. Mais le fait qu’il tienne encore debout l’ennuyait. Pire : elle n’avait pas l’impression d’avoir eu de réel impact … Et ça, c’était un sentiment agaçant. Elle aurait levé une nouvelle fois la main pour frapper de ses griffes … Mais elle réalisa, rien qu’à la sensation du vent sur ses doigts … que ces dernières étaient parties. Observant sa main un instant, elle resta incrédule. Sur Era Necrolia, elle pouvait conserver ce « petit tour » actif si longtemps qu’elle pouvait presque l’avoir actif en permanence sans effort … Ici, elle n’avait eu le temps d’attaquer que trois fois ?

Sa surprise provoqua visiblement une ouverture dans sa garde, car elle vit soudainement le poing de son adversaire foncer vers sa figure. Se baissant, elle esquiva un premier crochet, qui lui rasa le crâne. Se reculant légèrement, elle vit le second lui passer devant, le souffle de ce dernier lui faisant voler quelques mèches vers l’arrière … Instable sur ses appuis, elle ne put se contorsionner pour esquiver le troisième : par réflexe, elle croisa ses bras devant elle. L’impact du poing sur ses avant-bras lui fit pousser un cri de douleur franc : même avec les protections qu’elle avait dans les manches de sa veste, elle avait très nettement senti passer une bonne partie de l’attaque … Trop, peut-être ? Comment avait-elle pu tomber sur un adversaire disposant d’une force de frappe aussi impressionnante ? Ou alors, était-ce elle qui était devenue si faible ? Mais une nouvelle fois, réfléchir à d’autres sujets en plein milieu du combat provoqua une ouverture, car le dernier coup passa juste au-dessus de ses bras croisés, et lui percuta le visage.

Le choc fut assez violent pour légèrement soulever son corps entier du sol. Peut-être le précédent coup jouait-il dans ce phénomène, mais le fait est qu’elle décolla – littéralement – pour atterrir sur le dos un ou deux mètres plus loin. Presque aussitôt, elle enroula sa colonne, profitant de l’énergie de son mouvement pour faire passer ses jambes au-dessus de sa tête. Plaçant ses mains juste au-dessus de ses épaules pour appuyer sur le sol avec, elle propulsa son corps, le faisant basculer pour se remettre debout. Ses pieds et mains dérapèrent encore sur quelques centimètres, mais basiquement, elle parvint à se stabiliser assez vite … En revanche, elle avait senti passer l’attaque. Fermant les paupières au point de les faire s’écraser l’une sur l’autre pendant un instant, elle chercha à calmer son souffle … Et finit par souffler d’un grand coup par le nez en rouvrant les yeux. Un jet de sang tomba par terre …  Elle ne voyait pas d’étoiles danser devant ses yeux couleur d’obsidienne, mais elle était sûre d’une chose : il ne fallait surtout pas qu’elle reprenne trop d’attaques comme celle-ci de plein fouet …

étrangement, pour l’instant, les pensées de la Valentine « originale » et celle de ce qui avait le contrôle de son corps étaient synchronisées. Et elles se centraient toutes sur un fait : cet adversaire était bien trop puissant pour elle. Mais là où il n’y avait qu’un homme, la traqueuse pensait avoir à faire à une créature capable de défier un dieu … L’idée que la différence de niveau soit si écrasante n’avait donc rien de surprenante. En réalité, elle était même peut-être un peu surprise d’avoir encore la tête sur les épaules … Elle avait entendu des récits sur des liches qui, sur sa terre d’origine, pouvaient ôter la vie d’un être sans même avoir à le toucher, d’un simple mouvement du doigt. Elle aurait songé le dieu de la corruption lui-même un peu plus brutal que ça encore … Même si elle ne se plaignait pas vraiment de ne pas déjà être à terre. En revanche, ce qui se déroula devant ses yeux enraya brusquement tout schéma de pensée qu’elle aurait pu avoir en cours, tant elle en fut bouleversée.

Le démon de la ruine, par un procédé qu’elle ignorait, avait fait apparaître son familier. Ce dernier semblait déjà mal en point. Mais il semblait toujours respirer … La traqueuse vit la créature infernale le jeter en l’air, devant elle … Puis la faucher d’un revers du bras, l’envoyer percuter le sol plus loin avec un choc mou. Le petit être de fourrure bleu rebondit une ou deux fois sur le sol de chair et de sang, roulant un peu dessus … Puis s’immobilisa tout à fait. L’espace d’un instant, la réalité autour de lui sembla changer … La rue avait repris son apparence originelle. Pittoresque, peu entretenue et médiévale … mais « normale ». Le corps du quadrupède était toujours là, et toujours dans le même était … mais tout était redevenu normal. Puis, subitement, tout ne fut à nouveau que corruption et souffrance. L’hybride poussa un cri de rage, et se  jeta de nouveau sur son adversaire.


La réalité avait été un peu différente. Du point de vue d’Oor’ka, il n’arrivait pas à grand-chose : ses petits crocs s’enfonçaient à peine dans la chaire, et il ne semblait pas être une grande gêne … Pourtant, c’était sans la moindre hésitation qu’il tentait, de toutes ses forces, d’aider celle qui l’avait recueilli et protégé depuis sa naissance. Lorsqu’il la vit se prendre le coup de poing en pleine tête, sa colère s’intensifia par ailleurs, et il poussa un grondement encore plus puissant que les autres, serrant encore plus fort la chaire qu’il tenait dans ses crocs. Ce n’était pas – grand-chose - , car il ne pouvait pas faire grand-chose, mais c’était le mieux qu’il pouvait … Pourtant, ce fut futile : trois coups de pieds beaucoup trop puissants pour son petit corps le décrochèrent de sa prise, et l’envoyèrent lamentablement bouler sur le pavé. Chose étrange, l’espace d’un instant, le voile de corruption qui semblait verrouiller l’esprit de la traqueuse sembla se dissiper à cette vision, et elle poussa un cri rempli de détresse.

NON ! Oor’ka !...

Le voile noire qui avait rempli ses yeux s’était déchiré, laissant voir ses pupilles d’or … Et ses yeux inquiets au possible. Toute rage, toute envie combattive avait quitté ses traits, même si elle n’avait pas changé de position … Mais la chose ne dura que le temps d’un éclair. Clignant, à de trop nombreuses reprises en trop peu de temps, des paupières, la traqueuse laissa échapper un grognement étrange et difforme … Et soudainement, le noir revint assaillir ses globes oculaires, leur redonnant en un instant la teinte étrange et inquiétante qu’ils avaient plus tôt. De nouvelles volutes de fumées se dégagèrent de son corps, comme une vague s’étalant autour d’elle, et la seconde d’après … Elle tournait une expression de haine et de rage pure vers l’homme masqué. Aurait-elle hurlé qu’elle voulait le tuer que le message aurait été moins explicite.

Passant la main sous son manteau pour saisir son tanto, elle bondit à nouveau, sans la moindre considération pour les coups qu’elle pourrait prendre. Dégainant son arme en l’air, elle frappa avec, à plusieurs reprises. Impossible de dire si elle cherchait à tuer ou juste à faire mal : elle enchaîna simplement des coups lacérants, à 4 reprises, cherchant à tout prix à faire quelque chose … Elle ne se préoccupait pas réellement de savoir si ses attaques partiraient dans le vide, ou au contraire rencontreraient une nouvelle fois sa peau sans l’entailler : l’important était, pour elle, de mettre le plus de violence et de haine possible dans chaque geste.

résumé:
 

Valentine:
 

Oor’ka:
 
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MessageSujet: Re: Lost and corrupted    Ven 21 Juil - 21:29



Mortel poison...



Malgré le peu d'efficacité des attaques de son agresseur, en tout cas dans l'immédiat, il était bien content content qu'un "quelque chose" la déconcentre et lui laisse une ouverture pour riposter. Dans un combat l'important c'était de casser le rythme de l'adversaire et de surtout conserver le sien. De cette manière on pouvait faire pleuvoir les coups sans que l'autre protagoniste de l'affrontement puisse faire quoi que ce soit. Un principe de base connu mais finalement pas si facilement appliquable, surtout depuis qu'il avait perdu sa force passée. En tout cas ni une ni deux, il avait saisi cette opportunité pour essayer de mettre un terme à ce combat qu'il n'avait pas demandé. Plus tôt il se finirait, mieux ce serait!

Seulement voilà, une perturbation de l'attention ne voulait pas dire pour autant qu'elle n'était plus aussi leste qu'avant! Bien au contraire, elle ne semblait ne jamais se fatiguer, comme si elle ne sentait rien. D'ailleurs l'hypothèse du hunter comme quoi ses griffes étaient peut-être empoisonnées prenaient tout leur sens sinon son adversaire aurait déjà fui depuis longtemps. Quel être animal, humain ou dérivé continuerait de s'acharner contre un ennemi à qui il ne fait strictement rien? Surtout si cet ennemi n'en est pas un et ne cherche pas spécialement la bagarre! C'est complètement stupide! Les coups de la diablesse avaient donc forcément un effet sur lui, même s'il ne les ressentait pas encore. "Et merde! Il va falloir que je fasse tout mon possible pour esquiver ses attaques alors!" se dit-il naïvement, loin de se douter que la réalité était tout autre.

Trêve de digressions, tout cela pour dire que malgré le fait qu'elle ait arrêté de frapper l'élu du Phénix, elle n'eut aucun mal à esquiver ses deux premières attaques. Il suffisait de se baisser d'abord, de reculer ensuite et c'était bon, le tour était joué! Bon, effectivement ce n'était pas si facile que ça puisque les deux coups suivants furent à ses frais. Ses réflexes lui permirent tout de même d'en bloquer un mais sa garde ne s'érigea pas de nouveau assez rapidement pour éviter le second coup qui l'envoya valdinguer à quelques mètres de là. Cela n'allait certainement pas suffire à la mettre HS, mais lui laisserait au moins le temps de se débarrasser du parasite qui lui mordillait le pied. Oui, je me permets d'employer le verbe "mordiller" étant donné le peu de sensations que son Nen du renforcement lui laissait percevoir. Le pauvre, en quelques coups il fut inconscient. Bashô était désolé de devoir infliger cela à une bestiole aussi mignonne mais il ne regrettait pas son geste, n'oublions pas qu'il jouait peut-être sa vie durant ce combat.

Aussitôt pensé, aussitôt fait, il se remit aussi rapidement qu'il le put en garde pour se préparer à un nouvel assaut de la part de son adversaire qui s'était relevée admirablement bien. Mais alors, qu'est-ce qui aurait pu stopper une telle sauvagerie de sa part? La lueur malsaine noirâtre avait quitté ses yeux pour laisser place à une teinte dorée bien plus réconfortante. "Ah, la folie vient peut-être de la quitter par un procédé que je ne m'explique pas, c'est la fin du combat!" osa positiver le hunter. Pourtant le futur ne mit pas longtemps à le contredire. Le regard de la... chose ne mit pas longtemps à se détacher du corps frêle du jeune familier pour reprendre sa teinte maléfique et venir se fixer sur l’élu décontenancé par la tournure que prenaient les événements. Le monstre sanguinaire se jeta alors violemment sur lui pour lui asséner de multiples coups et tenter encore une fois de l'empoisonner, pensait-il. Les traits du visage de la vampire s'étaient encore accentués, son intention était claire: Tuer. Ça n'allait pas être tendre, ça n'allait pas être sans douleur, elle allait peut-être y laisser des plumes mais ce qui était certain c'est qu'elle déplacerait des montagnes pour y arriver. Les plus perspicaces d'entre-vous auront compris qu'il n'y avait rien de rassurant à cela...

Surpris par l'accentuation brutale de son attitude agressive, le "rythme" de Bashô se brisa pour laisser celui de son adversaire le surclasser. A partir de ce moment-là une seule pensée dominait l'esprit du hunter: "Ne pas se faire toucher, surtout ne pas se faire toucher!". Contre quelqu'un passé maître en l'art de manipuler les poisons, une simple égratignure pouvait s'avérer fatale. Surtout que maintenant elle avait dégainé une lame certainement enduite de poisons encore plus virulents que ses griffes. Pauvre de lui! Sa carrure le contraignait à être une proie facile et le rugissement à glacer le sang que Valentine venait de pousser ne promettait pas une baisse de motivation de sa part. Que les dieux soient avec lui dans ce cas!

Malheureusement ce qui devait arriver arriva. Après avoir adroitement évité son premier coup d'un habile pas chassé, il entreprit d'en esquiver un deuxième d'un autre pas martial bien moins habile pour ensuite finir par se baisser pour ne pas se prendre un troisième coup qui siffla juste au-dessus de sa tête. Esquivé In-Extremis comme dirait l'autre, contrairement au quatrième coup... Cela le marqua d'une légère éraflure bénigne qui ne laisserait aucune balafre. Pas de quoi paniquer donc, à moins que vous ayez de bonnes raison de penser que l'arme sécrétait un poison potentiellement mortel. En un instant il se vit mourir et pensait que c'était ce qui allait arriver s'il ne se débarrassait pas vite de son adversaire pour aller quérir un médecin. Une rage guerrière l'emplit alors, toute aussi nourrie que celle de celle qui en voulait à sa vie.

Il enchaîna alors une série de cinq coups tous plus dévastateurs les uns que les autres! Rien ne pouvait lui résister. Rien ne devait lui résister, sinon il mourrait. Chacun de ses coups de poings étaient destinés à en finir avec la vie de l’autre pour pouvoir sauver la sienne. Qu’importe que son adversaire ne soit pas vraiment elle-même, il n’en avait aucune preuve après tout, c’étaient juste des pressentiments. Maintenant c’était elle ou lui, et l’une des options était inadmissible. Il ne tenait qu’à lui de faire basculer la balance pour qu’il ne reste plus qu’un choix. Mais triompher ne faisait pas tout, il lui faudrait également être plus rapide que le venin. Dans sa tête se répétaient en boucle les trois mots clés de la victoire pour en finir au plus vite: "Ténacité, ténacité, TÉNACITÉ!!!". Cela suffirait-il?

Il est bon d’être prudent, d’avoir l’esprit vif
Seulement parfois, ce sont de vilains défauts
Qui se révèlent contre les faibles agressifs
Te laissant une place de choix, l’échafaud


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MessageSujet: Re: Lost and corrupted    Mer 26 Juil - 16:42

Inutile … Tu es devenu bien lente, petite traqueuse. Bien lente … Se reculant d’un pas, le démon laissa finalement la blonde le toucher … Mais sa lame percuta simplement son torse avec un tintement étrange, et rebondit sans laisser la moindre trace. Lente, et faible. Tu perds beaucoup plus que tu ne le penses à refuser mon offre de la sorte.

La semi-vampire tituba, reculant légèrement. Elle avait du mal à en croire ses yeux … Elle pouvait comprendre que, par une magie quelconque, ses griffes aient étés « émoussées » par le transfert, et qu’elle soit désormais incapable de faire mieux que cela … Pourtant, elle ne pouvait pas croire que la même chose soit arrivée à l’arme de son âme sœur. Elle avait pris soin de ce tanto, l’avait entretenu, aiguisé au possible. Et elle avait déjà vu la lame noire parvenir à transpercer l’enveloppe physique d’un ange … Le démon était-il si puissant que cela ? Ou bien ses paroles avaient-elles un fond de vérité, et la différence ne provenait pas de sa force à lui, mais de sa faiblesse à elle ? Un cauchemar se dessina dans son esprit lorsqu’elle osa envisager les deux options en même temps. Et c’était possible. Parfaitement possible … Ou pas ? Le « dieu » de la ruine n’avait rien à faire dans ce monde, et s’il était un élu, il était tout bonnement impensable qu’il soit d’ors et déjà si puissant. S’était-il tenu à carreau durant une durée qu’elle ignorait, avant de finalement se révéler ? Non, la chose était idiote … elle ne comprenait pas. S’était-il rendu ici par ses propres moyens ? Si c’était le cas … Si c’était le cas, non seulement elle, et Oor’ka étaient perdus … Mais tout Kosaten l’était également. Déglutissant, elle observa son adversaire soupirer, faisant un geste pour s’échauffer les épaules … Puis passer à l’attaque.

Alors qu’elle laissait un poing de la taille de son crâne glisser à côté de ce dernier, quelque chose lui paru étrange … Inordi était l’égal d’un dieux. Sa puissance à elle seule irradiait tel un soleil, et face à lui, tout ce qui existait, vivant, mort, inanimé ou même magique, finissait invariablement corrompu. Ses pouvoirs étaient si grands que, vénéré par seulement une poignée d’illuminé, il était capable d’influencer un continent entier, et sa magie agissait, passivement, chaque jour, pour détruire tout ce qui vivait. Il appartenait à un monde entièrement différent de celui de la traqueuse ou même d’un ange, et c’était quelque chose que tous savaient depuis des centaines de siècles … Et pourtant ? Il se battait avec ses poings. S’accroupissant presque pour éviter un direct qui lui aurait potentiellement fait éclater les os du visage, elle se maintint en équilibre, fesses sur les talons, en développant sa réflexion. Que comprendre dans ce style de combat ? Bien sûr, ses coups étaient dévastateurs : pour en avoir encaissé un un peu plus tôt, elle pouvait clairement affirmer qu’il était totalement anormal, côté force. Et pourtant, elle ne sentait aucune énergie négative remonter le long de ses bras, ou se diffuser depuis son nez, pour détruire progressivement chaque cellule de son corps. Et pourtant, le sol ne tentait pas de lui saisir les jambes, les morts-vivants ne convergeaient de ce qu’elle voyait pas vers eux deux, et aucun spectre ne s’incarnait pour la déchirer. Il était l’égal d’un dieu … Et pourtant, il se battait comme un homme. Et elle ne saisissait pas pourquoi.


Bien que la vision de son familier mis hors-combat de telle manière ait particulièrement enragée la traqueuse corrompue, cette dernière gardait un minimum d’instinct de survie. Et si ses attaques n’avaient pas semblées particulièrement prudentes, la blonde avait tout de même su, elle-même, se déporter sur les côtés lorsque les deux premiers coups avaient voulu la toucher. Un peu déstabilisée par les mouvements brusque qu’elle avait dû faire, elle eut l’impression de se retrouver sans issue face au troisième coup qui se dirigeait vers elle … mais à la dernière seconde, ses jambes se replièrent brusquement, et elle parvint à se baisser assez vite pour passer en-dessous de l’attaque suivante. Cela n’empêcha pourtant pas le poing de toucher ses cheveux sur son passage, et à cette occasion, la traqueuse sentit quelque chose … Comme si le corps de cet homme était … Entouré, ou protégé par une sorte d’énergie. Elle ne savait pas si ce n’était que son imagination, ou si elle avait vraiment senti la chose … Et de toute manière, sa conscience étai bien trop perdue dans les ténèbres pour réellement analyser la chose. Tout ce qu’elle ressentait réellement, c’était ce besoin, cet instinct qui la poussait à vivre …

Lequel instinct fut une nouvelle fois mis à l’épreuve lorsque le combattant masqué, s’étant adapté à ses mouvements, voulu tenter de lui coller un uppercut. Or, dans la position dans laquelle elle se trouvait, une esquive classique semblait difficile … Difficile, mais pas impossible. Elle avait peu de choix : la droite et la gauche, en raison de la position de ses jambes, semblaient improbables, aller plus pas serait revenu à se jeter sur le point – ou à se laisser tomber sur le dos, ce qui était à peine mieux -, donc … Il ne restait que le haut. Forçant une nouvelle fois et avec beaucoup de puissance sur ses cuisses, elle se redressa en un instant, allant à peu près aussi vite que l’attaque qui cherchait à la percuter. Se laissant partir en arrière, elle parvint finalement à l’éviter in-extremis, bondissant … Et pivotant en l’air, effectuant presque un salto sur place pour éviter de prendre le coup. Ce ne fut que lorsque le haut et le bas revinrent à leurs positions respectives que la traqueuse réalisa son erreur : en se plaçant en l’air, et en tournant un instant le dos à son ennemie, elle avait complètement ouvert sa garde … et ça ne manqua pas. Elle n’avait même pas encore complètement posé pied à terre que le manipulateur de nen la percutait au torse avec violence. Elle eut l’impression qu’un genre de grand fauve l’avait chargé, et la percutait de plein fouet. Déporté de plus d’un mètre en arrière, elle bascula, et tomba lourdement sur le dos, sans grâce. Son tanto toujours en main, elle haleta bruyamment, cherchant à récupérer l’air qui avait été chassé de ses poumons, malgré la douleur qu’elle ressentait dans les cotes. Elle ne pouvait pas se permettre de ne pas esquiver ce style d’attaque … Et à vrai dire, elle était presque surprise que ce ne soit pas déjà la dernière.

Regardant le ciel empli de nuages noirs sur fond rouge, la chasseuse cherchait à tout prix à reprendre son souffle. Son organisme, épuisé d’avoir été autant sollicité, puisait dans ses réserves pour continuer à fonctionner. Et pour l’instant, il refusait de lui permettre de se relever. Bien sûr, dans les romans et la fiction, il suffisait en général au protagoniste de puiser dans ses ressources, ou d’avoir un brusque regain d’énergie causé par la force d’un concept, comme l’amitié, l’amour … Parfois, une perte grave pouvait enrager assez le héros pour lui faire outrepasser sa condition. Mais la blonde ne vivait pas dans un conte de fées … Et son enveloppe charnelle obéissait à des lois qui ne pouvaient être si aisément bafouées. Elle recevait des coups bien trop puissants pour elle … Elle restait à terre. Fut-ce temporairement. Elle ne savait pas si elle avait envie de pleurer … Le sol de chaire était mou sous sa tête. Un instant, elle se cru allongée sur une grotesque parodie de matelas. Puis, elle se rappela de ce qui était en train d’arriver à cet endroit, de ce qu’il restait de ceux qui y vivaient … Elle devait se relever. Pivotant lentement sur le côté, elle poussa péniblement sur bras et jambes pour se remettre debout, progressivement. Sa main, bien que tremblante, serrait toujours le manche de son arme blanche. Observant le démon face à elle, elle déglutit, cherchant une tactique … Il n’y en eut qu’une qui lui venait à l’esprit, à vrai dire. C’était probablement futile … Mais il valait mieux ne pas y songer, probablement.

Malgré les difficultés qu’elle éprouvait rien qu’à rester debout, ou pour respirer, la semi-vampire put transformer sa main sans grande difficulté … Les os craquèrent et se réorganisèrent comme d’habitude, laissant rapidement la place à ses griffes osseuses et menaçantes. Elles avaient beau avoir prouvé leur inefficacité, un peu plus tôt, le démon avait, lorsqu’on y réfléchissait, un faciès constitué un peu de la même façon que celui d’un homme … Peut-être en était-il de même pour son crâne ? L’espace d’un instant, elle cessa son observation « tactique », et observa plutôt sa tête …Elle avait l’impression que, même sans nez, sans yeux et sans bouche, il parvenait à lui offrir un sourire moqueur. Ce dernier ne fit que renforcer sa conviction … Il voulait peut-être qu’elle abandonne, qu’elle réalise son impuissance et la futilité de ses gestes ? Même si c’était sur un plan qui importait peu … Il serait déçu. Elle chancela un instant, sentant ses forces la trahir … mais ce ne fut que passager, et elle tint bon. Et elle allait avoir besoin de « tenir bon » …

Se ramassant sur elle-même, elle imita sa première attaque, et bondit sur son adversaire. Elle n’avait probablement pas la force pour l’entailler normalement, mais si elle faisait reposer tout son poids sur sa lame … Décrivant un arc de cercle en l’air, elle chercha à planter son tanto, qu’elle tenait lame vers le bas. A vrai dire, elle ne savait elle-même pas si elle visait un endroit en particulier : elle dirigeait son geste en dessous de la tête, mais sans plus de précision, elle restait avec une cible bien large … Tant mieux, réussir son coup ne serait que plus facile. Du moins, en théorie … Elle ne sut pas si son adversaire bloqua son coup, s’il l’esquiva et la laissa planter sa lame dans un mur, si il la bloqua avec une arme à lui, ou s’il se contenta de l’encaisser. Dans tous les cas, le résultat fut le même : la pointe du tanto rencontra quelque chose qu’elle ne
pouvait pas percer. Peut-être n’était-ce pas une question de force d’attaque … Mais pour autant, la blonde, qui s’était tout de même jeté en l’air pour une raison, ne coupa pas son élan aussi facilement. Et avec un petit cri de douleur, elle sentit le manche lui glisser dans la paume de la main, et la lame noire lui entailler, voir déchirer sévèrement la paume et l’intérieur des doigts. Rouvrant une main ensanglantée, elle vit le couteau de combat de son amoureux, rougi, lui échapper et tomber à terre devant elle …

Mais même si cette première partie de l’offensive avait échoué, elle ne se reposait pas uniquement sur cela, en guise de stratégie. Enfin, stratégie … « geste désespéré » semblait approprié aussi. Bandant les muscles de son second bras, dont elle avait changé l’extrémité en une excroissance osseuse parodiant une main griffue, elle pivota sur elle-même, levant le bras en même temps, et cherchant à viser les yeux de son adversaire. Il n’en avait peut-être pas … Mais son corps si résistant devait bien avoir au moins un point faible quelque part … N’est-ce pas ?



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MessageSujet: Re: Lost and corrupted    Mar 29 Aoû - 16:18



Désespoir



Est-ce que le combat se passait bien pour lui? C'était chose difficile à dire. Chacun des deux protagonistes était très porté sur l'esquive et aucun n'arrivait à porter de nombreux coups à l'autre. Lors de cette passe d'arme, chacun d'eux ne fut atteint par la volonté de tuer de l'autre qu'une seule fois. De prime abord, Bashô semblait avoir largement le dessus. Ses coups étaient lourds et occasionnaient de nombreux dégâts à chaque fois qu'ils faisaient mouche même si ce n'était pas si souvent que ça. Le maffieux soupçonnait que certaines des côtes de la folle furieuse étaient en miettes. Seulement lui aussi sentait le poison couler dans ses veines et engourdir peu à peu ses sens...

Évidemment il n'en était rien, malgré ce qu'il en pensait. Malheureusement, si l'auto-persuasion pouvait guérir bien des mots, elle pouvait également en créer tout aussi aisément. Sa lucidité lui permettait tout de même de voir qu'il serait certainement vainqueur de ce combat, sauf trump card de la part de son adversaire. Cependant il doutait que l'affrontement s'écourte suffisamment pour lui laisser le temps de trouver un médecin digne de ce nom avant que sa vie ne s’évade. Une autre solution était alors envisageable: la fuite. En fuyant il gagnerait du temps et pourrait ainsi quérir un docteur capable de le guérir. Mais dans ce cas, qui gérerait la folle sanguinaire qui venait d'abattre deux gardes?

Malgré toute l'estime qu'il portait envers sa propre vie, il ne pouvait se résoudre à abandonner à leur triste sort les personnes innocentes des environs qui dormaient paisiblement et ignoraient le danger. Ce n'était pas spécialement son rôle de veiller à la sécurité des villageois, pourtant c'était lui le seul obstacle que le destin avait décidé de mettre entre le danger et le calme d'un hameau des territoires neutres. Tant pis, il ferait donc tout pour sauver ses habitant et essayer de se sauver lui-même également. Peut-être qu'ensuite se seraient les villageois eux-même qui le sauveraient. Peut-être.

"Aller, plus qu'un ou deux autres comme ça et ce sera la fin!" se dit le poète après avoir asséné un puissant coup de poing en plein torse de son adversaire. Ses esquives, aussi lestes qu'elles furent, avaient tout de même fini par la mener dans une situation délicate de laquelle elle ne put s'extirper pour éviter la salade de phalange qui fondait sur elle. Le recul qu'elle subit empêcha néanmoins le hunter de poursuivre sa lancée ce qui créa un instant de pause dans le combat. La créature humanoïde qui lui faisait face en profita pour se réarmer une nouvelle fois de ses ex-croissance osseuses qui lui servaient d'arme. A l’affût, le barbu attendait que l'attaque vienne d'elle espérant ne pas avoir à trop attendre. Il limitait tout mouvement inutile pour éviter que le poison ne circule plus vite.

D'un coup d'un seul, elle se jeta sur lui dans le but une fois de plus de décoller sa tête du reste du corps. Heureusement il était resté attentif et ce mouvement était assez prévisible. Un simple saut en arrière suffit à faire passer la lame de mort à une vingtaine de centimètres de son visage. En revanche, notre seikajin fut bien plus surpris de la ténacité dont fit preuve l'enragée en décrivant un ample arc de cercle de sa lame visant à la loger dans sa chair. Évidemment l'empoisonné n'attendit pas ce moment fatidique pour réagir. Dès qu'il vit la lame monter vers sa gorge, il mit ses bras en croix afin de bloquer net le coup tout en reculant sa jambe d'appui. Il referma ensuite ses mains sur l'avant-bras tenant le tanto avant de le ramener au dessus de sa tête en faisant pivoter ses deux bras. Maintenu fermement, Valentine était en position de faiblesse si elle n'avait pas la capacité de réagir avec sa main libre avant que Bashô ne la... balance contre le mur quelques mètres derrière lui. Oui, il fallait avouer qu'il n'avait pas fait dans la finesse sur ce coup-là.

Pas le temps de se soucier de la réception de la femme vampire, il devait poursuivre son enchaînement. C'est pourquoi il se rua sur elle avec le calme d'un rhinocéros qui charge. Il se sentait capable de porter précisément cinq coups dans l'espace assez court qu'il avait avant de subir la riposte adverse. Dans son esprit la réflexion se fit à toute vitesse. Il porterait un premier coup dans son biceps droit puis gauche en faisant pivoter sa hanche pour les lui froisser. Ensuite, de la même manière, un coup de genoux dans chacune des cuisses devrait suffire à lui faire perdre ses appuis et ainsi le destabiliser. Après ces quatre coups, il devrait être suffisamment sonné pour ne pas pouvoir éviter l'uppercut qui fondra vers sa mâchoire. Peut-être que cela suffirait à lui accorder la victoire.

Malheureusement il sous-estimait peut-être un peu trop la vélocité de son agresseur. Cela ne l'empêcha pas d'hurler inutilement à l'injustice.

-POURQUOI M'ATTAQUES-TU MOI QUI N'AIE RIEN FAIT??!!! POURQUOI REFUSES-TU DE TOMBER AU SOL ET DE NE PAS TE RELEVER??!!! demanda-t-il en déployant suffisamment de décibels pour réveiller le quartier tout entier.

La question était légitime, pourquoi était-ce à lui d'arrêter ce fléau, lui qui n'avait rien demandé d'autre à cette nuit qu'héberger ses songes? Épuisé, il espérait que le futur proche répondrait à ses questions. Il était encore bien loin de se douter que la lueur de folie dans le regard de la non-humaine cachait une tout autre personne. Laissons-leur la chance de se rencontrer...

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MessageSujet: Re: Lost and corrupted    Ven 8 Sep - 17:27

En dépit de ce qu’on aurait pu croire en la voyant se jeter sur un adversaire à ce point plus fort qu’elle, la corrompue n’avait pas totalement perdu son instinct de survie. Le sourire de jadis s’était fané, et ne laissait derrière lui que de brefs rictus de douleurs souvent entrecoupés d’une rage dont le but ultime était simple : ne pas montrer sa détresse. A chaque os qui craquait, à chaque veine ou artère qui éclatait, et à chaque muscle qui refusait de se bander, l’hybride de corruption aux yeux noirs sentait un peu plus la victoire lui échapper. Elle ne percevait pas de blessures chez son adversaire : la capacité à lui en causer semblait tout simplement hors de portée. C’était en partie pour cela que, malgré le voile masquant entièrement la réalité dont elle avait recouvert la blonde, la corruption laissait cette dernière, plus expérimentée et connaissant mieux ses forces et faiblesses, combattre à sa place. La magie noire antique ne jugeait pas une idée d’attaque « bonne » ou « mauvaise », car ce genre d’expertise était incompatible avec sa nature même. Pourtant, elle sembla sans mal réaliser qu’une grave erreur avait été commise lorsque Bashô pris le bras de la semi-vampire et le fit passer au-dessus de sa tête. Et s’il y avait besoin de preuve pour s’en rendre compte … L’expression, à mi-chemin entre désespoir, surprise, et terreur qui s’était affichée sur le visage de la corrompu pouvait sûrement suffire.


Val’ percuta le mur de pierre taillée avec autant de délicatesse que si elle venait de chuter du 2ème étage d’un palais quelconque. Le fait que le mur en lui-même conserve son intégrité était d’ailleurs un miracle en soit, du point de vue de la blonde, pour qui le choc avait été assez rude pour potentiellement lui rompre les os. Une bizarrerie de l’instinct et une « action » d’une magie ancienne et sombre permirent à la traqueuse de retomber sur ses pieds, malgré les dégâts qu’elle venait de recevoir à nouveau : ce fut heureux, car son adversaire n’aurait visiblement pas rechigné à continuer à la confronter, même si elle était à terre. Elle vécut à vrai dire son cri comme une agression soudaine et douloureuse, peut-être du même ordre que les coups qu’elle recevait : pour un être aussi sensible auditivement qu’elle, les seuils de tolérances étaient bien plus bas ... Et il n’y avait pas de doute sur le fait que même si son audition n’avait été qu’humaine, elle aurait tout de même eu le réflexe de se couvrir légèrement les tympans. Pourtant, cette expérience ne les lui déchira en rien, comme elle aurait pourtant pu le redouter, et dès que les cris cessèrent, elle put de nouveau se concentrer majoritairement sur les combats. En outre, l’intensité du cri avait mis un léger coup de fouet à son esprit et son corps, de telle sorte que lorsque le guerrier se jeta sur elle, elle fut, comme au début du combat, presque en mesure de voir ses mouvements à l’avance : bougeant ses membres pour esquiver les attaques, elle eut probablement moins de mal qu’elle n’aurait dû à éviter que l’homme masqué ne lui endommage les muscles. Mais son regain de vélocité ne fut malheureusement pas suffisant, car alors qu’elle tentait de se reculer pour éviter un ultime coup de poing, elle sentit ce dernier tout de même brutalement percuter son menton, et lui faire craquer quelque chose dans la mâchoire avec un bruit sinistre.


La tête de la blonde, partant de ce point, ne donna pas vraiment l’impression de vouloir rester en place : d’abord soufflée vers l’arrière par l’attaque, elle s’était ensuite mise à divaguer lentement à gauche et à droite, alors que la semi-vampire, qui tentait de lever les mains devant elle pour former une parodie de protection, reculait, et titubais. Puis, comme si le coup l’avait finalement pleinement percuté, elle s’écroula d’un bloc vers l’arrière, pivotant cependant durant sa chute pour finir sur le ventre. Y aurait-il eu un arbitre et une cloche que le « knocked out » aurait finalement pu être décrété en faveur du poète.



Il faisait toujours aussi noir. Elle avait froid de partout. Il n’y avait pas de son. Probablement pas d’air non plus. La pression semblait augmenter à chaque seconde, allant de pair avec les douleurs atroces qu’elle causait. La chasseuse de monstres aurait souhaité avoir perdu connaissance. Mais n’était-ce pas déjà un peu le cas ? Incapable de différencier le haut du bas, elle n’avait de repère, que la moiteur de ses mains dans son visage, dans lesquelles elle pleurait ? Elle ne savait pas. Elle savait juste « où » elle se trouvait, dans un sens figuratif … Où, donc ? Dans les mains d’un démon gigantesque, qui cherchait à l’y broyer, quelque part dans les sombres abysses de son désespoir. Elle ne savait pas combien de temps son âme tiendrait avant de voler en éclat. Car tel était le sort qui l’attendait, à l’issue d’une éternité de souffrance … n’est-ce pas ?

Soudainement, « quelque chose », dans cet univers noir et sans variation, se produisit. Dans un premier temps, ce quelque chose prit la forme d’une lueur, d’un vert que la blonde ne savait s’empêcher de trouver beau, même dans ce contexte. Cette lueur, qui venait de derrière elle, se réfléchissait sur ce qui était devant … Illuminait l’intérieur de mains. Et soudainement, ces « mains » s’écartèrent. Brusquement, tout le poids pesant sur le corps de l’hybride disparu, et elle eut l’impression de pouvoir déplier ses membres. Devant elle, un rugissement centra cependant son attention. Le démon de la ruine, qui semblait aussi haut qu’une colline. Comme il aurait fallu s’y attendre, son cri n’avait rien d’humain … Mais ce dernier, elle le sentait, n’était pas motivé que par la douleur. La rage y avait également bel et bien sa place. Se laissant dériver au gré d’un courant inexistant, la traqueuse recula lentement, l’observa fouetter l’eau de ses grands bras, bander ses muscles, pousser d’autres cris … Gesticuler sans qu’elle ne comprenne pourquoi, jusqu’à ce que la source de sa frustration ne se dévoile. Et cette dernière, en elle-même, avait également de quoi terrifier les plus faibles d’esprits.

C’était un serpent. Un monstre à la forme de serpent. Un serpent long, long, long comme 100 chevaux. Ses écailles semblaient dures, pointues et tranchantes : elles ne cherchaient pas à s’imbriquer et former une surface lisse, au contraire. Sa tête était hérissée de 4 larges piques semblables à des cornes épaisses. Son corps musclé et noueux semblait d’émeraude et d’argent, et ses innombrables anneaux donnaient l’impression de pouvoir broyer des montagnes. Ce serpent, l’hybride n’aurait su dire d’où il surgissait : elle voyait peut-être une seconde moitié de son corps, loin en-dessous d’elle, surgir des ténèbres … Peut-être ces dernières étaient-elles trop profondes pour qu’elle puisse voir outre.

En apesanteur dans ce monde où les sensations n’étaient que de minces souvenirs, elle regardait ce serpent titanesque remonter le long du corps du démon primordial, l’enserrer, le contraindre, et lutter avec. Et malgré son manque de membres, il n’avait aucun mal à emprisonner petit à petit le géant dans son corps cylindrique si gigantesque : remonté jusqu’au torse à peu près, il était subitement « parti » vers un des bras, et s’était glissé autour pour le tordre, le forcer dans une position peu naturelle, alors pourtant qu’il continuait de glisser, sa tête d’avancer, le reptile se ménageant toujours plus de marge de manœuvre pour réduire son adversaire à l’impuissance. Les chocs que provoquaient leur affrontement à chaque fois qu’Inordi frappait pour se débarrasser de ce gêneur faisaient vibrer les os même de l’hybride, qui observait, impuissante et futile face à un tel spectacle. Le combat de deux titans … Aux coups répondaient les morsures. Aux morsures, des coups de griffes intoxiquées et corrompues. Et à chaque coup de griffe, le saurien resserrait un peu plus son étreinte pour broyer les os. L’elfe de brume n’entendait rien, mais elle savait que ces chocs seuls auraient pu la rendre sourde … Elle ne savait plus que faire. Mais, telle un gigantesque voilier émergeant de la brume pour fendre les flots, elle perçu sur le côté la queue de Manshee, qui se déployait en arc de cercle afin de frapper. Et, malgré le fait qu’elle ait compris plusieurs secondes à l’avance qu’elle n’était pas en bonne position, la blonde ne réussit pas à nager hors de portée du choc …Qui la propulsa violemment dans les ténèbres. Loin de ce chaos confus, de ce duel de dieux, de cette folie malsaine et terrifiante. Loin de là où la lumière éclairait quoi que ce soit. Loin de tout et de rien, quelque part, dans ce froid dénué de lumière et de sentiment. L’hybride se sentit flotter … Elle avait oublié qu’elle n’avait pas respiré une seule fois depuis … Quand, déjà ?





Même inconsciente, la chasseuse de monstre refusait visiblement de laisser l’élu Seikaijin à sa quiétude d’esprit et de corps. Le phénomène fut dans un premier temps discret, et à vrai dire, seuls ceux assez proches auraient pu le remarquer … Si discret que Val’ elle-même, lorsqu’elle rouvrit les paupières, ne le remarqua pas. Ses yeux étaient de nouveau devenus deux pupilles d’or pâle, à la beauté rare, sinon unique. Levant un bras, elle grimaça, et gémit de douleur en le sentant ( et l’entendant ) craquer de façon sèche : encaisser des coups si puissants avait laissé des traces bien visibles sur son corps. S’aidant de l’autre bras pour décoller la tête du sol, elle resta un instant le visage face à ce dernier, haletante, la bouche entre-ouverte. De ses lèvres par endroits fêlées s’échappait un régulier filet de sang, qu’elle vint brusquement augmenter, alors qu’elle toussait à trois reprises, avant de se racler la gorge et de cracher un glaviot immonde par terre. Dans le même processus, plusieurs morceaux de dents chutèrent sur le sol, qui ne purent que la faire s’interroger … Que faisait-elle ici ? Que s’était-il passé ? Le démon était toujours là ? Cette rue ressemblait à toute autre … Ou du moins … A toute rue normale. Plus de boyaux. Plus de sang. Plus de cette violence qui semblait au centre de n’importe quel centre d’intérêt, dans le monde des hommes … Elle n’était plus dans une zone corrompue. Plus trop, en tout cas …

Le phénomène s’intensifia encore, montant crescendo depuis qu’elle était de nouveau consciente. Et ce phénomène était simple … Elle émettait de la fumée. Non pas la quelconque brume d’un tout aussi quelconque matin d’hivers dans une région froide et un peu humide. Non … L’entièreté de son corps dégageait une fumée noire, opaque mais volatile, dont les volutes ne semblaient pourtant pas capables de totalement se décoller du corps de l’hybride. Et à chaque seconde, ce flot, qui sortait, et ondulait pour revenir vers elle, s’intensifiait. Subitement saisie d’un haut-le-cœur, la blonde n’eut le temps de gémir, qu’elle contractait déjà tout son abdomen pour vomir un véritable torrent de cette fumée noire sur le sol devant elle. Haletante, un peu de bave aux lèvres à cause de l’effort qu’elle avait dû fournir pour expulser ce concentré de magie corruptrice de son organisme, la traqueuse resta quelques instants sans un mot, au milieu de ses volutes de moins en moins rassurantes. Puis, subitement, elle se crispa intensément, et se mit à crier de douleur alors que les brumes maléfiques cherchaient, et de façon bien plus intense cette fois, à pénétrer son corps et son cœur : de par ses facultés surnaturelles, elle se mit très rapidement à pousser un cri bien au-delà des limites normalement humaine, tant sur le plan du volume que sur le fait que sa voix semblait se … Dissocier. Une autre, plus grave, plus profonde et aux échos anciens résonnait dans la sienne, s’en séparait progressivement, comme si elle n’était pas la seule à souffrir du phénomène en cours … Mais lorsque la traqueuse, dont les bras faiblissaient, cessa de hurler et laissa son torse retomber entièrement à terre, l’autre cri continua de résonner de longues secondes.

Brusquement, une lueur verte se mit à briller, à travers même le manteau de l’hybride, en plein milieux de son dos. Le phénomène dessina bien vite un motif particulièrement spécifique, que n’importe qui ayant vu un sceau d’élu Minshujin aurait pu reconnaître sans mal : le serpent lui-même semblait entrer en action. De la même manière que pour les fumeroles noires, le corps de l’elfe de brume se mit à en émettre de nouvelles, qui celles-ci brillaient d’une douce lueur émeraude … Mais au lieu d’être repoussée, puis de tenter de revenir, celles-ci s’enroulèrent paisiblement autour du corps de la blonde, et en quelques instants, la nimbèrent entièrement d’une sorte d’aura, d’un carcan empêchant la fumée noire de l’atteindre, de la toucher. Cette dernière intensifia sa lutte, de longues secondes encore … Jusqu’à ce que les deux brumes, qui semblaient s’échauffer de plus en plus au contact l’une de l’autre, ne finissent par – littéralement – éclater avec un bruit de détonation … Laissant l’hybride des brumes seule, toujours à terre, et plus ou moins parfaitement immobile.

Il s’écoula de longues secondes de silence durant lesquelles l’hybride, désormais parfaitement immobile, aurait presque pu donner l’impression que ce qui venait de se produire l’avait achevé. Pourtant, il fut aisé de deviner le contraire lorsque, avec des bruits peu glorieux, elle releva la tête, et cracha un nouveau morceau de canine un peu plus loin. Son esprit avait visiblement dû analyser, puis remettre à plus tard tout ce qui venait de se produire, et qu’elle n’avait elle-même pas compris, car sa première interrogation claire fut … Particulièrement terre-à-terre.

… Où … Où est Oor’ka ?

Tentant avec des difficultés parfaitement visibles de pousser sur son bras valide, l’elfe parvint à légèrement se redresser, et tourna la tête, cherchant à regarder autour d’elle. Elle avait l’impression – et pas que l’impression à vrai dire – que sa joue enflait chaque seconde, ses muscles lui faisaient presque tous atrocement mal, et certaines zones de son corps avaient clairement été frappées beaucoup trop fort … Pourtant, tout ce qu’elle ressentait sembla disparaître lorsqu’elle vit la boule de fourrure bleue, à quelques mètres de là, inerte. La vision lui fit monter des larmes aux yeux, et brisa sa voix, lorsqu’elle osa de nouveau parler.

… pitié, non …


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MessageSujet: Re: Lost and corrupted    Jeu 28 Sep - 21:32



"Dr Gorgias, Médecin expatrié de la République!"


Sous ses coups, son adversaire couvert d'hématomes finit par tomber sur le sol froid. Allait-elle se relever une fois de plus? Tel était la plus grande peur du poète, son endurance lui faisait perdre du temps et ces secondes si précieuses pouvaient le tuer à passer trop vite. Valentine n'avait qu'à rester étendue là sans ne rien faire après tout, était-ce si dur? Bashô se mit alors lentement à compter dans sa tête, espérant ne jamais avoir à s'arrêter par reprise du combat. "...9...10! Bon c'est bon elle ne devrait plus se relever maintenant! Je peux enfin souffler... Mais qu'est-ce que je raconte, ce n’est pas le moment du tout!!!" se dit-il avant de tourner les talons pour partir à la recherche d'un médecin.

Évidemment il suffisait de regarder l'heure pour se rendre compte que ce ne serait pas chose aisée. Le temps jouait contre lui mais la nuit aussi, et leur alliance était redoutable. Toutefois il avait repéré le cabinet d'un médecin non loin d'ici et, même si celui-ci n'avait pas prêté serment d’Hippocrate, le hunter saurait le "convaincre" de l'aider. Il n'aurait certes pas le temps de tenir de long discours mais distribuer deux claques ne devrait pas être si long et suffiraient certainement à le motiver. Au bout de quelques minutes, il arriva enfin au pied de la bâtisse de "Dr Gorgias, Médecin expatrié de la République!". Drôle de titre pour un habitant des territoires neutres.

-Eh TOI DANS CETTE BARAQUE!!! SI TU ES BEL ET BIEN MÉDECIN ALORS MONTRE TOI!!! hurla-t-il d'une voix à réveiller les morts.

Cela suffirait certainement à réveiller le propriétaire de cette maison, même si le barbu ne s'attendait pas à ce que quelqu'un ouvre la fenêtre de suite non plus pour lui balancer un "Ya quoi pour votre service mon bon monsieur?", il ne fallait pas rêver.

-Ya quoi pour votre service mon bon monsieur?

Quoi???!! Mais quel était cet homme qui venait à l'instant d'ouvrir nonchalamment sa fenêtre tenant une bière à la main. Il était loin d'être un athlète pourtant il fallait reconnaître que son entrée en scène lui sauvant la vie était digne de celle d'un héros grec. Il n'avait plus une minute à perde!

-Mais qu'est-ce que... Nous n'avons pas le temps pour ça, faites moi entrer j'ai besoin de soins de toute urgence! réclama l'élu avec une pointe de désespoir.

Comme sa dégaine le laissait à penser, le bien étrange personnage se montra fort sympathique et le laissa entrer sans plus de cérémonie. Ni questions. Ni prudence... Fin bref, c'était un homme semblant toujours détendu, le genre de bons-vivant à ne jamais être triste. Malgré la situation -qui était quand même celle de voir un homme en sang débarouler chez lui en hurlant à pas d'heure- cette attitude ne changeait pas chez lui. Même s'il semblait être capable de s'inquiéter quand Bashô lui résuma la situation, il ne montrait que du positif. Il l'exprimait d'ailleurs avec des phrases du type: "Faut pas s'inquiéter pour ça mon bon monsieur, ça a moins d'une chance sur deux de s'infecter de toute façon...". Bon je vous l'accorde, il avait sa manière bien à lui de réconforter les gens...

Néanmoins, malgré les raisons certainement peu avouables qui le maintenaient éveillé à une heure pareille, il sut faire montre des capacités de docteur que Bashô lui cherchait. Il fut extrêmement rapide pour penser les plaies de son patient, et encore plus à réclamer ses honoraires. Il fallait bien qu'il rembourse l'ardoise qu'il devait au tenancier du bar du coin après tout... Toutefois cela ne suffisait pas aux yeux du maffieux. Et le poison bordel??!!!

-Je ne vois aucune trace de poison sur vos blessures, seulement il est vrai que je ne peux pas être sûr de moi à cent pour cent en l'état actuel des choses, avoua Gorgias. Si vous me montrez les griffes qui vous ont causé de tels dégâts, je pourrais confirmer ou infirmer mes dires. En théorie du moins... finit-il moins assuré.

C'est pas que se retaper cinq minutes de course effrénée avec un médicos sur le dos équipé comme un malade l'enchantait, mais il n'avait pas tellement le choix s'il voulait avoir la certitude de vivre. A l’ instant où nos deux compères sortirent, un cri d'une puissance sonnante résonna dans la ville réveillant certainement le quartier pour la deuxième fois. "Elle n'est pas morte??!!" s'inquiéta le hunter. Il ne faisait pas bon d'habiter ici en ces jours si sombres apparemment... Il se préparait mentalement à devoir l'achever en arrivant sur les lieux, quitte à arracher sa tête de ses propres mains afin de s'assurer de sa mort. Il n'y avait aucune pitié à avoir pour un monstre de sa trempe.

... Pourtant une fois qu'il fut devant elle, tout ne fut pas si simple. Son ennemi était bien là mais ressemblait bien plus à une jeune femme qu'a la dégénérée mentale qui l'avait attaqué quelques minutes plus tôt. Son regard n'était plus du tout le même, la lueur de folie l'avait quitté pour laisser place à une autre d'humanité... Et peut-être à un peu de tristesse aussi pour l'état de la pauvre petite bête qui s'était battu avec elle si courageusement durant l'affrontement. Cette femme n'était pas la même personne, c'en était sûr. L'achever ne rendrait service à personne, et ce serait un crime. Perdu dans ses pensées, un cri lui fit rapidement reprendre ses esprits:

-Alors, qu'est-ce que t'attends?!! l'interpella l'alcoolique. Ramasse-là et courrons jusqu'à mon cabinet, je prends la petite créature! Ces deux-là sont en bien pire état que toi, mais je les sauverai, foi de Gorgias!

Leur vie était en effet en danger, le temps avait apparemment changé de camp. Accrochez-vous et vous aurez la vie sauve, ennemis d'un soir.

Quelle belle sombre soirée d'été,
Qui par le sang pourpre fut maculée!
Qui par folie et haine fut souillée!
Je prie pour voir le soleil se lever...

 
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MessageSujet: Re: Lost and corrupted    Mar 3 Oct - 13:51

Parfois, la souffrance était capable d’intoxiquer l’esprit plus sûrement qu’une drogue. Et ses effets n’étaient pas réellement plus désirables. Rampant, lentement, sur le sol, la chasseuse de monstres n’arrivait pas à aligner deux pensées cohérentes. Et à vrai dire, une seule phrase semblait avoir été capable de se fixer en lettres de feu dans son esprit presque éteint … « Est-il mort ? ». Elle ne le savait pas. Elle ne pouvait, comme ça, pour l’instant, pas le savoir. Et elle désespérait de ne pas le savoir. Elle avait l’impression que l’un de ses bras était brisé. Elle ne sentait même plus son visage. Ses côtes, son estomac étaient douloureux. Ses muscles n’avaient plus aucune puissance … Et pourtant. Elle cherchait toujours à atteindre son familier. Elle cherchait toujours à savoir si cette petite boule de fourrure bleue respirait, même faiblement. Elle priait tous les dieux de son monde d’origine que ce soit le cas, et presque même les démons. Il était trop tôt pour que mortem ne vienne chercher ce petit être … beaucoup trop tôt. Elle était trop faible pour sentir les larmes rouler sur ses joues … et ses pensées étaient à mille lieux d’une préoccupation si futile. Mais malgré tous ses efforts, malgré tout son désir … elle ne parvint jamais à atteindre la boule de fourrure. Elle crut percevoir, quelque part, loin d’elle, des éclats de voix … mais il était trop tard. Avant même qu’on ne la touche, son esprit s’était de nouveau éteint.

* *

*

Au début, ce furent des sons qui tirèrent l’hybride de ses ténèbres. Ça n’avait rien de si extraordinaire lorsqu’on y réfléchissait bien : l’elfe disposant de capacités auditives surdéveloppés par nature, elle avait très tôt appris à se reposer sur ce sens … Et les autres, en ce moment, lui faisaient quelque peu défaut. Et pour cause. Elle avait trop mal pour « toucher ». Les yeux clos, elle ne pouvait « voir ». Et avec du sang plein le nez … « sentir » était inutile également. Elle entendait la voix, grave et chaude, d’un homme plutôt « jeune » tout en étant loin de juvénile. Et à côté, celle d’un autre, qui cette fois avait laissé les années – et probablement la consommation régulière de certains produits – altérer sa voix, l’user. Etait-ce rassurant ? Au moins, il s’agissait de voix humaines, normales … Et si elle peinait à mettre un sens sur leurs mots, c’était faute à son manque d’éveil, mais instinctivement, elle savait qu’il ne s’agissait pas juste de plaintes et de lamentations de damnés.

Cependant, un stimulus d’une assez forte intensité vint brusquement la tirer de son état comateux, et lui refit prendre plein pied dans la réalité. En un mot ? Douleur. La douleur de sentir quelque chose dans son corps être, avec une délicatesse insuffisante, remis à sa place après avoir été originellement déplacé. Dans l’excitation du combat et juste après, elle n’avait pas senti la chose … Mais maintenant qu’elle était de nouveau « à froid » … et bien, toucher son bras lui faisait un mal de chien. A tel point que, non contente de se « réveiller » plus ou moins complètement, elle se replia brusquement sur elle-même en criant d’une voix éteinte. La chose fut sursauter et basculer en arrière le médecin, qui chuta à terre sans pourtant quitter son tabouret. Recroquevillée sur elle-même, et surtout sur son avant-bras, la semi vampire serra les dents quelques instants, tentant de lutter contre la douleur … avant de finalement se détendre quelque peu, de nouveau. Ce n’est qu’alors qu’elle réalisa … elle n’était plus du tout sur le sol de la rue. Non, elle était … à l’intérieur. Une lampe a huile, sur le mur, prodiguait une lumière douce et tamisée. Non loin, accroché au même mur ? Un jambon … de la vaisselle … des légumes. Que faisaient-ils au niveau du sol ? Non… Elle était sur une table. La grande table d’une cuisine. Et deux personnes se trouvaient avec elle … dont une qui se relevait en grommelant. Appuyant toujours sur son bras avec son autre main, l’hybride fronça les sourcils … Cet humain avait plus l’air d’un gentil poivrot que de quoi que ce soit d’autre. Et ce n’était pas forcément un compliment.

Que … Ressentant une légère douleur, elle porta la main à sa bouche … ses lèvres étaient nues. Et celle du bas était ouverte à cause d’un coup de poing. Sans parler de ses dents … enfin. Qui êtes-vous ?
Le docteur Gorgia ma grande dame ! C’est moi qui vous ai rafistolé ces deux ou trois dernières heures, et c’était pas du luxe.
Comment … suis-je … Qu’est-ce qui s’est passé ? Se tournant vers l’individu masqué, elle l’observa un instant, et en particulier sa tenue … Les lacérations qu’elle portait étaient malheureusement un peu trop aisées à reconnaître. C’est moi qui ait fait ça ?
En effet. ‘Vous en faites pas, ce brave homme s’en remettra sans soucis … Ceci dit, il s’inquiétait que vous l’ayez empoisonné. Mais je dois dire qu’à part votre petit compagnon, je n’ai pas vu de griffes sur vous, ni même d’arme y ressemblant …

La semi-vampire resta silencieuse pendant un moment. Dernière chose dont elle se souvenait : elle était dans sa chambre d’hôtel. Et maintenant … maintenant, elle était en train de se faire soigner après avoir agressé quelqu’un. Un instant, des échos confus lui revinrent à l’esprit … Un démon à taille humaine. Des rues faites de chaire. De la corruption, partout, où qu’elle aille, quoi qu’elle regarde. Les flashs s’évanouirent aussi vite qu’ils n’étaient apparus. Se redressant quelques peu en maintenant son bras blessé contre elle, la traqueuse fouilla la pièce du regard. Elle finit par voir, par la porte entre-ouverte, une silhouette solitaire … Un tabouret, sur lequel se trouvait un coussin. Et sur ce coussin … une boule de fourrure bleu foncé.

Oor’ka …
Il va bien. Enfin. Pourquoi mentir ? Il a sûrement vu des jours meilleurs … Le docteur haussa les sourcils en voyant la traqueuse pivoter presque à toute vitesse vers lui, mais continua : Mais il va sans aucun doute s’en sortir … Plus de peur que de mal. Contrairement à vous. Mais, pour le poison …
Je n’ai jamais fait usage de produits toxiques sur mes griffes … Se rallongeant lentement, la chasseuse soupira. Son esprit était réveillé … mais son corps, las. De l’acide, à une époque. Mais s’il y en avait eu, il aurait directement commencé à ronger les chaires après application … il n’y a pas besoin de s’en faire pour ça. Je ne sais plus en produire, depuis que je suis ici … Quant aux griffes … Levant le bras valide devant elle, elle observa ses doigts tremblant … Il lui fallut un peu de concentration, mais elle parvint, au prix d’un lourd effort, à finalement allonger ses ongles et doigts, et à les effiler de façon à reformer ses griffes. Elle ne maintint cependant la transformation qu’un instant, devant le regard fasciné du médecin. Quant à l’élu, avec son masque rayé, impossible de déchiffrer son expression … Voilà. Elles sont propres … je pourrais presque opérer médicalement quelqu’un avec.
Et bien ! Voilà un bon point de réglé mon bon monsieur, vous allez vivre ! Vous par contre, mademoiselle … Il va falloir qu’on parle.
J’ai l’impression « qu’il va falloir » beaucoup de choses, pour être honnête … Et parler n’est pas celle que je désire en priorité.
Le docteur, devenant subitement très sérieux, lui saisit le poignet. Son geste était doux, mais il tira quand même une grimace de souffrance à la chasseuse, qui regretta presque aussitôt sa réponse. Parfait, alors vous allez écouter. Je ne sais pas ce que vous avez fait avec ce bras en particulier … Mais si on pouvait l’ouvrir et regarder les os à l’intérieur, je suis certain que pas mal seraient en miette. J’allais vous faire une attelle quand vous vous êtes réveillés.

Récupérant sa main, qu’elle ne put s’empêcher de légèrement presser contre elle, l’hybride hocha la tête sans rien répondre. Le médecin, quant à lui, continua son diagnostic de façon plus ou moins implacable … Nombreuses contusions, commotion cérébrale plus ou moins grave, ecchymoses nombreuses, peut-être quelques côtes fêlées … Et son bras. A entendre le docteur, s’en servir pour parer le moindre coup pourrait désormais avoir des conséquences beaucoup plus graves … Elle s’en sortait sans trop de séquelles, « pour l’instant ». L’hybride ne répondit rien. Elle était à moitié mortifiée. Chaque seconde qui passait, elle pensait un peu plus à ce qui avait dû se produire pendant qu’elle … … cauchemardait ? Et avoir des réponses sur le sujet lui faisait largement plus peur que son état de santé, fut-il rendu précaire pour les prochaines semaines voir les prochains mois. Lorsque le toubib termina en se servant une nouvelle pinte, et en exprimant bien à quel point « les rixes de jeunes » pouvaient être quelque chose de stupide, Valentine estima qu’il avait cessé de parler de choses importantes … Et se tourna vers l’inconnu masqué. Elle hésita de longues secondes, cherchant à choisir ses mots … Mais il n’y en avait peut-être tout simplement pas. Elle lâcha un nouveau soupire. Elle avait envie de dormir. Mais elle ne pouvait pas.

… Qu’est-ce que j’ai fait ?


"La plus grande Nemesis que j'ai jamais dû affronter ... C'est moi-même." :
 


"Ceci dit, petite boule est devenue grande ... Mais il s'appelle toujours Oor'ka.":
 
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MessageSujet: Re: Lost and corrupted    Dim 22 Oct - 19:20



Le réveil d'une convalescente



Peu de distance séparait l'horrible scène de combat et le cabinet du médecin alcoolique, pourtant le trajet sembla très long à l'élu. Il faut dire qu'à intervalles réguliers Gorgias le sommait d'aller plus vite pour na pas perdre de temps puis d'aller moins vite pour ménager la blessée. Et dire qu'il se disait que brancardier était un métier facile... Ce n'était clairement pas sa tasse de thé. Il finit tout de même par se rendre compte que s'il ne changeait en rien son allure, Gorgias lui faisait quand même les deux reproches s'il attendait un peu. Comme quoi, c'était juste signe qu'il s'inquiétait pour sa patiente...

Ils finirent donc pas retrouver la maison tant attendu, véritable délivrance pour notre maffieux. "Alléluia! Je vais enfin pouvoir simplement m'allonger sur un divan pendant que l'on s'occupe de moi, cela va me changer de cette dernière heure!" se disait-il. Évidement, toi lecteur malin et attentif tu auras compris que non, la suite ne se passa pas comme ça. En même temps cela aurait été trop facile, trop rapide et aurait débouché sur une élipse temporelle qui aurait effacer une scène qui aurait pu être importante. Voilà pourquoi le narrateur fit un tel choix. Et oui le narrateur parle de lui à la troisième personne, ça vous pose un problème??

En effets, Gorgias recruta Bashô comme assistant. De cette manière il gagnait de la main d'œuvre et il avait un patient de moins à gérer, astucieux non? Il commença alors par vérifier si les armes de l'hybride sécrétaient du poison sans grand succès. En même temps la dite arme elle-même avait disparue, il ne partait pas gagnant. Il était tout de même de plus en plus optimiste et doutait sérieusement que Bashô eut été empoisonné. Heureusement il réussit également à communiquer cet optimisme au poète qui laissa alors la pression retomber un peu. A deux ils s'activèrent alors, l'un sous les directives de l'autre, pour mettre l'ex-adversaire de l'élu et son familier hors de danger. Ils n'y avaient que eux qui pouvaient apporter la réponse de ce qu'il s'était passé ce soir-là.

Les deux hommes s'acharnèrent alors plus que jamais à arracher les deux êtres à la mort qui voulait se les approprier de droit. Gorgias du faire montre d'incroyables talents chirurgicaux et d'une débrouillardise sans bornes pour éviter de les perdre. De toute évidence, il avait l'amour de son métier...

-Bashô, je me posais une question, si l'irréparable venait à arriver... commença le vieil alcoolique.

-Oui? l'encouragea le barbu.

-Est-ce que vous pourriez payer mes honoraires à leur place? Non parce que j'ai un ventre à nourrir moi...

Alors comme ça l'irréparable pour lui n'était pas que ses patients meurent mais qu'ils ne puissent pas payer??! Mais cet homme était un monstre en fait! Bashô dut alors se retenir de lui flanquer son poing dans la figure avant que celui-ci ne se mette à rire aux éclats lui faisant comprendre qu'il plaisantait. Il ajouta ensuite:

-Vous allez bientôt pouvoir nous reposer, ces deux-là ne risquent plus rien à présent. Nous avons finis notre travail, le repos fera le reste, affirma-t-il avec un sourire satisfait.



***

Quelques heures plus tard, la jeune femme se réveillait sans comprendre le moins du monde ce qu'il se passait autour d'elle ni dans quelle situation elle était. D'un point de vue extérieur son esprit semblait totalement embrumé. C'est pourquoi Bashô ne l'assaillit pas de questions de suite, ça n'était pas bon pour sa convalescence. Et puis si poison il y avait réellement, il semblait étonnant qu'il n'en sente toujours pas les effets. Et si poison il n'y avait pas, alors il avait été vraiment stupide d'avoir évité tous ces coups si bénins pour lui. C’en était honteux.

Il resta alors silencieux dans le fond de la pièce laissant Gorgias faire son boulot. Valentine reprit peu à peu ses esprits et même suffisamment pour répondre aux questions de l'ex-républicain qui cherchait à savoir si la santé de son autre patient était en danger. La réponse était non, tout était fait. Bashô fut alors surpris de sentir tous ses muscles se relâcher à l'écoute de ces quelques mots. Il était sauf. Malgré le fait qu'il s'en doutait, le doute l'avait bel et bien miné. Il sentait maintenant la fatigue retomber, il irait dormir dès qu'il le pourrait, la nuit n'avait pas été reposante du tout, cela faisait maintenant plus de vingt-deux heures qu'il était éveillé.

Puis la question à un million arriva: "Qu'est-ce que j'ai fait?" avait-elle demandé faiblement. Il était assez difficile de répondre simplement à cette question, pourtant Bashô tenta tout de même sa chance.

-Vous vous en êtes pris à plusieurs innocents qui ne vous avez rien fait. Quand des gardes ont essayé de vous arrêtez, vous leur avait rendu la même justice. Quand j'ai essayé de vous arrêter, vous avez tout donner pour me tuer. Finalement j'ai tout fait pour vous sauver alors que les rues sont recouvertes de sang frais par votre faute. Bref, vous avez pété un câble, conclut-il gravement.

Pourtant, malgré l'air de juge qu'il arborait en cet instant précis, il comprenait bien que cette femme ne pouvait pas sans problèmes psychologique avoir ces deux comportements si distinct. Il lui était certainement arrivé quelque chose, mais quoi? En espérant qu'elle-même ne l'ignore pas...

-A mon tour de poser les questions... déclara-t-il toujours aussi sérieusement. Que s'est-il vraiment passé, tu n'étais pas vraiment toi-même n'est-ce pas?

Malheureusement elle n'eut pas le temps de répondre que l'on toqua à la porte. Tous se regardèrent dans la pièce avant qu'une grosse voix se fasse entendre:

-Ouvrez-nous au nom de l'état! Nous sommes les représentants des forces de l'ordre et nous savons que vous cachez une criminelle! Coopérez où vous serez déclarés complices! cria-t-elle.

La longue nuit que Bashô attendait tant devrait attendre encore un peu visiblement...

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MessageSujet: Re: Lost and corrupted    Mar 31 Oct - 17:23

A l’époque où l’hybride des brumes n’était encore qu’une « jeune » vampire, et ne connaissait pas encore tous les tenants et aboutissants de cette condition maudite, elle avait essayé de se briser les canines. Après tout, sans ces dernières, mordre qui que ce soit serait compliqué, si elle cédait à la tentation … Elle ne savait pas à l’époque que boire le sang d’autrui, même si elle s’y refusait, était devenu vital pour elle. Et elle ne savait pas non plus, une fois le geste fait et des morceaux de dents brisées dans les mains, que son action était futile … ce qui ne la rendait que plus douloureuse. Le lendemain matin même, lorsqu’elle s’était observée dans le miroir, les reliefs sur les côtés de ses lèvres étaient revenus. Ses 8 canines de prédateur avaient repoussé, peut-être plus tranchantes qu’avant encore. L’abattement causé par cette information l’avait fait se cloisonner dans sa chambre durant des heures, avant qu’elle ne finisse par se résigner à chercher une autre solution. C’était en bonne partie pour cela qu’elle se fichait bien de casser un croc ou deux durant une bagarre … Elle savait très bien qu’ils repousseraient tôt ou tard. Plutôt tôt, d’ailleurs ... enfin.

Les mots de l’individu masqué lui déchirèrent le cœur aussi brutalement que des coups de poignard bien placés. Etant une personne relativement âgée et élevée dans un milieu social plus qu’aisé, elle avait très tôt appris à maîtriser ses émotions et l’expression de ces dernières. Pourtant, elle sentit des larmes lui noyer lentement les yeux en entendant le récit des dernières heures … Ainsi, elle avait agressé gardes et inconnus, et tenté de tuer cet individu ? Un instant, elle se demanda s’il avait été le seul pour qui elle avait été si « extrême » … avant de réaliser. Il avait juste été le seul à même de lui résister. Elle était peut-être faible, comparée à beaucoup d’autres élus … mais pour un natif de base, ou le garde d’une petite ville de province … Sans parler du fait qu’elle s’était probablement déchaîné. Reniflant, elle essaya de positiver. Si ses gestes correspondaient à ceux qu’elle avait fait dans son rêve … Alors, normalement, elle n’avait pas provoqué de mort. Normalement. C’était souvent inutile de frapper les points vitaux classiques de toute manière, avec les morts-vivants … mais il fallait réellement espérer que, comme pour elle, des gens viendraient, et prendraient soin des blessés qu’elle avait semé derrière elle. Lorsqu’il lui demanda de l’éclairer sur la situation, elle chercha à formuler l’hypothèse qui lui venait, de façon naturelle, à l’esprit … mais elle n’en eut pas le temps. Aurait-elle été moins fatiguée, elle aurait entendu le son des armures et des armes qui cliquetaient et s’affairaient à l’extérieur. Tout du moins, elle y aurait prêté attention. Dans son état … elle ne pouvait que constater en même temps que les autres.

Et en réalité, sa lassitude était telle que manifester la moindre surprise à ce qu’elle entendait était difficile. Tout au plus, ses épaules s’affaissèrent un peu, alors qu’elle tournait la tête vers le sol, un instant. Le médecin, laissant s’écouler quelques secondes, ne pipa mot. Relevant les yeux vers lui, l’hybride se demanda ce qu’il faisait … Puis réalisa.

Répondez-leur.
J’ai une éthique, mademoiselle. Si on les laisse vous emmener de force au poste dans votre état …
Si on ne les laisse pas, ils vont défoncer votre porte, vous incriminer, et potentiellement vous empêcher d’exercer par la suite. Malgré son manque cruel d’énergie, l’hybride était implacable dans ses mots. Regardant de nouveau la porte, elle poursuivit, plus doucement. Enfin, si vous pouviez … Essayez de gagner un peu de temps. Une ou deux minutes devraient suffire.

Le vieil homme l’observa avec une moue … Puis fronça les sourcils en voyant l’hybride fouiller un peu son sac. Elle en sortit une bourse, qu’elle secoua. De l’argent. Elle en versa littéralement une partie sur la table, mettant à peu près ce qu’elle pensait être assez pour respecter les honoraires du médecin, voir même plus … Avant de la ranger. Voyant qu’il était toujours là, elle lui fit signe de se diriger vers la sortie. Le praticien tira une moue, mais fini par s’exécuter, se dirigeant vers l’entrée en répondant d’une voix forte et claire. Le regardant disparaître, la blonde commença à parler, sans même se tourner vers l’homme au masque … Dans un premier temps, du moins.

Bien … Dans quelques secondes ils vont m’emmener, et peut-être que vous aussi … Je pense que si vous leur expliquez votre hypothèse du poison, vous devriez vous en sortir sans trop d’ennuis, même en m’ayant emmené ici. De mon côté … je suis prête à assumer. Pour répondre à votre question, je suis maudite. Partiellement. En temps normal … Elle tira une de ses lèvres, révélant des crocs pointus … qui avaient déjà repoussé quasi totalement. Au lieu de 4, la traqueuse disposait de 8 canines effilées et menaçantes, qu’elle voila de nouveau bien vite. j’ai juste … « besoin » de boire du sang. Ça aide mon organisme à tenir le coup et à lutter contre la corruption. Dernièrement, je l’ai peu fait, car je ne sentais pas d’effet … « trop » néfaste. Je vais être directe, j’aurais … besoin de boire un peu. Vous pourriez … m’aider, pour ça ? Je n’aurais très certainement pas le luxe de demander cela si l’on m’enferme… et ça aiderait sûrement à m’empêcher de « rechuter » … Même si pour être honnête, c’est la première fois qu’une telle chose m’arrive, ou même que je constate un tel phénomène … Ce dont je suis sûre, c’est que ça m’aiderait à récupérer un peu de mes blessures.

Oh, et … tant que j’y suis … Merci de m’avoir arrêté.


Elle ne savait pas si ce qu’elle disait était totalement véridique. A ses yeux, oui. Mais elle ignorait ou ne comprenait pas certains faits et phénomènes. Le simple fait qu’elle ait pu céder à la corruption, et s’en remettre, était en soit quelque chose que son monde n’avait jamais vu de par le passé. Qui plus est, la magie antique et corruptrice lui avait fait « perdre la tête » … mais sans transformer son corps plus qu’il ne l’était d’habitude, ce qui était également étrange, même si moins illogique. Elle avait attaqué passants et autres, mais avec en quelques sortes gardé le contrôle de ses mouvements … était-ce ce par quoi passaient tous ceux qu’Inordi plaçait sous son contrôle ? Trop de questions restaient pour l’instant sans réponse dans son esprit. Elle ne pouvait espérer qu’une chose .. que l’élu face à elle accepte qu’elle ne le morde. Sans cela, elle ne savait pas ce qui adviendrait d’elle dans les prochaines heures.

* *
*

Le bon docteur avait fait tout son possible, mais il était déjà presque miraculeux qu’à force de bavardage sans queue ni tête pour une partie d’entre eux, il ait réussi à retenir les gardes si longtemps. Ces derniers, s’ils n’étaient au début pas certain de perquisitionner exactement la bonne maison, étaient cependant relativement remontés, et lorsque l’un d’entre eux menaça de coffrer Gorgias, qu’il héberge la furie chez elle ou non, juste pour leur avoir fait perdre leur temps … le médecin se sentit obligé de s’écarter sur le côté pour les laisser passer. Rentrant dans la pièce à vivre de la maison, il ne fallut pas longtemps aux 6 gardes de la troupe pour investir l’endroit … Et tomber sur la cuisine, où les deux élus les attendaient. Valentine n’était toujours pas descendue de la table, et n’en avait pas la moindre envie : elle n’était pas sûre que ses jambes tremblantes pourraient la soutenir bien longtemps. Elle savait qu’il faudrait bien, mais n’attendait pas l’instant où elle serait forcée avec impatience. Un des gardes la reconnut immédiatement : il son visage boursoufflé et son nez dans un sale était indiquaient que quelque chose lui avait percuté la face quelques heures plus tôt.

C’est elle. J’en suis parfaitement sûre.
Madame, vous avez ordre de nous suivre, vous êtes en état d’arrestation. Tournant son visage sévère vers l’individu au masque dans le coin de la salle, il l’apostropha, rendu agressif par sa nervosité. Et vous ? Qui êtes-vous ?
Celui qui m’a fait reprendre mes esprits. Je me rends. Ne marchez juste pas trop vite.
Sinon quoi ?, répondit un garde qui s’approchait d’elle pour lui passer une corde autour des poignets. Voyant qu’elle ne lui en tendit qu’un, il saisit le second d’un geste brusque, et lui arracha un cri de douleur.
Voyant cela, Gorgias, qui était resté un peu en retrait, mit un coup d’épaule au soldat pour le faire reculer avec une expression de colère sur les traits. Z’êtes pas fini ? Vous ne voyez pas qu’elle est blessée au bras ? Elle a plusieurs os en morceau là-dedans, tant que vous êtes sous mon toit je vous interdit de jouer les brutes comme ça !
Le soldat et le médecin se dévisagèrent pendant de longues secondes, chacun semblant particulièrement remonté … Avant que le garde ne finisse par se tourner de nouveau vers l’hybride, faisant un nœud plus simple qu’li passa autour de son seul poignet valide. Vous n’avez pas vu tout ceux qu’elle a laissé derrière elle, Gorgia. Vous n’devriez pas être mêlé à ça.
… Est-ce que mon familier peut nous accompagner ? Je pense qu’il faudrait que quelqu’un le porte …

Les gardes se tournèrent vers la direction que pointait l’hybride, à savoir la table, à l’écart, sur laquelle se trouvait le petit animal inconscient. Lentement, un des gardes, l’air suspect, s’en approcha, plissant les yeux.

Est-il dangereux ?
Autant qu’un chaton. Il arrive qu’il donne de … Petites décharges d’énergie lorsqu’on le touche, mais même si c’est désagréable, la chose est inoffensive.
AAAH ! Le garde, qui venait justement de le toucher, avait retiré sa main comme s’il s’était brulé, et la secoua un instant … avant de le toucher de nouveau. Cette fois-ci, sans problème. … Inoffensive, hein ?
J’en encaisse des comme ça tous les jours …
La chose est fort intéressante à savoir, mais nous ne sommes pas là pour ça. Vous êtes en état de marcher ?
L’hybride se demanda si elle avait déjà adressé un regard plus fatigué que celui qu’elle avait dirigé vers l’officier. Mais bon, au moins, il « s’inquiétait » pour elle. Plus ou moins … ?
Mh. Kaji ? Si tu la vois sur le point de s’écrouler, soutiens-la. Vous, l’individu masqué, vous nous accompagnez au poste également. En marche. Gorgias, merci pour votre coopération.

Le ton était froid, sec … Même pas réellement ironique. L’hybride n’aurait su dire si elle n’aurait pas trouvé l’option préférable. Impossible à déterminer du côté du docteur en tout cas : croisant les bras, il se contenta de détourner le visage. Se mettant de manière hésitante sur ses pieds, la vampire sembla tituber quelques secondes, testant ses jambes, gardant une main sur la table pour se soutenir … puis, lentement, elle mit un pied devant l’autre, gardant son bras replié contre elle. Le médecin l’arrêta un instant, et partit fouiller sa chambre, avant de revenir avec un foulard, dont il se servit pour lui maintenir le bras. Elle ne put que le remercier, alors qu’il s’éloignait finalement pour la laisser sortir, encadrée par 4 hommes lourdement équipés et dont les hallebardes menaçantes n’avaient clairement qu’une envie … S’abattre sur elle au moindre faux pas.


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MessageSujet: Re: Lost and corrupted    Lun 22 Jan - 23:52



Entre Cœur et Raison



Et ben, d’ordinaire Bashô ne portait pas les milices dans son cœur mais là il fallait bien avouer qu'elles atteignaient un point critique. Certes celle-ci ne faisait que son devoir mais sa visite était assez indésirable dans leur situation. Ils allaient encore vouloir se mêler de tout sans rien y comprendre et compliquer les choses... Surtout que ces hommes d'ordre n'avaient généralement -et assez paradoxalement d'ailleurs- que peu de considération pour les circonstances atténuantes telle que l'instabilité mentale d'une personne. Si jamais la convalescente tombait entre leurs mains, le poète ne donnait pas cher de sa peau. En même temps il ne pouvait pas ignorer non plus les méfaits de la jeune femme.

Au début ni l'élue ni Gorgias ne réagirent. Ce n'était pas au maffieux de prendre de décision, c'est pourquoi il ne bougea pas d'un pouce. Seuls les deux minshujins craignaient quelque chose, lui pourrait toujours fuir même s'il était déclaré complice, ce n'était pas deux soldats à mi-temps qui allaient le retenir. Comprenant que le médecin avait choisi de protéger sa patiente, Valentine ne le laissa pas faire. Elle lui imposa d'aller leur ouvrir pour éviter qu'il lui arrive des problèmes inutilement et par sa faute. Elle était résolue à assumer ses actes. Une preuve de courage exemplaire qui fit plier notre alcoolique au grand cœur. Ne pas l'écouter aurait été faire affront à sa détermination.

Le seikajin quant à lui ne pouvait rester de marbre face à cette situation, même si son masque empêchait que cela puisse être perceptible. Il était actuellement pourchassé pour avoir commis un crime dont il réfutait toute légitimité, cela le touchait qu'une autre personne juste devant lui se retrouve dans un cas similaire. Certes c'est de ses mains que tous ces gens manquèrent de périr, mais jamais elle n'a souhaité qu'un tel sort leur arrive, elle n'y pouvait rien. Allait-il aider à ce qu'elle échappe des griffes des instances judiciaires ou allait-il laisser cette femme subir une injustice alors qu'il savait pertinemment dans quelle situation elle se trouvait ? Sa raison lui ordonnait de la laisser se débrouiller, son cœur le suppliait de lui venir en secours. Lui-même ne savait pas encore comment il agirait ni même s’il agirait.

Une fois l'homme parti retenir les soldats pour une raison que seule Valentine connaissait pour le moment, cette dernière et le barbu se retrouvèrent seuls à seuls. Elle profita alors de l'occasion qu'elle avait certainement créée exprès pour expliquer la cause de sa folie momentanée. Apparemment c'était une vampire comme en attestait sa dentition, une singularité qui n'aura pas manquée de séduire Manshe. Malheureusement celle-ci était obligé de boire régulièrement du sang, expliquait-elle, sous peine de subir des pertes de contrôle comme tout à l'heure. Cette malédiction était tout bonnement horrible, la maintenant enchaînée et l'obligeant à tuer quotidiennement. Bashô aurait bien aimé lui demander s'il y avait un moyen de se défaire de ce maléfice mais il se doutait bien que si elle était encore sous son emprise, c'est qu'il n'en existait aucun facile d'accès.

Elle lui fit ensuite une demande des plus insolites : qu'elle puisse se nourrir de son sang. Il était en effet logique qu'elle soit en manque puisqu'elle venait de craquer, donc qu'elle doive s'en abreuver avant de sombrer de nouveau dans la damnation. Elle risquait d'ailleurs assez gros si jamais elle perdait le contrôle devant les représentants des forces de l'ordre. En espérant que l'inquisition n'existe pas ici, sinon elle était bonne pour le bûcher… Toutefois Bashô était-il prêt à donner son sang pour elle? Et si jamais elle en prenait plus que la dose pour laquelle le prélèvement était bénin ? Si elle se montrait trop gourmande, peut-être n'aurait-il pas la force de la repousser ? Ces questions se bousculaient sans logique dans sa tête, pourtant cela ne l'empêcha pas de venir s'agenouiller devant le chevet de la vampire et de lui tenir ces quelques mots :

-Si ce liquide peut vous aider à contenir votre démon intérieur, alors je serai heureux de vous offrir mon sang en guise d'eau bénite... Mais soyez tout de même raisonnable ! ne put s’empêcher de demander le poète, craintif.

On avait tous peur notre première fois, il savait maintenant pourquoi. Sentir les crocs de cette femme -aussi séduisante soit-elle et sensuel soit cet acte- ne fut pas agréable du tout, et ce fut encore bien pire une fois qu'ils s'enfoncèrent dans la chair nue de son cou. Il sentit alors ses forces le quitter et sa peau pâlir alors que l'élue aspirait goulûment son liquide de vie. Cela ne dura que quelques instants, mais ils suffirent à le désorienter. Si bien qu'il se releva et pressa les deux points sanguins sur son coup machinalement avant de se relever tout aussi automatiquement une fois qu’elle eut fini. Il mit un certain temps avant de comprendre que les soldats venaient d'entrer et de récupérer ses esprits. Ce qui lui fit reprendre conscience était certainement l'interjection le visant. On cessait de le considérer comme simple spectateur.

-Très bien, je vous suis puisque vous me le demandez... déclara-t-il.

-Nous allons également vous demander de retirer votre masque, lui intima un soldat.

Bashô ne réagit pas.

-Ne m'obligez pas à me répéter! se braqua le garde, frustré par son manque de capacité à se faire obéir.

-Et moi ne m'obligez pas à vous répondre, répondit sèchement l'élu. Je ne vous ai pas répondu par choix, maintenant si vous escomptez me contraindre à me plier à votre volonté, alors je me ferais une joie de vous démontrer que votre autorité n'a aucune emprise sur moi. Bien sûr cela reste à prouver, mais nous aurions tant à gagner à rester courtois, finit-il en arborant un grand sourire.

Cette fois ce fut le soldat qui ne répondit pas, il était plus malin qu'il en avait l'air. Le petit groupe se dirigea alors en direction de la caserne pour éluder la situation des heures précédentes. Cela ne s'annonçait pas de tout repos.

Quel doux baiser que celui des vampires
Qui par leur amour forcent le sourire
D’ailleurs carnassier et des plus sanglants
Ce qui fait leur charme si séduisant…


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MessageSujet: Re: Lost and corrupted    Mer 28 Fév - 7:08

C‘était toujours une sensation étrange, à la fois réconfortante, et pourtant quelque peu effrayante, de sentir la force vitale d’un autre être se mêler à la sienne pour se renforcer. En tant que semi-vampire, Valentine ingurgitait, via le sang, non seulement une substance qui la rassasiait littéralement et donnait un petit coup de fouet à son organisme, qui se mettait à fonctionner mieux et plus vite pendant quelques temps … Mais aussi quelque chose qui reliait entres eux les fragments les moins bien accrochés de son âme. Car c’était de l’absence d’une partie de cette dernière qu’était née sa malédiction … et chaque fois qu’elle aspirait le sang d’un autre être, même si elle haïssait avoir à l’admettre … Ironiquement, elle luttait contre cette même corruption qui voulait la changer en monstre. Ceci étant … Le résultat de ce qu’il se passait lorsqu’elle ne buvait pas venait d’être révélé. Et très clairement … elle allait mettre de côté ses appréhensions pour un bout de temps, désormais.

Il fallait cependant ajouter à cela que la traqueuse, en tant que chasseuse de monstres, était une personne à la nature … légèrement malléable. Elle ne changeait pas d’un claquement de doigt et d’une simple pression sur l’épaule bien sûr, et son caractère était très loin de facilement influençable … Mais sa nature profonde, en revanche … Peut-être était-ce le manque d’un morceau de son âme, ou peut-être était-ce les siècles de chasse, qui avaient progressivement transformé son être pour la rapprocher des créatures qu’elle abattait. Mais tout ce qu’elle pouvait dire … C’était que l’homme à qui elle venait de prélever du sang était d’une force particulièrement impressionnante. Avoir subi ses coups suffisait bien sûr à en attester, mais dans la mesure où elle n’était pas vraiment elle-même lorsque cela s’était produit, elle n’en aurait en réalité rien sût via ce biais. Son sang, par contre … Son sang produisait des vagues d’énergies qui se déplaçaient dans ses muscles et lui donnait l’impression qu’elle aurait pu porter des montagnes, malgré ses blessures. Elle ne savait pas si c’était agréable, étrange, ou inquiétant, mais de toute façon … Elle savait que, à l’image de la colère, l’effet serait de courte durée. Et puis, de toute façon … Remodeler le paysage n’avait jamais vraiment fait partie de ses centres d’intérêts.

Alors qu’ils remontaient les rues à une allure légèrement plus lente que la normale, la traqueuse eut l’occasion de voir des traces de son passage … Pas de corps. Mais des traces. Ici, une paire de volets défoncés, dans laquelle quelqu’un avait probablement été projeté. Là, une giclée de sang sur le sol, « heureusement » trop peu volumineuse pour indiquer que la personne s’était vidée de son sang. Et à cet endroit … le regard assassin d’une mère, qui n’avait pas encore séché ses larmes, mais qui tenait dans ses bras un enfant évanouit, qui était allongé sur le banc où elle était assise, la tête sur ses genoux. Il n’y aurait … Vraiment pas eu besoin de mots pour que l’hybride ne saisisse l’émotion qu’elle voulait lui transmettre. Une haine. Une haine pure … noire … de laquelle la traqueuse détourna le regard avec un léger haut-le-cœur.

DEMONE !

Il n’y aurait pas eu besoin de mots … Mais celui-là avait été blessant, c’était le moins qu’on puisse dire. Gardant la tête basse, fixant le sol pour ne pas plus s’accabler du spectacle de la désolation qu’elle avait semé, la semi-vampire renifla légèrement, cherchant à tout prix à se concentrer sur autre chose que des idées noires. Sauf que dans sa tête, à l’heure actuelle … il n’y avait plus que cela. Comment la situation avait-elle pu dégénérer dans de telles mesures … Pourtant, si son esprit était embrouillé, ses sens restaient à l’affût, et ce fut sans mal qu’elle détecta, quelque part derrière elle, le grognement d’effort d’un enfant, et le très, trèèèès léger sifflement d’un projectile qui, pour un humain, ne faisait pas de bruit. Par un réflexe conditionné qu’elle n’aurait pas cru son corps capable d’exécuter dans son état, elle se pencha rapidement vers l’avant, sentit quelque chose traverser et écarter ses cheveux encore en l’air, avant que le projectile ne percute le casque du soldat devant elle, et n’explose. Relevant les yeux, elle observa la chose alors que l’homme criait … une tomate. Elle venait d’esquiver une tomate. Se retournant, en même temps que le garde qui criait, elle identifia l’agresseur : un enfant peut-être d’une dizaine d’années, va-nu-pieds, qui se mordait les doigts de sa bourde. Cependant, même s’il ne sembla pas particulièrement disposé à laisser les gardes l’emporter aussi, il pointa tout de même un doigt accusateur vers la blonde.

Une salope ! Mon papa, il dit que t’es rien qu’une salope ! Et qu’te s’rais mieux morte ! Tout le monde serait mieux !

La blonde ne répondit rien. Elle qui pensait avoir esquivé l’attaque … Le gamin prit ses jambes à son cou dès qu’un des gardes fit mine de vouloir s’approcher de lui, alors que celui devant la chasseuse laissait très clairement entendre à son supérieur ce qu’il pensait du fait de recevoir des fruits plus ou moins mûrs à l’arrière du crâne. Lâchant un soupire fatigué, la traqueuse profita que le groupe ne soit pas en mouvement pour, dans la limite bien sûr de la longe qui lui tenait le bras, se rapprocher de l’élu masqué qui l’avait arrêté. Son ton de voix ne fut pas particulièrement élevé : non pas qu’elle lui révélait quelques secret … Mais c’était une demande qu’elle voulait lui faire à lui, et à lui seul.

écoutez, je … Je me doute que vous avez sûrement vos raisons de rester masqué et … je ne vous les demanderais pas. Mais … Si vous pouviez faire quoi que ce soit de plus, pour moi … N’allez pas vous les mettre à dos, n’est-ce pas ? Se tournant un peu vers les gardes dont elle venait de parler, elle reprit. Je sais que c’est probablement égoïste de ma part de penser ainsi … mais je m’en voudrais si, par ma faute … Celui qui m’a empêché de perpétrer un violent massacre finissait par avoir des problèmes avec la loi … enfin. Je ne suis sûrement pas la mieux placée pour donner ce genre de conseils, désormais …

Une légère tension sur la corde autour de son poignet fit réaliser à l’hybride que le garde qui la « tenait » voulait reprendre la marche, ainsi qu’une bonne partie du reste du groupe. Coupant donc là la discussion, elle se remit à marcher, d’un pas devenant très légèrement plus régulier à chaque instant. Le sang consumé agissait sur son corps, et restaurait ses forces … même si elle aurait aisément encore besoin de plusieurs semaines de convalescence.

* *
*

L’hybride s’était installée sans mot dire dans la salle d’interrogatoire. Elle n’aimait pas cette dernière. Un mage un brin compétent avait pris le soin de brider ses pouvoirs avant qu’elle ne rentre, et de lui administrer un genre de sérum de vérité : elle doutait de l’efficacité des deux potions, mais n’avait pas vraiment voix au chapitre. Légèrement nauséeuse, sentant mille bleus et bosses la tirailler à chaque mouvement, elle tentait de prendre son mal en patience, alors qu’un officier dénué d’armure ou autres s’installait face à elle, et organisait des papiers, notant là où il y en avait besoin, lorsqu’il le fallait. Les deux hommes derrière lui étaient là en renfort au cas où, et probablement plus pour veiller que l’interrogatoire se déroulait correctement : dans l’état actuel des choses, si la blonde avait voulu faire mal à une mouche, elle aurait eu des chances de se rater et de se blesser toute seule … Ou en tout cas d’aggraver son état. Ce n’est qu’au bout de quelques minutes que l’officier leva réellement les yeux vers elle, les yeux plissés … et afficha aussitôt sa désaprobation.

C’est une salle d’interrogatoire ici … Pas un faubourg malfamé. Virez-moi ce masque.

En silence, l’hybride leva une main, et tira avec douceur sur le tissu pour retirer ce dernier de devant ses lèvres, les libérant sans trop frotter ou appuyer sur les endroits où les coups reçus les avaient fait éclater. L’homme l’avait observé avec un air circonspect … et avait tiré une autre moue lorsqu’elle avait terminé.

Vous avez quelque chose dans la bouche ?
Non.
« Non » ?
Non, vraiment.
Ah, « vraiment » … Parce que moi, quand je demandais « vous avez quelque chose dans la bouche », je m’attendais à ce que vous me disiez quoi. Pas non. Quoi.
Je vous dis que je n’ai rien dans la bouche …
Et je ne vous crois pas. Ouvrez les lèvres.
…Dans leur état ?
Mademoiselle, vu ce que vous avez fait à mes concitoyens, l’état de vos lèvres, vous avez probablement une idée précise de ce que j’en pense. Ouvrez.

L’hybride ne mettait même pas vraiment de mauvaise volonté dans cet interrogatoire … Mais pour une fois, elle se sentait réellement le besoin de dormir. Le garde dû le sentir, car il allait pour ouvrir la bouche, probablement faire un commentaire pour lui intimer d’aller plus vite … Mais il n’en eut pas le temps que l’hybride s’exécutait. Elle savait parfaitement ce qui le troublait, de toute façon. Elle sentit des douleurs cuisantes lui parcourir la bouche alors qu’elle forçait les craquelures qu’elle avait dans la chaire à s’écarter, et sa peau à tirer sur les bleus … Mais elle n’avait pas le choix.

Huit. En tout, contrairement aux humains, aux elfes, aux orcs, et même à la chasseuse de monstres « normale » qu’elle avait un jour été, Valentine possédait huit canines. Il était arrivé qu’elles soient brisées, parfois par la semi-vampire elle-même. Il était arrivé qu’elle ne morde dans quelque chose de trop solide, et n’en perde un petit éclat, ici ou là … Mais, comme si une bizarrerie supplémentaire de son organisme voulait la forcer à pouvoir boire du sang, elles avaient toujours repoussé. Il en allait de même pour ses autres dents cela dit : celles qui s’étaient brisées dans le combat de plus tôt commençaient déjà à la démanger, et reviendraient probablement au cours des prochains jours. Mais en attendant … elle n’avait pas quatre, mais huit canines profilées comme des crocs tranchants et aiguisés, parfaitement visibles lorsqu’elle retroussait ainsi les lèvres. Son expression était neutre, et pourtant, elle donnait l’impression d’une agressivité assez forte, avec une telle dentition …Elle perçu sans mal un des gardes au fond de la pièce blêmir en l’observant, bien qu’il ne commenta point. L’homme qui l’interrogeait, en revanche, balbutia une prière à un dieu dont l’hybride ne reconnut pas le nom, avant de reprendre un peu contenance en se laissant aller en arrière dans son siège, lui faisant signe qu’elle pouvait arrêter.

Par les trois dieux, je vous jure … Qu’est-ce que vous êtes ?
Maudite.
Ne jouez pas la victime.
Ne jouez pas les imbéciles obtus et inutilement pénibles.
Pardon ?
L’hybride vampirique eut presque un sourire, alors qu’elle laissait sa tête tomber un peu vers l’avant le temps de se gratter une tempe, avant de commencer. J’ai passé une mauvaise journée. Trop longue, pas intéressante, mal au ventre … J’ai perdu connaissance dans ma chambre à la taverne avec les douleurs au ventre les plus atroces que j’ai jamais eu. Si vous avez déjà eu l’occasion de côtoyer une jeune femme dont les périodes sont douloureuses … c’était encore pire que cela. Lorsque je me réveille, j’ai été tabassée, on a presque tué mon familier, j’ai un bras en charpie et la tête dans le même état qu’un de ces ivrognes stupides qui boit pour se battre et se bat pour se payer un coup à boire. On m’emmène chez un médecin, m’annonce que j’en aurais pour plusieurs semaines à récupérer, et m’informe aussi que j’aurais frôlé de tuer une trentaine de personne. Dans la minute, vous débarquez chez le docteur, le brusquez, me brusquez moi pour m’amener ici, et me posez sur une chaise dans cette salle sans même essayer de vérifier si je n’ai pas une plaie au ventre par laquelle je suis en train de me vider de mon sang. Pas la peine de vous lever ceci dit … du sang, je sais qu’il y en aura un peu sur la chaise, mais ce n’est rien de grave. Mais en attendant, ça va faire 20 minutes que nous sommes ici, et tout ce que vous m’avez demandé de faire, c’est de vous sourire. Alors je ne me pose pas en victime. Mais soit vous devenez un peu plus efficace pour faire ce que vous êtes supposés faire, soit j’arrête de lutter pour ne pas perdre connaissance à nouveau et on reporte ça à une autre fois, avec un autre de vos collègues.

Il y eut un très long moment de silence. La traqueuse se demanda si elle en avait trop dit … ou pas assez ? L’homme face à elle avait pris une expression relativement indéchiffrable. Les deux dans le fond de la salle s’échangeaient des regards, mais rien de plus. La traqueuse se demanda si ils étaient enregistrés par un mage ou quelque chose de ce genre. Elle réalisa aussi qu’elle passait énormément de temps à aspirer sa lèvre inférieure pour la frotter légèrement contre ses dents, empêcher ses plaies de trop sécher. Si lorsqu’on lui demandait de parler à nouveau, il faudrait qu’elle fasse exploser des naissances de croutes, elle était certaine de se remettre à saigner. Et dire qu’elle avait littéralement un anneau dans le coin de la bouche … Le garde finit par sortir de son mutisme en écrivant quelque chose, soupirant alors que sa plume grattait le papier.

Vous dites avoir perdu connaissance, et vous être réveillée après avoir été battue. L’homme masqué ?
C’est lui qui m’a … Ramené à moi-même, oui.
Mh. Et vous ne vous souvenez d’absolument rien ? Pas un flash … un instant bref, quelque chose ?
Un cauchemar. Je « rêvais » que ce monde avait été corrompu par un démon majeur de mon monde.
Vous êtes donc bel et bien élue … Ce n’est pas un peu « facile », de blâmer un maléfice pour justifier ce que vous avez fait ?
Je ne sais pas, allez demander à un de vos précieux dieux qu’est-ce qu’il a bien pu foirer en m’arrachant à mon monde pour me placer ici, sachant que visiblement il n’a pas pris la peine de museler correctement une malédiction qui a changé mes canines en ce que vous avez vu, et que j’ai plus ou moins pu contenir pendant des siècles par moi-même, lorsque j’étais encore en pleine possession de mes pouvoirs.
Le garde resta silencieux un instant, avant de simplement demander : Je suppose prudent de supposer que vous n’appréciez pas trop les dieux ?
Je peux comprendre qu’ils aient besoin d’aide … Mais de là à nous téléporter ici, sans nous consulter, sans rien expliquer et jusqu’à preuve du contraire sans moyen de revenir … Vivre plusieurs millénaire tend à rendre la mémoire plus performante, lorsqu’il s’agit des griefs.

Un « mouais » dénué de conviction se laissa entendre dans la pièce, alors que le garde se remettait à gratter du papier de sa plume. Gardant le silence pendant quelques dizaines de secondes, il finit par la poser de nouveau à côté de l’encrier, et soupirer … Relevant les yeux.

Vous savez que vous êtes sous l’emprise d’un sérum de vérité ?
Et d’un inhibiteur de pouvoirs, ai-je cru comprendre.
C’est exact.
Pourquoi me le faire remarquer ?
Parce que votre dialecte est d’une lucidité et d’une franchise surprenante. J’ai vu bon nombre d’excellents menteurs soumis aux mêmes conditions que vous : même lorsqu’ils tentent simplement de « masquer la vérité », ils hésitent, marquent des posent, reformulent souvent … Leur esprit ne peut mentir, et lutte pour cacher les informations. Pas vous.
Vu que retirer mon masque a été la première chose que j’ai dû faire ici, je suppose effectivement que vous n’aimez pas ça. Mais si je suis ici à l’heure actuelle, c’est de mon plein gré, et je suis entièrement prête à assumer mes fautes.
Vous pensez que vous auriez pu échapper à la garde ?
Avec autant de facilité que pour subtiliser sa friandise a un bambin.
Mais vous vous êtes rendue de votre plein gré pour faire face à vos fautes.
Comme je viens de vous le dire.
Vous sentez-vous coupable ?
L’hybride, étrangement, marqua une pause … avant de hausser les épaules. Plus ou moins.
ça, c’est une réponse intéressante … Détaillez ?
Il ne me serait jamais venu à l’esprit d’attaquer aléatoirement et aussi brutalement des personnes ne m’ayant rien fait. Dans mon monde d’origine, j’étais une chasseuse de monstre … Pas un des monstres en question.
Pourtant, vous avez attaqué.
Oui … non. Mon corps a attaqué. Sous l’emprise d’une malédiction que je porte en moi. Tous les chasseurs de monstres, s’ils ne se contrôlent pas, ont des … « pulsions » qui les poussent à chasser toujours plus, encore et encore. Jusqu’au point où ils deviennent eux-mêmes perdus, trop violents et enfoncés dans leur cycle corrompu pour rester sains d’esprit. Ma condition personnelle a été agravée par un genre de malédiction ayant affecté mon âme … Mais j’avais gardé le contrôle. Jusqu’à aujourd’hui. J’ai manqué de vigilance.
Vous pensez que vous pourriez trouver un moyen d’éviter que la chose ne se reproduise ?
Probablement … Je connais un remède définitif. Mais l’obtenir …
… Et en attendant ce remède ? Des solutions temporaires ?
Je suppose, oui.
Je vois … bon. Répondez simplement par oui ou non à ces trois affirmations, et sinon, développez. Vous avez attaqué notre village sous l’emprise d’une malédiction dont vous pensez que vous auriez mieux pu la juguler. A l’avenir, vous ferez en sortes de conserver le contrôle vis-à-vis de cette dernière. L’homme à qui nous avons demandé de nous accompagner, et qui se trouve actuellement en cellule, s’est battu avec vous et vous a maîtrisé durant votre … « crise ».
Oui, oui et correct.
Très bien. Achevant, d’une écriture légèrement calligraphiée, de tracer quelques colonnes sur la page qu’il avait devant lui, il finit par tapoter sa plume sur le bord de l’encrier pour la départir d’un peu de son encre, reboucher l’encrier, puis se lever en prenant ses notes et documents avec lui. Suivez-moi.

L’hybride eut besoin d’un peu d’aide pour se redresser de son siège, mais pas pour marcher à la suite du garde, dans les couloirs. Le fait que sa main libre soit « menottée » semblait presque ironique, dans la mesure où elle peinait ne serait-ce qu’à avancer droit, mais les procédures … Fort heureusement, la prison, à l’image du village dans lequel elle se trouvait, était assez petite, aussi parvinrent-ils aux cellules sans trop avoir à marcher : l’hybride fut presque surprise qu’elles ne soient pas juste à la sortie, à vrai dire. Voyant qu’on lui ouvrait la porte d’un des cachots, elle nota, dans le couloir devant ces derniers, un panier pour animal dans lequel dormait, enroulé dans des draps ocres, son familier. S’arrêtant un instant, elle le pointa du doigt, se tournant vers les gardes.

Oh, est-ce que …il …
Mettez son compagnon dans sa cellule également les gars. Et donnez-lui un vrai matelas … elle est convalescente.

La traqueuse ne put s’empêcher d’éprouver de la gratitude face au comportement de l’homme, à qui elle semblait avoir fait changer d’état d’esprit. Rentrant dans la pièce humide et sans fenêtre, elle soupira un peu, alors que les gardes lui demandaient de se pousser pour pouvoir faire rentrer un grand rectangle de tissus rembourré de paille, ou quelque chose de ce genre. Elle entendit distinctement le reste des paroles sans même avoir à écouter, après tout, rien n’était bien loin dans un bâtiment de ces dimensions. En premier lieu, une clef tournant dans la serrure d’une porte renforcée.

Bien …Veuillez nous excuser pour les … « mesures de sécurité ». Sachez que vous n’êtes pas considéré comme prisonnier, malgré les apparence : nous désirons simplement nous montrer … Prudents.
Veuillez me suivre … Je vais vous poser quelques questions dans la salle à côté.

L’hybride, par la petite « fenêtre » que comportait la porte de son cachot, offrit un petit sourire à l’autre élu masqué lorsqu’elle put le voir, sans savoir s’il le remarquerait. Elle avait beau être dans de sales draps, elle avait une relative confiance envers les natifs … ou peut-être était-ce les coups à la tête. Voyant les deux hommes s’éloigner, elle se racla la gorge pour attirer l’attention de celui qui l’avait questionné elle, alors qu’il était en train d’organiser ses documents. Il se tourna vers elle en haussant un sourcil.

Que va-t-il lui arriver ?
Tout dépend. J’ai entendu dire qu’il a menacé un garde lors de votre arrestation, mais … S’il corrobore votre version, les chances sont plutôt élevées qu’on lui fasse toucher une prime pour votre arrestation. S’il ne cachait pas qui il était, ce serait mieux, mais bon … Quant à vous, si vous tenez à le savoir … Je ne suis pas juge ou juré, mais je pense qu’à la lumière du témoignage fourni, vous aurez normalement une peine moins grave que ce qui serait requis pour ce que vous avez fait. Je ne vous promets pas d’être libre d’ici deux semaines … mais peut-être 3 mois d’aide à la communauté ou quelque chose de ce genre. Et une lourde amende. Mais bon … C’est toujours mieux que d’être enfermée à vie.

L’hybride fatiguée eut un sourire. Elle était assez d’accord.


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MessageSujet: Re: Lost and corrupted    Dim 4 Mar - 15:14



Témoignage



Arpenter de nouveau les ruelles spectatrices de leur combat ne laissait pas Bashô de marbre, même si cela était difficilement perceptible par les autres à cause de son masque. Pris dans l'ardeur du combat, il ne s'était pas rendu compte de l'ampleur des dégâts qu'avait causé leur rixe. Les réparations des habitations coûteraient bien un millier de yens à leurs habitants. Qui les paierait? Certainement la convalescente selon la justice, ce qui n'allait pas arranger sa situation. Enfin déjà si elle échappait à la peine capitale ou la réclusion à perpétuité ce serait déjà bien. Bashô ne laisserait faire ni l'un ni l'autre de toute façon.
 
Alors que la petite troupe marchait, un jeune garçon du quartier lança une tomate certainement destinée à l'hybride qui ne fit pas mouche au grand dam de celui qui la reçu. En effet elle esquiva le projectile ce qui fit deux malheureux. Une salope? Ce qualificatif était peut-être mieux choisi qu'il n'y paraissait. Après tout les prostitués pratiquaient ce métier rarement par vocation, elles n'étaient pas fautive. En quoi une telle personne était mauvaise d'ailleurs? Ce quartier éprouverait certainement une colère aveugle envers elle, dénuée de toute lucidité, espérons que ce ne soit pas le cas des gardes.
 
Sur le chemin son regard croisa également celui d'un vieillard assis sur un banc. Cet homme, bien plus vigoureux que son âge le suggérait, n'était nul autre que Kuru, le mentor du poète. Il dormait à l'auberge quand l'évènement arriva. Le hunter jugea pertinent de ne pas le saluer pour ne pas attirer l'attention des gardes sur lui, de toute façon c'était inutile, il était certainement déjà au courant de toute l'histoire. Dans quelques heures les forces de l'ordre, n'ayant aucun chef d'accusation contre lui, le relâcheraient certainement et ils se rejoindraient. D'ici là, il allait certainement l'attendre bien sagement, du moins c'est ce que croyait le maffieux.
 
Une fois arrivé à la caserne le garde qui avait demandé au seikajin de le suivre lui adressa la parole pour lui dire quoi faire:
 
-Bon, nous allons d'abord interroger l'accusée avant de recueillir votre témoignage. Si tout coïncide, tout se passera bien pour vous, sinon c'est à voir. En attendant vous allez devoir patienter en cellule, je suis désolé mais c'est la consigne. N'y voyez aucune forme d'hostilité de notre part.
 
-Je comprend tout à fait ne vous inquiétez pas, le rassura-t-il. J'aurai préféré une banale salle d'attente mais soit, il n'est pas l'heure d'avoir des goûts de princesse.
 
L'élu attendit alors sur place une bonne heure, que pouvaient-ils bien foutre?? Honnêtement, il ne connaissait pas encore bien la minshujin mais doutait fortement qu'elle tourne autour du pot ou essaye de la faire à l'envers aux gardes dans son état. Puis essayer de se dédouaner complètement ne devait pas être son genre non plus. Si leur style consistait à faire mariner l'interrogée jusqu'à la faire mourir d'ennui, ils avaient de bonnes chances de réussir. Lorsqu'enfin les gardes revinrent avec Valentine, Bashô ne put s'empêcher de remercier le ciel. Non en effet, il n'était pas du genre patient.
 
-Bon, à ton tour mon gaillard, coopère et ne dit que la vérité et tout se passera bien, lui assura le garde. Suis-nous en salle d'interrogatoire.
 

-A votre guise, répondit simplement l'intéressé sans relever le pronom employé pour le qualifier.
 
Les quelques hommes l'emmenèrent alors dans une petite salle sombre, éclairage très certainement destiné à impressionner les interrogés. La chaise sur laquelle on l'assit était maculée de quelques tâche de sang, ce devait être celui de la semi-vampire. La pauvre, simplement être éveillée serait une douleur dans les prochains jours. C'était de sa faute mais en même temps il fallait bien qu'il l'arrête.
 
-Dites-moi que faites-vous dans notre ville, nous savons que vous êtes un étranger, et également ce qui vous a poussé à intervenir s’il vous plait, demanda celui qui semblait avoir un grade légèrement supérieur, le sergent à coup sûr.
 
-Ouais, alors ce qu'on va faire si vous voulez bien pour ne pas perdre autant de temps qu'avec mon homologue, c'est que je vais raconter ma version des faits dans leur entièreté et ensuite, s'il vous manque des détails, vous me poserez des questions. Je suis désolé mais j'ai pas votre temps, dit-il d'un ton qu’il ne voulait pas désinvolte.
 
Le sergent répondit alors avec un souffle témoignant de son agacement et d'un geste de la main comme s'il balayait quelque chose ce qui signifiait plus ou moins: "soit". Le barbu se mit alors à raconter toute l’histoire dans son entièreté, de ce qu'il faisait avant l'attaque, jusqu'à la partie de la nuit passée chez Gorgias. Il ne mentionna pas le fait que la chasseuse de monstres lui demanda de son sang pour ne pas les inquiéter, mais parla en détail de ce changement radical de personnalité qu'il soupçonnait avant même qu'il ne survienne. Cette femme n'était clairement pas elle-même lors de l'attaque, son regard en témoignait.
 
-Voilà, vous savez tout. Il vous faut autre chose? finit Bashô.
 
-Mmm... Votre témoignage semble parfait. Nous ne vous avions pas donné de sérum de vérité pour voir si vous alliez délibérément mentir ce qui aurait créé une incohérence entre votre histoire et celle de l'accusée. Je suis rassuré de voir que ce n'est pas le cas. Toutefois je reste chagriné d'une chose, formula-t-il, vous ne voulez toujours pas nous montrer votre visage? Je vous assure que ça ne joue pas en votre faveur, et la sienne non plus d'ailleurs.
 
Le hunter prit alors le temps de réfléchir. Il n'était pas recherché ici mais à Seika et, même s'il était vrai que leurs services pouvaient communiquer, il gardait leur entière neutralité. Et puis sa tête n'était pas mise à prix à tant que ça, il pouvait être quasiment sûr qu'il n'était pas dans leurs papiers ni qu'ils creuseraient pour savoir qui il était vraiment. Se dévoiler constituait un léger risque, mais dans sa situation actuelle peut-être moins que celui de rester tête couverte finalement. C'est pourquoi il retira son masque quelques secondes devant des hommes déçus de ne pas voir une tête connue, avant de le remettre.
 
-Satisfaits? demanda-t-il ensuite.
 
-Très, vous êtes libre maintenant. Je vais même laisser mon lieutenant vous remettre la prime qui est due à votre acte de courage qui permit à notre village d'éviter le plus grave, le remercia-t-il.
 
-Et pour ce qui est d'elle?
 
-Elle va écoper d'une grosse amende et certainement de travaux d'intérêts généraux, répondit le gradé. Peut-être même suivi d'une interdiction de remettre les pieds dans notre village si nous ne trouvons pas le moyen d'être sûrs qu'elle ne refasse pas de crise.
 
C'était légitime, elle aurait pu tomber sur une justice bien moins prévenante, elle avait eu de la chance. Ça n'en serait pas moins dur pour elle, mais au moins c'était juste. Bashô rejoint alors l'entrée de la caserne accompagné par un garde en attendant que l'on vienne lui remettre sa prime. Bientôt le garde revint avec une enveloppe. C'est alors que Bashô croisa le regard de Kuru sortant lui-aussi d'une salle d'interrogatoire.
 
-Voilà pour vous, encore merci pour tout, lui dit le garde souriant en lui tendant l'enveloppe.
 
-Avant que je ne parte, pouvez-vous me dire qui est cet homme et ce qu'il vient faire ici? Il me semble l'avoir aperçu tout à l'heure, demanda Bashô en désignant son maître, feignant de ne pas le connaître.
 
-Qui ça, lui? Rien d'autre qu'un petit vieux du quartier venu témoigner apparemment. Il dit que la femme maudite s'était interposée entre lui et des voyous pour lui sauver la vie quelques jours plus tôt, expliqua-t-il. Cela renforce ce que vous dites, elle n'était pas dans son état normal lors de son attaque.
 

-Je vois... Je peux vous demander une dernière chose? demanda le masqué. J'aimerais de tout mon cœur que vous remettiez cette enveloppe à Valentine. Je ne la connais pas ou presque pas mais cet argent lui sera bien plus utile qu'à moi. C'est la dernière chose que je suis en mesure de faire pour elle, ça l'aidera à rembourser en partie l'argent qu'elle vous doit, argent qui servira à réparer nos dégâts.
 
-Très bien je le ferai... Toutefois ce n'est pas ce que j'aurai fait à votre place.
 
"Je sais" se dit Bashô, mais ça lui était égal. Il quitta alors la caserne content de cette journée, pour une fois il n'avait pas l'impression d'avoir été le méchant de l'histoire. Il attendit non loin de là que Kuru le rejoigne. Ce dernier arborait un petit air satisfait, celui de l'homme qui avait réussi son coup. En même temps il pouvait l'être, son faux témoignage les avaient bien aidés. Cela renforçait l'idée du vieux singe et non du vieux sage qu'il se faisait de lui. L’élu de Fenghuang était fier de son maître.
 
-Bon allez, rentrons dormir, j'ai du sommeil à rattraper... lui dit Bashô arborant une moue fatiguée.
 
-Pas moi! s'exclama Kuru heureux d'avoir le beau rôle.
 
Ils espéraient tous deux revoir un jour celle qu'ils avaient aidé, peut-être qu'un jour le destin lui donnerait l'occasion de rembourser sa dette.
 
Tortueux est le chemin de leur destinée
Somptueux sont leurs actes de cette journée
Impétueux les damnés qui leur en voudraient
Et présomptueux ceux qui les ont menacés

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MessageSujet: Re: Lost and corrupted    Ven 15 Juin - 7:12

15 heures. C’était le temps que, allongée sur son matelas, la blonde avait passé dans un sommeil qui tenait presque du coma. Elle s’était réveillé, par brefs flashs, en sentant son compagnon de route quitter son panier pour se lover contre elle, l’avait serré … mais sa conscience, à peine présente, s’était envolée dans les secondes qui suivait, à nouveau. Il fallut plusieurs coups brutaux contre le bâtant de la porte de son cachot, et une voix tonitruante pour finalement l’extirper du sommeil. Et elle ne se sentait pas des plus reposée … mais cela ne l’empêcha pas de se lever et de s’approcher du bol de soupe qu’on lui avait servi. Vidant ce dernier quasiment d’une traite, et observant Oor’ka qui, à côté d’elle, mastiquait lentement la portion qu’on lui avait donné à lui, elle soupira … Elle ne savait pas ce que lui réservait l’avenir proche, mais elle se préparait à … Du « franchement pas drôle », pouvait-on dire.
 
Mais à sa surprise, le jugement ne se fit pas dans les heures, ni même les jours qui suivirent. Dans un premier temps, on la laissa souffler. Un médecin, certifié celui-là, passa l’ausculter, et confirma deux choses. Premièrement, elle avait effectivement souffert des trauma qui auraient brisé – le terme était choisi avec soin – une femme ordinaire. S’entendre citer des mots savants parlant de maux plus ou moins graves – dont une bonne partie qu’elle connaissait – n’avait rien d’agréable … mais au moins, elle était un peu soulagée de savoir qu’elle ne se plaignait pas de douleurs et autres pour rien. La seconde chose était cela dit flatteuse : visiblement, elle avait un organisme des plus capables, et la manière dont elle cicatrisait était exceptionnelle … pour une native. Pour une élue, en revanche, rien de trop surprenant, même si c’était tout de même « fascinant à observer ». Elle se passa de commentaire … il lui appliqua quelques onguents, vérifia que son attelle était correctement placée et la rectifia quelque peu, puis quitta la cellule. Ce fut ensuite à un gros barbu, qu’elle présuma le chef de la garde locale, de rentrer dans sa cellule avec trois autres soldats pour l’interroger.
 
Que savez-vous faire ?
… Pardon ?
Le jugement n’est pas encore tombé, et vous n’êtes clairement pas en pleine mesure de vos moyens … Mais hors de question que vous passiez simplement votre peine à croupir ici alors qu’il y a tant à faire dehors. Alors encore une fois, que savez-vous faire ?
Et bien … je sais lire … écrire … compter. Je connais l’arithmétique, à un très bon niveau dirais-je. Je sais prendre soin des animaux … Je suis une bonne chasseuse aussi. Pister, traquer, abattre … Même si mes méthodes sont quelque peu orthodoxes. Je sais me repérer grâce aux étoiles, lire, dessiner des cartes … Je m’y connais quelque peu en plantes. J’ai des notions de médecine, d’architecture, de politique … Je sais avoir l’air noble,  je suis capable de jouer les diplomates, de m’exprimer en haute société. J’ai des compétences en navigation et en dressage, je sais préparer à manger, réparer sommairement des vêtements … Désirez-vous que je continue ?
… Et personne n’a songé à vous apprendre à être modeste, ouuu … ? Pour une jeune femme d’une trentaine d’années, peut-être moins, je vous trouve dotée d’un éventail de capacités anormalement large.
Vous me donnez trente ans ?
Mes excuse si mon estimation n’est pas exacte, mais oui.
Oh, c’est … Flatteur, plutôt. Mais à dire vrai, j’ai plus de … 7 …
… 7 années ?
7 siècles et 8 décennies, depuis mon arrivée ici … Peut-être seulement 7 pour les dizaines également, mais vous comprendrez que passé certains caps, ce genre de détails ne passionne plus réellement. Elle eut un petit sourire en voyant l’air du garde, et glissa les doigts sous une mèche de cheveux pour l’écarter, et révéler une oreille pointue. Je ne suis pas humaine. A moitié seulement. Ma mère l’était … Mais mon père était un elfe. La chose possède avantages et inconvénients, je suppose …
Certes … J’ai dû ne pas remarquer cette information dans votre dossier. Enfin … Vous êtes bonne en chiffre, avez-vous dit ?
C’est exact.
Parfait, soupira l’homme bedonnant en s’avançant un peu sur sa chaise et en croisant les doigts. Beaucoup d’éléments administratifs de la ville auraient besoin d’un fort coup de main, ces derniers temps. Non seulement pour comptabiliser les dégâts que vous avez causé avec « votre ami », et aussi pour palier à l’absence momentanée d’une de vos victimes … Je suppose que vous en devinez les raisons …
L’hybride était tentée de placer une réplique mauvaise … Ne serait-ce que pour prouver à ce gros lard qu’elle n’était pas vraiment le genre de personne à apprécier recevoir ce genre de piques gratuites. Mais … Gratuit, ce petit rappel l’était-il réellement ?… Soit. Où travaillerais-je ?
Oh, pas très loin d’ici … Mais vous serez sous surveillance constante.
Bien entendu.
 
Cette fois, ce fut le garde qui sembla légèrement pris au dépourvu … Mais il n’argua rien. Le lendemain matin, conformément à ce qu’on lui avait dit, on vint à la réveiller tôt le matin, et elle fut accompagnée hors de son cachot, en ville. Les deux gardes qui l’accompagnaient la regardaient avec colère, mais respect : en outres, ils avertissaient verbalement les villageois qui, eux, en voulaient ouvertement à l’hybride. Quelqu’un tenta même de se jeter sur elle avec un couteau, mais avant qu’elle n’ait eu besoin de réagir – même dans son état, elle se voyait parfaitement lui faire un croche-pied ou quelque chose de ce genre – l’un des gardes intercepta le jeune homme en lui passant l’intérieur de son coude légèrement arqué dans la gorge, le déstabilisant et l’envoyant à terre. Une fois l’individu désarmé, et envoyé paître par les soldats, l’hybride ne put s’empêcher de remercier celui qui l’avait protégé. Avec une expression grimaçante, il répliqua qu’ils n’étaient pas là pour l’empêcher de fuir … Ou du moins, pas en priorité. Ils n’étaient pas non plus là pour protéger la population de ce qu’elle pouvait leur faire, tant qu’elle ne faisait pas signe d’hostilité … En revanche, elle, elle devait être protégée de la population. La phrase, énoncée froidement, lui causa un frisson … Mais elle ne répliqua pas. Elle n’était pas sûre de s’en sentir capable.
 
Malgré la blessure qu’il avait récolté, le comptable avait tenu à être présent pour être certain  que « son travail serait bien fait ». Fêlure à l’os du bras. En le voyant, maigre, grand et pâle, la traqueuse se rappela une goule décharnée et frêle, qui avait tenté de lever la main sur elle durant sa « crise ». Elle avait frappé son biceps du tranchant de la main, l’envoyant à terre. Elle préféra ne pas lui faire part de ce souvenir. L’individu, sec dans le ton et visiblement rancunier, fit pourtant montre d’une courtoisie forte appréciée, que la blonde s’empressa de rendre. Les deux gardes indiquèrent qu’ils effectueraient une surveillance de l’hybride toute la journée, mais n’interviendraient probablement pas : après tout, ils n’étaient là qu’en tant que « garde-fous » … Le terme provoqua un autre pincement au cœur de la traqueuse, mais elle se contenta d’écouter le comptable commencer à lui expliquer ce qui serait son « métier » pour les jours à venir, au moins.
 
Quand bien même elle n’avait pas fait de mathématiques depuis assez longtemps – ou en tout cas, pas autant de façon si pointue – la chasseuse de monstres n’eut besoin que d’une matinée pour comprendre les trois bons quarts de ce dont elle avait besoin, le reste étant surtout composé de cas particuliers ou d’exception qu’il ne lui demanderait pas de traiter. S’installant sur une table et une chaise, non loin du bureau du comptable, l’hybride passa l’après-midi à gratter du papier de sa plume, réfléchir aux différents problèmes exposés, ou poser des questions auxquelles elle recevait des réponses plus ou moins brèves, selon la complexité. Le comptable était, et c’était assez agréable, un homme intelligent : il ne se contentait pas de l’envoyer bouler, mais l’aidait réellement à comprendre l’aspect qu’elle ne saisissait pas, lui permettant une montée en compétence rapide et efficace. Pour le reste, il n’y avait pas grand-chose de complexe : il fallait majoritairement calculer des coûts, des revenus, des besoins … Le nombre de factures qui concernaient des frais médicaux était particulièrement important.
 
Perdue dans ses tâches, la blonde ne réalisa que le soir tombait que lorsqu’un des gardes vint la chercher, lui demandant de se presser, alors qu’à l’extérieur quelqu’un activait les quelques lampes magiques qui, suspendues dans les rues, permettaient de s’y retrouver en dispersant l’obscurité. A la surprise des gens présents, elle demanda s’il lui était permis d’emporter du papier, une plume et de l’encre dans sa cellule, afin qu’elle puisse continuer ce qu’elle faisait ici … La permission lui fut donnée par les gardes dubitatifs, qui ne savaient pas vraiment pourquoi on aurait pu lui refuser. Une fois de retour au poste, elle s’arrangea pour écrire sur un coin du banc de sa cellule, assise en tailleurs sur le sol, et veilla jusqu’à tard dans la nuit, avant de décider qu’elle avait, malgré son habituel manque d’envie de prendre soin d’elle-même, besoin de sommeil.
 
La seconde journée se passa comme la première, à ceci près qu’elle n’eut cette fois pratiquement besoin d’aucune explication, et se mit directement au travail, pendant que le comptable relisait ses notes et s’assurait de leur exactitude. A part un chiffre mal écrit dans un calcul qui ressemblait à un autre,  il ne releva rien qui lui sembla faux, et se contenta donc de classer son travail dans les affaires traitées. La journée s’écoula sans incident … De même que la suivante, et celle qui suivit également. Cependant, au début du cinquième jour, elle remarqua de légers changements. Les gardes devenaient plus permissifs : on lui avait installé une table et une chaise dans sa cellule, grâce auxquelles elle pouvait travailler plus confortablement et efficacement durant ses veillées. Il n’y avait plus qu’une seule personne qui l’accompagnait … Et en soit, ce n’était pas un jeune gaillard bien robuste : l’hybride se demandait si il n’était pas plus fin qu’elle, une fois son armure ôtée. Peut-être la testait-on, et voulait-on savoir si elle ne chercherait pas à échapper à sa peine, une fois moins étroitement surveillée … Mais la traqueuse n’était pas de ce genre-là.
Pour continuer dans les bonnes nouvelles cependant, son organisme avait visiblement apprécié le sang de l’homme masqué qu’elle avait bu … Elle ne se sentait clairement pas devenir aussi physiquement robuste que lui, et ne le serait sûrement jamais, mais en revanche, son bras cicatrisa en un temps qui étonna même le médecin qui la surveillait : lorsqu’il lui fit bouger son membre dans diverses positions pour en tester le taux de récupération, il avoua avoir l’impression qu’elle était convalescente depuis un mois et demi, et non seulement une semaine et des poussières … La traqueuse ne fut pas spécialement surpris de cette information, même si elle aurait cru que le sceau « briderait » sa récupération de façon un peu plus forte. Enfin … elle ne pouvait pas se plaindre.
 
Lorsqu’il fut totalement certifié qu’elle était de nouveau en pleine possession de ses moyens, et malgré son efficacité folle en tant que comptable, on lui demanda de changer de tâche : assister à la reconstruction de ce que son combat avait détruit. Il n’y avait pas grand-chose en somme, mais tout de même : plusieurs murs de plusieurs bâtiments avaient été endommagés, et menaçaient parfois de s’effondrer par surprise. Accompagnée par quelques ouvriers, elle se chargea donc de transporter du matériel en ville, et d’utiliser les pierres taillées, que le village avait mis les 2 semaines à profit pour acquérir et acheminer jusqu’à l’endroit où elles seraient utilisées, pour refaire à neuf certaines portions de maisons. Là encore, elle en surprit plus d’un par la vitesse à laquelle elle apprit les bons gestes, et par l’endurance dont elle faisait preuve : même fatiguée, elle semblait développer des courbatures et des problèmes dus aux mouvements répétitifs bien moins vite que les ouvriers.
 
Une petite semaine fut nécessaire pour refaire la partie du village impactée à neuf, et suite à cette dernière, la blonde fut convoquée. Son jugement serait bientôt rendu … Et malgré son âge, l’expérience,  et l’expression rassurante du garde avec qui elle avait parlé, elle ne pouvait s’empêcher d’appréhender. Le matin de son jugement, on lui demanda, pour la première fois depuis le début de son emprisonnement, de renfiler des menottes inhibitrices de pouvoirs. Ces dernières, bien que règlementaires, s’étaient vites révélées être une gêne pour les travaux de compatibilité, dans la mesure où l’hybride avait malencontreusement eu quelques « accidents » avec des feuilles ou des encriers placés aux mauvais endroits. C’était le comptable, cependant, qui avait demandé à ce qu’elle soit libéré tant qu’elle travaillerait pour lui …. Pour les travaux manuels, la question ne s’était même pas posée : dans la mesure où son sceau la bridait déjà particulièrement efficacement, les menottes lui donnaient une force à la limite du sous-humain, rendant ses tâches impossibles, ou presque. Mais là … Elle sentait très clairement, alors qu’on la conduisait de nouveau dans les rues de la ville, qu’une sanction allait tomber, et qu’elle n’avait droit qu’à un seul rôle possible : celui de la coupable. Pourtant, la population sembla … Moins lui en vouloir qu’auparavant. Elle ne reçut qu’un ou deux sifflements, et aucun projectile, ce dont elle fut grée envers les natifs.
 
Le jugement se passa dans une sorte de grande pièce, dont la taille pouvait rivaliser avec celle d’un temple dans l’univers de Valentine, bien qu’ici, point de symboles religieux : on l’utilisait visiblement pour les annonces publiques et autres choses du genre concernant le village. Peu rassurée de voir que des rangées de bancs avaient été installées, et que beaucoup étaient déjà remplies lorsqu’elle entra, l’hybride fut conduite jusqu’au premier rang, où on la fit prendre place sur une chaise, face à un tribunal qui s’était installé derrière une large table. En tout, elle n’avait l’impression de ne voir qu’un seul juge : sur sa gauche, elle assumait voir deux moines, et un ancien dont la profession, s’il l’exerçait toujours, était difficile à déterminer. En tout cas, son regard était vif et acéré, et elle sentit l’ire qui teintait ce dernier … A sa droite, un homme quelque peu joufflu dans une tenue ayant des airs sobres, mais distingués, devait probablement être le maire, avec à côté de lui l’aubergiste, et un individu âgé, qui avait chaussé sur son nez de petites binocles rondes. Dans la salle, petit à petit, les bancs vides se remplirent un à un, jusqu’au point même où certains durent rester debout, adossés au mur du fond de la salle, ou sur les flancs. Plusieurs dizaines de secondes s’écoulèrent, durant lesquelles l’assistance baissa peu à peu le niveau sonore des discussions, jusqu’à ce que le juge, levant une main, ne coupe les trois dernières conversations encore en place. Posant ensuite sa main face à l’autre, qui était restée sur la table, il observa sans détour l’accusée, et prit la parole.
 
Mes amis, mes concitoyens … Je pense que tous ici savent qui sera jugé lors de la scéance de ce jour. A la déception, probablement, de certains, le jugement n’a pas été rendu … Cette audience revet donc une importance capitale pour la détenue, ici présente. Accusée, veuillez vous lever et vous introduire à la salle.
S’exécutant avec un très discret soupire, la blonde se mordilla légèrement la lèvre supérieure … On ne lui avait pas autorisé à garder son masque aujourd’hui, et elle ne pouvait s’empêcher de se sentir légèrement vulnérable à cause de cela. Enfin … « heureusement », elle ne faisait face qu’aux juges. Que dire … bah. Elle ne risquait pas grand-chose à être honnête … Le tout était « jusqu’à quel point ». Valentine … Je m’appelle Valentine Weathley. Elue de Minshu, elfe de brume … Ancienne chasseuse de monstres, sur mon monde d’origine.
Un murmure parcouru la salle, et le juge hocha la tête, lui faisant signe de s’asseoir. S’éclaircissant la gorge,  il patienta que le calme soit revenu totalement, et reprit la parole. Valentine, je pense que les chefs d’accusations qui sont portés contre vous sont connus de tous et toutes ici … Destruction de biens matériels, attaques à l’arme blanche sur des civils, agressions de représentants des forces de l’ordre … En une heure, vous avez fait autant, sinon plus de ravages qu’un grand fauve affamé relâché en place publique. Que plaidez-vous ?
Coupable, votre honneur. Elle aurait eu envie d’accompagner cette réponse de circonstances atténuantes … mais c’était une cour de justice, pas un débat ouvert. Elle devait répondre aux questions … Rien de plus.
Bien. Sachez qu’à l’origine, votre peine était … extrêmement lourde, ne nous le cachons pas. Les premières estimations parlaient de plusieurs morts, de milliers, peut-être millions de yens de dégâts … Mais ces estimations ont été faites alors que vous n’aviez pas encore, ou tout fraichement été « interceptée ». Depuis lors, un grand nombre d’éléments complémentaires sont venus s’ajouter à votre affaire … Le juge, même s’il ne changea nullement d’expression ou de pose, marqua un temps d’arrêt lorsque l’hybride se pencha pour récupérer, entre ses jambes, Oor’ka, et l’installer sur ses genoux. L’animal, encore un peu faible même s’il pouvait désormais largement se déplacer et alimenter seul, s’y roula tout de suite en boule, de lentes caresses venant parcourir le pelage du haut de son dos. Le juge reprit comme si de rien n’était. En premier lieu, la personne qui vous a arrêté. Il est regrettable qu’elle ne soit pas avec nous en ce jour, mais nous n’y pouvons hélas rien. En tout cas, toujours est-il que cette personne a … Versé l’entièreté de sa prime à la ville, dans le but de diminuer autant que possible votre amende. Le saviez-vous ?
… Je l’ignorais totalement. Sentant les caresse s’arrêter, Oor’ka remua un peu la tête. Elle reprit aussitôt, même si la surprise n’était clairement pas passée … Il avait fait ça ? A-t-il … donné les raisons de son geste ?
Elles sont relativement transparentes, étant donné son témoignage. La parole ne vous était cependant pas donnée, mademoiselle … enfin. Il est également à noter que, malgré les griefs dont vous vous êtes rendue coupable, vous n’avez étrangement mis la vie de personne en danger. Vous avez explicité aux gardes que c’était partiellement volontaire ?
Quelle crédit peut-on accorder à sa parole ?
… Monsieur Weng, je vous serai gré de limiter un maximum ce genre d’interventions. Vous confirmez, donc ?
En effet. L’hybride refusait de laisser sa voix trembler face aux accusations, et y parvint avec un succès qui la surprit quelque part elle-même.
bien. Les chef d’accusation ayant déjà été éclairci, je vais désormais parler des conditions de votre arrestation. Cette dernière a été effectuée, quelques dizaines de minutes – selon votre témoignage – après la fin du combat avec l’homme qui vous a mise hors d’état de nuire. Ce dernier, s’inquiétant d’avoir été empoisonné, vous avait en effet conduit chez un médecin afin que vous puissiez lui fournir un antipoison si nécessaire, ou le rassurer dans le cas contraire. Vous avez coopéré avec les gardes qui se sont présentés, et même si l’on peut imputer cela à vos blessures, vous avez fait preuve d’un respect certain des autorités. Lorsqu’on vous a interrogée, vous avez raconté sans détour les évènements de la soirée, et votre version a été corroborée non seulement par votre ancien adversaire, mais aussi par de nombreux témoins : l’aubergiste, ici présent, qui vous avait vu vous absenter en début de soirée avec l’expression d’une malade. Le docteur, également, qui a confirmé que vous aviez presque, je cite, « fondu en larmes au récit de vos exploit », une fois revenue à vous-même. Plusieurs témoins du combat, en relative sécurité chez eux, ont également mentionné d’étranges phénomènes magiques vous entourant durant la confrontation, et de la fumée noire que vous dégagiez … Du moins, jusqu’à la fin de l’affrontement.
 
Le fait que vous n’ayez menti sur rien ne fait évidemment pas tout, et c’est loin d’être le seul facteur que nous avons pris en compte. Nous avons également énormément surveillé votre comportement au cours des deux semaines passées. Vous n’avez pas provoqué ne serait-ce qu’une dispute. Vous avez reçu des insultes, mais n’avez jamais répliqué. Au dela de cela, vous n’avez jamais cherché à vous échapper : qu’on diminue la sécurité qui vous surveillait, qu’on « oublie » de verrouiller votre cellule, voire parfois qu’on vous laisse un peu seule le matin, il ne semble même pas vous être venue à l’idée de prendre vos jambes à votre cou en vous rendant aux lieux de vos travaux d’intérêt généraux, ni de crocheter votre serrure. A propos des travaux d’ailleurs, les gens ont remarqué non seulement votre efficacité, bien sûr, mais aussi votre implication : vous vous êtes appliquée à la tâche avec une passion qui aurait pu faire jalouser certains professionnels.
 
Et pour terminer, nous avons contacté votre nation … Vous ne semblez pas très connue là-bas. Mais votre statut d’élu, même s’il ne vous protège pas, joue tout de même légèrement en votre faveur … nous ne voulons pas de problème avec le serpent. Et bien entendu, la peine de mort peut sembler futile, pour des êtres capables de revenir, mais nous n’aborderons pas plus le sujet ici. Bien …
Légèrement fatigué d’avoir parlé si longtemps, le juge vida en quelques gorgées le verre d’eau qui était posé devant lui, avant de marquer une pause et de croiser les doigts devant lui. A la lumière de ces éléments, et malgré les … Ressentis personnels de certains membres de cette assemblée, le tribunal avait déjà étudié tous ces paramètres, et rendu la sentence. Avant que je ne délivre cette dernière, avez-vous quelque chose à dire ? Que ce soit à cette assemblée, ou au village ?
Et bien … Je … suppose … Je … Je tiens à remercier la personne, qui qu’elle soit, qui m’a permis de prendre soin d’Oor’ka, que ce soit en prison où pendant mes travaux. Je ne sais pas si elle fait partie de cette assemblée … mais … Sachez, au moins, ou répétez-lui que je lui ou leur suis grée de ce geste. Et … à côté de cela … Se relevant lentement, gardant son familier contre elle d’une main légèrement tremblante, elle soupira avec profondeur, et se retourna vers la foule. Elle sentit des dizaines, probablement même plus d’une centaine de regards qui étaient portés sur elle … Et presque tous portaient de la colère. Certains, même de la haine. Plus qu’elle n’était capable d’en soutenir … Elle finit par détourner les yeux, mais se força à parler, malgré tout. Je … m’excuse. Auprès de chacun de vous … Ce que j’ai fait, aucun … personne ne l’a mérité. Personne. Je n’espère, ni ne demande réellement qu’on me pardonne … Inspirant longuement, elle finit par relever les yeux, et faire face aux villageois de nouveau. Mais …Je tiens tout de même à dire que je n’étais pas maîtresse de mes actes … et que je regrette qu’ils aient eu lieu. Je suis … profondément désolée. J’espère que, même si vous avez toutes les raisons de me haïr, vous comprendrez … Sa voix avait diminué en volume au fur et à mesure, devenant légèrement plus tremblante à chaque parole. Pourtant, le silence laissait à chacun de ses mots la possibilité d’être entendu par tout le monde dans la salle … et ce même silence fut la seule réponse qu’elle reçut, alors qu’elle se retournait, s’asseyait de nouveau, et reniflait légèrement, levant son bras valide pour se frotter les yeux. C-c’est tout ce que j’avais à dire, votre honneur …
Bien. Valentine Weathley, élue de Minshu. A la lumière des chefs d’accusations portés contre vous, mais également des éléments disculpant qui ont été fournis depuis vos crimes, notre tribunal vous condamne à trois mois d’intérêts généraux pour le bien du village, qui vous seront attribu- …
 
 Une clameur, parfois virulente, s’éleva dans la salle, certains villageois contestant la décision sans se gêner pour crier. L’évènement ne dura que quelques secondes, mais fut particulièrement éprouvant pour la semi-vampire : elle entendit entres autres, au milieu des invectives et accusation, un « Crevez-lui un œil, pour compenser celui qu’elle a arraché à mon fils » qui la fit presque s’étrangler sur sa chaise. Cependant, le marteau du juge, cognant son socle avec vigueur, parvint à faire plus de bruit que les contestataires, qui se calmèrent d’emblée lorsque le juge leva le ton.
 
SILEEEEEEEEENCE DANS L’ASSEMBLEE ! C’est une cour de justice,  pas un marché public ! La prochaine intervention impromptue de cette nature se verra récompensée d’une amende et d’une expulsion immédiate de la salle. Le silence revenu, le juge sembla se calmer, le rouge de son visage le quittant petit à petit alors qu’il se rasseyait complètement sur son siège, perdant l’air particulièrement menaçant qu’il avait adopté. Hors donc … La cour vous condamne à 3 mois de travaux d’intérêt généraux, dont l’entièreté des bénéfices seront perçus par la mairie, qui l’investira dans la communauté. Suite à cette peine, vous serez bannie de cet endroit pour une durée de 2 ans. Si vous contrevenez à cette interdiction, vous serez passible d’une amende, d’un passage au pilori ainsi que d’une potentielle amputation de la main droite. Aucune amende supplémentaire ne vous est demandée, les modalités de votre hébergement seront à voir avec la garde, vous avez l’autorisation de récupérer vos effets personnels de tous types.
Gardez bien à l’esprit que nous avons fait preuve d’une clémence exceptionnelle, mais celle que nous avons estimé la plus juste en vue de votre situation particulière. Je prie les dieux que ni vous, ni personne ne nous fassiez point regretter cette décision.
La scéance est levée. Pour ponctuer la fin de sa phrase, le juge frappa lourdement sur le socle de son marteau, déclenchant le départ des plus impatients dans la pièce.
 
La semi-vampire, elle, resta assise encore de nombreuses minutes, à la fois sur ordre des deux gardes qui l’accompagnaient, et ne désiraient pas la voir se faire agresser à l’extérieur … et également parce qu’ils ne la sentaient pas capable de partir. Pas tout de suite. Il n’y avait qu’à voir la façon dont elle avait légèrement bougé son familier sur ses jambes pour que ce dernier soit « debout », appuyer contre son ventre et son cœur. A voir comment elle le serrait, comme si c’était le seul être cher qu’il lui restait au monde … il n’y avait qu’à voir comment elle s’était recroquevillée pour laisser couler silencieusement ses larmes.
 
Les trois mois suivants promettaient de ne pas être de tout repos … mais étrangement, songea le plus jeune des deux miliciens en lui posant une main sur l’épaule et en la lui frottant … il était quasiment persuadé que cette étrange femme au teint si pâle s’en tirerait sans le moindre problème.
 
HRP:
 


"La plus grande Nemesis que j'ai jamais dû affronter ... C'est moi-même." :
 


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