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Jette-toi dans le ravin [PV: Basho]
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MessageSujet: Re: Jette-toi dans le ravin [PV: Basho]   Jeu 7 Sep - 23:04



Insouciance Piégeuse



Au plus grand étonnement de Bashô, ses attaques fonctionnèrent remarquablement bien contre le golem! En quelques secondes il fondit entièrement jusqu'à devenir une vulgaire flaque de boue. La magie était bien la faiblesse des golems, au moins autant qu'elle était sa propre faiblesse. D'ailleurs il était assez mauvais lui-même en attaque magique, le fait qu'il ait tout de même réussi à le neutraliser si rapidement prouvait que la créature n'était pas très forte... Et les mages qui l'avaient créée non plus. C'était déjà un réconfort pour le maffieux qui n'avait vu jusqu'ici que les difficultés s’amonceler sans jamais être déblayées. Heureusement il avait foi en sa propre force et en celle de Gally aussi. Cette femme possédait des talents indéniables et était d'une compagnie incroyablement agréable. Aussi étrange soit-il, cette seconde caractéristique comptait tout autant que la première aux yeux de l'élu.

Bon, tout cela était bien beau mais ça ne servait tout de même pas à grand chose. Ce n'est pas en dézinguant un pauvre golem que les gens derrière les trucs louches qui se passaient dans ce village arrêteraient de pratiquer leurs activités illégales. Chose bien dommage d'ailleurs, la mission se serait montré bien plus facile dans ce cas-là. Dire que lui se retrouvait embarqué dans toute cette histoire juste à cause d'une put*** de tempête de sable... Enfin, se plaindre n'accélèrerait pas les choses. D'ailleurs il n'avait plus qu'à faire demi-tour maintenant, il n'allait pas rester dans ce cul de sac inutilement en attendant que les trois guguss reviennent. "Au passage s'ils peuvent se téléporter à volonté on a pas l'air con à leur courir après, on va juste se fatiguer pour rien c'est tout ce qu'on va gagner..." bougonna-t-il intérieurement. Il n'avait pas totalement tord sur ce point.

Malgré sa bonne résolution de se réinvestir aussitôt dans sa mission, il décida tout de même de se reposer cinq minutes. Il ne servait à rien de se précipiter pour être complètement H.S dans deux cent mètres. Il venait de se farcir un golem après tout. Mais se reposer un peu n'eut pas pour seul bénéfice de lui faire reprendre son souffle, cela lui donna également une idée pour la moins intéressante... Honnêtement, s'il rebroussait chemin ce serait finalement pour emprunter le même que celui de Gally, non ? Or comme la cyborg y était déjà, ça n'avait pas grand intérêt il fallait l'avouer. Il devait exister de nombreux autres passages mais certainement secrets. Pourquoi ne pas tenter de les découvrir, ou, faute de mieux, de leur forcer le passage? C'était certainement ce qu'il y avait de mieux à faire oui.

Le viril barbu se mit alors à tapoter méticuleusement les différents murs jusqu'à percevoir que l'un sonnait creux. N'importe quel amateur de films d'aventures pouvait alors affirmer que derrière ce mur se cachait certainement une pièce. Ni une ni deux, Bashô chargea son bras droit de Nen qu'il concentra grâce à son gyo pour décupler sa force. Le mûr n'allait pas y résister... Et sans surprise, il n'y résista pas, s'écroulant dans un fracas à alerter un sourd à un kilomètre de là. Pas si grave, les habitants de ces catacombes savaient déjà qu'il était là. Il venait juste de leur confirmer qu'il était encore en vie et en pleine forme, cela pouvait servir à les intimider. Amusé par le futur si incertain devant lui, il s’engouffra d'un pas jovial dans la nouvelle entrée de la pièce tout aussi nouvelle qu’il venait de découvrir.

-Rha, que j'aime cette ambiance... jubila-t-il.

Son attitude tant d’en-bon-train était étonnante quand on savait que quelques minutes avant à peine il était aussi motivé par sa tache qu'un dépressif. Comme quoi, rien n'était plus efficace que cinq minutes de repos, je savais que mamie avait raison (spéciale dédicace à ma grand-mère je t'aime). Malheureusement, aussi reposé était-t-il, cela ne réussit pas à effacer son insouciance habituelle. Les défauts de ce genre de tunnel pour ce genre d'abrutis étaient souvent les pièges. Oui, ce mauvais tomba dans l'un d'eux comme le grand boulet qu'il était... Ça commença peu originalement lorsqu'il marcha sur une fausse dalle avant de se terminer dans une fausse à serpent extrêmement profonde. Les os des précédents visiteurs de la fausse jonchaient encore le sol de ce funeste lieu. Les serpents en eux-mêmes ne furent pas réellement un problème, ils expirèrent assez rapidement après que Bashô ait décidé d'en faire son problème numéro un. Pauvres bêtes. En revanche, pour ce qui était de remonter cette fausse, se serait bien plus compliqué. Les bords complètements verticaux et gras d'une dizaine de mètres de profondeur empêchaient toute ascension. Il était vraiment dans un bordel sans nom...

"Heureusement" au bout d'une demi-heure une vague énergétique de magie le plongea dans un profond sommeil, cela l'aiderait au moins à passer le temps. Quoique, les souvenirs qui inspirèrent son cauchemar n'étaient pas vraiment plus enviables que son insoutenable attente...

Bashô, sans savoir comment cela était possible, était de nouveau en train de passer son examen pour devenir hunter. Il gardait un très bon souvenir du moment où on lui remit sa licence, malheureusement ce n'était pas celui-ci qu'il revécut. Dans une forêt aussi sombre que l'allégorie des enfers, le maffieux faisait face à une chimère digne de l'imagination d'un fou. Son rêve exacerbait certainement ce souvenir, si bien que simplement la regarder le paralysait. Elle était le symbole même de la peur. Une peur viscérale dont on ne pouvait se détacher…

Comment allait-il s'en sortir?!


Pour Gally:
 

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MessageSujet: Re: Jette-toi dans le ravin [PV: Basho]   Mar 19 Sep - 0:28

- Jette-toi dans le ravin -

Cela faisait déjà quelques instants qu’un truc avait changés dans le comportement de Toji. C’était la grande finale du ZOTT et j’avais décidé de prendre ma revanche sur le cyborg karatéka de la défaite qu’il m’avait déjà infligé une fois. Au début, tout se passait très bien. Je jouais avec lui comme un chat jouerait avec sa proie. Il mimiquait sans réussite une technique de défense apprise sur le tas auprès d’un autre maître du karaté-crustacé. Mais mes attaques perçaient son armure comme s’il s’agissait de beurre. Rien ne pouvait battre le panzer-kunst. Enfin, c’est ce que je croyais.

Car, de nulles parts, une nouvelle force sembla animer le grand cyborg. Quelque chose dans son regard avait changé et ça ne me disait rien de bon. Mais pensant que ce n’était que l’attitude, je repris l’assaut. Non seulement mon attaque oscillante fut nullifié, mais il en profita pour m’attraper, me retourner dans les airs puis me frapper de sa paume dont le choc était amplifié par une impulsion électro-magnétique. Je volais à plusieurs dizaines et m’écrasais sur le sol. Quand je relevais la tête, je ne vis que le tranchant de la main de Toji s’abattre sur moi. J’eu le bon réflexe de rouler sur le côté pour esquiver. Je me redressais, sautais le plus haut possible et tentai de le frapper par une attaque à la verticale. Encore une fois, il me para et sa paume rencontra mon corps à nouveau. C’est alors là que je compris qu’il y avait un truc qui clochait : j’avais mal. Une douleur sourde et qui me mordait l’abdomen. Je portais machinalement ma main sur l’endroit qui me faisait mal et remarquai qu’un liquide coulait d’une plaie. Il s’agissait de sang. Je regardais mes mains, essayer de reprendre le contrôle de mes cellules imaginos quand la réalité me frappa, j’étais redevenu organique.

Une nouvelle gifle de Toji me rappela à la réalité. J’avais perdu toutes mes forces, j’avais perdu tout ce qui avait fait de moi une guerrière. Je n’étais plus rien. Mon corps vint s’écraser sur le bord de l’arène. Je devais avoir tous les os brisés en mille, des plaies sur toute ma peau. Je pleurais sous l’effet de l’abominable douleur qui me cerclait tous les membres, comme la morsure d’un animal sauvage qui vous aurait attrapé et qui ne faisait que serrer de plus en plus fort. Toji s’approcha de moi et asséna le coup final.


------------------------------------------------------


- Oh... pauvre enfant, elle pleure...
- La bonne affaire, bute la gamine qu’on se tire.

Gally était à genoux devant un groupe de pillard qui venait d’attaquer le convoi dans lequel elle et ses parents se trouvaient. Mais la petite enfant de trois ans ne voyait plus ses parents. Terrifiée, elle ne pouvait stopper les larmes de venir à ses yeux.
- Attends, j’ai une idée, proposa un des pillards alors qu’il s’approchait de la toute jeune cyborg. Hey, salut petite, ça te dirait de jouer à un jeu ? Tu vois le bout de ce champ, il pointait l’autre extrémité du champ de mines qui avait permis l’embuscade du convoi. Si tu arrives jusqu’au bout, je te promets que je t’emmène voir tes parents.

La petite fille s’arrêta enfin de pleurer et acquiesça à l’idée de l’inconnu. Elle voulait retrouver son papa et sa maman. Elle essaya de se lever, mais son corps mécanique, auquel elle n’était pas encore habituée, n’obéis pas correctement et elle tomba sur ses genoux. Le pillard sembla être extrêmement déçu, il sortit un pistolet et s’apprêta à tirer. C’est alors que Gally reçu un cadeau de la providence. Une fille à peine plus âgée que la cyborg avec un bandage sur l’œil fit son irruption et demanda à accompagner Gally. Le pillard sourit à l’idée de voir non pas un, mais deux feux d’artifice, acceptèrent le marché et les deux enfants commencèrent leur marche.

Un mètre. Deux mètres. Trois mètres. Le vent soufflait doucement la poussière à la couleur métallique dans les cheveux des pauvres petite. Dix mètres. Vingt mètres. Trente mètres.
- Je m’appelle Erica, fit la blondinette avec un grand sourire pour réconforter la pauvre Gally, qui était toujours aussi terroriser. Comment tu t’appelles ?
- Yoko...


------------------------------------------------------


Je me souviens que mes oreilles sonnaient. C’était peut-être juste le vent... non... Je n’étais pas effrayé. Je me sentais juste terriblement seule. Je me souviens d’Erica me parlant de sa maison, alors que je ne me rappelais déjà plus du visage de ma famille. Je me souviens de la mine détonnant à quelques pas de nous et du cri du pillard nous ordonnant de continuer. Je me souviens qu’Erica me parlait, mais je ne sais plus à propos de quoi. Erica s’est alors arrêtée. Nous avons stoppé notre marche et nous nous sommes tenues ici.

Nous avions fait plus de cent pas, mais Erica savait que le prochain pas serait le dernier. L’incertitude d’Erica m’effrayait.
- Je préférerais mourir sur une mine que de me faire tirer dessus.

Erica avait déjà une estime d’elle-même, j’étais bien trop jeune. Elle avait failli pleurer. Ce que je ne savais pas, c’est qu’elle souffrait de sa propre solitude et terreur.
- Regardons le ciel pour notre prochain pas. Comme ça, quand on mourra, on ira au paradis. Et une fois là-haut, on demandera à Dieu de faire tomber les lunes sur cet endroit...

Oui, les lunes pouvaient bien tomber, je n’en avais plus rien à faire...

Note pour le correcteur:
 
Gally



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MessageSujet: Re: Jette-toi dans le ravin [PV: Basho]   Dim 8 Oct - 22:08

Le fait qu'il ré-affronte cette chimère était absurde et il était impensable que la réalité puisse laisser faire cela, Bashô aurait du se rendre compte qu'il était en train de rêver. Mais si nous avons cette pensée, c'est parce que nous ne voyons pas ce qu'il voit. N'importe qui posant son regard sur cet amas de chair grotesque verrait son esprit si perturbé par cette vue qu'il en serait incapable de raisonner correctement. Un être sans devant ni derrière, ayant une peau autant boursouflée que calcinée par endroit seulement, véhiculant probablement la peste par ses pustules et ses poches de pue géantes... Non, c'était bel et bien un cauchemar, mais c'était le cadet de ses soucis. Et puis comment pouvait-il croire que cette bestiole n'était que le fruit de son imagination? Qui serait en mesure d'imaginer une aberration pareille alors que son inconscient lui-même refusait catégoriquement d'accepter l'existence de cette chose? Cette monstruosité n'avait rien à faire dans aucun des mondes, réel ou imaginaire. "Je veux partir, laissez-moi partir... Je ne veux pas qu'elle me touche, ne la laissez pas faire, s'il vous plait... S'il vous plait..." implora-t-il en geignant et joignant ses mains alors que jamais jusqu'à présent il ne s'en était remis à Dieu. Ni à personne d'autre d'ailleurs. Mais un dieu à la fois bienveillant et omnipotent et cette créature ne pouvaient pas coexister dans la même réalité, c'était impossible, le premier aurait empêché l'autre d'exister...

Peut-être pouvait-il battre cette créature, mais il n'en avait pas la moindre envie. Non ce qu'il voulait c'était arrêter de la voir. Le fait de fermer les yeux ne suffisait pas tant sa vue était choquante. Il voulait juste que ce supplice cesse. Dans ce cas-là, il y avait un moyen très rapide. Tant pis pour tout le reste... Le maffieux prit alors sa détermination et un couteau, et se le planta dans la gorge. Il avait bien fait, il sentait déjà un soulagement arriver au fur et à mesure que la mort l'emportait... "J'ai réussis à fuir cette vision" se dit-il alors que son dernier souffle de vie prenait son envol vers les cieux. Sa souffrance avait atteinte un tel paroxysme qu'il était content d'en finir. Tous les autres moments devenaient bons à côté de celui-là.

Mais les anges ne l’emmenèrent pas jusqu'au royaume des morts comme vous le savez si bien. Non, il revint juste jusqu'à la dure réalité sonnant comme un doux rêve à côté de l'irréel. Pourtant celle-ci était loin d'être enviable. Alors que doucement il se réveillait, il prenait conscience de son environnement: il était attaché à une sorte d'autel sacrificiel à côté de... Ah oui, Gally c'est vrai, cela lui faisait plaisir de l'avoir à ses côtés, sa figure était réconfortante après tout ce qu'il s'était passé. Devant eux parlaient les trois hommes qu'il avait vu tout à l'heure, inutile d'écouter leurs dires pour comprendre leur but. Bashô regarda alors une nouvelle fois le visage de Yoko toujours endormie, elle n'allait pas tarder à se réveiller. Le Pontife s'approcha avec une dague sacrificielle et une larme coula sur la joue du maffieux. Ses chaînes paraissaient trop résistantes pour être brisées.

-Je ne vous savez pas si émotif, élu, mais il ne fallait pas vous mêler d'une telle affaire si vous l'étiez voyons. Ce n'est pas faute de vous avoir prévenu! le gronda-t-il gentiment, bien content d'avoir le pouvoir de vie ou de mort sur deux envoyés de Fenghuang. Ne vous inquiétez pas, La Fée des Sables traite bien les cadeaux qui lui sont envoyés, vous serez les invités de son enfer...

Mais le hunter ne pleurait pas pour cela. Il venait de se voir mourir et finalement il apprenait qu'il était toujours bien vivant et qu'il lui restait encore toute la vie devant lui pour profiter! Jusqu'au jour où ce bonheur prendrait brusquement fin. Pourquoi perdait-il du temps avec eux, hein? Pourquoi?? Il avait affronté tant de dangers avant d'arriver jusqu'ici, ça n'allait pas être une misérable secte qui allait réussir à le mettre hors jeu. Il se foutait de savoir que La Fée des Sables avait son propre enfer, il n'irait pas.


-Aller, réveille-toi Yoko, on s'en va... murmura le barbu à l'attention de son ami.

Il allait se dépêcher d'en finir avec toute cette histoire pour que sa dette envers la cyborg soit réglée et qu'il puisse enfin quitter ce village maudit et profiter de sa vie. Il ne demandait rien de plus. Mais cela serait-il possible dans sa situation si précaire? Peut-être que Gally avait une solution, il fallait l'espérer en tout cas sinon leur futur risquerait d'être aussi sombre que celui de leurs cauchemars...

Apprenez pauvres fous, à vos dépends
Du narrateur qui vos pensées dément
Que vous n'êtes que trois faibles déments
Risiblement aussi fiers que des paons...
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MessageSujet: Re: Jette-toi dans le ravin [PV: Basho]   Mer 18 Oct - 21:09

- Jette-toi dans le ravin -

- Vous nous emmenez où, monsieur ?
- Dans un petit village appelé Maniana. Il y a un orphelinat où vous serez en sécurité jusqu’à la fin de la guerre.
- Et nos parents ?
- Je suis sincèrement désolé, mais il vaut mieux attendre que les tensions se calme avant de partir chercher vos familles. Mais je vais faire mon possible pour me renseigner durant mes voyages.

Gelda nous avait confiées à un vieux médecin. C’était une gentille personne, de petite taille, chauve, mais aussi barbu que le Père Noël qui roulait dans sa vieille camionnette pour rendre visite au différent village de la région et apporter des soins basiques à qui en avait besoin. Il nous avait fait passer un rapide examen médical et était plutôt surpris que mon corps fût entièrement robotisé malgré mon jeune âge. Voyant que je peinais encore à le contrôler correctement, il m’avait même donné un boîtier de commande manuelle le temps que je prenne les automatismes nécessaires pour me déplacer de manière indépendante.

Maniana était un minuscule village qui n’excédait pas la centaine d’habitants, majoritairement composé de vétéran à la retraite. Il s’articulait autour d’un réservoir d’eau et d’une ancienne usine de traitement désaffectée. De par son isolement qui l’éloignait des principales zones de combat, un orphelinat y avait été construit. Il était géré par une grosse femme un peu effrayante avec son masque de respiration qui donnait l’impression qu’elle était un tas de graisse animée artificiellement d’une vie et un peu strict sur les bords. Cela ne l’empêchait pas de se comporter généreusement envers ses protégées. Car en plus d’Erica et de moi, il y avait quatre autres filles, toutes plus âgées que nous. Parmi elle se trouvait une fille du nom de Nino, qui prétendait être l’héritière d’une des anciennes familles royales de Mars et qui agissait en conséquence. Si elle se comporta prime abord comme une peste à notre égard, elle changea peu à peu, considérant qu’en tant que princesse, elle devait agir comme tel et bien traiter ses sujets. Nous devînmes amies et les jours, les mois, les années se répétèrent dans une routine de calme, de paix, de jeux et d’innocence. Ce n’était pas l’histoire dont je souvenais, mais c’était peut-être la fin que j’avais toujours souhaitée. Que ce que je vivais était qu’une illusion, cela ne m’importait pas. Je ne souhaitais pas en partir pour le moment...


----------------


Alors qu’il allait asséner un coup du poignard sacrificiel à la cyborg encore profondément plongée dans ses rêves, une forme se matérialisa dans le dos du pontife. Sous les yeux du mafieux, la figure encapée refit son apparition dans un nuage de sable et de poussière. On ne pouvait toujours pas discerner son visage sous sa capuche, mais une colère sourde provenait de cet inconnu. D’un geste du bras et utilisant ses pouvoirs, il projeta le sectaire contre un des murs avec une vitesse et une force incroyable. Une énergie si élevée avait été mise en jeu que tout son corps s’étala sans exagération dans une peinture rouge et grotesque. De l’ancien pontife, il ne restait que les habits et quelques entrailles qui avaient tenu le choc. D’un second geste du poignet, l’encapé fit disparaître ces restes dans un nuage de sable. Il soupira, visiblement très ennuyé par cette situation :
- Je savais que j’aurais dû me débarrasser de lui au plus tôt... Je suppose que j’ai une raison de plus pour ne pas m’associer à des sectaires, désormais.

L’inconnu s’approcha suffisamment de Bashô pour que celui-ci pour correctement l’observer malgré sa position couchée sur l’autel. Il décida alors de retirer son capuchon et de révéler son visage. C’était une femme. Oui, malgré une voix qui sonnait relativement, grave et une carrure imposante, c’était bien une femme. Et, maintenant que son visage était à découvert, ces deux impressions s’effaçaient comme si elles n’avaient jamais été vraies. Elle semblait plus petite, plus fine qu’avant. Ses cheveux roux étaient semblables à la fourrure d’un renard et étaient totalement dans son dos. C’était une expérience très étrange de regarder son visage. Ses traits étaient à la fois doux et bruts, absents et marqués. On pouvait sentir qu’elle avait vécu tant de choses, si bien qu’il était difficile de croire qu’elle faisait l’âge qu’elle avait réellement, car son corps ne portait pas les marques des années. On pouvait sentir qu’elle avait vécu tant de choses, si bien qu’il était difficile de croire qu’elle faisait l’âge qu’elle avait réellement, car son corps ne portait pas les marques des années.
- Cet imbécile avait raison sur un point : vous n’auriez jamais dû vous mêler de ces... enfin, de mes affaires. Elle s’éclaircit la voix et reprit, d’une voix douce et enchanteresse : enfin, je ne peux plus rien y faire. Mais puisque vous être arrivé jusqu’ici, vous méritez d’en savoir plus. Mon nom est Namae Chika Il-Siang. Je suis une oniromancienne, ou une mage des rêves si vous préférez. Je voyage dans les nombreuses contrées de Kosaten, cherchant à comprendre les arcanes de ma profession. Mais j’ai un petit problème voyez-vous... Mon familier, un démon du sommeil que j’ai nommé Nonade, est un véritable glouton. Sauf qu’il se nourrit des différentes émotions produites lorsqu’une personne rêve. C’est un énorme fardeau pour lui trouver de manière régulière de quoi manger, sinon il devient hors de contrôle. Donc quand j’ai vu qu’une secte vénérant une espèce d’ancien démon lié aux rêves, j’ai cru à un cadeau des dieux. J’ai saisi l’affaire sans réfléchir. Cette secte souhaitait plonger les habitants de ce village dans une stase onirique, je décidai donc de les aider, ma magie me permettant cela. Un an, j’ai attendu d’avoir assez de pouvoir pour réussir à accomplir mon but.

Et puis vous êtes arrivés... Enfin, avant vous, il y en a eu un autre. Un petit démonologue de la capitale, qui pensait pouvoir régler le problème de cet endroit. Je m’en suis personnellement occupée. Bon, et donc vous êtes arrivés. Et vous avez fouillé à droite à gauche, avant de plonger directement dans la gueule du loup. Je vous tenais dans la paume de ma main. Vous auriez dû vous laisser faire, vous savez ? Je ne prévoyais pas de vous plonger dans un cauchemar, mais Nonade avait si faim que je n’ai su le maîtriser. J’ai vu les cauchemars que vous avez faits, sacrée bestiole à laquelle tu t’es frotté, Bashô le malchanceux... Enfin, je devrais vous remercier, vous avez réussi à satisfaire ma soif de connaissance concernant les élus et leur monde d’origine. C’était d’ailleurs la raison pour laquelle je vous avais gardé en vie.

Sauf que je me retrouve désormais face à un petit problème. Je ne peux pas vous laisser partir sans abandonner ce village. Et je n’ai pas envie de vous tuer. Donc j’ai pris une décision : je me retire. Vous avez “gagné” si ça peut vous faire plaisir. Je vais vous laisser partir, réveiller tous les habitants, me débarrasser des derniers sectaires, et je ferais même courir des rumeurs comme quoi deux élus ont sauvé un village d’une terrible secte. Sur ce, je vais partir... je compte sur vous pour rester discret à mon propos d’accord ?


Et elle disparut dans un énième nuage de sable. Quelques secondes après, les chaînes qui entravaient les mouvements de Bashô se libérèrent. Ce dernier pouvait donc se relever et quitter cet endroit maudit. Il pouvait cependant voir que Gally n’était toujours pas réveiller, mais que son visage était un des plus paisibles qui lui avait été donné de voir dans sa vie probablement. Avait-il le droit de troubler un repos si parfait.

Gally



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MessageSujet: Re: Jette-toi dans le ravin [PV: Basho]   

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