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Faire le tour du proprio
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MessageSujet: Faire le tour du proprio   Mer 16 Aoû - 1:22

quête:
 

Le fossoyeur


Univers d'origine : planète Cryptum, an 3450 du calendrier chrétien, ère futuriste (équivalent à W40K)
Prénom : Haïzen
Sexe : Mâle
Âge : 7## ans (âge exact inconnu)
Race : Humain
Coupe et couleur de cheveux : Cheveux mi-longs et raides, roux, tenus par un bandeau vert
Couleur de yeux : Entièrement blancs
Style vestimentaire : Combinaison / tenue de combat de Kevlar, renforcée par plusieurs protections métalliques, assortie de poches d'équipement, ordinateur portatif intégré dans le bracelet métallique protégeant un des avant-bras, rangers et protèges-tibias blindés, lunettes de protections multifonctions et protection respiratoire pendant sur le torse ou en place sur le visage.
Corpulence : "Correcte"
Taille et poids : 1m75 pour 79 kilos
Teint de la peau : Pâle
Emplacement du sceau : Inconnu (peut-être sur le dos de la main gauche, mais avec ces gants ...)
Autre : Tatouages noirs parsemant le corps, porte parfois son masque à gaz, air perpétuellement carnassier


A une époque, on avait inventé un jouet bête, mais très divertissant. La super balle. Une petite boule de matières synthétiques, de diverses tailles et couleurs, de forme sphérique, qui, lorsqu’on la lançait sur une paroi rigide, rebondissait fortement. Un jouet « pour enfants », mais qui pouvait servir à des adultes recherchant à exercer leur coordination œil / main, à doser leur force, ce genre de choses. Quelques dizaines d’années, voir facilement plus d’un siècle après, on avait inventé un système de réalité augmenté qui permettait à quiconque possédant l’équipement adéquat de simuler une super balle. Un gant sensible aux mouvements dans l’espace ainsi qu’à la position des doigts, une paire de lunettes, le bon programme, et le tour était joué … C’était ainsi que, malgré la totale absence d’industrie pétrochimique ou même de plastique sur l’île où il se trouvait, il jouait à saisir au vol une balle, qu’il envoyait contre le mur de sa chambre avant de la récupérer. C’était un jeu plus ou moins répétitif, mais surtout un excellent tueur de temps … Et une tâche sur laquelle il n’avait pas trop à se concentrer, dans la mesure où il était plus préoccupé par le débat qui avait lieu dans sa cervelle. A côté de lui, sur la table de chevet, un chargeur plein. Le mot « plein » posait problème.
L’artiste



Bon, donc … qu’on fasse le point. On est arrivé ya genre … Deux semaines. Deux semaines au cours desquelles le fossoyeur s’est servi de son arme à feu à l’arrivée, pour faire dégager un passage à la bibliothèque … Et aussi à plusieurs reprises, hors de la ville. On est tombé d’accords sur le fait qu’il avait tiré, en tout, au moins 5 fois. Donc, selon toutes les règles de fonctionnement des armes à feu balistiques, il a tiré 5 cartouches.


Sado-maso


Bah, de ce qu’on a recoupé des témoignages de ceux qui n’étaient pas dans les profondeurs, et du fossoyeur … Ouais, on en arrive à 5.




Ensuite, on est d’accord que le seul « changement » qui a eu lieu depuis, c’est quand hier, j’ai swap dans la chambre, le temps de faire deux-trois exercices et de m’étirer un peu les ailes. Ensuite, le fossoyeur a repris la main, et est revenu avec ses armes …




Et l’intégralité de ces saloperies de chargeurs pleins.

Immobilisant la main, et stoppant dans son programme la balle au vol, le rouquin se tourna vers l’objet de métal … Les petits objets cylindriques aux embouts arrondis qui se trouvaient dedans brillaient doucement sous la lumière de sa lampe à huile, et il pouvait voir grâce aux petits trous sur le côté que l’objet en était rempli jusqu’à sa base. Laissant ses lèvres s’étirer pour former un rictus moqueur, il finit par faire exploser la balle virtuelle dans sa main, mettant fin au programme, et se releva de sa chaise pour appuyer sur le bas de son dos et le faire craquer.

La lame brisée


Donc on est bien d’accord … Visiblement, la magie qui nous permet d’échanger les positions les uns avec les autres « restaure » l’équipement également. La prochaine fois que tu tires sur quelque chose, essaies de garder la douille … On pourra vérifier si la théorie est exacte, à mon avis, avec ça.



Mouais … On va dire que j’vais faire ça, fit le rouquin alors qu’il ouvrait le placard de son coin cuisine, et en sortait … de la viande séchée en lamelles, dans une desquelles il mordit un bon coup pour en arracher un morceau, et le mâcher pensivement. Autant j’dois dire que j’trouve ça foutrement pratique de savoir ça … autant ça me les brise menu menu de pas avoir plus d’infos sur le sujet. On pense que c’est le « cristal » qui nous a conduit ici, mais sans plus, pour l’instant on touche une misère de la part du conseil, et rien, ni personne, n’a jamais entendu parler de 6 élus partageant la même tête … Sans parler de multiples versions de la même personne.


Donc on va aller voir mamie Vala et sa bibliothèque ?



Donc on va voir mamie Vala et sa bibliothèque. Se saisissant d’une de ses multiples ceintures bardées de poches, qu’il attacha autour de son torse, le fossoyeur chercha un instant la clef de l’appartement de fonction que lui avait attribué le conseil, ouvrant ensuite la porte de ce « chez-lui » pour la refermer à clef. Saluant sa voisine, il descendit deux étages, sortant dans la rue pour se mettre à marcher mains dans les poches, marmonnant. Et il s’agirait que je me grouille de trouver quelque chose… Parce que c’est magnifique, de passer toutes ses journées à la bibliothèque, mais j’apprends pas ce que je veux … Et il va vraiment falloir que j’arrête de repousser mon entrée dans leur académie militaire Bunshi truc.
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MessageSujet: Re: Faire le tour du proprio   Mer 16 Aoû - 1:23



Le manque total de volonté de se fondre dans l’environnement du rouquin était plus que palpable : il était également totalement calculé, en quelques sortes. Arpentant avec plus ou moins de régularité les rues de la capitale, le taré aux yeux blancs – qui portait, maintenant comme souvent, ses belles lunettes écarlates – ne se privait pas pour faire remarquer à la population son existence. Le but ? Faire comprendre à tous et toutes que oui, les élus existaient… Et qu’il en était un. Pas vraiment besoin du cristal lorsqu’on disposait des papiers qu’il avait, qu’on parlait un langage mystérieux pour la plupart des gens, ou tout simplement qu’on portait une tenue que personne n’avait jamais vu dans les environs. Le fait d’être si aisément reconnaissable n’était pas quelque chose dont le fossoyeur – entres autres versions d’Haïzen – avait l’habitude, et il s’en serait passé dans un autre contexte, mais la force des choses le poussait à faire ainsi.

Inutile de chercher à se fondre dans la masse, il n’avait pas encore assez l’habitude pour y parvenir de façon convaincante, son faciès faisait tout sauf couleur locale, et de toute manière, son statut d’élu lui apportait quelques menus avantages dont il était avantageux de tirer parti. Nul doute que ce ne serait plus la même chose sur le continent principal … il s’était déjà entendu avec les autres pour dire que, si sur tenshi, il n’y aurait « officiellement » qu’un seul Haïzen, sur Kosaten, l’artiste, le riffleur, la lame brisée, sado-maso et le marchemort apparaîtraient chacun leur tour … l’idée de se répartir en fonction des nations avait même été émise, histoire de bien faire songer à plusieurs individus distincts, mais la mise en pratique n’était de toute manière pas pour tout de suite. Pour le moment, le fossoyeur était le seul « Haïzen » que l’île connaissait … Et jusqu’à ce qu’ils n’obtiennent l’autorisation de se servir de ce téléporteur dont on leur avait parlé, à lui et Nyo, la chose resterait ainsi. Encore que, il était tenté par le coup du saut de l’ange … Mais là aussi, la limite de l’île ne semblait pas à quelques mètres de marche, et comme il ignorait encore comment remonter, mieux valait éviter de trop jouer avec le feu. En revanche, très clairement … il n’accordait que très peu de crédit à la possibilité d’être tué par une tempête, si magique, éternelle ou gigantesque soit-elle. Inconscience ? Peut-être … ou juste absence de peur. Ceci dit, le manque total de peur n’était-il pas un des composants de la folie ?

Comme d’habitude, les rangers du mercenaire foulèrent l’entrée de la bibliothèque en faisant grincer le plancher à cet endroit, et comme d’habitude, il salua brièvement les quelques habitués ainsi que le personnel, dont il commençait à reconnaître les visages, à force de les voir … Très régulièrement. Se servant d’une échelle, il sortit des rayons une tranche de 4 livres, situés après ceux qu’il avait déjà lu la veille et les autres jours précédents, et se déplaça avec jusqu’à trouver une table libre, et étaler sa trouvaille dessus. Se mettant à potasser une nouvelle encyclopédie qui donnait des informations sur les élus débarqués il y avait un millénaire de cela, il se frotta le côté du crâne … Il y avait des compte-rendu plutôt détaillés de l’époque ici, certes … mais les rapports des tenshins se basaient sur les observations qu’ils avaient faites à distance du continent, pas sur des recherches menées directement sur le terrain. En conséquence, certains détails n’étaient pas présents pour tous les élus … Et certains de ces détails pouvaient avoir une importance cruciale. C’était sûrement ce qui enrageait autant le rouquin, alors qu’il scannait et analysait chaque page, avant de passer à la suivante, ne lisant pas forcément tout le texte qu’il avait sous les yeux. La journée s’annonçait comme celles qui l’avaient précédées … Enfin, jusqu’à ce que le mercenaire, à la fois aguerris et la plupart du temps sur ses gardes, ne sente quelqu’un dans son dos. Relevant un peu la tête, il fronça les sourcils … Puis pris la parole, doucement.

Vala … Hey, tu remarqueras que je manipule les livres sans manger de matières grasses en même temps, et que je ne fais plus de commentaires à voix haute.
Et tu m’en vois ravie, Haïzen … De même que je suis satisfaite de voir l’assiduité avec laquelle tu viens à la pêche aux renseignements, depuis ton arrivée.
C’est une phrase qui sent le « mais », ça. Il y a un « mais », après ? Genre « mais tu ranges les livres à l’envers ? Se retournant finalement, le fossoyeur observa la vieille dame à travers ses lunettes, étudiant son expression. Elle ne semblait pas fâchée … Mais elle tenait un rouleau dans ses mains, qu’elle lui tendit.
« Mais » le conseil avait un message à te faire parvenir … Et comme je suis celle chez qui tu te rends le plus souvent, on a pensé à moi pour te le faire transmettre.
MHhh … un message ? Voilà qui est intéressant, je brûle de désir d’en savoir plus.

Employant un ton délibérément sarcastique alors qu’il prenait la missive qu’on lui tendait, il la déroula, se mettant à lire en silence, ses yeux parcourant rapidement les lignes manuscrites et quelques peu calligraphiées. Haussant un sourcil, il finit par soupirer, repliant le message, cherchant ses mots pour répondre.


C’est quoi leur délire, aux cinq encapuchonnés, là ? Ils ont cru que le bandeau que t’avais sur le crâne c’était un collier avec une petite médaille gravée « toutou » ou « bête de foire » ? Ils sont pas bien, on a autre chose à faire.


Alors … Pour être tout à fait honnête …
Haïzen, écoutes. Je sais ce que tu vas dire, mais réfléchis-y. J’ai eu des échos de votre rencontre avec le conseil comme quoi toi et Nyo vouliez qu’on vous accorde plus de liberté, et qu’on vous « fasse plus conscience » … Et cette demande, c’est un premier pas pour l’obtenir, tu ne penses pas ? Tu apprendras beaucoup dehors aussi, sur cette île, autant qu’ils apprendrons sur toi … Et puis, tu ne tiens quand même pas à ce que les seuls Tenshins qui te connaissent soient les habitués de la bibliothèque, si ?
Le mercenaire avait plissé les yeux sous ses lunettes en se retournant, ce qui se voyait parfaitement. … Pour être tout à fait honnête, comme je disais donc … Je déteste quand quelqu’un a raison avant que j’ai pu en placer une.
ça veut dire que tu vas ranger ces ouvrages et faire ce qu’on te demande ?
Ranger ces ouvrages, c’est déjà faire ce que tu me demandes, Vala … Mais oui, je vais le faire.

Se relevant et refermant son bouquin sans prendre la peine de noter la page – qui était enregistrée dans son ordinateur depuis que Vala s’était approchée -, le rouquin reprit tous ses ouvrages, les remit en place, et quitta la bibliothèque comme il y était entré : mains dans les poches, lunettes sur les yeux, et moue moyennement satisfaite sur le visage.


Tu as accepté de façon affreusement trop conciliante …


Sado-maso ma fille, c’est l’un des redoutables pouvoirs dont disposent les petites et gentilles vieilles dames … L’art et la manière de demander les choses de manière à ce que tu ne puisses refuser. Estimes-toi heureuse de ne jamais avoir vécu chez une grand-mère te trouvant un peu maigre.
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MessageSujet: Re: Faire le tour du proprio   Mer 16 Aoû - 1:27

Se présenter … De tous les boulots qu’il avait effectué – et il cumulait l’expérience de 6 personnes différentes, qui presque toutes avaient vécu largement plus qu’une vie – c’était sans contredit l’un des plus stupides. Le fossoyeur voyait très moyennement l’intérêt à donner son identité à 450 personnes au cours de la journée, d’autant que lui-même ne retiendrait probablement que quelques visages sur tous ceux qu’il verrait, et encore moins de noms. Enfin … Au moins, le banquiers, la majorité des échoppes vendant de la nourriture, plusieurs débits de boisson et quelques autres petits commerces dans la capitale connaissaient désormais son visage. Il ne pouvait pas se rendre dans un des nombreux centres de recherche et d’étude de l’endroit, mais tant pis : il ferait sans, le reste était bien suffisant déjà. Au terme de cette dure journée de bavardage, ses pas se dirigèrent presque naturellement vers un débit de boisson … Poussant la porte de l’échoppe, il fut accueilli par un sentiment familier … Décidément, quelle que soit la planète, quelle que soit la civilisation… Le bar restait un invariable constant, et rassurant.

Constatant que l’endroit, grouillant d’activité, était presque plein, le mercenaire se frotta un peu le menton …et finit par repérer une chaise libre à une table. S’approchant de cette dernière, et tirant un peu le dossier pour faire racler la chaise au sol et signaler sa présence, il se racla la gorge.

Excusez-moi, mais … La place est libre ?
… Vous n’êtes pas du coin, vous. Vous voulez la chaise, ou une place ici ?
Haïzen. Elu fraichement débarqué, je sais … Et la place. Pour être honnête, un peu de compagnie ne me ferait pas de mal.
Si tu cherches un peu de compagnie mon gars, c’pas dans un bar qu’il faut aller, he he he …
Le rire gras du type donna au fossoyeur l’envie de lui claquer l’arrière du crâne, mais fort heureusement, ladite envie ne surpassa pas celle qu’il avait, également, de rire : son style d’humour n’était malheureusement pas beaucoup plus élevé, en général. Un autre type, qui était assis en face, lui fit signe de venir avec un bon sourire. Installes-toi, « Haïzen ». Moi c’est Minda, à côté c’est mon frère Ling, et l’autre gros balourd dont tu ne devrais pas écouter les sornettes, c’est Asuka.
Je vais essayer de retenir sans intervertir deux-trois syllabes, lâcha le mercenaire en retournant la chaise pour s’asseoir dessus, bras sur le dessus du dossier. Partie de dés ?
Exact. De Cee-lo, si ça te dit quelque chose … Tu veux te joindre à nous ?
J’apprendrais en vous regardant jouer, ça n’a pas l’air bien complexe. Je préfère voir un peu les règles, avant d’engager mes déjà trop rares deniers. Tavernier ? Une bibine, j’vous prie.

Minda haussa ses larges épaules avec un sourire, avant de passer une nouvelle fois ses larges doigts dans sa barbe bien fournie, mais pourtant relativement nette. Le rouquin ne put s’empêcher de noter que c’était la troisième fois qu’il faisait ce geste depuis que l’élu avait posé ses yeux blancs sur lui, de façon consciente ou pas: probablement un style de tic. Se saisissant des trois dés, qui étaient dans une coupelle de bois à fond plat, il les tendit à Asuka, qui s’en saisit, et les secoua un peu à côté de son oreille, tirant la langue sur le côté pour se concentrer avant de placer une poignée de pièce sur la table, là où les deux autres avaient déjà misé. Entre ses quelques cicatrices, et sa très courte barbe – qui faisait à vrai dire la longueur des vestiges de sa chevelure – il semblait avoir une tête malhonnête, mais pourtant, quelque chose dans son regard indiquait qu’il était bon. Probablement pas le roi de la finesse ou de la réflexion rapide … mais avec un bon fond. Jetant les trois dés dans le bol, il tira une moue.

Erh, 3-4-1 … ‘va falloir voir à être indulgent avec moi les gars, pour ce coup.
il y a des sortes de combinaisons à réaliser à chaque lancer ?
Des combinaisons existent, mais quand on rentre rien, le plus haut dé l’emporte. Asuka fait 4 … C’est pas mal, mais pas exceptionnel non plus.
Rha, merde … bon, tant pis.
C’est tout mon frangin, ça … On parle de combinaisons, il en fait une. Là Haïzen, 1-2-3, c’est une combinaison perdante. Il doit doubler la mise qu’il a posé, et il n’a aucune chance de l’emporter à ce tour. C’est à moi là … Et … 5-1-2.
Le plus haut dès l’emporte, tu rafles le tout.
Exacte ! He he, c’est tout bête, mais c’est grisant … Bon, qu’est-ce qu’il y a d’autre, voyons … 4-5-6 est une combinaison gagnante : celui qui fait ça récupère automatiquement le double de sa mise dans le pot, et ensuite, ça se joue entre lui et l’autre « gagnant » de la manche : il faut avoir fait un 6 pour espérer surpasser. Sinon, il y a une paire et un 1 : on perd automatiquement, peu importe le double … Et une paire et un 6 : on a automatiquement l’ascendant sur un 6 normal. Enfin, il y a le triple 1 et le triple 6 : là, on ramasse automatiquement 5 fois la mise de départ … Et s’il n’y a pas assez, les autres doivent rajouter de leur poche.
Je vois, intéressants… Hun. La bière à base de riz, sans vouloir cracher dessus … ‘va me falloir du temps pour m’y faire. Et elle est pas à 5°c non plus … aaah, frigo, où es-tu mon amour.
… T’avais une compagne qui s’appelait « frigo », dans ton monde ?
Bah … Disons plutôt une ancienne amante. Quand j’avais faim, même si je savais qu’elle n’avait rien à m’offrir, je revenais à elle … chaque fois avec un peu moins de standards de qualité ou de satisfaction finale.
Je suppose qu’on connaît tous ça …
Mouaip. Sinon, vous remisez à chaque tour ?
C’est ça, le premier à jouer met sa mise de départ, les autres suivent, quittent le tour, ou rehaussent. Si quelqu’un rehausse et que quelqu’un d’autre ne veut plus suivre, son argent est perdu. Si quelqu’un rehausse et que la personne à côté de lui n’a pas de quoi suivre, il peut mettre tout ce qu’il a.
Tu m’en diras tant … Là, avec son 2-5-5, Ling ne fait pas de combinaison, mais il l’emporte sur toi et sur Asuka.
Exactement.
Et toi, Haïzen ? On joue toujours aux dés, chez toi ?
Holaaa … On en a toujours, oui, mais … en général, on s’en sert avec des … jeux de société … Un peu plus complexes. Pour ce qui est des jeux de hasard où on parie de l’argent … Le fossoyeur leva sa bière, la renversant au-dessus de sa bouche pour en boire plusieurs longues gorgées, avant de soupirer de satisfaction en la posant sur la table. Ah … L’immense majorité se déroule dans ce qu’on appelle des « casinos » … Des gens de grands bâtiments qui sont dédiés à la fièvre du jeu, où tout … TOUT. Est fait pour te faire dépenser du fric.

Alors qu’il se laissait aller en arrière pour bien s’appuyer sur son dossier, le rouquin regarda autour de lui. Non seulement les trois n’avaient pas replacé de mise, et encore moins lancé de dés, mais en prime, plusieurs conversations aux alentours s’étaient calmée progressivement, et des regards pleins de curiosités se tournaient vers lui, dotés d’une discrétion plus ou moins discutable. Levant les mains pour croiser les bras derrière son crâne, le mercenaire laissa un peu sa tête partir en arrière, lever le visage vers le plafond en levant les yeux … Être le centre d’attention était une activité dont il raffolait.
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MessageSujet: Re: Faire le tour du proprio   Mer 16 Aoû - 1:27


Fais gaffe vieux : si tu te « relâches » trop et que t’en lâches une, c’est toute la salle qui se fout de ta gueule là.



Le mercenaire pouffa de rire, et se frotta le nez d’un doigt en bougeant brusquement son torse vers l’avant.

Imaginez un plafond … Plus haut que le plafond des chambres du troisième étage de ce bâtiment, par rapport à ici. Et pour le soutenir ? Des colonnes, de marbre, de métal, ou de verre, dans lesquelles sont gravées de manière réguliers des emblèmes : souvent, le logo du casino …Enfin, son blason. Les couleurs ? Rouge : la violence, l’excitation, la combattivité. Et l’or, sur les lustres énormes, les dorures des décorations, ou sur les accessoires qui servent parfois au jeu lui-même. Cet ensemble est le fruit d’une recherche subtile d’apparente opulence, donner l’impression à ceux qui marchent dans cette cathédrale du jeu qu’ils ne sont pas « juste » des clients : ils sont LES clients de ce lieu si particulier. Et en tant que tels, ils sont privilégiés ! Ceux qui peuvent se permettre de « flamber », ou plutôt de dépenser, énormément d’argent ici sont traités comme des rois : des serveurs se mettent aussitôt à leur disposition, leur demandant quelle boisson exotique pourrait satisfaire leurs palais, quel style de machines à jouer ils recherchent, ou tout simplement s’ils ont besoin d’un service quelconque. Il faut savoir que les casinos de mon époque ont souvent de multiples fonctions : salles de jeux, bien entendu, mais également un restaurant, pour ceux qui souhaiteraient festoyer entre deux parties, voir hôtel, pour ceux qui planifient de dépenser pendant plusieurs jours. Oui Asuka, je note que tu as une question, mais laisses-moi au moins terminer ma présentation.

Bon, comme j’le disais plus tôt, le Casino veut se donner l’aura d’un endroit qui sent bon la richesse. Il y a des statues plus ou moins classieuses ici et là, les salles sont grandes, les décorations pompeuses, et les serveurs sont habillés avec une de ces classes …Bon, bien sûr, dans une société telle que la vôtre où les codes vestimentaires sont bien différents, dire qu’ils sont sapés comme des pingouins risque pas vraiment de vous aider à visualiser … Vous savez à quoi ressemble un pingouin ?
Constatant plusieurs têtes se hochant négativement dans l’assistance, le fossoyeur fit signe de laisser tomber, secouant un peu la tête à son tour. C’pas très important. Dites-vous juste qu’ils ont des tenues de serviteurs vraiment très, très, TRES raffinées et chiques, tout en restant sobre, histoire que le client qui vient avec sa tenue de vacances ne se sente pas trop ridicule. Vous voyez pas ce que c’est une chemine hawaïyenne, non plus ? Dommage, ça vous aurait vraiment aidé à piger ce que c’était la tenue de vacances. Enfin, je m’égare …
C’est … « Machines », dont tu parles tout le temps, qu’est-ce que c’est ?
Ah, les machines à sous … vaste sujet. Grosso-modo, imaginez … tiens, un coffre, qu’on mettrait sur la tranche, et qui serait assez gros pour qu’on puisse se tenir debout devant. Dans ce coffre, vous avez … pfff, 5 rouleaux qui tournent sur le même axe. Sur le côté des rouleaux, on a mis des motifs : des cerises, le chiffre 7, des pommes, n’importe quoi. Au bout de l’axe, un levier. Lorsqu’on rentre des sous dans la machine, les rouleaux se mettent à tourner : à chaque fois qu’on abaisse le levier, on en bloque un … Et quand tous les rouleaux sont immobiles, si on a réussi à avoir une combinaison, on gagne de l’argent. Bon, mes versions sont … un peu plus modernes, mais grosso-modo, c’est le principe. Pour UNE machine à sous. Il en existe pleins de variantes : avec 3 rouleaux, 7 rouleaux, des couleurs plutôt que des chiffres, ce genre de choses … Généralement le tout avec de petites, peeeetites lumières qui s’allument et s’éteignent rapidement, des petits instruments à l’intérieur pour faire de petites musiques, ce genre de choses. Et des machines comme ya, dans tous les casinos, yen a un paquet.
Et on gagne souvent ?
Heu … non. Le fossoyeur renifla, et secoua un peu la tête sur les cotés. Le seul qui gagne, en général, c’est le patron du casino, parce que c’est lui qui prend l’argent qu’il y a dans les machines. Bien sûr, ya aussi pleins de tables de jeux avec d’autres trucs : des roulottes, différents jeux de cartes, de dés parfois … Mais je connais plus le craps que le Cee-lo, je dois admettre. Et à côté de tout ça, bien sûr, on peut aussi faire des paris sur … des courses de chevaux, entres autres. J’admet que comme j’avais pas trop tendance à visiter ce genre d’endroits régulièrement, j’saurais pas donner beaucoup plus de détails que ça sur certains aspects.
Et il n’y a pas trop de problèmes de malfrats ? si les gens se rendent dans ces casinos avec tant d’argent que ça …
Mhhh … Non. Pour la simple raison que les casinos peuvent très souvent eux-mêmes être tenus par des malfrats. Après tout, c’est vrai que c’est l’excuse parfaite : personne n’ira vérifier si un client perd 15 000, ou 30 000 crédits au poker, par exemple … Donc, par exemple, si un mafieux possède un casino … Il va taper des petites vieilles et leur faucher leurs économies, et ensuite, il dit que le casino gagne plus de sous qu’il n’en gagne réellement. Sauf qu’avec tout le fric que brasse ce genre d’établissement, ils ont en général une excellente sécurité : venir braquer cet endroit, c’est s’exposer à se faire trouer la couenne par des semi miliciens sur-entraînés.
Heu … Est-ce que tu peux …
Désolé. Mhhh … Vous voyez des arbalètes ? Chez moi, on a des armes un peu du même style, sauf qu’elles débitent 20 carreaux en une seconde, et tirent bien plus loin que celles que vous avez actuellement. Du coup, les gardes qui travaillent pour les casinos ont des armes de ce genre … Un peu comme les militaires, ou les forces de l’ordre régulière. Sauf que les gardes des casinos sont ni des militaires, ni des gardes réguliers … Plutôt des mercenaires. Du coup, ils font beaucoup moins dans la dentelle … donc attaquer un casino, c’est risquer de se faire tirer dessus par des gens qui ont l’intention de tirer pour tuer … J’ai le sentiment de répéter beaucoup de fois les mêmes mots, ‘faites pas gaffe.
D’accord … et … Et pour les clients ? S’ils se baladent avec beaucoup d’argent sur eux, mieux ‘vaut pas prendre des coupe-gorge après pour rentrer à la maison, ha ha …
Vrai, sans l’être. A mon époque, les véhicules personnels sont extrêmement répandus, ce qui rend les déplacements plus rapides … Et attaquer un carrosse en marche, c’est débile. Donc les bandits ne le font pas. En plus … Les transferts d’argent se font virtuellement. Comment dire … Vous voyez quand vous déposer vos économies en banques ?
Hun hum ?
Et bien, chez moi, quand je dépose des sous dans une banque … TOUTES les banques sont au courant. Et si je vais dans la banque d’à côté, elle pourra me donner mon argent. Mieux : je peux donner de l’argent aux gens … Sans avoir de l’argent sur moi. On a des dispositifs qui permettent de transférer de l’argent sans avoir de monnaie sonnante et trébuchante sur soi. Un autre truc qu’il va falloir que j’oublie, d’ailleurs …
Wow, attends. Tu veux dire que tu peux juste …Aller chez le marchand, il te demande 15 yens, tu fais « okay », et l’argent va dans sa poche sans que vous échangiez d’argent du tout ?
(color=#990000]Mhhhh … C’est … Plus ou moins ça, d’une certaine manière.[/Color]
Très pratique … Très très pratique. Et bien, vivement que nous aussi, on ait ça, pas vrai les gars ?
Ouuuh, soyez pas trop pressés … ça a deux-trois inconvénients dont j’suis pas mécontent d’être débarrassé aussi.
Et au passage, si c’est pas trop naze pour toi aussi … ça te tente de jeter un peu les dés ?

Se souvenant enfin du bol, et du contexte dans lequel il était arrivé ici, le fossoyeur éclata de rire à la proposition, hochant la tête alors qu’il sortait d’une de ses nombreuses poches d’équipement une bourse, qu’il posa sur la table. Défaisant le lacet qui la tenait fermée, il regarda à l’intérieur … Ce que lui avait donné le conseil pour « subvenir à ses besoins » avait bien fondu, depuis son arrivée. Et cela semblait faire pâle figure face aux mises qui se trouvaient devant les 3 joueurs … L’attention générale sembla en grande partie se désintéresser du fossoyeur, qui nota cela du coin de l’œil avant de renverser finalement le petit sac, laissant toutes ses maigres économies tomber sur la table. Là, au moins, il était au même niveau que les deux autres.

Voilà, mettons que je parie tout ça … Et que si ça se perd, je quitte le jeu. Au moins, j’pourrais pas ne pas être raisonnable …
Et beh … Espérons que tout ne parte pas en un jet hein ? Ha ha.
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MessageSujet: Re: Faire le tour du proprio   Mer 16 Aoû - 1:28

Le mercenaire se frotta quelque peu la tête … il était toujours aussi étonné lorsqu’un nuage, subitement, passait sur la zone où il se trouvait, et la recouvrait intégralement, la couvrant d’une couche semi-opaque similaire à un bien étrange brouillard. En environnement connu (soit en ville, dont il avait la carte en permanence sur lui), le phénomène était handicapant, sans plus : ici et maintenant, il était …complètement perdu à cause de ça. « Quelle idée de s’aventurer en rase campagne alors que tu la connais à peu près aussi bien que ma poche », lui avait soufflé Sado-maso. Il avait failli répondre quelque chose, avant de se souvenir que la jeune femme portait une tenue … trop légère pour comporter des poches. C’était le terme. Le seul point positif qu’il voyait à cette histoire, c’’était qu’au moins, justement… Il savait comment rentrer en ville.

Plusieurs dizaines d’années auparavant, dans son monde d’origine, le fossoyeur avait dû bosser quelques temps en tant qu’expert en explosifs dans une compagnie quelconque. Il avait retiré de cette époque quelques brûlures plus ou moins graves, une très grande satisfaction de ses différentes pulsions de pyromane, et l’habitude de manipuler directement une matière plastique proche du C4 qu’il collait, ou lançait directement sur les champs de bataille. Or, ladite matière plastique ne se déclenchait pas toute seule : il fallait au préalable planter à l’intérieur un genre de petit émetteur / récepteur, qui, via un signal à distance, provoquait la détonation. Lesdits émetteurs / récepteurs en question avaient cependant bien d’autres applications, plus ou moins pratiques. Par exemple, à tout instant, ils envoyaient un très léger signal radio, que captait l’interface, l’ordinateur que le mercenaire embarquait partout avec lui. Ce dernier indiquait si l’émetteur était à portée pour être déclenché, ou au contraire trop proche de l’utilisateur pour sa propre sécurité. Et avec un peu de bricolage, l’interface pouvait même indiquer la position relative de chaque émetteur. Et en plaçant 4 ou 5 émetteurs à des endroits clefs en ville, le fossoyeur s’était assuré de savoir à peu près en tout instant où il se trouvait par rapport à eux. En définissant ces émetteurs comme des balises, et en superposant à ces balises un plan de la ville, il avait conçu un genre de GPS capable de lui indiquer où il se trouvait en permanence … Enfin. En ville.

Parce que là, tout ce que lui indiquaient ses émetteurs, c’est qu’il devait marcher environ 10 kilomètres à l’est s’il voulait revenir à la capitale. Et la zone où il se trouvait ? Et bien … Il la connaissait comme la poche inexistante de Sado-maso. Soupirant, il se demanda si ce point mental qu’il venait de faire sur sa situation l’avançait à quoi que ce soit … La réponse fut « pas du tout ». Il songea à poser la question à voix haute, mais dans cette purée de pois, il n’avait aucune idée de si quelqu’un se trouvait à proximité … Et il ne voulait pas passer pour un barjo. C’était tout de même pratique de pouvoir penser sans être entendu …Comme quoi, au moins, son esprit avait un minimum d’intimité et de séparation, par rapport aux autres. Tant mieux, d’une certaine façon : sans ça, à coup sûr, il aurait très rapidement perdu les pédales entre ce qui était « lui » et ce qui ne l’était pas. Or, dans la mesure où il était déjà à peu près convaincu d’être aussi sain d’esprit qu’un spectre tourmenté ayant passé des siècles à se morfondre dans sa haine – pour ne prendre qu’un exemple explicite – ce n’était clairement pas une bonne idée de chercher à titiller un peu plus sa santé mentale. Cet autre état des lieux sur sa situation fait, il se fit également une réflexion beaucoup plus terre-à-terre et ancrée dans l’instant présent : il venait d’entendre un juron. Imagé, le juron. Ne voyant d’autre barrière entre lui et l’origine de ce son qu’une prairie humide, le fossoyeur se massa un peu l’arrière du crâne … Puis haussa les épaules. Il pouvait bien aller y jeter un œil : après tout, ce n’était pas comme si il avait quoi que ce soit d’autre de prévu que de « rencontrer des natifs en dehors de la capitale » sur son planning … Or, à la rencontre de qui se dirigeait-il, sinon d’un natif ? Au bout de quelques centaines de mètres parcourues à un rythme plutôt calme, il repéra enfin dans le simili-brouillard dans lequel il était embourbé une flopée de silhouettes, plus ou moins tortueuses … Seule une remuait, et semblait vaguement humaine, de là où il était. C’était également la seule à grogner régulièrement d’effort.

Vous avez besoin d’un coup de main ?
La silhouette vaguement humaine s’immobilisa subitement. Bon, au moins, elle comprenait le langage humain. Qui va là ?
Soupirant, le rouquin se passa une main sur le visage. Se retenant cependant de commenter, il fit quelques pas de plus, s’approchant de l’individu … Sur le chemin, une barrière le retint : il l’enjamba avec prudence, répondant. Haïzen. Vous ne devez peut-être pas encore être au courant, mais des élus sont arrivés sur votre belle île … Et j’en fais partie.

Une fois assez proche de l’individu, le mercenaire put constater qu’il s’agissait d’un … bûcheron ? Enfin, que ce soit le cas ou pas, il avait une scie en main, et une hache plantée dans l’arbre à côté de lui. Ce dernier, couché sur le sol, formait toutes les autres « silhouettes » à l’aide de ses branches massives, mais privées de feuilles. Massant un peu plus son menton imberbe en observant l’énorme végétal, le mercenaire nota que quelques branches plus ou moins épaisses avaient étés préalablement sectionnées et empilées sur le sol. Enfin … jetées en tas plus ou moins correct, plutôt, mais vu les formes particulièrement peu régulières qu’elles avaient, ça restait satisfaisant. L’individu en lui-même semblait avoir la quarantaine, cheveux noirs, petite taille, mais carrure robuste. Observant le rouquin avec un étonnement et un intérêt non feints, il finit par hocher la tête, haussant les épaules.

Et bien ma foi, Haïzen … Ravi de faire votre connaissance. On m’appelle Ryu.
enchanté Ryu. ‘Zaviez une vendetta contre le gros végétal derrière ?
Hein ? Oh, non … Je ne saurais pas trop dire, il s’est effondré tout seul. Probablement de grosses rafales de vent … ça peut arriver, à cette altitude.
Du coup, vous récupérez le tout ?
C’est mon champs … Et j’y gagnerais probablement à le laisser pourir et fertiliser les sols, mais je n’ai pas le temps pour ça, et on va bientôt être à cours de bois chez moi. Si je peux éviter d’avoir à en racheter … Du coup …Je débite depuis une bonne demi-heure … Et j’ai encore quelques heures avant que le soir ne tombe … Et il faudra probablement que je revienne demain.
Mhhh … Vous voulez un coup de main ?
… vous seriez prêt à me filer un coup de main ?


On est prêts à lui filer un coup de main ? Je veux dire, okay, on a plus ou moins rien d’autre à faire, mais quand même …


Ouais … De toute manière, soit ça, soit je rentre chez moi et je passe ma soirée à lire un bouquin avant de manger et pioncer.



Okay, de ce point de vue ? Plutôt aller faire des traitements de la peau, des ongles, des cils et des cheveux pendant des jours chez les éniripsa plutôt que de passer UNE SOIREE de plus à lire tes bouquins débiles. Aides-le. Fais-toi inviter à dîner chez lui.



Hey, merci de montrer à quel point tu apprécies ma biographie …



L’artiste, je vais être franche. Je sais pas par quelle espèce de couille inter-dimensionnelle ta biographie est devenue une série de romans qui s’est retrouvée dans SON monde à lui, ni quel espèce de coup stupide du destin a voulu qu’il en devienne aussi fan, mais …Disons que j’aimerais juste entendre parler d’autre chose que de tes aventures, pour au moins un soir depuis qu’on est arrivés.





… Hum … Haïzen ? Vous allez bien ?
Hein, quoi ? Vous avez dit quelque chose ?
… Oui, je viens de vous dire que j’acceptais volontiers votre aide … Et en dédommagement, ça vous tente de venir dîner à la maison ? Ma femme fait toujours trop de ragoût, et il ne se conserve pas forcément très bien, avoir un invité à table ne dérangerait probablement pas.
Ma foi, Ryu, c’est un marché des plus honnêtes … C’est drôle, j’avais justement une petite voix qui me glissait l’idée à l’oreille.
Le paysan fronça les sourcils une fois de plus, se tournant vers l’arbre alors qu’il orientait sa scie pour couper une nouvelle branche. Une … petite voix ?
Ho, heu … rien, vraiment. Saisissant de ses deux mains le manche de la hache enfoncée profondément dans l’arbre, le mercenaire mit son pied à coté de la lame pour tirer, la décrocher péniblement … Avant de la poser sur son épaule, souriant à l’homme à côté de lui. ’Faites pas attention. On me dit souvent que j’raconte n’importe quoi, ha ha …

Le paysan haussa les épaules, alors que son nouveau compère levait la hache au-dessus de sa tête, et l’abattait avec brutalité dans l’écorce.
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MessageSujet: Re: Faire le tour du proprio   Mer 16 Aoû - 1:30

Alors Haïzen, vous en reprendrez bien un peu ?
Je peux ?

Malgré le ton interrogatif de sa phrase, le fossoyeur – et ça se voyait sur son visage – n’attendait très clairement qu’une chose : se resservir. Lui-même n’avait jamais été un excellent cuisinier (enfin, il ne s’en était pas donné la peine), et depuis qu’il était arrivé, le manque de disponibilité immédiate des aliments avait aggravé cet état de fait. Après tout, l’île n’avait pas de supermarché, pas d’épicerie de quartier vendant de plats tous faits, ou de points de restauration rapide dans lequel il pouvait se commander un bon kebab. C’était donc sans trop de mal qu’on pouvait affirmer qu’il mangeait le meilleur repas qu’il avait eu depuis son arrivée sur l’île volante. La femme du paysan, de bon cœur, attendit qu’il n’approche suffisamment son écuelle pour verser à l’intérieur plusieurs louchées bien remplies de viande, de légumes et de bouillon, que le rouquin accepta avec joie, jusqu’à ce que son auge ne soit à nouveau pleine. Se remettant à manger avec appétit, il écouta d’une oreille distraite le fils aîné de Ryu, qui faisait à son paternel un résumé de sa journée. Le jeune homme étudiait, comme une énorme partie de la population juvénile de Tenshi, et il ne se destinait probablement pas à cultiver simplement la terre, comme son père … Heureusement, son petit frère, lui, semblait bien plus manuel. Enfin, pour l’instant, il était surtout beaucoup plus fatigué : surexcité sur sa chaise durant toute la première moitié du repas, il semblait désormais sur le point de s’endormir. Ce n’était pas vraiment au déplaisir du mercenaire : ce dernier se passait volontiers de toutes les questions plus ou moins intéressantes qu’il avait eu. Encore, savoir à quoi pouvait servir telle ou telle partie de son équipement, d’accord … Mais savoir s’il avait « une amoureuse » était à la fois un peu trop privé et pas franchement aisé à expliquer …

Le mercenaire avait de sérieux doutes sur à quel point les parents du petit le prendraient bien si il expliquait sa vie sexuelle au gamin. Sans parler du fait que, de toute manière, il ne reverrait probablement pas ses amantes de sitôt … enfin. Ce n’était pas dit qu’il n’en aurait aucune ici, en y réfléchissant … Alors qu’il pensait à cela, justement, il laissa ses yeux blancs dériver vers la fille du paysan, qui était la plus grande de la fratrie. Elle devait avoir à peu près la vingtaine, travaillait en ville, et semblait sérieuse, et peut-être un peu réservée … Il chassa cependant toute idée mal placée de son esprit en enfournant un nouveau morceau de viande. Elle semblait bien trop chaste pour lui. Et une des voix dans sa tête le traiterait probablement de pédophile. Quand on faisait le ratio sur l’âge … c’était d’ailleurs un peu vrai. Enfin. Il avait l’âge d’être l’ancêtre d’à peu près tous les humains qu’il croisait … C’était moins vrais avec les extra-terrestres immortels qu’il avait parfois croisé dans son monde, mais il n’en connaissait pas énormément, et de toute manière, il ne semblait pas y en avoir ici. Avant que son fil de pensée ne s’égare plus cependant, le fossoyeur vit la maîtresse de maison proposer de terminer le repas, et commencer à ranger la vaisselle et les quelques restes laissés ici et là. Le père, quant à lui, s’affaira à préparer un feu dans la cheminé, dans lequel il laisserait probablement une buche se consumer lentement au cours de la soirée et de la nuit. Laissant le fils aîné donner un coup de main pour débarrasser, le rouquin le regarda, une fois qu’il eu fini, faire la bise à ses parents et sa grande sœur, avant de monter se coucher, accompagné de son cadet encore ensommeillé. A vrai dire, il ne reprit la parole que lorsqu’il entendit la porte à l’étage claquer.

Vous avez une famille mignonne.
« Mignonne » ? J’aurais plutôt dis normale …Même si nous sommes loin de nous en plaindre. N’est-ce pas chérie ?
La femme de Ryu, se laissant enlacer à la taille, soupira en voyant son mari allumer sa pipe ..Mais elle ne sembla pas vouloir faire de remarque, répondant calmement. Bien sûr … Les choses ne sont pas ainsi, chez vous, Haïzen ?
Oh je t’en prie Saraka, tutoies-moi. Et pour être tout à fait honnête … M’non, pas vraiment.
Ce fut cette fois la fille qui répondit, visiblement assez intéressée. Vraiment ? à quoi ça ressemble, chez vous ?
Hm. Ce serait assez complexe à résumer, et j’ai déjà raconté un gros morceau à ton petit frère …Mais pour ce qui est de la famille … Mhhh, tout dépend.
De ?
Le rouquin haussa les épaules. L’endroit. L’organisme dirigeant. Il y a plusieurs … « grandes factions », dans mon monde. Un peu comme les trois grands pays et l’île de Tenshi chez vous … Sauf que là, c’est à l’échelle de la galaxie que le partage s’opère … Et les factions ne contrôlent plus juste des morceaux de terrain, mais des planètes, parfois des systèmes solaires entiers.
Ryu, se massant un peu la nuque a l’aide d’une de ses grosses mains, fronça les sourcils. Heum … des ?
Le rouquin se tourna vers le natif, cherchant ce qu’il ne comprenait pas pendant un instant …Avant de réaliser. Ouf … delta, encore une fois. Grosso-modo, vous avez une étoile dans le ciel, qui s’appelle le soleil, n’est-ce pas ? C’est l’astre du jour, qui vous apporte lumière, chaleur, fait pousser les plantes et autres. Jusque-là, on est bons ?
Hum hum ?
Bien. Une planète, c’est un gigantesque caillou … Ou une gigantesque bulle de gaz, mais nous, nous vivons sur un caillou, qui se trouve dans l’espace. Et quand je dis « gigantesque », c’est parce que c’est là-dessus que se trouvent nos pays, continents, mers, océans … Bref, c’est super gros. Et grosso-modo, le soleil fait plusieurs milliers de fois le poids de la planète sur laquelle on se trouve. Et, de la même manière que si vous preniez votre cadet par les mains et vous mettiez à pivoter sur vous-même, il tournerait autour de vous, la planète tourne autour du soleil.
Hum … Je crois que je comprends a peu près, mais … Nous ne sommes pourtant pas attachés au soleil ? Et il est si petit, dans le ciel …
Oh, non, il est juste très, très, très très loin. C’est difficile à se représenter pour l’esprit humain. Et pour le fait de ne pas être reliés, nooon, mais disons juste que … Levant les yeux au ciel, le rouquin tira une longue moue, avant de souffler par le nez. Disons juste que si, une force qu’on appelle la « gravité » fait l’effet d’une corde invisible entre la planète et le soleil. Bref … Notre planète tourne autour du soleil. Ce n’est pas la seule : il y en a probablement plusieurs autres, de tailles et de formes différentes. Et dans l’espace … Enfin, dans le ciel, il y a beaucoup d’autres soleils, des étoiles, autour desquels tournent beaucoup d’autres planètes. Or, une planète ne tourne généralement qu’autour d’un seul soleil … Et on appelle l’ensemble composé d’un soleil et de toutes les planètes tournant autour un « système solaire ».
Et il y a du monde pour mettre sur toutes ces planètes ? Vous devez être vraiment très nombreux …
Ma cocotte, tu n’as pas idée. Avec l’amélioration de la qualité de vie, de la médecine, ect, les humains vivent de plus en plus longtemps, de moins en moins d’enfants meurent à la naissance ou en bas-âge, et tout le monde, y compris ceux handicapés ou malades, ont la possibilité de vivre pendant plusieurs années, parfois de trouver compagne et de se reproduire aussi … Ce qui fait qu’il y a de plus en plus de monde, et de moins en moins de place et de ressources à partager. Donc … On est partis dans l’espace, coloniser d’autres endroits où on pourrait vivre.
Et comment vous êtes partis ?
Alors, j’adorerais répondre, mais on s’éloigne de plus en plus de la question de base sur les familles, là. Et en prime, je t’avoue que j’suis pas concepteur de vaisseaux spatiaux … Du coup j’pourrais pas te répondre correctement. Et pour ce qui est des familles donc, comme je disais, ça dépend … D’un côté, on a la faction de la fédération terrienne, avec le système solaire « d’origine » des humains : celui dans lequel se trouve notre soleil, et la terre. Basiquement, la famille … il faut un peu l’oublier, dans cette faction. Les enfants étaient enlevés à un très jeune âge à leurs parents, afin qu’ils ne puissent pas s’attacher.
Pourquoi cela ?
La rentabilité, poussée à son extrême. Privés de progéniture, les adultes, même en couple, pouvaient se consacrer à leurs carrières au sein de la fédération, et seraient plus efficaces que s’ils avaient quelque chose d’autre dont se soucier. Quant aux gosses, ils étaient privés de leurs parents, mais pris en charge de A à Z. Dès un très jeune âge, on leur inculquait des valeurs de loyauté vis-à-vis de la fédération, on testait leurs aptitudes, et on les formait à ce à quoi ils seraient les plus aptes. Un gosse très talentueux en math serait redirigé vers les sciences, ce genre de choses, là où un gamin moins doué, mais combattif, pourrait par exemple devenir soldat.
Mais … Les enfants n’ont pas le choix ?
Un petit a beaucoup moins de jugeote et de libre-arbitre qu’un adulte. Bien sûr, ils pourraient piquer une colère ou deux, bouder dans leur coin … Mais au final, ils finiraient quand même par plier. Et puis, quand tu n’as que 6 ou 7 ans et qu’on te dit « tu seras bien mieux à cet endroit qu’à celui-là », l’effet de suggestion a aussi de l’impact … En clair, on leur donnait une position, et la plupart du temps, ils finissaient par vouloir cette place, et par ne plus la quitter. Il en résulte une société « optimisée », où chacun est placé à l’endroit où il « devrait » être, plutôt que juste à celui où il a envie d’être : ce système peut rapidement virer à l’anarchique pour ceux qui ne trouvent pas leur place, et ceux qui ont juste envie d’être des parasites.
C’est horrible d’arracher des enfants à leurs parents de cette façon …
Horrible, mais plus ou moins efficace. Vu qu’absolument tout le monde est élevé de cette façon, plus personne ne peut se dire que c’est « pire que quelque chose d’autre » : ils n’ont plus de moyen de comparaison. Je suppose qu’on s’y fait.
Peut-être … et du coup, pour ceux qui n’étaient pas de la … Fée des rations ?
Mhh, en un mot. Et bien … Je ne peux pas trop parler pour les races extra-terrestres : je suis assez peu au fait de leurs styles de vie …Disons, « quotidiens ». Mais pour ce qui était de l’autre grande faction humaine, le dominion … C’était tout l’inverse.
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MessageSujet: Re: Faire le tour du proprio   Mer 16 Aoû - 1:30

La pipe de Ryu, qui avait été sculptée pour ressembler à un genre de petit dragon stylisé, était vraisemblablement vide. C’est du moins la déduction logique que fit le mercenaire disert en voyant le paysan se saisir d’un vieux cendrier de terre cuite, dans lequel il fit tomber quelques cendres malodorantes, avant de bourrer de nouveau sa pipe de tabac, et la rallumer à l’aide d’une brindille qu’il avait un instant plongé dans le feu de cheminée. Suite à ce petit rituel, qui s’était déroulé suite à un assez long silence de l’assemblée, le paysan regarda les autres personnes présentes comme s’il attendait de voir pourquoi ils ne parlaient plus, avant de simplement répondre à Haïzen.

C’est-à-dire ?
Et bien, pour revenir à l’origine de la séparation des deux factions … Elle a survenu lorsqu’une autre faction alien, prenant le nom des « acolytes de la vérité », ont décidé d’attaquer l’humanité. A l’époque, cette dernière cherchait simplement à coloniser des planètes, obtenir des ressources, ce genre de choses. L’attaque des acolytes a fait énormément de morts : ça se comptait en milliards dès les premières semaines, ainsi que plusieurs planètes entièrement ravagées voir détruites. Alors le gouvernement humain situé sur notre planète d’origine, la terre, a décidé quelque chose de bien égoïste. Abandonner tout ce qui se trouvait en dehors du système solaire.
C’est-à-dire ?
Et bien, par exemple, si demain, un autre peuple vivant dans les nuages envahissait Tenshi …C’est un peu comme si la capitale, entourée de ses belles et hautes murailles, fermait d’un coup toutes ses portes et refusait d’envoyer de l’aide à qui que ce soit. Et tous ceux qui étaient bloqués dans la campagne ou autres ont étés laissés livrés à eux-mêmes. Et ils ont survécu. Difficilement, mais ils ont réussi … Même si, au lieu d’un gouvernement, ce furent les entreprises qui prirent le pouvoir.
La mère fronça les sourcils, incertaine. Les ? Entreprises ?
Le mercenaire, réalisant son « erreur », se massa le nez, soupirant de façon audible. Ah, merde, ça ça va vraiment être coton à expliquer … heeeuuum … En gros, une entreprise, c’est … Comme une corporation, mais en légèrement différent. Par exemple, la corporation des bouchers, c’est un organisme qui regroupe différents bouchers, définit combien doit ou peut coûter tel type de viande, ect, c’est ça ?
Je suppose qu’on peut le présenter comme ça, oui ?
Et bien une entreprise, c’est, par exemple … Un organisme dans lequel on a la personne qui élève les vaches, celle qui tue les vaches, et celle qui vend la viande. En gros, « l’organisme » regroupe les savoirs faire de plusieurs personnes afin de produire un objet, une denrée, un service … Et vendre cette production. Sauf que dans les entreprises dont je parle, on a souvent des milliers et des milliers de personnes, et qui produisent tout et n’importe quoi : par exemple, certaines entreprises se spécialisent dans la fabrication d’armes, d’autres, dans la vente de denrées alimentaires, d’autres encore dans les transports et autres. Et toutes ces entreprises ont un seul but final : gagner de l’argent. Ce dernier sert à payer ceux qui travaillent dans l’entreprise, à fournir à l’entreprise le matériel qu’il lui faut pour sa production, et à verser quelques sous à ceux qui sont propriétaires de l’entreprise.
… Donc, par exemple … Lorsque je fais pousser mes patates … Et que je vais les vendre au marché … Je suis une entreprise ?
Prrrresque. Toi, tu es une personne « physique ». L’entreprise, c’est une personne morale. Si par exemple, tu travailles pour l’entreprise « dugenoux ». Tu vends des patates « dugenoux ». Demain, tu laisses ta place à ton fils, qui reprend ton entreprise. Il va lui aussi vendre des patates « dugenoux ». Par contre, si ton voisin rachète ton champs et vend les patates que lui y a produit, il vend non plus des patates « dugenoux », mais « dushnock », ou n’importe quoi d’autre, selon comment son entreprise s’appelle.
Ton monde a l’air affreusement compliqué …
Disons qu’on reste, dans notre immense majorité, tous très longtemps à l’école là-bas … Et tant mieux. Enfin … Pour en revenir à ce que je disais sur le dominion … La faction est « née » dans la guerre. Et un des premiers problèmes qu’on a eu, c’est que les gens, ça n’apparaît pas en un claquement de doigts. Donc, la faction a demandé à la population de faire beaucoup d’enfants.
Vraiment ?
Encore une fois, le mercenaire haussa les épaules avec un petit sourire. Pourquoi pas ? Histoire de compenser les problèmes de sous-populations entraînés par le nombre de pertes civiles et militaires, il n’y a pas 36 solutions. Et comme dit plus tôt : faire des enfants est bien moins risqué à mon époque qu’à la vôtre … On peut surveiller que le bébé grandit bien dans le ventre de sa mère, éviter qu’il ne tombe malade à la naissance ou peu après, éviter à la mère des blessures graves lors de l’accouchement, et notre environnement est beaucoup moins sauvage, et donc dangereux, que le vôtre … à termes, les familles de 10 enfants ne deviennent plus réellement un problème. Et tous ces enfants doivent être utiles : beaucoup partent très tôt … J’allais dire à l’usine, mais ce qu’il faut comprendre, c’est « travailler ». Produire de la nourriture, construire des maisons, des machines permettant de fabriquer plus d’objets plus rapidement, ce genre de choses … Enfin. Les bambins ne partent pas travailler avec du lait maternel au coin des lèvres, mais ils ne s’éternisent pas à la maison non plus.
ça ne fait pas beaucoup à gérer, pour les parents, autant d’enfants ?
Le dominion file un coup de main en donnant de l’argent ou de la nourriture, voir des gens qui aident à tenir la maison, ce genre de choses. Et les plus grands enfants gèrent les plus petits pour soulager les parents, aussi. Au final, la vie est extrêmement rude …Mais a peu près tout le monde s’y retrouve.
Peut-être, mais tout de même … N’est-ce pas un peu beaucoup d’enfants par foyer ?
Beaucoup de gosses le quittent très tôt, dès 16 ans, pour s’engager dans les armées régulières, ou dans une des nombreuses compagnies de mercenaires qu’on trouve dans la faction. Dans la mesure où toute planète peut être attaquée à n’importe quel instant, une énorme proportion de la population est prête à combattre. Beaucoup des gosses qui partent d’ailleurs pour ce genre de carrières ne reviennent jamais.

La dernière phrase, tel un glas, fit tomber un lourd silence dans la pièce. Le père continua de souffler, de temps à autres, quelques nuages de fumés, alors que la femme regardait vers l’étage avec une expression reflétant des sentiments mitigés. Ce fut finalement la fille aînée qui, soupirant, finit par poser une nouvelle question. Mais le fossoyeur n’en comprit pas les mots. Clignant des yeux à plusieurs reprises, il se massa un peu la tête, la tournant vers la jeune adulte … Avant de soupirer.

Est-ce que … tu pourrais répéter ?
Je demandais … tu as dis que tu n’étais pas en couple, chez toi, mais … tu as eu une famille ?
… J’ai la tête de quelqu’un qui a déjà fondé une famille ?
Et bien … pour être honnête … Je trouve que tu as la tête d’un homme qui a fait beaucoup de choses.
Yuno !, s’indigna la mère en se tournant vers son aînée, qu’elle fusilla du regard.
Le mercenaire, lui, laissa échapper un ricanement en faisant signe de laisser tomber d’une main. Nan, c’est bon … honnêtement, ça fait du bien un peu de franc parler. Et puis …Elle a pas totalement tord.
Tu as déjà fondé un foyer Haïzen ?
J’ai même eu deux enfants.
La nouvelle sembla surprendre Ryu, qui laissa échapper un rire franc. Vraiment ? ça m’étonne un peu vu l’âge que tu as l’air d’avoir, mais he … Après tout, certains sont plus précoces que d’autre !
Le tueur, un peu mal à l’aise, se frotta la nuque avec un petit rire. Oh, je suis … Surtout mieux conservé qu’on ne pourrait le croire.
Je suis sûr que tu as eu des enfants tout à fait charmants … à quoi ressemblaient-ils ?
Oh ? Bah, heu … Je … J’ai peut-être une image d’eux, attendez … Détachant de son avant-bras l’écran qui s’y trouvait, le fossoyeur chercha quelques instants dans la banque d’images stockées dans l’interface … Avant de finalement, au bout de quelques minutes de fouilles du bout de l’index, finir par retourner l’écran. Bien sûr, aucun des trois natifs n’avait jamais vu d’ordinateur, de tablette, ou quoi que ce soit du style, mais ils étaient tous bien assez vif d’esprits pour comprendre que l’image affichée était réelle … Ou du moins, reflétait une réalité plus ou moins lointaine dans le temps. L’image montrait un Haïzen en tous points identique à celui présent dans la pièce, qui avait passé ses bras autour des épaules d’une jeune femme aux yeux dorés, et aux cheveux de couleur aubergine. En-dessous, deux enfants qui souriaient largement vers l’objectif : une petite fille, rousse, et aux pupilles écarlates, et son frère, dont les cheveux noirs étaient également parsemés de mèches écarlates … Voilà … ça, c’était ma chérie … Le gosse, c’était Marv’ … Et la petite, Skryr.


… Marv’ ressemble tellement à une version enfant de papa … ou … Peut-être à Jessica, si elle avait été garçon … enfin … à part le rouge ici et là …


Vous avez l’air si heureux, tous les quatre … ça fait chaud au cœur …
Ce n’est pas une peinture … ça a l’air si … vrai, comme image … c’est vraiment … ça a vraiment été capturé ?
Bien sûr. Ça s’appelle une photo … Et oui, le terme « capturé » est adéquat. C’est une capture, instantanée, d’une vision, d’un moment … dans le temps, les images étaient … « plaquées » sur un genre de papier spéciale, mais avec l’évolution des technologies, on a inventé des appareils, comme celui-ci, capable d’afficher toutes les images possibles … Il suffit d’avoir celle qu’on veut afficher. J’ai pas mal de souvenirs, stockés, comme ça …
Incroyable … Et … Que sont-ils devenus ?
Il s’écoula de nombreuses secondes, durant lesquelles le mercenaire, qui avait retourné l’écran pour le regarder à nouveau, garda le silence. Lorsque, comprenant finalement que ce silence n’était pas normal, il releva les yeux, il observa l’assemblée, puis fronça les sourcils. Heu … oui ?
Papa te demandais ce qu’ils sont devenus.
… Rien. Le fossoyeur observa l’incompréhension qu’il avait provoqué sur le visage de ses interlocuteurs, et soupira …Avant de hausser les épaules, rangeant d’un coup l’écran dans l’emplacement sur son avant-bras. Marv’ est devenu auteur de BD … Enfin, un style de livre très très illustré … Skryr a rejoint une compagnie mercenaire. Ils sont partis de la maison … Et ma femme est morte d’une maladie. Soupirant alors qu’il poussait sur ses genoux pour se relever, le mercenaire s’étira un peu. Plutôt classique, de part chez moi … de toute façon, je ne vais pas les revoir de sitôt. Il se fait tard … Je ferais mieux d’y aller.
Vraiment ? Nous pouvons te préparer une couche pour que tu dormes ici, ça ne pose aucun problème …
Non, je … Je crois que j’ai besoin de prendre un peu l’air, de toute manière … Et j’ai à faire, demain matin, en ville. Merci pour … votre accueil, le ragoût … et la soirée. C’était très sympa.
Bon, et bien … à une prochaine fois, je suppose. Tu repasseras dans les environs ?
Peut-être ? Qui sait … Enfin, c’est probable après tout … Passant la porte d’entrée, et se tournant une dernière fois vers l’intérieur de la maison, le mercenaire fit un signe de main avec un petit sourire. Portez-vous bien. Et p’têt à une prochaine fois.

N’écoutant que très moyennement les au-revoir plus ou moins élaborés de la « petite famille », le rouquin enfonça profondément ses mains dans ses poches, et souffla un peu. L’air partant de sa bouche forma un petit nuage de vapeur …qu’il franchit sans trop de considérations. Sa combinaison était fait pour conserver plus ou moins la chaleur en fonction de la température externe … Il se réchaufferait bien vite.
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MessageSujet: Re: Faire le tour du proprio   Mer 16 Aoû - 1:35



… Donc … Tu as fini par avoir des gosses …



On a fini par en avoir. Mes versions de Skryr et de Marv’ étaient très similaires aux siennes, au même âge … Même si ils avaient quelques traits différents, comme ils n’étaient pas de la même race.




C’est drôle … Enfin, non. Je veux dire … Visiblement, c’est pas … « juste » une question d’âge, vu que la lame brisée et toi, l’artiste, vous avez a peu près le même, vous auriez tous les deux dû les avoir, ces enfants … Et pourtant …




Tu as raison …Ce n’est pas drôle. D’aussi loin que je ne sache, j’avais toujours cru que suite à … Disons, ce qui s’est passé avec mon premier enfant, j’étais devenue stérile. C’est pas faute d’avoir reçu dans le ventre de quoi faire d’autres gosses, hein … mais ça n’est jamais venu. Et ça m’arrangeait pas mal, pour tout dire.




Le fossoyeur renifla bruyamment, et s’écrasa le nez avec le poing pour chasser ce qui lui donnait envie d’éternuer. J’comprends parfaitement le sentiment.


… Mais toi … tu as menti, lorsque tu disais que ton fils était devenu auteur, et ta fille mercenaire … ça s’est pas fini comme ça, hein ?



Le mercenaire ne répondit rien. Arrivant face à la grande muraille qui entourait la capitale, il vit deux gardes réservistes, qui montaient la garde. Sortant d’une de ses poches le papier qui confirmait son statut d’élu et lui permettait de se balader un peu partout – y compris en ville – il se fit sommairement réprimander par un des deux hommes pour être dehors aussi tard, mais pu tout de même rentrer. Pourtant, même une fois de retour dans la solitude, dans le calme paisible des rues d’une ville endormie, il ne prit toujours pas la peine de répondre à la question qu’on lui avait adressé.



… Tu as vraiment des troubles de l’attention quand ça t’arrange, mhh ?



Fous-lui la paix. On des tous des psychopathes, instables, asociaux, très dangereux pour nous-même et pour nos proches … Comment tu penses que ça a bien pu se finir ?




Boarf, la réponse est simple … Le rouquin fouilla de nouveau d’autres poches de sa tenue, jusqu’à trouver la clef de chez lui. Se frottant un œil du pouce, il ouvrit la porte, pénétrant dans le petit appartement sombre et froid. Mal.


… Désolée.



Je pense que même si tu as déjà vécu le pivot … Tu es encore un peu jeune pour réaliser ce qu’être « désolé » veut vraiment dire. Fermant la porte, et retirant ses rangers de la pire façon possible – en appuyant sur le talon pour retirer son pied sans défaire le moindre lacet – le mercenaire fit quelques pas jusqu’à sa pièce à coucher … Et se laissa tomber sur le dos, sur le lit. ma famille … Des fois … enfin, souvent, même … C’est ce genre de sujets que ma mémoire préfère éviter de trop ressortir … La plupart du temps, j’ai des trous, j’m’en souviens pas, et j’ai … comme … un manque d’envie de savoir … Et puis, des fois … Tout remonte … Et je regrette le premier état. Il s’écoula plusieurs minutes de silence face à cette phrase … Autant dans l’environnement immédiat du fossoyeur que dans son esprit.

Quelque chose me dit que tu as totalement dépassé le cap « triste à en mourir » et que tu es en train de penser à autre chose, mais que la seule raison pour laquelle tu ne te déshabilles pas, c’est juste que tu as la flemme.


… Tu lis dans ma tête toi, maintenant ?


J’y vis depuis quelques semaines, et je suis une version alternative de toi … C’était pas super dur à deviner. T’veux que j’prenne ta place pour la soirée ? Moi au moins j’ai que dalle à retirer ~


Mhhhh … J’y gagne quoi moi ?

L’artiste a réussi à reproduire un jeu dans les profondeurs … Il dit que tu connais. Ça s’appelle du Bowling.


… Okay, vous avez des arguments. Deal.

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