Partagez | .
Non interventionnisme
Messages : 425
Yens : 870
Date d'inscription : 19/09/2015

Progression
Niveau: 75
Nombre de topic terminé: 24
Exp:
3/6  (3/6)
avatar
Valentine W. ~ Vagabond ~

-



MessageSujet: Non interventionnisme    Ven 15 Sep - 13:35

Depuis sa seconde excursion à Fuyu, la traqueuse n’avait pas chômé. Aussitôt revenue à la capitale du pays du serpent, elle s’était une nouvelle fois entretenue avec le commandant Tazuma, qui l’avait félicité de son efficacité durant cette mission, et lui avait – plus ou moins avec joie – remis les clefs d’une habitation, en ville. Et lorsqu’elle l’avait découverte … La blonde avait été à la fois satisfaite, et ennuyée. Satisfaite, car l’endroit correspondait parfaitement à ce qu’elle attendait : il y avait de l’espace, ou en tout cas assez pour une femme ayant son caractère, un jardin pour son familier, la construction semblait solide et était architecturalement parlant plutôt belle. Même le voisinage, de ce qu’elle avait vu, était tout à fait correct … Mais pourtant, elle était ennuyée. Mais après tout, laissa-t-elle entendre au commandant lorsqu’il la fit visiter, c’était normal … Comment se contenter d’être heureuse, lorsque l’intégralité de l’aménagement était encore à faire ? Heureusement, elle ne traîna pas à mettre la main à la patte, et durant plusieurs jours, quelques ébénistes, forgerons, marchands de tapis et autres potiers reçurent la visite de l’élue, qui à chaque fois leur posait de nombreuses questions plutôt précises, avant de repartir, souvent sans acheter. Ce n’est qu’une fois décidée sur tout ce qu’elle voulait, et à quel prix, qu’elle fit une seconde tournée en ville, durant laquelle la plupart de ses meubles furent payés et transportés chez elle – le plus souvent, avec son aide plus que bienvenue.

Itachi, le garde avec lequel elle avait le plus sympathisé au cours de ses nombreuses visites de l’un des postes de garde principaux de Kansei, lui avait promis qu’il passerait la voir … Mais la traqueuse avait eu amplement le temps d’aménager sa nouvelle habitation avant même de recevoir de ses nouvelles. Et lorsqu’elles étaient parvenues, c’était un gamin qui lui avait répété qu’il pourrait sûrement venir le soir même, mais qu’il ne resterait pas bien tard. Un peu déçue, la traqueuse avait tout de même donné son accord pour la chose, et avait passé sa journée à lire et préparer à manger. Elle n’avait pourtant la tête à aucune de ces deux activités, et les avait pratiqué sans y réfléchir : ses pensées étaient occupées par autre chose. En ville, elle avait partout entendu des nouvelles que chacun répétait, et qui étaient plus ou moins régulièrement confirmées par des annonces officielles … Le front se mettait en place. Les camps se dessinaient de plus en plus nettement. La guerre se préparait entre Fuyu et Seika. Et ce conflit, que tout le monde redoutait depuis plusieurs années désormais, était sur le point de se concrétiser … Difficile de se sortir la chose de l’esprit.

Le soleil était couché depuis près d’une heure qu’on toqua enfin à la porte de l’hybride. Cette dernière, qui s’était installée pour lire à côté du ragoût qu’elle avait suspendu, leva un peu la tête pour la tourner derrière elle. Sans effet bien sûr, puisqu’elle ne voyait pas à travers les portes, mais quelque chose d’autre lui indiqua qu’il s’agissait de l’invité qu’elle attendait : Oor’ka, qui dormait paisiblement à ses pieds, se leva et se mit à marcher tranquillement jusqu’à la porte, contre laquelle il posa les pattes avant, avant de se tourner vers la blonde. Soupirant, cette dernière clôt son livre, et le posa sur une table avant de se lever, et de se rendre à l’entrée pour en ouvrir la porte. Comme elle s’y était attendu, il s’agissait du soldat qu’elle avait invité, derrière … Mais contrairement à ce qu’elle avait espéré, il portait toujours son armure de fonction. Croisant les bras, elle lui offrit un petit sourire en coin, ne portant pour une fois pas son masque de tissus sur le visage.

Tu as une petite heure de retard …
Je suis désolé … Je me suis endormi juste après l’entraînement.
Ce n’est pas grave … Le ragoût devient meilleur lorsqu’il cuit longtemps. Entre, entre …

S’écartant sur le côté pour le laisser passer, elle ferma la porte derrière lui, le laissant un instant jouer avec Oor’ka, qui lui avait posé les pattes sur les cuisses et le regardait avec une joie manifeste. Après tout, ces deux-là avaient passé une quarantaine de jours tous les deux … Il n’était pas étonnant qu’ils s’entendent si bien. Se dirigeant vers la cheminée, la blonde y glissa le bras, saisissant l’anse pour la décrocher de la crémaillère, et l’apporta jusqu’à la table, où le couvert était déjà mis. Remplissant les deux écuelles de bois, la traqueuse patienta encore quelques instants que son invité ne se débarrasse au moins de la majeur partie de son armure, puis s’installa à table avec lui. Portant une cuillérée de la préparation à sa bouche, le jeune homme, dont les cheveux longs et noirs étaient regroupés en une queue de cheval élégante, haussa un sourcil.

Tu cuisines très bien …
Il y a quelque chose d’étonnant à ça ?, répondit l’hybride de brumes avec un petit sourire joueur.
Honnêtement, oui … Je veux dire, tu as l’air de tout, sauf d’une demoiselle au foyer … Et je ne suis même pas sûr que tu aies l’occasion de vadrouiller dans une cuisine bien souvent.
Non, en effet … Et dans la mesure où fut un temps, j’étais destinée à être duchesse, ce n’est certainement pas dans mes jeunes années que j’ai appris cela. Mais bon … à force d’être sur les routes et de devoir me faire mes repas seule, j’ai fini par apprendre à préparer la nourriture correctement.
Ta famille était ducale ? Et bien … On en apprend vraiment tous les jours.

La discussion continua durant de nombreuses minutes sur des sujets plus ou moins divers, dont la majeure partie concernait l’ancienne vie de Valentine, avant qu’elle ne soit transférée sur ce monde. Le soldat eut ainsi l’occasion d’apprendre qu’elle avait de nombreux frères et sœurs, tous plus jeunes, et à une partie desquels elle avait malheureusement survécu, sans elle-même être particulièrement âgée, pour quelqu’un de son peuple … Elle lui expliqua également comment fonctionnait la monarchie elfique, et les principes de base du rituel des brumes, la cérémonie de passage à l’âge adulte qui avait conféré à la blonde sa capacité à disparaître, ainsi qu’à voir dans l’obscurité et à entendre les sons les plus infimes. Elle lui expliqua enfin les grands principes de la corruption, cette force antique et mauvaise qui lui donnait ce teint cireux et cet air fatigué … Elle évita de mentionner à quel point elle-même était profondément atteinte, et préféra développer de manière générale. Leurs portions finies, elle remit le ragoût au-dessus des braise, et ils sortirent dans son jardin pour s’asseoir sur le petit banc de bois qui y était posé, face à une jeune pousse d’arbre, et à d’autres maisons de la capitale, dont la blonde pouvait voir une bonne partie, de l’endroit où se trouvait son domicile … En chemise légère malgré la fraicheur nocturne, elle avait glissé ses mains dans les poches de son pantalon, observant un peu le ciel étoilé sans rien dire. Itachi, lui, avait les mains croisées, et observait Oor’ka, qui patrouillait sur ce territoire nouvellement sien avec une application presque comique. Ce n’est que lorsqu’il vint finalement s’allonger sous les jambes de sa maîtresse que cette dernière reprit la parole, brisant le silence.

Les entraînements sont si rudes que ça ?
Je ne suis qu’un garde de ville … Ce poste est peut-être méritant en lui-même, mais il ne prépare pas à guerroyer. Et même si nous n’allons pas combattre sur les fronts à la manière des seikaijins et Fuyujins … Mieux vaut pour nous d’être prêts.
… Est-ce que tu es certain de ce à quoi tu te « prépares » … ?
… Je ne suis pas sûr de saisir ce que tu veux me dire.
La traqueuse laissa un long soupire lui échapper, alors qu’elle décollait son regard des points brillants qui constellaient les cieux. J’ai déjà vu une guerre … De très près. Et déjà à l’époque … J’ai refusé d’y prendre part. C’est moche. Ça n’a que très peu de finalité, et certainement pas pour ceux qui s’y battent. Et on en revient pas toujours …
Ne t’en fais pas, voyons … Je ne participerais pas directement aux combats, je te l’ai déjà dit. Et même si … Je ne me ferais pas tuer.
La traqueuse dû faire un énorme effort pour ne pas laisser transparaître son malaise dans sa voix. … Des fois je regrette de ne plus être une enfant … Parce que je n’arrive plus à croire aux mensonges des adultes qui devraient me rassurer.
Le soldat, contre toute attente, éclata de rire, et lui passa un bras autour des épaules pour la secouer un peu – et la tirer de la position renfermée sur elle-même dans laquelle elle s’était mise – autant que pour la rapprocher de lui : Je te ferais dire que moi non plus je ne suis plus un enfant, et je n’ai plus besoin d’être couvé depuis bien longtemps ! Rigolant un peu, il finit par reprendre son sérieux, la regardant cependant toujours avec un petit sourire. Mais encore une fois …Ne t’en fais pas trop pour moi. Je reviendrais. J’ai des paquets de raisons de revenir … Et tu es l’une d’entres elles.

L’ancienne noble aurait bien pris quelques instants pour réfléchir à ce qu’il venait de lui dire … Mais presque aussitôt qu’il eut terminé sa phrase, il écrasa tendrement ses lèvres sur sa joue en la tirant un peu à lui. Légèrement hébétée, elle cligna à plusieurs reprises des paupières, et tourna le crâne vers lui lorsqu’il se décolla. Ils faisaient plus ou moins la même taille, peut-être avait-elle quelques centimètres de plus … Leurs yeux entrèrent presque aussitôt en contact. Un instant, ils restèrent à s’observer, les souffles presque mêlés du fait de leur proximité, sur le banc … Puis, lentement, sans faire preuve d’insistance ou autre, Itachi se pencha une nouvelle fois vers elle, tout en inclinant la tête sur le côté. La traqueuse, mains posées sur les genoux, les joues légèrement assombries, ne bougea pas d’un pouce. Leurs lèvres se rencontrèrent avec une telle douceur qu’elle n’aurait su déterminer à quel moment elles étaient réellement rentrées en contact, malgré les fourmillements que le contact en question avait provoqué dans tout son corps. Toujours sans se presser, il leva une main vers elle, et la déposa sur sa joue, qu’il caressa un instant de ses doigts, avant de les faire glisser vers sa nuque, s’en saisissant délicatement, tirant sans force sa tête vers la sienne pour intensifier un peu leur baiser, prendre un peu plus possession d’elle. Il s’écoula de longues secondes, peut-être même plusieurs minutes, avant qu’ils ne songent à se décoller, et lorsqu’ils le firent, ils n’eurent besoin d’aucun mot pour voir dans les yeux de l’autre qu’ils le regrettaient … Le jeune homme déplaça lentement la main qui n’était pas sur la nuque de la jeune femme, et la déposa, là aussi sans brusquerie aucune, sur un de ses seins. La traqueuse ressentit immédiatement le contact à travers le tissus fin de sa chemise, mais n’argua rien … Même si, en revanche, lorsqu’il se pencha de nouveau vers elle, elle posa un doigt sur ses lèvres, le coupant dans son élan. Il sembla perplexe, mais ne chercha pas à forcer … Tirant un soupire à sa vis-à-vis.

… Quand pars-tu ?
Après demain. A l’aube.
Et quand reviens-tu ?
Très vite.
Dans ce cas … Lentement, lui fit retirer sa main de son sein avec le dos de la sienne, avant de reprendre : Je préfère … Je préfère qu’on s’en tienne là pour ce soir.
… D’accord … Mais … Pourquoi ?
Parce que je veux te donner encore plus de raisons de revenir … Et que je ne veux pas me donner encore plus de raisons de le regretter si tu ne le fais pas.


"La plus grande Nemesis que j'ai jamais dû affronter ... C'est moi-même." :
 


"Ceci dit, petite boule est devenue grande ... Mais il s'appelle toujours Oor'ka.":
 
Revenir en haut Aller en bas
Messages : 425
Yens : 870
Date d'inscription : 19/09/2015

Progression
Niveau: 75
Nombre de topic terminé: 24
Exp:
3/6  (3/6)
avatar
Valentine W. ~ Vagabond ~

-



MessageSujet: Re: Non interventionnisme    Ven 15 Sep - 13:36

Le son d’un caillou percutant son volet n’avait rien d’agréable. En partie parce que, d’une part, l’hybride détestait être tirée du lit un jour où elle n’avait pas forcément prévu de faire grand-chose … Et aussi parce qu’elle aurait préféré que personne ne vienne esquinter des parties de sa toute nouvelle habitation. Oor’ka, presque aussitôt, se releva du panier dans lequel il s’était allongé au pied du lit, et vint poser deux pattes sur le rebord de la fenêtre close, cherchant visiblement à comprendre ce qui faisait ce bruit. Sortant des draps, la blonde fit un ou deux pas hésitants, cherchant à remettre deux ou trois mèches de cheveux en ordre d’une main, avant d’ouvrir de l’intérieur le battant de bois. Un gosse se tenait l’entrée de son jardin, jouant avec un galet de petite taille … bon, au moins, rien qui aurait pu occasionner de trop gros dégâts, si celui qu’il avait déjà lancé était de même calibre. Posant les coudes sur le rebord de sa fenêtre, l’hybride haussa un sourcil en le dévisageant, penchant la tête. Il ne lui disait absolument rien.

Bonjour mam’zelle ! C’est le commandant Tazuma qui m’envoie !
L’hybride garda un instant le silence, avant de laisser échapper un « Ah … qui laissait bien entendre tout le manque d’envie qu’elle avait de se faire réveiller pour cette personne. Que me veux-t-il ?
Il m’a surtout demandé de vous dire de le r’joindre à son bureau. Il paraît que vous savez où qu’c’est.
Possible. Rien d’autre ?
Rien d’autre. Vous devriez p’têt aller vous habiller, non ?
Baissant les yeux, la vampire remarqua qu’effectivement, elle avait la chemise un peu trop ouverte pour se pencher en avant autant qu’elle ne le faisait … mais peu lui importait, devant une seule personne et qui plus est de cet âge … Haussant les épaules, elle rétorqua Et toi savoir garder ou tes yeux, ou ta langue dans ta poche, si tu veux garder une demoiselle près de toi à l’avenir.

Soupirant une nouvelle fois, elle se redressa en se détournant, et ferma la fenêtre pour changer sa tenue vestimentaire, soit en gros enfiler pantalon, bottes, veste, et quelques accessoires en prime. Non pas des bijoux bien sûr – elle n’en avait même pas, ici -, mais peut-être une arme ou autre, ou le masque de tissus lui voilant la bouche d’habitude, tout simplement. Une fois préparée, elle passa par la cuisine, le temps de lancer une tranche de viande à son familier – qui consommait d’ailleurs de plus en plus côté alimentation – et sorti dans la rue. Ce n’est qu’une fois qu’elle se retrouva sur le perron de sa maison qu’elle réalisa qu’elle pouvait désormais le penser plus ou moins clairement … Elle « partait de chez elle ». Un petit sourire étira sa bouche masqué … Mais elle ne s’attarda pas là-dessus, et partit en direction du poste de garde.

Un peu par « fainéantise de faire attendre », et aussi pour se libérer un peu les idées, la traqueuse traversa pas un morceau de la capitale en marchant, mais en courant. Et pour une élue telle qu’elle, « courir » signifiait plus « être de loin capable de dépasser un cheval au galop » qu’autre chose, sans parler de son familier, qui malgré son âge encore jeune était bien plus véloce qu’elle. C’est ainsi que les citadins minshujins eurent l’occasion de voir une paire de silhouettes floues traverser les rues de leur capitale, passant entre les étals et les gens sans renverser quoi que ce soit. Le seul réel accident qui failli survenir fut lorsque, à l’intersection entre deux rues, une voiture tiré par deux puissants chevaux passa perpendiculairement à sa trajectoire. Si elle continuait en ligne droite, nul doute que la blonde allait la percuter de plein fouet, mais heureusement, elle repéra sur le côté quelques tonneaux debout, qui appartenaient sans nul doute à un marchand proche … D’une impulsion, elle bondit pour pouvoir prendre appuie sur un des tonneaux sur le côté, et poussa une nouvelle fois pour bondir. Certaines personnes, du côté opposé à celui dont elle venait, eurent ainsi l’occasion de – subitement – voir une grande blonde littéralement passer par-dessus un carrosse qui descendait la rue, se repliant sur elle-même afin de ne pas accrocher le véhicule avec ses pieds, avant de retomber à terre et de se remettre à courir sans même avoir besoin de faire une roulade ou autre. Quasi simultanément, une silhouette bleue sombre dont le pelage était parcouru de foudre passa entre les roues du véhicule, venant tout naturellement se mettre deux ou trois pas derrière sa maîtresse.

Quelques minutes plus tard, la blonde toquait à la porte du bureau du commandant, qui lui laissa entendre d’entrer sans se déplacer de son bureau. Pénétrant la pièce sans faire de bruit excessif, la traqueuse prit un instant pour observer l’endroit … Ce dernier, quelques semaines auparavant à peine, n’était encore qu’une salle inusitée dans laquelle s’entassaient des réserves de matériel, si ses souvenirs étaient corrects. Désormais, il servait de bureau de passage pour le commandant, lorsqu’il se rendait en Kansei et avait besoin d’une pièce à lui située dans un endroit « tranquille » … à croire que les différents endroits où résidaient normalement les militaires ne devaient pas être adaptés à ses goûts ou besoins. L’officier lui-même était penché sur une très longue liste, qu’il parcourait des yeux avec une expression contrite. Ses traits se détendirent cependant dans l’instant lorsqu’il releva les yeux vers la blonde, un sourire venant étirer ses lèvres alors qu’il lui tendait une main ouverte et amicale.

Valentine. Vous avez fait vite, j’avais peur que je ne vous réveille …
à vrai dire, c’est ce qui s’est passé, mais qu’importe …La traqueuse haussa les épaules, un petit sourire en coin sous son masque se traduisant par le gonflement caractéristique de ses joues. je ne dors pas beaucoup de toute manière.
L’installation dans votre nouveau logis n’est pas à votre goût ?
[color=#330099]Au contraire, l’endroit est parfait … Assez proche de la ville pour rendre les trajets courts et agréables, assez éloigné des zones trop peuplées pour être calme. Enfin, relativement calme, de mon point de vue.
Vous m’en voyez ravi. Bien, prenez un siège, nous avons à parler.
C’est très gentil commandant, mais … je pense que je ferais sans.
Ah ? Malgré le fait qu’il tente poliment de le dissimuler, le commandant ne s’était visiblement pas attendu à un refus. Ce ne devait pas vraiment être quelque chose qu’il recevait souvent depuis qu’il avait reçu son nouveau grade, ceci dit … Maintenant tout de même sa composition, il haussa légèrement les épaules, hochant la tête. Ma foi, si vous revenez sur votre décision … Bien. Comme vous vous en doutez, je ne vous ai pas fait venir uniquement pour parler de votre nouveau logement … Je suppose que vous vous tenez un peu informée de la situation actuelle ?
Commandant, je vous assure que parfois je maudis mon audition d’être si performante. Je pourrais probablement m’enfermer dans l’une des geôles au sous-sol de ce bâtiment que je parviendrais toujours à entendre les bruits des discussions dans les rues.
Donc vous savez qu’une bataille décisive, si ce n’est la bataille décisive de cette guerre, va bientôt avoir lieu.
ce n’est une surprise pour personne … Après tout, les informations que je vous ai ramené de Fuyu étaient presque exclusivement liées à cet état de fait. En prime … Tout le monde savait que les vrais combats n’allaient plus tarder bien longuement.
« Le monde est en marche, et les dieux eux-mêmes seraient bien en mal de l’arrêter », oui. Je n’irais pas par quatre chemin : j’ai une mission qui pourrait permettre à notre république d’obtenir des avantages de poids, quelle que soit l’issue de la bataille à venir et la suite des évènements. Il faudra se rapprocher un peu du champs de bataille, mais au moins, pour une fois, vous ne partirez pas en solo.
Il y a d’autres élus d’ors et déjà affectés à cette mission ?
En effet, ils sont au nombre de 4, peut-être 5. Quelqu’un des renseignement m’a même dit que nous aurions peut-être une contribution plus ou moins utile de Tenshi lors des combats. La mission -
Je ne participerais pas.
… est … Pardon, que venez-vous de dire ?
Je ne participerais pas à cette mission. Si vous l’avez déjà attribué à d’autres effectifs, c’est parfait : ils pourront sans mal composer sans moi, je suis sûre.
… Votre … rôle était relativement spécifique, et je comptais justement sur votre expertise du terrain et vos compétences pour –
Commandant … Je m’en voudrais de vous faire perdre votre temps, alors … je vais tenter d’être claire. Notre président a décrété que Minshu ne serait pas inclus dans cette guerre. Je ne vois donc pas de raison valable qui me permettrait de me rendre près d’un champ de bataille entre deux nations qui ne sont pas la mienne, uniquement pour le plaisir de servir des intérêts stratégiques qui me dépassent probablement de loin. Je pense avoir déjà beaucoup donné de ma personne pour servir cette nation … Mais je ne serais pas prête à lui concéder de me faire faire cela.
Valentine, nous ne parlons pas d’espionnage ici. Votre pays a besoin de votre aide.
En effet … Les terres brumeuses dont je viens manquent de chasseurs et chasseuses de monstre de talent. Et chaque seconde que je passe ici, c’est une seconde durant laquelle je laisse toutes les créatures qui menacent mes frères, sœurs et amis en vie. Je n’ai jamais demandé à être placée sous le sceau de Manshee … Et s’il tient à m’empêcher de nuire à son pays, libre à lui. Mais ne vous avisez pas de m’obliger à me battre en son nom. J’ai déjà vu une guerre de près, commandant. Il est hors de question que j’y retourne … Encore plus si le champs de bataille ne me concerne pas.

Se détournant pour se diriger vers la porte, elle posa la main sur la poignée, mais s’arrêta en entendant un bruit puissant derrière elle. Elle n’eut pas besoin de se retourner pour dire ce qui venait d’arriver : le soldat avait frappé du plat de la main sur son bureau.

Je vous assure que vous n’avez pas intérêt à franchir cette porte, mademoiselle Weathley.
Réellement ? L’élue se retourna partiellement, adressant un regard glacial au commandant. Je pense que vous méprenez mes intérêts pour les vôtres, commandant … Mais ne vous inquiétez pas. Dès que les offensives les plus sanglantes seront terminées, vous pourrez probablement m’envoyer de nouveau en infiltration là où bon vous semblera. Tournant la poignée, elle ouvrit la porte en la poussant, lâchant une dernière parole avant de s’éclipser. Après tout … Je fais peut-être une bonne espionne … Mais je remplirais piètrement mon rôle si mes ordres étaient ceux d’un soldat.


"La plus grande Nemesis que j'ai jamais dû affronter ... C'est moi-même." :
 


"Ceci dit, petite boule est devenue grande ... Mais il s'appelle toujours Oor'ka.":
 
Revenir en haut Aller en bas
Messages : 425
Yens : 870
Date d'inscription : 19/09/2015

Progression
Niveau: 75
Nombre de topic terminé: 24
Exp:
3/6  (3/6)
avatar
Valentine W. ~ Vagabond ~

-



MessageSujet: Re: Non interventionnisme    Ven 15 Sep - 13:37

Elle l’avait remarqué en rentrant dans le poste de garde, mais le fait la frappa d’autant plus lorsqu’elle en sortit … L’endroit semblait désert. Bien sûr, la milice restait présente en ville, de manière assez forte d’ailleurs … Mais il était clair, en voyant les effectifs du poste où elle était – et probablement de plusieurs autres – qu’aucun personnel capable de combattre n’était laissé à rien faire. Même si c’était par mesure de sécurité, il était très probable que beaucoup de soldats se soient déplacés du côté des frontières, où ils pourraient avec une bien meilleur efficacité contenir une quelconque offensive, s’il devait s’en déclencher une à l’issue des combats entre les soldats du phénix et ceux du dragon. Défendre contre une attaque … Ou en préparer une. Vivant dans le pays de la fourberie, si l’on en croyait leurs voisins, la traqueuse ne serait pas surprise si une telle manœuvre était engagée par les forces armées du serpent, une fois la poussière ensanglantée des combats retombée. C’était en partie par crainte d’une telle tournure des choses qu’elle avait refusé de but en blanc la mission qu’on lui proposait … Se serait-elle retrouvée au front lors d’une telle opération qu’elle aurait vraisemblablement déserté. Elle n’avait jamais désiré tuer d’homme – ou en tout cas, pas de parfait inconnu engagé dans un conflit qui ne le regardait pas forcément – et désirait encore moins achever des soldats fatigués et fuyants.

Quelque chose de chaud et pressant vint se frotter contre son mollet, rappelant son existence et sa présence à la mémoire de la blonde : cette dernière sourit un peu, et se pencha pour caresser tendrement le crâne d’Oor’ka. Après tout, elle avait aussi cela à prendre en compte … Elle n’était plus totalement solitaire. Et si ses missions d’espionnage mettaient en danger son existence, elles étaient, aux yeux de la traqueuse, toujours moins risquées qu’une bataille rangée. Après tout, lorsqu’elle s’infiltrait, elle ne risquait pas de finir bêtement écrasée sous une catapulte, piétinée par une charge de cavalerie, ou autres sorts peu enviables. Soupirant, elle laissa encore quelques instant ses doigts brosser la fourrure bleu foncé … et tira une petite moue. Elle ne s’était rien prévu de particulier pour la journée … Mais cela ne voulait pas dire qu’elle devait flâner sans rien faire. Se redressant un peu, elle s’approcha d’un natif, qui portait sur son dos un chargement de bois.

Excusez-moi … Sauriez-vous m’indiquer la direction de la bibliothèque ?
Mhh ? La bibliothèque … Ah, oui. Tendant un bras, il pointa le bout de la rue, appuyant son geste d’un mouvement de tête : Rejoignez la fin de la rue, tournez à gauche, et c’est à une ou deux intersections, tout droit. ‘devriez pas pouvoir le louper.
Merci beaucoup.
Hep, heum …
La traqueuse, qui avait déjà tourné les talons, s’arrêta et pivota vers l’homme : Oui ?
Z’êtes une élue, n’est-ce pas ?
En effet, et une de Minshu.
Je vois … J’voulais vous dire : on est bien content d’avoir des gens tels que vous, pour nous. Vraiment.
Oh … Heum … Merci.

L’homme lui fit un signe avec un sourire chaleureux, et reparti vers sa destination première, laissant la blonde sur place. Elle n’avait que très rarement reçu des réflexions de ce genre, et probablement pas depuis qu’elle était sur Kosaten … c’était … drôle. Pendant quelques instants, elle suivit du regard les quelques buches qu’il transportait, puis le laissa finalement se fondre dans la foule pour disparaître. Elle-même décida de se remettre en marche, à la grande joie de son familier, qui se mit aussitôt à trottiner à côté d’elle.

*     *
*

Elle n’aurait su dire combien d’heures elle y avait passé … Mais au moins, la blonde était certaine d’une chose, désormais. Ce n’était pas dans cette bibliothèque qu’elle trouverait les informations qu’elle cherchait. Les archives de Minshu étaient vastes et relativement complètes, pour ce qu’elle avait pu en voir, mais pourtant, les deux sujets sur lesquels elle avait voulu se renseigner étaient presque absents des annales … Le premier objet de sa recherche – dont un représentant avait été exemplairement sage durant ces nombreuses heures, à l’heureuse surprise de la bibliothécaire – était la race à laquelle appartenait Oor’ka : les nombreuses fouilles de l’hybride dans les différents bestiaires ne lui avaient rien appris sur lui … Ce n’était pourtant pas un drequin, la chose était certaine, et elle ne voyait pas de quelle autre créature connue il pouvait se rapprocher. Lorsqu’elle avait demandé, on lui avait conseillé de consulter les archives se trouvant à Seika, plus complètes et étendues. En soit, c’était logique : après tout, cet empire n’était-il pas celui de la connaissance ? Remerciant la dame du conseil, elle avait rangé la dizaine de volumes dans lesquels elle avait mené ses recherches, avant de passer au sujet suivant : l’âme. Mais ce qu’elle trouva corrobora plus ce qu’elle avait déjà compris à travers des discussions et observations sur les deux ou trois dernières années qu’autre chose … A part dans les traités philosophiques, où le sujet pouvait être étudié pendant des heures et des heures, et certains vieux traités de médecine dont on questionnait fortement la véracité désormais, il apparaissait clairement que ce qui, dans le monde de la blonde, était un composant essentiel de la vie et de la mort, n’était sur Kosaten qu’un mythe, spéculé, mais encore jamais réellement découvert. Bien sûr, les spectres existaient ici aussi, mais beaucoup théorisaient que leur existence était plus dû à des formes de magies capable de transférer l’esprit, les pensées, vers un corps immatériel, que par l’existence d’un composant du vivant capable de survivre à la mort. En gros ? Ici, pas d’âme, ou en tout cas aucune connaissance sur le sujet …

Or, ça n’arrangeait pas les affaires de la blonde. Cela signifiait en gros que ce nouveau monde, non content de ne pas fonctionner sous les mêmes règles divines que le sien (même si c’était peut-être logique), ne contenait en substance rien qui lui aurait permis de guérir de son affliction. Il ne lui restait donc, en tout et pour tout, qu’un seul objectif possible désormais … Dévorer le cœur de Morlun. Il y avait très longtemps de cela, l’ange avait consumé un fragment cristallisé d’une âme primordiale très puissante … Et l’essence même d’une telle chose, même si elle s’était répandue dans son corps, ne pouvait être consumée et disparaître. Si la traqueuse parvenait à arracher l’organe de vie même de l’ange, et à elle-même le consumer, il était très probable qu’elle absorbe également cette essence … Et que son âme a elle soit réparée, faisant ainsi disparaître la corruption en elle, et son vampirisme. Se libérer de la soif du sang (qu’elle avait désormais beaucoup moins de scrupules à sustenter de temps en temps) était pour elle un bénéfice bien moindre que celui de purger son corps et son cœur de toute trace de corruption … Des flashs lui revinrent de cet épisode où la magie noire avait pris contrôle de son esprit et de son corps, et l’avait littéralement changée en machine à tuer assoiffée de sang et lâchée sur une ville innocente. Sans l’élu qui l’avait empêché de continuer, elle ne savait pas combien de morts elle aurait eu sur la conscience … Chassant ces mauvais souvenir, elle se résigna, alors qu’elle reposait bien son douzième livre sur un rayon, et s’autorisa un soupire de déception … L’idée que le mot existe dans la langue qu’elle parlait actuellement – qui n’était, elle le savait, pas la même que celle qu’elle pratiquait d’origine – mais ne soit qu’un concept sans fondement lui semblait invraisemblable. Ne se laissant pas totalement abattre, elle se dit à elle-même qu’elle trouverait bien quelque chose à Seika là aussi … Du moins, elle l’espérait, mais n’en avait absolument aucune preuve.

Rentrant chez elle, elle prit le reste de sa journée à se préparer de la nourriture à emporter, mettre quelques affaires dans un sac de cuir plutôt léger ainsi qu’à se prendre un bon bain relaxant. Presque par habitude maintenant qu’elle vivait avec lui, elle en avait fait un second pour son familier … Ce dernier semblait raffoler des siestes au fond d’un baquet rempli d’eau chaude. C’était certes coûteux de lui autoriser ce caprice, mais la traqueuse ne tenait pas non plus à le priver outre mesure de petits plaisirs … Et surtout, de cette façon, elle s’évitait d’avoir à prendre le bain avec lui : vu sa croissance, le quadrupède occupait tant de place qu’il n’en resterait bientôt plus pour elle dans l’eau. Sans parler du contact des poils sous ses fesses nues, qui n’était pas forcément désiré à la base. Passant une bonne heure chacun dans un baquet, la traqueuse et son compagnon finirent par sortir, et mangèrent peu avant de se coucher tôt. Le coq du voisinage n’eut même pas le temps d’annoncer le lever du soleil que déjà, la grande élue était levée, et prête à partir … Son familier protesta un peu à sa façon, mais la suivit dans tous les cas, docile. Lui caressant la tête avec affection, la blonde prit la route se dirigeant vers les territoires neutres … Puisque la guerre était aux portes de Seika à l’heure actuelle, autant s’y rendre maintenant : moins d’autorités là-bas pour potentiellement la chasser, et dans l’optique où Fuyu remportait la bataille, accéder à Chikai ne serait dans très peu de temps sûrement plus aussi aisé …

Alors qu’elle quittait la capitale de sa nation d’adoption, la blonde se tourna vers cette dernière, et marqua une pause pour l’observer. Ce n’était pas ses hautes murailles ou les constructions qui en dépassaient qui attiraient son regard à vrai dire, pas plus qu’une quelconque nostalgie à l’aube d’un départ : si elle ressentait quoi que ce soit à l’idée de voyager, c’était surtout de la motivation. Non, ici, la raison pour laquelle elle s’était arrêtée était toute autre, et assez simple … Elle observait la fumée. Pas les brumes, les fumeroles pâles et innocentes, que son corps émettait par exemple en quasi permanence … Non, elle observait la fumée de feux de camps. Ces derniers, situés en dehors de la ville, marquaient quelque chose de plus ou moins funeste … La blonde n’avait pas les yeux assez pointus pour le voir, mais elle était prête à parier qu’il s’agissait de campements de militaires, qui se réunissaient dans ces grands espaces dégagées et inhabités pour s’entraîner, se regrouper progressivement, dans l’optique d’un départ prochain vers les frontières. Ils emprunteraient surement la même route qu’elle, puis se répartiraient dans le pays, dans l’attente de ce qui allait suivre … sans savoir même s’ils allaient combattre. Sans savoir même si, dans le cas où ils combattaient, ils survivraient. Sans pouvoir promettre avec certitude à leurs proches qu’ils pourraient un jour revenir. La chasseuse de monstre inspira lentement … Puis se remit en marche, enfonçant ses mains dans ses poches. Elle ne tenait pas plus que cela à y penser. Elle préférait ne pas y penser.

Elle avait besoin de penser à autre chose, si elle voulait être capable de continuer à mettre un pied devant l’autre.


"La plus grande Nemesis que j'ai jamais dû affronter ... C'est moi-même." :
 


"Ceci dit, petite boule est devenue grande ... Mais il s'appelle toujours Oor'ka.":
 
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

-



MessageSujet: Re: Non interventionnisme    

Revenir en haut Aller en bas
Non interventionnisme
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Manga Multiverse ::  :: République de Minshu :: Capitale de Kansei-


Crédits : Design : Phoenix & Pingouin Règlements & Contexte : Phoenix
Forum optimisé pour Google Chrome.