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ai enma (terminée !)
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Localisation : au dessus de ton âme...

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Ai Enma ¤ Inconnue ¤

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MessageSujet: ai enma (terminée !)   Mer 21 Fév - 20:50






Présentation d' Ai Enma.



閻魔 あい

Univers d'origine : Jigoku shōjo (OAV)


Âge : Plus de 400 ans.


Sexe :Féminin


Coupe et couleur de cheveux :Longs cheveux noirs, souvent déliés, coupe 'hime', parfois mis en deux tresses.


Couleur de yeux : Rouges.


Style vestimentaire : seifuku traditionnel composé d'une marinière et jupe plisée noire, d'un chemisier blanc et d'un foulard rouge, chaussettes blanches et mocassins noirs.  Sinon, elle  porte un kimono de soie noire à motifs floraux (l'higan bana étant son préféré).


Corpulence : Légèrement cachétique et de petite taille.


Teint de la peau : Blanc crayeux.


Emplacement du sceau : Bas du dos.


Alignement : Chaotique Neutre.


Autre :Tatouage noire à la base sa nuque qui n'est autre que la 'marque' d'appartenance de son ancien maître, le maître des Enfers.





Résumé de l'histoire




(Nb: Cliquez sur les noms et mots soulignés pour avoir un accès direct à leur définition.)




A l'abris du grand cerisier.

Entre quelques montagnes basses couvertes d'une dense forêt de mélèzes, au sein d'une petite plaine verdoyante entourée de cultures en terrasses, se niche un paisible village du japon médiéval. C'est par un bel après midi de l'an mille cinq cent six que naquit ai enma. Petite fille tant attendue par ses parents, ils lui choisirent le plus tendre prénom qui soit, 'amour'. A sa naissance, ai présenta un singularité qui ne fit que s'accentuer le temps passant. Sa peau très claire et nacrée devint d'un blanc crayeux et mate. Ce qui pu paraître un défaut, ne rendait ai que plus précieuse aux yeux de ses parents. S'ils y virent un signe des dieux, il n'en alla pas de même avec les villageois. Superstitieux de nature, ils penchèrent plus pour un signe que sont âme fut entachée par le mauvais œil. Ou même pire. Et très rapidement, le dégoût fit place à la suspicion qui elle -même fit place à la crainte. Les villageois ne parlaient d'ai qu'à voix basse, mus plus par la peur que par la courtoisie, lui prêtant d'hypothétiques et funestes pouvoirs surnaturels. C'est ainsi, que toute petite fille, ai se retrouva au ban de la communauté.

    Si les adultes l'évitaient de peur de croiser son regard, il en fut autrement des autres enfants du village qui purent la tourmenter en toute impunité. elle  était devenue une paria. On l'avait vu ramasser un papillon mort qui dans ses mains repris son envol. C'était à coup sûr une sorcière, un démon, il ne pouvait en être autrement. Les gamins firent d'elle  la cible de leurs quolibets, l'exutoire de leur méchanceté, jusqu'à la blesser au visage en lui jetant des cailloux. Ai, les regardait les yeux pleins d’incompréhension et de tristesse. Bien trop jeune pour comprendre la gratuité de toute cette violence, elle  resta sur place, ses grands yeux noir plongés dans le vague, alors que les enfants détalaient, effrayés par le sang si rouge coulant sur ce visage si blanc, si fantomatique. Lentement, les perles de sang qui s'écrasaient mollement sur les cailloux froids dessinèrent une fleur de lycoris scintillant sous le haut soleil de l'après-midi.

    Ayant eu vent de cette cruelle infamie, un garçonnet de deux ans son aîné et qui était aussi son cousin, osa interposa entre ai et les autres enfants. Il jura à ai qu'il la protégerait et ce pour toujours. Et de nombreuses fois il se battit avec les autres garçons pour l'honneur de ai, de nombreuses fois il fut roué de coups. Sentaro respecta sa promesse et tous les jours il alla chercher ai à sa modeste demeure pour l'emmener jouer loin du village, au delà des rizières. Au cours de ses pérégrinations, il avait découvert un lieu magique pour eux seuls, magique, inconnu des autres enfants et trop loin pour que d'aventures des adultes y viennent après le travail des champs. Sentaro devint le seul ami qu'ai n'ai jamais eu, le confident le plus attentif qui soit. Éloignés de toute malveillance, c'est sous le grand cerisier au bord de la cascade qu'ai et sentaro partagèrent de paisibles moments. Saison après saison, l'arbre majestueux fut le témoin privilégié de l’indéfectible lien qui allait unir les deux enfants.
 
    Douces furent ces sept années, chaud le souvenir des moulins à eau construit par sentaro qui émerveillaient tant ai et illuminais son visage par un grand sourire. Sentaro était le garçon le plus heureux du monde quand ai riait, car il n'y avait qu’en sa présence quelle abandonnait tristesse et mélancolie. avec sentaro, ai n'avait plus peur.  Et à la simple évocation de la promesse solennelle qu'il lui avait faite, les nuages sombres de l’existence disparaissaient. Sentaro serait toujours là pour elle .


Contes et légendes.

Quand les tous premiers paysans vinrent s'installer dans cette plaine, le chaman eu une vision onirique. Dans sa vision, il cheminait de nuit sur le versant est de la plus haute montagne. Un sentier millénaire, à peine visible tant il était usé, courrait le long de ce flanc escarpé jusqu'à un promontoire rocheux où le schiste saillait. Là, il y vit, baigné d'un léger halo luminescent, la forme d'un grand renard blanc, assis et le regardant fixement. Il ne sut d’emblée s'il s'agissait d'Inari ou bien de son messager Kitsune. Toujours est-il qu'il se prosterna promptement, osant à peine relever sa tête. Et c'est sans desserrer sa machoire que Kitsune lui ordonna d’honorer Inari, qui résidait dans cette montagne, par le hitobashira d'une fillette de sept ans, c'est à dire enterrée vivante. Cette voix grondante étourdit le pauvre chaman qui n'acquiessa que par un hochement de tête. Ce sacrifice devait être renouvelé tout le sept ans, la veille du dix sept février, juste avant la fête des nouvelles récoltes. Ainsi, Inari serait clément envers eux et leurs accorderait d'abondantes récoltes, veillerait à la prospérité du village. Par contre si les villageois décidaient de ne point honorer leur sacrifice, ils seraient frappés du courroux d'Inari lui-même. Et c'est ainsi que, dans cette pieuse crainte fut instauré la cruelle tradition du 'sacrifice des sept ans'.

    Aucun des villageois ne s'opposa aux révélations du chaman, et très rapidement ils entreprirent la construction du temple dédié à Inari où auraient lieu les sacrifices. Le terre-plein devant le temple pourrait y accueillir la funeste fosse. Le printemps suivant, quand sa construction fut achevée, adossé au flanc de la montagne, tous remarquèrent qu'il se trouvait être entouré d'higan bana (lycoris) et que tout le long de l'escarpé sentier, cette fleur s'y épanouissait. Ils y virent là un présage et même plus, un avertissement de la part d'Inari. Bien entendu, tous se remémorèrent la légende de Manjû et Saka à qui la déesse Amaterasu jeta une malédiction, mais aussi que cette fleur était avant tout intimement liée à la mort. Il était de coutume de croire que le chemin menant aux Enfers était bordé de ces fleurs qui ont aussi pour noms shibito bana, fleur des morts et tengai bana, fleur de l'au-delà. Cette mise en garde fut prise très au sérieux par les pieux villageois et de nombreuses offrandes étaient déposées sur l'autel régulièrement. Les chamans se succédèrent , les prêtres succédèrent  aux chamans. Et invariablement, tous les sept ans une fillette fut sacrifiée.



La fin des jours heureux.

Puis vint le temps où il fallu choisir une élue parmi les fillettes dont l'âge avait atteint les sept ans. Le conseil des anciens se réunis et, sans grande surprise, portèrent leur choix sur ai. Ainsi ils se débarrassaient de cet être qui semait la peur et la discorde dans le village tout en respectant la volonté d'Inari. En apprenant cela Sentaro se précipita chez l'ancien le plus influent du conseil afin de plaider la cause de ai et de remettre en question l'équité de leur choix. Tous l'avaient désignée depuis bien longtemps et devant le silence de l'ancien, sentaro perdit toute contenance et laissa exploser sa colère. L'injustice était bien trop flagrante, ses liens avec ai bien trop profond. La rage au ventre il se rendit chez ai, sans but. En fait, la nouvelle l'avait tout simplement terrassé et il se sentait perdu.

    Les parents d'ai eux aussi avaient eu connaissance de la décision du conseil. Et tout quatre se retrouvèrent dans la grande pièce principale, dans le silence qui précède celui des exécutions. Quand, tout à coup, les parents regardèrent sentaro droit dans les yeux. Tous deux venaient de penser à l'inimaginable. Après une profonde inspiration, la mère de ai demanda à sentaro de cacher ai et ainsi d'épargner sa vie. Sentaro alla se cacher dans la forêt afin de mettre son plan à exécution tandis que ai et ses parents se rendirent dans la maison du chef du village afin de la préparer
au sacrifice.

    Elle fut habillée d'un kimono blanc immaculé, sur ses long cheveux noirs y était posée une couronne de cordelettes rouge tressée pour former quatre fleurs à larges pétales arrondis et dont les lanières pendaient le long de son cou. Une fois purifiée, la lente marche vers le temple commença. Froid était le vent, froide était la neige. Pourtant, la petite ai ne frémissait pas, les yeux fixé dans le vide. elle  savait que sentaro allait la protéger de ce funeste destin. Le vent se mit à siffler dans la cime des mélèzes aux branches dénudées, la neige brouiller les yeux des villageois. D'ailleurs, certains commencèrent à rebrousser chemin en direction du village. Le sentier devenant de moins en moins sûr, peu d'hommes avec le prêtre arrivèrent au temple. La neige redoubla. Sentaro avait bien compter dessus afin de mettre son plan à exécution. Il se faufila entre les quatre villageois qui ne prirent point la peine de relever sa présence. Tous étaient pressés d'en finir. C'est sentaro qui allongea ai au fond de la fosse, de ses longues manches sorti un grand bambou percé qu'il déposa tout droit près du visage de ai. Il lui murmura quelques mots puis se mis en retrait.Promptement, sans un mot, le visage bas, dans cette lugubre nuit, les villageois comblèrent la fosse avec la terre fraîchement brasée. Une fois la besogne accomplie, tous repartir pour le village. Personne ne remarqua l’absence de sentaro sur le chemin du retour, qui attendait patiemment leur départ. Un fois hors de vue, il se précipita afin de déterrer ai. Cela lui sembla long, si long. avec ses bras d'enfant, et toute l'énergie de la promesse faite, il tenait le corps tout somnolent et presque froid d'ai. Tournant la tête vers lui, elle  lui sourit.

    Derechef, il décida de la cacher dans la petite caverne au pieds de la cascade. Cette petite caverne, juste assez grande pour leurs deux corps avait étaient, il y a fort longtemps un temple votif dont l'existence était tombé dans l'oubli. Cette nuit la ils se réchauffèrent du mieux qu'ils purent, leurs deux corps enlacés, contrits mais vivant. Sentaro avait tenu sa promesse.

Oraison funèbre.

La neige fit place à l'herbe verte. Puis vint le temps des récoltes. Mais le riz n'avait rien donné et diverses petites calamités semblaient viser les habitants du villages. La famine commença à sévir, les récoltes toujours aussi mauvaises et les villageois disparaissant au cours des hivers plus nombreux. Il semblerait qu'Inari ait déserté sa montagne et les six années qui suivirent décimèrent peu à peu le village. Depuis six longues années, chaque soir, à la nuit tombée, sentaro partait rejoindre ai à la cascade. Il lui apportait nourritures, vêtements et tout ce dont elle  pouvait avoir besoin pour survire. Là en compagnie de sentaro elle  retrouvait un peu de joie de vivre et il lui arrivait même de rire. Une partie de son âme s'était éteinte, ses yeux perdu dans le lointain, elle  ne parlait que peu et encore à voix basse. Bien entendu, on aurait pu penser que c'était pour éviter de se faire entendre malencontreusement d'un villageois, mais c'était quelque chose de plus profond. Et jamais ils ne trouvères la joie innocente de leur jeunesse. Ai appréciait pourtant les bains dans la rivières au clair de lune, regarder la cascade longuement, écouter sentaro. elle  s'en contentait. Après tout mieux valait avoir un semblant d'existence que d'être morte. Ai qui ne sortait de sa cachette dans la journée, ce fut trop risqué. Alors elle  lisait pour la millième fois un recueil de mantra et divers textes que sentaro pouvait emprunter au prêtre du village. La lecture lui apporta un peu de douceur et de réconfort. Dommage que les livres fussent si rares...


    Par un soir d'été, alors qu'ai se baignait, sentaro arrivât. Comme d'habitude ils parlèrent à voix basse. Mais, d'un seul coup ai se stoppa, interdite. Derrière sentaro se tenaient quatre villageois, un qui le plaqua au sol immédiatement, pendant que les trois autres compères la prirent en chasse. Une fois maîtrisés et ramenés au village, l'affaire alla très vite. Les villageois firent prisonnier les parents de ai et tous trois, ligotés, furent conduit au temple pour y être exécutes. Mis genoux à terre, leurs yeux furent bandés d'un linge blanc tandis que le prêtre invoquait le pardon d'Inari. Sentaro, ceinturé par son père l'invectivait tout autant que les autres villageois. Tous exultaient leurs colères face trois parjures. Comment se pouvait-il qu'un acte aussi impie fusse commis ?

    Prestement, un villageois les assomma de sa pelle en bois et tous trois furent jeté au fond de l'ignoble fosse. Mais sentaro, au comble de l'horreur, se vit désigner pour enterrer, vivants, les trois blasphémateurs. Son cœur allait exploser, les villageois lui hurlaient l'ordre de réparer l'affront fait au dieu. Et dans cette démente cacophonie, tremblant et trempé de sueur il finit par se rallier à la raison vacillante des villageois. Alors qu'il prit la pelle et jeta la première pelleté de terre, il eu juste le temps d’apercevoir l’œil rouge vif que le bandeau avait découvert. Son esprit, déjà fortement ébranlé, fut anéanti par ces quelques mots murmurés par ai à son intention:

- "Tu avais pourtant juré de me protéger."


Hébété, complètement ivre de toute cette furie, il se mit à courir, sans but, juste ne plus voir en face cette abysse hors de toute conception humaine.

Dans un dernier hurlement à  déchirer l'âme, ai professa une ultime sentence:

- "Je vous maudit, je vous maudit tous..."



L'antre de la folie.

Trois corps reposaient sous la terre brûlante de l'implacable soleil estival. Sentaro, l'esprit vide fixait le sol de la maison de son père. Partir loin d'ici, très loin, la solution s'imposa a lui impérieusement. S'il ne voulait pas perdre le peu de raison qu'il lui restait, il lui fallait quitter ces lieux. Même s'il devait traîner avec lui l'immense fardeau de sa trahison vis à vis d'ai. La veille, un rêve macabre le réveilla brutalement. Il avait vue une main blanche, trop blanche sortir de terre. Celle d'ai. Alors, qu'il s'éloignait pesamment du village, il se retourna et le vit en flamme. Tout brûlait alentour et devant ce spectacle de désolation, une forme blanche se mouvait. elle  s'arrêta nette et se mis à fixer sentaro de ses grand yeux couleur lycoris .C'est au bord de la folie qu'il se mis à courir pour fuir cette vision de l'enfer. Ai était revenue se venger. Alors, il se mit à rire, sans raison, un rire de dément. Fuir cette malédiction, cétait tout.






Vengeance et châtiment.


Ce qui avait émergé de la tombe, en cette funeste année mille cinq cent dix neuf, était une effroyable entité vengeresse qui semblait ne jamais pouvoir être assouvie. Une telle frénésie provoqua le courroux du maître des enfers qui sous couvert d'un marché, lui infligea un terrible châtiment. Elle serait désormais l'instrument de vengeance de tous ceux qui l'invoquerait. Mais pour se faire, elle devait enfermer sa propre haine et faire taire tous ses sentiments pour ne devenir qu'une froide exécutrice. Ainsi, elle devint la fille des enfers. Sa tâche était simple. Elle devait répondre à toute personne lui réclamant de se venger d'un autre. Bien entendu, pour s'assurer de sa complète coopération, le maître des enfers annonça à ai qu'il détenait l'âme de ses parents. Et qu'à la moindre désobéissance, il les précipiterait dans les tourments infinis de l'enfer. Si ce moyen de pression lui permettait d'obtenir l’obéissance de ai, il est aussi une garantie que cette dernière ne retourne pas la violence de sa haine contre lui. Car s'il avait à en découdre avec ai, il se retrouverait dans une bien fâcheuse posture. Lors du déchaînement de violence de cette dernière qui se trouvait sous l'emprise totale de la haine, il avait pu pressentir la puissance de l'énergie noire qui émanait d'elle.

    Au cours de l'histoire des hommes, la fille des enfers n'apparaît qu'épisodiquement, entretenant le mystère et la légende autour de son existence. Au début, pour pactiser avec elle, une fontaine apparaissait dans laquelle on jetait une petite planche de bois où était peint le nom de la personne dont on voulait se venger, puis au cours du temps, se fut une mystérieuse boîte aux lettres qui surgissait de nul part, une annonce en blanc dans la presse proposant ses services, puis avec l'arrivée de l'informatique, ce fut par le biais d'un site internet. Mais à chaque fois, quel qu’en soit le moyen, il apparaissait invariablement à minuit. Quoi qu'il en soit, dès qu'un nom avait été écrit, la mystérieuse grand mère en informait ai. Cette dernière apparaissait au coté de l'individu et se présentait. Ensuite, elle lui remettait une petite poupée de paille au cou de laquelle était nouée une ficelle rouge. Mais avant de dénouer la ficelle, ai lui expliquait les termes du contrat puis s'en retournait dans l'entre monde. Le contrat était simple, deux tombes pour une malédiction. Une fois la ficelle dénoué, le pacte serait scélé.

    Ai revenait chez les humains afin d'observer la personne qu'elle allait faire passer de vie à trépas. Car avant de la tuer, elle la tourmenterait par de cauchemardesques illusions empruntés des pêchés commis, et lui demanderait si elle se repentait de ses actes. Ultime possibilité de salut. Mais, jamais à ce jour une telle chose arriva car personne ne regretta vraiment les torts qu'il avait pu commettre. L'âme humaine est ainsi faite. Et fatalement, ai transporterait l'âme vers limbes, puis s'en retournerait dans l'entre monde. Sur la poitrine de la personne ayant pactisé avec ai, apparaissait un sceau tel un sombre tatouage. C'était la marque du maître des enfers. A sa mort venue, son âme, elle aussi, irait rejoindre les affres infernales.

    Résidente perpétuelle de l'entre monde, ai ne devait apparaître dans le monde des humains que dans le cadre de l’accomplissement sa besogne. En aucun cas, elle ne devait côtoyer les humains plus que nécessaire à l'accomplissement de sa tâche pour lui éviter toute velléité sentimentale qui aurait pu lui remémorer certains souvenirs, surtout ceux de son passé d'humaine. D’ailleurs le maître des enfers, après l'avoir contrainte à lui obéir, lui avait effacé la mémoire de tout souvenir. Opération qu'il renouvelait à chaque cycle où ai reprenait son rôle parmi les hommes. Car il savait que si ai se rappelait le pêché qu'elle avait commis par le passé et qu'elle puisse pardonner à ses bourreaux, alors elle serait en mesure de rompre la malédiction. Hors, il n'avait aucune envie de se passer de ces services, même si cela représentait un certain risque pour lui. Il savait qu'il était loin d'avoir un contrôle absolu sur ai. Mais le chantage semblait bien fonctionner. Et c'est en ce début de dix-septième siècles qu' ai enma devint la légendaire messagère de la vengeance.








Trois cruels petits contes.


Wanyudo.

Wanyudo était à l'origine un tsukumogami, son âme résidait dans la roue gauche d'un attelage de voiture tiré par deux splendides bœufs et appartenait à un membre de la famille impériale. En seize cent huit, une guerre éclata. Des daymos avaient pris les armes contre la famille impériale et s'apprêtaient à assiéger la demeure régalienne. Pour protéger son épouse, l'empereur demanda à trois de ses plus fidèles gardes de l'escorter jusqu'à une petite demeure cachée, au loin des conflits. Prenant la fuite avec la voiture à bœufs, ils prirent un sentier escarpé longeant la falaise couverte d'une dense pinède. Mais ce départ préparé dans le plus grand secret avait été révélé aux daymos par un traître proche de la cour. Une embuscade attendait l'équipage. Des archers, avec des flèches enflammées tirèrent sur l'attelage. L'un des garde fut tué sur le coup tandis que d'autres projectiles y mettaient le feu. Affolés, les bœufs ruèrent et tout l'équipage se trouva jeté au bas de la falaise tuant sur le coup l'impératrice. Percutant le sol, la roue gauche se détacha, toute en flamme. C'est sous cette forme que le tsukumogami devint le yokai Wanyudo. Un visage humain au centre d'une roue de bois en feu c'était mise à terroriser, nuit après nuit, les voyageurs empruntant cette route maudite. Dans les villages alentour, il était bien connu. Et l'on pensait qu'il nourrissait une violente rancune à l'égard des humains.

Cette même année, ai qui se trouvait être de passage dans la région pour régler une demande de vengeance alla le trouver et lui demanda de l'accompagner. Wanyudo accepta l'offre et ai lui donna une forme humaine.


Ren Ichimoku.

Ren Ichimoku n'a jamais été humain. Il a débuté son existence comme tsukumogami, son âme avait été incarnée dans un katana. Il fut la propriété de plusieurs samouraïs dont la constante était de l'utiliser à leurs fins personnels et qui perpétrait des actes à la morale douteuse. C'était toujours pour blesser ou tuer, afin d'obtenir des avantages personnels qu'il était employé. Tout à fait conscient de sa situation et impuissant, il ne pouvait qu'être le témoin muet des actes barbares perpétrés par ses différents possédants. Très souvent, il lui venait la pensée que son possesseur viendrait à mourir par sa propre lame. Combien de fois avait-il prié pour rester dans son fourreau avant d'être utilisé ? Mais, personne n'a jamais su que cette lame avait une âme. Et ses prières restèrent muettes.

Mais, lors d'une épique bataille en cette ensoleillée matinée de printemps de l'an de grâce mille sept cent cinq, qui fit de très nombreux morts, le samouraï qui se servait de lui fut mortellement blessé par une flèche. Alors, dans un ultime défis face à la mort, il planta le katana dans un rocher qui s'y enfonça jusqu'à la garde. Seul au milieu de ce champs de cadavre, rescapé silencieux de cette démence, il pria pour n'être jamais délogé de ce tombeau d'infortune. Plusieurs années passèrent, les os blanchis des cadavres commencèrent à être recouvert de végétation. Le champ de bataille tomba dans l'oubli. Ren ne pouvait s'empêcher de repenser à toutes les actions dont il avait été le protagoniste. Depuis plus de cent ans, il avait uniquement servi pour accomplir des méfaits. Plongé dans les profondeurs des turpitudes humaine, ses pensées furent interrompue par une voix douce et grave qu'il l'appelait. Il venait d'entendre son nom prononcé par une jeune fille aux grand yeux rouges. Et l'idée folle qu'elle pourrait peut-être entendre ses pensées l'enthousiasma.
-"Je sais que tu cherche quelque chose, Ren Ichimoku".
-"C'est vrai".
-"Si tu me suis, tu le trouveras".

Ren prit un bref temps de réflexion. A bien y regarder, rester planté dans ce rocher pour l'éternité, n'était pas très engageant. Alors, pourquoi ne pas suivre cette jeune fille ?
Ai le transforma donc en yokai et lui donna une apparence humaine à son âme. Ainsi, il devint le deuxième compagnon d’infortune d'ai.


Hone Onna.

Tsuyu était une magnifique geisha qui vivait dans une luxueuse maison de thé du quartier des plaisirs de kyoto en cette année de grâce dix huit cent dix. Relativement aisée financièrement, elle pouvait se permettre de choisir parmi les nombreux prétendants ceux qui seraient les heureux élus. En plus de maîtriser les arts convenus des geishas, elle était passé maître dans l'art de confectionner les lanternes de papiers, qu'elle vendait fort chère au demeurant. Mais pour les amants éconduits, ce prix semblait dérisoire. Posséder un objet fait des mains de Tsuyu était une grande consolation en soi. Les lanternes devinrent objet de fétichisme. Alors, avec elles, Tsuyu se fit rapidement un jolie petit pécule. Mais pas encore assez pour devenir indépendante et posséder sa propre maison. Mais comme sa réputation ne faisait qu'accroître, elle se prenait à rêver qu'un très riche noble s'entiche d'elle et lui offre comme présent une magnifique demeure. Cela avait été le cas pour certaines de ses consœurs.

Par une belle après midi de printemps, alors que les serins gazouillaient dans la grande cage du salon de la maison de thé, un certain Shinsaburo demanda après elle. Un magnifique et élégant jeune homme l'attendait. Richement vêtu, le port de tête altier, il fixa sur elle deux yeux perçants. En le voyant ainsi, le cœur de Tsuyu chavira. Avec ses manières accortes, sa diligence, il était le prince charmant dont toutes les petites filles rêvaient. Il ne fut donc pas un simple client, mais son amant, son favoris. Que les heures passées à ses cotés étaient douce, voluptueuses. Mais, de par sa profession elle garda son amour secret. S'il l'aimait, c'était à lui de se déclarer. Ce qu'il fit après trois long mois. Il lui proposa de quitter Kyoto et la province du kansai pour une petite ville située dans la région du Chûgoku plus au sud. Sa réponse fut immédiate et pleine d’enthousiasme. Elle partirait avec lui le lendemain matin.

Ils prirent donc un boquet et partirent pour la longue route qui les attendait. Tsuyu, si éprise de Shinsaburo, ne fit pas cas du véhicule qui se trouvait d'être bien peu adapté pour un tel voyage. Ils étaient heureux. Cela seul importait. Alors qu'il faisait une halte dans une auberge pour y passer la nuit et changer de chevaux, le tonnerre se mit à gronder à l'horizon. La salle était presque vide, hormis trois types à la mine peu engageante qui éclusait du saké. L'aubergiste lui-même était peu avenant et le lieu étrangement silencieux. Au cours du repas Shinsaburo se leva prétextant avoir des choses à régler avec l'aubergiste. Et de sa voix rassurante demanda à Tsuyu de l'attendre un instant. Mais dès qu'il prit la porte de service, les trois malfrats s'emparèrent d'elle et la ligotèrent. Elle hurla le nom de son amoureux qui jamais ne vint. Et c'est ainsi que Tsuyu fut vendue pour une minable maison de passe dans les faubourgs d'une petite ville de province où personne ne la connaissait.

Minée par le chagrin, elle contracta la phtisie en ce début d'hivers. Très malade, elle ne pu plus travailler. Alors, la tenancière décida de s'en séparer. Et c'est ainsi, qu'à demi vivante, elle fut jetée dans les eaux froides de la tumultueuse rivière. Son corps y disparut. Et jamais plus personne ne revit Tsuyu.

Son corps fut emporté par le courant et se retrouva bloqué par les piles d'un pont en bois. Puis il coula. Au fond, s'accumulaient de nombreux autres corps de femmes. Sûrement issus, de la même maison de passe ou bien de mauvaises et tardives rencontres. Dans ce lugubre cimetière potamique, les âmes errantes attirées par celle de Tsuyu vinrent fusionner avec elle. Et c'est ainsi qu'est né le yokai One Honna.

One Honna alla de village en village à la recherche de compagnie humaine. Mais ne maîtrisant pas encore son polymorphisme, elle effraya plus les humains qu'elle n'obtint de compagnie. Sous sa forme humaine, nul ne pouvait connaître sa véritable nature. Mais, à son insu, elle apparaissait sous la forme d'un squelette aux os blanchis, deux globes oculaires roulant furieusement sous son crane où quelques cheveux épars semblaient avoir été racornis par les flammes. Ses ongles, presque des griffes, pendaient menaçants, au bout des os de sa mains comme pour se saisir de l'âme des imprudents. Elle provoqua tant d'effroi que toute personne ayant entendue parler d'elle faisait vite demi tour en la croisant. Cette solitude lui pesa énormément. Et elle sombra dans une infinie tristesse.


Deux grands yeux rouges tous aussi tristes se posèrent sur one honna assise sous un pont. Le ciel était gris. La pluie n'allait pas tarder à tomber. One honna leva sa tête vers la jeune fille. Cette dernière poussa un léger soupir et lui tendit sa main blafarde. Elle la prit dans la sienne, se leva et sans mot dire, suivi ai.


Au cours de ces siècles, ai enma rallia ces trois yokai à ses cotés pour rompre avec la solitude dans laquelle elle se trouve enfermée. Peut-être a t-elle éprouvée de la pitié à leur égard, peut-être ont-ils ravivés d'anciens souvenirs malgré toutes les précautions du maître de enfers. Mais il est clair qu'ai a du éprouver certains sentiments qu'il aurait sévèrement réprimé. Pourtant il n'en fit rien. Tous trois ont appris à respecter ai et au fil du temps et des épreuves. Ils finirent même par s'attacher à elle, essayant de décrypter son humeur, de savoir ce qu'elle pouvait parfois ressentir.
Étrangement, ai restait froide à leur égard. Et lorsque l'un d'eux essayait de se rapprocher d'elle, de partager ses turpitudes, elle se renfermait dans le silence sous une apparente nonchalance. Mais ils savaient qu'ai devait les aimer à sa manière. Elle a qui tout sentiment était interdit. Alors, ils n'attendaient rien de plus d'elle, sans en éprouver la moindre contrariété. Ils étaient à ses cotés, cela lui était suffisant. Pourtant, combien de fois ils l'avaient vue isolée dans une tristesse infini et combien de fois ils auraient voulu alléger sa peine. Parfois, ils regardaient, impuissants, ai se débattre avec sa conscience. Ils auraient tant voulu lui révéler son histoire d'humaine et qu'elle puisse enfin une fois pour toute se débarrasser de ce fardeau, mais ils savaient que le sort que leur réservait le maître des enfers serait insupportable, terrifiant.





L'entre monde.

Un soleil crépusculaire baignant dans sa lueur rouge un paysage pastoral vint réchauffer le blanc visage d'ai. elle  se trouvaient allongée, vêtue de l'uniforme convenu des écolières japonaises du vingt et unième siècle, sur le seuil de bois d'une petite maison en okoumé faite dans le plus pure style traditionnel des habitations agricoles du dix-septième siècle. Une voix grave, venu, semblait-il de nul part, s'adressa à elle .
 
- "l'assouvissement de ta vengeance ai, a fait de toi ma servante. Tu es désormais liée à moi et tu devras en tous points m’obéir.
Tu me vois ?"

Ai releva lentement sa tête et chercha du regard d'où pouvait provenir cette voix. Et puis que faisait-elle  ici ? Était-ce chez elle  ? D'ailleurs, qui était-elle  ? La voix repris.

- "Là sur l'arbre."

Elle  vit une grosse araignée sur le tronc d'un arbre d'où semblait sortir cette mystérieuse voix. elle  s'approcha lentement de la créature et fut surprise de voir que trois gros pois jaune sur son corps évoquaient étrangement des yeux. D'ailleurs, les petits point noirs au centre bougeaient comme s'ils essayaient de la fixer. Toujours d'un ton calme, l'étrange créature continua en ces termes:

- "Je me présente, je suis le maître des enfers, et je te donne pour tache d'accomplir la vengeance de toute personne qui te contactera. avec elle  tu scellera un pacte et une fois la vengeance accomplie, tu me rapportera l'âme de la personne que tu auras tué quand à celle qui t'a commandé, une bougie gravée à son nom sera allumée dans mon royaume et une fois celle-ci consumée, tu iras chercher son âme."

(d'un ton sentencieux)
- De plus, tu devras fermer ton coeur et ne plus éprouver de sentiments, ni amour, ni compassion, ni joie ni peine. Après tout tu n'es plus humaine, tu dois te débarasser de ton ancienne nature si tu veux pouvoir effectuer cette tâche sans entrave. Tu n'es plus que l'instrument de la vengeance d'autrui. A, j'oubliais, si d'aventure tu transgressais les règles, sache que je détiens l'âme de tes parents. Donc, si tu ne veux pas qu'elles soient damnées pour l’éternité, ou bien pire, dans l'éternelle errance, je te conseil de m'obéir."

(avec un grand détachement)
- Au fait, ici tu es chez toi."

De l’intérieur de la maison une voix menue de vielle femme appela ai avec une certaine familiarité.
- "Ai, ton thé est prêt."

- "Bon, je te laisse maintenant. Mais n'oublie pas qu tu m'appartiens et que je garderai toujours un oeil sur toi. Façon de parler..."

Les trois pois noirs dans leurs cercles jaunes fixèrent ai. Puis la créature disparu.


    C'était étrange. Ai ne se rappelait de rien, ni même de ce qu'elle  aurait pu faire la veille. Et pourtant c'est tout naturellement qu'elle  rentra dans la maison, enleva ses mocassins noirs et s'assise sur les tatamis dans la pièce principale. Sur une table basse se trouvait un plateau en bois laqué noir où étaient disposées un théière de grès rouge avec un tasse assortie. Sur un petit meuble adossé au mur du fond, face à elle , trônait un objet incongru en ces lieux. Un vieil ordinateur, écran éteint attendait d'être réveillé. elle  se versa une tasse de thé et bu lentement tandis qu'une silhouette de femme assez âgée se découpée en ombre chinoise sur le paravent de feuille de riz. elle  semblais s'affairer sur un rouet. Tout lui semblait familier et le coté étrange de la situation disparu. elle  était apaisée. Mais ce moment suspendu fit place à un sentiment qui allait être son quotidien. elle  se trouvé baignée dans un mélange cotonneux de mélancolie et d'ennui. Cela lui convenait et fit remonter à son esprit la phrase d'un auteur qu'elle  savait avoir aimée mais dont elle  avait oublié le nom. D'une voix presque muette, comme pour elle-même:
- "Ici, tout n'est que calme luxe et volupté."

Engourdie dans cet étrange spleen elle  s’endormit, sans rêve, comme à chaque fois qu'elle  dormirait. Et quand elle  se réveillerait, la vielle femme qu'elle  appelait grand mère serait toujours là assise à son rouet, le thé prêt à être servi. De cela, elle  était sûr.

Quand elle  se réveilla, la silhouette de sa grand mère était toujours là, la table basse débarrassée.

- "Bonjours ai."

- "Bonjours grand mère."  Sa voix était terne, presque éteinte.

    Elle se leva lentement et ouvrit la porte d'entrée de la petite maison. Tout autour de grands massifs de lycoris fleurissaient baignés de cet éternel crépuscule. Ici, le temps était suspendu, ou bien absent. elle  pouvait entendre le bruissement familier d'une rivières cachée au creux de ces larges bandes de fleurs. Au loin elle  pu apercevoir un grand arbre solitaire sue le sommet d'une colline couverte d'herbe rase. De tout cela, elle  avait un vague souvenir qui avait quelque chose de rassurant, d’apaisant. Laissant la porte ouverte, elle  retourna dans la grande pièce et se dirigea vers sa chambre au fond d'un étroit couloir. Un étrange clair obscure y régnait. des ouvertures haut perchées diffusaient la rougeoyante lumière solaire qui courrait sur le bois carminé. elle  fit coulisser la légère porte et entra. La pièce avait une superficie de six tatamis. Un futon était posé au sol, noir avec de petites fleurs orangées stylisées. Une ouverture qui faisait la totalité du mur sur sa droite, prolongé d'une terrasse étroite sans balustrade jouxtait un massif de ces grandes et délicate fleurs rouges. Au loin elle  pu voir le grand arbre. Les seuls sons perceptibles étaient celui du vent jouant avec les longues tiges et parfois agitant fébrilement la ramure du grand arbre. Ici, pas de cris d'animaux ni de chants d'oiseaux, les rares bruits étaient feutrés, chuchotés. elle  prit un magnifique kimono de soie noire, sans motif, un large obi cramoisi, une grande serviette en éponge d'un blanc immaculé et ressortie de la maison en direction de la rivière.

    Au bord du court d'eau, dans la tiédeur de l'air, ai se déshabilla et posa, pliés, ses vêtements sur le sol. Sa peau blanche se fit orangée et lentement elle  entra dans l'eau claire. Ai se sentait vidée de tout sentiment et cette vacuité lui allait bien. C'était peut-être cela le bonheur, vivre dans un absolu détachement, une abolition des contraintes. Flottant sur le dos, voyant le paysage à l'envers, et doucement sa perception de l'espace vacilla. elle  ne flottait plus dans la rivière mais tout l'univers environnant, sans amarres. Cela aussi lui plaisait. Quand elle  aperçue au loin trois silhouettes noires adossées au tronc du vieil arbre qui semblaient diriger leurs regards sur elle . Sans surprise elle  sorti de l'eau, pris sa serviette et s'essuya. Une fois son corps séché, elle  revêtit son kimono noir et noua le large obi. Pieds nus, laissant ses vêtements à terre, elle  se dirigea vers les trois ombres se découpant dans le rouge du ciel.


    Un vieil homme, bien droit, la peau tendu sur les os, les yeux clos, vêtu de vêtements surannés, chapeau de paille à larges bords et écharpe rouge attendait ai. A ses cotés se tenait une très belle femme à la coiffure sophistiquée et revêtue d'un magnifique kimono de soie violette à motifs géométrique brodés au fil d'argent. Le noeud de son obi attaché sur le devant, le portait les prostituées d'un autre temps. Adossé au tronc de l'arbre, se tenait un jeune homme élancé dont la frange de cheveux noirs masquait son œil gauche. Il était vêtu simplement, d'habits décontractés portés par touts les jeunes japonais de ce siècle.

- "La miss est de retour."  lança simplement le vieil homme.
- "Pauvre miss."  répondit, attristée, la femme.
- "C'est le karma."  jeta presque indifférent le jeune homme.

    Ai s'arrêta à quelques pas du groupe et posa longuement ses grands yeux rouges sur chacun d'eux. D’instinct elle  su que le vieil homme se prénommait Wanyudo et qu'il était aussi son plus ancien compagnon. Que la femme portait pour nom Hone Onna et que le jeune homme était Ren Ichimoku. Ils étaient tous ses assistants. Paradoxalement elle  ne se souvint pas d'où elle  les avait connus ni comment. elle  ferma le yeux puis les rouvrit.

- "Bonjours."  dit-elle  d'une voix sans timbre.

Puis, sans plus un mot, tourna des talons et se mit en route pour la maison en laissant derrière elle  ses vêtements d'écolière. Un légère brise berça les lycoris. Tous trois restèrent sur place, regardant ai s'éloigner.


-- "C'est à peine si elle se rappelle de nous..."  dit d'une voix basse wanyudo

- "A chaque fois c'est la même chose, 'il' lui efface ses souvenirs et ainsi elle ne peut apaiser son âme. Si la miss pouvait juste se souvenir de ce qu'elle a fait pour être maudite de la sorte... Elle pourrait, peut-être, briser la chaîne de ce perpétuel recommencement. Cela fait si longtemps que ça dure!"  prononça presque rageusement Hone Onna.

- "Hélas, nous ne pouvons rien lui dire. Sinon, c'est nous qui allons directement en enfer."  dit d'une voix calme emprunte de sérieux ren.

- "C'est vraiment pas juste. Pauvre miss... Surtout qu'elle nous a tous sauvés, soit de l'enfer, soit d'une malédiction. N'est-ce pas wanyudo ? Errer pour l'éternité sous la forme d'un visage grimaçant au centre d'une roue de bois en feu pour effrayer les voyageurs, c'est quand même pas terrible !"  repris Hone Onna, moqueuse.

- "C'est vrai, nous lui devons tous cette existence. Hélas, je crains qu'elle ne doive se débrouiller seule. Mais je sais qu'un jour elle finira par rouvrir son cœur et ses souvenirs alors, seront portés à la lumière de sa conscience. Et là, elle devra faire un choix, soit se laisser aller à la vengeance, soit pardonner à ceux qui l'ont trahie. Sa route est longue et difficile. Patience."  lança wanyudo.

- "Je crois que nous devrions y aller. On nous observe."  coupa ren.

- "Oui, je crois que c'est le moment pour nous d'y aller."  répliqua wanyudo


Sur le tronc de l’arbre, l’araignée semblait les observer.


    Ai lançait, les unes après les autres, des billes de verres colorées. des formes kaléidoscopiques apparaissaient, se dissolvaient puis se recomposaient sur le tatami. Pourtant ses yeux plongés restaient plongés dans le vide. Peut-être était-ce un geste machinal afin de tromper son ennui, de s'échapper de la lassitude. Attendre encore et toujours de devoir accomplir la vengeance d'une âme tourmentée pour finir elle  aussi, finalement, dans les affres des enfers. 

L'écran du vieil ordinateur s'alluma. Un nom y apparu. Ai ne bougea pas. Alors, la douce voix de sa grand-mère se fit entendre:
 
- "Ai, je crois qu'on te demande."

Lentement elle  se leva, soupira .

- "oui grand-mère."  répondit-elle  d'une voix à peine audible et résignée.

Puis, elle  disparut.




"Il est minuit depuis toujours." -Légendes Urbaines.

Dans le brouhaha d'un salle de classe de terminale du lycée Basho aux alentours de midi, alors que les élèvent s’apprêtaient à enfiler leur bento, les conversations allaient bon train. Dans la pesante chaleur de estivalle, les élèves d'humeur joyeuse s'étaient regroupés en petits îlots autour des tables de classe. Alors qu'un élève se trouvait de corvée de tableau submergé d'un nuage de poussière de craies multicolores, tous s’échangeaient les potins du week-end précédent. La lumière vive et tranchante du soleil semblait assourdir ce chahut.
(voix off)
- "T'as entendu parler du courrier des enfers ?"
- "Tu parles du site qui n’apparaît qu'à minuit et sur lequel on marque le nom de la personne dont on veut se venger?"
-- "C'est qu'une légende !"
-- "J'ai entendu dire qu'un élève du lycée Soka avait disparu..."
- "Encore des histoires pour effrayer les filles ça !"
-- "Peut-être, mais la petite copine du disparu c'est suicidée il y a quelques jours de cela.Apparemment, il venait de la quitter avant de disparaître. La police a retrouvée chez elle  une  lettre où elle  lui demande pardon de l'avoir envoyé en enfer. Et qu'elle  irait bientôt le rejoindre..."
- "Flippant!"
- "Et si on essayait de se connecter se soir ?"
- "T'es folle !"
- "Arrêtez vos âneries... Bon, moi j'ai faim !"

/* Tiens, un site qui permet d'envoyer son ennemie en enfer ? C'est vraiment n'importe quoi ! Faut vraiment être une gamines pour gober ça. D'un autre coté...*/
Pensa Arumi Tasheki qui trouvait plaisante cette idée de pouvoir faire disparaître quelqu'un simplement en inscrivant un nom sur un site. Pas de trace et pas de risque de ce faire arrêter.

/* Le crime parfait, quelle idée grisante ! Et oups, la petite Yumi partie pour les enfers, trop drôle. Cette sale petite garce qui refuse obstinément les avances du trop beau Tensha. Alors qu'il n'a d'yeux que pour elle . Il m'ignore malgré toutes petites attentions. Alors que si cette peste venait à disparaître, j'aurais le champs libre et il ne pourra plus se refuser à moi, car enfin il pourrait me voir telle que je suis. */


    Dans sa chambre sous les combles, un rai de lumière lunaire passant par le grand vasistas, Arumi fixait l’écran de son PC. Dans cette demi obscurité, elle  attendait minuit. Pour l'instant seule s'affichait une page d'erreur 404. Il était encore trop tôt pour le savoir. D'un coup une page apparue avec pour unique phrase "J'accomplirai ta vengeance". En dessous une zone de saisie et un bouton "Envoi". Ses yeux s’écarquillèrent. La rumeur disait donc vrai. Soudain, elle  fut prise de doutes. Allait-elle  vraiment envoyer Yumi en enfer ? Ou bien n'était-ce qu'une supercherie ? Instinctivement mues par la peur, ses mains s'éloignèrent vivement du clavier.

/* C'est peut-être la seule occasion que j'aurais de pouvoir me débarrasser de yumi... Si ça se trouve, rien ne se passera après tout. Et puis temps pis pour elle  ! elle  n'avait qu'à accepter la demande de tensha. Je l'aurais eu amer, c'est vrai. Mais là, c'est trop cruelle. Le laisser s'humilier devant elle , le faire souffrir comme elle  l'a fait en lui refusant ses chocolats de saint valentin. Il ne mérite pas ça ! Moi je l'aime. Quel imbécile, aveuglé qu'il est. Alors oui, c'est pour toi tensha que je vais l'envoyer en enfer, elle  ne l'a que trop mérité. Je sais que tu sauras me pardonner. */

    Et c'est sans hésitation quelle tappa le nom de yumi. Un dernier clic fait, la page disparu. Là elle  se rendit compte qu'elle  haletait presque, son visage était crispé et son corps tout tendu sous l'émotion. Puis elle  se relâcha et s’avachit dans sur son siège, un léger rictus fendant ses lèvres. En relevant la tête, un cri s'étrangla dans sa gorge. Devant elle , se tenait debout une jeune fille baignant dans le rayon spectrale de la lune. elle  était vêtue d'un seifuku noir, le teint blême, si blême et ses grands yeux rouges incandescente braqués sur elle . Ai était réapparue. Arumi fut prise d'une sourde terreur. Quel pouvait donc être cette apparition ? Devenait-elle  folle, ou bien était-ce du à toute cette fatigue émotionnelle ?
D'un voix très douce, calme et triste, ai s'adressa à arumi.

- "je m'appelle ai enma."

Arumi, dont la voix s'enfuyait:
- "C'est toi la fille des enfers?"

Ai lui tendit une petite poupée de paille noire à laquelle était nouée une ficelle rouge.

- "Tiens, prend-la."

Arumi restait interdite. Que se passait-il donc, rêvait-elle ? elle  tendit la main et pris l'étrange colifichet puis posa son regard sur ai, muette.

- "Si tu veux obtenir réparation, que tu es vraiment sûre de toi, tu n'as qu'à dénouer la ficelle. C'est tout ce que tu as à faire. et une fois le nœud défait tu sera lié à moi par contrat.
Alors, tu seras exaucée. j'envérais ton ennemi en enfer."
 

Arumi approcha fébrilement ses doigts de la ficelle mais fut stoppée net.

- "Attends, tu dois savoir qu'une fois la vengeance accomplie, tu me devras une compensation. Deux tombes pour une malédiction. Quand tu mourras ton âme aussi ira en enfer."

    Arumi vit brusquement la fille des enfers  disparaître dans les flammes. Et elle  se retrouva ligotée, attachée par les pieds à une potence, tout autour d'elle  des corps étaient semblablement attachés à perte de vue. Dans la chaleur infernale de ce paysage de cauchemar, des être difformes, vêtus de haillons, torturaient sans relâche leur prisonnier. Les objets de supplice étaient d'effrayantes lames et pics sanguinolent des blessures infligées à ces corps mutilés. L'air lourd, presque liquide, était saturé des hurlement de souffrance des suppliciés dont les corps se contorsionnaient sous la violence des coups. Les yeux d'arumi lui brûlaient, elle  n'y tint plus. Son esprit se révolta devant tant d’horreurs. Au bord de l’asphyxie, sa langue gonflée emplissant toute sa bouche, sa gorge asséchée se déchira en un cri primal. Son sang jailli.
- "Non!"

    Trempée de sueur, arumi tremblante d’effroi se tenait assise sur son siège dans le silence de la nuit. Nulle autre personne dans la pièce. Avait-elle  rêvée ? Non. En baissant les yeux elle  vit dans ses mains la petite poupée noire à la ficelle rouge, toujours nouée. Un dégoût profond l'envahie et elle  s'empressa de la cacher dans le tiroir de son bureau. Maintenant elle  savait. Et subitement elle  fut pris d'un rire irrépressible qui déforma son visage en un masque grotesque. Enfin elle  pourrait faire disparaître yumi et se faire aimer de tensha. Enfin ils pourraient être heureux !
Cette pensée dissout l'horrible souvenir. L'idée fixe de pouvoir partager son amour avec tensha s'empara totalement d'elle . Plus rien d'autre ne comptait à présent. Oubliée la terrible mise en garde. Oubliés les terribles tourments.









Index des noms cités


Inari et Kitsune.

Inari est tout d'abord le kami des céréales (étymologiquement du riz) puis celui des fonderies et du commerce. Ensuite il devient le gardien du foyer. Il est symbolisé par un renard, symbole de la divinité elle-même; ou bien de son messager, Kitsune.

Sous forme de renard, Inari est souvent représenté avec un bijoux et une clef dans la gueule, mais on peut aussi le voir avec une gerbe de riz, un parchemin ou un renardeau. Il est le patron des forgerons de sabre, des marchands, des acteurs et des prostituées.

Dans ce contexte, Kitsune serait alors un yokai (créatures surnaturelles, apparitions, esprits, démons) et apparaîtrait en tant que messager d'Inari. Souvent il est représenté avec plusieurs queues. Avec l'âge, il gagnerait une supplémentaire tout les cents ans, jusqu'au nombre de neuf.

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Yokai.

Le mot yokai signifie littéralement monstre bizarre et désigne un être vivant, forme d'existence ou phénomènes auxquels on peut appliquer les qualificatifs: extraordinaire, mystérieux, étrange et sinistre. Un grand nombre de yokai étaient des humains ordinaires à l'origine. Ils ont été transformés en quelque chose d'horrible, de grotesque à cause d'un état émotionnel extrême. Il existe des yokai bienveillants et d’autres très dangereux, entre les deux une multitude de yokai s’amusent à jouer de mauvais tours aux humains. Ils sont de formes et de natures très variées, animaux magiques, humains ayant perdu leur humanité à cause d’émotions négatives, objets prenant vie (tsukumogami).

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Tsukumogami.

Les tsukumogami sont un type à part entière de yokai, comprenant ordinairement des objets domestiques qui prennent vie lors de leur centième anniversaire.

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Wanyudo.

Le yokai wanyudo prend la forme d'une roue en feu d'un char à bœufs portant le visage tourmenté d'un homme. Divers histoires du folklore prétendent qu'il est l'âme condamnée d'un daimyo tyrannique qui de son vivant était connu pour faire tirer ses victimes sur le dos d'un char à bœufs. Il passe pour garder les portes de l'enfer et errer dans les deux sens le long de la route entre ce monde et le monde souterrain, effrayant les citadins lorsqu'ils passent et s'emparant des âmes de tous ceux qui s'approchent de trop près afin de les emmener en enfer avec lui.

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Ren Ichimoku.

En japonais, "Ichimoku Ren" est une référence à l’œil mythologique d'un dragon "Ichimokuren". Son pouvoir lui donne la capacité de projeter son œil n'importe et lui permet d'observer à distance ou de voir à l'intérieur de pièces closes.

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One Honna.

Le yokai One Honna ou "la pierre à aiguiser" retient un amour éternel qui la conserve longtemps après que sa chair a pourri et lui permet de continuer à être en dépit d'être morte. Elles apparaissent comme autrefois, jeunes et belles, dans leurs apogées. Seule une personne éprouvant un amour pur ou une forte foi religieuse, est capable de voir leur véritable forme, cadavre squelettique revenu de la tombe. les One Honna ne sont pas concrescentes de leurs conditions car elles sont maintenu par l'amour qui les aveugles. Si un amant s’éprend d'une de ces créatures, chaque nuit la One Honna lui subtilisera petit à petit sa force vitale. Ce dernier s'affaiblira, tombera malade et mourra si personne n'intervient.

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Ai Enma.

Son prénom Ai écrit dans hiragana あい dans le manga a pour sens "amour". Son nom de famille Enma 閻魔 est en fait un nom pour le "Roi d'Yama" nom japonais du dieu bouddhiste gardien de l'enfer ou le juge des morts. Son nom lui a été attribué par le maître des enfers.

Dans le folklore japonais, Enma est le gardien des enfers, dieu des voyageurs et le protecteur des enfants. Compatissant, il a fait le vœu solennel de ne pas devenir pleinement Bouddha jusqu'à ce que toutes les âmes aient été libérées des souffrances de l'enfer. Il est assez fréquent de voir de petites statues de pierres le représentant le long des routes, des sentiers et dans les cimetières. Comme le Bouddhisme chinois s'est mélangé avec les religions japonaises et les superstitions, il s'est développé progressivement comme dieu et est connu comme le Grand roi Enma.

Source: yokai.com (en)

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Après quelques pubs, la suite !


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Dernière édition par Ai Enma le Dim 8 Juil - 16:26, édité 255 fois
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MessageSujet: Re: ai enma (terminée !)   Mer 21 Fév - 21:08

jigoku ? tient tient XD

bienvenue jeune recrue cheers
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MessageSujet: Re: ai enma (terminée !)   Mer 21 Fév - 22:00

Wow. Welcome ! Bon courage pour ta fiche. **
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MessageSujet: Re: ai enma (terminée !)   Ven 23 Fév - 11:08

Bienvenue à toi et bon courage pour ta fiche
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MessageSujet: Re: ai enma (terminée !)   Dim 25 Fév - 18:36

Bienvenue !
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MessageSujet: Re: ai enma (terminée !)   Dim 25 Fév - 19:30



Histoire suite et fin.




    Immédiatement après avoir proposé le pacte à Arumi, ai retourna dans l'entre monde, baigné de cet éternel soleil crépusculaire. D'un pas lent, elle se dirigea vers le grand arbre où Hone Onna et ren l'y attendaient.

- "La miss semble plus triste que d'accoutumée."  dit songeuse Hone Onna.
- "Peut-être... Tu penses que c'est pour cela qu'elle  a envoyé Wanyudo afin de l'éloigner d'elle  ?"  répliqua Ren.
- "Je ne l'espère pas."  
Puis, sur le ton de la plaisanterie, elle  reprit:
- "C'est vrai qu'il adore se faire enfermer dans les tiroirs ! Pauvre Wanyudo."  
- "T'as déjà vue une jeune fille assez tarée pour mettre une lugubre poupée de paille noire sur son oreiller ?"  
- "Sûr..."  

Ai s'immobilisa devant eu. Puis posant sur eux son regard fixe, elle  s'adressa à Hone Onna d'une voix sans timbres. Comme si elle  essayait de dissimuler un profond tourment.
- "Hone Onna..."  
- "Bien compris miss."  Et elle  disparu.
Puis son regard glissa sur Ren. Insistant.
- "Ok, je m'y colle."  Et lui aussi disparu.



    Alors, ai repris le chemin de la petite maison, l'âme sombre. elle  ne pouvait s'empêcher de penser au sort qui attendait la petite yumi, malgré tous ces efforts pour réprimer ses sentiments. elle  se demanda comment elle  pourrait accomplir une telle tâche si de telles pensées venaient la hanter. Cheminant, perdue dans ses turpitudes, surprise elle  s'arrêta. Sur le bas côté du chemin, devant une petite stèle votive de granit brun se tenait un jeune garçon qui la dévisageait. Puis, tel un fantôme, l'apparition s'évapora. Plus interloquée qu'inquiète, ai se demanda qui pouvait-il être. Pourtant son visage avait un quelque chose de familier. elle  sentie monter en elle  un sentiment troublant, étrange comme s'ils avaient été unis par un lien indéfectible. Mais rapidement cette sensation fit place à une rage sourde, grondante et qui explosa en un délirant désir de vengeance. D'ai émanait un flot de flammes noires à peine contenues. Et dans son esprit éclatât un nom.

/* SENTARO ! */


Rapidement, ai retrouva son calme. L'énergie noire l'enveloppant disparu. Une chape de tristesse s'abatis sur elle . De retour à la maison, sa grand mère, toujours à s'affairer sur son rouet l'attendait.

- "Quelque chose ne va pas ai?"  dit-elle  d'un voix compatissante.
- "Non grand mère. Ce n'est rien."  répondit ai se voulant rassurante. Mais la conviction lui fit défaut.
- "Tu sais ai, j'ai gardé tes affaires dans un petit carton rangé dans le meuble de ta chambre. Tu pourrais y regarder..."  



    Sans un mot, ai se dirigea vers la pièce, ouvrit le meuble et prit le carton. elle en avait oublié son existence jusqu'à son contenu. Pourtant, de suite elle reconnue la couverture de certains des ouvrages qui y étaient disposés. Elle en pris un, s'allongea à même le tatami et se mit le regarder attentivement. La couverture cartonnée était écornée, la tranche jaunie. Elle le retourna et se mit à lire la quatrième de couverture. Il s'agissait d'une vieille édition du Kokiji de dix huit cent vingt huit d'où émanait de légères effluves de lactaire. Cette odeur lui rappela quelque chose mais ne pu le saisir. Ses grands yeux rouges sombres se mirent à luire comme si d'un instant à l'autre elle allait se mettre à pleurer. Puis ils virèrent au rouge vif et s'asséchèrent immédiatement. Elle ne su pourquoi une telle nostalgie s'éprise d'elle. Était-ce par ce que sa grand mère se faisait sa complice en cachant pour elle des objets venant du monde des humains ? Elle ne se trouvait donc plus seule à braver le maître des enfers. Quel étrange sentiment pour ai, presque une sorte de réconfort ou du moins une tristesse moins amère. Ou bien était-ce un souvenir oublié qui lui avait fendu l'âme ? Peut-être tout simplement parce que sa grand mère était la seule personne à lui apporter un quelconque réconfort. Ou bien tout cela à la fois. Elle était bien trop troublée pour lire. Autre chose lui occupait l'esprit. Aussi insignifiant que pouvaient être les être humains, elle ne pouvait chasser Yumi de ses pensées.



    Pendant ce temps, dans le monde des humains, par cette matinée pluvieuse, Hone Onna et Ren espionnait les faits et gestes de Yumi. Ils allaient remettre à ai leur rapport qui inéluctablement finirait par l’accomplissement de la vengeance et enverrait Yumi tout droit en enfer. Qu'importe que la vengeance soit justifiée ou pas. Ai devrait s'y plier, obéir sans poser de question, elle n'était que l'instrument de la vengeance des autres. Hone Onna tout comme Ren et Wanyudo savaient à quel point une vengeance qu'ai ne trouvait pas légitime à ses yeux, pouvait la peiner. Ai tuait des humains depuis plus de quatre cents ans et jetait leurs âmes en enfer. Le plus souvent elle était grisée de cette puissante sensation de pouvoir laisser libre cour à sa colère et à la vengeance. Ils avaient causé du tord, ils devaient payer. Elle ne faisait aucun cas de savoir si le châtiment était à la hauteur des actes commis. Elle appliquait sans distinction aucune, sans remord, une vengeance toute biblique. Paradoxalement, bien qu'ignorante de la pitié, exécuter le pacte à l'encontre d'une personne qu'elle jugeait innocente la jetait dans une tristesse infinie et même dans une rage folle. Nombreuses étaient les occasions où ai s'était laissé allée à sa colère et avait désobéi aux règles. Nombreuses furent les fois où le maître des enfers du effacer sa mémoire...



Déterminée, elle referma son livre. Toute nostalgie était évanouie. Connaissant bien la nature humaine, elle décida d'aller espionner le foyer d'Arumi pour y déterrer des secrets. Il lui fallait trouver un motif suffisamment solide pour décider Yumi à se venger d'Arumi avant que cette dernière ne dénoue la ficelle. Et aussi se faire la plus discrète possible aux yeux de ses acolytes. La seule chose qui contrariait ai était que de ce fait Yumi serait damnée elle aussi. Mais au moins elle pourrait vivre sa vie d'humaine, argument qui ne dissipa que peu le vague à l'âme d'ai. Puis, sans en faire plus de cas, elle disparu pour le monde des humains. Elle n’eut que le temps d'entendre dans son dos la voix de sa grand-mère rompre le silence.

- "Fait attention à toi, ai."



    Hone Onna et Ren marchaient dans une large avenue pleine de monde à quelques pas de yumi. Les parapluies formaient un étrange balai de fleurs se balançant au grès un vent capricieux. La pluie était fine en cette fin de matinée et les passants allaient pressés. Hone Onna en la suivant du regard dit d'un ton amer:
-  "Pauvre petite, elle n'a rien fait et la voilà prête à être expédiée en enfer..."
- "Et oui, que veux-tu y faire ?" rétorqua Ren.
- "Alors toi vraiment ! Pfu. Et dire que depuis des siècles la miss doit endurer tout cela. Jamais elle ne se plaint pourtant. Mais depuis quelques jours, elle me parait particulièrement accablée."
- "Hone Onna, t'as vue ?" lança ren en relevant la tête. Un trace noire fusa dans le ciel gris et bas, à peine perceptible.
- "La miss ? Qu-est-ce qu'elle peu bien mijoter ?"

    Quelques pâté de maisons plus loin, ai se posa sur la branche d'un grand arbre face à la maison d'Arumi. La pluie avait cessée. Vêtue d'un jean, de baskets, d'un sweat-shirt et d'une casquette elle s'assit sur ce poste d'observation improvisé. Rabattant délicatement ses deux longues tresses noires dans son dos, ses grands yeux rouges fixèrent la maison. Le père d'Arumi se trouvait d'y être ainsi que sa mère qui préparait le repas du midi. Tous deux dans la cuisine, ils se disputaient. Ai se concentra sur le père et sonda son âme. Son visage se fit triste. Sa bouche émie un léger tremblement de colère. Elle venait de découvrir un terrible secret qui déciderait, à coup sûr, Yumi à sceller le destin d'Arumi. Mais en révélant se secret à Yumi, elle savait aussi que cela risquait de la blesser profondément. Un instant, elle hésita. Puis repensant à Arumi détenant la poupée du pacte, tous ces doutes se dissipèrent. Elle devait agir et vite. Promptement, elle s'envola vers la maison de Yumi. Ai devait attendre le retour de Yumi. Alors, pour être sûre de lui parler au plus tôt elle se cacha dans le jardin. Elle savait que son absence prolongée de l'entre monde risquait d'éveiller les soupçons de ses coéquipières. Alors, d'un mouvement de tête elle se débarrassa de cette sombre idée.

    Vers la fin de l'après midi, Yumi franchie le petit portail qui donnait accès à la cours intérieure de sa maison. Elle était toute souriante, à des lieux de savoir quel sombre dessins se profilait à l'horizon. Ai ne trouva pas le moment propice, elle ne sentait l'humeur à effacer ce sourire. Elle attendrait le début de soirée. Perdue dans ses obscures pensées, elle ressentait un grand froid en elle. Un lumière à l'étage s'alluma, c'était La chambre de Yumi. Le moment était venue de lui parler.

    Yumi s'était affalée sur son lit, un cadre photographique entre les mains qu'elle regardait intensément. L'atmosphère de sa chambre était chargée d’un infini chagrin. Même les posters sur les murs et les guirlandes lumineuses n'arrivaient pas à dissiper la lourdeur de l'atmosphère. Même l'hippopotame en peluche posé négligemment sur le couvre lit, et qui aurait pu paraître rigolo, semblait triste.

    Ai apparu devant Yumi. cette dernière se redressa tout aussi surprise qu'effrayée. C'est alors, qu'ai pu voir les yeux de Yumi nimbés de larmes. La photographie qu'elle tenait fermement la représentait bien plus jeune sur les genoux de son père. Alors de sa voix douce et basse, ai lui dit:
-"N'ai pas peur. Mon nom est ai enma. Je suis venue pour te parler de ton père."
Yumi n'en croyait ni ses yeux ni ses oreilles. Malgré le sentiment de peur que lui inspirait la soudaine apparition d'ai, elle fut piquée par une vive curiosité.
-"Donne moi la main, je t'emmène avec moi faire un tour. Tu ne crains rien."
Dans le cerveau de Yumi, les pensées s'entrechoquaient. Qui était ai ? Était-elle un fantôme ? Lui voulait-elle du mal ? Sa pensée abandonnait toute rationalité. Peut-être même que son père l'avait envoyé... De toute façon elle voulait en avoir le cœur net. Et elle lui tendit sa main tremblante. L'instant d'après, les deux jeunes filles se retrouvèrent dans l'avenue longeant la propriété de Yumi. Ai s’arrêta devant la vitrine lumineuse et multicolore d'un glacier. Tout en gardant la main de Yumi dans la sienne, elles franchirent les portes vitrées et allèrent s’asseoir à une table. Une fois leur commande passée et servie, ai fixa son regard dans celui de Yumi. Et d'une voix égale reprit sans ambages:
-"Je sais pourquoi ton père c'est suicidé et à cause de qui."
Le choc fut brutale pour Yumi qui en laissa tomber sa cuillère pleine de glace et failli éclater en sanglot. Elle se contint non sans peine. Ai continua:

-"Ton père qui était journaliste a été injustement accusé de diffamation par le père d'Arumi, alors ministre des finances. C'est ce qui lui a valu la perte de son emploi et ce qui le mena à ce geste désespéré. En fait, le ministre était coupable d'adultère et de malversations, comme l'avait écrit ton père. Mais étant un ami du rédacteur en chef du journal où il travaillait, l'affaire fut étouffée. Et devant les tribunaux ton père fut jugé coupable, sans qu'une véritable enquête soit menée."

Ai se tu. Yumi avait le visage crispé tant par le choc de cette révélation que la colère qui l'animait. Elle su à cette instant que Yumi chercherait à se venger de cette horrible injustice. Après un long silence, ai poursuivit:
 -"Sais tu ce que je suis ? Je suis la fille des enfers, celle qui assouvie la vengeance des humains. Peut-être as-tu entendu parler de moi ?"


-"C'est donc vrai ? Nous en avons parlé hier en classe avec des camarades. J'avoue que je ne savais pas trop quoi en penser. Mais pourquoi es-tu venue me voir ?"


-"Premièrement pour t'apprendre la vérité au sujet de ton père. Mais surtout pour te dire que Arumi veut se venger de toi et qu'elle va me demander de t'envoyer en enfer demain juste après la pause déjeuner. Ce à quoi je ne tiens pas trop. J'ai pu le lire dans son esprit. Elle possède une petite poupée de paille avec une ficelle rouge nouée autour du coup. Si elle la dénoue, ce qu'elle fera, je me devrais d’exécuter le pacte. Mais tu peux la prendre de vitesse. Il te suffit de me demander de te venger d'elle et de conclure le pacte avec moi. Tu n'auras qu'à dénouer la ficelle de sa poupée à son insu et ainsi c'est elle qui partira pour les enfers. Elle cachera la poupée dans son casier. Un simple geste de ta main et tu auras la vie sauve. Je ne peux pas te donner une poupée en main propre. Car normalement, je n'ai pas le droit d’interférer dans l’exécution d'un pacte. Par contre rien ne t'empêche d'utiliser sa poupée pour me demander d'accomplir ta vengeance."

    Yumi fixait sa coupe de glace sans la voir. Son regard était perdu bien au loin tout comme ses pensées. Les yeux cramoisis d'ai fixaient intensément Yumi. Après avoir pris une profonde inspiration, Yumi dont la voix était étrangement calme, s'adressa à ai, la fixant de ses yeux aiguisés.
-"Non, je ne veux pas me venger d'Arumi. Elle est égoïste et ne voie pas plus loin que le bout de son nez. Mais ce n'est pas elle qui a poussé mon père au suicide. C'est de son père que je veux me venger. Et puis d'une pierre deux coups. Je tue l'assassin de mon père et Arumi éprouvera ce que c'est que de vivre privée de son père. Cela lui donnera une bonne leçon."

-"Entendu. Tu sais quoi faire maintenant."




    Ai en éprouva un sentiment de soulagement mitigé. Elle allait accomplir une juste vengeance mais par la même damnait Yumi. Quoi qu'elle face, la destinée des humains qui la rencontrait se trouvait à jamais marqué du sceau de la damnation. Elle ramena Yumi chez elle puis repartie vers l'entre monde.



    Sous l'éternel soleil couchant, près du grand arbre, ai convoqua Ren et Hone Onna. Tous deux apparurent. L'étonnement pouvait se lire sur leurs visages. Ils n'avaient pas l'habitude de la voir habillée et coiffée ainsi. Elle n'y prêta pas attention et sans plus de forme leur demanda d'observer dès maintenant le père d'Arumi. Interloqués, ils se regardèrent brièvement. La requête était étrange. N'avaient-ils pas eu comme consigne d'observer la jeune Yumi ? Alors que la vengeance n'avait pas été encore accomplie, les voilà à devoir s'occuper d'une autre personne. Ils firent mine de vouloir poser une question. Et comme à son habitude, ai se mura dans le silence et pris le chemin pour retrouver de sa maison pour y retrouver sa grand mère. Hone Onna fut la première à rompre le silence.

-"Qu'est-ce qui lui prend ? Et puis c'est quoi cette tenue ? elle s'est même faite des tresses !"
-"Et oui, la miss devient coquette."
-"Arrêtes tes bêtises. elle nous cache quelque chose, c'est sûre. Et puis on abandonne Yumi comme ça ? Pourtant personne n'a fait de nouvelle demande de pacte... Je sais pas ce qu'elle prépare, mais je sens qu'elle va encore le payer très cher."
-"Allez, tais-toi, on a du boulot qui nous attend."

    Franchissant le seuil de la vielle battisse, ai se déchaussa. Sa grand mère lui demanda comment sa journée c'était passée. Ai lui répondit simplement que tout allait bien. Mais le ton de sa voix maquait de conviction. Sans plus rien ajouter, elle se dirigea vers sa chambre. Elle voulu lire mais ne pu. Son esprit vagabondait parmi de sombres pensées. Elle se demandait si finalement elle avait bien fait. Ai était maussade. Il ne lui restait plus qu'à attendre que Yumi dénoue la ficelle rouge.



    Le lendemain matin, le ciel était clair. Le soleil tardait encore à réchauffer l'atmosphère encore fraîchi par la pluie de la veille. Arumi se leva pour se préparer et aller au lycée. Une joie malsaine l'animait. Elle pensait à sa rencontre avec la fille des enfers l'avant veille. Prise d'un doute, elle couru à son tiroir pour voir si elle n'avait pas rêvée. Non, la poupée se trouvait toujours là. Ce serait donc aujourd'hui qu'elle passerait à l'acte. Un léger rictus se dessina à la commissure de ses lèvres. Enfin, elle pourrait avoir tensha pour elle seule. Il méritait d'avoir une fille comme elle à ses côtés. Tout cela lui parut si irréel. Mais un léger frisson la parcouru en repensant à la vision de cauchemar qu'ai lui avait montrée. D'un mouvement latéral de la tête, elle chassa ces funestes idées. Et quelle joie de voir yumi disparaître dans les enfers ! Cette après midi elle passerait à l'acte. Dans le vestiaire et devant la mine ahurie de Yumi elle déferait le nœud fatidique. Réchauffée par cette pensée, elle mis la poupée dans son sac à dos et parti pour son lycée.


    Arrivée dans la cours, Arumi fit un grand sourire à Tensha en le croisant. Mais celui-ci ne la remarque même pas. Elle bouillonna intérieurement de colère. Elle sera son sac contre elle et la douce pensée de faire disparaître Yumi dissipa sa contrariété. Reprenant de l’aplomb, elle grimpa les escalier et se dirigea vers les salles de classes. Assise à son bureau, elle fixait la pendule placée en haut du tableau. Toute son attention était portée sur le moment où enfin elle dénouerait la ficelle rouge. Les minutes défilaient lorsque brusquement sonna la cloche de midi. Les élèves se dirigèrent vers les vestiaires afin d'y déposer leurs affaires et se préparaient à aller manger. Arumi mis son sac dans son casier et vérifia une dernière fois la présence de la fatale poupée. Elle lui souri. Tout comme Yumi, Arumi reprenait les cours un peu plus tôt dans l'après-midi. Elle s'était arrangée avec trois de ses amies pour pouvoir se retouver seule avec Yumi dans le vestiaire. Qu'elle douce pensée de pouvoir lui dire ses quatre vérités et pour le bouquet final, de l'envoyer dans les enfers. C'en était presque trop beau.


    Comme prévu, après le repas, Arumi et Yumi se retrouvèrent seules, chacune occupée à prendre leurs affaires dans leur casier. Arumi saisie son sac et fit volte face. Elle affichait le sourire sinistre du prédateur qui joue avec sa proie juste avant de la tuer. Son visage avait un éclat livide sous les lumières blafardes des néons. Un silence pesant se fit. Arumi était grisée de pouvoir. Et d'un ton méprisant, plein de dédain elle invectiva la Yumi.

- "Alors sainte ni-touche, ça t'amuses de faire souffrir Tensha. Il n'est pas assez bien pour toi? C'est ça? Mais pour qui te prends-tu. A cause de toi, jamais il ne me regarde ! Alors, que moi je l'aime ! Mais maintenant, c'est fini tout ça. Tensha va m'appartenir car s'en est fini de toi. La seule chose que tu mérites, c'est de disparaître et d'aller pourrir en enfer sale petite garce."

Yumi la regardait, impassible. Seul dans ses yeux brillait un éclat de rage.
Plongeant sa main dans son sac, Arumi en sorti la poupée de paille noire et brandi son trophée face à Yumi. Mais le visage d'Arumi se décomposa quand elle ne vit plus la ficelle rouge. Muette de stupeur elle fixa Yumi qui restait là plantée, stoïque. D'un coup l'horreur l'envahie quand elle vit la main de Yumi lentement s'ouvrir. Elle pu y voir au creux la fatale ficelle rouge.
Elle émie un râle de stupéfaction:
- "Non, ce n'est pas possible ! C'est moi qui ai signé le pacte !"
Une larme coula lentement le long du visage de yumi. Et d'une voix sourde elle dit:
- "Pardonne-moi Arumi..."
La ficelle s'envola par la fenêtre, haut dans le ciel, comme prise dans les touillons du vent. Alors, se fit entendre une voix grave et profonde au dessus d'elles.
- "La vengeance sera accompli."




    Au même moment à l'autre bout de la ville, le père d'arumi, dans son bureau du ministère des finances était en train de dicter une lettre à l'attention d'un de ses homonymes étrangers. A chaque point ponctuant ses phrases, il lançait un regard lourds de sous-entendus à sa jeunes secrétaire. Et qui à chaque fois plongeait son regard gêné sur sa fiche. Sa main tremblait légèrement. Depuis peu en poste, elle détesta, dès le premier jours, cet homme adipeux au regard torve qui avait osé lui mettre une main aux fesses. Elle n'avait rien dit, ne pouvant se permettre de perdre son emploi. Lui avait ri aux éclats. "C'est bon pour les promotions." lui avait-il déclaré. Sans cesse elle devait esquiver ses avances de plus en plus pressentes. La peur nouant son ventre, elle se concentra sur la dictée. Attendant la prochaine phrase, un long silence se fit. Et alors qu'elle releva la tête, elle fut surprise de ne plus le voir. Ni dans son bureau, ni ailleurs.
Il avait tout simplement disparu.




Eplilogue.

Le ministre se retrouva d'un seul coups dans une luxueuse chambre. Un bref étourdissement le pris. Il était allongé sur des draps de soie jaune, soyeux qu'il froissa dans ses mains. Ils étaient frais. Un léger parfum de jasmin l'entourait. Les quatre piliers du lit étaient de magnifiques corps africains tenant des flambeaux. Grandeurs natures, l'artiste anonyme les avait sculptés dans l'ében. Leurs peaux noires luisaient sous la lumière chaude d'un grand lustre de style rococo. On aurait pu les croire en sueur. Le réalisme en était saisissant. Ébloui par le lustre, il ne parvenait pas, cependant à distinguer le plafond. Les murs étaient chargés de lourdes tentures de velours cramoisies. La pièce semblait dépourvue de fenêtre. Se relevant sur ses coudes, trois jeunes femmes apparurent dans d'affriolants déshabillés. Sans plus se poser de questions, il leurs sourit benoîtement. Étrange délire mais si agréable, il se laissa porter par cette douce illusion. Les trois jeunes femmes se rapprochèrent du lit et commencèrent à déboutonner sa chemise. Lentement, tout en lui susurrant à l'oreille d'inavouables fantasmes. Une femme se profilait au pied du lit, vêtu d'un splendide kimono de lin tressé, orange avec des botehs brodés carmins et ors en guise de motifs. De suite, les trois autres jeunes femmes s'écartèrent pour lui laisser la place et se couchèrent au bas du lit telles des esclaves devant leur reine.


    Hone Onna, commença délicatement à s'allonger sur son corps et fit jouer ses doigts dans ses cheveux. Le ministre sentait son sang battre ses tempes. Quelle femme magnifique ! Hone Onna de sa voix la plus suave et sensuelle, lui chuchota au creux de l'oreille:
- "Alors mon mignon, tu veux jouer avec moi ?"
Elle éclata d'un rire cristallin qui se perdit dans le lustre. Délicatement elle passa son doigt sur ses lèvres peintes en rouge et macula les lèvres séchées de l'homme. Sous la pression du doigt délicat, elles rosirent.
- "Oups, faudrait pas que ta femme voie ça..."  tout en lui adressant une oeillade coquine.

    Hypnotisé par Hone Onna, il ne remarqua pas dans l'immédiat un œil jaune, géant qui le fixait. Il remplissait le plafond. D'un seul coup la chambre fut projeté dans le noir. Et l’œil lui apparu énorme et menaçant. Le lustre avait disparu. L’obscurité l'entourait. Paniqué, il poussa un râle. Que lui arrivait-il donc ? Le corps d'Hone Onna, toujours sur lui, tranchait dans cet obscurité, comme si un projeteur le braquait de son faisceau lumineux. La voix si douce au paravent se fit cynique:
- "Alors, toujours envie de jouer?"
Elle le gifla violemment, encore et encore. Un filet de sang coula du nez de l'homme. Et la voix pleine de colère, Hone Onna continua:
- "T'aime ça, frapper les femmes, hein?"
Le visage du ministre se décomposait, dans ses yeux s'incrivaient l'incrédulité et la peur. Quand, tout d'un coup, le visage d'un vieil homme aux yeux clos apparu penché au dessus de lui et d'une voix professorale lui demanda:
- "Tu trompes ta femme te rendant ainsi coupable d'adultère. Te repends-tu du mal que tu lui a fait ?"
Paniqué, le ministre bégaya:
- "Ce n'est pas ma faute si je trompe ma femme. Ce sont ces filles de mauvaises vies qui m’entraînent ! Je n'y suis pour rien, je vous le jure !"

    Devant lui, apparu la vision de sa femme en train de préparer le dîner dans leur cuisine. De dos, il peut voir son épouse dont les épaules sont secouées par de lourds et muets sanglots. Elle tourne la tête vers la pendule accrochée au mur blanc. Ses yeux sont rougis par le larmes. Le pourtour de son œil gauche cerné d'une longue marque bleuâtre témoignait de la violence de son mari.  Elle sait encore une fois que son mari téléphonerai et prétexterai une réunion tardive. Elle savait qu'il irait avec des collègues boire jusqu'à plus soif et qu'il finirait dans un lit avec une autre femme qu'elle. Tout cela elle le savait, tout cela se répétait si souvent. Une terrible lassitude lui étreignait le cœur. Devant ce spectacle, il ne bredouilla que de vagues et ineptes excuses. La vision s’évanouit.

- Alors, ça ne te fait rien de voir ainsi ta femme ?  La voix émanait de cet œil menaçant.
- Te sens-tu au moins coupable de la faire souffrir ?  demanda séchement le vieil homme.

/* Que voulaient-ils donc tous ? Et savent-ils à qui il s'adresse. Je suis ministre et j'ai des droits du à ma fonction. Je prends ce que je veux, quand je le veux. C'est moi qui ai le pouvoir. */
Il se mis à rire, méchamment.
- "Mais qui êtes-vous pour me juger ainsi ? Hein ? Allez tous vous faire voir les rigolots ! Ma femme est froide comme un glaçon. En plus elle vieillie, qui en voudrait ?. Pourquoi devrais-je me priver ? Et puis personne n'en a rien à faire si des prostituées se font cogner dessus. Après tout, je les paye, et bien par dessus le marché. Oui, j'aime voir la peur dans leurs yeux. De les voir se traîner à mes pieds comme de vulgaires animaux qu'elles sont, me demandant d'arrêter de les frapper. Quant à ma femme, faut bien que je la remette à sa place de temps en temps. Non ?  Oui, j'aime ça, avoir le pouvoir. C'est moi qui représente l'autorité ! C'est moi qui les dominent, toutes ces chiennes ! Hah hah hah ! "


    Bien décidé à se relever pour sortir de se cauchemar grotestque, il ne pu. Brutalement il se rendit compte que tout avait changé autour de lui. La luxueuse chambre avait tout bonnement disparue. L'atmosphère autour de lui, s'étalait du rouge vif à l'horizon, et se perdait dans le noir d'encre du firmament. Il était dans une fausse plongée dans un paysage extraterrestre. L'air semblait se consumer. Son nez et sa gorge le brûlaient. Une angoisse sans nom s'empara de lui. Que ce passait-il ? Il vit que des mains sorties tout droit de la terre cramoisie et poussiéreuse l'agrippait. Il était maintenu au sol sur un lit de corps humain en décomposition dont les os saillaient sous les chaires putrides. La puanteur le mena au bord de l’asphyxie. Un cacophonie de voix s'éleva dans l'air lourd de miasmes. Il eu un haut le cœur. Son sang battait dans ses veines. Il pouvait en ressentir la pulsation rapide. Sa raison se mit à chanceler. Et un rire de dément s'échappa de sa gorge.


L’œil démesuré se rapprocha tel qu'il aurait pu le toucher de ses mains si elles n'avaient été entravées par d'autres bien plus funestes. Son visage se tordait autant de la douleur que de terreur. Dans sa tête, couvrant les hurlements inhumains, il pu entendre la voix accusatrice de l’œil.
- "Et d'avoir fait jouer vos relations pour étouffer un scandale qui conduisit ce jeune journaliste au suicide, vous en dites quoi? "
L’œil se fronça.
Haletant, l'homme aux aboies repris en rageant:
- "Ce petit imbécile n'avait qu'à pas fourrer son nez dans mes affaires. Voilà ce qui arrive lorsque l'on s'attaque à plus fort que soit. C'est comme ça que le monde fonctionne. Il aurait du rester à  sa place. Temps pis pour lui."
- "Et que faite-vous subir à sa femme et de ses deux filles? Cela vous laisse t-il tout aussi indifférent?"
- "Bah, elles s'en remettront. De toute façon il n'y a de la place que pour les battants. Les autres ne sont rien que nos proies. Relachez-moi maintenant ou vous aurez à faire à moi !"

Wanyudo se détourna de l'homme et lâcha doucement:- "Je crois qu'hélas, il n'y a rien à faire."
- "Complètement corrompu."  lança Hone Onna toujours assise à califourchon sur l'homme. Brutalement, à peine avait-elle achevée sa phrase que sa peau se déchira. Sa chaire se liquéfia comme cire au soleil et ses os blancs apparurent. Son visage n'était plus que celui d'un squelette grimaçant où deux yeux exorbités qui foudroyaient le ministre. La chaire liquéfiée éclaboussa son visage. Le sang se mêlait à la poussière. Il eu un goût violemment amer qui le pris, voulu vomir mais ne pu . Vainement il se débattait comme une mouche prise dans la confiture. Des sons informes essayaient de se frayer un chemin jusqu'à sa bouche. Mais rien ne sorti. Des larmes de désespoir lui brûlaient la peau des joues. Il était devenue une plaie béante se tordant sous sa propre folie. Les yeux sortaient presque de leurs orbites et ne voyaient presque plus rien. Juste une ombre noire qui se dirigeait en flottant vers lui.
- Je crois que c'est à la miss de jouer maintenant...


Subitement le silence se fit. L'obscurité occulta l’apocalyptique décor. Seule dans cette nuit une jeune fille au teint blanc vêtue d'un magnifique kimono noir avec pour motif des fleurs d'higan bana rouges et ors se découpait. Ses grands yeux rouges vifs exprimait tristesse et colère contenue. Et d'une voix emprunte de lassitude s'adressa à l'homme.

- "Pauvre âme égarée dans les profondeurs des ténèbres, tu fais le mal et méprise ton prochain, ton âme est à jamais souillée par le crime… Veux-tu goûter à la mort ? "

D'un ample et délicat mouvement de bras, elle leva sa main blafarde. Un léger tintement aigrelet se fit entendre. Alors, les somptueux motifs floraux semblèrent se détacher de l'ample manche et telle une image kaléidoscopique envahirent sa vision. Le noir total se fit dans un absolu silence.

    Le ministre rouvrit les yeux. Son corps reposait, allongé sur le bois dur d'une barque. Ai navigant le dominait de toute sa hauteur, le regard perdu dans le lointain. Un léger vent agitait ses longs cheveux noirs. Derrière elle, un ciel de plomb et violet parsemé de quelques nuages iridescent, donnait à l'atmosphère silencieuse une bien funeste couleur. Dans le firmament, quatre grands pétales luminescents diffusaient une lumière douce baignant le lacustre décor dans les tons mauves . Ils semblaient légèrement osciller, poussés par un haut zéphyr. La barque semblait perdue au milieu d'un lac infini. Il pencha sa tête hors de l'embarcation et ne vit qu'une eau noire aux reflets magenta. Des lanternes de papiers, éparpillées, mouchetaient de lumière les eaux sombres telles des lucioles. Fixant l'eau profonde, il poussa un râle de terreur. Le visage qu'il pensait voir se refléter n'était plus le sien. Il avait fait place à un masque infernale, grotesque, une pure vision de cauchemar. Vite il se retourna vers ai, le visage déformé par une angoisse sans nom.

L’embarcation de ai approchait de sa destination finale. Un majestueux et sombre torii se découpait sur ce noir équateur. Et d'une voix morne, ai prononça ces derniers mots:
- "La vengeance est accomplie. Les enfers t'attendent."


    Faisant sa toilette vespérale, yumi su que la vengeance avait été accomplie. Dans le miroir elle pu voir une marque noire sur sa poitrine, tel un tatouage. C'était le sceau qui la marquerait jusqu'à sa mort et qui lui rappellerait chaque jour que son âme était damnée. Elle savait qu'au moment de mourir, elle reverrait ai une dernière fois et qu'elle l’emmènerait en enfer. Elle se
remémora alors les terribles paroles d'ai. Son visage s’assombrit.

/* Deux tombes pour une malédiction... */


Epitaphe.

Le lendemain matin, dans un appartement de la banlieue sud de tokyo, une fille et son père prennent leur petit déjeuner. A la une du journal que lisait le père, on pouvait y lire un fait étrange. L'ancien ministre des finances Ichikawa avait mysterieusement disparu. Alors qu'il se trouvait d'être dans son bureau, sa secrétaire le vit disparaitre sous ses yeux aux alentours de dix-sept heures hier après-midi. La police ne fournit aucune explication et se refusait à tout commentaire. La petite fille replongeant le nez dans son bol questionna son père:
- "Hajime, c'est pas le ministre qui avait poussé ton ancien collègue à se suicider ?"
- "Si... Et je pari que c'est encore un coup de la fille des enfers."
- "Elle a bien fait. Les crapules comme lui le mérite."
Sur le ton de la colère à peine contenue.
- "Tsugumi, ne dit pas ça ! Ce que fait la fille des enfers est mal. La vengeance ne mène à rien."
- "Peut-être... Mais ce n'est que justice."






Psychologie du personnage





Ante mortem.

Jusqu'à l'âge de sept ans ai était une petite fille réservée sans être timide et tout à fait plaisante de compagnie. Devant le comportement apeuré des adultes et agressivité des autres enfants, elle se demandait ce qui chez elle pouvait bien provoquer de telles réactions. Et même devant toute cette violence, ai ne nourrissait pas de quelconques ressentiments. Elle ne comprenait tout simplement pas pourquoi cela lui arrivait, et quelle faute avait-elle bien pu commettre pour être rejeté de la sorte. Une grande culpabilité l'envahie qui remplaça peu à peu son innocence et sa joie instinctive d'enfant. Elle redevenait une petite fille comme les autres en présence de ses parents qui la chérissait ainsi que de sentaro son seul ami. Elle fini par y trouver un équilibre, il y avait des bons et aussi des méchants qu'elle devait éviter. Et elle demeura dépourvue de toute acrimonie même face aux comportements agressifs.

    Après s'être fait enterre vivante une première fois, l'incompréhension fit place à la terreur. Chaque nuit, le même cauchemar revenait la hanter, la terre la recouvrir jusqu'à l'étouffement et puis ce noir si froid, si glacial qui lui brisait les os... Cette fois elle savait pourquoi les villageois pouvaient être dangereux, elle avait commit un sacrilège en n'obtérant pas et en se soustrayant au 'sacrifice des sept ans'. Au fil des ans cette terreur se mua en ressenti plus feutré, plus souterrain. Même si le moindre bruit dans la forêt lui rappelait la proximité du danger et exhumait cette peur profonde. Peut-êre un villageois rodait-il aux alentours.

    Elle appris à vivre avec sans pour autant détester qui que ce soit. Sentaro la comblait par son amitié et sa promesse de toujours la protéger. Mais il lui arrivait de repenser à ses parents restés au village. Alors ai ressentait un pincement au coeur et elle se perdait dans la nostalgie des année passées à leurs cotés. Six ans déjà que durait cette séparation. Socialement très isolée (euphémisme), elle ne se développa qu'auprès de sentaro. Hors des normes sociales, elle vécue à sa manière, très proche de la nature, adoptant une vision contemplative du monde l'entourant. Ce qu'elle aimait, c'était regarder de longues heures le courant de la rivière, se baigner dans son eau fraîche sous la clarté lunaire,  voir le vieux cerisier rythmé les saisons. Tout cela était le bien, la culpabilité abolie. Et parfois son comportement pu gêner senatro par sa méconnaissance des relations sociales admises, n'ayant au final aucun modèle.

    C'est à cette époque qu'elle pris goût à la lecture. Les différents textes que lui apportait sentaro étaient essentiellement des prières et des textes sacrés. Cet accès à la spiritualité changea profondément sa vision de la religion. Il n'était point question de perpétrer de barbares sacrifices mais d'harmonie avec le cosmos et le grand Tout, où chaque parcelle de vie est sacrée. De fait, elle s’exclue du monde des croyances vernaculaires idiotes mais tout en respectant ce monde d'esprits, peuplé de kami bienveillants ou malveillants dont les pouvoirs demeuraient bien réel. Et lentement, par ses lectures, elle passa de la crainte superstitieuse à la connaissance et l'émerveillement de cet univers qui se dévoila à son esprit. Hormis sentaro, la seule compagnie qu'elle avait étaient ces quelques ouvrages et c'est avec eux qu'elle apprit à grandir. Son texte favoris qu'elle relisait avec un plaisir toujours renouvelé était le Kojiki ou "notes sur les choses anciennes", où finalement les dieux et autres esprits supérieurs se comportaient finalement tout aussi mal que les être humains. En fait, elle compris d'où venait toutes ces imperfections et vicissitudes qui rongeaient l'âme humaine. Isolée dans cette forêt elle se sentait à sa place, hors d'un monde qu'elle n'avait jamais compris finalement et qui de toutes façons n'avait jamais voulu d'elle.




Post mortem.

Deux choses ont radicalement brisées la personnalité d'ai. Tout d'abord l'obligation, par le maître des enfers, de fermer son cœur à ses sentiments. Ensuite, il prend le soin d'effacer tous les souvenirs d'ai de sa période où elle était encore humaine ainsi que ceux en lien avec sa malédiction. Car si ai pouvait se rappeler l'acte qui l'a maudite, c'est à dire en se vengeant des villageois, elle pourrait rompre le pacte qui la lie avec le maître des enfers. Il lui suffirait leurs pardonner, sincèrement, les atrocités commises à son égard. Ainsi, à chaque fois que "La fille des enfers" réapparaît, ai ne garde que le vague souvenir d'avoir toujours été celle à qui l'on demandait d'accomplir une vengeance. Et le cycle se répète sans qu'ai en ai conscience. Mais, l'efficacité de cette oblitération n'est pas absolue. Et parfois des bribes de souvenirs très flous remontent à sa conscience. Leur morcellement les rend peu intelligibles et ils se résument bien souvent dans l'expression d'une colère ou d'une vengeance inassouvie. Comme par exemple le jeune garçon qu'elle aperçu dans l'entre monde et qu'elle pense s'appelait sentaro lui provoque un violent accès de colère sans qu'elle ne sache le pourquoi. Si un sentiment enfoui perce jusqu'à sa mémoire, la colère l'envahie. Elle agit comme un mécanisme d'auto défense balayant les doutes, les questions et les troubles qui pourraient la déstabiliser. Ainsi elle retrouve son équilibre et après la colère, la tristesse peut enfin l'envahir pleinement et ai de se laisser aller à son spleen. Sachant cela, le maître des enfers, pour s'assurer de la totale obéissance d'ai, retient l'âme de ses parents en otage. Enfin, soit disant, ai n'en a aucune preuve mais le doute à ce sujet suffit pour qu'elle adopte un comportement prudent et n'ose le défier directement.
 
    Pourtant, il lui est arrivé, exceptionnellement, de désobéir au maître des enfers sans pour autant que ce dernier n'exécute la menace de bannir les âmes de ses parents dans l'enfer de l'errance. Donc soit il est loin d'être omniscient, soit il ne serait pas en mesure d'affronter ai directement. Ou bien les deux, mais ça c'est une autre histoire... Finalement, la seule personne à tout savoir des agissements et des tourments qui animaient l'âme d'ai se trouvait d'être la personne qu'elle appelait grand mère. Cette dernière, complice des agissements d'ai garda pour elle ces secrets. Et sans rien dire elle laissait ai aller et venir comme bon lui semblait de l'entre monde à celui des humains, influer sur le cours d'une vengeance. Mais si ai faisait confiance à sa grand mère, ce n'était pas véritablement par choix. Elle savait très bien que cet être qui était relativement bon, lisait en elle comme à livre ouvert. Il lui était impossible de rien lui cacher. Elle semblait partager avec ai le sentiment qu'une vengeance se trouvait d'être particulièrement injuste et laissait ai dénouer et renouer les fils de la destinée. Parfois ses actes étaient mus par des sentiments diffus causés par d'anciens souvenirs jusque là oubliés.

    Mais pour ce qui est de l'essentiel de son existence, elle n'éprouve pas de chagrin et ne connaît pas l'amertume des regrets. Elle peut donc accomplir sa tâche sans subir le fardeau des remords. Jamais elle ne se pose en juge ou agit en fonction de valeurs morales. Seul est important l’exécution du contrat, quelque soit la personne qui la convoque. Et après tant de siècles à répéter cette tache, son champ émotionnel s'en trouve considérablement réduit. Une infinie tristesse a emplie son cœur à tout jamais. Elle est condamné à ne connaître que cette tristesse qui se teinte parfois
de mélancolie et qui la plonge dans l'asthénie, ce qui ressemble pour ai, être un état contemplatif. Mais pendant ou après certains contrats, il lui arrive que son humeur change radicalement. Parfois, elle fait preuve d'un abattement et d'un accablement qui l'étouffe et l’opprime. C'est la preuve qu'elle réprime tout ce qui voudrait emplir son cœur et jaillir à sa conscience. Alors, elle se referme sur elle-même, brise toute velléité sentimentale dans un effort terrible. Ce sont les seules moments où ai est confrontée à la douleur, mais une douleur inhumaine. De toute façon, aucun choix pour elle, ai ne connaît rien d'autre.
  
    Jamais ai n'accorde sa confiance. C'est inné chez elle, enfin presque. Car bien entendu elle a oublié le pourquoi, la trahison de sentaro. Donc elle garde toujours une distance même avec les personnes dont elle pourrait se trouver proche. Le sentiment qu'elles leur accorde reste le respect. L'amitié ne fait pas non plus parti de son vocabulaire sentimentale. Et si une personne tente de lier plus de liens avec ai, soit elle s'éclipsera soit une très violente colère s'emparera d'elle sans qu'elle sache pourquoi. Toute promesse, toute confiance provoque le goût amer de la trahison chez ai. 


En bref, pour résumer ai sentimentalement: tristesse:80% / colère: 15% / vengeance: 4% / incertitude: 1%



    Une fois arrivée dans le monde de Kosaten, ai c'est rendue compte qu'elle ne pouvait plus voyager de monde en monde, c'est dire du royaume des humains au royaume de l'entre monde via les enfers. Cela l'afflige grandement car elle se retrouve isolée des êtres qu'elle connaissait comme wanyudo, hone onna et ren. Mais c'est sa grand-mère qui lui manquera le plus. Entre elles, s’étaient noués des liens presque amicaux. Elle seule savait quand ai avait un poids qui lui écrasait le cœur. C'était beaucoup pour elle, plus qu'elle en avait jamais reçue de quiconque. La chute lui sera très douloureuse. Et puis cet étudiant de faculté rencontré à la bibliothèque qui lui avait chaviré le cœur. Combien de fois avait-elle pleurée dans son existence? Juste une fois, mais de colère. Là, c'était si différent. Un étrange et inconnu sentiment c'était emparé d'elle sans qu'elle pu s'en défendre. Elle aurait tellement voulu revoir l'étudiant.

    Débarrassée de sa tâche coutumière à accomplir, ai se sent inutile. Sans réelle place dans l'existence. Bien que déchargée de ce fardeau, elle ne peut s'empêcher au sort des âmes de ses défunt parents retenus par le maître des enfer. Il lui faut absolument retourner dans son monde, par tout les moyens et sauver ces âmes de la perdition. Pour l'instant ai pense que c'est le maître des enfers qui lui fait un mauvais tour. Elle n'est absolument pas au courant que des dieux se sont joués d'elle, pas plus qu'un autre sceau marque son corps. Quand elle prendre conscience de cette horrible réalité, même la colère ne pourra la sauver et impuissante, elle risque tomber dans la dépression et apathie.

Mais il ce peut qu'elle puisse réfugiera dans une bibliothèque et là, entourée d'ouvrages, qu'elle se noie dans la nostalgie du souvenir de cet étudiant. Et enfin pleurer sur elle-même.





Petits plaisirs inhumains.

Tout comme ses sentiments, ai a un champs restreint de sensations corporelles de part sa nature même. N'étant plus humaine, elle n'a plus besoin de se nourrir ou bien de respirer. Ce qui ne l'empêchera pas de ressentir l’asphyxie durant un certain laps de temps. Comme si son ancienne nature reprenait momentanément le dessus. D'ailleurs elle garde certaines habitudes humaines sans en savoir l'origine. Car ai a complètement oubliée son ancienne condition de mortelle mais ne trouve par pour autant étrange de dormir ou d'avoir envie de cerises. D'ailleurs, elle ne c'est jamais demandé pourquoi elle adore faire craquer leurs fines peaux sous la pression de ses lèvres et répandre le jus écarlate sur ses lèvres afin de les rougir. Alors que c'est l'une des très rares coquetteries d'ai qui remonte à sa prime enfance quand elle jouait avec sentaro sous le grand cerisier. Mais le faire lui procure un sentiment de sécurité baigné de nostalgie. Et coté vestimentaire, le seifuku lui va bien même si
ce n'est pas son propre choix. Par contre, elle est très exigeante avec le  choix de ses kimono, tant au niveau des matières utilisées que des motifs brodés ou teints. Elle prend son rôle très au sérieux et lorsqu’elle envoie quelqu'un en enfer, elle se doit d'avoir une toilette de circonstance. C'est une marque de respect vis à vis de son travail, tout autant que du futur décédé. Mais peut-être que le fait d'avoir été apprêtée en kimono de cérémonie pour être sacrifiée n'est pas non plus absent.














Dernière édition par Ai Enma le Lun 30 Avr - 19:17, édité 32 fois
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MessageSujet: Re: ai enma (terminée !)   Mar 27 Fév - 20:43





Test rp



Un coeur fendu.

Vêtue de son uniforme d'écolière, une caquette de base-ball noir à effigie des Yomiuri Giants, de grandes et rondes lunette noires pour masquer ses pupilles rouges intenses, ai parcourait de plus en plus souvent le monde des humains. Bien que généralement elle ne leur porta que peu d’intérêt, certains avaient retenus son attention. Sans vraiment savoir pourquoi elle revenait les voir, quelque chose d’intangible l'y poussait, comme un vague souvenir quasi effacé. Alors, l'autre coté de la rue elle observait, nostalgique, yumi entouré de ses amis, de tensha qui passait la prendre à la fin des cours. Voyant yumi et tensha, bras dessus bras dessous, ai ressentie un léger pincement au cœur. Elle revit le visage du jeune garçon, qui lui était apparu dans l'entre monde. Indépendamment d'elle, ai chuchota son prénom:"Sentaro." Puis, tout aussi soudainement, elle n'y pensa plus.

    C'est autre chose qui se fit présent à son esprit. Elle baissa la tête, comme si un immense fardeau lui écrasant les épaules. Elle savait que yumi était marqué du sceau. Celui qui enverrait son âme tout droit en enfer. Avait-elle bien fait ? Parfois, elle se posait des questions qui lui mettait le vague à l'âme. Puis, elle se reprenait, après tout, elle n'avait donné qu'un sursis à yumi. Et aussi à se venger d'un injustice. Yumi avait fait un choix délibéré. Ai fixait yumi, tout comme elle, ses cheveux étaient nouées en deux longues tresses noires dégringolantes dans le dos. Tout comme elle, Ai portait un uniforme. Pourtant elle ne serait jamais humaine. Jamais elle ne connaîtrait la joie, le bonheurs, l'émerveillement. Tous ses sentiments si absent d'elle même ne lui faisait pas défaut en fin de compte. Elle n'en retirait aucune amertume. D'une autre nature, elle pensait que ses seuls sentiments se résumaient à une tristesse permanente teinté d'ennui et de lassitude, ponctué par une colère inconnue et un désir inassouvi de vengeance. Pourtant, observer yumi lui donnait le vague à l'âme sans qu'elle en sache la raison. Tournant des talons elle se remise en marche pour la faculté de sciences humaine. La tête vide. Le pas alerte.

    Bien qu'elle ne fit pas l'âge requis, avec ses grandes tresses noires et son uniforme, elle intimidait le gardien posté au grand portail de l'entrée. Jamais il n'avait osé lui demander sa carte d'étudiante. Et à chaque fois qu'elle se présentait, il était pris d'un étrange malaise, comme un réflexe animal devant un danger invisible et inconnu. Cela aussi lui évoqua quelque chose, comme si elle avait déjà connu ce genre de situation, voir même subit. Mais rien ne lui revenait en mémoire. Et elle n'y prêta pas plus attention. Ainsi, ai se faufilait entre les groupes d'étudiants bruyants, monta au premier étage qui accédait à l'immense bibliothèque. Elle aimait le calme qui y régnait à toute heures de la journée. Là, elle prenait place à une extrémité de la longue table, s'asseyait et entourée d'une pile de volumineux ouvrages elle se plongeait dans la lecture. Les livres, elle les dévorait les uns après les autres. Elle devait savoir à tout prix comment faire pour libérer l’âme de ses parents retenues par le maître des enfers. Sûrement qu'un humain ou bien autre chose avait pu écrire sur le sujet. Une certitude dictée par la voix très lointaine d'un ancien souvenir informe aujourd'hui. Peut-être même découvrirait-elle sa propre nature. Même si elle savait les humains ignorants de la quasi totalité du monde des morts et des lois qui le régissaient, certains moines et mystiques semblaient avoir eu des révélations. Soit par l’exercice de principes fondamentaux religieux, la transe extatique ou la prise de certaines drogues et même les trois à la fois. Religion et théologie pourraient peut-être lui indiquer un chemin. Et enfin rompre l'obéissance avec le maître des enfers. Dévorant livre après livre, sa soif de connaissances se trouvait de plus en plus exacerbée. Mais elle savait qu'un jour, 'Il' apprendrait qu'elle venait dans ce monde sans contrat pour but et il la punirait. Le temps lui était compté. Qu'elle ironie pour une immortelle !




    Par contre, quelque chose l'agaçait au plus haut point. Elle ne pouvait s'empêcher de jeter un œil, de temps en temps, sur l'étudiant adossé aux rayonnages. Grand, élancé, les cheveux en batailles, il portait négligemment son uniforme d'étudiant. Sa stature, son visage lui semblait familier. Pourtant, il lui était parfaitement inconnu. Étrange. Puis, sans plus en faire de cas, elle se replongeait dans sa lecture. Elle avait remarquée que lui aussi la regardait à la dérobée. Un colère sourde s'empara d'elle.

/* Continu, et je te promet une expérience dont tu te souviendras... */

La colère fit promptement place à une sorte de gêne. Ai détestait cela, elle se sentait déstabilisée car ce sentiment lui était presque inconnu. Et ses grand yeux rouges prenait alors un éclat vif derrière les verres fumés de ses lunettes.

    Le soleil déclinait, la lumière devint lentement opalescente et les sons ouatés. Un léger tintement. La bibliothèque allait fermer. Doucement Ai empila les ouvrages. Une tour de livre, qui des bras à la tête s’érigeait, s'inclinait dangereusement. De son front, elle retins les plus hauts ouvrages. En se faufilant dans les rayonnages elle heurta de plein fouet l'étudiant qui éclata de rire. Les bras ballants, elle fixait son regard sur lui. Se rendant compte de la situation, elle serra fortement ses poings. Non, il ne fallait surtout pas qu'elle se laisse aller à la colère. 'Il' le saurait. Elle serra les dents. Les livres étaient éparpillés au sol. D'une voix taquine il s'adressa à elle.
- "Un peu jeune pour autant d'ouvrages, non ?"


    Là dessus, il s’accroupit pour les ramasser. La rage bouillonnait en ai. Mais elle devait à tout prix se contenir. Alors elle resta figée, sans faire mine de l'aider. Elle devait retrouver son calme avant tout. La pile de livres ramassée, l'étudiant les garda dans ses bras et regarda attentivement ai. Il fut interloqué par les lunette noires d'ai quelle n'avait pas quittées de l'après-midi ainsi que de la blancheur de sa peau. De loin il avait pensait qu'elle était très pâle, mais là, s'en était troublant. Et sur un ton qui se voulu humoristique, voyant ai toujours immobile, il enchaîna:
- "Alors petite shinigami, tu me files un coup de main?"


    Ai détala en direction des escaliers désert et disparu. Rejoindre l'entre monde au plus vite, devint sa seule nécessité, avant qu'elle ne commette un acte qui pourrait mettre en péril ses plans. L'étudiant la voyant courir vers la sortie resta interdit. Puis il repensa à ce qu'il lui avait dit. Quelle indélicatesse ! Il s'était conduit comme un butor. Peut-être avait une maladie ou un problème génétique qui affectait sa pigmentation et la rendait ultra sensible à la lumière. Il s'en voulu, plus qu'il ne l'aurait pensé d'ailleurs. Et puis quel âge pouvait-elle avoir ? En rangeant les ouvrages il ne put s'empêcher de penser que de tels livres n'étaient pas destinés à un jeune public. Et dans sa tête, il énonçait les titres.
/* Histoire du shintoïsme, anthropologie des religions, expérience de mort imminente en milieu clinique. Y-a vraiment un truc étrange chez elle... Pourquoi de telles lectures ? Demain je reviendrais et je l'attendrais. Je me dois de lui présenter mes excuses... */




    Effectivement, en début d'après midi, il revit ai s’asseoir à la grande table, toujours entourée d'une multitude de livres. De son coté, elle avait décider de l'ignorer. Ce n'était qu'un humain et elle n'appartenait pas à se monde. Rien, il n'était rien à ses yeux. Forte de ses convictions elle s'absorba dans sa lecture. L'étudiant s'approcha lentement d'ai et elle vit son ombre le devancer.
/* Fiche moi la paix, imbécile ! */

Ses yeux devinrent incandescents. Lui, tout penaud, avec un air embarrassé, s'adressa à elle.
- ;"Je suis vraiment confus pour la dernière fois. J'ai été grossier. J'espère que tu me pardonneras quand même..."


    Pas de réponse d'ai, le regard toujours fixé sur ses ouvrages. Baissant la tête, il tendit ses deux mains vers elle. S'en était trop pour ai. Cette fois-ci elle allait lui donner un avant goût de l'enfer. Adviendra ce qui pourra, il le méritait. Brusquement elle relava sa tête et braqua ses lunettes noires sur lui. Dans la tête d'ai, tout alla très vite. Bien trop vite. La colère grondait en elle, mais un nom claqua dans son esprit et un sanglot éclata. Deux larmes perlèrent, scintillantes, le long de ses joues blanches. Et contre toute attente elle saisit le livre, tout comme une marionnette l'aurait fait. Voyant ces deux larmes, l'étudiant se retourna prestement pour fuir toute la gêne de la scène, plus honteux que jamais. Mais dans son geste, ai effleura ses doigts.


    Pourquoi sa colère avait-elle disparu à l'évocation de ce sentaro ? Pourquoi était-elle troublée ? Une vague réminiscence s'était faite jour. Cet effleurement n'était donc t-il pas le premier ? Elle posa son regard sur le livre. Il était ceint d'un ruban rouge ! Triste ironie, maintenant c'était à son tour de dénouer le ruban. Allez t-elle le faire ? Elle le serra contre sa poitrine. Puis, dénouant le ruban, en l'ouvrant elle pu y lire:"La première désobéissance de l'homme et le fruit de cet arbre défendu dont le mortel goût apporta la mort dans ce monde..."
Mais cet égarement ne dura pas. Et la note bleu, suspendue, chut.


    Bien vite, l'ancestrale colère reprit ses droits et dans son démentiel crescendo allait anéantir toute volonté chez ai. Mais au lieu d'un déluge de flammes noires, d'énergie destructrice anéantissant le bâtiment, un flot aveuglant de lumière blanche enveloppa ai. Et tout aussi brutalement, tout deux disparurent sous les yeux effrayés des quelques étudiants.






Les chemins de la destinée.

Elle chuta brutalement assise au milieu un chemin entouré de champs de millet. Il pleuvait à verse et jupe et ses souliers se retrouvèrent trempés de boue. Elle serra tout contre elle le livre pour le protéger de la pluie. Le ciel gris plomb était bas et laissait présager que ce mauvais temps allait perdurer. Les cheveux ruisselants d'eau, elle se mise à marcher droit devant elle. Que s'était-il donc passé ? Légèrement désorientée elle réfléchie à ce qui venait de lui arriver. Serait-ce un mauvais coup du maître des enfers ? L'avait-il punie ? Où se trouvait-elle ? Et bien qu'elle ne fut pas sensible au froid, elle chercha un endroit où s'abriter et réfléchir sur sa situation. Deux lieux plus loin, un pont de bois enjambait une petite rivière dont le flot se trouvait grossi par la pluie. Elle descendit prudemment le modeste coteau et alla s’asseoir sous une pile du pont. Il lui paru étrange, cette construction semblait relativement neuve alors que depuis bien longtemps on n'en construisait plus de semblable. Ai se mit à fixer le courant de la rivière, tumultueux et chargé de boue rouge. Cela lui fit penser à une rivière de sang. Elle repensa à l'étudiant et se rendit compte qu'elle ne savait même pas son nom. Et cela la contraria sans qu'elle sache le pourquoi. Après tout elle était prête à lui en faire voir de toutes les couleurs. Mais comment il avait pu l'espace d'un
instant abolir toute colère en elle ? Et sa colère ne serait-elle pas venue afin de dissimuler un autre sentiment affleura à sa conscience ? Là était tout le paradoxe. Lui aussi ne connaissait pas son nom et pour cause. Tous ceux qui l'avaient appris étaient soi en enfer, soit allaient y finir. Pourtant, un légère déception teinta le regard cramoisi d'ai. Elle ne su encore une fois pourquoi.


    Les heures passèrent et ai restait immobile à fixer la rivière. Le tonnerre se mit à gronder et des flash incandescente strièrent le gris du ciel. Sa tête était vide de toute pensée. Elle se laissa bercer par une singulière mélancolie. Mais il était temps maintenant de repartir pour l'entre monde. Elle se leva, prête à laisser derrière elle ce paysage détrempé par la pluie.

/* Tient, que m'arrive t-il ? */

Ai restait à coté de la pile du pont sans avoir bougée. Alors, elle voulu regagner le monde des humain, mais même phénomène, rien. Elle était toujours sur place, ses vêtements collants à son corps.

/* Ce n'est pas possible ! */

Mais au lieu d'éprouver de la peur face à cette situation, la contrariété appela une sourde colère.

/* Comment a t-il osé ! Cette fois c'en est assez maître des enfers ! Tu vas goûter à ma vengeance. */

    Alors qu'elle s’apprêtait à démolir tout ce qui l'entourait, rien de vint. Aucune flamme de noire énergie. Juste un léger halo noir enveloppant son corps. Sa colère redoubla, ses ongles s'enfoncèrent profondément dans ses paumes. Pour la première fois, peut-être, elle éprouvait un sentiment d'impuissance, sa rage redoubla. Serait-elle en enfer ?
Elle devait en avoir le cœur net. Si sa soif de connaissance l'avait poussée là, elle pourrait tout aussi bien l'en faire sortir.


    En chemin, elle croisa un couple de paysans qui tiraient une charrette à bras chargée de gerbes de céréales. Ils peinaient sous l'effort. Les nids de poules et la boue rendant la tâche pénible. Ai remarqua leurs étranges oripeaux sortis d'un autre âge. Elle ne s'en formalisa pas mais ne pu s'empêcher de penser à son fidèle compagnon d'infortune Wanyudo et puis à Hone Onna et Ren. Que vont-ils devenir ? La nostalgie la saisie à la poitrine, serrant sont cœur. Qu'allait-elle devenir si elle ne pouvait plus accomplir la vengeance des humains ? Et pour la première fois de son existence, elle se sentie inutile. Mais comme toutes les autres réminiscences de sentiments oubliés, elle chassa cette pensée par sa tristesse naturelle, rassurante. En croisant le couple de paysans, ces dernier jetèrent un rapide coup d’œil en direction d'ai. Elle pu entendre leur réflexion faite à voix basse:

- "Pauvre petite..."

/* Comment ça pauvre petite ! Pour qui se prennent-ils ces imbéciles d'humains. Ont-ils la moindre idée de qui je suis ? Vous finiraient tous en enfer. */

Tout aussi promptement, elle les oublia et replongea dans ses obscures et troublantes pensées.

/* Je pourrais bien être sur le plan d'existence de ce fantôme qui m'évoque le nom de sentaro. Mais pour qu'elle raison m'aurait-il emmené ici ? Cela aurait-il un rapport avec l'âme de mes parents ? Je dois trouver un temple où un mystique sera peut-être en mesure de répondre à mes questions. Mais ce sera sûrement plus facile de trouver une bibliothèque... Je dois savoir ce qui m'arrive. Ne serait-ce que pour mes parents. */

Un hurlement intérieur se fit.
/* Qui que tu sois et quoi que tu sois, sentaro je te maudit ! */

    Et c'est sous cette pluie diluvienne dans un monde inconnu qu'ai prononça pour une nouvelle fois la terrible malédiction. Ai avança sous la pluie battante, déterminé à en découdre avec l'univers entier. La rage la rongeait tel l'acide sur le cuivre, brûlant tous les doutes, les questions, sur son passage. Puis un calme intérieur revint en ai. Elle pu se fondre dans sa mélancolie. Au loin se dessinait les contours d'une ville. Ai avançant toujours sous la pluie ne l'avait pas encore remarquée.






Description des pouvoirs du personnage.



Bien que ai ai tuée des gens puis envoyée leurs âmes en enfer depuis près de quatre cents ans, elle n'a rien d'une meurtrière et ne retire aucun plaisir à tuer, sauf dans quelques très rares cas. Aucun sentiment belliqueux ne l'anime vis à vis des êtres humains. Arrivée sur Kosaten, ses pouvoirs de se téléporter d'un monde à un autre ont définitivement disparus. Ses pouvoirs liée à la psyché sont au niveau le plus bas (pouvoirs contextuels: 2*1). Mais elle devra fournir d'importants efforts afin de retrouver leurs pleines capacités. Divisés en deux branches, une nouvelle alternative s'offre à elle. L'utilisation des pouvoirs non-offensifs pouvant peut-être la mener vers la rédemption et ainsi lui permettre de trouver le repos de l'âme. Ou bien utiliser les pouvoirs offensifs qui la maintiendront dans cette état de malédiction.

    Quand à sa possibilité d'utiliser l'énergie noire issue de sa colère et de son désir de vengeance, actuellement cela lui est impossible (pouvoir FT). Au par avent, Cette énergie se matérialisait sous la forme de flammes noires capable de détruire une maison, de rompre des entraves magiques ou non comme des chaînes par exemple. En ce qui concerne la résistance d'ai aux attaques physiques, comme les armes, elle ne ressent que peu la douleur. Et donc peut continuer de combattre même un bras tranché. Elle peut stopper une hémorragie en arrêtant son cœur. Elle n'a pas besoin de le faire battre si ce n'est que pour le plaisir de ressembler aux humains. Tout comme la respiration. Par contre des dégâts massifs la détruiront tout comme le commun des mortels. Son autre point de vulnérabilité se trouve d'être sa tête. Une balle logée dans son crâne la tue immédiatement.

    Pour ce qui est des dégâts dus à des décharges d'énergie, elle est bien plus résistante et peut encaisser de lourds dégâts. Les différentes formes d'énergies qui peuvent être utilisées contre elle sont bien moins efficaces que les armes conventionnelles.


Pouvoirs positifs, ceux qui mènent la mèneront à la lumière.
niveau n+0Légèreté d'espritPermet de redonner le sourire à une personne triste, de lui enlever tout ou en partie son fardeau causé par la perte d'un objet familier ou d'un être cher. Peut aussi apaiser les angoisses. Apporte la sérénité mais pas forcement une joie éclatante.
- La personne garde ses souvenirs douloureux, mais les regarde avec plus de distance, avec plus de détachement.
niveau n+1Défaire la culpabilitéEnlève le sentiment de culpabilité de la personne concerné. La culpabilité devra être due à acte mineur comme un vol, un acte manqué, une querelle avec un ami ou prendre le petit-ami de sa soeur par exemple.
niveau n+2Oblitérer la fauteL'oblitération efface véritablement un souvenir douleureux, qui comprend les cas précédents mais aussi des actes bien plus grave comme donner la mort à une personne de manière involontaire ou bien en cas de nécessité absolue. En aucun cas ne sont concernés les actes gratuits ou délibérés. Cette effacement est définitif. Cette charge émotionnelle pertubera profondement ai en lui faisant revivre ses propres experiences. Ce qui poura entrainer chez elle une perte de contrôle, comme une subite envie de meurtre par exemple, ou un désir de vengeance ravivé.
niveau n+3ConfessionCette fois la personne commet délibérement commis un acte profondemment mauvais. Son âme même ne doit pas être complètement corrompue par le mal sinon, le pouvoir n'aura aucun effet. Il faut que le personnage veuille vraiment lutter contre son propre coté osbcure et veuille obtenir une quelconque rédemption, d'un dieu ou de lui-même. Ai n'effacera pas le souvenir mais va déposer dans sa psychée un illusion qui fera revivre à la personne son acte de manière bien plus horrible encore dès que son mauvais penchant refera surface. A la manière de ce que faisait ai pour torturer  ses victimes avant de les tuer. Bien entendu, il lui sera possible de lutter contre elle. Par contre, le personnage plongé dans l'illusion sera dans l'incapacité d'agir, il restera prostré au sol le temps que durera l'illusion.
Aucun contre coup, ni charge émotionnelle pour ai.
niveau n+4ExorcismePermet de rompre un pacte avec une entité maléfique si l'âme de la personne en est le paiement. L'exorcisme lave l'âme souillée et la personne se retrouve libre de tout contrat. Ai devra  dérober le contrat ou l'objet qui en fait office à la créature. Elle fera tout pour éviter le conflit ou le combat avec un entité sur son propre plan d’existence.
Attention ! A chaque fois qu'un pouvoir bénéfique s'exerce, ai reçoit la charge négative de la psychée de la personne concernée. Principe des vases communiquants qui affectera la psyché de ai, son humeur et son comportement durant un certain temps. De plus il est impossible à ai d'exercer ses pouvoirs sur elle-même, quels qu'ils soient.


Pouvoirs négatifs, ceux qui la mèneront aux ténèbres.
niveau n+0Gris nuagesUn brusque sentiment de tristesse envahie la personne visée, sans raison apparente, provoquant en elle une apathie plus ou moins sévère.
niveau n+1RemordsLe souvenir d'un acte manqué ou pas, remonte à la mémoire et provoque un soudain remord, quasi obsessionnel . La personne sera prise d'un irrépressible besoin de modifier le passé, ce qu'elle ne pourra pas réaliser évidement. Face à cette frustrante réalité, elle sera encline à des pulsions dépressives pouvant aller jusqu’à l'auto mutilation. Sans mise en danger de l'intégrité physique de la personne.
niveau n+2 voir en FTDéchirementIdem que précédemment. Par contre l'état dépressif se prolonge sur une plus longue période et plus enraciné. Les vicissitudes qui tourmentent la personne sont continuellement présentes à son esprit. Elle sera en mesure de commettre des actes compromettants son intégrité physique ou morale.
niveau n+3 voir en FTLycoris écarlateLa personne prend pleinement conscience de la vacuité des choses et de l'existence. Prise d'un vide insondable, son existence perd tout son sens. Alors, à quoi bon continuer ? Une seule voie se dessine à l'horizon, le suicide. Peut-être pas. Ce qui selon la cosmogonie en cours jettera son âme en enfer ou bien sera condamnée à errer pour l'éternité.


En outre, ai est capable de générer une puissante énergie destructrice sous la forme de flammes noires et violacées qu'elle peut concentrer projeter sur plusieurs centaines de mètres. La puissance de cette énergie peut réduire en cendre une grosse maison. Ai tire cette énergie de sa colère et de son désir de vengeance. Si elle n'est pas dans cet état psychologique, aucune énergie ne se manifeste. Par contre, dans cet état, ai ne se contrôle plus...




Derrière l'écran.

Pseudo : à vous de trouver !
Comment avez-vous découvert le forum ? Via gogoduck
Vos projets sur le forum : Aider les personnages à se suicider... Faut bien quelqu'un pour le sale boulot.
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Dernière édition par Ai Enma le Lun 30 Avr - 23:38, édité 157 fois
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MessageSujet: Re: ai enma (terminée !)   Mer 28 Fév - 22:31

WTF la longueur de cette présentation :wat: :wat:

en passant, non c'est pas grave du tout que tu l'aies fait en deux postes, ça s'est déjà vu Wink bon courage pour la fin



MM, des admin et des modo dévoués et compréhensifs :hee:



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MessageSujet: Re: ai enma (terminée !)   Jeu 1 Mar - 11:26

Sakura, je te remercie pour la promptitude de ta réponse ainsi que de ta diligence.
Tu m'enlèves une sacrée épine du doigt ! Me reste plus qu'à finir ma FP....
Merci.
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MessageSujet: Re: ai enma (terminée !)   Dim 4 Mar - 1:44

HHheeeelllooooo. Le bienvenu en retard lui offre une petite épingle à cheveux avec un papillon sur une fleur de cerisier ^^
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MessageSujet: Re: ai enma (terminée !)   Mar 6 Mar - 19:41

Heeeeeeeeey, bienvenue sur le forum (oui je suis en retard) ! J'espère que tu t'amuseras bien chez nous ! Si tu as des questions ou quoi que ce soit n'hésite pas à nous demander ! Et n'hésite pas à rejoindre le Discord, c'est triste à dire mais les gens passent plus de temps ici que sur la CB o/

Lui fait un câlin remplit de love.
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MessageSujet: Re: ai enma (terminée !)   Mar 6 Mar - 20:33

AH MAIS JE T'AVAIS PAS DIT BIENVENUE ! DESOLEEEEEEEEE ! ><"

Bienvenue sur Kosaten !
Le seul endroit où les gyozas font jouir les sorcières !
Amuse-toi bien !
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MessageSujet: Re: ai enma (terminée !)   Mar 6 Mar - 22:14

Naegi, j'espère que t'as une copie de ma fiche, moi pas.

Alors, débrouilles-toi ! J'vais pas m'amuser à tout retaper...

Si c'est pas toi, tiens moi en informée...




Moi, pour l'instant, j'me pose et laisse la fiche. pale


Dernière édition par Ai Enma le Mar 6 Mar - 22:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ai enma (terminée !)   Mar 6 Mar - 22:21

Bienvenu(e) sur le forum et bonne chance pour la fp.
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MessageSujet: Re: ai enma (terminée !)   Mar 6 Mar - 22:22

Euh, qu'est-ce que j'ai dit pour me faire engueuler comme ça ? Oo
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MessageSujet: Re: ai enma (terminée !)   Mar 6 Mar - 22:25

Ai, ne t'en fais pas c'est réglé maintenant et ce n'était pas de la faute de Natsume. Normalement si tu edites ta fiche tout va rentrer dans l'ordre ! S'il fallait en valoir a quelqu'un c'était le staff. C'était juste à cause d'un délire sur la CB qui a dégénéré et qui a atteint tout le forum... quoiqu'il en soit ta fiche est là, toute propre et belle comme avant. Désolé pour le coup de flippe !


Dernière édition par Frisk le Mar 6 Mar - 22:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ai enma (terminée !)   Mar 6 Mar - 22:27

Ai tu as édité ta fiche pendant qu'il y'avait un jeu sur la cb (avec une censure de mots) du coup l'édition à gardé en liste les mots censurés.. Bref je vais t'aider à modifier ça, mais n'édite pas de suite stp
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MessageSujet: Re: ai enma (terminée !)   Mar 6 Mar - 22:28

Désolé naegi si c'est pas toi !
mille excuses alors, mais quelqu'un avec des droits de modo m'a dezingué mon texte...
Avec ton Grand sens de l'humour, mes soupsons infondés se sont tournés vers toi.

N'empêche, qu'y quelqu'un qui s'amuse à fout... en l'ai ma fiche est c'est pas cool du tout... Regarde le texte, c'est visible...
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MessageSujet: Re: ai enma (terminée !)   Mar 6 Mar - 22:31

Ouf ! mil pardon à toi naegi! /* je te lèche les pompes ...*/
En définitif rien de grave; alors.
Vous êtes seriousli hard core quand même...
Bon trip.

Je remets à ma fiche demain... p'tain l'allu j'te jure.
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MessageSujet: Re: ai enma (terminée !)   Mar 6 Mar - 22:33

T'aurais pu venir sur la CB avant de me gueuler dessus...
Tu pourrais renommer ta fiche s'il te plaît ?
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MessageSujet: Re: ai enma (terminée !)   Mar 6 Mar - 22:37

Pas besoin, j'ai normalement tout modifié !
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MessageSujet: Re: ai enma (terminée !)   Ven 9 Mar - 0:10

Grand merci à toi mister Zayro pour ma fiche !
ça m'apprendra à jeter un oeil sur la CB. :foufou:

/* Sacré boulot quand même... encore merci. */
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MessageSujet: Re: ai enma (terminée !)   Lun 12 Mar - 20:35

Bonjour,

Cette fiche est-elle terminée?


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MessageSujet: Re: ai enma (terminée !)   Mar 13 Mar - 11:53

Tout juste finie ! tongue

Les graphismes m'ont pris pas mal de temps... et donc forcemment, j'ai fini par une semaine de retard...
Désolée pour ce contre-temps.


EDIT TARDIF: j'ai une petite question qui me trotte dans la tête. Si j'ai bien compris, la nation est décidée par le staff,
par contre, le personnage a t-il le choix de son lieu d'arrivée dans Kosaten. Pour faire bref, dans les zones inexplorées.
Ou bien y-a-t il des contraintes à ce niveau ? Par exemple: village fantôme, temple maudit ou royaume des morts (là, j'ai quand même un doute. :tristounet: ) /* Des lieux vraiment trop sympatiques Grrrr...*/



Re EDIT : En fait, je viens de poster une fin alternative dans la section Test RP. C'est une proposition mais qui m'a permise
de développer certains aspects de mon personnage que je n'avais encore pas abordés. Cette autre fin s'intitule le village fatôme.
J'ai laissé l'ancien chapitre au cas où.
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MessageSujet: Re: ai enma (terminée !)   Dim 18 Mar - 18:32




C'est l'heure du moment que tu ne veux pas avoir !


c'est parti pour la montagne de mots :fiou:  

Orthographe, syntaxe et autres trucs chiants

C'est très bien pour l'orthographe. Y a deux ou trois fautes qui traînent, mais vu l'énorme pavé, c'est tout à fait acceptable. Bravo m'dame  cheers



Histoire

Si c'est histoire est vraiment, énormément bien écrite sur la forme, et a une très très grande originalité sur le contenu, j'ai quand même passablement de questions qui m'ont gênée pendant la lecture :

Citation :
Il ne sut d’emblée s'il s'agissait d'Inari ou bien de son messager Kitsune.

qui est Inari ? une divinité ?

=> Qui sont vraiment Ren et Onna ? les servants de Enma ? Est-ce que leur rôle se limite à surveiller les victimes de vengeance ? et Wanyudo ? et qui accompli spécifiquement la vengeance ?

= >Comment Enma s'est-elle retrouvé chez cette grand-mère ? et cette grand-mère, est-elle au courant du travail d'enma ? comment se fait-il qu'elle ne dise rien ?

= >j'ai un problème de chronologie. où placer :

- le début de son "travail"
- Les 400 ans de chasse (Est-ce qu'un des événements ci-dessous se passent pendant les 400 ans ?)
- sa rencontre avec ren et onna
- la signature du pacte d'arumi,
- la visite d'enma à Yumi,
- la disparition du père d'arumi ?

=> Que s'est-il passé entre Yumi et Arumi à la fin ? Comment Yumi a-t-elle pu empêcher sa mort ?

= >Comment Yumi a fait le pacte ? en piquant la poupée de Arumi ? n'avait-elle pas la sienne, comme Arumi ?

=> c'est quoi cette histoire de "on veut la sauver mais on peut pas" j'attendais la révélation tout le long du texte, et j'ai rien vu ^^

Je le répète j'ai adoré te lire, seulement, j'aimerais encore quelques détails Razz


Psychologie

Citation :
Au fil des ans cette terreur se mua en quelque chose de plus sourd et s'enterra. Même si la moindre brindille se brisant dans la forêt lui rappelait l'immédiateté du danger et exhumait cette peur profonde. Elle appris à vivre avec sans pour autant détester qui que ce soit. Sentaro lui suffisait, il lui avait fait une promesse. Seul lui manquait amèrement ses parents qu'elle ne vit plus six années durantes.

J'avoue que là, y a deux trois trucs que j'ai pas compris :refl: déjà c'est quoi ce "truc plus sourd" j'ai un peu du mal à me figurer. Ensuite la 2e phrase je l'ai pas comprise. Ensuite, tu dis que seul Sentaro peut la combler, et tu dis ensuite que ses parents lui manquent, j'y vois un beau paradoxe ^^

Citation :
C'est en ravivant ce reliquat d'humanité, perdu au plus profond de son âme, qu'ai pourra rompre avec la malédiction,

quel reliquat ? en quoi ça va briser la malédiction ? tu donne un brib de réponse plus bas, mais elle est incomplète pour coller à ceci

Citation :
l'effacement de ses souvenirs à chaque 'réincarnation'.

qu'entends-tu par là ?

Citation :
Exceptionnellement elle désobéit au maître des enfers en changeant la donne d'une vengeance par exemple.

Désobéir ne signifiait pas la descente de l'âme des parents en enfer ? Comment se fait-il qu'il ne se soit rien passé ?

Citation :
En ce qui concerne sa perte de pouvoirs, seul celui qui lui permettait d'aller et venir dans les différents mondes lui font monter la rage aux joues, qui définitivement restent blanches...

Quel pouvoir ? quand l'a-t-elle perdu ??

Citation :
Donc de ne plus tuer des humains et d'envoyer leurs âmes en enfer ne la contrarie pas vraiment au premier abord. La perte de l’énergie noire qui se dégage lors de ses colères ou qu'elle se trouve animé par la vengeance la perturbe bien plus. Car sans cette puissance, elle ne pourra contrer le maître des enfer. Mais pour l'instant, pour ai, tout ceci n'est que temporaire.

J'ai rien compris à ça :refl:

Citation :
Et si elle respire, c'est due à une ancienne habitude, dont elle en a oublié l'origine, car elle n'en a pas besoin.

Citation :
elle n'éprouve plus d'appétit et n'a plus besoin de se nourrir.

Comment ça ?





Test rp


pourquoi être dans le monde des humains serait enfreindre une règle ? Elle y est pourtant H24 non ? où court-elle comme ça après avoir rencontré l'étudiant de la bibliothèque ? en enfer ?

Citation :
Effectivement, en début d'après midi, il revit ai s’asseoir à la grande table, toujours entourée d'une multitude de livres. De son coté, elle avait décider de l'ignorer.

elle devait pas rentrer dans "son monde" ? que fait-elle encore là ?

Citation :
Pourquoi sa colère avait-elle disparu à l'évocation de ce sentaro ? Pourquoi était-elle troublée ? Une vague réminiscence s'était faite jour. Cet effleurement n'était donc t-il pas le premier ? Elle posa son regard sur le livre. Il était ceint d'un ruban rouge ! Triste ironie, maintenant c'était à son tour de dénouer le ruban. Allez t-elle le faire ?

Comment tout ça s'est passé ?? j'ai rien compris

Citation :
Et la note bleu, suspendue, chut

quelle note bleue ? c'est quoi  ??

Sinon, ta fin au village fantôme n'est pas possible, car c'est un endroit totalement abandonné (d'où son nom). Ce que tu peux faire, c'est soit enlever cette partie, soit dire que ça se passe dans un autre village habité, en adaptant la description du début ( dans les autres y a pas de pont levis) et les quelques bizarrerie des gens qu'ai croise.


Pouvoirs

tes pouvoirs au total me laissent penser que ça se fera plus en capacité contextuelle (explication de ce que c'est ici : http://rp-manga.forum-canada.com/t2528-la-moderation-des-techniques premier poste). Mais ils sont intéressants Wink Par contre ce qui me chagrine, c'est qu'avec ce genre de pouvoir, Enma ne pourra pas avoir de fiche technique pour se battre. N'a-t-elle aucun pouvoir comme des flammes ou qu'importe qui blesse physiquement et par Enma elle-même une autre personne ?

Sinon pour ton NB, il est totalement impossible de communiquer avec le royaume des morts sauf en mourant et donc en y accédant. Une fois à l'intérieur, le perso ne contrôle plus rien, il se fait torturer inlassablement et une fois les épreuves passées, revient dans Kosaten sans pouvoir parler de ce qu'il s'est passé. Donc même toi qui n'est pas réellement humaine, tu ne pourras avoir aucun lien avec lui.  



En résumé

Même si elle est longue, cette fiche est superbement bien faite, je ne me suis presque pas lassée de sa lecture. Tu as un très grand talent d'écriture !

Par contre, certains passages (mentionnés dans cette correction) sont flous et mérite précision.

Bonne chance pour le 2nd round et n'hésite pas à me poser des questions au besoin



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