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Conflit de propriété
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MessageSujet: Conflit de propriété   Mar 6 Mar - 22:07

HRP:
 

Le marchemort ressentait sa fatigue comme certains pouvaient ressentir les battements de leurs cœurs. Inhérente à sa malédiction et son statut de mort-vivant, cette condition particulièrement éprouvante pouvait parfois se faire plus ressentir que d’habitude … En particulier lorsque la fatigue en question était élevée. Et là, alors que le guerrier pluri millénaire marchait dans les rues de ce bourg anonyme, similaire à cent autre qu’il avait déjà vu, et cent autres qu’il verrait par la suite … Et bien, même en prenant en compte le fait que sa cape recouvrait quasi intégralement son corps … Même en sachant qu’il avait sa capuche sur la tête … il était plus qu’évident que le non-mourant était au bord de l’épuisement.

L’artiste


Tu sais mon grand, je pense que tu attirerais moins l’attention des péons si tu avais pris la peine de retirer la flèche … Non, les flèches que tu as dans l’épaule et le torse.



Et il y avait ça, aussi … Des voix dans sa tête. D’un côté, il ne pouvait pas se plaindre d’avoir un peu de compagnie … Sa peau séchée à l’extrême, similaire à du vieux parchemin, son expression sérieuse, froide, et son apparence générale de cadavre ambulant – lorsqu’il n’était pas en train de tout voiler sous sa cape de cuir – ne lui attiraient pas beaucoup de sympathie, ou de compagnons de voyage … Mais d’autres versions de lui-même … Avait-il, fut un temps, été si insupportable ? Soupirant alors qu’il était obligé, d’un coude, de s’appuyer contre le mur de bois d’une maisonnette pour reprendre son souffle, il plissa les yeux … ah. Ce qu’il avait prit pour une  habitation était en réalité un panneau d’affichage … Sur lequel, presque tout de suite, un parchemin épais et soigneusement calligraphié avait été épinglé. Il n’avait rien de spécial, sinon que c’était l’un des plus proches des yeux du marchemort, et que le symbole du yen, l’argent de ce monde, était affiché à la fin … Avec un certain nombre de zéros devant. Plissant les yeux, il prit quelques instants de réflexion … Quelqu’un dans sa tête lui souffla que la retraite, pour les cas comme le sien … c’était bon à laisser aux autres. La phrase lui tira une ébauche de sourire. Il se saisit du haut de la feuille, et l’arracha du panneau d’un coup sec avant de se remettre à marcher.

*     *
*

Le Marchemort



Univers d'origine : Era Necrolia (univers dark fantasy médiéval)
Prénom : Haïzen
Sexe : Mâle
Âge : 75## ans (âge exact oublié)
Race : Hybride (humain / elfe)
Coupe et couleur de cheveux : Cheveux longs et raides, roux avec des mèches grises ou blanches, tenus par un bandeau à la couleur indéfinissable.
Couleur de yeux : Entièrement blancs
Style vestimentaire : Grande cape de cuire masquant en partie le visage et disposant d'une capuche, pantalon de toile usé, lourdes bottes renforcées, gantelets couverts d'impacts et de rayures, épaulière ternie à l'extrême. Porte un sac de voyage. Porte un gigantesque espadon (~ 170 cm) à la lame anormalement épaisse (~15 kg) dans le dos.
Corpulence : Affreusement maigre
Taille et poids : 1m85 pour 92 kilos
Teint de la peau : Basané, cireux, donne l'impression d'une sècheresse extrême.
Emplacement du sceau :  Inconnu (peut-être sur le dos de la main gauche, mais avec ces gantelets ...)
Autre : Porte des plaies ne saignant ni ne cicatrisant sur le torse - probablement nées d'écorchures -, porte un équipement extrêmement âgé, masque la plupart du temps la moitié inférieure de son visage avec le col de sa cape.
Référence complète


écoutez … Ces deux embroche-poulets n’auront pratiquement aucun effet, sur moi. Quant à toi, tu tiens mal ta hache, et tu es à peine mieux protégé que tes comparses.
On t’a demandé ta bourse, monstre ! Estimes-toi déjà chanceux qu’on ne veuille pas uniquement la prendre sur ta carcasse, qui a déjà l’air plus refroidie que nos précédentes victimes !
Haïzen soupira. Il détestait les bandits de trop bas étage. Je ne vous donnerais pas mon argent. Si vous tirez, ou que vous m’attaquez d’un autre moyen, je vous massacre. Si vous me laissez aller en paix, je ne ferais rien pour vous nuire. Les choses sont aussi simples que cela, croyez-moi.
Tu sembles bien sûr de toi, pour quelqu’un qui a une gueule à être déjà mort.
C’est très justement parce que je pourrais déjà l’être, et depuis des durées que ton esprit ne parviendrait pas à concevoir, que je sais que je n’ai de raison de vous craindre, toi et ton groupe.

Mais alors qu’il terminait cette phrase, le guerrier millénaire perçu, presque trop tard, un mouvement dans son dos. Une attaque en traitre. Aurait-il été sur Era Necrolia que l’agresseur aurait été éventré avant même d’avoir réalisé. Ici, il n’eut que le temps de saisir le manche de son énorme espadon, et de le tirer vers le haut. La hachette qui aurait dû lui trancher le torse en deux percuta la garde de son arme avec un bruit métallique à la fois particulièrement fort et désagréable. Deux carreaux d’arbalète partirent en même temps, les cordes des armes de tir sifflant de façon dissonante. Fut un temps, le marchemort aurait saisi le bras de l’individu dans son dos, se serait baissé, et l’aurait utilisé comme bouclier pour encaisser les carreaux. Ici, il ne put que se décaler légèrement, et se reçu les deux projectiles dans l’épaule avec un grognement. Du bois, de la tête à l’encoche. Du matériel de chasse … La chose l’énerva encore plus que de ne pas avoir su déjouer l’attaque.

La main qui tenait le manche de son espadon le lâcha et, à une vitesse surprenante, se saisit du bras qui tenait la hachette. Le bandit, à la fois déséquilibré par son attaque et surpris, se vit tiré par le cadavre ambulant, qui le fit passer par-dessus son épaule pour le laisser tomber lourdement sur le sol. Sonné, il ne put qu’assister - sans réellement réaliser ce qui lui arrivait – à sa mise à mort, alors que le rouquin fit passer son épée sur le côté pour la sortir de l’espèce de crochet tordu qui lui tenait lieu de fourreau, et se servait de son épaule pour la faire basculer dans les airs … Et s’abattre sur le bandit, au milieu du ventre. Il était plus que vraisemblable que le tranchant de l’arme percuta un cailloux qui ne rompit point, car le presque mort-vivant sentit clairement le choc se propager dans ses bras et ses mains. Manier une arme aussi lourde rendait la pénétration des chaires si simples … Le bandit aurait probablement hurlé de douleur pendant quelques secondes, si son diaphragme – entres autres organes – n’avait pas été sectionné. Mais quelques secondes, tout au plus, même s’il avait pu. Au lieu de cela, il se contenta de se vomir une quantité assez volumineuse de sang sur le visage en tremblant un peu, avant de finalement s’éteindre. Tirant la lame sur le haut en manipulant la poignée de cette dernière de ses deux mains, l’immortel regarda les trois adversaires qui lui restaient … et tous étaient proprement terrifiés.

Le riffleur


Eh, tu les as prévenu … Maintenant, ils bouffent.


Bon. Si vous avez un dieu auquel prier … enfin, de toute façon, vous le rencontrerez sûrement dans quelques instants.

*     *
*

Lorsque vous êtes un mort-vivant d’un mètre quatre-vingt-cinq, au teint basané, à la chevelure rousse et grise, au corps fatigué et déjà bon pour le tombeau, et que vous vous trouvez dans un monde où la population a la peau tirant sur des tons jaunes, les cheveux noirs souvent coupés courts, et doit mesurer un mètre 65 pour les plus grands … Certains aspects du quotidien n’ont rien d’amusant. Rentrer dans une taverne fait partie de ces aspects. Même s’il était entièrement recouvert par sa cape et son capuchon, le marchemort constata, dès qu’il franchit le seuil de l’établissement, qu’il avait attiré l’attention de 9 personnes sur 10 dans la salle, en moyenne … Et les trois derniers retardataires finirent par se demander d’où venait ce brusque silence, et se tourner vers lui également. Le cuir en mauvais état de sa cape voilait son torse nu, sur lequel des plaies béantes ne se refermeraient jamais. Sa capuche large dissimulait sa toison bien trop longue, peu entretenue, si hirsute qu’elle n’aurait su couler le long de son crâne comme une chevelure normale. Dans son dos était accroché son espadon géant, sous sa cape, là où seul le manche était visible, derrière une de ses épaules … Et pourtant, il attirait l’attention de tous et toutes. Fatigué, ne laissant pratiquement que ses yeux blancs de visibles, il finit par faire quelques pas lents et lourds, des gouttes de sang tombant de sous sa cape, derrière lui.

Je suis juste un élu ayant eu une longue et pénible journée … faites comme si de rien n’était.

Boitant presque plus qu’il ne marchait jusqu’au comptoir, il prit un tabouret, le tirant à côté de lui … Et leva la main pour saisir le manche de son épée. Elle émit un grincement atroce en frottant contre le crochet qui, sous la garde, permettait de la garder en l’air sans avoir à la tenir en permanence. Faire un fourreau pour une lame pareille aurait été un effort absurde … Et la dégainer serait devenu une tâche impossible. Faisant légèrement remuer sa cape alors qu’il sortait de sous cette dernière l’épée géante, il la posa, pointe sur le sol, contre le comptoir, sans prendre garde au sang qui souillait le métal noir et gris … Avant de s’asseoir avec un soupir de soulagement non dissimulé. Le tavernier déglutit légèrement, l’observant lentement dénouer les lacets de son col pour petit à petit révéler le bas de son visage … qui semblait humain, bien que famélique. Avec une certaine hésitation, il leva une main … pointant les deux carreaux d’arbalète qui étaient plantés dans l’épaule du guerrier.

Vous … Peut-être faudrait-il aller voir un rebouteux … non ?
Mon existence est une injure à son métier. Donnez-moi plutôt … Du tissus, et de l’alcool pour désinfecter.
Le tavernier, hochant la tête en silence, s’exécuta, lui posant ce qu’il demandait à côté de lui en moins d’une minute, avant de revenir à sa tâche précédente : récurer avec application l’intérieur de la même choppe. Si je peux me permettre … comment … avez-vous …
Une troupe de bandits a eu une mauvaise idée, lâcha le ni-mort-ni-vivant sur un ton catégorique, alors qu’il saisissait le bouchon de la bouteille avec les dents, l’arrachant pour le recracher sur la surface devant lui. Gardant un instant le silence, il finit par lever la bouteille, et boire directement le contenu quasi toxique, sous les yeux horrifiés de l’homme bedonnant devant lui … Avant de déglutir, et de secouer la tête. Ceci dit, vos routes doivent être un brin plus sûres, désormais … et les loups des environs auront l’occasion de se nourrir un peu.

Le tavernier ne répondit rien, cherchant visiblement à polir l’intérieur de sa choppe jusqu’à en trouer le fond, alors que le guerrier grimaçait, se saisissant des carreaux pour tirer dessus d’un coup sec, et les poser sur le tissus prévu à cet effet. Ce dernier s’imbiba à peine de sang … celui du vieillard était trop sec, presque déjà coagulé dans ses veines. Dénudant un peu son épaule le temps de vider un peu d’alcool dessus, et de nettoyer les quelques trainées sèches de plusieurs heures, il soupira, finissant par se recouvrir à nouveau et reboucher la bouteille. Soupirant en laissant ses yeux blancs perdus dans le vide, il finit par appeler le tavernier d’un petit « hep. », tandis que, tendant un bras, il saisissait le manche de son épée … sans la déplacer.

Je vais faire une sieste. Réveillez moi dans … disons 3 heures.
Heum … Vous … êtes certain de ne pas vouloir prendre une chambre ?
3 heures. Oh, et dites à ce qui seraient tentés de ne pas toucher à mon épée. J’ai le sommeil trop léger et de mauvais réflexes.
Ne pas toucher votre épée … Mais …
à moins qu’ils ne tiennent à voir comment je m’en sers.

Le marchemort ne rajouta pas grand-chose de plus, alors qu’il posait son gantelet sur le comptoir devant lui … Et se laissait simplement aller en avant, s’endormant plus ou moins dans l’instant. Presque aussitôt, une sorte de brume rougeâtre se mit à filer de l’épée vers son bras, remontant le long de ce dernier … Le tavernier, pendant quelques instants inquiet, finit par réaliser que rien de plus ne se produisait … Et l’ambiance revenait progressivement dans la grande salle, qui oublia la grande silhouette silencieuse assoupie sur un tabouret. Certains curieux ne cessaient d’observer sa lame, certes … Mais à part cesser d’émettre la fumée rouge à un point donné, elle ne fit rien d’autre de spécial.
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MessageSujet: Re: Conflit de propriété   Mer 7 Mar - 12:10

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Conflit de propriété

Haizen et Lexi

Le soleil, en descendant dans le ciel, se montrait ou se cachait à mesure que les pas de Sivuaani allaient dans un col ou à flanc de montagne. Sa cavalière lui avait fait à nouveau longer les plages des lacs à plein galop, l’air humide fouettant son chanfrein et ses sabots s’enfonçant dans le sable clair. Ils avaient tous deux suivi la route orientée Nord-Ouest, et alors que les plaines liquides disparaissaient à l’horizon dans leur dos, l’air s’était rafraîchit progressivement. Une fois le pied de la chaîne de montagnes séparant Minshu et Fuyu atteint, Lexi avait décidé de camper pour la nuit qui arrivait alors, mais également la suivante, afin de rester une journée entière dans la plaine et de laisser sa monture se reposer, tout en s’entraînant.
Désormais, le couple traversait les-dites montagnes d’un allure rapide, afin de ne pas avoir à y dormir, ou alors pas plus d’une nuit. Elle avait laissé Siv’ marcher tranquillement la moitié de la matinée, le laissant s’échauffer, avant de lui imposer un rythme plus soutenu. Elle s’arrêta lorsque le soleil fut presque au zénith, alors que son estomac gargouillait. Elle avait chevauché arc dans une main, rênes dans l’autre, mais le bruit des sabots de son cheval sur la terre battue avait dû éloigner la plupart du gibier à mesure qu’elle avançait. Elle allait donc se contenter du contenu de son sac, mais il fallait qu’elle remplisse ses réserves dès que possible…
Elle descendit de sa monture et la déséquipa, la laissant brouter l’herbe rase du col où ils se trouvaient. Quant à elle, elle ne pouvait pas manger d’herbe. Quoique … Elle regarda autour d’elle. Elle pouvait bien prendre une heure de pause après son repas pour trouver des plantes comestibles dans le coin, non ? Elle fit exactement ce qu’elle avait prévu : elle mangea de la viande séchée, quelques baies et racines qu’elle avait dans ses affaires, but sa gourde en entier - il était urgent de croiser un ruisseau ou autre cours d’eau, tant pour elle que le petit bai qu’elle chevauchait, avant d’entraver Sivuaani qu’elle ne pouvait pas encore tout à fait laisser sans surveillance.
Elle put récolter de quoi grignoter encore un jour ou deux, mais le goût de la viande fraîche lui manquait. Son arme en main, une flèche encochée, elle cueillait mais était surtout attentive à l’apparition espérée d’un gibier de belle taille. Elle dû cependant se contenter de quelques plantes mais pût renouveler ses réserves d’eau dans une petite vasque formée par un mince filet d’eau. Elle retourna là où elle avait laissé ses affaires, rangea le tout et se remit en route après un soupir. Ces montagnes étaient vides.
Du moins c’est ce qu’elle pensait jusqu’à ce que son chemin croise celle d’un hameau, au croisement entre une mince rivière et la seule route potable qui traversait les montagnes. En progressant à travers celles-ci, Lexi sentait d’ailleurs qu’elle se rapprochait de Fuyu, au sujet de laquelle elle avait lu quelques informations de base, comme le froid et la neige qui y régnaient. A propos de ce froid, il allait falloir s’acheter un ou deux vêtements plus chauds pour pouvoir s’y rendre. Malheureusement, sa bourse était bien légère depuis qu’elle avait quitté Fuki… Elle attacha Sivuaani devant la petite auberge du village et y entra, quittant son long manteau une fois à l’intérieur. Elle commanda une boisson chaude d’ici sans trop savoir à quoi s’attendre et alla attendre dans un coin. Au bar, trois personnes étaient accoudées, et elle parvint à saisir leur conversation.
La première parlait d’une famille bourgeoise qui, lasse de la ville, était venue acquérir une grande et belle maison en montagne. Malheureusement pour eux, il semblait qu’un esprit refusait de s’en aller et ne cessait de les importuner. La famille faisait donc appelle aux élus pour régler le souci. Lexi fut immédiatement intéressée. Elle était une élue, même si ce n’était pas de Minshu, elle avait besoin d’un peu d’argent, et surtout n’avait jamais eu l’occasion de constater l’existence des esprit en Gwendalavir. Il y avait donc des âmes qui subsistaient en ce monde alors que le corps de leur propriétaire était déjà pourri ? La jeune femme tendit davantage l’oreille : deux des locuteurs semblaient se moquer de ces citadins qui venaient vivre chez eux, les montagnards du coin, mais la troisième semblait plutôt porter de l’intérêt à la situation. Lexi se leva pour aller prendre sa boisson, et resta près de ceux qui discutaient, sirotant doucement - et par Merwyn, que le liquide qui coulait dans sa gorge était immonde ! Elle allait éviter les boissons des montagnards, cela serait plus prudent… Elle voulait aller régler ce souci, mais il lui fallait quelqu'un qui touchait de près ou de loin à la magie, car Lexi ne pouvait pas faire grand chose de ce côté là. Elle pouvait se battre, discuter peut-êre,
mais exorciser... pas sûr.


Pour Haizen:
 
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MessageSujet: Re: Conflit de propriété   Mer 7 Mar - 12:43

Le premier homme, qu’on pouvait déjà qualifier de cadavre, avait émis un « Uerrk ! » répugnant lorsque le manieur d’espadon lui avait marché sur la poitrine pour prendre son élan. Le côté répugnant venait en réalité presque plus du fait qu’il ait éjecté, à cause de la pression, un glaviot de sang, que du bruit, somme toute assez commun … pour certains êtres. Ne prêtant pas attention à cela, le rouquin parcouru les quelques mètres qui le séparaient de ses trois adversaires en une poignée de secondes, qu’il mit à profit pour les observer. Sur les trois, un seul portait une épée, et à l’épaisseur de ses bras par rapport au reste du groupe, il n’y avait pas besoin de savoir additionner deux et deux pour savoir qu’il était probablement le seul à savoir se battre pour de vrai, à part peut-être le mort. Les deux arbalétriers étaient en revanche équipés de dagues, mais rien d’inquiétant : vu la lenteur avec laquelle ils les dégainaient, ils n’auraient pas le temps de s’en servir. Le marchemort, en revanche … Avec les deux projectiles fichés dans l’épaule, il doutait de pouvoir donner plus d’une paire de coups avec sa lame. Le poids de cette dernière, proche de la quinzaine de kilos, la rendait impossible à manier pour un humain normal … Pas loin de sa condition actuelle, donc. Mais l’avantage d’un objet aussi lourd, c’était que rien qu’avec l’élan de sa course, il pourrait placer une attaque dévastatrice. Le fait de ne pas affronter un véritable chevalier en armure, mais juste un péquin en tunique sans protection, facilitait grandement les choses.

Le bandit ne comprit que trop tard de quelle façon le marchemort allait frapper. Et encore … Aurait-il compris qu’il n’aurait pas été certain qu’il aurait été en mesure d’esquiver. Il y avait grosso-modo 3 moyens d’esquiver une frappe horizontale comme celle à laquelle il faisait face : passer en dessous, par-dessus, ou se reculer assez. Mais pour passer au-dessus, il aurait fallu que ses genoux soient dans un meilleur état, et à tous les coups, il n’allait que se faire faucher les jambes. Passer dessous n’était pas bien plus malin : pour peu que la lame ne change légèrement de direction, c’était cette fois dans la tête ou le tronc qu’il la recevrait. Quant à se reculer … Entre la lame, qui devait facilement faire dans le mètre quarante, le manche de l’arme, l’amplitude des bras de l’épéiste, et le fait qu’il était en train de courir vers lui à pleine vitesse … Autant dire qu’il aurait dû réussir un retrait surhumain. Mais il n’en était pas capable. Et de toute façon, ses réflexes l’avaient déjà trahi : se campant sur ses appuis, il avait levé son épée, se préparant à encaisser l’attaque.

S’il avait au contraire cherché à rendre ses appuis les plus légers possibles, voir même qu’il avait légèrement sauté au moment de l’attaque, sa lame aurait peut-être tenu. Il aurait été éjecté, certes. Il y aurait eu une forte probabilité qu’il soit blessé par une des deux épées. Il aurait fini hors combat, peut-être même handicapé. Mais il aurait survécu. Mais là … La lame trop lourde fonça en vibrant vers la sienne. Et même si les bras du bandit tinrent bon, son épée lui donna l’impression d’être découpée comme du beurre. L’instant d’après, c’était ses côtes que le fil usé et émoussé percutait avec une certaine violence. Il sentit parfaitement l’acier rentrer dans ses bras, son torse, son cœur. Ses poumons se vidèrent, écrasés, broyés. Plusieurs fractures apparurent presque en même temps en divers point de son organisme. Mais l’espadon géant ne le découpa pas en deux. Ralenti par l’épée brisée juste avant, et balancé avec un trop grand manque de force, il se contenta d’entraîner les deux hommes à terre : l’un était mort avant de toucher sol, l’autre n’avait pas lâché le pommeau de son arme brisée.

Le marchemort lâcha un grognement en percutant la terre humide. Ridicule … « Quelques coups » ? Il ne parviendrait même pas à dégager son espadon des chaires de sa victime à temps. Allongé à terre, sur le flanc, il observa un instant la mort d’un homme … Avant de percevoir un cri, et les gestes d’un autre individu qui voulait le poignarder pendant qu’il était à terre. Poussant d’un bras pour rouler sur le côté, il sentit un des deux carreaux se briser dans son épaule, le faisant grimacer, alors que la dague le ratait de peu. S’appuyant sur le sol pour se relever, il dû cependant presque ramper vers l’arrière afin d’éviter de recevoir deux coups latéraux qui auraient sévèrement pu l’entailler. L’arbalétrier qui l’attaquait était anormalement énervé … Une relation d’un des deux autres ? Possible. Mais la chose le rendait maladroit et imprudent. Alors qu’il plongeait – plus ou moins littéralement – vers son adversaire pour tenter de lui percer le cœur, le marchemort releva brusquement les bras. La protection métallique qu’il portait sur un avant-bras dévia la lame, qui racla contre en projetant des étincelles. De son autre main, le mort vivant avait saisi un de ses propres couteaux, qu’il enfonça, en profitant de l’élan du jeune homme, dans son menton, remontant sans hésiter pour transpercer la bouche et la boite crânienne. Sentant très rapidement la force dans le bras qui tenait la dague disparaître, il se servit alors de ses deux mains pour, tenant le manche de l’arme, pousser cette dernière, lui embrocher le crâne. Le bandit tenta de résister, de remuer un peu, de se dégager … Mais il était déjà trop tard pour lui. Le regardant laisser filtrer du sang entre ses dents serrées alors que ses yeux se révulsaient progressivement, le mort-vivant dû faire un effort qu’il estimait surhumain pour pouvoir se dégager du cadavre, et le laisser tomber dans l’herbe à côté de lui. Il eut un grognement rauque … l’arbalétrier avait tout de même réussi à lui trancher un peu le flanc. De ses yeux blancs, il observa la scène … trois cadavres. Et le quatrième en sursis ? En train de reculer, et de progressivement se fondre dans les sous-bois. Bien … un lâche. Parfait.

Lorsqu’il vit qu’il avait été repéré, l’homme poussa un cri, et pivota pour se mettre à courir. Le marchemort plissa les yeux, maugréant un peu alors qu’il cherchait à se relever, faire quelques pas … Il retomba sur la hachette de celui qui l’avait attaqué dans le dos, plus tôt. Plissa les yeux. Se pencha, la ramassa … Et fit deux ou trois pas pour prendre de l’élan, avant d’avoir un large mouvement du bras. Le geste était quasi parfaitement exécuté, mais le lanceur n’était pas en condition : alors que la hache se mettait à siffler en tournant sur elle-même en l’air, il s’écroulait au sol, une fois de plus. Et cette fois-ci, il y resta … à soupirer, le visage contre la boue du chemin. Un nouveau cri, de douleur cette fois, retentit, suivi d’un son de chute. Un sourire pervers vint lentement arquer ses lèvres gercées. Levant son bras valide, il posa la paume à plat sur le sol, et poussa pour se relever. Avec une lenteur presque parodique, il revint vers son épée, dont il saisit le manche pour la tirer, s’aidant en poussant le cadavre du pied. La traînant ensuite derrière lui avec pénibilité, il revint lentement jusqu’à la seule victime qu’il n’avait pas achevé … La hache lui avait pénétré le milieu du dos, et il n’avait pas réussi à se relever. Il n’y arriverait probablement jamais. Levant sa lame pour la caler difficilement sur son épaule, il vint contourner l’homme qui, malgré sa condition, continuait de ramper, et se plaça devant lui.

ça a l’air plutôt laid.
Par pitié … Epargnez-moi !
Il me semblait vous avoir mis en garde … mais qu’importe. La situation est simple. Tu ne pourras pas t’en sortir par toi-même. Même en imaginant que tu ne meurs pas dévoré par un loup et que tu rejoignes le plus proche village, tes jambes sont paralysées. Tu ne pourras plus jamais marcher. Tu passeras du temps en prison, puis tu vivras comme un infirme pour le reste de tes jours.
Les sanglots de l’homme à terre furent la seule réponse qu’obtint le marchemort … Il se retint de lui mettre un coup de pied pour lui faire relever la tête.
Je veux bien avoir pitié … à condition que tu ne m’indique le plus proche endroit habité.
O-oh, seigneur …D-dans cette direction … Avec des tremblements, il leva un bras, pointant une direction en diagonale de celle dans laquelle il rampait. à … à quelques heures de marche … V-vous allez me conduire là-bas ?
Quelques heures … je vois. Et malheureusement … je suppose que nous n’avons pas la même définition de « pitié ».

L’homme eut un sanglot étranglé, relevant des yeux implorants. Mais avant qu’il ait pu faire plus, un pied lui percuta l’arrière du crâne, lui forçant la tête dans la boue. Il tenta de se débattre, de relever la tête … jusqu’à ce que la pointe de l’ultra espadon ne lui perfore - et brise – la nuque. L’épée était un poids mort pour celui qui la portait … Mais elle n’avait pas perdu tous ses pouvoirs. Lentement, le sang qui s’écoulait de la gorge du malfrat remonta le long de la lame, s’enroula autour de la main de son porteur, remonta son bras … et vint ressouder la plaie sur son flanc. Du moins … en partie. Il lâcha un petit « tch. » de désapprobation entre ses dents, secouant la tête alors qu’il extrayait la lame, et la raccrochait dans son dos en secouant la tête sur les côtés. Elle n’avait pas perdu ses pouvoirs … mais n’avait plus la même efficacité qu’avant. L’espace d’un instant, celui qui refusait de mourir eut l’impression de sentir l’étreinte, froide et volatile, du fantôme de sa sœur … peut-être n’était-ce que son imagination. Peut-être pas. Après tout, son âme était contenue dans le joyau qui constituait la garde de son espadon … Pouvait-elle se manifester ici, comme sur Era Necrolia ? Seul le vent daigna tenter d’apporter une réponse … même si les quelques feuilles mortes qu’il souleva, et la cape du marchemort qu’il fit légèrement onduler ne fournirent en rien quoi que ce soit de probant.

* *
*

Le tueur millénaire s’éveilla de lui-même, environ un quart d’heure après la durée qu’il avait demandé au tavernier. Ceci dit, ce n’était plus lui, mais sa femme qui se trouvait derrière le comptoir : il avait dû partir faire des tâches d’entretien du bâtiment. Ou préparer le repas … encore que ? Quelle heure était-il ? Quelque chose comme le début d’après-midi, puisqu’un retardataire était encore assit à manger lentement un ragoût à l’odeur alléchante … En soit, il n’y avait pas grand-monde ici, même si toujours plus que lorsqu’il était arrivé, ce matin. Beaucoup de têtes avaient varié … mais il ne fit même pas semblant de chercher à savoir lesquelles. Au contraire, appelant la femme de l’aubergiste et patientant qu’elle finisse de distribuer les pintes de bière pour venir à lui, le tueur de masse sortit de son sac le parchemin qu’il avait vu plus tôt dans la rue. Posant le doigt sur la ligne décrivant là où était la région, il observa la femme d’un âge respectable être légèrement intimidée par son apparence – maintenant qu’il était réveillé – mais tout de même s’approcher poliment.

Excusez-moi de vous importuner … Je ne suis pas de la région. Sauriez-vous où se trouve cet endroit, exactement ? Comment s’y rendre, depuis ce village ?
Ma foi, pas vraiment … Je ne me balade pas souvent, et je ne connaissais pas les anciens propriétaires de cette maison, pas plus que les nouveaux … Mais par contre …Hey, Takeda ? C’tait pas de la maison dans la montagne dont tu parlais tout à l’heure ?
Gné ? De quoi vouOOOH !

Le marchemort resta particulièrement insensible à l’impression qu’il fit au pauvre homme en tirant sa capuche vers l’arrière pour libérer sa toison massive. Ce n’était probablement pas l’état ou la couleur de ses cheveux qui avaient suscité une telle réaction, et il s’en doutait bien … ses joues creusées, sa peau sèche et usée, et ses yeux blancs qui semblaient légèrement fumer par instants n’avaient rien de rassurants, pour un mortel. Sans parler bien sûr de l’épée, même si cette dernière avait dû être remarquée bien en amont. Pourtant, après avoir déglutit, « Takeda » reprit la parole en hésitant.

La … La maison hantée, effectivement … Les … Les propriétaires ont un soucis de spectre qui refuse de partir, et –
Et sont prêts à payer une certaine somme à celui qui les en délivrera, c’est effectivement ce que dit leur annonce. Mais ce qui était le plus sujet à ma curiosité, c’était le parcours à emprunter afin de pouvoir se rendre dans cette fameuse masure.
Oh. Il faut partir du nord du village, derrière la maison du boucher. De là, suivre la route pavée qui se rend vers Fuyu, mais tourner vers la droite, sur un chemin de terre, lorsque vous voyez le nom indiqué sur l’avis … Vous … comptez y aller ? Je disais justement que les histoires de spectres me terrifiaient …
Le marchemort ne répondit rien durant de longues secondes, observant le vide devant lui … Avant de reprendre sa bouteille d’alcool à désinfecter, et d’en boire une gorgée, puis de grimacer. C’était une mauvaise habitude, ça … Passé les premières semaines à les côtoyer, on se désensibilise quelque peu … Même si je doute qu’il soit de la même nature que ceux de mon monde. Madame ? Offrez-lui ce qu’il veut à boire. Et avez-vous de la viande séchée, des fruits secs … des provisions à vendre ?
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MessageSujet: Re: Conflit de propriété   Jeu 8 Mar - 21:03

Conflit de propriété

Haïzen et Lexi

La jeune femme, dos au trio, avait saisi les informations principales du sujet. Elle se retourna pour proposer son aide et fit face à … Encore quelqu’un dans Kosaten dont l’apparence était atypique. Et elle n’était toujours pas habituée. Une longue tignasse rousse et en pagaille aurait bien volontier attiré l’attention, si elle ne faisait pas ressortir deux yeux entièrement blancs, presque brumeux. Des yeux qui avaient fait disparaître la concentration de Lexi en un instant. Elle put détourner son regard juste avant que sa mâchoire ne se décroche et ne la fasse paraître encore plus béate, mais ce ne fut que pour continuer d’observer le…  l’être en face d’elle. Des oreilles de Faël encadraient un visage dont la moitié était mangée par le haut d’un vêtement, il était assez grand et son long manteau ne cachait pas vraiment sa carrure imposante, même accoudé à un bar. Le bar justement. Une arme y reposait, aussi impressionnante que son propriétaire, peut-être plus. Un pommeau où la petite marchombre aurait pu poser trois ou quatre de ses deux mains, sans douter que celles de l’homme en face d’elle s’y calaient parfaitement. Une garde sombre où était incrustée une pierre rouge, et enfin une lame immense, à la fois longue et épaisse no comment. Cette arme devait être une arme dévastatrice, si maniée par quelqu’un d’assez fort pour la soulever. Ce qui était sûrement le cas de la personne qui la possédait.

Lexi se reprit : elle était ici pour une autre raison que dévisager cet inconnu.
Je veux aller voir ce souci de fantôme aussi. Je propose un … partenariat peut-être ? J’ai entendu que tu avais également besoin de provisions. Non seulement j’en dispose un peu mais en plus je sais m’en procurer. Je chevauche ma propre monture et ne te ralentirai pas.
Elle avait tout débité d’une traite, afin d’éviter de se mettre à bégayer, si impressionnée qu’elle l’était devant cet étrange personnage. Elle avait beau avoir progressé ces derniers temps, et se sentir davantage confiante - quoique qu’il lui fallait veiller à rester humble, se souvenant de son aventure dans les canyons de Seika - elle ne pouvait que se sentir petite et fragile devant ce genre d’armoire à glace. Elle continua d’ailleurs sur sa lancée :
Bon évidemment on partagera les gains, ajouta-t-elle avec un clin d’oeil, je te fais cadeau des différents services que je pourrai avoir à te rendre. Les provisions pour commencer.
Par automatisme, elle se présenta un minimum à cet étranger, pour qu’il ne se sente pas en train de discuter avec une inconnue, aussi insignifiante qu’elle puisse paraître.
Lexi, voyageuse.
Son nom ne lui fit “tilt” que légèrement après. Elle se doutait qu’elle était recherchée à Seika, mais son vagabondage ne lui permettait pas de savoir si l’avis de recherche s’étendait dans Kosaten, et ce qu’elle risquait exactement. En pensées, elle hocha la tête : l’avis ne contenait qu’une description physique, et elle doutait qu’en cet endroit, perdu au milieu des montagnes de Minshu, quiconque ne la reconnaîtrait ou ne se doutait de ce dont elle était accusée - à tort évidemment.
En tout cas, elle espérait que cet homme allait accepter d’être son associé un moment, autrement ce serait son concurrent sur cette histoire et vu son allure … elle n’y tenait pas. Et puis elle avait passé sous silence quelques détails. Son incompétence dans le domaine magique par exemple.
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MessageSujet: Re: Conflit de propriété   Lun 12 Mar - 20:22

HRP:
 

Le rouquin aligna quelques pièces sur le comptoir, de quoi payer pour ses consommations et celles de son « invité », qui avait timidement demandé si l’offre généreuse englobait également ses amis ou non. Les versions alternatives de l’élu avaient râlé dans sa tête qu’il dilapidait quelque peu leur argent, mais il n’avait pas prêté attention à leurs complaintes : contrairement à eux, il ne pouvait pas se payer le luxe de donner l’impression d’être un monstre froid et cruel … Car il en avait déjà l’apparence, et que s’il le confirmait trop, il se mettait en danger. Lorsqu’une jeune femme s’approcha de lui avec ce qui ressemblait à un mélange entre timidité, crainte et admiration – même si le sentiment était impossible à retranscrire clairement, même en utilisant moult termes tous paradoxaux les uns par à port aux autres – et resta quelques secondes à l’observer en silence, le tueur de masse lui laissa le temps de réunir ses pensées, et prendre la parole. Rien ne pressait après tout … n’est-ce pas ?

Le ton qu’employa la jeune femme pour lui offrir son aide avait quelque chose qui fit tiquer le ni-mort-ni-vivant. Non pas qu’elle était particulièrement mielleuse ou coulante … Mais elle cherchait à se vendre. Pas dans le sens où on l’entendait lorsqu’on se référait au plus vieux métier du monde, mais elle présentait les avantages que pourraient offrir l’idée d’effectuer cette mission en sa compagnie. Le vieux tueur retint un ricanement. Elle avait aussi tout débité à un rythme peu naturel, pour une élocution aisée et posée … mais ça encore, on pouvait le ranger dans la même case que l’information du « comment elle l’avait observé ». Un instant, le tueur se demanda s’il sur-analysait, alors que la jeune blonde reprenait la parole pour clarifier un point ou deux … Le partage des gains semblait logique – même s’il était implicite à toute forme de partenariat, quelque part – mais le fait qu’elle consente à lui offrir les services qu’elle pouvait lui fournir … Le riffleur ricana de façon désagréable dans un coin de son esprit. Autant le guerrier millénaire avait beaucoup trop de maturité pour une infinité de choses, autant ce n’était pas le cas de ses versions. Et on retournait à l’histoire sur le plus vieux métier du monde … se saisissant du bouchon de sa bouteille, il le cala de force avec ses doigts dans le goulot de verre, et fit disparaître le conteneur transparent dans son sac. Après tout, il avait payé une bouteille … il repartait avec une bouteille. Saisissant le manche de son arme à côté de lui, il pivota sur son siège, rangeant l’épée gargantuesque dans son dos en se mettant enfin à franchement dévisager cette « voyageuse ». Non pas qu’il avait particulièrement besoin de connaître son visage, même si elle était loin d’être laide … mais il voulait lui laisser tout le loisir de peser le pour et le contre de sa décision, même une fois qu’elle aurait eu l’occasion de voir son visage desséché et maigre. Haussant finalement les épaules, il pointa d’un coup de menton la porte menant à l’écurie en prenant la parole.


Pfui, fiuuuuu, elle est quand même mignonette la d’moiselle ! Tu veux pas lui proposer un nouveau style de voyages, par hazard ~ ?


Je suis à pied personnellement, mais de toute manière, en montagne, ton cheval ne pourra pas aller beaucoup plus vite que moi. J’espère que tu as déjeuné, on part tout de suite. Je t’attends à la sortie de la taverne.

Ignorer le bourreau vicieux qui se trouvait dans un coin de son esprit était d’une simplicité sans borne. En revanche, dire qu’il espérait quoi que ce soit donna envie à l’hybride de grincer des dents. Mauvaise idée, vu l’état de ces dernières … Marchant sans se presser vers la sortie, il ne prêta pas la moindre attention aux quelques regards tournés vers lui, et poussa la porte pour sortir. L’air se réchauffait doucement. Un vent léger vint faire frémir sa cape, voir même la soulever très légèrement … Mais vu le poids qu’elle faisait, à part dévoiler ses bottes, l’effet était minime. Patientant pendant quelques instants dans la rue pavée que la jeune femme ne vienne sur le dos de son cheval, il se tourna vers elle, alors qu’une main sortait fugitivement de sous sa cape pour s’assurer que le col de cette dernière couvrait bien la moitié inférieure de son visage.

Au passage … Je ne refuse pas un peu d’aide. Mais si tu pouvais me dire les raisons qui te poussent tant à chercher la mienne, je t’en serais gré. Il n’est de partenariat qui ne saurait être entaché par un manque de confiance … pas avec moi, en tout cas.

La sombre plaisanterie de la phrase qu’il venait de formuler était que, au final … lui-même ne faisait pas  confiance à qui que soit, par défaut. D’où le fait qu’il lui demande de jouer cartes sur table. Ceci étant, en soit, il ne lui voilait pas réellement d’information … du moins, aucune qu’elle n’ait besoin de connaître, ou sur laquelle elle avait posé de question. Le fait qu’elle n’avait, justement, posé aucune question en réalité pouvait rentrer en ligne de compte … Mais le marchemort décida de l’ignorer. Des renseignements, elle aurait pu tenter d’en obtenir bien avant de chercher à proposer ce partenariat … Mais si c’était la première chose par laquelle elle désirait commencer, libre à elle. Soit elle aimait prendre des risques … soit elle était ingénue, dans une mesure plus ou moins forte. Dans les deux cas, peut-être que ce trait lui passerait le jour où elle se brûlera les doigts, et qu’elle viendra le remplacer par l’expérience … après tout,  la sagesse elle-même n’était-elle pas le fruit d’un nombre incalculable de réflexions sur un nombre encore plus élevé d’erreurs ? Mais le guerrier maudis déviait vers des sujets beaucoup trop philosophiques … Tout ce qu’il souhaitait, c’était confirmer qu’il n’y avait pas anguille sous roche … Ou s’il y en avait une, que le problème ne soit réglé avant qu’ils ne se retrouvent dans une situation où il pourrait aisément dégénérer.

Malgré les indications assez claires que lui avait fourni l’homme de la taverne – et dont 2 versions de lui se souvenaient parfaitement – lorsqu’il avait demandé la première fois, le mort-vivant fit confirmer leur route à 3 personnes qu’ils croisèrent en chemin, dont la dernière put lui indiquer plusieurs points auxquels faire attention, en partie à cause de la monture de la jeune blonde, qui aurait du mal à traverser les flancs escarpés où avaient pourtant réussi à pousser de solides sapins et autres chênes. Même s’il ne l’avait pas dit ouvertement, c’était pour cette raison qu’il avait autant posé la question : recevoir les informations nécessaires sur le trajet, de la part de quelqu’un qui visiblement le connaissait. L’homme leur indiqua aussi, en revanche, qu’ils en avaient pour 5 bonnes heures de marche en y allant avec une foulée régulière, ce qui fit lâcher un « tss. » agacé au guerrier millénaire. Remerciant le passant en s’éloignant, une main sur le manche de son arme presque plus par réflexe qu’autre chose, le tueur au teint parchemineux resta silencieux jusqu’à être pratiquement certain qu’ils seraient hors de portée de toute personne indiscrète tenant à les épier … Là encore, pas de raison logique et justifiée, étant donné la tâche qu’ils se préparaient à accomplir. Juste un vieux réflexe de plus.

Je pense que trois heures suffiront. Ta monture devrait pouvoir suivre le rythme … je n’ai pas spécialement envie d’arriver seulement à la nuit tombée. Je fais souvent très mauvaise impression.

Alors, je suis positif sur le fait d’être praaaaaatiquement certain que c’est à cause de l’épée géante et du fait que tu tires tout le temps la gueule. Mais ça pourrait aussi être la peau qui manque sur ton torse hein, je ne fais que supposer.


Oh, et au passage … J’ai vu énormément de fantômes, dans mon monde. Beaucoup trop. Mais je n’ai aucune certitude que ce que nous allons rencontrer est du même acabit. Tu as de l’expérience dans ce domaine, à tout hasard ?

Il lui souhaitait que non. Même si ça n’aiderait pas pour la tâche qu’ils voulaient effectuer. Même si cela voulait dire qu’elle pourrait peut-être, le moment venu, se laisser impressionner, avoir peur de la créature surnaturelle … enfin. Ceci dit, elle avait choisi d’en accompagner une autre … Et selon toute vraisemblance, une bien pire.

*     *
*

Dans l’immense majorité des cas, les villages, ou tout simplement les habitations, étaient situées en bas des montagnes, dans les vallées. La raison à cela était simple … le vent. Au cœur des hivers les plus froids, lorsqu’il gelait au point de fendre le roc, le vent était un adversaire dont on ne voulait pas s’attirer les foudres. Glacial, traitre, il pouvait à tout instant changer, ou au contraire se contenter d’être assez régulier et puissant pour arracher chaque bride de chaleur d’un corps mal protégé. Mais en dépit de cela, ici, la villa qu’avaient acheté ces «anciens citadins » se trouvait presque au fond d’une des chaînes de montagne de la région. Pas la plus haute des chaînes, et pas celles où le vent soufflait le plus fort. Mais le marchemort devait tout de même tenir sa cape de l’intérieur pour l’empêcher de s’ouvrir largement, et ensuite lui faire redescendre la pente qu’il avait mis une bonne heure à gravir. Dire qu’il n’était pas incommodé par le froid était peut-être un peu abusif, mais c’était parfaitement supportable pour un être tel que lui. Mais le vent … ça, en revanche, il était obligé de composer avec, voir contre dans le cas présent. Trois heures et demi qu’ils marchaient … dont presque une heure et demi qui n’aurait dû représenter qu’une demi-heure, s’il n’y avait pas eu ce maudit vent … et s’il n’avait pas été si faible.

Pourtant, l’architecte qui avait dressé les plans de cette habitation n’était vraisemblablement pas un idiot, s’il en avait également choisi l’emplacement exact. Car, située dans une zone légèrement enclavée, et quelques mètres en-dessous du sommet exact de la montagne, la maison était à un endroit où de façon surprenante … l’air cessait de souffler en permanence. Haïzen s’en rendit immédiatement compte alors que, s’approchant de l’édifice, il dû soudainement cesser de lutter pour avancer, et en perdit presque l’équilibre. Prenant alors le temps d’observer autour de lui, il ne put s’empêcher de trouver la vue sur la vallée toute entière belle, poétique … Et accessoirement, il ne put s’empêcher de noter, à une centaine de mètres sur sa droite, une tour à l’aspect bien particulier. Elle était vraisemblablement désaffectée, si des particuliers pouvaient s’acheter la maison qui se trouvait à côté … mais c’était une tour de guet. En haut, assez de bois était accumulé pour former un beau brasier, si le besoin s’en faisait sentir. De quoi prévenir les gens de la vallée, et donc Minshu, que des mouvements étaient perçus du côté fuyujin de la montagne … du moins, ça avait dû être la fonction de ce bâtiment, fut un temps. Soupirant, le guerrier millénaire s’approcha du pas de la porte, et se saisit du lourd heurtoir de fer. Sans la moindre délicatesse, il frappa quatre grands coups à l’aide de ce dernier, avant de se reculer … Et de tourner la tête vers la jeune cavalière à côté de lui.

J’ai vu une écurie sur le côté, ta monture pourra sûrement s’y reposer … Pas trop fourbue par l’ascension ?

Lame brisée


Tout ce que j’espère, c’est qu’ils auront des lits … Même toi, je doute que tu puisse faire la descente comme l’ascension sans un peu de repos. Sans parler du cheval de la demoiselle.



Dernière édition par Haïzen le Lun 26 Mar - 21:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Conflit de propriété   Mer 14 Mar - 16:25

Conflit de propriété

Haïzen et Lexi

Lexi avait détaché Sivuaani, et enfourché son dos avant de rejoindre son nouvel associé. La jeune femme avait simplement hoché la tête devant la remarque de … l’homme, quant au fait d’être honnête. Et répondu de manière on ne peut plus simple :
Je ne peux pas y arriver seule. Donc j’ai besoin de ton aide. Simple comme situation.
Elle le laissa ensuite récupérer les informations dont ils avaient besoin, et malgré les indications précises d’hommes et de femmes avisés de la région, il estima pourtant que la route ne leur prendrait pas plus de trois heures. Cependant sa prévision était biaisée par ce qu’il voulait : arriver avant la nuit, puisque ce dernier disait faire mauvaise impression.

Tu m’étonnes murmura Lexi.
En effet, il avait tout juste l’air humain, avait une peau de vieillard et des allures de tueur avec son arme démesurée. Il parlait peu et souriait encore moins, se montrant guère avenant ou curieux. Pas de surprise donc, en apprenant qu’il avait l’habitude d’être mal vu.
Ils commencèrent à s’éloigner du hameau avant que le ronchon ne demande quelle était l’expérience de Lexi en matière de fantôme.
Bien. Pour être honnête je n’ai jamais vu d’esprit, et je n’ai aucune connaissance en magie, avant d’ajouter d’un ton neutre : en route ?

D’une pression de mollets, elle mit Siv’ en marche et suivit le chemin indiqué par les habitants du coin, avançant au côtés d’un homme à pied, et muet.

Le chemin devint rapidement étroit et sinueux, tapissé de terre battue et mélangée à de la caillasse glissante. La jeune femme tâchait de garder un rythme convenable, et sa monture, malgré les écueils et les irrégularités de leur route, avançait rapidement sans rechigner. Le vent vint ajouter de la difficulté à la progression du petit cheval, lui giflant le chanfrein sans répit et appuyant sur son poitrail, pourtant il garda l’allure.

Ils atteignirent enfin un creux ou les souffles d’air cessèrent de venir les déranger, et l’homme à la peau abîmée nota la présence d’une tour de guet et d’écuries, avant de frapper à la porte.
Si c’est le cas, j’y mènerai Sivuaani une fois les présentations faites, et je prendrai le temps de m’en occuper avant que l’on ne règle cette histoire Je te rejoindrai rapidement.
Effectivement, vu l’état du chemin qu’ils avaient emprunté, elle voulait vérifier que sa monture ne s’était pas tordu un boulet ni n’avait perdu un fer dans les rocailles du coin.
Et comme prévu je m’occupe de la nourriture, j’irai donc chasser dans la soirée. Une fois qu’on aura passé la nuit ici, et que cette saloperie de fantôme sera venue nous embêter, on aura toute la journée de demain pour savoir comment régler le problème.
Elle allait lui demander s’il était d’accord évidemment, cependant la porte d’entrée s’ouvrit soudain et elle dut s’interrompre.
Bonjour, que puis-je faire pou… Oh!
La femme qui était venue les accueillir n’était pas bien grande, et pouvait voir en Lexi une jeune femme bien banale, mais lorsque ses yeux étaient remontés vers l’imposante créature à ses côtés, elle avait réagi comme toute personne normalement constituée. Et encore, la créature en question avait l’air relativement humaine lorsque sa cape couvrait le bas de son visage et cachaient quelque peu sa silhouette. Il n’empêchait qu’il était imposant. La petite marchombre prit la parole pour dissiper le blanc qui s’était tout juste installé.
Bonjour Madame ! Excusez-nous, nous arrivons dans la soirée et peut-être étiez-vous occupée. Nous sommes venus pour l’annonce concernant votre problème d’esprit qui parasite votre demeure. Peut-être pourrions-nous passer la nuit ici, voir le souci, et vous aider ?
Je, hum… Entrez, nous n’allons pas discuter des modalités sur la paillasson
Lexi s’excusa un instant et demanda à loger sa monture dans les écuries non loin, avant de laisser les deux autres entrer seuls dans la maison. Comme elle l’avait déjà dit, elle déséquipa Sivuaani, vérifia ses pattes, et l’étrilla rapidement avant de revenir rapidement. Elle trouva les deux personnes qu’elle cherchait dans la première pièce qu’elle traversa : le salon. Elle vint s’asseoir et prit la discussion en cours de route.
Maintenant, il vient nous déranger exclusivement la nuit. Mon mari part au travail sans avoir dormi, il revient exténué. Il s’amuse à nous terroriser, nous deux et notre petite fille, Douchka. Nous ne pouvons pas partir, pas avec la somme que nous avons investi dans cet endroit. Mais cela commence à être dangereux vous savez, l’autre jour ma petite Douchka avait un immense hématome sur la cuisse, parce qu’un vase lui était tombé dessus sans qu’elle ne sache pourquoi. Je ne veux pas vivre dans l’angoisse et l’attente de ce qui peut nous arriver.
Et vous avez appelé des … Gens spécialisés?
Oh oui ! Et à part me voler mes yens ils n’ont servi à rien. L’esprit a été encore plus agacé, il a dit “Vous me prenez pour un démon?!” Ou encore “vous ne comprenez rien sombres fous”. Nous n’arrivons pas à le faire partir c’est une catastrophe.
La dame soupira, se laissa aller contre le dossier de sa chaise et enfouie sa tête dans ses mains un instant, avant de faire face aux deux élus.
Mais qui me dit que vous allez faire mieux? Et puis j’ai posté une annonce concernant des élus, rien ne me dit que vous en êtes. Peut-être n’êtes vous encore que des escrocs. Je refuse de vous payer d’avance je vous préviens !
Lexi calma la dame d’un ton doux :
Ecoutez, laissez-nous loger ici, je me charge de ramener un dédommagement, et laissez nous observer ce qu’il se passe. Vous ne nous paierez la somme promise qu’une fois le problème réglé.
Elle changea cependant de ton, jeta un oeil entendu à l’arme monstrueuse que portait l’homme assis à leurs côtés, et poursuivit , voilant à peine la menace :
Je suis de toute façon convaincue que vous ne chercherez pas à nous priver d’une paie méritée.
Elle laissa loisir à l’armoire à glace de poser des questions, peut-être avait-il déjà une ou deux idées. En ce qui la concernait… Et bien les idées viendraient pendant son sommeil : la nuit portait conseil, non ? Elle jeta un oeil dehors par le carreau : le ciel s’assombrissait déjà, elle devait sortir rapidement si elle voulait espérer tirer quoi que ce soit. Elle se leva donc, mais alors qu’elle s’apprêtait à s’esquiver, une petite voix en hauteur l’arrêta :
Maman ! Ces qui ces gens ? Pourquoi ils sont dans la maison ?
Je t’expliquerai puce, remonte dans ta chambre.
L’enfant semblait vraiment jeune, et était innocente en tout point, comme le sont toujours les enfants. Lexi soupira, il fallait qu’ils trouvent une solution. Elle saisit son arc dans ses affaires, et s’éloigna, arme au poing, dans les montagnes.
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MessageSujet: Re: Conflit de propriété   Sam 17 Mar - 17:07

Le marchemort songea à lui répondre que leur hôte fournirait peut-être de quoi manger, s’ils restaient pour la nuit … Mais il n’en eut pas le temps. Sans grande surprise ceci dit : la propriétaire des lieux portait de petits talons de bois à ses bottes, qui rendaient chacun de ses pas sur le parquet particulièrement bruyants. Son exclamation de stupeur ne fut là non plus pas une surprise, mais pour des raisons d’habitude cette fois : le ni-mort-ni-vivant était si loin de sa première confrontation avec la dure réalité du fait qu’il n’était plus reconnu par ses anciens pairs comme un humain … Juste une sorte étrange, et perturbante, de monstre. Ceci dit, dans la mesure où elle ne paniquait pas plus que ça malgré les effets évidents du stress qui se lisaient sur les traits creusés de son visage, elle avait simplement dû percevoir un homme grand, à la chevelure prolifique, et qui avait le manche d’une épée colossale dans le dos … gardant le silence pour ne pas faire entendre sa voix légèrement sépulcrale, le rouquin garda le silence jusqu’à ce que sa petite partenaire ne commence à les introduire, se contentant d’hocher la tête comme s’il jouait le rôle des « muscles » du groupe. La tactique eut un succès assez frappant, puisque la maîtresse de maison sembla tout de suite se calmer, et les invita même à pénétrer sa demeure, ce que Lexi déclina : elle voulait mettre sa monture dans une stalle. Le fait qu’elle prenne ainsi soin d’un animal dont elle avait la responsabilité était tout à son honneur, le tueur de masse voulait bien lui reconnaître cela … pour le reste, il ne la connaissait pas encore assez pour la juger. Voyant qu’il était resté seul avec la bonne femme qui leur avait ouvert la porte, il dû se pencher pour passer cette dernière, et rentra sans un mot alors qu’elle le conduisait au salon, sans se priver de l’observer.

Si je puis me permettre … Quel … Quel âge avez-vous ?
La question, de par son originalité, fit presque naître un sourire sur le visage du mort-vivant. Presque. On me demande rarement cela d’entrée de jeu. Mais je crains qu’apporter une réponse  à votre interrogation ne vous fournisse plus d’angoisse que de satisfaction … Disons simplement que votre spectre n’est pas le seul être qui aurait dû trouver le repos, ici.

La moue méfiante qu’elle lui offrit ne le surprit pas plus qu’elle ne le dérangea. Les humains avaient des côtés si prévisibles … même si c’était pour voir à protéger leurs esprits de concepts qu’ils ne pouvaient pas forcément concevoir, comme défier la mort durant des millénaires, ils étaient toujours emplis de méfiance, de colère ou d’encore plus de curiosité dès qu’on évitait l’une de leurs questions. Prenant place dans le fauteuil qu’on lui indiquait une fois dans la salle à vivre tout en posant sa lame à terre, le grand tueur patienta, son hôte s’excusant et partant préparer du thé. Elle ne revint que quelques secondes avant la voyageuse, qui elle aussi prit place dans un fauteuil, bien que le sien soit notablement plus haut au niveau de l’assise … et sûrement moins confortable, aussi. Face à leur commanditaire ou presque, les deux élus écoutèrent son témoignage, et la laissèrent également exprimer sa méfiance, sans réaction particulière du côté du guerrier. Ce dernier finit cependant par se redresser, s’appuyant sur les accoudoirs pour pouvoir se redresser, et délacer le col de sa cape, l’ouvrant progressivement pour, au bout d’une petite dizaine de secondes, finir par la retirer totalement, et la poser sur un des accoudoirs.

Sous l’épais vêtement de cuir, il semblait deux fois plus fin que d’habitude, et un nombre alarmant de signes témoignaient de l’état déplorable de sa grande carcasse : des plaies, qui semblaient à vif, mais ne saignaient pas sur son torse, ses côtes qui ressortaient sous sa chaire avec une précision terrifiante, une peau sous laquelle voir les muscles et les os jouer était d’une aisance malaisante. Les deux gantelets métalliques et la protection d’épaule qu’il portait n’arrangeaient rien à son apparence, si ce n’était le contraire : ils étaient si usés, cabossés, rayés et défraichis qu’ils semblaient fraichement arrachés de force à un preux chevalier … depuis son tombeau pluri centenaire. Le marchemort n’avait pas menti en disant que lui aussi aurait dû, depuis longtemps, rejoindre la cité noire, le monde des morts … du moins, celui de chez lui. Se rasseyant, il croisa ses doigts gantés, posant ses yeux blancs sur l’hôte. Cette dernière avait pâli en le voyant se dévoiler, mais son attitude, calme et mesurée, l’empêchaient de s’enfuir … probablement. Prenant la parole de façon claire et posée, cherchant probablement à se montrer rassurant malgré son apparence, le tueur fit appel à des compétences qu’il avait cru depuis longtemps enfouies en lui à jamais … celles d’un négociateur.

Je peux parfaitement entendre et comprendre votre ressenti, madame … Mais croyez bien que si moi et ma jeune compagne de voyage avons fait le déplacement jusqu’ici, ce n’est pas pour tirer profit de votre mauvaise fortune. J’ai côtoyé, je pense, assez d’entité éthérées pour pouvoir prendre en charge celle qui vous afflige… elles sont une des nombreuses pestilences qui ravage mon monde d’origine. Nous ferons le nécessaire, ne vous inquiétez pas.
Je l’espère … mais vous êtes certains que vous y parviendrez ?
La certitude de vaincre est le premier ennemi qu’un guerrier doit éliminer, s’il ne veut pas pécher d’orgueil et signer sa propre condamnation. Je suis confiant, mais ne vous ferais point de belle promesse. Ceci étant, je pourrais déjà vous en dire plus lorsque j’aurais une idée de la nature exacte du mal qui vous afflige … Après l’avoir constaté de moi-même.
Je comprends … V-vous êtes le premier à dire ce genre de choses, plutôt que de dire que vous avez déjà fait cela par le passé … quelque part … C’est rassurant. Je vais vous arranger deux chambres d’amis, pour la nuit …
Une seule pour ma jeune amie suffira … Je me contenterais de rester ici.

La femme ne sembla pas comprendre les raisons ou motivations du mort-vivant, mais ce dernier n’en avait cure : il lui fut simplement gré de ne pas poser plus de question. Voyant que les femmes se levaient, il s’appuya sur les accoudoirs, grognant légèrement en faisant de même, plus pour pouvoir remettre sa cape en place que réellement pour se rendre quelque part … L’absence de son poids sur ses épaules lui laissait une impression étrange et désagréable, malgré la faiblesse que provoquait le cristal sur le dos de sa main. Mais alors qu’il se rhabillait, une voix fluette et haut perchée se fit entendre dans la salle, et il se retourna vers cette dernière en même temps que l’élue et la native. L’enfant était encore dans les escaliers, et sa tête dépassait tout juste de la rambarde, par-dessus laquelle elle les observait. Son expression se fit plus inquiète lorsqu’elle vit le marchemort – qui heureusement finissait de se recouvrir – mais elle réagit de la même manière que sa mère, silencieuse pendant de longs instants, et n’écoutant pas directement l’ordre de sa génitrice alors que Lexi quittait les lieux. Regardant la porte se fermer sur la marchombre, elle se tourna ensuite vers le guerrier ancien, puis la native, qui s’approchait d’elle avec un soupire.

Est-ce que le monsieur va discuter avec le fantôme et lui dire de partir parce que c’est son ami ?
Chérie, c’est plus complexe que cela … Et le monsieur n’est pas un ami du fantôme.
Douchka, c’est bien cela ?

Le fait qu’il appelle directement l’enfant interloca visiblement les deux humaines, qui se tournèrent vers lui. Il sentait énormément de méfiance de la part de la mère, et un mélange de peur et de fascination de la part de la fille … Mais dans la mesure où il laissait son épée derrière lui, au moins, il semblait déjà un minimum pacifique. S’approchant à pas lents, il s’arrêta devant l’escalier, à peu près au niveau de la petite fille.



Attention, notre grand tueur mort-vivant apathique et laconique va se montrer paternaliste.



Tu ne pouvais vraiment pas t’empêcher de faire une remarque de ce genre, hun ?




Huuum … non. Je souffre d’un cas très particuliers de quelque chose qu’on appelle « être un connard ». Mais bon, le marchemort à l’habitude, au pire … J’suis prêt à parier qu’il va totalement m’ignorer, aussi.




Tu as l’air d’une petite à la fois observatrice, et point trop sotte … mais prête bien attention à ce conseil. Parfois, comme maintenant … il te viendra l’envie de poser des questions, sur la situation, les gens, les évènements en train de se produire. Et parfois … au fond de toi, tu sauras que tu ne tiens pas réellement à ce qu’on réponde à ces questions. Levant lentement une main gantée, il la posa sur la rambarde, non loin du visage de l’enfant, et l’observant en silence. Si jamais c’est le cas … retiens-toi de les poser, si elles ne sont pas vitales. Mieux vaut rester dans l’incertitude que noyer son cœur dans la peur. Maintenant écoutes ta mère, et remontes dans ta chambre.

La mère le jugeait silencieusement, mais sans rien argumenter pour ou contre ce qu’il venait de dire... une bonne chose, en soi. La petite hocha la tête, et remonta les marches 4 à 4, retournant probablement dans son lit ou à ses jouets, peut-être même livres … Le grand tueur, quant à lui, laissa la femme la suivre, alors que lui-même retournait à son fauteuil de cuir pour finir le thé qu’on lui avait servi un peu plus tôt.

*     *
*

La soirée était passée. Lexi, puis le propriétaire étaient rentrées plus ou moins en même temps. On avait préparé le repas du soir « pour les adultes » (l’heure étant déjà avancée, la petite avait mangé dans sa chambre avec sa mère un peu avant), et le ni-mort-ni-vivant avait fait la connaissance de l’homme de la maison. Pas en lui parlant : il était resté muet la majeure partie du repas, tentant d’apprécier une nourriture dont il savait que son corps détruit par la magie corruptrice de sa lame ne pourrait pas tirer le meilleur. Mais il avait entendu, et retenu la plupart des informations échangées au cours du repas. Comme suspecté, le couple était à la base citadin, mais ils avaient décidé de s’éloigner de la ville pour élever eux-mêmes leur enfant, le père retournant tout de même assurer son rôle de marchand dans la journée. Le spectre était le plus souvent présent sous la forme d’une femme assez jeune : elle parlait de façon cohérente, mais se contentait la plupart du temps de cracher des phrases parfois pleines de haine … Sans pourtant attaquer les nouveaux occupants directement. Ou du moins, pas de façon excessivement agressive. Répondant de façon souvent brève et sans détour aux questions qu’on lui posait, le marchemort laissa filtrer assez peu d’informations sur lui-même : il s’appelait Haïzen « fut un temps », était un élu débarqué seulement depuis quelques mois, et assurait aux natifs qu’ils ne tenaient pas particulièrement à en savoir plus que cela sur lui. La mise en garde sembla être entendue : personne ne chercha trop à approfondir le sujet.

Lorsque vint l’heure de dormir, le couple se rendit dans leur chambre habituelle, tandis que Lexi s’était vue attribuée une chambre face à celle de la petite, et que le mort-vivant … avait insisté pour rester au salon. Ayant peu besoin de se reposer, il préférait simplement monter la garde ici, quitte à passer une nuit blanche … s’installant, à vrai dire, à même le sol, il s’adossa à un des fauteuils, jambes repliées, coudes posés sur ses genoux. Son épée, dont le pommeau avait malheureusement de fortes chances de laisser une marque dans le parquet, était posée sur son épaule, la lame pointant en l’air … Même s’il ne voulait pas dormir, le tueur de masse était fatigué. Et ce n’était pas une question d’heure … ou l’était-ce ? Il avait l’impression que son organisme était forcé par le seau à se comporter, dans une certaine mesure, comme celui d’un être vivant « normal » … quelle mauvaise plaisanterie. Pourtant, alors qu’il restait là, à laisser les minutes, voir les heures s’écouler en attendant la moindre manifestation de l’au-delà … L’ennuie et le manque d’activité finirent par avoir raison de lui.

Il ne s’endormit pas. Pas réellement. Pouvait-on plutôt parler de transe ? Peut-être … tout ce qu’il savait, c’était qu’il était toujours dans la même position, à sentir le métal froid reposer sur son épaule, et à observer le coin de mur dans lequel était enchâssée la cheminée, où le feu était progressivement mort devant ses yeux. La lumière semblait diminuer … les ombres s’étendaient, recouvraient tout. Il ne bougeait pas le moins du monde, respirant simplement avec une lenteur presque effrayante … Jusqu’à l’entendre. Sa venue lui tira un soupire. Il ne s’agissait pas du fantôme qui habitait cette demeure contre le gré de ses propriétaires. Non … L’âme qui profitait de son état d’esprit aussi calme qu’un lac pour lui rendre cette petite visite était connue. Intimement, même … La première personne qu’il avait fauché avec son « buveur de souffrance », cet espadon qui depuis ne l’avait plus quitté. Sa propre sœur. Il n’eut pas besoin de tourner la tête vers elle pour connaître son apparence. Les couleurs avaient quitté son être, qui semblait plus formé de volutes de brumes organisées et bougeant d’un seul ensemble que d’un seul véritable corps. Ses formes, son visage jeune et doux, et sa longue chevelure aussi large et éclatante que celle du mort-vivant avaient été préservées. Elle était probablement pieds nus, vu le bruit qu’elle faisait … Lorsqu’elle contourna enfin le fauteuil pour le trouver, elle ne dit rien. Au contraire, silencieusement … elle préféra replier ses jambes, et s’installer à côté de lui … contre lui. Sentir sa tête, plus légère qu’une boule de coton, se poser sur son épaule ne provoqua aucune réaction chez lui. Il se contentait de continuer à fixer devant lui … aucun des deux ne semblait vouloir commencer la discussion. Pourtant, elle le connaissait … et contrairement à lui ... elle attendait simplement qu’il ne cède. Mais elle finit par perdre patience, peut-être.

Je trouve ça agréable …
Quoi donc ?
De te voir avec des amis.
Ce ne sont pas des amis. Juste des compagnons de route forcés. Ils n’ont que peu de considération pour moi.
Ce n’est pas la peine d’essayer de te draper dans ta dignité … je les entends, lorsqu’ils parlent dans ton esprit.
Le tueur ne répondit rien. Une caresse, plus délicate que la chute d’une feuille morte, vint longer un de ses bras décharnés. Voyant qu’il ne contestait pas, elle lâcha un léger soupire.
Je pensais que tu les rejetterais … Au début, tu étais resté très silencieux … mais avec le temps … tu as fini par commencer à les accepter, les aider … j’ai l’impression qu’ils te voient tous un peu comme un grand oncle, ou quelque chose de cet acabit …
Ils me voient comme un reflet flétri et décharné d’eux … de ce qu’ils pourraient devenir, dans un avenir lointain.
Peut-être est-ce toi qui te perçois ainsi ? De nouveau, aucune réponse ne vint s’opposer à sa question. En tout cas … c’est agréable de t’avoir pour moi seule … sans personne pour commenter. Je suppose qu’ils ne t’entendent pas, ici … pas plus que moi.
Ils ne t’apprécient pas énormément. Du moins, leurs versions de toi.
Je sais … mais je suppose que je suis la version de moi ayant payé le tribu le plus lourd … se résigner à te voir, jour après jour, continuer de t’enfoncer …
Je ne suis pas d’humeur, Sacrieur. Si tout ce que tu as à m’apporter est fait de reproches, tu peux retourner dans ta larme de sang.
Le spectre tourna la tête pour observer la garde de l’épée gigantesque, dans laquelle était enchâssée la pierre à laquelle venait de faire référence son aîné … avant de lâcher un petit soupire. J’espère juste qu’ils seront meilleurs que moi pour te venir en aide … mais tu devrais t’éveiller. Je pense que celle que tu es venue traquer est là.

Si l’on avait pu mesurer l’activité de son cerveau, il est probable qu’il n’y aurait eu aucune différence perceptible entre le moment avant, et après celui où le mort-vivant ouvrit les yeux, laissant voir ses pupilles d’opales brumeuses et saturées de magie. Et effectivement … Même si la femme assise à côté de lui s’était volatilisée, une autre sortait légèrement du mur, face à lui … Son incarnation était bien moins conservée, et bien moins poétique que celle de la sœur du marchemort. Aux yeux du guerrier millénaire, cela voulait dire que son âme n’en était que plus tourmentée, mal préservée … aucune magie corruptrice ne la bloquait ici. Mais il était possible que seules les choses les plus fortes en elle ait survécu … des mémoires cuisantes. Des réactions extrêmes. Les derniers sentiments qu’elle avait ressentis, si puissants qu’ils avaient défié la mort … Pourtant, le spectre ne semblait pas dénué d’intelligence. Levant une main transparente et famélique dont les doigts se terminaient presque en de longues griffes, elle pointa le rouquin, qui n’avait pas bougé. Sa voix éthérée était comme … Précédée par un écho. Quant au ton … on aurait dit celui d’une personne dont la gorge était endommagée.

él … loignes ça … éloignes ça d’ici.
Gardant toute sa composition, le marchemort se mit lentement à se relever en répondant. à quoi fais-tu référence ?
Cet objet maudis … Emportes le. Loin. Le rouquin fit un pas. VAS-T’EN !

Le guerrier plissa les yeux. Et subitement, le spectre sortit du mur, mais seulement pour « bondir », et traverser le plafond. Un cri retentit dans la maison entière, provenant cette fois d’une voix humaine. Le marchemort pesta entre ses dents alors qu’il s’engageait dans l’escalier pour monter à l’étage.
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MessageSujet: Re: Conflit de propriété   Ven 23 Mar - 17:43

Conflit de propriété

Haïzen et Lexi

La jeune femme était revenue à la maison de sa cliente du moment en même temps que le mari de cette dernière, lui avec sa charrette et ses revenus du jour, elle avec de lièvre de montagnes qu’elle ramenait pour le souper. Elle laissa à la dame de la maison le soin de préparer le repas, pendant qu’elle installait ses affaires dans la chambre d’amis qu’on lui prêtait. Elle descendit ensuite se mettre à table avec son acolyte et le couple de propriétaire. La discussion démarra doucement, ce qui permit à Lexi d’en apprendre plus sur le fantôme qu’elle venait chasser. Une jeune femme agressive et haineuse, qui ne semblait pas pour autant folle. Mais lorsque la conversation dévia sur son collègue, elle put enfin apprendre son nom : Haïzen. Effectivement, il n’avait pas daigné répondre lorsqu’elle même s’était présentée, et désormais elle avait au moins un nom par lequel l’appeler. Elle apprit également que c’était un élu fraîchement débarqué, mais il ne précisa pas sa nation. Était-il de Minshu ? Ou pas ? Elle ouvrit la bouche pour poser la question mais l’élu en question clôt le sujet en affirmant qu’il ne fallait pas en savoir plus sur lui. Tant pis, elle lui demanderait quand même, mais plus tard. De la même manière, les deux natifs n’insistèrent pas, et la conversation dévia naturellement sur la petite marchombre. Toujours recherchée dans Seika -enfin de ce qu’elle pensait - elle ignorait complètement si elle pouvait être arrêtée dans Minshu, recherchée, ou si au contraire ils seraient contents d’avoir une ennemie du phénix parmi eux. Dans le doute, elle opta pour une demi vérité générale. Elle confia être restée avec ses parents jusqu’à ses 17 ans et être partie sur un coup de tête, à la découverte de Kosaten. Elle avait dû cependant se débrouiller pour avoir de quoi partir et n’était donc sur les routes que depuis peu. Une voyageuse parmi tant d’autres en somme.
La jeune femme se rendait bien compte qu’elle savait trop peu de choses sur Kosaten, et que cela lui portait préjudice. Elle s’arrangea donc pour faire parler ses hôtes, de la situation géopolitique actuelle, des élus qui étaient mondialement connu, de ce qui se passait avec Tenshi. Concernant l’île volante, il semblait que le Dieu et une partie de sa nation soient corrompus, et que la République de Minshu soutenait ouvertement les rebelles de Reisha. Les Fuyujins et Seikajins, s’ils n’étaient pas officiellement alliés, cessaient de se taper dessus et semblaient peu participer à régler le problème “Tenshi”. En revanche, le temple de Fuyu avait récemment été frappé d’un “rayon rose qui venait de l’île volante”.
L’avantage de ces citadins débarqués fraîchement en montagnes : ils étaient encore assez au courant de ce qu’il se passait ici bas, et le marchand continuait d’être un peu informé.
La fin du dîner vint sans fait notoire, et chacun se souhaita bonne nuit. Lexi monta les escaliers, s’interrompit pour observer Haïzen un instant, qui s’installait dans le salon, à même le sol. Drôle de personnage, qui au départ l’avait intimidée, mais la fascinait toujours et l’emplissait de curiosité.

La jeune femme dormait paisiblement, lorsqu’un son étrange la réveilla doucement, comme un écho malsain, une intuition qui la poussait à se réveiller pour préserver sa vie. Une vieux réflexe de la voyageuse solitaire qu’elle était : un rien la réveillait. Doucement, elle s’assit sur le bord de son lit avant d’entendre la voix grave d’Haïzen qui venait du rez-de-chaussée. Une autre lui répondit, mais Lexi était trop loin pour la saisir, enfin jusqu’à ce que ce soit un hurlement.
VA T EN !
Ni une ni deux, elle enfila ses bottes de cuir et se rua vers la porte de sa chambre, l’ouvrit, et tomba nez à nez avec un spectre qui passa devant elle rapidement, avant de se rendre dans la chambre de Douchka, traversant le mur. Lexi elle, dut ouvrir la porte pour entrer, et au moment où sa main poussait le battant de bois, elle entendit un hurlement suraigu qui lui déchira les tympans. La petite fille venait de voir la fantôme, et ce dernier se ruait sur elle.
Court ! hurla l’apparition.
Et la petite fille apeurée aurait aimé courir, vraiment, elle aurait voulu se trouver à mille lieux de là, mais tétanisée, ses mains se crispèrent sur sa couette sous laquelle elle se cacha. La marchombre bondit en avant et se tint près de l’enfant, lui parlant calmemement.
C’est moi : la voyageuse,laisse toi faire.
Elle retira la couverture et prit la petite dans ses bras, pour la sortir de cette chambre, mais la porte se ferma d’un coup et une femme torturée apparut soudain.
Lâche la !
Un cadre vola vers le visage de Lexi qui dut se baisser pour l’éviter, et n’étant pas assez forte pour se redresser en portant un poids, elle n’eut d’autre choix que de mettre un genou à terre et remettre le poids en question sur ses pieds.
Reste derrière moi, souffla-t-elle sèchement, avant d’ajouter à voix haute d’un ton autoritaire : ça suffit !
Mais cette phrase ne fit que déclencher une autre névrose chez l’esprit qui hurla à nouveau.
Ca suffit ! Ca suffit ! Stop ! Assez !
Derrière Lexi, la petite pleurait et appelait ses parents, parents qui arrivèrent en courant pour prendre leur fille dans leurs bras. La première leur ordonna :
Descendez et restez en bas avec elle !
Lorsqu’elle vit que le spectre allait les suivre, elle ordonna à nouveau :
Reste là toi !
Mais décidément, s’être improvisé chasseuse de fantôme semblait être présomptueux et elle devait avoir un don pour dire ce qu’il ne fallait pas, puisque la réponse fut immédiatement et sitdente.
Non ! Non ! hurla l’intruse de cette maison, avant de reculer face à Lexi et de commencer à sangloter. N’approche pas ! N’approche pas !
Lorsque la femme fit traverser l’un de ses bras dans le mur, elle sembla se rappeler de son statut d’être immatériel et s’enfuit en passant dans le décor. Lexi se rua à sa suite et dévala l’escalier quatre à quatre pour rejoindre la petite famille qu’elle avait envoyé en bas. Elle y trouva le marchand serra dans ses bras sa fille, et tenant par la main sa femme, qui pleurait :
Je veux qu’on parte d’ici … Cette maison ne vaut pas le coup, je veux qu’on s’en aille, et qu’on retourne à Kansei, ou n’importe quel endroit sûr.
Lexi avança vers eux, paumes présentées en avant, voulant les calmer :
Ca va aller, Okey ? Tâchez de ne pas vous faire mal, ou d’éviter les deux trois objets volants, et on s’en occupe.
On s’en occupe, on s’en occupe… C’était bien mignon tout ça. Elle se tourna vers Haïzen, trouva enfin son regard et l’une fit une tête “une idée brillante” ? Il était les muscles, mais elle avait besoin qu’il soit le cerveau également. L’arrivée de l’âme torturée vint couper ce début de dialogue silencieux, puisqu’elle pénétra dans la pièce en traversant un mur - décidément c’était une manie. Elle s’avança rapidement vers le groupe, et Lexi eut le réflexe de se mettre en garde malgré l’inutilité d’un tel geste face à un esprit.


Dernière édition par Lexi Hil'Feyan le Mar 27 Mar - 20:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Conflit de propriété   Lun 26 Mar - 20:36

Au ton de la voix qu’il avait entendu, soit Lexi avait été attaqué, soit la petite. La femme avait dû, si ce n’était pas toujours le cas, fumer la pipe de façon régulière : sa gorge en avait progressivement été altérée et elle avait désormais un timbre légèrement rauque, qui n’avait nullement transparu ici. Et puis, il fallait se l’avouer … de toute façon, le ton de la personne ayant crié était trop haut pour un ou une quadragénaire. Lorsqu’il atteint le pallier cependant, toutes les portes des chambres étaient grandes ouvertes : celle des parents comme de l’enfant ou de Lexi. Pouvant difficilement déterminer vers où se rendre, il eut cependant le plaisir –tout à fait relatif- de voir les parents se diriger de façon pressée vers l’escalier, leur fille dans les bras. Les laissant passer à côté de lui en évitant de montrer trop ouvertement qu’il avait son épée à la main, le tueur se dirigea ensuite vers la chambre de la petite … Seulement pour voir le spectre pleurer, et ordonner qu’on la laisse en paix. Le guerrier antique plissa les yeux à cette requête, se demandant ce qui, chez Lexi, pouvait provoquer une telle réaction au spectre … avant de simplement se poser la question. Et si c’était lui, le problème ? Avant-même cependant que la question n’ait eu le temps de clairement se formuler dans son esprit, le spectre plongea dans le sol, disparaissant au salon une nouvelle fois.

Prenant la même initiative que la Marcheombre, et la précédant de peut-être 4 marches dans l’escalier, le rouquin parvint peu avant elle devant les propriétaires de la maison, qui s’étaient regroupés dans la salle principale. La peur leur donnait envie de fuir … il ne pouvait pas réellement les juger sur ce fait. Mais il préférait l’autre option : ils continuaient à vivre ici, lui et lexi les débarrassaient de cet esprit, et ils étaient tous les deux payés. Sauf qu’il n’avait aucune idée de comment chasser l’entité, pour le moment … encore que. Laissant la jeune femme tenter de rassurer les natifs, il se tourna vers un mur, un mauvais pressentiment au cœur ... lequel se confirma lorsque la banshee traversa le mur pour s’approcher une nouvelle fois du groupe d’un air menaçant. Lexi se mit en garde. Haïzen n’était pas certain de l’utilité du geste, mais il décida de faire de même, et brandit son énorme épée devant lui. A sa surprise, le geste eut un effet immédiat, et même si la spectre n’avait pas de pupilles à proprement parler, il aurait pu jurer que son regard s’était aussitôt figée sur la pointe de métal noir. « Souriant » presque, alors que le poids de son arme le forçait à placer une seconde main sur le manche pour pouvoir continuer à la tenir droite comme il le faisait actuellement, il s’avança d’un pas, faisant reculer la spectre d’une distance égale.

Lorsque tu me disais d’éloigner un objet maudit … Tu parlais de ma lame, n’est-ce pas ? L’absence totale de réponse de la spectre lui tira un soupire. Ils avançaient. C’était bien la seule chose qui le retenait de s’énerver face à ce silence. Je l’ai rarement testé sur les spectres … mais je gage qu’elle peut te tuer, en effet … Tu sais pourquoi nous sommes ici ? Un nouveau silence le fit légèrement grincer des dents, alors qu’il levait un instant les yeux au ciel, avant de faire un autre pas vers l’avant. Tu dois quitter cette maison, d’une façon ou d’une autre. Que ce soit parce que ton essence a été consumée, ou parce que tu es partie de toi-même, peu nous importe, mais je doute que ce soit le cas pour toi. Aides-nous, et nous t’aiderons en retour. Continue ainsi, et je te tuerais une seconde fois s’il le faut.

La phrase ne provoqua pas de réponse, mais la spectre sembla lever la tête. Le marchemort plissa les yeux … avant de réaliser quelque chose. Des larmes coulaient le long de ses joues. Et contrairement à tout le reste de son « incarnation », ces dernières avaient une couleur. Rouge sombre et brillant, tel du sang. Les larmes coulaient de ses yeux, mais le liquide ne faisait en fait qu’y passer … une plaie, au niveau de son front, laissait s’écouler le liquide vermeil. On l’avait frappé. Pas ici. Pas maintenant. Mais on l’avait fait. Cependant, quelque chose d’autre attira l’attention du rouquin, qui lui plut encore moins que ce qu’il venait de voir … D’autres traînées de sang. Mais ces dernières couraient, dans sa « robe » tout aussi diaphane que son être, au niveau de son entrejambe …



Ew … ça doit être une des preuves post-mortem de viol les plus dégoutantes que j’ai pu constater en direct de mon existence.



Pf, amateur.




Psychopathe.




L’homme … L’homme bête …
… L’homme bête ?
L’homme bête … Il est venu … ici … D’une griffe, le spectre pointa la porte d’entrée de la maison. Son ton s’était calmé au point que le marchemort aurait presque pu se relaxer … ne serait-ce qu’un peu. Presque. Il a frappé … contre ça. Son bras se décala vers un objet de la pièce … Une lourde horloge, dont le pendule oscillait de gauche à droite, indifférent à cette agitation.
Je me disais, aussi … que c’était étrange. Que seulement une partie de cette horloge ait été poncée et cirée de nouveau …
Pour effacer une trace de coup ? Chérie, ça n’a pas de sens … elle n’est pas brisée, elle fonctionne …
Le marchemort répondit sans quitter un instant le spectre des yeux, l’épée toujours levée. Ce n’était pas pour réparer quelque chose … juste pour dissimuler des traces de sang. C’est son front que « l’homme bête » a probablement frappé contre l’horloge … Mais de quoi s’agit-il ?
Un … fait divers de la région. Un homme vivait dans ces montagnes, il y a un certain temps … La plupart des gens le pensaient fou. Il chassait, venait parfois vendre du bois en ville … il n’était pas très intelligent. Mais un jour … On s’est aperçu qu’il avait enlevé, et violé plusieurs filles du village … A force de le voir toujours couvert de peaux de bêtes, les enfants l’avaient surnommé « l’homme bête ». Et c’est ainsi qu’on l’a retenu … il a été pendu, il y a de ça plusieurs mois maintenant.

Un silence de mort s’abattit sur la salle, tandis que le guerrier millénaire se redressait légèrement. La spectre n’avait pas bougé, semblait-il … au contraire, elle continuait d’observer les individus présents … Mais pourtant, au bout de quelques secondes, quelque chose paru changer pour elle. A moins que ce ne soit elle-même qui subissait une transformation … ? Bien qu’ils soient toujours formés de brume, ses traits semblèrent devenir plus nets, plus précis. Son visage famélique sembla reprendre des joues lisses et rondes, et lentement, sa silhouette décharnée s’épaississait, redevenait … naturelle. Humaine. Derrière lui, Haïzen entendit un « J-je … je vais ramener Douchka à l’étage … Elle est trop terrifiée … viens par-là mon cœur. ». Il ne commenta pas. La mère avait la voix plus tremblante de terreur que si elle avait eu un couteau sous la gorge … mais elle s’éloigna sans rien dire de plus, faisant grincer l’escalier en gravissant ses marches. Tous les vivants semblaient d’accord sur un point en tout cas : la fillette n’avait pas à être témoin de cette scène … la spectre, elle, continuait de sembler chaque instant plus humaine, sans se mouvoir. Lorsqu’il entendit une porte claquer, et fut donc sûr que sa femme et son enfant étaient en sécurité, le propriétaire se tourna vers le spectre, faisant un pas vers elle.

Tu m’as entendu, n’est-ce pas ? L’homme bête est mort. Tu as été vengée. Maintenant, cesses de nous hanter !
Je ne ferais pas cela si j’étais vous …
Je veux qu’elle nous laisse en paix ! Elle appartient au passé, comme son tueur ! Qu’elle se fasse à l’idée !

Dire à un homme épuisé et à bouts de nerfs moralement de cesser de s’énerver revenait à frapper une vague pour l’empêcher d’avancer. Ceci dit, l’idée de le frapper traversa l’esprit du rouquin, qui ne tenait pas à ce que le hurlement de désespoir d’un inconscient ne provoque la rage d’une entité éthérée … Mais l’idée ne semblait pas bonne non plus, et de toute manière, il n’eut pas le temps de le faire. Car avant même qu’il ait pu réagir plus avant, le tueur vit soudainement le spectre se laisser tomber vers l’avant, et brusquement se mettre à fondre sur eux. L’homme poussa un cri étranglé. Le ni-mort-ni-vivant laissa parler ses réflexes, et tenta de faucher horizontalement le spectre : il passa sous sa lame, et se jeta sur lui … Seulement pour le traverser, et percuter quelque chose derrière lui. Se retournant, il plissa les yeux en voyant le spectre, qui semblait se … renconstituer.

Je peux l’empêcher de prendre possession de toi … c’est déjà une bonne chose. Mais pas beaucoup plus … J’ai l’impression qu’elle a tellement souffert …

Entendre la voix de sa sœur une nouvelle fois dérouta plus le marchemort que pratiquement tout ce qui s’était passé ces deux ou trois dernières semaines … au moins. Pas parce qu’elle lui parlait : elle venait de le faire, quelques minutes plus tôt … mais il ne l’entendais pratiquement jamais, lorsqu’il se battait. La malédiction qu’il avait lui-même infligé à Sacrieur la forçait, à chaque fois qu’il volait de l’énergie vitale avec son espadon, à la faire transiter vers son corps pour le soigner, lui … Et lorsqu’il fauchait une âme … elle pouvait l’accompagner dans ses derniers instants, lui offrir quelques derniers mots avant son dernier voyage, même s’ils ne seraient jamais transmis. Qu’elle puisse le protéger, en revanche … Prendre possession de lui ? Tsss, cet esprit se faisait beaucoup trop téméraire. Pourtant, semblant peu affectée par son échec, elle se releva lentement, observant le guerrier. Une jeune femme, belle … rurale. C’était ce que criaient ses traits. Malgré la pâleur de son être, on pouvait presque distinguer des taches de rousseur. Levant de nouveau son épée, le tueur effectua une fente avec lorsque le spectre voulut s’approcher, qu’elle esquiva en se jetant sur le côté. Pivotant aussi bien l’espadon que tout son corps, il poussa un cri d’effort et de rage en cherchant à la trancher en deux … Elle glissa sous sa lame, qui percuta de plein fouet le mur de pierre, le faisant trembler sans forcer provoquer tant de dégâts que cela.



AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHH !!



Tu t’es cogné l’orteil contre un meuble imaginaire, que tu hurles comme ça ?




MAIS ON FRAPPE PAS LE FIL D’UNE LAME CONTRE UN MUR COMME CA ! MONSTRE. ASSASSIN.




Le marchemort ne releva pas, ici non plus, le commentaire du riffleur. Comme d’habitude, pouvait-on arguer … non sans raison. Mais le tueur à l’enveloppe charnelle quasi décédée n’avait pas le temps de discuter ses méthodes avec un fanatique maniaque et dépravé … surtout si c’était un autre lui-même. Cherchant une nouvelle fois à frapper le spectre en le voyant lui foncer dessus, elle ne fit cependant cette fois que lui passer à côté, lui laissant l’occasion de se retourner en brandissant son épée pour faucher … Lexi. C’était sur elle que le spectre s’était jeté. Et pour la première fois depuis qu’il était arrivé, le tueur dû chercher à retenir sa lame … ce qu’il fit avec une difficulté considérable, tout en la pivotant dans ses mains : il heurta l’élue, mais seulement du plat de l’arme. Le corps frêle fut bousculé sur le côté, mais il ne lui brisa rien … Connaissant la lourdeur du Draak'nor, c’était presque une prouesse. La jeune femme n’émit aucun cri, aucune plainte … et le rouquin comprit très, trop rapidement pourquoi. Un de ses yeux avait gardé sa couleur naturelle … mais l’autre avait changé. Il était d’un de ces bleus pâles, qu’on distinguait parfois sur les pupilles d’un aveugle … ou d’un cadavre. Son teint, du côté de cet œil d’ailleurs, avait changé, devenant plus pâle, la peau claire laissant ressortir ses veines de façon trop nette. Lorsque la jeune femme se redressa, son œil se mit à pleurer … larmes de sang, bien sûr. Ce cliché morbide ne plaisait pas le moins du monde au marchemort … mais si l’entité prenait la voyageuse comme otage, il ne pouvait pas vraiment la tuer à travers elle. Enfin … ça méritait d’être essayé. Mais ce n’était pas à faire.

… Tu as gagné. Et ensuite ?
Comment ça, « elle a gagnée » ? Faites quelque chose !
Silence. Si vous vous étiez tu, je suis pratiquement certain que nous n’en serions pas là. Quant à toi … si tu laisses la moindre séquelle à cette jeune femme, morte ou pas, je t’assure que tu le regretteras.

Le propriétaire ne sembla rien trouver à répondre à cela, alors que le spectre, via le corps de Lexi, se mettait à marcher d’un pas légèrement déhanché dans la demeure, se mettant visiblement en route vers une direction bien précise. Il ne lui fallut que quelques instants pour atteindre sa destination … De l’autre côté de l’escalier de bois menant à l’étage, se trouvait une simple porte de bois, qu’un loquet ne fermait même pas … L’accès à la cave. « Lexi » ouvrit la porte sans plus de cérémonie, et s’engagea le long des marches de bois ancien, qui grincèrent sous ses pas. Le marchemort, en s’engageant à sa suite, dû saluer la prouesse de ne pas hésiter un instant dans une obscurité pareille : l’escalier était très raide, et fait pour être monté … Mais les marches, lorsque le pied pointait vers le bas de l’escalier, devenaient à peine assez large pour qu’on puisse s’appuyer dessus sans glisser et chuter. Il y en avait 14 exactement, au terme desquelles le semblant de chevalier décrépit posa sa botte sur … de la pierre ? le sol était pavé, dans cette cave … Cette dernière n’était pas bien grande, mais c’était sans surprise, même pour une maison de cette taille. Marchant dans l’endroit sombre et poussiéreux, le tueur suivit la jeune femme sur quelques pas … Jusqu’à ce qu’elle ne s’arrête, et ne tourne la tête vers lui, l’observant par-dessus son épaule.

C’était ici …, lâcha-t-elle d’une voix qui mélangeait celle de Lexi, et celle du spectre. Ici que ça s’est terminé.

Puis, comme une chemise qu’un homme laisserait glisser le long de ses bras, le spectre abandonna le corps de la jeune femme, le laissant tomber derrière elle. La récupérant dans ses bras alors qu’elle chutait, le guerrier poussa un grognement, mais l’observa … son visage ne gardait pas de séquelles. Juste quelques traces de sang séché. Le spectre fit un pas ou deux de plus … mais finit par se retourner, et pointer le sol du doigt. Allongeant la jeune femme à terre, le guerrier se tourna vers le propriétaire, haussant le ton.

Apportez une lampe à huile, une torche … quelque chose.Après quelques instants de réflexion, il soupira. ainsi que des sels, et … de l’encens, si vous en avez. Lexi ? Tu m’entends ? Lui tapotant avec douceur la joue pour la faire revenir à elle-même, il leva un instant les yeux vers le spectre, qui flottait là, imperturbable … Avant de revenir à la voyageuse. Allez ma grande … tu m’avais l’air plus coriace que ça, tout de même … Et je crois qu’on touche au bout de notre exorcisme.
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MessageSujet: Re: Conflit de propriété   Mar 27 Mar - 18:28

Info correcteur:
 

Conflit de propriété

Haïzen et Lexi

La jeune femme tâchait de maîtriser la situation mais n’en menait pas large. Cependant, lorsque l’homme à ses côtés leva sa lame devant lui, cela eut un effet non négligeable sur le spectre et il commença donc à lui parler. Lexi fut soulagée, et sentit un poids quitter ses frêles épaules : ils avaient enfin un début de piste. Elle continua de gérer la petite famille terrorisée pour qu’Haïzen s'occupe de l’esprit. Elle se tourna vers ce dernier, avant de l’observer, stupéfaite. Du sang s’écoulait d’une plaie sur le front, mais également entre ses jambes, tâchant le semblant de robe qu’elle portait. Des marques témoins de la violence du coup qu’elle avait subi, mais également du viol qui avait suivit. Lexi se tourna immédiatement vers la petite fille et se baissa à sa hauteur pour lui cacher les yeux dans son épaule et ses cheveux, pendant que les explications commençaient. Elle murmurait à la petite Douchka pour la garder concentrée sur sa propre voix, et non sur celles des adultes irresponsables autour d’elle. Elle lui murmurait des paroles rassurantes et alors qu’elle en avait assez qu’on inflige tant à cette pauvre enfant, elle se releva, prête à sermonner les deux parents, lorsque la dame de la maisonnée, tremblant et terrifiée, pretexta la peur de la petite fille pour monter avec elle à l’étage. Enfin, cela avait l’avantage d’éloigner la gamine de ce lieu glauque et de cette ambiance sinistre. Lexi comprit cependant bien vite pourquoi la femme avait quitté les lieux : le spectre gagnait en intensité, comme si sa chair venait l’incarner à nouveau, lentement mais sûrement. Elle laissa sa respiration s’échapper de ses poumons le plus doucement possible, comme si briser le silence morbide était un sacrilège. Et c’est pourtant ce que le marchand fit.

Il s’approcha du spectre, avec violence et haine, pour l’apostropher. Haïzen tenta de le raisonner, mais l’homme n’était pas assez sage pour s’en tenir là, la fatigue et la colère le poussèrent à la faute. Il provoqua feu la jeune femme qui fondit sur lui et le combattant. Lexi fit jouer ses réflexes pour écarter l’homme de la trajectoire sans s’y mettre à sa place, et l’esprit fondit sur Haïzen. Il l’avait traversé, mais cela ne semblait pas avoir été son plan initial, car il avait plutôt agit comme s’il souhaitait … entrer dans son corps. Comprenant cela, la petite marchombre retourna aux côtés du père de famille, prête à la pousser, s’interposer s’il fallait… Elle tenta de se faire garde du corps. Certes elle n’en avait pas la carrure, mais qu’est-ce que cela changeait face à un esprit. Cependant, elle en oublia sa propre sécurité, et dans l’urgence de la situation, ses sens l’avaient trahit. Elle ne put que sentir un être s’incruster en elle, venir tenter de déloger son âme… Elle résista mille ans, ou une seconde. Peu importe, le coup qui suivit et projeta la jeune femme sur le côté se chargea de briser le peu de résistance qu’elle avait pu opposer à la défunte.

Elle sombra.


* * *


Ce n’est pas toujours ce que l’on croit. Ce n’est pas comme si on était coincé dans un siège à un regarder un film sous ses yeux, tout en sachant que c’est son corps qui agit, indépendamment de soit. Ce n’était pas comme avoir une extinction de voix, et que peu importe à quel point on veut s’exprimer, personne ne nous entend.

Non, ça a commencé par une lutte. Une lutte pour la liberté. Et je chéris ma liberté. Même enchaînée, même privée de mes pouvoirs à cause d’un sceau, je suis marchombre. J’ai réfléchis, avancé, progressé. Je suis marchombre. Je suis libre.

Et si l’on cherche à me voler jusqu’à l’infime parcelle de liberté, l’ultime parcelle qui réside dans mon esprit, je lutterai. Et je lutte. Je lutte pour ne pas être effacée. Je lutte contre cet être, car je sais qu’il prend ma place, et il ne peut y avoir assez pour nous deux. Pourtant, chaque fois que farouchement je m’approche de son esprit, que j’arrive à percer ses failles, ce n’est que pour être engloutie sous une mer de sentiments qui ne m’appartiennent pas, et dans lesquelles je me nois, et je coule, jusqu’à ce que mon âme commence à se perdre dans les abysses inconnues où je me perds. Je me perds. Et perds la lutte. Avant qu’un regain d’envie, de force et de volonté, ne me pousse à recommencer. Et je reviens, reviens vers cette intruse qui est en train de m’effacer de ce monde, de ce monde qui n’est pas l’Imagination, ni Gwendalavir ou encore Kosaten. Ce monde où je vais cesser d’exister si je lâche prise. Alors je reviens vers elle, parce que peu importe à quel point je la hais de me faire ça, je dois le faire, m’approcher d’elle. D’elle qui tient les rênes.

Et ça recommence. Je sens une peur discrète d’abord. Ténue, comme si j’étais un peu parano et que je tentais de me convaincre que ça allait. Puis c’est la terreur, je comprends que j’avais raison, même si je ne sais pas à quel sujet. Que va-t-il m’arriver ? J’ai peur, tellement peur. Mais lorsque le calme revient, une touche d’espoir vient m’enlacer. Une éternité. Une fragment d’instant. Puis c’est la terreur, la vrai, c’est qui tord les entrailles, qui réveille un instinct de survie. Je veux vivre, vivre, vivre. S’en suit la douleur, encore supportable mais qui fait vaciller mes pensées. On m’a éclaté le crâne sur une surface plus dur que moi. Mon crâne qui ne m'appartient plus.

Stop Stop Stop. Je suis Lexi Hil’Feyan, et Lexi a beau avoir pris des vraies raclées, jamais mon front n’a été cogné si violemment contre une surface. Ce n’est pas à moi tout ça. C’est elle. C’est elle. Il faut que ça s’arrête. Mais si ça s’arrête, alors j’abandonne, et si j’abandonne, adieu ma liberté. Alors je reste. Mon corps a mal, même si je sais que ce n’est pas moi. Ce n’est pas maintenant. Qu’est-ce que ça veut dire ‘maintenant’ après tout?. Et soudain, les hématomes, les coups et les bosses, tout ça ne compte plus.

Le nom du monde est souffrance.

Je n’avais pas tenu jusqu’ici. J’avais bien fait. C’est douloureux et humiliant. Plus que douloureux. Pourquoi ? Pourquoi ? Je veux que ça s’arrête. Ce n’est pas moi qui subit ça, et ce n’est pas moi qui avait pensé sur le moment “STOP”, pourtant c’est aussi ce que je veux, moi, maintenant. Que ça s’arrête. Je ne veux pas de ce sentiment d'être sale et souillée.

Le nom du monde est souffrance. Et ce n’est pas mon monde. Il me suffit de partir…


* * *


Un petit corps mince et musclé s’écroula comme si ce n’était qu’une poupée de chiffon. Il tomba comme si on avait coupé les ficelles qui jouaient avec lui jusque là, comme une marionnette sans marionnettiste. Puis Lexi ouvrit les yeux, tout doucement. Elle ne comprenait pas. Pourquoi existait-elle encore ? Elle avait abandonné, elle ne voulait pas revenir lutter contre la femme qui avait souffert. Prise de panique à l’idée de devoir recommencer, elle se recroquevilla, posa ses mains sur ses tempes. Ses mains ? Elle avait pu les sentir contre sa peau. Sentir. Elle était revenu ? Impossible ! Elle avait choisi de sombrer, elle coulait tout doucement encore quelques instants auparavant.

Sa vision se fit peu à peu plus nette, et elle entrevit un visage basané penché sur elle, ses lèvres sèches articulant des mots qu'elle ne comprenait pas. Doucement le son parvint à elle tandis qu’elle reprenait connaissance avec lenteur, cependant elle restait vaseuse et déboussolée par ce qu'elle avait vécu.
Où… où est elle? Si tu savais… si tu savais… il faut l'aider. Pas la chasser mais l'aider… c'était tellement … tellement… Par Merwyn comment… comment peut-on ? Je voulais revenir. Je voulais revenir. Mais je ne pouvais pas… pas la traverser, c'était trop, elle a trop...
Lexi, aussi forte et indépendante qu'elle voulait être et paraître, n'arrivait pas à aligner une pensée cohérente et commença à sentir sa gorge se nouer, ses yeux devenir humides. Elle voulut se relever, chancela. Il fallait qu'elle se concentre sur sa respiration. Inspirer. Expirer. Reprendre le contrôle.
Après un moment, elle se sentit à peu près stable et se détacha quelque peu d’Haïzen et se tint droite, voulant se montrer solide. La jeune femme renifla et leva les yeux vers le spectre.
Il faut trouver son corps. Laver cette humiliation par le moins que l'on puisse faire. Un enterrement convenable et digne de ce nom. Si il faut, aller jusqu'à l'enterrer dans des habits qui n'ont pas été déchirés par ce monstre.
Elle déglutit avec difficulté. Un étrange sentiment lui nouait l'estomac vis à vis de celle qui l'avait possédée. Elle la haïssait et la prenait en pitié à la fois.


Dernière édition par Lexi Hil'Feyan le Mer 4 Avr - 20:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Conflit de propriété   Mer 4 Avr - 13:38

Elle tremblait dans ses bras trop maigres. Et le marchemort n’y pouvait rien. Il ne savait pas ce que venait de vivre la jeune femme : il ne pouvait que le supposer … à peine. Rares étaient les spectres qui avaient tenté de le posséder, et aucun n’avait réussi … il ne pouvait donc qu’émettre des théories sur ce qui se passait lorsqu’un autre esprit, différent de celui d’origine, prenait le contrôle du corps d’une personne. Mais quoi que fut son expérience, il était avéré que cette dernière l’avait profondément secoué … il suffisait d’écouter son débit de parole, saccadé et imprécis, ou la teneur des propos qu’elle tenait, encore trop plongés dans son propre point de vue, dans sa propre réalité déformée et vraisemblablement terrifiante, pour savoir qu’elle n’allait pas bien. Heureusement, ils disposaient d’un luxe rare … du temps pour récupérer. Au début, le guerrier antique avait cru que le spectre se renforçait, lorsqu’on lui avait annoncé qu’elle avait été vengée sans le savoir … mais avec le recul, il y avait probablement plus que cela. Après la mort, seules survivaient les émotions et les souvenirs les plus douloureux, la violence des derniers instants, les pensées que l’esprit hurle une, dix, mille fois en l’espace d’une seconde … S’il n’y avait que cela qui restait, l’incarnation était mince. Maigre, même, comparée à l’être d’origine. Mais maintenant …

Là. Du calme. Ménage encore un peu tes forces … S’assurant qu’elle ne retomberait pas lors de sa première tentative pour se relever, il plissa les yeux à ses paroles, mais ne laissa pas entendre ce qui l’avait troublé. Nous allons l’aider, ne t’en fais pas … et chaque chose en son temps. Même si pour le premier élément que tu as mentionné … je pense qu’il n’y a pas besoin de plus.

Laissant derrière lui la jeune femme lorsqu’il fut à peu près certain qu’elle était redevenue au moins à 80% autonome, le guerrier immortel s’agenouilla devant la spectre … Pas en signe de fidélité ou quelque chose du genre, mais pour glisser ses doigts entre les pavés dis-jointifs du sol. En temps normal, recouvrir le sol de pierre d’une façon aussi peu organisée et esthétique pouvait vouloir dire que l’endroit servirait d’étable où rentrer les vaches, la nuit ou en hivers. Mais ici, le travail était bâclé. Si vache il avait pu y avoir, elles auraient mis quelques semaines, peut-être même jours à mettre sens-dessus dessous cet arrangement impropre de pavés à peine taillés, jetés les uns à côté des autres sans la moindre considération. Ce qui rendait d’autant plus aisée la tâche de les soulever pour les jeter derrière de façon négligente, découvrant la terre qui se trouvait dessous. Si cette dernière n’était pas retournée fraichement, elle n’était pour autant pas du tout aussi tassée qu’elle aurait dû l’être… ce qui concordait avec l’hypothèse du rouquin défraîchi. Plongeant directement ses gantelets métalliques dans le sol, il se mit à retirer de la terre en silence, creusant sans prêter attention à l’idée qu’il irait plus vite avec un outil. Il ne lui fallut que quelques dizaines de secondes pour atteindre ce à quoi il pensait, mais une bonne demi-douzaine de minutes pour excaver totalement ce qu’il voulait …

C’était … grand. Ou en tout cas, de taille humaine. Fin. Recouvert d’un tissus qui, fut une époque, avait sûrement été blanc ou gris clair. Emmailloté dans ce dernier de façon quelque peu hâtive, mais pourtant, respectueuse : il y avait plusieurs couches de tissus, chacune plus propre que celle se trouvant au-dessus. Lorsqu’il eut fini d’ouvrir la dernière couche avec la même expression froide et fermée que d’habitude, le marchemort se recula un peu, s’asseyant sur ses genoux. Un cadavre, plus momifié que pourri. Certaines parties de son corps avaient séché à un point très avancé, mais pas suffisant pour totalement dénaturer le visage de jeune femme, encadré par des cheveux blonds. Ironiquement, sa maigreur squelettique et son teint de peau tannée par le temps lui donnaient une certaine ressemblance avec le guerrier. Ce dernier ne prononça pas un mot, et se saisit simplement de l’encens, ainsi que d’un pavé bosselé, légèrement creux. Prenant également la lampe à huile, il retira le couvercle de verre de cette dernière, et déchira une bande d’encens pour l’allumer sur la flamme paisible et régulière. Posant la bande sur le pavé après avoir soufflé dessus, il soupira … Lâchant sans se retourner.

Je vais prier. Si vous voulez vous joindre silencieusement à moi, vous pouvez. Sinon, je pense qu’un peu de calme et de tranquillité serait appréciée … sans spectateurs.

Il y eu une ou deux petites secondes de pause … Puis, en silence, le propriétaire s’éloigna, et remonta l’escalier. Lorsque le grincement des marches cessa d’être audible, le tueur immortel lâcha un long soupire … Il s’apprêtait à faire l’antithèse de ce qu’il avait eu l’habitude de faire durant tant de siècles. Aider un mort troublé à trouver la paix … alors que d’habitude … il se contentait d’offrir, en temps de trouble, la mort à des vivants. Mais ce n’était pas le moment de se défiler … et honnêtement, il ne se sentait pas le courage d’aller en ville chercher un prêtre. Défaisant sa cape pour la poser à terre, avec son épée dessus, il se remit à genoux, et inspira profondément à plusieurs reprises. C’était tant destiné à l’aider à récupérer de l’effort qu’il avait fait en creusant, que pour retrouver un calme et un état d’esprit placide … sans parler de se remémorer ce qu’il allait dire. Il n’avait jamais fait partie des ordres, ces derniers le voyant comme une abomination – un point de vue d’ailleurs réciproque – n’auraient jamais accepté qu’il en fasse partie. Mais la foi et l’appartenance à un culte sont deux choses bien distinctes … et le guerrier le savait très bien. Lentement, il leva une main à plat devant lui, mimiquant un salut traditionnel, et souffla par le nez en levant le regard vers la spectre.

Je m’excuse par avance si je ne fais pas référence aux mêmes dieux que ceux que tu connais … mais j’espère que leurs équivalents, pour ici, sauront m’entendre. Fermant les pupilles, et prenant un ton plus grave, solennel, il déglutit lentement, avant de rompre une nouvelle fois le silence. Âme égarée dans les plaines, être lâché dans le voyage de la vie … sache que ton cycle renoue avec ses origines.
Que mortem t’accueille en son royaume, libéré de tes sens, de tes devoirs, de tes besoins. Puisse ton âme être lavée de ses souillures comme de ses perfections, afin de se voir restituée sa pureté première.
Ceux que tu quittes ne te pleureront que pour un temps, car si la fin de ton existence n’entraîne pas les leurs, ils savent qu’ils partiront à leur tour, comme tous ceux qui les ont précédés, et comme tous ceux qui les suivrons.
Ne quittes pas ces terres avec regret, car bien assez tôt tu les retrouveras. Ne pleures pas tes rêves déçus, réjouis-toi de ceux réalisés. Ne crains pas d’être séparé de ceux dont ton cœur est le plus proche, car bientôt ton âme les recroisera.
N’ai pas peur de la mort … car par le pouvoir du cycle, sous peu elle deviendra de nouveau vie.
Rouvrant finalement les yeux, le guerrier releva un genoux, s’appuyant dessus. Comme au crépuscule succède l’aube, au trépas succède la naissance … et inversement. Pars en paix … car ce n’est pas pour toujours.

Un instant, le tueur millénaire eut l’impression que sa prière n’avait pas marché … mais un instant, seulement. Car au bout de quelques instants, il réalisa quelque chose … la silhouette de la fantôme se désagrégeait. Non pas comme une statue, qui s’effrite lentement puis s’écroule … mais comme la proie d’un feu, dont des particules incandescentes se détachent pour s’élever dans le ciel. Lentement, cette fine poussière semblait s’envoler, traversant le plafond de la salle, voltigeant dans les airs pendant quelques temps avant de totalement disparaître … Alors que la fantôme, sur le visage duquel de nouvelles larmes avaient roulé, souriait. Malgré sa condition, elle semblait resplendissante … la beauté dont elle disposait déjà de son vivant avait peut-être été sublimé, pour cet ultime instant. Posant les yeux sur le marchemort, elle se contenta de murmurer, même s’il l’entendit avec une précision cristalline.

Merci … Se tournant ensuite vers Lexi, son expression sembla se teinter légèrement de peine. Merci … et désolé. Fermant les paupières, elle laissa finalement son visage se relever légèrement, alors que le processus s’accélérait, et que son corps partait de plus en plus vite en fumée, disparaissant à vue d’œil. Et adieu …
Le marchemort garda plusieurs secondes le silence, se relevant totalement. Il se sentait affreusement léger, sans cape et sans arme … qu’importe. Lorsqu’il n’y eut plus que la tête de la spectre de visible cependant, il prit la peine de lui répondre. Au revoir.

Il ne restait plus qu’une moitié de visage à la spectre, dont l’œil regardait déjà bien plus loin que ce que pouvaient percevoir les mortels … pourtant, il aurait juré qu’elle le tournait vers lui, pour sa dernière seconde, et lui offrit un petit sourire, avant de totalement se volatiliser. Quelques restes de poudre luminescente continuèrent d’illuminer la cave, mais plutôt que de foncer vers le ciel, elles chutèrent lentement jusqu’au corps, tombant dessus pour disparaître. Puis, subitement … tout s’éteint, y compris la lampe à huile. Le guerrier ni mort, ni vivant resta stoïque pendant quelques instants, avant de lâcher un soupire.

Nous lui offrirons une sépulture décente demain matin. Je ne sais pas si tu parviendras à dormir, mais se recoucher me paraît une bonne option. Se penchant, il tâtonna sur le sol quelques instants, jusqu’à retrouver ses effets personnels, et la lampe, même si elle n’éclairait plus. Passe devant pour sortir … je serais derrière toi, au cas où.

Il signifiait « au cas où tu rate une marche », à l’origine … Mais au final … tournant son regard vers l’endroit où devait se trouver le corps momifié, il laissa ses pensées courir … non. Au final, rien du tout. Se fiant aux pas de la jeune femme pour savoir lorsqu’elle se déplacerait et où elle se trouvait, l’hybride basané lui emboita le pas, une légère fatigue embrumant son esprit … Mais alors que la jeune élue commençait à monter les escaliers, il eut un petit ricannement.

je te laisserais parler à nos clients.
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MessageSujet: Re: Conflit de propriété   Mer 4 Avr - 20:35

Conflits de Propriété

Haïzen et Lexi

Lexi fut soulagée de voir qu’Haïzen prenait les choses en main, elle s’éloigna donc et appuya son dos contre un mur, et profitant que l’attention se détourne d’elle pour reprendre une respiration profonde et tenter de vider son esprit. L’homme déterra le cadavre momifiée de la victime. Il annonça qu’il comptait prier, et le propriétaire de la maison se retira donc, sous le regard sévère de Lexi. Elle n’était pas censée le juger, mais elle ne pouvait s’en empêcher. Oui il avait eu peur pour lui et sa famille, oui cette histoire avait nuit à son travail, à sa vie en général, lui avait apporté moultes problèmes. Mais qu’étaient ces problèmes comparés à ce qu’ “elle” avait vécu ? Ne compatissait-il donc pas avec la défunte qui avait vécu une fin si terrible ? Elle ne dit rien, mais n’en pensa pas moins.

Elle avait peu assisté à des éloges funèbres en Gwendalavir, mais de ce qu’elle en avait retenu, c’était pour les vivants. C’étaient des discours préparés avec soin, pour ne pas entacher la mémoire du défunt : non pas que ce dernier s’en soucie, mais parce que les gens n’ont pas besoin de se rappeler le mauvais côté de l’être qui s’en est allé. Alors, on le louangeait, on racontait des anecdotes heureuses. C’est pour cela que les mots d’Haïzen ne sonnèrent pas, aux oreilles de  Lexi, comme un éloge funèbre. Il s’adressait au spectre directement. Evidemment, il parlait de choses auxquels elle ne croyait pas forcément, mais qu’importe, il la laissait partir sereine.

Lentement, sans un bruit, la silhouette de fantôme s’effaça. Elle se désagrégait doucement, mais eut le temps de se tourner vers les deux élus pour chuchoter un remerciement… ainsi que des excuses plus directement adressées à la petite marchombre. Alors que cette dernière sentait ses épaules se dénouer, pendant qu’elle regardait disparaître la jeune femme, toutes les lumière s’éteignirent, et elle serra les dents. Cependant cela ne sembla pas déranger son associé qui programma l’enterrement au lendemain et la laissa passer devant dans les escaliers. Une main appuyée contre la paroi, elle remonta ses derniers dans le noir avant d’ouvrir la porte qui donnait sur l’intérieur du rez-de-chaussée.

Éreintée, elle ne réagit à la remarque d’Haïzen que d’un haussement d’épaule suivi d’un “demain” murmuré. Et comme conseillé par ce dernier, elle monta se recoucher. Et contrairement à ce qu’elle pensait, le sommeil vint la frapper comme une massue.

Le corps de Lexi se met à trembler sous la couverture. Elle semble avoir de léger spasmes, et certaines fois elle se retourne complètement sur le lit, change de place, de direction, de position. De quelques coups de pied, elle jette les draps au bout du matelas et se met à murmurer quelques mots indistincts. Quelques gouttes de sueurs perlaient son front, mais aussi son dos, le creux de ses genoux, et elle commençait à haleter. Elle se recroquevilla enfin, avant de se réveiller difficilement.

Doucement elle reprit sa respiration, s’étira. Il fallait qu’elle retrouve le calme, et la sérénité, ce que lui amenait presque toujours la gestuelle marchombre : ce pourquoi elle décida de la pratiquer au beau milieu de la nuit. Ses gestes étaient lents, fluides et harmonieux, pourtant ses pensées étaient chaotiques, son âme perturbée, et son équilibre chamboulé. Elle ne parvint pas à retrouver l’état auquel elle accédait habituellement avec ces mouvements que lui avaient enseignés Jalaab, et elle sentait que son corps ne se détendait pas, que ses muscles restaient noués sous sa peau claire. Elle soupira, et descendit en chaussettes les escaliers, sans faire une bruit.

Elle ignorait si Haïzen avait perçu sa présence ou s’il ne dormait déjà plus, pourtant ses yeux étaient ouverts lorsqu’elle le rejoint. Elle ignorait qu’il avait commencé la nuit d’une manière similaire, aussi fut-elle surprise de la voir assis sur le sol, le dos contre un fauteuil. Elle vint s’installer à côté de lui sans un mot d’abord. Un marchombre chérissait sa liberté et sa solitude. Mais puisqu’il était libre, la solitude n’était pas une règle en soit et en cet instant, Lexi avait besoin d’une présence. Elle resta là un long moment, sans parler, calant simplement sa respiration sur celle de son voisin. L’expérience qu’elle avait vécue n’était pas anodine, pourtant elle espérait que les effets passeraient, que bientôt, ce ne serait qu’un mauvais souvenir. Un très mauvaise souvenir, dont les couleurs devaient s’effacer petit à petit pour l’oublier dès qu’elle pourrait.

Bien que le silence n’avait pas pour habitude de la déranger, ou de la gêner, elle prit conscience qu’il laissait ses pensées divaguer, et graviter autour de l’évènement le plus marquant de la soirée. Elle se tourna donc vers Haïzen pour lui poser une question :
Les mots que tu as prononcés… Ce sont ceux que l’on dit dans ton monde ?
C’était une question très banale, à laquelle il répondrait sûrement simplement oui, mais c’était davantage une invitation déguisée à parler. De lui, de son monde. Peu importe, mais elle voulait l’écouter. Il y avait d’ailleurs plusieurs raisons à ça : d’abord se changer les idées, mais également étancher sa curiosité qu’il avait déclenchée dès leur rencontre, et que les évènements avait simplement voilée.
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MessageSujet: Re: Conflit de propriété   Mar 10 Avr - 21:35

La marchombre semblait proprement épuisée. Et lorsqu’on y réfléchissait, voir son enveloppe charnelle possédée par un résidu d’émotions si violent et malsain qu’il permettait de braver même la mort ne devait pas être une expérience … plaisante. Bah. Si une simple nuit de sommeil parvenait à la requinquer, c’était tant mieux … mais pour des raisons diverses, parmi lesquelles ce qu’on pouvait appeler « deux sous de bon sens », le mort-vivant n’y croyait pas vraiment. Il la laissa cependant regagner sa chambre pour la nuit, et discuta quelques instants avec le propriétaire, resté au salon : lui assurant que tout était de nouveau sous contrôle, il l’informa du besoin d’enterrer de façon convenable la jeune femme. Le père de famille s’engagea à se lever tôt le lendemain, et à aller quérir un prêtre pour conduire une petite cérémonie. Le rouquin donna son approbation, avant de le regarder remonter dans sa chambre, à son tour … Puis, il reprit la place qu’il occupait avant que cette confrontation ne commence : assit par terre, dos à un fauteuil, face à la cheminée. Et le premier constat qu’il fit en s’installant fut simple : lui aussi, ses muscles étaient fourbus. Il n’avait, en soit, fait qu’agiter un peu son épée, sans réel combat avec la défunte … mais son épée était lourde. Trop pour un être normal. Et à l’heure actuelle, trop pour lui. Sans parler de la durée pendant laquelle ses muscles étaient restés crispés … mais étrangement, souffrir d’effets secondaires du stress lui faisait du bien. Il en avait totalement perdu l’habitude … et retrouver ce genre de petits désagréments le faisait se sentir plus … vivant. Et il ne dépréciait pas forcément l’idée, même si avoir des courbatures n’était pas du tout un objectif qu’il prévoyait de se fixer régulièrement.



Tout de même, l’un dans l’autre … C’est plutôt une bonne chose que tu te sois chargé de cette affaire je trouve, Marchemort. Tu n’as pas paniqué, tu donnais vraiment l’impression de savoir faire tout ce que tu faisais … Tu n’as pas terrifié l’autre petite blonde, et on va même s’en sortir en étant payés pour avoir réussi la tâche confiée. Imaginez si ça avait été le riffleur à sa place …


Je plaide coupable, si ça avait été moi, le spectre aurait triplé de volume. M’enfin pour ma défense, mon boulot justement c’était de provoquer le plus de souffrance possible chez mes … « sujets de travail » avant qu’ils ne rendent leur dernier souffle. Et accessoirement, il ne nous arrive rien, à nous, quand on meurt … On meurt. C’est tout. Pourquoi faire un truc compliqué …





Le tueur de masse aurait volontiers entretenu la discussion … quoi qu’en réalité, pas besoin de se trouver une excuse : non, il n’avait pas envie de parler à ses autres lui-même. Le commentaire de la lame brisé était sympathique sans pour autant lui alléger le moins du monde l’humeur, et le riffleur avait tendance à se montrer trop … « brut » dans sa façon d’être et d’agir pour que les débats philosophiques avec lui soient réellement intéressants. C’était quelque peu sans regret, dans le fond … De toute manière, ce n’était pas comme s’il avait réellement besoin de leur répondre : ils discutaient déjà entres eux dans son esprit, dans une partie reculée de sa conscience à laquelle il pouvait prêter attention … s’il en avait le désir. Préférant au contraire profiter tranquillement de la solitude et du calme revenu de cette nuit, il inspira profondément, puis relâcha tout l’air dans ses poumons asséchés sans faire de bruit. Il n’utilisait pas ce temps pour se consacrer à ses réflexions, qu’il savait morbides et stériles : au contraire, il cherchait juste à apaiser son esprit, l’aider à cesser de penser … Se concentrer sur sa détente, en quelques sortes. Et pour cela, le silence était un bien des plus précieux …

Pourtant, ce fut grâce à ce même silence qu’il entendit les pas légèrement étouffés qui descendaient l’escalier. Peu de chances qu’il s’agisse d’un des natifs, mais le guerrier ne pouvait s’empêcher de se sentir légèrement troublé … il s’était écoulé plus de quelques minutes depuis qu’ils étaient tous monter se coucher : qu’est-ce qui s’était passé ? Il ne semblait y avoir aucune urgence, aucune alerte … Juste une jeune femme aux cheveux blonds cendrés, qu’il laissa s’installer à côté de lui sans rien dire ni faire. Son envie subite de le rejoindre, en plein milieu de la nuit, ne témoignait pas forcément d’un goût extrêmement bien placé en ce qui concernait le choix de figures « rassurantes » … mais après tout, il ne pouvait pas la blâmer : il ne voyait pas vraiment d’individu qui aurait mieux pu prétendre au titre que lui, à l’heure actuelle. Il ne comptait cependant pas particulièrement commencer la conversation, et maintint donc la position, sans dire un mot … Jusqu’à ce qu’elle ne lui pose une question. Une question anodine … Légitime, sans pourtant être particulièrement pertinente : elle pouvait sans doute deviner la réponse. Mais si elle demandait tout de même, c’était probablement parce qu’elle était curieuse … et après tout, il devait bien l’admettre : il avait envie de satisfaire sa curiosité.

Non. Ou en tout cas, tu ne trouveras aucun prêtre qui te déclamera mot pour mot ce que j’ai dit, tout à l’heure, dans la cave … Mais sur le principe, en revanche, oui … il y a des similitudes.

Chez moi, les spectres et morts-vivants peuvent naître du cadavre de n’importe qui … aussi les rites et cérémonies mortuaires destinées à s’assurer du passage d’un défunt dans l’au-delà sont très importantes. Tous les êtres vivants sont soumis à ce que l’on appelle « le cycle » … Un processus naturel étrange qui veut qu’une âme, immortelle et indestructible, ne traverse les âges via de multiples incarnations, en suivant toujours le même parcours : naissance, vie, mort, passage dans la cité noire, purge, réincarnation, naissance de nouveau … pour moi, la mort n’est pas une fin.

En revanche … empêcher la mort de survenir … Ou ne pas rejoindre la cité noire une fois qu’elle est arrivée … « brise » le cycle d’un individu. Et si tu te poses la question, oui … c’est de la magie noire. Les liches, nécromanciens, spectres et autres zombies sont considérés comme des fléaux, sur ma terre d’origine … Quant à moi …
Le guerrier marqua une pause, lâchant un bref ricanement, avant de reprendre. Disons que mon existence seule constitue un crachat monumental à l’existence du cycle tout entier … mais bon. Je suppose que dans ce nouveau monde, les règles doivent être différentes … J’ai entendu dire qu’il existe ici un royaume, pour les morts. Les dieux sont différents, également, bien sûr … je ne sais pas exactement ce qui nous attend si nous rendons l’âme en ces terres. Et quelque part … je ne sais si je dois m’en réjouir, ou en être effrayé.

Comme s’il cherchait à trouver quelque chose à rajouter, le mort-vivant marqua une pause, le visage toujours aussi placide alors qu’il fixait le vide … Avant de finalement renoncer. Non pas qu’au bout d’une minute ou deux, il décréta que parler à cette jeune femme n’en valait plus la peine … mais à écouter son souffle paisible et sa respiration à peine troublée, il ne lui fallut que quelques secondes, et une confirmation visuelle, pour comprendre qu’elle s’était rendormie. Lâchant un léger soupire, il ne fit aucun geste pendant plusieurs minutes … un quart, voir une moitié d’heure, peut-être. Puis, décrétant que le plancher frais n’était peut-être pas le meilleur endroit pour une jeune femme légèrement vêtue, il glissa avec délicatesse un bras dans son dos, un autre sous ses cuisses, et la souleva. Elle devait avoir été trop épuisée par sa possession pour réagir, car en d’autres circonstances, il aurait été prêt à jurer qu’elle se serait réveillée … Mais de toute manière, il ne chercha pas à troubler son sommeil bien longtemps : il se contenta de l’installer, en travers, dans le fauteuil auquel il s’adossait … Puis, la recouvrit de sa cape de cuir, avant de se rasseoir, et de recommencer à fixer la cheminée.

*     *
*

Peu avant l’aube, le guerrier déchu s’était relevé, et s’était armé d’une pelle en sortant de la maison. Il avait vu le propriétaire, déjà habillé pour voyager, sortir également, et avait eu quelques mots avec lui : le pauvre homme semblait fatigué, mais ravi d’avoir pu pour la première fois depuis quelques semaines dormir en paix. Progressivement, le soleil s’était levé. Un coq avait hurlé non loin, et la femme du propriétaire s’était occupée de ses tâches du matin, levant, habillant et faisant manger la petite, ainsi probablement que Lexi. Un début de journée tout à fait normal … durant lequel, durant ces quelques heures fraiches où le ciel, mais également la terre se teintaient d’un bleu profond, le ni-mort-ni-vivant avait creusé. La taille de la sépulture ainsi réalisée était plus que convenable, lorsque le client revint, accompagné d’un homme de foi, qui sembla fort surpris par le grand rouquin décharné. Pourtant, il ne commenta pas, et remercia l’élu et « la voyageuse » pour l’aide qu’ils avaient apporté à une âme en peine. Avec l’aide d’Haïzen, ils extirpèrent le corps de l’ancienne spectre de la cave, et l’ensevelirent en début d’après-midi, après une série de rituels et prières que le marchemort, même s’il ne les interrompait pas et les suivait même un peu par intérêt poli, trouvait totalement superflus. Il avait vu l’esprit se désagréger pour disparaître … Manshee, Long et Fenghuang n’avaient pas laissé voir la moindre trace de leur intervention vis-à-vis de ce phénomène, d’ailleurs. Mais il fallait bien honorer la promesse faite à la morte … et la famille qui vivait dans cette maison était plus qu’heureuse que quelque chose « d’officiel » ne clôture cette pénible page de leur existence.

Fidèle à sa parole et à lui-même, le marchemort demeura passablement silencieux durant la grande majorité de la journée, laissant donc les histoires de négociations de paiement et autres frivolités à Lexi. Il ne prit pas la peine de recompter le contenu de la bourse qu’on lui tendit (pas devant tout le monde en tout cas), et fit des adieux cordiales lorsque l’heure de partir vint … sans grand regret, pour sa part. Patientant simplement le temps que Lexi ne prépare sa monture, il l’accompagna quelque peu en descendant la montagne … puis s’arrêta, alors que le chemin recommençait à s’enfoncer dans les forêts de conifères. Se tournant vers l’ouest, il lâcha un soupire, avant de s’adresser à la jeune femme.

Je te laisse ici … je pense me diriger vers les territoires neutre, à présent. Bonne chance pour … la suite de ta route. Réajustant la position de son espadon dans son dos, il lâcha un soupire, fit quelques pas … Et s’arrêta. Qui sait, peut-être que nous nous reverrons … Et que la prochaine fois, tu me diras qui tu es, à part une « voyageuse ».
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MessageSujet: Re: Conflit de propriété   Jeu 12 Avr - 13:54

Conflits de Propriété

Haïzen et Lexi

La jeune femme était curieuse au sujet d’Haïzen depuis qu’elle l’avait abordé dans ce bar pour travailler ensemble, et il était toujours poli d’écouter ce que quelqu’un vous disait, davantage encore lorsque c’était la réponse à une question posée. Pourtant elle s’endormit doucement et se laissa basculer sur le côté. L’épuisement du réveil en pleine nuit et des hurlements, de la possession éprouvant et du cauchemar qui l’avait tourmentée, empêcha même la marchombre aux sens aiguisés de se rendre compte qu’on la soulevait du sol avec délicatesse pour la poser sur un support plus confortabl que le plancher de la maison. L’esprit embrumé par les multiples explications du guerrier mais serein, elle dormit paisiblement.

A l’aube, elle avait entendu son associé temporaire se lever, et cela l’avait tiré de son lourd sommeil. Elle se rendit compte qu’elle avait dormi sur un fauteuil au rez-de-chaussée, couverte d’une lourde cape de cuir qu’elle semblait reconnaître. Elle monta se changer dans la chambre qu’on lui avait prêté, où elle remit de l’ordre et rangea ses affaires avant d’endosser son sac. Elle déjeuna sans prononcer un mot, en compagnie des propriétaires pendant qu’Haïzen, elle le saurait peu après, creusait déjà une tombe plus loin. Elle assista en silence à l’enterrement du cadavre retrouvé dans les sous-sols, pensive, et personne ne vint la déranger avant que tous n’aient regagné la demeure. Une fois l’affaire réglée définitivement et officiellement, elle reprit son rôle un peu commercial et réunit les propriétaires au salon, après avoir dit au-revoir à la petite Douchka qu’on envoya loin de ces histoires d’adultes.
Elle s’occupa donc de résumer les évènements et d’assurer au couple que le spectre était parti pour de bon, avant de rappeler la somme qui était prévu en paiement. Alors que l’homme s’apprêtaient à négocier puisque la marchombre et le marchemort avaient été logés et nourris, mais la première rappela ferment sa chasse de la veille et les termes du “contrat” implicitement posés. Elle ne lâcha pas un yen et s’en retourna avec deux bourses égales, pour en donner une à Haïzen. Ce dernier attendit qu’elle récupère Sivuaani, lequel avait profité d’une longue soirée et d’une grasse matinée au milieu de ce long voyage que lui imposait sa maîtresse. Ils avancèrent un moment ensemble, avant que leur chemins ne se séparent, Lexi allant vers le Nord pour gagner le territoire de Fuyu tandis qu’Haïzen se dirigeait plein ouest vers les Territoires neutres. Il la salua et elle lui répondit avec un sourire :
Merci, commença-t-elle comme si ce n’était qu’une formule de réponse à “Bonne Chance”, avant de préciser. Merci pour tout. Je ne me serais pas débrouillée sans toi sur cette affaire. Ca me ferait plaisir de croiser ta route à nouveau, Haïzen.
Elle fit tourner sa monture dans la direction du chemin qu’elle empruntait, le laissa s’éloigner avant d’ajouter avec un ton joueur :
La voyageuse repart en voyage.
A nouveau de l’argent plein les poches, elle dressa une liste. Au prochain hameau qu’elle croiserait, elle achèterait des vêtements plus chauds et un couvre rein pour Sivuaani, en prévision du climat réputé glacial de Fuyu. Et grassement payée qu’elle avait été, elle pourrait certainement s’équiper davantage en arme et armure… Quelques projets naissent déjà dans son esprit, mais aucun ne concernait une quelconque sédentarité. Elle allait rester en mouvement encore un long moment.


Merci pour ce RP super
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Conflit de propriété
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