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Au bord de l'eau
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MessageSujet: Au bord de l'eau   Au bord de l'eau EmptyMer 21 Mar 2018, 21:22

Au bord de l'eauft. Zwei Baskerville

Le temps passait, encore, et encore une fois, j’avais été amené à abandonner les lieux où j’avais tout juste eu le temps de poser les pieds pour un long déplacement vers un ailleurs incertain, vague, une image d’une destination floue et indéterminée. Je ne savais absolument pas où j’allais, mais au moins, je savais par où je passerais, et ce serait, cette fois-ci, la capitale, où j’osais espérer trouver des réponses aux questions de plus en plus nombreuses que Kosaten portait à mes yeux. Pour le moment, je ne me lassais pas des découvertes qui s’enchaînaient et, je dois l’avouer, me sentais excité comme un jeune dragonnet à l’idée de tout ce que j’allais pouvoir apprendre de nouveau, réapprendre. Ce que j’allais voir, revoir, redécouvrir, comprendre à nouveau, et enfin comprendre.


C’est comme si un monde tout entier me tendait les bras, quand on y pense. Celui où j’avais pris l’habitude de pester en attendant avec hâte le retour de mon corps, de ma mémoire, de celui que j’étais, m’était devenu bien fade et, hormis cette motivation, je demeurais incapable d’y voir ce qu’ici l’on m’offrait à apercevoir. Les secrets se multipliant, j’avais non seulement l’irrésistible besoin de déceler les ficelles cachées qui animaient la toile dans son ensemble, mais aussi une conviction inexplicable. Je sentais, je sentais cette lumière, cette foi. Elle m’emplissait, elle m’affirmait que tout se passerait bien. Elle me promettait, sans un mot, que je comprendrais, et surtout, elle me montrait, sans une seule image, la douce pensée d’un destin tracé. Un destin dans lequel je m’élèverais, à nouveau, avec l’étrange certitude que le ciel se tenant au-dessus de moi, constellé de ces étoiles lointaines, sera alors fendu par le battement de mes ailes, celles que les traîtres ont alors enfermées en des temps immémoriaux plus bas que là où l’existence peut elle-même aller.


Le fond de l’air était frais. Je sentais une vague fraîche et humide m’envelopper alors que je taillais l’horizon de ma silhouette en parcourant la région de Minshu. Je foulais le sol humide de mes bottes noires, que j’avais repris au même titre que mes vêtements habituels aussi tôt que je quittai Fuki, village paisible et, je dois dire, bien agréable à vivre, si l’on excepte leur absurde superstition vis-à-vis des couleurs. Je repassais ainsi aux alentours des grands lacs, là où, jadis, j’avais, en compagnie de Faye, cette autre fidèle de l’unique, le sauveur, aidé la cause en luttant contre les hérétiques qui osaient nier l’absolu. Des souvenirs en soi relativement réjouissants d’un travail bien fait, mais aussi, dans le fond, de la présence répugnante de ces êtres immondes, ces scélérats, traîtres.


Je ne portais pas beaucoup d’attention à ce qui m’entourait, si ce n’est un rapide coup d’œil de côté pour m’assurer que j’étais toujours sur la bonne route, un regard discret vers mon reflet dans l’eau par simple curiosité, ou une oreille sourde aux nuages en réponse au sifflement calme du vent. Je ne prêtais simplement pas attention aux autres rares voyageurs qui m’étaient donné de voir, quelle que soit la distance à laquelle ils étaient positionnés par rapport à moi, me contentant de saluer d’un air cordial ceux qui se donnaient la peine de faire de même, et ignorant purement et simplement les autres. Malgré cela, je ne pouvais cacher mon envie de me trouver quelqu’un avec qui faire route, au moins pour une très courte distance, pour tuer le temps. J’avais beau être patient, je dois dire que la marche seule s’avère vite bien ennuyante si l’on ne peut la marier avec une plaisante discussion, aussi éphémère cette dernière pourrait être.

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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau   Au bord de l'eau EmptySam 24 Mar 2018, 11:13



Au bord de l'eau...
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(Note de l’auteure : l’image du cadre représente Zwei dans le futur, et non celui présent dans ce post-ci. - Il a encore les cheveux blancs et les yeux bleus donc)

CHEF ZWEI, CHEF ZWEI, CHEF ZWEI !!!

Encore ce fichu piaf ? Que voulait-il me dire ? J’étais occupé là ! Suite à toutes ces histoires d’esprit ultra chelou, qui était en fait DEUX esprits ultra chelous, je m’étais mis à la méditation, assis en tailleur, sur un rocher, surélevé par rapport à ma meute endormie. Et cet oiseau venait me réveiller, moi, de ma réflexion, mais aussi réveiller mes subordonnées qui tentèrent plusieurs fois de le dévorer en faisant claquer leurs dents tout près de lui. La bestiole volante laissa tomber quelques plumes bleues avant de se poser à mes côtés, l’air paniqué. Intrigué, j’haussai un sourcil, et lui demandai :

Qu’est-ce qu’il y a ?
C’est… C’est…
Hum ?, prononçai-je pour le pousser à continuer.
C’est Mist… Au Fjord…

Je l’attrapai soudainement de pleine main, le soulevant à mon niveau, un grand sourire sur les lèvres, tout excité.

Mist ?! Est-ce qu’elle va bien ? J’espère qu’elle ne tue pas trop d’gens en mon absence… Elle me manque beaucoup ! Je vais reprendre le chemin vers Yuki d’ici quelques jours ! J’ai tellement hâte de pouvoir la prendre dans mes bras à nouveau !...
Monsieur…, souffla-t-il, apeuré.
QUOI ?!!, maugréai-je, agacé, mon hurlement ayant redressé tout le plumage de la créature miniature.
Elle… Elle a trépassé…


Quoi ?
QUOIIIII ?!!!!


Au bord de l'eau 1521792322-20180223-172920


Tuée.
Violée.
Démembrée.
Tout ça par un putain… PUTAIN D’ORC !! CE CONNARD !!... IL PAIERA POUR ÇA !!!... Je le trouverai… Je le… Chasserai… Puis… Je ferai bien attention à le torturer jusqu’à-ce qu’il n’en puisse plus… Je voulais le voir crever dans la pire des manières, dans la plus dégueulasse et la plus déshonorante qui soit… Je vais le démolir. L’écraser. Le défoncer. Le violer. Lui casser la gueule. Le dévorer. Le tuer. Cracher sur cette merde qu’il pouvait avoir comme visage et laisser les animaux chier sur son cadavre. Pute. Catin. ENFOIRÉ !!!... COMMENT AS-TU OSÉ ME VOLER CELLE QUE J’AIME ?!... lui faire… Tout ça… Mist… Mist… Mist… Je…

Au bord de l'eau 1521792503-result

Je vais tous les anéantir.

Relâchant la tête que j’avais en mon emprise, je laissai tout le corps tomber par-terre, mou et plein de sang. J’en profitai pour la lui exploser du talon, sans aucune pitié. Pourquoi devrais-je en avoir désormais ? J’avais perdu ma raison de vivre… Mais je ne me donnerai pas la mort, non, je détruirai ces gens, ces lieux, ce monde de pacotilles, qui ne sert plus à rien sans elle… Plus… À… Rien…

Mon corps… Était si froid. Je le sentais… Geler intérieurement. Si normalement les gens pouvaient rougir de colère, chauffer de colère, moi, je semblais refroidir…
Lorsque je soufflais, une grande fumée blanche sortait de ma bouche, comme si nous étions en hiver. Mes dents s’entre-choquaient régulièrement d’envie de mordre… Cela ne servait plus à rien d’être justicier… De cacher son identité pour ne pas passer pour un criminel… Non, je voulais… Tout détruire. Tout. Absolument. Tout.

Au bord de l'eau 1521792321-20180223-173110

Ma cape de Baskerville pourpre et bien remarquable sur mon dos, je marchais jusqu’à apercevoir un adorable bâtiment bien décoré, visiblement pour un mariage... J’y entrai donc sans gêne, le faciès stoïque, et meurtrier… Tout le monde me regardait d’un air ahuri. Mais ils n’allaient pas tarder à comprendre ce qui allait leur arriver…

Ainsi, je plissai des yeux en claquant des doigts. Tuez-les., étaient les seuls mots qui sortirent de ma bouche, alors que toute une horde de loups se jeta sur tous ceux qui pouvaient se trouver par ici. Certains hurlaient en courant, d’autres se cachaient mais étaient rapidement trouvés, encore d'autres priaient ou me suppliaient le pardon. Mais je ne leur apportais aucune attention. Je fixais dans le vide, démuni de toute culpabilité.

À quoi beau en avoir maintenant ?

Admirant le sublime carnage qu’il y avait dorénavant, je marchais sur les corps, jusqu’à atteindre ceux du couple de futurs mariés. Ils portaient des vêtements étranges : la femme avait une chaîne autour du poignet, et l’homme portait une clé autour du cou. Quelle machisme… je pris tout de même ces deux objets, souvenir de cette p’tite boucherie. Quittant les lieux sans remords, les vêtements tâchés de sang sans crainte, je décidai d’ouvrir l’Abyss pour y entrer, et ne faire ressortir qu’une immense gueule de loup, et dévorer toutes les maisons et les gens qu’il pouvait y avoir. Une pluie de sang s’abattit sur les lacs environnants, les rendant rouges, presque noirs.

Retrouvant ma forme humanoïde, je repris mon chemin dénué de sens, la bouche pleine de liquide de vie. Je me trouvai alors nez à nez avec un homme isolé, assez différent des autres que j’avais pu rencontrés. Son aura était étrange aussi… Serait-ce un élu ? Mes loups se trouvaient près de moi, parés à l’attaque.

Qui es-tu ?

Dis-je sèchement, arborant toujours un masque d’impassibilité.

aide pour le correcteur:
 
Contextuelle utilisée:
 



Dernière édition par Zwei Baskerville le Mer 30 Mai 2018, 08:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau   Au bord de l'eau EmptySam 24 Mar 2018, 19:14

Au bord de l'eauft. Zwei Baskerville

Tandis que j’étais tranquillement allongé là, sur le côté, à admirer le calme plat des lacs et l’ambiance paisible qui régnait sans peine dans la région, je ne pus que me redresser en position assise et les oreilles à l’affût lorsque des cris retentirent de l’autre côté de la masse forestière que je pouvais apercevoir plus loin en continuant par ce chemin me faisant face. C’était des cris de surprise, des hurlements de peur, la terreur. Parmi eux, d’autres sons plus sourds, comme ceux d’une véritable boucherie, en imaginant une meute de bêtes monstrueuse ou une guerre entre des tribus sauvages. Aucune image ne suivit de là où je me trouvais, seuls ces sons difformes, qui laissaient planer une idée de cauchemar, une scène de boucherie, quelque chose de violent, de massif.


Un spectacle légèrement plus imposant se donna alors à mon regard, avec une gueule canine béante comme affamée qui jaillit d’au-dessus des cimes des arbres. La tête semblait prête à engloutir tout ce qui se trouvait à sa portée, et symbolisée vite à elle seul le carnage qui a dû avoir lieu là-bas, sans que je ne puisse deviner ce qui s’y était alors passé dans le détail. C’était fait en grande pompe en tout cas, on remarquait clairement l’absence d’envie d’être discret dans l’action, et une certaine furie sauvage caractéristique d’une bête. Quelque chose devait être derrière tout ça, quelque chose ou quelqu’un, car il paraissait plus qu’improbable que ce ne soit un phénomène « naturel », au vu de l’apparition brusque de cette chose, mais aussi l’absence de considération des locaux pour ce genre d’évènement qui, en toute logique, ne devait pas être fréquent, et heureusement en soi. Le sang volant dans les lacs en masse ne pouvait alors que confirmer l’aspect inquiétant de la chose, et me permettait de rapidement me poser des questions.


Puis cela cessa et, si l’on pouvait toujours capter une agitation lointaine au milieu des arbres, on pouvait aisément déclarer que l’évènement, assez court en soi bien que suffisamment long si l’on considérer ce qui a dû se passer là-bas, devait toucher à sa fin. Ma curiosité m’incita lentement à aller voir de moi-même, mais par principe de prudence, je tendais davantage à rester en place, posé tranquillement dans mon coin, et à attendre que quelque chose se passe. Ou alors une scène de ce genre pourrait se reproduire, ou alors les choses se tasseraient et je pourrais me déplacer sans prendre trop de risque, ce qui m’enchantait bien plus que l’idée d’être pris dans un chahut qui ne me concernait définitivement pas.


Un certain spectacle se donna alors à moi lorsqu’un individu humain loin d’être anodin émergea de la direction que j’observais calmement, et plus simplement, de là où tout s’était indéniablement passé. Ses vêtements semblaient avant tout propres dans le style, et me menaient à penser qu’il s’agissait d’une personne plutôt importante. Ce qui me marqua alors sur cette personne fut la présence abondante de sang sur son corps et ses habits, sans que je ne puisse véritablement deviner à qui il appartenait. Il me paraissait alors difficile à imaginer qu’il s’agissait du sang de l’humain en question, ce dernier semblant non blessé, et même, plutôt hostile. Faisait-il partie du « bon côté de la barrière » dans le massacre qui eut lieu ? De toute évidence, il avait l’air de bien se distinguer d’un simple voyageur, et je ne pouvais manquer de considérer ses pas lorsqu’il s’approchait de moi.


Quelque chose, cependant, attira bien plus mon attention, et ce fut la présence de bêtes agressives à ses côtés. Des loups, qui avaient l’air tout droit sortis d’une chasse très fructueuse. Plus petits des Managarms que l’on pouvait avoir l’habitude d’apercevoir au Nord de La Citadelle, ils restaient menaçants pour une taille raisonnablement dangereuse, surtout si l’on prenait leur nombre en compte. Leur existence dans les environs me laissait alors vite deviner qu’ils étaient très liés au massacre que j’avais en partie pu reconnaître d’ici, et je me laissais à penser que l’humain était leur maître, comme un maître-chien qui emmènerait sa meute avec lui. Ainsi, je ne pus constater que j’étais malgré moi au mauvais endroit au mauvais moment et, même si ce n’était pas la même pression qu’avec Zayro le colosse, je pouvais reconnaître un danger certain émanent de l’inconnu patibulaire, ce qui me menait vite à rester vigilant et méfiant, sans que cela n’altère mes expressions, me voulant cordial et respectueux au possible, comme je l’ai toujours fait.


- Mes salutations à vous. Je me nomme Cerran, et suis un simple voyageur en direction de Fuyu.


Je n’oubliais pas de saluer mon interlocuteur, car, même si ce dernier n’avait pas le même souci du détail, je n’allais pas, moi, manquer à la bienséance. En guise de nom, je lui donnai naturellement celui de ce corps, car il n’aurait certainement pas besoin de l’original, et que, de toute manière, puisque le véritable Cerran est mort pour me léguer sa chair, ce nom m’appartient aussi de tout droit après tout. Enfin, je n’ai fait que décliner mon « titre » du moment : voyageur. Fuyu était une des destinations sur mon itinéraire, mais ce dernier faisait encore un certain détour en Minshu avant de lentement remonter là où j’avais plus tôt affirmé me diriger fatalement.

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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau   Au bord de l'eau EmptyDim 25 Mar 2018, 07:10



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Ma vie n'était-elle donc qu'un empilement, un entassement de conneries ? J'avais l'impression d'être maudit... Je n'avais pas le droit à quelques chances ? À... Des choses qui pourraient me retenir de me jeter du haut d'une falaise ? Déjà que je savais que je n'avais aucune chance de revenir dans mon monde même si je tentais quelque chose, étant MORT là bas, je pouvais juste... Être un peu gâté ici ? Non ?... Qu'avais-je fait pour mériter tout ceci ? J'avais tant espoir. Je me disais sans arrêt "Reste fort, Zwei, reste fort"...

MAIS REGARDEZ DONC OÙ J'EN SUIS !! Alors que Mist était encore là, bien présente, bien vivante putain, je n'étais qu'un esclave, je le savais, ça me faisait du mal mais je voulais à tout prix rester avec elle ! On me voyait comme une vulgaire MARIONNETTE, juste comme avec VINCENT. Mais je vais désormais me venger, vu qu'il n'y avait plus personne pour me commander dorénavant... AHAHAHAH !! FILS DE PUTES QUE VOUS ÊTES, VOUS AVEZ BIEN RI, MAIS C'EST À MON TOUR MAINTENANT.

Toujours rabaissé.
Toujours traité et vu comme un stupide toutou...
Quand j'étais avec elle, cela me dérangeait, certes, mais elle me réconfortait, rien que par son existence. Je savais qu'elle m'aimait, me protégeait même alors que je me pensais être le garde du corps. Je l'admirais, la respectais, l'adorais, l'aimais... Même si souvent elle me faisait souffrir. Mais tant que cela venait d'elle, je le prenais bien.
Elle était devenue mon obsession. La raison de ma résurrection. Sans elle, j'aurais très bien pu rester au Royaume des Morts. C'était bien mieux que rester ici, où le désespoir me revenait souvent.

... Le ...
Royaume des Morts...
Mist y était pas vrai ? Mais allait-elle en sortir ? Devrais-je la rejoindre ? Non... J'allais la venger. Je resterais ici la venger. Je péterais la sale gueule de tous ces cons qui avaient pu lui manquer de respect, à elle, mais aussi à moi. Car maintenant qu'elle n'était plus là, j'avais le droit d'être égoïste. Le droit de m'imposer, de faire ma révolution. Zwei Baskerville, justicier déchu, fera couler le sang, jusqu'à la dernière goutte...

Bref.
L'homme à l'énergie intriguante devant moi se présenta. "Cerran, simple voyageur en direction de Fuyu"... Simple voyageur ? Est-ce qu'il se fichait pas un peu de moi ? Ressentant ma colère, ma meute se mit à grogner, et, levant le bras comme pour leur dire de reculer, je m'approchai de l'inconnu, l'attrapant par le col avec une seule main, le soulevant sans problème. Mes yeux bleus plongés dans les siens, je maugréai :

Tu mens. Je sens ton aura. Tu n'es pas un "un simple voyageur". Tu es un élu.

Des loups se mirent à mordre dans l'air pour bien montrer ce qu'ils allaient faire si il continuait son petit jeu. Je renchéris ensuite :

Mon nom est Zwei. Zwei Baskerville. Je suis un élu du Fuyu. Si tu m'écoutes sagement, je me tâcherais de te garder en vie, et peut-être que je te montrerais la voie la plus rapide pour aller à Fuyu.

Peut-être.
Je le jetai violemment par-terre, lui écrasant l'oesophage sans pitié, le menaçant de l'exploser si il ne m'obéissait pas.

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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau   Au bord de l'eau EmptyDim 25 Mar 2018, 11:23

Au bord de l'eauft. Zwei Baskerville

Ce n’était alors absolument pas la même chose. Il y a déjà de nombreux jours, je me souvenais encore de la rencontre avec Zayro, un évènement aussi troublant qu’instructif, et l’avais comparé, à tort, avec ce qui allait probablement arriver aujourd’hui. À l’évidence, c’était à tort, et je m’en rends à présent très bien compte. Dans les faits, oui, c’était bien similaire au point où je me trouvais par le hasard du destin à la merci d’un individuel bien plus fort que je ne l’étais dans mon état actuel. Encore une fois, j’allais devoir jouer du temps et du calme pour ne pas être mis en pièces, mais autant dire que l’atmosphère changeait du tout au tout. Avec Zayro, je pouvais sentir une certaine tension, comme si j’étais juste devant un puissant canon à Huile prêt à faire feu, tandis que là, l’impression égalait plus celle d’être pris dans les vents tranchants d’une tornade.


Pour sûr, une épaisse colère était palpable du côté de l’agresseur. Ses yeux, son corps tout entier, et même ses bêtes, laissaient émaner des relents de haine, d’une ire noire. J’osais espérer ne pas en être la cible initiale, et en fait, imaginais difficilement l’être. Au mauvais endroit, au mauvais moment, c’était là toute ma chance des derniers temps qui semblait décidée à me contrarier, mais hélas, il fallait bien faire avec. Au moins, pouvais-je encore imaginer que tout irait mieux, plus tard, une promesse à moi-même que je marquais avec le nom de Tenshi.


En proie à une rage intense furent parmi les premiers descriptifs que j’aurais pu faire de l’individu, mais je pourrais sûrement ajouter qu’il agissait comme un sauvage manquant cruellement de bienséance, ce que son apparence première ne m’aurait pas promis. J’avais justement osé attendre l’inverse, mais il semblait alors que ses accès de violence dominent de loin son sens de la politesse. Lorsque les animaux malveillants le suivant se mirent à grogner comme soutenant l’alpha de leur meute, il me saisit alors pour me soulever, mais par le col, contrairement à l’autre colosse qui ne s’était pas gêné pour allègrement empoigner ma nuque. Encore un déjà vu, soit. Nos regards furent enfouis l’un dans l’autre, me laissant encore une fois deviner un bon millier de mauvaises intentions à l’intérieur de ces yeux perçants.


J’étais donc accusé de mensonge ? Mais absolument pas là où il le fallait, ou alors, pas de ce que je pensais. Ainsi donc, l’appellation de « simple voyageur » était désormais refusée à un Elu tel que moi, et ce, malgré mon insignifiance actuelle ? Pourtant, comment se pourrait-ce ? Les deux ne m’auraient à aucun moment semblé incompatibles. À vrai dire, j’aurais plutôt considéré cela comme « omission » au lieu de mensonge, car l’on ne pourrait me refuser le titre de « voyageur » en considérant ma condition actuelle, bien que l’aspect « simple » que j’y avais fait suivre n’était alors qu’un modeste et malvenu qualificatif. J’observais alors bien ses bêtes montrer leur attitude agressive et prête à en découdre avant de calculer une réponse, ce que je n’eu alors pas le temps d’amorcer avant la suite.


Zwei Baskerville donc, mais encore une fois, un inconnu au bataillon. Elu aussi et, encore une fois, de Fuyu, ce qui me laissait tristement imaginer les autres rustres que cette nation pouvait abriter. Si c’en était de même pour tous ceux de là-bas, je supposais ne pas m’y éterniser longtemps, voire malencontreusement changer d’itinéraire avant de passer les frontières. Évidemment, je ne devrais assumer de généralité, mais après deux coïncidences aussi proches, difficile d’en faire moins. Et, pour ne pas manquer aux similitudes, j’étais à nouveau otage d’un Elu de Fuyu me menaçant de mort. J’aurais soupiré de tout cœur, mais non seulement la situation ne s’y prêtait pas, mais en plus, je n’en eus définitivement pas le temps de le faire avant d’être jeté à terre et piétiné par le scélérat. Au moins, il devient original par rapport à l’ancien à partir de là. Je tentais alors de lever les mains comme pour montrer que je n’allais rien faire d’idiot, tentant de parler malgré le poids qui me pesait dessus.


- Hhhurrrrrrrrrrrrrrrr


À l’évidence, ça ne marchait pas très bien du tout. En fait, je pouvais bien lui montrer que j’étais coopératif en levant les mains et en me laissant faire, mais le poids qu’il pressait vers ma gorge m’empêchait en définitive de parler plus que ces légers cris incompréhensibles. Ouvrant la bouche au possible en essayant, en vain, de dire quelque chose, j’espérais lui faire comprendre qu’il allait au moins devoir me lâcher un peu s’il voulait entendre mes quelques explications.

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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau   Au bord de l'eau EmptyLun 26 Mar 2018, 10:50



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Clairement, choisir l’option d’écraser le pauvre oesophage de cette victime n’était pas une très bonne idée pour avoir une réponse orale… Il n’aura qu’à acquiescer, si il souhaitait garder la vie ! C’était pourtant si facile : tu bouges ta tête de haut en bas, et puis basta ! Putain… Était-ce donc trop difficile pour lui ? Alors pourquoi il essayait de parler alors que c’était tout bonnement IMPOSSIBLE ? Merde… J’étais vraiment tombé sur un con… Pourtant il n’en avait pas trop l’air avec sa carrure de noble, et sa manière de parler… À croire qu’il y avait des gens stupides même parmi les bourges…

Grinçant des dents le voyant tenter de communiquer par des gémissements, je retira mon pied, et en profitai pour reculer de quelques pas, pour le laisser respirer un peu, et pour qu’il puisse enfin me donner sa fichue réponse. Non mais, c’était que j’avais pas qu’ça à foutre ! Et pourquoi je m’étais arrêté converser avec lui d’abord ?! Quel abruti ! Sérieusement… Déjà que je m’étais retenu de me flanquer une bonne baffe pour lui avoir dit qu’il mentait, alors qu’un élu pouvait techniquement n’être qu’un “simple voyageur” comme il le disait bien. Tch ! Tourner sept fois sa langue avant d’parler, ne jamais l’oublier !

Alors ? Je n’aime pas attendre. Répond !

Commençai-je à grogner. Ma patience avait des limites, et j’étais bien déterminé à le lui faire comprendre par ce grondement. Un loup s’approcha, se baissant sous ma main pour attendre une caresse, et je lui accordai gentiment cette demande, mes doigts se glissant lentement dans sa fourrure brune, tachetée de sang. J’avais presque l’impression qu’il ronronnait pendant quelques instants, mais il étira rapidement ses babines pour montrer les crocs à l’inconnu. Le remarquant facilement, je relevai les yeux vers celui-ci. Son destin était entre ses propres mains après tout…

Le vent était humide, tiède, mais chutant doucement. La pluie s’annonçait. Je pouvais le sentir. Ainsi donc quelques gouttes se mirent à tomber, pour finalement venir par milliers, peut-être milliards… Trilliards…? Je n’en savais rien. Mais cela était agréable, pour moi, et pour mes loups.


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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau   Au bord de l'eau EmptyLun 26 Mar 2018, 19:52

Au bord de l'eauft. Zwei Baskerville

J’étais bien conscient d’avoir l’air ridicule à faire mon cirque en tentant de parler même si je savais bien que je ne pourrais pas, mais je m’étais entêté à vouloir montrer à monsieur grincheux présent ci-dessus à quel point sa glorieuse idée de me piétiner n’avait vraiment pas que des bons points. J’aurais bien pu gesticuler comme un poisson hors de l’eau pour rajouter un effet plus puéril, mais je trouvais vite que je me rabaissais déjà suffisamment comme ça pour ne pas avoir besoin d’en rajouter. S’il m’avait laissé le temps d’en placer une aussi, avant de tout de suite me bousculer de la sorte, je suis sûr qu’on n’aurait pas eu besoin d’en arriver là.


Il sembla alors grommeler, au point où je me disais qu’il devait vraiment être sous un mauvais jour, même sans prendre en compte la petite fête qu’il semblait avoir donné de l’autre côté des bois, et se retira finalement. Ce n’était pas trop tôt. Désireux de lui donner ma réponse au plus vite pour qu’on puisse en finir, j’en regrettais déjà le calme que j’avais en marchant seul, une poignée de minutes plus tôt seulement, et me serais bien apprêté à demander le ciel pourquoi de toutes les personnes dans les environs, il a fallu qu’il tombe sur moi, et surtout pourquoi il devait s’entêter sur mon cas. Toussant alors rapidement, je prenais la parole sans tarder en me relevant péniblement.


- Elu ou pas, je suis toujours un voyageur, nomade qui plus est, puisque je n’ai aucun foyer. Je ne vois pas en quoi l’un empêcherait l’autre, et, en soi, je doute qu’hormis de titres, je sois bien plus qu’un simple individuel ici. Bref, mes excuses pour vous avoir fait patienter, j’étais simplement dans l’incapacité de répondre plus vite, voyez-vous.



Voilà qui était fait, il avait sa réponse toute prête, mais je ne suis pas sûr qu’elle lui plaise. S’il était de la trempe de Zayro, j’aurais peut-être cherché à dire les choses moins directement, mais il m’avait l’air bien enragé de toute manière aussi ne prenais-je pas la peine de faire des détours. Il semblerait qu’il fût d’office décidé à faire passer un sale moment à tous ceux qu’il croiserait et ce fut tombé sur moi. Le comble de la situation vint lorsqu’il se mit à grogner comme un sauvage, ce qui ne manquait pas de bien marquer mon image de barbare que je collais mentalement sur sa trogne.


Mais malgré ça, je ne pouvais m’empêcher de songer qu’il était finalement plus immature et impulsif qu’autre chose, sans forcément être mauvais d’office, par la simple raison que ses menaces avaient plus l’allure d’un chien qui aboie pour montrer sa force plutôt que de réelles paroles prêtes à exécution. Je pouvais me tromper, mais j’osais penser davantage à un mauvais jour qu’à une véritable nature, enfin, je ne l’imaginais pas non plus être le prince de la gentillesse, mais je veux dire qu’il ne semblait pas aussi fondamentalement malveillant que le colosse avec qui je m’étais promené auparavant.


Son geste chaleureux envers sa bête me confortait un peu dans cette idée, imaginant que Zayro à sa place aurait sûrement appris à l’animal à voler à grand coup de savate, s’il ne l’avait pas désintégré sur place. Oh, je l’aurais bien pris au sérieux Zwei, mais il cumulait déjà quelques détails qui troublaient son aspect hostile, même si le danger restait présent et que je gardais bien cette notion en tête, surtout après m’être fait dévisager par son loup aux crocs acérés.


La douce parade de la pluie chutant commençait à se faire ressentir, l’air devenant plus humide et frais. Une autre de ces averses comme lorsque Faye et moi avions réglé le compte aux hérétiques, je m’en souvenais encore. Pensif face à cela, je revins tout de même à moi très vite, ne laissant qu’une fraction de seconde envelopper mon esprit dans un brin de nostalgie, et me décidai à tenter d’adoucir mes railleries précédentes. J’étais curieux d’en voir un peu plus sur ce personnage qui me faisait face et, si j’avais en tête un portrait plus ou moins fiables, ce pourrait être divertissant de voir si tout ou rien se vérifiait au bout du compte.


- Bon, et bien voilà, si vous avez des questions, je peux bien y répondre, mais j’ai bien peur de ne pas avoir grand-chose à dire, malheureusement. Inutile de me menacer, à part si vous avez un quelconque plaisir sadique à maltraiter un sac de chair, je suis bien conscient de l’écart de force et ne tenterais rien.


J’espérais parvenir à une discussion moins agitée, quitte à rester coincé là avec lui pendant une durée indéfinie. Je ne mentais alors pas le moins du monde. Que pouvais-je bien lui apprendre ? Il semblait présent depuis plus longtemps que moi, surtout s’il pouvait distinguer un Elu d’un seul regard. Ensuite, que pourrait-il bien vouloir parvenir à faire en me brutalisant ? Il ne pouvait pas me mettre plus à ma place que je ne l’étais, puisque j’avais déjà compris être le plus faible ici. À la rigueur, s’il cherchait à faire du mal pour faire du mal, soit, ce n’est pas comme si j’avais vraiment la possibilité de me défendre de toute manière, et je ne me souciais pas tant du corps de Cerran. Quant à la mort, de ce que j’en ai entendu, j’ose douter, et me permets de la remettre en question. Tiens, tant que j’y pense, peut-être que lui, aurait quelques choses à me dire, aussi.

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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau   Au bord de l'eau EmptyMer 28 Mar 2018, 18:51



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Cet imbécile osait m'expliquer à quel point j'avais tort ?! Grimaçant affreusement en entendant ses fichues paroles lorsqu'il se releva, je fermai les yeux pour m'apaiser. Il pouvait être utile, alors le tuer maintenant serait bien stupide. C'est pourquoi je devais contenir cette horrible et intense colère qui bouillait dans mes entrailles. Mes frères grondant toujours, je laissai la pluie tomber sans un mot, le temps de réfléchir sur ce que je faisais. Ce soi-disant Cerran, "simple voyageur sans foyer", était également muet. Nous nous fixions donc, et pendant ce petit moment, je pus sentir à quel point l'autre ne ressentait aucune peur à mon égard. Il était clairement quelqu'un de noble. Donc, quand bien même un élu pouvait n'être qu'un banale nomade, celui-ci semblait ne pas en être un, vulgairement. Non, il cachait sûrement du sang de bourge, même si son nom ressemblait plus à ceux des barbares. D'ailleurs, cela n'avait aucune consonance asiatique... Clairement le fait qu'il ne venait pas de ce monde était si évident...

Enfin, le vagabond parla, me dévoilant qu'il pouvait bien répondre à quelques questions, bien qu'il n'avait pas grands choses à dire, et qu'il se laisserait faire, si potentiellement je venais à le brutaliser. Soupirant en plissant des yeux, je m'avançai, mes bêtes reculant un peu en même temps. La tête haute, mes yeux bleus plongés en ceux de l'homme, je m'apprêtai à répondre, alors que tout a coup, je sentis une douleur terrible à mon cœur. Horrifié de reconnaître cette sensation, que j'avais déjà ressenti à Yuki, alors que j'avais laissé Fenrir prendre contrôle de moi-même, je me tins la poitrine, gémissant de douleur assez discrètement, la tête baissée et les dents serrées. Une fumée noire m’enveloppa entièrement, et puis, se dissipant d’un coup, laissa sortir un être totalement différent, aux cheveux noirs, à veste rouge, à haut allant jusqu’au nombril moulant et ébène, et au pantalon serré de la même couleur. Il portait aussi de hautes bottes et des mitaines de même teinte. Regardant mes mains avec choc, je fus surpris de voir que j’étais toujours maître de ce corps. Un sourire s’esquissant sur mes lèvres, je dis, ma voix complètement déformée et masculine (surtout démoniaque) :

De quelle nation es-tu, Cerran ? Connaissais-tu… Mist ? Ou… Zayro Jinn ?

Je voulais savoir implicitement si il était un élu fraîchement arrivé en posant la question sur Zayro Jinn. Si je lui demandais s'il connaissait le nom de Mist, c’était uniquement pour voir si il la respectait ou non, ou encore s’il était au courant de son combat contre l’autre fils de pute. Au sujet de la nation, c’était seulement par curiosité. Ce serait intéressant, s’il venait de Tenshi, et qu’il faisait partie de ces hommes corrompus que Mist et moi avions pu libérer…



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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau   Au bord de l'eau EmptyLun 02 Avr 2018, 14:53

Au bord de l'eauft. Zwei Baskerville

Un certain rictus, que j’assimilais alors à un mélange de colère et de frustration, de dégoût peut-être, déforma alors très momentanément son visage, qui affichait alors très clairement l’expression de son mécontentement. Je n’en étais que plus sûr que ma remarque avait fait mouche et pas en bien, mais cette dernière fut trop tentante pour être refusée, et je me disais finalement pouvoir me rattraper par la suite. J’étais, en effet, toujours bien entier, ce qui me permettait alors d’imaginer que Zwei se calmait, ou au moins, se retenait, ne serait-ce que légèrement. Ses compagnons canins en revanche semblaient plus hostiles d’un simple regard, et me menaçaient de manière constante et soutenue, ce qui créait, inévitablement, une atmosphère quelque peu tendue se développer. Je me demandais alors s’il était si facile que ça de reconnaître ma nature d’Elu, peut-être devrais-je me faire appeler autrement que par mes deux noms les plus courants ? Je pourrais bien essayer, en effet, et me concentrerais sur cette expérience plus tardivement.


Un soupir, et alors il s’avança. Restant immobile, je me demandais simplement s’il avait des intentions agressives ou s’il restait suffisamment pacifique dans ses gestes, mais n’aurait alors pas le temps d’en voir plus dans son regard fixe qui me scrutait avant qu’il ne se plie sous l’effet d’un mal étrange. L’acte n’était pas de moi, et je doutais qu’autre chose dans les parages puisse en faire de même. Ainsi, je soupçonnais une action en interne, et observait attentivement sa réaction face à la douleur, refreinée, mais assez visible lorsque l’on tend l’œil en réaction. Sa silhouette se courbait avec sa tête, une souffrance plutôt certaine semblait s’emparer très vite de son être. Une malédiction ? Il n’avait pas l’air de le faire consciemment en tout cas, non, cela avait tout de l’allure d’un évènement involontaire.


Son corps s’enveloppa de noir dans cette fumée couleur d’encre, inquiétante de par son allure mystique, et surtout, son apparition si soudaine, qui se solda par une disparition toute aussi brusque. Je n’avais pas esquissé le moindre pas, préférant laisser mes yeux parcourir la transformation en cherchant leurs réponses plutôt que tenter quelque chose en restant trop peu sûr de ses conséquences. Les vêtements portés subirent alors comme une métamorphose à l’instar du corps lui-même de Zwei, qui semblait alors bien plus féminin. A vrai dire, j’aurais maintenant reconnu une femelle si la voix qui suivit n’avait pas des relents aussi virils pour en faire douter. Il semblait en contrôle à l’issue de l’évènement, qui n’avait alors pas l’air de trop le perturber sur la fin, ce qui me fit me poser des questions quant aux tenants et aboutissants de la chose. Je décidais alors de mettre de côté les interrogations plus profondes, estimant que lui aussi avait peut-être un esprit dissocié de son corps, et jugeant que son sexe ne m’importerait pas plus que ça. La transformation en elle-même me laissait plus songeur, et j’en venais à me demander s’il s’agissait d’un polymorphe, d’un Rêveur peut-être, ou d’autre chose encore.


- On m’a déjà demandé cela auparavant, j’imagine que, comme l’on me l’a déjà dit, nous sommes en temps de guerre, et cela implique la méfiance. Je crois aussi que voir apportes bien plus que de simples mots, alors je vais vous montrer.


Je commençais par cette première réponse avant de poursuivre. J’avais survécu à Zayro malgré nos nations différentes, alors j’osais deviner que ceux de Fuyu n’avaient pas trop d’animosité envers ceux affiliés à Tenshi. Je n’attendais pas un allié, mais cela pourrait m’arranger, bien que cela semblerait bien optimiste. J’entrepris alors de retirer ma veste pour dévoiler ma marque sans plus de cérémonie, gardant cette dernière au bras et ignorant la pluie ruisselant sur mon corps d’emprunt. Je dévoilais alors les marques des sillons et stigmates que mon être surnaturel avait imposées à ce corps humain, mais songeais que cela ne devait pas choquer beaucoup de monde par ici.


- Je n’ai jamais entendu le nom de Mist, ni ici, ni avant. J’ai, en revanche, déjà ouï celui de Zayro, et pas en bien, bien que je ne puisse affirmer réellement le connaître.


J’omis pour l’instant de préciser ma rencontre avec le colosse, mais ne mentais pas le moins du monde en déclarant ne rien, ou presque rien, savoir sur lui. Il était un de ces mystères que Kosaten me tendait. Avant d’en finir avec mes déclarations et tout en me retournant pour lui montrer ma marque à l’épaule, je me permis une question quant à ce que j’avais vu. Son nom ne me disait rien, aussi, j’imaginais qu’il ne venait pas de La Citadelle, mais le procédé me semblait familier, et la tension s’évanouirait peut-être un peu plus si j’en venais à établir une conversation moins dure et froide.


- J’imagine que vous ne venez pas de La Citadelle, puisque je n’ai jamais entendu votre nom. En revanche, je crois reconnaître un Rêveur donnant sa place à son image, où quelque chose s’y apparentant. Si vous le voulez bien, pouvez-vous me confirmer qu’il s’agit toujours de vous sous cette apparence, Zwei ?




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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau   Au bord de l'eau EmptyDim 20 Mai 2018, 17:38



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Il parla d'une belle manière, avant de retirer sa veste, et dévoiler sa marque. Une sorte de cristal violet. Également, je pus remarquer ses cicatrices, des sillons aussi. C'en était presque répugnant, mais je ne tournai point les yeux. J'avais toujours un air amusé, et gardais le sourire. C'était un tenshin. Corrompu ou non, allez savoir. Bizarrement, je ne voulais guère en savoir davantage.

Par contre, je fus très attentif sur ce qu'il me disait du colosse de Fuyu, et de l'aérokinésiste. Il ne semblait pas, selon ses dires, connaitre la demoiselle, mais avait déjà entendu parler du fameux Jinn. Tout le monde le connaissait au final. Sa puissance titanesque le rendait si populaire qu'il en avait même des fanatiques... N'importe quoi.

Ce que l'homme vagabond vint me dire ensuite me perturba un peu. Que voulait-il dire par "Rêveur" ? Je ne comprenais rien, mais je vins tout de suite répondre à sa question, au sujet de l'identité de celui qui contrôlait ce corps qu'il avait devant lui :

C'est toujours moi.

Je poursuivis, assez curieux de ce qui venait de me dire :

Je ne vois pas de quoi tu parles en me croyant "Rêveur". Qu'est-ce que c'est que ça ?

Lui demandai-je, bien intéressé.
Mes loups s'étaient finalement calmés pendant ce temps.

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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau   Au bord de l'eau EmptyDim 27 Mai 2018, 19:03

Au bord de l'eauft. Zwei Baskerville

Zwei semblait relativement intrigué par le corps de mon hôte, sans que je puisse confirmer s’il s’agissait de mes marques de « parasite », laissées par la pression de ma présence, ou s’il s’agissait précisément du sceau de l’Unique, celui qui faisait de moi un de ses Elus, qui aurait pu amener l’une ou l’autre pensée. Cela serait d’ailleurs bien amusant à constater, puisque lui comme Zayro aurait donc suivi le même centre d’intérêt dans leur rencontre avec moi-même. Je ne doutais pas qu’un Elu de Tenshi eût une certaine valeur informative, mais à ce point ? Il restait alors assez attentif à mes paroles sur tout le long, avant de me questionner sur ce qu’il ne devait donc pas comprendre. Cela ne m’étonnait alors que peu, puisque même à La Citadelle, les Rêveurs ne sont pas les plus connus.


- Pour faire court, c’est une dénomination que les gens de La Citadelle donne aux utilisateurs d’une certaine catégorie de magie. De mémoire, je pourrais citer une bonne dizaine d’écoles, chacune regroupant différentes catégories de « sorciers », même si, du fait de leur capacités, certains n’ont pas grand-chose de sorciers…


Expliquer tout ça n’était vraiment pas chose facile, et je trouvais difficilement mes mots, hésitant. J’aurais bien fait ma déclaration d’une traite en gardant les formules habituelles, mais j’osais imaginer que Zwei n’était vraiment pas renseigné dans les classifications de La Citadelle, et me devais donc de vulgariser et simplifier comme je le pouvais.


- Je vais essayer de ne pas m’attarder sur les détails, mais on appelle donc « Rêveur », une partie des utilisateurs de l’école de la « Wansan ». Ce sont ceux qui peuvent utiliser le rêve de Selun, je ne sais pas comment d’autres l’appelleraient. Pour faire simple, on peut, par le rêve, obtenir différents pouvoir, dont des capacités de transformations. J’ai juste pensé à voix haute en me disant que, malgré le changement d’apparence, la personne devait être la même, si on partait du principe que la technique devait au moins être similaire à ce que je connais, donc.


Difficile de faire plus simple, mais en revanche, je pouvais facilement en dire davantage. Pour le moment, je n’en faisais donc rien, ne sachant pas si c’était nécessaire, et imaginant que Zwei me poserait la question si sa curiosité le poussait à vouloir en savoir plus. À mesure que je faisais des rencontres de la sorte, je constatais cependant que, si un parallèle semblait parfois envisageable, les flux d’ici ne répondaient définitivement pas comme ceux que je connaissais jusque-là.


- En fait, je constate surtout des similarités, mais malgré cela, les gens d’ici en Kosaten semblent vraiment différents de ce que j’ai pu connaître jusqu’ici, principalement au niveau de ce que les flux leur permettent ou non.

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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau   Au bord de l'eau EmptyJeu 28 Juin 2018, 12:46

Au bord de l'eauft. Zwei Baskerville

Le calme laissa vite place au désintérêt chez mon interlocuteur. Sa rage semblait se calmer, au moins pour l’instant, et il n’avait pas l’air plus préoccupé que ça par ma personne, ce que je trouvais fort bienvenu puisque n’estimais pas cette rencontre comme très agréable. Aucune question ni parole ne suivant, je restais d’abord donc bien passif en attendant un signe qui me préciserait que j’aurais, ou non, la possibilité de m’en aller, ou simplement, que lui s’éloigne, et ce furent d’abord ses molosses qui ne témoignaient plus vraiment d’hostilité à mon égard, visiblement très en lien avec les émotions de leur maître.


Je réalisais vite l’absence de paroles chez Zwei comme ce signe que j’attendais. Il ne répondit rien à mes dires, semblait se satisfaire du peu de détail et de mes réponses, et avait sûrement bien plus à faire ailleurs, puisque ne me fixait pas plus que ça et semblait presque à l’ouest et totalement ignorant de ma présence. Je ne dis alors rien de plus, me contentant de ce peu comme ce que j’attendais et ne voulant pas plus attirer de l’attention malvenue. Je me tenais alors bien debout, tranquillement et m’époussetais lentement, comme pour être sûr que rien ne sera fait pour me retenir ou me nuire si je m’en allais ainsi.


Toujours rien, et je m’éloignais alors en paix, sans un mot de plus, sans un geste de plus, peu soucieux des politesses et voyant que c’était le cas de la même manière pour mon interlocuteur. J’aurais aimé faire une pause dans mon trajet en solitaire pour admirer les environs, mais j’avais été interrompu, et ce petit interlude m’avait de loin passé l’envie de m’attarder davantage, aussi m’éloignais-je comme ça, simplement, reprenant mon long voyage.

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