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Un ange tombé du ciel.
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MessageSujet: Un ange tombé du ciel.   Mar 8 Mai - 2:09





Un ange tombé du ciel.

Ai Enma et Zoro Roronoa.




Ai cheminait sur le sentier boueux depuis plusieurs heures sans rencontrer âme qui vive. Arrivée à une patte d'oie, à droite il semblait se diriger vers une ville au loin qu'elle n'avait pas remarquée. A gauche, il serpentait vers une petite chaîne montagneuse. Elle s'arrêta, leva sa tête vers le ciel. Ses grands yeux rouges sombres fixaient les impressionnants cumulo-nimbus se dressant tels des colosses défiant les cieux. Immenses guerriers belliqueux à l'armure d'argent scintillante, prêt à faire retentir le grondement de leurs combats, le fracas étincelant de leurs armes en de lumineux éclairs. Mais pour l'instant, les immenses guerriers restaient immobiles, figés comme des statues, témoins mués d'ancestrales batailles. Au delà, l'azur profond d'un ciel sans limite. La pluie avait cessée et ai pouvait maintenant sentir un léger vent frais et piquant parcourir son visage de craie. Elle ferma les yeux un long moment pour capturer l'essence même de ce spectacle et s'abandonner lascivement à cette douce tristesse. Rouvrant les yeux, elle poussa un bref soupir, plongea sont regard sur ses mocassins. Depuis bien longtemps, le vernis noir avait disparut sous une épaisse couche de boue ocre qui peinait à sécher. Quant au reste de ses vêtements, le tableau n'était guère plus satisfaisant. Jupe et chemisier tous deux largement maculés eux aussi d'ocre brun. C'est ainsi quelle pris le sentier qui lui éviterait de croiser des êtres humains. Brutalement, son regard s'assombrit sans qu'elle en sache la raison.



Paresseusement, le sentier s'étira en une sente rouille tel une blessure griffant le vert tendre du feuillage des châtaignés. Les fossés la bordant étaient envahies par les hampes majestueuses des digitales, rivalisantes d'éclats de magentas et de violets. Les jeunes pousses verts tendre des fougères aigles poussaient non sans difficulté es les feuilles lourdes et lancéolés des imposantes scrofulariacées. Et sous le soleil de ce début d'après midi, le bois dégageait des senteurs sucrées, parfois âcres, d'humus frais, de champignons et de bois pourrissant. A cela venait s'ajouter l'odeur imperceptible de l'oxyde ferreux de la terre laissant un étrange goût métallique dans la bouche, non sans rappeler celui du sang. Mais le printemps n'avait pas réveillé que le silencieux monde végétale, un monde plus bruyant lui aussi se trouvait d'être sous sa férule. Affairé à violemment tambouriner de son dur bec le tronc des arbres, un pic épeiche prenait une pause pour émettre de petits cris courts, rauques et secs. En contre chant, les phrases gazouillées d'un verdier lui donnaient la réplique. Et contre toute attente, de ces mélanges sonores, le bois tout entier résonnait d'une agréable harmonie.




Ai était attentive à la moindre couleur, au moindre son, à la plus diffuse des senteurs. Mais à chaque fois qu'un agréable sentiment provenant de cette capiteuse pastorale voulait l'étreindre, une boule d'acier noire, froide, pesante, lui nouait l'estomac. Cette délectation lui était interdite. Alors, inutile de lutter. A quoi bon souffrir inutilement quand les bras analgésiques de la mélancolie s'ouvrent à vous et plongent votre âme dans une perpétuelle neurasthénie balayant toutes turpitudes, marques de ces êtres misérables que sont les humains. Le pas d'ai se fit plus lent, plus pesant. Elle marchait le dos légèrement voûté, pliant sous le poids de cet amer constat. Ses yeux ne se ballaidaient plus, maintenant ils fixaient le sol. Comme si plus jamais ils n'allaient s'en décrocher. Elle se mit à serrer fort contre elle son livre qui fut miraculeusement épargné des intempéries. Ne pensant plus à rien, elle marchait sans but.



Soudainement, elle tomba sur le sol gravillonneux de la sente. Elle venait de trébucher sur un silex sortant du sol. Le livre atterrit mollement à ses cotés. De ses deux mains, ai avait amortit la chute. Et à quatre pattes sur le gravier, elle fixait toujours le sol. Même dans cet inconfort, elle ne se redressa pas. Le temps d'un battement de cils ses yeux devinrent d'un rouges incandescents. Le vide. Un immense vide, voilà ce que ressentait ai en cet instant. Puis elle s’assit sur ses talons, ramena le livre tout contre elle et jeta un coup d’œil à ses genoux d'où lui parvenait un piquante douleur. D'une petite coupure au dessus du genoux, un filet de sang vermeille s'écoulaient doucement tout autour des gravillons plantés dans sa peau blanche. Lentement, des entrelacs se firent et dessinèrent une bien singulière fleur de lycoris qui plongea doucement ai dans une profonde mélancolie. Les grandes étendues de ces fleurs qui chez elle étaient éternellement fleuries, lui revinrent en mémoire. Mais elle ne voulait pas y penser. Pas maintenant. Alors, elle se concentra sur les fines gouttelettes de sangs s'écrasant sur l'orangé du sol et formant des tâches sombres. Elle resta là, à regarder cet incongru spectacle jusqu'au moment où le sang se mit peu à peu à sécher. Un violent contraste apparut entre la couleur du sang coagulé, presque noir, et la blancheur de sa peau. Encore un fois, ai se perdait dans ses contemplations. Ainsi, ayant retrouvé sa salvatrice tristesse, ai se releva promptement et se remit en chemin, le pas plus léger. Elle n'avait même pas pris la peine d'essuyer ses genoux.
Non, elle ne voulait pas repenser aux fleurs si chéries par le passé. Elle devait avancer même si elle ne savait pas où aller. En cet instant, seul compte le cheminement. Étrangement elle repensa à une parabole du Bouddha où un homme s'adressant à lui, déclara:" je veux être heureux". Ce à quoi Bouddha répondit:"Enlève je, ton égo, enlève veux, ton désir, il reste heureux". Finalement, il ne resta à ai qu'à remplacer heureux par triste pour que tout soit parfait dans son univers.




Poussivement, la sente grimpait le long de la montagne. Les châtaignées firent place aux hêtres et aux épicéas. Dans les bas fossés, apparurent la gentiane jaune et l'arnica des montagnes. Puis, le bleu tranchant de l'azur s'émoussa pour virer à l’indigo profond. Peu à peu les chants d'oiseaux se turent révélant les sons feutrées des insectes grouillants. Et vint le furtif moment où le soleil embrase le ciel. Cet instant se figea en ai. Elle resta là, interdite, sur le chemin, fixant les orangés et les rouges provoqués par l'astre. Si elle avait pu, elle en aurait pleurée. Une vague colossale de nostalgie monta en elle, qui ébranla ton son être, ravagea son esprit. Elle tomba lourdement, les deux genoux à terre sans prendre garde à la douleur, les cailloux lui déchirant sa peau blanche. Mais ses yeux ne pouvant se soustraire à ce spectacle qui d'un coup d'un seul l'avait totalement anéantie. Son estomac se révulsa violemment, mais elle ne pu vomir. Sous le coup répété des convulsions, il lui semblait que ses entrailles se déchiraient. Et telle un jeune louveteau mortellement blessé, ai ne pu retenir un cri primal:



-"Grand mère, aide-moi ! Par pitié aide-moi !"



Il y bien longtemps, dans une autre de ses vies, ai avait déjà poussé un tel cri. Lorsqu'elle fut enterrée vivante pour la deuxième fois à l'âge de ses treize ans. Mais de cela, elle n'en avait plus le souvenir.



Mais, rien que le silence, cet abominable silence. Toujours à fixer le soleil qui déclinait lentement, son infinie tristesse se mua en une angoisse sans nom. Ces rougeoiements allaient disparaître, tout comme son espoir de rentrer chez. Terrassée, elle s’allongea à même la terre du chemin et se lova telle une petite enfant. Sans espoir, perdue, elle voulu que ce cauchemar puisse enfin s'arrêter, même si cela signifiait qu'elle due mourir. Ai resta ainsi des heures durant, sachant que la mort qu'elle avait invoquée ne viendrait, hélas pas. Le rayon de lune caressait sa peau de craie. Elle ressemblait à s'y méprendre à une apparition fantomatique déposée à même le sol, délaissée. L'esprit vide de tout désir, abattue par tant de mélancolie, posément, elle se remit debout, ramassa son livre et machinalement, reprit son chemin. Il lui fallut plusieurs heures avant de formuler des pensées cohérentes et asservir ses ressentis.




Elle remarqua, que plus loin, le coté du chemin qui donnait sur la falaise en contre bas était dégagé de tout arbre. Elle accéléra le pas afin de profiter de la vue dégagée qu'offrait ce promontoire. Là elle pu regarder la lune dans toute sa magnificence et elle fut envahie d'une tristesse presque légère et bienveillante. Ai ne savait pas pourquoi mais elle aimait la lune et appréciait de se laisser envahir par un doucereux vague à l'âme. La brise nocturne fit voleter ses longs cheveux noirs tout autour de son visage d’albâtre. L'air était légèrement piquant, chargé des effluves de résineux. La nature alentour exaltait une grande paix. Ai pouvait la contempler, la ressentir et l'éprouver au travers de la grandeur de son spleen.



Des croassements de batraciens se faisaient entendre. Ils résonnaient dans le silence. Alors, ai regarda vers le bas de la falaise, elle aperçu un miroitement tel un éclat d'obsidienne. Un tout petit étang se trouvait niché au creux d'une terrasse en contre-bas à une vingtaine de mètres. Reflétant la lune, il brillait au milieux des sombres épicéas. Ai voulu y descendre. En regardant de plus près, elle vit qu'un escalier avait été creusé à même la falaise. Enfin, plutôt de petites excavations afin d'y loger les pieds et de s'y tenir avec les mains. Elle entreprit donc la descente qui fut plus aisée qu'elle n'y paraissait. Les berges de l'étang étaient envahie par de grands scolopendres dont les feuilles vernissées reflétaient des éclats de lune.




Elle se déshabilla, prit ses vêtements et commença à les laver soigneusement dans l'eau froide et noire. Puis, ce fut le tour de ses mocassins, auxquels elle apporta un soin tout particulier. Une fois ses vêtements propres, elle les plia, mouillés, soigneusement et les posa sur la berge. A coté, elle y déposa ses souliers.



Une fois cette tâche accomplie, elle remonta la falaise. Elle posa ses pieds juste au bord et regarda la lune fixement. Son visage, même triste, reflétait une certaine sérénité. Elle ne connaissait pas ce monde. Elle ne savait pas s'il s'agissait d'une illusion du maître des enfers, ni même si elle s'y trouvait. Alors, un espoir avait germé dans son esprit. Peut-être était-elle devenue mortelle ici-bas. Cette pensée la rassura. Ai chuchota comme pour préserver la sacralité du lieu:



-"La douleur et l'ennui se sont gravés sur mon cœur flétri. Perdue la page de mes souvenirs. Les images ont brûlées et maintenant le vide me rempli.
C'est sur les clous rouillés de l'existence que s'écorche mon âme. Mémoire lavée au vitriol du désespoir, anéantissement tranquille qui me jette dans le gouffre du délire,
Papa, maman, dans le précipice de la solitude, je vous rejoins, avant que mon âme égarée ne se noie dans les orgues amers de mes désillusions."



D'une poussée délicate du pied, ai se jeta dans le vide. C'est triste mais sereine que son corps percuta avec force la surface miroitante. Une grande gerbe d'eau. Puis, plus rien, le silence à nouveau. Après quelques instants, reprirent les croassement des batraciens interrompus dans leurs chants nuptiaux. Puis, son petit corps blanc vint refaire surface. Les cheveux tout autour de sa tête luisaient sous la lumière blafarde tout comme le reste de son corps qui flottait. Le visage tourné vers le fond de l’abîme noirâtre avait les yeux clos, et l'on aurait presque pu croire qu'un sourire pu se dessiner. Mais seule une profonde tristesse s'y était figée. Un mince filet de sang se mélangeait aux eaux noires. Un coupure au front fut l'unique témoignage de son acte. Ai, ni ne pensait, ni ne rêvait. Pour la première fois depuis des siècles, elle trouva enfin la paix. Encore fallait-il qu'elle tombe dans l'inconscience.







Dernière édition par Ai Enma le Mar 22 Mai - 19:57, édité 5 fois
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Roronoa Zoro Le pirate perdu

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MessageSujet: Re: Un ange tombé du ciel.   Dim 20 Mai - 21:42





天から落ちた天使

feat. Une fille mystérieuse




Musique

Un beau jour, ou peut-être une nuit.. Dans un lac, elle s'était endormie.... ♫  farao  


Au sommet des toits minshujin, appelés également "montagnes", un "sage" guerrier se reposait à la faible lueur du soleil couchant. L'atmosphère crépusculaire chauffait ses muscles en méditation à la parfaite température. Les rayons pénétraient sa chair, et un air de sérénité régnait sur les lieux bercé par la fraîcheur d'une brise. Assis en tailleur, les yeux clos, et ses katanas déposés non loin de lui, rien ni personne ne perturbait cette richesse ambiante propre à la haute altitude. Il convoitait ces sanctuaires naturels pour cette tranquillité absolue. Pas moyen qu'un abruti vienne l'emmerder pendant sa petite séance. Que c'était bon...

Il y resta jusqu'à une heure avancée de la nuit, alors que le soleil laissait place à la grande lune argentée, muse de nombreuses plumes. Elle se dressait là-haut, comme le point d'un i, habillant la vallée de sa robe lactée.
Mais ce fut dans ce calme olympien qu'une sonorité atypique ébranla l'endroit. Voilà quelques heures que l'épéiste apprenait et connaissait les bruits de cette montagne, et il ne fallait pas être un génie pour comprendre que celui-ci n'en faisait pas partie. Il entachait trop. On aurait dit une espèce de "plouf" épouvantable comme si l'on venait de jeter un sac à patate dans un lac, quelque chose de très aquatique et violent. Il ignorait que de l'eau se trouvait à proximité. Les fortes falaises surplombant l'horizon accentuaient l'impact de la chute. Par conséquent, il l'avait pleinement entendu.

L'instinct en alerte, sa bulle équilibrée se brisa instantanément comme un miroir. Si l'on se fiait à son audition de loup, la source de cette violence provenait d'un coin en contrebas. Il se releva, attrapa ses katanas qu'il accrocha à sa ceinture et s'approcha du grand précipice. Il longea le bord une bonne dizaine de secondes avant d'apercevoir un peu plus loin quelques remues dans la montagne, plus bas, planqué dans un creux. La voûte céleste se reflétait dans cette eau récemment perturbée, qui reprenait peu à peu sa quiétude naturelle. Mais une tâche persistait, ressemblant à un co... Impossible. Quel homme serait assez fou pour sauter d'ici ?

Il repéra le même escalier qu'elle eut emprunté, à peine quelques instants plus tôt, avant de faire le grand saut. Il le descendit à la va vite sans prendre en compte la raideur des marches aussi bancales qu'étroites, complètement absorbé par l'urgence du moment. Il ne cherchait qu'à démonter ses doutes quant à cette silhouette inerte flottant à la surface. Mais au lieu de cela, ses craintes se confirmèrent. L'élément porté par ce lit d'eau avait bel et bien forme humaine, et elle ne bougeait pas. Ses seules mouvements étaient dus à la faible agitation de cet étang perdu.

Une fois ces foutus escaliers dévalés, le garçon courut jusqu'au bord de l'étang, fixant le futur cadavre, si ce n'était pas déjà le cas. Il s'empressa de retirer son t-shirt, et plongea jusqu'à atteindre le suicidé. Ou en l'occurrence, la suicidée. Car une fois qu'il atteignit le corps, il le retourna, et découvrit à sa grande stupeur le visage d'une femme recouvert par des cheveux trempés, aussi ténébreux que les ailes d'un corbeau. Il avait passé un bras sous son dos vers l'arrière des épaules, tandis que son autre main vint à dégager les mèches encombrantes de la potentielle morte. Il aperçut dés lors son minois endormi, aux traits fins et harmonieux, avant de la secouer légèrement :

Oy ! ...... ! Réveille-toi... !!! Hey !!!


La délicatesse et le pirate ? N'y comptez pas. A la place, que de brutalités. Toutefois, il finit par la ramener jusqu'au bord où il la déposa avec tendresse. Pour une fois.
Et maintenant ? Que faire ?
Les gestes du sauvetage idéal voudrait que l'homme place sa bouche sur celle de la demoiselle pour tenter de la réanimer mais cette pensée indisposait notre cher Zoro : " Arg... Même pas en rêve ! "  Il resta planté devant ce morceau féminin quelques temps, comme un con, avant de savoir quoi entreprendre. Déjà, pourquoi ne pas écouter son coeur ? Voir s'il y avait toujours du monde là-dedans ?
Il s'agenouilla prêt d'elle, peu adroit, et pencha sa tête vers cette vulnérabilité inconsciente, frôlant la poitrine de la demoiselle avec son oreille. Une faible pulsation lui fit écarquiller les yeux, tandis qu'il se redressa brusquement. Il analysa un moment la jeune fille de la tête aux pieds, remarquant combien sa peau laiteuse entrait en contraste avec la noirceur de la nuit. Et la lune n'arrangeait rien puisque ses éclats ne firent que mettre en valeur la pâleur de cette chair... Une chair par ailleurs abîmée par quelques entailles pourpres, aux genoux, et au front.

A la vue de ce filet sanguin ruisselant le long de sa tempe, l'homme bougon soupira, et se retira le bandana attaché à son biceps. Il souleva sa tête du bout des doigts afin d'orner son front du bandana.
Maintenant, il fallait attendre. Quel meilleur compagnon qu'une bonne bouteille de rhum ? Il la sortit de sa grande poche et but goulûment sa gorgée. Ce fut alors qu'un début d'idée naquit dans son esprit. Son unique oeil valide jongla deux ou trois entre la bouteille et l'inconsciente et... Il le fit. Dans un premier temps, il passa à plusieurs reprises la bouteille sous le museau de la femelle. Si la puissante effluve du rhum ne suffisait pas, il passerait à l'étape supérieure.

Pas très réactif tout ça...
Il prit alors l'initiative de tremper son doigt dans l'alcool, qu'il fit égoutter sur les lèvres de la femme. Imbiber d'alcool la lèvre d'une personne dans le coma avait porté ses fruits dans le passé, alors pourquoi pas maintenant ? Ca lui éviterait un bouche-à-bouche du désastre.


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† Que ce soit en bien ou en mal, tout le monde connaîtra mon nom †
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MessageSujet: Re: Un ange tombé du ciel.   Mar 22 Mai - 19:14









Un voile de paix s'étendait enfin sur les turpitudes de l'âme agitée d'ai. Dans cette douce inconscience, sans rêve, sans image elle flottait, enfin libre. Peut-être était-ce cela qu'apportait la mort, une infinie quiétude, une sérénité absolue sans tristesse ni joie. Pourtant, ses sens se ravivèrent lentement tout comme sa conscience, ce qui lui indiqua qu'elle ne devait pas être, encore, aux portes du monde des morts. Sa première sensation, au porte de la conscience, fut agréable tout comme la rosée venant se déposer délicatement sur ses lèvres. Des lèvres fines, d'un rose si pâle qu'on aurait pu les croire appartenir à un cadavre, commençaient très légèrement à la picoter. Puis la sensation se fit plus vive au fur et à mesure que le liquide s'y déposait lentement. Imperceptiblement, elles s'écartèrent et laissèrent le fluide s'écouler dans la bouche, dans la gorge. Elle ressentie un léger échauffement qui alla en s'accentuant. Puis, un parfum suave et onctueux lui monta au nez et emplie ses poumons, tourbillon de vanille, de cannelle et de sure. La chaleur du breuvage finit d'aviver ses sens et ai rouvrit ses deux grands grenats sur une forme floue et sombre se découpant sur la grande et lumineuse lune placée haut dans le ciel. Pas un nuage ne venait troubler la sombre clarté de cette nuit étoilée. L'air vif de la nuit courant sur son corps nu encore tout ruisselant d'eau, contrastant avec la chaleur qui l'emplissait peu à peu, acheva de la sortir de sa torpeur bienfaitrice. A ses oreilles, aucun son ne se faisait entendre, la nature était muette tout comme la silhouette au dessus d'elle. Seul un très léger bruissement de feuillage se faisait parfois en tendre. Allongée sur l'herbe brillante et sombre, ai se redressa sur ses coudes. Puis, dans un délicat mouvement, elle se remit sur ses jambes. La tête lui tournait légèrement. Était-ce du à la force du breuvage, de sa violente chute, ou bien des deux, remise debout elle se sentait encore fébrile. Puis elle fit un effort et plissa les yeux pour mieux distinguer l'ombre qui se tenait devant elle, qui sans nul doute devait être un homme.




Ai, posant prudemment un pied après l'autre, et fit un quart d'arc de cercle sur sa droite afin de mieux disserner le personnage. Elle offrait une vision tout aussi singulière qu'énigmatique, telle Salambo apparaissant dans les jardins d'Hamilcar, mais sans corail ni filament d'or pour orner cette étrange beauté. Son corps d’albâtre rayonnait faiblement telle une flamme oblongue devant la masse de verdure. Son corps fin et délicat se mouvait avec une grâce toute aristocratique comme si chacun de ses gestes étaient étudiés, mesurés et cela dans le plus grand naturel. Mais tous laissaient paraître un soupson de langueur, une touche discrète d'abattement. Seule sa longue chevelure noire et luisante des reflets lunaire contrastait violemment sur ce corps gracile et imberbe. Ses seins naissants et délicats auraient put être la promesse d'une femme d'une grande beauté comme il n'en existe que dans l'imagination des artistes. Hélas, elle se trouvait d'être condamnée à garder ce corps presque adolescent. Et sur ce corps tant laiteux qu'immaculé, seul une étrange marque se distinguait à l'orée de son fessier. Son regard tout autant que ses expressions corporelles, démentaientt cette apparente jeunesse. Il était évident qu'en plus du poids des ans, un terrible secret devait pesait sur son âme. Une infinie mélancolie se dégageait de tout son être. A moins d'un mètre, elle se figea devant cet homme mystérieux et posa sur lui ses grands yeux rouges. Et elle entreprit de l'examiner de pied en cape.




A sa hauteur d'yeux, elle vit un torse nu luisant d'eau tout comme elle. La peau cuivrée scintillait sous les rayons lunaires gainant à la perfection les muscles puissants de l'homme. C'est lui qui avait due la sortir de l'eau noire et froide' de l'étang. Pour voir son visage, elle leva sa tête car il la dépassait allègrement d'au moins une trentaine de centimètres. Le visage bien fait, le menton carré, ses traits biens dessinés exprimait une certaine force de caractère, peut-être brutale mais en aucun cas grossière. Ses yeux verts, rendus sombres par la luminosité nocturne, dénotaient une certaine franchise et de petits éclats lumineux brillaient, perchés sur le lobe de son oreille gauche. Trois anneaux de métal y étaient fixés. Néanmoins, ils ne rappelaient pas ceux des jeunes en manquent de signes distinctifs, ou de reconnaissance social. Ces anneaux semblaient avoir une signification tout autre. Et au lieu de prêter à rire d'un phénomène de mode, ceux-ci inspiraient une certaine forme de respect à l'image de certains rites claniques. A cela, s'ajoutait le sérieux d'une cicatrice fendant son œil de haut en bas. Tout comme celles gravées sur son torse. Quelles pouvaient être les sombres histoires qu'elles cachaient ? Etait-il chef de gang, aux ordres ou bien yakuza lui-même ? Quel obscure passé montraient-elles tout en le dissimulant aux yeux des profanes ?



Mais un fait tout aussi singulier fit se poser plus longuement le regard d'ai. Il portait une chevelure verte. Cela n'alla pas sans rappeler à ai les punks, qui généralement hantaient les grandes villes et qu'elle avait vu lors des ses périples dans le monde des vivants. Ce qui ne manqua pas d'atiser son intérêt pour cet étrange personnage. Elle planta ses deux grands yeux cramoisis dans ceux du jeune homme, mais sans défiance aucune. Et dans son regard triste, passa un éclair de curiosité. Imperceptiblement, ses sourcils s'arquèrent, le temps d'un battement de cils, puis retombèrent graves et affligés. Doucement, elle leva sa main de nacre en direction du beau visage en face d'elle. Mais elle arrêta sa main à mis course. Elle ne su pas immédiatement le pourquoi de son geste. Qu'est ce qui en elle avait donc pu produire cet élan ? Par contre, elle su d’instinct qu'une telle familiarité serait à son égard perçue comme inconvenante, voir même grossière. Ai fut elle-même surprise par cet ébauche qui aurait pu être prise pour de la sympathie, alors qu'elle détestait la promiscuité de ces geste affectifs dont elle ignorait tout. Et pourtant elle ne pouvait s'empêcher de trouver certains des aspects de cette scène étrangement familiers. Comme si maintes fois, elle s'était baignée nue dans l'eau avec un quelqu'un la regardant, mais qui pourtant hésitait continuellement à la rejoindre. Cette pensée la contraria vivement et ses grands yeux devinrent luisant et rougeoyant tels des braise. Baissant la tête promptement, elle retrouva son calme en chassant vite fait ses idées perturbantes. Elle pu voir que l'homme portait trois sabres à sa ceintures. Son pantalon dégoulinant montrait des jambes bien faites et musclées, sans excès. De belles bottes de cuir noir finissait de l'habiller.




En baissant sa tête, ai senti quelque chose frôler sa chevelure et dans le coin de son œil, elle aperçu un morceau de tissus qui pendait le long de sa tête. Approchant lentement sa main vers son crane, elle pu sentir que le tissus, tel un ruban lui sertissait le front. Elle comprit que cet inconnu, planté devant elle, avait la délicate attention de bander un blessure qu'elle avait du se faire lors de sa chute. Un étrange sentiment la submergea. Pourquoi avait-il prit la peine de la bander ? Pourquoi même, l'avait-il sorti de l'eau ? Peut-être, simplement par pitié. Mais qui pourrait bien avoir un tel sentiment à son égard, elle, la fille des enfers. Elle qui n'en valait vraiment pas la peine et n'attendait que de rencontrer enfin la mort pour définitivement disparaître de ce monde. Être effacée de la mémoire de tous, n'avoir jamais existé. Elle releva la tête vers lui. Ses yeux remplis d'une infinie mélancolie qu'on aurait pu la croire au bord des larmes, le fixaient de toute leur intensité. Ils auraient voulu exprimer toute une palette de sentiments humains en ces circonstantces particuliaires, mais ne le purent, car inaccessibles ou bien inconnu d'ai. Comment peut-on exprimer la reconnaissance, l'affection, la bonté, la joie lorsque l'on n'en à jamais éprouvé ? Les lèvres d'ai émirent un léger tremblement. D'une voix grave au timbre sourd qui résonnait comme un bien singulier contre-point à sa faible carrure, elle lui adressa cet unique mot dont elle saisissit pas pleinement sa portée:


-"Merci..."


Rien d'autre ne lui était venu à l'esprit, quand bien même il prenait une sonorité toute ironique dans son esprit. S'il l'avait tuée, délivrée de ses ineffables tourments, là le remercient aurait prit pleinement son sens. En revanche, dans ces circonstance, il sonnait creux, vidé de toute substance. Découragée par cette impérieuse révélation, ai baissa la tête, se sentant plus misérable encore. Et avec une voix encore plus ténue et plaintive, nappée de douleur, comme pour répondre à cette raillerie:


-"Mors stupebit et natura cum resurget creatura judicanti responsura..."

(La Mort sera stupéfaite comme la nature, quand l'homme ressuscitera pour répondre face au juge...)


Le trouble en son esprit était toujours bien présent, cet ultime sarcasme ne l'avait pas dissous. Une vague de colère passa rapidement sur elle, à l'évocation de ce qu'elle avait pu être par le passé. Tout aussi promptement, ses yeux prirent un éclat rouge, aussi vif qu'inquiétant. Et d'une sinistre verve, elle lança tel un apophtegme:


-"Dies irae, dies illa, solvet saeclum in favilla..."

(Jour de colère que ce jour là, Où le monde sera réduit en cendre...)


De suite, elle s'en voulu. Que lui avait-prit ? Heureusement, son visage était dirigé vers le sol. En aucun cas elle n'aurait voulu montrer un quelconque signe de colère qui fusse interprété comme un élan offensant ou bien pire, belliqueux. Surtout face à un homme qui avait montré de la bienveillance vis à vis d'elle. La seule personne ne l'ayant jamais fait étant sa regrettée grand mère. Rien que pour cela, ai lui en était reconnaissant.



/* Je suis bien la reine des imbéciles... Que me prend-il de sortir de telle ineptie ! Devant un inconnu et dans un monde qui ne semble pas être le mien qui plus est ! Me voilà bien ridicule maintenant. Car je crois que la fille des enfers à définitivement disparue... Et que maintenant me voici, à mon tour, en enfer. Mais oserais-je lui demander où je me trouve à présent, aurais-je assez de courage pour lui poser cette question qui consume tout mon esprit, tout mon être. Car si finalement, je ne suis plus la fille des enfers, alors qui suis-je ? Tu dois absolument te reprendre ai. Car si le maître des enfers est derrière tout cela, il doit bien rire en te voyant en ce moment. Non, je ne lui ferais pas ce plaisir. Où que je sois, je reviendrais répandre holocaustes en ton royaume. Sois en sûre.*/


Ai serra fortement ses poing, un léger tremblement agita son corps. Relevant la tête vers l'intense regard du jeune homme, de sa voix grave et posée, emplie de douces meutrissures, ai lui demanda:


-"Je suis désolée, mais je ne sais pas où je me trouve ici et maintenant. Je pense que je ne suis plus au japon, n'est pas ?"


Un très léger tremblement, à la fin de sa phrase, pointa, révélant une angoisse profonde. Ses yeux se firent tous grands, dévoilant un profond rouge rubis dans lequel se reflétait une lune laiteuse tout autant qu'une infinie tristesse. Ai voulue se reprendre mais ne montra guère plus d'assurance dans ses paroles. Et le coeur gonflé d'ecchymoses:


-"Veuillez me pardonner pour tout le désagrément que j'ai pu vous occasionner."


Après un bref moment silencieux, la voix au bord des larmes:


-"Ai enma. Je m'appelle ai enma..."



Ruinée, ravagée, anéanti, l'esprit d'ai se perdit dans son univers de désolation et subissait mille supplices. Sa raison s'arquait dangeureusementjusqu'à la limite de la rupture, et c'était bien plus quelle ne pouvait endurer. Pendue aux lèvres du jeune homme, une seule parole de lui pouvait l'anéantir et la jeter dans le précipice sans fond d'éternels tourments. Jamais de son existence, ai n'avait connue une telle détresse, une telle fragilité. Son esprit, déjà se fissurait d'innombrables lézardes. Sous le poids insoutenable de cet accablement, ses genoux fléchirent, ses jambes se dérobèrent et elle tomba telle une feuille morte portée par le vent sur ses fragiles articulations. Agenouillée et baissant la tête, ses longs cheveux noirs dégagés de sa nuque, ici allait se jouer le dernier acte de son existence dont l'acmé serait sa mise à mort. D'un instant à l'autre, ai savait que le funeste couperet allait s'abattre enfin sur elle, que le rideau se baisserait à tout jamais sur la scène de son existence impie.





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Un ange tombé du ciel.
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