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Un ange tombé du ciel.
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MessageSujet: Un ange tombé du ciel.   Mar 8 Mai - 2:09





Un ange tombé du ciel.

Ai Enma et Zoro Roronoa.




Ai cheminait sur le sentier boueux depuis plusieurs heures sans rencontrer âme qui vive. Arrivée à une patte d'oie, à droite il semblait se diriger vers une ville au loin qu'elle n'avait pas remarquée. A gauche, il serpentait vers une petite chaîne montagneuse. Elle s'arrêta, leva sa tête vers le ciel. Ses grands yeux rouges sombres fixaient les impressionnants cumulo-nimbus se dressant tels des colosses défiant les cieux. Immenses guerriers belliqueux à l'armure d'argent scintillante, prêt à faire retentir le grondement de leurs combats, le fracas étincelant de leurs armes en de lumineux éclairs. Mais pour l'instant, les immenses guerriers restaient immobiles, figés comme des statues, témoins mués d'ancestrales batailles. Au delà, l'azur profond d'un ciel sans limite. La pluie avait cessée et ai pouvait maintenant sentir un léger vent frais et piquant parcourir son visage de craie. Elle ferma les yeux un long moment pour capturer l'essence même de ce spectacle et s'abandonner lascivement à cette douce tristesse. Rouvrant les yeux, elle poussa un bref soupir, plongea sont regard sur ses mocassins. Depuis bien longtemps, le vernis noir avait disparut sous une épaisse couche de boue ocre qui peinait à sécher. Quant au reste de ses vêtements, le tableau n'était guère plus satisfaisant. Jupe et chemisier tous deux largement maculés eux aussi d'ocre brun. C'est ainsi quelle pris le sentier qui lui éviterait de croiser des êtres humains. Brutalement, son regard s'assombrit sans qu'elle en sache la raison.



Paresseusement, le sentier s'étira en une sente rouille tel une blessure griffant le vert tendre du feuillage des châtaignés. Les fossés la bordant étaient envahies par les hampes majestueuses des digitales, rivalisantes d'éclats de magentas et de violets. Les jeunes pousses verts tendre des fougères aigles poussaient non sans difficulté es les feuilles lourdes et lancéolés des imposantes scrofulariacées. Et sous le soleil de ce début d'après midi, le bois dégageait des senteurs sucrées, parfois âcres, d'humus frais, de champignons et de bois pourrissant. A cela venait s'ajouter l'odeur imperceptible de l'oxyde ferreux de la terre laissant un étrange goût métallique dans la bouche, non sans rappeler celui du sang. Mais le printemps n'avait pas réveillé que le silencieux monde végétale, un monde plus bruyant lui aussi se trouvait d'être sous sa férule. Affairé à violemment tambouriner de son dur bec le tronc des arbres, un pic épeiche prenait une pause pour émettre de petits cris courts, rauques et secs. En contre chant, les phrases gazouillées d'un verdier lui donnaient la réplique. Et contre toute attente, de ces mélanges sonores, le bois tout entier résonnait d'une agréable harmonie.




Ai était attentive à la moindre couleur, au moindre son, à la plus diffuse des senteurs. Mais à chaque fois qu'un agréable sentiment provenant de cette capiteuse pastorale voulait l'étreindre, une boule d'acier noire, froide, pesante, lui nouait l'estomac. Cette délectation lui était interdite. Alors, inutile de lutter. A quoi bon souffrir inutilement quand les bras analgésiques de la mélancolie s'ouvrent à vous et plongent votre âme dans une perpétuelle neurasthénie balayant toutes turpitudes, marques de ces êtres misérables que sont les humains. Le pas d'ai se fit plus lent, plus pesant. Elle marchait le dos légèrement voûté, pliant sous le poids de cet amer constat. Ses yeux ne se ballaidaient plus, maintenant ils fixaient le sol. Comme si plus jamais ils n'allaient s'en décrocher. Elle se mit à serrer fort contre elle son livre qui fut miraculeusement épargné des intempéries. Ne pensant plus à rien, elle marchait sans but.



Soudainement, elle tomba sur le sol gravillonneux de la sente. Elle venait de trébucher sur un silex sortant du sol. Le livre atterrit mollement à ses cotés. De ses deux mains, ai avait amortit la chute. Et à quatre pattes sur le gravier, elle fixait toujours le sol. Même dans cet inconfort, elle ne se redressa pas. Le temps d'un battement de cils ses yeux devinrent d'un rouges incandescents. Le vide. Un immense vide, voilà ce que ressentait ai en cet instant. Puis elle s’assit sur ses talons, ramena le livre tout contre elle et jeta un coup d’œil à ses genoux d'où lui parvenait un piquante douleur. D'une petite coupure au dessus du genoux, un filet de sang vermeille s'écoulaient doucement tout autour des gravillons plantés dans sa peau blanche. Lentement, des entrelacs se firent et dessinèrent une bien singulière fleur de lycoris qui plongea doucement ai dans une profonde mélancolie. Les grandes étendues de ces fleurs qui chez elle étaient éternellement fleuries, lui revinrent en mémoire. Mais elle ne voulait pas y penser. Pas maintenant. Alors, elle se concentra sur les fines gouttelettes de sangs s'écrasant sur l'orangé du sol et formant des tâches sombres. Elle resta là, à regarder cet incongru spectacle jusqu'au moment où le sang se mit peu à peu à sécher. Un violent contraste apparut entre la couleur du sang coagulé, presque noir, et la blancheur de sa peau. Encore un fois, ai se perdait dans ses contemplations. Ainsi, ayant retrouvé sa salvatrice tristesse, ai se releva promptement et se remit en chemin, le pas plus léger. Elle n'avait même pas pris la peine d'essuyer ses genoux.
Non, elle ne voulait pas repenser aux fleurs si chéries par le passé. Elle devait avancer même si elle ne savait pas où aller. En cet instant, seul compte le cheminement. Étrangement elle repensa à une parabole du Bouddha où un homme s'adressant à lui, déclara:" je veux être heureux". Ce à quoi Bouddha répondit:"Enlève je, ton égo, enlève veux, ton désir, il reste heureux". Finalement, il ne resta à ai qu'à remplacer heureux par triste pour que tout soit parfait dans son univers.




Poussivement, la sente grimpait le long de la montagne. Les châtaignées firent place aux hêtres et aux épicéas. Dans les bas fossés, apparurent la gentiane jaune et l'arnica des montagnes. Puis, le bleu tranchant de l'azur s'émoussa pour virer à l’indigo profond. Peu à peu les chants d'oiseaux se turent révélant les sons feutrées des insectes grouillants. Et vint le furtif moment où le soleil embrase le ciel. Cet instant se figea en ai. Elle resta là, interdite, sur le chemin, fixant les orangés et les rouges provoqués par l'astre. Si elle avait pu, elle en aurait pleurée. Une vague colossale de nostalgie monta en elle, qui ébranla ton son être, ravagea son esprit. Elle tomba lourdement, les deux genoux à terre sans prendre garde à la douleur, les cailloux lui déchirant sa peau blanche. Mais ses yeux ne pouvant se soustraire à ce spectacle qui d'un coup d'un seul l'avait totalement anéantie. Son estomac se révulsa violemment, mais elle ne pu vomir. Sous le coup répété des convulsions, il lui semblait que ses entrailles se déchiraient. Et telle un jeune louveteau mortellement blessé, ai ne pu retenir un cri primal:



-"Grand mère, aide-moi ! Par pitié aide-moi !"



Il y bien longtemps, dans une autre de ses vies, ai avait déjà poussé un tel cri. Lorsqu'elle fut enterrée vivante pour la deuxième fois à l'âge de ses treize ans. Mais de cela, elle n'en avait plus le souvenir.



Mais, rien que le silence, cet abominable silence. Toujours à fixer le soleil qui déclinait lentement, son infinie tristesse se mua en une angoisse sans nom. Ces rougeoiements allaient disparaître, tout comme son espoir de rentrer chez. Terrassée, elle s’allongea à même la terre du chemin et se lova telle une petite enfant. Sans espoir, perdue, elle voulu que ce cauchemar puisse enfin s'arrêter, même si cela signifiait qu'elle due mourir. Ai resta ainsi des heures durant, sachant que la mort qu'elle avait invoquée ne viendrait, hélas pas. Le rayon de lune caressait sa peau de craie. Elle ressemblait à s'y méprendre à une apparition fantomatique déposée à même le sol, délaissée. L'esprit vide de tout désir, abattue par tant de mélancolie, posément, elle se remit debout, ramassa son livre et machinalement, reprit son chemin. Il lui fallut plusieurs heures avant de formuler des pensées cohérentes et asservir ses ressentis.




Elle remarqua, que plus loin, le coté du chemin qui donnait sur la falaise en contre bas était dégagé de tout arbre. Elle accéléra le pas afin de profiter de la vue dégagée qu'offrait ce promontoire. Là elle pu regarder la lune dans toute sa magnificence et elle fut envahie d'une tristesse presque légère et bienveillante. Ai ne savait pas pourquoi mais elle aimait la lune et appréciait de se laisser envahir par un doucereux vague à l'âme. La brise nocturne fit voleter ses longs cheveux noirs tout autour de son visage d’albâtre. L'air était légèrement piquant, chargé des effluves de résineux. La nature alentour exaltait une grande paix. Ai pouvait la contempler, la ressentir et l'éprouver au travers de la grandeur de son spleen.



Des croassements de batraciens se faisaient entendre. Ils résonnaient dans le silence. Alors, ai regarda vers le bas de la falaise, elle aperçu un miroitement tel un éclat d'obsidienne. Un tout petit étang se trouvait niché au creux d'une terrasse en contre-bas à une vingtaine de mètres. Reflétant la lune, il brillait au milieux des sombres épicéas. Ai voulu y descendre. En regardant de plus près, elle vit qu'un escalier avait été creusé à même la falaise. Enfin, plutôt de petites excavations afin d'y loger les pieds et de s'y tenir avec les mains. Elle entreprit donc la descente qui fut plus aisée qu'elle n'y paraissait. Les berges de l'étang étaient envahie par de grands scolopendres dont les feuilles vernissées reflétaient des éclats de lune.




Elle se déshabilla, prit ses vêtements et commença à les laver soigneusement dans l'eau froide et noire. Puis, ce fut le tour de ses mocassins, auxquels elle apporta un soin tout particulier. Une fois ses vêtements propres, elle les plia, mouillés, soigneusement et les posa sur la berge. A coté, elle y déposa ses souliers.



Une fois cette tâche accomplie, elle remonta la falaise. Elle posa ses pieds juste au bord et regarda la lune fixement. Son visage, même triste, reflétait une certaine sérénité. Elle ne connaissait pas ce monde. Elle ne savait pas s'il s'agissait d'une illusion du maître des enfers, ni même si elle s'y trouvait. Alors, un espoir avait germé dans son esprit. Peut-être était-elle devenue mortelle ici-bas. Cette pensée la rassura. Ai chuchota comme pour préserver la sacralité du lieu:



-"La douleur et l'ennui se sont gravés sur mon cœur flétri. Perdue la page de mes souvenirs. Les images ont brûlées et maintenant le vide me rempli.
C'est sur les clous rouillés de l'existence que s'écorche mon âme. Mémoire lavée au vitriol du désespoir, anéantissement tranquille qui me jette dans le gouffre du délire,
Papa, maman, dans le précipice de la solitude, je vous rejoins, avant que mon âme égarée ne se noie dans les orgues amers de mes désillusions."



D'une poussée délicate du pied, ai se jeta dans le vide. C'est triste mais sereine que son corps percuta avec force la surface miroitante. Une grande gerbe d'eau. Puis, plus rien, le silence à nouveau. Après quelques instants, reprirent les croassement des batraciens interrompus dans leurs chants nuptiaux. Puis, son petit corps blanc vint refaire surface. Les cheveux tout autour de sa tête luisaient sous la lumière blafarde tout comme le reste de son corps qui flottait. Le visage tourné vers le fond de l’abîme noirâtre avait les yeux clos, et l'on aurait presque pu croire qu'un sourire pu se dessiner. Mais seule une profonde tristesse s'y était figée. Un mince filet de sang se mélangeait aux eaux noires. Un coupure au front fut l'unique témoignage de son acte. Ai, ni ne pensait, ni ne rêvait. Pour la première fois depuis des siècles, elle trouva enfin la paix. Encore fallait-il qu'elle tombe dans l'inconscience.







Dernière édition par Ai Enma le Sam 30 Juin - 21:36, édité 7 fois
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Roronoa Zoro Le pirate perdu

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MessageSujet: Re: Un ange tombé du ciel.   Dim 20 Mai - 21:42





天から落ちた天使

feat. Une fille mystérieuse




Musique


Un beau jour, ou peut-être une nuit.. Dans un lac, elle s'était endormie.... ♫  farao  


Au sommet des toits minshujin, appelés également "montagnes", un "sage" guerrier se reposait à la faible lueur du soleil couchant. L'atmosphère crépusculaire chauffait ses muscles en méditation à la parfaite température. Les rayons pénétraient sa chair, et un air de sérénité régnait sur les lieux bercé par la fraîcheur d'une brise. Assis en tailleur, les yeux clos, et ses katanas déposés non loin de lui, rien ni personne ne perturbait cette richesse ambiante propre à la haute altitude. Il convoitait ces sanctuaires naturels pour cette tranquillité absolue. Pas moyen qu'un abruti vienne l'emmerder pendant sa petite séance. Que c'était bon...

Il y resta jusqu'à une heure avancée de la nuit, alors que le soleil laissait place à la grande lune argentée, muse de nombreuses plumes. Elle se dressait là-haut, comme le point d'un i, habillant la vallée de sa robe lactée.
Mais ce fut dans ce calme olympien qu'une sonorité atypique ébranla l'endroit. Voilà quelques heures que l'épéiste apprenait et connaissait les bruits de cette montagne, et il ne fallait pas être un génie pour comprendre que celui-ci n'en faisait pas partie. Il entachait trop. On aurait dit une espèce de "plouf" épouvantable comme si l'on venait de jeter un sac à patate dans un lac, quelque chose de très aquatique et violent. Il ignorait que de l'eau se trouvait à proximité. Les fortes falaises surplombant l'horizon accentuaient l'impact de la chute. Par conséquent, il l'avait pleinement entendu.

L'instinct en alerte, sa bulle équilibrée se brisa instantanément comme un miroir. Si l'on se fiait à son audition de loup, la source de cette violence provenait d'un coin en contrebas. Il se releva, attrapa ses katanas qu'il accrocha à sa ceinture et s'approcha du grand précipice. Il longea le bord une bonne dizaine de secondes avant d'apercevoir un peu plus loin quelques remues dans la montagne, plus bas, planqué dans un creux. La voûte céleste se reflétait dans cette eau récemment perturbée, qui reprenait peu à peu sa quiétude naturelle. Mais une tâche persistait, ressemblant à un co... Impossible. Quel homme serait assez fou pour sauter d'ici ?

Il repéra le même escalier qu'elle eut emprunté, à peine quelques instants plus tôt, avant de faire le grand saut. Il le descendit à la va vite sans prendre en compte la raideur des marches aussi bancales qu'étroites, complètement absorbé par l'urgence du moment. Il ne cherchait qu'à démonter ses doutes quant à cette silhouette inerte flottant à la surface. Mais au lieu de cela, ses craintes se confirmèrent. L'élément porté par ce lit d'eau avait bel et bien forme humaine, et elle ne bougeait pas. Ses seules mouvements étaient dus à la faible agitation de cet étang perdu.

Une fois ces foutus escaliers dévalés, le garçon courut jusqu'au bord de l'étang, fixant le futur cadavre, si ce n'était pas déjà le cas. Il s'empressa de retirer son t-shirt, et plongea jusqu'à atteindre le suicidé. Ou en l'occurrence, la suicidée. Car une fois qu'il atteignit le corps, il le retourna, et découvrit à sa grande stupeur le visage d'une femme recouvert par des cheveux trempés, aussi ténébreux que les ailes d'un corbeau. Il avait passé un bras sous son dos vers l'arrière des épaules, tandis que son autre main vint à dégager les mèches encombrantes de la potentielle morte. Il aperçut dés lors son minois endormi, aux traits fins et harmonieux, avant de la secouer légèrement :

Oy ! ...... ! Réveille-toi... !!! Hey !!!


La délicatesse et le pirate ? N'y comptez pas. A la place, que de brutalités. Toutefois, il finit par la ramener jusqu'au bord où il la déposa avec tendresse. Pour une fois.
Et maintenant ? Que faire ?
Les gestes du sauvetage idéal voudrait que l'homme place sa bouche sur celle de la demoiselle pour tenter de la réanimer mais cette pensée indisposait notre cher Zoro : " Arg... Même pas en rêve ! "  Il resta planté devant ce morceau féminin quelques temps, comme un con, avant de savoir quoi entreprendre. Déjà, pourquoi ne pas écouter son coeur ? Voir s'il y avait toujours du monde là-dedans ?
Il s'agenouilla prêt d'elle, peu adroit, et pencha sa tête vers cette vulnérabilité inconsciente, frôlant la poitrine de la demoiselle avec son oreille. Une faible pulsation lui fit écarquiller l'oeil, tandis qu'il se redressa brusquement. Il analysa un moment la jeune fille de la tête aux pieds, remarquant combien sa peau laiteuse entrait en contraste avec la noirceur de la nuit. Et la lune n'arrangeait rien puisque ses éclats ne firent que mettre en valeur la pâleur de cette chair... Une chair par ailleurs abîmée par quelques entailles pourpres, aux genoux, et au front.

A la vue de ce filet sanguin ruisselant le long de sa tempe, l'homme bougon soupira, et se retira le bandana attaché à son biceps. Il souleva sa tête du bout des doigts afin d'orner son front du bandana.
Maintenant, il fallait attendre. Quel meilleur compagnon qu'une bonne bouteille de rhum ? Il la sortit de sa grande poche et but goulûment sa gorgée. Ce fut alors qu'un début d'idée naquit dans son esprit. Son unique oeil valide jongla deux ou trois entre la bouteille et l'inconsciente et... Il le fit. Dans un premier temps, il passa à plusieurs reprises la bouteille sous le museau de la femelle. Si la puissante effluve du rhum ne suffisait pas, il passerait à l'étape supérieure.

Pas très réactif tout ça...
Il prit alors l'initiative de tremper son doigt dans l'alcool, qu'il fit égoutter sur les lèvres de la femme. Imbiber d'alcool la lèvre d'une personne dans le coma avait porté ses fruits dans le passé, alors pourquoi pas maintenant ? Ca lui éviterait un bouche-à-bouche du désastre.


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† Que ce soit en bien ou en mal, tout le monde connaîtra mon nom †
Fiche Technique


Dernière édition par Roronoa Zoro le Ven 1 Juin - 14:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un ange tombé du ciel.   Mar 22 Mai - 19:14









Un voile de paix s'étendait enfin sur les turpitudes de l'âme agitée d'ai. Dans cette douce inconscience, sans rêve, sans image elle flottait, enfin libre. Peut-être était-ce cela qu'apportait la mort, une infinie quiétude, une sérénité absolue sans tristesse ni joie. Pourtant, ses sens se ravivèrent lentement tout comme sa conscience, ce qui lui indiqua qu'elle ne devait pas être, encore, aux portes du monde des morts. Sa première sensation, au porte de la conscience, fut agréable tout comme la rosée venant se déposer délicatement sur ses lèvres. Des lèvres fines, d'un rose si pâle qu'on aurait pu les croire appartenir à un cadavre, commençaient très légèrement à la picoter. Puis la sensation se fit plus vive au fur et à mesure que le liquide s'y déposait lentement. Imperceptiblement, elles s'écartèrent et laissèrent le fluide s'écouler dans la bouche, dans la gorge. Elle ressentie un léger échauffement qui alla en s'accentuant. Puis, un parfum suave et onctueux lui monta au nez et emplie ses poumons, tourbillon de vanille, de cannelle et de sure. La chaleur du breuvage finit d'aviver ses sens et ai rouvrit ses deux grands grenats sur une forme floue et sombre se découpant sur la grande et lumineuse lune placée haut dans le ciel. Pas un nuage ne venait troubler la sombre clarté de cette nuit étoilée. L'air vif de la nuit courant sur son corps nu encore tout ruisselant d'eau, contrastant avec la chaleur qui l'emplissait peu à peu, acheva de la sortir de sa torpeur bienfaitrice. A ses oreilles, aucun son ne se faisait entendre, la nature était muette tout comme la silhouette au dessus d'elle. Seul un très léger bruissement de feuillage se faisait parfois en tendre. Allongée sur l'herbe brillante et sombre, ai se redressa sur ses coudes. Puis, dans un délicat mouvement, elle se remit sur ses jambes. La tête lui tournait légèrement. Était-ce du à la force du breuvage, de sa violente chute, ou bien des deux, remise debout elle se sentait encore fébrile. Puis elle fit un effort et plissa les yeux pour mieux distinguer l'ombre qui se tenait devant elle, qui sans nul doute devait être un homme.




Ai, posant prudemment un pied après l'autre, et fit un quart d'arc de cercle sur sa droite afin de mieux disserner le personnage. Elle offrait une vision tout aussi singulière qu'énigmatique, telle Salambo apparaissant dans les jardins d'Hamilcar, mais sans corail ni filament d'or pour orner cette étrange beauté. Son corps d’albâtre rayonnait faiblement telle une flamme oblongue devant la masse de verdure. Son corps fin et délicat se mouvait avec une grâce toute aristocratique comme si chacun de ses gestes étaient étudiés, mesurés et cela dans le plus grand naturel. Mais tous laissaient paraître un soupson de langueur, une touche discrète d'abattement. Seule sa longue chevelure noire et luisante des reflets lunaire contrastait violemment sur ce corps gracile et imberbe. Ses seins naissants et délicats auraient put être la promesse d'une femme d'une grande beauté comme il n'en existe que dans l'imagination des artistes. Hélas, elle se trouvait d'être condamnée à garder ce corps presque adolescent. Et sur ce corps tant laiteux qu'immaculé, seul une étrange marque se distinguait à l'orée de son fessier. Son regard tout autant que ses expressions corporelles, démentaientt cette apparente jeunesse. Il était évident qu'en plus du poids des ans, un terrible secret devait pesait sur son âme. Une infinie mélancolie se dégageait de tout son être. A moins d'un mètre, elle se figea devant cet homme mystérieux et posa sur lui ses grands yeux rouges. Et elle entreprit de l'examiner de pied en cape.




A sa hauteur d'yeux, elle vit un torse nu luisant d'eau tout comme elle. La peau cuivrée scintillait sous les rayons lunaires gainant à la perfection les muscles puissants de l'homme. C'est lui qui avait due la sortir de l'eau noire et froide' de l'étang. Pour voir son visage, elle leva sa tête car il la dépassait allègrement d'au moins une trentaine de centimètres. Le visage bien fait, le menton carré, ses traits biens dessinés exprimait une certaine force de caractère, peut-être brutale mais en aucun cas grossière. Ses yeux verts, rendus sombres par la luminosité nocturne, dénotaient une certaine franchise et de petits éclats lumineux brillaient, perchés sur le lobe de son oreille gauche. Trois anneaux de métal y étaient fixés. Néanmoins, ils ne rappelaient pas ceux des jeunes en manquent de signes distinctifs, ou de reconnaissance social. Ces anneaux semblaient avoir une signification tout autre. Et au lieu de prêter à rire d'un phénomène de mode, ceux-ci inspiraient une certaine forme de respect à l'image de certains rites claniques. A cela, s'ajoutait le sérieux d'une cicatrice fendant son œil de haut en bas. Tout comme celles gravées sur son torse. Quelles pouvaient être les sombres histoires qu'elles cachaient ? Etait-il chef de gang, aux ordres ou bien yakuza lui-même ? Quel obscure passé montraient-elles tout en le dissimulant aux yeux des profanes ?



Mais un fait tout aussi singulier fit se poser plus longuement le regard d'ai. Il portait une chevelure verte. Cela n'alla pas sans rappeler à ai les punks, qui généralement hantaient les grandes villes et qu'elle avait vu lors des ses périples dans le monde des vivants. Ce qui ne manqua pas d'atiser son intérêt pour cet étrange personnage. Elle planta ses deux grands yeux cramoisis dans ceux du jeune homme, mais sans défiance aucune. Et dans son regard triste, passa un éclair de curiosité. Imperceptiblement, ses sourcils s'arquèrent, le temps d'un battement de cils, puis retombèrent graves et affligés. Doucement, elle leva sa main de nacre en direction du beau visage en face d'elle. Mais elle arrêta sa main à mis course. Elle ne su pas immédiatement le pourquoi de son geste. Qu'est ce qui en elle avait donc pu produire cet élan ? Par contre, elle su d’instinct qu'une telle familiarité serait à son égard perçue comme inconvenante, voir même grossière. Ai fut elle-même surprise par cet ébauche qui aurait pu être prise pour de la sympathie, alors qu'elle détestait la promiscuité de ces geste affectifs dont elle ignorait tout. Et pourtant elle ne pouvait s'empêcher de trouver certains des aspects de cette scène étrangement familiers. Comme si maintes fois, elle s'était baignée nue dans l'eau avec un quelqu'un la regardant, mais qui pourtant hésitait continuellement à la rejoindre. Cette pensée la contraria vivement et ses grands yeux devinrent luisant et rougeoyant tels des braise. Baissant la tête promptement, elle retrouva son calme en chassant vite fait ses idées perturbantes. Elle pu voir que l'homme portait trois sabres à sa ceintures. Son pantalon dégoulinant montrait des jambes bien faites et musclées, sans excès. De belles bottes de cuir noir finissait de l'habiller.




En baissant sa tête, ai senti quelque chose frôler sa chevelure et dans le coin de son œil, elle aperçu un morceau de tissus qui pendait le long de sa tête. Approchant lentement sa main vers son crane, elle pu sentir que le tissus, tel un ruban lui sertissait le front. Elle comprit que cet inconnu, planté devant elle, avait la délicate attention de bander un blessure qu'elle avait du se faire lors de sa chute. Un étrange sentiment la submergea. Pourquoi avait-il prit la peine de la bander ? Pourquoi même, l'avait-il sorti de l'eau ? Peut-être, simplement par pitié. Mais qui pourrait bien avoir un tel sentiment à son égard, elle, la fille des enfers. Elle qui n'en valait vraiment pas la peine et n'attendait que de rencontrer enfin la mort pour définitivement disparaître de ce monde. Être effacée de la mémoire de tous, n'avoir jamais existé. Elle releva la tête vers lui. Ses yeux remplis d'une infinie mélancolie qu'on aurait pu la croire au bord des larmes, le fixaient de toute leur intensité. Ils auraient voulu exprimer toute une palette de sentiments humains en ces circonstantces particuliaires, mais ne le purent, car inaccessibles ou bien inconnu d'ai. Comment peut-on exprimer la reconnaissance, l'affection, la bonté, la joie lorsque l'on n'en à jamais éprouvé ? Les lèvres d'ai émirent un léger tremblement. D'une voix grave au timbre sourd qui résonnait comme un bien singulier contre-point à sa faible carrure, elle lui adressa cet unique mot dont elle saisissit pas pleinement sa portée:


-"Merci..."


Rien d'autre ne lui était venu à l'esprit, quand bien même il prenait une sonorité toute ironique dans son esprit. S'il l'avait tuée, délivrée de ses ineffables tourments, là le remercient aurait prit pleinement son sens. En revanche, dans ces circonstance, il sonnait creux, vidé de toute substance. Découragée par cette impérieuse révélation, ai baissa la tête, se sentant plus misérable encore. Et avec une voix encore plus ténue et plaintive, nappée de douleur, comme pour répondre à cette raillerie:


-"Mors stupebit et natura cum resurget creatura judicanti responsura..."

(La Mort sera stupéfaite comme la nature, quand l'homme ressuscitera pour répondre face au juge...)


Le trouble en son esprit était toujours bien présent, cet ultime sarcasme ne l'avait pas dissous. Une vague de colère passa rapidement sur elle, à l'évocation de ce qu'elle avait pu être par le passé. Tout aussi promptement, ses yeux prirent un éclat rouge, aussi vif qu'inquiétant. Et d'une sinistre verve, elle lança tel un apophtegme:


-"Dies irae, dies illa, solvet saeclum in favilla..."

(Jour de colère que ce jour là, Où le monde sera réduit en cendre...)


De suite, elle s'en voulu. Que lui avait-prit ? Heureusement, son visage était dirigé vers le sol. En aucun cas elle n'aurait voulu montrer un quelconque signe de colère qui fusse interprété comme un élan offensant ou bien pire, belliqueux. Surtout face à un homme qui avait montré de la bienveillance vis à vis d'elle. La seule personne ne l'ayant jamais fait étant sa regrettée grand mère. Rien que pour cela, ai lui en était reconnaissant.



/* Je suis bien la reine des imbéciles... Que me prend-il de sortir de telle ineptie ! Devant un inconnu et dans un monde qui ne semble pas être le mien qui plus est ! Me voilà bien ridicule maintenant. Car je crois que la fille des enfers à définitivement disparue... Et que maintenant me voici, à mon tour, en enfer. Mais oserais-je lui demander où je me trouve à présent, aurais-je assez de courage pour lui poser cette question qui consume tout mon esprit, tout mon être. Car si finalement, je ne suis plus la fille des enfers, alors qui suis-je ? Tu dois absolument te reprendre ai. Car si le maître des enfers est derrière tout cela, il doit bien rire en te voyant en ce moment. Non, je ne lui ferais pas ce plaisir. Où que je sois, je reviendrais répandre holocaustes en ton royaume. Sois en sûre.*/


Ai serra fortement ses poing, un léger tremblement agita son corps. Relevant la tête vers l'intense regard du jeune homme, de sa voix grave et posée, emplie de douces meutrissures, ai lui demanda:


-"Je suis désolée, mais je ne sais pas où je me trouve ici et maintenant. Je pense que je ne suis plus au japon, n'est pas ?"


Un très léger tremblement, à la fin de sa phrase, pointa, révélant une angoisse profonde. Ses yeux se firent tous grands, dévoilant un profond rouge rubis dans lequel se reflétait une lune laiteuse tout autant qu'une infinie tristesse. Ai voulue se reprendre mais ne montra guère plus d'assurance dans ses paroles. Et le coeur gonflé d'ecchymoses:


-"Veuillez me pardonner pour tout le désagrément que j'ai pu vous occasionner."


Après un bref moment silencieux, la voix au bord des larmes:


-"Ai enma. Je m'appelle ai enma..."



Ruinée, ravagée, anéanti, l'esprit d'ai se perdit dans son univers de désolation et subissait mille supplices. Sa raison s'arquait dangeureusementjusqu'à la limite de la rupture, et c'était bien plus quelle ne pouvait endurer. Pendue aux lèvres du jeune homme, une seule parole de lui pouvait l'anéantir et la jeter dans le précipice sans fond d'éternels tourments. Jamais de son existence, ai n'avait connue une telle détresse, une telle fragilité. Son esprit, déjà se fissurait d'innombrables lézardes. Sous le poids insoutenable de cet accablement, ses genoux fléchirent, ses jambes se dérobèrent et elle tomba telle une feuille morte portée par le vent sur ses fragiles articulations. Agenouillée et baissant la tête, ses longs cheveux noirs dégagés de sa nuque, ici allait se jouer le dernier acte de son existence dont l'acmé serait sa mise à mort. D'un instant à l'autre, ai savait que le funeste couperet allait s'abattre enfin sur elle, que le rideau se baisserait à tout jamais sur la scène de son existence impie.







Dernière édition par Ai Enma le Jeu 16 Aoû - 21:08, édité 4 fois
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Roronoa Zoro Le pirate perdu

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MessageSujet: Re: Un ange tombé du ciel.   Dim 10 Juin - 16:21





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Le sabreur savoura la réussite de son sauvetage in extremis, et rangea la bouteille pendant que la demoiselle « en détresse » émergeait de sa brume. Elle semblait revenir de loin, très loin. Si loin qu’il ne vit pas le fond de ses prunelles sanguines. Ses paupières s’ouvrirent progressivement sur deux profonds rubis inquiétants. Quelle couleur atypique pour un regard. En général, on associait le rouge aux yeux sataniques alors quand on le trouvait dans ceux d’une jeune « adolescente innocente », on était en droit de se poser des questions. Peut-être portait-elle des lentilles ? Pour correspondre à un effet de mode ? Pour tout dire, il n’y connaissait pas grand-chose.
Surtout que cette déconcertante situation conviait le pirate à s’interroger sur des questions bien plus existentielles, comme : Pourquoi ce putain de grand plongeon ma sœur ?!
Cependant, la rudesse du personnage comptait des limites, il n’était pas encore assez bourrin pour l’agresser avec tout un interrogatoire accablant alors qu’elle sortait tout juste d’un trouble, voire un traumatisme. Déjà qu’elle voyait flou après cette furtive noyade... En rajouter n'était pas la meilleure idée.
A peine reprit-elle conscience qu’elle se redressa sur ses deux jambes fébriles pour enchaîner quelques pas. Elle ressemblait à un faon déséquilibré entrain d’apprendre à marcher : Bambi. De plus, ses courbes délicates rappelaient sans détour la succulente élégance de cet animal, admiré pour sa beauté emplie d’allégresse. La jeune biche continua son avancée maladroitement gracile jusqu’à un point, où elle en profita pour se tourner vers son « ange gardien » d’une nuit : L’homme qui l’avait sauvé d’une mort certaine.

Qu’est-ce qui poussait une telle jeune fille à un acte aussi lugubre ? En toute honnêteté, le garçon n’approfondissait pas véritablement la question. Il n’était pas né pour philosopher, alors il ne portait pas de jugement sur ce geste. Parfois l’on voulait simplement en finir..
La jolie biche égarée scruta son sauveur de la tête aux pieds. Elle le dévisageait minutieusement, à tel point que le Roronoa se sentit comme un rat décortiqué en laboratoire. Elle étudiait chacun de ses membres, il savait qu’aucun détail ne lui échappait. Il avait de plus en plus le sentiment de contempler une biche, rencontrée inopinément en forêt. Un moment sacré. Il suffisait de s’imaginer un face à face avec ce bel animal pour le comprendre. Croiser le regard de la plus belle créature de la forêt, mais aussi la plus farouche et donc la plus difficilement observable… Ca ne vous laissait pas indemne. Zoro le ressentait ainsi, elle dégageait une aura spéciale. Mais au lieu de finir par se défiler, elle restait, familière. Et elle parlait aussi.
Magnifique.

Un signe de reconnaissance perla entre ses petites lèvres rosées, un « merci » timide, presque mécanique sans consistance. De la courtoisie ? Quelque part, si elle avait sérieusement en tête d’en terminer et qu’il avait niqué son ultime moment, il s’avérait compréhensible qu’elle ne lui saute pas au cou.

Elle se mit dès lors à murmurer un flot de paroles incompréhensibles, aussi sinistres qu'intrigantes. Les sons perçus lui rappelaient ces anciens langages plus vieux que le monde. Il entendit des resonnances dignes des rites sacrés. Récitait-elle une incantation ? Lui jetait-elle un sort ? Pourtant elle empruntait ce timbre appitoyé.
La tête inclinée vers le sol, il passa à côté d'une expression menaçante, mais ces quelques mots étrangers et cette mine dans l'ombre ne le laissa pas pour autant sans méfiance. Il fixait cette tête brune d'un oeil attentif, amenant discrètement une main aux alentours de ses sabres, prêt à lui trancher la tête à tout moment si jamais elle se transformait en démon ou allez savoir quelle connerie du type. Sa beauté ne la sauverait pas. Il en avait tellement vu sur ce continent du sheitan, même si ce n'était jamais plaisant de tuer une créature aussi mystique.

Quand elle adopta un langage commun, le regard à nouveau remonté vers lui, il expira légèrement tandis que ses épaules crispées se détendirent. Toutefois, sa main prudente ne se lassait pas de roder autour de ses armes. Il réalisa avant tout que la biche était égarée parmi les grandes ombres de ce monde. Elle évoqua le Japon, la terre d'où elle provenait probablement.
Ce n'était pas la première fois qu'il entendait parler de ce pays, preuve que les dieux pompaient beaucoup de leurs élus par là-bas. ... Une armée d'élite se concentrait certainement sur cette terre inconnue au bataillon.
Mais donc... ?! Cette femme était une élue ? Une nouvelle recrue tout fraîchement arrachée à sa vie ? Jusqu'ici, le Japon avait seulement été évoquée par des élus. On se rappelait par exemple de ce camarade rencontré dans un bar seikajin.. Un sacré bon gars.. Comment se nommait-il deja ? Cela remontait tant maintenant... Ses tout debuts semblaient appartenir a une autre vie, et son existence au sein de son monde originel s'extirpait de sa mémoire petit à petit. Il ne voulait pas que son passé s'efface, il en avait besoin pour revenir ! Et cette ahurie qui se présenta sous le nom de Ai Enma après s'être curieusement excusée lui permit d'éveiller des souvenirs endormis. Elle lui remémora la nécessité de ne pas oublier

Pas vraiment non... T'es sur Kosaten ici. !


Rétorqua-t-il avec sa nonchalance légendaire, compatissant intérieurement avec le calvaire qui l'attendait. Les prochaines épreuves risqueraient de se montrer rudes mais ce n'était pas le moment de faire du sentiment, peu importait les circonstances. Si elle craquait maintenant, elle ne se relèverait pas.
Alors lorsqu'elle s'effondra misérablement contre le sol comme un animal démuni, il lui adressa un air hautain. Sa position dégageait ses cheveux, exposant ainsi sa petite nuque marquée à la vue du bretteur. Insensible, il fit preuve d'une dureté inouïe lorsqu'il dégaina le sabre maudit, pour amener sa pointe contre la nuque de la femelle.
Dis-moi, Ai....Je suis en plein doute... Ai-je fait une erreur en te récupérant de ta noyade.. ?! Je suis en pouvoir de la réparer immédiatement si tu le souhaites.  


Il semblait evident que cette femme ne s'était pas retrouvée la par hasard en s'approchant trop près du bord. Au vue de son comportement désespéré, il y avait clairement eu une volonté d'en finir quelques instants plus tôt, la théorie de l'accident ne passait plus.
Zoro n'apprecierait probablement guère que l'on intervienne dans un suicide planifié. Quelle humiliation. Par crainte d'avoir entaché son honneur en la sauvant, il se sentait prêt à la remettre aux bras de la mort comme elle le désirait initialement. Mais quelque chose lui disait que cet acte était purement irréfléchi, et que désemparée sur l'instant, elle se serait précipitée vers cette issue irrémédiable. Elle larmoyait peniblement, preuve qu'elle agissait sous impulsivité. Il devait absolument s'en assurer, d'où la brutalité de ses mots. Il continua par ailleurs avec une question des plus tranchante :

As-tu vraiment l'intention de mourir..?!...  


Quelqu'un de sûr ne se mettrait pas dans cet état et montrerait un regard vidé de tout émotion ou sentiment. Ce n'était pas le cas chez elle, il la sentait en vie, pleinement en vie, bien que son moral squattait les tréfonds actuellement.
Il la voyait au plus mal mais il n'éprouva aucune pitié. Quelqu'un capable de s'agenouiller tel un vaincu devant un inconnu ne tenait pas à sa dignité. Il était temps qu'elle se reprenne, et vite.


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MessageSujet: Re: Un ange tombé du ciel.   Mer 13 Juin - 3:50








Le chant guttural des crapaux avait reprit. Cachés dans les abondantes brassée de boutons d'or aquatiques, dont les fleurs luisaient de reflets jaune mordorée sous l'éclat blafard de la lune, ces aimables batraciens avaient jugés ces deux inoportuns, insignifiants. Et les choses de l'amour n'attendant pas, leur attention se reporta rapidement sur leur tâche interrompue. Ai, toujours agenouillée, les mains posées sur ses genoux, elle fixait de ses grand yeux carminés, la tâche immobile et sombre que formait l'ombre du jeune homme sur les herbes. Sans prévenir, l'ombre bougea. D'un coup s’arrêtèrent les chants nuptiaux, une nouvelle fois. Un danger imminent s'était fait ressentir alentour. Et ai pu sentir sur sa nuque l'infime contact du tranchant d'une lame telle la corde de clavecin, tendue et légère. Sans nul doute, s'agissait-il du métal d'un des sabres que l'homme portait à sa ceinture. Rapide avait été son geste, très rapide. Assurément, il devait être soit escrimeur professionnel de haut niveau ou bien...
Ai eu du mal à formuler la fin de sa pensée. Un assassin ? Lui ? Après tout, pourquoi pas. Et aux vues de ses cicatrices, cette hypothèse se trouvait d'être tout à fait plausible. Au contact du froid métal, elle resta stoïque et pas même une réaction épidermique ne se fit. En fait, elle ressentait une profonde quiétude. Ses circonstances singulières lui étaient familières et firent éclore dans sa mémoire des souvenirs qui paraissaient venue d'un autre âge. Comme s'ils n'avaient jamais été les siens. A la seule différence, c'est qu'à l'instant même, les rôles se trouvaient d'être inversés. Car ce n'était plus elle qui allait donnait la mort, mais elle qui allait la recevoir. Un calme triste et résigné enveloppa tout son être. Après toutes ces années à prendre de vies et des âmes, elle allait enfin pouvoir connaître le repos et s'y abandonner jusqu'à la lin des temps. Sans le savoir, cet étranger, même s'il ne pouvait lui donner la rédemption, lui apporterait cette incomparable équanimité à laquelle elle aspirait. Cette fois, la boucle serait bouclée, occise par une lame inconnue dans un monde qui lui était tout autant. Finalement, impassible et indifférente, il ne lui restait qu'à garder sa position et attendre que cet inconnu décide de son destin. Qu'il est doux ce nostalgique songe d'une nuit d'été porté par cette lune vernale.



/* Le chagrin me domine, me perdant dans le pandémonium des ses profonds souterrains. Qu'elle est cette étrange rumeur qui s'épanche à mon oreille et insuffle le poison à mon âme meurtrie ? Quel est donc l'être impie qui me susurre lentement cette musique morte ? Je peux sentir ton souffle amer de vipère, qui jette en baiser, sa brume méphitique sur les vestiges de ma raison. Mais je n'ai plus de force pour me batte, et déjà je sens mon esprit qui s'égare dans ce jeu labyrinthique, terrible et cruel dont les couleurs écrasantes sont et de celles qui font raisonner le malheur. Me voila donc sans future, juste un destin qui se signera par le tranchant aciéré d'un monde inconnu. J'aimerais tellement me croire morte...
Me voilà donc arrivée sur les rives du délire chevauchant les illusions des simples mortels ! Perfides animaux, tournant sans cesse dans l'arène des désirs humains, vous cherchez à me perdre dans les ombres de mon propre désespoir. Ainsi donc, vous me condamnez dans le non-sens de votre propre existence à revivre indéfiniment mille supplices! Qu'elle ironie grotesque ! Mon visage, fragile membrane, se décolle de mon crane telle une feuille de nénuphars arraché de son univers lacustre et s'envolant là où l'horizon prend fin, tombera en poussière. Car il ne s'agit plus de mon visage que je porte à cet instant, mais celui du pathétique lélio ! A me demander si moi aussi, je vis encore. Par quels sortilèges, s'impose à ma conscience les mots d'un être si pitoyable et qui résonne, pourtant d'une étrange et familière harmonie:

Il est donc vrai, la vie comme un serpent s’est glissée dans mon cœur pour le déchirer de nouveau... Comment n’ai-je pas été brisé par les étreintes horribles de la main de fer qui m’avait saisi?

Non mon cher lélio, je vais me départir de toi et ne me poserait pas cette question de savoir pourquoi la vie me poursuit-elle. Mais si mon souffle ne suffit pas à l'expier de mon corps, c'est le sabre qui saura me donnera l’avantage. Cette guerre, je l'ai déjà gagnée, car depuis toujours son dénouement se trouvait inscrit dans les cicatrices de mon existence. Je n'ai rien à faire dans ce paysage étranger, le rideau une fois levé, se doit de retomber. Aussi familière que puisse être cette résonance, elle me dégoutte. Je suis devenue ce que je n'imaginais même pas, une fille perdue, une fille aux aboies. Et qui même à bout de souffle respire encore. Quelle ironie ! */



Progressivement une lueur rougeâtre vint maculer les herbes sombres en dessous du visage d'ai. Tourné vers le sol, ses longs cheveux noirs le dissimulaient des regards indiscrets. La lueur s'intensifia, se dilata en embrassant les herbes tel un soleil couchant. Derrière le rideau noir de ses cheveux, se jouait un drame chthonien. Ses deux grands yeux grenats, d'une profondeur abyssale, avaient cédé leurs places à deux braises incandescentes. Portes impies, ouvertes sur le domaine des enfers, jetant l'anathème sur ce monde. Alors, Une vibration traversa tout son corps et un léger tressaillement la parcourut. Comme si en elle, quelque chose venait de se briser irrémédiablement.



/* Contrairement à toi, je ne cherche point à m'agripper à mes souvenirs par peur de disparaître dans le vide. Et quelle vanité vous habille, vous autre les humains, toujours à vouloir revivre indéfiniment. Et pourquoi en définitive ? Continuer le livre insipide de votre vie souillée de vos turpitudes, faire et refaire toujours les mêmes choses. Et vous perdre dans la croyance que jamais ne viendra l'heure ! Pauvres fous, j'aurai presque pitié de vous, si encore j'en avais été capable... Êtres larmoyant, vous ne méritez aucune pitié !

Stupides chevaux, je vais sortir de cette sordide arène où vous me reteniez prisonnière. Commençons par vos yeux, ces gros globes noirs vitreux suintant tels d’obscènes furoncles. Je veux les faire éclater en les transperçant de mon index. Vous voici donc aveugle mais pourtant vous continuez votre folle course. Qu'il en soit ainsi ! Je vais frapper vos naseaux écumant de bave, sans relâche, de plus en plus violemment. Déjà des plaies profondes s'ouvrent, votre sang gicle sur la blancheur immaculée de mes mains et souille mon visage. Alors, je continue, impassiblement, redoublant d'effort à la tâche. Maintenant, une pulpe chaude vient se coller et dégouline de mes poings. Encore et encore ! Voilà le sang ! Voilà donc la vie ! Et c'est goulûment que j'avale cette bouillie nourricière. Déjà, je sens mes forces me revenir. Une arrête rouge et saillante perce sous la multitudes de vos plaies poisseuses. Votre temps vous est compté ! C'est le craquement grossier de vos os qui se brisent ! Oui ! Encore, toujours plus féroce sont mes coups. De grosses bulles de sang se forment à la naissance de ce qui reste de votre arrête nasale, éclatant dans vos hennissement poussifs. Et, plus de bulles, plus de gargouillis liquides dans les poumons. C'en est fini de vous. Vous voici terrassés, gisants à mes pieds. Cette fois, c'est bien de mon visage qu'il s'agit. Revenue de cet enfer, je suis prête à endurer tous les tourments et les supplices pour pouvoir te retrouver, toi qui te proclame le maître des enfers. */



A l'évocation de ce titre, ai eu une fugace et surprenante vision. Elle se trouvait, vêtue d'un magnifique kimono de soie noire, paré d'un camaïeux de motifs floraux carminés et vermillons, telles les fleurs des élégants lycoris, tout au milieu d'un village en flamme. Elle restait là, immobile au milieu de cette scène d'holocauste. Partout autour d'elle, des cadavres plus ou moins calcinés jonchaient le sol. Cette brève apparition, qui ne contraria point ai et disparut tout aussi vite. Sa voix se fit entendre, sourde, grave, sombre, patinée d'une colère inhumaine, sans accent, sauf celui, peut-être, d'une ineffable rancœur. Et répondant à l'ironique question du jeune homme:


-"Mourir ? Mais je suis déjà morte..."



Puis d'un coup, l'inquiétante et malsaine lueur baignant la végétation disparut. L'homéostasie enfin revenue dans son esprit, elle pu retrouver la quiétude de sa douce et réconfortante tristesse. Et de nouveau ses idées avaient retrouvées toute la limpidité et la force des eaux tumultueuses d'un torrent de montagne. Une nuit nouvelle s'offrait à ai. Où était-ce une nouvelle ai ? Ses chétifs muscles tendus tels les cordes d'un violon se relâchèrent. Revenant sur les rivages de la lucidité, elle senti le contact désagréable que lui procurait la lame du sabre. Alors, d'un mouvement félin et gracieux, elle ôta sa nuque du dessous du sabre. Toujours agenouillée, elle regarda la lame, l'air incrédule comme si toute cette scène s'était jouée en son absence. Complètement rassérénée, elle leva ses grands yeux tristes vers le jeune homme qu'elle fixa dans une presque totale indifférence. Puis retrouvant son éternel ton taciturne et grave, non sans une pointe de moquerie légère, elle ajouta:


-"Je vous remercie pour la prévenance de votre offre, mais je suis au regret de devoir la décliner. Je pense avoir besoin de ce corps pendant un certain temps, encore."


Ai le regardait de ses grands yeux grenats sombres, les lèvres formant presque un 'O', légèrement entrouvertes et les sourcils hauts comme étonnée. Pour cet être perpétuellement plongé dans le spleen et la mélancolie, noyé dans d'infinies tristesses et dont l'âme souffrait mille vicissitudes, ce visage exprimait sûrement quelque chose qui devait se situer entre un sourire qui se voulait avenant et l'expression d'une sympathie courtoise. Deux sentiments qu'elle ne savait ni exprimer, ni n'avait jamais ressentie. Puis, ses sourcils retombèrent tout comme la commissure de ses lèvres et le masque de la tristesse se figea de nouveau sur son visage. D'un mouvement gracieux, elle se releva puis se détourna du jeune homme pour se diriger vers la berge sablonneuse du petit lac où elle avait posé ses vêtements. Lui tournant le dos, avec des gestes mesurés et étudiés, elle entreprit de se rhabiller. Sa peau si blanche, luisait sous la lune qui posait ostensiblement ses rayons lumineux sur l'étrange sceau qui se trouvait être placé sur le bas de ses reins. Sans précipitation aucune, une fois cela accomplie, elle ramassa son précieux livre et le serra tout contre elle. Ultime relique d'un monde lointain. Puis elle se dirigea de nouveau vers le jeune homme. A un mètre elle s'arrêta, leva sa tête et posa sur lui un regard indigné. Dans ses grands yeux carminés brillait un très léger éclat de vermillon. D'une voix faible, sourde presque détimbrée:


-"Si je ne m'abuse, cher monsieur, je crois que vous ne vous êtes point présenté..."


Puis reprenant sur le ton d'une moquerie détachée avec ce qui pour ai pourrait être considéré comme un certain amusement:


-"Quel sorte d'homme êtes vous pour proposer à une demoiselle de la débarrasser du fardeau de l'existence sans même vous faire connaître ? Un peu de courtoisie vous siérait mieux..."


/* Quel butor ! Existe t-il un enfer réservé aux rustres ? Y serais-je ? Grand Dieu, faite que non... Cela serait pire que toutes les souffrances de tous les enfers réunis... */



Sans plus d’ambages, elle détourna son regard et le porta vers la grande et majestueuse lune. Ai la fixait intensivement. Nul son ne venait troubler sa contemplation. Le silence, loin d'être embarrassant ou pesant, était de bon aloi pour que ces deux êtres puissent profiter d'un rare moment d'éternité. Mais hélas, ai devait le rompre, ce qui l'affligea considérablement. Maintenant, elle devait savoir. Alors, d'une voix presque imperceptible, où la contrariété et la déception de devoir rompre un si précieux silence, étaient perceptibles:


-"Précédemment, vous m'avez parlé de Kosaten. Et au risque de vous paraître discourtoise, je dois bien vous avouer que je n'en ai jamais entendu parler, ni même lu quelque chose à ce sujet. Serais-je sur un autre monde ou bien plan d'existence différent du mien ? Peut-être même sur une autre planète, mais cela me parait si délirant, il va sans dire..."


Ai s'interrompit un instant. L'étonnement pouvait se lire sur son visage blanc nimbé de la clarté lunaire. Elle-même fut surprise d'avoir prononcé tant de mots. Puis après un bref silence, le visage toujours tourné vers l'astre sélénien, elle reprit avec une certaine fébrilité dans la voix:


-"Des forces supérieures exercent-elles une quelconque influence en ces lieux ? Et pouvait me dire quel en est son étendue ?"


Bref silence.


-"Peut-être auriez vous déjà rencontré des personnes prétendant venir d'un autre ailleurs ?


Cette fois-ci, c'est l'hésitation qui retint ses paroles:


-"Serais-ce possible qu'il s'agisse d'un enfer parallèle à celui d'où je viens ?"


Elle se tut, légèrement ébranlée de poser une telle question.


Ai tourna son regard plein d'interrogations vers le jeune homme. Dans ses yeux, on pouvait y lire toute l'impériosité que ces circonstances lui imposaient. Puis baissant son regard vers l'horizon, d'une voix grave et pleine de retenue:


-"Je suis désolée de vous questionner de la sorte et j'espère que vous n'y verrez point d'impolitesse de ma part. Il y a encore quelques heures, je me trouvais dans un autre monde, le mien."


Derrière eux, la brume s'élevait lentement au dessus du lac donnant une atmosphère fantomatique à cette scène. Paysage nimbé de clarté spectrale, théâtre irréel dans lequel se joue un bien étrange drame.







Dernière édition par Ai Enma le Mer 20 Juin - 13:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un ange tombé du ciel.   Mar 19 Juin - 17:22





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Le regard braqué au bout de sa lame, le pirate ne démordait pas. S'il fallait rester ici toute la nuit, en l'attente d'une réponse, alors il resterait. Déterminé à écouter les voeux de cette enfant "maudite", il parvint à préserver cette posture dominatrice durant ce silence plombant. L'homme et la femme semblaient comme figés dans le temps, l'air de deux statues grecques issues d'un mythe tragique : elle à genoux, abattue et résignée, lui debout, inflexible et fier.

Enfin, elle donna suite au dialogue, prononçant son étrange verdict, non sans une pointe de cynisme. A sa grande surprise, elle prétendait être déjà morte. Se foutait-elle de sa gueule ?! Cette jeune biche perdue se montrait subitement bien confiante. Pas si effarouchée la p'tite demoiselle...
Par la suite, elle eut l'imprudence d'éloigner le katana de son bourreau sans autorisation. Un geste remarquablement osé et téméraire, qui ne laissa pas le samouraï indifférent. Ses traits naturellement sévères se durcirent davantage face à cet affront totalement déplacé. Sans compter qu'elle entreprit de lever ses yeux absents vers lui, exprimant un puissant désintérêt face à la "menace" que cette lame représentait. Sur la continuité de l'insolence, on enchaînait sur une réplique peinturée de sarcasme. A croire qu'elle prenait la mort à la légère.

Son visage tantôt morose, tantôt enjôleur ne l'inspirait guère. Cette sorcière d'eau douce manigançait un plan machiavélique dans sa petite tête. Il y avait clairement quelque chose qui ne tournait pas rond chez cette gonzesse.
Par ailleurs, les bizarreries persévérèrent quand d'une relevée gracile, elle fit volte-face pour tourner le dos à son sauveur, dévoilant une nudité insoupçonnée. Elle lui imposa un plan brutal sur sa colonne vertébrale plongeant dans le creux de ses reins, marqué par un dragon similaire à celui qui logeait son cou. Si sa première réaction vis-à-vis de cette découverte se passa assez calmement, la seconde en revanche fit légèrement plus de bruit. En effet, en-dessous du sceau, il faisait face à une lune des plus renversante, rivalisant directement avec l'astre qui se tenait perché dans les cieux.
Elle était nue... Complètement nue !

Agge... Gné !! !  


La pudeur de cet homme filtrait automatiquement son cerveau, ainsi il ne s'était pas aperçu que depuis le début, cette enfant se trémoussait les miches à l'air. Il venait de proposer à quelqu'un de mourir à poil... Dérangeant, très dérangeant.
Ses pommettes creusées s'empourprèrent d'un rouge écarlate, néanmoins atténuée par la clarté argentée surplombant les lieux. Instinctivement, il détourna son visage vers la droite, importuné par l'obscénité scandaleuse de cette petite gourgandine. Il ignorait si son indignation se devait au fait qu'elle se pavanait tranquillement à poil devant la gente masculine, ou au fait qu'il n'en prenait conscience que maintenant. Il fallait dire que ses longs cheveux noirs camouflaient la majeure partie supérieure de son corps. Mais le malaise demeurait palpable. Une scène digne d'un shojo.

En tout cas, on devait lui reconnaître une élégance dans sa silhouette, détachée de l'obscurité environnant par la clarté blafarde de son corps. Enfin breeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeef. Elle regagna ses fringues, et pendant qu'elle se vêtit, l'homme rangea son sabre dans l'étui puis vint à se poser sur le sol, assis en tailleur. Après tout, même si sa façon de répondre ne lui convint pas, elle avait tout de même répondu négativement, alors il n'était plus question de la tuer. Du moins, pour le moment, car il ne comptait pas baisser sa garde pour autant. Elle restait cette fille inexplicablement bizarre.

Une fois habillée, enfin respectueuse des convenances sociales, elle rejoignit l'homme à terre. Il la savait à proximité de lui, mais il ne daigna guère lever son regard agacé vers sa pupille sanguine. Alors Ai engagea d'elle-même la conversation, commençant par une série de reproches malvenus à propos de son impolitesse. C'était les restau du coeur qui se foutaient de la croix rouge !

OY !!! C'est pas moi qui te montre mon cul depuis tout à l'heure alors ta courtoisie à deux balles, tu peux bien te la garder ! ... Quant à mon nom, je ne pense pas que tu sois en mesure de le recevoir.. Ces choses là se méritent.


Pour rétorquer avec son tranchant Zoroïque, il n'hésita pas à enfin soutenir les grands yeux de son interlocutrice, les défiant avec ardeur : émeraude vs rubis.
Puis il abaissa son oeil à nouveau vers le sol pour l'enterrer dans la roche, tandis qu'elle élevait les siens vers les cieux. Deux regards dirigés en direction opposée dans un silence religieux que madame prit soin de rompre, rattrapée par sa curiosité comme toute nouvelle recrue. Les questions fusèrent dans tous les sens, ne laissant guère le temps à l'homme de formuler ses réponses. Toutefois, elle en prit conscience et s'excusa pour cet harcèlement interrogatif.

ça va ça va... Epargne-moi tes manières...
Laisse moi un moment.


Il ne broncha pas plus, mais se laissa un temps pour se remémorer ses questions et en fournir les réponses adéquates. Pas besoin de s'étaler, il fallait y aller brièvement mais clairement pour ne pas la perdre, et aussi par flemme.
Les bras croisés contre son torse, il releva furtivement sa prunelle vers la jeune élève, et cloua sa paupière :

Pour faire court, tu te trouves sur une gigantesque île séparée en cinq parties : Fuyu, Seika, Minshu, les terres neutres et les terres inexplorées. Les trois nations se font continuellement la guerre, et chacune d'entre elle possède son Dieu. Si tu me suis, ils sont donc au nombre de trois... Quoiqu'il y en a un qui s'est ramené récemment mais... Passons ! C'est l'un de ces dieux qui t'a arraché à ton monde. Ces enfoirés se permettent de piocher des êtres à travers l'univers tout entier pour en faire leurs "élus", autrement dit tu deviens son petit soldat bon pour aller taper l'ennemi. Ils nous choisissent selon une liste de critères bien précises. Si j'en crois le sceau dessiné au-dessus de tes fesses, tu es à la botte du Dieu fuyujin, comme moi.  


Il marqua une pause pour prendre le temps de pencher sa tête afin de  mettre en évidence le dragon bleu inscrit sur son cou, qu'elle puisse vérifier à quoi ressembler son insigne.

Cet insigne est la marque de ta dévotion pour le dragon. Tu ne veux pas lui obéir, tu n'as rien demandé, il s'en fiche il ne te laisse pas le choix tu t'en rendras compte seule bien rapidement. Tu dois être quelqu'un d'exceptionnel dans ton monde si tu l'as intéressé. Cependant ici, tu n'es plus personne. Tu recommences tout à zéro.....
Mais si tu penses à te jeter d'une falaise à peine arrivée, je ne donne pas cher de ta peau dans les jours à venir...  


Il termina son discours sur un sourire malicieux, puis farfouilla dans la grande poche de son kimono pour y sortir une bouteille. Le pauvre avait la gorge asséchée :

Je n'ai pas l'habitude de parler autant...  


La bouteille débouchonnée se déversa goulûment dans sa bouche jusqu'à soigner sa soif, puis dans une râle soulagée, il la tendit à la gamine :

Une gorgée.... ?! Pour t'encourager face aux épreuves qui t'attendent.. Tu en auras bien besoin.  




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MessageSujet: Re: Un ange tombé du ciel.   Mer 20 Juin - 13:51








Ai braqua sur le jeune homme son visage courroucé. Ses deux grands yeux devinrent des lacs de laves bouillonnants où l'on pouvait y lire une colère toute tellurique. Un désir insatiable de vengeance grondait en son cœur. Bientôt, elle allait se retrouvée submergée par cette lame de fond, cruelle, féroce. Quelle impudence de sa part ! Lui refuser de lui donner son nom, qui était-il pour lui imposer un tel affront ? Quelle idiote avait-elle été de lui dire le sien.  Car hormis cinq personnes, et qui de surcroît n'étaient point mortelles, les seuls mortels à le connaître étaient ceux qui allaient mourir de sa main et ceux qui se retrouvaient damnés par le pacte qui les liait à elle. Pour les autres, elle n'était qu'une légende connue sous le nom de fille des enfers. Un mythe perdu dans les méandres des vicissitudes humaines. Son regard infernal toujours porté sur l'homme, elle serra les poings, puis referma ses yeux. Restant immobile un bref instant, elle contenue tant bien que mal cette déferlante qui risquait d'anéantir en elle tout sens commun. Elle ne pouvait se le permettre. Et peu à peu, ses yeux replongèrent dans un rouge profond, sombre, vidés de toute agitation et de nouveau emplis d'un insondable tristesse. Certes, il venait de se conduire comme le plus banal des mufles, mais il se trouvait d'être la seule personne qui pourrait peut-être lui donner une explication sur ce qui venait de lui arriver. Après tout, venait-il d'un endroit différent du sien et peu-être avait-il une culture différente ? Et puis ce n'était point le moment de se quereller pour des questions d'étiquette. L'heure était grave, elle se retrouvait perdue dans un monde inconnu sans en connaître le moyen pour s'en échapper. Donc, même si cela lui coûta énormément, ai décida de faire fi des convenances.




D'ailleurs, le comportement du jeune homme face à sa nudité, n'était pas passé inaperçue aux yeux d'ai. Cela l'aurait même amusée si ce sentiment ne lui avait pas été pas inconnu, elle qui ne s'était jamais embarrassée de la pudibonderie des êtres humains. Dans l'outre monde où elle résidait, bien souvent elle se baignait nue dans la rivière bordée de magnifique brassées de lycoris écarlates rivalisant avec les nuances cramoisies de l'éternel soleil couchant. Et ni sa grand-mère, ni ses fidèles acolytes ne lui avait fait de remarques à ce propos. Cette pensée fit ressurgir, inopinément un souvenir en demi teinte, presque évaporé, à sa conscience. Mais elle se savait jamais s'il s'agissait d'un souvenir qui lui appartenait ou bien d'un rêve qu'elle avait pu faire. Quoi qu'il en soit, à chaque fois qu'il apparaissait à la lumière de sa mémoire, elle se trouvait plongée dans un étrange trouble. Elle y voyait une jeune adolescente se baignant nue dans une rivière sous un clair de lune resplendissant. Sous un grand cerisier chargé de fleurs, un adolescent la regardait, le rouge aux joues. La jeune fille souriait, parfois riait distraitement. Mais leurs visages étaient absents, effacés.  Une jeune fille souriante ne pouvait être ai, qui de plus riait, car jamais elle n'avait sourit, ni rit. Jamais elle n'avait goûtée la douce quiétude d'un moment bonheur simple, innocent. D'entendre ce rire, jetais un épais voile de grisaille sur son âme. L'amertume lui emplie la bouche en repensant à tous ses sentiments que pouvaient ressentir les êtres humains et qui exprimaient tout ce qu'il y avait de beau dans le monde. A jamais elle ne serait qu'une étrangère vivant en marge de cette humanité. Et dans le déchirement de son âme s'engouffra une terrible vague de nostalgie. Ses épaules churent lamentablement. Encore une fois, sa nature la mettait au supplice.




Fixant la lune familière, elle retrouva le calme de l'esprit plongée dans son asthénique tristesse. Elle pu ainsi porter toute son attention aux propos du jeune homme, mais qui, loin de lui porter un quelconque espoir, la jetèrent dans un accablement à la limite du supportable. Soustraite à un maître, la voici de nouveau sous la férule d'un autre et qui plus est, se trouvait d'être un dieu en ce monde. Cette fois-ci, ai n’eut plus de doute, des forces karmiques étaient entrées en jeu. Qu'avait-elle bien pu faire pour se retrouvée prisonnière de ce cycle infernal, de cet éternel recommencement du même ? Elle se retrouvait sous l'éternel soleil de midi, concept chère à Nietzsche. Elle qui avait trompée son ennuie en lisant ses ouvrages, l'en voici captive. Sordide ironie ! Devenue le jouet d'un dieu, comment pourrait-elle parvenir à retourner dans son propre monde ? Comprenant sa position nouvelle, un abattement sans nom s'écrasa sur elle. Tant et si bien que le rouge sombre de ses yeux ne reflétait même plus la lune. Ses pupilles extrêmement dilatées sombrèrent directement dans de noires abysses, dans son corps, nulle trace de vie. Une infime braise luisait pourtant tout au fond d'elle. Celle de la vengeance à l'état pur. C'est accrochée à ce minuscule caillou, que la conscience d'ai due son salut, lui évitant ainsi de sombrer définitivement dans la folie. Devenue indifférente à son propre sort, le regard tourné vers son vide intérieur, elle ne devint qu'une oreille qui percevait un voix. Elle devait à tout prix se concentrer sur les paroles du jeune homme. Elle était prête à défier le maître des enfers, alors pourquoi pas un dieu ? Cette pensée lui apporta toute la sérénité dont elle avait besoin pour réfléchir posément à ce que venait de lui être révélée. Son visage se fit dur, impassible. Elle ne regardait plus l'astre brillant, mais le dévorait de ses yeux. Jamais elle n'avait autant ressemblé à un cadavre. Un silence absolu se fit. Le jeune homme ne prononçait plus un mot. Il pencha vers elle sa tête.


Ai put y voir un dragon tatoué et comme il lui avait fait remarquer, elle portait donc le même. Instinctivement, elle passa sa main sur le bas de son dos et bien entendu ne décela rien de spécial sur sa peau. Elle regretta quelque peu ce geste irréfléchie. La voici affublé d'une deuxième marque d'appartenance. Cette idée l'irrita profondément. Mais elle se concentra sur la suite des propos que lui tenait le jeune homme et le vit finir par sourire malicieux. Ai ne put retenir un élan de surprise puis de colère contenue quand elle compris le pourquoi de se sourire. Elle s'en voulait de perdre si facillement contenance.




Voyant le jeune homme lui tendre sa bouteille, elle eu un bref moment d'hésitation puis s'en saisie délicatement. Elle prit un certain temps pour examiner la bouteille comme s'il s'agissait d'un flacon précieux contenant un rare breuvage. Certes, le liquide dégageait un bouquets de senteurs fleuries agréables, mais elle se rappelait aussi de sa force même s'il ne s'agissait que de souvenirs brumeux. Mais avant tout, elle ne voulait pas froisser la sensibilité de ce personnage particulière fière, qui pouvait se montrer tout aussi grossier que gentleman. Curieux mélange. Pourtant, au delà de différences criantes qui semblaient devoir les séparer, elle avait remarquée quelques points communs, fragiles traits d'unions, tendant un pont incertain entre eux.  Ils n'aimaient pas se perdre en d'inutiles logorrhée, se montraient irrévérencieux envers ceux qui leur mettent un joug par la contrainte, portaient le même sceau de servitude et d'être marqués par les cicatrices du destin. Finalement, il ne lui apparaissait pas si détestable que cela, peut-être même l'aurait-elle trouvée sympathique si elle avait été seulement humaines. C'est là qu'elle se rendit compte de sa solitude. Avait-elle un jour partagée quelque chose avec une autre personne ? Hormis son devoir à accomplir, rien ne lui vint à l'esprit. Ses grands yeux s’alourdirent d'une infinie tristesse et elle n'osa pas relever la tête vers lui. Comme d'habitude, elle préférait cacher au regard des autres les affres de son âme. Encore une fois, elle se perdait dans de lugubres pensées. Se rendant compte qu'il devait l'observer, elle regagna ses esprits. Bien qu'elle détesta boire à même la bouteille, elle porta méticuleusement le goulot de verre à ses lèvres à peine rosies. Précautionneusement, elle leva la bouteille afin de verser une petite lampée du liquide dans sa bouche. Même si peu de liquide se dépendit dans sa gorge, elle due se retenir pour ne pas tousser et fit une grimace rigolote. Pour autant, le rouge ne lui monta pas aux joues qui restèrent imperturbablement blanches. Essayant de rester digne, ai due faire un grand effort pour ne pas recracher le breuvage et se plier en deux tant cela lui brûla l'estomac. Légèrement tremblante, affichant un air qui se voulait emprunt du sérieux requis en ces circonstances, elle tendit maladroitement la bouteille au jeune homme. Puis, d'une voix terreuse, sèche et grave, parvint à articuler:


-"Merci."


Laissant la puissance de cet alcool se diffuser en elle puis s'amoindrir elle reprit un peu plus clairement sur le ton de ce qui pourrait être une excuse:


-"En fait, c'est la première fois que je goûte à une boisson alcoolisée... je n'ai jamais bu que du thé."


Mais ce qui lui brûlait les lèvres en cet instant, ce n'était point l'alcool mais tout un flot de questions. Elle posa son regard triste sur ces yeux verts, tranchants comme les lames qu'il portait à sa ceinture. Il était difficile de ne pas voir qu'ai se trouvait dans la gêne, comme si elle s'efforçait de contenir quelque chose qui ne demandait qu'à jaillir d'elle. Essayant de prendre un air désinvolte, de sa voix grave et douce:


-"Inutile de vous demander, si vous aussi, vous avez été arraché à votre monde... Et il est encore plus inutile de vous demander s'il existe un moyen pour revenir dans son monde d'origine... Sinon, vous ne seriez pas ici."


Fixant le jeune homme, elle scrutait ses moindres réactions. Puis, après un bref moment, elle reprit:


-"J'avoue qu'être le jouet de puissance supérieure ne m'enchante guère, même si cela fut mon lot d'aussi loin que je m'en souvienne... En revanche, ce qui m'inquiète plus, c'est de ne pas savoir précisément, ce qu'attend de moi ce fameux dieu. Vous avez évoqué que nous serions des soldats à leurs bottes, j'espère que cela n'est que pure métaphore. Bien qu'un douloureux doute m’étreigne en voyant ses magnifiques sabres à votre ceinture... On ne peut pas dire que je sois taillée pour un quelconque affrontement. D'ailleurs, je n'ai jamais eu à me battre..."


Silence.


-"J'avais quelques facultés, il est vrai, il y a encore peu de temps. Et effectivement, je les ai perdu en arrivant en ce monde. Vais-je rester ainsi ? Ou bien les dieux nous octroient-ils quelques pouvoirs au grès de leur bon plaisir ? Ou tout simplement, avons-nous la possibilité de redevenir ce que nous étions avant ? Et surtout, y a t-il des règles, de première nécessité, à connaître absolument ?"


Ai détourna son regard de celui du jeune homme et se remit à fixer la lune. Après un bref moment contemplatif, elle reprit d'une voix plus feutré, ténue:


-"Je vais vous faire aveu, une chose que je n'ai jamais révélée à qui que ce soit et que j'ai enfouie au plus profond de mon cœur, si d’aventure j'en possède encore un. Dans le monde d'où je viens, je travaillais pour le maître des enfers. Je ne m'étendrais pas plus sur le sujet. Mais en fait, je le servais sous la contrainte, car il retenait en otage l'âme de mes parents et elles sont toujours prisonnières de cet ignoble personnage. Vous comprenez donc pourquoi je presse de tant de questions... Il est très important pour moi de savoir s'il existe une possibilité de les sauver de ses griffes, quelqu’un soit le moyen. Peut-être, pourrais-je même agir de ce monde-ci... "


Ai resta un moment toujours le regard fixé à la lune puis se détourna vers le jeune homme. De sa voix grave et profonde emprunte de solennité:


-"Peut-être mériterais-je, maintenant, de connaître le nom de la personne à qui je viens de confier mon plus intime secret ? "







Dernière édition par Ai Enma le Jeu 16 Aoû - 21:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un ange tombé du ciel.   Dim 8 Juil - 15:23





天から落ちた天使

feat. Une fille mystérieuse




Décidément, une réanimation à l'alcool, maintenant un apero improvisé. Quelle piteuse image donnait-il à cette demoiselle douée d'une insolente beauté ? Celle d'un poivrot qui se saoulait matin et soir dans le bistrot du coin, probablement. Ou alors la parfaite illustration du pirate démuni, qui a défaut de naviguer sur les flots se noyait dans le rhum et le saké.
En tout cas, l'inexperience de son interlocutrice n'échappa guère à sa prunelle chevronné. Il reconnaissait la mine dubitative de la débutante, curieuse quant à l'effet inattendu généré sur son corps. Clairement peu accoutumée à la débauche au vue de son allure de classe supérieure, elle effectua la réaction typique de l'individu n'assumant pas la surprise que déclenchait la force de cette boisson. Que de violence implicite envers cette pauvre créature des ténèbres, aussi esseulée que la mort.

D'abord dans la retenue, elle finit par avouer son inhabitude à boire. Pourtant elle cessait d'incruster des indices sur un âge avancé durant ses discours. Encore une qui avait passé le plus clair de son temps attachée au fond d'un sarcophage 30 mètres sous terre.
Elle appartenait à la team thé : le breuvage favori de la femme distinguée par excellence. Ses origines tantôt sinistres tantôt bourgeois demeuraient particulièrement flous, voire obscurs pour le jeune homme. Elle jouait avec cette aura mystique qu'elle dégageait en toute conscience mais ce style ne dérangeait pas le bretteur. Au contraire, il se surprenait à ressentir un certain amusement. Il ne passait pas un mauvais moment.

Perche à ses lèvres, il tendait une oreille attentive pour récupérer la tempête de questions deferlant dans sa petite tête brune. L'air neuf déroutait notre mystérieuse invitée car bien que la femme de son rang tentait vainement de garder la face, ses multiples interrogations tourmentées la trahissait, démontrant ainsi un côté humain au coeur de tout ce comportement noblement abyssal.

J'ai pas le temps de me perdre en métaphore... Tu es bel et bien la nouvelle chienne de ce royaume débile. Par ailleurs si tu prévois d'y faire un tour, prépare un équipement, on se gèle les miches par la bas.   


Selon les propos de l'adolescente, elle était démunie de compétences au combat. Mais les facultés intellectuelles comptaient également dans une guerre, elles représentaient même le schéma victorieux. Sans stratégie, pas d'acte. Sans plan, pas d'exécution.

Tu as certainement une disposition que le Dieu recherche et a remarqué en toi. Tu m'as bien dit être déjà morte tout à l'heure, alors à moins que tu es un humour douteux, on ne voit pas des revenants tous les jours, ça me semble être une capacité assez spéciale. 


Et puis, sans que l'homme ne l'ait à prier, Ai passa aux aveux comme si sa vie en dépendait. A croire qu'il lui avait déposé un couteau sous la gorge. Il ne saisit pas totalement la raison pour laquelle elle lui vouait ses confidences, jusqu'à ce qu'elle lui redemande son blaze. Avait-elle réellement sacrifier un secret aussi lourd  dans cet unique but ? Cette femme démontrait une sacrée détermination dans ce qu'elle souhaitait, il ne pouvait que lui accorder ce qu'elle méritait, mais quand même... Quel drôle de spécimen pardi ! Il y en avait pas deux comme elle dans tout Kosaten.
Son destin semblait promis aux ténèbres. D'esclave, elle se libérait du joug des maître des enfers pour passer à esclave sous les ordres d'un Dieu connu ni d'Eve ni d'Adam. Aussi utile que les femmes qui se mariaient afin de s'émanciper de leurs parents pour au final devoir obéissance à un homme.

En revanche, son histoire d'âmes prisonnières de ses parents s'avérait plutôt obscur et lui remémorait quelques souvenirs de son propre monde, entre Big mom la joueuse d'âme et Moria le maître des ombres. Il comprenait sa motivation, et bien que son lieu d'origine ne paraissait pas beau à voir, il validait son besoin urgent d'y retourner. Malheureusement, même s'il le désirait, il ne pouvait rien faire de plus pour elle si ce n'était "compatir" à sa détresse un minimum

Beaucoup de choses sont possibles ici. Avec les bonnes rencontres et les bons outils, tu pourrais peut-être diriger ton monde d'ici mais je ne te garantis rien, je n'ai jamais entendu parler d'un élu capable d'entrer en communication avec sa maison, et encore moins y retourner. De mon côté, j'y travaille. Je ne compte pas mourir ici, crois-moi, j'ai des affaires à terminer... Et puisque t'y tiens tant, mon nom est Roronoa Zoro, plus grand sabreur de Kosaten, nul ne m'égal dans cet univers. Mais si tu veux re....


Brusquement, un vilain projectile percuta la tempe du bretteur, assis tranquillement entrain de conter son récit, de quoi l'interrompre sur le champ. Son regard crispé par la douleur se dirigea instinctivement vers cet objet pointu : un caillou rougeâtre sur le sol, à moitié transparent, qu'il chopa entre ses doigts tout en l'inspectant scrupuleusement. Une sorte de point lumineux scintillait à l'intérieur, telle une luciole bloquée entre ses parois :

Qu'est-ce que.. ?!!! Quel abruti s'amuse à nous caillasser ?!


il se redressa sur ses gambettes robustes de samouraï, et leva le museau vers la vallée argentée aux milles nuances que l'on devait à cette grande lune. Balayant majestueusement chaque recoin environnant avec la précision d'un aigle royal, il ne repéra aucun faux mouvement ou ombre douteuse. Et pourtant, ce caillou était le témoin d'une présence inopportune, qui ne semblait pas leur désirer que du bien.
Par ailleurs une seconde déchiqueta l'air à toute allure pour arriver droit sur Ai, venant d'une trajectoire totalement opposée à la première.
Captant le danger, les sens en éveil, l'homme se plaça agilement entre la pierre et la jeune fille, faisant preuve d'un réflexe exemplaire.
Même caillou, mais bleuté cette fois-ci.

Il sentit un fin liquide ruisseler le long de sa joue, comme une traînée de larme alors qu'il s'agissait de sa tempe légèrement ouverte. Ce fut alors qu'une étrange sensation lui parcourut l'échine. Il acquit un sale pressentiment de persécution accompagné par une sombre malveillance.

On dirait que nous sommes pris pour cibles...




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† Que ce soit en bien ou en mal, tout le monde connaîtra mon nom †
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MessageSujet: Re: Un ange tombé du ciel.   Jeu 16 Aoû - 21:21








En entendant la crudité des propos du jeune homme, ai resta sur place stupéfaite, interdite. Bien qu'elle eu connaissance d'un tel langage, par la proximité de certains jeunes qu'elle avait put croiser dans son monde, jamais personne ne s'était permis de lui parler de la sorte. Et quand elle apparaissait à une personne, cette dernière éprouvait de vives inquiétudes, parfois de la crainte et même de l’effroi. Jamais, oh grand jamais, quiconque ne lui avait manqué  de respect. Ni même ses anciens compagnons d'infortunes qui nourrissaient à son égard un grand respect nuancé de quelques appréhensions.


/* Comment ce rustre ose t-il me désigner de la sorte, moi une chienne ?  Qui est-il pour s'autoriser une telle vulgarité vis à vis de ma personne ? Tu as bien de la chance, jeune homme, que la fille des enfers soit disparue... */


Un élan de vive colère lui parcouru tout son corps et jeta des éclats de braises dans ses grands yeux. Elle fusillait, littéralement, le jeune homme de son regard. Mais à la suite des propos de l'irrespectueux jeune homme, sa colère retomba légèrement. Ai avait beaucoup de difficultés à cerner cet étrange personnage et derrière ses propos pouvaient se cacher amertume et frustration. Les seuls jugements qu'elle était en mesure d'éprouver, les seuls qui lui soient autorisés aussi, étaient qu'une personne méritait d'être vengée et l'autre de subir son courroux. Sa position demeurait manichéenne, simple et facile. Elle n'avait pas l'habitude de s'encombrer de subtilités sentimentales. Et maintenant elle se retrouvait déstabilisée et ce port à faux l'irritait fortement.


/* Ce que j'ai pris pour une insulte, ne doit être en fait qu'une maladresse de plus... Il est vrai que depuis le début de notre conversation, il accumule les indélicatesses... Mais là quand même, cela relève de l'offense!  Et voilà qu'en plus, pour couronner le tout, il se permet de m’humilier en me comparant à une revenante! */


Cette dernière pensée vint se planter tel la lame d'un couteau dans la chair tendre d'un jeune animal et fit couler le sang du désarroi dans son esprit. Car au plus profond de son être, elle était totalement ignorante de sa propre nature. Toute colère se dissolva et ai fut emplie d'un immense vide, d'une immense tristesse. Sentant encore son esprit s'évader, elle préféra faire fit de ces quelques grossièretés verbales et se concentrer sur les propos du jeune homme.


/* Et puis, qu'est-ce que ce dieu pourrait bien me vouloir? il me semble bien avoir perdu mes pouvoirs... La fille des enfers n'est plus... qu'une coquille vide...*/


Son regard tomba au sol, sa tristesse se fit plus intense, plus pesante. Ne plus être ce qu'elle avait été ne l'avait point libérée de ce fardeau, bien au contraire. Et maintenant ses maigres espoirs de pouvoir retourner dans son monde volaient en éclats. Aux dire du jeune homme, nul ne s'était évadé de ce piège terrible. Mais, contre toute attente, lui, semblait ne pas vouloir baisser les bras. Était-ce un espoir de fou? Quoi qu'il en soit, ai éprouvait l'irrépressible besoin de partager cet espoir. Bien qu'elle soit étrangère à ce sentiment, un élan, tout au fond de son âme, voulait la pousser à croire qu'il lui fut possible de quitter ce lieu maudit. Et pour cela, elle éprouva un sentiment étrange vis à vis du jeune homme, où se mêlait irritation et respect. Quand enfin il se décida à lui donner son nom, elle ressentie un certain soulagement, comme si sur ses épaules un poids lui était ôté.


/* Le plus grand sabreur de Kosaten... Aurait-il un égo surdimensionné ? Chercherait-il à m'impressionner ? D'un autre coté, lui aussi vient d'un autre monde... dans ce cas... c'est bien possible. Il est certes arrogant mais n'a point fait montre de vantardise... Sans compter que ses cicatrices témoignent d'âpres combats... Peut-être me dit-il la vérité... */



Accrochée aux lèvres de Zoro, ai fut saisie de stupeur. Ses grands yeux cramoisis s'écarquillèrent pleins d'étonnement, sa bouche s'ouvrit sans qu'aucun son n'en sorte. Un mince filet de sang coulait le long de la tempe du jeune homme. Avant même qu'elle ne put dire le moindre mot, il venait de ramasser le projectile qui l'avait percuté. Un pierre étrange luisait dans ses doigts. Alors qu'il se leva pour observer les alentours, ai en fit de même. Scrutant les sombres parages, elle essaya de distinguer une ombre en mouvement, un soubresaut dans la végétation. Mais elle ne vit rien, même pas le projectile qui lui arrivait droit dessus. C'est avec une surprenante vivacité et une agilité exceptionnel que Zoro se saisie en plein vol du caillou qui allait assurément la blesser. Ébahie, elle resta sur place, ne sachant que faire. Pendant ce temps, il inspecta soigneusement les environs, guettant le moindre mouvement suspect. Après un certain temps, toute présence était disparue et rien ne vint plus troubler le silence nocturne. Et bien que restant aux aguets, le jeune homme avait retrouvé son calme flegmatique, ce qui rassura ai d'une certaine manière. C'était la deuxième fois qu'il se portait à son secours. Elle savait bien qu'elle ne représentait rien à ses yeux et pourtant il lui avait porté assistance, à elle, une parfaite inconnue. Décidément, ce jeune homme l'avait jeté dans le trouble, mais elle était certaine d'une chose, il méritait son respect, quand bien même il fut singulièrement grossier à son égard. Et puis, aux yeux d'ai, une petite chose insignifiante avait finie par jeter un lien ténu, ils portaient la même blessure à la tempe gauche. Était-ce juste un hasard ou bien un signe du destin ? Elle ne le saurait jamais, et de toute façon, elle s'en fichait. Elle s'approcha doucement de Zoro. Dans ses mains deux étranges pierres légèrement scintillantes, l'une rougeâtre et l'autre bleuâtre. Intriguée, ai passa son index sur l'une et l'autre. Elle étaient imperceptiblement tièdes, comme chauffées au soleil d'une après midi d'été. Mais les lueurs restèrent inchangées.


/* D'où viennent-elles et que sont-elles ? Serait-ce des yokai ? Peut-être devrions-nous nous en méfier... Ou bien un signe de ces dieux facétieux ? */



Puis elle leva son regard vers le jeune homme et en voyant le mince filet de sang couler le long de sa tempe et s'attardant sur sa joue, hésitant encore à franchir le menton, son regard se fit plus sombre, plus attristé. Elle aurait voulu lui faire part de ses inquiétudes concernant les étranges pierres mais n'en fit rien. Aux vues des circonstances, ces propos auraient été tout aussi déplacés que malvenus. Il avait été blessé, mais les mots sympathiques et amicaux lui faisaient défaut. Du reste, même si elle les connaissaient, jamais elle ne les avait employés. Alors, d'un geste lent et mesuré, comme les astres traversant le firmament, elle approcha sa main droite de la blessure à la tête de Zoro, comme pour la toucher mais n'en fit rien, tandis que sa main gauche effleurait sa propre blessure qu'il lui avait bandée précédemment. Elle resta, comme cela l'espace d'un instant qui s'étira dans toute son éternité. Plongeant ses grands yeux sombres dans ceux clairs du jeune homme, de sa voix grave accablée, telle une plainte, elle se décida à rompre le charme du silence:


-"Désolée... je suis désolée que tu es été blessé..."


Devant l'insignifiance de ses propos, d'un coup, elle se sentie stupide et inutile... Elle percevait un profond chagrin et une grande peine l'envahir. Ses lèvres se mirent à vibrer mais restèrent muette. Elle ne savait pas comment elle pouvait lui exprimer ce qu'elle avait dans le cœur, ni même si elle le devait. Ses sourcils s'affaissèrent et elle détourna son regard si sombre vers la lune, que dans ses yeux, son reflet en fut parfait, précis, lumineux, éclatant. Elle n'avait plus qu'une seule envie, sombrer dans l'infinie quiétude du sommeil. Et bien qu'elle n'eusse pas le besoin véritable de dormir, elle voulait s'étendre à coté de lui et ne plus penser à rien. Sa raison n'en pouvait plus, elle allait rompre sous la pression et la violence émotionnelle qu'elle avait due supporter depuis son arrivée dans ce sinistre monde. Sa volonté avait finie par se volatiliser ne laissant que les craquelure arides de la componction. De sa voix grave et à peine audible:


-"Zoro, je voudrais dormir... avec toi... au pied de la falaise nous serons à l’abri..."


Détournant son regard du grand astre nocturne, elle fixa Zoro d'un regard complètement déprimé et déprimant. Et avec un accablement martelant chacune de ses paroles:


-"Demain matin, je partirai pour le royaume de Fuyu... Je dois y rencontrer ma destinée..."


Ses grands yeux se mirent à vibrer et l'on pouvait s'attendre, d'un instant à l'autre, la voir s'effondrer sous de lourds sanglots. Pourtant aucune larme ne vint et ai détourna une nouvelle fois son regard de celui du jeune homme. Peut-être même, pour la dernière fois. Langueur et grisaille s’abattirent sur le cœur fragile d'ai.




C'est alors qu'une pensée impérieuse s'imposa à elle, une envie tout aussi irrépressible qu'inavouable la tarauda. Rien que de l'avoir formulée dans son esprit, elle faillie en mourir de honte. Protégée par son éternel teint d’albâtre, ses joues ne devinrent point cramoisie et nul manifestation de son corps ne trahie sa gêne si ce n'est que ses lèvres décolorées s'étaient très légèrement entrouverte pour former un petit 'a' de surprise. Par contre dans ses yeux pouvait se lire un trouble étrange, épais et confus. Serait-ce de la peur ou bien un sentiment de panique, elle ne sut le définir. Quoi qu'il en soit, elle n'en demeurait pas moins déstabilisée et son âme ébranlée. Allait-elle lui faire part de ce désir inavouable ? L'agitation la gagnait tout autant que la confusion. Lui en parler serait un acte de pure folie, mais pire encore si elle sa requête faisait l'objet d'un refus. Elle n'aurait plus qu'à courir loin, très loin de lui. Cela ne servirait à rien et elle le savait, il lui faudrait mourir, disparaître à jamais pour se laver d'un tel affront, d'une telle honte. Elle se demanda si même sa mort serait suffisante et telle une poupée mécanique qui perd tout contrôle, ses lèvres se mirent à formuler des paroles dont même le sens lui échappait. Ne pouvant arrêter le mécanisme infernale de sa bouche, d'un ton voilé, grave entre angoisse et excitation:


-"Zoro,... pour dormir... pourrais-je... te... tenir... la main."


Atterrée par ses propres paroles, noyée dans la confusion la plus extrême, ai sentie sa raison chavirer lentement avant de sombrer définitivement sous la réponse tant redoutée du jeune homme. Jamais elle n'avait été soumise à une telle tension et tout son corps se mit à trembler comme saisie par le froid. Pour la première fois, ai ressentait pleinement un sentiment d'inquiétude profond, véritable, tel un prélude à sa future mise à mort. Dans sa tête, ses pensées s'affolaient, s'entremêlaient puis  se déchiraient. Mais qu'est-ce qui avait donc bien pu lui prendre ? Que se passait-il ? Elle qui détestait les contacts physiques et de surcroît avec les êtres humains ! Mais en fait, les détestait-elle vraiment ? Et puis, quels souvenirs en avait-elle ? Aucun, enfin si peu, à peine un effleurement. Alors pourquoi les exécrait-elle ? Était-ce simplement le rapprochement physique, ou bien la nature humaine qu'elle abhorrait véritablement ?  Un doute sans fond s'ouvrit sous les piliers de sa conscience. Qu'il était aisé de ne rien ressentir finalement, l'existence en été plus simple, plus vivable, plus acceptable... Et surtout, moins humaine...





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