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Piraterie et gâteaux de riz
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MessageSujet: Piraterie et gâteaux de riz   Dim 1 Juil - 16:35

Piraterie et gâteaux de rizSOLO

Shiryoku ne fut pas la révélation du siècle, puisqu’en soi, le gros était déjà fait très tôt depuis mon arrivée et sur le chemin, et beaucoup restait à faire, lentement, par la recherche, l’enquête. Cependant, le passage en ville fut la première et plus grosse occasion que j’eus de me fondre un peu dans la populace, d’entamer des marques avec les habitants de cet endroit si différent de ma région d’origine. C’étaient les débuts d’une sorte de « renaissance », et il allait falloir tisser des liens, prendre des appuis, s’installer, si je voulais vivre ici comme il se devait, et non me contenter d’errer l’esprit vide dans les environs, sans but ni prétention.


Tout ce que je pouvais situer de plus de ce passage, c’était sûrement ma nation de Minshu, enfin, celle qu’on m’avait collé comme étiquette avec mon arrivée ici, et bien que je cherchasse évidemment à la connaître un peu mieux, je me disais que je n’avais qu’à rester encore ici avant de faire le déplacement, et puis, qui sait, on apprend parfois mieux comment se porte une région aux dires de celles environnantes ? Enfin, quoi qu’il en soit, je n’étais pas encore prêt à faire tout le chemin pour rejoindre les terres de Minshu, mais toujours est-il que j’en envisageais le voyage.


Alors, si, déjà, je prévoyais de m’éterniser quelque temps avant de me déplacer, me disant que tant que je suis dans le coin, je pourrais déjà y tailler quelques marques, j’avais plutôt intérêt à faire ma place avec soin et tact plutôt qu’en usant de malice et d’actions retorses. Évidemment, ma survie avant tout et je n’hésitais alors pas à frauder et voler ce dont j’avais besoin, bien que je ne sois pas fier de cela, mais travailler honnêtement ne nécessitait pas toujours plus d’effort, aussi, quand on m’apprit que des « Elus », ce terme que je percevais encore un peu trop mal, mais qui me semblait tout attribué par définition, seraient recherchés pour une mission rémunérée, je ne pouvais que me porter volontaire.


De fil en aiguille, c’est comme ça que cette petite aventure commença pour moi, lorsque je me suis présenté au marchand, prêt à donner de moi-même pour cette importante tâche que l’on était prêt à me confier. Les détails furent alors vus avec le temps et le recul nécessaire, qu’il s’agisse des conditions de paiement, d’hébergement, des dates et des responsabilités. Ainsi, j’allais monter à bord d’un navire sillonnant l’océan, portant des marchandises en tout genre à acheminer à bon port, d’où le problème des pirates, puisque le but n’est, bien sûr, pas de se faire tout dérober comme cela. Puisqu’on comptait sur moi, je ne pouvais échouer, sans quoi, je pourrais dire adieu à ma prime, mais aussi à ma vie, en soi… Qui a dit que ces malfrats m’épargneraient s’ils avaient ce qu’ils voulaient ? Tout pour m’inciter à donner le meilleur de ma personne.


À bord du navire, je fus conduit dans une cabine réduite, partagée, où j’allais dormir sur le trajet, étant annoncé comme manutentionnaire. Mon boulot serait de jouer mon rôle au possible, donc aider à la logistique comme un marin normal pour ne pas trahir ma couverture, mais en même temps, je devais mener l’enquête, débusquer le coupable, m’assurer de sa neutralisation, puis de la capture de ses complices qui ne devaient s’enfuir sous aucun prétexte. Je devais donc le repérer au plus vite, sans éveiller les soupçons pour pas qu’il n’alerte ses compagnons. Je pourrais le laisser vaquer à ses occupations, puisqu’il n’aurait de toute manière nulle part où fuir sur l’océan, mais le surveiller pour pas qu’il ne parvienne à tuer sa cible. Et surtout, je devrais le prendre au dernier moment, lorsque ses compagnons seraient suffisamment proches et engagés dans leur bataille pour les empêcher de prendre la poudre d’escampette : un programme fastidieux, mais il fallait le mener à bien.


J’avais donc pris mes aises, pour commencer. Le capitaine, je l’avais déjà rencontré auparavant, lorsque l’on s’était mis d’accord sur les conditions de la mission, et afin qu’il sache qui sera son « ange gardien », mais une fois à bord, je ne devais lui adresser aucun mot, à moins d’une urgence dans la discrétion la plus absolue. À côté de cela, j’étais donc dans une cabine avec trois autres marins, chargés de missions similaires à la mienne, et donc aux côtés de qui je ferais mes tâches à bord. Je n’étais vraiment pas familier des bateaux, mais il paraissait que nettoyer, ranger, porter, tout ce qui ressortait de notre logistique, était à la portée du premier imbécile, alors là-dessus, pas de quoi s’inquiéter, on dirait.

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MessageSujet: Re: Piraterie et gâteaux de riz   Lun 2 Juil - 16:34

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Alors que le navire tanguait, je m’étais incrusté dans cette routine de marin. Comme si j’étais parfaitement à ma place, j’avais appris à jouer mon rôle, me levant aussi tôt que les autres pour toujours commencer les activités d’une longue journée sur l’océan sans tarder. Je partageais mes repas avec chacun, et, comme le voulait mon déguisement, nul n’était au courant de ma petite supercherie d’acteur. Pour l’occasion, je m’étais fait nommer du nom de « Hiki », cachant mon identité pour n’en être que le plus intégré possible, et être sûr que personne n’ait de doute sur moi.


Je m’étais fait des amis en les personnes de Kodaro et Sukyoko, deux de mes voisins de chambres, avec qui je partageais fréquemment les tâches de la journée, mais ainsi de même, une piaule pour les nuits et une table aux repas. Ensemble, nous faisions de notre mieux pour rendre le trajet agréable au possible malgré la difficulté des travaux chaque heure, et lors des pauses, nous nous détendions, chantions et jouions ensemble, lorsque je ne m’éclipsais pas pour parcourir le navire seul. J’agissais au nez et à la barbe des officiers postés ici, me promenant discrètement, et aussi rarement que possible, mais de mes maigres observations, je ne retenais que d’innombrables plans d’action pouvant être mis en œuvre pour tuer le capitaine marchand, sans pour autant avoir une idée duquel sera employé, et par qui.


Le meurtrier devait être ici, parmi nous, sans quoi, il ne pourrait passer à l’action, mais qui était-ce ? Plus je m’infiltrais en cette communauté, et plus mes doutes s’évanouissaient, alors que je connaissais de mieux en mieux chacun. Comment croire qu’un de ces joyeux lascars puisse faire une chose pareille ? C’est simplement impensable de suspecter un de ces gaillards qui devenaient si proches que je les pensais presque être des amis d’enfance… Et le temps passait, encore, encore, sans que je trouve, et je ne pouvais me résoudre à le laisser s’avancer ainsi. À ce rythme, j’allais échouer, simplement, mais je n’avais pas dit mon dernier mot.


J’eus alors un semblant de doute, une soirée sombre lorsque les vagues faisaient leur incessant tumulte sur la solide coque du bateau. Je ne parvenais pas à trouver le sommeil, sujet parfois à un certain mal de mer, alors j’étais allé me promener dans la calle pour trouver un endroit ou recracher mon dîner. Je vis alors une autre lueur entre les compartiments parcourus, faible, cachée, immobile, qui ne pouvait être celle d’une patrouille ou de quelqu’un qui, comme moi, serait sujet au mal. C’était au cœur du garde-manger, peut-être un grouillot affamé, mais ça demeurait assez louche pour que je m’y intéresse.


J’avais alors éteint ma lanterne très vite, pensant à ce que ce soit l’occasion où jamais, peut-être la bonne, et surtout, à ce que je ne doive sous aucun prétexte me faire voir. Par chance, le roulis bruyant de ce soir, celui même qui me donnait quelques difficultés à marcher, couvrait aisément le son de mes pas, et je pus furtivement me poster à proximité de cette pièce reculée. D’un œil de voyeur discret, je laissais balader mon regard à l’intérieur, prêt à me terrer dans l’ombre au moindre signe suspect, et retenant mes envies de malaises dues à ma nausée de plus en plus présente.


J’y vis alors Izan, du moins c’est comme ça qu’on le nommait ici. Il était marin sur le navire, bien sûr, pas un clandestin, mais se cachait ici, et n’avait pas l’air de consommer ou compter quoi que ce soit. Bien au contraire, ce qui fit alors de lui mon suspect numéro un étaient les gestes qu’il avait, comme pour dissimuler quelque chose entre deux rayons, mais je ne pus m’approcher pour voir. Je ne fis alors qu’attendre, le voyant avec une attention non relâchée scruter autour de lui tout en menant à bien son opération, avant de sortir et disparaître entre deux couloirs.


Juste à temps, il était hors de portée lorsque je ne pouvais plus me contenir et dus m’isoler pour vomir en vitesse. Je restais là de côté un moment, laissant planer mes idées avant de reprendre mes esprits, enfin seul, mais lorsque je revenais à moi, je ne pouvais que me rendre à l’évidence : comment retrouver ce qu’il avait caché ? Était-ce une arme ? Un artifice ? Un poison ? Une bête ? Cela pouvait tout être, et après mes instants de malaises, il me faudrait retourner toute la salle pour retrouver cette cache, tout ce que je ne pouvais pas faire sans me faire repérer donc. Ne perdant pas plus de temps sur ma courte nuit, je ne notais alors que l’évènement de ce soir pour ce qu’il en fut, et me rappelais de surveiller davantage ce marin-ci, dans la mesure du possible si je ne voulais pas l’alerter. Mais pour l’heure, je ne pouvais que retourner dormir.

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MessageSujet: Re: Piraterie et gâteaux de riz   Jeu 5 Juil - 14:34

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Les jours suivant retrouvaient vite leur calme plat. Pas de lourdes tempêtes me provoquant des crises de malaise intempestives, pas d’évènement étrange, surprenant ou que sais-je, rien. Pire, encore, Izan semblait absolument innocent de mes soupçons, ne répétant pas une seule fois de geste suspicieux, d’activité inhabituelle ou autre et, si mon attitude bornée me fit continuer mon observation, je me rendais vite compte que c’était en vain : il semblait être un simple marin, on ne peut plus normal. Cachait-il si bien son jeu ? Était-il vraiment innocent ? Je n’avais alors qu’un vague souvenir, et une paranoïa presque excessive pour moi, mais un mauvais pressentiment reste un mauvais pressentiment, et quoi qu’on en dise, l’instinct joue parfois beaucoup.


Plusieurs fois, j’ai essayé de passer discrètement dans le garde-manger, fouillant du coin de l’œil, mais ma marge d’action restait trop réduite. Je ne pouvais pas risquer de me faire surprendre, et mes petites escapades manquaient parfois de justesse de se faire voir, au point où je ne pus les mener bien loin. À ce rythme, j’étais cuit, vraiment cuit, mais je ne pouvais laisser tomber, sûrement pas : il en allait de mon honneur, ma réputation de fiabilité, et surtout, ma survie, tout simplement. Redoublant alors de vigilance, je restais sur mes gardes, dormant presque les yeux ouverts, tant je n’arrivais pas à lâcher l’affaire.


J’ai alors cherché à altérer mon emploi du temps, de sorte à ce que mes tâches du jour me rapprochent davantage de ma cible pour en étudier les occupations et, manquant de plus en plus de temps, je dus user de mon joker auprès du marchand pour que ce dernier accélère les choses entre moi et le marin suspect. Ne voulant pas alors trahir mes opérations en en dévoilant l’identité, de peur que les doutes du capitaine n’aveuglent sa raison et ne le fasse trahir notre opération, je passais son nom sous silence, et me contentais d’agir.


Dans les moindres détails, je vis alors Izan se lever, le matin, comme tout le monde. Il commençait ensuite à s’affairer à la logistique comme bien d’autre, travaillant les nœuds, nettoyant le pont, déplaçant des caisses, et ainsi de suite. Vers le déjeuner, il cessait ses missions pour rejoindre l’intendance, où il devait aider à des tâches basiques, comme l’épluchage de la nourriture, et principalement, le service à table. Il prenait alors son repas plus tard, avec l’équipe en cuisine, avant de reprendre des activités plus élémentaires l’après-midi. Des fois, il était alors réquisitionné pour porter ses repas au capitaine, comme cela arrivait parfois à d’autres marins utilisés au service, et le soir, il reprenait les mêmes tâches que le midi. Jusqu’ici, si son comportement ne présageait que peu de danger, j’en notais qu’il gardait un accès privilégié en cabine, mais comment pouvait-il prévoir le moment où il passerait à l’acte ? On le demandait pourtant aléatoirement, et il n’était pas toujours celui sollicité, donc comment se coordonner s’il passait par le repas du capitaine pour le tuer ?


La piste du poison était alors ma plus fiable sous la main, et, même si elle me paraissait alors bien banale et difficile à mettre en œuvre, je ne voyais alors pas comment il pouvait prévoir autrement son plan d’attaque. Mais je restais sûr qu’il s’agissait de lui, car, après tout, il était le seul pendant tout ce temps à avoir eu un mouvement aussi suspect, et en soi, cet accès facile au capitaine n’était vraiment pas donné à tout le monde vu les mesures de sécurité prises dernièrement. Ainsi, je poursuivais donc ma mission en le prenant en filature, travaillant autant que possible au même endroit que lui et le gardant à l’œil, ne le lâchant que vaguement de temps en temps pour noyer les soupçons qu’il aurait pu avoir.


Les dernières nuits alors, je ne dormais que très peu, veillant à ce que s’il fasse encore quoi que ce soit de louche, je puisse le suivre et surveiller ce qu’il faisait, et c’est dans ces moments que je pus me féliciter de mon instinct et de ma grande méfiance. Un soir, encore une fois à une heure très avancée, il se leva, et ainsi, je fis de même et me mis à le suivre lentement et furtivement, n’arrivant pas à fermer l’œil à cause de ma presque paranoïa croissante. Il tournait alors entre les couloirs, s’éclairant que faiblement pour éviter de faire du bruit et de trahir ses mouvements par la lumière, mais il ne se doutait pas de ma présence, et je pus ainsi marcher sur ses pas sans qu’il ne s’en rende compte. Je le vis alors simplement passer un instant sur le pont, s’arrêter brièvement, et repartir en s’engouffrant dans le bâtiment. Il avait fait quelque chose, mais quoi ? Presque précipité, sans oublier de masquer ma présence ici, je me ruais à l’endroit où il était, et sorti ma lanterne pour retracer ce qu’il avait bien pu faire ici, pratiquement immobile.

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MessageSujet: Re: Piraterie et gâteaux de riz   Mar 31 Juil - 21:26

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Rien, rien du tout. J’étais arrivé trop tard, il avait dû faire si vite, et il m’avait bien eu. Je persistais à croire pourtant qu’il ne m’avait pas repéré, mais alors, sa prudence, son adresse, étaient sans mesure. Avait-il dissimulé quelque chose ? Était-ce mon imagination ? Au vu de la situation, je me permettais de croire qu’il avait dû s’agir d’un objet jeté à la mer, que je ne pouvais voir dans la nuit et les vagues. Un message sûrement, donc. Une alerte, un signal, peut-être. Ou alors, un préparatif pour la suite ? Mais peut-être est-ce moi qui me fais des idées… Je ne pouvais rien laisser au doute, alors je choisis de croire en la pire des issues : c’est pour bientôt.


J’ai alors mal dormi, et difficilement joint les dortoirs sans bruit, mais réussi à le faire. Le navire tanguait, ce à quoi je m’habituais doucement, mais mes songes et le son de la tempête alors en chœur suffisaient bien à me mener le sommeil dur. Au final, je ne sais pas si je fus assommé d’un coup, ou avais oublié mes ombres l’espace d’un instant, mais je pus tomber dans le Rêve, pour ne me réveiller qu’au matin en compagnie des autres marins.


J’étais sur mes gardes, tout le jour. Je ne quittais pas d’une semelle mon suspect numéro un, et chaque geste de sa part donnait droit à un regard aiguisé de la mienne. Qu’il prétextait une pause ou un autre devoir, j’invoquais mes raisons pour le suivre, de près ou de loin. Un petit jeu fatiguant que je n’avais le droit de perdre, et que nous menâmes jusqu’au repas du midi. Lui, semblait serein, calme, comme à son habitude et, si je faisais mon possible pour paraître de même, je me sentais de plus en plus éreinté, irrité, stressé. Cela devait cesser.


L’après-midi semblait se commencer sous les mêmes augures, jusqu’à ce que, comme je l’avais noté auparavant, il eut l’opportunité de joindre la cabine du capitaine. Je ne pouvais le laisser filer. Il semblait alors particulièrement dévoué dans sa tâche, qu’il ne pouvait que mener seul et, si je pus faire passer quelques raisons pour le suivre, je finis par le perdre entre deux couloirs. Ce fut alors de longues secondes, très longues, qui tapèrent sur mon crâne, jusqu’à ce que d’un coup d’œil chanceux, j’aperçus sa silhouette, bien plus tard, qui remontait vers son objectif. Il portait fièrement un plateau avec du thé et des gâteaux de riz, ce que le capitaine avait demandé. Le poison donc ? Peu original à mon goût, mais efficace, redoutable, vicieux.


Je me hâtais alors pour le suivre, n’hésitant pas à bousculer ceux sur mon chemin, rétrécissant l’espace entre nous, mais m’efforçant de faire durer. Je devais l’attraper au bon moment, lorsque je serais sûr, sur le fait, mais avant qu’il n’accomplisse son forfait. Longeant les murs, le bois, me dérobant de son regard lorsque, méfiant, il scrutait l’horizon, je lui emboîtais le pas, et, lorsqu’il entra dans les appartements de sa proie, je me glissais juste derrière lui. Il fit quelques pas, avant qu’il ne sente ma main sur son épaule, s’immobilisant. Je pensais pouvoir alors l’accuser, le démasquer, mais, si je ne vis le sourire sur ses lèvres à ce moment, je pus alors sentir sa fierté, lorsqu’il se saisit de deux des boulettes du plateau, laissant tomber le reste au sol.


Le service de thé se fracassa en un instant, salissant le bois, avant si beau et propre, dans un fracas déplaisant, présage d’une jolie dépense future, et d’un potentiel héritage perdu. Deux autres gâteaux suivirent pour s’éparpiller par terre, et l’assassin projeta les autres des deux côtés de ses jambes. Deux morceaux bien ronds, très ronds, qui n’étaient alors que très semblables à d’autres, jusqu’à ce que j’aperçoive la mèche dissimulée avant l’impact. La fumée jaillit, dense, omniprésente, et nous fûmes tous enveloppés dans ses bras.


Le poison était une déduction fiable, et pourtant, qui aurait cru que les aliments ne seraient qu’utilisés pour dissimuler ces artifices ? Sans doute, cherchait-il à frapper à un des moments les plus vulnérables : lors d’un repas. J’espérais alors que mon intervention allait le déstabiliser au moins un peu, mais je n’aurais pas le temps de simplement réfléchir et observer. S’il s’était ainsi dissimulé, il avait sûrement de quoi frapper derrière, caché, et devait savoir se repérer ici, à moins d’avoir mémorisé l’endroit, ce qui n’était pas à exclure. Pour ma part, je n’eus que le temps de noter où se trouver mon « client », et devais trouver un plan d’action au plus vite.

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MessageSujet: Re: Piraterie et gâteaux de riz   Mar 31 Juil - 21:28

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Me jeter sur lui ? Futile, il avait sûrement déjà bondi hors de sa position. Chercher à protéger le capitaine ? Oui, mais comment ? Je ne pouvais le voir. Je ne pouvais rien voir. Alors, je n’avais qu’à entendre. D’un côté, c’était les cris, les appels de la victime en devenir. De l’autre, la ruée de l’assassin, qui allait certainement droit au but. Faisant alors appel à ma mémoire la plus directe, j’avançais à l’aveugle, attrapant une chaise, que je heurtais plus qu’autre chose au contact, et cherchant à la lancer dans la direction des deux autres, avant de suivre le mouvement d’un pas vif.


J’eus la certitude de toucher, après le temps que je mis à calculer sa trajectoire, et toute ma force désespérée que je mis dans l’action, mais au mieux, ce n’était que pour freiner sa course. Me repérant au vacarme, je fis le pas de course en trébuchant à moitié, et cette fois-ci, plongeais sans hésiter pour me saisir du bassin de l’individu. Alors sans repère, je ne sus me défendre du poignard qu’il plongea dans ma côte, prêt à me suriner comme un cochon s’il le fallait pour qu’il passe à la suite, mais je ne relâchais pas ma prise, et reportais alors ma force sur son bras. Je compris bien vite qu’il n’y voyait pas mieux que moi, lorsque par la surprise et une prise de bras solide, je sus lui faire lâcher prise et le forcer à rouler sur le flanc.


Sûrement, avait-il choisi de retenir l’emplacement de chaque objet, et n’avait-il pas prévu mon élan d’assaut si soudain. À terre et sous moi, il était en mauvaise posture et, bien que non blessé par rapport à moi, il restait désavantagé par la position, et n’avait plus en main de quoi m’asséner d’autres entailles. Sous l’adrénaline, alors, je me contentais de frapper vers le visage, et, me sentant crispé par la douleur, je me mis alors à chercher ses yeux des doigts, tandis qu’il se débattait d’abord pour reprendre un minimum d’appui, puis pour tenter de m’en empêcher. Avec alors la hargne d’une bête, j’enfonçais mes pouces dans ses globes oculaires qui n’opposèrent que peu de résistance et, alors qu’il réalisait avec terreur ce qui se passait, je déportais ma force vers sa nuque, que je serrais, encore, encore, usant de tout ce que j’avais comme énergie dans des efforts brutaux pour l’étouffer. L’étreinte semblait s’éterniser, les cris, la douleur, des deux côtés, mais très vite, d’autres marins alertés se mirent à arriver, alors que j’achever de neutraliser le meurtrier.


Puis au bout d’un moment, la lutte vint à sa fin. J’étais essoufflé, et lui, mort. Je saignais, et il ne respirait plus. Me hissant à l’extérieur avec l’aide de ceux qui étaient arrivés, je pus constater que j’avais fini une partie de la mission et, alors que je laissais quelque bienveillants s’assurer que je n’aggraverais pas mon état en bougeant, je pus constater l’arrivée des opportunistes, sûrement encanaillés par la fumée qui s’échappais de part en part du bateau, des suites de cette tentative d’homicide, aussi échouée soit-elle.


Alors comme revigoré par ma première réussite, je me sentais vite meneur d’hommes, et me joins alors au capitaine qui, survivant d’un massacre pourtant certain, me remerciait d’un geste de la tête pour ce qu’il me payait. La suite ne fut finalement pas des plus honorables, et nous choisîmes de feindre le chaos pour les laisser s’avancer le plus possible, et tromper leur méfiance, jusqu’à ce que la proximité leur permettrait de se rendre compte de leur faute, et qu’il soit bien trop tard pour faire demi-tour. Il est alors des batailles navales que l’on peut conter, narrant des exploits guerriers, des duels, des échanges violents, avec un ton épique, admirable.


Celle-ci ne fut pas de ces évènements presque héroïques par leur déroulement. Ce fut un simple piège, un piège qui se referma sur ceux qui croyaient piéger, alors qu’eux-mêmes furent les trompés. Une ville embuscade sans honneur. Une punition, le juste châtiment qu’ils méritaient pour leurs sinistres entreprises. Si je pris part à la coordination pour maintenir l’illusion de notre défaite imminente, je ne me joins alors pas à la boucherie. Je n’ai pas goût des massacres comme celui-ci, au cours desquels mille morts sont vengées par des supplices parfois tout aussi immondes. Je choisis simplement de confirmer d’un œil notre victoire, avant de prendre congé vers les dortoirs pour me reposer, récupérer.


Je passais alors le reste du voyage comme le début. Si ma réussite ne me forçait plus à me faire passer pour un marin ici, je me sentais comme un des leurs malgré tout, au moins pour ce qu’il restait de route à faire. De ce que ma santé me permettait alors, je continuais le travail, et le temps restant passa finalement bien plus vite qu’on n’aurait pu le penser. Lorsque nous arrivâmes alors à port, je quittais mes compagnons, mais leur promis de les retrouver, un jour. Peut-être dans plusieurs années, peut-être dans quelques semaines.

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