Partagez | .
Au Service de Sa Majesté...
Messages : 128
Yens : 626
Date d'inscription : 21/02/2018
Localisation : au dessus de ton âme...

Progression
Niveau: 8
Nombre de topic terminé: 2
Exp:
5/6  (5/6)
avatar
Ai Enma ¤ Inconnue ¤

-



MessageSujet: Au Service de Sa Majesté...   Mer 21 Nov - 23:29
















Solo





Retour à Murakokkyou.


Meurtrie, exténuée, blessée dans son amour propre, ai dévalait sur sa fière monture les hautes collines du territoire de Minshu pour enfin franchir la frontière du royaume Fuyu. Son pénible voyage allait enfin arriver à son terme. Chevauchant sous la lune déclinante, dans un ciel où peu à peu les étoiles s’éteignaient, le chemin de terre serpentait entre les collines escarpées qui parfois montraient leurs flancs de basaltes noirs. En les voyant, elle sut que le village de Murakokkyou ne se cachait plus très loin et qu'elle pourrait y parvenir en tout début de matinée. Alors qu'elle s'attendait à éprouver une triste joie en retournant dans le village qui l'avait recueillie et d'une certaine manière adoptée, son cœur resta de glace. Aucun émoi ne vint perturber son esprit. C'est dans une totale indifférence qu'elle revenait près de ces humains qui lui avaient pourtant prodigué soins, attentions et générosité. Son âme était toute dévouée à la contemplation des successifs paysages dans lequel elle retrouvait une forme de paix et d'harmonie. Elle se refusait à penser à toutes les choses qui lui étaient arrivées dans la ville Mizu-Umi, car une colère sans nom allait s'emparer d'elle la menant à de nouveaux désastres. Contemplant les nobles aplombs de roches noires, le gargouillis d'un ruisseau lui parvint. Descendant de monts plus escarpés au nord-ouest, elle le reconnue de suite. Il délimitait le périmètre extérieur au village. Plus loin, sur la droite en amont, caché par des bosquets d'épicéas, une petite cataracte surplombant la cabane d'Ichika. A ses souvenirs, sa paix intérieur fondit comme neige au soleil. Mais point de colère, sinon un abattement et une lassitude écrasante. C'est complètement déprimée qu'elle chercha le gué afin de traverser les cours d'eau tumultueux. Et une fois franchie, une seule idée lui martela le crane, elle ne voulait croiser le chemin de personne. Ne voir aucun être humain, vivant du moins. Alors, au lieu de suivre le sentier qui la mènerait au village, elle coupa à travers les vastes herbages et ainsi atteindre la demeure de Fusahira sans avoir à rencontrer qui que ce soit.


La lumière solaire, jaune pâle, montait peu à peu dans le sombre indigo de l'azur quand elle aperçut la vielle, mais non moins charmante demeure, assise sur ses pilotis au milieu de son vaste pré, telle une antique gardienne. Juste à son coté, la grange accompagnée d'un bouquet de bouleau pubescent à la blanche écorce. La brise matinale jouait dans les hautes herbes et seul résonnait le croassement des corneilles dans l'air cristallin. Quelques grands chevaux, de la même espèce que Youki, étaient visibles bien plus loin dans des herbages grimpants sur les coteaux, boutants paisiblement. Une grande sérénité baignait ces lieux. Une pointe de nostalgie perça l'indifférence d'ai et elle ne put se retenir de lâcher un long et langoureux soupir. Après tout, c'était ici chez elle, maintenant. Elle se surprise même à ressentir une certaine impatience de retrouver sa chambre sous les combles. Cela faisait maintenant trois mois qu'elle avait été jetée dans ce monde insolite et que déjà de toutes petites radicelles c'étaient formées dans son esprit. Elle ne chercha pas à savoir ce qu'elle en pensait, si cela était bon ou mauvais, cela s'imposa à elle comme un simple état de fait. Se dirigeant vers la grange, elle y installa Youki, lui flatta le museau puis s'en alla retrouver la maison. Elle gravit les quelques marches et une fois arrivée devant la porte d'entrée, elle ne sut que  faire, soit sonner la petite cloche, soit prendre sa clef et l'ouvrir. Elle resta, indécise quelques instants sur le palier, à s'enliser dans ce dilemme. Il y avait de fortes chances qu'elle croise Fusahira et elle ne savait comment réagir à cette rencontre et de quelle manière elle allait l'aborder. Submergée de sentiments contradictoires, elle regretta l'époque où elle pouvait apparaître en tout lieu d'un simple battement de cils. En définitive, elle n'eut pas à choisir. Perdue, encore une fois dans ses pensées, elle eut la surprise de voir la porte s'ouvrir à la volée. Tout aussi surprise qu'elle, Fusahira resta coi devant elle, au seuil de l'entrée.


Fusahira, après une brève hésitation, leva les bras au ciel et s'exclama avec une joie non retenue:


-"Ai, tu es de retour !"


Puis, d'un mouvement preste, mit un genoux à terre et enserra vigoureusement ai dans ses bras. Elle sentie sa tête tout contre la sienne, le visage taillé à la serpe se perdant dans ses longs cheveux noirs. Ai, ne sachant quoi faire, garda les bras le long du corps, figée dans le marbre, telle une statue. Puis, ce moment d'effusion sentimentale passé, il se redressa de toute sa hauteur et examina ai des pieds à la tête. Une légère rougeur de gêne lui colorait ses paumettes saillantes. Ces petits yeux clairs, profondément enchâssés dans son visage, étaient marqués des signes d'une profonde fatigue et d'un manque de sommeil avéré. Mais quand son regard se porta sur le visage blanc comme neige d'ai, son allégresse s'évapora pour laisser place à la contrariété et au désappointement. Son visage devint terne, un sourire sans joie s'y afficha et il serra ses lèvres. Le beau et aristocratique visage d'ai qu'il lui connaissait avait été outragé. Un sentiment d'impuissante colère monta en lui en voyant la large marque bleue qui maculait son œil gauche, ses lèvres fendues sue le coté, de haut en bas d'un trait rouge vif, de sa paumette droite toute violacée et de son menton rougit. Alors qu'il ne pensait qu'à battre à mort le gredin qui avait porté la main sur ai, cette dernière qui semblait indifférente à l'état de son visage, lui adressa doucement, de sa voix grave et triste:


-"Je voudrai monter dans ma chambre..."


Sous le coup de la stupéfaction, sans y réfléchir il s’exécuta et la laissa entrer. Il regarda sa petite silhouette se diriger vers la porte du fond, l'ouvrir et disparaître dans les escaliers. Il entendit son pas léger éfleurer les marches puis faire grincer un tantinet le plancher. Une porte s’ouvrit et se referma doucement au dessus de lui. Refermant derrière lui la porte d'entrée, il remarqua qu'un pesant silence avait envahie subitement la maison. Cette situation le mettait au supplice. Il ne sait pas véritablement ce qu'il aurait voulu qu'elle fasse ou dise, mais sûrement pas ça. Elle avait fait comme si de rien n'était, murée dans sa triste indifférence. Pourquoi n'était-elle pas en colère ? Pourquoi n'était-elle pas venue se réfugier dans ses bras pour y trouver du réconfort ? Après ce qu'elle avait subit, elle aurait dut manifester ses sentiments, quels qu'il soient. Au lieu de cela, ai était restée impassible et froide, enveloppée dans une apathie qu'il lui connaissait trop bien. Il ne put s'empêcher de repenser à cette épouvantable image d'ai étendue sur le plancher, son corps laiteux baignant dans son sang vermeil. A cette sinistre évocation, il ne put réprimer son angoisse. Et si elle recommençait ? Cette pensée lui était insupportable. Mais il savait ai obstiné comme ce n'était pas permis et que lui n'arriverait à rien. Sans même prendre la peine de refermer la porte derrière lui, il sorti en trombe et se dirigea vers la maison de l’apothicaire. S'il y avait un personne susceptible de se faire écouter par ai, c'était bien Maromi. Quel ironie à bien y penser ! Seule une muette avait la possibilité de briser le mur du silence derrière lequel ai se réfugiait...



En entrant dans sa chambre, la rosace qui filtrait les rayons du soleil levant, enflammait tout l'espace de lueurs rouges et orangées. Le morceau de vitrail manquant avait été remplacé. Et sous ces feux, la tache brunâtre maculant le parquet, était si sombre qu'on eu dit la bouche d'un puits s'enfonçant dans le noir des abysses. Ai s'attendait à voir les particules de poussières jouer dans les rais de lumières colorées alors qu'elle s'avançait vers son armoire, mais rien ne vint troubler la clarté des éclats solaires. Fushira avait fait en sorte que sa chambre soit maintenue dans le même état soigné dans lequel elle l'avait laissée. Elle apprécia cette attention et ouvrit son armoire afin d'y ranger ses vêtements de voyages masculins et ses précieuses fourrures. Un fois cela fait, elle sortie son seifuku et le revêtit. Puis avec soin elle déposa dans le coffre en bois de camphrier la lettre de Sato ainsi que la dague à la lame cruciforme. Une fois cela fait elle alla s'étendre sur son futon de coton blanc et s'absorba dans la contemplation des jeux de lumières incandescentes. Lentement, ai ferma les yeux. Et quand elle les rouvrit, elle se vit debout, sous le vénérable chêne qui dominait la plaine, couverte par des massifs de lycoris majestueux, sous la lumière éternelle d'un perpétuel soleil couchant. L'air était tiède, le vent soulevant par intermittence ses longs cheveux noirs. Elle savait qu'elle rêvait, mais le songe ne s'évapora pas pour autant. Et au lieu de lui gonfler le cœur d'une intolérable nostalgie, ce mirage l'emplit d'une tristesse légère, comme si en s'éveillant, elle savait qu'elle aurait enfin rejoint son monde bien à elle, qu'elle serait enfin redevenue la fille des enfers... Cette dernière pensée lui apporta une sérénité qui lui avait bien fait défaut depuis son arrivée dans le monde de Kosaten. Et elle se complaisait à dilater à l'infini cette rêverie lorsqu'elle perçut des coups retentir sur le bois de la porte de sa chambre. Rouvrant véritablement les yeux cette fois-ci, sa douce tristesse disparut, les images familières s'envolèrent comme perdues à jamais. Exaspérée par ce dérangement inopportun, une lueur rouge vive voila un instant ses grands yeux. Elle redressa son torse en prenant appuie sur ses bras mis en arrière.


/* GRRR ! Qui ose venir me déranger ? Et qui cela peut-il bien être ? Fusahira ? Non, j'aurais entendu ses pas dans l’escalier... A moins que... Si c'est lui, il va goûter à ma mauvaise humeur ! Et qui que ce soit d'ailleurs !  */


Juste après trois coup frappés, sans attendre de réponse, la porte s'ouvrit lentement et dans l’embrasure apparut une adolescente au visage aussi rond qu'embarrassé. La tête baissée, elle osa, timidement, lever ses grands yeux noirs vers ai. C'était Maromi. Sur son visage s'affichait un sourire confus et maladroit. Ai remarqua qu'elle portait un kimono qu'elle ne lui connaissait pas. D'une jolie soie bleu claire avec pour motifs d’élégants volubilis blancs et roses pâles. Les couleurs fraîches des motifs indiquait qu'il devait être neuf. Il était sûrement destiné à être porté lors de fêtes, de réceptions ou bien de sorties en famille. Elle sut d'emblée que Maromi l'avait revêtu pour son retour au village. Ai la connaissait bien même si elles n'avaient jamais échangées un mot. Et ce geste attentionné la flatta. Alors elle fit un geste de la main à Maromi pour l'inviter à rentrer dans sa chambre et aussi pour la sortir de l’embarras. Elle savait bien que Maromi n'aurait pas osée la déranger de la sorte, patiente, elle aurait attendue que leurs chemins se croisent. Fusahira était certainement derrière tout cela. Ai tapota doucement sur son futon pour lui indiquer de venir s’asseoir à ses cotés. Alors, ne réprimant plus sa joie de revoir l'étrange locataire à la peau de craie, Maromi franchit les quelques mètres qui les séparaient et s’assit toute contente de ces retrouvailles. Mais quand Maromi posa son doux regard sur le visage d'ai, cette dernière eut un sursaut. Toute allégresse avait disparut de son visage rondelet. Elle fit une grimasse où se mêlait tant l'étonnement que la stupeur et le désarroi. Ses grands yeux noirs furent envahies par la tristesse et l'incompréhension. Lentement elle approcha ses doigts des blessures du visage d'ai comme pour être bien certaine de leurs réalités. Et sans la toucher, elle passa ses doigts sur les blessures. Cela fait, un immense chagrin lui oppressa la poitrine. Et dans un élan involontaire, elle prit ai dans ses bras, la serrant fort et se mit à pleurer longuement, silencieusement. Surprise par cet élan et cet accablement, ai ne sut comment réagir. Alors, elle aussi, prit l'adolescente dans ses bras et la serra. Ai ne se rappelait pas d'avoir partagée un tel moment d'intimité, tout au moins avec une personne qu'elle n'avait pas, par la suite, envoyée en enfer. Cela lui fit penser à la connivence qu'elle pouvait partager avec Youki, mais sans pouvoir la définir plus en avant. C'était un sentiment, qui pour elle était tout aussi étrange qu'étranger.


/* Hou la la... je suis censée faire quoi moi ? Je n'aime pas la voir triste... Pauvre petite... */


Finalement, ai aussi sombra dans une profonde tristesse. Alors, elle lui freudonna dans un murmure les derniers vers d'un poème de P.B Shelley afin de lui soulager sa peine:


-"Et semblable à l’oiseau
Dans les couches de l’air je me baigne à toute heure.
Je change à chaque instant
Et sans mourir pourtant,
Car alors que, brillant, le ciel après la pluie
S’empresse de sécher mes larmes qu’il essuie..."


Peu à peu les couleurs devinrent plus vives, l'air se fit plus chaud. Ai mis ses mains sur les épaules de Maromi, la regarda droit dans les yeux et de sa voix grave et douce:


-"Ben faut pas te mettre dans de tels états... Ne t'inquiète pas, je vais bien..."


Silence.


-"Tu portes un bien jolie kimono, se serait dommage de le tacher de tes larmes... C'est tes parents qui te l'on acheté ?"


Maromi qui la fixa à son tour, se frotta les yeux pour y dissiper ses larmes et esquissa un signe de la tête. Son regard était triste et anxieux. Mais elle se força à sourire et fit un geste de ses mains qu'elle répéta plusieurs fois. Ai comprit de suite. Maromi voulait qu'elle mange afin de faire disparaître ses vilaines blessures. Ai baissa la tête et poussa un long soupir.


-"Explique à Fusahira que je descendrais le moment venu... Pour l'instant, je veux rester seule..."


Sans un bruit Maromi se leva et se dirigea vers la porte. Sur le seuil, elle se retourna et adressa à ai un sourire plus spontané, plus sincère et disparut en refermant derrière elle, la porte. Dans le silence des lumières chamarrées, ai put s'abandonner à son océan de solitude. Elle s’allongea sur son futon et y resta regarder les lumières changer au fil des heures.



Cela faisait maintenant trois jours qu'ai n'avait pas bougée de sa chambre, restant étendue à regarder les lumières de ce monde-ci ou d'un autre. Elle ne sentait plus son corps, comme perché sur une falaise entourée de vide. Et dans son délire comateux, elle trouva un semblant d'équilibre. Son esprit se perdait, volontairement, dans le labyrinthe de ses turpitudes. Elle voulait s'égarer, s'égarer à jamais dans son monde pour ne plus voir, ne plus sentir, ne plus savoir. Son corps se disloquait, sa raison se dissolvait.


/* Je n'ai plus qu'une seule certitude, l'illusion de vivre... */


Dans la prison de sa conscience, elle contemplait sa vie manquée, attendant au hasard du désespoir de sombrer dans un définitif néant.



Mais hélas, le destin en avait décidé autrement... Ce furent quelques coups brefs et secs sur sa porte qui contraignirent ai à remonter à la surface de cette triste et maussade réalité. Toute chamboulée, la nausée au bord des lèvres, c'est avec beaucoup de difficultés qu'elle réussi à articuler un simple mot, faiblement, si faiblement qu'il se perdit dans l'espace de la pièce.


-"Entrez..."


Une fatigue intense écrasa son corps lorsqu’elle vit entrer dans la chambre Maromi, toute souriante et guillerette. Elle portait la simple tenue de travail que ai lui connaissait, surmonté d'un tablier blanc étincelant. Elle tenait dans ses bras une large coupe très évasée en terre cuite remplie de petits fruit rouge écarlates. Sur le moment, ai ne les reconnus pas, tant ses yeux étaient embrumés des visions d'un ailleurs perdu. C'est lorsque Maromi déposa la coupe à coté d'ai, que cette dernière les reconnu. Ses yeux se dilatèrent de concupiscence, devant elle se tenaient des cerises, juste là à portée de main ! La vue des ses fruits eut un effet miraculeux sur ai. Certes, incapable d'exprimer ou de ressentir la joie naïve et spontanée des humains, il n'en demeurait pas moins qu'ai apprécia ce geste. Elle pointa son regard triste, noyé de nostalgie sur Maromi et gravement:


-"Merci..."


Maromi manifesta sa joie par un petit applaudissement candide. Elle avait cette faculté singulière de deviner les ressentis d'ai, de pouvoir transposer ses réactions sur l'échelle des valeurs humaines. Puis elle s'agenouilla en face d'ai comme une amie venant faire la conversation. Là, elle se mit à agiter frénétiquement sa main sous le nez d'ai, avec seulement trois doigts de dépliés. Cette dernière fit la moue, contrariée de ne pouvoir jouer de ses doigts sur les fruits tant désirés. Puis d'un ton sec et badin:


-"C'est bon, j'ai compris... Ça fait trois jours que Fusahira m'attend... C'est bien cela ?"


Maromi acquiesça vivement de la tête. Puis, s'en alla de la chambre tel un courant d'air. Maussade, elle regarda les cerises rougeoyantes.


/* Bon, ce sera pour plus tard... Mince de mince... Je crois qu'il est temps d'avoir une explication avec Fusahira... Je veux des réponses... */


Elle se leva et se dirigea vers le coffre en bois de camphrier pour en sortir la dague ainsi que la lettre, puis elle descendit au rez de chaussé, rejoindre Fusahira dans son cabinet de travail. Cependant, elle ne pouvait occulter de son esprit, l'image de cette coupe pleine de cerises qui l'attendait...







Dernière édition par Ai Enma le Sam 15 Déc - 11:32, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Messages : 128
Yens : 626
Date d'inscription : 21/02/2018
Localisation : au dessus de ton âme...

Progression
Niveau: 8
Nombre de topic terminé: 2
Exp:
5/6  (5/6)
avatar
Ai Enma ¤ Inconnue ¤

-



MessageSujet: Re: Au Service de Sa Majesté...   Lun 3 Déc - 10:35






Ai pénétra dans la pénombre du bureau où Fusahira l'attendait dans son fauteuil de cuir. Contre le mur à sa droite, elle vit que le petit bureau n'avait pas bougé. Il l'avait laissé tel quel, encombré de livres, de parchemins et de quelques plumes taillées. Elle en éprouva une douce nostalgie en se remémorant les heures studieuses à étudier le droit notarial en sa compagnie. Mais ça, c'était avant... D'un pas résolu elle alla s’asseoir dans le fauteuil faisant face à Fusahira. Se tenant bien droite, son visage affichant une froide sévérité partagée avec une austère gravité, sans un mot, elle déposa devant Fusahira la dague cruciforme, plongeant son regard lourd de tristesse dans le sien. A la vue de cette dague, il mit les coudes sur son bureau et posa sa tête sur ses poings fermés. Lui aussi arborait un air grave. Sans la toucher, il scruta la dague puis porta son regard sur ai. A la vue des ces chairs tuméfiées, ses yeux s'assombrirent. Un silence éloquent pesait lourdement sur eux. Fusahira, le premier, décida de le rompre. Il savait l'affaire plus que sérieuse, et sans raison valable, s'en voulait d'avoir jeté ai dans une situation aussi ardue que dangereuse. Gravement, pesant chaque mot:


-"Bien, ai... Tu vas devoir tout me raconter en détail... Même si c'est douloureux... C'est très important que j'ai connaissance de tout ce qui a put t'arriver et de ce que tu as observé. Par la suite, je serais, sûrement, en mesure de te donner certaines explications. Je reconnais que je n'ai pas été franc avec toi et je t'en donnerai les raisons. Même si cela ne m'excuse en rien... Mais commence s'il te plaît..."


Silence. La tension dramatique qui régnait dans le cabinet avait interrompu le cours du temps, la flamme même des bougies, dispersées sur les candélabres, semblait figée. Alors, ai prit la parole, doucement, de sa voix grave à peine audible, d'un ton dénué de tout ressentiment et de toute acrimonie. Sans se précipiter, elle lui narra dans les moindres détails ses aventures à Mizu-Umi, la découverte de la mort de Sato, les deux hommes tatoués assassiné par d'autres, le trafic de mummia blanca auquel se livraient Ueno Genichi et Shozo Moki liés aux disparitions d'enfants. Et surtout, cet énigmatique personnage qui était au centre de toute cette intrigue, la Marcheuse de rêve qui avait totalement disparue dans la nature. En dernier lieu, elle lui narra son sauvetage in extremis par un curieux personnage qui se faisait appeler le Ménestrel. Pendant tout le temps où ai racontait son histoire, il était demeuré pratiquement impassible mais l'on pouvait percevoir dans son regard, que certains détails l'affligeaient quand même. Par contre, à l'évocation de ce nom, les yeux de Fusahira s'agrandir d’étonnement et il se redressa brutalement sur son fauteuil, posant à plat ses mains sur son bureau, les bras tendus. Et tant par surprise que par contrariété, il lâcha un chuchotement sec:


-"Comment ça ?! Tu as rencontré le Ménestrel ?!"


Ai acquiesça de la tête. Stupéfait, il la fixa des ses yeux ronds comme des billes.


/* Hou la la... Qu'est-ce qui lui arrive...*/





Revenir en haut Aller en bas
Au Service de Sa Majesté...
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Une bibliothèque virtuelle au service du Droit
» Avant de reprendre son service.. [Pv Fabien]
» INITE se met au service de Martelly
» petit service
» So-Service

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Manga Multiverse ::  :: Royaume de Fuyu :: Forêt de givre-


Crédits : Design : Phoenix & Pingouin Règlements & Contexte : Phoenix
Forum optimisé pour Google Chrome.