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La fin des vacances
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MessageSujet: La fin des vacances   La fin des vacances EmptyMer 27 Fév 2019, 00:54

HRP:
 
Quête de février:
 

Arakan n’avait, contrairement à ce que son nom aurait pu indiquer, rien d’un héros. Il avait été chasseur pendant des années, puis trappeur dans le nord des montagnes rocheuses, où il restait parfois plusieurs mois pour revenir avec des peaux et de la fourrure. Sa vie dans les territoires neutres avait été simple, et lorsqu’il avait atteint un certain âge, il s’était contenté d’acheter une échoppe non loin du littoral où il achetait la viande et les peaux que les autres chasseurs, comme lui par le passé, récoltaient dans les montagnes. Assit derrière son comptoir, fumant sa pipe, il passait comme si souvent désormais une après-midi calme ... Lorsqu’une silhouette massive franchit sa porte d’entrée, et déposa avec une subtilité inexistante une carcasse encore partiellement sanglante à côté de lui. Sursautant un peu, le vieil homme regarda le cadavre, et se releva un peu ... Derrière se trouvait un dragon écarlate, bipède, qui se faisait craquer les épaules avec des soupires de soulagement audibles.

M’enfin ... C’t’un beau cerf à queue noir, mais tu t’es transporté la bête comme ça ?
L’a déjà les entrailles vidées. C’tait pas un bien gros ... Un jeune, sûrement. Il boitait d’une patte arrière de toute façon. Vous l’prenez pour combien, avec une patte en moins ?
Le vieil homme plissa ses yeux déjà fins, repérant la patte en question dans la main du dragon, qui baillait en regardant par la fenêtre. Tu pourrais au moins faire attention à ne pas mettre de sang partout ... Mhhh ... Yen a pour bien moins d’une centaine de kilos ... Barf. J’vais pas faire grand-chose de la peau, vu son état. 150 yens ?
Mouais, si vous voulez.

Le vieil homme chercha à voir ce que le dragon observait par la fenêtre, mais n’y parvint pas ... Question d’angle, sûrement. Fouillant un peu derrière le comptoir, il sortit deux lingots d’argent et rajouta un peu de monnaie dans une bourse, qu’il tendit au reptile. Ce dernier la saisit sans tourner la tête, la rangea, pour finalement regarder à nouveau l’ancien trappeur et faire un bref signe de tête.

Merci. A la prochaine.
Qu’est-ce que tu regardais ?
Le dragon, qui était déjà sur le pas de la porte, s’arrêta un instant et soupira. Rien ... Un gosse qui jouait dehors, à l’orée de la forêt.
Ici ? Il n’y a pas d’enfant dans les environs ... Et ... Tu sais que ce que tu m’as apporté valait plus que 150 yens ?
Ah, vraiment ? ... Pour moi c’était juste de la viande de toute façon.

Ressortant du petit bâtiment de bois, le reptile déploya ses ailes ... Et dû battre à plusieurs reprises, accompagnées d’une bonne impulsion des jambes, pour finalement décoller.

*     *
*

L'artiste


Univers d'origine : Anombrya (univers inventé personnel)
Prénom : Haïzen
Sexe : Mâle
Âge : 77# ans (âge exact inconnu)
Race : Furry - Dragon
Coupe et couleur de cheveux : Cheveux courts et raides, roux, encadrés par une paire d'oreille longues et de cornes.
Couleur de yeux : Entièrement blancs
Style vestimentaire : Un short, une bande de tissus autour du bras, des ceintures de chaîne, un débardeur (optionnel), deux katanas dans le dos.
Corpulence : Musclée
Taille et poids : 1m75 pour 105 kilos
Teint de la peau : écailles écarlates.
Emplacement du sceau :  Inconnu (peut-être sur le dos de la main gauche, mais avec ces mitaines ...)
Autre : Tatouages noirs parsemant le corps, canine surdéveloppées, air perpétuellement carnassier
Référence complète



La viande rôtissait à un rythme atrocement lent pour quelqu’un d’affamé ... Et l’artiste, même s’il faisait patiemment tourner sa broche, était affamé. Pourtant, il regardait les gouttes de gras et de sang qui coulaient lentement le long du muscle pour tomber, une à une, dans les braises rougeoyantes. Elles y grésillaient un instant, fumant parfois quelque peu dans l’air de la fin d’après-midi, puis disparaissaient ... Et le dragon, en silence, continuait d’attendre que son repas ne cuise. Sortant du sable à ses pieds une bouteille de verre entourée d’osier tressé, il prit une gorgée de ce qu’elle contenait, grimaça, puis se laissa aller en arrière pour s’allonger sur un matelas de fougères tranchées. Il y avait de la gnole, une odeur de viande grillée assaisonnée dans l’air, le bruit calme et régulier des vagues qui heurtaient régulièrement la plage ... Pas de problème à l’horizon, pas de combat ou de conflit, il n’y avait personne qu’il avait envie de sauvagement charcuter ... Il avait même eu l’occasion, une ou deux nuits plus tôt, de se soulager avec une jolie fille. Contre finances, certes, mais c’était toujours mieux qu’une relation amoureuse remplie de problèmes et autres pour lesquels il n’avait aucune motivation. Bref ... Tout indiquait une belle soirée, où tout irait bien. Et pourtant ... Et pourtant ...

Lame brisée


Non mais je veux dire, je demande sincèrement ... Tu trouves pas qu’on se fait monstrueusement chier quand même ?



Le dragon lâcha un râle de mécontentement profond avant de se claquer le visage. Il était dans un coin paumé des territoires neutres, là où personne ne le dérangerait avant un bout de temps, sans voisin à des kilomètres à la ronde ... Et il fallait que ses versions alternatives venues d’univers parallèles viennent se rappeler à lui et lui balancer en pleine figure précisément le genre de pensées qu’il cherchait à éviter. A croire qu’il était maudit ... Rouvrant les yeux, et regardant le ciel sombre, mais pas encore parsemé d’étoiles au-dessus de lui, il soupira par le museau et laissa couler quelques secondes ... Avant de hausser les épaules.

J’ai vu pire, franchement ... On a tout ce qu’il faut ici, je sais pas pourquoi on irait chercher plus. Enfin ... Les autres tiennent le coup ?

Mhhh ... Les profondeurs offrent la possibilité de recréer ce que tu veux, et à 4, ils se stimulent l’imagination comme pas permis, c’est sûr ... Ils s’amusent bien, je dirais ... Mais et toi, dans tout ça ? Que tu restes dans la réalité pour faire ... ça ? Ça te dérange pas ?


J’te dis, j’ai vu pire ... T’en fais pas. T’as bien réussi à devenir moine et tout le bordel, j’devrais bien être capable de vivre une existence tranquille aussi ... nan ?


C’est sûr ... Tu y aurais droit. Enfin bon ... Si tu as besoin de parler, hésites pas. J’ai cru comprendre que là, c’était pas le moment.



Mhhh. Le reptile ne répondit rien, et ferma simplement les yeux ... De nouveau, son esprit fut seulement troublé par le silence. Ou du moins, pas par la voix d’une de ses alter-egos ... Mais ses réflexions, elles ... « j’y ai droit »... Même pas faux, je suppose.


Dernière édition par Haïzen le Jeu 28 Fév 2019, 12:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La fin des vacances   La fin des vacances EmptyMer 27 Fév 2019, 00:56

Du point de vue d’un dragon qui aimait l’altitude et qui, clairement, « en avait vu d’autres » ... Les montagnes rocheuses n’étaient pas bien élevées. Et pourtant, elles semblaient former un obstacle assez conséquent pour rendre la zone du littoral assez déserte ... Bon, en même temps, autant être honnête : l’eau était plutôt froide dans les environs. Fuyu n’était qu’à quelques kilomètres, et leur climat « nul à c***r » aussi. Et entre la montagne et la mer ... il n’y avait pas grand-chose, à part des forêts de conifères, du trop rare gibier, de l’alcool de châtaignes (étrange mais sucré, pas dégueu) pour pas trop cher et de temps en temps un petit village. C’était d’ailleurs là que se rendait le reptile lorsqu’il avait besoin de s’approvisionner en quoi que ce soit d’autre que de la viande ou du bois ... L’ancien petit cabanon abandonné qu’il s’était déniché sur le rivage abritait entres autres un lit, une solide hache, ses réserve de bois, ses réserve de nourriture, et quelques rares vêtements ... Sans parler de la gnôle et de l’eau potable, bien entendu. Ceci étant, le saurien n’avait pas vraiment de quoi se fabriquer lui-même des meubles corrects, et un fauteuil confortable n’aurait pas été un luxe pour agrémenter son habitation. C’était dans cette optique que, bourse remplie à la ceinture, il s’était rendu en ville ...

Ou plutôt, qu’il avait eu l’intention de se rendre en ville. Le problème était que l’ouïe du dragon était, comme il lui arrivait souvent de s’en plaindre, particulièrement développée. Et que cette même ouïe lui permit, alors qu’il passait par-dessus une forêt semblable à beaucoup d’autres, de capter des pleurs. En temps normal, il ne se serait pas arrêté, mais là pour le coup ... Les femmes adultes pleuraient rarement seules, à qui pouvait l’entendre. Quelques secondes de réflexions lui affirmèrent de façon catégorique qu’il prenait la mauvaise décision en commençant à descendre lentement, faisait plusieurs cercles concentriques pour ralentir jusqu’à finalement parvenir jusqu’au sol, où il se posa dans un calme relatif, à quelques mètres de la source du bruit. Sans grande surprise : c’était bel et bien une femme, et elle était bel et bien en train de pleurer ... Mais pas de violeur à ses trousses, pas de mari ivre à l’horizon, même pas de chien mort ou d’objet précieux style vase de brisé à ses pieds. Bon, à l’extérieur, ça aurait été difficile à expliquer, mais Kosaten était bien le dernier monde où on se trouvait vraiment à l’abri d’une bizarrerie quelconque. S’approchant avec les pouces passés dans sa ceinture au-dessus des poches arrières de son short, le reptile toussa sobrement pour faire connaître sa présence, penchant la tête sur le côté lorsque la ... fermière ? Femme au foyer ? Paysanne ? Dur à dire. Se tourna vers lui avec les larmes aux yeux.

Vous n’êtes pas un homme du village ...
Z’avez l’air déçu, pour le coup. Si vous voulez, je me casse. J’aurais pu avoir une hache à la main et un air lubrique sur le visage, pour ce que j’en sais ...
Non, je ... ne partez pas ... J’ai ... J’ai besoin d’aide !
Oh, super. Non, vraiment, aucune situation de ce genre ne s’est jamais produite où j’ai joué la bonne poire, j’suis surpris et tout le tremblement. Juste, à tout hasard, je peux jouer la carte du « aidez-vous et le ciel vous aidera » ?
Vous ne comprenez pas ...C’est mon fils, Yukio ! Il a disparu dans les bois ... Il n’a que 8 printemps !
Le reptile poussa un soupire de fatigue clairement audible, et leva une de ses mains pour se gratter l’arrière du crâne, suivant du regard un vol d’oiseaux migrateurs inexistant dans la région. Ouais, ouais, je comprends pas, c’est plus grave que prévu et tout ça ... écoutez, votre histoire est touchante, vraiment, mais ... j’ai vraiment pas prévu d’excursion forestière là, et pour être honnête les mômes ça me casse un peu les bonbons... Vous voulez pas ... Je sais pas, que je transmette juste au village ou un truc du genre ? J’peux vous y emmener si vous voulez, c’est à deux pas ...
Mon mari était un voleur ... Les trois gardes qui vivent là-bas ne m’aiderons jamais ... Le ton abattu de la femme aurait fait lever les yeux au ciel au dragon, si cela lui avait été possible avec ses globes oculaires entièrement blancs ... Ou peut-être l’avait-il fait, ceci dit. Faisant claquer sa langue contre son palais à deux reprises, il laissa son regard partir sur le côté, puis sur la femme à nouveau ... Elle le regardait de façon suppliante. S’il-vous-plaît ...

Le reptile poussa un soupire. Il n’avait eu aucun mal à se rendre compte d’à quel point la situation puait ... Contre sa fesse gauche, le poids de la bourse dans laquelle il transportait l’argent pour son nouveau meuble se rappela à lui, comme un genre d’avertissement. Le genre d’avertissement que sa mentalité de chien fou lui avait toujours recommandé de fermement classer tout en bas de sa liste de priorités ... Certes. Mais cela faisait des mois désormais que le chien fou était cloitré dans sa niche, muselé, peut-être mort ... Et il avait une furieuse envie de rentrer assez tôt chez lui pour pouvoir piquer une tête dans l’océan avant qu’il ne fasse trop froid.


Dernière édition par Haïzen le Mer 27 Fév 2019, 01:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La fin des vacances   La fin des vacances EmptyMer 27 Fév 2019, 00:56

La porte du cabanon s’ouvrit fort peu délicatement, à tel point que le bois pourri aurait presque pu se dégonder ... Presque. Rentrant de façon fort peu cérémonieuse dans son « chez-lui », le saurien soupira un peu ... Ce n’était pas grand chose, mais c’était ... Pas grand-chose. 20 mètres carrés, avec une façade – celle en direction de la mer – éventrée, un lit suspendu à un mètre du sol et encastré dans la paroi, un tonneau à l’extérieur pour récupérer l’eau de pluie (qui était quand même salée), quelques sacs / jarres et autres contenants pour les céréales, la flotte et autres nourritures qui étaient posés à même le sol ... Pas étonnant que la personne vivant ici avant l’ait abandonné : y vivre signifiait être sans contact avec qui que ce soit à moins de dix kilomètres, la pêche dans la zone n’était pas miraculeuse, et le vent pouvait rendre dingue, lorsqu’il soufflait assez fort la nuit. Et pourtant, le dragon avait vécu là, dans la plus grande simplicité, sans le moindre souci ... Même s’il s’était bien rapidement mis à jouer avec les lattes de son plancher pour les retirer sans les briser.



Rassures-moi un peu quand même : ce ne sont pas les conseils de notre chère sado-maso locale qui t’ont fait prendre cette décision, n’est-ce pas ?


Sado Maso


Hey, moi je disais juste : elle est plutôt mignonne, elle sera sûrement folle de joie en revoyant son gosse, profites-en juste pour te la faire ! J’veux dire, à quoi bon jouer les héros si ça a aucun bénéfice ? ‘pis en plus, je la trouve graaaaaave plus chaude que celle que t’as soulevé l’autre jour.



Le reptile interrompit ce qu’il faisait, relevant la tête. Hey ! J’croyais qu’on avait été clair : « pas d’espionnage lorsque celui à la surface s’amuse » ! ‘Tin, respect de la vie privée quoi !


Oh, désolée, j’voulais juste passer dire bonjour à la base, savoir comment tu allais ... Tu passes la majeur partie de quasi toutes tes soirées à picoler sur la plage ... et puis bon. Avoues que t’as pas sélectionné la plus mignonne du lot.



Le saurien resta silencieux alors qu’il extirpait du sol un objet long, dur, enveloppé dans un tissu épais et rugueux. Mettant de côté toute pensée vis-à-vis d’un quelconque symbole phallique, il le posa au sol, dépliant le tissu pour révéler ... Ses deux katanas, parfaitement conservés malgré l’humidité sous-terraine. T’es marrante. J’ai « sélectionné » ... Celle qui était pas forcément dérangée par l’idée qu’un truc « à moitié animal » lui passe dessus. Et crois-moi ... C’est moins fréquent que tu n’as l’air de le penser.


Commentaires blessants mis à part, tu n’as pas répondu à la question ... Pourquoi tu vas le sauver, son gosse ? Tu as eu pitié ?


Pitié ? Qui, moi ? Sauv- Noooon ... noon, non, tu fais fausse route. J’pense juste aller me balader en forêt.

Mhhh ... Avec deux katanas.


Bah t’as bien entendu la mère du jour. En quelques gestes précis et rapides, il avait bouclé une ceinture supplémentaire autour de ses hanches, et y accrochait les deux fourreaux noirs par les bandes de tissus rouge qui les entouraient. Elle est dangereuse c’te forêt ... Il paraît que ces derniers temps un groupe de pillards y rôde, et qu’ils sont carrément vilains. J’voudrais pas me faire agresser alors que j’suis désarmé pendant une promenade de santé.

Même si elle ne permit pas à l’artiste de l’entendre, la lame brisée soupira dans son esprit, un mélange d’amusement et de lassitude la traversant. De tous les Haïzens, elle était probablement la plus à même de saisir ses bravades, leur pourquoi ... Et elle savait très bien que ça n’avait absolument rien de rassurant. Même si elle était quelque part heureuse qu’il prenne la peine de s’armer, elle ne pouvait que se poser des questions, sachant que les deux lames – que le dragon avait tiré au clair pour les inspecter – étaient restées enterrées pendant ... Un certain temps, durant lequel il n’en avait pas eu besoin. Ses sens naturellement développés ne lui faisaient pas aussi facilement défaut qu’à un homme normal : il pouvait sans problème se rendre compte qu’une présence néfaste était à proximité, en forêt ... Surtout avec tout le temps qu’il y avait passé dernièrement. Non ... S’il prenait des armes, c’est qu’il retournait là où il était né. L’endroit pour lequel son corps et son âme avaient été forgés. L’endroit où il s’était si souvent perdu ... L’endroit où, un jour, il rencontrerait sûrement sa fin. Il partait au combat ...

Et elle n’avait aucune idée de si c’était une bonne nouvelle.
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MessageSujet: Re: La fin des vacances   La fin des vacances EmptyMer 27 Fév 2019, 00:57

Non, mais soyons sérieux deux minutes : ils essaient de laisser des traces derrière eux, nan ?

Il a plu il y a deux ou trois jours, le sol sèche mal dans les environs.


Observant la trace de pas sur laquelle il était penché, dont la netteté dans la boue permettait clairement d’identifier un sabot porté par un individu assez massif, le saurien se releva avec les poings sur le bas du dos et claqua de la langue. Mouais, bah en tout cas c’est récent, et ils font absolument rien pour masquer leurs traces. Soit j’ai débusqué une troupe de biches qui font du 35 en pointure, soit on a environ 8 types qui rôdent dangereusement près de l’orée de la forêt et de la maison de la veuve. Enfin ça pourrait être une totale coïncidence, mais bon.


ça pourrait. On parle de personnes pauvres au passage : la plupart sont pieds nus et plutôt maigres. Un groupe de paysans désœuvrés ?



Le saurien ne répondit rien, et se releva tout en penchant la tête sur les côtés pour se faire craquer la nuque. Fermant les yeux un instant lorsqu’un « klok » satisfaisant lui parcouru le crâne, il roula légèrement des épaules, et se mit à avancer au pas de course. Contrairement à ceux qu’il poursuivait, le dragon faisait un maximum pour ne poser ses pieds – pratiquement – que sur les racines assez épaisses pour supporter son poids sans trop se reposer sur la terre : non seulement il évitait ainsi de couvrir ses griffes de boues, mais en plus, il pouvait percuter le bois bien plus fort, et donc avancer plus vite. L’idée de déployer ses ailes pour s’envoler était séduisante, mais le reptile obéissait dans une certaine mesure aux lois de la physique, et n’avait pas spécialement envie d’essayer de battre des ailes avec autant d’obstacles aux alentours ...Entre les branches, les buissons et les troncs, le niveau du sol n’était pas adaptée à une vitesse élevée nécessitant de l’espace libre pour manœuvrer. Lorsque, comme pour chasser, il se contentait de scruter une bonne partie des bois depuis les cieux, pour finalement repérer une proie isolée et lui foncer dessus, ce n’était pas un problème. Mais ici, sa cible n’était pas désignée par le hasard. Il devait suivre une piste bien précise, plutôt que d’attendre que sa chance lui permette de voir un animal isolé. De plus, il ne pourrait pas juste faire une attaque surprise et espérer qu’une mort rapide empêcherait toute résistance, donc l’option de simplement tomber du ciel était à éviter ...Sans parler de « si » ces types n’étaient pas ses cibles. Mais bon, ça il serait fixé dès qu’il les aurait rattrapés ... Ce qui ne semblait pas compliqué.

Ils n’avaient que quelques heures d’avance (une ou deux, pas plus) sur lui, et n’allaient sûrement pas au même rythme : en avançant à comme il le faisait, le dragon ne mettrait que quelques dizaines de minutes à les rattraper. Certains pourraient arguer que courir ainsi avant ce qui s’annonçait être un effort certain signifiait entamer sévèrement son endurance, et donc partir avec un désavantage ... Mais le dragon y aurait opposé deux arguments. Premièrement, ces types, qui qu’ils soient, allaient avoir –besoin- d’un avantage pour se frotter à lui. (Comme dans « se battre et se faire battre », aucune pratique sexuelle particulière n’était désirée par le saurien). Et ensuite ... Et bien, il était lui. Haïzen. Et par là- outre un problème d’ego bien massif – il fallait entendre qu’il avait commencé à faire du sport de façon intensive lorsque les autres enfants apprenaient les règles pour jouer au ballon sans faire de mal à leurs camarades, et que par conséquent, son corps n’était pas « adapté » aux efforts, il était fait pour en fournir en quantités abusives. Il y avait bien sûr une pointe de surnaturel justifiant l’endurance, la capacité de récupération et même la régénération du reptile ... Mais la grande majorité provenait simplement d’une existence entière, passée à faire du sport intense de façon régulière. Faire des efforts longs et épuisants sans compter ...

Efforts qu’il ne ménageait d’ailleurs pas plus que d’habitude, bondissant par-dessus des buissons, s’accrochant d’une main à des branches assez basses et épaisses pour se balancer vers l’avant, ou courant tout simplement comme un dératé lorsqu’un chemin de terre assez large lui permettait de sprinter sur plus d’une demi-douzaine de mètres ... Le tout, sans jamais perdre de vu les traces de pas régulières des multiples individus. Le point qui l’inquiétait le plus était l’absence de traces de pas d’enfant ... Une mauvaise piste ? La nouvelle serait fâcheuse : s’il aimait courir, il n’avait pas spécialement envie d’avoir perdu un temps précieux à foncer dans la mauvaise direction. Ceci étant, quelque chose le fit brusquement ralentir. Un bruit. Un bruit bête : une branche pas assez grosse (quoi qu’un peu quand même) sur laquelle on venait de marcher, et qui s’était fendue. Ralentissant significativement, le saurien continua donc au pas pendant plus d’une cinquantaine de mètres ... Jusqu’à trouver ladite branche. Les traces correspondaient. Il avait retrouvé le groupe. Poursuivant sa marche rapide qui lui donnait l’occasion de souffler un peu, il finit par apercevoir des silhouettes qui progressaient entre les arbres, en silence ... Faisant passer de l’air entre ses crocs d’une certaine façon, il les siffla sans plus de manières, attendant qu’ils se retournent avec les poings sur les hanches.

Bonjour messieurs ... Dites-moi, vous n’êtes pas bûcherons par hasard ? Non, je demande juste parce que vous avez franchement ni les muscle, ni les haches, ni les bonnes gueules de travailleurs honnêtes. Alors qu’il se marrait ouvertement en voyant les expression passer de la curiosité à l’animosité sur le visage de ses adversaire, le saurien compta ... 8 personnes. Un type très grand et gros, qui avait un paquet en tissus mou sur l’épaule, deux jumeaux à l’air pas bien futé et aux crânes rasés, et un type à l’œil fou et au visage somme toute assez moche qui avait déjà un couteau dans la main avant qu’il ne les appelle. Enfin, vous savez ce qu’on dit, « l’habit ne fait pas le moine », tout ça ... M’enfin vous avez pas une tronche de religieux non plus. Il y avait un autre type bien bâti portait un cache-œil et un katana à la ceinture, et semblait le chef du groupe, tandis que trois personnes restantes étaient des plus banals pour des natifs, et avaient surtout l’air de faire office de remplissage. Bon, on était dans la définition technique d’une « bande », ce côté là de l’appellation était bonne ... Maintenant, est-ce qu’il s’agissait bien de pillards ? Ceci étant, vu que vous n’avez ni arcs ni chiens, je vous vois mal être chasseurs ... Ou alors vous êtes les rabatteurs les plus discrets que j’ai jamais vu. C’est quoi ce gros paquet ?
Rien qui vous concerne particulièrement, monsieur l’élu. Quelle que soit votre nation d’origine, passez votre chemin. C’est qu’il parlait bien, le non chevelu ... Malheureusement pour lui, le dragon prit une expression crispée et légèrement embêtée ... Avant de secouer légèrement la tête. Soupirant, il posa une main sur la garde de sa lame. Fumitaka. Bunta. Débarrassez-vous de lui.
Ah, remplissage un et deux ont donc des noms. Enfin j’vais pas changer d’appellation pour vous, mais ... Oh ! Une minute. Vous permettez ? Levant une main, le dragon sembla arrêter les deux hommes, qui étaient chacun armés de gourdins de facture discutable, voir tout à fait médiocre. Passant une main à la ceinture, le reptile la défit avec un sourire, ses deux katanas « tombant » légèrement avant qu’il ne les soulève en les écartant. J’veux dire, l’un d’entres vous m’a parlé en disant « monsieur » et pas « créature » ou une connerie du genre, alors j’veux être gentil : pas de morts. Bon, soyons honnêtes, je suis pas sûr que vous valiez la peine d’émousser mes lames non plus, mais c’est un détail.

Alors que le reptile laissait les deux katanas tomber à terre avec un ricanement, les deux individus à l’air énervés avancèrent à nouveau, une expression mauvaise sur le visage. L’un d’eux frappait de façon relativement clichée son bâton dans la paume de sa main, tandis qu’un autre, plus intimidant par le calme qu’il dégageait, l’étudiait d’un regard haineux mais méticuleux.

Ah, cool, en plus vous avez pas de langue, ça va être parfait pour les dialogues.


Qu’est-ce que j’ai raté ? Oh, attends, cool ! De l’action ! Temporise deux secondes, ‘vais me chercher du pop corn !


Le sourire du dragon diminua légèrement, alors qu’il levait les yeux au ciel en fronçant les sourcils. Décidément, la rencontre forcée entre individus d’ères totalement différentes que constituait sa présence sur kosaten avait du bon ... Et du moins bon. Il ne put cependant réfléchir correctement aux implications de cette situation paradoxale, ou du moins pas plus longtemps, puisqu’un morceau de bois dont plusieurs pointes dépassaient fonça vers le haut de son crâne.
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MessageSujet: Re: La fin des vacances   La fin des vacances EmptyMer 27 Fév 2019, 00:58

Le dragon fit un pas en arrière, grâce auquel le gourdin se contenta de lui passer devant, frôlant son museau et ses abdominaux nus. Mais avant même que l’arme n’ait totalement arrêté sa course vers le sol, et donc que le bandit la maniant n’ait pu se repositionner sur ses appuis, le saurien fit partir sa paume gauche à pleine vitesse. Percutant sa cible au torse sur le flanc droit, il l’entendit souffler de façon abrupte et mal contrôlée l’air qu’il avait dans les poumons, tandis que le choc le repoussait en arrière au point de l’envoyer au sol. Un son léger, mais sec avait retenti : il lui avait probablement endommagé les côtes. A creuser, même s’il n’en aurait pas le temps dans l’immédiat : un autre gourdin de bois, uniquement contondant cette fois mais non moins véloce, se dirigea vers son visage : le dragon se baissa sur ses appuis, mais fut « heurté » au niveau des cornes. Aucun dégât réel, si ce n’était la légère douleur que le choc lui provoqua dans la nuque lorsqu’il dû pencher la tête vers l’arrière. Se redressant presque aussitôt, le saurien dû saisir le poignet de l’homme en vitesse pour éviter qu’il ne lui colle un revers de son arme, et posa son autre main sur son épaule. Le bras tenant le bâton en travers du torse, le malfrat sembla questionner le reptile du regard : la réponse vint sous la forme d’un coup de tête particulièrement brutal, dont le dragon accentua l’effet en tirant l’homme à lui. Là aussi, l’attaque fut suffisante pour projeter l’adversaire à terre – en plus de faire éjecter un volume monstre de sang par le nez – mais ce n’était pour autant pas l’heure de se reposer.

« Fol’oeil », d’un geste de celui qui était définitivement le chef de la bande, venait de se jeter dans la mêlée pour essayer de planter son couteau un peu trop recourbé et rouillé dans la cuisse du saurien. Il y serait parvenu, si un coup de queue dans le bras n’avait pas dévié la trajectoire de son arme à la dernière seconde : trébuchant, il bascula vers l’avant, mais fut rattrapé avant de toucher le sol. Par un genou dans le foie. Le coup le souleva de terre pendant une seconde, le laissa sur ses pieds, mais plié en deux une fois fini, et lui fit vomir un liquide jaune-orangé nauséabond sur le sol ... Dans lequel il s’écroula un instant plus tard. Plissant les yeux, le dragon secoua la tête en claquant sa langue contre son palais. Il aurait volontiers raillé son adversaire ... encore que non. Il était déjà bien assez ridicule comme cela. Et ce n’était pas tout : les hostilités n’étaient pas finies. Le porteur de bâton chevillé ramassa la lame de son collègue, et se releva, les deux armes brandies. Il y eut un instant de calme, avant qu’il ne braille comme un porc qu’on égorge et ne se jette sur l’élu. Il y eut un coup de taille au niveau de l’épaule avec le gourdin : esquivé sans problème par le bas. Un coup d’estoc avec le couteau : un coup de paume sur le dos de la main tenant l’arme la détourna, mais le dragon ne parvint pas à lui saisir le bras comme il en avait l’intention : ses griffes ripèrent douloureusement contre le poignet du bandit, l’entaillant, mais pas assez profondément. Du moins, pas pour le faire lâcher son arme, hurler de douleur, ou se vider de son sang : pas assez pour le dragon donc. Tant pis : la seconde d’après, il devait bondir en arrière pour éviter de se faire lacérer le torse, et ne parvint à limiter les dégâts qu’à une longue coupure passant d’un pectoral à l’autre.

Hssss. Ça me fait moins chier à cause de la rouille que parce que j’ai vu l’autre glandu lécher ça ya pas deux minutes. Et ça pique.
Tais-toi, chien ! Enjambant son camarade à terre, le bandit tenta une nouvelle fois de poignarder le reptile au visage : sans effet, ce dernier lui bloqua le poignet.
Raté. Essaies encore. De l’autre côté, le gourdin à pointe se mit en mouvement aussi : de la même façon, il fut stoppé net par une main rouge à mitaines et aux doigts griffus qui saisit l’avant-bras par son milieu. Toujours pas. Dragon au passage, pas chien. Dragon de l’ouest, hein, pas comme vos pédales de gros serpent ... Un dragon avec des ailes. Il y eut un bref moment de silence, durant lequel les deux mâles eurent un duel de force pure, que remporta l’élu avec un sourire mauvais, écartant les bras de son adversaire vers l’extérieur. Ces ailes.

Un instant plus tard, lesdites ailes, et en particulier les pointes de kératine noires qui en ornaient la 2nd articulation, se plantèrent simultanément dans les deux épaules du bandit. Ce dernier poussa un hurlement de douleur, et ses bras se relâchèrent : cessant dès lors de les tenir, le saurien se recula sur ses appuis, et lui percuta la tempe d’un autre coup de paume particulièrement bien appuyé. Faisant un demi-tour sur lui-même, le pilleur percuta le sol en projetant des morceaux de boue devant lui, sans même esquisser un geste pour amortir sa chute : il semblait avoir perdu connaissance avant. Le reptile ricana doucement ... Mais n’eut pas le temps de savourer sa victoire. Une attaque en traitre. Un « tok », sec et net. Un coup de gourdin bien placé sur l’os occipital. Le dernier type qu’il combattait. Là aussi, le dragon perdit connaissance avant même la fin de sa chute.


Dernière édition par Haïzen le Mer 27 Fév 2019, 01:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La fin des vacances   La fin des vacances EmptyMer 27 Fév 2019, 00:58

L’artiste avait quitté « la surface », comme lui et ses autres versions l’appelaient. Habituellement, cela se produisait lorsqu’un autre Haïzen prenait sa place – ce qui s’était fait rare ces derniers temps – parfois lorsqu’il s’endormait ... Ou, comme dans le cas présent, lorsque son esprit était « éteint » de force, à la manière d’un ordinateur qu’on débranchait subitement. Car c’était plus ou moins l’équivalent de ce que ce coup sur la tête lui avait fait, à n’en pas douter ... Arrivait donc le « niveau intermédiaire ». Difficile à décrire convenablement. Très sombre. Un peu comme une salle de cinéma, sans siège, sans baffles, sans projecteur, sans gamin insupportable sur le siège derrière ... Et sans corps pour les différents spectateurs qui observaient l’action via les 5 sens disponibles. Sans pouvoir les voir, l’artiste savait que Sado-maso, la jeune sacrieur, et la lame brisée, son « double féminin », étaient présentes. Elles lui emboitèrent le pas lorsqu’il passa leur niveau. Il ne l’avait pas vu ou entendu, mais le savait ... à la façon d’un rêve, où certains éléments étaient clairs comme du cristal à ses yeux, sans qu’il puisse déterminer pourquoi. Tout comme il savait où il se rendait ... Et ce qui l’attendait là-bas.

L’entrée des profondeurs. Il avait un corps lorsqu’il y parvint. Un corps ... Et des vêtements. En plus du short qu’il portait d’habitude, de ses mitaines noires et de sa ceinture de chaînes, s’était rajoutée sa blouse blanche de laborantin. Il y avait une éternité qu’il n’en avait pas porté une ... son « moi » mental résiduel était définitivement coriace, à ce niveau-là. Bah, c’était sans importance. Entendant les deux femmes marcher derrière lui, il continua, mains dans les poches, sans chemin, ni sol, ni ciel ... Rien que l’obscurité absolue à perte de vue. Jusqu’à arriver à une table. Elle était ronde ... 6 sièges se trouvaient autour. 3 étaient remplis. Deux autres furent tirés par les demoiselles, qui les occupèrent sous peu. Le reptile resta debout un instant à côté de sa propre place ... Puis finit également par poser ses fesses.

Un bourreau de l’inquisition, qui faisait semblant de ne pas le voir. A moins qu’il ne l’ait vraiment pas vu. Ce n’était pas beaucoup moins probable : le riffleur était un être méticuleux ... Et sa concentration ne supportait de coupure, lorsqu’il aiguisait un de ses trop nombreux hachoirs. Le marchemort, bras croisés sur le torse, était silencieux comme à son habitude. Ses yeux blancs, même s’il était aisé de suivre ce qu’ils observaient, n’étaient chargés d’aucun jugement. Ce qui n’était pas le cas du guerrier futuriste juste à côté de lui. Un mercenaire « de l’espace », comme il aimait tant lui-même le dire. Un rouquin tatoué aux sales manières ... Comme eux tous. La colère déformait légèrement les traits de son visage ... Mais elle fut vite chassée. Remplacée par un sourire narquois et mesquin. Le genre plus faux que celui d’un présentateur télévisé. Levant les mains, il brisa le silence – et les bruits d’affûtage – par quelques applaudissements lents, et pesant. Puis il cessa, et posa ses coudes sur la table.

T’as merdé.
Waow, quel sens inné de l’observation mon vieux.
Le dragon soupira, se laissant aller en arrière dans son siège, et observa sur le côté ... Comme s’il y avait quoi que ce soit à voir. T’as d’autres infos bien fraiches à faire tourner ?
C’est ça, joues au con. Mais t’as merdé. Ils sont quoi ... 8 ? C’est quoi ton problème ?
Là, tout de suite ? J’dirais le son de ta voix.

Le mercenaire ricana un instant, avant de secouer la tête. Dommage, parce que j’vais pas me priver de t’faire l’entendre. Tu t’es mis en danger. Soit. Mais tu nous as mis en danger. Tous ici. On te faisait confiance, et ça-
Le dragon lui coupa la parole en le regardant droit dans les yeux : Et rien que pour ça, je tiens à te dire que tu es vraiment un sale con. Tu veux me faire la morale ? tu veux me faire la morale ? Par pitié. Tu te souviens de la guerre entre Seika et Fuyu ? C’était quoi déjà ton plan, « foncez entre les troupes pour aller plus vite » ? Le dragon chercha quelques chose à enchaîner ... Mais finit par juste lâcher un soupire de fatigue.
Le ton se radoucit légèrement. Pas les mots.Peut-être. Mais t’as merdé. Et on est en sursis là ... Même plutôt carrément en danger de mort.
J’pense pas ... Sinon on aurait pas eu le temps d’avoir cette charmante discussion qu’on aurait déjà une lame dans la nuque.
Se levant de la table avec un soupire, le dragon dévisagea le mercenaire un instant, puis les autres. Personne ne semblait vouloir affronter son regard trop longtemps. Ouais. J’ai merdé. Ça nous est tous arrivé, ça nous arrive à tous ... Je nous tire de là quand je ressors. Fin de la discussion. ... Fin de la discussion ?
Ce fut la dragonne qui prit la parole la première, avec un sourire rassurant. C’était bien la seule ici à être capable d’en faire un, ce qui n’était pas un mince exploit étant donné que son absence de lèvres dévoilait en permanence et à tous ses crocs pointus. On te fait confiance, mon grand. Une faute d’inattention, ça arrive à tout le monde ... Tu gèrera très bien les choses tout à l’heure.
Le riffleur haussa les épaules. Tu sera gentil : éventre pour moi le connard qui t’as pris en traitre au passage. J’ai horreur des fouines bien discrètes dans son genre.
Quelle surprise. Bon, à plus tard les gars ... Et fossoyeur, sois gentil, détends ton string. Si tu fais ça, promis, la prochaine fois qu’on passe à deux doigts de crever par ta faute je me retiendrais de faire « je te l’avais dit ».


Un rire un peu plus honnête l’accompagna alors qu’il tournait le dos à la petite assemblée, et se remettait à marcher. Avec fatigue, il soupira par le museau, alors que la lumière qui, d’on ne sait où, illuminait leur table ronde s’évanouissait peu à peu. Les secondes se multiplièrent. Par dizaines. Elles devinrent des minutes. Qui elles aussi se multiplièrent, alors qu’il marchait toujours dans les profondeurs ... Il n’avait pas besoin de se déplacer spatialement. A vrai dire ... L’espace, ici, n’existait pas. D’un pas en arrière, il aurait pu se retrouver de nouveau avec les autres ... Mais il avait besoin de marcher. De souffler un peu.


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MessageSujet: Re: La fin des vacances   La fin des vacances EmptyMer 27 Fév 2019, 00:59

Lorsqu’elles n’étaient pas simplement un puits abyssal d’obscurité insondable, et même lorsqu’elles l’étaient en réalité, les profondeurs étaient un espace onirique virtuellement non limité permettant à ses utilisateurs de le façonner à leurs envie du moment pour produire environnements, items, interactions voir individus. En clair ? Il leur suffisait d’un peu de volonté et d’imagination pour produire n’importe qui ou quoi en un instant. Bien sûr ... c’était comme un rêve : les choses n’avaient de cohérence que tant qu’ils le décidaient, et aucune conséquence sur l’extérieur ... Mais il y avait un côté relaxant à être si ... Débridé. Il suffisait de si peu pour simplement faire naître l’environnement de ses rêves.

Sans même avoir à claquer des doigts, le dragon, qui s’était arrêté, fit subitement naître une pièce. Fermée, cubique, large. Des paillasses de chimie, un bureau couvert de notes et de rappels. Un ordinateur portable personnel posé de façon précaire sur le coin supérieur d’un scanner massif. Des microscopes. Une étagère de boites de pétris, à côté de plantes exotiques sous des cloches de verre et des néons d’un genre particulier, capable de simuler la lumière du soleil. Du carrelage au sol, de la peinture grise sur les murs, une lumière pour l’instant éteinte, donnant cette ambiance calme et sombre qu’il aimait tant ... Son labo. Dans son monde ... Enfin. Dans le monde où il avait été placé quelques années plus tôt déjà, bien avant son arrivée sur Kosaten, « Haïzen » n’était pas vraiment un péon lambda : via plusieurs sociétés écrans et autres subterfuges législatifs, il possédait une entreprise de développement pharmaceutique, robotique, scientifique en général. La petite amie qu’il y avait était prix-Nobel, la majeure partie de « ses » employés étaient bien plus qualifiés et compétents que le commun des mortels, et une ou deux découvertes assez importantes étaient faites chaque année par les génies qu’il payait ... Et dont il faisait partie. Rien que le nom de l’entreprise, « ZP.Corps », évoquaient son nom à lui ... mais personne n’avait jamais fait le lien. Et personne ici ne le ferait à part lui ... Personne ne se trouvait dans le bâtiment, actuellement. Ce qui était logique : le bâtiment n’existait pas. Pas dans cette réalité. Un soupire ... il était parfois franchement lassé de ces histoires de dimensions parallèles.

Marchant dans le relatif désordre qu’il ne prenait jamais le temps de ranger, le dragon s’approcha de l’imitation de la lourde porte blindée, mains dans les poches de sa blouse. Un mot clef prononcé rapidement, et l’identification vocale lui permit de sortir sans encombre. Il ne marcha que dans un couloir ou deux pour arriver à sa destination : la salle de pause. Il y avait là une moquette aux motifs gris et vert sombre sur le sol, des fauteuils au design un peu vintage qui semblaient affreusement confortable, une commode sur laquelle étaient posées machine à café, bouilloire, boite à biscuits et autre mini-frigos à soda ... Et un panier de fruit. Quasi personne n’en prenait jamais, mais quand il n’était pas là il y avait systématiquement des plaintes. Bah ... Se faisant couler un café, le reptile attendit que sa tasse « Père n°# » (le chiffre avait été rayé un peu trop fort pour être lisible) ne soit remplie, puis s’approcha de ce qui l’avait toujours réellement intéressé dans cette salle de pause ... La baie vitrée. S’arrêtant devant, il observa le paysage urbain à l’extérieur. Le moment juste avant la fin d’après-midi. Lorsque la luminosité déclinait, sans pourtant que les gens n’aient commencé à rentrer du boulot, ou les enfants de l’école. Un calme chaud et tranquille, qui permettait aux rues de dévoiler des portions hallucinantes de bitume ... Sans la moindre trace d’agitation.

ça te dérange si je me joins à toi ?

Se retournant lentement, le dragon observa la lame brisée, qui mettait de l’eau à chauffer pour se faire un thé. Elle venait de la même ère que lui à l’origine – « steampunk » était un terme relativement correct pour la décrire – mais n’avait pas connu le même changement de dimensions qu’il avait effectué : pour elle, les machines à café et écrans d’ordinateur étaient ... Nouveaux. Et Kosaten n’offrait pas vraiment matière à se cultiver sur le sujet.

Tant que tu ne viens pas me dire que tu as changé d’avis sur la question de me faire confiance ... lâcha le dragon d’un ton las.
Elle eut un rire triste, et se rapprocha pour se placer à côté de lui pendant que la bouilloire faisait de plus en plus de bruit et tremblait sur son support. Avoir confiance en toi m’est aussi aisé que de claquer des doigts ... La vraie question que je me pose, c’est ... Pourquoi malgré tout, j’ai l’impression qu’il y a un petit truc que tu cache au fond de toi et qui t’empêche de te concentrer ? Quand tu veux jouer le chasseur ermite et alcoolique, ça va ... Mais là ...

Le reptile marqua un silence. Buvant une ou deux gorgées de café pour se donner cœur au ventre, il se tourna vers la commode, à côté de laquelle il se rendit pour éteindre la bouilloire, et en verser le contenu dans une autre tasse ornée de dessins pour enfants, après bien sûr avoir placé le sachet d’herbes séchées à l’intérieur. Tendant le mug à la dragonne à côté de lui, qui le remercia à voix basse, le dragon laissa retomber son bras ... Puis enfila sa main dans sa poche, alors qu’il reprenait une gorgée de café chaud.

Tu te souviens de la reprise de Tenshi ?
... Bien sûr ?
La reptile sembla froncer les sourcils pendant un instant ... Puis en haussa un, légèrement surprise. Non... ‘me dis pas que c’est la vision de la déesse machine chouette qui t’as donné envie de disparaître dans la nature comme ça ?
Et pourquoi pas ?
Le dragon se tourna vers sa comparse, l’observant un instant ... Avant de prendre une grande inspiration, et de la relâcher d’un soupire. Se tournant progressivement vers la fenêtre, il se mit à étudier l’horizon de nouveau. Tu ne trouves pas ça désopilant toi ? Non seulement Reisha est présente depuis des lustres, et aurait parfaitement pu dire aux tenshins de quoi il en retournait vis-à-vis des élus, pourquoi ils n’ont plus aucun pouvoir lorsqu’ils débarquent et qu’ils galèrent comme des chiens pendant des mois voir des années ... Mais en plus de cela, il paraît qu’on rejoue des évènements qui se sont déjà produits. Et quelqu’un a appuyé sur le bouton « reset » pour nous renvoyer dans le passé parce qu’ils étaient trop débiles pour résoudre le problème à l’époque, alors que tout le monde avait les pleins pouvoirs ... Franchement, si c’est ça ... autant arrêter de rentrer dans leurs combines débiles et se trouver un petit coin tranquille où disparaître ... Tu trouves pas ?

La dragonne resta pendant quelques instants silencieuse, son mug de thé dans les mains ... Avant de soupirer à son tour, de se lever, et de poser sa tasse sur le siège qu’elle venait de quitter. Tendant le bras, elle n’eut qu’une pensée à formuler pour faire apparaître un gourdin léger, similaire à une simple planche dans laquelle on avait taillé une poignée ... Avec laquelle elle frappa le reptile sur l’arrière du crâne.

AIE ! Mais foutrailles, ça va pas la tête ?
Tu as vraiment ta garde relâchée, ces derniers temps ...
Bien sûr ? J’croyais être dans un espace neutre et sécurisé ...

La dragon eut un genre de « Eh » qui était à mi-chemin entre la surprise, l’hilarité, et la moquerie. Et les trois émotions furent parfaitement perçues par le scientifique qui se massait l’arrière du crâne. Un « espace sûr », vraiment ?
Si le reptile avait eu des iris, il n’aurait été que très légèrement plus évident qu’il était en train de loucher pour expliciter à quel point la question l’avait rendu stupide, rien qu’à l’écoute. Oui ?
Attends, attends. Tu es en collocation avec un mercenaire futuriste qui se surnomme « le fossoyeur », faisait partie d’une force d’intervention spéciale constituée de drogués de la guerre, et qui s’amuse à voir ce qui fait le plus mal entre une cartouche de fusil à pompe à la chevrotine, au liquide incendiaire, ou aux deux à la fois. Une espèce d’expérience ratée de liche qui se ballade depuis 7000 ans sur les champs de bataille avec une épée d’une quinzaine de kilos pour absorber l’énergie vitale des gens qui meurent autour de lui.
Le reptile chercha à lever une main pour interrompre sa congénère, sans succès. Une psychotique qui a servi de sacrifice vivant à la déesse de la souffrance de son univers. Un bourreau de l’inquisition dont je ne vais même pas détailler les passe-temps tellement même moi je les trouve glauques. Et tu me dis que tu es dans un « espace sécurisé » ?
C’est drôle, tu t’es pas cité dans ta liste là, et pourtant c’est toi qui vient de me frapper la tête.
Précisément mon grand. Je viens de te frapper la tête. Et tu t’es laissé faire comme le premier plouc venu.
Laissant son sourire moqueur bien en place sur son visage, la lame brisée croisa les bras ... Sans lâcher sa planche de combat. L’artiste leva les yeux au ciel avec un autre soupire rauque.
Et qu’est-ce que c’est supposé apporter à la conversation, à part m’insulter ?
La dragonne soupira à son tour ... Avant d’essayer de lui coller un revers. Avec succès. Non pas qu’il n’ait pas vu le mouvement cette fois : il avait bloqué d’une main ... Qui lui faisait tout de même sacrément mal maintenant, à la réflexion. Ah, mieux ! Et ce que je veux dire mon grand, c’est que j’ai l’impression que tu oublies un truc ... Les espaces saufs, ça n’existe pas. Pas pour nous en tout cas. Et ça, ça veut dire : ne relâche pas ta garde et arrêtes de jouer au con.

Le reptile eut un soupire ... Et finit par lentement hocher la tête en détournant le regard sur le côté, grommelant quelque chose. Faisant finalement disparaître son arme, la lame brisée l’observa d’un œil radouci ...

Et arrêtes de mentir, aussi.
De mentir sur quoi maintenant ?
Tu te fais chier. Avoues-le.
Le dragon la regarda avec ce qui était, pour lui, l’équivalent de l’expression que tirerait quelqu’un d’irrité au point de montrer les dents et de les faire grincer les unes contre les autres. Mais il ne répondit rien. Donc elle enchaîna. Si, avoues-le. Jouer au chasseur / pêcheur qui se contente de vivre en butant une biche ici ou là, ça t’emmerde, et c’est pour ça qu’on est partis tabasser du péquenot. Toi aussi tu en as marre de ne rien faire ... Et c’est normal. Tu n’es pas fait pour ça. Aucun d’entre nous ne l’est.
Le dragon croisa les bras sur son torse, l’air dubitatif. Alors on serait fait pour quoi ?
Tu le sais très bien. Frapper des gens. Être insultant. Rire au nez de toute trace d’autorité supérieure dès que possible, faire profil bas le reste du temps. Foutre la merde dans les grandes largeurs. T’aurais pas envie de faire regretter au dieu de Tenshi de nous avoir tous collés ici ?
Là tout de suite j’aurais envie de lui faire regretter de m’avoir collé avec toi tiens.
Excuse-moi, j’ai pas bien entendu ?

Nouveau soupire, encore plus exaspéré que les précédents. Puis, inspirant profondément ... le dragon sembla subitement se relâcher, comme si une tension énorme s’évacuait de son corps alors qu’il croisait les bras et répondait. Ouais. J’ai carrément envie de me remettre à foutre la merde comme au bon vieux temps. Faire éclater une guerre ou deux p’têt. Mais ça perd carrément de sa saveur lorsqu’on sait que tout peut être annulé d’un claquement de doigts.
La dragonne eut un ricanement, et hocha négativement la tête. Hey. Je t’ai demandé d’arrêter de mentir. Oses me dire que de ne rien faire du tout n’est pas encore pire.
... Peut-être.
Et puis, tu es plus calé en sciences physiques et « terre à terre » que moi ... Donc si même moi, j’ai très bien compris que ce « grim » s’était sacrifié pour la première et dernière fois, toi aussi, tu dois te douter que cette ligne temporelle, c’est ... « pour de bon », non ? Pas de risque de -
C’est bon, c’est bon, lame brisée, j’ai compris. J’arrête de me prélasser sur le banc de touche, on va sérieusement s’y remettre.


Le dragon semblait plus exaspéré que réellement convaincu, mais elle le connaissait assez bien pour savoir qu’il faisait cela uniquement pour garder un semblant de fierté, même en ayant tord ... Elle ne pu s’empêcher de le regarder, durant plusieurs secondes, faire tout son possible pour éviter de croiser son regard... Puis s’approcha pour lui saisit les poignets, les écarter doucement, et se lover entre ses bras tout en l’enlaçant également. Le dragon se laissa faire, mais fronça les sourcils de façon presque comique.

Et ça, c’est pour me faire admettre quoi ?
Shhhhh. Ça c’est juste parce que tu as clairement besoin de te détendre un peu, et qu’une fille pas trop moche te faisant un gros câlin serait parfait pour ça, te connaissant.
Oh.
L’artiste sembla évaluer ses options pendant un instant ... Puis finit par refermer ses bras avec un soupire. ça me va alors. Mais t’es carrément plus que « pas trop moche » ma grande.
Mhhh.
Elle ne répondit rien de plus, se contentant de lentement frotter sa joue contre les pectoraux légèrement dénudés de son équivalent masculin. Leur étreinte dura pendant quelques instants ... Jusqu’à ce que le dragon ne reprenne la parole.
On est pas en train de changer ça en genre de self-cest trans-dimensionel étrange, rassures moi ?
Hein ? Ah ? Heu, non ? Je veux dire, c’était pas ce qu’on faisait non ... pas moi en tout cas.
Bien. Très bien. Non non, parfait, moi non plus.


Les deux dragons se regardèrent dans les yeux pendant quelques secondes ... Sans se décoller d’un centimètre. Jusqu’à ce que la dragonne ne doive plisser les yeux.

C’est moi ou il fait de plus en plus clair ici ? Tu fais disparaître l’endroit dans les profondeurs ou bien ?
M’non, si c’était le cas ça s’assombrirait, comme d’hab’ ... Nan, ça, je dirais que c’est mon corps qui reprend conscience. Il faut que j’y retourne.

La dragonne soupira de soulagement de façon à peine dissimulée. Ah. Tant mieux, tiens. Je veux dire ... on dirait à peine un sauvetage scénaristique bien pratique.
Sauvetage ? J’vois pas de quoi on aurait le moindre besoin d’être sauvé ... Surtout pas de la discussion qu’on était en train d’avoir.
Son expression indiquait clairement à quel point il mentait effrontément, mais visiblement, ce ne fut pas relevé : La saurienne hocha promptement la tête, alors qu’elle ouvrait les bras et se décollait, laissant l’artiste se retourner pour lentement marcher vers la lumière, qui augmentait de plus en plus.
Mouais, c’est ça ... à tout de suite. Casse-leur bien la gueule mon grand.

Elle resta immobile, devant au bout d’un moment se couvrir les paupières pour ne pas être totalement aveuglée par la source lumineuse ... Avant, finalement, de pouvoir ouvrir les mirettes à nouveau : l’artiste avait disparu, et la lumière s’était évanouie en même temps. Relâchant un peu les épaules, l’ancienne moine soupira par les narines ... Jusqu’à ce qu’une jeune femme déraisonnablement dénudée (encore que toujours techniquement « pudique ») ne lui saute sur le dos par surprise, la déstabilisant totalement.

Vous êtes trop MIGNOOOOOONS tous les deux !! Remarquant qu’elle avait fait tomber la dragonne sur le ventre, Sado-maso se pencha sur le côté pour l’observer avec un sourire. Désolée. J’commençais à me faire chier à regarder le marchemort foutre sa branlée au riffleur à éclat’skelette, mais quand j’suis arrivée vous faisiez déjà un câlin. J’ai rien vu de compromettant ?
Non, t’inquiète ma grande ...
Lâchant un énième soupire alors qu’elle était à terre, la reptile se mit à taper sur le sol de ses griffes, tandis que son autre main se plaçait contre sa joue. Pfff ... On est bien des Haïzens ... Je viens tout juste de lui dire d’être honnête et sur ses gardes ... et je fais tout l’inverse aussi ... Enfin bon.
Boah, remets-toi ... En plus j’suis sûre qu’il va y avoir du sport. Allez, viens, on va mater ça ! J’crois qu’il a fini de se réveiller !


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MessageSujet: Re: La fin des vacances   La fin des vacances EmptyMer 27 Fév 2019, 00:59

Le dragon prit quelques secondes à ouvrir les yeux, histoire de s’habituer à la lumière ... Et la première chose qu’il remarqua, comme par hasard, c’était qu’il était pieds et poings liés. Ce qui était particulièrement désagréable, mais pas vraiment surprenant, en soit.

Si j’avais reçu un yen à chaque fois que je m’étais réveillé comme ça ici ...Heee ?

T’aurais un yen. C’est moi ou t’as aussi choppé une voix de crécelle pendant que tu pionçais ?


Ah ... Alors, on est réveillé ? hurf hurf ! Le saurien laissa échapper le soupire le plus blasé qu’il avait pu produire depuis un bon bout de temps en voyant que fol’oeil, le bandit avec un faciès grotesque et un œil en carafe, se trouvait à proximité. Dans le coin de son champ de vision pour être plus précis : le petit natif sautait d’un pied sur l’autre avec un air mauvais. Du genre, surpris en plein milieu d’un truc louche ... Mais pas pressé d’arrêter pour autant. Sacré coup d’genou, tout à l’heure ! T’es un costaud toi ! Mais plus maintenant ...
Je suis peut-être attaché mais je vais quand même tellement te casser la gueule dès que j’vais en avoir l’occasion mon gars ... Bon, okay, et merde, c’est quoi cette voix suraigüe ? Se contorsionnant légèrement, le reptile plissa les yeux ... Avisa de l’épaisseur de son torse ... De ses jambes ... De sa queue, qu’il fit passer à côté de son bassin ... Avant de lever les yeux au ciel. Et merde, c’est quoi ce délire ...

Ce qu’il voulait dire par là, c’était que non content d’avoir une voix bien trop haut perché pour un dragon de sa taille et de sa corpulence ... Et bien, justement, sa corpulence semblait en avoir pris un coup, et toutes les informations que lui renvoyaient son corps n’avaient pas de sens. Il était trop léger, trop faible, trop court d’absolument où que ce soit ... Seul avantage : ses genoux et son dos lui faisaient subitement moins mal, comme si on avait soigné l’usure qu’ils avaient subi avec les années sans que le reptile ne s’en rende compte. Mais pour le reste ... et cela l’irritait à un point qu’il n’aurait pas songé possible, vu le contexte avec de simples bandits de 4ème zone, il avait visiblement ... rajeuni. Du style, beaucoup trop ... Jusqu’à ses quoi, 10 ans ? Autre signe confirmant cela : ses tatouages avaient disparu, beaucoup de ses cornes / griffes / ergots étaient bien trop courts, et il sentait clairement que ses ailes n’avaient plus leur amplitude habituelle. On l’avait changé en gamin dans son sommeil.

Alors ça il faudrait que je le note tout en haut d’une hypothétique liste de trucs qui me cassent bien les burnes ...
Pas mal hein !? C’est Hidemaro ... Hidemaro il est pas bavard, mais gentil ... Et il est doué aussi ! Il fait des trucs de magie !
Oh, sans déconner mon vieux, j’aurais juré qu’il avait fait ça avec deux cuillères à café de tabasco, un demi-citron, du poivre et du gros sel distillés dans un verre de rhum. Merde, pourquoi avec une voix de gosse ça rend si mal ça ?
Le chef il dit que je devrais pas demander tout ça à Hidemaro, mais que comme j’ai des problèmes, on peut rien y faire.
C’est super intéressant ton histoire ... Plissant les yeux et grinçant légèrement des crocs en regardant le malfrat avec un dégoût croissant, le jeune dragon ignora ce que commentait sado-maso, et réfléchit. Ces amateurs ... Ils l’avaient attaché à un arbre, ligoté aux pieds et aux poignets. Mais ... avec de la corde tout ce qu’il y avait de plus normal. Ses griffes pénétraient déjà le chanvre avec une facilité certaine, et dans quelques dizaines de secondes, ses mains seraient libres. Si l’autre attardé pouvait encore maintenir la distance quelques instants ... Ôtes-moi juste d’un doute : il t’es jamais venu à l’esprit de demander à Hidemaro de te remettre les deux mirettes dans le même axe ?
Fol’oeil s’arrêta sur place avec toute la grâce et la dignité d’un rongeur surpris à l’entrée de sa réserve de noisettes, et tapota une de ses dents légèrement désaxés de son couteau.... M’nan. Tu crois qu’il pourrait ?
Ma foi, s’il m’a rendu mes 10 piges, pourquoi pas te ... Remettre le visage ... Disons, dans un meilleur état ? S’il avait été du style à faire des pronostics, le dragon aurait parié sur la chose suivante : en raison de sa simplicité d’esprit, ce pauvre homme avait passé son enfance et son adolescence à être battu, soit par son père soit par des camarades de son âge, ce qui avait fini par le défigurer, ou quelque chose du genre. Non pas qu’il en ait grand-chose à faire : concrètement, le plus vite il se serait débarrassé de ce crétin, le mieux ce serait. Mais la forme de son crâne était fascinante. J’sais pas, une potion, un petit sortilège de beauté ...
Hnn ... Pour toi, c’était un sorta. Sortila. Sortilège. Mais l’âge, c’est temporaire. Ça rend moins lourd à transporter. Plus facile à ligoter. Et plus joli.



La fin des vacances 200w


Sadomasolafermeputain. Drôle : à cet âge-là, grogner ainsi entre ses crocs serrés lui donnait une voix clairement plus grave. Visiblement fol’oeil n’avait rien remarqué.
Bunta pensait que tu étais un démon. Mais le chef il lui a dit que tu as dit que tu étais un dragon. Un petit dragon, maintenant ... Petit ... Hi hi ...
Je serais tenté de te demander si t’as un poignard rouillé de rechange dans ta poche ou si t’es content de me voir ligoté devant toi, mais plus le temps passe et honnêtement plus je suis profondément terrifié par la réponse.
Shh, shhh ... Le chef il a des plans pour toi, tu risques rien ...Quand j’aurais fini je pourrais pas te tuer ... Mais avant ça ...
La cordelette venait de se trancher, et le dragon avait les mains libres, bien qu’encore dans son dos. Oooooookay espèce de gros dégueulasse alors on va mettre les choses au clair tout de suite. Tu fais UN pas de plus dans ma direction, et je t’assure que ce que je vais te faire subir va te faire redéfinir au moins TROIS fois le mot « souffrance » avant que je ne consente à mettre fin à ta FOUTUE existence, COMPRIS ?!

Un instant, le petit dragon cru qu’il allait devoir griller sa carte surprise, et effectivement se servir de ses mains pour se défendre du mieux qu’il pouvait contre cet espèce de pédophile mentalement challengé. Il n’avait pas de – gros – espoirs de l’emporter, à 10 ans et face à un adulte ... Ceci dit, pour un adulte, le type était petit, rachitique, et clairement pas taillé pour broyer des crânes entre ses genoux ... Ou quoi que ce soit d’autre à vrai dire. Mais aussi maigre qu’il fut, il restait armé et dangereux ... et il semblait tout de même assez vif. Sans parler du fait que le dragon venait visiblement de passer assez de temps dans les vapes pour que courbatures et crampes ne se fassent sentir ... autant dire qu’au final, il aurait énormément de mal à l’emporter en duel. Duel de moins en moins improbable, plus les secondes passaient, plus il avait l’impression que sa voix d’enfant un peu trop aigüe n’avait pas eu l’effet intimidant escompté ... Pourtant, le brigand ne fit pas un pas de plus dans sa direction. Non ... au lieu de ça, il se retourna, et partit sans le quitter des yeux.

si tu es méchant ... Si tu es méchant, je ... Je vais chercher de l’aide.
Le saurien se crut un instant la victime d’une farce ... Mais pourtant, très vite, fol’œil avait bel et bien disparu. Comme quoi ...Bon bah ... Aux innocents lobotomisés les mains pleines hein, comme ‘y disent. Sans patienter une seconde de plus, il sortit ses mains de son dos pour se mettre à griffer sauvagement les liens autour de ses pieds, dans l’espoir de les trancher le plus rapidement possible.

On a le cul bordé de nouilles tu veux dire ... Personnellement je suis plus qu’heureuse qu’il parte chercher des renforts, même si ça peut paraître étrange dit comme ça. Actives, on a pas toute la journée.


Si tu crois que j’ai la moindre envie de le voir revenir alors que j’ai pas fini de me détacher les jambes ma belle, ‘va falloir que t’ailles voir le fossoyeur et que tu lui expliques comment tu as réussi à traverser ta propre orbite avec ton omoplate à force de te fourrer le doigt dans l’oeil.


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MessageSujet: Re: La fin des vacances   La fin des vacances EmptyMer 27 Fév 2019, 00:59

Le plan était simple. Maintenant que les chevilles et les poignets du dragon étaient libérés de ses entraves, il allait ... Prétendre que ce n’était pas le cas, et utiliser un bâton solide, d’une longueur correcte et relativement épais, comme gourdin. Avec un peu de chance, il pourrait assommer l’allié qu’allait ramener fol’oeil par surprise, puis le gérer lui. Ça ne promettait pas d’être une partie de plaisir, mais dans l’état actuel des choses, c’était le mieux qu’il avait trouvé ... Et les commentaires de sado-maso, encore une fois, n’étaient pas d’une aide précieuse dans cette situation plus ou moins précaire. Non, tout ce dont il avait réellement besoin ... C’était d’une situation favorable à son plan,  sans laquelle il allait clairement peiner à s’en sortir. Malheureusement, un imprévu de taille – c’était le cas de le dire – pointa le bout de son nez assez vite. Plus précisément : de tous ses copains, il avait fallu que Fol’oeil ramène le gros. Non pas qu’Haïzen ait le moindre apriori contre les personne en surcharge pondérale – surtout quand cette dernière s’accompagnait d’une charpente musculaire plus que décente – mais à attaquer ... Disons qu’il allait avoir plus de mal à lui atteindre la nuque que pour les autres. Parce que non seulement il était gros, mais en prime, il était grand. Et atteindre la nuque d’un type qui faisait deux têtes de plus que tout le monde, dans un corps d’enfant, c’était clairement si facile que ça.

Tu as été méchant avec Futoshi ?
J’veux dire, même en mettant de côté sa gueule qui ferait pleurer un bébé, j’sais pas vous mais moi j’avais pas particulièrement planifié dans ma journée d’être changé en gamin pour ensuite me faire violer. Oui non, plus il se rapprochait, plus il avait l’air grand ... La joie de retourner aux alentours du mètre 40. J’veux dire vous vous attendiez pas à ce que j’saute de joie à l’idée, hein ?
Non.
Tu devais dormir plus longtemps ... J’avais pas prévu que tu te réveille. Fol’oeil (ou Futoshi visiblement) se mordilla les lèvres avec un soupire déçu, comme un gosse privé de dessert.
Ouaiiiis, sûrement ... j’ai la tête solide. Il fallait gagner encore un peu de temps ... Le type était à 3 mètres ... 2 mètres. Oh, au fait, c’est parce que vous souffrez de ... Simplicité, aussi, les phrases courtes, ou vous êtes juste laconique ?
Laconisme.

Alors qu’il prononçait ces mots, la grosse masse se pencha sur le dragon à terre, qui se détendit comme un diable hors de sa boite pour sauter et ... se prendre un revers de main dans le flanc, qui le projeta sur le côté. Lâchant son arme improvisée à cause de l’attaque, le dragon secoua la tête, cherchant à remettre ses yeux en face des trous.

ça se voyait tant que ça que j’étais plus attaché ?
Oui.
Et c’est quoi le plan ?
Je t’assomme. Il s’amuse.
Et beh comme dirait certaines sorcières anglaise, « charming » ...

Levant ses poings devant son visage pour esquisser une garde de boxeur, le petit dragon se mit à sautiller sur place, comme prêt à recevoir son adversaire. Sa garde (bien qu’il parvint à la mettre en place) fut cependant d’une efficacité minime lorsque d’une claque, le géant l’envoya de nouveau balader sur le côté, le projetant bien à cinq ou dix mètres de là sans sembler fournir d’effort. L’artiste avait eu beau protéger sa tête, il fut tout de même assez sonné pour rester un instant à 4 pattes, cherchant son souffle ... Lequel disparut totalement lorsqu’un coup de pied dans l’estomac le souleva du sol, et le projeta contre un arbre. Percutant ce dernier, et glissant le long du tronc en lâchant un râle d’agonie, le dragon roula un peu pour terminer sur le dos, regardant le ciel avec les paupières plissées ... Ses yeux orangés se tournant vers le grand type qui s’approchait de lui pour lui montrer un mélange de défiance, d’ennui, et de perte de connaissance imminente. Se penchant, l’espèce de sumo lui saisit un bras, et le souleva telle une poupée de chiffon désarticulé.

Calmé maintenant ?
Ah mais ... J’étais hyper calme ... Huf .. Frais comme un gardon ... Prêt à t’péter la gueule ... Urf ... uuh ... Laisses-moi ... 15 ... Non, 20 minutes de pause ... Et j’te prends au 2nd round ...
Hm. Semblant relativement peu satisfait de cette réponse, le malfrat ferma le poing et leva le bras pour l’amener au niveau de sa tête, prêt à cogner à nouveau ... Mais avant qu’il n’en ait le temps, le petit dragon leva une main avec un sourire. Tout en crachant un jet de sang par terre, mais ça c’était autre chose.
Attends ... T’as jamais eu de chat toi ... J’me trompe ?
Non.
Ca se voit. Tu sais pourquoi ? Le gros type ne lui colla pas le coup de poing qu’il avait armé ... Mais ne lui demanda pas pourquoi non plus. Le gamin abrégea, préférant ne pas trop jouer avec sa chance. Parce qu’un chat, en fait, ce qu’on sait pas ... c’est que le pire âge auquel on peut les avoir c’est quand ils sont tout petits. D’une part parce qu’ils sont pas du tout propres et autres, mais ya pas que ça. C’est surtout que c’est l’âge auquel leurs griffes et leurs crocs ont jamais servi, et sont tranchants à mort, tout neufs et tout.
Le bandit semblait aussi impressionné par ce constat que par l’idée qu’il venait de perdre 30 secondes de sa vie à l’écouter.Et ?
Et un chat, comme tout le monde l’oublie, lorsqu’ils sont sur le dos c’est une cible centrale d’une douceur incomparable entourée par 6 extrémités dont 5 sont mortellement dangereuse. Et je suis un dragon. Donc on monte à 7 extrémités.

Le criminel lâcha un soupire de fatigue, mais n’eut pas le temps de faire plus. Se repliant tel un piège sur l’avant-bras qui tenait son poignet, le gosse s’appliqua très soigneusement à planter absolument tout ce qu’il pouvait dans le membre épais qui le tenait en l’air. On parlait ici de deux ailes, 5 doigts griffus multipliés par une main, 4 orteils griffus multipliés par deux pieds, ce qui en tout faisait une quinzaines d’endroits différents où le natif en surpoids fut poignardé en même temps. Sans parler, bien entendu, de la bouche du dragon, qui elle se referma sans la moindre pitié sur les doigts du bandit, arrachant en un instant un morceau de chair que le reptile cracha, avant de mordre à nouveau. Un cri de souffrance d’une intensité rare déchira les bois entiers alors que le malfrat secouait son bras cherchant à en décrocher le gamin reptilien, sans effet. Ce dernier, ayant trop de points d’accroches, ne chuta pas d’un centimètre lorsqu’on relâcha son avant-bras : au contraire, il planta les griffes de la main associées dans la paume du bandit, et se mit à s’en servir comme point d’accroche, tandis que ses jambes effectuaient des moulinets sanglants qui ne mirent que quelques instants à dénuder et déchirer un nombre invraisemblable de muscles. Le grand malfrat tenta alors de saisir la queue du petit reptile et de tirer dessus pour le décrocher : grave erreur, puisque ce dernier cessa simplement de bouger les jambes, ancra ses griffes entre les os, et laissa la traction qu’exerçait le sumo faire le boulot pour lui. Est-ce que c’était douloureux pour les deux ? Sans aucun doute, mais le rouge savait parfaitement qu’il souffrait beaucoup moins que son adversaire.

Cessant de tirer, le bandit arma de nouveau le poing, et cogna le gosse dans le flanc. Le premier coup fut encaissé sans parvenir à le décrocher, mais le second en revanche l’envoya bouler à quelques mètres. Roulant par terre, le petit dragon se remit pourtant presque tout de suite sur ses pieds, ricanant légèrement ... et cracha un doigt. Il avait eu le temps de sectionner un index juste avant de recevoir le second coup. Etrangement, lorsqu’ils étaient livides, tenaient un membre meurtri contre eux de façon pitoyable, et titubaient légèrement, les gros balourds musclés étaient bien moins impressionnants ... Et celui-ci ne faisait pas exception à la règle. Surveillant fol’oeil, qui était actuellement à la périphérie de son regard, le petit dragon eut une grimace en se portant une main au torse. Il devait avoir les cotes en sale état ... mais bon, il survivrait. Contrairement à mr. Muscle, qui lui fonçait dessus avec un nouveau cri. Le seul souci, c’est qu’il n’était clairement pas aussi intimidant qu’il l’aurait voulu, et qu’il ne représentait plus une menace sérieuse à l’heure actuelle. Sauf s’il lui tombait dessus. Attendant le dernier moment, le dragon s’assura que non en lui passant juste à côté des jambes du côté de son bras blessé, esquivant un coup de pied au passage, avant de lui sauter sur le dos pour le percuter. Malgré la différence de tailles et de poids, il parvint à le déséquilibrer suffisamment pour le faire chuter à terre. Aussitôt, l’artiste sauta sur le côté pour se mettre à une distance raisonnable, mains sur les hanches.

Coco, j’aimerais que tu m’écoutes une minute. Tu pisses tellement le sang que tu vas probablement claquer dans les minutes qui viennent, surtout si tu continue d’essayer de te battre. T’as de la veine, j’ai une proposition pour toi : si tu arrêtes immédiatement de bouger, j’veux bien essayer de te faire un bandage avec les moyens du bord qui permettra de t’empêcher de te vider de ton sang, et p’têt même de pas perdre ton bras, même si là ya peu d’espoirs.

La seule réponse fut un grognement, et un bras valide agité dans le vide avec une faible intention de frapper. Soupirant en se saisissant d’un bout de bois assez large, le petit dragon contourna son adversaire à terre ... Et lui abattit la branche sur la tête avec assez de force pour la briser. La branche, pas la tête. Il n’était pas encore à ce point violent. Le bras retomba aussitôt.


Je suppose que je dois dire que c’est gentil de lui dire ça ... Mais tu comptes vraiment le soigner ?


Boarf, juste un bandage quoi, le reste il ira négocier avec les autorités locales lorsqu’il sera arrêté. Et avant que tu ne demande « avec quel tissus », la réponse est : je vais utiliser la chemise de l’autre violeur d’enfant.


Celui qui est en train de se faire la malle là ?


Hey ... HEY, OU TU VAS TOI ? REVIENS ICI ![/color]


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MessageSujet: Re: La fin des vacances   La fin des vacances EmptyMer 27 Fév 2019, 01:00

Futoshi (aussi surnommé « Fol’oeil » pour ceux ayant oublié son vrai nom) avait fait son maximum pour être discret. Et en soit, il s’était plutôt bien débrouillé ... Mais malheureusement, il ne possédait ni super vitesse, ni capacité de camouflage, ni équipement technologique lui permettant d’évoluer sans bruit ou de disparaître ... En fait, à peu près rien d’autre qu’une corpulence légère et un peu de jugeote : avancer là où on ne surveillait pas, en faisant le moins de bruit possible. Ce qui avait marché. En tout cas, jusqu’à ce qu’une voix d’enfant, dans son dos, ne lui ordonne de revenir. A noter sans doute qu’il aurait adoré entendre ça de la bouche d’un môme consentant et prêt à l’aider à satisfaire ses pulsions malsaines, mais ... Le souci, c’est que celui-là venait de presque tuer un de ses camarades sous ses yeux, et pas le plus frêle du groupe. Tout l’inverse justement : le plus frêle du groupe, c’était lui. Ce qui explique pourquoi, lorsqu’il entendit l’ordre, il fit tout l’inverse et se mit à courir en poussant un glapissement plutôt pitoyable. Même si ce gamin était un élu, il courait toujours moins vite que lui, n’est-ce pas ? Et bien ... Sûrement. Peut-être. Difficile à dire. Mais il lançait vachement bien les bouts de bois par contre. Et comble de coïncidence, fol’oeil en reçu justement un bien lourd dans le genou, au moment où il prenait appuie sur cette jambe : la chute fut inévitable, et plutôt douloureuse.

Rassures-toi, j’suis pas rancunier, j’te ferais rien pour avoir essayé de me planter t’àlleur. Je veux dire, j’vous ai insulté, vous vouliez vous battre, c’est normal. Par contre, juste comme ça : tu penses que la lame de ton bordel est stérile ? Parce que j’ai comme une envie de t’émasculer, mais j’m’en voudrais que ça s’infecte trop vite.

Poussant un autre cri semblable à un gémissement, le malfrat déséquilibré mentalement se remit debout comme il put, pour se remettre à courir ... Tandis que le gamin dragon, qui s’était approché en marchant, s’arrêtait et croisait les bras sur son torse.


Tu ne comptes pas le poursuivre ?


Nan. T’en fais pas, tu vas voir.

L’artiste s’amusait énormément du petit suspense qu’il créait en ne révélant pas ses intentions à sa congénère ... Même si en soit, espérer cacher quelque chose à quelqu’un pensant comme vous et se trouvant dans votre esprit n’était clairement pas l’idée la plus brillante qu’il ait eu de la journée. Ceci dit, il n’ajouta pourtant rien de plus, alors que les gémissements de fol’oeil cessaient d’être audibles, remplacés par des voix pressées engageant une discussion inintelligible à cause de la distance. Quelques instants plus tard à peine, non plus un, mais trois pillards s’avancèrent entre les arbres. Fol’oeil, qui tenait son couteau dans ses mains crispées, et les deux jumeaux, qui observaient les alentours avec un air menaçant, haineux même. L’un était armé d’un tonfa, et l’autre d’un sabre court, qui ne ressemblait pas vraiment à un tanto ... Un wakizashi ? Possible. Pas très bien entretenu, cela dit : il renvoyait un éclat terne, parfois très légèrement rouillé. La garde était inexistante, et le manche, juste le prolongement du morceau de métal dans lequel on avait fait la lame ... il était très possible qu’il ait été volé. Ceci dit, si dans un groupe de 8 qui ne semblait pas disposer de ressources très conséquentes, ce type était autorisé à porter une arme pareille, c’est qu’il devait être un minimum compétent avec ...

Ce qui expliquait pourquoi une masse rouge et noire tomba des branches pour lui atterrir sur le dos, et en faire en un laps de temps assez court une charpie indescriptible. L’artiste ne plaisantait pas lorsqu’il disait que les animaux jeunes avaient des griffes moins usées : s’il n’avait plus la force de ses 20 ans, le tranchant de ses mains et pieds était en revanche bien pire qu’avant, et il n’eut pas besoin de forcer beaucoup pour passer à travers le gilet de toile épaisse et la chemise de tissus fin. Sans parler, bien sûr, de la peau du dos de l’homme, dans laquelle il laissa des incisions profondes, inégales, et affreusement douloureuses vu les cris qu’il lui tirait. Cessant de jouer les chats sauvages et se propulsant de ses pieds – griffus bien entendu – pour bondir en arrière, le jeune saurien fit un salto arrière, et se réceptionna sans trop de mal sur le sol, alors que le second jumeau se replaçait après avoir frappé dans le vide.

Rassures-moi, tu ne cherchais pas à me cueillir au vol, hein ?
La ferme, petit monstre !
C’rigolo, parce que c’un instrument de paysan que t’utilises là justement ... t’étais au courant ? Le dragon dû se pencher en arrière pour éviter un coup de tonfa en plein visage, et roula sur le côté avant que le second ne le saisisse d’un revers particulièrement douloureux. On dirait que non. Cependant, alors qu’il se redressait, un bout de bois – visiblement on lui avait piqué sa technique – lui percuta le visage, le faisant chanceler en arrière avec une main sur la figure. Hey, p’tain ! ça c’était moche fol’oe-

Il n’eut pas le temps de terminer sa phrase que le jumeau, qui avait fait pivoter son tonfa dans sa main pour avoir une plus grande allonge, lui frappa l’estomac d’un revers de son arme, le pliant en deux avant de lui envoyer un coup de pied qui le projeta vers l’arrière. Roulant plusieurs fois sur lui-même de façon aussi désordonnée que douloureuse, le dragon parvint pourtant à arrêter sa trajectoire lui-même, ancrant ses deux pieds et une main dans le sol tandis que l’autre continuait de tenir son visage. Plissant les yeux jusqu’à ce que ses deux iris orange ne soient que deux fins traits difficiles à deviner, il finit par baisser sa seconde main, révélant des coulées de sang entre ses crocs et depuis son nez. Ainsi que l’expression la plus furieuse que pouvait faire un enfant de 10 ans. Ce qui, en soit ... était presque aussi intense que ce qu’aurait pu avoir un adulte, somme toute. Pas aussi terrifiant, ceci dit, comme le démontrèrent clairement les réactions des deux adversaires, qui se remirent en garde.

Mais à leur plus grande surprise, ce fut un dragon galopant à 4 pattes qui leur fonça dessus. Côté gabarit, on pouvait considérer que c’était équivalent à un gros chien. Un gros chien méchant. Il suffisait de remplacer l’espèce de « gnaaaaaAAAA » croissant en intensité que poussait le gosse par des aboiements furieux pour s’y croire ... Et un autre élément qui rajoutait au réalisme de cette analogie était que la première chose que fit le gamin ... Fut de mordre. Passant sous un coup de tonfa de justesse, il se jeta sur un des mollets du bandit, dans lequel il planta ses crocs avec une férocité indiscutable. L’instant d’après, l’homme tombait à terre avec un cri : un coup de tête entre les omoplates le propulsait au sol, avant que l’élu rajeunit ne se jette sur fol’oeil. Ce dernier ne chercha même pas à hasarder un coup de couteau : de ses bras, il se protégea le visage des lacérations rapides et douloureuses qu’il aurait sinon subit sur le faciès ... a vrai dire, il résista si peu que dès qu’il tomba au sol et commença à se recroqueviller, le petit dragon bascula à nouveau son attention sur son adversaire handicapé, mais encore vaillant.

Le jumeau encore conscient tenta une nouvelle fois de tenir son arme pour avoir une plus grande allonge, et frapper ainsi, mais il n’en eut pas le temps. Aillant saisi le poignard rouillé de l’handicapé mental, le dragon le balança de toutes ses forces dans l’épaule du hors-la-loi, qui ne put le parer que d’extrême justesse : la seconde d’après, un enfant d’une cinquantaine de kilos (les ailes et la queue pèsent plus lourd qu’on aurait pu le croire même à cet âge) se jetait sur lui et le martelait de coups de poing, de griffe, mordant ce qui passait trop près de sa tête, fouettant de sa queue son ventre exposé, battant des ailes pour se maintenir, ajouter à la confusion, et éviter de se tenir uniquement en appui sur le bandit désorienté et hurlant actuellement de terreur. L’âge n’importait plus. La force physique non plus. Tout ce que percevait fol’oeil, c’était une expression pure de fureur et d’acharnement qui frappait bien trop fort et bien trop régulièrement.



C’est qu’il s’en donne à cœur joie le bout de chou, ça fait plaisir à voir ~



Oh, tu sais ce qu’on dit ... « C’est pas la taille du chien dans un combat ... Mais la taille du combat dans le chien. »



Mesdemoiselles, lâcha le gamin d’un ton rauque, hyper-ventilant clairement à cause de l’effort qu’il venait de fournir, Si vous pouviez, hh, mettre un terme aux ... hhh ... hhh ... bavardages inutiles ... hhh ... J’aimerais parler à notre ami seul à seul. Se relevant du jumeau qu’il venait de maltraiter avec un acharnement des plus déraisonnables, il lui lâcha un dernier coup de pied en plein visage pour s’assurer qu’il n’emmerderait plus personne (et surtout lui), avant de se tourner vers l’handicapé. Hey, Fol’oeil ... Fol’oeil ! Hhhhh Arrêtes de faire le mort avec moi triple con, j’peux te refaire le portrait comme un ours mais ça veut pas dire que j’en suis un.

Continuant d’avoir une respiration sifflante, mais déjà un peu plus maîtrisée, le dragon se pencha le temps de ramasser un poignard rouillé à terre, avant de se rapprocher de l’handicapé mental. Ce dernier, même s’il priait probablement pour l’inverse, était en effet toujours conscient et en pleine possession de ses moyens ... bon, si on exceptait le léger état de choc. Auquel le dragon remédia de la façon la plus douce et clémente possible. Lui saisissant plusieurs mèches de cheveux gras entre les doigts, il lui décolla la tête du sol pour lui mettre le couteau sous le nez et les crocs en face des yeux.

J’ai besoin de trois service de ta part, monsieur qui aime les « jolis » petits garçons. Primo : tu me ligote tes deux clones de potes à côté en utilisant les cordes qui leur servent de ceintures. Secondo, tu vas me guider jusqu’au reste de ta bande, vu que vous avez eu assez de cervelle pour me piquer mes putains de katanas. Mais avant ça tu vas me virer le torchon pourri qui te sert de chemise, me le filer, et prier pour qu’il soit pas aussi crade que j’le pense, sans quoi j’ai bien peur que la blessure de ton pote au gros cul n’empire dans les heures qui viennent même si j’arrête le saignement. T’as compris ou il faut que j’te frappe ?
... Donc finalement ... Tu veux que je me déshabille ?
... Tu sais quoi ? Okay. Okay, je rectifie. 4 services. Tu vas aussi et dès à présent fermer ta gueule.


Dernière édition par Haïzen le Mer 27 Fév 2019, 01:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La fin des vacances   La fin des vacances EmptyMer 27 Fév 2019, 01:02

Faire un bandage à un gros type inconscient lorsqu’on a le corps de ses 10 ans et que le gros type n’est –pas- dans une position pratique pour ce genre d’opération est à peu près aussi plaisant et simple que de tricoter une écharpe avec un motif complexe en portant des gants de MMA. Sans parler du manque de matériel, le fait de devoir surveiller un individu un peu « différent » à côté, entre autres. Et pourtant, le dragon avait réussi ... Relativement bien son affaire. Une chance que le type massif, qui servait visiblement un peu de gros bras à l’équipe dans le sens général du terme, transporte certaines de leurs affaires avec lui : en fouillant son sac, le dragon trouva une casserole et une large gourde. Allumant un feu, il fit bouillir l’eau, dans laquelle il fit tremper la chemise de Fol’oeil. C’était rudimentaire comme désinfection, et assez mauvais pour le tissus (qui était de toute façon en piteux état), mais efficace en théorie : en tout cas, il passa d’un gris sale à un blanc ... Pas si rassurant que ça, mais tout de même bien meilleur qu’au départ. Une fois certain que les jumeaux et l’obèse étaient ligotés à un arbre, et les soins nécessaires dispensés, il força donc fol’oeil à le guider à travers les sous-bois pour trouver le reste de son groupe. Il aurait pu remonter la piste lui-même, probablement ... Mais il avait les côtes en miette, un gros bleu (métaphorique) sur la moitié du visage, et une sale envie de taper une sieste qui était des plus malvenues en ce moment. L’envie d’en finir rapidement n’était donc pas totalement étrangère à son empressement ... Bien qu’il conserve tout de même un minimum d’instinct guerrier : le wakizashi était passé dans sa ceinture d’un côté, le poignard de l’autre. Et vu son gabarit actuel, c’était presque mieux que deux katanas « taille adulte ». La lame brisée ne put se retenir de lui faire entendre qu’elle le trouvait mignon, avec ses armes « pour enfant ». Il ne releva que d’un ricanement mal à l’aise. Suivi d’une nouvelle injonction à Fol’oeil pour lui dire de la fermer.

Lorsqu’ils quittèrent enfin la forêt, ce fut pour débarquer au bout d’une dizaine de minutes dans un cimetière, qui ... devait héberger les défunts de la moitié de la région, vu le nombre de tombes. Délimité par un muret assez délabré sur lequel se trouvaient, ici et là, des statues particulièrement abimées des 3 divinités, le lieu ne semblait pas très bien entretenu, ce qui pouvait s’expliquer par sa superficie. Sans parler du terrain accidenté : le saurien voyait très nettement plusieurs collines d’ici. Intimant à son « guide » de rester en place, il escalada une des statues (de ... Long ? probablement ?) et bondit du haut de sa tête, battant des ailes pour gagner quelques mètres ... avant de se laisser retomber doucement avec un soupire. Il ne pouvait pas voler correctement avec des ailes de cette taille. Mais au moins, il s’était confirmé à lui-même qu’il y avait plusieurs kilomètres carrés de terrain à couvrir, avec des sépultures plus ou moins prestigieuses un peu partout, des reliefs ou des creux de quelques mètres ici et là qui empêchaient de voir à plus de 50 mètres, et ... pour l’instant, pas grand-monde, même s’il avait cru distinguer plusieurs silhouette. Se massant un peu le menton, le jeune reptile s’interrogea un instant sur le meilleur moyen de procéder. Etant donné qu’un de ses adversaires s’était pris l’équivalent de deux coups de poignard avant qu’ils ne lui fassent perdre connaissance, il restait le boss et deux remplissages. Dont vraisemblablement le fameux « Hidemaro » qui avait la capacité de transformer les gens en enfants.

Mais alors qu’il réfléchissait, deux évènements simultanés survinrent. Le premier fut que son corps, subitement, s’entoura d’une aura dorée assez étrange qui lui souleva le cœur. A moins que la nausée ne vienne du mélange soudain de croissance osseuse, musculaire, et de la secousse que subit son oreille interne lorsque son crâne s’élargit légèrement avant de se solidifier. En un instant, il avait repris une taille normale, ses bras et jambes avaient triplé de volume, et il sentait une vigueur nouvelle le parcourir ... En un mot, il était redevenu adulte. Et son short était de nouveau à la bonne taille, ce qui était extrêmement plaisant, même si sa ceinture était désormais un peu trop serrée. Le second évènement fut l’un des bandits de tout à l’heure, qui le repéra depuis le haut de la colline, et dont le premier réflexe fut de crier pour avertir ses alliés. Ce qui attira bien entendu l’attention de l’artiste aussi. Ce dernier posa ses yeux sur lui, puis les plissa ...

C’est pas celui que le riffleur voulait que j’éventre ?

C’est pas mon style de dénoncer, mais je confirme ~


Et au final c’est lui qui porte Zen et Zen ...
Qui est le riffleur ?
Non fol’oeil tu as toujours le droit de fermer ta gueule désolé.

La suite se déroula selon un processus assez simple. Le malfrat hésita entre tenter de combattre un élu qui venait fraichement de retrouver ses pleines capacités physiques ... Et aller chercher du renfort. Et dans le temps que dura cette hésitation, il put voir un dragon se jeter sur le mur de pierre, et rebondir pour se mettre à courir dans sa direction. Et par « courir dans sa direction », il faut comprendre que le dragon arrachait des mottes de terre de ses griffes tant il forçait sur ses jambes, bondissait par-dessus des stèles lorsqu’il le fallait, et ricanait sadiquement alors que la distance les séparant se raccourcissait de seconde en seconde. Le natif finit – un peu tard peut-être – par opter pour le combat, qui semblait au final sa seule option. S’écoulèrent quelques secondes de calme. Quelques secondes d’une rare brutalité durant lesquelles plusieurs craquements, déchirements, et une explosion retentirent. Puis le « calme » à nouveau, simplement entrecoupé par des gémissements de douleur et par des petits cris que poussait fol’oeil, visiblement très peu habitué à voir quelqu’un se faire briser le bras, brûler l’autre, avant qu’on ne lui casse la mâchoire à coup de poing et ne lui enfonce la moitié de son gourdin à un endroit que la décence interdit de citer. ... bon, non, pas vraiment en fait : le dragon s’était contenté de briser l’arme en deux sur sa cuisse, et d’en planter un bout dans la jambe du vaincu. L’éviscération n’était pas au programme du jour malheureusement ... mais ce qu’il venait de faire suffirait à compenser.

Fol’oeil ? Cesses de faire ces bruits extrêmement énervants et vient ici. Gardant les lames courtes sur lui, mais remettant tout de même ses katanas à la ceinture, le dragon attendit que le natif ne s’exécute avant de continuer. Tu surveilles ton copain là. Il va falloir que tu prenne un tissus et appuie sur sa plaie à la jambe pour éviter qu’il ne se vide de son sang. Se craquant la nuque, le reptile regarda avec amusement une silhouette, sur une colline voisine, qui se rapprochait rapidement. Moi pendant ce temps-là je gère ton boss.


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MessageSujet: Re: La fin des vacances   La fin des vacances EmptyMer 27 Fév 2019, 01:02

Le « boss », comme l’appelait Haïzen, s’arrêta de courir à quelques mètres de l’élu pour étudier la situation avec un œil critique. Son statut au sein du groupe n’était qu’une pure spéculation, mais l’artiste était assez sûr de lui : c’était presque aussi évident que la réponse « es-tu une fille ou un garçon ? ». Du moins, sur Kosaten, apparemment dans le monde du fossoyeur (« LE FUTUUUUUR » comme il aimait tant le résumer), les avancées technologiques et les changements de mœurs permettaient aux « non cis-genrés » d’exister et de changer d’apparence bien plus facilement. Sur le monde du marchemort il y avait des elfes aussi ... Mais la plaisanterie n’était peut-être pas bonne à faire : lui-même était hybride cette race et celle des humains locaux.

Bref, pour en revenir au boss, il était évident que c’était celui qui commandait. Outre le katana de bonne facture qu’il avait à la ceinture – littéralement la meilleur arme du groupe – et sa constitution solide, il avait l’œil aguerris d’un vétéran des combats, des pièces d’armure sur sa tenue, et un crâne rasé qui faisait 15 fois plus propre que les coupes de cheveux grasses et mal entretenues des autres membres du groupe. Sans parler de Fol’oeil dont la tignasse longue et mal peignée devait faire vomir un coiffeur à vue. Dégainant son sabre, le pilleur se rapprocha lentement, toisant le reptile avec méfiance. Ses yeux noirs dansèrent de l’élu écarlate au corps allongé quelques pas derrière lui et à l’handicapé mental prenant soin de lui pendant quelques instants. Puis ils se fixèrent sur le dragon, plus ou moins au moment où l’homme cessait d’avancer et relevait la pointe de son sabre.

Qu’est-ce qui est arrivé à Bunta ? Son bras.
Oh, ça. J’ai craché du feu dessus.
Tu sais donc conjurer des maléfices ... démon.
... Non. Je suis un dragon. Je crache du feu. Ya un nombre très élevé de clichés rattachés à ma race, j’en remplis certains, c’est tout. J’insiste parce que j’ai personnellement eu des contacts plutôt rapprochés avec pas mal de démons et que les deux races ne se ressemblent pas du tout.

Tu as eu des « contacts rapprochés » avec des démons toi ? J’veux dire, même sans prendre en compte le sous-entendu sexuel, tu ... ?


Le reptile leva une main pour empêcher (figurativement) son adversaire de parler, et tourna un peu la tête en baissant d’un ton. Shhh, pas maintenant lame brisée, et non, je t’expliquerais plus tard, j’essaie juste de l’impressionner là. Il se redressa de nouveau, décochant un large sourire. Désolé, où on en était ? Ah, oui, au passage ! Tu es un rônin ou un truc du genre ?
Rien de si noble non. Mais peu importe que tu saches ça ou non, si je te saigne comme un porc.
Oh, l’un dans l’autre coco, ça se voit ... Ta garde. Elle est mauvaise. Plus bas les mains. Le reptile patienta un instant, puis pencha la tête sur le côté. Non, vraiment. Ta posture est mal équilibrée là, tu vas avoir beaucoup moins d’impact en frappant.

Le criminel ne répondit rien ... Mais s’exécuta, plissant les yeux. S’il n’était pas foncièrement déstabilisé, on ne pouvait pas dire qu’il s’attendait pour autant à ce genre de commentaires ... L’instant d’après, le dragon, avec un soupire, dégainait l’un de ses sabres et effectuait un ou deux moulinets avec avant de le poser contre son épaule et de se gratter le museau du pouce.

Bon, tu sais quoi ? Tu m’as l’air sympathique, alors je vais te prendre suffisamment au sérieux pour utiliser un sabre contre toi. Tiens, tu sais quoi ? On va faire un jeu auquel je jouais avec mon jumeau : on va prétendre que tu es un chat. Neuf. Vas-y, attaques quand tu veux.

Une fois encore, le bandit ne répondit rien de particulier ... Moins grâce à sa maîtrise de lui-même que parce qu’il ne savait probablement pas quoi argumenter. Sans compter que le reptile était fidèle à ses paroles : il s’était certes mis dans une posture plus adaptée au combat ... Mais il le laissait attaquer. Plusieurs secondes s’écoulèrent en silence, seulement entachées par un bâillement du saurien ... Avant que le pillard ne lui fonce dessus, et ne tente de lui ouvrir le ventre d’une frappe sèche et précise. Mais sa lame fut déviée presque sans mal par le dragon, qui n’eut besoin de tenir l’arme que d’une main : de l’autre, il mit un coup de poing assez peu appuyé sur l’arrière du crâne de l’homme, qui continua sa course sur un pas ou deux. Il tenta de pivoter en le tranchant de son sabre, mais son coude rencontra la paume ouverte du dragon, qui le bloqua dans sa course. Plus bas, le pommeau de Zen le percuta juste sous les côtes, lui déclenchant une douleur particulièrement intense dans le ventre et le faisant reculer à nouveau. Une nouvelle fois, le dragon leva une main à plat pour lui intimer de le laisser parler, sourire sur le visage.

Tu vois, c’est pour ça que tu dois abaisser ta garde mon grand. Tu avais une posture plus trop mal, mais tu as tout perdu en t’approchant, c’est dommage. Oh, et tu passes à sept, du coup.
Ne cesses-tu donc jamais de parler ?!
Hmmmmalheureusement, il faut bien que je pionce je dirais, mais hey.

Haussant les épaules, le dragon souriant dut un instant plus tard détourner trois attaques rapides qui le visaient. Il ne fit aucun commentaire dessus, mais à la feinte qui suivit, il parvint à saisir l’avant-bras de l’humain, et à ... Tirer dessus pour le déséquilibrer et l’envoyer rouler au sol. Le pillard resta un instant allongé sur le dos, haletant légèrement ... il n’avait rien vu. Il chercha doucement à forcer sur ses muscles pour se relever ... Un sabre se planta dans la terre à quelques centimètres de sa tête, suivi de multiples claquements de langue contre le palais.

Okay, alors j’aurais pu te mettre à terre à mes pieds et t’exécuter sur place, ET te balancer le sabre en pleine tête. T’es à cinq champion, fais gaffe.

Le malfrat se releva avec une légère hésitation ... Et sortit le sabre qu’on venait de lui jeter du sol, le tenant dans sa seconde main. Le reptile eut un petit rictus amusé en penchant la tête sur le côté, et resta avec les poings sur les hanches, n’ayant visiblement pas l’intention de sortir sa seconde lame de son fourreau. Le bandit l’étudia un instant ... Puis se jeta sur lui une fois encore avec un cri déterminé, croisant les bras et passant les lames sous ses coudes pour pouvoir l’attaquer des deux flancs à la fois d’un seul geste. Le reptile sembla se masser le visage, durant le trajet que parcouru le bandit ... Puis d’un mouvement précis, lui posa de nouveau les mains sur les poignets alors que ces derniers se décroisaient, les bloquant dans leur mouvement, et stoppant purement et simplement l’homme dans sa course : le dragon recula de quelques dizaines de centimètres à cause du choc, mais parvint tout de même à l’arrêter avec un sourire sarcastique.

Okay, maniement double, première leçon : c’est pas parce que tu as deux lames que tu dois préparer autant tes mouvements. Commences à frapper plus tôt, lorsque tu es en mouvement comme ça et que je suis encore hors d’atteinte, histoire que je ne puisse interagir qu’avec tes lames. Oh, et aussi : la pointe de tes sabres doit être haute, mais baisse les mains, ton poignet est pas fait pour vivre en extension comme ça

Les deux hommes luttèrent un instant l’un contre l’autre, le pillard voulant pouvoir bouger ses bras librement et le saurien l’en empêchant ... Mais plutôt que de prolonger le duel, il lui envoya un coup de boule brutal, le força à relever ses bras en profitant de son étourdissement, et se jeta en avant pour lui enfoncer son genoux dans le ventre. Le coup, percutant le foie du malfrat, le plia en deux : il recula de quelques pas en titubant et en crachant sur le sol, avant de se remettre convenablement en garde en grognant. Face à lui, le dragon observait les griffes de ses doigts, comme s’il n’était pas concerné par ce duel ... Avant de relever les yeux vers le bandit, et de tendre 4 doigts. Il ricana lorsque le natif se jeta une nouvelle fois sur lui avec un cri de frustration, mais n’eut pas la même réaction que la fois précédente. Se ramassant sur lui-même, il se déplia pour bondir en arrière ... Et déployer ses larmes ailes de cuir, qu’il fit claquer dans l’air froid, restant suspendu à deux mètres et demi du sol environ, un peu plus.

Aaaah, putain ça fait du bien de pouvoir décoller ... Et tu vois, CA c’était une bonne attaque ! Bien bas sur tes appuis et tout, t’avais pris assez de vitesse, t’étais bien protégé et tu laissais planer un doute sur le niveau auquel tu allais attaquer. Ce qui explique pourquoi j’ai préféré prendre la voie aérienne ... Par contre, tu devrais vraiment faire gaffe à ta garde mon grand, tu t’es encore relâché.
Le fossoyeur



Yo, j’commençais à plus supporter les blagues du riffleur. J’ai raté quoi ?



L’artiste est en train de péter la gueule à un local tout en lui apprenant à se battre. Encore qu’il n’est même pas si violent que ça avec lui.




Oh cool. Il lui a dit de baisser sa garde ?


Deux fois. Et de remettre ses mains plus droites. Mais c’est pas qu’il fait son buté, il y met un peu du sien hein. C’est juste dur de perdre les mauvaises habitudes.




Le saurien se posa sur une stèle de pierre assombrie par les années et l’usure, et se contenta de s’accroupir pour poser ses coudes contre ses genoux, un sourire ironique toujours plaqué sur le visage alors que le natif se tournait vers lui. Le boss, qui reprenait calmement son souffle, plissa les yeux en cherchant à savoir s’il allait continuer à attendre d’être attaqué ... Et haussa un sourcil en voyant le dragon tendre une main vers lui, paume vers le ciel.

Oui, non. Juste que t’es mignon, mais t’as un truc à moi là, j’aimerais bien que tu me le file.
Si tu ne voulais pas que je me serve de ton sabre, pourquoi me l’avoir envoyé ?
Pour l’exemple ? J’aurais pu viser la gorge ou autres. Bref, ça faisait moins un, on s’en cogne.
Et tu penses qu’il suffit de demander ? Raffermissant sa prise sur les deux sabres, le chauve plissa les yeux, observant son vis-à-vis avec un air méfiant. Si tu possèdes deux armes, tu dois être plus expérimenté pour en utiliser deux, donc ...
Le dragon eut un bref soupire blasé, avant d’enchaîner. Okay coco, je t’arrête tout de suite. J’ai pas envie de frapper un de mes sabres avec l’autre, question de principe, mais j’ai quand même plusieurs siècles d’expérience de plus que toi, que ce soit pour manier une arme ou deux. Maintenant tu me passe Zen ou je t’éventre putain.

Le hors-la-loi sembla hésiter un instant, alors que le dragon sautait de la stèle pour se tenir debout, gardant la main en l’air ... Puis, finalement, se ravisa. D’un geste ample, il lui envoya l’arme, qui décrivit un élégant demi-tour dans les airs pour que sa poignée ne tombe dans les doigts ouverts du dragon. Mais alors que ce dernier refermait ses doigts sur son sabre, il nota que le pillard venait une nouvelle fois de lui foncer dessus, et raffermissait sa prise en mettant une seconde main sur le manche de sa propre arme pour le frapper avec, probablement dans le but de lui trancher le torse. Mais en lieu de chaire, sa lame rencontra celle du katana que venait de récupérer l’artiste : les deux aciers crissèrent en glissant l’un contre l’autre ... Jusqu’à ce que la lame du hors-la-loi ne soit bloquée en rencontrant la garde de celle du dragon. Ce dernier prit le manche de sa seconde arme en main ... Et la dégaina avec assez de vitesse et de force pour que le pommeau, une fois encore, ne s’enfonce dans le ventre du boss. Ce dernier, réellement affecté cette fois, tomba à terre et vomit une bile amère et infâme, tant au goût qu’à l’odeur. Le dragon s’était écarté d’un petit bond sur le côté, et rengaina totalement Zen, alors qu’il faisait tournoyer la lame de Zen dans les airs, puis la plaçait sous la gorge du chauve.

Okay, okay, CA c’était bon comme strat’, vraiment. Mais tu devrais vraiment te montrer plus ... Comment dire. Vif. Faire en sorte que j’ai pas le temps de réagir quand je chope ma lame : arranges toi pour la lancer plus lentement, et débarquer vraiment pile quand elle m’atteint ou avant. ‘fin bref, on va dire que tu es à trois ... Mais honnêtement j’ai un peu la flemme de capituler ... Heu, merde, qu’est-ce que je dis. J’ai la flemme de continuer. Tu ne voudrais pas capituler ? ouais non ça marche mieux comme ça.
Il y eut quelques secondes de silence, interrompues par un ton hésitant. ... Tu ne comptes pas me tuer ?
Pas spécialement, si tu te rends honnêtement ça m’évitera d’avoir à amocher puis à soigner plus de monde. Et j’aurais besoin de bras valides pour déplacer le gros, je sais pas s’il tiendra jusqu’au prochain village en marchant, vu son état.
... Je vois.

Signifiant sa reddition, le bandit posa sa lame à terre, et croisa les mains derrière la tête. Le dragon abaissa une aile jusqu’à la glisser sous le pommeau, le souleva d’un coup brusque, et saisit le sabre au vol pour l’observer un instant ... Avant de soupirer, hausser les épaules, et le laisser tomber par terre alors qu’il se mettait en marche.

’Tain tu m’étonnes que je voulais pas te laisser te servir de mes affaires trop longtemps ... bon viens avec moi. J’commence vraiment à en avoir ma claque de toute cette histoire, donc on va essayer d’abréger ... et de retrouver ce putain de gamin, aussi.

Oh merde. J’avais totalement oublié qu’on était là pour ça.


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MessageSujet: Re: La fin des vacances   La fin des vacances EmptyMer 27 Fév 2019, 01:03

Et donc, ce sabre ? Il vient d’où ?
Le malfrat fronça légèrement les sourcils ... Le fait qu’on le laisse armé dans cette situation avait quelque chose d’étrange. Mais, fidèle à sa parole, il acceptait de guider le reptile ... Pour l’instant. Par contre, ce n’était pas au bout de quelques minutes de marches qu’il s’était attendu à un début de discussion. Il se contenta de hausser les épaules. Je suis de Fuyu, à l’origine. Un ancien soldat ... Et cette lame appartenait bel et bien à un samourai.
Il t’a un peu trop manqué de respect ou un truc du genre ?
Je n’ai pas apprécié le peu de valeur qu’il accordait à nos vies, la mienne et celle des hommes de mon groupe.
Le reptile partit dans un petit rire sadique, hochant la tête. Donc tu lui a appris une leçon mémorable sur le sujet, bien joué ...
... non ... je me suis contenté de le tuer, de prendre son arme, et de fuir les représailles. Je n’avais ni famille ni amis sur lesquels ma nation aurait pu se venger de toute façon.
C’est bien ce que je disais ... tu lui a fait une démonstration très simple, d’un concept tout aussi simple.
... qui était ?
Que toutes les vies sont, et ce de façon parfaitement égale, dénuées de valeurs. La sienne, la tienne ...
Le natif pensa arguer quelque chose pour répondre ... Mais se retint. Au lieu de ça, il se contenta de détourner le sujet. Et cette histoire de chat ... à propos de quoi était-ce ?
Oh, très simple. Les chats ont neuf vies. J’t’en retirais une à chaque fois que j’étais en mesure de te tuer en combat. Normalement les deux combattants doivent jouer les « chats », et le premier à 0 a perdu ... mais bon. T’en fais pas ... personne a pu toucher mon neuf depuis un sacré bout de temps.

Le malfrat répliqua d’un simple grognement, alors qu’ils passaient une énième rangée de stèles mortuaires. Non seulement ce cimetière était immense, mais il avait un très mauvais arrangement : compliqué de savoir où on se rendait sans connaissance de la région ... Cependant, ils arrivèrent visiblement à destination lorsqu’ils atteignirent une tombe ...Contre laquelle était assit un enfant visiblement endormi. Ce dernier avait une pelle dans les bras. Le dragon pensa à lever la voix pour l’appeler ... Mais avant qu’il n’en ait le temps, quelque chose le frappa dans le dos, et lui tira un léger cri. Son corps, une nouvelle fois, lui renvoya tout un tas d’indications totalement anormales et ... Rétrécit une nouvelle fois, le renvoyant à ses 10 ans. Le dragon s’observa un instant ... puis se retourna vers le mage qui venait de faire ça et lui jeta le regard le plus blasé qu’on avait pu voir de ce côté-ci du multivers depuis un bon bout de temps. Le jeune mage qui venait de lancer le sort, Hidomaro, fit passer son regard du petit dragon au chauve qui se trouvait à côté de lui.

Tu me ... M’annule ça tout de suite ou je te jure que je te fais bouffer absolument toutes tes dents après t’avoir pété les deux bras en trois.
... Chef ? Ce ...
Fais ce qu’il te dit. Enfant ou pas, j’ai bien l’impression qu’il a mis très mal en point tout le reste du groupe ... et qu’il n’aurait aucun mal à faire de même pour toi ou moi.
Purée de bordée de merle de foutrailles d’entubé, la prochaine fois que je vois une veuve qui chiale sur le bord de la route je lui biffle sa sale gueule pour lui apprendre à me mêler à ses histoires ... Poings sur les hanches, pestant dans le vide, le petit reptile remarqua que le mage le regardait à nouveau ... Et dégaina le wakizashi qu’il avait à la ceinture, se mettant à jouer avec de façon inquiétante. Je te vois pas annuler de sort toi. Et pourquoi le gosse dort ?
On lui avait demandé de nous guider, puis de creuser ... quelqu’un d’autre s’en serait chargé, mais les autres voulaient rester en forêt pour s’assurer que Futoshi ne te tuerait pas. Il a tendance à faire crier ses victimes avant de les tuer.
Probablement parce qu’il les encules moui, répliqua le reptile a voix basse alors qu’il regardait le mage natif incanter et faire les gestes qui, en théorie, devaient accélérer son retour à la normale. Oh, et la partie de l’histoire que j’ai entièrement raté. Pourquoi vous vouliez que ce pauvre gosse vienne ici et creuse pour vous ?
Il te le dira toi-même dans un instant ... Terminant une série de gestes complexe, le jeune mage sembla subitement se fatiguer énormément ... Alors que le dragon reprenait son apparence normale. S’observant un peu, il soupira de soulagement, avant de s’approcher du gamin à qui il tapota doucement la joue pour le réveiller. Ce dernier ouvrit des yeux ensommeillés, qu’il posa avec un certain étonnement sur le dragon, même s’il ne semblait pas avoir peur.
... Qui êtes ... vous ?
Batman. Ta maman a demandé après toi Akiko, debout ... on va te ramener à la maison.

*     *
*

Quelques instants plus tard, le quatuor insolite – un dragon, un enfant endormi sur son dos, et deux pillards en bonne santé physique mais visiblement plutôt confus – repassa par l’endroit où se trouvait Fol’oeil, qui les rejoint en trottinant tranquillement.
... Tu es notre prisonnier à nouveau maintenant ?
Je suis persuadé que tu étais assez proche pour nous voir quand j’ai pété la gueule à ton pote puis à ton boss : la réponse est non.
L’handicapé se frotta le menton quelques instants ... Puis se frotta les mains l’une dans l’autre. Je peux porter le petit ?
... Hidiomaro, c’est ça ?
Hidemaro, en fait ...
Je m’en branle, en fait. Prends-moi le gosse du dos, et couvres lui bien les oreilles. Là, c’est bon, tu le tiens ? Le dragon s’assura que le jeune mage, qui avait mis un genoux à terre pour pouvoir tenir l’enfant correctement, faisait en sorte qu’il ne puisse rien entendre. Le saurien prit ensuite l'inspiration la plus profonde qu'il pouvait en ce contexte difficile, et posa ses mains sur les épaules du criminel handicapé auquel il faisait désormais plus ou moins face. ... Fol'oeil, mon ami, tu sais ... Fut un temps où je me considérais - non pas que je m'attende à ce que tu comprennes tous les termes mais essaies - comme un hétérosexuel. Un bon gros mec, un dur, un vrai qui soulève de bonnes meufs quoi. Puis, après un premier matin à me réveiller avec un autre type dans mon lit, je me suis dis ... "ouaw, j'ai vraiment trop bu hier soir, 'faudrait vraiment que je fasse gaffe". La seconde ou troisième fois, ça partait dans les "Mhhh, mais ça ressemblait quand même vachement à une fille ça hier soir, j'devais encore être bien torché moi" ... Et puis, au bout de la quinzième fois environs, j'ai envoyé ma fragile hétérosexualité par la fenêtre pour assumer pleinement ce que je suis. Dans cet état d'esprit, je te prie de me croire lorsque je t'assure. Et ce, avec la plus profonde sincérité. Qu'il n'y a absolument pas la moindre fibre de pensée homophobe en moi, lorsque je te demande à présent. De FERMER LE PUITS A FOUTRE QUI TE SERT DE BOUCHE, AVANT QUE JE N'ARRACHE TON FOUTU TUBE DIGESTIF POUR TE LE FAIRE PORTER COMME UNE ÉCHARPE TENDANCE, AVEC LAQUELLE JE VAIS TE DEMANDER DE ME FAIRE UN DÉFILÉ ET P'TÊT MÊME DE DANSER UN PEU LE TWIST ! EST-CE QUE C'EST CLAIR COMME CA OU EST-CE QU'IL FAUT QUE J'EXPLICITE EN TE DEMANDANT DE FERMER TA GUEULE ?

Durant le -léger- énervement dont il avait fait preuve, le dragon avait crispé la quasi-intégralité des muscles de son torse, s'était penché vers l'avant, et avait fixé son vis-à-vis avec une intensité propre à changer "le plus vaillant des guerriers en lopette frémissante", selon les termes qu'il aurait employé si on l'avait interrogé sur le sujet. Le résultat général, au cas où qui que ce soit avait le moindre doute, était effectivement terrifiant. Fol'oeil, dont la première réaction fut de pousser un style peu orthodoxe de gémissement terrifié, finit par se reprendre très rapidement en fermant la bouche. Malheureusement, il fut presque aussitôt pris d'un claquement de dents incontrôlable, auquel il remédia lui-même en se tenant la bouche dans les deux mains. Le son de claquement était toujours audible, mais atténué à un point acceptable. Joignant les mains à plat et s'inclinant doucement vers l'avant, le dragon répondit avec un sourire renouvelé, presque aimable.

Arigatō gozaimasu, pauvre débile. Se redressant et se faisant craquer la nuque, l'artiste observa l'attardé mental continuer de trembler de peur quelques instants, avant de finalement s'en détourner.



... Hola, une minute une minute. C'était quoi le début de sa phrase ?



Dans mon monde, et plus précisément sur la planète terre, on aurait appelé ça du japonais, et ça voulait dire "merci beaucoup". Ici ... Ici ... J'en sais foutre rien à vrai dire, plus ça va plus kosaten ressemble à un genre de japon médiéval fantastique des plus étranges et au lore douteux mais à ne visiblement surtout pas remettre en question, pour être honnête.




Oh. Okay. Heum ... Merci pour l'info, capitaine obvious !




Eh ...non, jolie tentative sado-maso, mais cette référence là on l'utilise lorsque l'information était facile à deviner. T'étais pas loin hein, maiiiiis ça y est pas quand même.




D'awwww ...




Dites tous les deux, à tout hasard, ça vous dérangerait de vous la FERMER deux minutes vous aussi ? File-moi le gamin, toi.

Absolument personne dans le cimetière n’avait la moindre idée de qui étaient les deux personnes supposées ne plus dire un mot. Ce qui fit qu’absolument tout le monde, de l’enfant au violeur d’enfant, observèrent le silence le plus complet tandis que le dragon énervé se remettait en marche ... et qu’il entendait de très agaçants ricanements dans sa tête.


Dernière édition par Haïzen le Mer 27 Fév 2019, 01:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La fin des vacances   La fin des vacances EmptyMer 27 Fév 2019, 01:03


Donc tu lui a bien dit que tu revenais dès que tu réglais ton affaire avec les autres, hein ? Parce que franchement, elle avait les larmes aux yeux et tout, à mon avis tu as toutes tes chances.


Ouais ouais, elle sait que j’repasserai dans la soirée au plus tard ...Boarf, lui laisser un peu de temps avec son rejeton avant déjà ça peut pas lui faire de mal. Bon, la ferme maintenant, j’vais discuter avec le boss.

Le reptile quitta l’arbre contre lequel il s’était installé quelques instants, à l’orée de la forêt, pour discuter avec lui-même : à quelques dizaines de mètres de là l’attendaient un certain chauve, qui l’étudiait toujours du regard. Clairement, le chef du groupe de pillard ne savait pas quoi penser de l’élu écarlate ... Ni prédire ses intentions réelles. Mais cela convenait parfaitement au dragon, qui s’arrêta à quelques pas de lui, croisant les bras.

Bon ... Donc on est bien d’accord : je revois plus vos tronches dans la région avant un bail ? De toute façon j’vais bouger moi aussi, je commence à en avoir marre du coin ... C’est mort, ici.
Je suppose ... Mais tu comptes vraiment nous laisser repartir comme ça ? Sans nous livrer à qui que ce soit ?
Pfff, pour y gagner quoi ? 30 yens ? Ricanant de façon méprisante, le saurien hocha négativement la tête, se mettant à gratter le sol d’une griffe. je préfère largement que tu ai une dette envers moi, la prochaine fois qu’on se recroisera, ça m’épargnera d’avoir à recommencer tout le cirque de cet après-midi. Filez donc panser vos plaies ailleurs, trouvez un médecin et dites-lui que vous avez été attaqué par un ours ou une paire de loups j’en sais rien ... De mon côté j’irais dire à la mère une histoire bidon comme quoi son gosse a suivi un esprit ou un truc du genre, et vous aurez la paix.
Le fuyujin soupira une nouvelle fois ... Puis hocha la tête, tendant la main à l’élu. Très bien ... Merci. De nous laisser libre, autant que pour les soins que tu as réalisé tout à l’heure ...
Boarf. J’vous ai surtout ordonné de m’apporter des trucs histoire que je puisse préparer des bandages et onguents un peu plus efficaces que c’que j’avais bricolé sous ma forme de gosse, mais ça reste basique ... Encore que. J’m’étais sous-estimé : je pense que votre gros pote pourra garder son bras. Enfin, consultez toujours un rebouteux, dans le doute ... Et arrêtez de laisser fol’oeil défouler ses pulsions pédérastes là par contre. Sérieusement, c’est malsain à en crever son délire.
Le brigand sembla légèrement perplexe (sûrement à cause des mots utilisés dans la dernière phrase), mais hocha la tête. Je durcirai le ton ... Et je demanderais à Hidemaro d’apprendre d’autres sortilèges plus utiles.
Ce serait pas du luxe ouais. Bon, bah à la prochaine ... Et souviens-toi, la prochaine fois qu’on se voit.

Le dragon tendit trois doigts, qui tirèrent – finalement – un sourire à l’ancien soldat. Ce dernier se détourna en faisant un signe, et s’enfonça entre les arbres à pas lents ... Tandis que le saurien s’étirait avec un soupire de satisfaction, se faisait craquer le dos, puis se tournait vers la plage. L’espace d’un instant, il sortit de sa poche l’anneau taillé dans une pierre précieuse que lui avait donné l’enfant ... S’étant trop vanté de la dernière possession de son père, il s’était fait capturer par ce groupe uniquement pour être forcé à leur « donner » ... il avait estimé, du haut de ses 8 ans, que le remettre à son sauveur pouvait être une forme de remerciement appropriée. Et c’était tout à fait vrai, du point de vue du reptile.

Bon ... Je retourne à la bicoque prendre quelques affaires, je la brûle jusqu’à ses fondations, on repasse par ici pour la nuit et ensuite on décampe de ce coin paumé se trouver quelque chose à faire. Tiens, quelqu’un sait où est passé le natif ?

Toujours sur le continent à vadrouiller comme un sale gosse rancunier aux dernières nouvelles, nan ?


J’en sais foutre rien, et on va se dire qu’on va commencer par là : le retrouver pour lui dire qu’on reprend du service. Et lui foutre un coup de pied au cul s’il s’avise de nous envoyer chier. Enfin bon, ce sera pas avant quelque temps ça. Mais d’abord, la cabane sur la plage, et ensuite ...

Heum, les gens ... Je veux dire ...


Ouiiiiiii ?



Bah, c’est que ... On a sauvé le gamin ... On a affronté les méchants, triomphé face à l'adversité, on a même été récompensés déjà ... Vous pensez pas qu'on pourrait essayer de laisser la morale de cette aventure la plus intacte possible ? Éviter de ... se taper sa mère « parce qu’elle a l’air reconnaissante » et tout ?



... J'veux dire, on pourrait hein, mais ... Copine, sans vouloir être méchante ... ça sonne carrément chiant ton truc, un peu.



Non 'pis t'es mignonne avec tes taux de testostérone et d'oestrogènes qui font de toi la maman parfaite absolument pas sujette à ses pulsions ou quoi, m'enfin là très clairement j'ai envie de me vider les couilles dans d'la gueuse moi perso.


Ou dans d'la noble ! Imagine, ça doit être grave cool de se culbuter une reine ! Hey, la prochaine fois on essaiera de sauver le petit prince ?


Ouais, heu, si tu veux sado-maso, mais là très clairement on a de la gueuse au menu, et je vais pas m’en plaindre. Et au passage, vis-à-vis de la "morale" de l'histoire, j'ai failli me faire violer après avoir été changé en gosse, alors de ce côté-là on était déjà pas crédibles. Alors pour ce soir, je baise cette nana, et pour « être un type bien », bah ... Bah on verra à partir de demain hein.

Ouais, bien parlé ! On pourra mater ?



Un « j’ai dis NON putain ! » relativement tonitruant secoua les sous-bois, effrayant un groupe d’oiseaux qui s’envola aussitôt, et interloquant plus d’un natif se trouvant dans les environs plus ou moins directs ... Heureusement, le reptile, physiquement, était seul. Mentalement ... Non, il n’était pas seul dans sa tête. Et après tout ... Ici, c’était comme ça qu’il fonctionnait.

HRP:
 
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