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Bienvenu sur Kosaten
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MessageSujet: Bienvenu sur Kosaten   Dim 1 Fév - 11:36



Bienvenu sur Kosaten


Solo


Quel endroit fascinant ! Bien que n’ayant pas encore eu l’occasion de se pencher de façon claire sur les raisons de sa présence en cet univers, Shishio a clairement compris qu’il n’a pas été « téléporté » sur un autre endroit du globe, ni même qu’il s’est déplacé dans le temps ou qu’il a changé de planète. Il se trouve à présent dans un monde réellement différent, où tout ce qu’il a connu, tout ce qui a été un jour et tout ce qui devait être n’existe pas et n’existera jamais. Un monde parallèle au sien. Un monde où la magie existe ! Un monde où lui, Makoto Shishio, maître assassin du gouvernement Meiji, n’a pas sa place. Il n’existe même pas. Comme un nouveau-né encore suintant de placenta, sa vie a débutée hier. La seule différence, c’est qu’il n’a même pas une mère. Son existence même n’est liée à absolument personne ni quoi que ce soit. Cela le contrarie-t-il ? Non, pas vraiment. Sa douce Yumi était morte dans son monde sous sa propre lame et tous ses pantins étaient passés de vie à trépas. Non, en vérité, cela ne lui change strictement rien. Bien au contraire, ici, personne ne le connait, il va donc pouvoir s’infiltrer avec facilité dans la structure en place sans éveiller les soupçons.

En revanche, une chose l’ennuie. Le sceau de servilité qui lui a été apposé lors de son arrivée. Après être resté enfermé dans une geôle pendant des heures, il a été emmené de force devant le « président » Jeong Tekina qui a utilisé un sortilège pour le forcer à obéir. Ce procédé intéresse au plus haut point le sabreur. Bien que n’ayant aucun moyen de le contourner malgré toute sa volonté, il admire le phénomène. La magie. Celle-ci n’existait que dans les contes pour enfant et les fables populaires. Dans son monde, cela n’existait pas. Mais ici, si. Et si la magie existe ici, il pourra peut-être apprendre à la manier. La perspective de devenir encore plus fort qu’il ne l’était l’amuse. Peut-on surpasser la toute-puissance ? Celui qui en est incapable ne peut prétendre être tout-puissant ! Bien sûr qu’il en est capable ! Et cette fois, Kenshin ne sera pas là pour lui mettre des bâtons dans les roues.

L’assassin se lève et tourne sur lui-même. Sa cellule est très exiguë. Les murs de pierre sont terriblement froids, ce qui provoque un soulagement infini à l’homme à la peau brulée. Il s’adosse contre la paroi et se laisse glisser lentement vers le sol pour s’asseoir à même le dallage sombre. Depuis combien de temps est-il ici ? Et dans quel but ? Le sceau n’est-il pas suffisant pour s’assurer qu’il ne s’enfuira pas ? Probablement pas. Pour être parfaitement honnête, Shishio ne ressent absolument aucune différence depuis que sa malédiction a été apposée. Quoi qu’il en soit, il n’a de toute manière pas l’intention de fuir, ni de causer de troubles. Celui qui mord la main qui le nourrit meurt rapidement de faim. Celui qui la caresse en revanche peut finir par y grimper et planter ses crocs dans la jugulaire. Patience est le mot d’ordre de tout homme sensé. Des bruits de pas résonnent dans les couloirs, sortant l’élu de ses pensées. Deux gardes arrivent, armés de lances. En un éclair, Shishio remarque que l’un deux porte Mugenjin, son katana, à la ceinture. Son cœur manque un battement. Quelle outrecuidance ! Un simple garde qui se permet d’exhiber ainsi le maître des sabres, son arme personnelle, une pièce totalement unique forgée de main de maître par Shakkû Arai en personne ! Cet affront ne restera pas impuni ! Mais pas maintenant…

--Makoto Shishio ? C’est bien cela ?
-Oui.
--Veuillez vous approcher de la grille, dos tourné vers moi.

L’assassin s’exécute. Un homme doit savoir jauger les situations et agir en fonction. Tant qu’il n’aura pas la moindre chance de s’échapper, il fera ce qu’on lui demande, docilement, jusqu’à gagner la confiance de ceux qui espèrent le soumettre. Un otage belliqueux finit par devenir ennuyeux. Un otage ennuyeux possède une espérance de vie très courte. Certes, cela fait deux fois qu’il meurt et qu’il se relève d’entre les flammes, mais il ne faut pas tenter sa chance. Le prisonnier se retourne et recule jusqu’à heurter la grille. Un des gardes lui saisit les poignets et les attache ensembles à un barreau. Une fois l’homme entravé, les gardiens ouvrent la grille et s’approchent de lui. Celui qui détient son sabre sort un anneau de sa poche, le passe à son doigt et l’appose en appuyant fortement dans le cou de l’élu. Un léger sifflement se fait entendre tandis que de petites volutes de fumée s’élèvent. Finalement, il retire sa main avec un regard surpris.

-Ne ressens-tu donc pas la douleur ? Cette brûlure t’a laissé de marbre.
-Mon corps est entièrement brûlé sur toute sa surface. Je n’ai plus de nerfs cutanés, ni de glandes sudoripares. Même une flamme sur ma chair à vif ne saurait me faire tressaillir. Mais puis-je savoir ce que vous venez de me faire ?
-Nous avons scellé ton esprit. Le rituel de tout à l’heure ne servait qu’à mettre ton esprit en condition. C’est à présent terminé. Tu es libre. Tiens, je te rends ton unique bien.

Tandis qu’il lui remet son sabre, le second garde libère ses poignets. Shishio tombe en avant et fait tourner ses articulations endolories. Il ramasse ensuite son sabre. Comment ce laquais a-t-il osé jeter Mugenjin à même le sol ? D’un geste rapide et précis, l’assassin dégaine sa lame et tranche net la gorge du garde irrespectueux. Mais sa main se crispe et le fil du katana se stoppe à quelques millimètres de l’épiderme. Il sent comme un choc électrique dans sa tête, tous ses muscles se contractent et il lâche son arme en hurlant de douleurs. Il porte la main à son cou. Le sceau émet de la douleur pure qui se répand dans son corps comme un venin maléfique. La douleur s’évanouit d’un coup, aussi vite qu’elle est venue. Haletant, il se redresse. La magie est décidément une puissance stupéfiante. Les gardes explosent de rire et s’en vont, laissant la porte du cachot ouverte. Evidemment… Il n’est pas le premier à tenter cette manœuvre… Avant de disparaître au coin du couloir, un des hommes lance :

-Au fait ! Tu es entièrement libre ! Tes seules restrictions sont de ne pas sortir de la ville de Kansei et de ne pas t’en prendre aux habitants de la république de Minshu. Je te conseille de commencer à connaître notre monde si tu souhaites t’en sortir. Bon courage !

Makoto peste intérieurement mais se contente d’un signe de tête pour montrer son assentiment. Il passe le fourreau de son sabre à son flanc, coincé par une de ses bandelettes. Enfin, il sort.


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MessageSujet: Re: Bienvenu sur Kosaten   Dim 1 Fév - 11:37



Les rayons d’un soleil radieux le fauchent dans sa précipitation et le forcent à reculer vers l’intérieur. Ses pupilles sont dilatées à l’excès après une si longue période passée dans les tréfonds du palais présidentiel et une clarté si vive est douloureuse. Il cligne à plusieurs reprises et découvre finalement la ville qui l’abrite désormais. Une longue volée de marches aussi larges que le palais lui-même descendent jusqu’à une grande place d’où partent de nombreuses rues. Il y a assez peu de monde pour une heure aussi avancée de la journée. Si l’on en croit le soleil, il doit être seize heures. Peut-être un peu plus. Enfin, si les journées sont les mêmes dans cet univers, ce qui n’est pas certain. Qui dit qu’une journée n’est pas constituée de douze ou de cinquante heures ? Mettant de côté ces questionnements qui trouveront naturellement leur réponse lorsque le soleil se couchera, il décide de descendre les marches à la recherche d’informations. Tout comme un bébé babillant, il doit tout découvrir, les mentalités, les environs, les légendes et les façons de vivre, les pouvoirs en place et les relations politiques. Absolument tout. Et il n’a pas de temps à perdre.

Toute la ville émane un calme et une sérénité auxquels l’assassin n’est pas habitué. Lui a toujours vécu dans les périodes les plus troubles d’un Japon perpétuellement en guerre où les différentes factions d’un même pays faisaient couler le sang de leurs frères. La paix est d’un ennui… Beaucoup de passants sont simplement assis sur des bancs ou bien sur les terrasses de restaurants. Certains sont debout en train d’observer les vitrines d’artisans. De nombreux regards se tournent vers lui lorsqu’il marche, la tête droite, au beau milieu du passage. Son apparence est peu commune mais il est habitué. Cela au moins n’a pas changé. Il s’agit probablement d’une loi universelle par-delà même les dimensions parallèles. L’homme craint ce qu’il ne connait pas. Et s’ils le connaissaient, ils le craindraient d’autant plus. Les gros poissons mangent les petits et cette ville s’apparentent à un superbe garde-manger pour le tueur.

L’architecture est très simple, si l’on omet le palais. Des petites habitations sans jardin, donnant directement sur la rue. Une grande dominance de vert. Durant plusieurs heures, Shishio se promène dans les rues, mémorisant chaque rues et chaque recoin jusqu’à pouvoir s’en faire une carte mentalement. Il explore chaque ruelle, chaque impasse. Une connaissance du terrain est un atout primordial lors d’un affrontement. Or, il avait bien l’intention de ne pas laisser ce calme perdurer trop longtemps. A présent qu’il connait bien la ville, il se met en quête des érudits. Chaque civilisation possède des érudits qui sont chargés de transmettre les connaissances d’une génération à l’autre afin que les différentes découvertes ne soient jamais oubliées. Une bibliothèque, un institut, une école… N’importe quoi pour conserver le savoir des ancêtres. L’élu s’approche d’une vieille femme occupée à nettoyer son volet.

-Madame. Permettez-moi de vous souhaiter une bonne journée. Je suis un nouvel « élu » de cette république et j’aurais une question très simple à vous poser pour mieux appréhender ce monde.
-Mon pauvre ça ne doit pas être évident de quitter sa vie, comme ça, du jour au lendemain. Allez-y, je vous en prie. Tant que ce n’est pas trop technique je devrais pouvoir vous aider.
-J’aimerais savoir s’il y a ici une bibliothèque ou un quelconque endroit où je pourrais parfaire mes connaissances de votre univers.
-Ho mais oui, bien entendu. Ce n’est pas juste à côté mais le chemin est très simple. Prenez cette rue et suivez la jusqu’à atteindre un café qui fait l’angle. Là, prenez à droit et vous devriez la voir au bout d’une centaine de mètres.
-Je vous remercie. Passez une agréable fin de journée.

Point positif, les gens sont polis. Rien n’est plus méprisable que la grossièreté et la familiarité. Après une dizaine de minutes de marche en suivant les indications, il arrive devant un grand bâtiment, imposant mais aux décorations très sobres. Un escalier mène à la porte, qui est à plus de cinq mètres du sol, entourée de deux piliers. Blanc, sans gravures ni peintures, l’édifice pourrait être absolument n’importe quoi, de l’entrepôt à l’école en passant, effectivement, par une bibliothèque. Une jeune femme l’accueille amicalement, malgré un mouvement de recul en apercevant l’homme à l’aspect de momie. Il demande alors tous les ouvrages parlant de l’histoire, des mythes, des légendes, des conflits de Kosaiten. La femme s’exécute après qu’il lui a montré le sceau dans son cou. Elle comprend vite qu’en tant qu’élu, il a besoin de savoir où il a atterri. L’élu s’assoit à une table et commence à ouvrir un premier livre tandis que la bibliothécaire en amène d’autre, encore et encore d’autres. La table des matières lui permet de visualiser rapidement si l’ouvrage est d’un quelconque intérêt pour ses recherches. Il est particulièrement intéressé par la magie mais ne trouve que très peu de référence à celle-ci. Les heures s’écoulent comme des grains dans un sablier, les ombres s’allongent au fur et à mesure que le soleil descend vers l’horizon. Shishio finit par lever la tête lorsque l’établissement ferme. Il fait le tri entre les livres lus et ceux qu’il lui reste à lire et les pose dans un coin pour le  lendemain. Il a déjà appris beaucoup de choses fortes intéressantes.  

Le continent de Kosaiten est disputé par trois grandes puissances militaires dont Minshu fait partie. Lui, Makoto Shishio, est apparu sur terre comme de nombreux autres et est considéré comme un « élu » auprès de la population. Chaque élu provient d’un monde parallèle différent et est « utilisé » par les différents royaumes comme des armes surnaturelles. Le sceau de soumission qu’il a reçu est un rituel auquel sont soumis tous les élus afin de s’assurer une servilité sans faille. Ils sont, d’après les mythes, supposés apporter gloire aux différents Dieux vénérés par les royaumes. Donc, lui devrait, entant qu’élu de Minshu, aider à montrer la suprématie du Dieu serpent Manshe. Quelle découverte surprenante ! L’assassin n’est pas du genre à croire à des balivernes cléricales mais doit bien admettre que ce sceau fonctionne. Il y a deux jours, il n’aurait pas cru que la magie pouvait exister mais ici, tout semble possible. Alors un Dieu… Pourquoi pas ? Mais si la magie est une réalité, il apprendra alors à s’en servir et découvrira un jour comment briser ce sceau. Et ce jour-là… En tout cas, sa lecture l’a rassurée sur ses capacités. Les élus arrivent toujours affaiblis par le voyage spatio-temporel comme le phénomène est nommé, ce qui explique pourquoi il a été vaincu aussi facilement par de simples gardes. Un peu d’entraînement devrait suffire à lui faire recouvrer ses performances habituelles.

Après avoir salué, il quitte le bâtiment, le sourire aux lèvres. Il lui tarde de rencontrer d’autres « élus ». Les meilleurs combattants de tous les autres univers ! Voilà qui s’annonce divinement intéressant…
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MessageSujet: Re: Bienvenu sur Kosaten   Dim 1 Fév - 11:37



La nuit s’est tranquillement installée sur la ville de Kansei, capitale de Minshu, atténuant les couleurs et amplifiant les sons. L’obscurité provoque un changement chez les êtres humains. Eux qui comptent sur leurs yeux en journée pour percevoir le monde qui les entoure, ils sont toujours décontenancés lorsque l’ouïe prend le dessus sur la vue. Alors, plutôt que de développer un second sens, ils éclairent, allument des torches dans les rues pour tenter vainement de repousser les ténèbres qui finiront, tôt ou tard, par tout dévorer. Ce réflexe naturel pousse les hommes à révéler leurs positions, leurs peurs et leurs faiblesses. Un assassin, lui, se doit d’être en mesure d’évoluer dans la noirceur, dans le froid ou même dans l’inconnu. Discret, Shishio se déplace dans les rues désertes sans un bruit. Il ne se cache pas mais à force, la dissimulation est devenue comme une seconde nature. Même s’il ne fait rien de répréhensible, moins de monde à connaissance de sa présence, mieux il se porte. Il arrive enfin devant la porte de l’auberge qu’il a repérée plus tôt dans la journée. La porte s’ouvre sans grincer et se referme sans claquer. Le hall d’accueil est vaste et sobre. Aucun bibelot, aucun tableau. Des murs en bois poli donnent un aspect chaleureux au décor. Au beau milieu, un long comptoir encadré de deux escaliers qui montent vers les étages supérieurs. Sur la droite, un petit renfoncement avec des fauteuils et une cheminée. Le réceptionniste, plongé dans un livre, n’a même pas levé le nez pour voir d’où vient le courant d’air glacé qui l’a traversé.

-S’il vous plaît !
-Qu… HAAAAAA ! Qui êtes-vous ? Je vous ai déjà tout donné !
-Qu’est-ce que vous me chantez ? Je viens tout juste d’arriver.
-Vous… Vous n’êtes pas avec eux ?
-Ecoutez, soit vous vous décidez à être clair, soit vous me laisser prendre une chambre. Je ne suis pas là pour jouer aux devinettes. Avec qui suis-je sensé être ?
-Ho… Pardon, votre… accoutrement m’a effrayé. Notre établissement est victime depuis quelques jours de pillages répétés. Des hommes masqués entre et dévalisent toutes les chambres, menacent notre clientèle. Ils m’ont même mis un couteau sous la gorge pas plus tard qu’hier, regardez ! dit-il en baissant le col de son vêtement, laissant apparaître une belle estafilade tout juste coagulée.
-Je vois… Je suppose que l’éventualité d’agir en homme et de les combattre ne vous a même pas effleuré. Et la garde ?
-La garde est venue, plusieurs fois, mais à chaque fois, bien trop tard, les bandits avaient déjà filé. Quant à moi… Je ne suis pas un combattant.

L’élu soupire devant tant de pathétisme. Si un homme n’est pas capable de défendre son établissement, il n’est pas digne d’en être le gérant. Comment peut-on se hisser au grade de propriétaire si l’on est totalement impuissant lorsqu’il s’agit de conserver son bien ? Il décide alors de se présenter et accepte de l’aider contre une compensation. Les yeux du réceptionniste s’illuminent à cette nouvelle, il désespérait de voir un jour quelqu’un lui venir en aide. Quelques attaques supplémentaires et il aurait dû mettre la clef sous la porte. Après quelques échanges verbaux, les deux hommes tombent sur un accord. En échange de sa protection, Makoto Shishio sera consacré invité d’honneur de l’auberge et pourra, à ce titre, y rester indéfiniment à titre gracieux. Cette offre est très avantageuse pour les deux hommes. L’assassin aura toujours un toit où dormir, malgré son arrivée récente, sans débourser un seul yen tandis que l’aubergiste s’assure une protection permanente en accueillant le sabreur. Une poignée de main scella leur accord.

Sans perdre de temps, l’hitokiri demanda des descriptions détaillées des précédentes attaques. Apparemment, il s’agirait d’une bande de jeunes, armés de couteaux bons marchés. Probablement des orphelins qui ont mal tournés d’après la victime. Jugement sans aucun intérêt, surtout venant d’un incapable aussi probant. En revanche, il semblerait qu’ils attaquent toujours au beau milieu de la nuit entre minuit et deux heures du matin, heure où les rondes de la garde se font plus rares. D’après la pendule accrochée au-dessus du comptoir, il est vingt-trois heures trente. L’horloge lui confirme d’ailleurs que le temps s’écoule aussi rapidement ici que dans son univers d’origine. Shishio s’informe sur la présence de clients dans les chambres supérieures. Au premier étage, un marchand itinérant a fait escale ainsi qu’un vagabond qui a payé rubis sur l’ongle une semaine entière, au grand étonnement de l’hôte. Au second, une vieille femme cherchant désespérément son mari dans tout Kosaten, refusant d’admettre que son Jules l’a délaissée pour une plus jeune. Un marchand et un vagabond visiblement fortuné. Si ces bandits d’opérettes ont une source interne, il est probable qu’ils attaquent aujourd’hui. La vieille, elle, ne représente pas une cible de choix.

-Vous permettez que je les attende ici ? demanda le visiteur en désignant les fauteuils.
-Oui, bien sûr ! s’écria l’aubergiste en retenant mal son excitation à l’idée d’être enfin débarrassé de son problème. Je vais vous préparer un feu de ce pas !
-Non, merci. Je n’aime pas la chaleur.
-Ha… Très bien alors.

L’homme recouvert de bandelettes s’avance vers le recoin de la pièce et s’assied dans un large fauteuil confortable après l’avoir fait pivoter de manière à ne pas être visible depuis la fenêtre. Une fois en place, il ferme les yeux, s’enfonce dans le siège et attend, ses oreilles grandes ouvertes.
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MessageSujet: Re: Bienvenu sur Kosaten   Dim 1 Fév - 11:38



Un silence total règne depuis plus d’une heure. Shishio a entendu les bruits de pas des clients pendant un moment mais ils ont fini par aller se coucher. A présent, seul le ronflement désagréable de l’aubergiste retentit. Soudain, l’assassin perçoit du mouvement au-dessus de lui. Des bruits de pas, puis le grincement d’une fenêtre. Intéressant… Quelques secondes plus tard, la porte de l’établissement s’ouvre à la volée, faisant sursauter le dormeur qui ne peut retenir un hurlement de fillette apeurée. Au son des pas, l’assassin caché compte cinq hommes. Les agresseurs se ruent sur le propriétaire qui couine comme un rat à la simple vue de la lame émoussée d’une lame n’ayant probablement rien tranché d’autre que du saucisson. Lentement, l’assassin sent un sentiment bien familier l’envahir. Des petits picotements parcourent son bras tandis qu’il dégaine son sabre de son fourreau. Les battements de son cœur ralentissent alors que sa respiration s’accélère. Son sang est envoyé sous pression, gorgé d’oxygène vers ses muscles. Son esprit s’embrume légèrement tandis que tous ses sens s’améliorent. C’est une sensation divine que l’on ressent uniquement lorsque l’on s’apprête à tuer. Un des hommes s’approche du renfoncement où il se tient, toujours assis, dissimulé par le dossier de son fauteuil. Le bandit s’approche suffisamment pour que l’élu entende sa respiration.

D’un bond, il se lève, se retourne et fend l’air de sa lame. Une seconde plus tard, une tête ensanglantée roule sur le sol et le corps du malfrat s’effondre dans des soubresauts spasmodiques. L’action s’est passée si vite que personne ne la remarque dans un premier temps. Il faut une bonne dizaine de secondes pour que ses compagnons se rendent compte que l’un d’entre eux vient de mourir. Celui qui semble être le chef crie de rage en pointant Shishio du doigt. Ce dernier reste de marbre, attendant de voir comment réagiront ces misérables amateurs. Deux d’entre eux fonce sans réfléchir vers l’épéiste. Les lames s’entrechoquent une seconde avant que le tueur professionnel n’éventre le premier, pivote sur lui-même et entaille profondément le dos du second. Ils tombent tous deux, l’un mort, l’autre s’apprêtant à le rejoindre dans les quinze prochaines minutes.

-Arrête-toi tout de suite, connard ! Sinon je le bute ! hurle le chef en prenant le réceptionniste en otage. Lâche ton arme !

Mince. Si l’aubergiste meurt, adieu le toit gratuit. Sans perdre contenance, Makoto Shishio lève les bras, son sabre dans la main, bien en évidence. Le dernier homme debout, mis à part le chef, s’approche de lui doucement, le couteau droit devant lui, pour récupérer le katana. Mais celui-ci s’approche trop près. Une fois le voleur à sa portée, l’élu lance son sabre d’un geste précis et rapide. Le sabre fuse à travers les airs et vient empaler le preneur d’otage au niveau de l’œil pour finir par se ficher dans la paroi de bois, quelques mètres derrière le comptoir. Avant que le dernier ne comprenne ce qui vient de se passer, Shishio lui saisit le bras, l’approche de lui et enfonce ses dents dans sa jugulaire. Le garçon porte la main à son cou et regarde le sang qui recouvre à présent la paume de sa main. On peut lire de la stupéfaction dans ses yeux, plus que de la douleur ou de la peur. Son visage se fige dans cette expression de surprise et il tombe en arrière, inanimé, les yeux grands ouverts. La tension s’envole et laisse place à une douce volupté. D’un revers de main, l’auteur du carnage s’essuie la bouche, appréciant le gout métallique du sang frais et s’approche du gérant de l’auberge. Ce dernier est blême et tremble de peur.

-Je pense que vous allez pouvoir dormir sur vos deux oreilles à présent. Ils ne vous embêteront plus. Pouvez-vous me désigner ma chambre ?
-Je… Merci, je… Prenez celle qui vous plaira !
-Parfait. Il me reste une dernière chose à régler. Vous allez perdre un client.
-Qu… quoi ?
-Le vagabond. Il est de mèche avec eux. C’est lui qui les a prévenus. En restant une semaine, il peut savoir s’il y a de riches clients. J’ai entendu sa fenêtre s’ouvrir juste avant qu’ils n’entrent. Je le tue et tout sera fini.
-Nooonnnn ! Je vous en supplie ! Assez de morts ! Vous ne pouvez pas… L’immobiliser ? Le temps que la garde arrive ?
-… … … Comme vous voulez… Allez les chercher. Ils pourront l’interroger.

D’un pas lent, Shishio passe derrière le comptoir et retire son sabre du mur. Le cadavre du chef des brigands tombe alors sur le sol dans un son lourd sous le regard horrifié du réceptionniste. Il utilise la ceinture de son kimono pour essuyer le sang de sa lame et empreinte l’escalier, un sourire carnassier sur les lèvres.
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MessageSujet: Re: Bienvenu sur Kosaten   Dim 1 Fév - 11:40



La porte s’ouvre doucement. La lumière est allumée et un homme est debout, accoudé au rebord de la fenêtre, en train de regarder les étoiles. Il tourne le dos à l’entrée de la chambre. La chambre est assez vaste pour une simple auberge. Sur le sol, tout un bric-à-brac de babioles en tout genre, de l’argent, des bijoux… Voilà où est entreposé le butin de la bande. A l’intérieur même de l’auberge. Audacieux… Personne ne serait jamais venu fouiller ici. Shishio s’avance dans la pièce et observe en détails tout ce qui l’entoure. Il y en a pour une petite fortune, mine de rien, mais une fois divisé en six parts, il ne reste pas grand-chose. A tous les coups, le cerveau s’octroie la part du lion. C’est bien normal. C’est la loi du plus fort, du plus malin, du plus stratégique. Ceux qui ne sont bons qu’à frapper en suivant les ordres doivent déjà s’estimer heureux de récupérer les miettes de fin de repas. Le vagabond lève la tête vers le ciel.

-Vous en avez mis du temps. J’espère que vous ramenez quelque chose de mieux que les pacotilles habituelles !
-Ho, ce n’est pas comme d’habitude, c’est certain.

Ne reconnaissant pas cette voix, l’homme fait volte-face en un éclair. Il dégaine immédiatement deux petites dagues et menace l’inconnu.

-T’es qui toi, connard ?
-Moi ? Simplement celui qui vient de passer tous tes petits camarades au fil de mon sabre. Tu devrais essayer de mieux t’entourer. Ils n’étaient que du menu fretin. Rien qu’à ta posture, je peux deviner que tu es d’un autre calibre.
-Peuh, ne fanfaronne parce que tu as réussi à vaincre ces minables ! Je vais te faire regretter de t’être mêler de mes affaires !

Pensant le prendre par surprise, le vagabond s’avance à une vitesse impressionnante et frappe avec agilité. Shishio esquive la première dague et pare la deuxième de son sabre. De sa main libre, il immobilise celle de son adversaire et lui inflige un coup de genoux dans l’estomac. Les deux combattants s’éloignent avant de charger de nouveau. Cette fois ci, le chef officieux de la bande de voleurs tournoie sur lui-même tentant une technique de diversion mais l’assassin expérimenté voit clair dans son jeu. Il s’agit de techniques de très bas niveau. Même sans sa force d’antan, il parvient facilement à lire les mouvements du débutant. Sans prévenir, il se laisse tomber au sol, évitant ainsi les deux coups horizontaux et donne un coup de katana précis afin de lui trancher le tendon d’Achille droit. L’homme s’effondre lamentablement. Les deux hommes au sol s’empoignent violemment. Infligeant un coup de boule à son assaillant, Shishio parvient à s’extirper et à se relever, chose désormais impossible pour l’autre protagoniste. Quel plaisir, quelle sensation gratifiante que de voir sa proie ramper littéralement à ses pieds en attendant de voir venir le voile noir de la mort ! Fier combattant, le voleur regarde Shishio droit dans les yeux, ne voulant rien laisser paraître de sa détresse. L’élu s’approche de lui, et l’oblige à lâcher ses dagues avant de les récupérer.

-Qu’est-ce que tu attends ? Achève-moi !
-Comment tu t’appelles ?
-Morzak…
-Hé bien mon petit Morzak, je ne vais pas te tuer. Le directeur de cet établissement a appelé la garde et ils vont venir te chercher.
-Tu ne devrais pas. Dès que je sortirai, je reviendrai incendier cette auberge !
-Tu ne m’as pas bien saisi, dis l’assassin en se penchant pour lui chuchoter à l’oreille, ça veut dire que jusqu’à ce qu’ils arrivent, tu es à moi. En sortant d’ici, tu pourras déjà t’estimer heureux de pouvoir aller aux toilettes tout seul…

En riant intérieurement, Shishio prend le fourreau de Mugenjin, son sabre fétiche et le cale sous le battant de la porte de manière à la coincer. Comprenant soudainement ce qui se passe, Morzak commence à paniquer et tente tant bien que mal de se relever. Mais en un éclair, l’assassin est passé derrière lui et tranche la main droite que le malheureux utilisait pour se redresser. L’homme s’effondre dans un hurlement affreux.

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MessageSujet: Re: Bienvenu sur Kosaten   Dim 1 Fév - 11:42



Après plusieurs minutes de tentatives, la porte finit enfin par céder. Les gardes pénètrent en force dans la pièce et s’arrêtent devant le spectacle macabre qui s’offre à leurs yeux. Les murs sont tapissés de gouttelettes de sang, le sol est une véritable mare rouge. Au milieu de la pièce, Shishio se tient droit, lui-même recouvert de nombreuses éclaboussures. A ses pieds git un homme entièrement dénudé. Il lui manque ses deux mains et le pied droit. Des estafilades fines parsèment son corps et une grande partie de sa peau est manquante au niveau de la poitrine. Ce dernier est tombé inconscient. Les gardes reprennent vite leur contenance et pointent leurs lances sur l’assassin qui se laisse faire sans montrer la moindre forme de résistance. Deux hommes ramassent ce qu’il reste du voleur. Des garrots ont été soigneusement apposés par son bourreau pour éviter que ce dernier ne perde trop de sang et ne trépasse de ses blessures. Un agent républicain avance la pointe de sa lance sous le cou de Shishio.

-T’es un grand malade, toi ! Identifies-toi et vite avant que je ne t’exécute sur le champ !
-Makoto Shishio, élu de Minshu. Cet homme était à la tête d’un réseau de vol et de racket. En principe, l’arrestation d’un criminel est récompensée plutôt que punie, non ?
-L’intercepter aurait été suffisant ! hurle-t-il.
-Premièrement, c’est ce que j’ai fait. Je ne l’ai pas tué. Simplement empêché de nuire. Deuxièmement, vous m’arrêtez si je me trompe, c’est votre boulot, pas le mien. lâche le tueur en souriant.
-Et tu penses que ça excuse de pareilles mutilations ?
-Légitime défense, il continuait à m’attaquer malgré l’absence de sa main et de son pied. N’ayant pas de corde pour le ligoter, vous comprendrez que j’ai été obligé de lui trancher le second. Mais remarquez que, soucieux de la santé de ce pauvre homme, j’ai évité qu’il ne se vide. J’espère sincèrement qu’il se remettra vite.
-Peuh ! Taré ! crache le garde en tournant les talons.

Le silence tombe dans la chambre. Seul l’aubergiste est resté là, visiblement sous le choc. Shishio lui demande ce qui ne va pas. Celui-ci s’empresse de lui répondre que tout va pour le mieux, ne voulant de toute évidence pas créer le moindre problème avec le sociopathe qu’il doit désormais accueillir au sein de son établissement. L’homme au corps recouvert de bandelettes s’allonge sur le lit et croise ses jambes, regardant le plafond. Il a décidé, il désire garde cette chambre-ci. Elle est spacieuse et la nouvelle décoration lui plaît beaucoup. L’homme ne discute pas, trop content de ne pas avoir à proposer cette chambre désormais marquée à jamais par l’horreur à de véritables clients.

Un sourire aux lèvres, Shishio s’endort.
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