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évoluer dans les ombres
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MessageSujet: évoluer dans les ombres   évoluer dans les ombres EmptySam 13 Mai 2017, 21:01

Spoiler:
 

Ah, c’est vous. Venez.

La blonde fut un brin surprise. Certes, le fait qu’elle se soit, comme d’habitude, rendue à Kansei n’était pas anodin. Elle venait chercher une quête de sa nation qu’elle pourrait réaliser, seule, ou en groupe … comme d’habitude. Elle n’avait pas été surprise donc, en rentrant dans l’habituel poste de gardes où elle venait quérir ce genre de travaux, de croiser les mêmes têtes, même si ces dernières étaient un peu plus sombres qu’à l’accoutumée. Elle s’était dirigée vers le même bureau que d’habitude, et après avoir toqué à la porte, y avait trouvé le même officier que d’habitude … Par contre, elle ne s’était pas attendue à ce qu’il lui dise ça, lorsqu’il avait vu sa tête sortir de la porte entrebâillée. Se détournant de l’étagère sur laquelle il venait avec quelques difficultés de ranger un document, le soldat traversa la pièce, faisant signe à l’hybride de brume de reculer quelque peu afin qu’il puisse ouvrir la porte, et passer. S’engageant dans le couloir, il se retourna au bout de quelques pas vers la traqueuse.

… Vous prenez racine ?
… D’habitude, on discute plutôt dans votre bureau.
Mouaip. Bah, c’pas comme d’habitude. Venez.

Fronçant les sourcils, la chasseuse de monstre le rattrapa en quelques foulées, avant de se mettre à marcher derrière lui dans les couloirs du bâtiment. L’homme semblait … Fatigué ? Ou en tout cas, moins prompt au laxisme qui le caractérisait, dans les souvenirs de l’hybride. Cette dernière réalisa qu’elle ne connaissait pas son nom … mais après tout, c’était quelque peu normal : elle venait pour des quêtes, pas devenir amie avec des soldats. Ils descendirent dans le sous-sol du bâtiment, bien moins fréquenté que le reste, et s’arrêtèrent au bout de quelques pas. Le gradé soupira légèrement, puis se retourna vers la blonde.

Vous vous souvenez, la première fois qu’z’êtes venues ici ?
Plus ou moins.
J’vous avais dis un truc genre… « on va pas confier un assassinat à de la bleusaille comme vous », hein ?
Plus ou moins. C’était compréhensible : vous ne me connaissiez pas, vous ne saviez pas si vous pouviez avoir confiance … ça a changé ?
Non. L’officier renifla de façon bruyante, ce qui ne fit qu’amplifier la légère colère qui venait de se lever dans le cœur de l’hybride. La manière qu’il avait de traiter le sujet était au-delà du désagréable. Enfin, pas tout à fait. Mais z’avez de la motivation, de la ressources, et vous remplissez les papiers comme il faut, alors … Voilà. Vous préférez attaquer, ou défendre ?
L’attaque. Je ne suis pas … Ou en tout cas, moins douée lorsqu’il s’agit de protéger les autres.
]C’t’un point de vue. Mais ça tombe bien. Vos pouvoirs, déjà ?
De ce que j’ai récupéré … Elle haussa les épaules. Métamorphose partielle … Vitesse et agilité bien au-dela de la normale … Et je peux me rendre invisible.
… C’est parfait, ça … Très bien. J’avais juste un doute, mais … J’vais vous présenter à un collègue.

Faisant de nouveau signe à l’elfe de brume de le suivre, l’officier sortit une grosse clef du trousseau qu’il avait à la ceinture, et ouvrit une lourde porte, plusieurs fois renforcée, avant de rentrer dans un couloir. La blonde réalisa immédiatement qu’ils étaient dans les geôles en le suivant … Du moins, une partie qu’elle ne connaissait pas. De façon surprenante, il n’y avait pas un chat : personne derrière les barreaux. En une ou deux minutes à peine, ils arrivèrent à une… Cellule. Ouverte. L’endroit était éclairé, à la fois par une lampe à huile posée sur une large table de bois, et également par une ou deux torches allumées. Un homme était penché sur la table, deux gros volumes ouverts à portée de regard, une carte de l’autre côté, et un document sous la main. Sa plume cessa cependant tout de suite de gratter la page lorsque le duo arriva à portée de regard, et le soldat qui conduisait Valentine s’inclina légèrement devant l’individu. N’étant pas contrainte au même formalisme, la traqueuse décida néanmoins d’éviter d’apparaître trop familière : plutôt que de se poser contre un des murs avec bras et jambes croisés, elle passa ses avant-bras pour les croiser dans le dos, et resta plutôt droite pour jauger le nouvel individu du regard. Ce dernier semblait encore relativement jeune, mais ses yeux durs et la mèche de cheveux blanchis sur sa tempe renvoyaient un message contraire. Se levant de sa chaise, et sortant de la cellule, l’homme tendit une main ferme à l’officier, qui la serra sans hésiter, puis vers la blonde. Cette dernière ne prit même pas réellement le temps de réfléchir avant d’en faire de même.

Et bien, Matsuo. Qui est cette jeune femme ?
Une élue, mon capitaine. Valentine Weathley. Je pense qu’elle pourrait vous être utile dans la mission dont vous m’en avez parlé.
Vraiment ? J’en serais ravi. Tu peux disposer.

L’officier fit un bref salut, avant de faire demi-tour et de retourner vers la surface … L’hybride, incertaine, l’observa un instant, avant de se tourner vers l’homme. Ce dernier l’observait sans trop s’en cacher, mais elle se doutait que les observations en question n’étaient pas tendancieuses … Et de toute manière, vue sa tenue, il n’y avait pas grand-chose à voir. Entre ses jambes, elle sentit son compagnon se frotter à ses chevilles pour quémander quelque peu son attention, mais elle ne l’observa qu’un instant à peine avant de revenir au minshujin, qui pourtant nota la scène avec amusement.

Une mission, donc ?
Mh. Le hochement de tête de l’homme confirma la question, alors qu’il se retournait pour poser le doigt sur un point de la carte. La traqueuse s’approcha pour l’observer : il s’agissait d’un port, non loin de la rivière glacée et de la mer … Tout au nord de Fuyu. Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais notre nation, de même que les deux autres, ont décrété que le temps d’engager de véritables offensives étaient lancées.
Oh. Et vous pensez envoyer une attaque à cet endroit précis ?
Pas une attaque. Une personne. Le haussement de sourcils de la blonde fit sourire le soldat, qui confirma ses paroles d’un hochement de tête avant de reprendre.Mais j’aurais dû m’introduire d’abord. Capitaine Tazuma. En dépit de mon âge, je suis en phase de passer commandant de l’armée de Minshu, mais pour cela, il me faudrait quelque chose pour me démarquer des autres prétendants à ce genre de postes.
Comme une action d’éclat.
Comme une action d’éclat. Une bonne partie des affectations de soldats aux différentes villes fuyujins pour les défendre en cas de conflit a été déterminée bien avant cette guerre en particulier, mais bien sûr, il faut s’adapter au contexte, qui est à chaque guerre légèrement différent ... Je sais de source sûre qu’une bonne partie des opérations et mouvements de troupes a venir a été planifiée à cet endroit, et leurs cartes, plans et ordres écrits doivent encore pour la plupart s’y trouver. J’aurais besoin de quelqu’un pour se rendre à cet endroit, et y récupérer les informations qui s’y trouve et pourrait nous servir.
Je vois … ça fait une sacrée balade dans Fuyu, par contre, avant d’y arriver.
J’ai une solution toute trouvée pour cela. Le bateau.
Les voies maritimes ne seront pas surveillées ?
Certaines personnes ont leurs … « chemins détournés », disons.
La blonde eut un sourire, satisfaite de constater qu’elle voyait enfin une faille dans ce masque de soldat parfait. Vous voulez me faire rentrer à Fuyu sur un navire pirate ?
Un navire de contrebandiers, en réalité. Ne vous en faites pas … Il s’agit d’hommes ayant ma pleine et entière confiance.
Bon … Mais il y a un plan, une fois que je suis sur place ? Je veux dire, le but n’est pas simplement que je me rende là-bas, et me débrouille par moi-même, n’est-ce pas ?
Non. Nous avons justement une opportunité qui va grandement vous faciliter la tâche … Récement, un homme que j’ai infiltré là-bas m’a informé que la personne en charge de ce fortin doit lui-même attendre la venue d’un élu Fuyujin …Sauf que ce dernier, capricieux, a décidé qu’il se rendrait sur place à pied. Il se déplace rapidement, mais prend tout de même son temps pour le trajet … Normalement, il n’arrivera pas avant le début du mois prochain. C’est là que vous entrez en jeu. Vous vous présentez au bon moment en prétendant être cet élu aux gardes de la forteresse, vous vous arrangez pour leur fausser compagnie, et vous tentez de dénicher quoi que ce soit qui puisse nous être utile. Avant, bien sûr, de nous revenir en un seul morceau …
… ça sonne risqué, comme histoire. Et je pensais conduire une attaque, pas une infiltration …
Vous ne vous sentez pas à la hauteur?
L’hybride eut un petit sourire, et se frotta un peu le dessous du nez avec le dos d’un doigt. Mh … Vous avez dit que le Fuyujin prenait son temps ? C’est maigre, comme garanti d’avoir de l’avance … Autant ne pas trop prendre de retard avant le départ, si on veut être sûrs que je puisse bien l’usurper.
C’est une réponse que j’apprécie d’entendre. Je rédige sur-le-champ le document que vous devrez présenter à mes … « collaborateurs » contrebandiers, ainsi qu’aux personnes que vous irez voir en Fuyu et qui sont de notre côté … Ou du moins, pas de celui de notre ennemi. J’aurais aussi des instructions à transmettre magiquement … et pour ça, je préfèrerais en apprendre encore un peu plus sur vous, aussi.


Dernière édition par Valentine W. le Dim 28 Mai 2017, 01:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: évoluer dans les ombres   évoluer dans les ombres EmptySam 13 Mai 2017, 21:02

Vous devriez retirer vos piercings.
Hmm ?
Vos piercings. Vous devriez les retirer.

L’elfe de brume se retourna, et observa le matelos qui se trouvait assit sur un tonneau, non loin derrière elle. Presque deux semaines de voyage, et elle ne parvenait pas à se souvenir de son nom … Elle lui avait demandé, mais ne le retenait pas. Tout le monde à bord l’appelait « Skwik ». Elle avait compris pourquoi en le voyant jeter un couteau sur un rat et le clouer net contre la paroi. Il jouait d’ailleurs à l’instant avec le même couteau, mais « heureusement », à peu près tout le monde dans l’équipage lui avait confirmé qu’il n’était pas du genre à agir impulsivement et faire n’importe quoi. En attendant, cela n’empêchait pas la traqueuse, qui était en train de chausser des bottes bien plus épaisses que celles dont elle avait l’habitude, de se demander ce qu’il voulait dire par là.

Pourquoi, si je puis me permettre ?
Le froid. Z’êtes restée dans votre cabine ces que’que derniers jours, donc v’pouvez pas trop vous en rendre compte, mais ça gèle dehors. Si vous gardez des trucs en métal dans le nez et les lèvres, z’allez avoir des bouts de peau qui vont tomber dans peu d’temps, et p’tet même avant.
Oh … c’est vrai … Mh … La semi vampire tira une moue alors qu’elle se redressait, testant un peu le confort de ses pieds, avant de se tourner vers un morceau de miroir accroché à la paroi. ça m’embête un peu … je ne suis pas supposée les retirer.
Religion, ou un truc du genre ?
Mhhh, non, pas vraiment. C’est une longue histoire.
Et bien longue histoire ou pas, j’espère que z’avez le choix, parce que vous feriez mieux de les garder dans une poche jusqu’à ce que vous reveniez à Minshu.
Bon, bon … tiens, ça me donne une idée.
Du style ?
Et bien … Je pensais changer ma couleur de cheveux et d’yeux, une fois là-bas … On m’a dit que l’élu avait les pupilles rouges et les cheveux noirs, donc autant correspondre à cette description … Mais en prime … Chez moi, personne ne connaît mon faciès … Lentement, la traqueuse leva les mains, les glissant sous sa chevelure pour défaire le masque de tissus qui lui recouvrait la bouche, et le dé-serrer jusqu’à ce qu’il ne tombe sur son cou, révélant tout son visage. Mais chez l’ennemi, j’explose tous mes traits ? Ce serait plutôt inédit ça, non ?
… Vous allez changer de couleur de cheveux et d’yeux ?

La traqueuse eut un petit sourire amusé à cette réflexion, et garda le coin des lèvres relevé alors qu’elle s’observait dans la glace. Soupirant lentement par le nez, elle se concentra, fouillant dans ses souvenirs … Contrairement à ses griffes, qui étaient presque devenues une « seconde forme » pour ses mains, elle n’était pas capable de transformer n’importe quoi en n’importe quoi chez elle : elle avait besoin d’un modèle, de quelque chose à quoi se raccrocher … Et elle devait prendre beaucoup plus de temps pour trouver ce genre de choses. Laissant son esprit plonger dans ses souvenirs et les fouiller, elle laissa des dizaines, des centaines d’images lui défiler fictivement devant les yeux … Et n’en retint, au passage, que deux. La première fut un des souvenirs les plus récents qu’elle avait de la cadette de sa fratrie, Isma. Cette dernière avait un visage plus anguleux que son aînée : plus lisse et uniforme, également. « Beau », selon bien des standards. Mais ce n’était pas ses traits que Valentine voulait emprunter à sa benjamine. Isma était, comme quelques rares elfes, dotée de deux choses particulièrement intrigantes, par moments … Deux prunelles dont l’éclat était pareil à celui du rubis. La traqueuse ne se concentra que sur ces deux points écarlates, que sur cette teinte qu’elle voulait voir ses iris adopter. Il fallut quelques secondes, mais le changement de pigmentation se fit : l’or se fit cramoisi, alors que le marin derrière, qui observait la scène via le miroir, lâcha un léger hoquet de stupéfaction.

Pourtant, la métamorphose ne s’arrêtait pas là. La seconde image qui se figea dans l’esprit de la blonde fut celle d’un corbeau, qui un jour était venu se percher sur le rebord de fenêtre de la chambre d’auberge qu’elle occupait. Prendre la teinte de ses plumes pour modifier celle de sa chevelure pouvait sembler farfelu, mais c’était peut-être un des noirs les plus profonds qu’elle avait vu sur un être vivant. Et à contre-jour sur un ciel d’orage, l’animal lui avait paru comme découpé dans le ciel, capable d’absorber absolument toute trace de lumière. Ce fut cette fois de la racine de ses cheveux que partit la coloration, qui se fit en quelques instants jusqu’à ses pointes … Lorsque la blonde reprit de plein pied conscience dans la réalité, elle pencha la tête sur le côté, observant le résultat. La transformation était quasiment parfaite … à part peut-être la naissance d’une mèche, sur le devant. Retirant ses bijoux de sa lèvre et de sa narine, et les rangeant dans une poche de sa chemise, elle soupira un peu en secouant la tête … Et laissa brusquement ses couleurs naturelles revenir, sous les yeux du marin qui avait totalement cessé de jouer avec son couteau.

Pô croyable … Z’avez vraiment des pouvoirs, vous aut’ les élus.
Mhh. Je me transformerais « pour de bon » une fois que j’aurais changé de tenue, je suppose. Je préfère me faire passer pour une simple voyageuse, pour mon passage en ville … Dans combien de temps nous arrivons, déjà ?
Une dizaine de minutes, je dirais. Pas grand-chose.
Bien … Je ne sais pas si j’aurais tenue encore bien longtemps enfermée.

« Skwik » opina sans répondre, avant de finalement descendre du tonneau sur lequel il avait passé la dernière heure, et de s’engager dans l’escalier qui remontait au pont principal. La traqueuse n’utilisait pas vraiment un terme juste en disant qu’elle avait été « enfermée » durant tout le séjour : c’était à la fois pour elle un mélange de besoin et de volonté que de ne pas s’exposer à la lumière du jour. Un besoin, car elle ne devait surtout pas être vue : sa présence sur le bateau était restée indétectée des personnes extérieures à l’équipage durant toute la traversé, afin qu’on ne puisse même pas penser qu’une élue Minshujin se retrouvait en Fuyu. Volonté, car la blonde aurait pu, en usant de son pas de brume, sortir prendre l’air sans prendre le risque d’être vue par un autre navire quelconque, mais elle s’était refusée à ce genre de méthodes, qui avaient un quelque chose de désagréable. De plus, la côte n’était pas réellement quelque chose de très intéressant à regarder : elle avait préféré passer son temps au chaud, à l’intérieur. Même si, comme l’avait martelé le capitaine du navire, ce dernier pouvait voyager à près de 15 nœuds en vitesse de croisière, et ce sur des durées plus longues que les navires marchands classiques, les 15 jours en bateau avaient semblé longs … Et en prime, elle était partie sans la moindre de ses affaires, à l’exception d’un ou deux objets : son tanto, et une lourde seringue, dans laquelle se trouvait un produit anesthésiant qui pourrait lui servir. Le reste ? Laissées à Kansei, « en sécurité ». Tsss, l’excuse était bien belle.

Heureusement, on lui prêtait une tenue adaptée au froid le temps du voyage, qu’elle enfilait complètement maintenant qu’elle était seule, et sur place, le capitaine Tazuma lui en avait fait fabriquer une autre. La chasseuse avait dans un premier temps refusé l’offre, mais au final, elle s’était laissé convaincre. C’était partiellement pour le bien de sa mission, après tout … Lorsqu’elle avait entendu les ordres être donnés pour que le navire n’accoste, elle s’était silencieusement préparée à une petite visite de formalité. Fidèle à sa parole, le capitaine descendit finalement l’escalier et observa l’elfe de brume, qui vérifiait que son manteau était bien fermé. Baillant un peu de fatigue, il fouilla sa veste, et en sortit un cylindre métallique, qu’il lui tendit.

Une carte de la région. Le fort n’est pas vraiment mis en valeur, pour des raisons évidentes. Vous avez également une copie de la lettre d’invitation du commandant de la base … Il saura probablement discerner ce faux de l’originale s’il a l’occasion de l’étudier en détail, mais pour moi qui ai pu avoir les deux en main, c’est une belle copie.
Merci. Je me rends bien à l’auberge de la baie du port, n’est-ce pas ?
Celle-là même. Vous vous faites reconnaître par le tavernier, il vous fournira le matériel. Partant de là … Vous ne devriez pas avoir trop de mal à rejoindre la place forte. Sauf si une tempête se lève …
Vous m’attendrez combien de temps, au juste ?
24 heures. C’est court … Surtout sachant qu’il vous en faudra déjà plusieurs pour arriver au fort. Mais nous ne pouvons pas nous permettre d’éveiller les soupçons … Et un pot de vin a peut-être pu nous acheter une place dans le port pour quelques heures, mais ce serait trop risqué de pousser notre chance.
Je peux comprendre … bon. Je vais me mettre en route. Oor’ … ka…
Quelque chose ne va pas ?
… Ce n’est rien, lâcha l’hybride sur un ton amer. Commençant d’ors et déjà à s’envelopper dans les brumes dans lesquelles elle allait disparaître, la traqueuse se mit en marche avec un soupire. Juste une vieille habitude.

Le capitaine lui souhaita bonne chance, mais vu son air, il ne savait déjà clairement plus si la personne à laquelle il s’adressait était là ou pas. Ça n’avait rien de surprenant pour l’hybride, qui percevait déjà le monde dans ce mélange de noirs, blancs et gris si particuliers qui accompagnait chaque passage dans le plan des fumerolles. Evitant de percuter qui que ce soit en montant sur le pont, puis en descendant à terre, la chasseuse de monstres réalisa seulement au bout de quelques instants à quel point l’air, particulièrement sec malgré la proximité de la mer, était frais. Resserrant son col, elle s’engagea le long du ponton, pour finalement arriver dans le port … Il lui fallut quelques minutes pour trouver une ruelle où elle pouvait sortir du pas de brume avec la certitude que personne ne l’avait vu apparaître.

Elle regrettait la présence de son compagnon. Ce dernier n’avait beau être qu’un quadrupède encore jeune et impulsif, il avait tout de même pour lui cette présence chaleureuse et réconfortante … Privée de lui, la blonde avait subitement l’impression de se retrouver avec une immensité de temps libre sur les bras, qu’elle n’aurait su occuper. Mais elle n’avait d’un autre côté pas eu le choix : si elle voulait que sa mission se déroule sans accrocs, amener l’animal avec elle sur un si grand voyage était bien plus un risque qu’un bénéfice. Elle ne le contrôlait pas à 100%, et ne pouvait pas se permettre qu’il soit blessé ou qu’il ne cause problème : en cas de fuite, même s’il courrait normalement plus vite qu’elle, il la ralentirait probablement d’une manière ou d’une autre … Des excuses, qu’elle avait eu de très longues heures pour se répéter. Et plus elle les répétait, plus elles lui semblaient justifiées. Et plus cette vérité simple lui apparaissait, plus elle se détestait d’avoir permis leur séparation. Elle n’avait cependant pas simplement attaché l’animal à un poteau dans l’espoir qu’il ne la suive pas : elle l’avait confié au soldat Itachi, qui avait eu pour mission de l’accompagner jusqu’à son embarcation. Le temps qu’ils avaient passé à trois, durant le voyage, avait probablement permit à l’animal de tisser un lien de confiance avec son « maître temporaire » … du moins, la blonde l’espérait-elle. Elle n’avait pas envie de rentrer à Minshu pour apprendre qu’Itachi était gravement blessé, et Oor’ka, abattu ou en fuite. Si elle rentrait … Cette pensée lui serra le cœur sans qu’elle en sache la raison. Puis, elle cessa d’avancer, levant les yeux.

Elle était arrivée à l’auberge.
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MessageSujet: Re: évoluer dans les ombres   évoluer dans les ombres EmptySam 13 Mai 2017, 21:03

La traqueuse hésita quelque peu avant d’entrer … Regardant une nouvelle fois l’enseigne, elle se confirma à elle-même, pour la 3ème fois de suite, que c’était bien le lieu où elle devait se rendre. Pourtant, elle n’était pas pressée de rentrer. Timidité ? Pas du tout. Mais assez d’appréhensions à l’idée de chercher à « reconnaître » un parfait inconnu, et faire en sorte qu’il en fasse de même, dans un lieu où elle n’était pas en sécurité. Ça avait probablement trente moyens différents de mal tourner … Et si ça « tournait mal », elle n’envisageait que le pire. Pourtant, elle n’avait pas tant de raisons que cela de craindre … Elle était là où elle devait être, au moment où elle devait s’y rendre, avec des instructions précises et une bonne idée de la suite des opérations. C’était ridicule d’hésiter ainsi. Soupirant, elle se tourna vers la porte … Et se recula pour ne pas se la prendre en plein visage. Un homme, visiblement pressé, sortit en renfilant un épais bonnet de laine : il s’excusa à peine en lui passant à côté. Laissant filer, la blonde soupira en tenant la porte d’une main … Et finit par entrer dans le bâtiment. Comme quoi, il suffisait de se lancer.

L’endroit , même si c’était idiot à dire, respirait une odeur d’auberge. Un peu de nourriture du dîner qui avait été servi il y a peu, le tabac que fumaient certains, des vapeurs d’alcool, de la sueur d’homme, et le doux parfum du bois qui se consume lentement dans une cheminée. La blonde se sentit presque instinctivement à l’aise : elle avait plus l’habitude de ce genre d’endroits que d’un véritable foyer, après tout. Pourtant, elle sentit très rapidement que l’ambiance n’était pas vraiment des plus joyeuses : les mines étaient renfrognées, les rires un peu rares, et il y avait moins de monde que ce qu’aurait pu accueillir la salle lors d’une soirée « normale ». La blonde se souvint assez rapidement de la forte militarisation du pays où elle se trouvait : une grande partie de la population devait être dans l’armée … Enfin, ce n’était pas vraiment son problème à elle. Ou plutôt, ça l’était, mais pour plus tard. S’approchant du comptoir, elle vit une jeune femme en train d’y nettoyer des choppes, et … personne d’autre, du côté opposé à celui de la clientèle. Ça, déjà, c’était un peu plus problématique : on lui avait parlé « d’un patron », pas « d’une patronne ». Or, elle était bien dans le bon bâtiment, même si l’envie de vérifier lui vint à l’esprit. Cependant, en observant la jeune rousse, elle nota que cette dernière était bien jeune, pour une tenancière … Et malgré la largeur de ses épaules et son air visiblement un peu bourru, elle n’aurait probablement jamais réussi à créer cet endroit de ses mains. Donc … Peut-être que l’hybride cherchait son mari ? L’idée n’était pas si incongrue, en soi. Ou peut-être que c’était elle, « le patron », et que la chasseuse était idiote d’avoir des aprioris sexistes de ce style, mais le temps lui avait enseigné que la place des femmes était bien souvent moins enviable que celle des hommes … Enfin. Coupant court à ces réflexions, elle s’approcha finalement assez prêt pour que la demoiselle ne vienne la voir, en posant son verre désormais propre derrière le comptoir.

Ce sera ?
Bonjour … Est-ce que le patron pourrait me faire voir les chambre ?
… Pardon ?
Aie. J’aimerais visiter les chambres de votre établissement avec son dirigeant : serait-ce possible ? C’est vous ?
M’nope. Un point pour le sexisme. Attendez ici, j’vais vous l’chercher … Tsss, ces nobles.

La réflexion aurait probablement dû être dite plus bas, mais au fond, ni la serveuse, ni Valentine n’en avaient quoi que ce soit à faire. Regardant la rousse s’éloigner et passer par une porte de service, la chasseuse souffla un peu dans ses mains, fermant les yeux. Ce code était idiot. Jamais personne ne demande à ce qu’on lui fasse visiter les chambres. Et pourtant, c’était justement pour ça qu’un tel moyen de se reconnaître avait été mis en place entre la traqueuse et l’aubergiste : ce dernier n’avait pratiquement aucune chance de trouver un autre client qui lui fasse une demande de ce genre. Détail intéressant : l’elfe de brume avait enfin, grâce à la petite discussion avec la jeune femme, remarqué à quel point les gens du coin semblaient avoir un accent prononcé. Tout le monde parlait la même langue en Kosaten, mais comme partout, garder rigoureusement le même langage dans toutes les zones du continent n’était pas chose aisée. La traqueuse ne s’étant jamais vraiment rendu en Fuyu, elle ne pouvait pas réellement prétendre connaître le phénomène … le constater était amusant. Elle voyait mal son rapport avec la noblesse, par contre. Peut-être le fait que ses vêtements étaient neufs ? Le vocabulaire qu’elle avait employé instinctivement ? La demande étrange d’entrée de jeu ? Ses traits qui n’étaient pas le moins du monde marqués par le soleil, signe qu’elle n’était pas une paysanne ou une personne de basse extraction travaillant en extérieur ? Bon, si, elle voyait. La rousse revint finalement avec un vieil homme un peu voûté et chauve, qui l’observa avec des yeux de rapaces à peu près dès qu’elle fut dans son champs de vision. Elle lui rendit cependant son regard sans grande considération, peu impressionnée par quelqu’un incapable de se tenir debout sans l’aide d’une cane : c’était en tout cas l’impression qu’il laissait. La jeune rousse chuchota quelques mots aux oreilles de l’homme, qui fronça les sourcils … Avant de secouer la tête. Il passa de l’autre côté du bar, se dirigeant vers l’escalier menant à l’étage.

… heum … Bonjour ?
Non, au revoir., répondit l’ancien alors qu’il arrivait à côté d’elle. La réponse ressemblait à une plaisanterie : le ton laissait très clairement entendre que ce n’en était pas une.
Heum … Pardon ? Vous n’êtes pas venu pour … ce que je vous ai demandé ?
Non. Ma fille m’a rappelé que quelques pièces vacantes avaient encore besoin d’être nettoyées. Quant à votre requête loufoque, allez la poser ailleurs. Alors qu’il la regardait avec des yeux toujours aussi minces, elle distingua ses lèvres articuler le mot « fenêtre » en silence, avant qu’il ne reprenne. Maintenant sortez d’ici.

La traqueuse resta sous le choc pendant un instant. Ce n’était pas la première fois qu’on refusait d’accéder à une de ses demandes : il n’y avait en revanche pas vraiment de précédent à la situation dans laquelle ce refus la plaçait. Elle ne pouvait pas lui répondre qui elle était vraiment, pas plus que d’essayer d’engager discrètement la conversation : pas dans la salle pleine de monde … qui les regardait, d’ailleurs. Elle entendit une voix grave derrière elle demander au « papy » qui tenait l’auberge s’il avait besoin d’un coup de main pour cette visiteuse gênante : l’ancien répliqua avec sècheresse qu’il y aurait une canicule sur le port bien avant qu’il ait besoin d’un videur, « et surtout d’un avec une telle ardoise ». Finissant par se résigner, la traqueuse se détourna sans un mot, et poussa la porte d’entrée pour ressortir dans la nuit et la neige.
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MessageSujet: Re: évoluer dans les ombres   évoluer dans les ombres EmptySam 13 Mai 2017, 21:03

Les flocons, qui chutaient depuis l’arrivée du navire au port, étaient de plus en plus nombreux, portés par des vents presque violents. Après la chaleur réconfortante de l’auberge, ce froid était au mieux malvenu. Pas bien étonnant que les fuyujins rêvassent de conquérir d’autres terres. Levant les yeux dans le ciel particulièrement sombre, la blonde laissa un, deux flocons de neige tomber sur sa peau, et y rester en place pendant quelques instants. Elle finit par les chasser du dos de la main, les envoyant sur le pavé où ils fondirent dans l’instant, avant de se tourner vers l’enseigne. « Auberge de la baie du port ». Elle était livrée à elle-même, seule, dans un des coins les plus reculés du territoire ennemi, et le seul repère qu’on lui avait donné venait de partir en fumée. Elle pouvait toujours se rendre au fort en l’état … non. C’était bien trop stupide de laisser tomber l’affaire de telle façon. Faisant quelques pas presser pour s’isoler dans une ruelle déserte, elle se volatilisa dans les brumes en un instant. Faisant un demi-tour direct, elle suivit un homme, qui justement rentrait dans l’auberge dont elle sortait. N’attendant pas qu’on la repère, elle se dirigea vers l’escalier sans accorder un regard à la salle, monta les marches de bois le plus silencieusement possible, jusqu’à l’étage. Un couloir, avec une rangée de 5 paires de portes environ : l’une d’elles était ouverte. Se dirigeant presque aussitôt vers celle-ci, elle jeta un œil à l’intérieur : bingo, le vieil homme était là … devant la fenêtre ouverte, de l’autre côté de la salle. Rentrant, et fermant derrière elle, l’hybride marcha jusqu’à lui, et lui tapa sur l’épaule. Lorsqu’il se retourna pour faire face à un apparent vide, elle rompit le pas de brume, redevenant visible alors qu’elle lui saisissait le col pour le soulever du sol, rapprocher son visage du sien à l’extrême avec des yeux plissés.

Vous avez 5 secondes pour vous expliquer. Gueulez et je vous égorge.
Eh … He beh … J’attendais que vous rentriez par la fenêtre, moi …

La phrase, qui était lâchée avec un mélange un peu intrigant de stupeur et de fermeté, fit s’évanouir la colère de l’hybride, qui le laissa toucher à nouveau terre sans totalement le lâcher pour autant. Ce fut à vrai dire l’ancien lui-même qui se libéra, chassant d’un revers de la main celle qui lui tenait le col.

Z’avez la lettre ?
Signée par le capitaine … comme ce qui était convenu.
L’hybride lui tendit le morceau de papier, qu’il chassa sans y jeter un œil. Pas la peine de vous énerver, c’était de la comédie, en bas. V’z’avez fermé ?
La traqueuse, qui laissa ses bras retomber le long de son corps, soupira. Pas verrouillé.
Faites-le. Moi je vais clore cette fenêtre … ça commence déjà un peu trop à tomber à mon goût.

Elle exécuta son ordre sans vraiment se plaindre. D’un point de vue totalement objectif, il avait agi de la bonne manière : en lui demandant publiquement de sortir, tout le monde à l’auberge pouvait attester qu’il n’avait en aucun cas hébergé, ou gardé chez lui trop longtemps, toute nouvelle figure qui avait cherché l’hospitalité … Et une nouvelle figure, dans un endroit aussi reculé, ça se remarquait probablement assez vite. Tournant la clef dans la serrure – elle y était déjà présente – la chasseuse se retourna, pour trouver l’aubergiste en train de tirer une caisse du placard de la chambre. Elle aurait pu l’aider … Mais se ravisa. Elle avait toutes ses chances de se faire envoyer paître, vu le caractère apparent du papi. Et pour ce qu’elle-même avait envie de filer un coup de main à l’ancêtre… Ce dernier finit par poser le lourd objet de bois au milieu de la pièce, et en ouvrit le loquet avec une clef sortie de sa poche, révélant son contenu. Une veste, qu’il saisit et lança sur le lit. Elle allait visiblement de pair avec des bottes et un pantalon, qui sortaient de l’ordinaire. Une corde et un genre de grappin. Quelques provisions séchées. Une épée courte et son fourreau. La blonde observa l’ensemble avec un mélange d’intérêt et de perplexité.

Tout est pour moi ?
Bien sûr. Comme Tazuna a demandé. Le vôtre, hein. Enfilez la veste, histoire qu’on voit si elle vous va.

S’exécutant sans vraiment répondre, l’hybride souleva le lourd manteau de cuir après avoir retiré celui qu’elle portait déjà, et l’observa une seconde avant de passer les bras dedans. A l’image du sien, elle le sentit lorsqu’elle passa ses bras à l’intérieur, les avant-bras étaient renforcés : quelque chose sous le cuir tanné empêchaient les manches de se plier naturellement, mais heureusement n’entravait en rien les mouvements des bras. La veste, presque entièrement noire, disposait également de deux plaques de métal courbes au niveau des épaules : ces dernières donnaient au vêtement un aspect étrange, et contrastait fortement en tout cas avec le reste. La doublure interne était probablement assez chaude pour l’extérieur, mais pour l’instant, elle n’en ressentait aucun inconfort … Elle était juste un peu chatouillée, dans la nuque, par le « col » de fourrure épaisse. Le tavernier ricana en hochant la tête, visiblement satisfait de la voir tendre les bras pour trouver les manches à la bonne longueur.

Le capitaine a été très précis … L’ami qui m’a fait cette commande-là en était assez gré, d’ailleurs.
Je dois avouer que je me suis posé des questions quand il m’a demandé des mensurations exactes … Contente de voir que l’info a servi à quelque chose.
C’n’est pas étonnant, ça. Que ça vous paraisse étrange. Enfin … Vous ne pouvez pas voir, mais l’emblème de Long a été brodé dans le dos dans du fil bleu. Evitez de mettre ça chez vous, donc … Et le cuir a été doublé ou renforcé à plusieurs endroits sur les bras. Les mitaines sont dans une des poches, il me semble. Le pantalon et les bottes ne sont pas bien différents de ce que vous portez déjà, si ce n’est que le pantalon possède aussi des renforts de cuir sur les cuisses, et que les bottes sont tout de même un peu plus pratiques pour courir que ces trucs que vous portez actuellement.
La semi-vampire sortait justement les mitaines dont on lui parlait un peu plus tôt, et en passait une pour l’étudier du regard. Et l’ensemble est accordé …
Et l’ensemble est accordé. Mais ça, libre à vous, hein. Pareil pour le reste. Si vous pensez que c’est pas utile …
ça sonne comme l’étant. Tapotant une poche avec une de ses mains, la traqueuse fixa le vide un instant, avant de glisser une main dans un repli … Et d’extirper un couteau. L’arme avait à vrai dire plus le profil d’une dague à tranchant unique, dont la base de la lame était, du côté non coupant, dentelée. Le manche, comme tout le reste, était noir. Hun. Jolie. Et bien équilibrée. Si je n’avais pas déjà une autre lame …

Alors qu’elle rangeait l’arme dans la part de son manteau où elle était originellement dissimulée, la vampire ne put s’empêcher de ressentir un genre particulier d’excitation … celui d’un enfant à qui on offre de nouveaux outils pour ses cours. Pas de nouveaux jouets, car elle ne comptait pas s’amuser avec ces armes et cette tenue … Mais tout de même. Remuant, elle constata avec un peu d’amusement que l’arme n’entravait en rien ses mouvements, ce qui était aux antipodes d’une mauvaise chose. Le fait que la quasi-totalité de l’équipement soit plus ou moins customisé grisait un peu la blonde, qui se saisit de l’épée pour la tenir devant elle, faire quelques moulinets dans le vide avec. Légère. Agréable en main. Elle ne ferait pas semblant de jauger la qualité de la lame pour voir si cette dernière semblait assez tranchante : elle n’était pas, pour des raisons évidentes, expertes en armes, et savoir qu’elle la manierait facilement lui suffisait bien assez. La rangeant, et accrochant le ceinturon au-dessus de ses hanches, elle hocha la tête pour acquiescer alors qu’elle inspectait le reste de ce qu’on lui confiait … Sortant un sac du fond de la caisse, le vieil homme lui lança sans plus de cérémonie. Elle l’attrapa au vol, et eut un sourire : enfin un élément « normal » dans la panoplie … Même s’il semblait robuste et capable de contenir pas mal de fourbis, ce qui était toujours une bonne chose.

Bon, bah … Si tout vous va … Je range cette boite dans la penderie … Et je vais inspecter les autres chambres. Vous … Repartez comme vous êtes venue. Il vous faut autre.. oaauw.

Pendant que l’ancien parlait, la blonde avait fermé les yeux pour se concentrer quelques instants … Et en l’espace de ces derniers, ses cheveux avaient de nouveau repris une teinte noir de jais des racines jusqu’aux pointes, tandis que ses iris, lorsqu’elle releva les paupières, irradiaient d’un rouge surnaturel. Le vieil homme, qui avait visiblement été pris de cours, déglutit avant de pointer la porte. L’hybride, finissant de ranger ses affaires dans le sac qu’on lui avait confié, leva ce dernier pour le poser sur son épaule et hocha la tête. Des brumes commencèrent à virevolter autour de ses pieds, tandis que le tenancier sortait de la pièce, moins assuré qu’auparavant. Lorsque, dans le couloir, il se retourna vers la pièce pour voir s’il pouvait clore la porte, il ne discerna plus personne. Plus de sac, non plus : la chambre était vide, prête à louer. Il resta un instant fixe, hésitant à appeler. Une voix faible et légèrement déformée lui lâcha un « C’est bon. » chuchoté, alors qu’un souffle d’air frai et humide lui passait à côté, puis se volatilisait. Suivant le conseil, il tira la porte à lui … Et fit tourner la clef dans la serrure.
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MessageSujet: Re: évoluer dans les ombres   évoluer dans les ombres EmptySam 13 Mai 2017, 21:04

La paisible chute de neige qu’elle avait constaté à son arrivée s’était définitivement muée en quelque chose de beaucoup plus violent, et à l’eau cristallisée venaient s’ajouter des vents particulièrement froids, ainsi que la fonte de flocons tombé un peu plus tôt, qui aidait d’autant plus à mieux ressentir le froid. Pourtant, la semi-vampire n’en était pas tant que cela incommodée. Ca ne tenait pas seulement à sa nature d’hybride de corruption, qui l’éloignait énormément de l’individu « lambda » sur beaucoup de points, qu’il s’agisse de la faim, de la soif, du sommeil ou même de la température corporelle. Non, clairement, cette veste, ce pantalon et ces bottes étaient tout ce qu’il y avait de plus capables, lorsqu’il s’agissait de retenir la chaleur. Elle ne l’aurait pas suspecté dans la chambre de l’auberge, dans la mesure où elle n’avait pas eu trop chaud là-bas, mais à l’heure actuelle, la température n’était inconfortable que pour son visage et ses oreilles, qu’elle tentait en vain de dissimuler dans sa chevelure dans l’espoir qu’elle y aurait un semblant de protection aux bourrasques. C’était quelque peu une cause perdue, mais au moins, elle valait la peine qu’on se batte pour. S’abritant derrière une maison pour sortir de son sac le cylindre de métal, elle en tira le plan de la région, sur lequel elle mit quelques instants à remarquer le fort : ce dernier était là de base, personne n’avait eu à le rajouter. Localisant également la ville où elle se trouvait, la traqueuse eut le « plaisir » d’apprendre qu’elle en était quitte pour environ 6 ou 7 kilomètres de marche. Le faire sous cette météo était bien plus dérangeant que le trajet en elle-même, qu’elle effectuerai probablement en deux, trois heures de marches au plus. Si elle ne glissait pas sur une plaque de verglas au milieu de la route … enfin, il y avait somme toute assez peu de chances. Enfin, si, il était probable qu’elle en trouve une, mais elle comptait sur son attention, son sens de l’équilibre et ses réflexes pour éviter le pire. Après tout, elle avait … enfin. Etait-ce vraiment le moment de songer à des questions aussi futiles ?

Roulant de nouveau le morceau de cuir pour le ranger à sa place, elle fourra ses mains dans ses poches, inspira quelque peu, et se mit en marche dans les rues. Bientôt, ces dernières se firent de moins en moins bien pavées et régulières, et les maisons se raréfièrent alors qu’elle sortait progressivement de la zone urbaine, ne mettant que quelques minutes à se trouver à proprement parler en rase campagne. Le ciel, noir tacheté d’une fine et rapide pluie blanche et solide, ne laissait pas voir beaucoup de lumière, mais elle y voyait presque plus nettement qu’en plein jour, et n’était nullement dérangée par l’heure ou la météo, sur ce point. Sentant des galets rouler sous ses pieds à chaque pas, l’hybride de corruption se prépara à ce à quoi elle allait faire face … Et à ce qu’elle-même allait devoir simuler d’être. Une élue fuyujin, rien que ça. Sur son monde d’origine, elle n’avait pas voulu se mêler de trop près à la grande guerre qui avait éclaté un demi-siècle plus tôt. Mais même si elle avait pris le parti de la griffe elfique, elle aurait quand même eu du mal à se prétendre humaine pour pouvoir les infiltrer. Ici, les choses étaient différentes. Pouvait-elle dire qu’elle se sentait réellement patriote ? Non. Mais la marque dans son dos l’empêchait de jouer la carte de la neutralité, chose qu’elle dépréciait, mais acceptait. On ne lui donnait pas le choix ? Bon, tant pis, autant s’y plier … Et se préparer au pire.

Conformément à ce qu’elle avait estimé, elle arriva en vue du fort environ 2 heures après avoir quitté le village, et en fut quelque peu soulagée, même si son expression ne changea pas le moins du monde. Des torches étaient allumées au-dessus de l’entrée, ainsi qu’un petit brasero autour duquel étaient en train de se réchauffer les deux gardes qui surveillaient la porte principale. 4 « tours » étaient visibles de ce point de vues : d’autres, dont on ne percevait que le sommet se découper sur le fond sombre de la nuit, se trouvaient de l’autre côté, tous reliés au mur d’enceinte de pierre et de bois. Ce dernier devait faire plus d’une dizaine de mètres de haut, et s’il ne semblait pas capable de subir un tir de trébuchet bien ajusté, il était amplement suffisant pour qu’une armée de fantassins et de cavaliers y rencontre une réelle résistance. Ceci étant … Il était peu probable que qui que ce soit apporterais ici une machine de siège de ce genre, aussi loin dans les terres … à moins de venir de l’océan, ceci dit. Reléguant ces questions au second plan, la brune aux yeux de rubis s’approcha assez du brasero pour que les gardes ne puissent clairement la distinguer : eux aussi l’avaient vu approcher depuis un bon moment, mais personne ne lui avait fait signe de faire halte ou ne lui avait décoché de flèche entre les jambes. C’était une bonne chose : le geste est symboliquement désagréable, et elle avait déjà vu un archer maladroit faire sauter une rotule avant de s’excuser depuis le haut de ses remparts.

Vous êtes ?
Une élue. Val’ pencha la tête sur le côté, et fit craquer son cou. Le commandant m’attend.
Le garde ricana un peu, se tournant vers son collègue en hochant la tête. Ouais, ouais, le commandant … Qui ne revient que demain.

La blonde ne changea même pas l’expression froide qu’elle avait abordée pour approcher les deux hommes : elle se contenta de sortir son cylindre de sa poche, de l’ouvrir sans quitter le garde souriant du regard, et de tirer la lettre contrefaite, qu’elle lui tint à côté de son propre visage. L’homme tenta doucement de se saisir du papier : elle fit un geste pour le garder en main, hochant négativement la tête.

Oui, le commandant qui ne revient que demain. Vous préférez rester ici avec moi le temps qu’il arrive, ou vous prévenez qui de droit afin que je puisse l’attendre à l’intérieur ?
L’homme, qui avait plissé les yeux pour pouvoir, finalement, lire à bonne distance, finit par déglutir et hocher la tête. Tout de suite. Restez ici un instant, je vais chercher mon supérieur.

Rangeant l’enveloppe dans le cylindre en hochant la tête – sans montrer la moindre trace de satisfaction, l’élue croisa de nouveau les bras sur sa poitrine, observant l’homme s’éclipser un instant. Elle voyait, du coin de l’œil, que son collègue n’en menait pas vraiment large non plus et la regardait, mais elle ne lui fit pas le plaisir de tourner la tête vers lui. En un bref instant, le garde fut de retour, et offrit de prendre le sac de la brune, qui refusa.

Bien … Le lieutenant va tout de suite vous indiquer vos quartiers, le temps de votre séjour. Le commandant avait bel et bien donné des ordres … Vous avez à titre temporaire autant de pouvoir sur la base qu’un capitaine. Je vous prie de me suivre.
Pas trop tôt.

Chassant la neige qui était restée sur ses épaules, la minshujin suivit l’homme sans commenter plus, renfonçant ses mains dans ses poches après quelques pas. Le silence qui planait sur le petit fort avait un quelque chose d’inquiétant … Mais vu l’heure, le climat, et l’ambiance générale due aux préparatifs du conflit, c’était compréhensible. L’intérieur du fort était, à l’exception des endroits où brûlait une torche, lui-même assez froid, et l’hybride de brume supposa que c’était pour cette raison qu’ils ne croisèrent quasiment personne, à part peut-être un duo faisant sa ronde. Ils montèrent au 2ème étage du bâtiment principal se trouvant à l’intérieur du mur d’enceinte, qui devait à la fois servir de bâtiment administratif et de caserne, vu tous les ronflements que percevait la sang-mêlé au premier. Le garde qui l’accompagnait finit par toquer à la porte d’un bureau, derrière laquelle une voix masculine commanda d’entrer. Ouvrant la porte et s’écartant, le soldat laissa l’hybride pénétrer en premier dans la pièce. La scène lui rappela un peu quelque chose qu’elle avait vu deux semaines plus tôt, lorsqu’elle était descendue dans les cellules, à la capitale Minshujin … Un homme en tenue d’officier, penché sur une liste d’écrits et un plan, en pleine réflexion. En tant que lieutenant, il avait probablement un pouvoir décisionnel bien moindre à celui de capitaine, et il était probable qu’il ne fasse que s’informer, mais ça ne l’empêchait pas d’effectuer cette tâche avec sérieux.

Bonjour. Morlun, je suppose ? La semi-vampire sentit un frisson glacé lui descendre l’échine à l’évocation de ce simple nom. Pourtant, elle se contenta de hocher la tête, regardant l’homme se lever et s’approcher. Excuses si mes hommes n’ont pas immédiatement fait les actions nécessaires … Nous nous attendions à un homme, pour être honnête.
Les noms d’ici me laissent aussi parfois perplexe quant au sexe de ceux qui les portent, cette confusion est excusable.
bien … Et … Vous n’étiez pas supposée arriver demain ?
La météo m’a motivé à presser le pas.
Je peux comprendre. Venez avec moi, je vais vous indiquer où vous résiderez … Sai, vous pouvez reprendre votre poste.
Bien monsieur.

Le lieutenant sortit de la pièce alors que le soldat repartait seul dans les couloirs, et après une brève poignée de main, l’hybride et l’officier se mirent en marche dans la froide forteresse. Le lieutenant semblait cependant beaucoup moins pressé que son subalterne, et alors qu’il avançait sur le sol de pierre, il pivota à moitié pour observer l’hybride et engager la conversation.

Je m’excuse des désagréments que vous avez dû rencontrer sur le chemin, et dans la forteresse : nos hommes ne sont pas de mauvais bougres, mais ce ne sont pas forcément la crème en ce qui concerne le côté intellectuel.
Comme partout. Où est le commandant ?
Et bien, il ne réside pas dans ce fort de manière permanente, même si en ce moment, il préfère se « retirer » ici. Moins de choses à gérer, moins de convois marchands passants dans les environs et moins de chances d’être attaqués. C’est pour cette raison que lui, et deux généraux ont tenu conseil en ces murs, il y a un mois. Il on établit un bon nombre de plans et autres … J’étais justement en train d’en étudier les détails à votre arrivée. Après cela, ils sont repartis tous les trois. Le commandant a donné des consignes, comme celle de préparer votre venue. Lui-même est parti faire le tour de la région pour vérifier de ses propres yeux plusieurs faits importants, et estimer certaines de nos défenses. Il devait arriver tôt, demain : peut-être arrivera-t-il un peu plus tard, à cause de la neige …
Peut-être. Puis-je voir les plans ? L’officier s’arrêta, et fronça un sourcil en se tournant vers elle. L’élue resta inflexible, et ferma les paupières en laissant légèrement son visage pencher vers l’avant. Je ne suis pas un général important, et je n’ai pas réellement eu accès à une cartes détaillée du pays ces deux dernières semaines : j’aurais besoin de me faire une idée de ce que nos armées planifient.
Je … Pensais que vous veniez en priorité pour assurer la défense de la forteresse …
En priorité. Mais ce fort est-il sous attaque, en ce moment ? La vampire eut l’arrière-pensée qu’ironiquement, oui, c’était le cas.
Non, mais
Mais le commandant refuserait totalement de recevoir l’avis d’un élu pluri centenaire et rôdé au combat qu’il a lui-même fait venir, bien sûr.
… Je … M’excuse. Mais ne préférez-vous pas en premier lieu que je vous montre une chambre ? Si vous avez besoin de … temps pour étudier, vous pourrez ensuite aller vous reposer de vous-même.
Mh. D’un geste de la main, elle désigna la suite du couloir, faisant signe d’avancer. Guidez mes pas.

Le soldat s’exécuta sans sourciller, se remettant un peu plus vivement – et de façon raide – en marche. L’hybride luttait presque pour maintenir le « masque » inexpressif qu’elle avait adopté : elle y parvenait pourtant sans mal, et sans besoin d’accessoire tel son masque de tissus. Le lieutenant lui désigna finalement sa chambre : à l’origine, cette dernière aurait dû être réservée à quelqu’un de plus haut gradé, et il était prévu qu’elle ne dorme avec le reste des soldats, bien que dans une couche de meilleur qualité … Mais vu l’heure, et dans la mesure où elle n’était pas du même sexe qu’eux, il était préférable qu’elle soit un peu isolée. « À n’en pas douter, elle trouverait qu’elle y gagnait au change », rajouta-t-il … Elle ne lâcha qu’un grognement pour signifier son acquiescement, alors qu’elle observait la pièce d’un air désintéressé. Effectivement, l’endroit avait l’air des plus confortables … Et c’est avec un certain soulagement qu’elle posa son sac, assez lourd, sur une chaise. Elle aurait pu le porter encore plusieurs heures, mais ce n’en était pas moins un soulagement de ne plus s’en encombrer. Suite à cela, le lieutenant la guida sans tarder à une autre pièce, un étage en dessous, qui ne se distinguait des autres que par la marque peinte sur la porte, qui représentait un Long particulièrement agressif. Deux gardes se tenaient également posté ici : vu leur mine, ils attendaient la relève avec une certaine impatience. Ils se tinrent cependant au garde-à-vous dès qu’ils virent le lieutenant et l’élue, regardant droit devant eux avec un air se voulant neutre.

Repos. Messieurs, voici Morlun, l’élue que nous attendions. Répondez à ses ordres et questions comme à ceux de votre commandant ou de moi.
Un « bien » synchronisé répondit à la demande, qui tira presque un petit sourire en coin à l’hybride. Presque. Mon premier ordre sera simple : j’aimerais être au calme. A moins que ce ne soit pour un sujet d’importance, ne laissez personne entrer. Lieutenant, vous pouvez disposer …

L’homme salua dignement, puis fit volte-face pour retourner à son propre bureau. L’hybride de brumes le regarda s’éloigner quelques instants avec un air fatigué, puis se tourna vers le bureau et les deux hommes, qui fixaient toujours droit devant eux. Leur faisant signe qu’ils pouvaient se détendre, elle posa une main sur la poignée de la porte, la tourna pour l’ouvrir, et la franchit … Avant de la claquer derrière elle.
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MessageSujet: Re: évoluer dans les ombres   évoluer dans les ombres EmptySam 13 Mai 2017, 21:05

La blonde aux cheveux noirs de jais ne fit quelques pas dans la pièce, avant de claquer des deux mains sur le bureau. Aurait-elle été parfaitement seule qu’elle se serait autorisé un cri. Un cocktail acide de stress, de rage, d’appréhension et de joie malsaine lui tordait les tripes, et les quelques secondes de relâchement qu’elle s’autorisa n’étaient pas juste « bienvenues » : sans elles, elle aurait probablement fondu en larmes ou éclaté. « Morlun ». De tous les êtres de cet univers et du sien, il fallait qu’on la confonde avec un qui portait ce nom-là. Elle se demanda un instant si c’était celui auquel elle pensait. Elle n’avait aucune idée de si elle préférait ou non que ce soit le cas. Mais quoi qu’il en soit, s’isoler et éviter que son cœur n’explose dans sa poitrine était une bonne chose. Prenant le dossier d’un fauteuil, elle le tira à elle en l’orientant un peu, et se laissa tomber dedans, laissant sa tête tomber en arrière et son regard monter au plafond. Ce n’est qu’à cet instant qu’elle se rendit compte qu’il n’y avait aucune source de lumière en cet endroit : pas parce qu’elle n’y voyait rien – au contraire, elle distinguait très nettement le bois des poutres – mais plutôt à cause de l’absence de jeu d’ombre qu’aurait causé la flamme vacillante d’une torche. Depuis tout à l’heure, la faible luminosité de l’endroit provenait de sous la porte … autant dire qu’un être normal n’aurait rien vu. Elle soupira, et fouilla la pièce du regard pendant un instant … Elle finit par tomber sur une lampe à huile, dont elle ouvrit le compartiment de verre. L’objet, lourd, semblait plein : elle se contenta de sortir du bureau un instant, d’allumer la mèche avec une des torches, et de rentrer sans adresser la parole aux deux gardes qui s’étaient raidis sur son passage.

Une fois un peu de lumière apportée dans la pièce, elle observa ce qu’elle avait sous les yeux avec un mélange d’intérêt et de lassitude. Elle n’était pas certaine d’être d’humeur à étudier tout cela, après la marche qu’elle avait fait dans la neige, mais elle n’aurait peut-être pas de fenêtre d’action similaire à celle-ci avant un bout de temps. Se massant un peu la tempe, elle plissa les yeux … Plusieurs cartes étaient disposées les unes à côté des autres, avec un certain nombre d’indications matérialisées sous la forme de pions. Parfois, une région avait été redessinée d’une main peu experte sur une feuille à côté, avec des annotations et des couleurs bien spécifiques. Adjacentes à cette carte, plusieurs feuilles de papiers, sur lesquelles des listes avaient étés rédigées, étaient disposées. En tête de presque chacune se trouvaient des noms de ville ou de lieux d’importance : la majeur partie d’entre eux étaient fuyujins, mais l’hybride reconnut quelques noms de lieux qui se trouvaient à minshu, et d’autres probablement à seika. A quasiment chaque ville correspondait un pion sur le plan … Il y avait également, sur une carte maritime, beaucoup d’annotations de mouvements et de déplacements de ressources (en homme ou en matériel) dont une bonne partie partait de l’endroit où elle se trouvait. Le fort servait de dépôt ? Bien, bien … Prenant une feuille de papier encore vierge, l’hybride réfléchit un instant alors qu’elle se saisissait également de quoi écrire. Trempant une des plumes du commandant dans l’encre, elle traça en premier lieu de nombreuses lignes droites, afin de faire un tableau, avant de commencer à remplir les cases. Certaines informations « moindres » côté importance passeraient à la trappe … Elle n’avait pas forcément trop le choix.

Laissant ses cheveux reprendre leur teinte originelle, elle préféra porter sa concentration sur autre chose qu’une transformation qui lui était inutile, tant qu’elle était seule. Ce n’est pas comme si elle risquait subitement de croiser quelqu’un à l’intérieur du bureau … Et tant mieux. Elle eut l’occasion d’exercer ses talents de scribe pendant au moins deux ou trois bonnes heures, durant lesquelles elle copia une quantité d’informations qui elle-même, si elle avait pris le temps d’y réfléchir, l’aurait étonné. Elle trouva en fouillant un petit peu une autre carte, vierge celle-ci, et dans un format plus réduit, qu’elle entreprit minutieusement de rendre « identique » à celle où les pions étaient posés. Ce n’était pas vraiment de gaité de cœur, sachant qu’un pauvre bougre avait dû passer des mois de travail à la réaliser, mais elle n’avait pas le choix. Estimant qu’elle en avait peut-être assez pour le moment, la blonde s’était finalement autorisé une pause : rangeant les papiers dans son cylindre métallique, elle ferma les yeux alors qu’elle s’était assise dans le fauteuil. Elle avait un peu les yeux qui piquaient de fatigue … Du sommeil aurait été bienvenu. Pouvait-elle, avec la quantité de choses qu’elle avait recopiées, estimer sa mission accomplie ? Elle-même estimait qu’elle en avait déjà beaucoup fait, mais déterminer si c’était suffisant n’était pas dans ses attributions. Se massant un peu le visage en réfléchissant à la question, elle se laissa à écouter un peu les alentours… Le calme ambiant, et le bruit de la mèche qui se consumait paisiblement étaient relaxants. Cependant, elle rouvrit brusquement les yeux dans ses mains en entendant quelque chose. C’était encore assez loin – probablement dans un couloir éloigné – mais quelqu’un avait dit « commandant » … Tendant l’oreille, elle se concentra pour entendre plus en détail.

Un nouveau bruit de pas se faisait entendre. Il était accompagné, mais elle reconnaissait les bottes usées et lourdes du lieutenant. Ici, au contraire, les chaussures devaient être récentes … Et elles devaient être pleines de neige à moitié fondue, car elles produisaient des bruits humides. Détail idiot : elles avaient un talon, et même si ce dernier était court, son claquement contre le sol était bien audible, à distance. Se relevant de sa chaise, la traqueuse siffla entre ses dents. Elle aurait préféré avoir un peu plus de temps … et de loin. Tant pis. En priorité, elle commença à se concentrer, ses cheveux s’assombrissant instantanément alors que ses yeux scintillaient. Reprendre son apparence était fondamental, presque autant que de regrouper ce qu’elle avait noté. Sans gestes brusques, elle laissa la plume sur un mouchoir, referma l’encrier, et roula la plupart des documents qu’elle avait produit pour les ranger dans son cylindre de métal, qu’elle accrocha une fois qu’il fut bien plein à sa ceinture, dans son dos, sous sa veste. Vérifiant qu’elle n’avait outre cela pas réellement laissé de traces trop évidentes de son passage, elle garda toujours une feuille de notes sortie : il était évident qu’elle avait écrit, autant que ce ne soit pas rendu suspect par le fait qu’il n’y avait aucune note. Se rasseyant, elle réalisa qu’elle avait encore quelques secondes devant elle … Elle en profita pour inspirer profondément, et tout relâcher. Tant qu’à faire face au commandant, autant que ce soit en étant le plus détendue possible … Avec un peu de chance, il n’y verrait que du feu, lui aussi. Avec beaucoup de chance. La blonde avait cependant des réserves à se fier à ce genre de facteurs depuis qu’elle avait vu l’homme qu’elle aimait mourir dans ses bras.

Elle entendit très distinctement, à l’extérieur de la salle, les deux gardes faire claquer leurs talons alors qu’ils se mettaient une nouvelle fois au garde à vous. L’hybride se força à détourner le regard sur la grande carte, qu’elle étudiait pourtant depuis trop longtemps à son goût. Mettant cette pensée de côté, elle laissa ses traits se détendre, et reprendre l’air à la fois froid et désintéressé qu’elle avait adopté plus tôt, pour le reste de la garnison. Ne pas relâcher ses efforts. Garder le masque. Même si elle aurait tout donné juste pour prendre ses jambes à son cou. Sans surprise, quelqu’un ouvrit la porte sans frapper au préalable, mais ne pénétra pas la pièce. L’elfe de brume resta encore un instant à laisser ses yeux parcourir le long d’une rivière, comme si elle n’avait rien entendu … Puis finit, en l’absence de son, par relever deux yeux rubis fatigués vers la porte. Elle fut surprise de constater que le commandant était … plus petit que ce qu’elle avait imaginé. Elle ne le dépassait pas de beaucoup probablement, mais il restait de taille moyenne, voire moins.

Mademoiselle Morlun.
Commandant Tazuma.
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MessageSujet: Re: évoluer dans les ombres   évoluer dans les ombres EmptySam 13 Mai 2017, 21:05

« Mon frère est un homme très dangereux, Valentine. Surtout, ne vous fiez pas à ses traits lorsqu’il parle ou agit, et tentez d’éviter le combat. Vous m’avez dit que vous étiez peut-être d’une constitution un peu moins robuste que la moyenne des élus : que ce soit vrai ou pas, il pourrait tout de même représenter une très sérieuse menace, pour vous. » Les paroles du capitaine Minshujin étaient revenues dans l’esprit de la blonde qui ne l’était pas lorsqu’elle s’était levée de sa chaise. Tendant une main ferme, elle avait serré celle de l’officier en le fixant droit dans les yeux, chose qui ne sembla pas l’indisposer le moins du monde : il en fit de même. Ses pupilles noires comme celles d’un corbeau avaient un quelque chose de perçant, et elle ne doutait pas que les individus lambda cherchaient à tout prix à l’éviter. Elle-même se demanda un instant si sa couverture n’avait pas été découverte, mais elle ne laissa pas le moins du monde le doute modifier son expression.

Vous êtes en avance sur l’horaire convenue.
Vous de même. La météo m’a fait presser le pas.
Ainsi ai-je entendu dire de mon lieutenant. J’ai personnellement pu conduire certaines des transactions prévues plus rapidement qu’estimé à la base, et ces quelques heures de gagnées m’ont permis de revenir à l’instant … Et j’admets également que la météo ne m’encourageait pas non plus particulièrement à rester à la taverne comme c’était prévu.
Tant mieux.

Le commandant poussa un léger soupire, et désigna de la main le siège que l’hybride occupait. D’une apparente mauvaise grâce, elle le libéra, se relevant pour se tenir droit à côté de ce dernier, l’invitant d’une main à s’asseoir. Le commandant s’exécuta dans l’instant, mais fronça les sourcils, et saisit quelque chose sur la table… Les notes laissées là par l’elfe de brume. Les parcourant un instant des yeux, il fronça les sourcils. L’elfe de brume comprit rapidement pourquoi : par réflexe, elle avait écrit dans un langage bien différent de celui utilisé ici … Mais l’homme ne sembla pas réellement trouver cela suspect, ou du moins, il ne le montra pas.

Ce sont de bien jolis glyphes que vous utilisez. Qu’y a-t-il marqué ?
Oh … Des pensées. S’approchant un peu de la carte, l’hybride tendit le bras, et laissa un de ses doigts courir sur la carte, jusqu’à une petite ville portuaire seikajin. Je me disais … Une offensive est prévue sur cet endroit … Mais celui-ci, un peu plus au sud … Est plus proche des grands axes routiers qui mènent jusqu’aux territoires neutres. Pourquoi ne pas plutôt porter l’offensive ici ? Et selon vos renseignements, les fortifications y sont moindres.
Le commandant eut un petit sourire dans ses mains, et hocha doucement la tête. Parce que les règles de la hiérarchie s’appliquent, ici comme ailleurs … Et qu’il aurait été malavisé de remettre en cause les ordres du général, lorsqu’il a déterminé que cet endroit serait le plus propice pour frapper.
Rien n’est moins digne d’être écouté qu’un mauvais ordre.
Peut-être … Mais ici, les ordres sont les ordres, et ils sont suivis. Les remettre en cause, eux ou ceux qui les formulent, n’est pas une bonne idée.

Lorsque l’hybride se tourna vers le commandant, qui avait posé les coudes sur la table, et les doigts les uns contre les autres. Ses phalanges étaient dotées de subtiles nuances de rouge et de jaune : il les pressait les uns contre les autres avec une force qui n’apparaissait pas. Considérant un instant l’optique de s’excuser, elle finit cependant par l’abandonner en le voyant ouvrir les mains, et se tourner vers la carte.

C’est pour ce genre de raisons que les élus sont toujours un avantage non négligeable … Leur ouverture d’esprit et leurs points de vue ont souvent de petit côté … Décalé. Ceci mis à part … Je dois avouer être surpris. Lorsque vous aviez répondu à ma lettre, je pensais avoir affaire à un homme.
C’était le cas.
… C’était ?

La semi-vampire ne laissa pas le demi-sourire qu’elle avait pourtant tant envie d’afficher sortir. Un des avantages à bien connaitre un ennemi était qu’’il était bien plus aisé de l’usurper par la suite … Et elle connaissait Morlun. Elle le connaissait comme si elle l’avait traqué pendant des siècles … Le fait qu’il soit celui qu’on attendait ici, et qu’elle avait « remplacé » était peut-être une coïncidence, mais c’en était une qui la desservait au mieux … Même si elle la blessait quelque peu dans son amour propre. Le commandant se retourna sur son siège, attendant visiblement une réponse, que l’elfe de brume lâcha après un soupire.

Croyez-moi … Au bout de plusieurs dizaines de siècles d’existence, il est des choses dont vous vous lassez. Le cycle jour / nuit … Les manies agaçantes de certains peuples, et leurs tendances à répéter leurs erreurs … Jusqu’à votre propre corps, parfois. Etant enfant de la déesse du changement, je suis particulièrement sujet à ces petits … « Problèmes de lassitude ». Mais j’ai le pouvoir de remédier à certains d’entre eux. C’est aussi puéril que cela.
Vous pensez vraiment me faire croire que vous avez la capacité de changer, à volonté, de sexe ?
L’hybride tourna la tête sur le côté, et chassa d’une main de longues mèches de cheveux noirs afin de révéler son cou, et la naissance de sa mâchoire. C’est à peu près au niveau de cette dernière que, subitement, trois fentes s’ouvrirent dans la peau de la sang-mêlé, qui fit comme si cet effort ne lui coûtait rien. Trois branchies diaphanes se formèrent en un instant, s’ouvrant et se refermant doucement, sous les yeux perplexes du commandant. Si l’envie m’en prenait, je pourrais me changer en démon probablement … Est-ce si étonnant de se dire que je puisse adopter la forme physique d’une femelle ? Refermant les trois organes respiratoires et les laissant se souder alors qu’elle tournait de nouveau la tête, la traqueuse eut un sourire. Ceci dit, je peux comprendre votre surprise … Ce qui nous est communs, à nous autres élus, ne l’est en rien pour vous, natifs.
Indubitablement.

La traqueuse ne laissa pas réellement le sourire courtois de l’homme face à elle la berner : elle avait clairement besoin d’écourter le plus possible leur entrevue. Voir le temps qu’elle passerait ici, tout simplement : elle avait l’impression qu’il allait lui bondir dessus pour la tuer. Il n’en fit bien entendu rien, se relevant plutôt très simplement de son siège pour aller voir le mur au fond de la salle en croisant les mains dans le dos. Pourtant, l’hybride ne pouvait s’empêcher de douter. Combien de temps se laisserait-il berner ? Il ne semblait pas mordre aussi bien à l’hameçon que ce qu’elle avait prévu. La meilleure option était peut-être de tout simplement demander congé, et s’éclipser ... Elle avait tout ce qu’il lui fallait sur elle, après tout.

Au fait … Ce que je vous avais proposé vous convient ?
Mhhh ? A propos de ?
Et bien, tout simplement ce que je vous ai … Concédé dans ma seconde lettre. Vous n’y avez jamais répondu, après tout. Le sang de l’hybride ne fit qu’un tour, mais elle s’efforça de garder son calme.
Ah … Probablement parce que je ne l’ai jamais reçue. Ce ne serait pas étonnant, je suis partie juste après avoir reçu la première.
Et y avoir répondu. Le commandant observait toujours le mur, ce qui rendait une quelconque tentative d’analyser son expression impossible. Déglutissant, la traqueuse se tourna vers la porte. Elle n’en était pas bien loin … Elle pourrait l’atteindre en quelques pas. Pourtant, quelque chose la « força » à regarder de nouveau le commandant. Que m’avez-vous demandé, déjà ?
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MessageSujet: Re: évoluer dans les ombres   évoluer dans les ombres EmptySam 13 Mai 2017, 21:06

La traqueuse s’efforça, une fois de plus, de ne pas laisser son souffle s’emballer. Ce qu’elle avait demandé. Bien … Elle n’avait aucune idée de ce qu’aurait pu exiger Morlun, et inventer une réponse était peut-être encore plus dangereux que de feindre ne rien savoir. Finissant par lâcher un soupire, elle haussa les épaules.

J’ai eu deux semaines de voyage, entre temps … Je dois avouer que je ne me souviens plus d’une demande particulière de ma part. Ou rien de bien spécifique, en tout cas. Ne pas partager les dortoirs communs, peut-être ?
Amusant. Vous êtes certaine de ne pas vous souvenir ?
Me souvenir de tout ce que j’ai écrit dans ma vie et en dehors du contexte ne fait pas partie de mes talents, hélas.
C’est fort dommage. C’est d’autant plus dommage que, grâce aux services de notre nation, une fois ma demande reçue et examinée, je sais qu’on a mis l’élu qu’on voulait m’assigner en liaison télépathique avec moi pour en discuter. Et j’ai discuté directement par la pensé avec lui.

L’hybride resta muette. Elle devait définitivement ficher le camp, et le plus vite possible. Mais avant même qu’elle n’ait le temps de faire un pas, elle vit le commandant pivoter sur lui-même tout en se baissant sur ses appuis, et lui foncer dessus. Elle ne voyait pas, de la manière qu’il avait de courir, ce que tenaient ses mains : ces dernières étaient sur la hanche qu’il dissimulait volontairement à son regard. Elle eut cependant la présence d’esprit d’écarter en faisant claquer un des pans de son manteau, et de révéler son épée, qu’elle dégaina en un instant. C’est à vrai dire dans le même geste qu’elle para la lame du katana, qui rencontra la sienne en crissant … Et appuya si fort sur la lame courte que l’elfe de brume qui la maniait fut soulevée du sol, et projeté en arrière. Son dos percuta le mur de pierre et la coupa en plein vol, la laissant glisser à terre, fermement campée sur ses pieds. Bien. Deux choses : primo, très clairement, pour un natif, le commandant avait des capacités physiques totalement anormales. Et d’autre part, avant de devenir officier, ce type avait dû être assassin. La manière qu’il eut de faire pivoter son katana vers le bas pour le rengainer, et poser ses mains dessus de nouveau n’en fut qu’une démonstration plus probante encore. Elle ne savait même pas qu’il portait une arme sur lui à la base … Peut-être n’avait-elle pas été des plus attentives sur ce point, mais en tout cas, il était parvenu à la prendre au dépourvu alors qu’elle se méfiait depuis tout à l’heure.

Je ne sais pas de quelle nation tu es issue, même si je pencherais pour Minshu. Un seikaijin qui s’infiltre et la joue en finesse, c’est comme un minshujin qui fait face à son ennemi sans prévoir de plan de secours, ou pour le poignarder dans le dos … N’ai-je pas raison ?
Très amusant. Est-ce que pour terminer le trio, je dois citer le fuyujin incapable de faire autre chose que de l’humour militaire ? Vous savez, un peu comme l’humour normal, mais grossier, convenu, et pas drôle.

Les deux combattants quittèrent l’endroit où ils se trouvaient presque en même temps, et leurs lames crissèrent l’une contre l’autre à peine une demi-seconde plus tard. L’hybride pouvait « parfaitement » contrer ses coups, même si elle devait forcer pour y parvenir : il ne retenait nullement ses attaques, et si le premier échantillon n’avait pas suffi, il lui fournissait amplement assez de preuves du fait qu’il était puissant, et dangereux. Le fait qu’il se servait de ses deux mains pour manier son arme n’aidait pas non plus : même si elle était « rapide », la blonde avait du mal à discerner leur danse étrange mais gracieuse, alors qu’elles lâchaient et saisissaient le manche de l’arme pour mieux l’orienter dans une direction où une autre. Elle-même ne faisait pas ce genre de gymnastique, ne tenant son arme qu’à une main, mais à plus d’une reprise, elle para les coups en appuyant un tranchant à son autre avant-bras, compensant l’effort que son poignet ne pouvait fournir seul.

L’échange se termina au bout d’un instant qui avait paru long à la traqueuse, sans qu’une attaque ait pu toucher l’adversaire, d’un côté comme de l’autre. Alors qu’elle avait tenté de lui ouvrir horizontalement le crâne en deux d’un revers de sa lame, il avait esquivé de bien étrange manière, sautant en arrière en pivotant pour se réceptionner sur une main, et rebondir pour se remettre sur ses pieds, à quelques mètres. Lui et la tueuse de monstres s’étaient déplacés pendant qu’ils s’affrontaient, et il était désormais dos à la porte … Qui s’ouvrit sur les deux gardes de l’entrée. La traqueuse les avait oublié … Mais elle nota enfin un élément qui jouait en sa faveur : son adversaire avait le souffle court, et le visage luisant. Il ne devait, malgré sa forme physique, pas être dans sa prime jeunesse … L’elfe de brume, qui par nature pouvait rester « jeune » durant des millénaires, n’avait pas ce problème, et cela se ressentait sur son endurance. Le commandant tendit un bras, et n’eut pas besoin d’ordonner plus : les deux hommes se ruèrent presque aussitôt sur l’hybride. Même si elle les avait vu armés de lances dans le couloir, ils ne les portaient pas ici : dans un espace étroit comme celui-ci, elles auraient étés inutiles, voir gênantes. Un instant, la traqueuse eut peur qu’elle ne soit pas capables de gérer les deux hommes, mais heureusement, elle réalisa bien vite en déviant une lame qu’ils étaient loin d’être aussi « anormaux » sur le plan physique que leur supérieur, sans même parler de la fatigue, qui les rendait lents, et hésitants.

Tirant de sa poche camouflée le couteau de combat qui s’y trouvait, elle para un coup « par surprise » d’une main, écartant l’épée du second soldat de la sienne. Le geste fut suivi d’un coup de pied dans l’abdomen de celui qu’elle parait grâce à la lame courte, qui recula, alors que quasi dans le même mouvement, la dague partait comme une flèche … Et se planta dans le front du soldat pris au dépourvu. Repoussant sans ménagement ce nouveau cadavre en l’envoyant sur le commandant qui commençait à se rapprocher, la traqueuse sauta ensuite sur le dernier garde. Le pauvre humain ne put que parer à grande difficulté deux attaques, avant qu’une troisième ne le décapite purement et simplement. Soufflant lourdement alors qu’elle restait un instant le bras tendu vers l’extérieur, l’elfe de brume se redressa, se tournant vers son dernier adversaire … Qui était déjà sur elle, et lui entailla sévèrement un des flancs d’un coup de katana bien placé. La blessure n’avait rien de mortel, mais elle fit tout de même crier la blonde, qui se recula en fauchant l’air pour créer une distance de sécurité. Le commandant, qui se tenait droit, ne fit qu’un pas ou deux en arrière, gardant la lame pointée vers le bas, du liquide écarlate en gouttant sur le sol.

Ce manteau est épais … C’est désagréable de frapper.
Moins … Que de subir. C’était quoi, déjà ? « faire face à son ennemi avec un plan pour le poignarder dans le dos ? » Parce que je n’ai pas vraiment …Senti le côté honorable de l’attaque …
Nous sommes en guerre, jeune imbécile. Vous pensez que tous les soldats, dehors, attendraient à tour de rôle pour vous affronter en duel, si vous parveniez à sortir vivante de cette pièce ?
La traqueuse, vue la plaie qu’elle venait de récolter, ne se sentait pas de rigoler, mais pourtant le « jeune » lui tira un large sourire. Et bien … Ce serait bien aimable qu’ils fassent ça oui … Lorsque je sortirais de cette pièce …
Le commandant eut un bref rire, qui aurait pu être joyeux s’il n’avait pas été aussi sec. L’orgueil et une armure bien légère.

L’hybride s’était déjà fait la réflexion en le combattant. Mais maintenant, c’était une certitude. Cet homme avait forcément, dans le passé, eut une longue carrière en tant qu’assassin. C’était même probablement grâce à cela qu’il était à son poste actuel. La manière qu’il avait eue de prendre une impulsion, et de tourner sur lui-même en l’air pour déployer son coup ne s’improvisait pas : elle s’apprenait. Renvoyant la lame vers le haut d’un coup de son épée, l’hybride dû pencher tout le haut de son corps vers l’arrière pour esquiver une seconde attaque, portée cette fois-ci avec une nouvelle arme qui aurait pu ressembler à un très long clou. Le commandant avait camouflé sa seconde attaque dans la première, et avec une arme de base dissimulée … C’était définitivement quelqu’un rompu à des techniques d’assassinat. Avec un coup un peu plus large, il aurait probablement eu une chance de la toucher … Mais son attaque aurait alors été plus lente. Trop lente : elle aurait pu la contrer. Non, la portée qu’il s’était manœuvré était correcte … n’aurait-elle pas eu autant de réflexe, la traqueuse n’aurait pu en témoigner. Reculant de deux pas, elle regarda le guerrier, qui rengaina son « couteau » et poussa un cri puissant, avant de se jeter sur elle de nouveau.
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MessageSujet: Re: évoluer dans les ombres   évoluer dans les ombres EmptySam 13 Mai 2017, 21:07

L’enchaînement rapide de trois coups qu’il lui porta la pris au dépourvu, dans une certaine mesure. Elle parvint à dévier le premier, mais ne déstabilisa pas autant sa lame que voulu visiblement, puisqu’il la fit pivoter et la renvoya vers elle en un clin d’œil. Ce fut avec son avant-bras, et les protections de métal se trouvant sous le cuir, qu’elle dévia la seconde attaque, l’empêchant de faire le moindre dégât alors que le katana émettait un son crissant particulièrement désagréable en bougeant … Avant de se retrouver en l’air, au-dessus de la tête de la blonde. Cette dernière fut obligée, dans l’urgence, de poser sa lame contre l’avant-bras avec lequel elle venait de bloquer, et de l’orienter pour bloquer le commandant … Mais son attaque fut plus appuyée qu’elle ne l’avait escompté, et elle avait mal calculé quelque chose. Son épée était à plat contre sa manche. Ce qui signifiait que le katana la frappait sur le « flanc » de la lame. Cette dernière se brisa net en deux, sous les yeux écarquillés de l’hybride, qui eut cependant très vite quelque chose d’autre dont se soucier. Heureusement, son visage ne se trouvait pas juste derrière la lame, sans quoi elle n’aurait probablement pas survécu à l’attaque … En attendant, ce fut son torse qui encaissa la majeure partie du coup, sous la forme d’une belle entaille partant du trapèze pour s’arrêter à peu près au milieu du buste. Rien d’extrêmement grave, mais tous les mouvements de son bras gauche lui faisaient mal, maintenant … Sans parler de sa poitrine.

Lâchant l’épée brisée désormais inutile qui lui servait désormais d’arme, elle passa un bras sous sa veste, au niveau de son dos, pour se saisir du manche de son tanto, qu’elle dégaina pour parer l’attaque suivante d’un même geste. Le commandant grimaça en voyant sa lame bloquée de nouveau par une autre, mais se contenta d’un coup de pied rapide dans le plexus de l’hybride, qui recula de plusieurs pas, alors qu’il en fit de même. La blonde préférait ne même pas regarder sa nouvelle blessure … Elle savait qu’elle saignait, et pas qu’un peu. C’était déjà bien assez problématique en soit. Son pectoral lui faisait mal, son flanc aussi, et elle sentait clairement qu’elle n’allait pas pouvoir forcer sur le bras gauche avant un bout de temps … Et cet individu pénible face à elle, qui l’observait avec un sourire mauvais.

Je vois … On préfère miser sur la quantité de lames plutôt que sur leur qualité, c’est ça ?
Ce matériel n’était pas vraiment à moi …
Je vois. Et ce petit couteau rouillé ? Un ami alcoolique qui te l’a passé également ?

L’hybride eut l’impression de soudainement voir un bon nombre de choses s’évanouir, en elle. Les préoccupations qu’apportaient ses blessures. Son envie de mener sa mission à bien. La pensée, diffuse mais présente, que nombre d’autres gardes pourraient débarquer sous peu. L’envie de rabattre son claquet à son adversaire. Tout cela avait été chassé en un instant par une seule, et unique chose. Une pulsion instinctive, primaire. Elle avait envie de tuer ce type. Rien d’autre. Se baissant sur ses appuis, tendant son arme devant elle, lame vers le bas, l’hybride inspira profondément et bruyamment. En même temps, une fumée différente de celle qu’elle émettait d’habitude, plus verte, se mit à sortir de son corps, mais se figea en l’air autour d’elle telle une aura … Puis la chasseuse relâcha tout d’un coup, son souffle, comme les brumes qui se dispersèrent. Ce fut ce moment que le commandant choisi pour lui bondir dessus, une nouvelle fois, et lui asséner un coup brutal de son arme … Mais cette dernière s’immobilisa en plein milieu de sa trajectoire. Elle ne fut pas « bloquée » par la blonde, ou déviée sur le côté. Elle s’était simplement arrêtée en plein mouvement. Le soldat tira dessus, cherchant à la retirer, sans effet. Ce ne fut qu’à ce moment qu’il leva les yeux vers ce qui avait empêché sa lame de continuer son chemin. La chasseuse de monstre tenait son katana dans sa main. Cette dernière ne ressemblait, cependant, plus en rien à une main humaine, ou que vaguement, de forme. La peau avait quasiment disparu, laissant la place à une matière dure et grise, qui rappelait par endroit du métal, et à d’autres de l’ossement jaunis. Les doigts, anormalement longs, étaient fins, profilés comme des lames recourbées. Et le katana était prisonnier dans cet étau contre-nature.

Le commandant chercha à retirer sa lame, peut-être une paire de seconde de trop. Levant son arme, l’hybride l’envoya vers lui, et parvint à lui planter dans le torse. Légèrement, car il portait une tenue de combat lui aussi, mais assez pour le faire grimacer. Il aurait probablement tenté une autre raillerie, si la blonde ne lui avait pas mis un coup de tête, avant de tirer brusquement sur le katana pour le lui arracher. Laissant l’arme tomber à terre sans même y accorder le moindre intérêt, elle plaça ensuite sa seconde main sur le pommeau de son arme, et se mit à pousser. Le soldat fuyujin, presque aussitôt, tenta de repousser l’hybride de ses bras, mais il parvint uniquement à l’empêcher d’enfoncer sa lame plus loin en lui … Il était peut-être un combattant expérimenté, mais en termes de force brute, il n’était juste pas assez puissant pour résister à l’élue. Sans parler du fait que cette dernière était motivée par la rage. Elle continua d’insister, appuyant sur son arme pour que la lame le fasse reculer, sur plusieurs mètres … Jusqu’à ce que son dos ne percute un mur. Pourtant, la traqueuse ne cessa pas d’avancer. Avec un crissement horrible, le tanto pénétra plus avant dans les chaires, ripant contre les côtes et découpant chaires et muscles, jusqu’à ce que la pointe ne ressorte et ne rencontre la pierre froide qui se trouvait dans le dos du Fuyujin. Ce dernier, dont un bras tomba sur le coté, devenu parfaitement inutilisable, poussa un cri de douleur alors que la blonde se redressait légèrement, lui adressant un regard assassin. Détail qui troubla l’homme à travers sa douleur : les yeux de la traqueuse étaient redevenus jaunes.

Ce « petit couteau rouillé » a transpercé le cœur de la fille d’une déesse, et lui a presque ôté la vie du même coup. Et l’homme de qui je tiens cette lame était infiniment plus que le chien de militaire que tu es, ou que n’importe quoi que tu deviendras jamais.
« était » ? J’en déduis que tu l’as laissé –AHCK !

Le coup de boule était partit tout seul, et un flot de sang soutenu se mit à couler du nez du commandant. Retirant sa lame sans la moindre délicatesse, la vampire en devenir recula sur quelques pas, et laissa le soldat vaciller sur ses appuis. Cherchant son arme du regard, il comprit que cette dernière était hors de portée, derrière les pieds de la traqueuse. Un instant, elle crut qu’il allait chuter … Mais il parvint à se maintenir debout, une main plaquée sur sa plaie, l’autre pendant sur son flanc.

J’ai touché … un point … sensible ?
Je ne sais pas ce qui l’emporte … La satisfaction de vous avoir fait souffrir en vous tranchant pectoral, grand dorsaux, en ripant sur les côtes, et en ayant probablement déclenché un saignement bien sale … Ou le regret de ne pas avoir visé pour la gorge ou le cœur, histoire de vous empêcher de dire quoi … quoi que ce soit d’autre.

L’hybride grimaça. Elle avait subitement l’impression qu’on lui avait remplacé le cerveau par du coton. Titubant d’un pas en arrière, elle ferma les yeux, se massant un peu la tempe … la fatigue. Elle venait de beaucoup forcer, ce qui n’était pas bon pour elle du tout, dans son état … Elle réalisa peut-être un peu tard, cependant, que fermer les yeux face à son adversaire n’était pas une bonne idée non plus. Lorsqu’elle rouvrit les paupières, le commandant prouva son point, alors qu’il lui fonçait dessus, un éclair argenté à la main. Ce dernier, sans équivoque, se dirigea vers le visage de l’hybride, qui l’esquiva avec difficultés : elle sentit la lame lui trancher la chaire de la joue sans causer trop de dégâts, et repoussa d’un geste maladroit le soldat, qui chuta contre le bureau. Pestant entre ses dents, elle saisit du coin de l’œil que le commandant lui lançait son arme au visage : elle la dévia de son avant-bras, la lame rebondissant contre avant de tomber à terre, inerte. S’écroulant à terre, le fuyujin eut un sourire sanglant, alors qu’il regardait l’élue … Cette fois, il semblait totalement hors d’état de nuire. Conscient, mais désarmé, épuisé et gravement blessé. Ceci dit … à part le côté « désarmé », elle était dans la même situation.
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MessageSujet: Re: évoluer dans les ombres   évoluer dans les ombres EmptySam 13 Mai 2017, 21:07

Tu as … Beaucoup de chance.
… C’est un point de vue.

La traqueuse ne savait pas encore si elle devait le tuer ici et maintenant, ou simplement partir. Dans son état, elle ne serait pas capable d’affronter plusieurs personnes, ni de se débarrasser « rapidement » d’un adversaire isolé. Pas assez rapidement à son goût, en tout cas … Mais d’un autre côté, il était l’ennemi. Il était déjà blessé grièvement, et à vrai dire, s’il ne faisait pas soigner ses plaies sous peu, elle le suspectait de simplement se vider de son sang, à ce rythme. Si elle l’avait tué en plein milieu de l’action, elle n’aurait pas hésité … mais maintenant, elle hésitait un peu plus à se salir les mains.

Si je n’avais été … en voyage … pendant des jours … avant d’arriver … L’homme prit une longue pause, durant laquelle il déglutit, avant de reprendre. La lame … Qui t’a coupé la joue … aurait été trempée … dans du poison.
Mh. Quelle chance.
Le soldat ricana, mais se coupa très rapidement : la chose était trop douloureuse. Crachant un glaviot sale à côté de lui, il soupira … et leva de nouveau les yeux vers l’hybride. Tu connais mon frère ?
Peut-être.
C’est lui qui t’a envoyé … Je vois. Il va bien ?
Mh.
Bien.

A ce dernier mot, le commandant, qui pâlissait à chaque instant, sembla perdre connaissance, et s’affaisser sur le flanc. L’hybride se fit la réflexion que c’était peut-être un ultime piège, une feinte pour la poignarder si elle s’approchait pour l’achever … Mais de toute manière, un autre sujet de première importance la détourna presque tout de suite de ses pensées. Des pas dans le couloir. On venait. Ils n’étaient pas pressés, mais ils approchaient … Une paire de bottes cloutées, à l’oreille. L’hybride siffla légèrement entre ses crocs, et se mit dos au mur, à côté de la porte d’entrée. Laissant cette dernière ouverte, elle regarda la lumière de la lanterne du nouvel arrivant, qui vacillait sur le sol dans l’encadrement de la porte. Elle compta mentalement les mètres qui le séparaient, selon son estimation, de l’ouverture ... Puis, la lumière se figea devant la porte. Le soldat ne dit rien dans un premier temps, mais fit deux pas pour rentrer dans le bureau saccagé où deux, trois corps reposaient à terre …Il y avait tellement de sang …

Sanguine passa dans la trachée du natif avec une précision infernale, ne tranchant quasiment qu’au niveau supposé de sa pomme d’adam sans pourtant déclencher un jet de sang colossal. Le soldat tenta de hurler : un cri muet, torturé sortit simplement de ses lèvres, avant d’être remplacé par un crachat de sang. Valentine fit lentement le tour de sa victime, dont elle constata que c’était une femme : cette dernière avait lâché son éclairage à terre, terrifiée, et tentait de résorber la plaie en appuyant dessus avec ses mains. Elle fit des yeux exorbités en voyant la traqueuse, mais cette dernière était très, très loin de réellement s’en préoccuper. Lui prenant les poignets, et les écartant de force jusqu’à ce que les deux femmes n’aient les bras en croix, elle ne soutint pas vraiment les yeux emplis de terreur de la recrue qui lui faisait face. A la place, elle fondit sur sa gorge, et planta sans hésitation ses crocs dedans. Elle aspira, en même temps que le liquide écarlate, une bonne dose d’air qui lui indiqua que la fuyujin cherchait à crier : toujours sans effet. La semi vampire fut saisie d’un sentiment libérateur lorsqu’elle sentit ce qui coulait dans sa gorge … Elle n’avait que très rarement mordu de force dans sa vie, et quasiment jamais sur un être pensant : ici pourtant, elle avait l’impression que c’était la chose la plus naturelle, et la plus plaisante du monde. Peut-être encore plus à cause des plaies dont elle souffrait, et qui diminuaient son énergie à elle … C’est en sentant la guerrière devenir molle sur ses appuis, et ne plus opposer de résistance qu’elle décrocha ses crocs. La fuyujin, silencieusement, se laissa presque aussitôt tomber : si la traqueuse ne l’avait pas tenue par les poignets, elle aurait sans nul doute rencontré le sol. Déposant sa victime à terre, la chasseuse de monstre fut presque aussitôt saisie d’un profond dégoût pour elle-même … La demoiselle n’avait pas mérité ça. Personne ne le méritait. Chassant la pensée de son esprit avant que cette dernière ne la bloque, elle récupéra la lanterne à terre, et sortit de la pièce en fermant la porte. Elle nota en lâchant la poignée que cette dernière était couverte de sang … Observant la paume de sa main, elle pesta. Autant dire qu’elle ne ferait pas 5 mètres sans attirer l’attention de quelqu’un, dans ces conditions.

Pourtant, elle put parcourir les couloirs avec une aisance particulièrement agréable. Enfin, elle était toujours blessée de manière assez grave, épuisée physiquement et mentalement, et malgré le fait qu’elle venait de boire elle avait énormément de mal à réfléchir, mais elle ne croisa personne. S’arrêtant à chaque angle, surveillant avec son ouïe ultra-sensible chaque porte ou croisement, elle s’attendait à ce qu’on la débusque d’une seconde à l’autre … Mais à vrai dire, elle dut en réalité attendre d’être arrivée presque à l’entrée de la grande cour du fortin pour finalement entendre le moindre cri d’alerte. Ce dernier venait des étages, et du bureau du commandant, de toute évidence … La chasseuse aurait été tentée de rire. Elle songea à utiliser son pas de brume pour simplement disparaître … Mais avec les blessures dont elle souffrait, elle laisserait du sang derrière elle, qui la trahirait en quelques instants à peine. Non, elle avait besoin de quelque chose d’autre pour fuir … Elle nota, non loin de la porte principale, un accès rapide aux créneaux. Qui se trouvait juste à côté des écuries et d’une réserve, quasiment entièrement faites toutes deux en bois. Elle tira une grimace. Elle venait d’avoir une nouvelle idée. Une idée qui ne lui plaisait pas du tout. Mais bon … Si tout se déroulait bien, il n’y aurait pas plus de blessés … « si tout se déroulait bien ». Quelle idiotie. La situation était déjà des plus catastrophiques, pour elle.

Se glissant avec discrétion dans les ombres du mur d’enceinte, cachant totalement la flamme de la lampe à huile qu’elle avait pris avec elle, la traqueuse se rendit compte en voyant une mèche danser devant son regard que sa chevelure avait repris sa teinte blonde d’origine. Sous l’effet des combats et autres, elle s’était relâchée … Mais user d’un subterfuge pour camoufler son identité n’avait aucun intérêt, si c’était pour retirer le subterfuge en question avant la fin de l’infiltration. Puisant dans ses ressources, elle opéra de nouveau le changement de teinte, ses cheveux redevenant le plus sombre possible, alors que ses yeux également reprenaient une couleur rouge … Mais elle sentait parfaitement que le résultat n’était pas aussi impeccable que plus tôt : elle voyait de légers reflets clairs dans sa chevelure. Tant pis. Pénétrant totalement dans l’écurie par une porte laissée ouverte, elle vérifia qu’elle était seule – à part les animaux présents – avant d’inspecter sa lampe à huile. Il ne lui fallut qu’un instant, malgré le fait que le modèle de lampe lui soit inconnu, pour trouver la réserve de combustible et voir à la séparer du reste de l’objet : elle ne le fit pas, pour le moment. Plutôt, elle préféra prendre du foin en quantité, et le poser au pied d’un des pilonnes porteurs du bâtiment. Ensuite seulement, elle répandit dessus une bonne partie de l’huile, n’hésitant pas à asperger un peu la colonne également … Avant de finalement retirer le verre qui protégeait la mèche enflammée, et de lancer cette dernière sur le tas de foin. Ce dernier prit à une vitesse impressionnante, mais la traqueuse ne s’attarda pas à observer son acte pyromane : elle était déjà à la sortie du bâtiment, prête à prendre la fuite.
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MessageSujet: Re: évoluer dans les ombres   évoluer dans les ombres EmptySam 13 Mai 2017, 21:10

Son geste avait eu deux buts. Le premier, logique, était de créer une diversion qui empêcherait qu’on envoie les moindres effectifs à ses trousses : elle ne se sentait pas capable de gérer un escadron, et des chevaux lancés au galop pourraient aisément la rattraper. Le second était plus vicieux : le capitaine Tazuna lui avait laissé entendre que, si elle pouvait se livrer à un ou deux actes de sabotage … Or, avec un peu de chance, l’incendie parviendrait jusqu’à un des entrepôts de matériel, non loin des écuries. Si ça, ce n’était pas du sabotage … Par contre, la forteresse commençait déjà clairement à s’agiter. Ce n’était pas étonnant : au moins 2 morts et 2 blessés graves, dont les jours étaient clairement en danger, et le tout à l’intérieur des murs … La situation était un peu critique, pour les fuyujins. En particulier lorsqu’il y avait le commandant du fortin dans les blessés … Montant un des escaliers qui menait jusqu’au chemin de ronde, l’hybride s’arrêta en plein milieu des marches en entendant un groupe de soldat important passer devant l’endroit où elle allait déboucher, un peu au-dessus. Elle espérait qu’ils ne faisaient que « passer par là » : elle se voyait mal repartir dans les couloirs par lesquels elle était arrivée, maintenant … Ou par la grande porte. Soupirant, elle chercha à déterminer, rien qu’à l’oreille, s’il y avait encore beaucoup de monde … Mais elle entendait des pas provenant de plusieurs sources différentes. La cour. Le chemin de garde. L’intérieur du mur d’enceinte, où d’autres personnes se déplaçaient également. Les portes du bâtiment, qu’on ouvrait, fermait, claquait. Et sa perte de sang qui l’empêchait de se concentrer … Pestant d’agacement, elle patienta en cherchant à affiner un peu ses estimations … Quasi sans succès. Et le temps commença définitivement à lui manquer lorsqu’elle entendit, du bas de l’escalier, des bruits de pas qui montaient de manière pressée. Elle n’aurait pas le temps d’enclencher un pas de brume dans ces conditions.

Formulant dans sa tête une très rapide prière aux fumerolles, elle essuya le sang qu’elle avait le long de la joue du dos d’une main, tenta très sommairement d’arranger un peu la fourrure de son manteau pour masquer la plaie qu’elle avait à la clavicule, rentra la tête dans les épaules, et se mit en marche. Parvenant sur le chemin de ronde, elle eut le « plaisir » de constater qu’il n’était pas aussi chargé de monde qu’elle n’aurait pu le croire : il avaient bel et bien uniquement servi de point de passage au groupe de tout à l’heure, mais pas de destination. En revanche, au moins 3 ou 4 arbalétriers étaient, eux, bien en poste ici, et les chances pour qu’ils ne la voient pas étaient quasi nulles. Mains dans les poches, la blonde soupira … Un des flancs du fortin était proche d’un relief naturel. Pas assez pour que, depuis la colline, on puisse simplement « sauter » jusqu’au sommet du mur d’enceinte, bien sûr. En revanche, l’inverse était envisageable … et c’était à vrai dire le seul plan de fuite de la blonde. Sauf qu’elle était à mille lieues de s’imaginer capable de vaincre trois gardes armés et entraînés. A plus forte mesure s’ils étaient armés d’armes à distance, et pouvaient donc potentiellement la blesser voir tuer avant même qu’elle ne les atteigne. Sans évoquer les renforts qui arriveraient presque obligatoirement avant qu’elle ait terminé, si elle « terminait ». Se souvenant des pas derrière elle dans l’escalier, elle se mit en marche, prenant une décision. Jouer ça au bluff. Tenter de passer rapidement à côtés d’eux. Ils l’avaient probablement déjà vu, et par conséquent, l’option « pas de brume » n’était pas plus pertinente … Mais tant pis. Elle n’aurait pas à se rendre bien loin, de toute manière.

Elle avait parcouru environ un quart des remparts, et 2 bons tiers de la distance qu’elle voulait parcourir, lorsqu’un homme, passant la tête à travers une des fenêtres, cria de tous ses poumons que la personne qui avait agressé le commandant était une élue. La blonde regretta presque aussitôt de ne pas l’avoir exécuté sur place, alors que les arbalétriers, se concertant à peine moins d’une seconde, se tournèrent presque d’un bloc vers elle. Certes, ils auraient pu ne pas faire de remarque sur sa présence : elle était une élue, elle semblait fuyujin … Ou en tout cas, rien n’indiquait qu’elle ne l’était pas. Mais en attendant, c’était la seule élue à des kilomètres à la ronde. Le premier homme leva son arme, et tira presque tout de suite. Levant un bras devant son visage, la semi-vampire regretta que ce manteau soit customisé tout comme le sien, même si c’était sa demande. Car, comme la sienne, cette lourde veste de cuir avait été renforcée dans les avants bras, au moyen de tiges de métal qu’on avait glissé entre doublure et cuir. C’était ce qui lui permettait de parer des coups de sabre « avec ses bras ». Mais des tiges, aussi serrées soient-elles, avait peu de chance d’arrêter un carreau. Elle sentit ce dernier lui traverser presque entièrement le bras, et poussa un cri de douleur, mais ne recula pas d’un pas. Baissant la main, elle vit que le second la mettait en joue … Glissant son autre main dans les replis de son manteau, elle sortit sa dague, qu’elle envoya avec force. Cette dernière se planta en plein front du soldat, qui n’avait pas eu le temps de se déporter sur le côté. Ne restant pas en place pour voir ce que le 3ème allait faire, l’hybride se dirigea par le rempart, et s’appuya dessus de son bras valide pour sauter par-dessus.

Pendant un instant, elle se rappela d’une époque lointaine où, accompagné d’un jeune humain à la chevelure verdâtre, elle s’était amusée à se jeter du haut d’une cascade, dans le bassin au pied de cette dernière. A l’époque, le frisson du danger avait quelque chose de grisant. Elle se souvenait que, plutôt que de crier, elle riait nerveusement durant la chute. Mais contrairement à son amoureux, elle n’avait jamais réussi à se jeter tête la première pour plonger. Mais ici, il n’y avait aucune exaltation. Juste la sensation que la gravité la faisait aller de plus en plus vite vers le sol. Heureusement, deux choses jouèrent dans sa faveur. La première étant que, à cause de la tempête de neige, elle atterrit dans un genre de congère relativement épais, qui empêcha l’impact d’être trop brutal. Le second était à peu près du même teneur : elle ne toucha pas terre sur un endroit plat, mais au contraire relativement pentu, ce qui fit que même lorsque ses pieds touchèrent le sol, ils glissèrent sur le côté, dispersant une partie de l’énergie du choc sans que ce soit aux os et articulations de la blonde de l’encaisser. Ça ne l’empêcha de se faire particulièrement mal à la hanche sur laquelle elle tomba, mais au final, ce n’était pas si terrible, en comparaison.

Se sortant rapidement de la neige, l’elfe de brume dût prendre un instant pour se souvenir d’où elle était de nouveau, et s’orienter. Les deux gardes originellement postés à l’entrée n’y étaient plus, et tant mieux. Soudainement, quelque chose fit tiquer l’ouïe de la sang-mêlé, et de façon fort désagréable. Le son d’une corde qu’on tend, et d’un mécanisme qu’on enclenche pour qu’il tienne en position. Le dernier arbalétrier. Se reculant sur le chemin, la traqueuse riva son regard sur le haut des remparts, là où il devait encore se trouver, et où elle l’avait entendu. Il ne lui fallut qu’un instant pour repérer l’homme, qui l’avait déjà en joue, et ajustait son tir. Dans une disposition pareille, il avait peu de chances de réussir à la toucher, mais il s’en donnait les moyens visiblement. Ceci dit, tous deux savaient que s’il ratait, elle serait libre de fuir à sa guise. Il y eut un instant d’accalmie durant lequel le vent cessa d’envoyer des flocons partout au moyen de bourrasques chaotiques. Puis le vent reprit soudain, et le tir partit. Du point de vue du soldat, il était parfait : droit vers sa cible, au niveau de la tête. Le vent n’aurait pas le temps de réellement influencer la trajectoire du projectile, et la neige n’avait pas pu l’empêcher de viser juste. Il vit parfaitement l’hybride placer une main devant son visage, mais être subitement repoussée en arrière, chutant sur le dos. Il poussa un cri de victoire. Presque aussitôt, un collègue lui administra une bonne claque dans le dos, le félicitant chaudement. Mais leurs réjouissances furent de courte durée. L’instant d’après, la blonde remuait, à terre. Pire, elle dégageait sa main de son visage… Main dans laquelle elle tenait le carreau. Jetant ce dernier à terre, elle adressa un dernier regard aux hommes. Puis, se détournant, elle se mit à courir sur le chemin de terre blanchi par la neige. En moins d’une demi-douzaine de secondes, les flocons qui tombaient avaient totalement fait disparaître sa silhouette, la masquant définitivement aux fuyujins. Elle était parvenue à fuir.
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MessageSujet: Re: évoluer dans les ombres   évoluer dans les ombres EmptySam 13 Mai 2017, 21:11

Se retirer un carreau d’arbalète du bras n’a absolument rien d’amusant. Le laisser fiché là où il se trouve non plus ceci dit, et au point où elle en était, elle préférait avoir le moins d’éléments étrangers fichés dans le corps possible. Brisant la pointe du projectile, elle tira ensuite sur l’empennage en se retenant très fortement de hurler de douleur. Le bois glissa avec difficulté quelques instants … jusqu’à extraction totale de la plaie, point auquel la semi-vampire le jeta derrière elle. Soufflant par le nez, elle ferma les yeux en relevant un peu le visage vers le ciel. Assise sur un rocher couvert de neige, elle avait fait une pause au beau milieu de la tempête … Mais elle se doutait parfaitement que rester ici était à peu près une aussi mauvaise idée que retourner au fort. Oui, elle n’était pas affectée par le froid aussi durement qu’un individu lambda … mais ça ne l’empêcherait pas de souffrir atrocement si une partie de son corps venait à geler. Pays stupide. Appuyant sur ses genoux pour se relever – et regrettant instantanément son geste – l’hybride se remit en marche … puis, au bout de quelques pas, se remit plus franchement à courir. Elle ne voyait pas très bien la route, aussi bien à cause des flocons qui lui arrivaient dans les sourcils et les yeux qu’à cause de la route presque entièrement recouverte, et du manque de visibilité général. Pourtant, elle avait l’impression de suivre le bon chemin … Et au pire, elle savait que tant qu’elle activait son corps et le faisait bouger comme elle faisait actuellement, elle avait moins de risques de mourir de froid. Elle avait déjà entendu des récits … Chaque membre qui perd progressivement sa sensibilité, et devient de plus en plus lourd … L’énergie qui semble s’échapper par chaque port de la peau, et empêche lentement de bouger … Jusqu’à ce qu’une « pause » ne prenne les allures de siestes. Rares s’étaient réveillés après ce stade, et jamais sans une aide externe intervenue très promptement.

« Heureusement », pour ce qui était de sentir son corps, l’hybride était à peu près sûr que tout fonctionnait de ce côté. Elle avait mal à l’épaule, au flanc, à la joue, et au bras … Sans parler du choc de tout à l’heure, que sa hanche n’avait pas encore totalement digéré. Ne cherchant même pas à réchauffer ses bras ou son torse, elle poussait pourtant ses muscles à continuer de fonctionner, stimulée par la douleur d’une bien étrange façon. Elle pouvait courir … elle pouvait souffrir … donc elle vivait. C’était aussi simple que cela. Ne dépensant que le minimum d’énergie possible à la réflexion, elle continua son chemin durant un certain temps, peut-être une heure ou deux … L’idée de bander ses plaies était tentante, mais elle avait laissé son sac au fort … bah. Ses « vraies » affaires l’attendaient ailleurs. Elle regrettait quelque peu pour la nourriture, en revanche … ça aurait pu lui servir. Tant pis.

Alors qu’elle se demandait si la tempête de neige allait se calmer rapidement, quelque chose de relativement imprévu la fit s’arrêter en plein milieu de la route. Une silhouette, solitaire, qui marchait dans le blizzard, face à elle. Difficile à déterminer dans quelle direction elle allait, dans la mesure où la neige rendait absolument tout flou, mais la semi-vampire était quasiment persuadée qu’on avançait vers elle. Le fait que l’individu était de plus en plus net contribuait à cette hypothèse, qui tira un soupire à la blonde aux cheveux noirs. Cependant, à vrai dire, ce n’était pas la direction dans laquelle cette personne marchait qui importait le plus à la traqueuse. C’était plutôt « qui était-ce ». Et mieux elle le voyait, mieux elle arrivait à s’en faire une idée … Une idée un peu trop précise. Et ce simple fait était désagréable. Clignant des yeux, elle laissa l’homme s’approcher jusqu’à environ 5 mètres, distances à laquelle elle n’avait absolument plus aucun doute sur le « qui ». Elle aurait préféré un parfait inconnu. Elle aurait pu tenter de s’en débarrasser sans trop de problèmes … enfin, encore que. Dans son état, avec ses pouvoirs ? Elle aurait pu contourner, plutôt … mais maintenant, l’idée de fuir lui semblait idiote. Peut-être autant que celle de combattre. Mais elle ne savait pas si elle pourrait s’en tirer sans faire l’un ou l’autre.

Il était amusant de constater que, à l’instar de la semi vampire, l’ange qu’on appelait Morlun n’aimait pas changer de vêtements. Elle lui avait connu cette tenue alors qu’ils étaient encore sur Era Necrolia : il n’en avait pas changé depuis, et elle doutait fortement qu’il ne le fasse avant … Probablement quelques siècles, en vérité. Une tenue bien habillée, une veste longue qui ressemblait presque à un manteau, et un gilet blanc juste en-dessous. En soit, rien « d’impressionnant » … Le tout évoquait surtout l’élégance et le raffinement. Jouant un peu avec les boutons de ses manchettes, l’ange pencha la tête sur le côté, un sourire perplexe étirant ses traits fins. Sa peau était encore plus pale que la vampire, ses yeux d’un écarlate inquiétant, et ses longs cheveux noirs et parfaitement raides encadraient son visage anguleux avec une tenue presque surnaturelle. Il était relativement intéressant de noter que, malgré les bourrasques et la neige qui virevoltaient autour d’eux, il semblait à la fois parfaitement sec, et exempt du moindre flocon … nul doute, aux yeux de l’elfe, que ça n’avait rien à avoir avec une quelconque chance ou autre chose de « naturel ».
définitivement, c’était un être hors-norme …:
 
S’arrêtant de marcher et posant les poings sur les hanches, il jaugea convenablement la traqueuse de la tête aux pieds, avant de soupirer.

Et bien, ma chère … Tu as vraiment une mine affreuse.
La traqueuse lâcha un soupire … Elle aurait presque eu envie de rire nerveusement. Il n’avait pas changé. J’ai vu des jours meilleurs …
Et moi donc. Tu n’imagines pas à quel point le climat de cet endroit peut être déplaisant … Pour un peu, je regretterais qu’il s’agisse de ma terre d’accueil.
Je regrette d’avoir été transportée tout court, à vrai dire …
Tu m’en diras tant. Le sourire de l’ange avait un quelque chose de dérangeant. Levant une main, il se massa la nuque, soupirant un peu. Les premiers jours de mon arrivée, une tempête similaire a éclaté … à l’époque, j’ai presque failli y passer. Tu t’imagines ? Le fils d’une déesse, tué par le froid … Ridicule. Heureusement que mes pouvoirs me sont progressivement revenus … Pas tous, mais quand même.
Effectivement, qu’il s’agisse du froid dévorant ou du vent qui hurlait, il n’avait pas l’air plus affecté que s’il se tenait debout sous un paisible soleil d’automne … Ce n’était pas le cas de l’hybride, qui haussa les épaules.
Parlant de ridicule, je dois d’ailleurs rejoindre une place forte à quelques heures de marche d’ici … à ce qu’il paraîtrait, le commandant aurait besoin des services d’un être d’exception tel que moi. Cocasse, tu ne trouves pas ?
Tu vis bien l’idée de servir quoi que ce soit d’autre que toi-même ?
Pourquoi crois-tu que j’ai qualifié l’idée de ridicule ? Enfin, je suppose effectivement que ces châteaux de carte qu’ils appellent « gouvernements », « armée » et « forteresses » ne tiendraient pas debout sans un ou deux élus pour les soutenir … quand j’aurais retrouvé ma puissance, peut-être mettrais-je un ou deux coups de pieds dans cette fourmilière ridicule. Enfin. Je vais te laisser : je ne suis pas en avance, et je préfèrerais … éviter qu’un élu mal intentionné ne saccage l’endroit que je suis supposé protéger avant mon arrivée.
La demi-elfe fut perplexe. Elle ne pensait pas qu’il se contenterait de prendre congé de la sorte. Tant mieux pour elle, cependant … Haussant les épaules, elle le laissa passer à côté d’elle en lâchant juste un Amuses-toi bien alors … Et à une prochaine fois, peut-être.

L’ange ricana à cet encouragement, et lui fit un signe de la main alors qu’il continuait à marcher. La blonde le regarda s’éloigner sur quelques mètres, restant immobile. Mais rapidement, le froid la dissuada de s’éterniser, et l’idée qu’il puisse changer subitement d’avis lui indiquait qu’elle avait intérêt à mettre le plus de distance possible entre eux deux. Pendant un instant loin d’être court, elle se demanda si elle s’en était vraiment tiré d’affaire de la sorte. Après tout, il s’agissait de quelqu’un qu’elle détestait, qu’elle avait insulté et raillé à de nombreuses reprises .. ah, et qu’elle cherchait ouvertement à tuer depuis des siècles, aussi. Mais malgré tout ce qu’elle ressentait à l’égard de Morlun, elle avait eu bien assez du combat avec le commandant pour le moment … Et elle n’avait pas vraiment l’intention de se suicider en attaquant quelqu’un en bien meilleur forme qu’elle. Sans compter qu’elle n’avait aucune idée de s’il était plus puissant qu’elle ou pas.

Elle ne sut pas très bien ce qui la poussa à se retourner. Peut-être un bruit. Ou son instinct. Le fait qu’elle connaissait Morlun. Ou un simple hasard. Mais en tout cas, avant même qu’elle ait réellement analysé la situation, ses réflexes avaient agi pour elle, et elle avait levé les deux avant-bras à la verticale devant le visage. L’instant d’après, une épée à deux mains percutait ses manches et protections métalliques avec tant de force qu’elle eut l’impression que tous les os de ses membres supérieurs allaient se briser. Son corps fut soulevé du sol, envoyé en l’air telle une poupée de chiffon désarticulée, lancée par un enfant capricieux. La traqueuse, à cause du simple choc, perdit un instant connaissance.

Il ne s’écoula probablement pas plus d’une seconde cependant, car l’instant d’après, lorsqu’elle rouvrit les yeux, elle était toujours en l’air … Tête en bas, le sol filant à grande vitesse sous ses pupilles. Faisant un effort monstrueux pour forcer son bassin à bouger, elle pivota sur elle-même, et atterris sur ses jambes avec grande difficulté, glissant sur le sol sur quelques mètres. La seconde suivante, la silhouette de Morlun, toujours armé de son espadon, fendait les cieux et la neige pour se jeter sur elle, cherchant à l’empaler sur sa lame. Forçant une nouvelle fois sur ses jambes, la traqueuse bondit vers l’arrière, esquivant de juste l’attaque … Mais elle fut incapable de se réceptionner de la même manière qu’avant, et plutôt que de fermement s’ancrer au sol, ses pieds « rebondirent » dessus en le percutant, et elle bascula sur le dos. La chute en elle-même ne fit pas bien mal : elle était toujours dans de la neige … Mais à peine avait-elle réalisé ce qu’il venait de se passer qu’un pied se posait sur sa poitrine, et l’écrasait à moitié sur le sol, lui arrachant un cri de douleur. Quelque chose pivota. Un éclair argenté se déplaça dans son champ de vision … Et avec une vibration métallique inquiétante, la lame s’arrêta à quelques centimètres à peine de son oreille. L’ange avait un sourire dément … qui s’évanouit en un instant. Relevant lentement la lame, il soupira … Puis la fit basculer vers le haut, comme pour la lancer. Sauf que l’épée, sous les yeux surpris de la chasseuse, se volatilisa en volutes de lumière, disparaissant purement et simplement. Retirant son pied, l’ange se décala de quelques pas, l’air particulièrement déçu.

Je ne sais pas si tu n’as toujours pas récupéré tes capacités … S’il s’agit de tes blessures … Que tu es fatigué … ou si tu as toujours simplement été une faible, Valentine. Mais j’ai croisé des natifs m’ayant donné beaucoup plus de fil à retordre que toi. Tu es pathétique. Tes mouvements sont pathétiques. Ta résistance l’est. Et t’achever maintenant ne serait pas plus satisfaisant que d’écarter une pierre de mon chemin d’un coup de pied. La regardant se relever avec une lenteur affreuse, il s’approcha de nouveau, et lui saisit la mâchoire dans sa main pour la soulever du sol. Faisant plus d’un mètre quatre-vingt, la blonde ne pouvait pas dire qu’elle était « habituée » à ce genre de traitement, mais ça ne l’empêcha pas d’immédiatement saisir l’avant-bras de l’ange, les pieds battant dans le vide. Ce dernier rapprocha son visage du sien, plissant les yeux. Notes bien mes mots dans ton esprit. Je t’épargne, pour cette fois … Et c’est un acte de pitié. Tu ne vaux pas la peine, dans ton état, d’être tuée. Tu ne vaux pas la peine d’être combattue. Daignes faire en sorte qu’il en soit de même à notre prochaine rencontre, et je t’assure que cette fois, ce n’est pas « à côté » de ta tête que mon épée s’arrêtera. Maintenant cours. Car je pense savoir où tu as eu ces blessures … Et je n’ai pas de doute sur le fait que quand j’arriverais là-bas, on m’enverra à ta poursuite. Alors cours, si tu ne veux pas que ce que je suis en train de faire ne soit gâché dans quelques dizaines de minutes.

La rejetant en arrière, il la regarda tomber sans la moindre once de douceur sur le sol … Elle eut l’intime conviction qu’il avait choisi un endroit dégagé de neige exprès. Elle resta un instant immobile, les dents serrées, a simplement essayer de trouver un moyen d’expulser de son corps toute la douleur qu’elle ressentait. Ce ne fut pas un franc succès … Lorsqu’enfin, elle se sentit en mesure de se relever, elle ne parvint pas à trouver la moindre trace de sa nemesis dans son champs de vision. Ne prêtant pas attention à la profonde flaque de sang qu’elle laissait derrière elle dans la neige, elle se détourna … Et se remit à courir. Lentement, sur les premiers mètres. Mais plus elle avançait, et plus le rythme lui rentrait dans la peau, dans les muscles … et tant mieux. Elle avait de nombreux kilomètres à faire avaler à la semelle de ses bottes avant d’arriver à Minshu.

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MessageSujet: Re: évoluer dans les ombres   évoluer dans les ombres EmptySam 13 Mai 2017, 21:13

Même en remontant à quelques dizaines d’années avant les évènements qui conduisirent à sa « vampirisation », Valentine ne se souvenait pas d’avoir eu une endurance « normale » dans sa vie. Bien sûr, à l’époque, elle ne pouvait pas parcourir plusieurs centaines de kilomètres sans la moindre pause : malgré ses performances dans ce domaine qui frôlaient le surnaturel, elle restait un être vivant normal, avec un corps limité. Ces limites avaient petit à petit été repoussées de plus en plus loin, au fur et à mesure que la chasse aux monstres avait corrompu son âme, et donné à ses muscles une énergie, un fonctionnent dépassant de loin ce qu’ils auraient normalement pu espérer. Elle se souvenait, une fois, d’avoir fait une course avec son amant de l’époque, d’une ville à une autre. Elle était arrivée avec presque 9h d’avance. Non seulement elle avait couru plus vite, mais elle n’avait pas pris le temps de dormir pendant la nuit. Et pourtant, lorsque Nathaniel était arrivé à son tour, il l’avait trouvé parfaitement éveillée, vadrouillant en ville, l’attendant. Elle n’avait visiblement accusé quasiment aucun contrecoup de sa nuit blanche, et à part de petites courbatures dans les jambes le lendemain matin, l’effort prolongé ne semblait pas non plus l’avoir affecté outre mesure. Mais ça, c’était à l’époque où elle pouvait encore, selon les dires d’un autre vampire qu’elle avait croisé sur Kosaten, se considérer comme « humaine ».

Sa vampirisation avait transformé son corps, et pas seulement au niveau de ses crocs. En quelques mois, elle avait réalisé qu’elle n’avait besoin que de 4 ou 5 heures de sommeil lorsqu’il s’en écoulait 48. Et ce « besoin » était relatif : elle avait sans trop de problème enchaîné une semaine entière éveillée, parfois plus. Souvent à l’occasion de traques particulièrement longues … ou lorsqu’elle s’était rendue dans des zones particulièrement sauvages et hostiles de ses terres d’origine. Et si la fatigue pouvait réduire la puissance de ses muscles, freiner son rythme de pensée, et lui donner des nausées ou des vertiges, elle ne pouvait pas l’empêcher de continuer à avancer. Et c’était une des choses pour laquelle la blonde était la plus douée … Continuer à avancer. Mettre un pied devant l’autre, pousser sur la jambe, se propulser vers l’avant, et recommencer. Que le sol soit celui d’une forêt, d’une plaine, de la toundra, des villes. La traqueuse avait une limite à son endurance … Mais c’était une limite qu’elle n’était jamais parvenue à atteindre juste en courant.

Bien sûr, le passage sur Kosaten avait réduit cette capacité, au même titre que tant d’autres. Pourtant, la semi vampire restait une créature anormale, dans son essence même, et si Manshee l’avait reproduit fidèlement à l’originale, alors il avait été obligé de conserver certains traits qui défiaient le « normal » et la logique. Ainsi, si elle ne pouvait plus se targuer – pour le moment – d’aisément dépasser un cheval au galop et de courir pendant un temps quasi illimité sans le moindre problème, la chasseuse de monstres restait capable d’avaler kilomètres après kilomètres, à la seule force de ses jambes. Des fois, le martellement répétitif de ses pieds sur le sol lui donnait un genre assez pernicieux de mal de tête, qui s’en allait pourtant à chaque fois rapidement. Par instants bien sûr, elle était « forcée » de ralentir, par l’état du chemin, le fait que ce dernier soit coupé par une rivière, ou une barrière importune. Mais globalement, la traqueuse filait comme le vent à travers Fuyu, et ce n’était clairement pas son corps qui allait l’empêcher de le faire, en particulier après qu’elle ait pu consommer une grosse quantité de sang d’un coup. Un loup avait eu l’idée malheureuse de lui donner la chasse, attiré par l’odeur de sang qu’elle dégageait. Croyant pister une proie isolée et faible, le canidé solitaire avait fini par parvenir à la bloquer, s’interposer en plein milieu de sa route, prêt à lui sauter dessus. Il était tombé à un moment où la vampire avait senti son souffle devenir trop court pour pouvoir continuer aussi vite qu’elle ne le désirait, et cette dernière avait sorti un juron imagé en voyant l’animal surgir devant elle, et grogner à son encontre. Quelques instants plus tard cependant, elle repartait, plus vite que jamais. Le loup, lui, était à terre, une large plaie sur la gorge, quasiment exsangue. La traqueuse regretta cependant son geste durant de nombreuses heures suite à cet acte : elle dû se retirer un nombre assez élevé de poils de la langue.

Pourtant, assimiler plus de sang de telle sorte avait été salvateur : son organisme fatigué semblait en avoir puisé de nouvelles ressources, et elle avait pu continuer sa course effrénée jusqu’à la frontière et au-delà. Après les températures glaciales de Fuyu, le climat doux et calme de Minshu était un bonheur pour son corps et son esprit, même si ce dernier des deux ne réalisait même pas vraiment. Abrutie par une fatigue qu’elle refusait d’admettre, la traqueuse passait ses jours à ne se laisser porter que par une pensée. Continuer à courir. Continuer à avancer. Continuer à vivre. Elle ne pouvait, ne voulait pas se laisser ralentir par de petites choses futiles comme la faim, le doute ou la fatigue que son organisme pourtant si particulier accumulait malgré tout. Il n’y avait guère que sa soif qu’elle prenait plus ou moins en compte, et elle opéra quelques très rares pauses pour se réhydrater à l’eau d’une rivière ou, une fois, d’un puits.

Ce ne fut pas sans un certain soulagement que ses yeux fatigués distinguèrent enfin, après plus d’une douzaine de jours de cette course épuisante, les hauts murs qui entouraient Kansei. Elle ne pouvait pas dire que la capitale en elle-même lui avait « manqué » : c’était une ville comme une autre à ses yeux, et pas la plus belle, loin s’en fallait. Mais cela restait sa destination et son objectif, deux choses qu’elle savait avoir besoin d’atteindre, même si dans son état, elle aurait eu beaucoup de mal à expliquer pourquoi. Un certain trafic opérait sur les routes menant à la capitale, qu’il s’agisse de paysans ou de marchands itinérants divers, mais cela n’importa que peu la chasseuse : lorsque les routes étaient trop encombrées, elle coupait directement à travers champs. En tout, peut-être deux ou trois personnes seulement tentèrent de l’interpeller en raison de ses blessures : tout comme au reste, elle n’y prêtait pas attention. Elle voulait juste arriver le plus tôt possible … Où, pourquoi ? Elle avait du mal à le dire. Elle se contenta, enfin, de ralentir la cadence lorsqu’elle fut environ à une centaine de mètres des murailles, et s’approcha d’un des points d’accès de la ville en marchant à grands pas. « Heureusement », elle était arrivée pile entre deux groupes d’individus plus ou moins important : une suite de charriots la suivait, plusieurs dizaines de mètres derrière, alors qu’un autre venait de terminer toutes les formalités pour entrer en ville. Le renforcement de la sécurité était on-ne-peut plus logique, avec la guerre qui se préparait … Et des groupes de gardes surveillaient que n’importe qui ne puisse pas pénétrer la capitale à sa guise.

L’hybride fut presque surprise de voir deux de ces hommes faire de gros yeux, et s’approcher d’elle alors qu’elle était encore relativement loin. Trottinant jusqu’à elle, le duo s’arrêta juste en face, et l’interpella, l’air définitivement plus inquiets que réellement « fermés », comme on aurait pu s’y attendre s’ils avaient voulu intercepter un individu louche. L’espace d’un instant, l’elfe plissa les yeux … Damian. Le plus jeune des deux gardes lui rappelait son petit frère. Cependant, en voyant ses lèvres s’agiter, et en percevant effectivement des sons plus ou moins cohérents autour d’elle, elle leva la main pour le couper, fermant les yeux et secouant la tête un instant pour la remettre en ordre. Lorsqu’elle rouvrit les paupières, la ressemblance avec son cadet était bien moins frappante.

Excusez-moi … Qu’est-ce que … qu’est-ce que vous avez dit ?
J’ai dis, « vous allez bien » ? Vous êtes couverte de sang plus ou moins séché, et sans vouloir être rude, vous avez une mine affreuse … Attendez .. Qu’est-ce qui a provoqué cette déchirure dans votre … Oh, Manshee .. L’expression atterrée du garde était revenue en constatant qu’il n’y avait pas « que » le manteau de l’hybride qui était déchiré.
L’homme à côté de lui se tourna vers la muraille, mettant ses mains en porte-voix. HEY ! LA DAME A BESOIN DE SOIN, ALLEZ CHERCHER QUELQU’UN ! SANJO, TU T’EN CHARGES !
On dirait des coups de sabres … Vous pouvez me dire ce qui vous est arrivé ?
P-plus tard … Je dois … Je dois voir quelqu’un … Le capit … capitaine … … tsuuu … Tsuba … Se massant les yeux, l’hybride dû faire un effort de concentration qui lui parut énorme pour retrouver le nom qu’elle cherchait. Non … Tazuma. Je dois parler au capitaine Tazuma. Sans qu’elle s’en rende compte, les deux hommes lui avaient pris la main, commençant à la faire progresser doucement, de nouveau, vers la ville. Je suis en mission sur son ordre …
Oui, oui … Mais avant, vous allez voir un médecin … Ces plaies n’ont même pas l’air si fraiches que ça … Où vous les avez eu, au juste ?

Elle réfléchissait à ce qu’elle pouvait répondre exactement, lorsqu’un évènement coupa court à cette discussion plus ou moins « triviale ». Le groupe était en effet arrivé aux environs de la porte, et d’autres gardes venaient s’informer plus en détail de la situation et voir de quoi il en retournait … Jusqu’à ce que l’un d’eux, dans le dos de Valentine, ne repère le dragon bleu qui était cousu dans sa veste. Restant un instant silencieux, il hurla soudainement « FUYUJIN », alors qu’il dégainait son katana, et cherchait à l’abattre sur la blonde. Cette dernière, que ses réflexes n’avaient pas abandonné malgré tout, pivota brusquement et détourna le coup du bras : la lame heurta le sol avec un bruit métallique. Aurait-elle été en pleine possession de ses moyens physiques et mentaux, elle aurait probablement bondit en arrière afin de créer une distance de sécurité, avant de tout expliquer calmement, à l’oral. Elle était très loin d’être en possession de ses moyens. Son corps, qui réagissait lentement, peina presque à métamorphoser une de ses mains pour saisir la lame lorsque cette dernière tenta de nouveau de la trancher. Saisissant le katana, et le maintenant en place, elle grimaça : elle ne pourrait pas lutter bien longtemps comme ça … ça, c’était pour le corps. Pour l’esprit, et bien … l’idée d’éventrer cet homme « par légitime défense » ne lui semblait pas si mauvaise que ça. Tordant le katana, elle chercha à l’arracher des mains du garde : sans succès. Ses collègues, que l’attaque avait surpris, s’étaient éloignés de quelques pas, raison pour laquelle elle ne tenait pas compte de leur présence. D’un geste, elle tira l’arme vers elle, et parvint à faire chuter son possesseur à terre. Ce dernier cependant, entêté, ne laissa pas le sabre quitter son poing crispé, malgré la position étrange qu’il avait à terre, bras en l’air et tordu dans un sens peu naturel. Plaçant son autre main sur son épaule, la semi-vampire grogna alors qu’elle continuait de tirer sur l’arme. Elle aurait volontiers simplement plongé les griffes de son autre main dans la nuque de sa victime, mais sa marque la brûla à cette simple pensée : elle préféra l’éluder.

Lâchez ça. Lâchez. Tout de suite !

Il y eut quelques instants de lutte confuse, durant lesquels le garde n’obtempéra pas, et la blonde ne parvint pas à l’y forcer. Et puis, brusquement, le pommeau d’un autre katana percuta le crâne de la traqueuse au niveau de la tempe. Aurait-elle été en pleine forme qu’elle n’en aurait eu cure, mais encore une fois, ce n’était pas le cas du tout : elle poussa un gémissement étrange, avant de s’écrouler sur sa victime. Cette dernière, forçant un peu, réussit à se dégager sans trop de mal … Se relevant en pointant la traqueuse du doigt, il chercha à bégayer quelque chose vis-à-vis de ce qu’il avait vu dans son dos … mais aucun son ne sortit de sa bouche.

Sous les plaies désormais pleinement rouvertes de la semi-vampire s’étalaient doucement de larges flaques de sang sombre. Son visage finalement détendu était désormais si pâle que la peau semblait presque bleue. Et aucune des paroles, aucun des cris qui suivirent ne parvinrent à faire frétiller une de ses deux longues oreilles.
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MessageSujet: Re: évoluer dans les ombres   évoluer dans les ombres EmptySam 13 Mai 2017, 21:13

HRP:
 
Pour une jeune femme qui avait passé 20 ans sans connaître le soleil autrement que de nom, Valentine s’était adapté remarquablement vite à l’astre céleste et ses chauds rayons. Bien sûr, cela faisait désormais bien longtemps qu’elle s’y était habituée, dans la mesure où elle approchait des 170 printemps, mais son amant était toujours quelque peu surpris de la voir s’installer, comme cela, sur le rebord d’une fenêtre pour le simple plaisir de « prendre un peu la lumière ». Ça n’avait aucun lien avec sa couleur de peau, dans la mesure où cette dernière n’évoluait pas le moins du monde, et elle ne faisait rien d’autre que de se laisser réchauffer … Pourtant, elle souriait simplement. Le bouffon à la verte chevelure laissa également ses lèvres s’étirer de manière satisfaite, et soupira, levant de nouveau les yeux au plafond. Il était installé dans l’un des lits doubles les plus luxueux qu’il avait eu l’occasion de tester dans sa pourtant longue existence, et ce dernier ne détonnait pas le moins du monde avec le reste de la chambre, proprement somptueuse. Qu’il s’agisse du vase dans lequel des fleurs exotiques se trouvaient, des portraits raffinés sur le mur d’en face, de la tapisserie élégante à la tête du lit ou tout simplement de la qualité du satin sur lequel il reposait, tout respirait la richesse, à défaut d’être forcément de bon goût. Enfin, pour quelqu’un « du peuple », en tout cas : qui a besoin de dorures aussi pompeuses en guise de décoration autour de son miroir ? Le plus important n’est-il pas supposé se trouver au centre de ce dernier, plutôt que sur les flancs ? Enfin … Il ne lui revenait pas vraiment le rôle de juger, simplement d’apprécier. Tournant la tête vers son amoureux, la blonde ne put s’empêcher d’avoir un petit sourire à le voir faire la moue de cette façon … Avant de finalement descendre de son perchoir, et de revenir totalement dans la pièce, s’approchant du lit.

Monsieur aurait-il bu une coupe de trop, à midi ? De cet « excellent champagne » pour lequel tu t’es senti obligé de complimenter le sommelier pendant des heures ?
C’est … Différent. Et ce champagne était excellent, tu l’as dit aussi ! Pétillant, et succulent ~
Mhhh … Donc qu’est-ce qui t’embête?
M’embêter ? Rien ne m’embête. J’embête le rien ! Non, franchement, dans un contexte pareil, à dîner entre un baron et d’une déesse, je ne vois pas ce qui -
Nathaniel. Je pense que je partage ta couche depuis assez longtemps pour pouvoir dire quand tu essaies de tourner la conversation en n’importe quoi, réponds à ma question.
« Et puissiez-vous à jamais vivre dans le bonheur », disaient les curés … Enfin. Je réfléchissais.
Soufflant par le nez, la chasseuse pivota pour laisser choir ses fesses sur le matelas, non loin de son compagnon, à côté duquel elle étendit ses jambes. Si elle-même avait déjà eu le plaisir de tester pareille literie, cela faisait une éternité qu’elle n’en avait pas eu l’occasion, et elle se doutait que pour son beau, la chose sortait de l’ordinaire également. Levant doucement la main pour la poser sur son front, qu’elle se mit doucement à caresser en écartant quelques mèches verdâtres de ses yeux, elle pencha la tête sur le côté, l’observant. Sans vouloir être méchante … C’est pas très courant, ça, comme attitude … à quoi ?
Mhhh … Tu les as vu ?
Qui ?
Le bouffon ricana avant de répondre. Les nobles. Durant le banquet. Quand tu y réfléchis, tout de même … A deux, on est parvenus à se défaire d’une manticore qui avait élu domicile dans la région. Tous les chasseurs de monstres ne peuvent pas prétendre à ce genre d’exploits … On dresse une grande table en notre honneur, fait une grande fête … Et pourtant …
… Et pourtant ?
Tu n’es pas très douée pour lire dans les yeux des gens. La remarque, placée sur un ton sec, aurait pu en vexer plus d’un … Mais l’elfe de brume savait pourtant parfaitement qu’il n’y avait nulle malice dans ce commentaire. Juste un fait … Perçu d’un point de vue relativement unique, d’ailleurs. Moi, j’avais presque l’impression de les voir brandir des panneaux pour afficher ce qu’ils pensaient.
Qu’on … avait fait un beau boulot en éliminant cette manticore ?
Non. Nooon, ça c’est juste une belle excuse pour réunir le gratin et faire une bonne bouffe. Le roi prouve à tous et toutes qu’il a eu raison de nous engager en montrant la carcasse de la bête à tous ses invités durant le banquet … Et nous, on est supposés recevoir les « remerciements » de ministres qui n’en avaient rien à faire, de cette bestiole, et pour qui c’est plus une corvée qu’autre chose. En résumé … On a participé à une belle comédie.
Mais le champagne était bon.
Le jeune homme ricana un instant, avant de lever doucement une main. Imitant sa concubine, il glissa ses doigts entre sa joue et quelques mèches de cheveux qui tombaient dans le vide, et vint doucement caresser sa peau. Le meilleur champagne du monde ne me ferait pas oublier notre condition, ma belle …
Voyez-vous ça … Notre « condition ». Se relevant, et levant une jambe alors qu’elle pivotait, elle monta à cheval sur le bassin du jeune homme, qui encaissa sans broncher. Laissant finalement son visage en paix, l’hybride laissa ses mains se poser sur le torse recouvert d’une chemise légère de son chasseur, et eut un sourire en coin. Pourtant, il ne me semblait pas que la chasse aux monstres te déplaisait tant que ça.
J’adore chasser. Même si c’est probablement en grande partie à cause de la corruption … Non, ce n’est pas la question. Tuer les monstres ne me dérange pas. C’est le regard que les autres monstres ont sur moi …
Oh, pauvre petit … Peur d’être jugé par un spectre ?
Un spectre ? Oh, non … Par un enfant.

La jeune femme cessa un instant de sourire, dévisageant son aimé. Constatant qu’il ne rigolait pas le moins du monde, contrairement à d’habitude, elle finit par se dire qu’elle pouvait peut-être essayer de savoir sur quoi portaient ses réflexions, plutôt que de l’en tirer … Mais elle avait tellement l’habitude que lui ne lui tire le nez d’un bon bouquin ou d’un moment de rêverie qu’il lui était difficile de ne pas être tentée de faire la même chose. Tant pis … autant essayer d’être la plus raisonnable des deux. Levant les yeux au ciel, elle réfléchit un instant … Puis transforma doucement ses mains, déployant lentement ses griffes. Elle eut le plaisir de décrocher les deux pupilles d’or de son amoureux du plafond, et de le voir observer ses griffes, comme s’il se méfiait. Se contentant de tapoter quelque peu son torse du bout des doigts, la « jeune » femme de plus d’un siècle et demi finit par rétracter ses griffes, leur redonnant leur apparence classique … d’ongles.

à cause de ça ?
Et bien … Heureusement que je sais à quel point ces mains peuvent se montrer délicieuses, lorsqu’elles se baladent, parc- Les griffes ressurgirent à la vitesse de l’éclair dans un craquement sec, coupant le bouffon dans sa phrase, qui rigola légèrement. Okay, okay … Enfin non, ce n’était pas à ça, que je pensais … Plutôt à notre … « étiquette ». Tu sais … Tel noble est raffiné, tel seigneur excelle à la guerre, tel prince est très pieu ou généreux … Mais un chasseur de monstre … C’est un criminel, un fou. Un « mal nécessaire », qu’on supporte sans apprécier. Les nobles de tout à l’heure venaient un peu observer des monstres lors d’une exhibition, si tu vois ce que je veux dire …
Et c’est ça qui te met dans cet état ? L’idée d’être mal considéré par les autres ?
Non. Mais oui ! Mais non. Je me contrefiche bien de ce que peut penser tel ou tel chef de maison, fut-il le roi des hommes ou le seigneur d’un tas de fumier …
Je préfère le premier, cela dit. Le roi des hommes nous alloue tout de même une belle chambre, situé dans une haute tour de son joli petit château, avec un panorama agréable et un champagne délicieux.
Certes. Mais il avait un prédécesseur, que j’ai connu, et il aura un successeur, que je connaîtrais probablement. Alors certes, si j’avais la même espérance de vie que lui, je suppose qu’il m’impressionnerait un peu plus … Meh.
Mhhh … Merci à ça. Souriant, l’hybride avait glissé les doigts dans le col du jeune homme, soulevant légèrement le collier qu’il portait autour du cou. Tous deux savaient que le pendentif qui s’y trouvait était la source du vieillissement particulièrement ralenti du chasseur … sur lequel la blonde se pencha doucement, jusqu’à se trouver nez à nez avec lui, et poser un tendre baiser sur ses lèvres. Grâce à ça, je peux te garder plus longtemps. Mais donc … Tu n’es pas impressionné par le roi, et tu te fiche bien qu’il t’aime ou pas. Pourquoi tu t’embête, alors ?
Parce qu’il ne s’agit pas que du roi … Toute la société nous rejette, Val’. Le roi. Ses sujets, ses ministres. Les serfs. Les paysans, les citadins … Aucun d’entre eux ne veut de nous. Ils nous donnent leur argent pour qu’on les empêche de crever comme des rats … Mais ils se fichent bien que nous on puisse mourir en tuant le chat. « Ça fait juste d’autre personnes à se trouver pour faire le boulot à leur place », qu’ils pensent. En fait … On est un peu comme un outil de travail pénible d’emploi, et pas très fiable … Si on casse, on nous remplace. Sans regret. Et ce que je me demande … C’est … Comment être heureux, avec un statut pareil ? En se disant que nous ne sommes que des instruments dispensables et malaimés ? Il y a de quoi devenir fou, non ?

La traqueuse fit une moue, cherchant quoi répondre … Et rien ne lui vint. Du tout. Elle avait plaqué prestige, étiquette, noblesse et raffinement pour la vie de chasseuse de monstres … Et si elle ne l’avait quasiment jamais regretté, elle devait bien avouer que l’homme avec lequel elle passait ses jours y était pour quelque chose. Quant à la période « avant » cela … et bien. Elle avait enduré les remarques, parfois les insultes gratuites ou les refus d’hébergement sans trop relever. Elle pouvait comprendre. Après tout, elle était probablement issue de la tranche de population qui détestait le plus ce qu’elle faisait. Elle vit son amour sourire, à la perspective qu’il avait réussi à lui poser une belle colle, mais ni l’un ni l’autre n’eut besoin ou envie de dire quoi que ce soit.

La blonde finit par soupirer, et s’appuyer un peu sur le torse de son amant pour se mettre debout dans le lit, au-dessus de lui. Passant ses mains à sa ceinture, elle défit cette dernière et l’envoya sur le sol de la chambre. Elle fut rapidement rejointe par le pantalon, dont les lacets qui permettaient la fermeture furent défaits en un rien de temps. Voyant le spectacle, le bouffon arqua un sourcil, souriant un peu avant de prendre un air peiné.


Hey … Pour une fois que je réfléchis à un truc profond, tu pourrais au moins essayer de m’aider à trouver une solution au problème, non ~ ?
Se rasseyant sur le bassin de son amour, l’hybride eut un petit sourire en coin en constatant que malgré ses protestations, il n’était pas … Entièrement opposé aux autres projets qu’elle avait en tête. Retournant sa chemise pour la faire passer par-dessus sa tête et l’envoyer derrière elle, elle se pencha sur lui, l’embrassant de nouveau. Je pourrais. Mais on peut aussi réfléchir en faisant autre chose, non, monsieur Mandrake ?

Il aurait bien répliqué quelque chose si les doigts de sa douce n’avaient pas été en train de s’occuper de son pantalon à lui depuis quelques instants déjà, et que d’un mouvement ascendant, puis descendant du bassin, elle ne les avait unis charnellement. Il se contenta donc de lâcher un chaud soupire, avant de poser ses mains sur les cuisses pâles de sa douce … Ils pouvaient tout aussi bien ne pas réfléchir du tout et faire autre chose, à la réflexion.

Lorsque, ayant enfin comblé ses sens et ceux de son amant dans une délicieuse volupté, la jeune femme s’allongea doucement sur celui qu’elle aimait, le soleil de fin d’après-midi commençait déjà à se rapprocher dangereusement des montagnes qui, de leur point de vue, marquaient la ligne d’horizon. Le souffle court et la peau moite, elle se décala simplement de manière à se tenir à côté de son aimé, posant sa tête sur son torse et un bras sur son ventre. L’oreille collée contre sa peau, elle ferma les yeux, se laissant aller à un plaisir exclusif aux demoiselles elfes … écouter le corps de leur amant. Bien sûr, il était simple, dans cette position, d’entendre le cœur d’un homme battre. C’était valable pour les représentants de toutes les races, humains, elfes, orques, hommes-bêtes ou nains … Nephylims. Mais, dotés d’une ouïe presque surnaturellement développée, les membres du peuple elfique n’entendaient pas que le cœur. Ils percevaient … absolument tout. Le déplacement du sang dans le corps, dans les veines et les organes. Les contractions, volontaires ou non, de certains muscles à l’intérieur du corps, même en période d’inactivité comme à l’instant. Le sifflement diffus de l’air qui rentrait et sortait des poumons, rencontrant au passage une résistance trop faible pour être perçue par le commun des mortels … Mais tous ces bruits étaient rassurants, pour elle. Même si l’homme qu’elle aimait avait des crocs de félin, et des yeux qui s’en rapprochaient dangereusement depuis quelques années, il était toujours vivant … Et cela suffisait à la traqueuse. Ayant fermé les yeux à cause des rayons de soleil qui arrivaient en plein dedans, elle soupira doucement, se mettant à tapoter un rythme connu d’elle seul sur les abdominaux finement sculptés de son chéri. Rouvrant un œil, elle le leva cependant, le posant sur le visage de celui qu’elle aimait. Il la regardait depuis visiblement un petit moment, et fit un grand sourire en la voyant lever l’œil vers lui.


Tu sais … Je pense que je n’arriverais pas à trouver de réponse à ta question.
Pour sûr, si tu continues à nous distraire tous deux de nos réflexions avec des stratagèmes si diaboliquement plaisants ~
Elle lui frappa le ventre du poing, plus pour rire que par réel énervement, avant de reprendre. Je voulais dire « pas de réponse générale ». Au jour le jour, je ne sais pas comment le chasseur de monstre lambda fait pour être heureux. Je ne sais même pas si la plupart le sont … Mais moi, je sais pourquoi je le suis.
… Grâce au champagne ? Nouvelle tape, qui fit rire le bouffon aux éclats.
Idiot. Ma raison d’être heureuse, je suis allongée dessus … Et non, je ne parle pas du lit, même si faire l’amour dedans est une expérience que je répèterais volontiers. Je parle de l’homme qui m’accompagne, presque où que j’aille … Avec lequel j’ai de longues discussions à certains moments, et des moments de silence complice à d’autres … Dans les bras duquel je me sens femme, moins que tueuse ou mercenaire … Avec qui j’ai pour le moment passé la majeur partie de ma vie … Et avec qui je pourrais être heureuse, et pour toujours.
[b]Même si tout le reste nous déteste cordialement ?
Nath’ … Nath. Je ne pensais pas avoir besoin de préciser que moi non plus, je n’en avais absolument rien à faire, des autres et de leurs avis … Je sais que je pourrais passer l’éternité à être heureuse, tant que je la passe avec toi. C’est ça, ma réponse.
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MessageSujet: Re: évoluer dans les ombres   évoluer dans les ombres EmptySam 13 Mai 2017, 21:17

Plus que la lumière du soleil – qui lui tombait pourtant directement sur le visage – ce fut un poids oppressant au niveau des jambes qui tira progressivement la blonde du sommeil. Son esprit comateux mit quelques longs instants à comprendre d’où venait cette sensation étrange de flottement … Elle était dans un lit, tout simplement. Se redressant très légèrement, elle regarda ses pieds, se demandant ce qui provoquait cette gêne sur ses membres inférieurs … La réponse avait la forme d’une boule de fourrure d’un bleue très sombre, qu’un arc électrique silencieux remonta silencieusement au moment où la chasseuse posa les yeux dessus. Sentant enfin de l’activité du côté de sa maîtresse, Oor’ka, qui s’était lui aussi endormi, se redressa un peu et s’approcha, marchant dans le lit à côté d’elle pour rejoindre son visage et passer un coup de langue dessus. La semi-vampire rigola légèrement, tournant la tête sur le côté alors qu’elle cherchait doucement à repousser le museau d’une main … Ce dernier était plus pointu que dans ses souvenirs. A cette pensée, elle cessa petit à petit de rire, se tournant de nouveau vers l’animal pour le dévisager. C’était sans compter la volonté de ce dernier, qui voulut se frotter à sa joue : il fallut quelques instants, et poser les deux mains sur les joues de son familier pour que l’elfe de brume ne puisse en obtenir un relatif calme. Elle remarqua d’ailleurs à cette occasion qu’un bandage lui enserrait le bras, et que les mouvements étaient quelque peu douloureux, mais pour le moment, elle s’intéressait surtout à son animal de compagnie. Oui … Il avait grossi. Grandi. A peu près aussi grand qu’un chat bien en chair, il était passé à un chien, et de belle taille encore … Pourtant, ils n’avaient étés séparés qu’un mois. Un mois … la traqueuse se laissa retomber dans les draps en réalisant. Elle sentit le museau pointu venir se réfugier une fois de plus dans son cou, mais ne fit pas d’efforts pour l’en déloger cette fois, et se contenta de glisser ses doigts dans la sombre fourrure pour la caresser avec tendresse. Elle était vivante. De retour en sécurité. Et visiblement, on prenait au moins un peu soin d’elle … Elle laissa un soupir de soulagement lui échapper.

Rouvrant cependant rapidement les yeux, elle renifla, avant de tourner la tête. Sur la commode qui servait de table de nuit, une miche de pain ronde, qui sentait très bon. Il fallut ce stimuli à la vampire pour qu’elle réalise qu’elle avait affreusement faim : se saisissant du pain, elle l’observa un instant à peine, avant de le rompre pour mordre à pleine dents dans un morceau. Sentir, au milieu de la mie, des lardons céder sous ses crocs rehaussa encore un peu le plaisir pourtant simple qu’elle avait à se nourrir, et en quelques minutes à peine, elle avait dévoré l’entièreté de l’aliment. Ce n’était certes pas « raisonnable », mais elle avait jeûné un peu trop longuement, et à force de reprendre un morceau sans forcément surveiller ce qu’il restait de la miche entière … Enfin. Elle regretta en revanche l’absence totale d’eau dans la pièce : si quelqu’un avait pensé à elle, il n’avait hélas pas tout prévu … enfin, elle verrait un peu plus tard. Pour l’heure, elle ouvrit surtout le col de la chemise de nuit qu’on lui avait passé, observant un peu à l’intérieur … Des bandages. Se contorsionnant pour rentrer un bras à l’intérieur du vêtement et tâter ses plaies, elle constata que les bandages étaient relativement frais, et propres. Elle avait dû recevoir la visite d’un médecin … ça allait de pair avec l’idée qu’on la laisse libre de ses mouvements, avec son familier et de la nourriture, dans ce qui ressemblait plus à une chambre d’auberge qu’une clinique, ou une cellule. Elle nota d’ailleurs que Sanguine était posé sur le meuble non loin de là, et un gros sac se trouvait dans un coin de la pièce, également. Laissant finalement sa tête retomber sur l’oreiller, elle laissa passer quelques minutes, regardant le plafond en se reposant … Puis, luttant un peu pour s’extirper de la couverture sur laquelle se tenait son familier, elle sortit finalement du lit, et rejoint, pieds nus, la porte de la chambre. L’ouvrant avec douceur et se tenant au battant, elle vit une femme, d’âge moyen, qui montait visiblement la garde. Cette dernière, sursautant presque, fit aussitôt un garde à vous que la blonde trouva ridiculement peu appropriée.

Bonjour !
Bonjour … Elle avait la voix enrouée. Après ce qu’elle avait vécu, et vu qu’elle était encore bien loin d’avoir récupéré, ce n’était pas étonnant. Vous surveilliez que je ne m’échappe pas ?
Au contraire madame, j’empêche quiconque de pénétrer la chambre sans l’autorisation du capitaine. Il a ordonné que je me mette à votre disposition si vous vous éveilliez avant ma relève.
Je vois … Dans ce cas … Vous pourriez aller me le chercher ? ça, et avant, une carafe d’eau.
Je peux même demander un repas complet si vous voulez ! A ce qu’il paraît, vous l’avez bien mérité !
La semi-vampire eut un petit sourire, et hocha doucement la tête. Faites donc, oui … Je retourne me coucher, moi …
Entendu ! A tout de suite ! Et … On m’a raconté ce que vous avez fait …Bien joué, m’dame.
Merci.

Refermant tout doucement la porte, l’hybride retourna s’installer sous la couverture sans se presser, s’y roulant en boule en soupirant. A la réflexion, elle avait presque de nouveau envie de dormir … La pensée d’être piégée temporairement dans un corps de petite vieille lui traversa l’esprit, et la fit rire tout doucement. Fermant les yeux, elle soupira … Un instant plus tard, la porte s’ouvrit de nouveau, mais ni la blonde, ni la garde ne dirent quoi que ce soit. Feignant le sommeil, l’elfe de brume l’écouta s’approcher d’elle et poser un lourd plateau sur la commode, tentant de se faire la plus discrète malgré son uniforme, avant de repartir en fermant la porte. Rouvrant les yeux, elle se releva pour aller vérifier que la porte était bien fermée … Avant d’ouvrir sa fenêtre pour refermer ses volets, et retourner dormir un peu.

* *
*

Comme je vous dis : impressionné. Attendez, qu’est-ce qu’il avait dit exactement … Ah. Le capitaine claqua des doigts avec un sourire, et contrefit sa voix, la rendant plus grave, âgée, et quelque peu dissonante. « J’vais être honnête avec vous, capitaine. J’m’en cogne de savoir si vous chiez de l’or, et même si yen a 10 fois trop pour me payer mes services. Si j’avais pas pu sauver celle-là, j’aurais pas pu. Mais la con de toi, cette oreille en couteaux elle est solide. ‘Jamais vu ça. Les soldats disent que quand ils l’ont récupéré, elle était encore prête à s’bat’ ? Beh ça m’étonne pas. Ces élus, ‘y sont pas humains. Déjà, l’aut’ fois, quand j’avais pansé c’t’espèce de grand homme-chat, là … Mais elle ? C’d’la graine de survivante. Comme j’vous l’dis. » J’ai rarement vu un médecin militaire faire ce genre de … compliments.
Sans rire… « Oreilles en couteaux ». ça fait longtemps qu’on ne m’avait pas appelé comme ça, tiens.
Je n’en doute pas. Comment vous vous sentez ?
Rafistolée. Prête à me reposer encore quelques temps. Je suppose que vous avez récupéré toutes les notes que j’avais avec moi ?
Effectivement. Je n’ai pas encore tout regardé en détail, mais ça lève énormément de zones d’ombres sur ce que planifie Fuyu … Et sur ses ressources. Vous avez dû vous battre pour obtenir les infos, par contre ?
Pas vraiment : j’ai joué au bluff, et ça a marché. Ce ne sont pas des originaux : j’ai pratiquement tout recopié moi-même. Par contre, j’ai rencontré votre aîné. Disons que le bluff a cédé … assez vite.
C’était à prévoir, oui. Je n’ai aucun retour concernant son décès …
Et bien … Je suppose qu’on l’a pris en charge assez vite.
Vous l’avez vaincu ?
Non, il m’a écrasé sous sa botte et je suis morte là-bas. Le capitaine fronça les sourcils, et l’elfe secoua un peu la tête en faisant signe de laisser tomber. Désolée. Mais oui, je l’ai vaincu … Non sans mal. Je doute qu’il puisse se servir d’un sabre à nouveau avant la fin du conflit.
Et bien … En un sens, c’est plutôt bon à savoir. Et vous ?
Je devrais être sur pied en une question de jours … Probablement totalement remise dans quelques semaines. Je ne sais pas si je participerais plus activement au conflit … à voir.
Mhhh … A ce sujet, le président a mis fin au référendum sur notre alliance avec Seika. Il s’adressera à la population dans quelques heures. Vous vous sentez de vous y rendre ?
… Pourquoi pas. Ça peut toujours m’intéresser, après tout.


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