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Retourner dans le froid
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MessageSujet: Retourner dans le froid   Retourner dans le froid EmptyDim 20 Aoû 2017, 01:45

Spoiler:
 

… Si c’est une farce … Je la trouve d’un mauvais goût certain.
Je peux vous assurer que c’est pourtant tout à fait sérieux.
La blonde laissa un regard glacial tomber sur le commandant Tazuma, qui lui fit probablement prendre pleine mesure de l’agacement que ressentait l’élue. Alors c’est encore pire.

Laissant sa tête partir vers l’arrière, la traqueuse ferma les yeux, soufflant un peu par le nez et cherchant à se détendre. On la laissa faire sans dire mot. Mais pourtant, elle ne parvint pas le moins du monde à se relaxer … Et il y avait peut-être de quoi.

Jambes croisées, mains fourrées profondément dans les poches de son éternel grand manteau, la traqueuse semblait de plus en plus encline à quitter sa chaise, puis le bâtiment … Peut-être aussi la ville et le pays, tant qu’à faire. Non pas, bien sûr, qu’elle ait le moindre projet de trahir sa nation : elle avait trouvé dans cette patrie d’accueil un endroit où elle se plaisait …Dans une certaine mesure. Mais autant elle n’était pas du style à se mêler de la politique et des machinations qui y prenaient place en permanence … Autant certaines décisions que prenait l’élite dirigeante du pays lui donnaient envie de claquer la porte au nez des militaires face auxquels elle se trouvait, et de tailler la route, seule. Ou presque … Laissant une main tomber d’une de ses poches, elle laissa ses doigts plonger dans la fourrure bleue d’Oor’ka. Ce dernier, calmement allongé à côté d’elle, se suréleva légèrement pour mieux profiter de la caresse. La sensation de ses poils quelques peu rigidifiés par le courant électrique qui les parcourait était étrange … mais elle appréciait. Finissant par poser de nouveau ses iris fatigués sur ceux qui étaient installés de l’autre côté du bureau, la chasseuse de monstre fit un point mental de la situation.

Face à elle, l’officier Matsuo, responsable du poste de garde de Kansei où elle se rendait régulièrement … en particulier pour les quêtes qu’ils lui confiaient, en moyenne une fois tous les deux mois. Il y avait quelques mois, justement, elle avait à cette occasion également fait la connaissance du jeune commandant, à l’époque capitaine. Ce dernier l’avait envoyé à Fuyu, dans un endroit relativement sécurisé et surtout très éloigné de Minshu, pour récupérer des informations … Et elle s’était acquittée de sa mission. Avec un certain brio même, puisque le capitaine avait, grâce à elle, pu monter en grade dans les semaines qui avaient suivi. Et elle ? Et bien … elle avait eu droit à une réhabilitation « aux frais de la princesse », comme diraient certains. Elle avait eu droit à quelques équipements plus ou moins sympathiques. Elle avait eu droit à de l’argent. Et le jour où elle était sortie de la perte de conscience, longue de trois jours, dans laquelle la fatigue de sa quête l’avait plongé … Elle avait vu le président déclarer qu’il se retirait de la guerre pour venir s’allier avec on ne savait trop qui, les membres d’une île dans le ciel. Qu’il était agréable d’apprendre qu’on avait risqué sa vie pour rien … Mais la sinistre plaisanterie ne s’arrêtait visiblement pas là. Le gouvernement de sa nation, préférant éviter d’être pris au dépourvu au dernier mouvement, avait décidé de renvoyer des gens, plus particulièrement des élus, chercher des informations sur les mouvements militaires des deux autres nations … C’était idiot, dangereux, et particulièrement ironique, aux yeux de la traqueuse. Un peu le même style d’ironie que quand son premier amour lui avait bel et bien prouvé qu’il était prêt à mourir pour elle.

Juste pour être bien certaine : le président ne compte pas faire de déclaration pour informer la population que Minshu va bientôt se séparer du continent et que nous serons définitivement débarrassés de Fuyu et Seika sous peu, n’est-ce pas ?
Ah ! Pas mal celle là ! Hein commandant ?
Si seulement c’était possible … Mais les dragons et les phénix ne sont pas connus pour se laisser arrêter par un océans.
Quel dommage. Tournant la tête sur le côté pour arrêter de fixer les yeux noirs du commandant, la traqueuse observa un peu l’extérieur, par la fenêtre du bureau dans lequel ils se trouvaient. Dommage, il n’y avait pas vue sur la rue. Je suppose que Seika n’est pas au courant de la manœuvre du tout … Vous pensez qu’ils le prendront bien ?
Nous souhaiterions surtout qu’ils ne soient jamais au courant de quoi que ce soit, concernant cette opération.
Voyez-vous ça … Et après on se demande pourquoi nous avons la réputation de lâches.
Hey, ho, ‘ttention à la manière que vous avez de parler de Minshu, hein ?, répliqua l’officier avec une pointe de colère. La blonde n’y prêta même pas attention.
Qu’ils qualifient nos méthodes avec les adjectifs qui leurs plaisent … En attendant, il serait idiot de les laisser guerroyer sans nous renseigner un minimum sur leurs intentions à court et moyen terme. Et nous avons besoin de personnes compétentes pour effectuer ce genre de tâches.
Donc vous faites appel à moi …
Pas que, bien sûr. Mais moi, oui, j’ai pensé à vous Valentine.
La traqueuse se frotta l’arrière du crâne avec un air ennuyé pendant quelques instants. Je ne sais pas si je dois me sentir complimentée, ou manipulée.
Si ça vous déplaît tant que ça, refusez, et puis on arrête là.

Là, le commentaire fit lever un œil à la traqueuse, même s’il ne modifia en substance aucun trait de son visage. Pouvait-elle se dire étonnée d’une telle réponse ? Oui, sûrement. En revanche, en soit, la phrase ne lui avait fait ni chaud ni froid. Elle hésitait déjà à faire ce choix depuis plusieurs minutes désormais, et l’idée de refuser en bloc lui était venue dès le début … Qu’on lui propose ou qu’elle y pense d’elle-même ne changeait pas grand-chose. Finissant par un peu se masser le visage, elle soupira dans ses mains, yeux fermés.

Je pense que j’ai besoin d’un thé.
Matsuo, si vous voulez bien …
A vos ordres …, laissa échapper l’officier sur un ton qui marquait bien son déplaisir.

Son commandant ne releva cependant pas, et le laissa sortir de la pièce pour s’éloigner dans le couloir. Se tournant vers la traqueuse, il croisa les doigts, et posa son menton dessus en l’observant. Elle-même ne changea pas le moins du monde de position, se contentant de soutenir son regard inquisiteur sans rien rajouter. Quelque part cependant … elle fut assez satisfaite lorsqu’elle comprit que l’homme face à elle n’était pas dupe.


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MessageSujet: Re: Retourner dans le froid   Retourner dans le froid EmptyDim 20 Aoû 2017, 01:45

Vous vouliez me parler seul à seul ?
Peut-être … Commandant, sauf votre respect, je n’ai qu’une envie à l’heure actuelle.
Partir en claquant la porte ?
Partir après vous avoir claqué vous. Voyant qu’il allait répondre, elle leva le doigt pour lui intimer le silence, enchaînant. J’ai été absente pendant un mois, et privée de la compagnie de la seule créature qui partage ma vie actuellement. Comme s’il savait qu’on parlait de lui, le quadrupède bleu bailla, et frotta un peu sa tête à la jambe de sa maîtresse. J’ai moisi dans le fond de la calle d’un bateau clandestin. Je me suis introduite dans une forteresse ennemie, j’en ai combattu l’officier dirigeant qui a failli me tuer, et je me suis enfuie, dans le froid et la neige, en espérant ne pas tomber inconsciente d’anémie, d’hypothermie ou d’hypoglycémie en cours de route. Oh, et un élu que j’ai croisé a failli me couper en deux au passage. Et après avoir fait tout ça, lorsque je reviens … On m’annonce que ça n’a servi à rien ?
Ca n’a pas servi à rien, c’est –
J’aurais pu mourir, là-bas. Sur votre ordre. Comme pour appuyer le mot, la chasseuse de monstre tapa sur le bureau avec son index, l’air grave. J’aurais pu être capturée, torturée, puis exécutée pour m’être introduite en territoire ennemi avec l’intention d’y voler des informations tactiques de haute importance… Ou juste parce que j’ai votre dieu serpent tatoué dans le dos, à vrai dire. Et lorsque je reviens, nous ne sommes … « plus en guerre ».
Je sais tout cela, Valentine.
J’ai de sérieux doute, commandant. Vous avez « pensé à moi » … Touchant. Vraiment. Mais je pense que vous n’avez pas spécialement pensé au fait que j’aurais du mal à accomplir un travail pour un pays qui ne me donne pas l’impression d’en valoir la peine …
Le commandant attendit un petit moment avant de répondre … Et lorsqu’il le fit, ce fut d’une voix las, mais amusée. Je comprends. Et pour être honnête … Je suis un militaire. Lorsque je reçois des ordres, même s’ils ne sont pas bons, je n’ai pas le droit de les refuser ou contester … à la limite, s’ils sont impossibles, je peux essayer, puis faire un rapport à mes supérieurs. Mais je l’avoue … Certains matins, j’ai du mal à faire ce qui est attendu de moi. Je voulais faire appel à vous parce que vous avez les compétences, l’intelligence, et le talent pour aller en territoire ennemi et en revenir avec la mission accomplie, mais … Si vous refusez, je ne peux que me plier à votre choix, et chercher une alternative.
La traqueuse resta muette, elle aussi. Ce n’était pas ce à quoi elle s’était attendue … C’était mieux que ce à quoi elle s’était attendue. Il avait fait preuve d’assez d’intelligence pour ne pas jouer la carte du patriotisme, de l’importance de sa mission, ou autre … Il s’était contenté de dire que, d’une certaine façon, il la comprenait. Bon … Mettons que je place de côté toutes considérations politiques ou espoirs déçus … et qu’on aborde le sujet comme si j’étais juste une mercenaire que vous pourriez acheter contre une certaine somme.
Vous … Voulez monnayer cette mission ? demanda le commandant en haussant un sourcil, surpris. La blonde eut un petit sourire voilé par son masque.
Pourquoi pas ? C’est un travail que vous m’envoyez faire … et je n’ai jamais entendu parler de l’idée que « élu » devait rimer avec « bénévolat ».
… Je suppose que de ce point de vue, effectivement … Donc vous voudriez quelque chose en plus de la récompense de base de la mission ?
Ou à la place, vu ce que j’ai en tête.
Mhh … Je vois. Et combien coûterait ce à quoi vous pensez ? 4, 5000 yens ? en guise de réponse, le militaire vit la chasseuse de monstre lever une main, paume vers le ciel, et faire signe avec les doigts de monter. … 10 000 ?
Vous pouvez encore augmenter. Soutenant le regard de l’officier pendant quelques instants, elle finit par ajouter. Enfin, je pense que vous pouvez encore augmenter … Je voudrais une maison dans la capitale. Les prix que j’ai vu pour ce que je cherchais étaient aux alentours de 20 000. Penchant la tête sur le côté, elle observa le commandant, qui devenait à moitié livide. Rigolant devant sa déconfiture, elle se redressa un peu sur sa chaise, avançant même le torse pour poser les coudes sur ses genoux. Cela va faire … Entre 3 et 4 ans que je vis sur Kosaten, environ 2 ans que je sers Minshu activement … Et pourtant, je n’ai toujours pas la trace d’un domicile fixe. Donc … Je dispose de quelques économies … Mais une maison ne se meuble pas toute seule, et j’aimerais pouvoir être sûre de pouvoir m’acheter deux-trois choses histoire de remplir, une fois que je l’aurais … Sans parler bien sûr de manger au quotidien, ce genre de choses.
Je ne suis pas certain de pouvoir débloquer tant de fonds pour une seule élue … Vous n’espérez tout de même pas que je paie de ma propre poche ?
La semi-vampire haussa les épaules. « Vous avez pensé à moi », malgré l’état dans lequel vous m’avez vu revenir de ma précédente mission, et sans prendre en compte au préalable l’idée que peut-être, servir « ma » nation était descendue extrêmement bas dans mes préoccupations … Et puis, sans remettre en cause vos compétences. N’est-ce pas grâce à moi que vous êtes devenus commandant, depuis notre première rencontre ? La paie doit tout de même être meilleure que celle d’un capitaine … N’est-ce pas ? Un silence tomba sur la pièce, alors que le militaire, qui avait joint les mains, réfléchissait. La blonde garda elle aussi les lèvres closes durant un moment … Jusqu’à ce qu’une de ses oreilles ne tique. Matsuo sera de retour dans un instant, il marche vers la porte actuellement. Votre réponse ?

Le commandant ne répondit rien, voulant prendre quelques secondes supplémentaires pour réfléchir … Mais il n’en eut, au final, pas le temps : la poignée de la porte tourna sans délicatesse, et le vieux milicien qui se trouvait derrière la franchit, un plateau avec une théière et trois tasses posé sur la main. Faisant quelques pas et dépassant Valentine, il fronça les sourcils, observant les deux individus.

Alors, c’est décidé ? Vous la prenez, cette mission, Valentine ?
Je ne sais pas, à votre supérieur de me le dire.
Le natif fronça les sourcils, et se tourna vers ledit supérieur, fronçant les sourcils. Ce dernier sembla encore un peu réfléchir … Puis soupira. Il semblerait effectivement que vous partiez pour cette mission, oui … Mais je ne vous pensais pas comme ça, Valentine.
… D’quoi vous parlez mon commandant, au juste ?

Se levant, la blonde se saisit d’une des tasses, dans laquelle elle versa elle-même une pleine mesure de thé brûlant. Soufflant doucement sur cette dernière, elle déglutit un instant … Puis, renversa la coupelle quasiment d’une traite, ingérant l’intégralité de la boisson pour en poser le récipient sur le plateau.

Commandant Tazuma, si je puis me permettre … Vous ne me connaissez pas … Vous ne connaissez qu’un très vague aperçu de mon passé … Et je pense que vous n’avez jamais entendu que le nom de mon ancien métier. Ni la définition qui allait de paire, ni les problèmes qui l’accompagnent … ni même sa réputation des plus détestables. Se tournant vers son familier, la chasseuse de monstres attendit que deux prunelles d’un bleu électrique ne se tournent vers elle pour faire un petit geste du menton, lui intimer de se lever. Sur ce … je vous ferais parvenir mes informations dès mon retour.
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MessageSujet: Re: Retourner dans le froid   Retourner dans le froid EmptyDim 20 Aoû 2017, 01:46

De ce qu’on lui avait dit, il avait fallu un travail de titan pour remettre en état le manteau de cuir noir dans lequel elle avait effectué sa première mission à Fuyu. Ce dernier, lourdement endommagé et tâché de sang sur tout un flanc, avait été particulièrement difficile à récupérer … Pourtant, l’artisan qui avait réalisé cette tâche l’avait fait, et avec un talent remarquable. Alors qu’elle marchait dans la neige, et observait quelques peu les endroits où, quatre mois plus tôt, elle avait essuyé des coups de sabres dont elle pouvait presque encore sentir la morsure, elle ne voyait pratiquement pas les traces de reprises. De même, il n’y avait aucune différence de couleur entre le cuir épargné, et celui qu’elle avait tâché de son sang. Et en soit, c’était une bonne chose … Passer inaperçue était des plus complexes, lorsqu’on donnait à n’importe qui l’impression qu’on avait tué quelqu’un récemment sans se changer. La grande raison pour laquelle elle préférait cette veste à la sienne, ici, était qu’elle était doublée et épaisse, parfaite pour les grands froids. De plus … Dans son dos, un dragon bleu, symbole du royaume nordique, était brodé. Ce symbole, peu discret, se superposait parfaitement au tatouage de serpent qu’elle portait sur sa peau … Et le dissimulait, bien entendu. En clair, le premier des simplets n’irait en aucun cas la questionner d’emblée sur sa nation. En prime, elle avait pris la peine, comme à sa dernière mission, de teinter la couleur de ses cheveux et de ses pupilles, changeant les premiers en noirs, et les secondes en rouge écarlate. Et comme la dernière fois … elle avait retiré ses piercings, et son masque de tissus. Agir à visage pour se rendre méconnaissable … cette ironie lui plaisait de plus en plus.

Sa tenue avait parfaitement rempli son rôle de passe-partout lorsqu’elle avait dû traverser la frontière, et se rendre dans un petit village Fuyujin non loin de l’endroit qu’elle comptait « attaquer », même si le terme était ici incorrect. Certains habitants avaient même deviné, soit à son attirail, soit à son familier des plus atypiques, qu’elle était élue : on lui avait offert une réduction de tarif pour séjourner dans une des auberge du patelin. Partout où on lui demandait son nom, elle donnait celui de Morlun. Quelques rares individus avaient déjà entendu parler d’un élu avec un tel nom, mais aucun n’était capable de voir à travers le subterfuge : il n’avait jamais dû se rendre à un endroit aussi peu signifiant. Sur son monde d’origine, où elle l’avait traqué pendant des siècles, la blonde avait appris qu’il n’appréciait pas grand-chose de moins que de se vautrer dans le luxe, et qu’il avait une haute estime de lui-même, à un point rendant le personnage entier exécrable d’ailleurs. L’idée qu’il s’attarde en rase campagne ne seyait donc pas beaucoup avec son caractère … du moins, plus maintenant qu’il était redevenu puissant. Autre bon point pour la traqueuse : le récit des incidents survenus dans le fort au niveau de la rivière glacée n’était pas arrivé jusqu’ici … elle pouvait donc agir sans être inquiétée, sa couverture ne risquait pratiquement rien. A moins bien sûr que le vrai Morlun ne vienne jusqu’ici, ou qu’elle-même ne fasse une erreur … Mais elle était suffisamment sur ses gardes pour éviter la seconde option.

La traqueuse préféra se reposer  quelques jours dans le petit village qui ne se trouvait pas loin d’un important fort frontalier, lequel était déjà soumis à des températures plutôt basses par rapport à Minshu. Elle en profita pour récolter un certain nombre d’informations, par divers moyen, en particulier des ragots de villageois qu’elle écoutait dans les tavernes, mais également une ou deux questions directes qu’elle avait posé à des gardes ou autres, sans bien sûr se montrer trop précise à chaque fois. Parmi les informations en question, elle eut en particulier confirmation de plusieurs rumeurs entendues à Minshu qu’elle avait espérée fausses … Plus spécifiquement, du fait que le roi du pays était un tyran apathique et cruel, ou celui que l’armée recrutait massivement la population, enrôlant pour 5 ans au moins ceux qui voulaient bénéficier d’une éducation gratuite. Pour elle, vieille de plusieurs siècles, et ayant encore quelques millénaires à voir venir, 5 années n’étaient rien dans une vie … En revanche, elle savait très bien qu’il n’en était pas de même pour les humains. Pourtant, elle ne s’autorisa pas un instant à montrer à quel point l’idée la répugnait lorsqu’on l’entretint de ce fait : elle laissa même entendre que les natifs ne semblaient « pas montrer assez d’entrain » vis-à-vis de cette loi. Plus spécifiquement, elle apprit également que bon nombre de manœuvres avaient étés réalisées récemment par l’armée, comme si les soldats cherchaient à démontrer leur présence ou quelque chose de ce genre … Mais quelqu’un laissa entendre que le côté « étrange » de la chose, c’était que ces exercices étaient systématiquement opérés par les mêmes individus. Le fort étant assez grand pour accueillir bien 500 guerriers, il était un peu étrange de voir défiler toujours les 30 mêmes … Notant l’information, la traqueuse remercia le vieil homme qui lui avait fait cette remarque.

Au bout de son 4ème jour en territoire ennemi, elle se détermina un plan d’action simple, mais ayant toutes ses chances de réussir. Le lendemain, un des généraux Fuyujins allait quitter la base, accompagné de nombreux hommes, afin de parader en ville. En même temps que l’opération aurait lieux, elle-même prendrait un chemin détourné jusqu’à la forteresse, s’y introduirait, et irait fouiner dans les documents … Entre sa couverture d’élu Fuyujin, et sa capacité à se rendre invisible, elle doutait d’être dérangée à l’extérieur du fortin, et une fois à l’intérieur, elle aviserait. Malheureusement pour son familier, ce dernier devrait rester dans sa chambre à la taverne … Avec sa tendance à régulièrement se lever pour faire quelques pas, même en espace clôt, il ferait sans mal penser aux clients et au tavernier qu’elle était restée là toute la journée. Oor’ka n’aimait pas être laissé derrière,  mais elle n’avait que moyennement le choix. Lui laissant amplement de quoi manger durant la journée, elle resta à jouer avec lui pendant plusieurs dizaines de minutes, avant même que le soleil ne se lève, puis finit par le quitter doucement, devenant invisible pour sortir par la porte de sa chambre.

Évitant les clients, elle traversa la taverne sans encombre, et ne redevint visible qu’après avoir passé de nombreuses ruelles, une fois certaine que personne ne la voyait. Quittant rapidement la ville, elle remonta un sentier qu’elle avait vu sur une carte durant ses repérages, qui grimpait sur une petite colline, et longeait une forêt surplombant le village. De là, elle eut tout le loisir de voir le contingent de soldats dont elle avait entendu parler s’approcher de la ville … Se sachant surnaturelle par nature, elle n’aurait eu aucun mal à faire une heure de marche forcé dans ce froid glacial avec tout un équipement … Mais elle devait bien donner cela aux natifs Fuyujins : ils avaient l’estomac bien accroché pour parvenir à en faire de même. Se détournant de cette vue, elle passa environ une heure et demi à marcher dans la neige, mains dans les poches, sens aux affuts. Elle détecta de nombreuses traces de vie sauvage malgré le froid hivernal, mais ne rencontra aucun animal. Finissant son trajet en marchant sur une rivière gelée qui conduisait jusqu’au fortin, elle se fondit dans les brumes à quelques centaines de mètres de ce dernier, préférant éviter d’être repérée par une des sentinelles, même si elle n’en voyait aucune pour l’instant. Lorsqu’elle fut au pied de la muraille, elle soupira … lors d’une attaque, les soldats lançaient des grappins accrochés à des cordes, ou dressaient de hautes échelles. Mais elle n’était pas sous la menace d’arbalètes ou d’arcs bandés et prêts à la descendre … Et elle avait tout son temps. Transformant ses mains pour changer ses doigts en griffes tranchantes, elle glissa ces derniers dans les joints épais qui se trouvaient entre les énormes pierres taillées … et commença son ascension, se hissant sans mal. Le mur d’enceinte externe ne devait pas faire plus de 5 ou 6 mètres de haut : ce fut sans difficulté qu’elle parvint jusqu’aux créneaux, où elle vérifia que personne ne la voyait avant de sauter dessus. Elle était toujours camouflée par son pas de brume, mais préférait être sûre … Se rendant jusqu’à une des tours jalonnant le chemin de garde, elle pénétra cette dernière, et descendit le long d’un escalier en colimaçon. Elle était dans la place forte … Le plus dur restait à faire.

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MessageSujet: Re: Retourner dans le froid   Retourner dans le froid EmptyDim 20 Aoû 2017, 01:49

… Réveillez-vous.
Hum … L’homme ouvrit les yeux lentement, reprenant lentement connaissance … Avant de sursauter en voyant les deux prunelles écarlates, et furibondes, qui l’observaient. Ah ! JE … qui …
Une élue du dragon. C’est comme cela que vous montez la garde, soldat ? Endormi dans un couloir ?
Je … Je suis désolé. J’ai été de garde toute la nuit … J’ai peu dormi …
Assez, coupa l’hybride de corruption d’un ton sec. Regardant le garde se décoller entièrement du mur et se mettre dans une posture un peu plus sérieuse, elle tourna la tête, observant le reste du couloir. Le reste de la troupe est partie en ville, m’a dit une sentinelle ?
Oui … Le soldat bailla, mais regretta immédiatement son geste lorsque la traqueuse le fusilla du regard. C’est pour ça que c’est à moi de monter la garde, même si je l’ai déjà fait hier. Je n’ai jamais le droit de faire les parades, de toute manière …
Vu sa voix et le peu de pilosité sur son visage, ce n’était probablement qu’un gamin … Pourtant, la traqueuse continua à jouer le jeu. Avec autant de jérémiades, ce n’est pas étonnant. Qu’importe … c’est à vos supérieurs d’aviser. Où est le bureau du général ?
Heum … Il n’est pas là ?
Merci, lâcha l’hybride sur un ton glacial, montrant même légèrement les crocs au soldat en plissant les yeux, Mais j’ai un message à lui faire parvenir. Je l’écrirais là-bas.
… Un … Message ? Et bien, je pourrais lui donner à son retour …
L’hybride hocha négativement la tête. Normalement, je suis supposée le transmettre à l’oral, mais dans la mesure où cet endroit n’est pas le seul où je dois passer et où il est absent, je lui laisserais simplement un message écrit dans son bureau.
Ah … D’accord … Mais, le message, c’est quoi ?
L’hybride saisit le garde par le col de sa tenue renforcée, et le souleva du sol à une main, le plaquant dos au mur en l’observant dans les yeux. Je ne sais pas où vous avez fait vos classes ni qui vous as permit de les passer soldat, mais vous vous feriez une faveur inimaginable en cessant d’être aussi stupide. Si moi, une élue, suis mandatée par un haut gradé, à savoir le commandant Tazuma, pour transmettre un message à un ou plusieurs autres hauts gradés, ce n’est pas pour que n’importe quel fantassin paresseux et geignard soit au courant. Maintenant, soit vous me conduisez au bureau du général en gardant votre langue dans votre poche, soit je m’attarde ici plus longtemps que prévu, histoire de lui demander en personne de vous faire pendre pour motiver le reste des troupes à travailler dur et éviter à tout prix d’être une larve impertinente et inutile telle que vous. Me suis-je montrée claire ?

L’homme, visiblement terrifié, hocha la tête vivement, coassant quelque chose comme une excuse, ou un « entendu » … Elle n’avait même pas été capable de le déterminer. Lorsqu’elle le lâcha, il tomba à terre, sur les genoux, et eut besoin d’une ou deux secondes pour reprendre son souffle, récupérer son arme, se relever et faire signe à l’élue de le suivre. Lui emboitant le pas, la chasseuse de monstre lutta intérieurement pour ne pas laisser tomber son masque implacable, et lui dire qu’en réalité, il n’avait aucunement à être inquiété de quoi que ce soit … elle se haïssait profondément pour le traitement qu’elle lui infligeait. D’autant plus qu’il ne semblait ni particulièrement patriote, ni un danger pour qui que ce soit … C’était juste un pauvre jeune qui s’était probablement enrôlé parce qu’il n’avait pas vraiment d’autre choix. Cependant, elle ne dit pas un mot, le laissant monter les escaliers ou traverser les couloirs, jusqu’à parvenir à une porte quelque peu décorée.

Et voilà le bureau du général … Tournant la poignée, le garde fronça les sourcils, avant de soupirer en se retournant. Suis-je bête … Il verrouille avant de partir.
Mhh … Il garde la clef avec lui ?
Un double, mais je sais que la personne à la consigne doit en avoir une aussi … attendez, depuis la fenêtre au bout du couloir, on peut voir s’il y a du monde dans le bâtiment ou pas. Si c’est le cas malgré le défilé, on pourra aller la demander … Joignant le geste à la parole, le jeune garde se dirigea vers la fenêtre en question. Sa voix avait des sonorités étranges … Mais la brune n’avait pas le temps de s’en préoccuper.

Elle avait l’intention de voler des documents : s’il y avait la moindre trace que quelqu’un avait emprunté la clef du bureau du général, et qu’on découvrait ensuite des papiers manquant … Elle n’appréciait pas le moins du monde l’option. Lorsque le garde fut assez loin, elle transforma sa main, faisant apparaître ses griffes de traqueuses : l’une d’elles rentra sans mal dans la serrure métallique, la triturant pendant quelques instants … Avec un doigté infini, la chasseuse, qui surveillait du regard son guide, crocheta la porte, finissant par faire tourner le verrou avant même que le soldat ne soit parvenu à la fenêtre. Retirant sa main et lui rendant son aspect normal , elle tourna la poignée, poussant légèrement la porte.

Hey … Voyant qu’il se retournait, elle lui fit signe de revenir. La poignée est simplement grippée, il fallait forcer pour la tourner complètement.
Ah … Je … Tant mieux. Vous … saurez-vous débrouiller ?
Bien sûr. Se retournant vers le bureau, elle fit un pas, mais s’arrêta … Et lâcha un léger soupire. Vous pouvez retourner à votre poste, soldat. Merci.
Je … bien.

Elle comprit enfin ce qui donnait cette sonorité étrange à sa voix lorsqu’il commença à s’éloigner, repartir dans le couloir … Le jeune homme essayait de se retenir de pleurer. Fermant les yeux, elle leva un peu la tête au ciel, se mordant une lèvre à cause de la culpabilité … mais tant pis. Regardant derrière elle pour le voir tourner à l’angle d’un couloir et disparaître, elle s’engagea dans le bureau, fermant la porte derrière elle.

Observant la pièce durant un long moment, la brune laissa ses cheveux et ses yeux reprendre leurs couleurs d’origine, soupirant lourdement. Ce n’était pas comme une magie de camouflage, pour laquelle elle devait en permanence dépenser de l’énergie pour changer, visuellement uniquement, son apparence : le talent qu’elle utilisait modifiait en profondeur son corps. Ses yeux ne se contentaient pas d’apparaître rouges, ils devenaient écarlates … Mais plus longtemps le subterfuge était maintenu, et plus revenir à la normale était difficile. C’était pour cette raison que, tous les soirs depuis qu’elle était arrivée en ville, elle avait retrouvé ses couleurs de base … chaque soir, un peu plus difficilement. Baladant ses yeux dorés sur la pièce, qu’elle n’avait pas besoin d’éclairer grâce à sa vision nocturne et la faible luminosité qu’offrait le cadre de la porte, elle s’avança jusqu’au bureau du général, commençant à inspecter les documents qui s’y trouvaient … Si une grande partie étaient « intéressants » à connaître pour les minshujins, elle ne pouvait cependant se permettre d’emporter trop de rouleaux et autres avec elle : non seulement la chose se verrait, mais en prime, il y avait des chances qu’elle s’encombre pour rien. Elle préférait s’en tenir aux ordres de missions du général, comme demandé … Enfin, si elle mettait la main dessus.
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MessageSujet: Re: Retourner dans le froid   Retourner dans le froid EmptyDim 20 Aoû 2017, 01:51

Tendo se sentait perdu. Le jeune soldat ne savait plus où il en était … et ça ne faisait qu’aller en empirant avec le temps. Marchant lentement dans les couloirs de la forteresse qu’il était supposé surveiller, il ressassait les évènements des 2 derniers jours … D’abord, ses parents lui apprenaient par courrier que sa petite sœur était morte. Secoué par la nouvelle, il avait demandé à son supérieur de pouvoir partir, au moins quelques jours, pour l’enterrement … On lui avait refusé la chose. Lors des exercices de l’après-midi de la veille, il avait fait plusieurs erreurs d’inattention, qui lui avaient values des remontrances des plus sèches par l’instructeur. En guise de punition, il avait été assigné à la garde de la forteresse durant la nuit, et avait lutté pour ne pas s’endormir à son poste, dans le froid du mur d’enceinte. Lorsqu’il avait cru pouvoir aller se coucher, on l’avait arrêté : la majorité de la garnison quittait le fort pour un exercice. Vu son manque de sommeil, il était dispensé d’accompagner les autres jusqu’au village … Mais n’avait pas le droit d’aller dormir, étant donné le manque d’effectifs. Résultat, il s’était endormi dans ce couloir … être réveillé par cette élue étrange aux cheveux couleur de corbeau avait certes été particulièrement désagréable, mais ce n’était rien par rapport au moment où elle l’avait menacé de mort. Définitivement, il n’était pas fait pour ce milieu, où les hommes étaient aussi impitoyables envers leurs alliés que leurs ennemis …

Descendant les marches grises et polies par l’usure d’un escalier quelconque, le jeune soldat débarqua finalement dans la grande cour de la forteresse, où il resta quelques instants bras ballants, incapable de se dire où il allait se rendre désormais. Il était complètement incapable de se concentrer … La fatigue commençait vraiment durement à peser sur lui. Mais il ne pouvait pas prendre le risque de faire de nouveau une « pause » comme tout à l’heure : il n’osait pas imaginer ce que l’hybride ferait si elle le retrouvait dans la même position que plus tôt. Se servant à moitié de sa lance pour s’appuyer alors qu’il marchait, le fantassin entendit quelqu’un l’appeler, et leva les yeux … La sentinelle, visiblement, qui le hélait depuis le haut du rempart, lui faisait de grands signes. Se prenant l’arête du nez dans les doigts pour les masser, le serrant un peu avant de laisser sa main retomber.

QUOI ?
OUVRES LA PORTE, VITE ! LE GENERAL REVIENT !

Il fallut à Tendo plusieurs secondes pour comprendre ce qu’il venait d’entendre … Avant qu’il n’ouvre les yeux en grand, sursautant presque. Aussitôt, il se mit à courir vers la porte principale du fort, et le mécanisme qui permettait d’ouvrir la lourde double-porte, et laisser passer les cavaliers. Le général, il le savait, était probablement parmi les seuls soldats présents au défilé à être monté, et son armure d’apparat était aisée à reconnaître à distance : si on lui laissait la porte fermée, il pouvait tout à fait s’énerver du manque de réalité dans la forteresse … Et comme de juste, il n’y avait personne au niveau du sol à la porte pour l’ouvrir en cas de besoin. Se plaçant face au gros levier qui commandait l’ouverture de la herse, il attendit le signal pour le tirer de toutes ses forces, le faisant bouger avec un grincement horrible. La double porte s’ébranla et s’ouvrit en une ou deux dizaines de secondes, avant de s’arrêter. Le son aisément reconnaissable d’un cheval au galop se fit entendre, augmentant de seconde en seconde, jusqu’à ce que le général ne pénètre dans la forteresse, faisant faire un tour à sa monture avant de l’arrêter progressivement, puis d’en descendre. Le jeune soldat fit quelques pas, vérifiant que personne d’autre ne le suivait, avant d’enclencher le mécanisme dans le sens inverse. Voyant le général descendre de cheval, il resta quelques instants immobiles … Jusqu’à ce que son esprit embrumé par la fatigue ne parvienne subitement à faire émerger une pensée qui aurait dû lui venir bien plus tôt.

Général !

Se mettant subitement à courir pour rejoindre le haut gradé, qui s’était déjà dirigé vers un des escaliers menant à l’intérieur du bâtiment, le soldat le rejoint en un instant à peine. Mais l’officier ne daigna même pas tourner la tête vers lui.

Occupes-toi de mon cheval.
Général, je … une … Une élue est venue pour vous parler.
Une élue, tu dis … et ça te dispense de t’occuper de ma monture ?
Se tournant un instant vers le cheval, qui fouillait le sol un peu enneigé de la cour pour voir s’il n’y trouverait pas une ou deux pousses fraiches, le soldat se décida à mentir, se disant que de toute manière, son supérieur n’y verrait que du feu. Masako s’en occupe déjà, général. Pour … Pour en revenir à l’élue, elle disait qu’elle avait un message à vous faire passer … De la part d’un des autres hauts gradés de notre nation … hmm …
Et comment s’appelle-t-elle ? De qui est le message ?
Elle ne m’a pas dit son nom … Et … Elle a parlé du … le commandant … … Ta … Tazuma ! Elle a dit que le message venait du commandant Tazuma.
… Tazuma. Elle t’a dit la nature du message en question ?
Elle … a dit que ça ne me regardait pas.
A la bonne heure. Et le message, où est-il ?
Justement … elle a … Insisté pour le mettre dans votre bureau … Mais comme elle le connaissait de tête, il fallait qu’elle le copie … Donc, je l’y ai conduit, et vu que la porte était ouverte …
Le général s’arrêta subitement de marcher. Pivotant vers la recrue, il l’observa un instant, cherchant à savoir s’il était bien sérieux … Puis, subitement, son visage devint le reflet d’une expression de colère pure. Se rapprochant du jeune soldat, il le dévisagea d’autant plus, mais de façon plus inquiétante encore, donnant l’impression d’hésiter avant de l’étrangler sur place. Donc … Une élue dont tu ignores le nom, est venue transmettre une directive, de la part d’un commandant localisé à L’AUTRE BOUT DU PAYS qui est hospitalisé depuis plusieurs MOIS, elle a INSISTE pour aller DANS mon bureau, et tu l’y as laissé là SANS SURVEILLANCE ?
Je … si … Je pensais qu’elle s’était identifiée auprès des sentinelles à l’entrée du fort …
Je vois … J’espère sincèrement pour toi que c’est le cas, parce que sinon, tu
Général ! Un message vient d’arriver pour vous par pigeon voyageur !

Les deux hommes se tournèrent vers le troisième, qui arrivait d’un pas pressé, remontant le couloir où ils se trouvaient. Ils n’étaient qu’à quelques mètres du bureau du général désormais, et Tendo, en l’observant, nota que la porte était toujours ouverte … Se dirigeant vers cette dernière pendant que la sentinelle répétait à l’officier supérieur le contenu du message, le jeune soldat vint pousser doucement le battant. La pièce, sans lumière, contenait toujours l’élue qu’il avait vue plus tôt … encore que ? Ses cheveux étaient devenus d’un blond sale, aux reflets argentés, tandis que ses yeux étaient d’or … L’esprit du jeune homme ne poussa cependant pas plus loin sa réflexion : c’était une femme en train d’écrire quelque chose, ça ne pouvait donc qu’être celle qu’il avait vu plus tôt … en prime, la tenue, la corpulence et le visage étaient exactement pareils. Il se tourna vers le général, un sourire ravi sur le visage, prenant de nouveau la parole.

Général ! La voilà, l’élue dont je vous parlais … Elle va pouvoir tout vous expliquer de vive voix.

Attendant que son supérieur n’arrive, le jeune soldat regarda une nouvelle fois dans la pièce … et son sourire se fondit telle neige au soleil. Plus personne. La chaise, les meubles, tout était à la même place … mais il n’y avait plus d’élue. Se reculant un peu, se frottant un œil pendant un instant avant de regarder un nouveau, il chercha où elle s’était rendue, une explication logique … mais il n’en trouva aucune. Le général, passant à côté de lui, plissa les yeux en regardant la pièce … Puis se tourna vers le soldat. Un instant, ce dernier cru qu’il allait de nouveau s’énerver … mais en réalité, son expression se rapprochait plus de la tristesse.

Tendo … Est-ce que par hasard, tu te moquerais de moi ?
Général, je … C’est … ça n’a pas de
EST-CE QUE TU TE MOQUES DE MOI, RECRUE ?
Sursautant, le soldat hocha négativement la tête, balbutiant. N-non, je … Je ne comprends pas, c’est …
C’est une pièce vide. Une pièce n’ayant qu’une seule entrée, devant laquelle tu te tiens, et dans laquelle il n’y a personne. Ryusaki ? Tu as vu passer l’élue dont il parle ?
… Général … La seule personne à être arrivée au fort cette dernière heure, c’est vous … de la journée même, je pense …
L’officier se tourna de nouveau vers le jeune soldat, le visage dénué d’expression. Tendo, lui, reculait lentement, hésitant. Il ne comprenait plus rien. Ça ressemblait à un mauvais rêve. Il eut même le réflexe idiot, mais visible, de se pincer le dos de la main pour savoir si c’était bien réel … Le général, notant le geste, lâcha finalement un soupire las. Ton oncle serait affreusement déçu par ta conduite, Tendo … Je t’ai accepté ici car c’est un bon ami … Mais j’ai peur que tu sois sans espoir. Se détournant, il rentra dans la pièce. Le jeune homme tenta de balbutier quelque chose, mais il fut coupé par l’officier, qui leva le poing fermé pour lui faire signe de se taire. Rentres chez toi, en ville. Embrasses tes amis, tes proches … et prépares tes affaires. A la première heure la semaine prochaine, tu pars rejoindre les troupes qui seront au front avec Seika. Peut-être que le champs de bataille te mettra un peu de plomb dans la tête.
Général, je …
Silence. Rentres chez toi. C’est un ordre.
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MessageSujet: Re: Retourner dans le froid   Retourner dans le froid EmptyDim 20 Aoû 2017, 01:53

Le jeune soldat avait l’impression de vivre un cauchemar … Et la réalité, elle-même, se déroulait comme dans un rêve. Il se voyait, machinalement, ranger ses effets personnels dans un sac … ces derniers étaient déjà sous clef, dans le dortoir numéro 3 où il résidait, la tâche ne lui prit que peu de temps. Mettant son paquetage sur ses épaules, il ne fit ses adieux à personne dans le fort : ce n’était pas faute d’avoir croisé du monde, y compris Ryusaki, la sentinelle, qui savait … mais il avançait droit devant lui, les yeux fixant le vide, l’air éteint. C’était la goutte de trop, pour lui … Il se voyait déjà, pris jusqu’aux genoux dans un bourbier sanglant, face aux guerriers du phénix. Il savait que les officiers qu’il rencontrerait là-bas seraient pires que ceux qu’il avait côtoyé jusqu’à maintenant. Il savait que les hommes seraient pires également … il était pratiquement certain qu’il allait mourir. Il n’avait jamais été très talentueux en combat … mais une mort par le combat lui semblait trop « propre » encore … S’il était tué … ce serait probablement lors d’un assaut surprise de l’ennemi. Ou sans même être arrivé jusqu’au corps à corps en combat, en prenant une flèche de l’ennemi … Peut-être même de son camp. Il avait entendu parler de batailles où les premières lignes de guerriers étaient presque entièrement décimées par les archers, qui parfois ne faisaient pas de traitement de faveur pour les leurs. Il était encore si jeune … et pourtant, il avait l’impression de n’être rien de plus qu’un mort encore capable de marcher.

Il retourna au village sans la moindre encombre, sans la moindre question … Il croisa, sur le chemin du retour, quelques officiers, qui avaient la permission de quitter le défilé plus tôt pour traiter des affaires importantes à la base. Aucun ne daigna s’arrêter, lui demander où il se rendait. Aucun ne s’intéressait à lui. Il n’était rien. Rien de signifiant. Continuant à marcher, il ne réalisa même pas que la neige s’était remise à tomber, aussi silencieusement qu’à son habitude … Il atteint le village sans réellement pouvoir dire s’il avait quitté la forteresse une minute, ou une heure auparavant. Les rues, ces rues qu’il connaissait comme sa poche et qui lui avaient toujours été familières, lui semblaient froides et vides. Sa porte rechigna à s’ouvrir … Comme d’habitude ? Forçant d’un coup d’épaule, il parvint à ouvrir le battant, et déambula dans son petit appartement … Tout ce que sa solde lui avait permis de se payer. Ce n’est que là qu’il laissa enfin les larmes rouler sur ses joues, alors qu’il laissait son sac tomber à terre … Et lui-même, tombait à genoux. Se prenant la tête dans les mains, il renifla profondément, cherchant à se calmer, retrouver son souffle … Mais il avait envie de hurler. Et les larmes ne cessaient de couler de ses yeux.

Tu ne peux pas savoir à quel point je suis désolée …

Le soldat releva la tête si brusquement qu’il sentit quelque chose dans son cou se bloquer, ou craquer : il n’y accorda pas d’importance. L’élue. Elle était là. A un mètre de lui, à peine. Elle semblait sincère … que faisait-elle chez lui.

Ce n’est pas vrai … Vous … Vous n’êtes qu’un mensonge ! Qu’est-ce que vous faites chez moi !?
Calmes-toi … Je voulais te parler seul à seul. Tu n’as pas été difficile à suivre … écoutes, je … Je ne voulais pas provoquer ça. Je ne pensais pas que ton général rentrerait si vite, et … dans la panique …
Vous mentez … Vous êtes juste une sorcière de la toundra, et vous voulez me tirer dans la tombe ?
Hein ? Je - Oh !!

D’un bond relativement rapide, Valentine avait esquivé la pointe du couteau qui avait bien failli lui ouvrir le ventre. Enfin … elle ne savait pas si une lame si courte pouvait endommager son manteau de cuir, ce dernier restant relativement épais, mais elle ne tenait pas à vérifier. Elle ne s’était pas attendu à ça … Il avait tiré un couteau de son sac. Dents serrées, visage rougi à l’extrême, yeux gonflés de larmes et de haine, le jeune soldat se redressa brusquement, tentant une nouvelle fois de l’attaquer. D’un nouveau pas en arrière, elle esquiva le second coup de couteau comme le premier, surprise de le voir si rapide. Percutant le mur avec son dos, elle expira sous la surprise : son adversaire, la voyait coincée, en profita pour lui fondre dessus, tenter cette fois de lui planter la lame dans le visage plutôt que de l’entailler …

Le revers de la main de Valentine percuta la lame avec un crissement étrange, et l’arme quitta les doigts de son propriétaire dans l’instant, volant à l’autre bout de la pièce. Tendo poussa un cri de douleur, reculant d’un pas, et regarda la brune … une des mains de cette dernière s’était transformée. Ses doigts fins s’étaient changés en griffes, donnant l’impression d’être faites d’os, ou quelque chose de similaire … Peut-être du métal ? Toute sa paume, et peut-être même une partie de son avant-bras avait subi une transformation similaire, lui autorisant des gestes tel que celui qu’elle venait d’exécuter. Un instant, il resta fixe, la regardant dans les yeux … Le rouge sur son visage s’intensifia encore, alors qu’il s’étouffait littéralement de rage sur place. Ouvrant la bouche, il voulut se mettre à hurler … Mais avant qu’il n’ait pu y parvenir, le poing de l’hybride lui percuta la gorge. Il y eut un bruit humide et mou. Le poing … dont un doigt était tendu. Et ce doigt était rentré dans la gorge du jeune homme. Il leva faiblement un bras, gesticulant, reculant d’un pas … Avant finalement que la longue griffe ne déchire encore plus de muscles à l’intérieur, et qu’il ne perde subitement l’équilibre, s’écroulant sur le dos.

Odolstua … Non …

S’accroupissant presque aussitôt à côté de sa victime, la brune tendit une main vers lui … mais ne le toucha pas. Dans ses derniers instants, le jeune soldat, dont la carotide ouverte crachait par à-coup des jets de sangs impressionnants, la fixait avec une intensité morbide … Il tenta de dire quelque chose, mais les paroles furent noyées dans le sang qu’il avait dans la gorge, et il ne parvint qu’à en recracher une partie, qui lui tomba sur le visage. Ses yeux rougis, injectés de sang, la dévisagèrent complètement pendant un instant, la fixèrent … jusqu’à ce que finalement, ses dernières forces ne le quittent complètement. Sa main retomba à terre, inerte, alors que son visage se tournait finalement sur le côté, les yeux toujours ouverts. Lentement, la traqueuse se recula … Jusqu’à laisser ses fesses tomber sur le sol, et s’aider de ses mains, s’éloigner de ce cadavre encore si chaud … Jusqu’à s’adosser à un bureau, une commode … qu’importe. Elle soutint pendant quelques instants le regard torve et vide du soldat mort … Avant de finalement se prendre le visage dans les mains, et de laisser couler ses propres larmes.
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MessageSujet: Re: Retourner dans le froid   Retourner dans le froid EmptyDim 20 Aoû 2017, 01:54

Il s’écoula de nombreuses minutes, presque parfaitement silencieuses, durant lesquelles la semi-vampire ne fit rien d’autre que presser la paume de ses mains contre ses paupières, afin de s’empêcher de les ouvrir … et de voir la réalité en face. Mais lorsqu’elle finit par le faire … Elle eut la sensation très nette d’avoir de nouvelles larmes qui lui montaient aux yeux. Le corps n’avait pas bougé d’un pouce … Elle finit par basculer en avant, s’appuyer sur une main pour pencher son corps … Et lui fermer les yeux, du pouce. Puis, avalant sa salive, elle se redressa finalement … Et souffla longuement pour se calmer. Joignant les mains près de son cœur, les yeux fermés, elle resta ainsi, à genoux à côté du corps … et se mit, presque silencieusement tant elle psalmodiait à voix basse, à prier.

En tant que chasseuse de monstres, la mort était un phénomène auquel la blonde avait été confrontée dans l’équivalent de sa tendre jeunesse … Celle de ses proies, bien sûr, mais également parfois, celles de civils qui étaient emportés par les bêtes qu’elle devait justement pourfendre … ou des collègues, qui avaient pris un contrat au-dessus de leurs capacités. Passé un certain stade, il existait également un point auquel un chasseur, ayant justement fait couler trop de sang corrompu, finissait lui-même par être consumé par les forces de la ruine. A plus d’une reprise de par le passé, elle avait dû mettre fin aux jours de pauvres hères ayant atteint ce stade … Elle-même savait, à une époque, que si elle ne périssait pas lors d’une chasse, elle finirait elle aussi dans cet état. Ce n’était pas une fatalité, mais simplement un fait, de la même manière que chaque mortel est destiné à un jour rencontrer sa fin. Et même si elle avait éprouvé tristesse et regrets à chaque chasseur corrompu aux jours desquels elle avait mis un terme … elle savait qu’il n’y avait aucune autre voie possible. Il n’était pas possible de les faire revenir … et ils étaient trop dangereux pour être gardés en vie. C’était un peu la même chose avec les créatures qu’elle chassait … Ces dernières étaient abattues car elles représentaient une menace sérieuse auprès de la population … C’était elles, ou des humains, elfes, nains innocents … C’était un devoir qui devait être accomplis. La traqueuse avait du sang sur les mains … mais elle n’en éprouvait pas énormément de regrets. Du moins … En général.

Mais ce corps, à quelques mètres d’elle ? Ce jeune homme, avec lequel elle avait parlé, qu’elle avait surpris en train de dormir ? Il ne menaçait personne. Mauvais soldat, sans être un mauvais bougre … il avait juste eu la malchance d’être né au mauvais endroit. Il n’aspirait probablement en rien à une carrière militaire … Et pourtant, elle avait été forcée de le tuer. Parce qu’il aurait pu parler de sa rencontre, la faire découvrir. Il avait déjà presque failli la révéler au général ennemi … Elle ne savait pas dire à quel point elle s’était estimée chanceuse qu’il ne veuille pas croire son soldat, sur le coup. Mais voilà où l’avait conduit cette « chance » … elle venait de trancher la gorge d’un gosse armé d’un couteau, qui avait probablement cru qu’on cherchait à le rendre fou. Oh, bien sûr, lorsqu’elle s’était révélée, un instant plus tôt, ses intentions étaient toutes autres : elle voulait lui offrir, s’il pensait pouvoir tenter le coup, de rejoindre Minshu, de recommencer à zéro là-bas … Et voilà où l’avait conduite sa bonne action. Ou plutôt, la piètre réalisation de cette dernière … quelle idiote, de rompre son pas de brume ainsi … elle aurait dû se douter qu’il ne prendrait pas le temps de discuter avec elle. Et lorsqu’il avait voulu crier, rameuter du monde ici … dans le feu de l’action, elle avait pensé à sa couverture. A ne pas être trouvée. A ne pas attirer l’attention … Le coup était presque plus parti grâce à sa mémoire musculaire qu’à sa réflexion. Et maintenant qu’elle pouvait réfléchir sur ses actes …

Et si ce qu’elle venait de faire la répugnait … Elle se détestait à égale mesure, sinon plus, pour ce qui allait suivre. Tremblant légèrement, elle fit le tour de la commode, et se pencha lentement … Ramassant le couteau à terre d’une prise peu assurée, elle l’observa un instant … Puis retourna auprès du cadavre. Murmurant des excuses sincères, elle prit une grande inspiration … et lui enfonça la lame dans la gorge, à l’endroit où avait déjà pénétré sa griffe. Le bruit mou la dégoûta, et lui donna un haut le cœur … Mais elle parvint tout de même à prendre une de ses mains, tachées de sang, et à la mettre de telle sorte qu’on pense qu’il avait fait ce geste lui-même. Se relevant, la semi-vampire prit de nouveau quelques minutes pour souffler … observant un instant la petite demeure, elle finit par s’y dénicher une plume, de l’encre, et une feuille vierge. Posant cette dernière sur la table, elle hésita un instant … mais finit par tremper la pointe de la plume, et se mettre à gratter le papier.

« Je n’en peux plus.
Je ne peux pas me rendre à Seika … Je sais que je n’y survivrais pas. J’ai déjà tant de mal à vivre dans les rangs de l’armée Fuyujin … notre général me donne chaque jour qui passe l’impression d’être un incompétent, indigne de Long ou de Sul Hei. Je ne sais quoi dire de plus …
J’ai peur. Père … mère … Oncle … Pardonnez mon geste. J’espère que vous me comprendrez. »

Comme si la nature voulait, dans une macabre ironie, assister le geste de la blonde, cette dernier sentit des larmes quitter son visage, et s’écraser sur la feuille. Elle s’en détourna, trop dégoûtée pour tracer un mot de plus. Elle vérifia simplement, par acquis de conscience, qu’elle n’avait pas de trace de sang sur elle, ni qu’elle avait oublié les ordres qu’elle avait eu le temps de recopier dans leur quasi intégralité, dans le bureau du général … mais tout était en ordre. Enjambant le corps et la mare de sang qui s’était formée sous sa tête, l’elfe activa une nouvelle fois son pas de brume, disparaissant dans des volutes de fumées alors qu’elle ouvrait, puis refermait très doucement la porte de l’habitation. Il ne devait pas être loin de midi … Elle sentait des odeurs de nourritures, qui remplissaient l’air. Elle eut un nouveau haut le cœur, et dû se faire violence pour ne pas vomir … Sortant dans la rue, elle rejoint la taverne où elle résidait sans difficultés. Toujours invisible, elle remonta jusqu’à sa chambre, dont elle ouvrit et referma la porte avec des gestes plutôt brusques. Laissant les brumes dissiper leur effet, elle s’adossa au battant, et glissa lentement jusqu’à ce que ses fesses ne touchent terre une nouvelle fois …

Oor’ka, attiré par le bruit, l’avait rejoint à pas feutré, et frotta son museau contre son visage. La traqueuse le laissa faire, dans une certaine mesure, jusqu’à ce qu’il ne devienne trop insistant et qu’elle ne soit forcée de le repousser légèrement. S’il se laissa faire, l’animal pourtant renifla l’air, tournant la tête … Et s’approcha d’un de ses doigts, sortant la langue pour tenter de le lécher. Presque aussitôt, la traqueuse retira sa main, puis l’avança derrière la mâchoire de son compagnon, lui bloquant le crâne en mettant l’autre main au même endroit, de l’autre côté de sa tête.

Non non, mon beau … c’est pas pour toi, ça … Je t’interdis de goûter ce genre de sang. Parce que si tu le fais … soupirant, elle relâcha un peu son étreinte, alors qu’il s’avançait, et venait enfoncer son museau sous l’épaule de la traqueuse. … Si tu goûtes de ce sang-là, il n’y aura plus grand-chose qui te différenciera des monstres que je tuais à une époque … mhhh … Recules … S’il-te-plaît. Voyant que l’animal finissait visiblement par comprendre son ordre, et se désengager, elle soupira, et s’aida de la paroi pour se remettre sur ses jambes, se relever complètement … et souffler par le nez. Il est temps … qu’on rentre à la maison.
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