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Never to Return
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MessageSujet: Never to Return   Never to Return EmptyDim 02 Sep 2018, 15:32

SOLO

Never to Return
Accompagnant ses yeux plissés au possible d’un souffle rauque et saccadé, L’Ange s’était ainsi réfugié dans une cavité peu profonde trouvée à l’aveugle dans la roche, d’où ses yeux sauraient être plus convenablement à l’abri de ces lumières bien trop vives. Entrouvrant ses paupières, elle ne pouvait alors d’abord que constater sa solitude ici, comme quoi rien ne l’avait suivi, ce qui n’expliquait pas plus pourquoi elle était là, où elle était, ou quoi que ce soit vis-à-vis de cette brutale transition. Jetant furtivement des coups d’œil dans la limite du supportable vers l’extérieur, elle se rendit bien vite compte de deux choses : ce qui lui causait tant de tracas était bien le Soleil, brillant d’un éclat qu’elle ne lui connaissait pas, sûrement à cause des cieux plus encombrés de sa région de vie habituelle. Ensuite, elle avait perdu en rampant tout ce qu’elle avait sur elle, étalé çà et là bien exposé à l’orbe de feu céleste qui lui causait tant de torts.

Soulagée, en partie du fait qu’elle ne soit alors visiblement pas menacée sur le champ d’une quelconque manière, Rafael se laissait alors tomber sur le dos, s’affalant dans cette cavité bien à l’ombre qu’elle trouvait jusqu’ici bien à son confort. Elle devait donc avoir bien un peu de temps pour chercher à comprendre, mais les questions se pressaient si vite qu’elle ne saurait pas même par où commencer. Comment était-elle passée des paysages urbains à cette vaste étendue rocheuse ? Quel est ce ciel si bleu, où pas la moindre fumée ne s’élève ? Que fait-elle ici, pourquoi, comment, où ? Tout n’était qu’un vaste chaos, un ensemble de nœuds qu’elle ne saurait démêler.

Cela dit, L’Ange songea bien vite plus à sa capacité à résoudre sa situation qu’à la réponse véritable à cette dernière, et pensa bien qu’avant de chercher à comprendre, elle devrait s’assurer d’être en mesure d’agir au plus vite, ce qui, sur le coup, serait peut-être bien compromis, tant que ses affaires étaient placées anarchiquement dans la poussière, sur les rochers, et un peu partout hors de sa portée. Mais comment les atteindre ? Se jeter à l’aveugle pour les attraper en en mémorisant les emplacements ? Non, il semblait bien plus raisonnable de chercher avant tout les lunettes teintées qu’elle avait quelque part, celles qui avaient plus l’air d’un petit masque de plongeur ou de soudeur. Ce n’est pas la première fois qu’elle avait à se promener dans des lieux trop lumineux pour ses rétines, ce qui la laissait déjà plus apte à agir en conséquence.

Cherchant du regard la petite besace où elle se souvenait les avoir rangées de base, elle se penchait de temps à autre pour une brève recherche de sa position, avant de retourner se cacher à l’ombre des rochers, dès lors que ses pupilles lui laissaient une sensation de brûlure trop intense, soit après finalement de très courtes secondes. C’était laborieux, très laborieux, mais l’on arrive à tout faire avec un peu de temps, et c’est au prix d’un acharnement hors norme que Rafael se mit en tête la localisation de ladite besace pour la mémoriser, ça et un trajet pour retourner ensuite à l’abri. Une lente inspiration alors, de quoi se donner du courage, et il était temps de se lancer.

Elle ferma alors les yeux, visualisant au mieux qu’elle le pouvait ce chemin qu’elle devrait parcourir, puis se jeta en avant, main sur ses paupières fermées pour les garder le plus à l’abri possible, tant la lumière ici tapait fort et lui paraissait vite insupportable. S’y accommoderait-elle seulement un jour ? L’Ange ne pouvait que souhaiter ne pas avoir à le faire. Titubant légèrement, préférant une approche lente pour ne pas rater le coche, mais assez rapide pour ne pas s’éterniser, elle manqua de tomber plusieurs fois, et du étendre sa zone de recherche à l’aveugle pour enfin saisir ce qu’elle reconnu être le contenant, supposé porter l’objet de sa convoitise. Sans perdre plus de temps, elle serra contre elle son trésor du moment et fit l’exact même chemin en marche arrière, plongeant presque dans sa tanière de fortune pour pouvoir y souffler un grand coup.

Un soupir de victoire s’échappa alors de ses lèvres, lorsqu’elle put alors porter à ses yeux son masque aux verres teintés, sorte de lunettes hermétiques placées de manière bien serrée contre le visage. C’était une monture métallique, serrée par une épaisse lanière de cuir, et protégeant les yeux de deux grands et épais verres noirâtres qui ne laissaient que deviner les yeux à l’intérieur. Certes, elle distinguait alors bien moins les couleurs l’entourant, et ne saurait pour autant définitivement supporter la lumière comme si de rien était, mais alors l’ombre passagère de ses mains et les yeux plissés au pire des cas devraient lui permettre d’agir hors de la cavité sans se sentir perdre la vue en tout moment. Et maintenant alors ? Hé bien maintenant, elle avait tout le reste à récupérer, ce qui n’était pas rien non plus, mais au moins, cela devrait déjà aller plus vite.


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MessageSujet: Re: Never to Return   Never to Return EmptyDim 02 Sep 2018, 16:57

SOLO

Never to Return
Elle soufflait encore, partagée entre l’effort, et le besoin d’évacuer un peu de stress, sûrement. Secouant la tête de manière frénétique et vive, c’était comme si elle chassait ses questions aussitôt qu’elle se demandait quoi que ce soit sur ce qui l’entourait, préférant ignorer ces « distractions » avant de se sentir vraiment en mesure d’en chercher les réponses. Malgré cela, une légère angoisse germait lentement, due à ces énigmes qu’on ne pouvait réellement reléguer à l’oubli ou à l’arrière-plan, si bien que si elle ne s’en sentait pas trembler, elle aurait du mal à garder la tête froide bien longtemps à ce rythme.


Profitant encore de sa concentration, elle se lançait à nouveau hors de sa cavité. Cette fois-ci, elle voyait bien là où elle posait ses pieds, n’étant alors qu’incommodée par le Soleil, et non-complètement sous l’effet d’une cécité forcée par le phare lointain. Faisant toujours preuve du même empressement, elle restait très agitée, plus pressée de passer à la suite que réellement forcée par les conditions, et se mettait donc en route en direction de chacune de ses affaires, rassemblant donc tout ce qu’elle avait perdu en se roulant dans la poussière, plus tôt, alors qu’elle était incapable de lâcher ses yeux de ses mains.


Son sac fut sa plus grande préoccupation alors, le reste devenant vite de simples détails, et elle ne perdit pas plus de temps avant de placer son respirateur bien sur sa bouche encore haletante. L’appareil alors plutôt massif s’emboîtait comme naturellement sur les traits de son visage, s’accrochant, lui aussi, par de robustes lanières de cuir, et s’emboîtant presque comme deux pièces de puzzle avec les lunettes déjà portées. Aussitôt l’appareil sur sa bouche, elle ne perdit pas plus de temps avant de mettre en marche la légère ventilation sensée mener à ses nasaux la vapeur de Sel et d’Huile contenue dans le sac, et renouvelée avec le circuit complexe qu’il contenait.


Le but recherché n’était alors pas de se servir de quelconque pouvoir, mais simplement… De respirer cet élément qu’elle inhalait au quotidien, comme un coupe-stress, plutôt efficace finalement, pour l’effet relaxant plus psychologique que biologique qu’il lui procurait. Une faible lueur accompagnait alors les mini-turbines placées dans les circuits au niveau du respirateur en masque, et elle se sentait déjà bien mieux, mais étrangement, cela restait bien différent de ses habitudes, comme s’il manquait quelque chose, mais quoi ? Il était temps de se laisser aller à songer, et de voir la vérité de ses questions bien en face.


Ainsi, s’il était plus légitime qu’autre chose de d’abord penser à où elle était et à ce qui s’était réellement passé auparavant, elle en vint d’abord à s’inquiéter de sa condition. Et alors quoi, pourquoi ne ressentait-elle qu’un léger chatouillement dans son nez et son corps, au lieu de se sentir affluer d’énergie, comme lorsqu’elle se servait normalement du respirateur ? Il n’est pas sensé périmer ou dysfonctionner, et très justement, rien ne laissait penser cela, alors d’où venait le problème ? D’elle ? Incompréhensible, impossible. Et alors comme dans ces moments où elle se sent la plus perdue, c’est cette même voix de raison qui tend à la sortir de sa torpeur.


- Quelque chose te manque, quelque chose a disparu.



Cette voix, qu’elle entendait pour la première fois depuis l’incident de lumière, lui fit un mélange d’effets alors bien distincts. D’abord, c’était un doux réconfort, qui l’enveloppa, alors que cette voix familière résonnait en elle, cette voix si proche d’elle qu’elle venait parfois à se demander si finalement ce n’était pas la sienne, une illusion qu’elle s’imaginait depuis le début. Mais ensuite, c’étaient ses soupçons qui se confirmaient, car pour peu qu’il dise vrai, et ce n’est pas dans son habitude connue de mentir, Nokhoi lui indiquait là qu’elle avait perdu quelque chose. Quelque chose, en si peu de temps, avait cessé d’exister. Était-ce temporaire ? L’Ange ne le sait. Mais avant tout, qu’était-ce ?


Et alors, on en revenait au cœur du problème : que lui était-il arrivé ? Tout n’était qu’incompréhension, comme un cauchemar surréaliste qui lui aurait fait quitter les zones sombres et urbaines de Bel-Aalm pour ses étendues sèches et rocheuses baignées dans la lumière ardente du Soleil. Quelle fut cette première lumière d’alors, que fut à l’origine de cette transition inexplicable ? Qu’est-ce qui avait changé, qu’est-ce qui n’avait pas changé ? C’en était grisant de voir à quel point tout semblait redéfini, incertain, inconnu. C’était comme totalement neuf, mais surtout, complètement étranger et indéfinissable.


Sa respiration s’accéléra légèrement, alors qu’elle ventilait plus de vapeur sous l’effet de la panique croissante. Elle restait alors immobile, scrutant le lointain comme le tout-près de manière irrationnelle, comme cherchant un repère avec un semblant de réel dans tout ce qui n’avait l’air de plus qu’une simple illusion. Elle regardait alors ses mains, doutant progressivement de sa propre existence face à ce qu’elle n’arrivait pas à assimiler, et, reprenant alors un peu conscience de ses actes, porta son bras directeur à son masque pour ajuster le débit, forçant ce dernier à un afflux plus poussé. Augmenter la dose, comme pour se réveiller d’un mauvais rêve en en cherchant à brusquer les limites.


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